Publié le 23 janvier 2013

Israël, une société plurielle

Loin d’être monolithique, la société israélienne s’est constituée avec l’arrivée progressive de plusieurs vagues d’immigration porteuses de cultures différentes. Sa population atteint aujourd’hui 7,8 millions de citoyens (1).

La population juive israélienne se compose de deux traditions culturelles principales. Les ashkénazes, dont est encore souvent issue l’élite politique israélienne, sont d’origine européenne. Leur immigration vers la Palestine, animée par le projet politique sioniste d’y créer un État juif, a commencé dès la fin du XIXe siècle.
Elle s’accélère dans les années vingt dans un contexte où l’antisémitisme grandit en Europe. Décimés par la Shoah pendant la Seconde Guerre mondiale, les survivants tentent de se réfugier en Palestine alors sous mandat britannique, puis affluent massivement dans les années cinquante après la création de l’État d’Israël, en 1948. L’autre grande tradition culturelle concerne les sépharades, originaires d’Espagne et d’Afrique du Nord. Si la communauté était déjà présente sous l’Empire ottoman, la majorité est arrivée lorsque la tension s’est développée à leur égard dans les pays arabes suite à la création de l’État d’Israël.

Plusieurs vagues migratoires issues du monde entier se sont ainsi succédé. À partir de 1989, plus d’un million de citoyens issus de l’ex-Union soviétique sont venus
s’installer dans le pays.

On oublie souvent que 1,9 million d’habitants, soit 25 % de la population israélienne, ne sont pas juifs. Les Palestiniens, de confession musulmane, chrétienne ou druze, qui n’ont pas été forcés de fuir en 1948 et ont aujourd’hui la nationalité israélienne, représentent environ 20 % de la population. Israël a attiré aussi depuis une dizaine d’années des milliers de migrants roumains, thaïlandais, africains. Leur présence fait resurgir des questionnements sur la place des non-juifs dans la société israélienne.

Les débats sont vifs aujourd’hui sur la place de la religion entre les ultra-orthodoxes, dont la proportion a grandi au sein de la société, et ceux qui défendent la laïcité. Alors que la croissance économique est forte, les inégalités socio-économiques aussi se sont creusées. Pendant l’été 2011, 400 000 personnes ont manifesté dans les rues de Tel Aviv pour demander plus de justice sociale. Si le quotidien des Palestiniens est déterminé par la politique israélienne, beaucoup d’Israéliens se sentent peu concernés par la question palestinienne. Avec le mur de « séparation » les contacts avec les Palestiniens des territoires occupés sont presque inexistants, et les nouvelles générations grandissent dans l’ignorance totale de l’Autre.

(1) D’après les chiffres du Bureau central israélien des statistiques en avril 2012

Nos projets

6 mars 2018

Liban : à l’école avec les enfants réfugiés syriens (vidéo)

Aujourd’hui un enfant syrien sur deux réfugié au Liban n’a pas accès à l’enseignement. Le CCFD-Terre Solidaire appuie les initiatives de la (...)

15 décembre 2017

A Jérusalem, une association d’archéologues israéliens dénonce l’utilisation politique des fouilles

Créée par des archéologues, l’association Emek Shaveh est une organisation israélienne qui vise à sensibiliser le public, les journalistes et (...)

21 juin 2017

En Cisjordanie, l’agroécologie est porteuse d’alternatives

299 Juin

En Cisjordanie l’agriculture paysanne palestinienne est entravée par le poids de l’occupation, l’accaparement des terres les plus fertiles (...)

S’informer

13 June 2018

Au Tchad : la société civile s’organise pour construire la paix

Le Tchad est rongé par les tensions intercommunautaires construites et instrumentalisées par des leaders politiques et religieux. La (...)

6 June 2018

Gaza : "Nous voulons juste essayer de nous construire une vie" (témoignage)

Nous avons recueilli le témoignage de Majeda Al-Saqqa, à Gaza. Elle explique comment elle a vécu les manifestations pacifiques de ces (...)

18 mai 2018

Gaza : Face à l’inhumanité, nous pouvons agir !

Tirer à balles réelles sur des manifestants désarmés à Gaza est inhumain et inacceptable. La France et l’Union européenne doivent intervenir (...)