Noël contre la faim

Publié le 20 mai 2009

A l’ombre des palmiers, un travail inhumain

A l’ombre des palmiers, un travail inhumain

Ca fait deux mois que Cesar Celi n’a pas travaillé. A une autre époque, ce grand gaillard de 25 ans, aurait presque éprouvé du soulagement de pouvoir souffler un peu entre deux récoltes de fruits du palmier à huile. « Les conditions de travail sont très dures, assure Cesar, qui a commencé à récolter la palme dès l’âge de douze ans.

On passe des journées de 10 heures à tirer sur une perche pour couper des régimes juchés à huit ou 10 mètres et qui peuvent peser jusqu’à 25 kilos. » Résultat, après une vingtaine d’années d’activité, une majorité d’ouvriers de la palme souffrent d’hernies discales. Certains vont même jusqu’à exhiber de larges cicatrices épousant la ligne des lombaires, comme d’autres des médailles du travail. Heureusement, César lui n’a pas (encore) ce problème.

En fait, ce qui inquiète le plus Cesar Celi, c’est que depuis quelques mois, l’activité de la palme a largement marqué le pas dans la région de Sogamasso, une commune cernée par des milliers d’hectares de palmiers à huile. La faute à une maladie qui attaque le tronc et qui les fait mourir en quelques semaines. L’épidémie est telle que certains propriétaires d’exploitation évoquent de plus en plus ouvertement leurs craintes de devoir renoncer à l’activité. Une aubaine, pourrait-on penser, pour les innombrables petits paysans de la région qui ont vendu leurs terres à de grands exploitants, souvent sous la menace de groupes paramilitaires. « Pas vraiment, souffle Cesar, car le palmier tisse des racines tellement larges et profondes, que c’est très long avant de pouvoir cultiver autre chose. »

Alors en attendant, Cesar s’est reconverti. De coupeur, il s’est mué en diffuseur de produits pesticides. « Trois jours par semaine, je vais pulvériser des produits sur les arbres malades, dit-il. En attendant que l’activité reprenne. » Et en espérant surtout que les vapeurs de pesticides ne traverseront pas trop son masque de protection de toute façon inefficace. Enfin, quand il le porte. « Car à midi, avec 40 degrés, des fois, je l’enlève, admet-il. Parce que je n’arrive plus à respirer. » Quitte à inhaler un poison hautement toxique.

Daniel Alfonso Leon est membre du CENSAT Agua Viva, une organisation colombienne membre des Amis de la Terre International. Il accompagne l’une des délégations de la mission internationale de vérification dans la région de Magdalena, au nord ouest du pays. Pour le CCFD, il explique quels sont les objectifs et les attentes de cette mission. Ecouter l’entretien

Jean-Claude Gérez, journaliste

Nos projets

1er décembre 2017 Acord Burundi , Les femmes paysannes de l’Union Uwaki de Kiwanja, décembre 2013 , Mooriben

L’agriculture paysanne et l’agroécologie en Afrique : un pari gagnant

301 - Septembre-Octobre

Le soutien à une agriculture paysanne et l’agroécologie peuvent-ils améliorer les conditions de vie et la cohésion des populations rurales (...)

1er décembre 2017 Inades formation au Burundi

Burundi : Les femmes au coeur de la transition écologique et sociale

301 - Septembre-Octobre

Porté par le CCFD-Terre Solidaire dans six pays africains, le programme PAIES au Burundi a notablement contribué à inclure les femmes au (...)

16 novembre 2017 Amassa Afrique Verte

Au Mali, 6 manières de faire face aux changements climatiques

Au Mali, la saison des pluies est durablement perturbée par la crise du climat. Ces changements affectent en particulier la période des (...)

S’informer

8 décembre 2017

Au Mexique, le Prix National des Droits Humains 2017 décerné à notre partenaire Miguel Gandara, président de Serapaz

Avec tous les membres de Serapaz, le CCFD-Terre Solidaire se réjouit de voir le Prix National des Droits Humains au Mexique décerné à son (...)

24 novembre 2017

Toujours victimes de violences, les Colombiennes reprennent leur destin en main

302 - Novembre-Décembre

Toujours victimes de violences malgré la fin du conflit armé, les Colombiennes cherchent à se défendre contre ce fléau. À la faveur des (...)

7 novembre 2017

Paradise papers : les paradis fiscaux, comme l’île Maurice, sont une entrave aux droits humains (témoignage)

Dossier : Vers un traité Onu contre l’impunité des multinationales

Chaque année, l’Ile Maurice, véritable paradis fiscal, doit renoncer à des investissements dans le secteur de la santé et de l’éducation. (...)