Publié le 8 avril 2010

L’histoire

Au début des années 1960, des mouvements et services de l’Eglise catholique déjà engagés dans des actions de solidarité nationale et internationale décident de répondre, ensemble, à l’appel lancé par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et relayé par le pape Jean XXIII pour la lutte contre la faim dans le monde.

Durant l’année 1960, un comité est constitué sous l’autorité de Mgr Ménager, secrétaire général de l’Action catholique, c’est le futur Comité catholique contre la faim (CCCF). L’enjeu est avant tout de mobiliser des laïcs à travers un éventail étendu de mouvements. Les débats sont riches et mettent en présence deux voies. L’une privilégie une collecte ponctuelle au profit de secours d’urgence, la charité au profit des pays les plus pauvres, le soutien au travail apostolique. L’autre opte pour un engagement durable afin d’agir sur les points clés du développement, en particulier l’éducation, « sur les causes plutôt que sur les effets ».

C’est cette approche que l’Assemblée des cardinaux et archevêques (Aca) va soutenir. Cette option doit considérablement à l’influence du père Lebret, père dominicain dont s’inspirent les pionniers, notamment Philippe Farine (secrétaire général de 1961 à 1967) et des mouvements tels que l’Action catholique ouvrière (ACO), la Jeunesse ouvrière chrétienne (Joc) ou la Jeunesse agricole catholique (Jac), dotés d’une expérience internationale.

Le CCCF s’insurge contre une aide paternaliste et intéressée des pays riches et, surtout, il situe le combat au niveau des valeurs. Si le communisme, selon lui, prive ’Homme de sa dimension spirituelle, le capitalisme le soumet à la logique du profit à court terme. Plus que la croissance, le CCCF plaide pour un développement « harmonisé » qui repose sur la répartition des richesses.

Très vite il apparaît, notamment dans la réflexion enrichie par l’encyclique Populorum progressio, que la lutte contre la faim ne peut aboutir que par le développement des populations concernées. En 1966, le CCF devient Comité catholique contre la Faim et pour le Développement : le CCFD.

- La notion de développement que défend le CCFD fait appel à une conception globale de la personne humaine ; c’est avoir la capacité d’être acteur de sa propre histoire, de s’épanouir et de progresser vers une situation plus humaine.

- Le CCFD conçoit ce développement comme un processus collectif réalisé par les bénéficiaires eux-mêmes qui créent des activités économiques, ou renforcent les liens sociaux et leur société civile.

- Dans ce cadre, le développement apparaît au CCFD comme un élément constitutif de la solidarité internationale.

"L’aide directe constitue une réponse appropriée à des besoins immédiats, extraordinaires, causés par exemple par des catastrophes naturelles, des épidémies, etc. Mais elle ne suffit pas à réparer les graves dommages qui résultent des situations de dénuement, ni à pourvoir durablement aux besoins. Il faut aussi réformer les institutions économiques et financières internationales, pour qu’elles promeuvent mieux des rapports équitables avec les pays les moins avancés. Il faut soutenir l’effort des pays pauvres travaillant à leur croissance et à leur libération". (Catéchisme de l’Église catholique, réf. : 2440 - octobre 1992)

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