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Comité Catholique Contre la Faim et pour le Développement – Terre Solidaire

République Démocratique du Congo

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La République Démocratique du Congo, l’ancien-Zaïre, est le troisième plus vaste pays africain, avec une petite ouverture sur la côte atlantique. Il a connu plusieurs guerres depuis son indépendance, civiles ou avec ses voisins (Angola, Namibie, Ouganda, République du Congo, Rwanda, Zimbabwe). De 1996 à 2003, l’ancienne colonie belge aura subi deux guerres dans lesquelles huit armées auront été engagées. En 1997, Laurent-Désiré Kabila, soutenu par le Rwanda et l’Ouganda avait chassé le dictateur Mobutu de Kinshasa mais il ne réussit pas à ramener le calme et fut assassiné en 2001. On estime à plus de 4 millions le nombre de victimes directes et indirectes de la guerre, sur une population de près de 54 millions d’habitants. Aucun conflit n’a été aussi meurtrier depuis la seconde guerre mondiale.

En 2003 enfin, la RDC retrouve un peu de calme. Les troupes étrangères partent du pays où un processus de démocratisation aboutit à des élections régulières en 2006. Le fils de Laurent-Désiré Kabila, Joseph, est élu Président de la RDC. Néanmoins, malgré la fin de cette transition politique, de lourdes menaces continuent de peser sur l’avenir du pays et les défis auxquels doit faire face la Troisième République sont de taille.

En effet, cette transition ne sera pas parvenue à ramener la paix sur l’ensemble du territoire congolais. A 1 500 kilomètres de Kinshasa, les provinces du Nord et du Sud Kivu, d’où était parti Laurent-Désiré Kabila et qui abrite de nombreux réfugiés rwandais, restent agitées. La priorité reste donc la sécurisation de l’Est à travers une stratégie de désarmement, démobilisation et réinsertion des combattants des groupes armés rebelles (actifs et passifs) et la réforme du secteur de la sécurité. Le rapprochement récent entre le gouvernement congolais et le gouvernement rwandais a été un pas décisif ; néanmoins, les récentes opérations militaires pour neutraliser les FDLR - groupe armé rebele rwandais - s’avèrent totalement contre-productives et engendrent une situation humanitaire particulièrement inquiétante. Les conséquences pour les populations congolaises sont désastreuses : déplacement massif de populations fuyant les zones de combat, exactions graves contre les civils (viols, assassinats, pillages, enrôlement forcé dans les bandes armées). Les femmes particulièrement paient un lourd tribut.

Tant que l’exploitation des ressources naturelles continuera à alimenter le conflit, il est difficile d’envisager une paix durable : le contrôle des filières parallèles permettant l’exploitation illégale des ressources à partir de la base jusqu’aux marchés internationaux est devenu la raison sous-jacente de la guerre. La gestion équitable et transparente de ces ressources est un défi majeur pour la RDC : il s’agit pour le gouvernement de mettre en place un cadre politique et institutionnel qui permette aux populations de tirer enfin partie de ce potentiel exceptionnel.

Cela passe par une réhabilitation de la légitimité de l’Etat dans un pays déchiré par les rebellions successives et dont une majorité de citoyens estime que Kinshasa accapare les richesses produites par les provinces sans rien leur fournir en échange. Seule une amélioration de la gouvernance, à travers la décentralisation, préalable à l’enclenchement d’une spirale de développement permettra de renforcer le sentiment d’appartenance à la nation et d’éviter le repli sur soi des régions périphériques.

Pourtant, on observe actuellement une restriction des libertés démocratiques au niveau national, comme en témoignent les récents assassinats et emprisonnements de journalistes et de militants de la société civile.

Le Kivu, au cœur d’une spirale de violences : quelques repères pour comprendre la situation actuelle.

La persistance du conflit à l’Est de la RDC vient confirmer que le Kivu demeure le ventre mou de toute tentative de stabilisation et que les racines de cette instabilité demeurent ancrées dans cette région frontalière au cœur des Grands Lacs.

Celles-ci sont de plusieurs ordres :
- tensions existantes depuis 1959 entre les populations rwandophones et les autres en territoires de Rutshuru et de Masisi liées à la question de la nationalité et à l’accès au foncier ;
- un équilibre ethnique instable mis à mal par le génocide rwandais, lequel ayant provoqué un afflux de populations rwandophones a créé un « schisme » entre hutus et tutsis congolais ;
- la richesse de son sous-sol, qui attire la convoitise des pays voisins et des groupes rebelles. Plusieurs protagonistes du conflit trouvent aujourd’hui un intérêt à voir continuer les hostilités car les revenus qu’ils tirent de l’exploitation des ressources naturelles en dépendent ;
- tensions persistantes entre la RDC et le Rwanda. Ce dernier considère que dans l’Est de la RDC se joue des enjeux pour sa stabilité intérieure. Par ailleurs, l’Est de la RDC représente aussi pour le Rwanda un espace vital (abondance des ressources naturelles et possibilité de réduire la pression démographique montante au Rwanda) ;
- clivage Est / Ouest et frustrations des populations de l’Est face au pouvoir de Kinshasa jugé comme vivant en parasite sur le dos des provinces ;
- l’échec du processus de désarmement, lequel n’a pas été mené à son terme : la réforme du secteur de la sécurité en RDC avance à pas de tortue ; l’échec des processus de "brassage" et de "mixage" mis en œuvre ces dernières années dans le cadre de la réforme des Forces armées de RDC (FARDC) ;
- la déliquescence de l’Etat congolais et l’absence d’une armée forte et crédible ;
- la grande pauvreté des populations notamment des jeunes désœuvrés, lesquels représentent un vivier important pour les différents groupes armés ;
- la circulation irresponsable des armes causée par la faiblesse ou l’absence des contrôles.

L’ambigüité de la communauté internationale vient compléter ce tableau. Depuis la fin de la transition, elle n’a pas réussi à s’entendre sur un agenda commun. Elle ne s’est surtout pas donné les moyens d’accompagner efficacement les efforts de paix. On peut le voir à l’aune des nombreuses incohérences qui caractérisent la MONUC : force de 17000 hommes incapable d’accomplir sa mission à cause de nombreux blocages politiques.

Partenaires :

Le CCFD-Terre Solidaire soutient plusieurs partenaires en RDC, essentiellement dans les Kivu :

  • au Nord-Kivu : UWAKI - Union des femmes paysannes du Nord Kivu, COTEDER - Conseil technique pour le Développement rural, LIDE - Ligue pour le Développement, FAT - Forum des Amis de la Terre ;
  • au Sud Kivu : ADI-KIVU - Action pour le développement intégré au Kivu ;
  • au niveau national : CEJP (Commission Episcopale Justice & Paix) ;
  • à Kinshasa : REEJER (Réseau des Educateurs des Enfants et Jeunes de la Rue).
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