Publié le 12.04.2011 • Mis à jour le 09.07.2012

Convention de la société civile ivoirienne (CSCI), partenaire du CCFD-Terre Solidaire

Déclaration de Patrick N’Gouan, coordonnateur de la Convention de la société civile ivoirienne (CSCI)

Paris, le 11 avril 2011

Déclaration de Patrick N’Gouan, coordonnateur de la Convention de la société civile ivoirienne (CSCI)

Après l’arrestation de Laurent Gbagbo dans son bunker d’Abidjan, tout reste à faire pour le président élu, Alassane Ouattara : mettre un terme à la grave crise humanitaire et œuvrer sans relâche à la réconciliation et à la reconstruction du pays.

L’arrestation de Laurent Gbagbo met-elle un terme aux affrontements ?
Il est encore trop tôt pour le dire. Mais ce qui est sûr, c’est que la poursuite des combats constituait le pire des scénarios. Des massacres ont été commis, comme on l’a vu fin mars dans l’ouest du pays. A Duékoué, plus de 800 personnes auraient été assassinées, selon le Comité international de la Croix-Rouge, la Caritas et les enquêteurs des Nations Unies. Ces tueries ont peut-être été le fait d’éléments incontrôlés des deux camps : ex rebelles et miliciens pro-Ouattara d’un côté, mercenaires libériens et miliciens pro-Gbagbo de l’autre. Cela n’enlève rien à la responsabilité des dirigeants des deux camps. Nous demandons qu’une enquête internationale impartiale établisse clairement les responsabilités et mette fin au climat d’impunité qui favorise ces crimes de guerre.

Par ailleurs, Alassane Ouattara qui a été élu dans les urnes, est dans les faits, redevable de son accès effectif au pouvoir à Guillaume Soro et aux Forces républicaines, nouvelle mouture des ex rebelles en armes. Enfin, l’intervention armée de l’ONUCI, l’Opération des Nations unies en Côte d’Ivoire, et à leurs côtés, des forces françaises Licorne, dans la bataille d’Abidjan, a été perçue de manière ambivalente. Elle était bien accueillie dans la mesure où elle a contribué à mettre un terme aux combats ; en même temps, elle a instillé l’idée délétère qu’Alassane Ouattara était le champion de la communauté internationale avant d’être le président des Ivoiriens.

Demain, quelle sera l’urgence pour la société civile ?
Dès que la sécurité sera rétablie à Abidjan et dans tout le pays - le plus tôt sera le mieux - nous convoquerons une deuxième édition des Journées de Consensus National à la fin du mois de mai, réunissant toutes les forces vives de la société ivoirienne. Plusieurs sujets devraient être au menu : le bilan de la mise en œuvre des résolutions des premières Journées de Consensus National tenues en Mai 2009 ; le désarmement de toutes les parties ; le dédommagement des victimes de guerre ; la réunification du territoire et la réconciliation nationale ; le nouveau contrat social post crise.... Pour mener à bien cette initiative, nous remobiliserons nos soutiens internationaux (le PNUD, l’Union européenne,..) et africains (Union africaine, Cedeao,..), ainsi que nos partenaires comme le CCFD-Terre Solidaire. Ils nous ont appuyés pour tenir en mai 2009 nos Journées de consensus national. Nous leur demanderons d’aller au bout de cette logique afin d’appuyer la contribution de la société civile dans la stabilisation du pays.

Quels sont les défis internes que doit relever la CSCI ?
La CSCI a vu le jour en octobre 2005. C’est une plate-forme de 130 associations regroupant ONG, associations de défense des droits de l’homme, centrales syndicales, organisations professionnelles ou encore confessionnelles. Notre représentativité ne peut être mise en doute. Cela dit, l’Ivoirien moyen ignore encore largement notre existence. Nous devons accroître notre enracinement dans les organisations de base. La CSCI doit aussi être à la hauteur des enjeux : pour instaurer la nouvelle gouvernance que nous appelons de nos vœux - et qui suppose démocratie et respect de l’État de droit - un réel contre-pouvoir de la société civile est indispensable.

Propos recueillis par Yves Hardy

REtrouver le site internet de la CSCI

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