{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/noynoy-peut-mieux-faire/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/noynoy-peut-mieux-faire/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Noynoy peut mieux faire","datePublished":"2011-12-10T17:29:00+00:00","dateModified":"2021-12-08T11:59:43+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/noynoy-peut-mieux-faire/"},"wordCount":1462,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Droits humains","Fraude fiscale","Reportage"],"inLanguage":"fr-FR","description":"Un an et demi* après l’arrivée à la présidence des Philippines de Benigno Aquino III, les promesses de changement faites lors de la campagne ne se sont pas traduites en actions concrètes. Le président continue de protéger les intérêts de l'oligarchie en place : grandes familles, armée et conglomérats étrangers... \n\n\n\nLe bilan économique du nouveau président philippin aurait de quoi rendre optimiste plus d’un chef d’État occidental. Croissance estimée entre 3,5 et 5 % pour l’année 2011, contrats et investissements ramenés de ses voyages en Chine, aux États-Unis et au Japon qui se comptent en milliards de dollars, rentrées fiscales en hausse, demande domestique forte, l’avenir du pays semble au beau fixe. Dopé même par les réévaluations positives des trois agences de notations internationales, Moody’s, Standard & Poor’s et Fitch, qui justifient leur décision par les efforts entrepris par l’administration Aquino en termes de consolidation fiscale et par la capacité du pays à rembourser ses dettes.\nDe beaux résultats, qui ne doivent cependant pas en occulter d’autres, moins glorieux. Une inflation qui tourne autour de 3,5 à 4 %, un niveau de pauvreté, qui touche « officiellement » plus de 26 % de la population (nombre de personnes vivant avec 1 dollar, ou moins, par jour). Et plus d’une famille sur cinq (21,5 %) qui a connu la faim au cours du troisième trimestre 2011. \n\n\nUn quart de la population exclue de la croissance \n\n\n « La plupart des gens vivant en milieu rural, soit 70 % de la population totale, sont de plus en plus pauvres et sur les 11 millions de personnes que compte la capitale, Manille, environ 60 % habitent dans des bidonvilles », déplore Art, qui travaille dans une ONG locale de développement. Constat partagé par la Banque mondiale, selon laquelle « les gains engendrés par la croissance ont oublié un quart de la population  ».\nUne exclusion que Pascual, militant de la cause paysanne locale depuis le début des années 1970, explique par « l’absence de vision nationale du gouvernement en matière économique ». « L’économie philippine est concentrée entre les mains de deux douzaines de familles qui contrôlent tout. Industries, foncier, banques, commerces et services, transports, eau, électricité… », précise-t-il. « Le gouvernement ne fait que protéger leurs intérêts, qui sont aussi les siens puisque le président lui-même appartient à cette élite, et il facilite l’arrivée de capitaux étrangers dans le pays.  » \n« Depuis l’arrivée au pouvoir de Cory Aquino [Ndlr : le 25 février 1986], la mère de l’actuel président, les gouvernements qui se succèdent ne font que suivre le même paradigme », renchérit Leody de Guzman, président du syndicat Solidarité ouvrière. « Lequel est basé sur quatre principes fondamentaux : privatisation, dérégulation, libéralisation et flexibilité du travail.  » Résultat : « Il n’y a plus de salaire minimum national, celui-ci varie désormais de 426 à Manille à 200 pesos à Mindanao (de 7 à 3,30 euros environ par jour) selon la région*. L’industrie est en chute libre et le seul secteur en croissance est celui des services, notamment de sous-traitance. Du coup, 85 % des salariés travaillent désormais avec des contrats de cinq mois reconductibles et se retrouvent pieds et poings liés face à leurs employeurs », rage le syndicaliste. \nLe soutien présidentiel à une telle politique est pour Leody, qui reconnaît avec regret avoir voté pour Noynoy en 2010 : « Un signal clair à tous les patrons qu’ils peuvent continuer à faire ce qu’ils veulent ». Il en veut pour preuve le licenciement, en septembre, de 2 600 employés de la compagnie aérienne Philippines Airlines et leur remplacement par du personnel contractuel, en raison, officiellement, de « pertes financières » – alors que le bilan financier présenté en mars 2011 par l’entreprise est positif pour l’exercice 2010-2011. \n\n\nCorruption et évasion fiscale\n\n\nQuant aux promesses de justice fiscale de lutte contre la corruption et l’évasion fiscale, véritable sport national (voir FDM de septembre-octobre 2011), faites par Noynoy après son investiture, si elles ont permis de redorer un peu l’image du pays, qui reste malgré tout l’un des plus corrompus de la planète, elles semblent avoir du mal à se concrétiser. Certes, il y a bien des messages publicitaires télévisés appelant à la délation de « ceux qui vivent au-dessus de leurs moyens » et les affaires de dissimulation de revenus ou de corruption font désormais régulièrement la une des journaux mais le phénomène est loin d’être enrayé. « La corruption est toujours là et ce, jusque parmi les proches du président et les affaires d’évasion fiscale n’ont encore conduit personne en prison », rappelle amèrement Pascual, l’ancien organisateur de mouvements paysans. « En fait, toutes ces accusations se font de manière très sélective et sont dirigées principalement contre l’ancienne présidente Gloria Macapagal-Arroyo et son clan, ainsi que contre ceux qui s’opposent au gouvernement. Mais il n’est absolument pas question de donner un coup de balai dans l’administration. » \n\n\nImpunité pour les forces de l’ordre et l’armée\n\n\nPour les défenseurs des droits de l’homme, il reste aussi encore beaucoup de progrès à faire. « Vingt-cinq ans après la chute du dictateur Marcos, et autant d’années de régime “démocratique”, on pourrait s’attendre à mieux », se désole Emmanuel Amistad, qui dirige la Task Force (groupe de travail) pour les détenus philippins, une ONG locale de défense des droits de l’homme. « Depuis l’arrivée de “P-Noy“, le “président Noynoy“, il n’y a eu aucune annonce précise d’un changement de cap concernant la politique des droits de l’homme, aucune initiative claire pour poursuivre les auteurs de violations commises au cours de la précédente administration. » \nPlus inquiétant, selon lui : « Parmi les priorités votées par le Congrès en août dernier, à la demande du président figurent deux amendements à la loi anti-terroriste philippine. Le premier vise à supprimer l’obligation de prévenir un suspect qu’il est sous surveillance, le second réduit les compensations accordées à toute personne injustement arrêtée et-ou ayant subi des violences. » Pour le défenseur des droits de l’homme, qui rappelle qu’il y a aujourd’hui encore trois cent douze prisonniers politiques aux Philippines : « C’est la culture de l’impunité qui est ainsi encouragée ».\nUne culture de l’impunité dont les principaux bénéficiaires sont… les militaires et les forces de l’ordre. « Nous aurions aimé voir le président reconnaître que des exécutions extrajudiciaires avaient été commises dans le passé par les militaires et que des enquêtes soient menées. Mais rien n’a encore été fait dans ce sens », confirme Jessica Evans, représentante de l’organisation internationale de défense des droits de l’homme Human Rights Watch aux Philippines. \nC’est que, dans ce pays, les militaires constituent presque un État dans l’État et jouent un rôle politique non négligeable. Ils peuvent faire ou défaire, par la grâce de coups d’État ou de menaces, les dirigeants qui se succèdent depuis la chute de Ferdinand Marcos, en 1986. On comprendra pourquoi P-Noy préfère les caresser dans le sens du poil depuis son arrivée à la présidence. Il leur a  accordé de généreuses augmentations de salaires, en gonflant le budget 2011 de l’armée pour le porter à quelque 104,5 milliards de pesos (environ 1,75 milliard d’euros) – alors qu’à titre de comparaison, pour la même année, celui alloué à la santé n’était que de 33,3 milliards de pesos.\nRien n’indique que cela soit suffisant au président pour s’attacher la loyauté des militaires. Le refus de Noynoy de s’engager dans une escalade militaire après les affrontements qui se sont déroulés fin octobre, dans les îles de Mindanao et de Basilan (voir pages suivantes) et qui se sont traduits par la mort d’une vingtaine de soldats, a immédiatement fait réagir des membres des forces armées. Certains partisans de la manière forte n’ont pas hésité à évoquer la menace d’un coup d’État, jugeant trop « molle » la réaction  du président à ces événements. \nPris entre les revendications socio-économiques des uns, qui se feront sans doute de plus en plus pressantes, et les menaces des autres, prêts à renvoyer le pays sur des chemins peu démocratiques, le président Aquino devra faire preuve d’une volonté et d’une énergie à toute épreuve. En aura-t-il la capacité et la volonté ?"}
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Trois dossiers, sur lesquels le premier ministre britannique David Cameron avait affiché dès le départ sa volonté de progresser, étaient particulièrement attendus par les acteurs de la société civile : la lutte contre l'évasion fiscale, les mesures pour promouvoir la Sécurité alimentaire et la résolution des conflits, notamment celui en cours en Syrie.\n\n\n\nVolet fiscal : un bon diagnostic mais pas de consensus sur les réponses\nLe volet fiscal de la déclaration, dont David Cameron a voulu faire un axe majeur de sa présidence du G8, liste pour la première fois l'ensemble des défis clés en matière de transparence fiscale : une étape importante est ainsi franchie. Cependant, les engagements fermes de la part des pays membres restent à géométrie variable.\n\nSi les chefs d'Etats ont exprimé leur volonté de généraliser l'échange automatique d'information et d'inclure les pays en développement, ils ne donnent pour l'instant aucune garantie d'avoir un système unique et multilatéral qui bénéficie à tous. Le G8 promeut la transparence pays par pays des entreprises multinationales sur les profits et les impôts auprès de toutes les administrations fiscales, ce qui constitue une avancée majeure et devrait être maintenant discuté en G20. En revanche, il reste sourd à la demande des organisations de la société civile de rendre publiques ces informations afin que cette règle exerce son effet dissuasif sur les entreprises. \n\nEnfin, la création de registres centralisés (mais non publics) pour identifier les propriétaires réels des sociétés est pour la première fois abordée dans une déclaration du G8, et le Royaume Uni a annoncé qu'il se conformerait à cette proposition. Mais les négociations ont buté sur la question des sociétés écrans de type trusts, spécialité du droit anglo-saxon. Les pays du G8 ne sont donc pas parvenus à se mettre d'accord pour les insérer dans un tel registre. Les gestionnaires des trusts seront donc tenus de connaitre les propriétaires et bénéficiaires réels et de transmettre l'information aux autorités compétentes - une obligation qui existe déjà dans les règles du Groupe d'Action Financière Internationale (GAFI) en matière de lutte contre le blanchiment d'argent. Sur ce dernier point, ce sommet du G8 restera une occasion ratée d'obtenir de réelles avancées dans la lutte contre l'évasion fiscale.\n\nLes recommandations du CCFD-Terre Solidaire sur les sociétés écrans : https://ccfd-terresolidaire.org/infos/souverainete/g8-et-sommet-de-la-faim/la-societe-civile-4212\n\nLutte contre l'insécurité alimentaire en Afrique : la part belle aux multinationales au détriment des agricultures locales\n\nLes Etats membres du G8, sur ce dossier, ont fait preuve d'une grande inconséquence : la  Nouvelle Alliance pour la Sécurité Alimentaire, concentrée sur un petit nombre d'Etats africains avec comme principal but d'attirer les multinationales en Afrique, prend le pas sur d'autres engagements du G8. Elle est élargie à 4 nouveaux pays africains, en plus des 6 pays déjà engagés. Le G8 semble ainsi laisser inachevée l'initiative de L'Aquila pour la Sécurité alimentaire (AFSI) lancée en 2008, bien que les pays membres soient encore loin d'avoir déboursé les 20 milliards d'euros promis entre 2009 et 2012 (la France n'a réellement déboursé que 54% des sommes promises [[Lough Erne Accountability Report, 17 juin 2013]]). Par ailleurs, cette Nouvelle Alliance est en contradiction évidente avec l'engagement pris par chaque Etat membre aux Nations Unies de donner une place centrale à l'agriculture familiale et paysanne pour lutter durablement contre la faim. Les quelques références vagues faites dans la Déclaration sur ce point ne font pas illusion : ce sont au contraire les multinationales de l'agroalimentaire (Monsanto, Cargill, Danone, etc.) que les pays membres du G8 favorisent, avec une véritable efficacité cette fois ci : un an après le lancement de la Nouvelle Alliance, la moitié des projets sont déjà en cours de développement.\n\nA l'inverse, ce G8 n'a pas progressé dans la formulation des règles qui doivent encadrer les pratiques de ces acteurs. Les timides avancées formulées notamment l'initiative sur la transparence foncière, ne permettront pas de réorienter l'Alliance, ni d'en limiter les impacts tels que les accaparements de terres et de ressources.\n\nLa France, qui a récemment rappelé par la voix du ministre Pascal Canfin, son désaccord sur la vision prônée par la Nouvelle Alliance, doit aller plus loin pour faire preuve de cohérence entre son discours et ses actions.\n\nL'analyse de la Nouvelle Alliance par le CCFD-Terre Solidaire : https://ccfd-terresolidaire.org/wp-content/uploads/2013/06/positiong82013.pdf\n\nGuerre en Syrie : l'impuissance totale du G8\nAlors que le conflit syrien a déjà fait près de 100 000 morts, les dirigeants du G8 n'ont défini aucun agenda concret pour une sortie de crise. L'appel très vague à organiser une conférence diplomatique à Genève le plus tôt possible ne répond pas aux attentes que l'on pouvait avoir au début de ce sommet. Les autres chefs d'Etat doivent impérativement tirer les conséquences de leur incapacité à arracher un engagement à Vladimir Poutine, qui maintient son soutien politique et militaire au régime de Bachar el Assad.\n\nEn déroulant le tapis rouge aux principaux exportateurs d'armes russes pendant le salon du Bourget, François Hollande n'a pas saisi l'occasion de traduire en acte sa volonté de faire bouger les lignes dans le conflit syrien.\n\nResponsabilité des acteurs économiques opérant en zones de conflit : de trop faibles avancées\nConcernant le devoir de diligence que les acteurs économiques doivent avoir dans les zones en conflit ou à haut risque, le CCFD-Terre Solidaire se félicite que les États renouvellent leur soutien au guide de l'OCDE [[Le guide de l'OCDE sur le devoir de diligence pour des chaînes d'approvisionnement responsables en minerais provenant de zones de conflit ou à haut risque]], adopté en 2011.  Cet instrument est une étape positive dans la recherche des solutions pour rompre le lien entre l'exploitation des ressources naturelles et les conflits.\n\n Il regrette cependant que le G8 n'ait pas cherché à rendre la diligence raisonnable contraignante en encourageant les Etats membres à l'intégrer dans les législations nationales -comme l'ont fait les USA dans  la loi Dodd Frank. Les minerais exploités dans les zones en conflit ou à haut risque peuvent donc encore avoir des débouchés internationaux. Les belligérants en RDC, en Birmanie, en Colombie et en RCA qui profitent tous de l'exploitation et du commerce des minerais, ont encore de beaux jours devant eux.\n \nContacts Presse : Karine Appy - 01 44 82 80 67 - k.appy@ccfd-terresolidaire.org / Maud Lebeau - 01 44 82 80 68 - m.lebeau@ccfd-terresolidaire.org"}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/lintervention-civile-de-paix-2/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/lintervention-civile-de-paix-2/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"L&rsquo;intervention civile de paix","datePublished":"2007-05-21T00:00:00+00:00","dateModified":"2021-12-08T15:36:25+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/lintervention-civile-de-paix-2/"},"wordCount":1102,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Communiqués de presse","Paix et vivre ensemble"],"inLanguage":"fr-FR","description":"Définition\n\n\nL'intervention civile de paix est une intervention non armée sur le terrain d'un conflit local. Elle peut prendre dans le cadre de missions non-gouvernementales ou intergouvernementales (ONU, OSCE) différentes formes : \n\n l'accompagnement de personnes menacées,  l'interposition,  la médiation, l'observation d'élections, l'observation du respect des droits humains du respect d'un accord de paix, la reconstruction du tissu social, \n\n\nAu coté des populations, c'est une solution concrète, complémentaire pour amener une société à la réconciliation. Ainsi, cette présence internationale non armée peut permettre : \n\n d'atténuer les risques des populations civiles souvent au milieu des conflits, de contribuer à un acte de solidarité concrète avec les populations civiles aux prises avec la violence qui se sentent impuissantes et très seules, d'être témoins de la situation et d'informer plus aisément la communauté internationale, ce qui rend quelque fois plus rapide la résolution du conflit.\n\n\nCette démarche se veut pragmatique. L'hypothèse de travail est donc, à partir de l'analyse de chaque situation concrète, d'étudier les possibilités d'intervention sur les lieux de crises, de conflits et d'affrontements par d'autres moyens que les armes, pour prévenir, réduire et, autant que possible, faire cesser la violence. De fait, une intervention militaire n'est pas toujours possible et lorsqu'elle, elle est rarement suffisante. Et selon de nombreux observateurs, et parmi eux plusieurs militaires, les opérations de maintien ou de reconstruction de la paix nécessitent l'intervention de civils.\n\n\n\nLa forme de cette intervention civile de paix\nLes moyens mis en oeuvre pour parvenir à la paix ne peuvent être \"importés\" de l'étranger. Ils doivent être définis sur le terrain, en coopération étroite avec les réseaux de citoyens du pays concerné. \nUne paix durable ne peut être rétablie que de l'intérieur, par l'action de membres de ces communautés. \nUne intervention civile a précisément pour but de faciliter et de favoriser cette action en créant un espace public, un espace politique dans lequel elle puisse se développer.\n\n\nC'est donc, une diplomatie de proximité. Elle peut être considérée comme une mission de médiation qui mandaterait de nombreux diplomates sur le terrain où se déroule le conflit.\nLes membres d'une intervention civile ne sont pas neutres mais « équitables ». C'est ainsi qu'ils peuvent gagner la confiance des deux adversaires et favoriser le dialogue entre eux. \nL'équité n'implique pas qu'on renvoie dos à dos les adversaires. Dans une situation de conflit, il est rare que les responsabilités soient également partagées. Selon George Willoughby, responsable des Brigades de Paix Internationales, les tierces parties doivent être « non partisanes envers les mouvements politiques, mais partisanes envers la justice, la non-violence et la liberté de tous »  \n\n\nLes interventions civiles ont leur stratégie propre qui implique une réelle autonomie de décision et d'action. De fait, définie comme une stratégie, l'intervention civile se présente comme une alternative à l'intervention militaire et elle peut aussi être mise en oeuvre dans le cadre d'une stratégie globale qui comporte une composante militaire et une composante civile. Dans les circonstances actuelles, c'est le plus souvent dans cette hypothèse que nous nous situons. \n\n\nL'intervention civile de paix n'est pas sans risques\nIl est dans la nature même d'une intervention non-violente dans une situation de conflit armé ouvert de faire courir des risques. Celle-ci ne peut atteindre toute son efficacité que dans la mesure où ceux qui la mettent en oeuvre acceptent d'assumer les risques qui lui sont inhérents. \nLa vulnérabilité même face aux dangers est l'un des facteurs d'efficacité. C'est un travail de pacification auprès des populations civiles en « désarmant les esprits et les mentalités » et en instaurant la confiance, cela permet de créer les conditions d'une coexistence pacifique entre les communautés adverses. Pour passer de la guerre à la négociation. Un intervenant civil de paix doit donc être préparé et formé pour vivre dans un contexte conflictuel et réagir au mieux.\n\n\n\nL'intervention civile : une chance pour la paix\nLes logiques exclusivement violentes pour résoudre les conflits ont montré leurs limites. Quand les chars s'en vont la violence demeure, il suffit d'un rien pour que les hostilités réapparaissent. Le conflit dans les Balkans est là pour nous le rappeler. D'où la nécessité de développer une autre logique et de réfléchir aux moyens de gérer différemment les conflits\n\n\n\nLe CCFD membre du Comité pour l'intervention civile de paix\nLe CCFD est depuis 1999 membre du Comité intervention civile de paix qui est constitué d'une quinzaine d'ONG. Il soutient cette initiative tout particulièrement sur le plan politique car, même si elle n'est pas encore très développée, l'intervention civile est un moyen de résolution du conflit.\n\n\nOn trouve dans ce Comité le Mouvement pour une Alternative Non-violente (MAN), l'Institut de recherche sur la Résolution Non-violente des Conflits (IRNC), Equipes de Paix dans les Balkans (EPB), Collectif Guatemala, Pax Christi France, Peace brigades international (PBI). Ces organisations mènent des actions de recherche, de formation des volontaires, d'action sur le terrain de sensibilisation et de lobbying...\n\n\nAu CCFD, si des partenaires désirent faire appel à des volontaires de paix, il vaut mieux que ces volontaires soient réellement formés et capables de s'adapter à une situation qui n'est pas toujours simple. Grâce au Comité, il est possible de soutenir financièrement, via des organisations qui envoient des volontaires, une partie de la formation de ces futurs intervenants civils : ce genre d'expériences a déjà eu lieu au Guatemala, au Mexique et en Colombie...\n\n\nDes membres du réseau peuvent désirer s'engager en tant qu'intervenant et/ou se former ou connaître des personne voulant s'engager dans cette démarche. Partir surtout dans un contexte conflictuel ne s'improvise pas : il est essentiel d'être préparé, d'être clair avec soi même et avec les autres. Le comité propose des préparations au départ, il travaille avec d'autres organisations européennes.\n\n\nMarie-Line Ramackers\nChargée du programme Paix et Droits Humains au CCFD\n\n\n\n "}
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En 2013, l’Union européenne a franchi une étape décisive en adoptant une mesure de transparence comptable pays par pays pour les banques (Directive CRD IV), dans le sillage de la France. Lors du Conseil du 22 mai 2013, les chefs d’Etats européens se sont déclarés favorables à une extension du reporting comptable pays par pays aux autres secteurs d’activité. Cependant, cette extension aux autres secteurs d’activité rencontre encore une opposition de certains grands pays européens malgré l’appui de la présidence lituanienne et le soutien du commissaire Barnier.\n\n\n1ère proposition\nExiger la transparence comptable pays par pays de la part de toutes les entreprises multinationales, tous secteurs d’activités confondus (liste des entités, effectifs, chiffre d’affaires, impôts sur les sociétés et subventions reçues) et la publication de ces informations.\n\n\nRéponse : \n\"Je soutiens la mise en place d'une transparence comptable pays par pays appliquée à l'ensemble des compagnies multinationales indépendamment des secteurs d'activités concernés; cette exigence de transparence accrue à l'égard du secteur bancaire a déjà été actée sous l'impulsion du Parlement européen lors de l'adoption en avril 2013 de la directive relative  aux établissements de crédit et à la surveillance prudentielle (directive « CRD IV »). Je souhaite que la Commission européenne mette sur la table dès 2014 une proposition législative afin d'étendre les critères de transparence (identification des entités et leurs effectifs, chiffres d'affaires réalisés et impôts sur les sociétés versés au pays, montant des subventions perçues) aux autres domaines d'activités économiques et industriels. \"ENGAGE\n\n2ème proposition\nHarmoniser les règles fiscales européennes et internationales via l’adoption de mesures contraignantes relatives à la consolidation des assiettes fiscales pour l’impôt sur les sociétés afin de mieux répartir le droit de taxer entre les pays selon des critères objectifs (effectifs, chiffre d’affaires, etc.). Une telle harmonisation permettrait de réconcilier la distribution de l’impôt avec la géographie de l’activité réelle des entreprises.\n\n\nRéponse : \"La Commission européenne avait mis sur la table le 16 mars 2011 une proposition concernant l’assiette commune consolidée pour l’impôt sur les sociétés qui ne répondait qu'à un seul objectif: créer un 29ème régime fiscal en laissant aux entreprises multinationales l'opportunité de l'appliquer ou de lui préférer les dispositions du régime fiscal applicable. Sous l'impulsion des députés socialistes, le Parlement européen a rejeté ce projet d'optimisation fiscale et s'est prononcé le 19 avril 2012 en faveur d'une authentique assiette commune consolidée pour l'impôt des sociétés en Europe. La définition de l'assiette de l'impôt sur les sociétés doit notamment mieux intégrer la clé de répartition des résultats nets des entreprises obtenus entre les Etats et reposer sur les critères d'emplois, de chiffres d'affaires et d'actifs de la société. Afin de lever cet obstacle, il est indispensable que les Etats membres de la zone euro s'engagent sur la voie de l'harmonisation fiscale à travers l'adoption, dans un premier temps, d'une définition unique de l'assiette commune consolidée de l'impôt sur les sociétés puis d'une convergence des taux applicables aux bénéfices des entreprises établis dans l'Union européenne. \"ENGAGE\n\n\n\nRendre les multinationales européennes responsables de leurs impacts sociaux et environnementaux dans les pays du Sud\n\n\nL’Union européenne a été pionnière dans la définition de la Responsabilité sociale des entreprises. En octobre 2011, avec sa Communication RSE, la Commission renonce à la notion de « volontarisme » au profit d’une approche législative contraignante. La mention du champ d’application de la RSE, notamment de son extension aux préoccupations liées aux droits de l’Homme, ainsi que l’obligation de prévenir les effets négatifs constitue la vraie nouveauté de cette définition.\n\n\n3ème proposition\nS’assurer que les Etats lèvent les obstacles dans l’accès à la justice pour les victimes d’entreprises multinationales européennes opérant dans les pays tiers. \nDans la suite de la consultation sur « l’avenir du droit européen des sociétés » lancé en 2012 par la Commission européenne, le Parlement doit œuvrer pour la reconnaissance d’un lien juridique entre les sociétés-mères et leurs filiales et les entreprises donneuses d’ordre et leurs sous-traitants.\n\n\nRéponse :  \" Il faut bien évidemment lutter contre l’impunité des \"sociétés-mères\" et des entreprises multinationales quand leurs actions ou celles de leurs filiales  ont un impact humain et écologique, en élargissant leur responsabilité et en levant, pour les victimes, tous leurs obstacles entravant  leur l'accès à la justice.\n\n\nC'est pourquoi je m'engage, dans mon rôle de Parlementaire européen, à soutenir le développement d'un nouveau cadre légal pour la responsabilité sociale et juridique des entreprises,  afin que les compagnies opérant dans l'UE et leurs dirigeants soient tenus légalement responsables des conséquences sociales, humaines et environnementales de leurs actes et de celles de leurs filiales opérant dans le monde entier. Nous devons exiger de la Commission qu'elle clarifie le cadre régissant les relations maison mère-filiale, pour que la chaîne de responsabilité soit rendue transparente, et que les vrais donneurs d'ordre, pas des boucs-émissaires, soient poursuivis et sanctionnés en cas de non-respect des normes sociales et environnementales.\n\n\nJe défendrai  la mise en place d'instruments légaux qui permettront aux victimes de violations des droits humains, des droits sociaux  et du droit environnemental par des compagnies opérant dans l'UE, la possibilité d'ester devant une Cour européenne, même si la violation a eu lieu en dehors de l'UE. Les victimes doivent pouvoir trouver juste réparation aux dommages qui leur ont été causés.\n\n\nJe soutiens et m'engage, en outre à promouvoir les demandes de transparence sur les actions des compagnies, en défendant la mise en place de rapports sociaux et environnementaux obligatoires, qui  délivrent des informations précises, complètes et comparables. \"ENGAGE\n\n\n4ème proposition\nRéviser la politique commerciale, pour mieux prendre en compte la dimension sociale, environnementale et sociétale en instaurant des mécanismes de vérification et de contrôle contraignants pouvant rendre effectif le Système de Préférence Généralisé +, comme les suggèrent les deux résolutions du Parlement européen portant sur ce sujet : « Droits de l’Homme et normes sociales et environnementales dans les accords commerciaux internationaux » et « La responsabilité sociale des entreprises dans les accords de libre échange ».\n\n\nRéponse : \n\"L'Union doit, au travers des politiques qu'elle mène, et plus particulièrement sa politique commerciale, non seulement défendre ses  intérêts commerciaux, mais aussi respecter et faire respecter et rayonner les normes et valeurs qui sont les siennes. Les normes exigeantes du marché unique européen en matière de santé, de sécurité, d'environnement et de protection des travailleurs et des consommateurs constituent un modèle européen spécifique. Elles doivent  servir d'inspiration au niveau international et dans les enceintes multilatérales et se refléter dans la négociation des accords commerciaux bilatéraux en cours. L'Union s'assurerait ainsi que les politiques extérieures qu'elle met en œuvre au travers de travers sa politique commerciale et de sa politique de développement contribuent effectivement au développement social dans les pays tiers avec lesquels elle entretient des relations commerciales.\n\n\nSi ces régimes préférentiels ne peuvent pas tout, ils peuvent constituer un utile levier de développement. Le système de préférences généralisées (SPG)  doit cependant être régulièrement révisé afin d’être gradué et conditionnel. C’est la voie dans laquelle s’est engagée l’Europe avec la réforme du dispositif en 2012. Les critères d’attribution du SPG ont été renforcés. Mais nous pouvons et nous devons encore les améliorer.  \n\n\nEn ce qui concerne les accords de libre-échange (ALE), des avancées concrètes ont été opérées ces dernières années avec la négociation de chapitres sur le développement durable : c'est-à  -dire l'engagement des parties à respecter les droits de l'homme et le développement d'une économie durable fondée sur la protection et la promotion des droits des travailleurs et de l'environnement. \n\n\nMais il faut que ces chapitres sur le développement durable puissent être respectés par les deux parties : c'est pourquoi nous nous engageons à mettre en place en place à la fois des mécanismes de surveillance mutuelle et des pratiques incitatives.  Bien sûr, avoir le niveau d'exigences, doit être adapté à chaque pays ainsi qu'à chaque situation économique,  pour instaurer gradualité et flexibilité dans notre juste revendication du respect des normes sociales et environnementales. \nNous voulons renforcer l'implication de la société civile qui peut exercer un indispensable effet de levier sur les politiques internes des pays partenaires via la mise en place de groupes d'arbitrage, de  forums d'échanges et de dialogue. Nous soutenons la création  d'\"observatoires\" bilatéraux communs qui offrent une plate-forme d'échanges de vues entre les gouvernements, le Parlement européen, les partenaires sociaux et la société civile. Nous demandons à la Commission européenne d'élaborer des études d'impact sur les droits de l'homme,   mais aussi des documents de suivi après la mise en œuvre des accord de commerce, qui complèteraient celles sur le développement durable avec des indicateurs commerciaux compréhensibles prenant en compte les droits de l'homme et les normes environnementales et sociales.\n\n\nNous nous engageons à poursuivre et à amplifier la bataille des normes et de leur respect, bataille que nous avons menée avec succès au Parlement européen. Si beaucoup a été fait en matière de normes techniques et sanitaires, les procédures et les corps de contrôle veillant à leur application sont insuffisants et doivent être également renforcés. \"PARTIELLEMENT ENGAGE\n\n\nExiger l’exemplarité de l’Union européenne dans ses investissements portés au nom de la sécurité alimentaire\n\n\nLa Banque européenne d’Investissement (BEI) qui intervient au nom du développement en soutien aux investissements dans les pays du Sud, s’appuie de plus en plus sur les mêmes mécanismes de financement que le secteur privé, avec les mêmes travers en termes d’opacité, et sans poser d’exigences suffisantes pour s’assurer de leur contribution réelle au développement. Suite aux interpellations de la société civile sur les impacts de certains projets, la banque s’est engagée à renforcer ses contrôles et accroître sa transparence ; L’Union européenne s’est engagée dans le soutien à la mise en œuvre des directives volontaires sur la gouvernance foncière. Elle pourrait aller plus loin en introduisant les recommandations spécifiques de ce document dans ses cadres d’intervention et d’évaluation de ses projets, quel qu’en soit le secteur (agricole, infrastructure, énergie,…).\n\n5ème proposition\nExiger l’exemplarité des agences de financement du développement :\n\npar l’adoption de pratiques exemplaires dans le cadre de la politique de coopération pour le développement : la Banque européenne d’Investissement doit exiger de la part de l’ensemble des entreprises qu’elle soutient, la transparence comptable pays par pays, la publication des contrats et des accords de ruling (accord préalable passé avec les administrations fiscales), et l’identification des bénéficiaires effectifs.de même, des procédures régulières entre la BEI et le Parlement doivent être mises en place afin d’assurer l’intégration des avancées internationales (en matière de RSE, de fiscalité, de lutte contre les accaparements de terres,…) au cadre de maîtrise des risques de la Banque.\n\n\nRéponse : \nAprès son adoption le 11 mars dernier par le Parlement, le mandat pour les actions extérieures de la BEI pour la période 2014-2020 a été également été adoptée par le Conseil le 14 avril dernier. Avec 2,2 Mds d'euros supplémentaires comparés à la période 2007-2013, les socialistes se félicitent tout d'abord de l'augmentation du plafond des opérations de financements extérieurs de la BEI pour les 7 prochaines années. Ce niveau d'engagement démontre notre attachement à ce que les activités externes de la BEI contribuent à promouvoir une croissance durable et créatrice d'emplois de qualité, participant à la réalisation des objectifs que s'est fixée l'UE en matière de coopération au développement (articles 208 et 209 du TFUE). \n\n\nPour ce faire, nous devons nous assurer que les conditions et les critères d'intervention de la BEI en dehors de l'UE aient un effet mesurable en termes de réduction de la pauvreté, tout en respectant le plus scrupuleusement possible les principes fondateurs de l'UE. Guidés par cet impératif, nous sommes parvenus à améliorer sensiblement la proposition législative de la Commission sur le mandat externe de la BEI, puisque : \n\n\n- la Commission a dorénavant l'obligation d'assurer un suivi étroit et régulier de la liste des pays dans lesquels la BEI intervient, en évaluant notamment les aspects politiques, en particulier ceux liés à la démocratie, aux droits de l'homme et aux libertés fondamentales ;\n- les socialistes ont obtenu que les opérations de financement externes de la BEI soient cohérentes avec les propres stratégies du pays bénéficiaire, renforçant ainsi l'appropriation des programmes nationaux de développement.  \n\n\nEn outre, dans un contexte de contrainte des finances publiques, les socialistes ont pris note de la volonté affichée par la Commission européenne de promouvoir les nouvelles modalités de financement, comme la combinaison de subventions et de prêts. Afin que l'implication plus importante du secteur privé et la mobilisation d'instruments de financement innovants produisent l'effet de levier financier attendu, nous socialistes avons constamment demandé à la Commission européenne et la BEI de publier des lignes directrices et des critères précis qui clarifient les principes devant guider à la sélection des projets dans le cadre de la mise en œuvre de ces nouveaux types d'outils. \n\n\nLa récente mise en place du \"Results Measurement Framework\" (REM), indice qui permet à la BEI de mesurer l'impact en termes de développement de toutes ses opérations en dehors de l'UE, démontre les efforts louables de l'institution sur la transparence de ses actions extérieures. Ce n'est bien entendu pas suffisant, et nous socialistes sommes convaincus que s'assurer de l'exemplarité et de l'efficacité des activités extérieures de la BEI nécessite de profonds changements dans la structure de fonctionnement et de gouvernance de la BEI. La troisième révision de l'accord de Cotonou prévue en 2015 ainsi que l'examen à mi-parcours du mandat externe de la BEI en 2016 nous donneront l'opportunité de réguler davantage/encadrer plus strictement les opérations que mène la BEI en dehors de l'Union. Dans ce sens, nous nous mobiliserons pour que : \n\n\n\n certaines dispositions historiques pour la lutte contre la corruption internationale que nous avons arrachées au Conseil sur les directives Comptabilité et Transparence, soient appliquées aux activités extérieures de la BEI ; \n\n\n\n en matière de centres financiers off-shore : le respect par la BEI de critères plus stricts que la liste de l'OCDE déterminant les juridictions mises sous surveillance ou interdites. Nous souhaitons que la BEI fasse rapport annuellement sur les progrès réalisés en la matière ;\n\n\n\n l'inscription du Fond européen de développement, dont dépend la facilité d'investissement ACP gérée par la BEI, au budget de l'UE devienne une réalité à partir de 2021. C'est l'unique moyen de garantir un contrôle démocratique digne de ce nom sur la principale source de financement de la politique de coopération au développement menée au titre de l'Accord de Cotonou ;\n\n\n\n sur la mise en place de régimes fiscaux efficaces et viables dans les pays ACP : nous appellerons à nouveau les États européens et ACP à inclure le principe de bonne gouvernance fiscale dans l'article 9.3 de l'accord de Cotonou sur la bonne gestion des affaires publiques ;\n\n\n\n sur les règles et principes de sélection des projets financés par la BEI dans les pays en développement : en plus du critère de faisabilité économique, mettre en place un critère de développement durable ; \n\n\n\n dans l'approfondissement de la réflexion sur l'amélioration de l'efficacité et de la cohérence des mécanismes mixtes de combinaison de subventions et de prêts : nous participerons activement aux travaux de la \"plateforme de l'UE pour la coopération extérieure et le développement\", récemment mise en place et dans laquelle le Parlement est observateur ; par ailleurs, afin d'améliorer la légitimité de cette nouvelle structure, et comme nous l'avons demandé lors de sa mise en place, nous exigerons dès le début du prochain mandat, que la société civile et la BEI y soient impliquées directement. \"PARTIELLEMENT ENGAGE\n\n\n6ème proposition\nVeiller à la cohérence des actions de développement de l’UE avec ses engagements internationaux, en matière de lutte contre l’insécurité alimentaire par l’interpellation de l’Union européenne sur sa participation à la Nouvelle Alliance pour la sécurité alimentaire et la nutrition du G8. Les parlementaires doivent interpeller la Commission sur son engagement au sein de cette initiative et demander un reporting régulier afin d’effectuer un suivi des projets réalisés, de leurs impacts et d’y conditionner les financements et la participation européenne.\n\n\nRéponse :  \nLes populations du Sud peinent à développer leur propre agriculture et à assurer leur sécurité alimentaire, tout d'abord en raison du niveau de pauvreté de leurs paysans qui restent très nombreux. Dans ces pays, ceux-ci n'ont tout simplement pas les moyens d'accéder aux ressources minimales (semence, matériel, eau,..) qui leur permettraient de produire.\nSi les échanges mondiaux peuvent provisoirement atténuer les problèmes de la faim, les marchés agricoles sont par nature  très instables. La volatilité des marchés agricoles et les risques qu'elle engendre sur la garantie des approvisionnements alimentaires expliquent pourquoi les grands pays occidentaux ne se sont jamais détournés des politiques agricoles : l'alimentation est une question stratégique et de géopolitique. \n\n\nDans un contexte de mondialisation et de financiarisation de l'économie, les spéculateurs profitent de cette volatilité croissante des marchés agricoles,  et parient sur les biens agricoles, comme si ce n'étaient que de simples actifs. \n\n\nIls contribuent cyniquement à amplifier les déséquilibres résultant  de l'inadéquation entre l'offre et de la demande des matières premières.\n\n\nPour remédier à ces injustices, et que les émeutes de la faim que le monde a connues en 2008 ne se reproduisent plus jamais,  je m'engage à agir dans plusieurs directions : \n\n\n\n aider par la coopération à l'émergence de politiques agricoles viables dans les pays les plus pauvres,  mieux réguler les marchés agricoles à l'échelle mondiale par une gouvernance alimentaire placée sous l'égide de l'ONU à laquelle participerait la FAO, la Banque mondiale,  prévoir des stocks mondiaux de sécurité, une plus grande transparence des flux de produits agricoles et alimentaires,  demander un reporting régulier afin d’effectuer un suivi des projets réalisés, de leurs impacts et d’y conditionner les financements et la participation européenne.  et  surtout, le plus rapidement possible, puisque nous l'avons voté au Parlement européen dans la directive MiFID à ce que  la règlementation visant à limiter la spéculation financière sur les matières premières agricoles et alimentaires soit activée le plus rapidement possible. \n\n\nSi l'UE promeut d'un côté l'agriculture familiale dans ses programmes d'aide extérieure, nous socialistes serons particulièrement attentifs à ce que la participation de l'UE à la Nouvelle Alliance du G8 pour la sécurité alimentaire, ne débouche pas sur l'aggravation du phénomène d'accaparement des terres par les multinationales agro-industrielles dans les pays en développement. De même, nous serons vigilants pour que l'objectif affiché de sécurité alimentaire de cette Nouvelle Alliance, ne se transforme pas en cheval de Troie pour l'introduction des OGM en dehors de l'UE, alors que nous sommes farouchement attachés au principe de précaution concernant leur utilisation en Europe.  ENGAGE\n\n\n\nRompre le lien entre l’exploitation des ressources naturelles et les conflits\n\n\nLa Commission européenne a publié le 5 mars dernier un projet de règlement sur l’approvisionnement responsable en minerais provenant des zones de conflit ou à haut risque. Dans ce projet, la Commission n’impose aucune obligation aux entreprises et se fonde uniquement sur une démarche volontaire de leur part, ce qui est loin d’être suffisant pour mettre fin à la commercialisation sur le marché européen de minerais ayant financé des groupes armés. Le projet de règlement de la Commission demeure ainsi très en deçà des normes internationales proposées par l’ONU et l’OCDE, et va également à l’encontre du « rapport sur la promotion du développement par des pratiques responsables dans les affaires, notamment en ce qui concerne le rôle des industries extractives dans les pays en développement » adopté le 26 février 2014 par le Parlement européen.\n\n\n7ème proposition\nCréer une obligation légale contraignante pour les acteurs économiques afin qu’ils exercent un devoir de diligence sur leurs chaînes d’approvisionnement pour identifier et prévenir les risques de financement des conflits et des violations des droits humains. Seule une législation contraignante peut efficacement rompre le lien entre l’exploitation des ressources naturelles et les conflits.\n\n\nRéponse :\nLa récente proposition législative de la Commission européenne du 5 mars 2014 relative à l’approvisionnement responsable en minerais provenant de zones de conflit, est en effet insuffisante pour garantir que les entreprises qui les achètent, ne participent en aucune manière au financement de conflits ou à des violations des droits humains. Nous nous engageons à renforcer la proposition législative pour obliger ces entreprises européennes à exercer une vigilance soutenue  par le contrôle de leurs chaines d’approvisionnement.Dans ce domaines l'UE doit aussi s'inspirer des initiatives qui marchent, en tête desquelles le Processus de Kimberley, qui permet de certifier que la vente de diamants bruts ne sert pas à financer un conflit armé et d'éviter que les diamants des conflits n'arrivent sur le marché légal, pour l'étendre aux autres industries extractives. ENGAGE\n\n\n8ème proposition \nEtendre la portée du règlement. D’une part, il convient de l’appliquer à tous les maillons de la chaîne d’approvisionnement, et non pas uniquement aux importateurs. D’autre part, son champ d’application doit être élargi à l’ensemble des ressources naturelles, sans exception.\n\n\nRéponse : \nEffectivement, la proposition de la Commission ne couvre pas toutes les ressources naturelles et reste limité à quatre minerais en excluant le commerce des pierres précieuses.  Il convient d'étendre cette liste.\nLe mécanisme proposé d’adhésion volontaire  ne cible que les importateurs de minerais bruts et de métaux, alors que plus d'acteurs devraient être impliqués. Nous souhaitons que la législation s'applique également s’appliquer aux fabricants et aux entreprises important des produits finis. \n\n\nNous serons particulièrement attentifs lors de l'examen de cette proposition législative par le Parlement européen. ENGAGE\n\n\nConstruire une gouvernance alternative des migrations, respectueuse des droits des migrants\n\n\nLes migrations internationales connaissent depuis quelques années de fortes mutations. Le phénomène de la mondialisation, propre à nos sociétés contemporaines, n’est pas seulement un processus socio-économique, mais reflète également « une humanité de plus en plus interconnectée », dépassant les frontières géographiques et culturelles. Les Etats européens doivent aujourd’hui accepter le fait que la question des migrations se traite à un niveau de moins en moins national et de plus en plus régional et international. Les Etats européens doivent être moteurs dans la construction d’une gouvernance alternative des migrations, respectueuse des droits des migrants et ratifier les outils qui existent comme la Convention des Nations unies pour la protection des droits des travailleurs migrants et des membres de leur famille, entrée en vigueur en juillet 2003.\n\n9ème proposition\nSe mobiliser et faire pression sur les Etats membres pour qu’ils ratifient la Convention des Nations unies pour la Protection des droits des travailleurs migrants et des membres de leur famille, instrument juridique mondial majeur. La ratification de cette Convention répondra ainsi à une triple nécessité, contribuant à la construction d’une gouvernance régionale, mondiale et multilatérale des questions de migrations :\n\n\n\nla construction d’une gouvernance fondée sur des instruments politiques et juridiques communs à l’échelle internationale ;la création d’espaces de concertation et de décision multilatérale, à l’échelle régionale et internationale ;l’ouverture de ces espaces aux acteurs de la société civile internationale. \n\n  \n  \n\n\n10ème proposition\nAppliquer de manière effective cette Convention et s’engager à soumettre le rapport d’application devant le Comité des Nations unies pour la Protection des droits des travailleurs migrants et des membres de leur famille tous les 4 ans.\n\n\nRéponse : \nLa question de la ratification par les États membres de l'Union européenne de cette Convention est une question récurrente qui, à ce jour, semble ne pas trouver de solution devant le refus obstiné des États de ne pas se lier à des systèmes qu’ils jugent unanimement trop contraignants.\n\n\nAdoptée le 18 décembre 1990 par l’Assemblée générale des Nations unies, cette convention est entrée en vigueur en mars 2003, mais n'a, à ce jour, été ratifiée par aucun pays d'immigration, parmi les plus développés. Ces difficultés ne sont d'ailleurs pas isolées : il faut relever que cette Convention reste également lettre-morte dans des pays comme le Qatar où des traitements inhumains sont infligés aux ouvriers népalais sur les sites de la coupe du monde de football  ou encore le Moyen-Orient où de nombreux travailleurs domestiques migrants sont victimes de graves maltraitances.\n\n\nOn notera également que les instruments actuels de l'UE prévoient une protection importante tant pour les migrants en situation régulière que pour ceux en situation irrégulière et vont souvent au-delà des dispositions générales de la Convention. Ainsi les droits fondamentaux des travailleurs migrants en situation irrégulière sont garantis au titre de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales et d'autres instruments internationaux de protection des droits de l'Homme auxquels les États membres sont partie.\n\n\nFace à l'impasse évidente dans laquelle nous nous trouvons actuellement s'agissant de cette Convention, nous défendons une approche pragmatique qui insiste sur la nécessité de faire progresser les normes européennes que les États membres de l'Union européenne doivent appliquer au titre de l'acquis communautaire dans le domaine de l'immigration.\n\n\nC'est ainsi que nous nous sommes engagés pour faire adopter une directive sur les travailleurs saisonniers (qui constitue le premier instrument juridique adopté au niveau de l'Union en matière de migration visant les travailleurs à bas salaires issus de pays tiers. Dans ce texte, nous nous sommes battus pour l'instauration de garanties appropriées pour les travailleurs saisonniers en ce qui concerne les conditions d'entrée et les droits dont ces travailleurs bénéficieront (amélioration des droits syndicaux, sécurité sociale et conditions de travail, en tenant compte non seulement de la législation, mais également des conventions collectives), tout en veillant à ce que des sanctions adéquates soient infligées aux employeurs qui tentent d'exploiter des travailleurs saisonniers en violation de la directive. Cette directive devrait offrir un canal d'immigration légal favorisant un message positif sur l'immigration. \n\n\nUn autre texte qui permettra de faire progresser les droits des travailleurs migrants, c'est celui du \"permis unique\": nous sommes ainsi parvenus à garantir l'égalité de traitement en matière de conditions de travail, de liberté d'association, d'éducation et de formation professionnelle, de reconnaissance des diplômes, de sécurité sociale, d'avantages fiscaux et d'accès aux biens et services et aux agences pour l'emploi. Plus la durée du permis de séjour et de travail est courte, plus la probabilité est faible que les migrants voient leurs droits reconnus et respectés ou que le dumping social soit évité. C'est la raison pour laquelle il convient de supprimer les facteurs de vulnérabilité des migrants sur le marché du travail, en particulier lorsque ceux-ci résultent de permis de travail ou de séjour précaires, de courte durée. La directive doit être pleinement appliquée et mise en œuvre. Ce sont les employeurs sans scrupules, et non les migrants, qui encouragent le travail au noir et en profitent. Les pouvoirs publics devraient renforcer les législations nationales visant à prévenir l'exploitation, en veillant à ce que les violations des règles donnent lieu à des sanctions strictes, et garantir le droit d'affiliation à un syndicat.\n\n\nC'est donc en ce sens que nous poursuivrons nos efforts et chercherons, chaque fois que nous en aurons la possibilité, d'introduire des règles permettant de préserver les droits des travailleurs migrants, qu'ils soient réguliers ou irréguliers.\n\n\nPlus que jamais, la crise économique a démontré à quel point la situation des ressortissants de pays tiers est précaire sur le marché du travail. Certains éléments attestent l'existence d'un dumping social et de discriminations en ce qui concerne l'égalité salariale, la surqualification et l'accès aux infrastructures du marché du travail. Nous avons donc besoin de nous doter d'une politique migratoire globale et cohérente au niveau européen, qui devrait tenir compte de la contribution positive et concrète des immigrés à l'économie européenne, y compris de cadres juridiques harmonisés pour l'immigration tant temporaire que durable, dans la région méditerranéenne et dans l'ensemble de l'Union européenne. NE REPOND PAS A LA QUESTION\n\n\nCandidats ayant expressément répondu :\nSUD-OUEST : Eric Andrieu, Laurence Harribey, Merry Lane Laballe, Mireille Murawski, Jérome Marbot\nILE DE FRANCE : Pervenche Beres, Christine d'Allones-Bonnefoy, Garance Yayer, Guillaume Balas\nMASSIF CENTRAL - CENTRE : Jean-Paul Denanot, Karine Gloanec-Maurin, Jean Mallot, Marion Canales, Christophe Lavialle, Jean-Louis Béliard\nSUD-EST : Vincent Peillon, Sylvie Guillaume, Zaiki Ladi, Mireille Peirano\nEST : Catherine Trautmann, Edouard Martin, Pierre Pribetich, Catherine Hoffarth\nOUEST : Isabelle Thomas, Françoise Mesnard"}
