Publié le 9 octobre 2007

Humberto Ortiz Roca, Pérou

Une réponse à l'exclusion

Humberto Ortiz Roca considère l’économie sociale et solidaire comme une réponse efficace à la pauvreté et à l’exclusion. Et ce, malgré le travail qui reste à accomplir et le cruel manque de soutien du gouvernement.

Humberto Ortiz Roca est responsable du Programme Economie Solidaire au sein de la Commission Episcopale de l’Action Sociale (CEAS). Fondée en 1965, la CEAS est un organe de service de la Conférence Episcopale péruvienne, pour l’animation, le conseil, la promotion et la coordination de la Pastorale Sociale au niveau national. Elle assure la promotion d’une pastorale des Droits de l’Homme qui consolide la justice, la démocratie, le développement et la paix au Pérou

Deux notions à distinguer
Il faut distinguer les deux activités. L’économie populaire représente une diversité d’activités de production (micro et petites entreprises), commerces (échoppes, marchés locaux, vendeurs ambulants), services (petits ateliers de réparation, etc…) et de consommation qui constituent généralement une réponse spontanée à la pauvreté et à l’exclusion.

Humberto Ortiz Roca

L’économie solidaire, elle, représente les structures d’économies populaires qui sont passées d’un travail isolé à un travail coopératif et solidaire. On peut rajouter à cette économie, les expériences de co-gestion entre l’Etat et la Société Civile, avec un critère de bien commun dans une perspective de vraies actions de responsabilité sociale et entrepreneuriale, et pas seulement un « marketing social » des multinationales.

75 % de l’activité, mais seulement 20% du PIB
Actuellement, on peut dire que l’économie populaire représente 75% de la population économiquement active du pays, même si sa participation au PIB est limitée à 20%. En l’absence de chiffres, mais en se basant sur des études locales, on peut en revanche avancer qu’un tiers de cette économie populaire est engagée dans l’économie solidaire.

Ces deux formes d’économie tentent de répondre à la problématique de la pauvreté et de l’exclusion, même si on a parfois le sentiment de lutter contre le courant. Pas seulement contre le modèle économique (néolibéral) et politique (centralisateur et autoritaire), mais aussi contre l’actuel gouvernement qui tente de rendre invisibles ces initiatives. Ou bien qui cherche à les coopter.

Propos recueillis par J.C. Gerez

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