Un avenir sans faim

Publié le 26 mars 2013

FSM Engagement du CCFD-Terre Solidaire et de ses partenaires du Sud

Le Forum social mondial de Tunis : un creuset pour une nouvelle génération de militants

Entretien avec Bernard Pinaud, délégué général du CCFD-Terre Solidaire et ancien délégué général du CRID

Bernard Pinaud a participé à tous les Forum sociaux mondiaux, depuis leur création. Le CCFD-Terre Solidaire est très impliqué dans le processus et envoie, à chaque édition, une délégation composée de bénévoles, salariés, et de partenaires venus de toutes les régions du monde.

Pourquoi tenir ce Forum social mondial en Tunisie ? Quelle sera sa particularité ?
Pour tous ceux qui ont vécu le Forum social mondial (FSM) de Dakar, en février 2011, le choix de la Tunisie apparaît comme une évidence. La vague de contestation partie de Tunisie, battait en effet son plein dans les pays du monde arabe : c’était quelque chose d’apprendre la chute d’Hosni Moubarak, en plein FSM, dans un amphithéâtre réunissant 2 500 militants. Tous espéraient que le prochain FSM pourrait se tenir dans cette région en pleine évolution. Avec l’assassinat du leader d’opposition Chokri Belaïd et la crise politique que vit la Tunisie actuellement, la tenue de ce FSM me semble d’autant plus importante pour ne pas céder à la pression d’extrémistes.

De plus, le FSM accueillera également de nouveaux mouvements nés un peu partout en Europe et en Amérique du Nord, comme le mouvement des Indignados ou Occupy. Ils apporteront un souffle d’air frais, venant bousculer les plus anciens. Parmi ces nouveaux mouvements, bon nombre ont des dimensions nationales, voire locales, comme en France les mobilisations contre les gaz de schistes ou l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Il sera intéressant de relire les choses à partir du terrain, puis de reconnecter ces mobilisations aux enjeux mondiaux.

De nouvelles thématiques seront également abordées car les organisateurs tunisiens ont souhaité un FSM le plus inclusif possible. La société civile tunisienne y sera largement représentée, y compris les organisations confessionnelles. Et la question de l’Islam politique sera posée et débattue.

Le CCFD-Terre Solidaire participera, pour sa part à un débat avec le Secours islamique sur la façon dont des acteurs de confessions différentes peuvent travailler ensemble et porter une parole commune sur le vivre ensemble. Autre question qui se posera avec une grande acuité : celle du modèle économique et social. La question économique est en effet la grande oubliée des révolutions arabes, car la priorité est donnée à la démocratie et à la participation des citoyens. Enfin, la question des migrations sera au centre des réflexions avec notamment les grands bouleversements des flux et des routes migratoires amenés par les guerres en Libye, puis au Mali.

Qu’attendez-vous de la tenue du FSM dans un pays arabe ?
Ce FSM permettra un renforcement des acteurs de la société civile tunisienne et de la région. Le processus de préparation d’un FSM renforce toujours les liens entre les organisations qui le portent et ces liens perdurent au-delà du Forum lui-même. En outre, si le Forum social maghrébin est l’un des plus dynamiques au niveau régional, la tenue de ce Forum mondial permettra un élargissement à d’autres acteurs de la région venus de Libye, d’Egypte, du Liban…

Par ailleurs, la révolution en Tunisie et ailleurs dans les pays de la région, est en grande partie le fait des jeunes non organisés en structure. L’un des enjeux du Forum sera de créer des passerelles, des synergies entre ces jeunes, les nouveaux mouvements et les organisations de la société civile déjà structurées par leur lutte contre la dictature de Ben Ali.

Que pouvez-vous nous dire de l’avenir du processus FSM ?
Ce qui se passe actuellement à Tunis avec une très forte mobilisation de la société civile de ce pays, montre que le processus est toujours aussi vivant. Qui aurait pu penser, il y a douze ans qu’un Forum se tiendrait dans cette région ? Par ailleurs, à chaque édition, le FSM s’ouvre à de nouvelles régions et à de nouveaux acteurs : ce sont à chaque fois de nouvelles personnes qui découvrent cette dynamique.
Il y a aussi des acquis profonds. Le FSM a permis à des acteurs de la société civile de nature différente de travailler ensemble. Il n’était pas évident, il y a quelques années, que des ONG et des syndicats unissent leurs forces. Aujourd’hui, ils s’associent sur de très nombreuses causes. Il permet également une ouverture de ces différents acteurs à de nouveaux enjeux : par exemple, les syndicats s’étaient peu emparés de la question du développement durable. C’est aujourd’hui complétement intégré dans la dynamique de certains d’entre eux.

Bien entendu, le processus est amené à évoluer. Il a déjà changé en termes de méthode et d’organisation. Mais aujourd’hui, aucun autre espace ne permet une rencontre multi-acteurs de cette ampleur.

Dossier de presse FSM Tunis 2013

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