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Au-delà de cette durée, le droit de séjour des citoyens de l’Union est soumis à certaines conditions. [[La directive 2004/38/CE du 29 avril 2004 pose les conditions suivantes :\n- soit exercer une activité économique en qualité de travailleur salarié ou non salarié ;\n- soit disposer de ressources suffisantes et d’une assurance maladie ;\n- soit suivre une formation en tant qu’étudiant et disposer de ressources suffisantes et\nd’une assurance maladie ;\n- soit être membre de la famille d’un citoyen de l’Union qui entre dans une des catégories susdites.]]\n\nSelon le dernier rapport de la CNCDH [[Rapport CNCDH, Racisme, antisémitisme et xénophobie en France, 2013.]] : en France, « ces migrants (ressortissants roumains et bulgares vivant en bidonville) sont soumis, en matière de droit au séjour, à un régime particulier, qui les contraint à vivre dans une instabilité et une précarité permanentes, qui ont des conséquences préjudiciables à l’exercice quotidien de leurs droits ».\n\n\nHabitat\n\nLe taux de refus de prise en charge des ressortissants communautaires par le 115 était supérieur à 70 % lors de l’hiver 2012 contre 40 % pour les Français et 50 % pour les étrangers extra-communautaires . La catégorie « ressortissants communautaires » correspondant essentiellement à la catégorie Roms, Roumains et Bulgares.\n\n« Ils aiment vivre en bidonville »\n\nRéalité = Ce n’est qu’une solution par défaut et non un mode de vie choisi.\nA défaut de toute autre solution d’hébergement, ces familles sont contraintes de vivre dans des bidonvilles ou des squats. Leur habitat n’est qu’une manifestation de la politique d’exclusion du marché du travail et une conséquence de la crise du logement en France.\n\n« Ils sont nomades »\n\nRéalité = En France, ils sont contraints à la mobilité du fait des évacuations répétées de leurs lieux de vie.\nCes personnes sont sédentaires dans leur pays d’origine et viennent le plus souvent de milieux ruraux, mais aussi de la ville. Les caravanes que l’on peut voir sur certains bidonvilles sont un abri de fortune pour ces familles et ne correspondent pas à leur habitat traditionnel. Le plus souvent, elles sont mises à disposition par des associations ou des collectivités, en guise de solution.\n\n« Ils ne vivent qu’en communauté »\n\nRéalité = Ils se regroupent afin de pouvoir compter sur la solidarité entre les familles souvent venues du même village.\nCe n’est pas un idéal de vie mais le produit d’une migration familiale et une conséquence de leurs conditions de vie précaires.\n\n\nTravail\n\n\nAnina Ciuciu, étudiante en droit à la Sorbonne et auteur de Je suis Tzigane et je le reste raconte : « En France je n’ai pas toujours mangé à ma faim, j’ai même dû faire la manche dans la rue pour survivre. J’en suis humiliée à jamais ».\n\n« Ils ne veulent pas travailler »\n\nRéalité = Ils travaillent mais sont contraints de le faire dans le secteur informel car la législation actuelle restreint fortement voire empêche leur accès au travail salarié.\nEn principe, les citoyens européens ont le droit de travailler sur le territoire d’un autre Etat membre de l’Union européenne. Cependant, les ressortissants roumains et bulgares sont soumis à des « mesures transitoires » [[Les mesures transitoires prendront fin le 31 décembre 2013. A partir de cette date, les ressortissants\nroumains et bulgares auront la possibilité d’intégrer le marché du travail français comme tout autre citoyen européen.]] qui limitent fortement leur accès au travail. [[Suite à l’instruction du 30 janvier 2013 du Ministre du travail, les mesures transitoires ont été assouplies. Depuis, le nombre d’autorisations de travail délivrées aux ressortissants roumains et bulgares a triplé.]] Contrairement aux autres citoyens européens en France, ils doivent au préalable obtenir une autorisation de travail et un titre de séjour afin d’accéder à un emploi. Ces formalités sont longues et difficiles à remplir, ce qui décourage les employeurs. Cependant, la plupart d’entre eux travaille pour subvenir aux besoins basiques de leur famille. Ces activités, souvent utiles socialement, pourraient être valorisées.\n\n« Ils préfèrent faire la manche »\n\nRéalité = C’est une stratégie de survie pour assurer les besoins quotidiens de la famille. Mendier n’est pas un crime.\nC’est sur cet aspect le plus visible que se cristallise une forte stigmatisation de ces populations. Pourtant la mendicité n’est pas un choix délibéré mais un moyen de survie que d’autres personnes, vivant dans des conditions tout aussi précaires, pratiquent lorsqu’elles ne peuvent accéder à un emploi.\n\n\nEducation\n\n\n« Le Gouvernement ne prend pas des mes ures particulières , alors qu’il le devrait à l’égard des membres d’un groupe vulnérable, pour assurer aux enfants roms d’origine roumaine ou bulgare une égalité d’accès à l’éducation. »\n\n« Ils ne veulent pas envoyer leurs enfants à l’école »\n\nRéalité = Très souvent, les pouvoirs publics font obstacle aux démarches d’inscription scolaire, en toute illégalité car en France la scolarisation des enfants est obligatoire [[L’article L.131-1 du Code de l’éducation énonce : « L’instruction est obligatoire pour les enfants des deux sexes, français et étrangers, entre six et seize ans ».]] quelle que soit la situation administrative des parents.\nLa migration des familles bulgares et roumaines est souvent motivée par la volonté d’assurer à leurs enfants un meilleur avenir. Alors même que nombre d’entre elles souhaitent scolariser leurs enfants, elles se heurtent à de multiples obstacles tels que des refus d’inscription de la part des administrations ou des maires, des délais d’affectation extrêmement longs, une exigence abusive de documents administratifs, etc. Même lorsqu’un enfant est enfin inscrit à l’école, le décrochage scolaire est fréquent en raison des évacuations répétées des lieux de vie qui les obligent à entreprendre de nouvelles démarches d’inscription. Par ailleurs, bien des familles sont dissuadées d’envoyer leurs enfants à l’école, de peur d’être séparées d’eux en cas d’évacuation.\nEn outre, les conditions de pauvreté dans lesquelles vivent ces familles ont un impact sur l’assiduité des enfants à l’école. En effet, la scolarisation représente un coût important : habillement, fournitures scolaires, cantine, transports, etc, alors même que les dispositifs d’aides existant ne leur sont que très rarement accessibles.\n\n\nSanté et prestation sociale\n\nEn France, « Moins de 10% des ressortissants de l’Union européenne disposent d’une couverture maladie ».\n\nRéalité = Ce sont les conditions d’extrême précarité dans les squats et les bidonvilles qui fragilisent leur état de santé.\nDans les lieux de vie précaires, les conditions d’hygiène et sanitaires constituent un danger pour leurs habitants, en particulier pour les femmes enceintes et les enfants. En effet, dans la plupart des squats et bidonvilles, les familles n’ont accès ni à l’eau, ni à des sanitaires, ni à l’électricité, ni au chauffage, ni au ramassage des ordures, en raison de refus opposés par les collectivités.\nLe seul dispositif d’accès aux soins auquel ils ont droit est l’aide médicale d’Etat (AME), destiné aux étrangers résidant en France de manière ininterrompue depuis plus de trois mois. Néanmoins, peu d’habitants de bidonvilles et squats y ont effectivement accès en raison d’attitudes illégales des administrations qui retardent voire empêchent leurs démarches.\n\n« Ils profitent des aides publiques »\n\nRéalité = Ils n’ont pas accès à la plupart des prestations sociales.\nLes Roumains et Bulgares séjournant en France depuis moins de trois mois ne bénéficient d’aucune protection sociale. Après trois mois, pour pouvoir bénéficier des droits sociaux, il est nécessaire d’avoir une domiciliation reconnue par l’administration. Pour les habitants de squats et bidonvilles, avoir une adresse de ce type s’avère presque impossible, en raison notamment de l’attitude discriminatoire des administrations. Même les aides qui ne sont subordonnées à aucune condition de séjour ne sont mobilisées que très marginalement par les habitants de lieux de vie précaires en raison de leur méconnaissance du système et des discriminations au guichet qu’ils subissent.\n\n\nAlors que faire ?\n\nS’informer :\nDans ce livret, nous avons souhaité aller à l’encontre de nombre d’idées reçues négatives sur les Roms. Nous espérons avoir suscité l’envie de poursuivre la réflexion et proposons dans ce but des sources documentaires variées. Vous pourriez ainsi vous informer davantage sur la réalité de ces personnes et aller à leur rencontre.\n\nComprendre :\nL’essentiel est de changer le regard porté sur des personnes qui ne demandent qu’à vivre mieux, que ce soit en France ou dans un autre pays d’Europe. Chaque personne/famille rom immigrée en France a son propre projet de vie, que celui-ci passe par l’installation en France ou par le retour au pays, comme l’ont fait déjà bien d’autres générations d’immigrés.\n\nAgir :\n- Vous pouvez lutter contre les idées reçues sur les Roms. Cette brochure peut vous y aider ;\n- Vous pouvez vous rapprocher des associations ou des collectifs qui accompagnent ces personnes dans leur parcours d’insertion ;\n- Vous pouvez dénoncer les abus et les discriminations auprès des organismes et associations compétents ;\n- Vous pouvez contacter le Collectif Romeurope ou l’un de ses membres : ils peuvent répondre à vos questions."}
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Hier l’ancrage territorial était fort, les entreprises trouvant dans un pays l’essentiel de leurs actionnaires, de leur main-d’œuvre et de leurs consommateurs. Elles se composent aujourd’hui de plusieurs centaines de filiales, chacune avec ses multiples fournisseurs et sous-traitants. Présentes dans le monde entier, elles font souvent le gros de leur chiffre d’affaires loin du siège, non sans questionner leur capacité à s’ouvrir à des salariés des quatre coins du monde. Dans cette course en avant, les besoins de financement se sont accrus et, souvent, portés vers la bourse. \n\n\n\nL’actionnariat des grands groupes s’est diversifié et surtout, désinvesti du projet (l’actionnariat salarié pouvant faire exception). En vingt ans, la durée de détention moyenne des actions est passée de deux ans à quelques jours, alors qu’un investissement n’est réellement efficace, le plus souvent, qu’au bout de cinq ans. L’actionnaire veut dorénavant connaître en temps réel la valeur de l’entreprise. Du point de vue comptable, l’entreprise devient un ensemble d’actifs financiers, dont on pourra se séparer si la performance ne satisfait pas. Les fonctions les mieux payées au sein de l’entreprise ne sont plus les ingénieurs, ni les « créatifs » du marketing, mais les financiers. \n\nL’étendue des responsabilités\nLa portée de l’activité des multinationales s’est considérablement accrue, mais leur périmètre exact reste mal défini, tout comme l’étendue de leurs responsabilités.\nOr, à lire les rapports extra-financiers des entreprises françaises, souvent celles-ci semblent peu attentives à l’impact sociétal et environnemental de leurs activités dans leur chaîne de valeur. Dès lors, comment évaluer si la contribution des entreprises au développement via l’emploi, l’investissement, la formation ou le transfert de technologie n’est pas inférieure aux coûts assumés par les sociétés humaines où elles s’implantent ?\nLe cap de l’entreprise reste fixé par un petit nombre, le débat aux échelons inférieurs étant rare. La rémunération de certains dirigeants est indexée sur la valeur de l’action. Ainsi prévaut l’intérêt d’actionnaires cherchant le plus souvent la rentabilité à court terme sur celui des salariés, des clients, ou des territoires où la richesse est produite. Le paiement de l’impôt, le respect de l’environnement, les droits des travailleurs en pâtissent. Même les dirigeants d’entreprise soucieux du bien commun sont soumis à la course au rendement. Le pape François y voit « la dictature de l’économie sans visage » (EG 55). \nDès lors, à qui attribuer la responsabilité en cas de violations des droits ? L’Église ne tranche pas, mais invite à examiner les responsabilités de l’employeur direct et de « l’employeur indirect [qui] détermine substantiellement l’un ou l’autre aspect du rapport de travail et conditionne ainsi le comportement de l’employeur direct lorsque ce dernier détermine concrètement le contrat et les rapports de travail » (Laborem exercens, LE 17).\nJuridiquement, les multinationales n’existent pas en tant que groupes. Elles sont un ensemble d’entités séparées, chacune se voyant appliquer le droit de son pays d’implantation. Une filiale étrangère commet une infraction, le siège n’a pas à en répondre (du moins devant le juge). De même quand le sous-traitant viole le droit du travail pour satisfaire la cadence et les bas prix imposés par une multinationale. Au point que certains groupes entretiennent l’opacité autour de leur structuration (parfois plus de sept échelons de filialisation ou de sous-traitance) pour diluer la responsabilité. Si des discussions avancent, le droit ne s’est pas encore adapté à l’échelle qui est désormais celle des grandes entreprises. \n\nEt les États ?  \nAprès avoir mis en concurrence les entreprises du monde entier, les États se retrouvent à leur tour en concurrence. Les multinationales choisissent de s’implanter là où le meilleur accueil leur sera réservé. Elles savent manier le chantage à l’emploi et, au besoin, produire l’expertise nécessaire pour convaincre. On compterait à Bruxelles 30 000 lobbyistes (presque autant que d’agents de la Commission européenne). Dans certains secteurs, le recours à la corruption est généralisé. \nPeu à peu, la puissance publique ajuste ses lois pour satisfaire les investisseurs privés. La législation la moins contraignante en matière sociale, environnementale ou fiscale est appelée « favorable ». Les « zones économiques spéciales » (79 en 1975 ; 3 500 en 2006   [[Cf. Rapport « L’économie déboussolée : multinationales, paradis fiscaux et captation des richesses », publié en 2010 par le CCFD-Terre Solidaire. ]] ) en sont la pointe avancée. Au-delà des aménagements promus par la Banque mondiale (classement Doing Business), les entreprises n’hésitent pas à demander aux États hôtes des clauses de stabilité visant à geler le droit en vigueur pour se protéger de toute évolution !\n\nQuestions pour un partage :\n•\tComment évaluer les bénéfices sociaux d’une activité économique au regard de ses conséquences négatives ?\n•\tLes États sont-ils condamnés à l’impuissance devant les multinationales ? Quel pourrait être leur rôle ?"}
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Pourtant, la coexistence de ces principes et directives aux approches diverses comporte plusieurs risques.\n\nAu moment de traduire ces textes dans les législations nationales, à l’occasion d’une réforme foncière ou du code des investissements par exemple, lequel doit-on prendre en compte ? Il en va de même concernant les institutions financières publiques et les agences de développement qui voient s’empiler directives, principes et autres initiatives. Le manque de priorisation complique aujourd’hui les efforts de ces acteurs pour intégrer et mettre en cohérence leurs pratiques avec les engagements internationaux des Etats.\nIl faut également imaginer un investisseur –public ou privé- souhaitant mettre en œuvre un projet d’investissement  responsable dans l’agriculture, conforme aux derniers engagements internationaux. Et là, 5 possibilités s’offrent à lui, du contraignant au déclaratif.  Quel est alors le texte à considérer comme légitime  et efficace en termes de responsabilité, de prise en compte des impacts, des populations locales …? Pour la société civile, cela ne fait aucun doute. Les directives et principes développés par le Comité pour la Sécurité alimentaire Mondiale (CSA) sont les textes légitimes puisque le résultat d’un processus onusien incluant l’ensemble des acteurs, et mettant en avant la défense des droits humains. Mais officiellement, il n’existe aucune hiérarchie entre ces différents espaces de gouvernance et les textes qu’ils produisent. L’existence de ces 5 textes (dont 3 ont quasiment le même nom !) porte ainsi le risque d’entraîner une utilisation à la carte, en fonction des projets et des situations – ou du niveau de contrainte que l’on souhaite s’imposer…\n\nAutre limite : le rythme de la gouvernance mondiale n’est pas celui de l’investisseur. L’élaboration d’un texte de portée internationale demande du temps, encore plus dans un espace aussi ouvert que le CSA. Ainsi, pour les Directives volontaires sur la gouvernance foncière, deux années de discussions ont été nécessaires pour aboutir. Mais c’est également ce temps de discussion et de négociation qui  assure la participation de chacun, et une meilleure appropriation par les parties prenantes. \n\nOn aurait enfin pu espérer que l’existence de plusieurs textes, aux contours sensiblement différents (spécifique au foncier, incluant l’ensemble des ressources, …) permettrait de brosser un cadre global, et complémentaire, pour la sécurité alimentaire. Car finalement aucun ne traite directement et en tant que tel des investissements pour la sécurité alimentaire alors que c’est là que réside tout l’enjeu aujourd’hui. Bien sûr, les principes du CSA se placent dans cette perspective (les PRAI doivent « contribuer à la sécurité alimentaire et à la nutrition et favorisent la concrétisation progressive du droit à une alimentation adéquate » [[Principes pour un investissement agricole responsable dans le contexte de la sécurité alimentaire et de la nutrition - Avant-projet – CSA – aout 2013 - http://www.fao.org/fileadmin/templates/cfs/Docs1213/rai/new/CFS_rai_Zero_Draft_01_August_2013_FR.pdf]]) mais ne prennent pas en compte tous les autres types d’investissement, dans d’autres secteurs, qui ont un impact sur la sécurité alimentaire (infrastructure, énergie, extractif, …). \n\nQuelle évaluation de la société civile ?\nSelon le secrétaire général de la FIMARC [[FIMARC : Fédération Internationale des Mouvements d’Adultes Ruraux Catholiques]], George Dixon Fernandez, membre du mécanisme de la société civile du CSA, les travaux menés par ce dernier n’ont peut-être pas permis de résoudre du jour au lendemain la problématique des accaparements de terres mais ils ont permis de définir un premier socle, qui pourra être un levier déterminant pour les populations locales face à d’autres initiatives.\n\n« Nous ne pouvons pas dire que nous avons réalisé de réels progrès en termes de régulation et de contrôle de l’accaparement des terres et des ressources naturelles mais nous avons au moins été capables de proposer un protocole de conduite. Les directives volontaires ouvrent des perspectives pour les populations et pays qui sont particulièrement touchés par ce phénomène.  C’est aussi un avertissement à l’égard des envahisseurs. Un autre progrès accompli a été celui de la résistance que nous avons opposée à la position de la Banque Mondiale. \nMaintenant, nous nous devons de faire pression pour obtenir un mécanisme d’évaluation et de régulation qui puisse mesurer l’impact des investissements des compagnies transnationales ainsi que celui de l’accaparement des terres et des ressources. Nous devons aussi travailler à la mise en place d’un mécanisme qui permette la participation effective des petits paysans et des populations rurales dans l’ensemble du développement rural  » [[Les nouveaux enjeux de la souveraineté alimentaire, CCFD-Terre Solidaire,février 2013]]"}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"WebPage","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/la-nouvelle-alliance-du-g8/","url":"https://ccfd-terresolidaire.org/la-nouvelle-alliance-du-g8/","name":"La Nouvelle Alliance du G8 - CCFD-Terre Solidaire","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#website"},"datePublished":"2013-06-17T11:45:15+00:00","description":"Les ministres et chefs d'Etat de 24 pays, dont 19 africains, réunis à Londres pour le Sommet contre la faim le 8 juin 2013, ont réaffirmé leur engagement","inLanguage":"fr-FR"}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/securite-alimentaire-mondiale/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/securite-alimentaire-mondiale/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Sécurité alimentaire mondiale","datePublished":"2013-08-22T14:11:02+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/securite-alimentaire-mondiale/"},"wordCount":281,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Sécurité alimentaire"],"inLanguage":"fr-FR","description":"Le CCFD-Terre Solidaire attire l’attention sur le manque de volonté des Etats d’honorer leurs promesses et leurs engagements dans le soutien à la sécurité alimentaire mondiale.\n\n\n\nSuite à la crise alimentaire mondiale et aux émeutes de la faim, en 2007-2008, et ne pouvant plus ignorer la situation, des Etats, dont ceux du G8, ont annoncé, au Sommet d’Aquila (2009) le déblocage d’une aide de 22 milliards de dollars sur trois ans pour la sécurité alimentaire. Un bilan intermédiaire rendu à la veille du G8 de Deauville, mi-mai 2011 fait apparaître que seulement 22% des sommes ont été réellement décaissées, et 26% sont « en voie de l'être ». Cette tendance atteste de la lenteur de la communauté internationale à honorer ses engagements.\n\nL’Organisation de Coopération et de Développement Économiques (OCDE) s'est également alarmée en avril 2011 de perspectives « préoccupantes » et d'un ralentissement concernant l'évolution de l'aide publique au développement (APD) en matière agricole. L'APD consacrée à l'agriculture a ainsi chuté de 17% à 4% entre 1980 et 2006. Cela reflète la dynamique constatée pour les budgets nationaux en la matière.\n\nAinsi, la Déclaration de Maputo sur l'agriculture et la sécurité alimentaire en Afrique, dans laquelle les chefs d'Etat et de gouvernement africains s'étaient engagés en 2003 lors de la deuxième assemblée extraordinaire de l'Union Africaine, à attribuer au moins 10% des ressources budgétaires nationales à l'agriculture et au développement rural d'ici 2008, n’a pas atteint ses objectifs. Seulement 8 pays ont tenu ces engagements : Burkina Faso, Éthiopie, Ghana, Guinée, Malawi, Mali, Niger et Sénégal."}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/forum-social-mondial/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/forum-social-mondial/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Forum social mondial","datePublished":"2006-07-05T10:57:00+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/forum-social-mondial/"},"wordCount":219,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Forum social mondial"],"inLanguage":"fr-FR","description":"Le Forum social mondial est né en 2001 à l'initiative d'acteurs des sociétés civiles du Sud. Cette année-là, le Comité catholique contre la faim et pour le développement était l'une des trois seules ONG françaises présentes. \n\n\n\nLe succès de cette première rencontre a conduit à l'élaboration d'une Charte des principes -au nombre de 14- qui orientent son action.\n\nLe CCFD s'est impliqué fortement dans le processus du Forum social mondial :\n\n• parce qu'il représente un lieu unique de renforcement des sociétés civiles dans les pays du Sud, un espace de mobilisation, d'échanges, de mise en réseau autour de thématiques communes ;\n\n• parce qu'il s'y élabore une vision alternative du développement et de la mondialisation autour du respect de toutes les dimensions de la personne humaine en droite ligne de l'enseignement social de l'Église.\n\n\nÀ chaque FSM, le CCFD envoie une délégation de membres de de son réseau d'animateurs, des représentants des mouvements et services d'Église et facilite la participation de partenaires. Un représentant du CCFD siège actuellement au Conseil international au titre de la CIDSE (réseau européen et nord-américain des organisations catholiques de développement)."}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/mali-en-quete-deldorado/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/mali-en-quete-deldorado/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Mali. En quête d&rsquo;eldorado","datePublished":"2007-02-16T00:00:00+00:00","dateModified":"2021-12-08T11:48:55+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/mali-en-quete-deldorado/"},"wordCount":1784,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Afrique subsaharienne","Migrations"],"inLanguage":"fr-FR","description":"“Nous sommes un peuple de voyageurs ! », aiment à rappeler les Maliens. Depuis longtemps tout l’ouest de l’Afrique est traversé par des hommes en mouvement : les commerçants sur les routes séculaires des caravanes entre les deux rives du Sahara ; les éleveurs nomades à la recherche de pâturages et de points d’eau ; les paysans des régions les plus arides, installés dans les grandes villes, à la saison sèche, pour y gagner de quoi tenir jusqu’à l’hivernage ; les Sahéliens pour lesquels l’Afrique côtière a longtemps fait figure d’eldorado...\nPour les Soninkés de la région de Kayes (ou du Guidimakha voisin en Mauritanie), c’est même traditionnellement une stratégie : l’un des membres de la famille est chargé de constituer un capital avant de rentrer et d’ouvrir la voie à son successeur. Pour bien des Maliens, prendre la route, tenter l’aventure est chargé d’une valeur initiatique : « Celui qui ne part pas est un moins que rien ! ». Cet imaginaire sert de toile de fond à l’émigration aujourd’hui. Avoir un membre de la famille installé à l’étranger reste un honneur, un privilège convoité.\nCertes, la polarisation entre un continent pauvre et un continent riche explique l’existence et la direction d’un mouvement migratoire. Mais le lien entre pauvreté et émigration n’a rien de mécanique. Les paysans des régions cotonnières du Mali, par exemple, même rudement éprouvés par l’affaissement des cours mondiaux, ne rêvent pas d’exil. Ils croient encore au potentiel de leur terre pour peu qu’ils aient les moyens de la mettre en valeur. De même, on trouve peu de Gabonais parmi les migrants. La tradition du voyage, l’existence de réseaux familiaux ou personnels établis à l’étranger sont déterminants. Surtout, émigrer est avant tout un projet individuel, le produit d’une histoire personnelle dont aucune n’est semblable. Mais pour toute une génération de jeunes sans perspective professionnelle, le besoin de partir tenter sa chance en Europe est quasi-obsessionnel. \n\n« On part pour laver la honte »\n\nD’autant que chacun connaît un frère, un cousin, un voisin qui a réussi, gagné, après quelques années, de quoi investir pour lancer son affaire, construire une maison, offrir à ses parents le pèlerinage à La Mecque ou mettre leurs vieux jours à l’abri du besoin... Jeune diplômé en économie, peintre en bâtiment, mécanicien, vendeur de disques à la sauvette, abonnés à la nécessité de trouver chaque jour les 1 000 francs CFA (100 franc CFA vaut 0,15 euro) pour leur pitance, tous reprennent le même refrain : « La solution à mes problèmes se trouve en Europe ! »\n« Notre but n’est pas de nous installer en France, explique ce conducteur de bus embauché au jour le jour. C’est de rassembler les moyens de travailler ici. Si je pouvais m’acheter un camion, je n’aurais pas de raison de partir. Mais je dois bien trouver le soubassement de la famille. »\n« Devenir un migrant, explique Mamadou Diakité (fondateur de l’association Aide), est d’abord un processus psychologique. Jour après jour, un jeune voit ses parents fatigués, sa famille dans le besoin. Il ne trouve que des petits métiers pour survivre. Dans la force de l’âge, il souffre de se sentir inutile. Il voit son pays gâté par le népotisme et la corruption. Tout cela le ronge. Alors, pour accomplir quelque chose, pour donner une valeur à son existence, il ne voit pas d’autre issue que de quitter le pays. » « On ne part pas pour la richesse, soupire un jeune migrant camerounais, mais pour laver la honte. Je sacrifie ma vie pour que ma famille ait à manger, pour que ma petite sœur n’ait pas à se prostituer. »\nSacrifier sa vie ! Car choisir l’exil, c’est choisir d’entrer dans une longue succession d’épreuves. Pour ceux qui veulent croire encore dans la possibilité d’entrer légalement en Europe, il faut affronter la liste rédhibitoire de documents exigés pour obtenir un visa puis, la plupart du temps, l’humiliation d’un refus sans explication, même avec un dossier complet, constitué parfois par « coxeur », un intermédiaire, moyennant deux, trois millions de francs CFA.\n\nAffronter le désert\n\nAlors, il faut tenter le passage clandestin. D’abord, réunir les moyens de commencer le voyage. Emprunter à un parent déjà installé de l’autre côté. Vendre un terrain, ou bien épargner dur. Pour les plus commerçants, se constituer un stock de marchandises et le vendre à travers l’Afrique de l’Ouest. Passer quelques années à Libreville, à Abidjan pour faire fructifier une petite affaire.\nPuis monter à Gao et chercher le chemin vers l’Algérie et le Maroc. Ou bien vers le Niger et la Libye. Se mettre entre les mains de la filière de l’émigration clandestine. Un milieu interlope avec ses figures rocambolesques : rabatteurs, logeurs, transporteurs, passeurs, qui connaissent toutes les combines. Ils font fabriquer des faux visas, trouvent les tampons officiels, se ménagent la protection des autorités bien placées pour qu’on laisse passer leur convoi.\nEnfin, le migrant doit affronter le désert. « Traverser le Sahara, c’est la guerre ! ». Le racket à chaque étape du voyage. Les attaques par les bandes de brigands. L’accident qui vous laisse sans nourriture, sans eau – on raconte quelques histoires d’anthropophagie. Il faut parfois faire étape à Tamanrasset, ou à Alger le temps de reconstituer le capital pour continuer. Puis passer au Maroc.\nEnfin, si l'on a survécu, si l’on n’a pas été arrêté en route ou abandonné par son guide, laisser son passeport au passeur, et parfois tout l’argent qui vous reste, avant d’embarquer vers l’Espagne.\nDepuis que les enclaves de Ceuta et Melilla sont devenues quasi impénétrables, depuis que les systèmes de surveillance espagnols repèrent les embarcations dans le détroit de Gibraltar, les émigrants ont changé de routes. Ce sont les côtes de Mauritanie, puis du Sénégal qui ont vu affluer les clandestins en chemin vers les îles Canaries. Un trajet de plusieurs centaines de kilomètres sur des coques de noix. Entre janvier et juillet 2006, on estime à 24 000 le nombre d’Africains débarqués aux Canaries. Près de la moitié n’arriveraient jamais à destination. En clair, plusieurs milliers de personnes sont probablement mortes en quelques mois au large des îles espagnoles !\nUne fois passé en Europe, c’est un autre cauchemar qui commence. La vie dans l’illégalité. Le travail clandestin avec les papiers d’identité d’un autre auquel il faut reverser sa part. Vendre du maïs grillé dans la rue comme la petite fille de la plus pauvre des familles maliennes, faire le vigile, le livreur ou le manœuvre sur les chantiers avec parfois un diplôme d’université en poche. Dormir à quinze par chambre dans des logements insalubres. « Il faut savoir supporter tout ça. De toute façon, même clandestin, on gagne chaque jour ce qu’on met parfois un mois à gagner en Afrique ! »\n\nLa hantise de l’arrestation\n\nIl faut vivre aussi dans la hantise de l’arrestation. Surtout en France. Être ramassé un matin en descendant acheter du lait à sa fille, ou dans un banal contrôle de métro. Ne même pas pouvoir aller récupérer quelques affaires. Conduit dans des centres de rétention surpeuplés aux conditions inhumaines, avant d’être expulsé. Et, au bout de la route, affronter la honte. Revenir comme un mendiant, passer pour un raté. \nPendant que la France expulse, l’Algérie et le Maroc refoulent les clandestins par centaines pour maintenir les Africains hors de l’Europe. Tous les témoignages convergent pour décrire un calvaire où la dignité humaine est bafouée. Des refoulés Camerounais racontent : « Nous sommes jugés en arabe, on doit signer un procès verbal auquel on ne comprend rien, sous la menace des matraques. Pendant deux mois, nous sommes transférés à travers toutes les préfectures du pays d’Oran à Tamanrasset, dans des camions bondés, de cellule en cellule où l’on doit vivre parfois jusqu’à cent cinquante avec un sachet de lait et un pain pour sept. » La palme revient au commissariat d’In Salah, la terreur des migrants. « Là-bas, le commissaire nous avertit qu’il est le seul dieu ici. Il nous oblige à acheter ce dont on a besoin dans la boutique et il se paie sur notre argent avant de nous transférer à Tamanrasset. Quand le quota de refoulés est atteint, on nous expulse. On nous prend nos passeports et tous les biens qu’il nous reste et on nous met dans un camion, avec une baguette par personne pour deux jours. Enfin, on nous balance à Tinzawatine, à la frontière malienne. C’est un coin horrible. On n’a aucun moyen de partir de là. Certains meurent, d’autres deviennent fous. »\nDans le no man’s land entre les deux frontières, s’est créé un petit monde, comme une île de pirates, avec ses « présidents » et ses « gouvernements » qui vivent de ce qu’ils prélèvent sur le trafic de l’émigration clandestine. Pour sortir de cet enfer, les refoulés doivent souvent marcher 150 kilomètres jusqu’à Kidal. Là, la police s’arrange pour qu’ils puissent parvenir à Gao. Le Mali est ainsi devenu un pays de blocage pour les Africains non-Maliens pris dans un piège à double mâchoire. D’un côté, cette « route de la mort » qu’ils n’ont de toute façon pas les moyens de reprendre. De l’autre, l’impossibilité de rentrer bredouilles, dans la honte, incapables de rembourser la dette contractée pour financer le voyage. C’est ainsi qu’à Bamako, on voit s’entasser par douzaines dans des chambres minuscules, des Camerounais, des Nigérians, des Congolais dont toute l’existence est dans une impasse.\nCette tragédie alarme Mamadou Diakité. « Non seulement il y a une situation d’urgence humanitaire, mais j’ai peur pour nos fragiles démocraties dans un proche avenir. Pour l’instant, toute l’énergie de ces jeunes est consacrée à essayer de passer en Europe. Tenter l’aventure quitte à risquer la mort, c’est une forme de révolte et de suicide. Mais quand il sera clair que la route de l’Europe est fermée, il n’y aura plus d’exutoire. Que deviendra alors leur désespoir ? »\n\nThierry Brésillon"}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/jeremias-andrade-mozambique/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/jeremias-andrade-mozambique/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Jeremias Andrade, Mozambique","datePublished":"2007-05-14T00:00:00+00:00","dateModified":"2021-12-08T11:53:40+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/jeremias-andrade-mozambique/"},"wordCount":730,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Afrique subsaharienne"],"inLanguage":"fr-FR","description":"Dans un pays encore affaibli par des décennies de conflit, l'analphabétisme très répandu handicape les populations rurales.\n\n\n\n\n\n\nSans éducation, pas de projet solide\n\n\n\nJeremias Andrade est professeur de mathématiques et de biologie, coordinateur exécutif de l’Association de promotion pédagogique et d’éducation pour adultes (Apea).\nApea est partenaire du CCFD.\n\nParis, le 17 mars 2007 \n\nL’analphabétisme est un problème majeur du Mozambique. Ses causes sont connues : les dix ans de guerre coloniale qui ont précédé l’indépendance du pays en 1975, et les 17 ans de conflit interne qui ont ensuite déchiré le pays jusqu’en 1992. Mais lorsque le pays a commencé à se réorganiser, après la guerre civile, l’éducation est restée secondaire devant les priorités sociales et économiques du gouvernement. Il existe un manque criant d’infrastructures scolaires, surtout en milieu rural, et niveau d’éducation a chuté drastiquement.\nIl faut ajouter que pour la plupart des individus également, dans les communautés, l’école était considérée comme une perte de temps face aux autres urgences. Il fallait cultiver, reconstruire les maisons… Et eux-mêmes se considéraient généralement comme incapables d’apprendre.\n\n30 à 40% d'analphabètes\n\nC’est sur ce constat que nous avons créé, en 1996 l’Association de promotion pédagogique et d’éducation pour adultes (Apea), d’abord pour engager un travail de conscientisation. Même s’il nous arrive de prendre en charge des jeunes dans les villages où l’État est par trop défaillant, notre priorité, ce sont les adultes, génération perdue de l’éducation avec un taux d’alphabétisation de seulement 40 %. Il tombe probablement à moins de 30 % dans notre province de Nampula.\nNous avons commencé par des groupes de femmes, confrontées à des problèmes concrets au quotidien. Analphabètes et incapables de calculer, elles se trouvaient par exemple désemparées devant les formulaires de demande  de microcrédits. En moins de huit mois, elles s’en tiraient toutes seules. Quelques-unes savaient même un peu lire. \nCette réussite nous a encouragé à développer ce « diagnostic rural et participatif » auprès de divers groupes. En quatre ans, nous avions créé un noyau solide d’intervenant, qui comprend aujourd’hui 36 membres, dont une dizaine sont enseignants.\n\nS'écarter des techniques trop académiques\nNotre première action consiste à identifier la priorité de la communauté : santé, éducation, alimentation, production… Ensuite, nous réfléchissons à une technique d’alphabétisation en rapport avec la résolution de leur problème. Il s’agit de s’écarter des techniques gouvernementales trop académiques. Si la préoccupation est la santé, nous trouvons un moyen de montrer que « sans éduction, pas de projet sanitaire solide ».\nCette recherche d’alternatives n’a de chance de réussite que si les gens se responsabilisent et participent, afin de ne pas dépendre de nous. Ainsi pour la construction d’écoles. Les communautés pensent que c’est le rôle de l’État, mais elles peuvent parfois attendre longtemps. Alors nous leur faisons prendre conscience qu’elles disposent de pierre, de sable, d’eau, de bras, d’idées, et qu’elles peuvent construire elles-mêmes ce bâtiment. S’il manque d’un toit en zinc, par exemple, l’Apea peut s’en charger.\nLes gens mesurent un bénéfice économique immédiat de ce travail d’éducation. Par exemple, quand un atelier de broderie se met à gagner de l’argent dès que la propriétaire sait lire et écrire. Alors, les communautés poursuivent d’elles-mêmes leurs efforts d’éducation.\n\nUne reconnaissance officielle\n\nNous avons adopté une approche prudente, à la mesure de nos petits moyens : nous travaillons localement, et à la demande, sur trois districts de la province pour le moment. À ce jour, nous avons accompagné, au-delà de l’alphabétisation de base, 254 élèves adultes en enseignement primaire — lire, écrire, compter —, et 1 805 en secondaire. Avec reconnaissance de leur niveau par le gouvernement, qui est très satisfait de ce travail : depuis l’an dernier, nous sommes invités pour l’exposer dans des rencontres officielles, de même que pour les techniques de construction d’école que nous avons mises au point, ce qui nous permet de participer aux appels d’offre officiels.\n\nPropos recueillis par Patrick Piro\n\n "}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/jeevika-organisation-indienne/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/jeevika-organisation-indienne/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Jeevika, organisation indienne","datePublished":"2010-09-21T00:00:00+00:00","dateModified":"2024-09-25T15:21:31+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/jeevika-organisation-indienne/"},"wordCount":256,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Droits humains"],"inLanguage":"fr-FR","description":"Paris, le 21 septembre 2010\n\nJeevika, organisation indienne partenaire de longue date du CCFD-Terre solidaire, a été récemment nommée Lauréate du Prix Harriet Tubman décerné par l'organisation américaine \"Free the Slaves\". Elle est récompensée pour son  travail sur l'éradication de l'esclavage et le soutien sur le long-terme apporté aux \"réhabilités\". Jeevika recevra une somme de 40 000 USD et se rendra aux Etats-Unis pour partager son expérience avec d'autres organisations travaillant sur la même question.\n\nDans l'Etat du Karnataka au sud de l'Inde, Jeevika s'engage depuis plus de 10 ans à lutter en faveur de l'éradication du \"travail lié\". Un paysan qui a contracté une dette doit effectuer des travaux pour le prêteur tant qu'il n'a  pas remboursé sa dette, ce sont près de 500 000 personnes qui sont concernées. Cet asservissement au remboursement entraîne  un esclavage qui peut s'étendre sur des générations, tant que la dette n'est pas remboursée. Pourtant une loi datant de 1976 a aboli le \"travail lié\" alors qu'aujourd'hui encore elle n'est pas respectée.\n\nJeevika, outre un travail de réhabilitation des  travailleurs et de sensibilisation de l'opinion publique, effectue  un important travail de lobby auprès des autorités. Son implication  et son  expertise  lui ont permis d'être reconnue et de participer activement à l'élaboration d'un plan d'action gouvernemental contre le « travail lié » en Inde.\n\nSite internet de Jeevika"}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/les-temps-forts-de-la-campagne/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/les-temps-forts-de-la-campagne/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Les temps forts de la campagne","datePublished":"2013-02-13T11:43:00+00:00","dateModified":"2022-01-15T20:26:44+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/les-temps-forts-de-la-campagne/"},"wordCount":1421,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Carême"],"inLanguage":"fr-FR","description":"Partie prenante de la démarche Diaconia, lancée par l’Eglise en France, le CCFD-Terre Solidaire a choisi de mettre en valeur le lien entre célébration eucharistique et diaconie (service du frère).\n\n\n\nIl propose en particulier une réflexion spirituelle autour du lavement des pieds et invite à se tourner résolument vers les populations des pays du Sud, notamment à travers la rencontre  et le partage avec les 40 porteurs de projets de développement invités à venir témoigner dans les diocèses de France.\n\n13 février 2013  > mercredi des Cendres - ouverture du Carême\nLes bénévoles et les salariés CCFD-Terre Solidaire participent à l’animation de la campagne de Carême dans les communautés chrétiennes.\n\nDestinée à tous les chrétiens et aux personnes responsables en pastorales chargées de préparer la liturgie ou d’organiser des temps de prière, la brochure « Vivre le Carême 2013 » donne de nombreuses pistes pour animer ce temps afin de témoigner de la vitalité du Carême et de rendre sensible la nécessité d’un partage avec les acteurs de développement engagés aux quatre coins du monde.\n\nDu 9 mars au 24 mars, près de 40 porteurs de projets de développement venus de 24 pays*, sont invités par les bénévoles des délégations diocésaines dans toutes les régions de France. Ils seront à Paris du 6 au 8 mars pour des journées d’accueil et de rencontres notamment avec la presse avant de se rendre dans les régions pour participer à la campagne de Carême. Contribution du CCFD-Terre Solidaire à la démarche Diaconia, leur présence permettra de vivre concrètement la rencontre et l’échange avec nos frères les plus lointains.\n\n(*Bénin, Birmanie, Bosnie Herzégovine,  Brésil, Burundi, Cambodge, Cameroun, Colombie, Côte d’Ivoire, Guinée Conakry, Guatemala, Inde, Indonésie,  Laos,  Liban, Madagascar, Mali, Philippines, RDCongo, Sri Lanka, Roumanie, Thaïlande, Sahel, Togo.)\n\nCette année, le CCFD-Terre Solidaire accueille Monseigneur François-Xavier Maroy, archevêque de Bukavu en République démocratique du Congo, qui est confronté  aux rebellions armées et au pillage des ressources naturelles de son pays. Monseigneur Maroy, connu pour son engagement et son franc-parler, encadre le travail des Commissions « Justice et Paix » et  « Ressources naturelles », soutenues par le CCFD-Terre Solidaire.\n\nDimanche 17 mars : 5e dimanche de Carême\nSigne d’une fraternité vivante qui nous rend solidaire des populations vulnérables, elle apporte un soutien financier indispensable aux actions de ces « entrepreneurs qui changent le monde » au service des plus pauvres.  Essentielle pour financer chaque année plus de 450 projets de développement dans 60 pays, la collecte de partage se déroule dans les communautés chrétiennes grâce à l’action des équipes de bénévoles.\n\nCette année, la collecte du 5e dimanche dans les paroisses s’accompagne d’une collecte nationale le samedi 16 et le dimanche 17 mars 2013 dans toute la France. Les bénévoles du CCFD-Terre Solidaire feront découvrir les réussites des partenaires du Sud du CCFD-Terre Solidaire à travers la campagne  «Il n’y a pas de petites réussites  ».  Les visages de deux responsables d’associations paysannes sur les affiches sont Gracita Osias en Haïti et Henri Saragih en Indonésie. Ils incarnent les avancées obtenues par le travail assidu de centaines d’acteurs de développement soutenus par le CCFD-Terre Solidaire à travers le monde. Ces projets, modestes au départ, ont pris de l’ampleur et permettent aujourd’hui à des milliers de familles de vivre de leur travail.\n\nSamedi 23 mars, près de 20 000 jeunes de 11 à 18 ans se mobilisent autour de Bouge ta Planète, dans 200 villes en France pour sensibiliser le public à la solidarité internationale : actions de rue, défilés récup, flash mob, repas solidaires, défis sportifs sponsorisés, pièces de théâtre, grands jeux d’extérieurs… Cette année, lancement du concours Chante ta planète : sur une musique cédée gracieusement par le groupe Twin Twin, parrains de l’opération, des dizaines de groupes de jeunes ont écrit les paroles d’une chanson sur le thème de la solidarité internationale puis se sont filmés à l’aide de leur téléphone portable ou d’une webcam. Un jury et le public vont élire les gagnants.\n\nTout au long du Carême, le CCFD-Terre Solidaire propose une démarche spirituelle autour d'un visuel du lavement des pieds. A partir d’une gouache - déclinée sous forme d’une tenture  de 1m sur 1,50m -, réalisée par sœur Marie Boniface, bénédictine de Sainte Bathilde (1919-2012) pour la catéchèse des « Montagnards » au Vietnam, on interroge notre relation à l’autre.\n\n\nAux quatre coins de la France, les bénévoles du CCFD-Terre Solidaire animent la campagne de Carême pour faire vivre la solidarité internationale.\n\n\nDans le diocèse de Lille, des prêtres, des membres de mouvements et services d’Eglise, des animateurs d’aumônerie, des membres des équipes d’animation pastorale et des équipes liturgiques participent à des rencontres autour des pistes de réflexion et d’animation  proposées par « Vivre le Carême ». A Templeuve, sur la paroisse des Béatitudes, 6 équipes d’animation liturgiques se relaient pour animer les célébrations des 5 clochers qui composent la paroisse.\n\nEn Haute-Saône, pour le  1er dimanche de Carême, Monseigneur Lacrampe, archevêque de Besançon,  propose d’inclure la messe d’entrée en Carême dans un événement large, se déroulant sur un après-midi, autour du thème du service du frère. Les équipes diocésaines d'animation du CCFD-Terre Solidaire du Doubs et de Haute-Saône, aux côtés des mouvements et services d’Église présents sur le diocèse, animeront un temps de réflexion autour des différentes actions envers leurs frères lointains, oubliés, malades, migrants… à travers des photos, des témoignages, des prières.\n\nA Lyon, dans la paroisse Gerland-La Guillotière, tous les vendredis de Carême, a lieu une rencontre œcuménique rassemblant une centaine de personnes des Eglises arménienne apostolique, catholique, orthodoxe hellénique, réformée, salutiste. Tous les textes choisis, Isaïe, Deutéronome, Psaumes, ainsi que les prières lues ou chantées nous permettent de nous sentir en communion fraternelle en dépit des différences de langues. Mais c'est surtout la prière du Notre Père, récitée en unissant nos mains, qui constitue le fil rouge de nos rencontres. Celles-ci se terminent par le partage de pain, de pommes et d'eau.\n\nDans le Puy de Dôme, à Saint-Jacques de Clermont, la messe du 5e dimanche de carême prendra la forme d’une fête de la fraternité. Tout le doyenné et les bénévoles du CCFD-Terre Solidaire de la région se réuniront autour des trois partenaires du Sud invités à témoigner dans la région du 9 au 24 mars. Cosme Capistano da Silva, représentant de la Commission pastorale de la terre au Brésil, Florence Ntererwa Furaha, responsable de la Commission épiscopale pour les ressources naturelles en RDCongo, et Khamsouane Sisouvong, directeur de l’Association de soutien au développement de la société paysanne au Laos.  Lors de cette messe, la présence des trois responsables d’associations venus d’Amérique latine, Afrique et  Asie témoignera de l’ouverture de l’Eglise à l’universel. \n\n\nDans deux doyennés en Charente\n\n\nLe bénévoles du CCFD-Terre Solidaire, avec les mouvements présents sur les doyennés, vont décliner la démarche Diaconia sur le thème de la fraternité, thème de la pastorale de leur évêque, en faisant le lien entre Parole de Dieu, célébration et place du frère. En travaillant sur le thème du  lavement des pieds ils ont été très interpellés par le geste du Christ qui se fait serviteur. Au cours du Carême, ils proposeront de méditer sur la double démarche d’humilité que cela implique : comment faire pour ne pas mettre l’autre dans une situation d’infériorité et à l’inverse, est-ce si facile d’accepter le service de l’autre, savons-nous recevoir ? Comment vivre au mieux la démarche de solidarité, ici ou  là-bas ?"