En Argentine, défendre les « gardiens de la nature » et l’agriculture familiale

Publié le 23.03.2021 Mis à jour le 06.04.2021

En Argentine, l’association Incupo accompagne les populations rurales autochtones et paysannes à lutter pour leurs droits sur leurs territoires. L’organisation, soutenue par le CCFD-Terre Solidaire, les aide à faire face à la pression d’une agro-industrie puissante.

Organisation paysanne du Nord de l’Argentine © Floriane LOUVET/ CCFD-Terre Solidaire
Organisation paysanne du Nord de l’Argentine © Floriane LOUVET/ CCFD-Terre Solidaire

Une association engagée auprès des "gardiens de la nature"

L’association est particulièrement active dans la Province du Chaco, qui est la terre ancestrale de nombreuses communautés autochtones, qui en véritables gardiens de la nature, luttent pour la préservation des forêts et de la biodiversité.

L’agriculture familiale, un acteur clé de la sécurité et de la souveraineté alimentaire

L’association accompagne également les communautés paysannes, qui exercent le plus souvent leur activité en famille. La préservation de l’agriculture familiale est fondamentale, car elle joue un rôle social et économique majeur.

Les droits des communautés autochtones bafoués

La Constitution argentine reconnaît la préexistence ethnique et culturelle des peuples autochtones et garantit le respect de leur identité.
Pourtant, leurs droits sont systématiquement bafoués :

- Ils sont discriminés et marginalisés en raison de leurs modes de vie et de leurs langues.

- Ils subissent un manque criant d’infrastructures et de services de base, comme l’accès à l’eau potable, au logement, à la santé, à l’éducation et à des voies de communication publiques.

- Ils sont exclus des processus décisionnels, et pendant ce temps, les politiques de développement menées dans les territoires, répondent à des intérêts purement financiers en faveur du secteur privé.

Une souveraineté alimentaire menacée par une déforestation massive

Les populations rurales sont également impactées par une déforestation massive. Au Chaco, l’expansion des terres agricoles destinées à l’élevage intensif ou aux monocultures, comme le soja, a considérablement réduit la surface des forêts :

C’est près de 444 670 hectares qui ont été défrichés entre 2007 et 2018. [1]

Les peuples, forcés de s’exiler vers les centres urbains et périurbains, voient leur souveraineté et leur sécurité alimentaire menacées, car la déforestation restreint l’accès à la terre et à d’autres ressources comme l’eau.

L’élection d’Alberto Fernandez : une promesse ou un leurre pour la préservation de l’agriculture familiale ?

L’arrivée d’Alberto Fernandez, du parti justicialiste, au pouvoir en 2019 est bien vu par les communautés rurales qui espèrent une mise en œuvre de politiques favorisant la commercialisation des produits issus de l’agriculture familiale.

Mais reste à savoir si le Président parviendra à assurer la bonne mise en œuvre de ces politiques compte-tenu de la situation actuelle du pays : rongé par la crise économique et en plein démantèlement de ses services publics mené par le précédent gouvernement « néolibéral ». Sans oublier la crise de Covid-19.

Par ailleurs, la situation critique des communautés rurales est aggravée par la sécheresse et les incendies de 2020. Et les acteurs de l’agro-industrie disposent de puissants mécanismes de lobbying.

Pour l’association Incupo, il faut renforcer la mobilisation pour rendre visibles les revendications portées afin que les lois et les engagements gouvernementaux soient effectivement respectés.

L’association Incupo milite et agit pour la préservation de leurs droits et de leur agriculture

L’association Incupo, soutenue par le CCFD-Terre Solidaire :

- Contribue à renforcer la participation des organisations autochtones pour défendre leurs droits notamment : l’accès à un habitat digne ; l’approvisionnement en eau ; et la préservation de leurs terres via des plans de gestion durable des forêts.

- Plaide pour des politiques publiques de soutien à l’agriculture familiale.

- Promeut une approche agroécologique notamment : l’autorisation des circuits courts, la sensibilisation de la population à la consommation d’aliments sains et locaux, et des réglementations sanitaires adéquates.

- Agit au niveau national pour que la loi de 2004 sur le rétablissement de l’agriculture familiale soit réellement appliquée et que des lois protégeant les biens communs, comme les forêts ou les zones humides, soient élaborées.

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