Publié le 29.05.2018 • Mis à jour le 30.05.2018

Burkina Faso : marche contre les OGM le 2 juin

Monsanto a choisi depuis les années 2000 le Burkina Faso comme pays d’entrée de sa stratégie de conquête de l’Afrique pour sa filière OGM. Inquiètes suite à de nouvelles expérimentations, des organisations locales de la société civile organisent une marche contre les OGM le 2 juin 2018.

Les mobilisations et l’échec de la culture du coton Bt au Burkina Faso n’ont pas réussi à décourager les autorités de poursuivre les expérimentations en matière d’OGM. Dans un contexte international où l’offre de nouveaux OGM se multiplie, le Burkina Faso a importé d’Italie, depuis le 2 novembre 2016, des œufs de moustiques génétiquement modifiés. Des expérimentations sont également en cours sur un haricot africain, le niébé Bt.

Des organisations de la société civile sonnent l’alarme

Le CCAE (Collectif Citoyen pour l’agroécologie) et la Coalition ouest-africaine pour la protection du patrimoine génétique africain (Copagen), partenaire du CCFD-Terre Solidaire, appellent à manifester à nouveau contre les OGM ce samedi 2 juin 2018.
Cette marche citoyenne entend atteindre deux objectifs :

  • Informer et sensibiliser l’opinion publique sur les expérimentations en cours sur les OGM
  • Les dénoncer en interpellant les autorités politiques

Ce n’est pas la première fois que la société civile burkinabée se mobilise contre les OGM. On se souvient du succès de la marche contre Monsanto et les OGM, à Ouagadougou, le 23 mai 2015. De cet événement est né le CCAE, un regroupement de citoyens et de citoyennes, d’associations nationales et d’ONG nationales et internationales partageant en commun la vision de l’agroécologie et de la souveraineté alimentaire.

De son côté, la Copagen a publié un rapport intitulé « Le coton Bt et nous - la vérité de nos champs ! ». Ce document édifiant décrit les conséquences de la culture du coton Bt génétiquement modifié de Monsanto. Face aux protestations de la société civile et à la baisse de qualité des cultures, le Burkina Faso a abandonné le coton Bt en 2016. Une victoire fragile.

La société civile attend également d’avoir une suite sur le mémorandum remis lors de la marche du 23 mai 2015.

La question des OGM continuera de se poser dans les années à venir, au Burkina Faso comme dans les pays voisins.
En Afrique un projet de règlement UEMOA/CEDEAO/UA sur la biotechnologie est actuellement en gestation. L’adoption de ce projet de règlement engendrera la libre circulation des cultures OGM dans les pays africains signataires.

L’enjeu de la marche dépasse donc le cadre des expérimentations en cours et questionne le modèle de développement de la région.

S’informer

29 novembre 2018

Cameroun : Les restrictions de la liberté d’expression marquent un signal inquiétant du nouveau mandat du Président Biya (communiqué)

• Au moins six journalistes arbitrairement arrêtés dans le cadre de leur travail • Disparition forcée d’un défenseur des droits humains • (...)

8 novembre 2018

RDC : 9 villages portent plainte contre une banque de développement allemande (communiqué)

Neuf communautés de la République démocratique du Congo ont accompli un geste historique cette semaine : elles ont porté plainte contre la (...)

30 octobre 2018

Afrique du sud : l’enjeu vital de la redistribution des terres

FDM n°306

En attendant les fruits d’une réforme agraire complète qui verrait des propriétaires expropriés sans compensation, les terres communales (...)

Nos projets

30 novembre 2018

Cop 24 : Accorder l’humain et la planète, les initiatives qui marchent ! (carte interactive)

Il peut sembler difficile d’articuler écologie et droits humains. Pourtant, le CCFD-Terre Solidaire accompagne ses partenaires dans le (...)

5 novembre 2018

Après le séisme et le tsunami sur l’île de Sulawesi en Indonésie, l’aide s’organise

Un violent séisme suivi d’un tsunami ont durement frappé l’île de Sulawesi en Indonésie le 28 septembre dernier. Les organisations (...)

13 septembre 2018

Au Sénégal, la population vent debout contre la centrale à charbon de Bargny

Au Sénégal, la construction d’une centrale à charbon suscite une forte opposition locale. Outre son impact sur le réchauffement climatique (...)