}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/paradis-fiscaux-et-judiciaires/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/paradis-fiscaux-et-judiciaires/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Paradis Fiscaux et judiciaires","datePublished":"2009-01-15T00:00:00+00:00","dateModified":"2024-12-17T13:26:31+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/paradis-fiscaux-et-judiciaires/"},"wordCount":1631,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Paradis fiscaux"],"inLanguage":"fr-FR","description":"Il n'existe pas dans la législation ou dans la jurisprudence de définition précise d'un paradis fiscal. Certes, plusieurs organisations internationales ont proposé des critères d'identification, mais toujours partiels. La définition de l'OCDE, par exemple, trop focalisée sur la question fiscale, sert pourtant de référence depuis le G20 d'avril 2009.\n\nIl est plus juste de parler de paradis fiscaux (ils sont des territoires qui offrent un régime fiscal faible ou inexistant),  judiciaires (la justice n'y applique pas des règles aussi strictes qu'ailleurs) et réglementaires (le secteur financier n'y est pas soumis aux règles de prudence financière existant dans les autres pays).\n\nLes paradis fiscaux et judiciaires (PFJ) posent trois types de problèmes à l'économie mondiale et, de façon plus aigüe, aux pays du Sud.\n\n \tIls siphonnent les ressources mondiales et en particulier celles des pays en développement - pour lesquels la perte liée à la fuite illicite des capitaux est estimée à 800 milliards d'euros par an (GFI, 2008). Le manque à gagner en recettes fiscales se chiffre chaque année au moins à 250 milliards d'euros pour les pays du Sud. Cette situation se traduit par une dépendance accrue envers l'aide internationale et le report de la charge fiscale sur les plus pauvres et les PME.\n\n\n \tune soixantaine de territoires opaques : leur nombre a doublé depuis les années 1970.\n\n\n \tPlus de la moitié des flux financiers et commerciaux transitent par les paradis fiscaux\n\n\n \tLes cinquante premières entreprises européennes y logent en moyenne 117 filiales chacune.\n\n\n \tSur les 800 milliards annuels en moyenne de flux financiers illicites qui quittent les pays en développement, 3 à 5% du montant correspondent à la corruption, 30 à 35% aux activités criminelles et 60 à 65% à l’évasion fiscale.\n\nL’impact budgétaire de ces pratiques commence aussi à être mieux évalué. Glencore, un des leaders du commerce des matières premières, aurait fait perdre à la Zambie dont il exploite le cuivre, près de 132 millions d’euros de recettes fiscales pour une seule année [[Eurodad, “A la recherche des milliards perdus. Ou comment la transparence financière des entreprises peut contribuer au développement”, avril 2012]]. Et l’Associated British Food, propriétaire d’une sucrerie locale, aurait aussi privé Lusaka de 20 millions d’euros depuis 2007 [[Action Aid, “Sweet nothing. The human cost of a British sugar giant avoiding tax in southern Africa”, Février 2013]]. SAB Miller, l’une des principales brasseries de bière du monde, aurait économisé quant à elle autour de 21,5 millions d’euros d’impôts sur l’ensemble du continent africain, soit environ un cinquième des impôts dus ou une somme qui aurait permis de scolariser 250 000 enfants supplémentaires [[Action Aid « Calling time. Why SABMiller should stop dodging taxes in Africa. » Novembre 2010]].\n\nAu total, la seule évasion fiscale des entreprises multinationales priverait les pays en développement d’au moins 125 milliards d’euros par an [[Christian Aid « Death and taxes: The true toll of tax dodging. », Mai 2008]]. Des pertes à ajouter aux impôts non perçus sur les fortunes accumulées offshore par les riches particuliers de ces mêmes pays, estimés entre 90 et 125 milliards d’euros par an [[James Henry, “The price of offshore revisited”, Tax Justice Network, Juillet 2012]]. Au total ce seraient entre 215 et 250 milliards d’euros par an évaporés dans les paradis fiscaux au lieu de financer des hôpitaux, des salaires d’enseignants ou des investissements dans l’agriculture. Soit plus de deux fois l’aide publique au développement déclarée par les pays riches et plus de six fois le montant de financements nécessaires par an (50 milliards de dollars) pour lutter contre la faim dans le monde d’ici 2025 selon la FAO [[Rapport de la Food and Agriculture Organization, « The state of food and agriculture », 2012]].\n\n \tIls affaiblissent la souveraineté des Etats et annihilent les efforts de coopération en matière de réglementation internationale. En facilitant le contournement des règles fiscales, judiciaires et prudentielles, ils facilitent la fraude fiscale, abritent et protègent l'argent du crime organisé (trafics humains, de drogue, d'armes, pillage des matières premières...) et de la corruption. Ils offrent également un espace dérégulé aux investisseurs financiers, source d'instabilité financière.\n\nExemples :\n37% des fonds spéculatifs du monde sont installés aux Caïmans, 27% Delaware et 7% aux BVI, même si la majorité des fonds installés dans les îles sont en réalité gérés depuis la côte Est américaine (Chavagneux et Palan, 2012).\n\n \tIls agissent comme un miroir déformant sur l'ensemble de l'économie mondiale, privant les décideurs des indicateurs nécessaires pour opérer des choix éclairés en matière de politique économique. Le recours massif aux paradis fiscaux par les entreprises multinationales fait mentir l'ensemble des statistiques économiques mondiales (épargne, investissement, rentabilité, allocation de la richesse mondiale, etc.). Dans ces conditions, aucun pilotage possible de la mondialisation.\n\nExemples :\nInvestissement :\n- 71% des investissements directs étrangers en Chine proviennent de 5 petits paradis fiscaux (les BVI, Singapour, Hong-Kong, les Îles Caïmans et l’Île Maurice)\n- Sur la dernière décennie, 43% des IDE en Inde proviennent de l’Ile Maurice\nCommerce : Le premier exportateur de bananes vers l’UE est l’île de Jersey\nProductivité : Le salarié des Bermudes est 46 fois plus rentable par rapport à la moyenne des salariés dans le monde\nDynamisme économique : 34 Sociétés par habitants aux Iles Vierges Britanniques\n\nDans les pays du Sud, les Etats sont souvent privés de toute marge de manœuvre en termes de politique fiscale: ainsi, le modèle fiscal recommandé par le FMI s'avère régressif (généralisation de la TVA) et les stratégies déployées pour attirer l'investissement étranger  peuvent également devenir coûteuses pour les Etats du Sud (multiplication des zones franches d'exportation et des exonérations fiscales ; signature de contrats miniers ou pétroliers léonins).\n\nEnfin, il n'existe pas encore de fiscalité mondiale, à l'échelle des marchés financiers notamment.\n\nPourquoi le CCFD-Terre Solidaire se positionne ? \n\nL'engagement du CCFD-Terre Solidaire sur le financement du développement a commencé sur la dette, ponction insupportable sur les maigres budgets des PED, expression d'une injustice dans les rapports Nord-Sud et source d'aliénation. L'engagement sur la fiscalité et la fuite illicite des capitaux en est un prolongement naturel, cohérent avec la vision du CCFD-Terre Solidaire, qui promeut un financement prioritairement endogène du développement et la possibilité pour chaque pays de choisir son propre modèle de développement.\n\nL'impôt est l'instrument privilégié de financement de politiques publiques décidées librement. Il peut aussi avoir une fonction déterminante pour assurer une meilleure répartition des richesses, et un effet correctif sur certains comportements (taxe environnementale, sur l'alcool ou la spéculation financière). Enfin, il est un élément clé de construction démocratique : « no taxation without representation ».\n\nPour toutes ces raisons, la pensée sociale de l'Eglise accorde une importance prioritaire à la fiscalité comme mode de financement du développement. L'Eglise condamne aussi de plus en plus clairement la corruption et l'argent sale, cancers du développement et de l'Etat de droit.\n\nLes pays du Nord, leurs entreprises et leurs intermédiaires financiers ont une lourde responsabilité dans la fuite illicite des capitaux (évasion fiscale, détournements, argent du crime) : stratégies multiples d'évasion fiscale et de mise en concurrence des fiscalités ; tolérance envers les PFJ et double-discours envers la corruption.\n\nQue défend le CCFD-Terre Solidaire ? Analyse et position générale\n\nLe CCFD-Terre Solidaire cherche depuis plusieurs années à approfondir ses intuitions pour valider et préciser les propositions suivantes :\n\n• le droit pour chaque pays de définir démocratiquement sa politique fiscale à l’égard des résidents\n• face à la réalité de la concurrence fiscale entre Etats, le développement d’une coordination et harmonisation fiscale à l’échelle régionale, et mondiale (création d’une organisation fiscale internationale, dans laquelle tous les pays ont voix au chapitre),\n• la réforme des règles fiscales internationales notamment pour les entreprises multinationales afin de taxer les richesses dans les territoires où elles sont effectivement produites\n• l’échange automatique d’informations entre tous les pays y compris les pays en développement\n• la transparence sur les propriétaires réels de toutes les sociétés écrans\nle développement d’une fiscalité internationale portant sur les principaux bénéficiaires de la mondialisation (acteurs financiers, firmes multinationales) et pour corriger ses principaux travers (ex. pollution, spéculation financière).\n\nDéjà, en unissant nos forces avec d’autres ONG, grâce aux nombreuses mobilisations citoyennes et aux multiples interpellations de nos élus, nous avons obtenu quelques belles avancées, parmi lesquelles : \n\n- Les pays du G20 ont demandé à l'OCDE de s’attaquer sérieusement à la question de l’évasion fiscale des entreprises multinationales et de faire des recommandations pour réformer les règles du jeu\n\n- En 2013, la France puis l’Union européenne ont adopté des règles pour exiger la transparence pays par pays des activités des banques. La France et le conseil de l’Union européenne proposent désormais d’élargir cette mesure à tous les secteurs d’activités.\n\n- La France est en passe de créer un registre public des trusts et le principe de l’échange automatique d’information et le problème des sociétés écrans sont sur la table des négociations de l’Union Européenne, du G8 et du G20."}
{"@context":"https://schema.org","@type":"WebPage","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/paradis-fiscaux-et-judiciaires/","url":"https://ccfd-terresolidaire.org/paradis-fiscaux-et-judiciaires/","name":"Paradis Fiscaux et judiciaires - CCFD-Terre Solidaire","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#website"},"datePublished":"2009-01-15T00:00:00+00:00","dateModified":"2024-12-17T13:26:31+00:00","description":"Il n'existe pas dans la législation ou dans la jurisprudence de définition précise d'un paradis fiscal. Certes, plusieurs organisations internationales","inLanguage":"fr-FR"}
{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/engagement-ccfd-en-cote-divoire/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/engagement-ccfd-en-cote-divoire/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Engagement CCFD en Côte d’Ivoire","datePublished":"2005-03-01T16:10:00+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/engagement-ccfd-en-cote-divoire/"},"wordCount":608,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"inLanguage":"fr-FR","description":"Le CCFD compte actuellement 14 partenaires dans le pays, dont 2 réseaux,\n+ 3 ou 4 ONG locales dites alliées, que nous suivons aussi, car faisant partie des réseaux et susceptibles d’entrer dans des cofinancements.\n\n\n\nLa clé d’entrée principale est le soutien aux jeunes, avec trois priorités d’action : l’insertion socioprofessionnelle, l’éducation à la paix, la lutte contre le VIH.\n\n\nLes partenaires :\n\n\n\n au Nord : Animation Rurale de Khorogo (ONG importante, nouveau partenaire, programme de réinsertion d’anciens combattants), Espoir-Vie à Bouaké (réinsertion des jeunes et dialogue communautaire), JAB - Jeunesse Agricole de Béoumi (coopératives de 300 jeunes paysans). au Sud : AFVP/MESAD (projet assoc de jeunes avec Madi Solo), scouts, Nid, ASAPSU (santé communautaire à Abidjan, accueil déplacés à Yamoussoukro), CERAP (institut des droits de l’homme), Tshanfetho (centre de formation agricole), Arche. à l’Ouest : Apdra-Ci, radio Man\n\n\nLes deux réseaux :\n\n\nLe FNDP, Forum National de Lutte contre la Dette et la Pauvreté :\n\n\nInitié par Solange Koné, sous l’impulsion de la DEP lors d’une rencontre à Dakar, le FNDP est très actif sur le terrain du mouvement social et de la dette et nous sollicite beaucoup pour des financements/conseils/formation/mise en relation.\n\n\nSur le premier plan, le FNDP a organisé les deux premiers forums sociaux ivoiriens et travaille en lien étroit avec les mouvements sociaux ouest africains. Ils se sont rendus en délégation à Accra aux dernières négociations africaines concernant la RCI pour faire entendre la voix d’une autre société civile dite non partisane.\n\n\nSur le deuxième plan, le FNDP a tenu des ateliers pour faire remonter à la Banque Mondiale les propositions de la société civile concernant le DSRP, a organisé une formation sur la dette avec le CCFD (venue de Jean Merckeart pendant une semaine), et envisage aujourd’hui de sensibiliser plus largement la population grâce à des spots publicitaires, caravanes pour la dette etc.\n\n\nAujourd’hui le FNDP est en passe d’intégrer le groupe permanent des négociateurs sur la question ivoirienne et souhaite que le CCFD les aide à monter un réseau de soutien européen sur cette question.\n\n\nLe réseau Jeunesse :\n\n\nLancé en octobre 2003 avec la quasi totalité de nos partenaires et alliés, actuellement coordonné par Madi Solo, le réseau a organisé les activités suivantes :\nDes formations, longues ou courtes suivant les structures, sur la question des droits de l’homme pour tous les membres,\nUn voyage d’échange vers les grands lacs, pour 3 d’entre eux.\nDes prestations de services mutuelles (animation sida ou paix, soutien sur montage d’un dossier etc.)\nUn projet commun de financement (sous forme de crédits) des AGR des jeunes en lien avec une institution de microcrédit.\nEt en cours de montage : un projet de plaidoyer commun auprès des collectivités locales sur la question des jeunes.\n\n\nActuellement le réseau est en négociation avec le SCAC pour monter deux programmes pluriacteurs triennaux sur deux thèmes différents correspondants à deux FSP différents pour le SCAC : le premier sera sur la sortie de crise (réconciliation, éducation à la paix etc.) et le second sur l’insertion socioprofessionnelle des jeunes.\n\n\nLe montage ferait intervenir le CCFD et l’AFVP, ainsi éventuellement que d’autres bailleurs. Des lignes budgétaires seraient prévues pour prendre en compte les activités transversales des membres et donc du réseau. Deux des objectifs de ces programmes seraient de rendre les partenaires autonomes dans l’accès à des financements institutionnels et de renforcer/pérenniser le réseau."}
{"@context":"https://schema.org","@type":"WebPage","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/engagement-ccfd-en-cote-divoire/","url":"https://ccfd-terresolidaire.org/engagement-ccfd-en-cote-divoire/","name":"Engagement CCFD en Côte d’Ivoire - CCFD-Terre Solidaire","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#website"},"datePublished":"2005-03-01T16:10:00+00:00","description":"Le CCFD compte actuellement 14 partenaires dans le pays, dont 2 réseaux, + 3 ou 4 ONG locales dites alliées, que nous suivons aussi, car faisant partie","inLanguage":"fr-FR"}
{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/la-necessite-dune-action-politique/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/la-necessite-dune-action-politique/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"La nécessité d’une action politique","datePublished":"2015-07-09T14:59:23+00:00","dateModified":"2021-12-08T15:26:45+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/la-necessite-dune-action-politique/"},"wordCount":804,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["COP 21"],"inLanguage":"fr-FR","description":"Le caractère global des changements climatiques impose une réponse politique sur le plan international, sur le long terme. \nDepuis l’adoption d’une Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) en 1992, des négociations rassemblent chaque année 195 États lors des Conférences des Parties (COP) afin de décider de solutions à un tel niveau. \nLa 21e rencontre se tiendra à Paris, en décembre 2015. Ce processus est souvent blâmé pour son inefficacité et sa lenteur. \nAlors dans quelle arène intervenir ? A quelle échelle ? Quel est le rôle du citoyen dans l’avènement de politiques favorables au climat ? Que peut donc la gouvernance mondiale face à l’impératif de changement global de modèle dont témoigne la crise climatique ? \n\n\n\nLa responsabilité des Etats\n\nDepuis 1995, les 195 États signataires de la CCNUCC se retrouvent tous les ans afin de définir leurs engagements en matière de lutte contre les changements climatiques. Ce système de gouvernance porte en lui une dimension de justice chère aux chrétiens dans la mesure où tous les pays, y compris les plus pauvres, sont représentés et où les parties doivent agir « sur la base de l’équité et en fonction de leurs responsabilités communes mais différenciées et de leurs capacités respectives » (article 3, §1). \nDans cette perspective, le protocole de Kyoto, ratifié en 1997, a engagé collectivement les pays développés signataires de la CCNUCC à réduire leurs émissions d’environ 5% d’ici 2012, par rapport aux niveaux de 1990. \nEn 2012, cette période d’engagement s’est achevée et a été prolongée dans la douleur. Aucun accord global et contraignant n’a abouti par la suite. \nMais ce processus pourrait être bien plus fécond si les Etats, dont il convient de rappeler la responsabilité et le rôle décisif, étaient prêts à insuffler plus de volonté politique dans les négociations. \nL’objectif affiché de la COP21, qui aura lieu en décembre 2015 à Paris, est d’aboutir à un accord universel, engageant tous les pays dans des actions de lutte contre les changements climatiques. \nL’une des difficultés est de trouver un accord qui soit, d’une part, à la hauteur des enjeux (nous plaçant au plus sur la trajectoire collective des 2 degrés), d’autre part, équitable pour tous, reflétant les responsabilités, capacités et besoins de chacun. D’où l’importance d’un accord négocié à 195 voix, incluant les plus vulnérables. \nD’où sa difficulté aussi, quand les lobbies privés s’invitent à la table des discussions pour faire valoir leurs intérêts et quand d’autres négociations sensibles ont lieu simultanément (accords de libre-échange, négociations sur le financement du développement…). \nC’est pour ces raisons notamment, qu’au lieu d’aller vers un projet plus exigeant que Kyoto, l’Accord de Paris risque de déboucher sur un accord à minima, avec des engagements plus faibles encore.  \nUne telle situation souligne la nécessité d'une mobilisation citoyenne pour inciter les États à s’engager sur des objectifs ambitieux, cohérents avec les exigences de justice climatique, de transition écologique et sociale et de solidarité internationale. \n\n\nMobilisation citoyenne\n\nPour important que soit un accord inclusif, le changement de modèle décrit exige l’engagement de toute la société. Car une transformation structurelle suppose que l’ensemble des acteurs s’y engage, citoyens, ONG, mouvements sociaux, entreprises et collectivités territoriales, mouvements d’Eglise et spirituels… L’urgence nous contraint à développer un nouvel imaginaire, de nouvelles alternatives et de nouvelles formes d’engagements. \nAu-delà de la nécessaire interpellation des responsables politiques, au niveau local comme national, les alternatives citoyennes sont un moyen de leur signifier que nos sociétés sont demandeuses d’un changement radical qu’elles mettent déjà en pratique.\n\nD’où l’importance des engagements dans des projets locaux et communautaires, conjugués à des appels à la redevabilité des acteurs politiques et économiques.... Il s’agit de remettre les politiques au service de la communauté et les citoyens au centre des politiques et des mécanismes de prises de décision, avec pour horizon le bien commun. \nFace aux défis environnementaux globalisés, les Eglises chrétiennes doivent renouveler la Parole qu’elles transmettent : rappeler la Fraternité comme socle incontournable de l’accueil inconditionnel, la Justice pour les plus humbles comme horizon de toutes solidarités, la paix pour tous comme condition de la « vie bonne », la simplicité et la gratuité comme ferments d’une espérance renouvelée. \nDes Églises diaconales ancrées avec ferveur dans la Parole qu’elles transmettent sauront alors faire les gestes et poser les signes du monde nouveau auquel elles croient avec confiance."}
{"@context":"https://schema.org","@type":"WebPage","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/la-necessite-dune-action-politique/","url":"https://ccfd-terresolidaire.org/la-necessite-dune-action-politique/","name":"La nécessité d’une action politique - CCFD-Terre Solidaire","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#website"},"datePublished":"2015-07-09T14:59:23+00:00","dateModified":"2021-12-08T15:26:45+00:00","description":"Le caractère global des changements climatiques impose une réponse politique sur le plan international, sur le long terme. Depuis l’adoption d’une","inLanguage":"fr-FR"}
{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/fiche-3-entreprises-responsables/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/fiche-3-entreprises-responsables/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Fiche 3: entreprises responsables","datePublished":"2008-10-01T18:19:00+00:00","dateModified":"2021-09-17T06:46:57+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/fiche-3-entreprises-responsables/"},"wordCount":570,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"inLanguage":"fr-FR","description":"Pression sur les matières premières\n\nPétrole, gaz, fer, or, terres cultivables, autant de matières premières, issues des richesses de la terre et de millions d’années de processus naturels, que nous ponctionnons au quotidien pour produire toujours plus. Produire des ordinateurs, des téléphones, des voitures, de l’énergie ou de l’alimentation… pour tous les hommes et parfois plus pour certains que pour d’autres. Ces ressources sont là mais ne sont pas infinies. Voilà donc un des défis majeurs à relever pour l’humanité : Réduire la consommation des ressources naturelles et cesser de penser qu’elles sont inépuisables.\n\n\nPollution par les activités industrielles\n\nLes activités des entreprises, et notamment quand elles sont productrices de biens matériels, sont génératrices d’un ensemble d’émissions de gaz, de déchets, d’eaux usées, de manipulation de produits chimiques qui ont évidemment un impact fort sur l’environnement et sur les hommes. On pense souvent aux matières très toxiques, qui se retrouvent par exemple dans les rivières avec un effet dévastateur sur la flore et la faune, ou les cas de familles de paysans obligés de quitter leur terre et leur habitat fréquemment « arrosés » par les épandages d’herbicides sur les monocultures qui les entourent. C’est aussi parfois des matériaux qui peuvent sembler plus anodins, tels des chutes de tissus sortis des usines productrices de jean, et laissées à l’abandon au milieu de Managua, au Nicaragua. Ou encore les milliards de sacs plastiques qui sont produits chaque année dans le monde et qui finiront leur longue vie (près de 100 ans !) un peu partout dans la nature.\n\n\nConditions de travail\n\nDe plus en plus, la sous-traitante de la production et de l’assemblage de nombre de biens de consommation vendus partout dans le monde sont produits dans des usines des pays du Sud où bas salaires se conjuguent souvent avec un non respect des droits des travailleurs. « De plus en plus, les marques et enseignes de la distribution externalisent leurs productions. Les conditions de travail abusives sont en grande partie dues à ce phénomène de sous-traitance. Les donneurs d'ordre exercent une pression sur leurs fournisseurs qui conduit ces derniers à faire fi des droits de l'homme au travail. En incluant des clauses de pénalités retard dans les contrats, en imposant des délais de livraison toujours plus courts, des prix toujours plus bas, ils obligent les ouvriers à faire un nombre d'heures de travail inacceptable pour un salaire indécent. De plus, les fluctuations des commandes étant souvent imprévisibles, la main-d'œuvre est condamnée à s'adapter constamment à une très grande flexibilité de la masse de travail. » (source : www.ethique-sur-étiquette.org)\n\n\nRéduction et traitement des déchets\n\nAu court des vingt dernières années, les déchets solides générés dans les pays industriels ont triplé jusqu’à atteindre une moyenne de 475 kg par personne et par an. C'est-à-dire près de 1,3 kg par jour. La question est donc celle du traitement des déchets, du recyclage, mais SURTOUT celle de produire moins de déchets. Injonction qui est faite à chacun de nous en surveillant notre consommation, mais qui est aussi de la responsabilité des industriels.\n\n> Expérience de Yann"}
{"@context":"https://schema.org","@type":"WebPage","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/fiche-3-entreprises-responsables/","url":"https://ccfd-terresolidaire.org/fiche-3-entreprises-responsables/","name":"Fiche 3: entreprises responsables - CCFD-Terre Solidaire","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#website"},"datePublished":"2008-10-01T18:19:00+00:00","dateModified":"2021-09-17T06:46:57+00:00","description":"Pression sur les matières premières Pétrole, gaz, fer, or, terres cultivables, autant de matières premières, issues des richesses de la terre et de","inLanguage":"fr-FR"}
{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/stimuler-votre-spiritualite-de-la-solidarite/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/stimuler-votre-spiritualite-de-la-solidarite/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Stimuler votre spiritualité de la solidarité","datePublished":"2008-05-16T12:02:00+00:00","dateModified":"2024-09-25T15:19:55+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/stimuler-votre-spiritualite-de-la-solidarite/"},"wordCount":1200,"commentCount":3,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Doctrine sociale de l'Eglise"],"articleSection":["Article"],"inLanguage":"fr-FR","description":"10, 11, 12 mai 2008, Texte prononcé par Mgr Housset, président du conseil de la solidarité, en clôture de la Rencontre nationale du CCFD\n\n\n\n                           \n\n« Plus que jamais, le CCFD a sa raison d’être.                      Je vous invite à continuer de stimuler votre spiritualité                      de la solidarité. » \n\n\n\n                             Lors de la semaine sociale de novembre dernier portant                              sur le «développement durable et solidaire                              », il a été dit que les Chinois                              estiment les Européens geignards et incapables                              de se décider. Tel n’est pas le cas du                              CCFD. Ses membres sont heureux, pour ne pas dire enthousiastes,                              de travailler à la solidarité internationale                              et prennent leurs décisions en conséquence.                            \n                           \nCompétence reconnue du CCFD\n                           \nPlus que jamais, le CCFD a sa raison d’être.                              Plus que jamais, le CCFD a toute sa place dans notre                              Église en France. \n                           \nLes émeutes sanglantes de la faim qui ont                              éclaté dans 37 pays nous montrent la                              gravité et l’ampleur de la crise alimentaire                              mondiale. Ce choc démontre la pertinence de                              vos analyses et de vos actions. Par exemple lorsque,                              durant quatre ans, vous avez insisté sur la                              souveraineté alimentaire comme élément                              essentiel pour résorber la faim dans le monde.                              En 47 ans d’expérience, vous avez acquis                              une compétence reconnue en ce domaine, selon                              même le titre qui est le vôtre : «                              Comité Catholique contre la Faim et pour le                              Développement ». \n                           \nD’ailleurs, dans son encyclique « Dieu                              est Amour », le pape Benoit XVI, à plusieurs                              reprises, nous rappelle que « l’exercice                              de la charité est un acte de l’Église                              en tant que telle » (n°32). Il utilise ce                              mot en son sens le plus fort, celui de l’amour                              qui vient de Dieu, qui s’est révélé                              dans le Christ crucifié et ressuscité                              et nous pousse à servir nos frères jusqu’aux                              extrémités du monde. Les trois axes                              de la mission de l’Église sont indissociables                              : annoncer le Christ, célébrer le Christ                              et servir la société au nom du Christ.                              Pour ce service de la charité, l’expertise                              acquise par le CCFD est appelée à se                              déployer dans les années qui viennent                              et à donner toute sa mesure, avec les autres                              organismes de solidarité nationale et internationale,                              bien entendu.\n                           \nEducation à un développement                              authentique\n                           \nJe vous invite particulièrement à continuer                              d’avancer sur deux points. Tout d’abord,                              l’éducation ici au développement,                              un de vos objectifs dès votre fondation. Il                              s’agit non seulement de sensibiliser notre opinion                              publique mais de former à un développement                              humain authentique, c’est-à-dire durable                              ou soutenable et solidaire.\n                           \nLa prise de conscience en effet a commencé                              de se faire que tout se tient : la faim et la crise                              alimentaire, l’épuisement des ressources                              non-renouvelables, l’injustice des relations                              commerciales, le réchauffement de la planète,                              les migrations, etc… Mais beaucoup ne se rendent                              pas encore compte que, si nous voulons avancer sur                              la voie d’un authentique développement                              humain sur le plan mondial, nous sommes appelés                              à remettre en cause notre propre modèle                              occidental. Ici, nous ne pourrons plus continuer comme                              avant si nous voulons que là-bas il y ait un                              vrai développement.\n                           \nC’est la responsabilité historique de                              nos générations que de chercher ensemble                              un nouvel art de vivre ici et là-bas, aujourd’hui                              pour demain. Par des comportements individuels et                              des décisions politiques. Un art de vivre qui                              :\n                           \n                              Ré-oriente nos manières de produire                              et de consommer en visant la sobriété.\n                           \n                               Ne compromet pas les possibilités de développement                              des générations futures. Ce qu’un                              proverbe africain dit fort bien « Nous n’héritons                              pas de la terre de nos ancêtres, nous empruntons                              celle de nos enfants ».\n                           \n                              Soit respectueux de notre environnement au lieu de                              l’exploiter inconsidérément. Et                              relève le défi des ressources naturelles,                              à commencer par celui de l’eau, un des                              grands défis de l’avenir, inimaginable                              il y a quarante ans. \n                           \n                              Lutte pour un nouveau contrat social au niveau mondial                              pour une production et un partage économiques                              dans la justice en faveur de tous les membres de la                              famille humaine, y compris les plus démunis.                            \n                           \n                              Agit pour le remboursement de la dette des pays pauvres.                              Le cardinal Oscar Rodriguez Maradiaga, dans son livre                              « La voix de l’Amérique latine                              », écrit en 2007 : « la guerre                              en Irak coûte un milliard de dollars par semaine.                              L’argent dépensé jusqu’ici                              dans ce conflit suffirait à éponger                              la dette extérieure de bien des pays sous-développés                              » (page 251, aux Éditions Anne Sigier).                            \n                           \n                              Appelle, sans se lasser, à ce que 0,70 % du PIB soit consacré à l'aide publique au développement, alors que, malgré toutes les promesses,                              nous en sommes loin.\n                           \nCe nouvel art de vivre pour une mondialisation de                              la solidarité ne se réalisera pas aisément.                              Cette tâche est considérable et démesurée                              par rapport à nos forces. Mais elle ne dépend                              pas que de nous. C’est en nous recevant de Dieu                              et de sa charité ou agapé inépuisable                              qu’est l’Esprit Saint que nous y parviendrons.\n                           \nSpiritualité de la solidarité\n                           \nJe vous invite donc à continuer de stimuler                              votre spiritualité de la solidarité.                              Car vous n’êtes pas une simple organisation                              humanitaire. Vous croyez que la source et le but de                              la solidarité que vous cherchez à développer                              se trouve dans la Trinité. Vous agissez certes                              de manière désintéressée,                              sans aucun prosélytisme. Mais vous êtes                              animés par une spiritualité enracinée                              explicitement dans l’Évangile. \n                           \nPar exemple, vous êtes persuadés, grâce                              à l’expérience du partenariat,                              que donner, c’est aussi recevoir. Aucune personne,                              aucun pays ne serait trop pauvre pour n’avoir                              rien à donner et apporter aux autres. Cette                              spiritualité de l’échange se base                              sur l’Alliance de Dieu qui, en Jésus-Christ,                              nous donne sa divinité pour recevoir notre                              humanité.\n                           \nVotre spiritualité vous permet peu à                              peu de prendre en compte les obstacles spirituels                              à la solidarité. Car celle-ci ne comprend                              pas que des facteurs économiques, techniques                              et spirituels. Ces obstacles sont la recherche de                              pouvoir et de profit « à tout prix qui                              mettent en place des structures de péché                              » (Jean-Paul II dans « La question sociale                              », chap. 5). Pour avancer réellement                              vers une mondialisation de cette solidarité,                              une véritable conversion est nécessaire,                              comme en œcuménisme, pour progresser vers                              l’unité visible. \n                           \nContinuez de méditer et de vous approprier                              l’encyclique de Benoit XVI « Dieu est                              Amour », particulièrement sa seconde                              partie qui est consacrée à « l’exercice                              de l’Amour de la part de l’Église                              » et concerne directement les responsables de                              l’action caritative de l’Église.                              Votre union au Christ en sera renforcée. \n                           \nEt, de tout cœur, je vous souhaite, pour continuer                              à agir, une foi de courage et le courage de                              la foi.\n                           \n+ Bernard Housset\n                             Evêque de La Rochelle et Saintes\n                             Président du Conseil pour la solidarité\n\n \n\nVoir son discours sur le site de la Conférence des évêques de France, Eglise catholique en France  \n\n "}
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Les fuites au large de la côte qui tuent les poissons et que seuls les petits pêcheurs dénoncent sans être entendus. Ici, les habitants voient passer tous les jours les 4x4 blancs de l’opulente filiale locale de l’entreprise franco-britannico-bahamienne exploitante : la Perenco Rep.\n\nUne vision de contraste : la richesse jaillit du sous-sol mais elle ne bénéficie visiblement qu’à quelques-uns au détriment du plus grand nombre… Car, Muanda, assise sur l’or noir, est potentiellement riche, très riche, mais la misère y est aussi noire que l’huile extraite de ses sous-sols. « Muanda, la cité pétrolière la plus pauvre du monde » disent les habitants. Difficile à vérifier… Mais ce qui est certain c’est que plus de 30 ans d’exploitation pétrolière du bassin sédimentaire côtier congolais n’ont pas apporté le développement pourtant proclamé par les entreprises pétrolières (Chevron d’abord puis la Perenco Rep), les autorités locales et les tenants du « tout pétrole ». C’est au contraire les déversements et fuites constantes de brut dans l’espace de vie des populations (maisons, rivières, champs agricoles…), le brûlage de gaz au moyen des torchères à proximité, le mauvais traitement des déchets toxiques qui ponctuent la vie quotidienne des habitants de Muanda.\nLe pétrole en RDC : un enjeu d’avenir\nMuanda est-elle en passe de devenir pour les Congolais le symbole des ravages d’une exploitation qui se passe « hors-cadre », dans un pays où l’État est faible, où une élite prévaricatrice spolie les richesses au mépris du bien-commun et des droits élémentaires de son peuple ? Est-ce aussi et surtout la terrible bande annonce de ce qui peut se passer à plus grande échelle, si les compagnies pétrolières se jettent sur les énormes réserves du pays ?\n\nCar si les ressources minières faisaient jusqu’ici de l’ombre au pétrole (dont l’exploitation se cantonne jusqu’à présent à Muanda), ce dernier fait aujourd’hui l’objet de toutes les convoitises. A l’ouest, au centre et à l’est du pays, des concessions sont dessinées, des compagnies explorent en vue d’exploiter et ce, alors que le cadre juridique et les règles d’encadrement sont lacunaires.\n\nÉprouvés par des années de conflits et d’une violence qui se nourrit de l’exploitation des ressources naturelles, les Congolais développent une phobie de l’exploitation minière et pétrolière. L’est du pays a connu une violence extrême liée à l’exploitation des ressources minières, avec massacres, viols, et travail esclave. Mais dans tout le pays, l’exploitation des ressources, y compris du pétrole, est associée aux violations des droits de l’Homme, à l’opacité financière, à la corruption et finalement au maintien du pays dans le sous-développement.\n\nA l’heure où la République démocratique du Congo découvre son potentiel pétrolier, attirant de plus en plus d’investisseurs étrangers, Muanda est une illustration tragique d’un droit archaïque incapable de protéger les populations du Sud face aux multinationales qui, multipliant les implantations dans des territoires opaques, se jouent des frontières et jouissent d’une impunité illimitée.\nUn plaidoyer Nord-Sud concernant le pétrole en RDC\nPour faire entendre la voix des congolais, la CERN (Commission épiscopale ad-hoc pour les ressources naturelles, partenaire du CCFD-Terre Solidaire) et ADEV (Action pour les Droits, l’Environnement et la Vie), prennent courageusement la parole pour dénoncer le scandale et pousser l’État congolais, la communauté internationale et les multinationales qui tirent profit de ces ressources à agir pour changer les choses. Ils assistent les communautés au niveau local et mènent un plaidoyer national pour plus de transparence dans la gestion des ressources naturelles afin qu’elles soient réellement mises au service des populations congolaises.\n\nAvec elle, d’autres organisations de la société civile congolaise (associations de défense des droits de l’homme, de défense de l’environnement, de développement), plaident aujourd’hui en particulier pour l’établissement et l’application d’une loi-cadre sur les hydrocarbures, et pour la transparence du secteur au niveau fiscal afin que les revenus de la manne pétrolière cessent d’échapper à la RDC. Ces organisations appellent à une vraie réflexion sur le modèle de développement afin que celui-ci ne repose plus uniquement sur l’exploitation effrénée de ressources naturelles non renouvelables mais sur une approche durable et équilibrée du développement.\n\nLe cas de l’exploitation pétrolière à Muanda ne doit pas interroger uniquement le Congo, il doit aussi nous interpeller ici en France. Car la Perenco Rep appartient à un groupe indépendant franco-britannique, Perenco, implanté à Paris, Londres et aux Bahamas, qui est devenu en quelques années un acteur majeur du secteur dans le monde. De ce fait, le cas de Muanda et de la Perenco Rep, illustre la nécessité de mettre en place une responsabilité « société mère/filiales » et de voir s’exercer la responsabilité de l’État d’origine de la société mère (dans ce cas, la France, mais aussi le Royaume Uni, où Perenco a son siège technique).\n\nEn France, le CCFD-Terre Solidaire mène un plaidoyer auprès des décideurs politiques et économiques afin de renforcer le cadre juridique encadrant l'activité des multinationales françaises. Dans ce cadre, il coordonne le Forum citoyen pour la RSE et est membre de la Plateforme d'action globale pour la RSE mise en place en juillet 2013 par le gouvernement. Cette étude du cas Perenco en RDC vise à illustrer la nécessité de faire évoluer le droit en France.\nEtats, entreprise : à chacun sa responsabilité\nCe rapport montre comment des décennies d’exploitation pétrolière à Muanda, loin d’apporter des bénéfices aux populations de la région en améliorant leurs conditions de vie, ont conduit à des pollutions et dommages environnementaux au point que les droits des populations ont été bafoués : leur droit à l’alimentation, de même que leur accès à l’eau et aux ressources, leur droit à jouir d’un environnement sain et salubre, leur droit à un partage équitable des richesses via les ressources fiscales, ainsi que les droits des travailleurs…\n\nUne illustration, parmi tant d’autres, hélas, des conséquences de l’obsolescence du droit national et international pour encadrer les activités des entreprises multinationales.\n\nLa conjonction d’un Etat faible en RDC, de l’absence de responsabilité juridique de l’entreprise multinationale à l’égard de ses impacts et du fait qu’aujourd’hui les Etats d’origine de cette multinationale ne mettent rien en place pour assumer eux aussi leurs responsabilités : tout cela rend impossible l’accès, pour les communautés affectées, à la justice ou à des compensations adéquates.\n\nLa situation à Muanda est complexe. Si la responsabilité de Perenco et du gouvernement ne sont plus à démontrer, d’autres acteurs sont impliqués dans la destruction de l’environnement. Les communautés elles-mêmes peuvent être à l’origine d’actes de vandalisme ou d’accidents, par exemple en coupant le bois du parc des mangroves. La présence de jeunes militaires que l’armée abandonne à leur sort sans nourriture à disposition, ne peut qu’empirer la situation d’insécurité qui caractérise la zone. Enfin, la localisation géographique de Muanda, entre l’enclave de Kabinda et l’Angola fait de la zone le récipiendaire de plusieurs pollutions.\nSi tous ces éléments doivent être pris en compte pour comprendre la situation, ils ne devraient pas être utilisés par la compagnie ni par les Etats concernés, afin de diluer leurs propres responsabilités."}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/yann-animateur-hygiene-securite-environnement/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/yann-animateur-hygiene-securite-environnement/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Yann, animateur hygiène, sécurité, environnement","datePublished":"2008-10-01T18:22:00+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/yann-animateur-hygiene-securite-environnement/"},"wordCount":601,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"inLanguage":"fr-FR","description":"Yann a 22 ans, il est entré chez Atlantic Climatisation & Ventilation, une entreprise de fabrication de systèmes de ventilation et de climatisation. D’abord comme apprentis pour sa formation de licence professionnelle en alternance. Puis embauché en CDI depuis septembre 2007. Son emploi est une création de poste, correspondant à des besoins nouveaux dans l’entreprise mais correspondant aussi fortement à ses préoccupations ! Dans cette entreprise de deux cent soixante-quinze employés, Yann est « animateur hygiène, sécurité et environnement ». Tourné vers l’intérieur de l’entreprise, sa mission est d’accompagner et de proposer les évolutions de son entreprise pour une meilleure prise en compte de ces facteurs-là. Il est donc en charge d’une partie des impacts sociaux et environnementaux des activités de l’entreprise. Allons voir de plus près…\n\nYann, quelle est ta mission :\n« Mon poste comprend trois champs : superviser les questions d’hygiène et de nettoyage au sein de l’entreprise, ce qui veut dire par exemple le suivi du contrat avec la société de nettoyage. Un autre champ est celui de la sécurité des salariés au sein de l’entreprise. Notamment dans les ateliers où ces questions sont primordiales. Sur cet aspect, j’ai aussi une large part de sensibilisation de mes collègues. Au titre de mon emploi, je suis aussi membre consultatif de l’instance de concertation entre les salariés et la direction sur ces questions : le CHSCT[[Comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail]]. Et enfin le troisième champ est celui des questions environnementales : ce qui, pour une entreprise comme la nôtre, passe surtout par la question du traitement des déchets. Je travaille notamment à optimiser le tri des déchets, comme les emballages de produits chimiques, et j’essaye de mettre en place un travail autour du transport des matières dangereuses. Dans ce domaine-là, il y a une partie de mise en conformité réglementaire, mais aussi des propositions de ma part pour aller plus loin. Par exemple récemment nous avons mis en place le tri et le recyclage du papier.\n\nQu’est-ce qui t’intéresse dans ce travail-là ?\nL’intérêt de mon poste est à la fois dans le dialogue avec les salariés et le fait de pouvoir proposer des évolutions. Même si le fait d’être à un niveau technicien réduit en partie mon poids sur les décisions finales… J’ai parfois l’impression de ne pas avoir toutes les cartes en main et j’aimerais pouvoir aller plus loin. Mais ce n’est pas toujours possible, sachant que le but de l’entreprise c’est de faire du profit. Le risque de ne rester que superficiel dans ces approches existe donc.\n\nCes questions autour de l’impact des activités économiques t’ont toujours concerné ?\nEn tant que militant de la Joc, j’ai été très tôt sensible à la question des conditions de travail des ouvriers et aussi aux questions écologiques. Pour ces raisons-là, aujourd’hui, je suis aussi engagé chez les Verts. Ce métier, je le fais car je l’ai choisi ; j’ai cherché un métier proche de mes convictions. Au quotidien, j’ai vraiment en tête de faire ce je peux pour améliorer les conditions de travail et les impacts, notamment écologiques, de l’entreprise. Par contre mon poste est surtout tourné sur l’interne et je n’ai pas beaucoup de visibilité ou d’impact sur l’amont des produits."}
