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Comité Catholique Contre la Faim et pour le Développement – Terre Solidaire
Dossier Asie : reconstruire après le tsunami

Relancer une pêche artisanale durable

Publié le 16.06.2005 Mis à jour le 29.08.2012

Des dizaines de chalutiers ont été détruits par le raz de marée. Reconstituer la flotte de pêche à l’identique n’est pas forcément la meilleure solution. Encore moins distribuer des bateaux de pêche sans discernement ou envoyer dans un climat tropical et à une main d’œuvre non formée, des chalutiers en excédent conçus pour les mers européennes.

• La Commission européenne envisage d’envoyer dans les zones dévastées par le tsunami les chalutiers libérés par la capacité de capture de la flotille européenne. Des groupements de pêcheurs européens ont suggéré l’envoi de bateaux vers les pays affectés. Le parlement d’Ecosse a même adopté une résolution dans ce sens pour pallier les délais nécessaires à la réparation ou la construction de bateaux sur place.

La question est l’adéquation de ces embarcations aux réalités biologiques, économiques et sociales des pêcheries de l’Asie du Sud. Des groupements de pêcheurs européens ont suggéré l’envoi de bateaux vers les pays affectés.

La non prise en compte des composantes des systèmes halieutiques, systèmes de production, de décision et de gestion, peut vite transformer la meilleure intention du monde en véritable problème de développement.

Cette région est dominée par de la pêche de petite échelle, dont les caractéristiques ne sont pas vraiment prises en compte dans ces projets de don d’embarcations adaptées aux pêcheries du bassin de l’Europe occidentale.

• Les Ong de développement et les organisations internationales de pêcheurs se sont mobilisées pour alerter la Commission européenne sur les risques d’un transfert inconsidéré.

Un règlement européen du 16 mars a défini des critères limitatifs. Apparemment, depuis aucun transfert n’a eu lieu. Mais ils sont toujours possibles et seuls les pays membres sont maîtres de la décision.

• D’autre part, il faut plus qu’un bateau pour vivre de la pêche : il faut des engins de capture, de la glace, du carburant, des installations de réfrigération et de congélation, un équipage et des sites de débarquement praticables.

Il faut également des consommateurs.
Dans des endroits de l’Indonésie (secteur d’Aceh, par exemple) et du Sri Lanka, on ne pourra pas relancer la pêche tant que la vie économique locale n’aura pas redémarré. Il est impensable de vouloir traiter séparément les activités de pêche des problèmes globaux des populations de pêcheurs.

• Il est intéressant de noter que juste avant le tsunami, certaines organisations professionnelles avaient dicuté avec des pêcheurs de la diminution de la flotte chalutière, dans la mesure où elle est prisonnière d’un modèle de pêche non durable. Il pourrait être préférable d’encourager ( mais non d’obliger) ces propriétaires de chalutiers à utiliser les indemnités pour adopter des modes de pêche plus durables ou des activités en dehors de la pêche afin de préserver la ressource halieutique.

• Distribuer des bateaux neufs en surnombre est aussi porteur d’effets pervers. Chaque propriétaire de bateau employait un équipage. Si cet équipage devient propriétaire, la main d’œuvre qualifiée manquera ! Et l’on accroît les risques d’une surexploitation des ressources.
De plus, la structure sociale des villages et des familles est souvent basée sur cet équilibre entre propriétaires et matelots.

Recommandations pour la reconstitution des flottilles
Fédération des sociétés coopératives de pêcheurs de l’Inde du Sud (SIFFS), dans Pêche et Développement, juin 2005
Le Golfe du Bengale, des millions de pêcheurs artisans
Alain Le Sann, Collectif Pêche et Développement, juin 2005
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