Colombie

Quatrième plus grande économie d’Amérique latine, la Colombie est aussi le deuxième pays le plus inégalitaire du sous-continent. Gangrené par la violence, le pays a enchaîné les guerres depuis la fin du 19e siècle.

Le 24 novembre 2016, la signature des Accords de paix entre le gouvernement et les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) a mis fin à un conflit armé long de 52 ans. Cette guerre civile a causé la mort de plus de 260 000 personnes et le déplacement forcé de 7,2 millions d’autres. Elle a opposé l’armée, des guérillas communistes et des groupes paramilitaires d’extrême droite sur fond de narcotrafic.

Malgré ces accords historiques, le chemin vers la paix est encore long. Les relations sociales ont été durablement détériorées et déstabilisées dans le pays. Il s’agit à présent d’expliquer le contenu des accords à la population et de le mettre en application. Ils s’appuient notamment sur 6 piliers, dont une réforme rurale intégrale.

En effet, l’injuste répartition des terres a été l’une des origines du conflit. Avec l’expulsion forcée de milliers de familles paysannes lors des combats, le problème n’a fait que s’aggraver. La Colombie reste l’un des pays où la concentration foncière est la plus élevée au monde.

Cependant, le modèle de développement colombien interroge sur la capacité des accords à garantir une meilleure répartition foncière. Basé sur l’extraction des ressources naturelles pour l’exportation plutôt que sur l’agriculture paysanne, il favorise la concentration des terres entre les mains de quelques acteurs privés qui y réalisent des mégaprojets énergétiques ou agricoles. Cela entraîne un exode rural des populations locales et un appauvrissement des sols et de la biodiversité.

Les questions environnementales sont pourtant des enjeux majeurs en Colombie. Deuxième pays au monde disposant de la plus grande réserve de biodiversité, la détérioration des écosystèmes y menace 50 % de la faune et un tiers de la flore.

Par ailleurs, le réchauffement de la planète entraîne des catastrophes climatiques de plus en plus fréquentes en Colombie. On se souvient des grandes sècheresses de 2016 ou des grandes coulées de boue causées par le phénomène El Niño en 2017. L’adaptation du modèle de développement à ces enjeux devient pressante.

La prise en compte simultanée des problématiques de l’accaparement des terres et de la protection des écosystèmes promet d’être difficile, à l’heure où les discours politiques légitiment la violence envers ceux qu’ils appellent « les ennemis du développement ». Au moins 32 leaders sociaux ont été assassinés en 2017, pour avoir défendu l’accès à la terre des communautés traditionnelles.

Notre action

Plusieurs de nos organisations partenaires sont engagées pour assurer le suivi de la mise en place des Accords de paix. L’enjeu est de créer le terreau nécessaire à l’instauration d’une paix durable en Colombie. Cela passe par la déconstruction des discours d’intolérance profondément ancrés dans l’imaginaire colombien et par la mise en place des dispositions de l’accord notamment en matière de réforme rurale intégrale.

Les partenaires du CCFD-Terre Solidaire défendent également la défense des droits des femmes afin de reconnaître les obstacles spécifiques à leur participation et de permettre une égalité réelle.

Nous soutenons très activement le CINEP (Centro de investigación y de educación popular), ONG qui encourage l’émergence d’alternatives de construction de paix, de développement humain intégral, de renforcement des droits. Elle a notamment été très active dans la construction des Accords de paix et est désormais très impliquée dans la Commission de Suivi, d’Impulsion et Vérification de l’Accord de Paix.

A partir de 2018, le CCFD-Terre Solidaire a également décidé d’inclure les pays andins, dont la Colombie, dans le programme TAPSA (Transition vers une Agroécologie Paysanne au service de la Souveraineté Alimentaire). Nous nous attacherons à soutenir nos organisations partenaires dans la promotion d’une agroécologie paysanne comme vecteur de transition écologique et sociale.

Sources des données chiffrées :

  • Observatoire des déplacements internes du Conseil norvégien pour les réfugiés
  • Sondage de l’Institut Datexco réalisé le 29 juillet 2017
  • ONG Somos Defensores
  • Oxfam

Quelques projets que nous soutenons :