Publié le 19.09.2016 • Mis à jour le 13.03.2018

La France doit demander l’arrêt de la NASAN (communiqué)

Le 19 septembre à New York se tiendra le Conseil de Gouvernance de la Nouvelle alliance du G7 pour la sécurité alimentaire et la nutrition (NASAN).
Action contre la Faim, le CCFD-Terre Solidaire et Oxfam France appellent Monsieur André Vallini, Secrétaire d’Etat chargé du développement et le gouvernement français à demander l’arrêt de l’initiative afin de mener une évaluation publique de ses impacts dans les 10 pays africains visés pour réparer les dommages causés.
Les trois ONG, mobilisées depuis 2012 sur cette initiative, publient à cette occasion un nouveau bilan commun alertant sur les manquements et les dangers de la NASAN.

NASAN : bilan d’étape 2016
Télécharger le bilan d’étape

Lancée en 2012, la NASAN est une initiative financée principalement par les pays du G7 et l’Union européenne.
Son objectif affiché est de lutter contre la faim et de sortir d’ici 2022, 50 millions de personnes de la pauvreté dans 10 pays partenaires en Afrique en s’appuyant sur l’investissement du secteur privé dans l’agriculture.

Dans leur bilan, Action contre la Faim, le CCFD-Terre solidaire et Oxfam France dénoncent les impacts négatifs de la NASAN - accaparement des terres et des ressources naturelles, privatisation des semences - mais aussi l’immobilisme des Etats bailleurs dont la France, malgré les alertes répétées.
En juin dernier, le Parlement européen a adopté une résolution spécifique sur l’initiative qui corrobore ces analyses et appelle l’Union européenne à s’attaquer à ces défaillances.
La rapporteure Maria Heubuch est même allée plus loin estimant que « si la Nouvelle alliance ne remédie pas aux problèmes graves que nous observons, l’UE devra retirer son soutien à cette initiative ».
Cependant, les membres de la NASAN semblent faire la sourde oreille.

Pour nos organisations, loin de remplir ses objectifs en matière de développement, la NASAN est une initiative opaque, incitant à la dérégulation et à l’ultra-libéralisation des secteurs agricoles africains, qui affaiblit les politiques fiscales, tarifaires et douanières des pays où elle est mise en œuvre.
Elle fait de la faim un alibi pour l’investissement des grandes multinationales de l’agroalimentaire en leur donnant accès à de nouveaux marchés tandis que les agriculteurs familiaux sont marginalisés voir affaiblis, alors même qu’ils représentent 70% de la production agricole mondiale et sont des acteurs incontournables de l’amélioration de la sécurité alimentaire des populations.

Pour Action contre la Faim, le CCFD-Terre Solidaire et Oxfam France, le prochain conseil de gouvernance de la NASAN ce lundi 19 septembre est l’occasion pour la France de demander un arrêt immédiat des engagements, financiers ou politiques, des Etats africains et du G7 dans la NASAN et la mise en place d’une évaluation indépendante de ses impacts afin de réparer les dommages occasionnés.

Si la France et ses partenaires souhaitent réellement soutenir la sécurité alimentaire et nutritionnelle en Afrique, alors une nouvelle stratégie centrée sur les agricultures familiales et paysannes doit être mise en place.

Télécharger le bilan d’étape

Contacts presse :

- Action contre le Faim - Léa Vollet - lvollet@actioncontrelafaim.org -01.70.84.72.98
- CCFD-Terre Solidaire - Karine Appy - k.appy@ccfd-terresolidaire.org - 06 66 12 33 02
- Oxfam France - Sarah Roussel - sroussel@oxfamfrance.org - 06 51 15 54 38

Notes aux rédactions :

- Communiqué CCFD-Terre solidaire et Oxfam France, le 7 juin 2016, en réaction à la résolution votée au Parlement européen : Nouvelle Alliance pour la sécurité alimentaire et la nutrition en Afrique
- En amont du G7 en juin 2015, Action contre la faim, le CCFD-Terre solidaire et Oxfam France avaient déjà publié un premier bilan d’’étape de la NASAN

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