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Une « bataille » observée avec attention par les partenaires du CCFD-Terre Solidaire.

Publié le 26.05.2011 Mis à jour le 12.07.2012

Paris, le 26 mai 2011

A quelques jours du second tour, Ollanta Humala et Keiko Fujimori, les deux candidats à l’élection présidentielle péruvienne sont au coude à coude dans les sondages. Une « bataille » observée avec attention par les partenaires du CCFD-Terre Solidaire.

Le second tour des élections présidentielles aura lieu le 5 juin au Pérou. Les électeurs vont devoir choisir entre Ollanta Humala, candidat de « Gana Peru » (« Le Pérou qui gagne »), parti nationaliste de gauche, et Keiko Fujimori, fille de l’ancien dictateur Alberto Fujimori, représentante de « Fuerza 2011 », incarnant la droite radicale. Ce résultat sonne comme un camouflet pour les candidats de la classe politique traditionnelle, en particulier pour Alan Garcia, le président sortant. Ce dernier est en effet accusé de laisser derrière lui une situation économique et sociale désastreuse. Et ce, alors même que le Pérou possède le plus fort taux de croissance du continent (8,78% en 2010).

« La situation du pays est inquiétante, confirme Irma Marinho, directrice de l’école de formation de leaders communautaires de l’Institut Bartolomei de las Casas, un partenaire du CCFD-Terre Solidaire. Plus d’un tiers de la population (34%) vit aujourd’hui dans la pauvreté ou l’extrême pauvreté. La Santé et l’Education sont exsangues et la corruption est toujours très importante. Le niveau de vie des paysans s’est également considérablement dégradé. Quant aux indigènes, leur territoire et leur existence sont menacées chaque jour davantage par l’exploitation minière, qui représente aujourd’hui 60% des exportations. »

C’est sur ces thèmes, notamment, que s’opposent aujourd’hui les deux candidats dans une campagne où les coups bas pleuvent. Avec, à la clé, deux philosophies politiques différentes : omniprésence de l’Etat dans le cas d’Ollanta Humala, néolibéralisme mâtiné d’assistanat et de clientélisme pour Keiko Fujimori. Mais un point commun : l’héritage peu démocratique des deux prétendants à la fonction suprême. « Le passé d’Ollanta est marqué par sa carrière militaire et sa participation à une tentative de coup d’Etat, asure Irma marinho. Keiko Fujimori doit composer avec les « erreurs » de son père qu’elle condamne officiellement, même si elle compte aujourd’hui dans son équipe quelques-uns des personnages clés qui travaillaient avec lui.  »

En attendant, les partenaires du CCFD-terre Solidaire restent mobilisés. Latindadd, par exemple, doit publier dans les semaines à venir un rapport sur le thème de la corruption et les propositions des deux candidats en matière de politique fiscale sont également étudiées. En ce qui concerne l’activité minière, la prudence est de mise quant à d’éventuels changements. « Les engagements du pays pris par le gouvernement d’Alan Garcia avec des entreprises étrangères devraient être respectés, assure Victor Manuel Gamonal, de Cooperaccion, spécialiste dans l’analyse des activités minières. La question se pose davantage pour les investissements suivants et sur la capacité du Pérou à conserver le contrôle de ses ressources naturelles.  »

Social, économie, politique énergétique, droits de l’homme... Si de nombreuses interrogations demeurent quant aux intentions des deux candidats, Umberto Ortiz, directeur de la Conférence Episcopale d’Action Sociale (CEAS) est au moins sûr d’une chose : « quel que soit le résultat du second tour des élections présidentielles, les cinq années à venir vont constituer un défi pour la société civile péruvienne. »

Jean-Claude Gérez, journaliste

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