Publié le 07.03.2011 • Mis à jour le 04.03.2013

Le CCFD-Terre Solidaire demande la libération immédiate de Jovan Divjak

Arrestation de Jovan Divjak, directeur de l’association L’Education construit la Bosnie-Herzégovine par les autorités autrichiennes la nuit dernière

Le CCFD-Terre Solidaire, le Centre André Malraux, l’Association Sarajevo et le Fonds de dotation Agnès b. demandent sa libération immédiate.

Jovan Divjak est un véritable symbole pour la ville de Sarajevo et pour de nombreux citoyens bosniens, comme en témoignent les fortes mobilisations en sa faveur en ce moment. Il est en effet connu et respecté pour avoir, tout en étant Serbe, rejoint l’armée de la République de Bosnie-Herzégovine et avoir défendu durant toute la guerre Sarajevo, ville emblématique de la coexistence. Il a ensuite fondé l’association L’Education construit la Bosnie-Herzégovine qu’il dirige jusqu’à aujourd’hui et qui vient en aide aux enfants, de toutes les communautés, victimes de la guerre. Grâce à son action civique, il incarne un engagement en faveur de la construction de la citoyenneté bosnienne au-delà des appartenances ethniques. Il a d’ailleurs été décoré de la Légion d’honneur par la France en 2001 pour son « idéal d’un pays uni, qui cherche à se bâtir sur la richesse de ses différentes cultures » comme le disait Bernard Bajolet, Ambassadeur de France en Bosnie-Herzégovine à l’époque.

L’engagement de Jovan Divjak en faveur d’une Bosnie-Herzégovine multi-ethnique lui vaut d’être considéré comme un "traître" par les nationalistes serbes et ceci ne lui a jamais été pardonné par les autorités serbes. Un acte d’accusation pour crimes de guerre avait été publié par le procureur militaire de Milosevic et a été reconduit en l’état par la justice serbe de l’ère post-Milosevic. C’est ainsi que Jovan Divjak figure, avec 18 autres personnes, sur la liste des suspects de crimes de guerre établie par la Serbie. En 2010, la justice britannique avait rejeté la demande d’extradition d’Ejup Ganic, l’un des 18 noms de la liste, jugeant le dossier à charge fourni par la Serbie insuffisant pour justifier des poursuites. Nous ne pouvons accepter que la justice soit détournée de sa mission première et serve d’instrument de vengeance. Cette affaire témoigne surtout du refus persistant des autorités serbes successives de reconnaître leur responsabilité dans le siège de Sarajevo.

Nous nous associons à l’ensemble des associations qui se mobilisent en Bosnie-Herzégovine comme en Serbie telles, la Youth Initiative for Human Rights et le Helsinki Committee for Human Rights, pour demander sa libération immédiate.

Contacts au CCFD-Terre Solidaire :
Véronique de La Martinière : 01 44 82 80 64

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