Publié le 2 avril 2005

Une vision productiviste

Brigitte Alain
Confédération Paysanne

Brigitte Alain est porte-parole de la Confédération paysanne.
www.confederationpaysanne.org

Le processus d’élaboration de la Constitution vous a-t-il semblé suffisamment ouvert ?

Non, il traduit un réel manque de démocratie au sein de l’Union. D’ailleurs, le fait d’appeler ce texte une Constitution est un procédé malhonnête utilisé pour soumettre les citoyens à une forme de pression et de chantage en cas de rejet. S’il s’agissait d’une véritable Constitution, le texte n’intègrerait pas l’ensemble des politiques de l’Union.

Qu’auriez-vous pu attendre d’une Constitution dans le domaine de l’agriculture européenne ?

On aurait aimé voir défini le véritable rôle d’une politique agricole commune : la politique alimentaire du continent, le niveau d’autonomie alimentaire par exemple. D’autre part, la Charte des droits fondamentaux aurait pu inclure un droit à la souveraineté alimentaire. L’Union aurait ainsi pu être la première instance, au niveau mondial, à reconnaître ce droit collectif qui reste à conquérir.

La Pac définie dans la Constitution est dans la continuité des anciens traités…

C’est la même politique depuis le Traité de Rome ! Une politique libérale qui, si le traité constitutionnel est voté, sera extrêmement difficile à modifier puisqu’il faudra l’unanimité des 25 membres. Or, cette politique remet en cause la sécurité alimentaire : sa vocation uniquement exportatrice fait oublier que la fonction première de l’agriculture est l’alimentation ; et son productivisme conduit également à des risques en matière environnementale et de santé publique. En outre, la fonction d’occupation du territoire de l’activité agricole est délaissée, ce qui conduit à l’abandon des zones non productives.

Que dire de la Pac dans une perspective de solidarité avec le Sud et quelle alternative propose la Confédération paysanne ?

La Pac n’est pas du tout inscrite dans la solidarité, ni à l’intérieur de l’Europe, ni dans le reste du monde. Nous militons pour une autre Pac sur les bases de la souveraineté alimentaire et d’une agriculture paysanne. Une vision développée avec Via Campesina dans le monde entier. Pour l’Europe, nous souhaitons la mise en place d’une agriculture paysanne avec des prix rémunérateurs et des obligations durables assignées à l’agriculture. Cela ne veut pas dire que les aides seraient interdites, mais elles seraient acceptables du point de vue des paysans dans le monde et des citoyens, à l’opposé des pratiques actuelles…

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