Publié le 13 août 2013

Le monde a mal à son agriculture.

L’agronome Marc Dufumier le rappelle : les paysans forment les deux tiers des personnes victimes de la faim dans le monde ; le tiers restant est composé d’habitants des bidonvilles qui ont dû quitter la terre pour se réfugier en ville.

L’agriculture des pays du Sud ne parvient pas à nourrir ses paysans. Ceux-ci sont trop pauvres car ils ne parviennent pas à être compétitifs vis-à-vis de l’agriculture du Nord – la nôtre – qui, à coups d’ultramécanisation, de spécialisation et de chimisation, détruit la terre et est responsable de la malbouffe dans les pays qu’on dit développés : nos pays. Au bord des mers et des océans, la pêche et l’aquaculture se heurtent elles aussi à mille difficultés, alors que leur contribution aux besoins alimentaires mondiaux est importante. La sécurité alimentaire des plus pauvres n’est pas pour demain, alors leur souveraineté alimentaire – leur capacité à maîtriser les ressorts de leur alimentation – est encore moins d’actualité.

Sur les décombres des subprimes

Dans ce contexte, la question de l’accaparement des terres est incontournable. Véritable révélateur actuel de la crise agricole et alimentaire, ce phénomène a en effet pris de l’ampleur en 2008 sur les décombres de la crise des subprimes : ces emprunts immobiliers à risque très élevé contractés par des ménages américains et qui ont causé leur surendettement. Les organismes financiers se sont aperçu qu’il était plus rentable désormais, de spéculer sur les produits alimentaires dont les cours étaient orientés à la hausse. Depuis lors, les investissements prédateurs se multiplient et accaparent des terres pour des productions alimentaires à grande échelle, parfois aussi pour promouvoir des projets d’infrastructures ou réaliser des activités extractives. Dans tous les cas, le résultat est le même : les populations locales – souvent des paysans – en sont les victimes. Leurs droits, dont le droit à l’alimentation, se voient remis en cause. En face d’elles, les responsabilités sont partagées entre institutions financières, grandes entreprises, notables locaux, États et institutions internationales. Tous sont tenants d’un système dont les effets sont aussi ravageurs au Mali, en Inde avec l’entreprise française Michelin ou, plus près de nous, sur le site qui doit accueillir le futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes.

Nos projets

30 novembre 2018

Accorder l’humain et la planète, les initiatives qui marchent ! (carte interactive)

Il peut sembler difficile d’articuler écologie et droits humains. Pourtant, le CCFD-Terre Solidaire accompagne ses partenaires dans le (...)

5 novembre 2018

Après le séisme et le tsunami sur l’île de Sulawesi en Indonésie, l’aide s’organise

Un violent séisme suivi d’un tsunami ont durement frappé l’île de Sulawesi en Indonésie le 28 septembre dernier. Les organisations (...)

13 septembre 2018

Au Sénégal, la population vent debout contre la centrale à charbon de Bargny

Au Sénégal, la construction d’une centrale à charbon suscite une forte opposition locale. Outre son impact sur le réchauffement climatique (...)

S’informer

8 janvier 2019

Brésil : forte inquiétude de l’Eglise et de la société civile sur le devenir des terres indigènes (témoignage)

Au Brésil, le nouveau président Jair Bolsonaro vient déjà d’annoncer le transfert de la responsabilité de la démarcation des terres indigènes (...)

20 décembre 2018

Pourquoi promouvoir l’agroécologie paysanne ?

Améliorer les conditions de vie socio-économiques et écologiques des populations rurales, c’est possible ! Le CCFD-Terre Solidaire fait le (...)

17 décembre 2018

Souveraineté alimentaire : « La Tunisie a perdu le contrôle de son modèle agricole »

307 - DECEMBRE

Pour des raisons historiques, le modèle tunisien est fondé sur l’exportation et la dépendance. Décryptage avec Habib Ayeb, géographe et (...)