Publié le 03.05.2017 • Mis à jour le 04.05.2017

Tchad – Demande de libération immédiate pour les deux activistes torturés pendant leur détention en secret

Mise à jour le 4 mai : Nadjo Kaïna et Bertrand Solloh sont condamnés à 6 mois avec sursis mais désormais libres. Cette condamnation maintient la pression sur eux.

Communiqué interassociatif :

Nadjo Kaïna Palmer et Bertrand Solloh Gandere, figures de proue du mouvement de jeunes « Iyina » et membres de la campagne internationale « Tournons la page », ont été torturés avec des sacs de piment sur la tête et des jets d’eau à forte pression.

Le 26 avril dernier, le procureur de la République les a inculpés pour « tentative de complot » et « provocation à l’attroupement » et a requis le lendemain une peine de cinq ans de prison ferme. Cette décision est significative d’un régime agissant dans l’impunité la plus totale et souhaitant faire taire toute voix dissidente. Nous exigeons leur libération immédiate et sans condition.

« Les activistes n’ont fait que jouir de leur droit inaliénable à la liberté d’expression. Le fait de réclamer plus de justice et de liberté ne saurait constituer ni au Tchad ni ailleurs une infraction. Ils n’auraient jamais dû être arrêtés ni détenus au secret. Les autorités doivent les libérer immédiatement et sans condition », ont déclaré les organisations signataires.
« Les actes de torture subis doivent également faire l’objet d’une enquête approfondie et indépendante, et les auteurs identifiés et sanctionnés. »

Nadjo Kaïna Palmer et Bertrand Solloh Gandere ont été détenus au secret dans les locaux de l’Agence nationale pour la sécurité (ANS) pendant respectivement 16 et 8 jours.
Selon leurs avocats, «  ils ont été enchaînés, des sacs de piment sur la tête, des jets d’eau à forte pression… ça ne laisse pas trop de traces mais ‘ils ont le visage tuméfié ».

Les violations des droits humains dont sont victimes les voix dissidentes au Tchad sont de plus en plus nombreuses depuis la réélection du président Idriss Deby Itno en avril 2016.

Nadjo Kaïna et d’autres membres de la société civile tchadienne avaient d’ailleurs été détenus pendant plusieurs semaines, en mars 2016, peu avant le scrutin, à la suite d’un appel à manifester, un droit pourtant inscrit dans la Constitution du Tchad.

Les organisations signataires :

  • condamnent les actes de violence et de torture commises par les autorités tchadiennes contre ces activistes
  • exigent la libération immédiate de Nadjo Kaïna Palmer et Solloh Gandere et l’abandon des charges retenues à leur encontre ;
  • réclament de la justice tchadienne l’ouverture d’une enquête concernant les actes de tortures, des traitements inhumains ou dégradants infligés aux militants pacifistes par les agents de l’ANS, entité de l’Etat relevant directement de la présidence de la République ;
  • appellent à la fin des poursuites et violences systématiques à l’encontre des membres de la société civile qui réclament de manière pacifique la démocratie et l’instauration d’un véritable Etat de droit au Tchad.

Signataires :

ACAT- France ; Action Aid France – Peuples Solidaires ; Amnesty International ; Brainforest (Gabon) ; Ca suffit comme ça (Gabon) ; Ca suffit (Tchad) ; CCFD – Terre Solidaire (France) ; Commission Justice et Paix Pointe Noire (Congo) ; CommonsPolis (Espagne) ; Dynamique citoyenne (Cameroun) ;FIDH ; Filimbi (RDC) ; Foi et Justice (France) ; Halte au Troisème Mandat (Burundi) ; Iyina (Tchad) ; Lucha (RDC) ; MCC-Congo ; Mouvement des jeunes Républicains (Niger) ; Misereor (Allemagne) ; Nouvelle Dynamique de la Société Civile (RDC) ; Réagir Gabon ; ROTAB (Niger) ; Sassoufit (Congo) ; Secours-catholique Caritas France ; Survie (France) ; Synergie-Togo ; Tournons la page ; Trop, c’est trop (Tchad)

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