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Comité Catholique Contre la Faim et pour le Développement – Terre Solidaire

Sisaliao Svengsuksa, Laos

Publié le 01.03.2005 Mis à jour le 12.07.2012

Jouer la carte de l’économie solidaire

Jouer la carte de l’économie solidaire

Paris, le 4 mars 2005

J’ai 63 ans et j’ai longtemps enseigné la géographie – fort d’un doctorat de l’université de Bordeaux III – avant de créer en 1988 l’Association de soutien au développement des sociétés paysannes (ASDSP). Au fil des ans, l’action s’est élargie.

Des populations semi-nomades des régions montagneuses de Kasi, à mi-chemin entre Vientiane et Louang-Prabang, jusqu’à la promotion de coopératives de production et de commercialisation (surplus agricoles, artisanat).
À l’heure des bilans, j’en viens à penser que notre petit pays de moins de 6 millions d’habitants est dans l’obligation de frayer une voie originale. En raison de la puissance de nos voisins, la Chine, le Vietnam et la Thaïlande. Les importations de riz gluant thaïlandais, notre plat de base, envahissent nos marchés, car vendues moins chères que la production lao. Nous avons appris la pisciculture aux paysans, mais seul le Mékong sépare le Laos et la Thaïlande et la nuit des pirogues de contrebande tirant des cages remplies de poissons traversent le fleuve.

Le Laos tirera son épingle du jeu s’il mise sur des marchés de niche performants et capables de prospérer. J’en perçois plusieurs, au premier rang desquels figure l’économie solidaire. Nous avons créé dès 1996 la Lao Farmer’s products, qui exporte les produits transformés (jus, confiture, pâtes de fruits) issus de nos vergers (pamplemousse, tamarin, ananas ou maracuja), grâce aux réseaux du commerce équitable, comme Solidar’monde en France. Idem pour les vanneries ou les tissus en soie.
Il nous faut encore renforcer l’image d’un Laos, pays vert, riche de nombreuses ressources naturelles. Cette sensibilité au respect de l’environnement devrait favoriser la promotion de l’écotourisme et de la culture biologique. Nous formons à présent des ingénieurs agronomes qui maîtrisent toutes les techniques culturales utilisant les seuls engrais naturels.

Hier, au temps de la guerre d’Indochine, le Laos faisait figure d’« État-tampon » déchiré entre les protagonistes. Je rêve qu’il devienne un pays carrefour expérimentant des voies d’avenir. Le contexte est favorable. Le régime politique, qui pratique une ouverture graduelle, semble prêt à accompagner ces évolutions. À nous de savoir jouer notre carte.

Propos recueillis par Yves Hardy

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