Noël contre la faim

Publié le 22.08.2013 • Mis à jour le 26.08.2013

La volatilité des prix agricoles et la spéculation sur les marchés agricoles

Le CCFD-Terre Solidaire attire l’attention sur un phénomène alarmant : la forte volatilité des prix agricoles observée depuis plus de 10 ans et plus particulièrement les fortes hausses, et leur durée (comme ce qui a pu être constaté depuis janvier 2011 avec un pic des prix agricoles « constant »), qui menace l’équilibre des marchés agricoles et la sécurité alimentaire.

Ainsi, l’envolée des prix du blé, suite aux incendies en Russie en août 2010, ou aux inondations en Australie en janvier 2011, révèlent à nouveau la scandaleuse réalité : des marchés agricoles livrés aux humeurs des spéculateurs, des stocks de régulation ou d’urgence quasi disparus, des règles commerciales qui ruinent des filières locales par la « libre-concurrence » avec des produits étrangers plus compétitifs ; enfin des pays en développement dépendant des marchés mondiaux à cause d’un sous-investissement dans leur appareil de production agricole.

L’indice des prix alimentaires de la FAO a atteint en juin 2010 un record, dépassant le niveau le plus élevé obtenu lors de la dernière crise, en juin 2008. L’augmentation des prix depuis juin 2010 concerne surtout le blé (+50 %), le maïs (+50 %) et le soja (+34 %), et le riz commence à suivre. En janvier 2011, la facture d’importation alimentaire est proche du pic atteint en 2008 pour les pays importateurs, et les populations les plus pauvres restent extrêmement vulnérables. Compte-tenu du délai de transmission des prix mondiaux aux marchés locaux, les prix pour les consommateurs (urbains, mais aussi petits agriculteurs non auto-suffisants et éleveurs), les pays les plus vulnérables se situeraient au Sahel, dans la corne de l’Afrique, ainsi qu’en Asie centrale.

Et la FAO le rappelle, en l’absence de mécanismes appropriés permettant de faire face aux chocs ou de protéger les populations les plus vulnérables, on assiste à une forte variation de l’incidence de la faim, dans le sillage des crises. Le CCFD-Terre Solidaire souligne que la crise alimentaire de 2008 a mis en lumière la vulnérabilité des populations démunies des villes face à une augmentation des prix agricoles mondiaux. La sécurité alimentaire des populations urbaines peut devenir effective à condition de favoriser les filières vivrières locales, les liens commerciaux entre les zones urbaines et les zones rurales, l’agriculture périurbaine, le dialogue entre associations de consommateurs et de producteurs.

La lutte contre la volatilité des prix, qui affecte brutalement autant les producteurs que les consommateurs, est aujourd’hui une priorité pour le CCFD-Terre Solidaire.

Elle doit être menée autour de trois axes prioritaires :
- L’interdiction de la spéculation financière et l’obligation de transparence des investisseurs sur la totalité de leurs transactions sur les marchés de matières premières ;
- La reconstitution de stocks alimentaires locaux, nationaux et régionaux ;
- La valorisation de pratiques commerciales à même de réguler les marchés intérieurs et les prix dans un objectif de sécurité alimentaire des populations (droits de douane variables à l’importation, taxes à l’exportation).

Comme le rappelait Henry Saragih, Secrétaire général de La Via Campesina, partenaire du CCFD-Terre Solidaire, « Les produits agricoles ne sont (…) pas des produits comme les autres. C’est pourquoi nous pensons que l’Organisation mondiale du commerce ne doit pas s’immiscer dans les affaires agricoles. Il appartient à chaque communauté, à chaque gouvernement de protéger son agriculture si nous voulons que les populations puissent se nourrir avec ce qu’elles produisent ». Le même principe doit s’appliquer aux accords de libre-échange.

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