Un avenir sans faim

Publié le 18.11.2016 • Mis à jour le 21.11.2016

COP22 : les populations vulnérables attendront !

Après deux semaines de négociations, la COP22 se clôture ce 18 novembre 2016. Les discours des chefs d’Etat et autres personnalités se sont multipliés pour saluer la mobilisation dans la continuité de l’Accord de Paris. Cependant, on est loin de la COP de l’action promise et les discussions sur l’agriculture, secteur responsable d’un quart des émissions de gaz à effet de serre, sont reportées à 2017 au détriment des populations qui souffrent déjà des dérèglements climatiques.

Les avancées des négociations sur le climat, qu’elles concernent la mise en œuvre de l’Accord de Paris ou d’autres aspects des discussions, ont été limitées et insuffisantes à la COP22. La communauté des États réunie au sein de la CCNUCC n’a pas réussi à s’entendre sur les principaux dossiers, comme les financements ou l’adaptation face aux changements climatiques.

« Alors que l’année 2016 sera certainement la plus chaude de l’ère industrielle, l’essentiel du travail est reporté aux négociations inter-sessionnelles de Bonn l’année prochaine. Cet attentisme se fait, comme toujours, aux dépens des populations les plus vulnérables qui souffrent déjà des changements climatiques », déclare Jean Vettraino, chargé de plaidoyer sécurité alimentaire au Secours Catholique – Caritas France.

La COP22 était annoncée comme celle de l’agriculture mais s’est enlisée dans un blocage paradoxal sur les questions agricoles. Alors que l’ensemble des Etats Parties reconnaissent que la sécurité alimentaire et l’agriculture sont des sujets majeurs, une opposition persiste entre pays développés et pays en voie de développement. Cela ne correspond aucunement au défi des systèmes alimentaires.

« Le problème est avant tout que ce blocage nuit d’abord aux agriculteurs et agricultrices, populations déjà les plus exposées aux changements climatiques. Il est en effet urgent de faciliter l’adaptation des petites exploitations familiales afin d’éradiquer la pauvreté et la faim », explique Bertrand Noiret, chargé de plaidoyer pour Action contre la Faim.

Sans même reconnaître l’échec des négociations officielles sur l’agriculture, ce qui laisse planer une incertitude sur les suites, les Etats n’ont, en revanche, pas hésité à promouvoir une série d’initiatives volontaires visant un objectif de sécurité alimentaire : AAA pour le Maroc, 4 pour 1000 pour la France notamment. Mises sur le devant de la scène, ces initiatives profitent de la visibilité accordée à la COP22 mais ne mettent en place aucun mécanisme de redevabilité. L’Agenda de l’action lancé lors de la COP21 et dont elles font désormais partie est en effet dénué de tout critère strict assurant un cadrage et permettant une évaluation des actions qui y seront portées.

"Au sein de l’initiative AAA, on retrouve inlassablement les mêmes acteurs du secteur privé de l’industrie agro-alimentaire largement responsables des émissions de gaz à effet de serre liés au système alimentaire. Cela leur permet de se positionner aujourd’hui comme porteurs de solutions qui relèvent finalement plus du verdissement de leurs pratiques que d’une véritable et nécessaire transformation de nos modèles agricoles", déclare Anne-Laure Sablé, chargée de plaidoyer au CCFD-Terre Solidaire.

Action contre la Faim, le CCFD-Terre Solidaire et le Secours Catholique – Caritas France regrettent qu’encore une fois les intérêts financiers du secteur de l’agro-alimentaire priment sur la sécurité alimentaire des populations sous couvert de la lutte contre les dérèglements climatiques.

Contacts presse
Action contre la Faim :
Léa Vollet - lvollet@actioncontrelafaim.org – 01 70 84 72 98
CCFD-Terre Solidaire :
Sophie Rebours - s.rebours@ccfd-terresolidaire.org - 01 44 82 80 64
Secours Catholique – Caritas France : sandrine.verdelhan@secours-catholique.org - 01 45 49 74 93

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