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Dossier L’Eglise en Amérique latine, une voix pour la justice

Jaime Laines Potiseck, Mexique

Publié le 09.10.2007 Mis à jour le 06.02.2019

Accompagner la population face à ses problèmes

Jaime Laines Potiseck travaille pour le Centre d’Etudes Sociales et Culturelles Antonio Montesinos (CAM), une association qui oeuvre comme un centre de réflexion théologique et comme une ONG favorisant le développement et la participation citoyenne.

Jaime Laines Potiseck {JPEG} La CAM est née en 1985 avec l’objectif de s’inscrire dans le processus de compromis de l’Eglise latino-américaine en faveur des plus pauvres et dans la promotion et l’accompagnement des Communauté écclésiales de base (CEB). Elle s’est donc fixé comme mission de contribuer à la construction d’un Etat de droit et d’une société juste, solidaire et démocratique.

Nous travaillons essentiellement avec le monde rural. Ces gens viennent nous voir avec une forte « envie d’en savoir plus ». Nous avons donc commencé par dispenser une formation chrétienne et théologique. Mais rapidement, la question a été de savoir comment vivre sa foi en phase avec la réalité de la vie concrète. Nous avons réalisé que pour être efficace et répondre aux besoins réels des gens, le travail pastoral devait être intégral, c’est-à-dire capable d’englober les dimensions personnelle, communautaire, sociale, environnementale, politique…

Faire face à la détérioration de la qualité de vie
Concrètement, nous élaborons des projets participatifs. Un exemple : les paysans partent du constat que leur qualité de vie s’est détériorée. Nous cherchons avec eux, les facteurs concrets de cette situation. Problèmes liés à l’eau, à une mauvaise alimentation, à des problèmes de santé, etc. Nous les incitons à rechercher des solutions et nous les aidons à concrétiser de petits projets tels le développement d’une agriculture bio, la culture de plantes médicinales, la création de coopératives, etc.

C’est ce type de projets que nous menons à Vera Cruz par exemple, une région où le nombre de pauvres a doublé en quelques années, en particulier parmi les femmes, victimes en plus de violences. Ce travail est d’autant plus nécessaire que l’action de l’Eglise est d’avantage de l’ordre des bonnes œuvres et qu’elle n’intervient pas dans un cadre socio-pastoral.

Les défis des CEBs
Les CEBs doivent davantage articuler leur travail avec celui des mouvements sociaux. Mais le problème vient surtout de l’Eglise elle-même. A Vera Cruz par exemple, la paroisse s’est opposée à la création d’une CEB par des femmes, estimant que ces dernières sortaient de leur « rôle ». Et pourtant, l’objectif était d’en finir avec les violences dont elles étaient victimes et de réfléchir, par exemple, sur les moyens de créer des structures d’économie solidaire. Mais cela revenait également à admettre une certaine indépendance. Pas facile, dans un univers rural où l’évolution des mentalités est particulièrement lente.

Le second défi important est d’impliquer davantage les jeunes dans les CEBs et les pastorales. Car ces dernières ont beaucoup de mal à se renouveler. C’est pour cette raison qu’il faut être à leur écoute et réfléchir avec eux à l’élaboration de propositions. Si l’on sait répondre à ce défi, alors les CEBs auront un avenir. Sinon, elles auront du mal à survivre. Du moins, au sein de l’Eglise.

Propos recueillis par Jean-Claude Gerez

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