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Après le drame du Bangladesh, comment réguler la mondialisation sauvage ?

Publié le 17.05.2013 Mis à jour le 17.05.2013

La mort de plus d’un millier d’ouvriers du textile dans l’effondrement d’un immeuble de confection de vêtements à Dacca, au Bangladesh, a brutalement rappelé les conséquences d’une lutte acharnée entre entreprises pour une production au plus bas prix.

Pourtant, Dacca est loin d’être un cas isolé. Qui se souvient de l’incendie qui a coûté la vie à plus de 300 ouvriers pakistanais en septembre dernier ? Et il y a quelques jours, le plafond d’une usine de chaussures au Cambodge s’est lui aussi effondré. Chaque semaine apporte son lot de victimes d’un système mondial de sous-traitance mis en place par les multinationales de la confection. Que pouvons-nous faire ? En tant que consommateur, nous avons indéniablement une part de responsabilité. Nous pouvons par exemple faire choisir d’acheter des vêtements produits en France où les standards de sécurité et les rémunérations sont bien plus élevés. Mais ce n’est pas au consommateur d’endosser toute la responsabilité de tels drames. C’est plutôt à chacun d’entre nous, en tant que citoyen, de pousser à des solutions durables pour réguler cette mondialisation sauvage. Le pape François ne s’y est pas trompé en condamnant, le 1er mai, le "travail d’esclave" des ouvriers du textile au Bangladesh.

Quelle est donc la cause du comportement irresponsable des marques ? La réponse est complexe. Certes, il y a d’abord l’appât du gain, mais il y a également un vide juridique dont les multinationales tirent profit. Ainsi, les entreprises donneuses d’ordre, installées dans les pays du Nord, profitent de l’absence de législation qui les rend juridiquement irresponsables des agissements de leurs filiales et sous-traitants. Et pourtant, en exigeant la compression des coûts, la réduction drastique des délais de production, elles sont à l’origine d’un modèle économique basé sur la violation des droits des travailleurs. Ainsi, en raison de ce vide juridique, certaines des marques impliquées dans le drame de Dacca ont pu refuser en bloc leur responsabilité.

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