Un avenir sans faim

Publié le 5 décembre 2016

La Fondation Terre Solidaire est lancée

Créée par le CCFD-Terre Solidaire, la Fondation Terre Solidaire, inaugurée ce 5 décembre 2016, a pour vocation de promouvoir une alternative au modèle économique, social et environnemental actuel. Aperçu de ses engagements :

© Atelier d’Architecture Autogérée

En ce début de XXIème siècle, il faut se rendre à l’évidence : notre modèle de développement affecte nos sociétés et notre environnement de façon irréparable.
Dans ce contexte, relever le défi de la crise écologique, économique et sociale, c’est imaginer et mettre en œuvre de nouvelles façons de produire, de consommer, de travailler et de vivre ensemble, dans le respect des personnes et de notre bien commun, la planète.
Des expériences innovantes allant dans ce sens existent, mais les financements manquent pour qu’elles soient partagées, répliquées, enrichies...

Pour s’atteler à ce défi, le CCFD-Terre Solidaire crée la Fondation Terre-Solidaire.
Elle soutiendra la recherche et l’expérimentation de nouvelles solutions au service d’un autre modèle de développement. « La question est : comment mettre l’économie au service de la société ? » explique Philippe Mayol, directeur général de la Fondation. Pour y répondre nous avons besoin de tester de nouveaux indicateurs. Le PIB seul ne suffit pas. Il faut créer des indicateurs rendant compte du bien-être des populations ».
« Loin de nous les diktats, précise Ingrid Leduc, cheffe de projets. Notre propos n’est d’imposer ni une philosophie, ni une idéologie. Nous comptons sur le débat et les échanges d’expériences pour faire émerger les propositions ».

Une autre approche philanthropique

Alors que la vocation du CCFD-Terre Solidaire reste d’agir sur les toutes les causes de la faim en soutenant l’action d’organisations partenaires dans les pays en développement, sa Fondation pourra financer des projets dans les pays développés- en France ou en Europe – dès lors qu’ils favoriseront « un avenir durable au service d’une Terre plus solidaire » selon les mots de son président Pierre-Yves Crochet-Damais.
La Fondation Terre Solidaire se distingue aussi par sa démarche novatrice, tournée vers la création d’une communauté d’engagement philanthropique permettant à celles et ceux – mécènes, universitaires etc. – qui souhaitent aller plus loin dans le soutien aux projets, de s’investir à ses côtés.
C’est pour cela qu’elle a choisi d’opter pour un statut juridique de fondation « abritante » (sorte de pépinière), autorisant la création d’autres fondations sous son aile.
Son ambition : susciter des émules parmi les mécènes sollicités pour souder et élargir une communauté philanthropique partageant les mêmes valeurs. Trois ou quatre fondations pourraient rejoindre cette « maison commune » d’ici fin 2017.

Décloisonnement et articulation ville campagne

Quels critères permettront de sélectionner les projets accompagnés par la Fondation Terre Solidaire ? « Nous croyons au décloisonnement » répond Philippe Mayol. La Fondation encouragera des projets qui se nourrissent d’un dialogue entre le terrain et le monde de la recherche, ceux qui favorisent la mutualisation des pratiques et la co-construction Nord-Nord, Sud-Nord... « Nous misons également sur l’approche bottom up (qui va du bas vers le haut) souligne Ingrid Leduc. Toutes ces formes de mobilisation citoyenne qui permettent à chacun et chacune de s’approprier une autre manière de consommer par exemple et qui renforcent la démocratie participative ».
Dans un premier temps, la Fondation Terre Solidaire se concentrera sur des initiatives renforçant les liens sociaux et économiques entre les villes - où se construisent les habitudes et modèles de consommation - et les campagnes - principaux lieux de production agricole.

Les premiers projets expérimentés

Pour commencer l’année 2017 : deux projets en France.
Le premier déploiera à Bagneux et Gennevilliers le programme R-URBAN, expérimenté avec succès à Colombes par l’association AAA (Atelier Architecture Autogérée) depuis 2001. R-URBAN invite habitants, sociologues, urbanistes et autres universitaires à partager des lieux de vie autant que d’expérimentation. Il comprend la gestion participative d’une micro-ferme urbaine écologique ainsi que des ateliers de recyclage de déchets locaux et de réparation d’appareils domestiques.
Les personnes présentes depuis l’origine du programme auraient divisé par six leur empreinte écologique.
Mais quid de la relation avec les ruraux ? La ferme n’est pas auto-suffisante » explique Philippe Mayol. Expérimenter une agriculture durable pousse les personnes à s’écarter de l’agriculture intensive et à privilégier les circuits courts, à encourager un autre modèle ».

Dans les mois qui suivent, la Fondation s’ouvrira à l’international. Un projet tunisien visant à renforcer la société civile comme force de proposition dans les politiques de développement territorial a déjà été retenu.

Le CCFD-Terre Solidaire a toujours été précurseur. Il a participé à la création du commerce équitable (notamment via la création de Solidar’Monde et sa
participation au Conseil d’administration de Max Havelaar France lors de ses débuts), lancé les produits d’épargne solidaires en partenariat avec le Crédit Coopératif, créé la SIDI, filiale spécialisée dans la microfinance...
On ne peut que souhaiter à la Fondation un succès comparable !

Bénédicte Fiquet

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