dossier

Terres

Publié le 14 juin 2012

Quels impacts ?

Au-delà des effets négatifs directs pour les populations locales (expropriations, déni des droits fonciers divers, destruction de l’environnement, etc.), il existe aussi des risques à long terme.

Danger pour la sécurité alimentaire

La dégradation de la sécurité alimentaire dans le pays hôte est un des risques majeurs à prendre en compte dans les cas d’investissements pour la production d’agrocarburants et la production alimentaire destinée exclusivement à l’export.

L’autre risque majeur est le recul de l’agriculture familiale dans un contexte de faible absorption des populations rurales par le salariat agricole et d’autres secteurs d’activités. Les modèles agricoles de ces investissements sont le plus souvent basés sur une importante mécanisation du travail, et ne permettront pas de salarier une quantité importante de paysans.

Quand bien même les paysans deviennent salariés, cela ne débouche pas automatiquement sur une amélioration de leurs conditions de vie : celles-ci restent souvent précaires, avec des contrats journaliers et des rémunérations très faibles.

Par ailleurs, dans la plupart des pays hôtes et particulièrement ceux d’Afrique, les débouchés en main-d’œuvre dans les autres secteurs sont extrêmement limités, avec une industrie balbutiante et un service tertiaire quasi inexistant.

Lorsque les paysans sont privés de leurs terres, leurs conditions de vie risquent de se dégrader davantage, les inégalités économiques de s’accroître encore, et les équilibres sociaux et politiques déjà bien fragiles de se rompre.

Ces impacts contribuent aussi à la disparition des savoir-faire paysans, disparition dont il est difficile de quantifier l’ampleur mais qui est inéluctable. D’autant plus que les itinéraires techniques développés et mis en place par les populations locales sont souvent ceux qui sont les plus adaptés aux conditions socio-environnementales.

Enfin, la superposition de différents niveaux de droit (droit écrit et droit local) à différentes échelles (locale, nationale et internationale) comporte le risque d’une remise en cause de la souveraineté nationale du pays dans sa capacité à mettre en place des systèmes de régulation propres (gouvernance alimentaire, environnement, politiques sociales, etc.).

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