Un avenir sans faim
Mots-clés :

Publié le 15 novembre 2012

Egypte, des paysans unis pour défendre leurs droits

L’histoire contemporaine de l’Égypte est marquée par de grands bouleversements. Du modèle d’économie centralisée du président Nasser aux récentes révolutions populaires, le contexte égyptien est en perpétuelle mutation. Pas facile pour les paysans dans cette société très instable de se faire aujourd’hui une place et de se faire entendre. Alors que la faim rôde dans les familles, l’Association de Développement Intégré de Miniya (ADIM) met tout en œuvre pour que les petits paysans défendent leurs droits et participent à la reconstruction de ce grand pays.

Les dernières décennies ont été douloureuses pour de nombreux Égyptiens : le passage d’une économie nationalisée à une économie privatisée a largement affecté le secteur agricole, pourtant si essentiel. L’accaparement des terres est devenu une réalité pour les petits paysans, encore une fois victimes. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 1,6 million de paysans possèdent moins d’1 hectare ; soit 43 % de la population paysanne… pour seulement 8 % des terres cultivables.
Et le sort semble même s’en mêler. Plusieurs crises engendrées par la sécheresse ont frappé les paysans au cours des dernières années. Les familles rurales ne sont guère à l’abri de la famine : un tiers des enfants égyptiens de moins de cinq ans souffre d’un retard de croissance dû à la malnutrition.

Partenaire égyptien du CCFD-Terre Solidaire depuis près de 20 ans, l’ADIM est le bureau de développement du diocèse rattaché à l’évêque. Directement confrontée à ces enjeux, l’association concentre son action auprès de ces petits paysans, qui forment la population la plus pauvre du pays, pour qu’ils ne perdent pas espoir et puissent se structurer afin de revendiquer leurs droits.

Mobiliser les petits paysans pour les rendre davantage acteurs
Récemment, pour améliorer sa capacité d’action, l’ADIM a réalisé une vaste étude sur les conditions de vie des petits paysans et leurs besoins, en collaboration avec d’autres acteurs égyptiens liés à l’agro-écologie et à la défense des droits humains. Cette étude a abouti à la mise en place d’une nouvelle initiative, qui vise à permettre aux petits paysans de la région d’être davantage acteurs des changements, en étant plus impliqués dans la vie publique. L’ADIM joue donc aujourd’hui un rôle majeur afin de fédérer une dynamique associative et syndicale, enfin autorisée.

La capacité de médiation que l’ADIM met en œuvre repose sur sa légitimité à travailler avec les populations rurales et sur une neutralité à l’égard du politique, ce qui est particulièrement précieux dans un contexte de forte politisation de l’espace public.
À l’heure du repli et des tensions communautaires, son action paraît porteuse de sens et d’espoir. En effet, si l’ADIM a une dimension confessionnelle forte, elle offre aussi une ouverture pour dépasser les peurs et créer les conditions d’un dialogue. Une chance dans une région telle que la Haute-Égypte, où les chrétiens coptes sont nombreux et où les passerelles avec des organisations laïques ou d’autres
confessions doivent être défendues.

Beaucoup reste à faire pour accompagner le processus vers une transition démocratique, et le CCFD-Terre Solidaire tente de soutenir la mobilisation et la participation politique des communautés rurales de Miniya. D’autres partenaires en Égypte, comme Land Center for Human Rights, JBA (association des Jésuites et Frères pour le développement) et El Nahda (association de la renaissance scientifique et culturelle), travaillent en ce sens dans un contexte d’instabilité permanente. Il s’agit avant tout de permettre à l’Égypte de pouvoir se reconstruire, se développer et assurer à sa population les moyens de sa subsistance en revalorisant le monde paysan.

Nos projets

15 septembre 2017 ITECA

Irma, Maria : solidaires avec les peuples des Caraïbes !

Au cours de leurs passages, les ouragans Irma et Maria ont causé des dégâts considérables dans les Caraïbes. A Haïti et à Cuba, les (...)

15 septembre 2017 ITECA

Haiti : La culture de la mangue m’a permis d’aller à l’école (témoignage)

Ovalson OVID a 24 ans et vit près de la ville de Gros Morne à Haiti. Il raconte tout ce que lui a permis de faire l’association locale (...)

12 septembre 2017

En vacances avec des demandeurs d’asile au Pays basque (diaporama)

Inviter des familles de demandeurs d’asile à passer des vacances ensemble ? C’est le pari relevé au mois d’août par des bénévoles du (...)

S’informer

20 octobre 2017

Birmanie : l’UE privilégie ses intérêts financiers à l’instauration de la paix

Un collectif d’organisations birmanes et européennes, dont le CCFD-Terre Solidaire, publie, le 4 octobre 2017, un rapport intitulé « (...)

20 octobre 2017

Le CCFD-Terre Solidaire engagé pour un traité Onu contre l’impunité des multinationales

« Se battre contre les injustices est dans l’ADN du CCFD-Terre Solidaire ». Carole Peychaud, chargée de plaidoyer Régulation des (...)

20 octobre 2017

Impunité des multinationales : les victimes de ProSavana au Mozambique représentées à l’Onu

Au Mozambique, des entreprises de l’agrobusiness, impliquées dans le projet ProSavana, font passer leurs intérêts avant ceux des (...)