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Comité Catholique Contre la Faim et pour le Développement – Terre Solidaire
Dossier Dossier de presse Carême 2016

Qu’est-ce que faire communauté ?

Publié le 20.01.2016 Mis à jour le 21.01.2016

La communauté : une mémoire, un espoir, un chemin

La communauté prend naissance quand nous mettons « en commun » ce qui nous constitue comme vivants, comme acteurs au sein de notre groupe social, comme personnes, uniques dans nos talents et dans nos itinéraires. Toute communauté – familiale, ethnique, sociale ou religieuse – repose donc sur une mémoire commune, qui se renouvelle avec les générations … et sur un espoir partagé qui nous ouvre à l’avenir. En découvrant ce que nous avons « en commun », nous prenons conscience du lien qui est entre nous. Ce lien est aussi un chemin grâce auquel nous nous découvrons et nous nous reconnaissons.

Une mémoire partagée

La mémoire est un récit inscrit dans les consciences de chaque membre de la communauté. On pourrait dire que chacun en détient un fragment, une part ou une clé. Le contexte contemporain de la mondialisation a ravivé, de manière paradoxale, le goût de la mémoire communautaire. Citoyen du monde, j’ai besoin de dire de quel village je viens. Entre mémoire et espoir partagés, chaque membre de la communauté apporte sa contribution propre : la promesse qu’il porte en lui, en elle. Même dans l’expérience de la plus grande pauvreté, la rencontre du frère et la naissance d’un enfant renouvellent la communauté et permettent de relever le défi de la vie. C’est que nous apprenons dans le partage et la solidarité avec les populations les plus démunies, avec les migrants, les exilés, les réfugiés.

La foi chrétienne est une mémoire communautaire, transmise, partagée et célébrée

La Parole, le Partage et la Prière

Avec le Christ, tel que nous le présentent les Evangiles, et avec les hommes et les femmes de notre temps qui font route avec nous, nous comprenons que la communauté est un chemin que nous parcourons ensemble, entre ombre et lumière, entre mort et vie, à la recherche d’une humanité qui dépasserait enfin ses peurs. Pour cette traversée qui nous engage ensemble, nous avons en commun : la Parole, don reçu et don à vivre, capacité humaine à rencontrer l’Autre ; le Partage de ce que nous sommes, de ce que nous avons reçu et appris, de ce qui nous est confié ; la Prière, cette possibilité toujours offerte de rencontrer Dieu, lui qui veille avec et pour tout homme.

Ces trois ancrages de la première communauté chrétienne (Cf. Actes des Apôtres chap. 2, verset 42) constituent les trois fondements de la démarche de conversion, selon le Christ (Cf. Evangile selon St Matthieu chap. 6). Ils actualisent sans cesse les exigences d’un Carême placé sous le signe de l’espérance retrouvée, dans le cœur de l’homme et dans la rencontre des frères. Ils rendent possible une solidarité toujours nouvelle qui se décline désormais en « soin de la terre » et en « considération prioritaire des plus fragiles » (Cf. François : Encyclique « Laudato si » 2015, n°16 et 48), l’un ne pouvant aller sans l’autre.

Le chemin de la rencontre

L’avenir de la communauté humaine passe par l’expérience essentielle de la rencontre de l’autre : frère de sang et frère d’espoir. Mais le respect – qui est l’appellation sociale et politique de l’amour – repose sur la considération d’un « bien commun » qui est avant tout l’ensemble des conditions d’humanisation : quand l’homme grandit et se réjouit de voir grandir l’autre. On comprend dès lors que le « bien commun » en appelle au partage de nos biens et au soin permanent de « la maison commune », afin que chacun puisse accéder à la capacité d’acteur de l’Histoire. Cela dit, ce partage des biens, des savoirs et des aspirations n’aurait aucun sens s’il n’était inspiré par l’estime mutuelle, le regard qui nous appelle et nous révèle l’un l’autre à notre dignité de frères.

« De quoi parliez-vous en chemin ? », demande le Christ ressuscité aux disciples qui marchaient vers Emmaüs. Marchant avec eux, il leur ouvrit le sens de l’Ecriture et eux le reconnurent au moment où il partagea le pain.

Bruno-Marie DUFFE, Aumônier national du CCFD-Terre Solidaire

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