Publié le 08.04.2010 • Mis à jour le 03.04.2018

L’histoire

Au début des années 1960, des mouvements et services de l’Eglise catholique déjà engagés dans des actions de solidarité nationale et internationale décident de répondre, ensemble, à l’appel lancé par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et relayé par le pape Jean XXIII pour la lutte contre la faim dans le monde.

Durant l’année 1960, un comité est constitué sous l’autorité de Mgr Ménager, secrétaire général de l’Action catholique, c’est le futur Comité catholique contre la faim (CCCF). L’enjeu est avant tout de mobiliser des laïcs à travers un éventail étendu de mouvements. Les débats sont riches et mettent en présence deux voies. L’une privilégie une collecte ponctuelle au profit de secours d’urgence, la charité au profit des pays les plus pauvres, le soutien au travail apostolique. L’autre opte pour un engagement durable afin d’agir sur les points clés du développement, en particulier l’éducation, « sur les causes plutôt que sur les effets ».

C’est cette approche que l’Assemblée des cardinaux et archevêques (Aca) va soutenir. Cette option doit considérablement à l’influence du père Lebret, père dominicain dont s’inspirent les pionniers, notamment Philippe Farine (secrétaire général de 1961 à 1967) et des mouvements tels que l’Action catholique ouvrière (ACO), la Jeunesse ouvrière chrétienne (Joc) ou la Jeunesse agricole catholique (Jac), dotés d’une expérience internationale.

Le CCCF s’insurge contre une aide paternaliste et intéressée des pays riches et, surtout, il situe le combat au niveau des valeurs. Si le communisme, selon lui, prive ’Homme de sa dimension spirituelle, le capitalisme le soumet à la logique du profit à court terme. Plus que la croissance, le CCCF plaide pour un développement « harmonisé » qui repose sur la répartition des richesses.

Très vite il apparaît, notamment dans la réflexion enrichie par l’encyclique Populorum progressio, que la lutte contre la faim ne peut aboutir que par le développement des populations concernées. En 1966, le CCF devient Comité catholique contre la Faim et pour le Développement : le CCFD.

- La notion de développement que défend le CCFD fait appel à une conception globale de la personne humaine ; c’est avoir la capacité d’être acteur de sa propre histoire, de s’épanouir et de progresser vers une situation plus humaine.

- Le CCFD conçoit ce développement comme un processus collectif réalisé par les bénéficiaires eux-mêmes qui créent des activités économiques, ou renforcent les liens sociaux et leur société civile.

- Dans ce cadre, le développement apparaît au CCFD comme un élément constitutif de la solidarité internationale.

"L’aide directe constitue une réponse appropriée à des besoins immédiats, extraordinaires, causés par exemple par des catastrophes naturelles, des épidémies, etc. Mais elle ne suffit pas à réparer les graves dommages qui résultent des situations de dénuement, ni à pourvoir durablement aux besoins. Il faut aussi réformer les institutions économiques et financières internationales, pour qu’elles promeuvent mieux des rapports équitables avec les pays les moins avancés. Il faut soutenir l’effort des pays pauvres travaillant à leur croissance et à leur libération". (Catéchisme de l’Église catholique, réf. : 2440 - octobre 1992)

S’informer

19 octobre 2018

Traité ONU sur les multinationales et les droits humains : des avancées majeures et le silence assourdissant de l’UE (Communiqué)

Communiqué conjoint : ActionAid - AITEC - Amis de la Terre France - ATTAC - CCFD-Terre Solidaire - Collectif Ethique sur l’Etiquette - (...)

19 octobre 2018

Brésil, une démocratie en péril

15 ans seulement après l’espoir suscité par l’élection de Lula, le Brésil est sur le point d’élire Jair Bolsonaro à la tête du pays. Un (...)

15 octobre 2018

Les pistes inexplorées pour ne pas dépasser les 1,5°C (Rapport)

Le rapport du GIEC paru la semaine dernière nous confirme qu’il est possible de limiter le réchauffement climatique à 1,5°C et respecter (...)

Nos projets

13 septembre 2018

Au Sénégal, la population vent debout contre la centrale à charbon de Bargny

Au Sénégal, la construction d’une centrale à charbon suscite une forte opposition locale. Outre son impact sur le réchauffement climatique (...)

21 août 2018

Egypte : une pépinière théâtrale au Caire

FDM n°305

Alors que la libre parole se réduit à peau de chagrin depuis la prise de pouvoir du président Sissi en 2013, un centre de formation au (...)

26 juillet 2018

Le niébé, un haricot au coeur de la bataille pour les semences paysannes

Le niébé est un haricot très populaire en Afrique de l’Ouest, et particulièrement nutritif. Pour le promouvoir et le protéger, l’AOPP, une (...)

Nos rapports

PDF