Un avenir sans faim

Publié le 2 avril 2005

Des avancées pour la coopération internationale

Denise Auclair, CIDSE (Coopération internationale pour le développement et la solidarité)

Denise Auclair est responsable des questions de politique de développement de l’Union européenne à la Cidse (Coopération internationale pour le développement et la solidarité).

Ses propos ne sont en aucun cas la position officielle de la Cidse sur la Constitution européenne.

www.cidse.org

Quels outils de développement la Constitution met-elle au service de l’Union ?

Tout d’abord, une politique de coopération clairement définie, avec une base légale et un statut intéressant : c’est en effet une politique extérieure comme les autres. Elle est donc sur un pied d’égalité avec la politique de défense par exemple. C’est vraiment très positif. Ensuite, elle sert de structure cohérente pour les autres politiques qui ont un impact dans le même domaine : c’est le fameux principe de cohérence qui donne toute leur importance aux objectifs de développement durable et d’éradication de la pauvreté.

Sur le contenu même de cette politique, quels points vous paraissent particulièrement positifs ?

Evidemment, le fait que le développement durable et l’éradication de la pauvreté apparaissent comme objectifs de la politique extérieure de l’Union (avec le respect des droits de l’homme et le maintien de la paix). Mais aussi, des avancées plus spécifiques. Par exemple, ces objectifs s’appliquent à tous les pays en développement et notamment aux pays voisins de l’Union avec lesquels la coopération est plus souvent envisagée sous l’angle sécuritaire.

Mais que peut-on dire de la volonté réelle de l’Union de mettre cette politique en œuvre, par exemple face à ses objectifs en matière de politique agricole commune ?

Je crois qu’il y a, notamment en France, une grande confusion entre le cadre légal que représente la Constitution et la liberté de choix des politiques à l’intérieur de l’Europe des 25. Ce n’est pas le moment d’avoir un débat sur la Pac même s’il faut évidemment penser à la réformer. Et lorsqu’il y aura débat sur le contenu d’une politique, la société civile pourra utiliser certaines dispositions de la Constitution comme levier politique. Elle s’appuiera ainsi sur ce texte et ses principes pour réformer les choses.

La Constitution pourrait donc être un instrument efficace pour amener l’Europe à être plus solidaire avec les pays du Sud ?

Oui, il faut comprendre que l’approbation de cette Constitution et la mise en œuvre de certaines politiques sont deux processus complètement différents. Tout est présent, dans ce texte, pour créer le type d’Union que les Ong de développement aimeraient avoir. Dire non n’aurait pas de sens.

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