Noël contre la faim
Mots-clés :

Publié le 9 juillet 2015

Le défi climatique

Un défi spirituel

Et si nous comprenions les crises écologique et climatique comme des « défis » ? Bien sûr, le mot « crise » a sa valeur. En grec, il signifie « jugement », et il est vrai que ces problématiques pointent les conséquences néfastes de notre système et de notre mode de vie. Mais s’arrêter à la crise, c’est s’en tenir à la sentence… par où donc est la sortie ? Parler de défi, c’est inviter à penser plus loin et à agir – un défi, ça se relève ! C’est reconnaître le problème en cherchant une solution. Le défi interpelle, stimule, met en route. Comment penser le défi climatique comme un défi d’espérance pour notre foi chrétienne ?

Confesser Dieu, le monde et l’humain

Le défi que pose le changement climatique n’est pas simplement (géo)politique, économique et technique. Nous pouvons y reconnaître également un défi spirituel. Ne nous sommes-nous pas fourvoyés en nous voyant comme les maîtres et possesseurs d’une nature destinée à nous servir ? À la suite des saintes Écritures, nous confessons le monde comme création de Dieu, dans laquelle s’épanouit la vie et se laisse appréhender le divin (Gn 1,1-2,25). Nous croyons donc faire partie intégrante de cette très bonne création et reconnaissons que les destins de la nature et de l’Humanité sont intimement interdépendants. À ce propos, les textes bibliques nous enseignent que Dieu nous a remis l’intendance « fidèle et prudente » (Lc 12,42) de la création. Protéger l’humain, c’est protéger la création, et protéger la création, c’est protéger l’humain.

"Car la création attend avec impatience la révélation des fils de Dieu : livrée au pouvoir du néant (…) elle garde l’espérance, car elle aussi sera libérée de l’esclavage de la corruption, pour avoir part à la liberté et à la gloire des enfants de Dieu" (Rm 8,18-21)

Ouvrir nos yeux par la contemplation

Les changements climatiques sont donc le signe d’un aveuglement spirituel. Mais les écailles peuvent tomber de nos yeux : nous nous voyons comme intimement liés à la création, et reconnaissons Dieu dans sa beauté. Dans nos sociétés de plus en plus urbanisées et pressées, nous sommes invités à prendre le temps, à sortir à la rencontre de la création et à fréquenter les Écritures – et pourquoi pas joindre les deux, en lisant la Bible dans la nature ! Là, par la contemplation et la méditation, avec l’aide de l’Esprit Saint, nous pouvons être menés à une renaissance spirituelle. Reconnaissance pour le donné, qui mène à la réalisation de la responsabilité de protéger et de transmettre. Humilité, car la création ne s’épuise pas par la connaissance scientifique, ni ne se maîtrise parfaitement par la technique. Ses forces et son mystère nous dépassent.

Un chemin de conversion

Pour relever le défi climatique, nous devons relever aussi un défi spirituel : celui de la conversion des représentations et des modes de vie. L’esprit de conversion, dans la spiritualité chrétienne, appelle une mutation en profondeur, un retournement de l’être qui touche et dépasse à la fois les questions environnementale et climatique. L’amour du prochain qui englobe les générations futures, prend le pas sur l’égoïsme. La collaboration transcende l’esprit de compétition. La sobriété répond aux appétits de la surconsommation. Le partage limite les inégalités. Cette conversion individuelle s’accomplit dans une « charité politique » qui nous mène à interpeler collectivement nos gouvernants. Par le jeûne, la prière et l’engagement, nous pouvons être menés à une vie nouvelle qui ouvre l’avenir à la possibilité d’une société durable, juste et pacifique. Un tel « chemin de Damas écologique » repose sur une solide espérance, une foi en l’impossible – ce sont l’espérance et la foi du matin de Pâque, dont nous sommes les témoins.

Questions pour un partage :
Comment être porteur d’espérance auprès de nos contemporains, malgré la gravité du dérèglement climatique ?
En quoi les défis auxquels nous faisons face peuvent-ils enrichir notre vie spirituelle ?

Nos projets

1er décembre 2017

L’agriculture paysanne et l’agroécologie en Afrique : un pari gagnant

301 - Septembre-Octobre

Le soutien à une agriculture paysanne et l’agroécologie peuvent-ils améliorer les conditions de vie et la cohésion des populations rurales (...)

15 septembre 2017

Irma, Maria : solidaires avec les peuples des Caraïbes !

Au cours de leurs passages, les ouragans Irma et Maria ont causé des dégâts considérables dans les Caraïbes. A Haïti et à Cuba, les (...)

19 avril 2017

Victimes de la sécheresse et de Boko Haram, les éleveurs du lac Tchad appellent à la solidarité

Dossier : La faim guette les populations fragilisées par les crises politiques en Afrique

Dans un environnement déjà fortement fragilisé par la sécheresse, les populations de la région du Lac Tchad sont soumises aux violences et (...)

S’informer

12 janvier 2018

Les enjeux de la visite du pape au Pérou et en Amazonie

Du 18 au 21 janvier 2018, le pape François se rendra au Pérou. Une visite importante dans ce pays très inégalitaire, qui a aussi donné (...)

5 janvier 2018

A Madagascar, l’exploitation aurifère de Vohilava ferme suite à la mobilisation de la population

Le CCFD-Terre Solidaire salue l’annonce de la fermeture du site aurifère de Vohilava exploité par une société chinoise à Madagascar. Cette (...)

1er janvier 2018

En Colombie, une commission pour faire la vérité sur le conflit- Francisco De Roux

FDM n°302

Responsable de la communauté jésuite de Colombie depuis 2008, ancien directeur du Cinep/PPP, partenaire du CCFD-Terre Solidaire, (...)