Publié le 15 septembre 2017

Haiti : La culture de la mangue m’a permis d’aller à l’école (témoignage)

Ovalson OVID a 24 ans et vit près de la ville de Gros Morne à Haiti. Il raconte tout ce que lui a permis de faire l’association locale Iteca, qui accompagne les communautés paysannes et est soutenue par le CCFD-Terre Solidaire.

Je m’appelle Ovalson OVID, j’ai 24 ans. Mes parents ont 5 enfants, moi je suis le troisième. Si j’ai réussi à terminer l’école, c’est grâce à eux, parce qu’ils croient en l’éducation. Et aussi parce qu’ils ont pu me l’offrir, grâce à un fruit, la mangue francisque.

Ils n’ont pas beaucoup de moyens pour vivre, mais à chaque saison, quand ce fruit est mûr, ils le vendent et utilisent cet argent pour notre éducation à nous, tous leurs enfants. Sans ces mangues, ils ne pourraient pas nous payer l’école. Tu comprends ?

Grâce à ITECA, partenaire du CCFD-Terre Solidaire, nous avons encore plus développé notre production de mangues, en plantant de nouveaux manguiers. ITECA nous a permis d’accéder à un verger de plus de 60 manguiers. Sur ces 60, 40 ont donné du fruit. Lorsque les mangues sont mûres, ils récoltent ces mangues, les vendent et cela permet à notre famille de mieux vivre.

ITECA m’a aussi aidé pour plein d’autres choses, en tant que jeune.
J’ai pu participer à l’activité de formation pour l’installation de pépinières, observant et apprenant auprès des deux techniciens comment s’occuper des plantules et créer une pépinière. Sans ITECA je n’aurai jamais pu apprendre tout cela.


J’ai aussi été suivre une formation à Gressier sur les questions de géolocalisation des vergers : nous avons appris à faire des croquis, à évaluer si les vergers sont dans la bonne position. [1]

Je vais aussi participer à l’université populaire d’été [2] : au début je ne savais pas ce que cela voulait dire, mais j’ai participé à des sessions de « pré-université » et j’ai compris.
L’université populaire te permet de découvrir tes propres capacités, pour mieux vivre ensuite. Ils nous ont demandé par exemple comment on voyait notre territoire, au niveau économique et politique ; si l’école fonctionne ou pas. On a réfléchi aux obstacles qui nous empêchent d’avancer et cela m’a fait réfléchir : je n’avais jamais pensé à cette question des barrières, des obstacles.

Je me sens donc très satisfait. Maintenant mon devoir en tant que jeune c’est de parler avec les autres jeunes, pour les intéresser comme moi je me suis intéressé et qu’ils puissent connaître plein de choses.

Que souhaites-tu pour Haïti en tant que jeune ?

Je souhaite du changement, des nouvelles conditions de vie, que tout le monde aille à l’école, puisse accéder à un centre de santé. Nous luttons pour cela, pour bien vivre.

Je souhaite que les jeunes ne se laissent pas aller à la dérive, mais rejoignent des organisations, pour grandir et devenir des personnes utiles pour la communauté.

Propos recueillis par Floriane Louvet et Jules Girardet, chargés de mission CCFD – Terre Solidaire, lors de leur mission en Haïti en juillet 2017.

Le projet Mangue Francisque, cofinancé par l’AFD, est un programme d’appui à l’économie paysanne et de structuration de la filière mangue grâce à l’agroécologie dans la commune de Gros Morne. Ce projet vise à contribuer à l’amélioration de la sécurité alimentaire des familles rurales et la diversification de leurs sources de revenus. Pour en savoir plus lire notre article sur le projet autour de la mangue francisque écrit au début du projet

[1La géolocalisation et les croquis P40 permettent de recenser les vergers respectant les normes de la certification biologique délivrée par l’entreprise exportatrice.

[2L’université populaire est une initiative conjointe d’ITECA, et trois autres organisations haïtiennes (ICKL, PAPDA et SAKS) qui offre aux militant-e-s des mouvements sociaux et populaires haïtiens un espace de formation, de débat et de réflexion, en particulier autour de la question d’économie sociale et solidaire.

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