Un avenir sans faim

Publié le 06.10.2016 • Mis à jour le 25.09.2017

Participation du CCFD-Terre Solidaire au Tribunal Monsanto

Le CCFD-Terre Solidaire sera présent au Tribunal international Monsanto du 14 au 16 octobre 2016 à La Haye, aux Pays-Bas, avec une délégation de 10 organisations partenaires du Sud, impliquées dans la lutte contre les OGM dans leurs pays.

- Voir la présentation de la délégation du CCFD-Terre Solidaire

Présentation de la délégation du CCFD-Terre Solidaire

Le Tribunal de Monsanto est le résultat d’une mobilisation internationale de la société civile destiné à juger Monsanto pour violations des droits humains, pour crimes contre l‘humanité et pour écocide [1]

Pour le CCFD-Terre Solidaire, ce Tribunal donnera un coup de projecteur particulier sur les effets dévastateurs des activités de Monsanto sur l’environnement, les paysans et leur production ainsi que les droits à l’alimentation et à la santé des populations. De graves atteintes aux droits fondamentaux déjà observées, dont viendront témoigner des représentants du monde entier.

A l’heure de la fusion annoncée de Monsanto et Bayer, il est urgent d’aborder la question de la responsabilité de cet acteur majeur du secteur semencier qui contrôlera près d’un tiers du marché mondial des semences et des pesticides.

Les partenaires du CCFD-Terre Solidaire, qui seront présents au Tribunal Monsanto, témoignent de l’importance de cette initiative :

Pour Jean-Paul Sikeli, secrétaire exécutif de la Copagen, réseau associatif africain qui œuvre pour la sauvegarde du patrimoine génétique dans la région et l’utilisation durable des ressources biologiques : « L’idée de créer un cadre collectif pour les victimes afin de porter des actions au civil devant une instance juridictionnelle, fût-elle symbolique, est à saluer quand on sait que les procédures sont parsemées d’embûches [2]  ». « Au Burkina Faso, la firme Monsanto a arnaqué les pauvres paysans producteurs de coton. Ils ont été matraqués par la rhétorique de l’augmentation des rendements agricoles et des revenus du coton Bt génétiquement modifié. Le résultat a été désastreux : la mauvaise qualité de la fibre associée à la faiblesse des rendements a contraint le pays à réduire puis à abandonner cette culture pour la campagne 2017-2018 [3] . » Jean-Paul Sikeli sera notamment aux côtés de l’un des paysans, victime de la culture du Coton Bt au Burkina-Faso, qui témoignera au Tribunal.

Pour Ines Franceschelli, de l’organisation Base IS, un centre paraguayen de recherche sociales, à l’origine de la campagne « Ñamoseke Monsanto » (« Dehors Monsanto » en Guarani), regroupant une trentaine d’organisations paraguayennes : « Au sein de cette coalition, nous menons un combat pour le respect de la vie et la biodiversité, pour que les paysans et leurs familles puissent vivre et produire sur leurs terres. Nous nous élevons contre des activités qui conduisent à la déforestation, l’épuisement des ressources, l’accaparement des terres, les expulsions des paysans de leurs terres, la disparition des cultures, la maladie et la mort ». « Le Tribunal Monsanto constitue un espace fondamental pour partager notre expérience d’une même lutte, menée à différents endroits du monde. Ce partage permettra de renforcer nos capacités d’action au niveau local ».

Maureen Jorand, responsable du plaidoyer souveraineté alimentaire au CCFD-Terre Solidaire, ajoute : « Intoxication des populations, pollution des sols, privatisation des semences, endettement des paysans… la liste des dommages causés par les activités de Monsanto est longue et pourtant, c’est l’impunité qui domine. Ce tribunal est une occasion de changer d’échelle, de lier les luttes nationales et de faire en sorte que les dommages causés par Monsanto soient internationalement exposés ». «  Et au-delà du symbole, cette démarche permet de réaffirmer la nécessité urgente d’inscrire la responsabilité juridique des entreprises au niveau international. Actuellement aucun instrument juridique international ne s’applique aux multinationales alors même qu’elles sont en situation de quasi-monopole et qu’on les positionne désormais comme des piliers des initiatives et politiques de développement. Mais un développement pour qui ? En tout cas pas pour les paysans qui viendront témoigner », conclut Maureen Jorand.

Le CCFD-Terre Solidaire est fortement mobilisé pour l’élaboration d’un traité des Nations unies sur le respect des droits humains par les entreprises multinationales pour protéger les populations et garantir aux victimes l’accès à la justice.

Lire aussi : Monsanto sur le banc des accusés d’un tribunal international

Contacts presse :
Pour toute information ou demande d’interview avec les partenaires du CCFD-Terre Solidaire, merci de contacter :
- Karine Appy : 06 66 12 33 02, k.appy@ccfd-terresolidaire.org
- Julia Charbonnier : 01 44 82 80 68, j.charbonnier@ccfd-terresolidaire.org

[1Le Tribunal Monsanto est une mobilisation internationale de la société civile pour juger Monsanto pour violations des droits humains, pour crimes contre l‘humanité et pour écocide. D’éminents juges entendront des témoignages de victimes et livreront une opinion juridique suivant les procédures de la Cour Internationale de Justice. Une Assemblée des Peuples se tiendra en parallèle afin de rallier les mouvements sociaux et de planifier ensemble le futur que nous souhaitons. Le Tribunal Monsanto et l’Assemblée des Peuples se tiendront du 14 et 16 octobre 2016 à La Haye, aux Pays-Bas..

[2Propos recueillis par Violaine Plagnol pour Faim &Développement Magazine, Numéro 294- juillet/août 2016.

[3Idem

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