Un avenir sans faim

Publié le 12.02.2015 • Mis à jour le 27.03.2015

2014, année internationale de l’agriculture familiale

Déclarée année internationale de l’agriculture familiale par les Nations Unies, 2014 a été marquée par des centaines d’évènements organisés dans le monde entier pour défendre un modèle agricole familial. Ce début d’année annonce la mise en œuvre de toutes les recommandations qui ont émergées de ces évènements.

Avec ses partenaires et alliés, le CCFD-Terre Solidaire s’est mobilisé au sein de la Commission Agriculture et Alimentation de Coordination Sud et de la Confédération paysanne pour l’organisation d’un Forum à Lyon les 17 et 18 décembre 2014. Loin de « conclure » l’année, ce forum dont l’objectif fut de réunir des acteurs de la société civile pour échanger sur les principaux enjeux des agricultures familiales et paysannes des prochaines années, et d’élaborer des recommandations à travers un manifeste à destination des pouvoirs publics.

Publié début février 2015, ce manifeste reprend les principales conclusions du Forum sur des sujets tels que : sécurisation de l’accès au foncier et aux ressources, mécanismes de recours, insertion des jeunes ruraux, renforcement des organisations paysannes, droits des paysans… sujets déterminants pour que se mobilisent organismes de recherche, société civile et décideurs.

Le CCFD-Terre Solidaire restera donc vigilent, avec ses partenaires et alliés, pour que le soutien aux agricultures familiales et paysannes ne se limite pas aux discours, et que soient mises en œuvre les politiques déterminantes à leur développement.

En France, le grand rendez vous de 2015 sera la 21e Conférence des parties (COP21) de la Convention cadre des Nations unies sur le changement climatique (CCNUCC). La société civile française et internationale a pris note de l’absence totale de la question de la sécurité alimentaire dans le non paper de la Convention. En laissant cette thématique conflictuelle en suspens, certains pays cherchent en effet à éviter la remise en cause de leurs modèles agricoles. En parallèle, la place grandissante qu’occupe la GACSA (Alliance globale sur l’agriculture intelligente face au climat), située en dehors de l’espace de dialogue des Nations unies et intégrant une très grande variété d’acteurs, y compris des multinationales de l’agro-business, éveille de nombreuses inquiétudes. Nul doute que s’exerceront dans cet espace de nouveaux lobbying sur les modèles agricoles de demain. Les organisations paysannes et OSI participants au Forum de Lyon souhaitent que la France, organisatrice de la COP21 et partie prenante de la GACSA, porte haut et fort leur demande de définition de « lignes rouges » à ne pas dépasser dans cette alliance, pour ne pas arriver aux errements actuels et dérives de la « Nouvelle Alliance pour la sécurité alimentaire et nutritionnelle », au détriment des ces agricultures familiales, pourtant encensées en cette année 2014.

Depuis le lancement de la « Nouvelle alliance pour la sécurité alimentaire et nutritionnelle » par le G8 en mai 2012, la France a émis des réserves à plusieurs reprises sur le fondement même de l’initiative et son mode de fonctionnement. Face aux critiques de la société civile au Nord et au Sud, et en vue de transformer cette initiative en un véritable instrument de soutien aux agricultures familiales en Afrique subsaharienne, la France s’était engagée à influencer la Nasan de l’intérieur. Pourtant, plus de deux ans après son lancement, les éléments de réforme proposés par la France n’ont pas été mis en œuvre. Aujourd’hui, les organisations paysannes et OSI participants au Forum de Lyon pensent que le dispositif actuel de la Nasan et les actions qu’il engage ne permettent pas de répondre aux objectifs de lutte contre la pauvreté et l’insécurité alimentaire et nutritionnelle des pays concernés. Elles demandent donc à la France de clarifier sa position vis-à-vis d’une initiative qui est en contradiction avec ses engagements politiques et dont l’efficacité est discutable du point de vue des populations qui souffrent d’insécurité alimentaire et nutritionnelle. La France doit jouer un rôle moteur dans la mise en œuvre d’une réforme radicale de l’Alliance, ou s’en désengager.

Manifeste : 2014, année internationale de l’agriculture familiale

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