Un avenir sans faim
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Publié le 15 novembre 2012

Dire sa foi et vivre la fraternité

Que signifie proclamer le Credo dans un contexte marqué par des situations de conflit armé, de violations des droits humains, d’injustice et d’inégalité, comme celles que nous vivons partout en Colombie ? Quel engagement implique pour un croyant d’affirmer sa foi dans un tel contexte ?

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Lorsque nous proclamons notre foi en Dieu Père comme créateur de vie, nous affirmons sa préoccupation envers toute la Création. « Car tu aimes tous les êtres, tu ne détestes rien de ce que tu as fait : si tu n’en voulais pas, tu ne l’aurais pas fait. » (Sg 11,24) Nous affirmons notre foi en un Dieu miséricordieux et tendre avec son peuple, un Dieu qui nous accompagne dans notre cheminement, qui souffre avec nous quand les « croix de la vie » nous assènent des coups, qui est heureux avec nous lorsque nous parvenons à faire fleurir la vie abondamment pour tous les êtres humains. La présence de victimes et de pauvres parmi nous révèle que nous, êtres humains, avons fait échouer l’effort divin visant à faire fleurir une vie qui soit bonne pour tous. L’œuvre créatrice de Dieu est limitée par tous les intérêts humains qui poussent les hommes à se replier sur eux-mêmes avec cupidité, sans laisser de place à la gratuité, la fraternité et la solidarité.

Lorsque nous proclamons notre foi en Jésus- Christ, Fils aimé du Père, nous affirmons que Dieu a vécu parmi nous, qu’Il est devenu l’un d’entre nous pour montrer à travers son Fils son projet. Affirmer notre foi en Jésus-Christ, c’est affirmer que nous sommes tous appelés à être les enfants de Dieu par sa mort et sa résurrection. Et si nous sommes tous des enfants, cela veut dire que nous sommes tous frères et sœurs. De ce fait, proclamer notre foi devrait impliquer un engagement inconditionnel pour faire en sorte que cette fraternité soit une réalité dans notre monde. Pourtant, ce que nous voyons au quotidien dans un contexte comme celui de la Colombie, c’est qu’il y a de nombreuses situations qui nient et contredisent cette condition d’enfants d’un même père. Les victimes de la violence et de l’injustice, les pauvres et les exclus dans un pays majoritairement catholique, révèlent que quelque chose a échoué dans la pratique de la foi. Ils deviennent une invitation à l’amour et à la solidarité pour tous ceux qui veulent vivre pleinement leur foi.

Lorsque nous proclamons notre foi en l’Esprit Saint, nous affirmons que l’amour de Dieu est plus fort que le péché et la mort, nous affirmons que Dieu donne tout pour nous à travers Jésus-Christ. Affirmer notre foi en l’Esprit d’Amour, c’est reconnaître que nous avons besoin de la force de Dieu pour dépasser les limites de notre fragilité et de notre péché et pouvoir ainsi construire réellement des communautés où tous et toutes ont leur place et sont reconnus comme des enfants de Dieu. Sans la force de l’Esprit, nous ne parviendrons pas à sortir de nous-mêmes pour devenir des bâtisseurs de fraternité. Seul l’amour de Dieu, qui transforme nos cœurs, nous permet de guérir les blessures causées par la violence, l’injustice et l’inégalité ; il permet d’avoir un cœur miséricordieux qui s’émeut face à la douleur et au besoin de nos frères et sœurs ; il nous fait sortir de nous-mêmes pour que nous puissions devenir des serviteurs inconditionnels à l’image de Jésus ; il fait de nous des bâtisseurs de communauté et de fraternité ; il apprend à pardonner et ouvre les portes de la réconciliation.

Proclamer sa foi, comme nous le faisons lorsque nous récitons le Credo, c’est nous engager à accompagner Dieu dans son œuvre de création pour que la pleine vie puisse y régner. Proclamer sa foi, c’est demander la grâce d’être configurés à Jésus-Christ, le Crucifié Ressuscité, pour donner le meilleur de nous-mêmes et que la fraternité soit possible et réelle.

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