Publié le 13.04.2017

Birmanie : Le long purgatoire des Rohingyas

« Crimes contre l’humanité » selon Amnesty International, « nettoyage ethnique » pour les Nations unies, les mots ne manquent pas pour qualifier les atrocités subies par les Rohingyas, population musulmane vivant à l’ouest de la Birmanie.

Les dernières opérations menées par les forces armées dans le nord de l’Arakan se sont déroulées entre octobre 2016 et février 2017 [1]. Pour échapper aux exécutions extrajudiciaires, aux villages incendiés, aux viols, plus de 70 000 personnes ont trouvé refuge au Bangladesh.

Ces exactions ont une sinistre odeur de déjà-vu. En 1982, la junte militaire adoptait une loi sur la citoyenneté qui leur retire de facto leur nationalité, donc tous leurs droits, et en fait des migrants illégaux, des « Bengalis ». Depuis, c’est la descente aux enfers, rythmée par des vagues de réfugiés qui viennent régulièrement s’entasser dans des camps, qui n’ont de camps que le nom, à la frontière banglado-birmane. Et des conditions de survie pour ceux qui restent sur place : parqués dans des zones spécifiques, interdits de mouvements, donc de travail, sans accès aux soins ou à l’éducation.

A lire : En Birmanie, les violences contre les minorités éthniques continuent

La situation semble néanmoins évoluer. Suite à une lettre ouverte envoyée par une douzaine de prix Nobel au Conseil de sécurité des Nations unies, fin décembre 2016, 40 organisations de la société civile birmane, dont plusieurs partenaires du CCFD-Terre Solidaire, ont demandé le 18 janvier 2017 la création d’une commission d’enquête « vraiment » indépendante sur ces exactions.

Un appel relayé par la Commission consultative sur l’État d’Arakan présidée par Kofi Annan, et initiée par Aung San Suu Kyi en août 2016. Dans son rapport remis le 16 mars, elle recommande au gouvernement de : « rendre la région accessible aux humanitaires et aux médias, réaffirmer l’État de droit, rétablir le dialogue interreligieux » et de « fermer les camps de déplacés ». « Ce ne sera pas facile, a prévenu Kofi Annan. Il faudra beaucoup de courage et de persévérance. »

Patrick Chesnet

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[1Voir Faim et Développement n° 297

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