Publié le 28.09.2016 • Mis à jour le 13.03.2018

La Colombie vers une paix durable (communiqué)

C’est avec une grande joie que le Groupe de Travail de Caritas Internationalis sur la Colombie (GTC) et l’alliance internationale d’organisations catholiques de développement (CIDSE) dont est membre le CCFD-Terre Solidaire, accueillent l’accord qui met fin à la confrontation armée entre le gouvernement colombien et l’insurrection des FARC (Forces Armées Révolutionnaires de Colombie). C’est une première étape fondamentale vers la construction d’une paix durable qui nécessitera un engagement infaillible du gouvernement ainsi qu’une participation réelle de la société civile.

Ce 26 septembre 2016 est une journée historique pour la Colombie et un jour d’espoir. La signature des accords de paix marque le dénouement d’un conflit armé vieux de plus de 50 ans et l’arrêt, espérons-le, d’une longue période de violents affrontements qui ont généré la pire crise humanitaire qu’ait connu le monde occidental ces dernières décennies (265 000 morts, 46 000 disparus, 7 millions de déplacés).

Le Groupe de travail sur la Colombie de Caritas Internationalis, composé de 10 Caritas nationales d’Europe et d’Amérique de Nord et l’Alliance CIDSE regroupant 18 organisations catholiques de développement en Europe et en Amérique du Nord, saluent les efforts réalisés pour surmonter les violences qui ont affecté des hommes et des femmes de plusieurs générations sur tout le territoire national. Nous pensons particulièrement aux couches les plus vulnérables que sont les enfants, les femmes, les groupes ethniques et paysans habitant les zones rurales ou frontalières ainsi que les organisations de défense des droits humains.

Pour avancer dans la recherche d’une paix permanente et durable, il sera nécessaire qu’une politique garantisse la non-répétition des conditions économiques, sociales et politiques à l’origine des violences armées et non armées sur les territoires. Cette politique doit veiller au respect des droits humains et trouver des solutions pour éviter une résurgence du crime organisé et que des conflits liés à l’utilisation de la terre, à l’instar de ceux occasionnés par le manque de consultation préalable et de dialogue social dans le cadre de projets énergétiques et miniers entrepris par le gouvernement et souvent mis en œuvre par des entreprises multinationales. La communauté internationale devra jouer son rôle en régulant les investissements des entreprises internationales en Colombie afin d’éviter qu’elles contribuent à la répétition des violences susceptibles d’accroitre les conflits socio-environnementaux.

La réparation intégrale pour les victimes est fondamentale pour avancer vers une réconciliation durable dans le cadre de la justice transitionnelle qui doit contribuer à la reconstruction salutaire de la mémoire historique.

La participation libre, informée et active de la société civile et des régions est aussi essentielle au sujet du processus de désarmement, de ratification et de vérification des accords, et de la formulation de normes et politiques publiques afin de les concrétiser au niveau local et national, tout en contrôlant leur mise en œuvre. Dans ce cadre, le plébiscite pour la paix du 2 octobre 2016 sera décisif pour la ratification, la mise en œuvre et l’appropriation des accords.

Nos organisations aspirent à ce que la société colombienne participe de façon libre, consciente et éclairée au processus de ratification des accords pour saisir cette occasion historique que la paix soit une réalité. Nous espérons que le gouvernement progresse dans les négociations avec l’Armée de Libération Nationale (ELN) et d’autres acteurs armés tels que l’Armée Populaire de Libération (EPL) afin de trouver des solutions pour que disparaissent totalement les groupes paramilitaires.

Tout au long de ce douloureux et long chemin conduisant à la fin du conflit armé, le GTC et la CIDSE ont étroitement accompagné les victimes et poursuivent leur engagement pour soutenir les processus de reconstruction de la paix et de défense des droits humains afin que les atrocités du passé ne se répètent pas, que la réconciliation soit une réalité en Colombie et que soit restaurée la dignité humaine de toutes les personnes impliquées dans le conflit.

Signé le 26 septembre 2016.

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