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Le marché principal, au centre de la ville, est en pleine effervescence.\n\n\n\nSur une large place poussiéreuse, une mosaïque de petites échoppes de toiles et de planches proposent - sous un soleil de plomb - fruits et légumes, sandales, savonnettes, téléphones portables et autres produits nécessaires à la vie des habitants. Juba, avec son côté « grande ville provinciale africaine », a pourtant le statut de capitale du Sud-Soudan. Quel contraste avec Khartoum, ville tentaculaire de plusieurs millions d'habitants à l'architecture complexe et où les embouteillages sont légion. \nPartout, dans les rues de Juba, des affiches en faveur du « oui» rappellent que, le 9 janvier dernier, un événement historique s'est déroulé au Soudan. Les Sud-Soudanais, par voie référendaire, se sont prononcés à plus de 98 % en faveur de la séparation avec le Nord. Ultime étape d'un processus soutenu et accompagné par la communauté internationale et démarré par l'accord de paix de 2005, signé entre le pouvoir central et la rébellion sud-soudanaise. Accord qui a mis fin à plusieurs décennies d'un conflit responsable de plus de 2 millions de morts et de 4 millions de déplacés. Certes, ce résultat « à la soviétique » - 98 % en faveur de la séparation - fait planer un doute sur les résultats du scrutin. Mais tous nos interlocuteurs, qu'ils soient nord ou sud-soudanais, reconnaissent que, même si quelques fraudes et irrégularités atténuent ce plébiscite, le « oui » a largement été majoritaire. \n\nL'espoir d'un 54e État africain démocratique et solidaire\nDifficile d'imaginer la réalité et la viabilité de ce nouvel État tant les défis auxquels il doit faire face paraissent insurmontables. Tout est à construire. Par quelques exemples chiffrés, Lise Grande, la coordinatrice des actions humanitaires de la Mission des Nations unies pour le Soudan nous en donne un bref aperçu : seuls 5 % des personnes qui travaillent pour le gouvernement ont fait des études secondaires, 90 % des femmes sont analphabètes. Il y aurait un enseignant formé pour 1 000 enfants...\nPlus largement, tous les indicateurs sociaux et économiques indiquent que le futur État du Sud-Soudan sera très vraisemblablement le dernier pays (sur 170) du prochain classement basé sur l'Indice de développement humain (IDH) défini par le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud). Le monde est confronté avec le Sud-Soudan à un défi rarement rencontré dans l'histoire moderne de l'humanité.\nCertes, les engagements financiers internationaux pour aider ce pays sont massifs. Mais nos quelques jours passés au Sud nous font prendre conscience d'un nouveau risque. Celui d'une communauté internationale largement mobilisée sur les urgences, mais qui, malgré la multitude des actions et la diversité des acteurs (agences des Nations unies, coopérations étatiques, organisations humanitaires), ne semble pas prendre en compte l'impérieuse nécessité de la coordination. Le Sud-Soudan donne ce désagréable sentiment d'être un grand théâtre humanitaire comme l'ont été d'autres régions du monde. Des sommes énormes d'argent sont mobilisées mais la cohérence d'action et la volonté de travailler ensemble ne semblent pas aller de soi. Il manque clairement un chef d'orchestre avec la légitimité nécessaire pour coordonner, de concert avec les autorités locales, ces actions de solidarité internationale. \nLes autorités sud-soudanaises sont motivées, mais restent fragiles et inexpérimentées pour faire face aux défis de l'élaboration et la mise en œuvre d'un projet politique d'aménagement d'un territoire. Elles doivent être accompagnées, non seulement pour répondre aux situations d'urgences, mais surtout pour les dépasser et se projeter dans l'avenir. Le pari de la construction d'une société sud-soudanaise démocratique et solidaire est loin d'être gagné. Il passe également par un accompagnement des organisations de développement soudanaises pour faire face à ces enjeux.\n\nUne Église sud-soudanaise engagée pour la paix\nNotre Cessna de quatorze places atterrit sur la piste en terre. Sur le côté, un baraquement en tôle, sans fenêtre, constitue le seul bâtiment de l'aérodrome de Torit. La poussière soulevée par le passage de notre avion se dépose. Des femmes, mais aussi des enfants conduisant des petits troupeaux de chèvres, traversent la piste d'atterrissage pour disparaître dans les ruelles des quartiers qui bordent l'aérodrome. « Bienvenue à Torit ! » nous lance avec un large sourire le père Martin, coordinateur du bureau de développement du diocèse. Nous voici arrivés dans la capitale de l'État de l'Équateur oriental, un des dix États du Sud-Soudan. \nNous venons visiter un partenaire d'église du CCFD-Terre Solidaire, une des rares organisations sud-soudanaises, active et structurée du pays. C'est dans cette région qu'a démarré en 1955 la rébellion contre Khartoum. C'est dire si la ville, et les campagnes qui l'entourent ont particulièrement souffert de la guerre et des bombardements de l'armée nord-soudanaise. Durant ces années sombres, l'Église catholique a été très active en venant en aide aux populations locales. Très mobilisée dans les domaines de la santé, de l'éducation, de l'agriculture et de l'élevage, elle est un acteur majeur dans la reconstruction de cet État et dans le renforcement de la cohésion sociale des populations. \nÀ l'image du diocèse de Torit, les Églises chrétiennes ont joué, au Sud-Soudan, un rôle primordial pour mettre fin à ces décennies de conflits et soutenir les populations. Regroupées au sein du Conseil des Églises chrétiennes, elles n'ont pas donné de consignes de vote lors du référendum du 9 janvier, estimant que ce n'était pas dans leurs attributions. En revanche, par des actions d'éducation civique, de médiation auprès des différents protagonistes et l'observation des différentes étapes du processus, les Églises ont voulu s'assurer de la crédibilité du processus référendaire. Il faut se souvenir que les ex-leaders de la rébellion - maintenant responsables du pays - n'ont jamais fonctionné dans le passé sur un mode démocratique. Dans ce Sud-Soudan nouvellement indépendant, les enjeux du vivre ensemble et du partage équitable du pouvoir vont devenir essentiels. C'est pourquoi les Églises souhaitent rester facteur de cohésion et de paix.\n\nAu Nord, la difficile transition d'une Église minoritaire\nAu nord du pays, un autre challenge attend l'Église catholique. Lors de notre passage à Khartoum, nous découvrons une communauté en plein désarroi. En quelques mois, plus de 250 000 Sud-Soudanais, majoritairement chrétiens, sont retournés dans le sud du pays. Cet exode, qui n'est pas organisé, résulte d'abord de la volonté des familles sudistes de quitter ce Nord-Soudan qui n'a pas été tendre avec elles. Aucune structure n'accompagne cette migration qui ne peut que s'amplifier dans les mois qui viennent. Ces familles seront accueillies à leur arrivée au Sud-Soudan par les acteurs humanitaires, mais le trajet pour y arriver comporte des risques et elles ne peuvent compter que sur elles-mêmes. \nCe départ d'un bon quart de la communauté chrétienne inquiète. Les écoles gérées par l'Église se vident de leurs élèves et de leurs enseignants. Les paroisses se dépeuplent. Les animateurs laïcs patiemment formés, et mis en responsabilité, manquent de plus en plus à l'appel. L'Église voit la cartographie des communautés chrétiennes de la région de Khartoum bouleversée.\nDans la paroisse de Wad-Ramly, située dans un bidonville périphérique de la capitale, nous rencontrons des parents d'élèves inquiets. L'école va-t-elle fermer ? Combien de chrétiens resterons dans le quartier ? Devons-nous nous regrouper ailleurs pour nous entraider et reconstituer une paroisse ? Autant de questions auxquelles l'archevêque de Khartoum n'a pas de réponse. Après avoir lutté avec courage pendant toute une vie en faveur de la paix et pour défendre les droits des Sudistes, nous échangeons avec un homme de soixante-dix ans fatigué par les épreuves passées. Mais aussi préoccupé par l'avenir : comment vivre dans un Nord-Soudan où le régime en place menace, en réaction à l'indépendance du Sud, d'imposer la charia ? Comment réorganiser cette Église et redistribuer les services qu'elle apporte en matière de santé ou d'éducation ? \n\nL'inquiétude des Sud-Soudanais de Khartoum\nPour celles et ceux qui choisissent de rester, l'inquiétude est palpable. C'est le cas d'Elia, qui a eu la chance de trouver un emploi stable à Khartoum. Il nous dit avoir subi des intimidations de la part de son employeur et il craint de perdre son travail le jour où le Sud-Soudan accèdera à l'indépendance. Comme Elia, ils sont entre 1,5 et 2 millions de Sud-Soudanais à avoir fui les combats entre l'Armée de libération du peuple du Sud Soudan - SPLM - et les forces gouvernementales.\nParcours difficile pour ces femmes et ces hommes obligés de venir se réfugier en territoire ennemi. Longtemps suspectés d'être à la solde des SPLM, Elia et ses compatriotes se sont entassés dans des bidonvilles, en périphérie de Khartoum. Pendant plusieurs décennies, seuls l'aide humanitaire internationale et les services apportés par les Églises chrétiennes leur ont permis de survivre. Perçus comme des citoyens de seconde zone, victimes constantes de vexations et de discriminations, ces Sudistes se sont vu interdire l'accès aux emplois pérennes (particulièrement les hommes). Les petits boulots, les petits trafics et quelques travaux aux domiciles des familles khartoumaises ont été pendant longtemps leurs seules possibilités de gagner quelques dinars. \n\nNous percevons le dilemme d'Elia, qui en tant que chef de famille, devra prendre une lourde responsabilité. Restera-t-il sur Khartoum avec le risque de vivre le durcissement annoncé par le régime pour les non-musulmans ? Retournera-t-il au Sud-Soudan ? Mais où aller, lui qui a quitté son village depuis si longtemps ? Et pour vivre de quoi ? Ici à Khartoum, sa famille réussit tant bien que mal à bénéficier des quelques retombées du dynamisme économique de la capitale, mais qu'en sera-t-il à Juba ? Comme la grande majorité des Sudistes vivant à Khartoum, Elia n'a pas voté lors du référendum. Non pas qu'il ne rêvait pas, lui aussi, de l'indépendance du Sud, au contraire, mais par peur. Seuls 70 000 de ses compatriotes vivant au Nord-Soudan se sont inscrits sur les listes électorales. Lui ne l'a pas fait. Se faire enregistrer comme futur électeur, c'était se faire remarquer comme sudiste indépendantiste. Elia ne voulait pas prendre ce risque, tellement il était inquiet par les réactions des autorités et de ses voisins nord-soudanais. \n\nLa coopération nécessaire entre le Nord et le Sud \nLe régime de Khartoum a reconnu très rapidement les résultats du référendum, entre autres grâce aux pressions internationales. Mais cette séparation du Sud provoque un grand désarroi. Les leaders associatifs khartoumais avec qui nous avons échangé nous ont fait part de leurs craintes. Humilié par cette séparation mais aussi par l'inculpation du président El-Béchir par la Cour pénale internationale (CPI), le régime de Khartoum ne peut que se durcir pour garantir sa survie politique. La menace de renforcer la charia est un message adressé à l'aile dure du régime. Mais cette perspective n'enchante pas les Nord-Soudanais, majoritairement musulmans. Ces militants associatifs craignent aussi un rétrécissement des espaces démocratiques acquis grâce aux accords de paix. \nLe Nord-Soudan se retrouve désormais seul face à ses propres démons. Avec la perte du Sud-Soudan, le conflit avec le Darfour va prendre une nouvelle tournure. Les provinces darfouries vont désormais représenter un tiers du territoire national, changeant de facto le rapport de force entre rebelles du Darfour et pouvoir central. Cette nouvelle donne influera les autres conflits entre Khartoum et des provinces périphériques comme celles de l'Est. L'avenir économique du pays, lui non plus, n'est pas assuré. La majorité des champs pétrolifères sont au Sud, la perte annoncée de la manne pétrolière a déjà conduit le gouvernement de Khartoum à revoir ses dépenses sociales et à augmenter le prix des produits de premières nécessités, et ce au risque d'alimenter les tensions sociales déjà fortes. \n\nDes défis communs attendent les deux Soudan\nLe Sud, quant à lui, a besoin du Nord pour pouvoir exporter son pétrole. Nous le voyons, les deux pays vont devoir coopérer. Et d'autres défis communs les attendent. Que faire par exemple de la dette extérieure soudanaise ? Estimée à 37 milliards de dollars, elle a été contractée par Khartoum. Le régime aimerait bien la partager avec le Sud-Soudan. Mais il est difficile d'imaginer un tel consentement, le Sud accusant Khartoum de s'être d'abord endetté pour lui faire la guerre et non pour le développer. À quelques semaines de l'indépendance, les frontières entre les deux États ne sont toujours pas stabilisées du fait d'une absence d'accord sur le partage des champs pétrolifères, mais également sur la prise en compte des transhumances des populations limitrophes. La séparation pose aussi la question de la citoyenneté. Sur quelles bases définir les nationalités nord et sud-soudanaises (droit du sang, droit du sol ?) tant les textes en vigueur ne sont pas clairs ? \nLes deux Soudan vivent un moment historique. En cette période délicate, la communauté internationale a un rôle crucial à jouer. Les enjeux sont énormes pour ne pas dire titanesques. Le peu de sympathie qu'inspire le régime du président El-Béchir, les faibles marges de manœuvre des acteurs locaux nord-soudanais pour proposer des changements politiques, économiques et sociaux, et l'énorme défi que représente le Sud-Soudan pour la communauté internationale, ne peuvent qu'encourager un déséquilibre des soutiens au détriment du Nord-Soudan. Or, oublier ce pays serait une erreur profonde. Tout comme le Sud-Soudan, son voisin du Nord doit se reconstruire et consolider ses relations avec les pays limitrophes. C'est une condition sine qua non pour la paix dans la sous-région. \n\nPhilippe Mayol\nResponsable du service Afrique\nArticle tiré de Faim Développement Magazine n°258, mai 2011"}
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Il est tellement fan du concile qu’il a décidé de lancer un événement : YouCoun.\n\nRingard Vatican II ? « C’est tout, sauf dépassé. Je me demande même comment ils ont fait, à l’époque, pour avoir une telle audace ! Le père Chenu disait : « Le chrétien est celui qui a un œil sur l’Évangile et un œil sur le journal. Révolutionnaire ! » Mais revenons à la genèse. À seize ans, passionné par l’interreligieux, Samuel crée l’association Co-exister où se retrouvent musulmans, chrétiens et juifs.\n\nPrécoce, Samuel. En 2009, il est invité à Berlin avec trois cents jeunes pour célébrer le 20e anniversaire de la chute du mur. C’est le déclic. Ils réalisent qu’ils ne se connaissent pas entre mouvements. Qu’il existe des murs entre eux. Qu’il faut les casser. « Ces murs sont un peu le résultat du clivage “catho de droite-catho de gauche”. Pour notre génération, ça n’a aucun sens. L’Église est composée d’un panel large, qui fait sa richesse. On doit débattre ensemble. » Et on aborde beaucoup Vatican II. Samuel se plonge dans les textes. « J’ai tout lu. Il n’y a pas une phrase où je ne dis pas “C’est incroyable ! Ce qui est dit sur les relations entre l’Église et la société, sur les écritures, sur l’œcuménisme, sur l’interreligieux. Et ce qui a été fait : Assise, Taizé, la doctrine sociale...” C’est bouleversant. »\n\nTout ça, il faut le faire connaître. D’où l’idée de YouCoun auquel participent sept mouvements[[Scouts et Guides de France et Jeunesse étudiante chrétienne (Jec), tous deux partenaires du CCFD-Terre Solidaire –, Coexister, Mission de France, Mouvement chrétien des cadres jeunes pro, Sappel (association privée dont le but est l’évangélisation des familles du quart monde) et Taizé.]] au sein d’un « collège ». Pas de grands rassemblements, ni de grandes actions pendant trois ans. Faute de moyens. L’idée est de s’impliquer dans ce qui sera fait dans les diocèses. D’organiser des débats, des rencontres, entre le 11 octobre 2012 et le 8 décembre 2015[[Ces dates correspondent à l’ouverture (11 octobre 1962) et à la clôture du concile (8 décembre 2015).]], journée au cours de laquelle on espère organiser un grand événement à Lyon. Pour cela, un outil précieux, le guide YouCoun, Vatican II à l’usage des jeunes, avec des analyses accessibles, des méthodes concrètes et des outils pédagogiques. Une application iPhone est prévue pour janvier 2013 ainsi qu’un site Web.\n\nÀ nous d’être des veilleurs\n\nGuillaume Roudier, trente ans, archéologue de formation, est consultant en ingénierie culturelle.\n\n“Que des jeunes parlent aux jeunes dans un dialogue interecclésial, c’est toute l’intuition de YouCoun. Vatican II nous a lancé une multitude de défis. Nous, génération du concile et des JMJ, vivons de la nouveauté liturgique, du dialogue interreligieux, de l’ouverture de l’Église au monde, de l’œcuménisme. Vatican II, c’est cet immense panel qui va de l’eucharistie aux prises de position sur les précarités en passant par Assise, Taizé. C’est fabuleux de savoir que, non seulement nous en sommes héritiers, mais aussi acteurs. Bien sûr, il y a encore des chantiers où les résistances sont fortes. Le monde bouge, bascule, la société évolue, mais dans l’Église de Vatican II, il est dit que “chacun a sa place”, quel qu’il soit. Fini le “hors de l’Église, point de salut !” La Vérité est dans cette réalité “de l’ordinaire des jours de chacun”. Pour la Mission de France, communauté dans laquelle je suis très impliqué, c’est dans cet “ordinaire des jours” que nous devons rencontrer les gens et agir. Alors, oui, l’Église reste prudente sur certains sujets de société, mais peut-être est-il sain de ne pas se précipiter. Mais l’Église, c’est nous tous ! À nous de nous saisir de ces sujets ! À nous d’être des veilleurs, c’est ça la posture !\n\nDe nombreuses commissions d’Église travaillent en outre sur les questions de précarité, de bioéthique. Sans compter les prises de position sur les sans-papiers et d’autres sujets d’actualité. L’Église est vraiment “dans le monde”, elle pénètre le monde. La jeunesse s’est responsabilisée. Ce ne sont plus des chrétiens qui dorment. La preuve : YouCoun ! »\n\nPaix et développement\n\nFleur Brochard, trente ans, est responsable des jeunes à Pax Christi, depuis quatre ans.\n\nEt elle n’a aucun problème avec Vatican II. Même si elle voit des tensions dans l’Église – « j’entends des prêtres ouvriers qui trouvent qu’il y a un retour en arrière, j’entends que d’autres veulent prendre du pouvoir, j’entends qu’on ne donne pas toujours aux laïcs toute leur place » –. Mais elle préfère tourner son regard vers ce qui est en mouvement : la doctrine sociale de l’Église « très moderne dans ses prises de position », sa parole sur la liberté de l’homme, son engagement pour la paix et le développement. « Il est vrai qu’à Pax Christi, nous sommes gâtés. Pax Christi a été pionnière en matière d’environnement. Fêter Noël autrement, passer l’été autrement : vingt-sept mouvements sont aujourd’hui impliqués dans cette aventure dont le but est de promouvoir le respect de l’environnement par un changement dans nos modes de vie. » En outre, Pax Christi héberge une cellule de réflexion de l’Église sur les questions d’environnement. « Certains évêques ont des paroles très fortes sur des sujets délicats, comme la dissuasion nucléaire. Alors, tout ça, c’est une Église qui se replie sur elle-même ? »\n\nPas pour Fleur en tout cas, très impliquée, aussi, dans le dialogue interreligieux, « très exigeant pour soi-même, mais plus on avance, plus on s’ouvre  ». Un message pas toujours facile à faire passer. « Nous cheminons avec les jeunes sur ces thèmes. Mais il faut beaucoup d’énergie pour les mobiliser. De nombreuses personnes sont réfractaires à cette nécessité du dialogue. Alors, les convaincus nous disent “faites-le, c’est important”. »\n\nFormer et accompagner\n\nClaire de Beaucorps a vingt-sept ans. Elle travaille dans un bureau d’études sur la liberté religieuse.\n\n“YouCoun ? L’idée a surgi à Berlin, en 2009. On évoquait Vatican II entre jeunes de différents mouvements d’Église. On a réalisé qu’il n’existait aucun lien entre nous. Qu’il serait bon de casser les préjugés qu’on avait les uns sur les autres. Car nous sommes tous une parcelle de l’Église. Pour moi, c’est une grande chance d’avoir une Église aussi diversifiée, même si je ne me reconnais pas dans l’aile conservatrice et que j’entends parfois des choses qui me hérissent ! Comme membres d’une même famille, nous avons jugé bon d’ouvrir un dialogue entre nous. YouCoun, c’est d’abord ça, ce dialogue intrareligieux, qui fait partie des enjeux de Vatican II. Nous sommes des héritiers de ce concile. Cette dimension de l’Église ouverte sur le monde, en lien avec d’autres religions, est naturelle pour nous qui sommes engagés. Même s’il y a encore beaucoup de chemin à faire. \n\nL’interreligieux fait peur à beaucoup : peur du syncrétisme, de la rencontre avec l’autre. Si j’entre vraiment en dialogue pour comprendre l’expression de la foi de l’autre, c’est très impliquant. Ça nous met face à nous-mêmes. Ça ne s’improvise pas, ça nécessite un accompagnement. J’insiste beaucoup sur la formation du chrétien. Il faut donner goût à la lecture, à la prière. Le goût de participer, de prendre ses responsabilités. Pour que chacun soit aussi acteur.\n\nCar il y a encore du travail pour que le concile soit appliqué dans toutes ses dimensions, notamment sur cette notion du “chacun a sa place dans la société”. J’ai été missionnée par la délégation générale des Scouts et Guides de France pour réfléchir à la manière dont on peut impliquer le mouvement dans YouCoun. Il va falloir convaincre, mais ça vaut le coup. »\n\nPortraits et propos recueillis par Élisabeth du Closel"}
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C'est important, car le système fiscal est un indicateur très révélateur des valeurs d'une société. La lutte contre les inégalités sociales et économiques d'un pays dépend largement de sa politique fiscale et cette dernière constitue souvent le principal levier de financement du développement, notamment des politiques sociales. L'objectif de cette étude est donc de faire en sorte que le thème de la fiscalité devienne un débat citoyen.\n\nQuelle est la situation fiscale au Paraguay ? \n\nLe Paraguay est le pays qui possède la plus faible pression fiscale du continent (12 % du PIB). La moyenne latino américaine se situe en effet à 18 % et celle du Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay, Paraguay, Venezuela) à 23,6 %. Nous sommes bien loin des 40 % pratiqués au sein de l'Union Européenne ! Ce faible taux d'imposition au Paraguay n'a pourtant rien à voir avec le statut de pays pauvre, puisque le PIB annuel par habitant est de 3300 dollars (environ 2300 euros), soit du même ordre que ceux de la Bolivie, du Honduras, du Maroc, de la Géorgie ou de l'Arménie, où la pression fiscale se situe entre 14,7 et 21,8 %.\n\nD'après votre analyse, les pauvres paieraient davantage d'impôts que les riches. Comment cela est-il possible ? \n\nNon seulement, le Paraguay dispose d'une pression fiscale basse, mais elle est surtout injuste. Qui paye les impôts et de quelle manière ? Voilà les deux autres problèmes épineux du système fiscal de notre pays. Un exemple. L'imposition indirecte, qui est la plus injuste, est aussi la plus élevée de tout le continent. Ces impôts sont transférés au consommateur final et ce sont donc les pauvres qui y contribuent le plus. \n\nOr, au Paraguay, les impôts indirects s'élèvent à 9,4 % du PIB, soit le double des Etats-Unis. 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Insufflée par des ONGs, notamment le CCFD-Terre Solidaire, elle suggère d’instaurer un principe de responsabilité des sociétés mères vis-à-vis de leurs filiales et de leurs sous-traitants.\n\n\n\n\"Nous n’avons jamais passé de commandes à ce fournisseur, nous sommes victimes de sous-traitance sauvage »... C’est ce qui se dégage des explications d’Auchan, dont des étiquettes de vêtements ont été retrouvées dans les décombres du Rana Plaza, au Bangladesh. Est-ce suffisant pour se dédouaner ? En avril 2013, l’effondrement d’un immeuble qui abritait des ateliers de confection faisait plus de 1 000 morts, principalement des ouvrières du textile. De nombreuses étiquettes de marques, notamment françaises, y étaient découvertes. \n\nAutre continent, autre secteur d’activité, mais toujours le même cynisme. Perenco, une multinationale française de l’industrie pétrolière, exploite des gisements dans le Bas Congo en République démocratique du Congo. Mise en demeure par l’Inspecteur du travail à Muanda concernant, entre autres, l’utilisation abusive du personnel journalier par ses sous-traitants, l’entreprise a répondu qu’elle « n’engage[ait] pas directement cette catégorie de personnel ». « Le fait d’employer des travailleurs en passant par des sociétés de soustraitance [lui] permet de ne pas respecter les grilles salariales qu’elle s’applique [à elle-même], mais également de ne pas être responsable pour les accidents de travail », dénonce le rapport documenté « Pétrole à Muanda, la justice au rabais » du CCFD-Terre Solidaire[[Rapport Pétrole à Muanda : la justice au rabais, CCFD-Terre Solidaire, novembre 2013.]]. \n\nPourtant, les textes internationaux sont implacables. Adoptés à l’unanimité par le Conseil des droits de l’homme des Nations unies en juin  2011, les Principes directeurs des Nations unies relatifs aux entreprises et aux droits de l’homme exigent des sociétés qu’elles veillent au respect de ces droits par la mise en œuvre de procédures de « diligence raisonnable ». Une notion qui se traduit en termes juridiques par le « devoir de vigilance ». \n\n\nUne notion qui vient du secteur financier\n\n\nQuelles contraintes se cachent derrière ce terme ? « Le devoir de vigilance consiste en une obligation de mettre en place des mesures pour anticiper et empêcher les dommages liés à l’activité de l’entreprise », explique Antonio Manganella, chargé de Plaidoyer au CCFD-Terre Solidaire. Il s’agit donc d’une obligation de moyens et non de résultats. Ainsi, une entreprise est exonérée de sa responsabilité si elle peut prouver qu’elle a mis en place ces mesures préventives. Mesures qui peuvent se traduire par des études, préalables et indépendantes, d’impacts sociaux et environnementaux, par des consultations des populations concernées ou encore par la signature d’accords cadres internationaux avec les syndicats... Et ironie de l’histoire, « cette notion de devoir de vigilance vient du secteur financier qui, pour se prémunir de tout vice caché en cas d’achat d’une entreprise, a mis au point une méthodologie simple et efficace », souligne Michel Doucin, ancien ambassadeur français pour les droits de l’homme et aujourd’hui secrétaire général de la Plateforme RSE, établie en 2013 par le Premier ministre [[La plate-forme consacrée à la\nresponsabilité sociétale des entreprises (RSE) a été installée le 17 juin 2013 par le Premier ministre.]]. \n\nMais alors, comment des entreprises comme Auchan ou Perenco, et bien d’autres, peuvent-elles échapper à leurs responsabilités ? Parce que ces textes internationaux n’ont toujours pas été transposés dans la loi française... C’est justement ce que proposent Danielle Auroi, Dominique Potier et Philippe Noguès, trois députés engagés qui ont déposé, à l’Assemblée nationale, en novembre 2013, une proposition de loi intitulée « Devoir de vigilance des sociétés mères et des entreprises donneuses d’ordre » vis-à-vis de leurs filiales, de leurs sous-traitants et de leurs chaînes d’approvisionnement. « Nous ne sommes pas des révolutionnaires, s’exclame Danielle Auroi, nous demandons juste que les règles internationales soient appliquées en France. » L’objectif est clairement affiché : empêcher la survenance de drames, en France comme à l’étranger, et obtenir des réparations pour les victimes en cas de dommages portant atteinte aux droits humains et à l’environnement. \n\nUne partie de bras de fer est engagée. Les organisations patronales ont émis de nombreuses réticences mais se gardent bien de les rendre publiques. Car pour l’instant, si les dirigeants d’entreprises et leurs représentants ont fait le choix de ne pas s’exprimer en public, ils usent de moyens de pression forts pour contrer le texte [[L’Association française des entreprises privées, le Medef et Emmanuel Faber, directeur général délégué de Danone, contactés par nos soins, n’ont pas souhaité répondre à nos questions.]]. Premier argument : une loi n’est pas nécessaire puisque nombre d’entreprises ont déjà chartes éthiques et codes de conduite. « En effet, on observe dans les entreprises une réelle prise de conscience des droits universels, note Dominique Potier. Certaines s’engagent dans des démarches volontaires, parfois pour des raisons morales, mais souvent pour leur image de marque ou pour des raisons de concurrence, notamment pour obtenir des marchés publics. Mais cela ne suffit pas, la loi permettrait d’intervenir sur toutes les entreprises, y compris les moins-disantes. »\n\n\nDélocaliser au prix du sang ?\n\n\nAutre point de friction, le risque pour la compétitivité française. « De quelle compétitivité parle-t-on, interroge Dominique Potier. De celle qui délocalise au prix du sang ? Si l’on pousse la logique de la compétitivité jusqu’au bout, l’esclavage vaut mieux que le salariat... Il y a des choses qui n’ont pas de prix. Un monde sans foi ni loi n’est pas favorable à l’entreprise. Avec cette loi, on entre dans un cercle vertueux où l’avance sociale et environnementale des entreprises françaises est défendue. Les exigences législatives peuvent enclencher une nouvelle compétitivité plus vertueuse. »\n\nAngélisme, utopisme ? Pas si sûr... Le devoir de vigilance est déjà transposé dans d’autres législations. Au Royaume-Uni, il est présent en matière de corruption : « La société mère n’est donc pas responsable pour l’acte de corruption en lui-même, mais pour ne pas avoir fait le nécessaire pour [l’] éviter », stipule la proposition de loi déposée par les députés français. On retrouve aussi ce devoir de vigilance en Suisse, en Italie, en Espagne, au Canada et aux États-Unis. « Ces différents exemples prouvent qu’une telle législation n’entrave pas le dynamisme de l’économie », ajoutent les députés. Et surtout, la jurisprudence française elle-même plaide en sa faveur. En septembre 2012, dans l’affaire Erika, la Cour de cassation a reconnu la société mère « coupable pour les agissements de l’une de ses fi liales, sur la base d’un engagement volontaire en matière de contrôle de l’état des navires. C’est la négligence qui a été sanctionnée ». \n\n\nUne consommation responsable\n\n\nCependant, l’entreprise doit-elle porter seule le poids de la responsabilité ? « Une consommation responsable est le complément indispensable à la responsabilité sociale des entreprises, estime Laurence Rossignol, sénatrice PS. Tant que les consommateurs ne diront pas stop à la consommation à bas prix, notre combat législatif ne pourra aboutir. » Petit à petit, la responsabilité des entreprises fait son bout de chemin à l’Assemblée. Depuis le 11 février, le principe du devoir de vigilance est inscrit dans la loi Canfin sur le développement. Certes, cette avancée est encourageante mais elle n’est assortie d’aucune contrainte. « Ce sera un combat très difficile, reconnaît Dominique Potier. Mais je crois profondément que nous pouvons le gagner grâce à une alliance forte entre élus, ONGs, syndicats et les quelques entreprises qui nous poussent, avec force, à aller de l’avant sur ce terrain, car elles sont elles-mêmes exemplaires sur ce sujet. »"}
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Par le passé, un tel alignement des dirigeants européens avec la société civile mondiale a permis d'obtenir de fortes avancées internationales, en dépit de l'opposition des Etats-Unis et de Chine - ce fut le cas par exemple pour le traité international interdisant le commerce des mines antipersonnel, en 1997.\n\nEn cette période de crise, les luttes contre la faim, la pauvreté, les pandémies et le dérèglement climatique exigent plus que jamais une action urgente de la part des dirigeants de la planète. Dans le même temps, en Europe et dans les pays pauvres, la crise économique provoquée par le secteur financier contraint les gouvernements à réduire brutalement les déficits budgétaires. Une taxe sur les transactions financières générerait jusqu'à plusieurs centaines de milliards d'euros par an, et permettrait de tenir les promesses de la communauté internationale en matière de développement et de climat.\n\nCes derniers mois, de nombreux dirigeants, en particulier en Europe, ont exprimé la volonté de taxer les transactions financières. Le leadership du couple franco-allemand lors des Sommets de l'UE et du G20 sera clé pour amener le reste de la communauté internationale à la mise en œuvre de la TTF.\n\nNéanmoins, les associations françaises et allemandes rappellent que l'UE a également la possibilité de taxer les transactions financières de manière unilatérale, dans l'éventualité où des pays du G20 comme la Chine ou des États-Unis refuseraient obstinément une FTT mondiale. Taïwan, par exemple, dispose déjà d'une taxe unilatérale sur l'ensemble des transactions financières, y compris les produits dérivés exotiques. Le sommet de l'UE de ce jeudi 17 juin doit s'engager à avancer vers la mise en place de la TTF dans l'UE, même si les pays du G20 ne parviennent pas à un accord.\n\nLes gouvernements ont mobilisé des centaines de milliards d'euros pour sauver les banques et le système financier. Plutôt que de réduire les dépenses sociales, l'aide aux pays pauvres et l'action climatique, dans une tentative désespérée de rembourser les spéculateurs, le moment est venu de taxer les spéculateurs responsables de la crise.\n\nOrganisations françaises signataires\nAttac France, Care France, Centre de recherche et d'information pour le développement (CRID), Coalition Plus, Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD- Terre Solidaire), Coordination Sud, Fédération syndicale unitaire (FSU), Oxfam France, Réseau Action Climat, Réseau Foi et Justice Afrique Europe, Secours catholique-Caritas France, WWF France\n\nContacts presse :\nAttac France : Thomas Coutrot, \n06 24 56 79 32 / thomascoutrot@gmail.com\nCoalition Plus : Khalil Elouardighi, \n06.33.20.74.66 / kelouardighi@coalitionplus.org\nCCFD - Terre Solidaire : Véronique de La Martinière,\n01 44 82 80 64 / v.delamartiniere@ccfd.asso.fr\nCoordination Sud : Marie Bessières, \n01 44 72 87 14 / bessieres@coordinationsud.org\nOxfam France : Magali Rubino, \n06 30 46 66 04 / mrubino@oxfamfrance.org\n\n\nLes organisations allemandes signataires sont celles rassemblées dans la plate-forme Steuer gegen armut.\n\n\nContacts Presse : \nJoerg Alt,\nTel. (+49 911) 2346-189\nFax (+49 911) 2346-161\njoergaltsj@gmail.com\nAttac Allemagne\nFrauke Distelrath\nMobil (0179) 51 46 079\npresse@attac.de"}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/linsecurite-alimentaire-saccroit/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/linsecurite-alimentaire-saccroit/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"L’insécurité alimentaire s’accroît","datePublished":"2012-06-14T16:13:00+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/linsecurite-alimentaire-saccroit/"},"wordCount":1139,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Accaparement des terres"],"inLanguage":"fr-FR","description":"Les règles du commerce international, sous l’égide de l’OMC ne garantissent plus l’alimentation pas chère pour tous. Aujourd’hui des Etats comme la Lybie, les Etats des émirats arabes, la Chine ont ainsi mis en place des fonds dits souverains pour acquérir massivement des terres arables pour garantir leur approvisionnement. On parle même de géopolitique des terres arables.\n\n\n\n\nAcheter des biens de consommation plutôt que d’investir dans l’agriculture\n\n\nNombre de pays ont eu comme stratégie d’acheter des biens de consommation plutôt que d’investir dans l’agriculture, ayant accès à bas prix à l’alimentation, grâce aux subventions du Nord et aux règles iniques de l’OMC, des accords bilatéraux ou multilatéraux toujours édictées au détriment des agricultures locales. La dernière crise alimentaire a éclaté non pas due au manque de production mais à un jeu purement spéculatif sur les marchés de matières premières agricoles, pour « compenser » la crise du crédit immobilier ; d’autres facteurs comme le réchauffement climatique, les agro carburants… ont accentué le phénomène. Les prix des produits de base (riz, blé, sucre) ont alors augmenté fortement et brutalement, touchant les plus pauvres surtout dans les centres urbains, d’où les émeutes de la faim de 2007/2008. Cette crise alimentaire a obligé de nombreux pays à repenser leur stratégie alimentaire. En effet, leur stabilité politique a été menacée et leurs factures d’importations alimentaires ont explosé.\n\nLa Chine aurait acquis 2,8 millions d’ha en République Démocratique du Congo pour créer la plus grande plantation du monde de palmiers à huile, ,la Corée du Sud, 690.000 ha au Soudan pour produire du blé, les Émirats Arabes Unis plus de 400.000 ha toujours au Soudan dans le même but, les 100.000 ha que le Président malien Amadou Toumani Touré a octroyé à la Lybie dans le delta intérieur du Niger pour produire des céréales destinées à son pays,à chaque fois aux dépens des paysannes et paysans.\n\nLes émeutes de la faim qui, en 2007/2008, ont secoué de nombreux pays du sud – notamment le Burkina Faso – ont (re)mis la question de la production de denrées alimentaires et de l’accès aux terres agricoles au cœur de l’actualité.\n\n\nConséquence directe de la crise alimentaire 2007-2008\n\n\nLe phénomène d’accaparement des terres dans les pays du Sud, illustré par le cas médiatique de Madagascar ayant projeté de louer prés de la moitié de ses terres agricoles à l’entreprise coréenne Daewoo, est une conséquence directe de la crise alimentaire 2007-2008. En effet, la hausse brutale ainsi que la volatilité record des cours mondiaux ont effrayé les pays structurellement importateurs et disposant de réserves de devises (pays du Golfe, tigres asiatiques, Chine,…) qui avaient jusque-là recours au marché mondial pour s’approvisionner. Face aux prévisions d’une hausse des prix durable, et en l’absence de politiques et d’outils internationaux de régulation des marchés mondiaux, ces pays font aujourd’hui le choix de diversifier leur approvisionnement en ayant recours à l’achat de terre à l’étranger et à leur mise en culture pour leurs propres besoins. Ce phénomène est appelé à continuer et s’étendre dans les prochaines années, souvent au détriment des populations rurales locales. Le CCFD-Terre Solidaire soutient ses partenaires engagés sur le terrain dans la défense des agricultures familiales et vivrières face à l’extension des monocultures et de l’agrobusiness, mais aussi à travers des campagnes telles que « le soja contre la vie » (2006) ou « les agrocarburants, ça nourrit pas son monde » (2008). Il mène également un plaidoyer auprès des pouvoirs publics et européens ou auprès des institutions internationales en faveur d’une régulation mondiale des marchés.).\n\nParallèlement, la crise financière poussait les investisseurs à rechercher des placements dans des valeurs refuges – dont le foncier et les denrées alimentaires – tandis que la crise climatique et la flambée des prix du pétrole amenaient nombre d’états parmi les plus développés à encourager la production d’agrocarburants.\n\nC’est ainsi que, ces dernières années, des états soucieux d’assurer la sécurité alimentaire de leur population, mais aussi des multinationales de l’agroalimentaire, des producteurs d’agrocarburants et des opérateurs économiques privés à la recherche de placements juteux, ont acquis d’immenses étendues de terres agricoles (45 millions d’hectares rien qu’en 2009, selon la Banque Mondiale), notamment en Afrique subsaharienne, mais aussi en Amérique latine et en Asie du Sud-est – modalité favorite des acquéreurs, la location de terre sur des baux s’étendant de 20 à 50 ans est particulièrement à l’honneur aux Philippines qui, toujours selon la BM « sont l’un des hot spot régionaux du leasing de terres ».\n« Néocolonialisme agraire »\n\nCe « néocolonialisme agraire » (selon l’expression de Jacques Diouf, secrétaire général de la FAO) trouve, hélas, des relais locaux, tant chez les gouvernants des états cibles – qui voient (ou font semblant de voir) dans les investissements étrangers la potion magique qui mettra un tigre dans leur moteur – que chez des hommes d’affaires ou fonctionnaires locaux trop souvent disposés, en échange d’avantages sonnants et trébuchants, à jouer les intermédiaires – c’est le Bénin qui, à ce propos, nous servira d’exemple.\n\nPourtant, si dans les eaux glacées du calcul économique, la terre est une « commodity » comme les autres, pour des millions de femmes et d’hommes de notre planète c’est un espace vital dont seule la violence – parfois la plus extrême, comme en Colombie – peut réussir à les chasser.\n\nMais ces petits producteurs, pêcheurs artisanaux, communautés indigènes résistent. En témoignent, au Brésil, les 25 ans de luttes du Mouvement des Sans Terre ou les mobilisations contre la construction de barrages qui vont inonder des dizaines de milliers d’hectares de forêt amazonienne, et au Pérou, les conflits opposant des communautés indigènes aux multinationales pétrolières ou minières opérant sur leurs territoires.\n\nMieux, ces petits producteurs, pêcheurs artisanaux, communautés indigènes, non contents de tirer de la terre (et de l’eau) leurs moyens de subsistance, contribuent également à la préservation de l’environnement et produisent l’essentiel des aliments consommés dans le monde.\n\nLeur combat est aussi le notre ! Proclament de nombreuses organisations internationales. Et, après Dakar et l’Appel contre l’accaparement des terres, voici que se prépare, en Inde, une immense Marche pour la justice, le droit à l’alimentation, à la terre, à l’eau, aux semences, aux forêts."}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/soiree-a-linstitut-du-monde-arabe/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/soiree-a-linstitut-du-monde-arabe/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Soirée à l&rsquo;Institut du monde arabe","datePublished":"2013-10-24T17:46:29+00:00","dateModified":"2024-12-10T13:23:03+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/soiree-a-linstitut-du-monde-arabe/"},"wordCount":145,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Paix et vivre ensemble"],"inLanguage":"fr-FR","description":"Une soirée à l’Institut du monde arabe (IMA), pour la Journée internationale des droits de l’Enfant sera organisée le mercredi 20 novembre 2013 à 19h.\n\nOuverte au public, la soirée de clôture du concours 1001 cartes pour les enfants de Syrie se déroulera en présence des personnalités du jury à l'Institut du Monde arabe, à l'occasion de la Journée mondiale des droits de l'enfant. Elle s'articulera autour de l'annonce de la délibération du jury, de la projection des diaporamas des cartes gagnantes et des créations des artistes qui ont soutenu le projet, de la présentation des actions à venir destinées aux enfants syriens, et s’achèvera sur un temps musical et poétique avec la participation de la cantatrice syrienne Noma Omran.\n\nInscription obligatoire"}
{"@context":"https://schema.org","@type":"WebPage","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/soiree-a-linstitut-du-monde-arabe/","url":"https://ccfd-terresolidaire.org/soiree-a-linstitut-du-monde-arabe/","name":"Soirée à l'Institut du monde arabe - CCFD-Terre Solidaire","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#website"},"datePublished":"2013-10-24T17:46:29+00:00","dateModified":"2024-12-10T13:23:03+00:00","description":"Une soirée à l’Institut du monde arabe (IMA), pour la Journée internationale des droits de l’Enfant sera organisée le mercredi 20 novembre 2013 à 19h.","inLanguage":"fr-FR"}
{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/vivre-sans-essence-et-sans-viande/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/vivre-sans-essence-et-sans-viande/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Vivre sans essence et sans viande ?","datePublished":"2015-07-09T14:59:00+00:00","dateModified":"2021-12-08T15:26:45+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/vivre-sans-essence-et-sans-viande/"},"wordCount":875,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"inLanguage":"fr-FR","description":"Peut-on aujourd’hui vivre sans essence et sans viande ? Cette question peut paraître surprenante : pour certains cela semble impossible, pour d’autres cela peut se vivre comme une réalité subie, pour d’autres encore cela peut sembler une évidence, relever d’un choix conscient de mode de vie. \nPourtant c’est le type de questions que les enjeux environnementaux nous incitent à envisager sérieusement. Car par nos modes de vie, de production et de consommation, nous contribuons collectivement aux changements climatiques.\n\n\n\nLes activités humaines entraînent une augmentation des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES) présents dans l’atmosphère. \nLeur forte concentration amplifie le phénomène naturel de l’effet de serre et contribuent à une hausse des températures (+0,85°C en moyenne depuis 1880) [[Selon les scénarios du GIEC les plus pessimistes (soit une prolongation du niveau d’émission actuel), les températures pourraient augmenter de 4,8°C en moyenne d’ici 2100. Ce réchauffement n’est pas uniforme : une moyenne globale de +4°C signifie que l’on pourrait avoir plus de 10°C aux hautes latitudes de l’hémisphère Nord.]] . \nLes conséquences sont déjà à l’œuvre et risquent de s’intensifier : montée des eaux [[+19 cm entre 1901 et 2010, + 82cm d’ici 2100 si la trajectoire actuelle des émissions est maintenue.]] , acidification des océans, récurrence des sécheresses et changement du régime des pluies, fragilisation des écosystèmes… \nAfin de limiter ces effets le GIEC [[Groupe d’experts Intergouvermental sur l’Evolution du Climat]]  recommande de ne pas dépasser une hausse des températures de 2°C. Cet objectif nécessite une réduction drastique de nos émissions de GES – de 40 à 70% d’ici 2050 au plan mondial. Il ne pourra être atteint que si on change dès aujourd’hui nos politiques et nos modes de vie. \n\n\n\n\"S'il faut dire la vérité, le vrai riche n'est pas celui qui a beaucoup amassé, mais celui qui n'éprouve pas le besoin de beaucoup de choses; le vrai pauvre n'est pas celui qui ne possède rien, mais celui qui convoite tout : telle est la définition de la pauvreté et de l'opulence\" Saint Jean Chrysostome\n\nChangements climatiques au quotidien\n\nAfin de permettre aux populations vulnérables et aux générations futures de répondre à leurs besoins, nous devons agir maintenant. \nRéduire nos émissions implique de revenir aux causes structurelles du problème : la plupart des économies fonctionne grâce à la combustion d’énergies fossiles (le pétrole, le charbon et le gaz), utilisés pour la production d’énergie, le chauffage, l’industrie, les transports… \nAu niveau mondial, ces différents postes représentent les principaux émetteurs de GES [[Ces secteurs représentent respectivement 26%, 19% et 31% des émissions mondiales de GES.]]. \n\nNos économies occidentales, basées sur le postulat d’une croissance infinie, surconsomment des biens et services  dont la production, l’acheminement, ou encore le conditionnement utilisent de l’énergie. \nPrenons le cas des appareils électriques : malgré la mise sur le marché de produits moins énergivores, la course à la consommation et l’extension des besoins tendent à accroître la demande d’énergie. \nLa multiplication des appareils électroniques au sein des foyers, consoles de jeux, ordinateurs, tablettes, smart phone et autres « box » ont ainsi quasiment réduit à néant les baisses de consommation énergétique des produits électro-ménagers, comme les réfrigérateurs, lave-linge ou autres lave vaisselles qui sont devenus moins gourmands en électricité (par exemple tous les appareils ménagers étiquetés A+ et au-delà). \nAutre exemple, les émissions liées aux loisirs et à la culture en France ont augmenté de 150% entre 1990 et 2007 ! \n\nAinsi, le nombre et le type de produits que nous acquérons, la façon dont nous nous chauffons, nous déplaçons ou nous éclairons peuvent avoir un impact fort sur le climat.  \n\nDe même, la façon dont nous nous alimentons est très importante. Certains types et modes de production agricoles sont fortement émetteurs, par leur utilisation massive de fertilisants, de pesticides, et la consommation d’énergie liée à leurs équipements. L’élevage animal est responsable de 18% des GES mondiaux, par la déforestation qu’il engendre pour produire le soja destiné au bétail et par les flatulences des ruminants. \nAinsi, une simple substitution hebdomadaire de la consommation de viande par une alternative végétale, suivant les recommandations de l’Ecole de santé publique d’Harvard, réduirait de 36% les émissions de gaz à effets de serre de la production alimentaire.\n\n\nAu-delà de notre quotidien \n\nTrop souvent donc, nos pratiques quotidiennes sont déconnectées de leur impact sur notre prochain.  \n\nMais, au-delà de notre responsabilité en tant que consommateurs, l’urgence climatique révèle certaines failles du système mondial : les biens communs sont souvent accaparés par un petit nombre ;  l’usage des ressources naturelles se fait sans considération de la finitude terrestre ; les choix politiques, nationaux ou  internationaux, sont souvent guidés par les intérêts du secteur privé et ne répondent pas à la nécessité d’une véritable transition écologique et sociale. \nL’urgence climatique nous interpelle donc également en tant que citoyens."}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/la-jeunesse-un-atout-pour-lafrique/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/la-jeunesse-un-atout-pour-lafrique/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"La jeunesse, un atout pour l’Afrique","datePublished":"2013-08-04T09:41:00+00:00","dateModified":"2024-09-25T15:46:00+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/la-jeunesse-un-atout-pour-lafrique/"},"wordCount":1253,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Afrique subsaharienne","Décryptage","Jeunesse"],"articleSection":["Decryptage"],"inLanguage":"fr-FR","description":"L’Afrique a la population la plus jeune de la planète. Opportunité majeure pour la prospérité, le poids démographique de la jeunesse pourrait bien se transformer en cauchemar si rien n’est fait rapidement pour répondre à ses besoins et aspirations.\n\nLes évolutions démographiques avancent au galop en Afrique. Sa population croît plus vite que celle de n’importe quelle autre région du monde. Elle compte 70 millions d’enfants de plus qu’il y a dix ans et les projections prévoient 76 millions de jeunes de moins de 14 ans pour la décennie à venir. Un profil démographique unique qui aura de profondes conséquences.\n\nEn effet, avec 40 % de la population âgée de moins de 15 ans – alors que la proportion des plus de 60 ans se limite à 5,5 % –, le continent bénéficie d’une opportunité formidable pour assurer son développement. Le « miracle économique » de l’Asie de l’Est il y a trente ans, est l’exemple le plus frappant de l’impact potentiel de cette « révolution démographique » qui stimule la croissance économique.\nL’opportunité historique du « dividende démographique »\nDésormais, la plupart des pays africains rassemblent davantage d’adultes en âge de travailler (les 15-64 ans) que d’enfants à charge et de personnes âgées. En clair, il y a moins de personnes à faire vivre avec la même quantité de revenus et de personnes actives. Cela représente une occasion d’économiser sur les services de santé et les services sociaux, d’améliorer la qualité de l’éducation, d’assurer la productivité économique, de renforcer les investissements dans la technologie et les compétences et de créer la richesse nécessaire pour faire face au vieillissement futur de la population qui, lui aussi, sera très rapide.\n\nLes économistes appellent ce phénomène le « dividende démographique ». Ce « bonus » finira par se tarir avec le vieillissement de la population active, mais cette période peut durer encore plusieurs décennies.\n\nAlors que la fécondité diminue dans les grandes villes africaines et dans les milieux instruits, les démographes constatent que le continent n’a toujours pas atteint le niveau maximal de sa population jeune. Cela s’explique par un taux de fécondité qui demeure le plus élevé au monde (les femmes ont chacune, en moyenne, 5,5 enfants).\n\nPar ailleurs, exception faite des pays comme le Lesotho, le Swaziland ou le Botswana, l’épidémie de sida n’a pas eu un effet majeur sur le volume total de la population ou sur sa structure d’âge. (Selon l’Onusida, les décès liés au sida ont diminué de plus de 25 % dans le monde entre 2005 et 2011 et le nombre de nouvelles infections au VIH a été réduit de façon spectaculaire depuis 2001, notamment en Afrique subsaharienne de 70 % ; au Malawi et au Botswana, 68 % en Namibie, 58 % en Zambie, 50 % au Zimbabwe et 41 % en Afrique du Sud et au Swaziland.)\n\nCependant, le changement démographique n’est pas le seul facteur qui forgera le développement de l’Afrique. Si l’on se fonde sur l’expérience asiatique, le boom économique a été rendu possible grâce à des politiques volontaristes et à la conjugaison de divers facteurs : une amélioration des taux de scolarisation associée à la qualité de l’éducation, un système de santé robuste, des conditions économiques propices à la croissance et l’emploi, mais aussi une disponibilité généralisée de la planification familiale et son acceptation sociale.\n\nLes jeunes de 15-24 ans sont quelque 200 millions, un chiffre qui devrait doubler d’ici 2045. Or, environ 60 % des chômeurs africains se situent dans cette même tranche d’âge, dont plus de la moitié sont des femmes qui ont abandonné toute recherche d’emploi. « L’Afrique fait l’expérience d’une augmentation du chômage des jeunes. C’est une réalité inacceptable pour un continent qui a une telle ressource de jeunesse, de talent et de créativité », a déclaré Lamin Barrow, représentant à Addis Abeba de la Banque africaine de développement, lors de la présentation publique de l’édition 2012 des « Perspectives économiques de l’Afrique ».\n\nConsacré, cette année, à la « Promotion de l’emploi des jeunes » , le rapport enjoint les gouvernements africains à changer de perspectives sur le secteur informel et les zones rurales. Autrement dit : renforcer le secteur formel, accroître les compétences et créer des emplois à la campagne.\nÉducation-formation-emploi : un triptyque incontournable\nAu Nigeria, au Mozambique et au Burundi, plus de 60 % des jeunes gagnent moins d’1,25 dollar par jour.\nLes experts de l’Africa Progress Panel  insistent eux aussi sur l’urgence d’agir en faveur de l’emploi des jeunes estimant que les 15-24 ans seront 246 millions d’ici 2020 (contre 133 millions au début du siècle). Il faudrait donc créer 74 millions d’emplois, et ce, uniquement pour contenir la croissance du chômage des jeunes. Le défi est immense.\nMais certains inidcateurs prêtent à l'optimisme. De fait, dans cette partie de l’Afrique, certains pays (comme la Gambie, la Zambie, le Mozambique, le Ghana) enregistrent des taux de croissance avoisinant les 8 %, et ce, malgré les répercussions du « Printemps arabe » et la crise de l’Eurozone. Les économies subsahariennes devraient poursuivre sur leur lancée, les estimations tablent sur une moyenne de 5 % de croissance annuelle pour les deux années à venir.\nPourtant, le continent reste la lanterne rouge du classement de l’Indice de développement humain (IDH), même s’il arrive deuxième pour la rapidité de progression sur la période 2000-2011.\nEn effet, les pays africains s’enrichissent, mais toute une partie de leurs citoyens demeurent les laissés-pour-compte de la croissance. Le fossé se creuse entre les plus riches et les plus pauvres et l’émergence d’une classe moyenne reste encore fragile. Si elles persistent, l’inégalité des chances et l’injustice sociale saperont les progrès réalisés.\nUne partie de la crise du chômage des jeunes vient de l’inadéquation entre les formations dispensées – systèmes éducatifs trop théoriques, magistraux et désuets – et les compétences exigées par les employeurs. Certes, les jeunes sont de plus en plus nombreux à recevoir une éducation secondaire et la tendance s’affirmera : 59 % des 20-24 ans en bénéficieront d’ici 2030, contre 42 % actuellement, estiment les experts des « Perspectives économiques de l’Afrique ».\nMais pour l’heure, 39 % des hommes âgés de 17 à 22 ans ont suivi moins de deux années d’études en Éthiopie (60 % des filles), 43 % au Sénégal (57 % des filles) et 7 % au Kenya (9 % des filles), rappelle l’Unesco.\n\nL’accès à l’éducation n’est pas seul en jeu. Les inégalités flagrantes entre villes et campagnes, entre garçons et filles, entre sédentaires et nomades, se conjuguent avec des disparités entre la qualité de l’enseignement public et celle du privé.\n\nDes sociétés à deux vitesses sont en train de se former via l’école, notamment. Or, l’accroissement des inégalités et la marginalisation des jeunes de la vie publique, économique et politique, rendront les pays plus vulnérables à l’instabilité sociale et politique. Le phénomène d’urbanisation rapide du continent se chargera d’amplifier ces effets.\nLe renversement des gouvernements tunisiens et égyptiens rappelle que la force déstabilisatrice d’une jeunesse frustrée, oubliée et manipulable reste une réalité."}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/enfants-des-rues/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/enfants-des-rues/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Enfants des rues","datePublished":"2006-07-05T00:00:00+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/enfants-des-rues/"},"wordCount":214,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"inLanguage":"fr-FR","description":"Victimes de la misère, des guerres ou exploités, des millions d'enfants sont aujourd'hui privés d'un avenir digne. 150 millions souffrent de malnutrition, 100 millions d'enfants en âge de fréquenter l'école en sont exclus, dont 60 % de filles.\n\n\n\nLivrés à eux-mêmes, les enfants des rues grandissent sans famille. Certains sont contraints de travailler, d'autres deviennent des cibles faciles de l'exploitation sexuelle. Dans le domaine de la santé, de nombreuses maladies ont été éradiquées, mais plus de 10 millions d'enfants de moins de 5 ans meurent encore de maladies évitables ou de malnutrition. La protection des enfants vulnérables ou en danger accompagne naturellement le combat contre la pauvreté et pour le développement. Nos priorités \n\n Trouver les méthodes pour assurer un minimum de scolarisation et d'insertion sociale pour les enfants des rues afin de leur donner une chance d'en sortir. \n\n\n\n Aider les familles contraintes par la misère de mettre leurs enfants au travail, défendre leurs droits, et les scolariser pour garantir leur avenir. \n\n\n\n Protéger et réinsérer les enfants victimes d'exploitation sexuelle ou de trafics humains.\nPlus de 10 % des projets soutenus par le CCFD-Terre Solidaire sont directement liés à l'enfance et à la jeunesse."}
