Noël contre la faim
n°267 - juin-juillet 2012
Édito

Article rédigé le 5 juillet 2012, mis en ligne le 17 octobre 2012

Pour une autre gouvernance mondiale

Alors que les enjeux sont énormes : changement climatique, destruction de la biodiversité, épuisement des ressources naturelles, insécurité alimentaire… le Sommet de la Terre, Rio+20, s’est achevé sans prendre de décisions majeures [1].

Auteur(s) : Bernard Pinaud
Mots-clés :

Sans surprise, l’un des grands débats a porté sur la création, ou non, d’une organisation mondiale de l’environnement (OME). Mais, si cette organisation n’est pas dotée de pouvoirs contraignants de contrôle, et de sanctions sur les États, comme l’Organisation mondiale du commerce ou le Fonds monétaire international, l’économique et le financier prendront le dessus sur l’environnemental et l’OME n’aura que peu de poids.

Le CCFD-Terre Solidaire ne veut pas seulement rêver le monde, il veut participer à le construire.
Il se mobilise pour faire avancer une gouvernance mondiale au service des peuples. Une gouvernance qui, à l’heure actuelle, reste éclatée entre les États, l’Onu, les institutions internationales (FMI, Banque mondiale, OMC…) et les réunions informelles de chefs d’État (G8, G20…) [2]. Mais il n’y a pas de hiérarchie entre ces différents espaces. Un même État peut prendre une décision dans une institution internationale et signer son contraire dans un traité. Du fait de cet éclatement, seuls les États les plus puissants gouvernent le monde.

Notre association milite pour que les pays du Sud (en particulier les plus pauvres) aient une place plus importante dans ces institutions.
Le CCFD-Terre Solidaire appelle de ses vœux une gouvernance mondiale où les responsables politiques orienteraient les politiques et réguleraient les activités des acteurs économiques.
Une gouvernance qui laisse toute sa place aux sociétés civiles comme lieu de contre-pouvoir et force de propositions. Chaque institution internationale doit faire en sorte que ces sociétés civiles soient consultées ou participent à la prise de décision (comme c’est le cas au Comité de Sécurité alimentaire de la FAO) et à l’évaluation des politiques.
Cette gouvernance doit être transparente, participative et centrée sur les droits humains. Nous demandons que les institutions internationales soient soumises au respect de la déclaration universelle des droits de l’homme et de la charte des Nations unies. Nous proposons que les différentes normes internationales soient hiérarchisées au regard de ces droits humains.

Le CCFD-Terre Solidaire appelle ainsi à une réforme des Nations unies, seul espace légitime de gouvernance mondiale. Il propose le renforcement des pouvoirs du Conseil économique et social (Ecosoc) pour un meilleur respect des droits économiques, sociaux et culturels.

Dans cette même optique, en France, le CCFD-Terre Solidaire a demandé au nouveau pouvoir la mise en place d’un dispositif permanent de consultation de la société civile sur la politique française de coopération et les autres politiques pouvant avoir un impact sur le développement des populations du Sud. Nous l’avons dit au nouveau ministre délégué au Développement, Pascal Canfin. Nous l’avons redit à l’Élysée, lors de la réunion avec les ONG, avant le départ à Rio des représentants de la France.

Ce dialogue entre les pouvoirs publics et la société civile participe de la vie démocratique, enrichit les propositions et est un élément fondamental d’une bonne gouvernance.

[1Avec une délégation de salariés et de partenaires du Sud, le CCFD-Terre Solidaire a organisé des débats lors du Sommet des peuples (forum de la société civile). Nous avons aussi favorisé, dans le cadre de la Cidse, la prise de parole d’évêques du Nord et du Sud, dont notre évêque accompagnateur, Monseigneur Housset.

[2Réunissant les chefs d’État des pays les plus industrialisés, le G8 et le G20 n’ont aucun statut juridique.

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