Publié le 08.02.2019

Le Bien-vivre en actes et en pratique (témoignages et vidéos)

Pendant trois jours à Grenoble, universitaires, élus et acteurs de la société civile ont questionné la notion de « bien vivre » à travers des expériences internationales.
Objectif : mettre en place des outils simples et concrets, tels que de nouveaux indicateurs de richesse, pour sortir du « tout comptable » et « compter ce qui compte ».

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Douze organisations partenaires du CCFD-Terre Solidaire étaient invitées au forum international pour le bien-vivre à Grenoble du 6 au 8 juin 2018.

Une multitude de domaines de la vie sociale, économique, politique ou personnelle ont été abordés. A travers l’action de quelques organisations partenaires du CCFD-Terre Solidaire, nous avons choisi de faire un zoom sur trois d’entre eux : la souveraineté alimentaire, la place des minorités et la paix

La souveraineté alimentaire, une coexistence heureuse entre l’homme et la nature

Le « bien vivre » est une expression traduite du « buen vivir » sud-américain. Elle se réfère à une vision du monde qui tend vers une coexistence heureuse entre l’homme et la nature.
Parvenir à la souveraineté alimentaire des populations relève directement du bien vivre : en mettant en place des politiques agricoles adaptées, chaque population pourra trouver son équilibre alimentaire en respectant la nature. Method au Zimbabwe, Sy au Laos et Wallapa en Thaïlande partagent avec nous leurs expériences.

Méthod a quitté le Zimbabwe, son pays d’origine, pour l’Afrique du Sud. Il met ses compétences de comptable au profit de l’ONG Earthlore. Celle-ci forme les communautés rurales à l’écologie traditionnelle à travers des pratiques agricoles ancestrales, et des connaissances indigènes. Une chose est sûre pour Méthod : « Notre bonheur est connecté au cycle de la nature ». Un cycle que l’on doit se réapproprier en respectant le rythme de la terre ou l’observation du cycle de la lune.

Cette connaissance de la nature, il faut aussi l’apprendre et la transmettre. C’est ce à quoi s’attelle Sy. Cette jeune femme à l’énergie débordante dirige une agence de développement rural au Laos : « En Europe, vous parlez de permaculture mais au Laos, personne ne connaît ce mot. Pourtant on fait de la permaculture sans le savoir » s’amuse-t-elle.

Une fois que les structures de formation sont opérationnelles et que la production est au rendez-vous, il ne reste plus qu’à mettre en relation agriculteurs et consommateurs. C’est le travail de Wallapa Van Willenswaard en Thaïlande. Elle aime à se définir comme une « militante de l’alimentation ». Elle dirige la School for Wellbeing (SFW) ou Ecole pour le bien-être. A travers le réseau Toward Organic Asia (Vers une Asie en agriculture biologique), l’école éduque à l’agroécologie et à la lutte contre le gaspillage alimentaire, « dans une région où 40% de la nourriture produite est jetée ». Aujourd’hui, le réseau TOA compte plus d’une vingtaine de partenaires. Il met en lien fermiers et consommateurs urbains.

Donner de la voix aux minorités

Comment vivre ensemble quand les droits humains ne sont pas respectés ? Comment soutenir les minorités dont les droits sont le plus souvent bafoués ? Bien-vivre passe aussi par un renforcement des capacités politiques des minorités, afin qu’elles deviennent, elles aussi, forces de changement.

Sociologue de profession, Fredy Villagomez est diplômé en droit des peuples indigènes. A travers l’ONG Cipca (Centre de recherche sur la promotion du paysannat) en Bolivie, il est en charge de l’Ecole de formation des leaders indigènes : « L’objectif est qu’ils s’autogouvernent et vivent librement sur leurs territoires. »


L’agroécologie pour avancer vers la paix

Dans certains pays où sévissent des conflits, des mouvements agroécologiques ont associé à leur lutte les enjeux du processus de paix. C’est le cas en Colombie mais aussi en Birmanie.

Depuis 2011, Sai Sam est directeur de la Fondation Metta Development, l’une des plus grandes ONG de Birmanie, pionnière dans le domaine du développement des communautés et du développement durable. Pour Sai, une multiplication des actions de la société civile et une formation à l’agroécologie des agriculteurs permettront d’« avancer vers la paix ».

Autre expérience de promotion de la paix au Timor Leste : Renito Santana est éducateur social au sein de l’ONG KSI, Kdadalak Sulimutuk Institute qui veut dire « les fleuves qui coulent ensemble ». L’association œuvre à la résolution des tensions communautaires dans le pays. Ici, 75% de la population vit de l’agriculture. KSI travaille sur le plaidoyer et la place de la parole des agriculteurs délaissés par l’Etat. Au cœur de son action ? Le Tara Bandu, une méthode traditionnelle orale de résolution des conflits. Renito nous explique ce qu’est le Tara Bandu et ses bienfaits sur la vie des personnes :

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