{"@context":"https://schema.org","@type":"WebPage","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/enfants-des-rues/","url":"https://ccfd-terresolidaire.org/enfants-des-rues/","name":"Enfants des rues - CCFD-Terre Solidaire","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#website"},"datePublished":"2006-07-05T00:00:00+00:00","description":"Victimes de la misère, des guerres ou exploités, des millions d'enfants sont aujourd'hui privés d'un avenir digne. 150 millions souffrent de malnutrition,","inLanguage":"fr-FR"}
{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/elie-maroun-liban/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/elie-maroun-liban/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Elie Maroun, Liban","datePublished":"2006-08-05T00:00:00+00:00","dateModified":"2021-12-08T11:37:23+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/elie-maroun-liban/"},"wordCount":319,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"inLanguage":"fr-FR","description":"Le Liban est le champ d'expérimentations des puissances qui veulent modeler le Moyen Orient selon leurs conceptions.\n\n\n\n\n\nLe Liban meurtri\n\n\nLe 5 août \n2006\n\nExtrait\n[...]\n\n\nEn pleins combats et négociations, on observe en ce moment même que les \nconditions d'un « conflit durable » ou au moins d'une mèche pour un futur départ \nde feu sont en train de s'installer :\n\n &nbsp;Les Américains ne veulent pas \ntraiter la question des fermes de Chebaa en préconisant de régler le problème, \nnon pas avec l'occupant Israélien, mais avec l'&nbsp;(ex)tuteur syrien ! \n&nbsp;Les Israéliens affirment avoir le droit d'intervenir au Liban même après \nl'installation d'une force internationale. &nbsp;L'armée israélienne \naffiche enfin un objectif clair : occuper de nouveau le Liban-Sud jusqu'au \nfleuve Litani... en attendant l'arrivée d'une force internationale ! Quel \nheureux hasard géographique, ce fleuve qui se trouve à distance inégale de la \nfrontière (entre 5 et 20 Km) constituerait pour Israël une ligne de sécurité \nmilitaire, sachant que les missiles du Hezbollah peuvent atteindre 150 Km !... \nIl ne s'agirait pas plutôt d'une sécurité « fluviale » pour lui ? \n\n\nVoici peut-être quelques causes pour de prochaines guerres locale, régionale \nvoire mondiale ou, au minimum, une prolongation du conflit de par le nouvel \nélément d'occupation d'une nouvelle terre libanaise ; car toute occupation \nentraîne logiquement une résistance.\n\n\nEn attendant, plus de victimes libanaises mais israéliennes aussi, plus de \ndestructions d'infrastructures vitales au Liban, plus de colère se transformant \nde plus en plus en haine et surtout de moins en moins d'espoir de Paix dans \ncette région.\n\n\nElie Maroun est libanais.\nPartenaire du CCFD il dirige \nl’association Les Cités - Interrives\n\n\nLire l'intégralité du texte"}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/niger/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/niger/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Niger","datePublished":"2009-07-05T00:00:00+00:00","dateModified":"2024-09-25T15:23:27+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/niger/"},"wordCount":679,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"inLanguage":"fr-FR","description":"Le Nord du Niger, frontalier de l'Algérie, de la Libye et du Tchad, est le théâtre d'affrontements meurtriers entre l'armée gouvernementale et les rebelles touareg depuis février 2007. \n\n\n\nLe Mouvement Nigérien pour la justice, réclame une meilleure application des accords de 1995, qui avaient mis fin à la révolte touareg, en particulier de ses volets économiques et sociaux en faveur des populations du Nord. Il revendique également une meilleure insertion des Touareg dans l'armée, les corps paramilitaires et le secteur minier local. Des mines terrestres sont posées par le MNJ (Mouvement Nigérien pour la justice) dans toute la région ce qui ne facilite pas le travail des humanitaires auprès des 20 000 personnes concernées par les combats larvés entre le MNJ et l'armée nigérienne. Le gouvernement nigérien prend des mesures pour multiplier les contrôles, rendre difficile l'accès de la zone et limite l'activité des médias pour rendre compte de la situation. Les autorités refusent de reconnaître ce mouvement comme un groupe rebelle et qualifie ses membres de « bandits armés » ou de trafiquants de drogues, d'armes et de cigarettes et souhaite que l'intégrité territoriale soit respectée. Pour les nigériens, le retour de l'insécurité au nord du pays est comme un vieux cauchemar. Le sentiment nationaliste s'exacerbe d'autant plus que les appétits étrangers pour le pétrole et l'uranium dont regorge cette région seraient, dit-on, au cœur de ces attaques. La renégociation avec Areva -installée dans la zone de conflit- pour l'exploitation minière avec une contribution de 50% sur les bénéfices par le gouvernement nigérien démontre la volonté de ce dernier de ne plus laisser piller ces ressources, sans pour autant donner des garanties sur la répartition de ces ressources au profit des nigériens les plus défavorisés. Le respect des échéances électorales de 2009 (législatives et présidentielles) est déterminant pour consolider les acquis démocratiques, le conflit au Nord pourrait faire reporter ces élections et le pays rentrerait dans une période d'instabilité avec les conséquences déjà connues : fin du droit d'expression - déjà en vigueur pour la région touareg, division de la société civile etc..\n\nUne vision « moderne » de l'agriculture\nAprès la crise alimentaire de 2005 / 2006, la relance de l'agriculture et des périmètres irrigués est devenue une priorité de l'Etat. Le premier ministre a annoncé récemment que le défi de la production et du rendement est énorme pour le Niger où les petites exploitations familiales représentent plus de 84 % des unités de production et contribuent à hauteur de 40 % à la formation du Produit intérieur brut. \"Les pays comme le nôtre doivent abandonner le système désormais obsolète de l'exploitation familiale traditionnelle au profit des fermes agricoles modernes pour la promotion d'une agriculture diversifiée et compétitive, capable d'assurer d'une part la souveraineté alimentaire, d'autre part, d'améliorer de manière substantielle les revenus des producteurs ruraux, tout en agissant sensiblement sur la balance commerciale\", a-t-il indiqué. Un effort financier important est donc fait en faveur de l'agriculture, principale ressource avec l'élevage pour contenir l'insécurité alimentaire notamment due à une pression démographique qui reste une des plus élevées du continent. \nContrairement à certaines positions des bailleurs de fonds dont l'AFD (Agence française de développement), le Niger espère bien pouvoir moderniser son agriculture en faisant appel aux investisseurs privés en particulier sur la riziculture et les agro carburants, remettant ainsi en cause l'approche défendue par les organisations paysannes.\n\nPrésent au Niger depuis près de 40 ans, le CCFD-Terre Solidaire travaille beaucoup avec les bureaux et services d’Eglise. Il soutient aussi Mooriben-Fédération des unions des groupements de paysans du Niger."}
{"@context":"https://schema.org","@type":"WebPage","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/niger/","url":"https://ccfd-terresolidaire.org/niger/","name":"Niger - CCFD-Terre Solidaire","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#website"},"datePublished":"2009-07-05T00:00:00+00:00","dateModified":"2024-09-25T15:23:27+00:00","description":"Le Nord du Niger, frontalier de l'Algérie, de la Libye et du Tchad, est le théâtre d'affrontements meurtriers entre l'armée gouvernementale et les","inLanguage":"fr-FR"}
{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/jose-boeing-bresil/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/jose-boeing-bresil/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"José Boeing, Brésil","datePublished":"2007-05-17T00:00:00+00:00","dateModified":"2021-12-08T15:29:12+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/jose-boeing-bresil/"},"wordCount":573,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Accaparement des terres","Amérique Latine / Caraïbes"],"inLanguage":"fr-FR","description":"José Boeing est avocat et conseiller juridique de la Commission pastorale de la terre (CPT) de l’épiscopat brésilien. Il s’occupe de formation juridique de militants. La CPT défend un modèle alternatif d'exploitation des ressources de l'Amazonie.\n\n\n\n\n\n\nJosé Boeing, Brésil\n\nJosé Boeing est avocat et conseiller juridique de la Commission pastorale de la terre (CPT) de l’épiscopat brésilien. Il s’occupe de formation juridique de militants. La CPT, partenaire du CCFD, a été créée en 1975 pendant la dictature pour défendre la justice sociale lors des conflits de la terre en Amazonie.\n \n\n\nParis, le 17 mars 2007\n\n\n\nTradition profondément ancrée, le destin de l’Amazone, c’est hélas depuis longtemps le pillage de ses ressources. Ça a commencé par le bois, on a poursuivi avec les richesses minérales, puis le soja est venu détruire la forêt. Maintenant, c’est l’exceptionnelle biodiversité de l’Amazonie qui intéresse les grandes multinationales, pour la découverte de médicaments nouveaux.  \nCependant, la coordination des luttes s’est beaucoup renforcée ces dernières années. Le Front de défense de l’Amazonie (qui regroupe une centaine de syndicats, des Églises, des mouvements sociaux et estudiantins, des groupes de femmes, des associations d’agriculteurs... issus d’une douzaine de communes de l’Ouest de l’État du Pará) défend une stratégie précise : tout d’abord, renforcer ce front citoyen, car il n’est pas facile de faire sortir chacun du pré carré de ses revendications traditionnelles ; ensuite revendiquer le droit, prévu dans la Constitution, que les ressources naturelles locales profitent d’abord aux populations qui vivent sur place — riverains des cours d’eau, villages indigènes ou noirs, descendants de communautés d’esclaves émancipés...\n\n\n  Combattre l'impunité\n\nNous voulons que les pouvoirs publics installent les paysans sans terre, crée des aires d’exploitation durable de la forêt — des \"réserves extrativistes\", qui ont montré leur pertinence depuis des décennies — exploitées en respectant les équilibres de la forêt, démarque les terres indigènes, promeuvent une véritable politique de développement durable. Et bien sûr qu’il combatte l’impunité, fléau de cette région : l’Amazonie, d’où l’État est absent, est le royaume de la falsification des titres de propriété, de l’expulsion des petits propriétaires par la violence, de l’exploitation illégale des terres, etc. Tout cela fragilise en permanence la situation des paysans et de nos projets. Qui sait qu’un hectare de forêt exploité durablement est plus productif qu’un hectare de soja ? La mort de la forêt signe la nôtre.  \nNous avons déjà marqué des points, en démontrant que nous savons produire en forêt — de l’huile de copaiba ou d’andiroba, cultiver des plantes médicinales, des fruits… —, avec un modèle d’économie solidaire et respectueux de l’environnement. Et au plan légal, nous avons obtenu du Tribunal fédéral suprême l’obligation par la multinationale agro-alimentaire Cargill de procéder à une étude environnementale pour son gigantesque terminal céréalier de Santarém sur l’Amazone. Et depuis 2005, une vingtaine d’importants falsificateurs de titres de propriété ont été mis en prison, une première.\n\n\n\nPropos recueillis par Patrick Piro"}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"WebPage","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/les-ogm/","url":"https://ccfd-terresolidaire.org/les-ogm/","name":"Les OGM - CCFD-Terre Solidaire","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#website"},"datePublished":"2006-12-06T17:48:00+00:00","dateModified":"2023-06-19T12:44:41+00:00","description":"L’ultime avatar technologique. Le soja est l’une des premières plantes dont des variétés transgéniques ont été mises au point. Elles constituent","inLanguage":"fr-FR"}
{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/algerie/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/algerie/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Algérie","datePublished":"2006-07-05T00:00:00+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/algerie/"},"wordCount":222,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"inLanguage":"fr-FR","description":"Avec 35 millions d’habitants, le pays le plus peuplé du Maghreb est aussi le plus riche, grâce au gaz et au pétrole. Après la décennie 90 marquée par le terrorisme, l'Algérie a renoué avec la paix civile, sous un régime démocratique mais autoritaire et miné par la corruption. \n\n\n\nLe président Bouteflika a tenté d'apaiser les tensions par une politique dite de concorde mais le Groupe Al-Qaeda au Maghreb islamique, ex-GSPC, semble bien implanté. Il serait à l'origine de plusieurs attentats réussis depuis 2007.\n\nLa deuxième puissance économique d’Afrique, avec un PIB de 135 milliards de dollars (chiffres 2007), n'a pas su utiliser la richesse pétrolière pour dynamiser son tissu industriel. Pourtant, le pays dispose de 100 milliards de réserves de change (chiffres 2007). Les hydrocarbures comptent pour 46 % dans son PIB, devant les services (28 %) et l'agriculture (8 %). L'industrie informelle représenterait le tiers du PIB.\n\nLa population ne profite pas de la manne pétrolière. Elle souffre du chômage et du manque d’infrastructures publiques. Le code de la famille maintient la femme dans l’état de mineur juridique.\n\nLe CCFD-Terre solidaire intervient en liaison avec l’Eglise d’Algérie. Il soutient ainsi le CIARA et le Collectif des familles de disparus d'Algérie."}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/les-soutiens/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/les-soutiens/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Les soutiens","datePublished":"2009-03-27T17:42:00+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/les-soutiens/"},"wordCount":458,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Régulation des multinationales","Responsabilité sociale des entreprises"],"inLanguage":"fr-FR","description":"Forum citoyen pour la RSE\nCréé en 2004, il favorise une expression convergente d’organisations de la société civile française sur la responsabilité sociale des entreprises.\nMembres : Les Amis de la Terre, Amnesty International France, Alternatives économiques, CCFD-Terre solidaire, CFDT, CGT, CRID, France Nature Environnement, Greenpeace France, LDH, Oxfam France-Agir Ici, Peuples Solidaires, Sherpa.\nwww.forumcitoyenpourlarse.org\n\nLa Plateforme Publiez Ce Que Vous Payez\nElle est la branche française d’une coalition de plus de 300 organisations de la société civile de 70 pays dont la mission est de promouvoir la transparence dans le secteur des industries pétrolières, gazières et minières comme levier d’une meilleure gestion des revenus provenant de ce secteur pour le développement des populations.\nMembres : Fund for Peace Human Rights and Business Roundtable, Global Witness (GB), Open Society Institute, Oxfam France-Agir ici, Association Sherpa (France), Collectif «  TotalFinaElf ne doit pas faire la loi «  (France), Secours catholique (France), Association Survie (France).\nwww.publishwhatyoupay.org\n\nTax Justice Network\nCréé en 200 3 lors du Forum social mondial de Porto Alegre, le Tax justice Network est composé de différentes organisations ainsi que des professionnels et des universitaires en Europe, en Afrique, et dans les Amériques. Il combine expertise, information et plaidoyer sur la fiscalité, développement et paradis fiscaux.\nwww.taxjustice.net\n\nACI (Action catholique des milieux indépendants) - ACMEC (Action catholique des membres de l’enseignement chrétien) - CMR (Chrétiens dans le monde rural) - CRID (Centre de recherche et d’informations sur le développement) - JIC (Jeunesse indépendante chrétienne) - Les Amis de la Terre - MCR (Mouvement chrétien des retraités) - MRJC (Mouvement rural de jeunesse chrétienne) - SHERPA, Association de juristes - Voir ensemble (Association pour le bien-être des personnes aveugles et mal-voyantes).\n\nLes propositions du rapport ont été élaborées dans le cadre de :\n\nLa Plateforme Paradis Fiscaux et Judiciaires www.argentsale.org\nCréée en février 2006, elle regroupe 14 syndicats, ONG et associations qui travaillent ensemble pour faire progresser la réglementation relative aux paradis fiscaux et contribuer ainsi à la lutte contre la fraude fiscale, le blanchiment d’argent et la corruption.\n\nLes membres sont : ANTICOR,  ATTAC France, CADTM, CCFD-Terre solidaire, CRID, Droit pour la justice, Eau Vive, Oxfam France-Agir ici, Réseau Foi et Justice Afrique-Europe, Secours Catholique, Caritas France, SHERPA, SURVIE, SNUI (Syndicat National Unifié des Impôts), Syndicat National de la Magistrature.\n\nECCJ, European Coalition for Corporate Justice www.corporatejustice.org\nCréé en 2005, le réseau regroupe plus de 200 organisations présentes dans 15 pays européens qui militent pour que les mécanismes de Responsabilité Sociale et environnementale des Entreprises soient basés sur un cadre juridique européen harmonisé."}
{"@context":"https://schema.org","@type":"WebPage","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/les-soutiens/","url":"https://ccfd-terresolidaire.org/les-soutiens/","name":"Les soutiens - CCFD-Terre Solidaire","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#website"},"datePublished":"2009-03-27T17:42:00+00:00","description":"Forum citoyen pour la RSE Créé en 2004, il favorise une expression convergente d’organisations de la société civile française sur la responsabilité","inLanguage":"fr-FR"}
{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/pour-mieux-comprendre/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/pour-mieux-comprendre/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Pour mieux comprendre","datePublished":"2010-06-01T14:56:00+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/pour-mieux-comprendre/"},"wordCount":808,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Droits humains"],"inLanguage":"fr-FR","description":"Des investissements faramineux\n« En général, les infrastructures sud-africaines sont très bonnes et il est relativement facile de se déplacer de ville en ville. La Coupe du Monde 2010 de la FIFA (Fédération internationale de football association) a servi de catalyseur pour la modernisation des infrastructures et le gouvernement sud-africain continue d’investir plus de 9 milliards de rands (710 millions d’euros) pour des chantiers en cours, » se félicitait la FIFA en 2008, pour la plus grande joie des aficionados du monde entier.\n\nQuelques billets jetés à la foule\nQui accédera aux billets de la Coupe du Monde ? Sachant que le coût moyen du billet sera de 109 euros. Le plus élevé (finale en première catégorie) s’élevant à 670 euros et le moins onéreux à 15 euros (match de poule en dernière catégorie). Ce qui est moins cher qu’en Allemagne en 2006. Moins cher en valeur absolue car en valeur relative, en tenant compte des salaires les plus bas, le prix est exorbitant. Un ouvrier sud-africain gagne, en effet, autour de 230 € par mois. Anticipant les risques de contestation, les organisateurs ont cependant décidé de ventiler gratuitement 120 000 billets de dernière catégorie, soit 4 % des 3 millions de billets émis, aux « supporters de football défavorisés » (40 % de la population). Comment seront-ils choisis, sur quels critères de pauvreté ? Rien n’a été annoncé à ce sujet. On sait juste que les sponsors de l’épreuve seront associés à la communication organisée autour de l’opération.\n\nÀ qui profite la coupe ?\nLa dernière Coupe du Monde a généré 20 millions d’euros de profit pour les organisateurs allemands. Rien ne permet de dire qu’une telle marge sera engrangée en Afrique du Sud. Mais plusieurs indicateurs montrent que cet argent ne sera vraisemblablement pas distribué à ceux qui en ont besoin. Les personnes atteintes du Sida par exemple. De même, la requalification des quartiers entourant les stades ne bénéficiera pas aux anciens résidents mal logés, mais à la classe moyenne désireuse d’investir ces espaces. Reste que les différents chantiers ont donné du travail à de nombreux ouvriers qui retrouveront le chômage une fois les ouvrages réalisés. Comme le dit Michael Brand, fondateur de l’association Tembeka, « C’est une bonne initiative mais nous aurions besoin de beaucoup de coupes du monde pour changer durablement les choses. » (Dailymotion : Coupe du monde : une chance pour tous ?)\n\nÉchec ou réussite ? Question d’indicateur\nComment mesurer le succès de la prochaine Coupe du Monde ? En comptant la progression des achats de téléviseurs (+16 % en 1998 en France), le montant total de la vente des droits de retransmission par la FIFA (1 milliard d’euros en 2006), ou le niveau d’investissement des sponsors internationaux (600 millions d’euros en 2006). Tout cela semble bien éloigné des Sud-Africains. Peut-être faudrait-il plutôt évaluer le bonheur collectif (1 million de personnes sur les Champs-Élysées après la victoire en finale de l’équipe de France) ? Hélas, l’équipe nationale n’est pas en grande forme… On voit vite la limite de tels indicateurs. Certaines voix ont essayé de faire entendre que la Coupe du Monde ne serait une réussite que si elle était accompagnée d’initiatives locales et collectives, culturelles et sociales, permettant aux citoyens de la nation arc-en-ciel d’affirmer leur identité nouvelle. Elles devront probablement s’inventer toutes seules et ne compter que sur elles-mêmes car pour les acteurs du sport-business-spectacle (pourtant grands consommateurs de bénévoles !), lesdites « initiatives » ne promettent aucun retour sur investissement immédiat.\n\nL’Ubuntu pour mascotte\nAssociée à chaque mondial, une mascotte à la symbolique lourdement appuyée, destinée à envahir les boutiques de souvenir sous forme de peluches fabriquées à très bas coût en Chine et dont la revente enrichit l’entreprise qui a eu les moyens d’en négocier les royalties avec la toute puissante FIFA. La Coupe du Monde 2010 n’échappera pas à la règle. Elle aurait pu s’en passer, mettre le symbole de l’Ubuntu : un réseau de bras et de mains qui se tiennent et se soutiennent. L’Ubuntu est un concept hérité de la philosophie des tribus d’Afrique australe dans laquelle la solidarité d’une communauté (on n’est rien sans les autres ; chacun, même le plus petit est important) est essentielle. L’archevêque anglican et prix Nobel de la Paix Desmond Tutu, – qui utilisa le concept pour forger un outil antiapartheid – y ajouta une dimension de dignité humaine : si un membre de la communauté souffre, c’est toute la communauté qui souffre. Il est aujourd’hui repris par les militants des ONG sud-africaines qui combattent les inégalités et luttent pour réajuster le partage des richesses."}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/sabah-badreddine-liban/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/sabah-badreddine-liban/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Sabah Badreddine &#8211; Liban","datePublished":"2006-09-13T00:00:00+00:00","dateModified":"2021-12-08T15:36:26+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/sabah-badreddine-liban/"},"wordCount":982,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Paix et vivre ensemble"],"inLanguage":"fr-FR","description":"La société libanaise après la guerre.\n\n\n\n\n\n\nUnir la société autour de la reconstruction \n\n \n\nBeyrouth, 13 seprembre 2006\n\n\nLa situation libanaise ne peut se comprendre sans apposer des grilles de lecture régionale et internationale. L’explication tient - beaucoup l’ont relevé - au caractère multicommunautaire de la société libanaise. Le Liban est morcelé en 17 communautés embourbées dans des rapports de forces et de rivalités. Aussi, pour gagner en autorité et en force, chacune cherche à tisser des alliances à l’étranger. Ces alliances se renouvellent, se lient et se délient, ce qui complique la l’analyse. Aujourd’hui, les uns font appel à l’Iran et à la Syrie alors que d’autres se tournent vers les Etats-Unis ou la Grande Bretagne. Ces alliances injectent aujourd’hui, comme dans le passé, des intérêts régionaux et internationaux dans la vie politique et économique libanaise, en même temps qu’elles régionalisent et internationalisent les conflits internes libanais. La guerre qui vient de ravager le Liban a donné l’occasion à ces forces centrifuges de se déployer.\n \n\n\nAttiser les conflits internes \nLe facteur communautaire interne s’est en effet détaché en toile de fond du conflit transfrontalier entre Israel et le Hezbollah. L’histoire la plus récente du Liban a ainsi amenée beaucoup à craindre que ce conflit transfrontalier ne conduise à un conflit interne. Les tracts que l’aviation israélienne faisait pleuvoir sur les quartiers chrétiens cherchaient précisément à attiser ces factions communautaires pour muer le conflit transfrontalier en conflit interne ou du moins, pour greffer l’un sur l’autre. Si la guerre s’était prolongée dans la durée, je ne suis pas certaine que les libanais seraient restés soudés et que, tiraillée par des forces étrangères, chaque communauté ne se serait pas retournée contre la communauté voisine pour nous faire sombrer à nouveau dans la guerre civile.\n Il ne s’agit pas pour moi de rejeter la responsabilité des conflits libanais sur les tiers étrangers. Les Libanais et l’Etat libanais en particulier doivent prendre la mesure de leur responsabilité. La force du Hezbollah qualifiée par certains journalistes étrangers « d’Etat dans l’Etat », tient précisément aux carences de cet Etat libanais. Mon travail au sein du Mouvement social ne me permet de mesurer que les manquements de l’Etat dans le domaine social. D’autres vous diront quelles sont ces carences par ailleurs. Il reste que les Libanais n’opéreraient pas ce repli spasmodique vers leurs communautés et leurs chefs religieux si l’Etat libanais pouvait garantir leur sécurité mais aussi rendre tous les services sociaux et prendre les initiatives économiques qui incombent à l’Etat moderne.\n\n\n\nLe rôle de  l'État libanais \nDepuis le cessez le feu, avec chaque jour qui passe, l’Etat libanais manque une chance inespérée de s’affirmer dans le rôle qui doit être le sien. La reconstruction est un chantier public que l’Etat doit diriger au nom de tous les libanais et avec la participation de tous. Or, l’Etat s’en désiste alors que les leaderships communautaires s’affirment. \nLe Hezbollah distribue ainsi une aide en argent aux familles dont le logement a été détruit. Les médias en ont d’ailleurs abondement rendu compte. Or, l’allocation d’aides au logement devrait relever de l’initiative de l’Etat.\nPlus encore, au lieu de soutenir et de prendre appui sur la société civile, le fonctionnement de l’Etat en paralyse aujourd’hui les initiatives : c’est ainsi que les formalités administratives imposées par le Ministères des affaires sociales aux associations chargées de distribuer des aides aux réfugiés, ont compliqué et accru le coût de la mise en oeuvre de nos actions d’urgence. Aussi, la distribution de cargos de produits de première nécessité offerts par la France aux familles déplacées, n’a pu être entreprise par le Mouvement social, qu’après l’accomplissement de lourdes formalités (avec les retards que cela emporte) et après que nous nous soyons engagés à verser des droits de douanes ! \n\n\n\nReconstruire avec les citoyens\nQuant à la levée de l’embargo, il s’agit certes d’un élément positif. Toutefois, le redressement économique ne se suffit pas du libre échange. Des dommages considérables sont enregistrés dans le Sud, la Bekaa et le Nord. Or ces régions intensément bombardées étaient déjà parmi les plus pauvres. Elles étaient aussi les oubliées de l’Etat libanais et des efforts de reconstruction de la « première guerre ». Par des actions locales, il est indispensable de soutenir le rétablissement de petits agriculteurs et commerçants qui ont perdu leur outil de travail.\nPour prévenir leur migration massive vers les banlieues déjà pauvres et surpeuplées des grands centres urbains, il est tout aussi nécessaire de cultiver leur sentiment d’appartenance, appartenance à leur région mais aussi à l’Etat- nation : si la zone limitrophe à la frontière israélienne doit être désarmée, elle ne doit pas être désertée. Là bas comme ailleurs au Liban, il faut engager la participation de chaque citoyen et reconstruire des écoles, des hôpitaux, des jardins et des bâtiments publics.\nAussitôt après le cessez-le-feu, les familles que le Mouvement Social avait accueilies dans des écoles publiques ont tenté de regagner leurs foyers. Il appartient à l’Etat d’assurer aujourd’hui leur sécurité. Nous devons quant à nous, acteurs de la société civile, non plus distribuer des aides comme en temps de guerre, mais appuyer des actions pour un développement local et durable.\n\n \n\n \n\nSabah Badreddine\nDirectrice du Mouvement social"}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/guinee-conakry/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/guinee-conakry/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Guinée Conakry","datePublished":"2007-02-19T00:00:00+00:00","dateModified":"2024-09-25T15:23:29+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/guinee-conakry/"},"wordCount":539,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"inLanguage":"fr-FR","description":"Au bord du golfe qui porte son nom, le « château d’eau » de l’Afrique de l’Ouest n'a jamais connu de  démocratie depuis son indépendance. \n\n\n\nLa population civile a eu du mal à se construire durant les vingt-six ans de dictature de Sékou Touré, mort en 1984 puis sous la présidence de Lansana Conté. Au décès de ce dernier, fin 2008, une junte militaire conduite par le capitaine Massa Dadis Camara -le Conseil national pour la démocratie et le développement ou CNDD- s'est emparée du pouvoir, sans provoquer d'effusion de sang ni de remous. Le CNDD s'est engagé à « achever la transition en 2009 en organisant des élections crédibles, libres, justes et transparentes  ».\n\n\nDeuxième producteur mondial de bauxite ou minerai d’aluminium, la Guinée-Conakry abrite des réserves étendues d’or, diamants, cobalt, pétrole, uranium, cuivre…\nMusulmans à 85 %, ses 10 millions d’habitants ne profitent pas de cette manne peu exploitée, à l’exception de la bauxite. Ils vivent principalement de cultures vivrières.\n\n\nEn Guinée le CCFD-Terre Solidaire cherche à contribuer à l’avènement d’un état de droit, de démocratie et de paix. \n\n\nCela passe par l’appui à la structuration de la société civile afin qu’elle soit force de propositions sur les politiques publiques et par des actions d’amélioration du revenu des populations et de cohésion sociale.\n\n\nUn vecteur principal de notre action est la participation à un Programme Commun Pluri Acteurs,  avec d’autres ONG françaises et guinéennes, et le Ministère des Affaires étrangères. Il a pour objectif le renforcement de la société civile guinéenne, en terme d’élargissement, acquis de compétences, dialogue avec les pouvoirs publics.  Il viendra appuyer l’effort de structuration important de la société civile, entamée depuis quelques années par les acteurs eux-mêmes, notamment avec la création du CNOSC, Conseil National des Organisations de la Société Civile. \n\n\nPar ailleurs le CCFD-Terre Solidaire a un partenariat ancien dans le pays.  Nous appuyons deux grandes organisations et deux structures plus modestes.\n\n\n- * La Fédération des Paysans du Fouta Djallon a développé des systèmes de production et de commercialisation de la pomme de terre et de l’oignon, qui ont permis à 20 000 membres  d’augmenter leurs revenus dans un contexte de crise alimentaire récurrente. Elle a surtout réussi, de façon unique en Afrique de l’Ouest, à imposer une filière locale contre une filière d’importation, à instaurer de nouveaux rapports de force avec des commerçants et à exporter dans la sous région. \n\n\nElle est à l’origine de la création de la Plate Forme des Organisations Paysannes de Guinée.\n\n L’Association de Coopération et de Recherche pour le Développement a développé un programme de soutien de la paix original en Guinée forestière. Elle travaille avec les communautés transfrontalières en vue de restaurer des pactes de non agression anciens et qui ont refait leurs preuves en 2000-2002, lors de l’agression du Liberia. Ils sont très présents  dans l’organisation du forum social guinéen."}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/jean-merckaert-ccfd/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/jean-merckaert-ccfd/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Jean Merckaert, CCFD.","datePublished":"2005-06-30T00:00:00+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/jean-merckaert-ccfd/"},"wordCount":556,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["OMD (Objectifs du Millénaire pour le développement)"],"inLanguage":"fr-FR","description":"Le point sur la campagne « 2005, plus d'excuses !» à la veille de la journée de l'Action mondiale contre la pauvreté et à quelques jours du G8.\n\n\n\n\nLe G8 continue de diriger seul l'économie mondiale\n\n30 juin 2005\n\n• Les ministres des Finances du G8 ont décidé d’annuler la dette de dix-huit pays pauvres, soit 40 milliards de dollars. Une bonne nouvelle ? \n\nC’est un premier pas encourageant qui doit beaucoup à la mobilisation internationale de la société civile. Mais c’est loin d’être suffisant, car une annulation de la dette est aujourd’hui indispensable pour au moins soixante pays pauvres si l’on veut vraiment leur permettre d’atteindre les objectifs du millénaire pour le développement. Par ailleurs, cette annulation se traduit, en ce qui concerne le service de la dette, par une somme annuelle d’1,5 milliards de dollars, soit très peu comparé aux 39 milliards de dollars d’intérêts versés annuellement par les pays pauvres. Enfin, on va faire payer à ces pays une bonne partie de cette décision en réduisant le montant de l’aide qui leur est accordée… \n\n• Peut-on attendre, malgré tout, d’autres avancées lors du sommet du G8, du 6 au 8 juillet en Ecosse ?\n\nTout laisse à penser qu’il sera décevant en regard des enjeux. Les effets de cette annulation de la dette (1,5 milliards de dollars annuels) ne représentent qu’une goutte d’au par rapport aux 50 milliards de dollars nécessaires pour doubler le montant annuel de l’aide publique au développement. Et les engagements qui vont être pris dans ce sens ne combleront pas ce déficit. Pourtant, les objectifs du millénaire sont bien minimes (réduire de moitié le nombre de personnes souffrant des problèmes de la faim, du manque d’eau…) alors que la richesse annuelle mondiale produite atteint 40 000 milliards de dollars… Mais le credo sur la libéralisation des échanges ne sera pas égratigné, et on ne dira rien des paradis fiscaux, principale source d’une corruption qui sera dénoncée, au nom de la bonne gouvernance, parce qu’elle est un frein au développement…\n\n• Comment se présente la mobilisation pour la journée internationale du bandeau blanc, le 1er juillet ?\n\nElle sera importante dans au moins 80 pays. En France, des manifestations sont prévues dans une soixantaine de villes, dont celle du Trocadéro à Paris (1).\nA côté, les concerts du 2 juillet, lancés en solo par Bob Geldof, donneront peut-être plus d’écho aux pressions de la société civile. En France, lors de celui de Versailles, le chanteur africain Youssou N’Dour relaiera publiquement le message du collectif « 2005 plus d’excuses ! ». \nCes mobilisations sont plus que jamais nécessaires. N’oublions pas le principal objectif du millénaire : un nouveau partenariat mondial pour le développement. Pour l’heure, c’est une farce ! Car, qui dit partenariat dit co-décision, or le G8 continue de diriger tout seul l’économie mondiale et les pays pauvres ne sont toujours pas mieux représentés au sein des institutions financières internationales...\n\nPropos recueillis par Serge Lafitte\n\nJean Merckaert est chargé du programme « financement du développement » au CCFD.\n\n\n\n\nLes enjeux du G8 pour \"2005, plus d'excuses !\"\n\n\n\n\n\nLes premiers résultats de la campagne française"}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/hassane-mamoudou-niger/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/hassane-mamoudou-niger/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Hassane Mamoudou, Niger","datePublished":"2005-03-04T00:00:00+00:00","dateModified":"2021-12-08T15:29:36+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/hassane-mamoudou-niger/"},"wordCount":386,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Afrique subsaharienne","Sahel","Souveraineté alimentaire et agroécologie"],"inLanguage":"fr-FR","description":"La pression sur les terres s'accentue\n\n\n\n\n\nLa pression sur les terres s'accentue\nParis, le 4 mars 2005\n\nLes deux régions  dans lesquelles nous agissons - Tillabery et Dosso, à l'ouest du pays, près du Bénin - sont des régions sahéliennes à vocation pastorale au Nord,  agricole le long du fleuve Niger. Le problème central est de mettre en adéquation la croissance démographique et les ressources. Sur 300 000 km2 vivent 3,5 millions d'habitants. Or, notre environnement se dégrade. Les sols sont victimes de l'érosion éolienne, érosion aggravée par la déforestation , la sécheresse, les feux de brousse. \n\nEn réalité, les surfaces cultivables diminuent, la fertilité des terres baisse alors que la population augmente. La pression s'accentue. Les jachères disparaissent.  Nous avons été aussi victimes d'une attaque de criquets en 2004. La  raréfaction des terres contribue aussi à aggraver la concurrence entre agriculteurs et éleveurs.\n\nL'attaque des criquets pèlerins de  l'été 2004 a eu aussi de graves conséquences : chute de la production de mil qu'il faut importer et dont le prix a doublé, pâturages ravagés. La pénurie alimentaire touche près de un Nigérien sur deux.\n\nMais nous avons à faire face aussi à une forte augmentation des prix des produits de base, riz, blé, farine, eau, électricité. Ce ne sont pas les criquets pélerins qui en sont responsables, mais le gouvernement. La politique de libre échange de l'UEMOA (Union économique et monétaire ouest africaine), dont fait partie le Niger, en est la cause indirecte : la supression des taxations aux frontières des Etats membres a  fait chuter les ressources fiscales du pays, chute que le gouvernement  cherche à compenser par l'instauration d'une TVA de 19 % sur les produits de première nécessités. Une mesure qui passe mal.\n\nNotre association agit d'abord pour renforcer la sécurité alimentaire : nous aidons les agriculteurs à se former,  à accéder aux intrants, à commercialiser leur production. Nous avons également des actions de reboisement et mettons en oeuvre des techniques de conservation des eaux de surface et de restauration des sols.\n\nPropos recueillis par Philippe Ortoli.\n\nHassane Mamoudou est secrétaire exécutif de Mooriben (Fédération des unions des groupements de paysans du Niger)"}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/soulevements-arabes/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/soulevements-arabes/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Soulèvements arabes","datePublished":"2011-02-09T00:00:00+00:00","dateModified":"2024-12-10T13:23:06+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/soulevements-arabes/"},"wordCount":955,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"inLanguage":"fr-FR","description":"Partenaire des acteurs de la société civile dans le monde arabe, le CCFD-Terre Solidaire considère avec une grande estime les différents mouvements de contestation qui prennent place dans de nombreux pays. \n\n\n\nLa demande de transformation politique et sociale s'exprime à l'égard des régimes qui présentent des caractéristiques communes : la longévité des mandats des chefs d'Etat, la fermeture des espaces politiques et médiatiques, l'entrave des libertés fondamentales, la captation des ressources économiques pour le compte d'une oligarchie qui alimente la corruption et le népotisme...\n\n\nBien que ces mouvements diffèrent selon les contextes, les trajectoires historiques et les configurations particulières des pouvoirs en place, ils s'inscrivent tous dans une continuité de lutte contre la répression.\n\n\nLes mouvements de protestation semblent se caractériser à première vue, de manière spectaculaire et symbolique, à travers deux formes d'action : \n\n Des revendications sociales et/ou économiques sous la forme d'« émeute de la faim ».  La révolte (ou Intifada), qui porte en elle aussi des revendications politiques. \n\n\nActuellement, tous les mouvements de soulèvement des peuples arabes qui ont lieu tentent de faire le lien entre les conditions sociales et les conditions politiques.\n\n\nCependant, ces mouvements de contestation ne se limitent  pas seulement à ces deux formes d'action qui peuvent apparaître comme non organisées de la part des syndicats ou de la société civile. En effet, l'articulation entre les revendications sociales et politiques, ainsi que les enjeux de construction d'alternatives globales impliquent à un moment ou à un autre la participation de groupes organisés partisans et non partisans. Les effets et les perspectives liés aux soulèvements arabes ne peuvent être compris sans regarder la place des organisations associatives, syndicales ou partisanes dans ces mouvements.\n\n\nEn Tunisie, le succès de la « révolution » ne repose pas uniquement sur la spontanéité des masses. Ce soulèvement s'inscrit bel et bien dans la continuité des luttes sociales antérieures, comme dans celles du bassin minier de Gafsa. La place de l'Union Générale des Travailleurs Tunisiens (UGTT) dans la construction nationale du pays est fondamentale dans la « révolution » tunisienne. L'UGTT est un syndicat unique, dont les positions officielles s'étaient largement alignées sur celles du régime en place. Cependant, certaines sections locales et professionnelles (enseignants) ont pu mener des combats autonomes en faveur de la mobilisation. La Ligue Tunisienne des Droits de l'Homme, partenaire du CCFD-Terre Solidaire, impuissante par la répression du régime, a néanmoins su former de nombreux militants, présents sur l'ensemble du territoire. L'Ordre des Avocats, symbole de la classe supérieure urbaine, a rapidement rejoint le mouvement populaire.\n\n\nPour reprendre l'analyse de notre partenaire, le Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l'Homme en Tunisie (CRLDHT), « la révolution, dont tout le monde se réclame désormais à l'unanimité, n'a finalement pas été tout à fait spontanée, en raison de l'activisme de certaines personnes, et pas assez organisée ». Les enjeux actuels de la rénovation institutionnelle et de l'organisation du pouvoir impliquent l'ensemble des partis politiques, qui ont du rejoindre le mouvement populaire en marche. Aujourd'hui, la question est de savoir si les organisations a-partisanes de la société civile disposent d'un espace pour contribuer à la reconstruction et si celles-ci verra l'émergence de nouveaux acteurs.\n\n\nEn Egypte, la spontanéité semble plus faible et certains concluent déjà à l'échec de la révolte pour la transformation du système, au-delà du départ de Moubarak. Pourtant, la durée de la mobilisation nationale, la détermination des manifestants face à la répression, ainsi que la nature politique des revendications témoignent de la force sans précédent de ce mouvement. Comme en Tunisie, il se caractérise par l'importance de la nature informelle de la mobilisation, grâce aux réseaux sociaux sur internet. Mais cela ne doit pas occulter la place des organisations plus formelles. Les organisations de défense des droits humains, en confrontation avec le régime, se sont rapidement coordonnées en coalition afin d'exprimer des revendications conjointes aux demandes populaires.  \n\n\nL'expression rapide des revendications politiques ont permis une implication des partis d'opposition, que ce soient Les Frères musulmans, le Wafd et les partis de la gauche laïque. En Egypte, la recherche d'une unité et les discussions d'un accord pour une éventuelle transition politique se sont faites bien plus en amont qu'en Tunisie. Si ce procédé permet de nourrir la mobilisation, il présente en revanche un risque de division avec lequel le gouvernement ne manque pas de jouer. \n\n\nAlors que l'Algérie est dans une toute autre situation, la mainmise des militaires sur le pouvoir politique et économique reste comparable à l'Egypte. Mais la capacité de l'Etat à redistribuer les revenus colossaux des hydrocarbures permet de satisfaire plus facilement les revendications sociales. La guerre civile des années 90 a eu un impact durable sur la capacité à formuler des revendications politiques sur la base d'une contestation sociale. \n\n\nNéanmoins, les premières émeutes de janvier 2011, conjuguées aux révoltes tunisiennes et égyptiennes, ont dynamisé l'ensemble des syndicats autonomes, des associations de défense des droits humains, des organisations de développement local à vocation plus militante.  Elles ses ont confédérées dans la « Coordination Nationale pour le Changement et la Démocratie » et ont permis d'intégrer des groupes émergeants plus informelles. \n\n\nCe mouvement constitue un signe d'espoir important."}
