n°305 - Juillet 2018
Édito

Article mis en ligne le 19 juillet 2018

L’espérance collective est notre force (Edito)

Il y a 20 ans, lorsque j’étais animateur diocésain au CCFD-Terre Solidaire à Orléans, nous venions de commencer des relations partenariales en ex-Yougoslavie. J’avais organisé l’accueil de partenaires bosniaques, serbes et kosovars pendant la campagne de Carême. L’un prenait en charge des enfants dans des camps de réfugiés et les aidaient à surmonter les traumatismes de la guerre en Bosnie, l’autre conduisait des actions de défense des droits humains face au régime nationaliste serbe.
La guerre était terminée depuis quatre ans, les nationalistes étaient au pouvoir dans toutes les parties de l’ex-Yougoslavie. Une guerre terrible, pendant laquelle 100 000 personnes avaient perdu la vie et 2,2 millions avaient été déplacées ou s’étaient réfugiées à l’étranger.

Pendant cette campagne de Carême, avec les partenaires, les militants du CCFD-Terre Solidaire et les personnes rencontrées, nous nous étions beaucoup interrogés sur la possibilité de dépasser ce conflit, de construire la paix, la justice et la démocratie. Les actions des partenaires, bien que fragiles, étaient une source d’espérance.

Vingt ans après, la guerre est toujours dans les têtes et les nationalistes toujours au pouvoir dans la Fédération de Bosnie-Herzégovine et en République serbe. Mais, la société civile s’est développée, elle se mobilise pour les droits humains et la qualité de l’environnement .
Elle se prend en main pour créer des activités économiques, notamment en zone rurale. L’espérance est toujours là. C’est elle qui donne envie à ces hommes et à ces femmes de se mobiliser pour construire la paix, la justice et la démocratie.

C’est avec cette même espérance que le CCFD-Terre Solidaire se mobilise sur d’autres combats comme le climat, en particulier avec ce rapport Nos terres valent plus que du carbone que nous venons de sortir. Nous croyons que notre humanité est capable de s’organiser pour lutter contre le dérèglement climatique. Qu’elle est capable de le faire sans se tourner vers les « fausses bonnes solutions », comme l’illusion qu’il suffirait de stocker du carbone dans les terres, le sous-sol, les océans pour régler le problème. Nous savons que ce sont les émissions de gaz à effet de serre qu’il faut diminuer, et que pour cela nous devons changer radicalement notre façon de produire et de consommer.

Cette transition écologique, nous avons l’espérance que l’humanité saura la conduire, et qu’ainsi nous pourrons garder habitable notre planète. Et quand j’entends le président des États-Unis d’Amérique, ou que je constate le décalage énorme entre la forte ambition affichée par notre président et la lenteur avec laquelle la transition énergétique avance, je me dis que nous en avons bien besoin de cette espérance tant il y a de raisons de désespérer.

Cette espérance, elle est sans doute notre trésor le plus précieux. Communiquons-la, échangeons-la, nourrissons-nous de celles de nos partenaires. Car l’espérance se nourrit de l’espérance, et c’est ainsi que des hommes et des femmes de plus en plus nombreux se lèvent pour construire un avenir plus solidaire.

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