n°306 - Octobre 2018
Édito

Article mis en ligne le 14 novembre 2018

L’accaparement des terres en violation des droits des populations (Edito)

Être dépossédé de sa terre, comme le furent les populations noires pendant l’apartheid en Afrique du Sud, est un drame vécu par de nombreux agriculteurs à travers le monde. L’accaparement des terres, qui recouvre l’achat, la location ou l’occupation de terres agricoles par des acteurs étrangers – multinationales, banques, États via les fonds d’investissements – ou encore par des acteurs économiques ou politiques locaux privent les communautés paysannes de plusieurs millions d’hectares dans de nombreux pays du Sud. Ces transferts massifs de terres entraînent la destruction en profondeur de la vie sociale, économique et culturelle des populations concernées.

Lorsque ces terres sont cédées à de grands investisseurs privés au détriment des petits paysans, cette spéculation foncière met en péril la sécurité et la souveraineté alimentaires. Il est donc urgent de faire cesser cette pratique d’accaparement des terres et de préserver les droits des populations, notamment en Afrique du Sud où le problème de la redistribution des terres se pose depuis la fin de l’apartheid qui n’a pas fait disparaître les inégalités. Les terres communales y sont au cœur du combat pour une meilleure répartition des richesses foncières. Un droit à la terre revendiqué avec force par les femmes. À travers deux de ses partenaires, le CCFD-Terre Solidaire les soutient, comme il a soutenu les mouvements de lutte contre l’apartheid dont il reste encore de nombreux vestiges.

Dans une époque où les raisons de se décourager ne manquent pas, comment ne pas être émerveillé par l’engagement de ces jeunes Européens : ils se mobilisent pour dire qu’ils croient profondément en la démocratie et la liberté, en l’ouverture à l’Autre, étranger et/ou démuni, en une société qui respecterait pleinement l’humain et la nature. Ces enjeux étaient au cœur du Festival pour la Paix organisé en août 2018 à Besançon par le Mouvement rural de la jeunesse chrétienne [1] et son homologue allemand, le Mouvement de la jeunesse rurale catholique. Tout comme la mobilisation, moteur du Tour Alternatiba, illustre aussi cet engagement citoyen dans la préparation de la Cop 24.

Acteurs de la transition écologique et sociale, laissons-nous gagner, à l’image de ces jeunes, par la joie de l’engagement, pour donner envie à d’autres de nous rejoindre pour bâtir un monde plus juste, plus solidaire. Comme le répète souvent le pape François, nous avons vocation à être gardiens de la création toute entière, gardiens de l’Autre, de l’environnement, dans le respect de la justice et de l’égalité.

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[1Le MRJC est membre de la collégialité du CCFD-Terre Solidaire.

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