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Dossier Migration : l’humanité en mouvement

Que veut dire « intégration » ?

Publié le 01.05.2006 Mis à jour le 27.08.2012

On distingue généralement trois modèles de relations entre le pays d’accueil et les étrangers installés sur son territoire.
Selon les définitions classiques :

L’assimilation
Dans un processus d’assimilation, la personne étrangères adopte les valeurs, les habitudes, les références culturelles de la société d’accueil et abandonne ses propres références culturelles.

L’intégration
L’intégration consiste à devenir membre à part entière de la société d’accueil, avec les mêmes droits et devoirs (exceptés ceux relatifs à la nationalité), mais à réserver l’expression de ses habitudes culturelles à la sphère privée.

La société multiculturelle
Dans une société multiculturelle, les différentes culturelles coexistent dans un espace d’égalité, mais où les particularismes sont pris en compte dans la sphère publique.

Les limites de ces définitions

• L’intégration repose fondamentalement sur l’égalité des droits. L’égalité juridique ne suffit pas. La dimension économique et sociale de l’intégration (accès à l’éducation, à l’emploi, au logement...) est une dimension essentielle de l’intégration.
Quand pour une raison pour une autre, cette possibilité n’est pas garantie, quand des processus d’exclusion sociale sont à l’œuvre, c’est l’ensemble de l’intégration qui est remise en question.

La visibilité des différences culturelles est souvent prise pour un signe du manque d’intégration. À tort.

- D’abord, la frontière du public et du privé est difficile à déterminer. Ce qui est visible pour les uns, peut être perçu comme de l’ordre du privé par d’autres (le port d’une tenue islamique par exemple).

D’autre part, la neutralité publique est souvent un leurre (les fêtes religieuses chrétiennes s’affichent publiquement). Faut-il, dans une conception stricte de la laïcité, interdire par exemple d’évoquer Noël dans les écoles ?

- Des communautés très repliées sur elles-mêmes, peu visibles, sont de fait peu intégrées à la société d’accueil. Tandis que l’expression publique de particuralismes culturels peut être aussi le résultat d’un sentiment d’appartenance à la société environnante (la construction de lieux de cultes).
Le taux de mariage avec des citoyen(ne)s français(es) est un meilleur indicateur.

- L’expérience prouve que des étrangers qui peuvent maintenir des liens sociaux forts avec leurs compatriotes, à conserver des références culturelles structurantes, ils abordent avec plus de confiance la société d’accueil, puisqu’ils n’ont pas peur de se perdre dans la relation avec une société différente.

• Dans un monde plus ouvert, les personnes sont de plus en plus amenés à se sentir affiliées à des appartenances multiples. Vouloir réduire les personnes à une seule dimension est un processus de violence culturelle et de déni, proche finalement de l’exigence d’assimilation.

Les modalités d’un vivre ensemble sont complexes, dépendent de facteurs multiples et évoluent avec le temps. La simple soumission à une « identité nationale » figée ne garantit en rien l’harmonie sociale et l’avenir d’une intégration réussie.

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