Publié le 20.10.2009 • Mis à jour le 14.08.2012

Jean-François Debargue arrête son jeûne.

Paris le 20 octobre 2009

"J’ai décidé d’arrêter mon action, commencée le 9 Octobre pour protester contre la situation que vivent les Sahraouis depuis 34 ans.

A ce jour, le 16 Octobre 2009, après 8 jours de jeûne solidaire, je n’ai eu aucune réponse du gouvernement Français à ma demande. D’assourdissant, le silence est devenu coupable. C’est la même chape de silence qui pèse sur le problème Sahraoui depuis trois décennies. C’est le même silence à l’ONU de la part des représentants Français depuis des années et en ce moment.

Que craint « la patrie des Droits de l’Homme » pour ne pas vouloir simplement reconnaître, à défaut de dénoncer, la situation de milliers d’exilés en plein désert, ainsi que les atteintes incessantes aux Droits Humains que subissent ceux qui ont choisi de rester dans leur pays occupé, le Sahara Occidental ?

Quels intérêts sont suffisamment puissants pour empêcher l’ONU d’appliquer les règles du droit International et obliger 200.000 personnes à rester pendant 34 ans dans cette partie du désert que même les nomades évitaient ?

« Qu’avons-nous de moins que des espèces animales ou végétales que vous protégez ? » me disait une amie Sahraouie.

Ce silence évocateur est celui de la lâcheté et des calculs politiciens. Comment un pays qui a reconnu l’indépendance de ses colonies et de ses protectorats peut protéger le dernier pays colonisateur en Afrique ?

J’aurai fait mon possible depuis presque deux ans avec tous les moyens dont je disposais dans ce désert, y compris ma santé. Lorsque les moyens matériels ne peuvent remplacer des solutions politiques volontairement sabotées, il ne faut pas s’étonner de la mise en place d’autres moyens moins conventionnels. Au service de qui ou de quoi nous mettons-nous ?

Je sais pour ma part de qui je suis le serviteur.

J’espère, comme ils s’y sont engagés depuis 18 ans de négociations, que les Sahraouis resteront non violents.

Je remercie ma famille et mes amis de France, ainsi que la DCC, le CCFD-Terre Solidaire et l’Evêché, qui sans partager le choix de mon mode d’action m’ont humainement soutenu et soutiennent les Sahraouis.

Je remercie le peuple Sahraoui qui est un exemple de démocratie et de liberté dans des conditions que n’accepterait aucun autre peuple. Mon geste est sans doute symbolique mais une semaine de jeûne est bien peu de chose comparé à ce que vivent les Sahraouis depuis deux générations dans les camps et dans leur territoire occupé, le Sahara Occidental. "

Jean-François Debargue

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