n°249 - mai 2010
Édito

Article rédigé le 12 mai 2010, mis en ligne le 12 mai 2010

Agir en France, aussi !

Le cri de nos partenaires étrangers est unanime : « Si vous n’agissez pas chez vous, rien ne changera chez nous ! » Il y a un lien entre l’avenir des projets de développement portés à travers le monde et l’action citoyenne en France. Des démarches de sensibilisation et de plaidoyer s’imposent, ici.

Auteur(s) : Guy Aurenche

L’installation, en France, de centres de rétention dans lesquels plus de 32 000 femmes, hommes et enfants [1] sont enfermés chaque année, intéresse les membres et les amis du CCFD-Terre Solidaire.
Quelle que soit la complexité de la gestion des flux migratoires, personne ne peut oublier que « Tout migrant est une personne humaine qui, en tant que telle, possède des droits fondamentaux inaliénables qui doivent être respectés par tous et en toute circonstance. » [2]

Il ne s’agit pas d’un accessoire social facultatif pour militants généreux ! Rester humain impose aux citoyens et aux responsables politiques de respecter cet impératif. La multiplication de lois et règlements souvent purement réactionnels ou démagogiques n’interdit pas d’interpeller la légitimité de ces mesures à la lumière des principes incontournables du respect de la dignité humaine.

Si l’Europe manque ce rendez-vous, en prenant des mesures de « forteresse assiégée » [3], elle ne mérite plus d’être construite !

Par ailleurs, le cri de nos partenaires étrangers est unanime : « Si vous n’agissez pas chez vous, rien ne changera chez nous ! » Il y a un lien entre l’avenir des projets de développement portés à travers le monde et l’action citoyenne en France. Des démarches de sensibilisation et de plaidoyer s’imposent, ici. Certes, toute action ayant une portée politique dans notre pays suscite des réticences en raison de l’extrême sensibilité de la population à ce sujet. À chacun de redoubler de pédagogie à l’égard de ses voisins et de sa communauté pour les convaincre que les transformations sociales dans les pays frappés par la misère passent par notre vigilance sur les évolutions sociales chez nous.

Les Français fermement engagés pour le respect des droits fondamentaux des étrangers vivent un cheminement personnel, social et spirituel passionnant. Au contact direct avec un proche étranger injustement traité, le réflexe « Moi, je ne fais pas de politique » vole en éclats. Heureux bouleversement qui invite à redevenir citoyens en entrant dans l’action, y compris parfois par le silence protestataire.
Heureuse expérience qui permet de découvrir spirituellement combien la force reçue personnellement du Tout Aimant conduit à l’amour du proche ou du lointain atteint dans son humanité.

C’est ainsi que se construit la « société civile ». Curieuse alchimie mélangeant l’émotion individuelle (c’est pas juste ), les appels à agir collectivement (réflexe citoyen), les analyses sociopolitiques pour influencer les décideurs (le plaidoyer), l’interpellation spirituelle (qui est la personne humaine ?). En qui, en quoi, plaçons nous notre confiance, notre foi ?

Cette société civile appelle chacun.

[1Cimade, 2008

[2Message du pape Benoit XVI, le 29 avril 2010

[3Message du pape Benoit XVI, le 29 avril 2010

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