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Elle se situe au sud du pays et regroupe également les îles de Basilan, Tawitawi et de l’archipel de Sulu, avec l’île de Jolo. La population est un mélange de chrétiens, catholiques et protestants, de musulmans et de Lumad, les membres des minorités ethniques. Toutes ces régions et cette population vivent dans un état de guerre quasi permanent.\n\nQuatre groupes révolutionnaires armés sont en effet présents. Deux moro (musulmans), le Front de libération nationale moro (MNLF) et le Front de libération islamique moro (MILF). Et deux communistes, la Nouvelle armée du peuple (NPA) et le Pari révolutionnaire des travailleurs de Mindanao (RPMM). Ces quatre groupes sont aujourd’hui entrés dans des phases de dialogue et de processus de paix avec le gouvernement, mais il reste quelques poches de combat avec des affrontements sporadiques.\n\n\nUn conflit entretenu \n\nEn plus de ces quatre mouvements, le Groupe Abu Sayyaf se revendique du jihadisme international. Il est considéré comme un groupe terroriste. Mais le gouvernement n’est pas pour rien dans son apparition. Constitué avec des anciens d’Afghanistan, entraînés par la CIA pour lutter contre les Soviétiques, ce groupe a en effet été mis en place  dans les années 1990 pour infiltrer les groupes musulmans et fournir des renseignements sur leurs activités. \n\nMais ce groupe est devenu par la suite totalement incontrôlable. Ce qui a donné au gouvernement un prétexte pour demander l’aide des Etats-Unis qui se sont empressés d'y répondre compte tenu de l'intérêt stratégique des Philippines.\n\nD’un point de vue géographique, les Philippines sont d’un intérêt stratégique évident pour les Etats-Unis dans leur confrontation avec la Chine. Jusqu’à présent, notre pays est le seul allié sur lequel ils puissent réellement compter en Asie du Sud-Est. Puisqu’ils ont été obligés de quitter le pays sous la pression populaire après l’éviction de Marcos, l'existence d'un groupe terroriste leur permet de justifier leur présence sur le terrain.\n\nD’autre part, Mindanao est situé juste à côté des îles Spratley, très riches en pétrole. Dans les années 1970-1990, du temps du dictateur Marcos, le gouvernement justifiait sa guerre contre les Moro par leur revendication de sécession. Mais aujourd’hui, les exigences des quatre groupes armés portent davantage sur la pauvreté. Ce qu’ils veulent : la paix, le développement, un meilleur partage des ressources, notamment, financières de l’île et un contrôle drastique des dépenses militaires de l’Etat. « Au lieu d’acheter  des balles, des chars et du matériel militaire, qu’ils nous donnent plutôt les moyens de nous développer et de pouvoir fournir à notre population les moyens de subvenir à ses besoins. » Comme par hasard, alors que ces revendications rencontrent un écho favorable auprès de la population, ce groupe « terroriste » apparaît.\n\nLes chiffres de la pauvreté\nLa pauvreté est aujourd’hui omniprésente à Mindanao. \n• Parmi les populations ethniques ou rurales, 52 % des décès constatés ont eu lieu sans que la famille ait pu consulter un médecin.\n• A Cotabao, d’où je viens, l’hôpital régional ne compte que 200 ou 300 lits pour plus de 2 millions de personnes.\n• 80 % de l’eau bue est impropre à la consommation et provient des canalisations, des rigoles. Ce qui fait que 97 % de la population sont régulièrement malades et présentent des affections respiratoires et des maladies intestinales chroniques. Les Philippines sont un pays chaud et nous devons boire régulièrement, si vous avalez une eau qui n’est pas vraiment propre à la consommation, vous perdez petit à petit toutes vos défenses immunitaires et même un rhume peut alors devenir très grave. Des enfants naissent rachitiques parce que leurs mères elles-même souffrent de malnutrition.\n• Pour 100 enfants scolarisés en primaire, seuls 40 d’entre eux parviendront en secondaire, parmi lesquels 23 pourront finir ce cycle. Quatre obtiendront finalement un diplôme. Cett population peu éduquée deviendra alors une proie facile pour les recruteurs des groupes révolutionnaires.\n\nL’exil comme seul espoir\nLes jeunes n’ont que deux possibilités. Soit rester au pays, avec ce que cela comporte de dérives dangereuses, où partir à l’étranger. Actuellement 12 millions de Philippins ont émigré parce qu’il n’y a pas de travail ici. A Mindanao, sur dix familles, neuf ont des enfants à l’étranger. Ce sont eux qui font vivre les familles.\n\nIls envoient de l’argent et c’est cet argent est ensuite directement réintroduit dans l’économie locale et permet parfois la création de petits métiers. Au niveau national, émigrés représentent la principale source d’entrée de devises dans le pays, devant l’industrie et l’agriculture ! Nous sommes devenus un pays qui exporte ses populations.\n\nAu lieu de nous aider à nous développer, le gouvernement préfère récupérer à son compte cette réalité absurde en faisant de ces émigrés les nouveaux « héros » des Philippines. Ceux par qui le dollar arrive ! Pire, ils encouragent les gens à partir. Il faut bien comprendre que sans eux notre économie s’effondrerait littéralement puique qu’ils assurent à eux seuls 80 % de budget de l’état.\n\nAlors, dans les familles, au lieu de s’occuper de faire des jeunes d’aujourd’hui les citoyens de demain, la seule motivation qui existe est celle de voir les enfants atteindre l’âge de dix-huit ans pour pouvoir les laisser partir à l’étranger afin qu’ils puissent envoyer des dollars. C’est une bien triste situation.\n\nPropos recueillis par Patrick Chesnet\n\nParis le 17 mars 2007\n\n \n\nJesus Dillo est président d'Up-Savings, association de micro-crédit."}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"WebPage","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/mme-thi-vy-pham-vietnam/","url":"https://ccfd-terresolidaire.org/mme-thi-vy-pham-vietnam/","name":"Mme Thi Vy Pham, Vietnam - CCFD-Terre Solidaire","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#website"},"datePublished":"2006-01-17T00:00:00+00:00","dateModified":"2024-12-10T13:27:02+00:00","description":"Promouvoir le droit au travail pour les enfants défavorisés. Partenaire du CCFD-Terre Solidaire, l’école Hoa Sua propose des formations professionnelles","inLanguage":"fr-FR"}
{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/le-passeur-de-memoire/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/le-passeur-de-memoire/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Le passeur de mémoire","datePublished":"2011-04-15T14:11:00+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/le-passeur-de-memoire/"},"wordCount":710,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"inLanguage":"fr-FR","description":"Toute l’œuvre du cinéaste cambodgien Rithy Panh est traversée par le génocide. Afin que les jeunes générations s’approprient cette mémoire, il a créé, en décembre 2006, à Phnom Penh, le centre Bophana. Cette « bibliothèque audiovisuelle » est aussi un lieu de vie culturelle qui facilite le passage de relais entre les générations. \n\n\n\nEn retrouvant le cinéaste au centre, je lui demande : « Au fait, pourquoi ce nom de Bophana ? » « C’était une jeune femme, détenue à S 21, très amoureuse de son mari et qui a toujours refusé de l’accuser de trahison. J’ai été touché par sa façon de résister. » « Ce nom a du sens, reprend Rithy Panh, car faire vivre la mémoire, comme nous le faisons ici, est une forme de résistance. Je n’imagine pas rebâtir avec succès mon pays s’il est amputé de pans entiers de son histoire. » \nL’affluence au centre Bophana lui fait chaud au cœur. Quelque 65 000 visiteurs se sont pressés vers les écrans du centre en 2010, dont une grande majorité de jeunes. Le cinéaste nous entraîne dans les étages. Tous les ordinateurs sont occupés par la nouvelle génération. Certains s’intéressent au patrimoine culturel et visionnent la grande fête des eaux – les courses de pirogues – au temps du protectorat français ; d’autres prennent des notes en réécoutant le fameux discours de Phnom Penh du général de Gaulle, prononcé le 1er septembre 1966. Plus loin, ce sont les chansons d’amour langoureuses des « voix d’or » des années 1960 – Sin Sisamouth et Ros Sereysothea – qui concentrent toutes les attentions. \n« Lors d’ateliers, poursuit Rithy Panh, nous apprenons aussi aux jeunes à décrypter les images. » Il fait défiler sur l’écran de rares films de propagande khmère rouge. « Voyez sur ce plan panoramique consacré aux camps de rééducation, on décèle des néons et des haut-parleurs. Le signe que le travail forcé se poursuivait la nuit au son de chants révolutionnaires psalmodiés. »\n\n\nLa mémoire des corps\n\n\nRithy Panh fait également figure de « créateur » d’archives mémorielles. Lors du tournage de S 21, la machine de mort khmère rouge, la confrontation entre survivants et bourreaux n’a pas déclenché tous les aveux attendus. Mais, réticents à s’exprimer, les ex-tortionnaires mimaient bientôt, sous l’œil de la caméra, leurs sinistres pratiques : les fers enlevés aux détenus conduits aux séances d’interrogatoire, la fouille des détenus, les coups contre les récalcitrants. L’expression corporelle, étonnante de minutie, supplée la supposée amnésie. \nLe travail de transmission se poursuit de manière moins tendue, lors des projections organisées au centre et rassemblant plusieurs générations. À l’issue de Noces rouges, film évoquant les mariages forcés sous les Khmers rouges, des parents ont révélé pour la première fois à leurs enfants leur union passée sous la contrainte. « Au terme de scènes de vie quotidienne éprouvantes du temps de Pol Pot, reprend Rithy Panh, j’ai vu des grands-parents, jusque-là muets, murmurer à l’oreille de leurs petits-enfants : “Moi aussi, tu sais, j’ai vécu ces humiliations“.  »\n« Nous sommes un peu, dit-il en souriant, un service public de la mémoire. Mais nous ne sommes pas considérés comme tel par les autorités. » Il salue pourtant au passage le Premier ministre Hun Sen : « Nous n’avons jamais eu à subir d’interventions intempestives du gouvernement. Ici, j’anime un vrai espace de liberté.  »\nRithy Panh récuse l’appellation de « cinéaste du génocide », qui ferait de lui un Claude Lanzmann cambodgien. « Non, insiste-t-il, je suis seulement revenu du néant et je dispose, depuis une vingtaine d’années des petits cailloux sur les territoires de la mémoire. Tantôt à l’aide de documentaires, tantôt au moyen de fictions.  » « J’ai envie d’imaginer demain une comédie musicale, achève-t-il plein d’enthousiasme. Si nous sommes toujours en mesure de rêver, c’est bien que les Khmers rouges ont perdu la partie !  »"}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/des-actions-coordonnees/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/des-actions-coordonnees/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Des actions coordonnées","datePublished":"2010-05-03T15:53:00+00:00","dateModified":"2021-12-08T13:37:01+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/des-actions-coordonnees/"},"wordCount":4371,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Droits humains","Europe de l'Est","Migrations","Sahel"],"inLanguage":"fr-FR","description":"Beaucoup de migrants sont également refoulés par la police marocaine à la frontière saharo-mauritanienne. De plus en plus de femmes nigérianes sont abandonnées ainsi à Nouadhibou.\n\n\n\nMauritanie, porte d’entrée de l’Europe ?\n\n\n(Père Jérôme Dukiya, Caritas Nouadhibou)\nNouadhibou, point de départ et de transit de nombreux migrants, est à moins de 50 km de la frontière du Sahara Occidental et à 700 km des côtes espagnoles des Canaries. Le phénomène des migrations est un phénomène de longue date mais les départs en pirogue datent de 2006. À ce jour, environ 70 % des pirogues se seraient perdues en mer.\n\nBeaucoup de migrants sont également refoulés par la police marocaine à la frontière saharo-mauritanienne. De plus en plus de femmes nigérianes sont abandonnées ainsi à Nouadhibou.\n\nEnfin, un nombre croissant de migrants reviennent d’eux-mêmes du Maroc où ils ne parviennent pas à s’installer.\n\nLa Caritas Nouadhibou s’occupe des migrants installés à Nouadhibou et de ceux en transit. Ces migrants viennent de toute l’Afrique : Congo Brazzaville, RDC, Mali, Côte d’Ivoire, Sénégal, Nigeria, Togo, Bénin, etc. La Caritas les a aidés à s’organiser en associations de ressortissants, elle organise avec elles une grande variété d’activités : cours de langues, salles d’écoute, activités de microcrédits, activités de loisirs, activités spécifiques aux femmes, aux malades, assistance juridique.\n\n\nMaroc, l’après fermeture des enclaves européennes\n\n(Hicham Baraka, ABCDS ; Pieter Van Aken, Caritas Maroc)\nLa frontière algéro-marocaine est une zone où les polices respectives des deux pays se renvoient les migrants comme dans un jeu de ping-pong. Deux types de refoulement sont pratiqués : les gros refoulements visibles et médiatisés, qui ont généralement lieu lors d’événements ou de rencontres internationales au Maroc ; et les petits refoulements moins médiatisés.\n\nÀ Oujda, les migrants vivent dans des tranquillos, sortes de cabanes précaires disséminées dans la forêt, où ils se sont installés, le plus souvent par communautés de même pays. Chaque tranquillo est dirigé par un chairman, chef de ghetto qui gère la sécurité « zone » et les « affaires courantes » (les listes de départs, la répartition de l’assistance humanitaire, etc.).\n\nL’association ABCDS fournit un soutien humanitaire d’urgence à ces migrants. Une permanence juridique téléphonique a également été mise en place pour les informer de leurs droits. Enfin, un travail de sensibilisation et de plaidoyer se construit peu à peu pour dénoncer les conséquences des politiques européennes au Maroc. Le « délit de solidarité » (sanction pénale contre les personnes ou associations qui viennent en aide aux migrants en séjour irrégulier), légalement officialisé par la loi 02-03 sur les étrangers, fait peser des menaces sur les militants associatifs et pourrait fragiliser l’action de l’association.\n\nÀ Rabat, les migrants vivent principalement dans les zones reléguées du quartier de Takkadoum. De plus en plus de femmes sont présentes dans les groupes de migrants, en majorité d’origine nigériane embarquées dans des réseaux de prostitution.\n\nLes migrants reconnus comme réfugiés ou demandeurs d’asile par le Haut-Commissariat pour les réfugiés (HCR) constituent le gros des publics accueillis et pris en charge par la Caritas Rabat depuis 2006.\n\nLe CAM, Centre d’accueil des migrants, organise trois types d’appui :\n\n-> Le volet « écoute sociale » qui permet d’orienter les réfugiés vers d’autres structures, qui les aident dans leur recherche de logement, paniers alimentaires, création d’activités génératrices de revenus (AGR), etc.\n\n-> Le volet « santé » qui organise des permanences les après-midi et l’achat de médicaments lorsque les migrants ne peuvent pas accéder aux centres de santé publique normalement gratuits.\n\n-> Le volet « éducation » qui organise une école informelle pour les enfants de migrants et des ateliers de formation professionnelle. Une convention a été conclue avec le HCR pour la scolarisation des enfants réfugiés dans les écoles publiques.\n\n\nAlgérie, l’impasse et le piège pour les migrants\n\n\n(Jan Heuft, Hamid fadheL, Rencontre et Développement ; Philippe Dupont, Mission catholique d’Adrar)\nEn Algérie, le public accueilli se compose de trois groupes : les réfugiés, les demandeurs d’asile et les migrants. Seuls 80 migrants ont été reconnus comme réfugiés par le HCR, et ne sont pas pour autant reconnus par le gouvernement algérien.\n\nLes migrants qui se trouvent en Algérie sont le plus souvent sans aucune protection. Alger, Tamanrasset et Maghnia en abritent le plus grand nombre. La plupart ont des passeports maliens compte tenu des facilités de circulation liées à la détention de documents maliens.\nL’accès aux soins médicaux est en théorie gratuit mais ils ne peuvent bien souvent pas en bénéficier, alors même que beaucoup sont atteints de pathologies graves.\n\nLa nouvelle loi votée en juin 2008 qui instaure le « délit de solidarité » contre ceux qui viennent en aide aux migrants et officialise le concept d’« émigration clandestine » contre les Algériens « harraga », rend encore plus difficile la situation sociale des migrants subsahariens.\n\nL’année 2008 a vu la mort de nombreuses femmes migrantes d’origine nigériane ou libérienne, atteintes de méningite, de tuberculose ou du sida.\n\nEn plus de l’accueil et de l’appui aux migrants, Rencontre et Développement a signé jusqu’en 2009 une convention, avec le HCR pour la prise en charge des réfugiés et des demandeurs d’asile.\n\nRencontre et Développement est à l’origine de la chaîne de relais et de sécurisation pour les migrants bloqués dans le Maghreb souhaitant retourner dans leur pays. En 2008, 92 personnes ont été réacheminées jusqu’à leur pays d’origine. Le retour se fait en bus, en plusieurs étapes.\n\nAdrar, à l’ouest du pays, est également une ville de transit dans le sens des départs comme des retours depuis ou vers le Mali. De plus en plus de migrants passent par là pour continuer la route vers le nord. L’action de la Mission catholique, appuyée ponctuellement par Rencontre et Développement, est limitée par le manque de ressources humaines. Le père Philippe Dupont est seul à accueillir et apporter les soins de première nécessité aux migrants.\n\n\nLe Niger, au carrefour de toutes les routes du migrant\n\n(Hassane Boukar, Aternative Niger ; Père Antoine Chenu, Mission catholique d’Arlit ; Père Augustin, Mission catholique Tchirozérine ; Père Richard Araye, Mission catholique Tahoua ; Père Delphin Nyembo, Mission catholique Zinder ; Père Moses Okwana, Mission catholique Birni N’konni )\n\nLe Niger est un pays de transit, de passage pour les migrants qui cherchent à monter vers le nord. C’est également un pays de refoulement pour les migrants nigériens arrêtés en Libye, en Tunisie et en Algérie. Les camions libyens déversent régulièrement des migrants par la route Bilma-Dirkou. Entre le 13 janvier et le 22\nfévrier 2008, 1 500 migrants nigériens ont été expulsés de Libye par camions. Ils ont entre 20 et 45 ans, et il y a seulement 1 % de femmes.\n\nArlit est la première ville nigérienne après la frontière algérienne. C’est donc une ville de passage, dans le sens des départs comme des retours ou des refoulements.\nSur le chemin de la montée, les migrants ne sont guère visibles. S’ils restent plusieurs jours, le temps de gagner un peu d’argent ou de recevoir de l’aide de leurs familles, ils sont pris en charge par les passeurs qui les accompagnent et les encadrent.\n\nSur la route du retour, on rencontre ceux qui ont été expulsés manu militari et ceux qui souhaitent retourner volontairement. Ceux-là peuvent bénéficier, grâce à la Mission catholique qui est fortement mobilisée, d’une petite aide d’urgence pour « se remettre debout » et d’un billet pour continuer la route vers Agadez. 96 sont passés dans ce cadre par la Mission en 2009. Agadez, carrefour nigérien à l’image de Gao au Mali, est la bifurcation pour ceux qui montent vers la Libye, ceux qui montent vers l’Algérie et ceux qui descendent vers Niamey. 150 migrants passent chaque semaine par Agadez pour aller en Libye. Les convois qui montent sont composés de personnes de toutes nationalités.\n\nLes Missions catholiques du Nord (Arlit, Agadez, Tchirozérine) se sont d’ores et déjà réunies pour harmoniser leur travail d’appui aux migrants et organiser une pastorale des migrants suite à la demande de l’évêque de Maradi.\n\nÀ Tahoua et à Zinder, on peut observer à la fois des gens qui montent et qui descendent. La grande majorité est sans papier et il est souvent difficile de connaître leur parcours. Les Missions présentes dans ces localités ne sont pas pour le moment très impliquées aux côtés des migrants mais se disent prêtes à l’être.\n\nBirni N’Konni, à la frontière Niger-Nigeria, est le point de passage obligatoire pour tous les côtiers qui montent vers le nord. Ils arrivent parfois par bus entier à l’autogare. Ceux qui reviennent sont souvent peu visibles. L’engagement de la Mission est très récent mais il est appelé à se développer.\n\nÀ Niamey, la Mission catholique n’organise pas d’accueil pour les migrants qu’elle dit ne pas être sa première priorité. Elle reçoit cependant les migrants convoyés d’Algérie par Rencontre et Développement et les aide à gagner leur pays d’origine.\n\nPar contre, l’association Forum Alternative et Espace Citoyen, experte en actions de communication et d’interpellation, travaille depuis quelque temps sur les questions de migrations internationales.\n\nL’association souhaite construire un travail de plaidoyer pour rappeler les engagements des États en matière de libre circulation des personnes dans la zone CEDEAO (Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest) et dénoncer les expulsions massives accompagnées de brimades et d’abus qui se font depuis\nl’Algérie et la Libye. Il est essentiel que l’opinion publique nigérienne ait une meilleure image des migrants. En ce sens, l’association organise des émissions radios qui permettent aux migrants retournés de Libye de témoigner.\n\n\nLe Mali, entre ouverture aux migrants et laxisme diplomatique au nord\n\n\n(Daniel Diakité, Mission catholique Nioro du Sahel ; Père Dominique Déry, mission catholique de Bamako, en remplacement du Père Yves ; Pierre Deukeu Yossa et Alassane Maiga, Maison du Migrant Gao)\nMaison du Migrant de Gao L’arrivée des participants à Gao a coïncidé avec la réception par la Maison du Migrant d’un convoi de 50 migrants refoulés d’Algérie et acheminés par la Croix-Rouge malienne. Les premiers récits des drames vécus par les migrants et la confrontation directe des visiteurs avec autant de souffrances et de difficultés ont créé une forte solidarité spontanée avec l’équipe locale et provoqué beaucoup d’inquiétudes et d’interrogations sur les méthodes d’accueil et ses capacités à faire front face à un tel désastre humain.\n\nIl a donc été décidé de prévoir un temps spécifique avec l’équipe de l’accueil pour lui permettre de mieux faire connaître son action. La discussion a fait l’objet du résumé ci-après. \n\nHistorique de la Maison du Migrant  \n(Pierre Deukeu Yossa et Alassane Maiga, Maison du Migrant Gao)\nLa Maison, qui a vu officiellement le jour le 21 mars 2009, a pour objet « l’accueil, l’écoute, l’accompagnement et la sensibilisation de tous les migrants de toutes nationalités sur les risques de la migration irrégulière ». Elle est officiellement un regroupement d’associations de Gao (Caritas Gao, Direy Ben) et de Bamako (Aracem, AME, Aide Mali) associées à la Mission catholique.\n\nLa Maison a repris le travail qu’effectuait Caritas Gao depuis maintenant 5 ans. Elle est aujourd’hui entièrement financée par Caritas de Gao (soutenue par le CCFD-Terre Solidaire) qui effectue le contrôle budgétaire et financier. Le bâtiment appartient à l’Église qui l’a affecté pour cet usage.\n\nLa Maison accueille à la fois les convois Croix-Rouge qui arrivent régulièrement de Tinzaouaten et des migrants arrivés individuellement par leurs propres moyens. Du 2 février 2009 au 30 septembre 2009, 858 personnes (822 hommes et 36 femmes) ont été accueillies. Les migrants viennent de toute l’Afrique : Nigérians, Maliens, Camerounais, Congolais, Sénégalais, Libériens, Gambiens, Ghanéens.\n\nLa Maison n’a pas pour objet de décourager les gens de partir, puisque « chacun est libre d’aller où il veut » mais elle informe pour que ces migrants sachent où ils vont et dans quelles conditions. Elle aide également les migrants à rejoindre les capitales, Bamako ou Niamey, pour continuer leur route du retour si ceuxci\nle souhaitent.\n\nÀ noter que les migrants qui sont sur le « chemin de la montée » passent le plus souvent incognito. Les passeurs les attendent à l’entrée de Gao, à l’endroit du contrôle de police et les embarquent directement vers les « garages » d’où s’organise la suite de leur voyage vers le nord (Bordj el Mokhtar – Regan – Adrar).\n\nC’est seulement au retour, une fois qu’ils ont été refoulés et qu’ils n’ont plus rien pour continuer qu’ils viennent demander de l’aide à la Mission catholique ou à la Maison du Migrant. Ceux d’entre eux qui ont encore un peu d’argent, se dirigent en général vers les « ghettos » disséminés par nationalité dans la ville. Ces ghettos quoiqu’informels sont bien connus de la police locale qui fait payer une taxe aux tenanciers.\n\nLa situation à la frontière algéro-malienne de Tinzaouten\nL’Algérie « déverse » les migrants subsahariens comme elle déverserait « ses poubelles ». Les autorités algériennes, d’habitude si peu avares de discours sur la fraternité africaine, n’ont même pas le courage d’assumer publiquement les expulsions de Subsahariens qu’elles pratiquent de fait, non comme un effet de conjoncture, mais comme un choix politique durablement assumé. Les refoulés, y compris non Maliens, ne sont directement remis à aucune autorité publique. Ils sont tout simplement, après des semaines de brimades et de traitements dégradants, déposés à la frontière et laissés dans un no man’s land, avec un simple « rentrez chez vous ! ».\n\nSur la zone frontière, il n’y a pas l’ombre d’une autorité accueillante et pas même un drapeau malien qui signale le passage d’un territoire à un autre. En réalité, aucun des deux États ne prend vraiment ses responsabilités. L’Algérie expulse à tour de bras et à l’abri de toute exposition médiatique et diplomatique, dans des conditions humainement inacceptables y compris des étrangers qui ont légalement des titres de séjour. L’État malien, quant à lui, ferme les yeux, renonce à toute affirmation de souveraineté et laisse faire passeurs, réseaux mafieux ou ses propres corps armés qui, à qui mieux mieux, rançonnent et dépouillent ces damnés de la terre sur le sort de qui tout le monde ferme les yeux.\n\nEntre 200 et 300 refoulés africains dont des femmes et des enfants, croupissent là dans un dénuement total, sans eau ni lumière, sans nourriture ni soins, oubliés de tous, dans l’indifférence des autorités publiques et à la merci de tous les trafics. Polices, passeurs, militaires et réseaux mafieux, tout le monde profite du système.\n\nLa convention avec la Croix-Rouge\nUne convention, en fait un arrangement non écrit, a été conclue entre la Maison du Migrant et le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et la Croix- Rouge malienne pour accueillir les convois de migrants refoulés du Maghreb à Tinzaouaten. Si l’action de la Croix-Rouge permet de diminuer le nombre de personnes bloquées sans ressources, sujets aux brimades de la police et des militaires dans ce no man’s land, il semble aussi qu’elle provoque des effets pervers :\n\n-> 1 Des discriminations ont été souvent constatées dans le choix des publics prioritaires pour l’acheminement. Ce ne sont, en effet, pas toujours les plus vulnérables qui parviennent à monter dans le camion Croix-Rouge, mais plutôt une clientèle triée sur le volet par des chefs de ghettos de Tinzaouaten ou leurs collaborateurs en contrepartie d’une « taxe » indue, perçue sur le candidat au départ déjà plus que démuni. \n\nIl est du reste fréquent que ces « chairmen » entretiennent de bonnes relations avec les militaires, les gendarmes et les volontaires de la Croix-Rouge locale qui établissent les listes depuis Tinzaouaten. Les Maliens parviennent parfois plus facilement à trouver une place, « du fait de leur nationalité ». Les femmes, même enceintes, et par conséquent prioritaires pour l’évacuation, sont très souvent exclues des convois.\n\n-> 2 Des contrôles de police abusifs, notamment à Kidal, sont effectués sur les migrants qui voyagent dans le convoi. Ils sont fouillés hors la présence de la Croix-Rouge et bien souvent dépouillés de leurs biens personnels.\n\n-> 3 Des rythmes des convoyages disproportionnés et non adaptés aux capacités d’accueil de la Maison du Migrant : les convois devaient être, à l’origine, limités à 80 personnes maximum par 15 jours, mais la Croix-Rouge a décidé unilatéralement et sans complément d’aide financière ou logistique, de les porter à 50 personnes par semaine. Ce qui dépasse plus que largement les capacités de l’équipe de la Maison qui, de fait, n’a plus les moyens d’effectuer le travail d’écoute, d’information, de sensibilisation qui constitue sa vraie mission. Il faut savoir en outre qu’une fois les migrants remis à la Maison du Migrant à Gao, la Croix-Rouge considère sa mission achevée. Et l’aide financière forfaitaire qu’elle apporte (équivalent d’une journée d’accueil) demeure trop faible pour subvenir aux besoins réellement pris en charge par la Maison du Migrant.\n\nUn réaménagement de la convention avec la Croix- Rouge devra être envisagé pour éviter la dénaturation des missions de la Maison du Migrant et pour la protéger des risques financiers et logistiques exorbitants qu’elle aurait du mal à supporter. \n\nNioro du Sahel\nNioro est située à 30 km de la frontière mauritanienne, 430 km de Bamako. Depuis quelques années, il est devenu un lieu privilégié des refoulements opérés par l’autorité mauritanienne. En 2008, 1 800 personnes ont été « jetées » à la frontière par la police mauritanienne. Entre janvier et octobre 2009, 550 migrants ont été refoulés. La majorité sont des Maliens ou des Africains d’autres nationalités avec des papiers d’identité maliens. Beaucoup ont été arrêtés à Nouadhibou. Certains Maliens, installés de longue date en Mauritanie et qui y travaillent, sont parfois eux aussi expulsés.\n\nAu début, l’administration malienne a tenté de prendre la question de l’accueil en charge mais ça n’a pas duré. L’association « Human Help » organise un convoi par mois (80 personnes) de Nioro vers Bamako. La Caritas locale ne peut pas faire face seule à ce problème mais s’y est quand même mobilisée.\n\nBamako\nÀ Bamako, la Mission catholique (les pères Blancs) accueille les migrants soutenus depuis le Maghreb par les relais de Rencontre et Développement. L’association ARACEM (Association des refoulés d’Afrique centrale) accueille certains migrants refoulés, arrivés seuls ou convoyés par la Maison du Migrant de Gao. Elle aide aussi et accompagne (hébergement et recherche d’emploi) certains refoulés bloqués à Bamako.\n\nMais les capacités d’accueil d’ARACEM sont cependant très réduites et cette association, malgré sa bonne volonté manifeste, n’a pas la logistique nécessaire pour\nfaire face aux importants flux de refoulés venant de Gao.\nEn réalité, le suivi et l’accompagnement des migrants vers d’autres pays de destination restent encore préoccupants à Bamako. Il n’est pas rare que des refoulés soient interpellés sur la voie publique sans domicile ni ressources et sans structure d’accueil de référence.\n\n\nLe Sénégal : face à des rapatriements complaisants, des jeunes sur le pont pour leur réinsertion\n\n\n(Cheikh Diop et Ibrahima FAL, SIDEB ; Abbé Jean-Marie Ndour, Caritas Dakar)\nUne petite touche d’espérance après ces parcours dramatiques !\nLe Sénégal est le terminus pour les Sénégalais reconduits par la chaîne des relais. C’est par cette chaîne, depuis Kidal au nord du Mali, que Dame Sène, originaire de Diourbel, est rentré au Sénégal en 2008 après 7 ans de voyage et 5 refoulements d’Algérie. Dame est aujourd’hui installé avec sa famille et mène des activités de tissage dans sa ville d’origine.\nLe Sénégal, c’est aussi le terminus pour les milliers de migrants rapatriés depuis les Îles Canaries suite aux accords hispano-sénégalais. 500 à Kayar, 400 à Mbour par exemple. Chacun avec un sandwich et 10 000 F CFA. Les migrants rapatriés se sont progressivement regroupés. Des GIE (Groupements d’intérêt économique) se sont créés sur divers corps de métiers, notamment de la pêche artisanale. L’association Solidarités et initiatives de développement économique de base (SIDEB) encadre ces processus collectifs et organise aussi des actions de sensibilisation et d’information pour mieux expliquer aux jeunes ce que signifient ces départs.\n\nLa Caritas Dakar, qui abrite le PARI, Point d’accueil des réfugiés et immigrés, souhaite également amorcer un travail de mobilisation des médias et de l’opinion publique, afin que ces situations dramatiques aux frontières et dans la mer soient mieux connues et ne soient pas si vite oubliées, afin que les décideurs politiques posent le problème clairement. Des émissions radios sont ainsi organisées (l’une l’a notamment été depuis Gao, avec le témoignage d’un migrant sénégalais refoulé à Tinzaouaten), et deux forums ont déjà eu lieu en 2006 et 2007 sur les questions de migrations et d’emplois des jeunes.\n\n\nEurope-forteresse ou le déni des réalités du monde\n\n\n(Sara Prestianni, Migreurop)\nLe réseau Migreurop compte 40 associations membres, dans 13 pays. Le réseau s’est constitué en 2002 comme un réseau informel sur la question des camps d’enfermement, pour dénoncer la rétention pour le seul motif de ne pas avoir de papiers, pour dénoncer les conditions de rétention et l’externalisation de la politique de fermeture des frontières de l’espace Schengen.\n\nLe réseau analyse la sous-traitance de la gestion des frontières européennes jusqu’aux pays d’origine, pays qui n’ont parfois même pas signé la convention de Genève sur l’asile. Depuis 2008, Migreurop a constitué un observatoire des frontières (cf. Frontières assassines de l’Europe) pour analyser les procédures de refoulement, d’expulsion et de « déshumanisation des migrants sur les routes migratoires ».\n\nMigreurop organise également des campagnes d’interpellation auprès du Parlement européen. C’est à partir de ces actions développées autour des zones frontières de l’Europe, qu’il porte aujourd’hui un discours de dénonciation et d’interpellation politique auprès des institutions européennes et des autorités des pays concernés.\n\n\nProgramme Migrants du CCFD-Terre Solidaire\n\n\n(Nina Marx, CCFD-Terre Solidaire)\nLe Programme Migrants du CCFD-Terre Solidaire soutient en France trois types de partenaires :\n\n-> associations de défense des droits des migrants et de lutte contre les discriminations qui se mobilisent pour que les migrants disposent d’une situation administrative et juridique stable, bénéficient de droits civils et sociaux reconnus et accèdent à un véritable statut citoyen dans la société,\n\n-> associations engagées dans le renforcement du vivre ensemble et le dialogue interculturel et interreligieux dans la société française,\n\n-> le CCFD-Terre Solidaire encourage aussi les associations d’immigrés qui participent aux actions de développement dans leurs pays et régions d’origine. En plus des actions France, Le Programme Migrants soutient depuis quelques années des partenariats internationaux.\nDans la zone Maghreb/Sahel, où sa présence est déjà ancienne, le CCFD-Terre Solidaire développe des partenariats autour des axes suivants :\n\n-> Appui de proximité, qui vise à remettre « debout » et réhabiliter des migrants qui ont subi dans leur parcours, des échecs, des brimades et des violations de droits.\n\n-> Aide à la réinsertion économique et sociale de migrants rapatriés et de candidats au départ.\n\n-> Plaidoyer politique, interpellation publique des décideurs et travail d’information et de communication pour mieux faire connaître les situations et les aléas des parcours des migrants.\nDe nouvelles zones d’intervention sont en cours d’ouverture en Asie (Thaïlande, Philippines) en Amérique latine (Méso-Amérique, Brésil), en Afrique (Afrique du Sud) et au Moyen-Orient (Égypte, Liban).\nÀ noter que le CCFD-Terre Solidaire ne vient pas directement en aide aux migrants pris individuellement mais appuie des associations partenaires qui les assistent, défendent leurs droits et essaient d’améliorer leurs conditions de vie.\nLe CCFD-Terre Solidaire n’a pas d’antenne ni de représentation dans les pays dans lesquels il travaille. Il s’appuie sur ses partenaires locaux et essaie de converger avec eux, sur une base d’égalité, autour de leurs propres priorités d’action, pour le bien des populations en difficultés, en vue de faire reculer les injustices sociales et d’améliorer les conditions de vie des plus pauvres, par l’accès aux droits et par un meilleur partage de richesses de notre monde."}
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C’est une industrie unique qui implique un nombre considérable de secteurs. Les médecins, par exemple, sont plus sollicités dans une zone touristique, alors que leur activité est à priori indépendante du tourisme. Toutefois, cette industrie exige des infrastructures - aéroports, réseau routier, adduction d'eau, équipements sanitaires … - sans lesquelles le tourisme est inimaginable. Certes dans la plupart des cas, la population locale en profite aussi. Mais pas toujours. Les Etats investissent donc dans des infrastructures qui bien souvent sont construites par des sociétés étrangères , avec des matériaux étrangers payés en devises. Les pays du Sud ne rentrent pas dans leurs fonds, tandis que les pays occidentaux s’enrichissent encore un peu plus, bénéficiant des contrats et des intérêts sur des emprunts contractés auprès de leurs banques. Même chose pour les complexes touristiques. Les Tours Opérateurs (TO) obtiennent des conditions très avantageuses sur le plan foncier et fiscal. Dans les hôtels de luxe, absolument tout est importé : de la literie à la petite cuillère, en passant par la viande servie au restaurant. Sans compter le personnel dirigeant. Bien sûr, le personnel local formé correctement est rare. Mais le transfert de compétences n’est pas non plus la priorité des TO. Economiquement c’est un problème, et sur le plan social, ça entraîne d’énormes frustrations. Le pire ce sont les formules où tout est compris au départ. Ce n'est plus 60 mais plutôt 90 % du montant du forfait qui retombe alors entre leurs mains des TO, puisque ces derniers gèrent directement l'ensemble des prestations vendues au touriste. Finalement l’industrie du tourisme est une forme de colonialisme moderne.\n\nQu’est-ce qui vous choque le plus dans le tourisme de masse ?\n\nL’indifférence totale de la plupart des touristes vis à vis de la culture et des conditions de vie de leurs hôtes. Ils ont payé, ils considèrent donc leurs vacances passées en terre étrangère est un du. Ce type de comportement se retrouve aussi dans le tourisme d’élite. Or lorsqu’on propose la semaine en Tunisie à 150 euros, à peine davantage qu’une journée à Dysney Land, cela se fait forcément sur le dos de quelqu’un. Se demandent-ils si les femmes « girafes » qu’on peut photographier telles des animaux dans un zoo, sont consentantes ? Pourtant la Birmanie est une des pires dictatures au monde. Savent-ils que des régions entières sont vidées de leur population initiale pour laisser place à des complexes touristiques ? Ce fut le cas à Hawaï, aux Philippines, aux Antilles... Enlevées à leurs terres ancestrales , de nombreuses tribus indigènes ont été privées de leurs ressources vivrières. Le Maroc a déclaré six grandes zones d’intérêt prioritaire pour le développement touristique. Cela entraîne nécessairement des déplacements forcés de population car dans les pays peu ou pas démocratiques, les gens n’ont même pas idée qu’ils pourraient se rebiffer. Parfois c’est de bonne foi que les touristes ont des comportements irresponsables. Prenez l’exemple de la mendicité infantile. Combien de familles j’ai vu éclater parce que l’enfant récoltait une journée ce que son père gagnait pour une semaine de travail ! Il suffirait souvent que les touristes se posent quelques questions pour éviter le pire.\n\n\nQuelles ont été les étapes déterminantes dans la promotion d’un autre tourisme ?\n\nLa remise en question du tourisme de masse apparaît en même temps que son essor - c’est à dire dans les années 1970 – et donne lieu à quelques initiatives alternatives. Notamment en Casamance où s’est créé des campements destinés à \" associer les populations rurales aux activités touristiques sans déséquilibrer leur environnement socioculturel\". Toutefois, ce sont les églises, avec la Coalition Œcuménique sur le Tourisme du Tiers-Monde (ECTWT ), qui jetteront le premier pavé dans la mare. Réunies à Bangkok en 1982 pour analyser les effets du tourisme au Sud, elles dénoncent le terrible accroissement de la prostitution infantile en Asie. Leur mobilisation donne lieu, huit ans plus tard à la campagne internationale, ECPAT, devenue depuis une association. Mais si l’exploitation sexuelle des enfants fait le consensus dans l’indignation, il reste difficile de convaincre les gens sur les autres méfaits du tourisme de masse. Ce n’est pas désespéré pour autant. Le concept de « Tourisme équitable » commence à se populariser, en partie grâce à la notoriété croissance des valeurs défendues par le « commerce équitable » mais aussi parce que sur la plan de la communication, le terme « équitable » renvoie directement à la notion de justice alors que des appellations telles que tourisme « responsable », « éthique » ou « durable » sont plus difficilement déchiffrables. Par ailleurs, Le Code Mondial d'Ethique du Tourisme est une avancée . Il a été adopté en 2000 par l'Organisation Mondiale du Tourisme (OMT) qui fait aujourd’hui partie intégrante de l'ONU. L’OMT représente essentiellement les Tours Opérateurs et le texte se soucie davantage de protéger les touristes que de préserver les intérêts des populations locales. Mais il a comme tous les grands textes internationaux une vertu incitative et le mérite d’envisager le tourisme sous l’angle de l’éthique. Enfin le projet « Global Reporting Initiative » de l’ONU peut-être très porteur . Chaque secteur, pas seulement le tourisme, est invité à définir des indicateurs permettant d’évaluer son activité en terme de développement durable. Jusqu’à présent ,seuls les TO ont produit des indicateurs. Mais si les ONG et les populations locales s’y mettaient, ça permettrait de comparer les pratiques touristiques selon des critères vraiment pertinents.\n\n\nDe quelles dérives le tourisme alternatif est-il porteur ?\n\nD’abord ça reste du tourisme. Aussi respectueuses que soient les personnes qui s’y adonnent, elles finissent par repartir, tandis que l’Africain ou l’Asiatique qui les a accueillies continue à se battre avec les difficultés inhérentes aux pays en voie de développement. La relation reste donc profondément inégalitaire. Par ailleurs, il y a encore trop peu d’initiatives réellement conçues et portées par les populations locales. Cela pose la question de l’adéquation de ces projets aux besoins réels des communautés. Enfin le concept peut facilement être récupéré au profit d’une simple opération de marketing. D’ailleurs les plus grands Tours Opérateurs se vantent aujourd’hui de faire du tourisme durable. On a vu comme ils se sont précipités pour participer à l’opération « Tourism for Développement » de Mustapha El Gendy. La dite opération consistant à céder un $ à une association de développement pour chaque nuitée dans un hôtel, sans questionner un seul instant le comportement des touristes ou le fonctionnement de l’industrie touristique. C’est pourquoi il est tellement important qu’associations et TO s’assoient à la même table pour faire le point sur le concept.\n\n\nQu’en est-il en France ?\n\nLes Italiens et les Anglais plus pragmatiques ont su le faire. En France malheureusement, on reste beaucoup dans l’idéologie. Deux grands acteurs se partagent le terrain : l'UNAT (Union Nationale des Associations de Tourisme) qui réunit les associations de tourisme social et le réseau ATR (Agir pour un Tourisme Responsable) qui regroupe des T.O. orientés \"Ecotourisme\" et/ou \"tourisme d'aventure\". Associations à but non lucratif et entreprises ont beaucoup de mal à dialoguer. La dispersion des efforts et des initiatives n'aide pas du tout la cause du Tourisme alternatif et donne une image brouillée de ce concept dans notre pays. D’autant que la notion de « tourisme solidaire » promue par l’UNAT – autrement dit le fait de contribuer à un projet de développement par son voyage – tend à éclipser celle de « tourisme équitable ». C’est dommage parce que réducteur. Il faut absolument insister sur la responsabilité des parties : touristes, TO… Par ailleurs si ces deux acteurs se sont munis de chartes éthiques , aucun contrôle extérieur n’en garantit le respect. Cette auto-labellisation pose un vrai problème. Les pouvoirs publics semblent vouloir mettre fin à cette joyeuse anarchie. Les prochains mois seront peut-être porteurs de changement. Je pense pour ma part qu’il est trop ambitieux de labelliser toute une entreprise. Labelliser un produit, comme le fait l’organisme indépendant FTTSA (Fair Trade in Tourism South Africa) m’apparaît plus crédible.\nNous avons aussi quelques raisons d’espérer avec l’entrée sur scène du Réseau Archimède, une plate forme de réflexion qui rassemble des acteurs très divers : professionnels du tourisme, chercheurs, anthropologues, collectivités territoriales …\n\n\nLe tourisme équitable est-il condamné à n’être qu’un marché de niches ?\n\nIl faut être réaliste. Les multinationales ne sont pas des enfants de cœurs et elles ne sont pas prêtes à renoncer aux revenus du tourisme de masse. Les gouvernements non plus. Après le passage du Tsunami, un haut lieux touristique tel que l’île de Phuket en Thaïlande sera reconstruit à l’identique. Même injustement redistribué, l’argent laissé par les touristes fait vivre des centaines de familles, ce qui ne sera jamais le cas d’un projet alternatif. Sans compter qu’une petite structure associative ne versera pas aux dirigeants corrompus des pots de vin comparables à ceux qu’ils touchent des grands Tours Opérateurs. Ceci étant dit, le tourisme équitable peut s’avérer un complément de revenus précieux pour certaines communautés à condition de ne pas être conçu comme une fin en soi, mais plutôt comme un volet parmi d’autres du développement local. Le concept par ailleurs a une portée pédagogique. Des initiatives, même marginales d’un point de vue macro-économique, peuvent avoir valeur d’exemple et modifier les exigences du plus grand nombre.\n\nEntretien Avril 2006"}
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D'autant que l'accès à l'école est difficile pour les enfants de familles modestes.\n\n\n\n\n\nLa terre ne suffit pas\n\nParis, le 4 mars 2005.\n\nDu temps de la colonisation portugaise, les terres appartenaient aux grands propriétaires qui se les partageaient. En 1975, le Mozambique est devenu indépendant et, en 1976, il y a eu la nationalisation des terres. Mais en 1979, une guerre civile qui a duré seize ans a éclaté et la loi a été oubliée. Les accords de paix signés en 1994 ont ressorti ces lois sur la terre et depuis 1997, ce droit est enfin reconnu. À partir du moment où une famille prouve qu’elle vit sur une terre depuis des années, elle a des droits sur cette terre et bénéficie de protections juridiques, c’est écrit dans la Constitution. La terre n’est donc pas le problème fondamental.\n\nOn estime d’ailleurs qu’au Mozambique 38 % du territoire national est constitué de terres fertiles or, jusqu’à présent, les paysans n’occupent que 18 % de ces terres.\nLe problème est que, alors que l’agriculture constitue la première ressource du pays, même si nous avons aussi la pêche, l’exploitation forestière et quelques ressources minérales, sur les 80 % de la population qui vit dans les campagne, les deux tiers d’entre eux vivent dans une extrême pauvreté. Ils n’ont pas de véritable toit, habitent des maisons « sans porte » et leurs enfants ne vont pas à l’école faute de moyens et, de toutes façons, ils doivent aider leurs parents dans les champs. Nous avons bien la terre, mais pour quoi faire ?\n\nUn manque de politique agricole \nLa véritable question est : comment développer l’agriculture et améliorer les techniques agricoles pour augmenter la quantité et la qualité des productions ? Car il n’est tout de même pas normal qu’une famille qui travaille durement tout le temps n’arrive même pas à produire de quoi survivre toute l’année.\nIl y a bien un programme d’état appelé le Parpa, le Programme d’action de réduction de la pauvreté absolue, qui est basé sur l’agriculture et montre que la volonté politique existe, mais il n’y pas de ressources pour investir. Le Mozambique est trop pauvre. Il faudrait des ressources externes or il n’y a pas de financement international concernant l’agriculture au Mozambique. Quant aux banques, elles considèrent le secteur comme « très risqué » et préfèrent se tenir à l’écart ou alors proposent des taux d’intérêts qui sont de 44 % ! Aucune agriculture ne peut vivre avec des taux pareils. Ce manque de politique agricole ne concerne d’ailleurs pas que les petits agriculteurs, puisque les grands producteurs sont logés à la même enseigne et doivent se débrouiller par eux-mêmes pour financer le développement de leurs exploitations. Une des premières conséquences de ce manque de politique de développement agricole : l’exode rural. Aujourd’hui, 20 % de la population vit désormais dans des villes et, surtout, les bidonvilles qui s’agrandissent de plus en plus autour de ces villes.\n\n\nL'école, un filtre social\nAutre conséquence, l’accès à la scolarité. Car, disposant de peu de ressources, les parents doivent faire des choix et, en général, ils donnent la priorité aux garçons. Les filles doivent rester à la maison pour aider aux tâches ménagères et à la gestion de la famille. \nD'autre part, si les cinq premières années sont gratuites, il faut payer à partir de la sixième. Cela exclut beaucoup d’enfants de l’école. Après le baccalauréat, le nombre de places dans les universités publiques étant très limité et leur accès soumis à un examen d’entrée qui est un véritable filtre social, ils doivent souvent payer pour aller dans les universités privées pour poursuivre leur formation. Ce qui est impensable dans leurs conditions. L’accès à l’université est donc quasi impossible pour les plus pauvres.\n\nCette exclusion sociale de jeunes qui arrivent jusqu’au bac en pousse un grand nombre dans la marginalité, les filles versent dans la prostitution et les garçons dans la violence et la délinquance, le trafic de drogue, car il n’y a pas de travail pour eux et ils n’ont plus envie de travailler la terre. Et la pauvreté continue.\n\nPropos recueillis par Patrick Chesnet\n\nFille de paysans, Luisa entreprend des études de droit tout en aidant sa famille dans les champs. Elle travaille pour le Forum Terra, une Ong ayant pour objectif de sensibiliser les paysans mozambicains et les politiques locaux aux questions liées au développement agricole."}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/six-mois-apres-le-tsunami/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/six-mois-apres-le-tsunami/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Six mois après le tsunami","datePublished":"2005-06-21T00:00:00+00:00","dateModified":"2021-12-07T17:34:30+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/six-mois-apres-le-tsunami/"},"wordCount":435,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"inLanguage":"fr-FR","description":"Les partenaires du CCFD poursuivent le travail de réhabilitation  (21 juin 2005)\n\n\n\n 21 juin 2005\n\n\nSur les 2 millions d’euros qu’il a collectés, le CCFD a consacré à ce jour 915 225 euros pour appuyer les organisations locales qui travaillent à la réhabilitation en faveur des populations victimes du tsunami.\n\n\nPour répondre aux immenses besoins créés par la catastrophe du 26 décembre, les organisations locales partenaires du Ccfd dans les zones touchées par le tsunami (Aceh, Tamil Nadu, Sri Lanka, Thaïlande, Birmanie) se sont immédiatement mobilisées pour venir en aide aux victimes.\n\n\nDès les trois premières semaines 369 668 euros ont été engagés pour répondre aux nécessités les plus urgentes (fournir de l’aide alimentaire et du matériel de première nécessité achetés sur les marchés locaux ou fournis par la solidarité locale, apporter une aide médicale, extraire les corps…).\n\n\nDepuis, le travail des organisations partenaires du Ccfd est entré dans la phase de réhabilitation. Le Ccfd a engagé en leur faveur 545 558 euros, répartis sur différents domaines : \n\n la construction de bateaux la remise en culture des terres dévastées la reconstruction des bâtiments communautaires le soutien psychologique aux personnes traumatisées la reprise d’activités éducatives pour les enfants\n…\n\n\nUrgence et réhabilitation confondues, les financements accordés par le Ccfd se montent à 915 255 euros répartis comme suit :\n\n Indonésie : 330 000 euros Inde : 387 447 euros Sri Lanka  : 93 778 euros  Thaïlande : 56 100 euros  Birmanie : 23 000 euros  Actions régionales : 25 000 euros.\n\n\nUne attention particulière est portée par le Ccfd et ses partenaires à la défense des droits des populations défavorisées : les Intouchables (Dalits) en Inde, les petits pêcheurs artisans, les immigrés birmans en Thaïlande, les déplacés toujours en attente de relogement en Indonésie.\n\n\n875 000 euros restent à engager au profit de la réhabilitation pour répondre aux besoins en cours et à venir (la perspective par exemple de la réinstallation des déplacés à Aceh, l’accompagnement dans la durée des populations pauvres…).\n\n\nL’intégralité des fonds collectés seront affectés aux projets en faveur des populations victimes du tsunami et 89,15 % des fonds seront adressés aux organisations bénéficiaires. Le reste étant consacré aux divers frais administratifs et bancaires (2,20 %) et au pilotage des projets (8,65 %).\n\n\nLes partenaires locaux habitués à travailler auprès des populations et à traiter avec les autorités locales offrent des garanties irremplaçables pour adapter les projets aux besoins réels et pour exercer une vigilance sur l’emploi des fonds."}
