Noël contre la faim

Publié le 30.01.2014 • Mis à jour le 19.04.2016

Renforcement de la sécurité alimentaire dans les zones élevées du nord de la Guinée

Financé par la Communauté Européenne et porté par le CCFD-Terre Solidaire, le programme RESA Nord (Renforcement de la sécurité alimentaire dans les zones élevées du nord de la Guinée), imaginé au lendemain de la crise alimentaire et des émeutes de la faim de 2008, est mis en œuvre par la Fédération des paysans du Fouta Djalon (FPFD), partenaire du CCFD-Terre Solidaire.

Fédération des paysans du Fouta Djalon / Vers l’autosuffisance alimentaire

« La flambée des prix des aliments ? A vrai dire, cette année, nous n’en ressentons guère les effets car désormais, déclare Mr Saraboui Kanté, "paysan relais" du village d’Akadasso, nous produisons nous même presque tout ce que nous consommons : riz, maïs, pommes de terre, tomates, salades, oignons, arachides...  » Et montrant fièrement les sacs entassés dans le magasin flambant neuf : « Nos réserves de semences de riz ont quasiment doublé par rapport à l’année précédente. »

Situé à quelques kilomètres de Koundara, dans le nord de la Guinée Conakry, le village d’Akadasso fait partie des bénéficiaires du programme RESA Nord (Renforcement de la sécurité alimentaire dans les zones élevées du nord de la Guinée). Imaginé au lendemain de la crise alimentaire et des émeutes de la faim de 2008, celui-ci vise à permettre aux paysans de trois préfectures parmi les plus pauvres du pays (Koundara, Gaoual et Mali) d’accroître leur production vivrière, notamment durant la saison pluvieuse, sur trois denrées de base : le riz, le maïs et la pomme de terre. Les moyens mis en œuvre vont de l’apport en semences, intrants et matériel agricole - des tracteurs ont ainsi permis d’augmenter considérablement les surfaces labourées -, à la construction de magasins de stockage et d’infrastructures d’irrigation, en passant par l’assistance technique aux producteurs.

Timbi Madina. Réserve d'eau construite par la FPFD. Les femmes y lavent leur linge, le bétail vient s'y abreuver. Timbi Madina. Des conseillers techniques de la FPFD dans un champ de pommes de terre. Marché hebdomadaire de Timbi Madina. Vente de pommes de terre. Paysan de Timbi Madina. Timbi Madina. Des feuilles d'eucalyptus serviront à fabriquer du compost. Timbi Madina. La FPFD construit un barrage destiné à l'irrigation des terres environnantes. Village d'Akadasso (préfecture de Koundara). Magasin construit dans le cadre de ResaNord. Village d'Akadasso (préfecture de Koundara). Magasin construit dans le cadre de ResaNord. Village de Kandaïda (préfecture de Koundara). Récolte des oignons. Village de Kandaïda (préfecture de Koundara). Culture des oignons.

Cofinancé par l’Union Européenne et porté par le CCFD-Terre Solidaire, le programme est mis en œuvre par la Fédération des paysans du Fouta Djalon (FPFD), avec l’appui technique du GRET (Groupe de Recherche et d’Echanges Technologiques). Fondée en 1992, à Timbi Madina, où elle a toujours son siège, la FPFD s’est d’abord bâtie autour de la culture de la pomme de terre, inexistante jusqu’alors dans la région.

« Après sont venus l’oignon puis la tomate explique Mr Thierno Balla Diallo, coordinateur technique de la Fédération, mais la pomme de terre demeure la locomotive de notre organisation. Actuellement, continue-t-il, environ 70% de la production est consommée localement et le reste commercialisé sur le marché national ou exporté vers la Sierra Leone, le Sénégal, la Guinée Bissau et le Mali  ».

Aujourd’hui, le développement de la filière rizicole et le succès du programme RESA Nord pourraient bien marquer une nouvelle étape dans l’histoire de la FPFD : « Ce programme a bénéficié à plus de cent mille personnes et le riz est en train de supplanter la tomate », constate en effet Mr Diallo.

Mais ce développement rapide ne va pas sans générer son lot de difficultés : « Nous sommes en quelque sorte victime du succès de l’opération ! s’exclame-t-il : nous recevons des milliers de demandes d’adhésion à la Fédération et ne savons pas encore très bien comment nous allons gérer cela... d’autant que RESA Nord est un programme de post urgence dont le financement n’est assuré que jusqu’à la fin de cette année... » Quoi qu’il en soit, l’optimisme demeure de rigueur d’autant que, fait remarquer Mr Diallo : « Une attention particulière a été accordée aux jeunes agriculteurs qui constituent l’avenir de notre mouvement. »

Philippe Revelli, Paris, février 2011

Le bilan du programme en vidéo

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