Publié le 09.05.2018

Négociations climat : service minimum sur les questions agricoles aux dépens de l’urgence climatique (Communiqué)

La session de négociations, débutée au sein de la Convention Climat des Nations Unies la semaine dernière, se termine sur un résultat peu ambitieux pour les questions agricoles, malgré une relative ouverture des futures discussions aux populations vulnérables, premières concernées par les impacts des dérèglements climatiques.

L’objectif de ces négociations était de définir et d’organiser le contenu des travaux prévus pour trois ans sur l’agriculture et le climat tout en tenant compte de la sécurité alimentaire des populations. Or, les Etats se sont contentés de planifier des ateliers d’échange sans une réelle volonté de s’accorder sur une compréhension commune de la sécurité alimentaire qui avait pourtant été intégrée, malgré des réticences, à l’Accord de Paris lors de la COP21.

Tout l’enjeu lors de cette session était de prévoir l’application de ce principe pour les travaux à venir sur l’agriculture et le climat. Il s’agissait en particulier de sortir d’une vision purement productiviste. Pour rappel, 815 millions de personnes souffrent de la faim dans le monde alors même que nous produisons assez pour nourrir 12 milliards de personnes. Il est donc primordial de prendre en compte la sécurité alimentaire dans son ensemble c’est-à-dire, au-delà de l’enjeu de production, l’accès, la durabilité et la qualité de l’alimentation. Laisser de côté ces aspects ne permettra pas de reconsidérer nos systèmes alimentaires. Or c’est aujourd’hui l’unique voie pour faire face aux dérèglements climatiques, mais aussi à la faim et la pauvreté, notamment en milieu rural.

« En se contentant de réitérer une adhésion vague à la sécurité alimentaire, les Etats ne nous disent en rien comment ils entendent tenir compte d’aspects cruciaux comme l’accès et la qualité de l’alimentation, elle-même intrinsèquement liée au respect de la biodiversité et des écosystèmes. Cette session n’a pas permis de soulever les questions politiques indispensables pour répondre à l’urgence climatique  », déclare Anne-Laure Sablé du CCFD-Terre Solidaire.

Pour Sara Lickel, du Secours catholique-Caritas France, « nos organisations regrettent cette opportunité manquée mais relèvent avec attention que l’ensemble du processus sera ouvert aux premières victimes des dérèglements climatiques : paysannes et paysans, peuples autochtones, jeunes, femmes et organisations de solidarité. Il ne fait aucun doute que nous saurons unir nos forces pour une réelle transition de nos systèmes agro-alimentaires ».

Contacts presse :
- Sara Lickel, chargée de plaidoyer Droit à l’alimentation, Secours catholique-Caritas France, +33 6 71 00 69 76
- Karine Appy, responsable des relations médias, CCFD-Terre Solidaire, + 33 6 66 12 33 02

S’informer

6 de julio de 2018

Pozos de cárbono en las tierras agrícolas, ¿milagro o coartada? (informe)

La agricultura puede ser considerada igual como responsable o víctima de los cambios climáticos. Unos piensan que convertir las tierras (...)

18 juin 2018

En Amérique latine, l’agroécologie est une lutte politique

En Amérique latine, se développe une approche politique de l’agroécologie. Au-delà de la seule question de l’agriculture, elle prend en (...)

5 juin 2018

Pour sauver l’Amazonie, le peuple wampis se constitue en nation (vidéo)

Face aux dérèglements climatiques et aux convoitises économiques, le peuple wampis, au Nord du Pérou, en Amazonie, s’est constitué en (...)

Nos projets

3 mai 2018

A Haïti : 6 stratégies pour s’adapter au changement climatique

Avec le réchauffement de la planète, les phénomènes climatiques observés à Haïti sont de plus en plus extrêmes et destructeurs. Les (...)

21 mars 2018

A Haïti, entre cyclones et sècheresses, assurer l’accès à l’eau

Dans le cadre de la Journée mondiale de l’eau, zoom sur Haïti. Dans un pays touché par des sècheresses de plus en plus longues et intenses, (...)

1er décembre 2017

L’agriculture paysanne et l’agroécologie en Afrique : un pari gagnant

301 - Septembre-Octobre

Le soutien à une agriculture paysanne et l’agroécologie peuvent-ils améliorer les conditions de vie et la cohésion des populations rurales (...)