{"@context":"https://schema.org","@type":"WebPage","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/six-mois-apres-le-tsunami/","url":"https://ccfd-terresolidaire.org/six-mois-apres-le-tsunami/","name":"Six mois après le tsunami - CCFD-Terre Solidaire","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#website"},"datePublished":"2005-06-21T00:00:00+00:00","dateModified":"2021-12-07T17:34:30+00:00","description":"Les partenaires du CCFD poursuivent le travail de réhabilitation (21 juin 2005) 21 juin 2005 Sur les 2 millions d’euros qu’il a collectés, le CCFD a","inLanguage":"fr-FR"}
{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/les-partenaires-mobilises/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/les-partenaires-mobilises/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Les partenaires mobilisés","datePublished":"2006-12-06T17:57:00+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/les-partenaires-mobilises/"},"wordCount":1112,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"inLanguage":"fr-FR","description":"Brésil\n\nAS-PTA (Conseil et services à projets en agriculture alternative)\n\nFondée en 1989 par des agronomes l’AS-PTA s’implique particulièrement dans la gestion de l’eau en milieu semi-aride, l’accompagnement de dynamiques syndicales paysannes et la production de produits issus de l’agriculture biologique.\n\nElle défend l’agriculture familiale brésilienne et la mise en place de politiques de développement rural.\n\nLe travail d’AS-PTA englobe des domaines variés, les semences (patrimoine de l’humanité), l’eau, la santé et l’alimentation ainsi que la sécurité alimentaire des familles.\n\nL’AS-PTA est une des organisations qui suit de près l’évolution du soja, et notamment l’avancée du soja transgénique. Elle coordonne la campagne \"Pour un Brésil sans OGM\" et est aussi fortement impliquée dans le suivi de la Convention de Carthagène sur la biosécurité.\n\nCommission pastorale de la terre (Cpt)\n\nLa CPT est une entité œcuménique brésilienne, fondée en 1975 par diverses églises, dans le but d’appuyer les luttes des personnes travaillant en milieu rural brésilien, pour l’accès à la terre et l’amélioration des conditions de vie. Elle est membre de Pax Christi international et allié de FIAN.\n\nLa CPT de l’État du Pará a engagé un travail de suivi des impacts sociaux et économiques de l’avancée du soja.\n\nMouvement des Sans-Terre\n\nLe Mouvement  des Sans-Terre brésilien est né dans le sud du Brésil en 1978 durant la dictature militaire et découle du travail pastoral réalisé par les Eglise catholique et luthérienne. Sa mission est d’organiser les travailleurs ruraux sans terre dans la lutte pour leurs droits de citoyen. Il réalise tout un travail d’installation des sans-terre, notamment via les occupations de terres inexploitées et d’organisation économique et sociale des communautés en occupation ou installées. Le MST regroupe aujourd’hui 110 000 famille et est membre de Via Campesina.\n\nLe MST a élaborer une série d’outils pédagogiques pour informer les sans terre des problématiques liées à la monoculture et notamment au Soja, sur les terres qu’ils occupent ou pour guider leur choix de production au moment de s’installer.\n\nFédération des organisations pour l’assistance sociale et l’éducation (FASE)\n\nLa FASE (créée en 1961) travaille dans six États du Brésil auprès des populations rurales et urbaines dans le but de contribuer à la construction d’une société démocratique à travers des initiatives alternatives de développement qui englobent l’inclusion sociale, la justice, l’environnement durable, l’universalisation des droits sociaux, économiques, culturels, environnementaux, civils et politiques.\n\nLa FASE a inclut dans ses programmes, depuis 2004, un large travail autour du Soja.\n\nArgentine\n\nMouvement des paysans de Santiago del Estero (MOCASE)\n\nLe Mocase défend les objectifs et les aspirations d’environ 8.500 familles, représentées par 12 organisations paysannes.\n\nIl promeut une politique agricole tenant compte des spécificités régionales. Il aide les organisations paysannes à revendiquer leurs droits et développe entre autre des projets productifs dans plus de 150 communautés rurales, visant à diversifier une production régionale jusque-là très tournée vers le coton. Il est membre de Via Campesina.\n\nLe Mocase dénonce très régulièrement les violations des droits humains et les violences liées à l’expulsion de petits paysans, conséquence de l’expansion de la monoculture du soja dans cette zone Nord-Est de l’Argentine.\n\nINCUPO (Institut de culture populaire)\n\nIncupo soutient les organisations paysannes et indigènes. Il travaille dans cinq provinces du nord de l’Argentine : Formosa, Chaco, Corrientes, Santiago del Estero y le Nord de Santé Fé.\n\nSes principaux domaines d’activité sont la formation, l’éducation et la communication populaire, le conseil technique agro écologique et le travail en réseau avec d’autres acteurs pour appuyer le développement rural.\n\nLes communautés et mouvement paysans accompagnée par Incupo sont confrontés, dans le Chaco, au nord de l’Argentine, à une très forte déforestation et à une pression très forte sur la terre : de nombreuses familles de paysans et communautés indigènes sont expulsées de leur terres et subissent la destruction de leur environnement naturel, dont elles dépendent économiquement et socialement.\n\nIncupo les soutient dans leurs dénonciations et dans la recherche d’alternatives.\n\nParaguay\n\nSepa, la FNC et le MJCC ont lancé, en janvier 2006, une campagne nationale de mobilisation et d’information sur les conséquences dévastatrices de l’expansion du soja au Paraguay.\n\nRégulièrement des paysans sont expulsés violemment de leur terre, des animaux et des enfants intoxiqués et des cultures détruites lors des épandages de produits phytosanitaires.\n\nOn compte déjà plusieurs assassinats de paysans. Suite aux dénonciations faites par les syndicats paysans une politique de criminalisation des mouvements paysans a été mise en place dans le pays et de nombreux leaders ont étés arrêtés ou font l’objet de procédures judiciaires.\n\nService Œcuménique de Promotion Alternative (SEPA)\n\nLe SEPA concentre son action sur l’articulation des organisations sociales et le développement communautaire, à partir de programmes de formation (gestion et production, questions de genre, citoyenneté, etc.). Il met en place des projets liés à l’amélioration de la production et de l’utilisation des ressources naturelles.\n\nFédération nationale des paysans (FNC)\n\nLa FNC est une fédération composée de petits et moyens producteurs et de paysans sans terre (environ 30.000 personnes) qui revendiquent l’accès à la terre et au marché, et demande un prix équitable pour les produits agricoles.\n\nLa FNC agit pour l’amélioration des conditions de vie en milieu rural, en tenant compte des questions de santé et d’éducation.\n\nElle milite en faveur d’une réforme agraire et d’une politique nationale de développement durable.\n\nMouvement rural de jeunesse chrétienne (MJCC)\n\nLe MJCC regroupe divers groupes de jeunes paysans dans les départements de San Pedro et Caaguazu. Son action est surtout dirigée vers la formation de leaders, aux niveaux social, culturel, technique.\n\nIl est membre du MIJARC (Mouvement international de la jeunesse agricole et rurale catholique).\n\nBolivie\n\nProgramme NINA\n\nLe programme Nina travaille à la formation de leaders paysans et indigènes pour favoriser le renforcement et le développement des organisations dont ils sont membres (CSUTCB, Bartolomina Sisa, CIDOB).\n\nLe programme est très investit dans le milieu rural et commence à suivre de près l’évolution de la monoculture du soja en Bolivie."}
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L'anecdote évoquée par le créateur de Tom Sawyer fait florès dans les agences de voyage, dont les devantures vendent le sable fin baigné de soleil, le bleu turquoise de l'océan Indien et les cocotiers, illustrant à l'envi l'îlot paradisiaque. Mais derrière l'image d'Épinal se cache un autre paradis, moins ostentatoire. Moins reluisant aussi.\n\n\n\nUn éden méconnu\n\n « Maurice, un paradis fiscal ? ». Dans les rues, comme au marché central de Port-Louis, la capitale, la question trouve des visages incrédules. Certains évoquent néanmoins les villas de grands sportifs, comme le golfeur Tiger Woods, venus mettre une partie de leur fortune à l'abri de l'impôt. Shiva, la quarantaine, responsable d'une agence de tourisme, observe que « la cybercité [centre d'affaires] est en pleine expansion. Au milieu des call centers, on voit pousser des grands immeubles pour les banques ». Il y voit la suite logique du développement de l'île. Il faut dire que malgré la fin des préférences commerciales européennes et le peu d'options s'offrant à une petite île dépourvue de richesses naturelles, Maurice fait figure de « success story » de la mondialisation.\n\nQue la perle de l'océan Indien soit devenue la première place offshore de l'hémisphère Sud (avec l'Uruguay) est donc passé inaperçu de la majorité des Mauriciens. Seul Harold, professeur, évoque le sujet avec lucidité : « Les sociétés offshore ne sont pas une nouveauté. Malheureusement, on voudrait nous faire croire qu'elles n'existent pas ». De fait, le gouvernement veille au grain pour protéger la réputation d'un secteur qui, s'il n'emploie guère plus de 2 % des actifs, génère plus de 10 % du PIB. Comme Monaco et d'autres trous noirs de la finance, l'île - par ailleurs sous la menace effective de la montée des eaux due au réchauffement climatique - cible sa communication sur l'environnement pour donner l'image d'une place propre. Maurice, paradis fiscal ? « C'est un mythe. Nous ne figurons pas sur la liste de l'OCDE », explique Ramakrishna Sithanen, vice-Premier ministre et ministre des Finances de l'île, en octobre 2009. Il n'en a pas toujours été ainsi. En 2000, Maurice fut épinglé par l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économique), le Groupe d'action financière internationale (Gafi) et le Forum de stabilité financière comme un paradis à la fois fiscal, judiciaire et réglementaire. Autrement dit, un territoire permettant de tricher avec l'impôt, d'échapper à la justice et de spéculer de manière effrénée. Quelques concessions lui suffiront à échapper à la vindicte du G20 d'avril 2009.\n\nL'Inde victime du tourisme fiscal\n\nSur l'autre rive de l'océan Indien, le son de cloche est radicalement différent. Car pour échapper à l'impôt, de nombreux Indiens fortunés placent leur argent à Port-Louis afin de mieux le réinvestir, non taxé, dans leur pays d'origine. Cet aller-retour qui permet de se délester impunément de la charge fiscale et des droits de douane, est connu sous le nom de « round tripping ». Alimentant de nouveau une supercherie statistique, puisque les sommes en jeu seront comptabilisées au titre des investissements « étrangers » . Pour les autres investisseurs, multinationales et diaspora indienne, on parle de « treaty shopping » : grâce à son traité de non-double imposition avec l'Inde, l'Île Maurice - qui n'impose pas les plus-values - permet de défiscaliser les capitaux. Ces deux combines ont contribué à faire de l'Île Maurice le premier investisseur mondial en Inde, et de très loin. Depuis dix ans, cette petite île d'à peine un million d'habitants a fourni 44 % des capitaux investis dans le sous-continent. Les autres paradis fiscaux, dont Singapour et Chypre, en ont apporté plus de 15 %. Les autorités de Delhi qui chiffrent le manque à gagner pour l'État fédéral en centaines de millions d'euros voient rouge.\n\nLe torchon brûle avec Delhi\n\nLa relation avec Maurice s'est tendue en 2009, la ponction massive sur les finances publiques se conjuguant avec un scandale retentissant. En janvier 2009, B. Ramalinga Raju, président et fondateur du groupe Satyam, un géant de l'informatique, a avoué une fraude comptable qui a ébranlé le capitalisme indien. Près de 1,5 milliard d'euros auraient été détournés via l'île Maurice avant d'aboutir dans des sociétés-boîtes aux lettres en Europe. Les protagonistes, dont les auditeurs de Pricewaterhouse, risquent de lourdes peines.\n\nPlusieurs partis d'opposition, dont le Bharatiya Janata Party (BJP, Parti du peuple indien), ont fait de la lutte contre les paradis fiscaux une priorité de campagne pour les législatives de mai 2009. Ils ont promis de rapatrier les milliards envolés - notamment en Suisse, où les avoirs indiens pourraient représenter plus de 1 000 milliards d'euros. Menaçant de dénoncer le traité fiscal qui le lie à Maurice, le gouvernement indien en est même venu à refuser certains investissements soupçonnés de favoriser l'évasion fiscale. Les entreprises Goldman Sachs et Japan Tobacco et des hommes d'affaires indiens se sont ainsi vu interdire l'accès au marché indien, au point de provoquer en octobre 2009 l'ire du Conseil de promotion de l'investissement étranger (FIPB) en Inde. Jusqu'où céder aux sirènes des capitaux étrangers ? Le débat est lancé.\n\nBénéfices non taxés\n\nL'Inde n'est pas la seule victime de Maurice, tête de pont du commerce et de l'investissement entre l'Asie et l'Afrique. Également concernée, la Chine a légiféré en 2007 pour endiguer le phénomène, en taxant davantage les holdings chinois, implantés à l'étranger qui réinvestissent dans l'Empire du milieu. À une moindre échelle, l'Indonésie et l'Afrique du Sud voient également leurs investisseurs transiter par Port-Louis pour minorer la facture fiscale. Eva Joly rapporte que « la Zambie se servait de l'île Maurice pour exporter son cuivre. La filiale achetait 2 000 euros la tonne de cuivre à la Zambie pour la revendre 6 000 euros. Elle pouvait localiser 4 000 euros de bénéfice dans la filiale mauricienne... Bénéfice non taxé. Dans ce schéma, le gouvernement zambien ne touche pas un euro au titre de l'impôt ».\nPour l'ancienne magistrate, aujourd'hui présidente de la Commission développement au Parlement européen, « c'est un mystère que l'île Maurice n'ait été classée sur aucune des listes [de paradis fiscaux en 2009]. Il n'y a pas de révision des comptes, pas de registre accessible, et surtout il y a la possibilité d'avoir des prête-noms », citant l'exemple de « neuf personnes qui administrent 1 500 sociétés : ça fait hurler de rire tous les économistes »[[Who Benefits ? Counter Balance. Video disponible prochainement.]].\n\nLa législation mauricienne sait s'adapter aux besoins du client : pour 1 500 euros, une société offshore peut être créée, sans même s'y déplacer. De 0 % en 1998, l'impôt sur les sociétés est remonté officiellement à 15 %, mais un artifice permet de payer un taux effectif de 3 %. Si vous optez pour la Global Business Company de catégorie II, l'impôt est nul et on vous fournit des prête-noms qui gèreront vos comptes selon vos instructions, en vous garantissant que « le nom du propriétaire ne sera pas révélé aux autorités ».\n\n« L'Île Maurice, je conseille ! »\n\nÉpargnée par l'OCDE en 2009, l'Île Maurice figurera-t-elle en 2010 sur la liste noire des paradis pour l'argent sale, que le Gafi devrait publier en mars ? « Je conseille [l'île Maurice et Singapour] à ceux qui ont de l'argent sale à placer, ironise le magistrat anti-corruption Renaud Van Ruymbecke. Quand un juge fait une demande à l'île Maurice dans une enquête, il n'y a pas de réponse ». Le réseau Tax Justice Network auquel participe le CCFD-Terre Sola cybercité [centre d'affaires] est en pleine expansion. Au milieu des call centers, on voit pousser des grands immeubles pour les banqueslidaire range l'ancienne colonie britannique parmi les territoires les plus opaques au monde. Avec un score de 96 % d'opacité, Maurice est un lieu de passage régulier dans des affaires de corruption internationale. Ainsi, la justice française a mis en lumière en 2004 le transit, par les comptes mauriciens, de commissions occultes provenant d'une société suisse, Telliac, qui aurait servi de caisse noire à Total, Vivendi et Alcatel pour l'obtention de marchés en Irak, en Russie et au Nigeria[[Ian Hamel, Le Matin (Genève), 5 décembre 2004.]].\n\nLes bailleurs n'en ont cure\n\nQue les paradis fiscaux siphonnent les richesses des pays en développement, au rythme de 600 à 800 milliards d'euros par an, soit dix fois l'Aide publique au développement mondiale, n'a pas l'air d'émouvoir les pourvoyeurs de cette aide. Dans un récent rapport[[Flying in the face of development : How EIB loans enable tax havens, juillet 2009. Counter Balance,]], les réseaux d'ONG Eurodad et Counter Balance ont ainsi dénoncé l'utilisation régulière de l'île Maurice par la Banque européenne d'investissement (BEI) pour financer des projets en Afrique. L'Agence française de développement (AFD) n'est pas en reste. Elle a octroyé au gouvernement mauricien 72 millions d'euros depuis 2006 en appui au « programme de transition économique ». Celui-ci vise notamment à « renforcer les services financiers », peut-on lire sur le site de l'AFD.\n\nLa Norvège, comme souvent, fait figure de pionnière. Le ministre du Développement, Erik Sölheim, est à l'origine d'une « taskforce » internationale contre la fuite illicite des capitaux. En 2009, suivant la recommandation de l'épais rapport Paradis fiscaux et Développement qui lui a été remis en juin, il a interdit à Norfund, le Fonds d'investissement norvégien dans les pays en développement, d'utiliser les paradis fiscaux. Principale concernée : l'île Maurice. La France suivra-t-elle ? À la demande du CCFD-Terre Solidaire et d'Oxfam France, le gouvernement a mis en place un groupe de travail, associant ONG et syndicats, sur fiscalité et développement. Rapport prévu au printemps. Hauts fonctionnaires de Bercy et des Affaires étrangères semblent convaincus de la nécessité d'une parole forte de Paris sur le sujet. Épaulés par la mobilisation citoyenne « Stop paradis fiscaux ! », sauront-ils en faire une priorité de la présidence française du G20, en 2011, quitte à faire revenir le chef de l'État sur ses déclarations de septembre dernier ? Car non, les paradis fiscaux, ce n'est pas terminé. Les pays du Sud peuvent en témoigner.\n\nJean Merckaert"}
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[[Sources : le géographe Gildas Simon, la directrice du bureau du Pnud à Bruxelles, Nicola Harrington, petit guide pour lutter contre les préjugés sur les migrants (la Cimade)]] \n\nLa France est un des pays d’Europe qui accueille le plus d’immigrés. FAUX !\nAvec 5 260 000 immigrés en 2008, soit 8,4 % de sa population, la France figure dans la moyenne européenne. Ainsi, la proportion de personnes étrangères nées hors du pays est de 10,8 % au Royaume-Uni, 13,9 % en Suède et de 14,1 % en Espagne. \nDu point de vue des « flux », la France est l’un des pays développés qui a accueilli la plus faible proportion d’étrangers au cours de ces deux dernières décennies. Depuis 1995, la part des étrangers y a augmenté six fois moins qu’en Espagne ; 3,5 fois moins qu’au Royaume-Uni et 1,8 fois moins qu’en Allemagne. \nEnfin, la France n’est pas particulièrement généreuse envers les réfugiés. En 2010, à titre d’exemple, l’Ofpra (Office français de protection des réfugiés et apatrides) n’a agréé que 13,6 % des requêtes contre 23 % pour son équivalent allemand et 30,7 % pour la Suède. [[Sources : le rapport Perspectives des migrations internationales de l’OCDE, les chiffres donnés par la Commission européenne, l’économiste Joël Oudinet, Eurostat]] \n\nLa fermeture des frontières reste le moyen le plus sûr de réduire les flux migratoires et de sélectionner les migrants. FAUX !\nLa fermeture des frontières a pour effet de ralentir les retours spontanés des migrants vers leur pays d’origine et d’encourager l’irrégularité du séjour, car ceux-ci ne veulent pas prendre le risque d’un retour au pays sachant qu’il leur sera très difficile de revenir dans le pays d’accueil. Cette politique restrictive encourage donc les installations permanentes au détriment des migrations à caractère circulatoire souhaitées par de nombreux migrants. Elle rebute en revanche les candidats les plus qualifiés, qui préfèrent monnayer leurs compétences dans des pays comme le Canada ou les États-Unis, notamment pour s’installer en famille. [[Sources : le démographe Hervé Le Bras et l’économiste El Mouhoub Mouhoud]]\n\n\nAvec l’immigration, on accueille la misère du monde. FAUX !\nLes migrants qui s’installent en France et dans les autres pays de l’OCDE ne sont, dans leur grande majorité, ni des ressortissants des pays les moins développés (mais plutôt des pays émergents), ni les personnes les plus dépourvues de leur pays d’origine. L’émigration exige un tel investissement qu’elle n’est accessible qu’aux personnes dotées d’un certain capital intellectuel et physique, mais aussi socioculturel – contacts à l’étranger, soutiens dans le pays d’origine – et financier important. \nEnfin, entre 1990 et 2007, la part des immigrés diplômés de l’enseignement supérieur est passée de 12 à 25 %, ce qui la rapproche de celle des natifs (moins de 29 % en 2007). [[Sources : l’économiste El Mouhoub Mouhoud, l’Insee]]\n\nNon seulement les immigrés pèsent sur le budget de l’État, mais ils détériorent le marché du travail. FAUX !\nLes migrants qui entrent en France sont principalement dans la tranche d’âge active. De ce fait, ils bénéficient peu des deux transferts sociaux qui pèsent le plus sur le budget de l’État, c’est-à-dire les retraites et les dépenses de santé. Ainsi, même s’ils perçoivent davantage d‘allocations chômage et d’aide sociale, ils contribuent plus par les prélèvements dont ils s’acquittent (impôt sur le revenu, tva, cotisations sociales... ) qu’ils ne coûtent en prestations. Soit, en 2005, une moyenne de contribution par immigré de 2 250 euros contre 1 500 euros pour un natif. Plus un étranger est qualifié, plus son apport aux finances publiques est important.\nQuant aux immigrés arrivant sur le marché du travail, en tant que consommateurs, ils créent aussi de la demande, donc de nouveaux emplois. Selon une projection faite au Royaume-Uni, avec une hausse de 10 % du flux d’immigration, le taux de chômage n’augmenterait que de 0,01 % au bout de treize ans. Enfin, l’arrivée de nouveaux étrangers affecte moins le salaire des autochtones qu’elle ne leur permet de se « libérer » de certains travaux pour accéder à des postes mieux rémunérés. [[Sources : l’économiste Lionel Ragot dans le cadre de ses travaux pour la Mire (Centre de recherche du ministère de la Santé, des Affaires sociales et du Travail) et l’économiste Joël Oudinet]]\n\nLes enfants d’immigrés réussissent moins bien à l’école. FAUX !\nSi en apparence, les enfants d’immigrés ont de moins bons résultats scolaires, c’est qu’ils sont davantage issus de milieux défavorisés et qu’en France le milieu socio-économique reste dramatiquement déterminant dans la réussite des élèves. Or, quand ils sont de catégorie sociale et de composition familiale équivalentes, les enfants d’immigrés sont plutôt meilleurs que les autres enfants. Leurs résultats s’expliqueraient essentiellement par le projet d’ascension sociale qu’ont souvent leurs parents. [[Sources école : Louis Maurin, directeur de l’Observatoire des inégalités, l’Insee : France Portrait social 2009]]\n\nCertaines populations ne réussiront jamais à s’intégrer parce qu’elles ne le souhaitent pas, c’est le cas des Roms notamment. FAUX !\nCe type de propos a toujours stigmatisé les immigrés, quelle que soit leur culture d’origine. Il suffit de se souvenir de ce que cristallisait l’insulte « rital » pour s’en convaincre. En revanche, cette stigmatisation et ses effets en termes d’inégalités d’accès au travail ou au logement, par exemple, entravent l’insertion des immigrés dans le tissu social. C’est précisément le cas des Roms, victimes des mesures transitoires – jusqu’à fin 2013 – qui limitent considérablement l’accès au marché du travail des Roumains et des Bulgares. Sans compter que les expulsions et les évacuations répétées des terrains où ils s’installent ainsi que les refus de scolarisation de la part de certaines municipalités contribuent à priver d’école plusieurs milliers de leurs enfants."}
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Même si la victoire est souvent plus partielle que totale...\n\n\n\n\nRéunis en septembre 2010 au siège de l’Onu, cinq ans avant la date fatidique, les États membres dressaient un bilan bien sombre de l’état d’avancement des Objectifs du millénaire, décidés par la Communauté internationale en 2000. Sauf sursaut exceptionnel, la plupart ne seront pas atteints en 2015. Notamment le premier d’entre\neux visant à réduire de moitié le nombre de personnes victimes de la faim et vivant\ndans une extrême pauvreté. Les acteurs de la lutte contre la faim, dont le CCFD-\nTerre Solidaire, auraient-il failli à leur mission en dépit des nombreuses campagnes\nd’opinion et de la mise en œuvre d’une véritable stratégie d’influence auprès des pouvoirs publics nationaux et internationaux ? « Nous avons marqué des points, rétorque Bernard Pinaud, délégué général. C’est certes difficile de parler de grands bouleversements. C’est plus facile en revanche de voir les petites victoires. »\n\nAgir sur les causes\n\nCette stratégie des petits pas commence dès le milieu des années 1960, où pour lutter contre les famines, le CCCF propose de ne plus agir sur les conséquences mais sur les causes. Plus personne aujourd’hui ne remet en question le lien entre la faim et le développement. En posant le débat en termes de respect des droits humains, le combat a également été porté sur le terrain de la justice.\n\nLa force de ce raisonnement : éviter le piège de voir les questions de développement s’enliser dans des querelles de spécialistes sans réel écho dans l’opinion. C’est donc\nun état d’esprit que le CCFD a contribué à installer. Au cours des années 1980 et 1990, des mobilisations sont lancées sur tous les fronts pour dénoncer les injustices.\n\nDu boycott des oranges sud-africaines dans les années 1980 pour protester contre l’apartheid à la mobilisation contre le durcissement des politiques migratoires (qui\ns’est concrétisée par l’accès de représentants des collectifs d’organisations de migrants au Haut Conseil à la coopération internationale et au Conseil national des\ndroits de l’homme), le CCFD agit avec plus ou moins de succès. Au tournant du millénaire, ce bilan l’incite à recentrer ses interventions sur quelques sujets phares.\n\nDu droit des peuples à se nourrir eux-mêmes \n\nPremière illustration de cette remise à plat : le plaidoyer de ces dix dernières années sur la souveraineté alimentaire. Ce concept développé dès 1993 par Via Campesina, et présenté au Sommet de l’alimentation organisé par la FAO en 1996, pose le principe du droit des peuples à se nourrir eux-mêmes en mettant en place des politiques agricoles adaptées. Avec l’appui de plusieurs autres ONG, le CCFD se mobilise au sein de la Cidse[[La Cidse est un Réseau international d’organisations\ncatholiques de développement.]] et obtient en 2000 la création d’un poste de\nRapporteur spécial sur le droit de l’alimentation rattaché à l’Onu. Les réunions pour définir le contenu de ce droit débouchent sur l’adoption de directives volontaires mais aucune sanction n’est prévue contre les États récalcitrants...\n\nParallèlement, il s’engage sur le terrain des négociations commerciales – une autre façon de promouvoir la souveraineté alimentaire des pays du Sud. Rapports à l’appui,\nil dénonce les conséquences désastreuses de la libéralisation des échanges prônée par l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Celle-ci demande aux États, y compris à ceux du Sud, une ouverture toujours plus grande des frontières, les empêchant ainsi de se protéger afin de développer leurs propres productions agricoles, menacées par les importations. La campagne L’Europe plume l’Afrique illustre cette dénonciation du libéralisme des échanges. Un argumentaire qui sera également développé dans la dénonciation des APE (Accords de partenariat économique) qu’entend signer l’Europe avec les pays ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique). Bruxelles comme l’OMC restent sourds aux arguments du CCFD et de ses partenaires. \n\nMais la reprise du discours des ONG par les pays en développement a réussi à bloquer les négociations depuis plusieurs années. La crise alimentaire de 2008 a d’autre part conduit les organisations internationales à reconnaître la nécessité pour le Sud de développer son agriculture afin de lutter contre la faim.\n\nAidé par les circonstances, le CCFD n’en continue pas moins son combat afin de vérifier l’état d’avancement de ce dossier. Le plaidoyer sur le financement du développement a en effet démontré que rien n’était jamais acquis : la campagne du Jubilé sur l’annulation de la dette a certes été un succès. Avec ses 24 millions de\nsignatures, la pétition oblige le G7/8 à lancer l’initiative PPTE (Pays pauvres très endettés). Mais loin de libérer les fonds suffisants pour financer le développement des pays concernés, ce n’est que la partie « insoutenable » de la dette, celle qui avait peu de chances d’être remboursée, qui est effacée... Depuis 2001, la Plate-forme Dette et développement approfondit son analyse, portant sur le caractère « soutenable » de la dette. \n\nLa Plate-forme Dette et développement se saisit du concept de « dette odieuse »\n\nElle se saisit aussi du concept de « dette odieuse » : des dettes contractées par des dictateurs au détriment des populations. Le CCFD met aussi en cause la responsabilité des créanciers. Les avancées obtenues restent cependant loin du compte. Même constat sur les campagnes demandant aux États de respecter leurs engagements de consacrer 0,7 % de leur PIB à l’aide au développement...\n\nCes résultats en demi-teinte incitent le CCFD à réfléchir à la mise en place de ressources additionnelles pour aider les pays du Sud à financer leur développement :\ndepuis les années 1990, l’association promeut la création d’une taxation sur les transactions de capitaux, une idée qui aujourd’hui refait surface à l’aune de la crise\nfinancière. La direction du plaidoyer engage aussi à partir de 2004 une série d’études sur les paradis fiscaux, qui privent chaque année les États du Sud de plus de 500 milliards de dollars qui auraient pu être investis dans les Objectifs du millénaire... \n\nCe dossier est revenu sur le devant de la scène lors du sommet du G20 en avril 2009 au cours duquel la chasse aux paradis fiscaux a été décrétée. Pointant les avancées du G20, mais mettant en cause les critères retenus pour « blanchir » un\npeu trop facilement les pays concernés, le CCFD-Terre Solidaire, par l’intermédiaire de sa campagne Aidons l’argent à quitter les paradis fiscaux (voir page 33), pour la première fois relayée sur Facebook, entend bien maintenir la pression.\n\nInterpellées dans le cadre de la campagne Stop paradis fiscaux, les collectivités locales se sont montrées plus perméables à ces arguments. En juin dernier, le Conseil régional d’Ile-de-France adopte à l’unanimité une délibération demandant à ses partenaires financiers (banques, mais aussi, potentiellement, assurances) « de fournir un état, pays par pays, de leur activité, de leurs effectifs et des impôts et taxes versés aux autorités locales ». Douze régions françaises sur vingt-deux ont exprimé une volonté similaire. \n\nDe son côté, l’Union européenne a, pour la première fois, pointé le lien entre paradis fiscaux, multinationales et pauvreté et demandé aux entreprises de présenter leurs activités et leurs résultats, pays par pays, une revendication portée par le CCFD depuis de longues années.\n\nPour transformer les résultats obtenus en victoire, l’association souhaite, au-delà de la mobilisation en cours contre la finance off-shore, s’appuyer davantage sur les bénévoles, invités eux aussi à interpeller les pouvoirs locaux. « La démarche des ONG doit également être de plus en plus offensive, allant jusqu’à porter plainte devant les tribunaux », lance Jean-Marie Fardeau, ancien secrétaire général du CCFD. L’arrêt rendu le 9 novembre par la Cour de cassation ouvre une brèche. La juridiction a donné son feu vert à une enquête judiciaire visant le mode d’acquisition en France de logements de luxe et les avoirs bancaires détenus dans l’Hexagone par les trois chefs d’État africains : Omar Bongo, Denis Sassou-Nguesso et Teodoro\nObiang-Nguema. La plainte déposée par Transparence International France a en\neffet été jugée recevable. Des faits que le CCFD a dénoncés dès 2007 dans son\nrapport Biens mal acquis, à qui profite le crime ?...\n\nLaurence Estival"}
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citoyenne; économie solidaire\n\n-Mamadou Diakité, Mali\nAssociation pour les Initiatives de Développement (Aide-Mali)\nThématique : Migrations\nLire l'entretien avec Mamadou Diakité\n\n-Abderahman Messaoudi ,Maroc\nAssociation Timoulay Iszer pour le développement\nThématique : Accès à l’éducation et à la culture\nSite web : www.idd-reseau.org/index/\n\n-Intisar Abou Salem, Liban\nNajdeh\nThématique : Education et accompagnement psychologique\nLe site web de Najdeh\n\n-Namia Awada, Liban\nMouvement social libanais\nThématique : Réinsertion des jeunes incarcérés.\nSite web : www.mouvementsocial.org\nLa présentation du Mouvement social.\n\n\nAquitaine Poitou Charente\n-Manuel Cuadiay Tirina, Bolivie\nOrganisation : Nina\nThématique : formation des dirigeants paysans et indigènes\n\n- Oméga Razanakolona, Madagascar\nOrganisation : Harmonisation des actions pour la réalisation d’un développement intègre (Hardi)\nThématique : Education des enfants en situation difficile\n\n- Delphine Bilowa, Cote d’Ivoire\nInades-formation\nThématique : Formation agricole\n\n- André Todje, Bénin\nSoava / Lac Nokoue\nThématique : Accès à l’eau et insertion des jeunes\n\nRhône Alpes\n- Fabia Tonini, Brésil\n-Association d’études d’orientation et d’assistance rurale (Assesoar)\n-Thématique : promotion de l’agriculture familiale et du développement durable\n-Site web : www.assesoar.org.br\n\n- Jean-Pierre Leroy, Brésil\nFédération des organisations pour promotion sociale et de l’éducation (FASE)\nThématique : accès aux droits, lutte contre les inégalités sociales\nSite web : www.fase.org.br/_fase/\n\n- Samba Sylla,  France\nOrganisation : Groupe de recherche et de réalisations pour le développement rural dans le tiers monde (GRDR)\nThématique : Migrations\nSite web : www.grdr.org\n\n- Yannick Lucas, France\nAssociation pour l’accueil des voyageurs (ASAV)\nThématique : Accès aux droits communs des Roms migrants\nLa présentation de l'Asav\n\n- Abdelhamid Zammouri, Tunisie\nAssociation de développement durable (ADD)\nThématique : Développement durable et accès aux semences\n\nNord-Pas de Calais Picardie Champagne Ardennes\n- Père José Boeing, Brésil\nCommission pastorale de la Terre (CPT)\nThématique : impactes sociaux et environnementaux de l’expansion da la culture du soja en Amazonie\nSite web : www.cptnac.com.br\n\n- Lucie Bernasson, France\nMigration et développement\nThématique : Tourisme et migrations\nSite web : www.migdev.org\n\n- Balintiya Konsana, Togo\nMouvement pour une alliance paysanne au Togo (Mapto)\nThématique : défendre les intérêts du monde paysan et d'améliorer ses conditions de vie par la professionnalisation et l'organisation des filières agricoles\n\n- Anant Shtark, France\nAssociation pour l’accueil des voyageurs (Asav)\nThématique : Sensibilisation et soutient à la démarche de scolarisation auprès des populations Roms migrantes\nLa présentation de l'Asav\n\nCentre\n- Vânia de Carvalho, Brésil\nFédération des organisations pour la promotion sociale et de l’éducation (Fase Amazonie)\nThématique : accès aux droits, lutte contre les inégalités sociales\nLe site de Fase-Amazonie\n\n- Elizabeth Miramontes Ortiz, Mexique\nCentro d’Etudes Sociales et Culturelles Antonio Montesinos (CAM)\nThématique : éradication des pratiques discriminatoires et de la violence envers les femmes\nSite web : www.camontesinos.org\n\n- Namia Awada, Liban\nMouvement social libanais\nThématique : Réinsertion des jeunes incarcérés.\nSite web : www.mouvementsocial.org\n\nProvence Alpes Côte d’Azur\n- Antonio Carlos Portes, Brésil\nOrganisation : Pastorale ouvrière\nThématique : formation, organisation et défense des travailleurs\nSite web : www.pastoraloperaria.org.br\n\n- Patricia del Rosario Melendez Gonzalez, Guatemala\nPastorale de la Terre Interdiocésaine (PTI)\nThématique : agro écologie, économie solidaire et gestion des projets\n\n- Najat Allach, Maroc\nTouya pour l’action féminine\nThématique : Accès des femmes à l’éducation et à la formation professionnelle.\nSite web : www.idd-reseau.org/index/\n\n- Marc SANGARE, Mali\nCentre Djoliba\nThématique : Lutte contre le chômage et l'exclusion sociale des jeunes.\n\nIle de France\n- Rosmira Rodriguez Gonzales, Colombie\nAssociation des Conseils Communautaires du Bas Atrato (Ascoba)\nThématique : défense des droits des communautés, promotion de l’identité culturelle et du développement communautaire\nLe site d'Ascoba\n\n- Abdelhafid Mediouni, Maroc\nHomme et environnement\nThématique : Soutien juridique et humanitaire aux migrants\nPour en savoir plus\n\n- Getu Alemu Hunde, Éthiopie\nOromo self reliance association (Osra)\nThématique : Accès à l’eau\nLa présentation d'Osra\n\n- Dominique Malo, Centrafrique\nRéseau en faveur des enfants de la rue en Centrafrique (Referc)\nThématique : Enfants des rues\n\nAuvergne Limousin\n- Ana Maria Berrio Ramirez, Colombie\nVamos Mujer\nThématique : promotion et formation des femmes engagées en faveur de la citoyenneté, de la paix, de la démocratie et des droits humains\nSite web : www.vamosmujer.org.co\n\n- Kovit Pongchababnapa, Thaïlande\nYadfon\nThématique : Accès aux ressources halieutiques\n\n- Titus Kusamajati, Indonésie\nCindelaras\nThématique : souveraineté alimentaire, aide d'urgence post-catastrophe, peuples indigènes\n\nBourgogne Franche Comté\n- Mirel Bajramovic, Bosnie Herzégovine\nMeilleur avenir\nThématique : droits des femmes\n\n- Nadieh Nimer, Palestine\nPalestinian Farmers Union (PFU)\nThématique : coopératives agricoles\nSite web : www.pafu.ps\n\n- Jeremias Amade, Mozambique\nAssociacao de promocao pedagogica de educacao de adultos (APEA)\nThématique : Alphabétisation et formation\n\n- Paul Vandewna, Cameroun\nComité Diocésain de Développement de MAROUA (CDD Maroua)\nThématique : développement rural\n\nMidi-Pyrénées\n- Maria De la Paz Bareiro Durron, Paraguay\nDecidamos\nThématique : participation citoyenne, formation de jeunes leaders\nSite web : www.decidamos.org.py\n\n- Ramona Ursu, Roumanie\nRomani Criss\nThématique : médiation sanitaire pour les Roms de Roumanie\nSite web : www.romanicriss.org\nLa présentation de Romani Criss\n\n- Mtambo Mthetheleli Amos, Afrique du Sud\nSAYCW-JOC\nThématique : lutte contre la précarité\n\nNormandie\n- Felleke Tadesse Wolde, Ethiopie\nAssociation de Coopération et de Recherche pour le Développement (Acord)\nThématique : renforcement des moyens de subsistance, contruction de la paix/conflits, gouvernance/soutien de la société civile, VIH SIDA et genre\nLe site d'ACORD Éthiopie\n\n- Thaddee Miderho, République démocratique du Congo\nAdi-Kivu\nThématique : renforcement des initiatives socio-économiques des ménages paysans du Bushi-Buhavu\n\nAlsace Lorraine\n- Jesus M. Dillo, Philippines\nUp Savings\nThématique : dialogue inter-religieux, les peuples indigènes, la construction de la paix\n\n- Kitam Nhouyvanisvong, Laos\nFonds Coopératif"}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/de-lindependance-a-la-liberte/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/de-lindependance-a-la-liberte/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"De l’indépendance à la liberté","datePublished":"2011-06-15T16:50:00+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/de-lindependance-a-la-liberte/"},"wordCount":702,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Reportage"],"inLanguage":"fr-FR","description":"L’Association de sauvegarde de l’oasis de Chenini (Asoc), partenaire du CCFD-Terre solidaire, a œuvré pour sauver ce système oasien d’une catastrophe écologique et sociale dans le contexte de la dictature. Le retour de la liberté lui ouvre de nouveaux horizons.\n\n\n\nAbdelbacet Hamrouni, président de l’Asoc, nous reçoit dans la fraîcheur du « jardin de la biodiversité » que l’association a développé autour de son siège. « Il y a six mois, si je vous avais reçu sans avertir les autorités, la police politique serait venue rapidement ici pour nous interroger et j’aurais ensuite été convoqué pour justifier les raisons de votre visite ! »\n\nLa survie d’une oasis vouée aux palmiers dattiers ne paraît pourtant pas être un objectif très subversif. Quoique. Chenini est une partie du vaste ensemble oasien de Gabès, entre mer et désert. Un système écologique et social multiséculaire élaboré autour de la vie d’une palmeraie productrice de dattes. Mais l’ouverture brutale du marché a mis les dattes locales en concurrence avec d’autres variétés, compromettant la vocation agricole de l’oasis et entraînant son déclin. À cela se sont ajoutés le morcellement des parcelles génération après génération et la pression foncière. « Mais, souligne Abdelbacet Hamrouni, l’implantation de l’industrie chimique a été une véritable catastrophe.  »\n\nCette activité a phagocyté les ressources en eau au détriment des agriculteurs. Il a fallu remplacer l’ancestral système d’irrigation par des séguias – petits canaux en terre qui fertilisent les sols sur leur trajet et chargent l’eau de sels minéraux – par des canaux en béton transportant une eau extraite par des forages de plus en plus en nombreux. Résultat : les sols sont devenus stériles et l’eau s’est salinisée. Sans oublier la dégradation de la qualité de l’air et l’importance des déchets. « Les sociétés industrielles ne prennent rien en charge, alors que les bénéfices ne restent pas dans la région, déplore Abdelbacet. Mais en l’absence de démocratie, il était impossible de poser le problème de cette façon. »\n\nPlutôt que de ne rien faire, ou de choisir une confrontation qui aurait condamné l’association en cette période de dictature, l’Asoc a mis en œuvre toute une série d’actions pour maintenir une dynamique économique, écologique et culturelle. « Nous avons sensibilisé les habitants à l'importance de l'entretien des palmiers, lancé le recyclage des déchets végétaux, démarré une filière de commerce équitable de grenades. Si nous n’avions rien fait, nous serions plus mal en point. Dans les oasis voisines, l’identité oasienne a été perdue. Avoir su agir dans un contexte aussi difficile tout en restant indépendants va nous être utile pour la suite », conclut Abdelbacet Hamrouni avec un sourire confiant.\n\nSa prudence n’a pourtant pas préservé l’Asoc, trop autonome du parti au pouvoir, des interférences policières. « J’ai souvent été convoqué à la police politique qui est aussi venue chez moi interroger mon épouse ou mon père et, depuis 2009, les autorités ont voulu mettre à bas l’Asoc en imposant ses candidats pour la diriger.  » Ces manœuvres ont pris fin depuis janvier.\n\n« Dans cet environnement de liberté, nous allons pouvoir déployer les activités, voir plus loin que la préservation des palmiers. Rechercher la coordination avec les autres acteurs de la société civile locale pour traiter les problèmes de l’oasis dans toutes leurs dimensions. Travailler avec les syndicats, les unions d’agriculteurs mais aussi avec les organisations environnementales et les défenseurs des droits de l’homme. Il faut aussi que le citoyen trouve sa place dans le processus de développement rural. Et bien sûr, la priorité sera d’amener l’industrie chimique à respecter les normes. La société civile devra s’organiser pour y veiller. Mais pour l’instant, nous en sommes encore au stade du brainstorming !  »"}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/comprendre-les-paradis-fiscaux/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/comprendre-les-paradis-fiscaux/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Comprendre les Paradis Fiscaux","datePublished":"2010-09-08T18:13:00+00:00","dateModified":"2024-12-17T13:18:22+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/comprendre-les-paradis-fiscaux/"},"wordCount":1938,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"inLanguage":"fr-FR","description":"Un paradis fiscal, c’est quoi au juste ?\nIl n’existe pas dans la législation ou dans la jurisprudence de définition précise d'un paradis fiscal. Certes, plusieurs organisations internationales ont proposé des critères d’identification, mais toujours partiels. La définition de l’OCDE, par exemple, trop focalisée sur la question fiscale, sert pourtant de référence depuis le G20 d’avril 2009.\n\nDossier : En savoir plus sur les paradis fiscaux\n\nEn fait, il faudrait parler de paradis fiscaux, judiciaires et réglementaires :\n\n \tDes paradis fiscaux : ils sont des territoires qui offrent un régime fiscal faible ou inexistant qui, doublé de l’anonymat, permet aux non-résidents (entreprises ou particuliers) d’échapper à l’impôt.\n \tDes paradis judiciaires : la justice n’y applique pas des règles aussi strictes qu’ailleurs (par exemple sur l’origine des fonds en transit) et refuse le plus souvent de coopérer avec la justice des autres pays et de fournir des informations sur les particuliers et entreprises y possédant des capitaux.\n \tDes paradis réglementaires : le secteur financier n’y est pas soumis aux règles de prudence financière existant dans les autres pays (transparence des comptes, ratio de fonds propres pour les activités de crédit ou de spéculation, etc.), ce qui permet d’y\nprendre des risques impensables ailleurs.\n\nCes trois cercles, qu’il s’agisse d’États souverains comme la Suisse et l’Irlande ou de territoires plus ou moins autonomes comme Jersey et les îles Caïmans, ont en commun l’opacité. C’est cette caractéristique qui permet de tricher à la fois avec le fisc, avec la justice et avec les régulateurs financiers. Très souvent, ces cercles se superposent : c’est le cas des Îles Vierges britanniques ou des Bahamas. Mais Monaco, par exemple, est une place financière réglementée qui coopère le plus souvent avec la justice étrangère : c’est avec le fisc étranger que le bât blesse ! De même, les magistrats qualifient Londres de paradis judiciaire, car la capitale britannique ne répond quasiment jamais à leurs questions.\nCinq critères non cumulatifs caractérisent un paradis fiscal\n\n \tL’opacité (via le secret bancaire ou un autre mécanisme comme les trusts);\n \tUne fiscalité très basse, voire une imposition nulle pour les non-résidents ;\n \tDes facilités législatives permettant de créer des sociétés écrans, sans aucune obligation pour les non-résidents d’avoir une activité réelle sur le territoire ;\n \tL’absence de coopération avec les administrations fiscales, douanières et/ou judiciaires des autres pays ;\n \tLa faiblesse ou l’absence de la régulation financière.\n\nLes paradis fiscaux en quelques chiffres[[Voir le rapport CCFD- Terre Solidaire et Oxfam-Agir Ici intitulé Des Sociétés à Irresponsabilité Illimité et le site de la Plateforme des paradis fiscaux et judiciaires]]\nLeur nombre a été multiplié par 3 en 30 ans et s’élève à environ 72 aujourd’hui.\n\nIls abritent 2 fonds spéculatifs[[Les fonds spéculatifs, ou alternatifs, sont des fonds d’investissements (les fameux hedge funds) ayant recours à des pratiques financières extrêmement agressives et déconnectées de la tendance globale du marché. Ces fonds aspirent à une rentabilité optimale en se désolidarisant des risques que cela implique, et leurs activités ont sans nul doute joué un rôle catalyseur et amplificateur dans la crise financière actuelle.]] sur 3 et hébergent 2 400 000 sociétés écran.\n\n50 % du commerce mondial transite fictivement par les paradis fiscaux qui ne représentent pourtant que 3% du produit mondial brut.\n\n50 % des prêts bancaires et 30% des investissements directs à l’étranger (IDE) internationaux y sont enregistrés.\n\n11 000 milliards de dollars y sont abrités, soit cinq fois le PNB de la France.\nQue font les multinationales dans les paradis fiscaux ?\nPremières clientes des paradis fiscaux, les multinationales en ont fait un composant incontournable de leur stratégie fiscale.\n\nCes stratégies « d’optimisation fiscale », comme on les appelle pour faire oublier que ces pratiques sont contraires à l’esprit de la loi, sont très diverses. L’évasion fiscale est l'utilisation légale de dispositions autorisant une diminution de l'impôt alors que la fraude fiscale est le détournement illégal d'un système fiscal. Si toutes les pratiques d’évasion fiscale ne sont donc pas considérées comme illégales, le résultat est pourtant le même : il permet aux multinationales d’échapper à l’impôt, il dépossède la collectivité de ressources fiscales qui lui sont dues et il nourrit l'instabilité financière.\n\nExemple : rien que pour la France, le Snui, le syndicat des impôts, évaluait en 2006 le coût de l’évasion (légale) et de la fraude fiscale (illégale) à une somme oscillant entre 42 à 51 milliards d’euros, soit l’équivalent de son déficit.\nLes stratégies d’évasion fiscale\nLes entreprises multinationales ont développé un ensemble de mécanismes complexes pour rediriger leurs profits vers les PFJ et éviter de payer des impôts sur leurs bénéfices dans les pays où elles développent leurs activités économiques, notamment grâce à la main d’œuvre, aux infrastructures… de ce même pays\n\nLe mécanisme le plus fréquemment utilisé est la manipulation des « prix de transfert » : l’entreprise vend ses biens à très bas prix à une de ses filiales située dans un PFJ où la fiscalité est basse ; par la suite, la filiale vend ces mêmes biens dans un autre pays à un prix plus élevé. Le bénéfice est ainsi localisé dans le paradis fiscal où il est peu voire pas du tout taxé.\n\nC’est grâce à la méthode des prix de transfert que, tout à fait légalement, les trois premières entreprises mondiales du commerce de la banane, Dole, Chiquita et Fresh Del Monte, n’ont été imposées sur leurs bénéfices qu’à hauteur de 14 % entre 2002 et 2007 alors que leur maison mère est pourtant enregistrée aux États-Unis où le taux d’imposition est de 35%[[Voir Site Stop Paradis Fiscaux dans Fiches Pratiques : que font les multinationales dans les paradis fiscaux ?]]. C’est même en prétendant fonctionner à perte qu’Exxon a par exemple pu éviter, pendant 23 ans, de payer le moindre impôt à l’état chilien sur l’exploitation du cuivre de la mine « Disputada de las Condes »[[Voir site Plateforme Paradis Fiscaux et Judicaires dans Les enjeux : Fraude et évasion fiscale]].\nLes techniques de fraude fiscale\nLes fausses facturations entre entreprises. Cette pratique consiste à falsifier les prix sur les exportations et les importations des marchandises ou services, en accord avec l’acheteur, afin d’éviter de payer les taxes correspondantes. Ce type de fraude fiscale est très difficile à détecter car elle fait souvent l’objet d’un accord oral entre les parties ; les pots-de-vin et commissions qui récompensent ces pratiques se cachant sur des comptes anonymes dans les paradis fiscaux.\n\nLa manipulation des prix de transfert. Les multinationales utilisent les transactions entre leurs propres filiales pour déplacer leurs profits dans les paradis fiscaux. La surfacturation ou la sous-facturation de ces échanges par rapport aux prix du marché est interdite et pourtant c’est la pratique la plus courante des multinationales pour frauder les fiscs.\n\nCette pratique peut expliquer le fait que 60% du commerce international a lieu aujourd’hui entre les filiales d’une même entreprise transnationale. Une règle de l’OCDE interdit les contrats commerciaux entre filiales à des prix inférieurs à celui du marché. Mais combien d’inspecteurs du fisc faudrait-il dans les pays en développement pour retrouver l’aiguille dans la botte de foin, telle cette imprimante importée de la Colombie aux Etats-Unis pour la modique somme de 179 000 $ ?!\nLes multinationales dans les paradis fiscaux en chiffres\n150 000 nouvelles sociétés off-shore se créent chaque année.\n\nLes îles Caïmans sont le 5e centre financier du monde et l’investisseur étranger numéro 1 en Chine. Elles abritent 65 000 entreprises pour 47 000 habitants.\n\nJersey est le premier exportateur de bananes en Europe.\nQue font les banques et les fonds spéculatifs dans les paradis fiscaux ?\nTout comme les multinationales, les banques et les fonds spéculatifs sont surreprésentés dans les paradis fiscaux, dont ils utilisent les avantages pour leurs clients mais aussi pour leur propre compte.\n\n1er avantage : le secret bancaire, l'anonymat organisé et l'opacité juridique offerts par les paradis fiscaux leur permettent de faire fructifier, à l'abri du fisc, le patrimoine de leurs riches clients, mais aussi d'offrir des services « d'optimisation fiscale » aux multinationales. C’est d’ailleurs la raison invoquée par les banques quand on leur demande de s’expliquer sur leur présence dans les paradis fiscaux : elles répondent à la demande de leurs clients…\nCertains de ces clients, soucieux de blanchir de l’argent de la drogue ou du crime, ou certaines multinationales aux pratiques illicites (corruption, détournements, comptabilité truquée), sont également demandeurs de l’opacité des paradis fiscaux.\n\nToutefois, les banques sont aujourd’hui soumises – du moins les banques européennes – à des règles de vigilance très strictes contre le blanchiment d’argent. Les dirigeants des banques étant directement menacés de finir derrière les barreaux, les établissements bancaires ont rapidement étoffé leurs équipes pour se mettre en conformité avec la loi ! Reste que les circuits pour blanchir l’argent sont multiples…\n\n2ème avantage : ces paradis fiscaux, qui sont également des paradis réglementaires, leur permettent de mener des activités de crédit et de spéculation tout en s’affranchissant des lois contraignantes et du contrôle des autorités financières en vigueur dans les autres pays. C’est ainsi que certains acteurs financiers internationaux ont joué avec le feu en engageant, via leurs filiales dans les paradis fiscaux, des sommes si importantes qu’elles sont devenues une menace pour leur existence même, lors de la crise financière, obligeant parfois leurs gouvernements à les soutenir pour éviter la faillite.\n\nMême si les paradis fiscaux ne sont pas à l’origine de la crise, en favorisant la circulation incontrôlée des capitaux spéculatifs, la mise en circulation de produits financiers toxiques et en permettant de fausser la qualité des bilans et des comptes de résultats des banques, ils ont contribué à amplifier la faillite du système financier mondial. Qu’il s’agisse des déboires de la banque britannique Northern Rock (dont l’endettement de court terme passait par sa filiale Granite installée à Jersey), de l’américaine Bear Stearns (touchée par les déboires de ses fonds spéculatifs installés pour partie à Dublin, pour partie aux Caïmans), de l’allemande Hypo Real Estate, des banques islandaises et des fraudes de Bernard Madoff, les principaux évènements de cette crise passent par les paradis fiscaux.\nLe secteur financier dans les paradis fiscaux en quelques chiffres\n2 fonds spéculatifs sur 3 y résident.\n\n50 % des prêts bancaires internationaux y sont enregistrés.\n\nCitigroup y possède pas moins de 427 filiales, Barclays 315, la BNP Paribas 189 avant le rachat en 2009 de Fortis (qui en compterait 300) et ING 2600\n\nLes Îles Caïmans ont les faveurs des groupes britanniques et américains, suivis par Hong-Kong, l’Irlande, le Luxembourg, les Bermudes et Jersey.\n\nLes banques françaises utilisent avant tout la Suisse et le Luxembourg, tandis que les néerlandaises sont surtout présentes dans les centres offshores asiatiques (Labuan, Hong-Kong, Singapour).\n\n\n\n "}
