Un avenir sans faim
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Publié le 2 juin 2008

Diaporama : "Coups de fouets invisibles"

"Coups de fouets invisibles" Le prix de ce « miracle » économique brésilien, ce sont les coupeurs de canne qui le paient. Souvent à peine majeurs, ces travailleurs sont choisis pour leur force de travail par des "gatos" (chats), sorte de contremaîtres. Les propriétaires leur versent une prime pour chaque ouvrier engagé (25 euros en moyenne) ou leur allouent un pourcentage (2 à 5%) sur les salaires. Chaque année 500 000 personnes sont recrutées pour couper manuellement la matière première permettant de produire ce carburant « vert ». Plus de la moitié de ces ouvriers viennent du Nordeste, la région la plus pauvre du Brésil. Les ouvriers sont payés à la tâche. Ils perçoivent en moyenne 1 euro par tonne coupée. Blessures fréquentes, crampes, douleurs dans la colonne vertébrale, tendinites, convulsions... Les cadences et les conditions de travail provoquent évidemment de sérieux problèmes de santé. Impossible de se plaindre. Car les ouvriers sont menacés d'être remplacés par des machines, capables d'effectuer le travail de 80 coupeurs. Les propriétaires des champs de canne à sucre renâclent sur tout. Malgré l'aiguisage régulier, ces outils s'émoussent vite. Malgré ce contexte, les rares organisations syndicales indépendantes luttent pour obtenir de meilleures conditions de travail Un logement décent, un suivi médical correct, de l'eau fraîche à volonté pour les coupeurs de canne dans les champs... Depuis janvier 2008, la loi oblige les propriétaires à accorder aux ouvriers une heure de pause déjeuner « dans un lieu ombragé ». La tendance est d'ailleurs loin de s'inverser avec l'arrivée de la canne génétiquement modifiée Pas ceux des travailleurs : ils devront couper deux à trois fois plusde canne à sucre pour parvenir à une moyenne quotidienne de 12 tonnes. 120 ans après l'abolition de l'esclavage au Brésil, les coupeurs de canne travaillent souvent dans des conditions exécrables et dégradantes.

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