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Née de dysfonctionnements dans les centres financiers des pays du Nord, elle a des répercussions de plus en plus fortes sur les économies des pays en développement qui n’ont pas les mêmes moyens que les pays riches pour en atténuer les effets négatifs. Confrontés à une baisse drastique de certains flux financiers (investissements, crédit, transferts des migrants ou encore aide publique au développement) et à une forte contraction de la demande mondiale avec en simultané une course vers les matières premières (re-primarisation de l’économie et spéculation sur les matières premières), ils paient le prix fort.\n\nCe constat conforte le choix fait, il y a 40 ans par le CCFD-Terre Solidaire : “L’aide directe constitue une réponse appropriée à des besoins immédiats, extraordinaires, causés par exemple, par des catastrophes naturelles, des épidémies, etc. Mais elle ne suffit pas à réparer les graves dommages qui résultent des situations de dénuement, ni à pourvoir durablement aux besoins. Il faut aussi réformer les institutions économiques et financières internationales, pour qu’elles promeuvent mieux des rapports équitables avec les pays les moins avancés. Il faut soutenir l’effort des pays pauvres travaillant à leur croissance et à leur libération.” \n\nLes pays riches et les organisations internationales privilégient aujourd’hui la croissance économique comme principal levier du développement et encouragent les pays en développement à faire tout ce qui est en leur pouvoir pour favoriser l’investissement privé et en particulier attirer les investissements étrangers.\n\nLa conférence internationale sur le financement du développement (Monterrey, 2002) a posé les bases d’une vision de ce financement reposant sur 6 piliers :\n- la mobilisation des ressources nationales\n- les flux de capitaux privés\n- le commerce\n- l’aide\n- la dette\n- les questions systémiques internationales\n\nCependant, ce consensus pose une vision du développement reposant sur la croissance et la compétition, et est aujourd’hui mis en œuvre essentiellement sous son volet « investissement privé ». Même l’aide publique au développement (APD) passe aujourd’hui principalement par l’investissement privé.\n\nPour le CCFD-Terre Solidaire, cette approche a un coût élevé pour un impact souvent plus que limité, voire négatif. En faisant la part belle au secteur privé, elle fait l’impasse sur les conditions à réunir pour faire rimer croissance des activités économiques avec développement humain et amélioration des conditions de vie, ignorant en particulier les plus pauvres et les enjeux de durabilité dans l’exploitation des ressources. Par ailleurs, elle implique trop souvent que les pays du Sud se plient au bon vouloir des investisseurs, au mépris de la souveraineté des pays et des peuples.\n\nLe CCFD-Terre Solidaire continue donc de plaider pour une véritable solidarité internationale, à dénoncer les conditionnalités multiples dont l’aide fait encore l’objet, et à encourager l’augmentation véritable de l’aide publique (atteindre 0,7% du PIB – Produit Intérieur Brut- des pays développés, taxes internationales..).\nCependant, l’enjeu central, pour le CCFD-Terre Solidaire est de dépasser cette forme d’assistance, aussi sophistiquée soit-elle, pour permettre à chaque Etat, au Sud et en Europe de l’Est, de disposer des ressources financières domestiques nécessaires au développement et à la satisfaction des droits de leur population.\n\nLe financement d’un tel développement implique de mobiliser des ressources propres aux pays afin qu’ils puissent mettre en œuvre de façon autonome, indépendante et pérenne, leurs propres politiques publiques. Cela passe par l’annulation des dettes odieuses et l’allègement des dettes extérieures qui grèvent les budgets des Etats sans aucun bénéfice pour le développement, et la prévention du surendettement. Cela passe également par des conditions accrues imposées aux investissements privés étrangers, afin qu’ils contribuent réellement au développement, en particulier par une redistribution équitable des richesses créées (rémunération du travail, contribution fiscale..).\n\n\nLes mécanismes du financement du développement\n\nLa richesse des personnes et des peuples, mesurée financièrement, ainsi que leur autonomie dépendent de mécanismes économiques et politiques complexes. Pour les personnes, les revenus dépendent avant tout de la rémunération de leur travail, mais aussi de l’accès au crédit et des revenus de la solidarité et de la redistribution. Pour les États, les revenus dépendent essentiellement de la fiscalité, du niveau d’endettement, éventuellement de leur rôle productif, de leur patrimoine et, parfois, de l’aide internationale. Il ne s’agit pas ici de prétendre à l’exhaustivité.\n\nLa rémunération du travail\nLe droit au travail, pourtant inscrit dans la Charte des droits de l’Homme des Nations unies, reste largement théorique, sans même parler du droit à un “travail décent”. Une tendance mondiale à la diminution des revenus du travail et l’affaiblissement des garanties sociales liées. Ce phénomène touche l’ensemble de la planète. Le CCFD-Terre Solidaire affirme le droit à un travail décent face à la logique selon laquelle la rémunération des capitaux prime sur la dignité des personnes au travail.\n\nL’épargne et l’accès au crédit et aux capitaux : deux éléments clés\nNous avons pris le parti de nous situer du point de vue des personnes, des entreprises et des gouvernements des pays en développement en nous focalisant sur l’accès au capital et non sur la rémunération du capital et du patrimoine. Le microcrédit a apporté de nouvelles perspectives au travail de développement. Depuis plus de 30 ans, l’idée a évolué et les pratiques se sont diversifiées pour fournir une gamme élargie de services financiers de proximité, nécessaires à l’économie familiale. \n\nAu niveau des entreprises. Si la plupart des pays asiatiques peuvent compter sur une épargne intérieure élevée, les entrepreneurs africains ou latino-américains ont en revanche un accès difficile et souvent onéreux au crédit, car l’épargne intérieure est très insuffisante. Le CCFD-Terre Solidaire et la microfinance : la SIDI\n\nLe problème de la dette des Etats\nLes gouvernements des pays en développement font face à des contraintes similaires aux entreprises, pour financer leur déficit et leurs investissements : l’insuffisance et le coût prohibitif de l’épargne intérieure contraignent nombre d’entre eux à avoir recours au crédit international, que ce soit auprès d’acteurs privés (dette privée), d’autres États (dette bilatérale) ou d’institutions financières régionales ou internationales (dette multilatérale).\n\nLa mobilisation des ressources domestiques\nMalgré les revenus gigantesques que génère l’exploitation du pétrole, des minerais, du gaz ou des ressources forestières, près de 1.5 milliard de personnes vivent avec moins de 2 dollars par jour dans les pays pauvres mais riches en ressources naturelles. Cette situation est le résultat de la corruption, des activités criminelles mais aussi et surtout de l’évasion fiscale pratiquée par les grandes multinationales qui exploitent et commercialisent ces ressources. \nEn 2010, près de 1138 milliards de dollars auraient ainsi quitté les pays en développement vers les paradis fiscaux et les grandes places financières internationales (GFI, 2012). Des estimations en hausse malgré la guerre déclarée par les pays du G20 aux paradis en 2009.\nSur la dernière décennie, ces flux de capitaux illicites auraient connu une progression annuelle de 8,6% en moyenne, supérieure à la croissance économique (6,3% par an). Surtout, précise le think-tank américain GFI, environ 80% des flux financiers illicites sont l’objet d’une falsification des prix des transactions commerciales : une pratique des firmes multinationales pour déplacer la richesse qu’elles créent vers des territoires peu ou pas taxés.\n\n\n\nLes revenus de la solidarité  \nPour les populations pauvres, lorsque la rémunération du travail ne permet pas de subvenir aux besoins essentiels de la famille, seuls les revenus de la solidarité peuvent y contribuer. Souvent, la solidarité privée constitue un mécanisme de survie, insuffisant pour permettre aux personnes de se projeter et de choisir leur vie. Seule une redistribution publique à l’échelle nationale, voire internationale, peut le garantir. \n\nPour le CCFD-Terre Solidaire, lui-même acteur de solidarité privée, il est à la fois important de renforcer ces flux financiers pour répondre plus directement aux besoins des personnes et les inscrire, dans la durée, dans des perspectives de développement, en améliorant la coordination avec les autres acteurs de solidarité internationale.\n\nRenforcer la gouvernance mondiale  \n\n- Un besoin accru de régulation au niveau mondial : l’intérêt géopolitique ou économique immédiat des États peut entrer en contradiction avec l’intérêt planétaire et des générations futures.\n\n- À marché mondial, régulation mondiale : les régulations étatiques ne suffisent plus à assurer le bon fonctionnement du marché, ni à distribuer équitablement les fruits de l’échange – puisqu’au contraire, les inégalités continuent de se creuser entre pays et en leur sein.\n\n- Protéger les systèmes de solidarité nationaux  : une meilleure coordination régionale et internationale s’avère indispensable\n\n- Le déficit d’efficacité et de légitimité des institutions actuelles : Le système international a, pour l’essentiel, été conçu à la sortie de la Seconde Guerre mondiale par ses vainqueurs, dont certains étaient aussi d’importantes puissances coloniales. Depuis, les Nations unies ont enrichi le droit international des droits humains, l’OMC a succédé en 1995 aux cycles du GATT, la Cour pénale internationale est née en 1998, le travail des enfants fait l’objet de conventions internationales. Toutefois, en dépit de profonds bouleversements politiques, économiques et démographiques, le système institutionnel international a globalement peu évolué. Il semble aujourd’hui inadapté pour faire face aux défis contemporains.\nLe G8 s’est érigé de facto, bien qu’il s’en défende, comme le directoire de la planète, alors qu’il ne représente que 13 % de la population mondiale. Il détient également la moitié des droits de vote au FMI et à la Banque mondiale où les États-Unis peuvent bloquer une décision. Dans ces deux institutions qui pèsent tant dans les choix politiques et économiques des pays du Sud, la voix de l’Afrique entière pèse moins que celle de la France, celle de la Belgique autant que celle du Mexique. Le G20 qui se réunit depuis le début de la crise financière dans le format d’un sommet des Chefs d’Etats intervient aujourd’hui en complément du G8. Si ses membres pèsent 80% du PIB mondial et deux tiers de la population mondiale, le G20 se fonde sur un principe d’exclusion de 173 pays. \n\nDans les institutions qui pèsent sur les questions d’endettement (G8, FMI, Banque mondiale, Club de Paris), de régulation de l’investissement (Banque mondiale) ou de finance internationale (OCDE, FMI, G8, G10, G20), les pays du Sud sont absents ou au mieux, leur présence est symbolique, en dehors des pays émergents au G20. L’OMC repose sur un principe d’organisation plus démocratique en principe (un État, une voix) et les pays du Sud se sont organisés pour faire entendre leur voix, comme à Cancún, mais les décisions tendent toujours à se prendre à quelques-uns.\n\n- Un système loin de garantir le respect du droit, la stabilité économique et l’avenir de la Planète : D’une part, les institutions actuelles sont incapables de faire respecter les règles du jeu écrites, c’est-à-dire le droit international. D’autre part, le système actuel présente de toute évidence de sérieuses lacunes. Il ne parvient pas à prévenir les crises financières, comme en attestent les crises asiatiques en 1997-1998, argentine en 2001 et occidentale de 2008-2009. Enfin, il s’avère incapable de juguler la fuite en avant de notre modèle consumériste et ses effets dévastateurs pour l’environnement et les générations futures."}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/felix-randrianasoavina-madagascar/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/felix-randrianasoavina-madagascar/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Félix Randrianasoavina, Madagascar","datePublished":"2005-03-19T00:00:00+00:00","dateModified":"2021-12-08T11:38:46+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/felix-randrianasoavina-madagascar/"},"wordCount":1267,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"inLanguage":"fr-FR","description":"Madagascar vit une nouvelle étape de son Histoire mouvementée. Les défis du développement restent considérables.\n\n\n\n\n\nLes esprits changent, mais tout reste à faire\n\nParis, le 4 mars 2005\n\nActuellement, Madagascar est dans une phase de recherche de son identité. Après la décolonisation en 1960, nous avons eu la Première république, où nous avons vécu un peu à l’image de ce que nous avait légué l’administration française, sans une réelle identité typiquement malgache pour prendre le relais. Pendant une dizaine d’années, cela a été le tâtonnement et à partir de 1971, des grèves estudiantines et des problèmes dans le sud du pays ont déclenché le renversement du premier régime de la première république.\n\nDe 72 à 75, il y a eu une transition militaire et ensuite le régime a amorcé une révolution socialiste qui prétendait répondre à cette identité malgache, fondée, non pas sur le socialisme en tant que tel, mais sur ce que nous appelons chez nous le fokonolona. C’est-à-dire quand l’ensemble d’une population, d’une région, gère ses affaires au quotidien, tant pour l’aspect administratif que traditionnel.\nMais entre l’identité laissée par les séquelles de la colonisation et ce qu’il nous restait de celle que nous ont léguée les ancêtres, il y a eu un choc qui n’a pas permis à la révolution socialiste de décoller.\nEt pendant vingt-cinq ans, cela a été un peu la traversée du désert, une régression, de la culture et de l’identité malgache. Les intellectuels par exemple, ne se disant plus malgaches, se prenaient pour des occidentaux, avec un mode de vie occidental calqué un peu sur la vie des colons. Quant à ceux qui étaient en bas, ils ne savaient pas trop où se camper.\n\nOuverture\nEn 2001, il y a eu une grave crise qui a abouti à la chute du régime Ratsiraka, le père du socialisme à Madagascar.  Maintenant, en 2005, nous en sommes à la troisième année du mandat du président Ravalomanana et ces trois années nous ont apportés plus que les vingt-cinq années précédentes en termes d’infrastructures routières, d’éducation et de citoyenneté. \nOn a senti une ouverture au niveau régional et international. On a commencé à parler du Nepad*, à se concerter pour la Sadec**, à faire un effort pour être partie prenante de l’Union africaine. Une ouverture qui place Madagascar non plus uniquement dans les régions de l’Océan indien, mais dans le monde. \nEn terme de citoyenneté, on sent actuellement, tant de la part de l’administration que de chaque individu, qu’il y a eu une volonté de s’affirmer en tant que malgache : avant, le made in Mada, le vita gasy, comme on dit chez nous, c’était une honte. Tout ce qui était fabriqué à Mada n’avait aucune valeur aux yeux des Malgaches. Maintenant nous sommes fiers de ce qui est fabriqué a Mada, c’est un changement de mentalité.\n\nSi l’on était dans l’opposition ou pas content sur quelque chose, il était plus facile de rameuter tout le monde pour descendre dans les rues, mais maintenant les gens disent « non, c’est pas la peine. Il faut construire ». \nIl y a aussi la participation des sociétés civiles, par exemple, dans le Document de stratégie pour la réduction de la pauvreté où il y a eu des concertations régionales, nationales pour définir les priorités du pays auxquelles toutes les entités ont participé et plus ou moins contribué soit directement, soit indirectement. Il y a aussi des projets de développements comme le Projet pour le soutien du développement rural financé par la Banque mondiale et finance la promotion de l’agriculture et des travaux paysans. C’est vraiment efficace pour les communautés villageoises. On voit là un effort, une volonté de se développer. À condition que l’opposition soit plus consciente et plus active et que l’administration soit plus attentive aux besoins de la population.\nIl y a un changement de mentalité qui pousse les gens à accepter le programme du pouvoir en place, ce qui ne veut pas dire qu’ils soutiennent ce pouvoir. On ne s’intéresse plus à la politique, mais au développement du pays. \n\nLa côte et les hauts-plateaux\nReste cet esprit de cause côtière, car il ne faut pas oublier que, avant la colonisation, Madagascar était une royauté issue des Hauts Plateaux et dirigée par l’ethnie Merina. Après le départ des Français, en 1958-1959, la question s'est posée : voulions-nous le retour à royauté ou allions-nous choisir la république ? Ceux des Hauts Plateaux auraient préféré qu’on revienne à la royauté, mais ceux des côtes, qui avaient subi pas mal de contraintes et d’asservissements, ont insisté à ce que cela devienne une république.  Et c’est pour cela que, depuis l’indépendance jusqu’à la présidence de Ravalomanana, nous n'avons pas pu élire un président d’origine Merina. Or, Ravalomanana est un Merina, ce qui entraîne quelques réticences de la part des côtiers qui craigne que le nouveau président ne falsifie le choix d’une république et ne retombe dans le régime de la royauté. L’opposition joue actuellement là dessus, mais si nous passons notre temps à se disputer entre côtiers et Hauts Plateaux et ainsi de suite, cela ne mènera nulle part. \n\nNotre économie est exsangue\nCar il nous reste beaucoup à faire. Et nous avons déjà pas mal de difficultés sur le plan économique : la vanille trouve difficilement preneur sur le marché international et le café n’a plus de prix, l’exploitation aurifère n’est pas bien gérée. C’est la crevette qui fait entrer un peu de devises étrangères. Notre économie est exsangue et, pour le moment, fondée sur les aides de l’extérieur. La Banque mondiale est là, on parle de la suppression de la dette pour Madagascar, mais est-ce que cela apportera des changements dans la vie des gens ? Notre PIB par habitant est très bas et nous sommes parmi les derniers pour ce qui est de l’indice de développement humain. L’accès aux infrastructures publiques, à l’eau potable, aux soins primaires, l’installation d’écoles publiques et autres, tout cela reste encore à faire. \n\nPropos recueillis par Patrick Chesnet\n\n* Nepad : Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique. Il regroupe, en fonction de leur région d’origine, Afrique de l’Ouest, de l’Est, du Nord, Centrale et Australe, différents pays engagés dans la réduction du fossé qui sépare les pays africains du reste du monde.\n\n** Sadec : Communauté pour le développement économique des Etats d’Afrique australe. Elle regroupe quatorze pays du sud de l’Afrique et s’occupe de promouvoir une meilleure coopération, notamment économique, entre les états membres. \n\nEntré au séminaire pour devenir prêtre, Félix Randrianasoavina en ressortira onze ans plus tard et entrera dans l’Education nationale en qualité d’enseignant. Très engagé, comme laïc, dans les activités sociales de l’Eglise, il est aujourd’hui le directeur national de l’Apostolat de la mer, une Ong destinée à aider petits pêcheurs locaux et leur famille."}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/en-direct-utopistes-debouts-7-10/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/en-direct-utopistes-debouts-7-10/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"En direct : Utopistes Debouts (7/10)","datePublished":"2005-01-28T15:18:00+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/en-direct-utopistes-debouts-7-10/"},"wordCount":725,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Forum social mondial"],"inLanguage":"fr-FR","description":"Porto Alegre, 28/01/2005\n\n\nBonjour à vous, Utopistes Debouts\n\n\n\n\n\nVoila une journée de plus dans ce grand marché de l’altermondialisation, nous ne savons comment vous décrire ce que nous vivons. Bon, fermez les yeux, et imaginez vous une planète miniature, des peuples qui se croisent qui échanges, qui débattent, qui dansent. Des créations artistiques du monde entier, photos son, ambiance, parole, histoire, peinture. Les grandes pensées pour un possible autre monde ou les petits échanges tous simples. Nous y sommes et nous vivons quelques choses qu’il faut voir pour croire, les hommes sont bien là avec leurs espérances, leurs utopies pour imaginer de vraies alternatives au système capitaliste qui fait tant de ravages\n\n\nDracula et les délocalisations\n\n\nOn aurait pu croire qu’une délocalisation aurait au moins un point positif, celui de créer des emplois dans les pays du Sud. Pourtant, comme nous l’a démontré un syndicaliste méxicain ce matin, une entreprise qui délocalise détruit l’économie locale, provoque des migrations internes et développe un urbanisme non maîtrisé. A cela, il faut ajouter les mauvaises coditions de travail dénoncées par une syndicaliste indienne. De plus, une entreprise occidentale vient implanter ses références culturelles, marginalise la diversité des cultures. Ces travailleurs ne sont pas à l’abris d’une délocalisation vers d’autres pays, ou même vers d’autres régions de leur propre pays. Une des manières de freiner la délocalisation et ses concéquences néfastes est l’utilisation de l’effet Dracula. Les grands groupes tiennent à leur image de marque, or, quand on les présente comme des montres tuant à la tâche des enfants et se nourrissant de la misère humaine, l’opinion publique change de regard sur ses entreprises et n’achète plus leurs produits, provoquant ainsi une perte de profit. Les multinationales sont alors forcées de changer leurs politiques et de respecter les droits du travail et de l’homme. Il n’y a pas de solutions toutes faites mais les syndicalistes et les ONG doivent travailler ensemble pour former des citoyens, organiser les travailleurs dans les entreprises et imposer des normes sociales au niveau mondial.\n\n\nDéclaration Les jeunes et la souveraineté alimentaire\n\n\nEntre le 22 et le 25 janvier 2005, dans la ville de Porto Alegre, Brésil, les jeunes ruraux du MIJARC, MAELA, et VIA CAMPESINA, se sont réunis pour construire ensemble leur conception de la souveraineté alimentaire. Ils déclarent que la souveraineté alimentaire est le légitime droit des hommes, des femmes, des jeunes et des enfants, spécialement des peuples indigènes, des paysans, des petits producteurs familiaux, des pêcheurs, à décider et à participer aux politiques sociales, environnementales, économiques et culturelles pour eux-même et pour la société.\n\n\nPour ceci, ils revendiquent les droits à :\n\n Accéder et contrôler les ressources naturelles. Renforcer et impulser le travail collectif. Respecter, préserver et valoriser l’identité culturelle du milieu rural. Développer une éducation et une formation adaptées au milieu rural.\n\n\nEt pour ces raisons, ils rejettent les politiques impulsées par le néo-libéralisme et la globalisation avec ses différentes expressions comme la libération des marchés à un niveau bilatéral et multilatéral, la promotion des OGM et la marchandisation des aliments imposés par l’OMC, la Banque Mondiale et le FMI.\n\n\nDéambulations artistiques\n\n\nUn entrepôt désafecté au bord de l’eau... On entre, des regards différents sur le monde, des regards de photographes, des photos du monde, la Palestine vue en noir et blanc. Dans un coin de la salle, des draps noirs tendus, on écarte les draps, et il y a du sable sous nos pieds. Des troncs d’arbres suspendus, beaucoup de troncs d’arbres. Des nichoirs en bidons d’huile recyclés. On passe un autre drap, les couleurs de l’Afrique qui défilent, une ambiance sonore, des visages, des regards, des couleurs, un autre drap, du sable, des photos, des feuilles mortes, un autre drap, des vêtements blancs illuminés qui flottent dans les airs. Des photos de l’Afrique composées, qui mélangent personnes et villages, regards et paysages, visages et cartes du monde."}
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Certains possèdent un mulet, mais la plupart n’ont que leurs jambes, et leurs bras. Pieds nus, portant d’énormes charges sur leur tête, ils se rendent au marché local de la commune des Palmes vendre leur minuscule production : oignons, ignames, pamplemousses, mangues, papayes. Ils marchent pour aller à la ville de Petit-Goâve, distante de 24 km. Huit heures, de nuit, un régime de bananes plantains, ou deux ou trois lourdes et précieuses planches de chêne posées sur le crâne. Ils marchent dans le vent et le froid des crêtes, ils arriveront au petit matin, avec l’espoir de réaliser un bon bénéfice. Et quand il pleut, la terre poussiéreuse se transforme en boue épaisse et retient les pas.\nLes enfants marchent aussi, pour se rendre à l’école. Pour certains, deux ou trois heures chaque matin, les cours commençant à huit heures, et autant l’après-midi, pour rentrer. Et sur l’ondulation verte et ocre des mornes, à perte de vue, matin et soir, on voit danser ces processions de confettis colorés par le chapeau des hommes et le fichu des femmes.\n\n« Cette  route de crête qui conduit à Petit-Goâve a été construite il y a 25 ans à l’initiative du curé de la paroisse des Palmes, au grand dam des notables de la ville qui ne comprenaient pas qu’on investisse pour un mieux être de ces populations arriérées, perdues dans les mornes. Twou nan cul nan lemonn ! Le trou du cul du monde !  » se souvient, avec colère, André Le Barzic, prêtre de Saint-Jacques, en Haïti depuis 46 ans.\n\nAujourd’hui, cet unique chemin de terre et de rocaille, vital pour les 40 000 habitants de la zone, menace de s’effondrer par endroits, victime du ravinement dû à l’érosion qui emporte des pans entiers de montagne. La déforestation gangrène le paysage. C’est Concert’Action, une ONG créée en 1997, partenaire du CCFD-Terre Solidaire, qui a pris en charge l’entretien et la réhabilitation de cette route. Un travail titanesque dont Pradel Formonville, ingénieur agronome, est responsable.  « Aide-toi, le ciel t’aidera ! s’amuse-t-il, On ne peut pas compter sur l’Etat ici, il est aux abonnés absent, comme d’ailleurs dans la plupart des campagnes du pays.  » Heureusement, ni la roche ni la main-d’œuvre ne manquent. Avec la participation des paysans, il empierre la voie et construit, en contrefort, de spectaculaires barrages gabions qui colmateront provisoirement les brèches les plus dangereuses. \n\nUne proximité avec la population rurale\nLe séisme du 12 janvier n’a pas ébranlé ces ouvrages solides mais il a mis à bas ou fortement endommagé de nombreuses maisons de paysans. Souvent, la charpente et les piliers de bois ont tenu, mais les murs de torchis et de pierres se sont effondrés : 630 maisons ont été détruites et 2900 endommagées dans la zone. Dans un premier programme de réparation réalisé fin 2010, Concert’Action en avait réparé 255 pour un coût de 27 780 gourdes chacune (520 €). L’association a fourni le ciment, deux maçons et trois manœuvres rémunérés pendant 12 jours, la famille bénéficiaire apportant le complément de main-d’œuvre et les pierres nécessaires à la construction des murs.  \n\nConcert’Action, à partir de son centre de formation installé aux Palmes, développe des programmes dans tous les secteurs du développement rural : maraîchage et pépinières, magasins communautaires, gestion du dispensaire (la seule structure de santé de la zone) avec le soutien de Médecins du Monde et du Secours Populaire ; agroforesterie, reboisement et création d’une coopérative de café qui doit traiter sa première récolte en 2011, une relance de la culture du café, qui apportera de nouveaux revenus, mais favorisera également la reforestation, cette plante  s’épanouissant  à l'ombre, sous couvert forestier ; électrification, adduction d’eau potable pour laquelle l’association a développé une réelle expertise, en particulier avec le « Projet d’amélioration de l’accès à l’eau potable dans les communes de Sainte-Suzanne » co-financé sur quatre ans depuis 2008/09 par le CCFD-Terre Solidaire et le Ministère des Affaires étrangères français.\nL’équipe d’ingénieurs agronomes de Concert’Action, une joyeuse bande de copains, est ici comme un poisson dans l’eau. Cette proximité avec la population rurale, au plus près de ses besoins, est garante d’efficacité.\nL’Institut de technologie et d’animation (ITECA) l’a compris. Cette ONG d’appui aux mouvements paysans basée initialement à Port-au-Prince et qui, depuis trente ans, a formé la plupart des leaders paysans en Haïti, a décidé de se décentraliser après le séisme. Chenet Jean-Baptiste son directeur, sociologue et agronome, explique : « On ne peut pas critiquer le modèle étatique hyper centralisé et reprendre ce même modèle. Iteca fonctionne maintenant avec quatre bureaux régionaux, à Gressier, Saint Marc, Savanette et Gros Morne. C’est un défi, mais nous espérons que les paysans trouveront ainsi, sur le terrain, des accompagnateurs capables de les servir, de les aider au quotidien ».  \nL’un des succès les plus encourageants est la coopérative de mangues de Gros-Morne, dans le département du Nord, la région qui produit la meilleure variété commerciale, la mangue francisque. « Notre coopérative est devenu leader, souligne l’agronome. Nous exportons aux Etats-Unis et au Canada. En deux ans, les revenus des producteurs ont doublé. Avant, les intermédiaires leur achetaient 18 à 22 mangues pour le prix de 12, les transporteurs, ou « voltigeurs », se sucrant au passage ! Aujourd’hui c’est fini, nous avons le contrôle de la production. L’idée est d’intervenir à tous les niveaux de la filière. Nous avons un dossier en cours pour entrer dans un an sur le marché, plus lucratif, du commerce équitable. Et dans deux ans, sur celui du bio, ce qui va doubler le prix pour les producteurs. Il y a un marché intéressant à prospecter aux Antilles et aux Bahamas, et plus tard en Europe. » Des projets semblables sont à l’étude pour les agrumes et les avocats.\n\nRéfléchir et agir collectivement\nTrop souvent, en Haïti, chacun travaille sans lien ni coordination avec le voisin. A Gros-Morne, Iteca s’est donc associé, depuis trois ans, au KNFP (Conseil National de Financement Populaire, partenaire du CCFD-Terre Solidaire) pour réunir tous les acteurs de développement dans le « Makon » (« se mettre ensemble » en créole), un espace de concertation qui réunit les acteurs de la société civile et les autorités locales. Des organisations paysannes rivales comme Tèt Kole, partenaire du CCFD-Terre Solidaire et le Mouvement Paysan de Gros Morne (MPGM) ont appris à se parler. Robert Metayer, d’Iteca, souligne « combien, devant l’ampleur de la tâche et des problèmes à résoudre, il est bon de réfléchir collectivement.  ». Bigaud Junior, représentant local du KNFP, aimerait « plus de régularité dans les réunions. Il faut mieux structurer cet espace, plaide-t-il, pour aborder tous les problèmes de la communauté. Déjà, le Makon a montré son bien-fondé lors de l’épidémie de choléra. Au lieu de travailler chacun dans notre coin, nous avons pu mettre nos ressources en commun et agir plus efficacement pour informer les gens et distribuer savon et chlore.»      \n\nIl y a un million d’exploitations agricoles en Haïti. La surface moyenne est de moins 1,5 ha de terre, souvent divisée en plusieurs parcelles, avec des différences marquées, beaucoup de paysans ne disposant que d’un quart d’hectare. 700 000 d’entre eux vivent avec des revenus dérisoires (moins de 1 dollar par jour et par tête). Néanmoins, l’agriculture contribue fortement à l’économie du pays (plus de 25 % du PIB). « La vie en milieu rural est porteuse de pauvreté tout en étant assise sur des richesses », soutient Lionel Fleuristin, coordinateur du Conseil National de Financement Populaire (KNFP). « En Haïti, les bonnes idées ne manquent pas. poursuit-il, mais il est urgent de les mettre en pratique si on veut stopper l’exode rural,  et son corollaire, la bidonvilisation effrénée des grandes villes. » D’ailleurs, sur le papier, le diagnostic des experts du ministère de l’agriculture est limpide : « le secteur agricole jouera un rôle clef dans le maintien de la sécurité alimentaire de la population comme dans le redressement économique et la stabilité sociale d’Haïti » [[Haïti. Plan national d’investissement agricole. Mai 2010. Ministère de l’Agriculture, des Ressources naturelles et du Développement rural.]]. Ne manque que la volonté politique.\n\nUn fonds pour les petits agriculteurs\nSécheresse, inondations, ouragans, le milieu rural haïtien demeure fragile. Alors, les banques traditionnelles refusent d’y investir à cause d’un taux de risque élevé. Quant au microcrédit, les montants prêtés sont faibles et concernent surtout le petit commerce informel. C’est pourquoi le KNFP, fort de son expérience, fort d’un réseau de milliers de mutuelles de solidarité et de banques communautaires présent jusqu’au fin fond des mornes, a créé un outil original et ambitieux : le Fonds Rural d’Investissement et de Crédit Solidaire (FRICS). Destiné à soutenir spécifiquement l’activité agricole, il cherche à mobiliser le capital nécessaire. Une phase pilote a été lancée en mai 2009 et des prêts d’environ 250 000 USD ont été accordés pour l’équipement des petits agriculteurs (attelages pour labourer le sol) et le soutien de filières telles que le lait et la mangue.\nEn 2011, le FRICS va se transformer en Société Financière de Développement (SFD) selon la législation haïtienne. Il a déjà réuni une quinzaine d’actionnaires fondateurs (institutions de micro-finance membres du KNFP, organisations paysannes, associations et entreprises locales, mais aussi institutions internationales comme la SIDI [[Sidi. Solidarité internationale pour le développement et l’investissement. Filiale du CCFD-Terre Solidaire pour le financement solidaire.]]. Ainsi a été collecté le capital de départ de 5 millions de gourdes (environ 5 millions de dollars). Il mobilisera d’autres ressources (emprunts, subventions) auprès de bailleurs internationaux, afin de constituer un portefeuille de 5 millions de dollars. Le FRICS espère financer en moins de cinq ans plus de 1500 projets ou entreprises dans le milieu rural avec des prêts ou des prises de participation. L’accompagnement de ces producteurs ou de ces entreprises se fera par le KNFP à travers son Bureau de service et de Renforcement (BSR) et son Institut mobile de formation (IMOFOR). « En Haïti, les bonnes idées ne manquent pas, plaide Lionel Fleuristin, mais si on veut stopper l’exode rural, la dégradation de l’environnement, et la bidonvilisation effrénée des grandes villes, il est urgent de passer à l’acte. Toutes les forces vives doivent être associées à ce nouvel outil de financement rural  »"}
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Le phénomène de la mondialisation, propre à nos sociétés contemporaines, n’est pas seulement un processus socio-économique, mais reflète également « une humanité de plus en plus interconnectée », dépassant les frontières géographiques et culturelles.\n\nLa mondialisation du phénomène des migrations\nConséquences souvent des forts déséquilibres du fonctionnement économique mondial, les migrations s’en trouvent ainsi accélérées. Le monde est devenu en peu de temps un espace interdépendant de mobilité mondiale. Plus aucun pays du monde n’échappe au phénomène. Tous sont devenus pays émetteurs, pays d’accueil ou pays de transit de migrants. Les Nations Unies ont recensé officiellement 214 millions de migrants [[PNUD, Rapport Mondial sur le développement humain 2009 Lever les barrières : Mobilité et développement humain, p.23]], dont une bonne part en situation régulière. Cela représente un doublement du nombre de migrants internationaux en 40 ans, mais, la population mondiale ayant également doublé dans le même temps, le taux reste stable : 3,1% des habitants de la planète ne résident pas dans leur pays de naissance. [[PNUD, Rapport Mondial sur le développement humain 2009 Lever les barrières : Mobilité et développement humain, p.23]]\n\nAujourd’hui, les migrations sont majoritairement des migrations Sud-Sud. Les chiffres en témoignent. Les expatriés issus des pays du Sud et installés dans les pays du Nord ne représentent que 37 % de ces 214 millions d’individus ; les migrations du Sud vers le Sud et du Nord vers le Nord concernent quant à elles 60 % des migrants internationaux, et l’installation des ressortissants du Nord dans les pays du Sud correspond aux 3 % restant [[Nicola Harrington, Directrice du bureau du PNUD à Bruxelles, dans « Cette France-là » rapport d’audit de la politique\nd’immigration de Mr. Nicolas Sarkozy, 2009]]. « La mondialisation a ainsi ouvert de nouvelles voies aux migrations traditionnelles qui sont aujourd’hui moins dépendantes des passés coloniaux. Si tous les continents sont concernés, l’Asie centrale et orientale, l’Europe de l’Est et l’Afrique centrale sont devenues depuis vingt ans de nouvelles zones de mobilité majeures. » [[Catherine Withol de Wenden, Atlas des migrations dans le monde, réfugiés ou migrants volontaires, Collection Atlas/Monde, éditions Autrement, 2005, p. 6-9]]\n\nA ce jour, il existe plusieurs types de parcours et de profils migratoires. Dans la majorité des espaces régionaux, la circulation des personnes et le droit à la mobilité sont devenues des réalités de fait.\n\nCertains pays émergents deviennent de véritables pôles d’attraction des migrants. Pourtant, encore 18% des Etats du monde (notamment les pays européens, l’Australie, le Canada et les Etats-Unis d’Amérique) continuent d’entraver la libre-circulation des personnes. Des zones de fracture Nord-Sud se construisent et se consolident, favorisant les espaces de non-droit pour les migrants.\n\nQui sont ces migrants ?\nIl existe des profils variés mais ce sont avant tout des hommes, des femmes, bien souvent des familles. Aujourd’hui, les femmes représentent 49,7% des personnes qui partent en émigration. Le profil des migrants évolue : « les jeunes hommes ruraux et peu qualifiés sont désormais rejoints par des jeunes hommes qualifiés voire très qualifiés des classes moyennes urbaines, des femmes isolées, qualifiées, aspirant à une indépendance, et même des mineurs ». Cf. Catherine Withol de Wenden, Atlas des migrations dans le monde, réfugiés ou migrants volontaires, Collection Atlas/Monde, éditions Autrement, 2005, p. 6-9.\n\nPourquoi migrent-ils ?\nLes personnes migrent pour quatre motifs principaux :\n- Pour travailler: c’est l’immigration dite «économique». (travailleurs saisonniers ou permanents)\n- Pour vivre en famille: en France, on l’appelle le regroupement familial.\n- Au titre de l’asile : plus de 45 millions de personnes sont comptabilisées comme réfugiés, demandeurs d'asile ou déplacés internes. 15,4 millions étaient des réfugiés -dont 4,9 millions de Palestiniens-, 28,8 millions des déplacés internes et 937 000 des demandeurs d'asile.\n- Pour étudier : plus de 3 millions à travers le monde.\nEmergence de zones de « fractures » et externalisation des politiques migratoires du Nord\nLes progrès de cette prise de conscience n’atténuent cependant pas les fortes réticences et la politique de fermeture que prônent certains Etats, comme ceux de l’Europe et des Etats-Unis, dont les nations se sont paradoxalement construites à partir de vagues successives de migrations.\n\nL’établissement systématique de barrières juridiques et de périmètres physiques de dissuasion, parfois militairement défendus, favorisent la permanence de zones de fortes tensions et de pressions migratoires autour des frontières (la Méditerranée, le Nord Mexique/USA etc.) qui deviennent ainsi des zones de violences quotidiennes pour les candidats à la migration. Dans ces zones dites de « fractures », les migrants sont victimes, par dizaines de milliers, de violences et de traitements inhumains et dégradants, au mépris des règles élémentaires du droit international.\nDe pays de départ ou de transit, les pays du Maghreb (Maroc, Algérie, Libye, Tunisie) deviennent progressivement des pays d’accueil, ou du moins de « séjour prolongé » pour les migrants en provenance d’Afrique subsaharienne. Les gouvernements élaborent à la hâte des cadres législatifs et réglementaires ad hoc pour « contrôler » les flux de migrations. Et de fait, ils ne prennent du modèle européen que des aspects formels et surtout les plus sécuritaires qui laissent libre cours aux exactions policières, aux violations des droits humains fondamentaux et à l’abandon des populations migrantes sans aucune protection face aux brimades et aux comportements xénophobes.\n« Beaucoup de migrants meurent chaque jour dans le désert, dans la mer, de faim, de soif. Le convoi de 50 personnes accueillies hier à la Maison du Migrant montre combien tous ont vécu des drames sur leurs parcours. Mais il faut savoir que c’est au nom de l’humanité, de notre humanité que nous sommes là réunis. Chacun de nous peut déjà constater qu’il n’est pas seul à agir. C’est un grand espoir pour les migrants » Frère Jan Heuft, Rencontre et Développement, Algérie, Rencontre régionale de Gao, octobre 2009\nLes pays sahéliens (Mali, Sénégal, Mauritanie, Niger) traditionnellement marqués par de fortes migrations pendulaires Sud/Sud, sont aujourd’hui des zones de départ de migrations de plus en plus lointaines vers le Maghreb et l’Europe mais aussi des lieux de transit pour des émigrants et des réfugiés venus de pays d’Afrique côtière en situation de crise. L’impuissance endémique des gouvernements locaux à construire des perspectives viables d’insertion pour la jeunesse, conjuguées aux pressions de l’Union Européenne qui restructure ses besoins de main d’œuvre, sélectionne et restreint les nouveaux flux d’arrivée, jettent de plus en plus de jeunes désespérés sur les routes de l’exil. De fait, les zones de non-droit au milieu du Sahara se multiplient.\nComparativement à l’Europe, on assiste également à la frontière Nord-américaine à une forme d’externalisation de la politique migratoire des Etats-Unis vers le Mexique.\n\nLes pays de la Méso-Amérique (Mexique, Guatemala, Costa Rica, Nicaragua, Salvador) constituent de plus en plus un corridor de passage vers les Etats-Unis, haut lieu de trafics en tous genres et de multiples brassages de flux de migrations, connu pour être contrôlé par les réseaux mafieux, où les droits humains sont fréquemment bafoués. C’est une zone en tension constante. Avec la crise financière internationale et la baisse de l’activité économique aux Etats-Unis, les travailleurs migrants latino-américains ont été parmi les premières victimes du chômage. Les politiques de répression se renforcent : le nombre d’expulsions, que ce soit des Etats-Unis ou du Mexique, augmente chaque jour. La vulnérabilité des migrants s’est profondément accrue. Ils subissent des discriminations et des violences et sont dans une situation d’extrême fragilité vis-à-vis des réseaux de trafics.\n\n\nPays émergents, pôles d’attraction\n\nDans cette nouvelle configuration de la géographie mondiale des migrations, apparaissent, à côté de ces zones dites de fractures, de nouveaux pôles économiques émergents, pôles d’attraction de migrations internes et internationale en provenance des pays frontaliers comme d’autres parties du monde.\nEn Afrique Australe, l’Afrique du Sud (3 à 4 millions de migrants sur une population totale de 45 millions d’habitants), qui se confirme comme pôle économique régional majeur, attire un très grand nombre de migrants et de réfugiés en provenance des pays voisins et des îles de l’Océan Indien, mais aussi de régions plus éloignées du continent.\nAvec la chute de l’apartheid, le pays s’est doté d’une nouvelle constitution ouverte et progressiste, fondée sur la liberté et le respect des droits humains fondamentaux. Elle met en œuvre une politique d’asile accueillante pour les réfugiés et de larges secteurs de l’économie nationale recourent sans contraintes majeures à la main d’œuvre qualifiée venue de l’étranger. Ces choix ont eu pour conséquence la transformation de l’Afrique du Sud, en à peine vingt ans, en un véritable pays d’immigration.\nCertes son système administratif, encore en construction, est souvent engorgé par le flot des demandes d’admission. Et la forte demande sociale non satisfaite de certaines franges de population noire défavorisée, en concurrence avec les migrants nouvellement arrivés demeure prégnante. Ces réalités conjuguées constituent des défis majeurs pour la réussite d’une vraie politique migratoire de long terme. Illustration des frustrations de la population noire Sud-africaine qui n’a guère vu sa\nsituation s’améliorer depuis 1994, les crises de xénophobie sont fréquentes et posent de vraies questions de vivre-ensemble.\nEn Amérique du Sud, le Brésil, autre géant de l’économie mondiale, est aujourd’hui un pôle important de migrations intracontinentales. Pays de brassages culturels anciens et de vieille tradition migratoire interne, il a construit ses riches pôles industriels en drainant d’importants flux de main d’œuvre paysanne du Nordeste et de l’Amazonie vers les villes et en constituant dans les faubourgs des grandes métropoles du Sud de fortes concentrations de migrants de l’intérieur mais aussi d’origine étrangère.\n\nPays émergent au plan international, sorti il y a seulement quelques décennies de la dictature militaire et de l’idéologie de la Sécurité nationale, le Brésil, comme les autres pays des BRIC [[Brésil – Russie – Inde – Chine – Afrique du Sud]], postule à la direction des affaires du monde et au rééquilibrage de la nouvelle gouvernance mondiale. D’où la forte empreinte dans les débats sociaux et nationaux de ce pays, de la question de la nouvelle citoyenneté démocratique et universelle, intégrant toutes les composantes culturelles et sociales constitutives de la Nation, que portent les différents acteurs de la Société Civile, face à un Etat fédéral de plus en plus engagé dans la poursuite de la démocratisation constitutionnelle et une meilleure répartition des bénéfices du progrès économique au profit de la majorité de la population.\n\nLa plus grande partie des migrants du Brésil vient aujourd’hui de Bolivie, puis du Paraguay et des autres pays de la région et se regroupent autour des pôles industriels, comme Sao Paulo (entre 400 et 500 000 migrants à Sao Paulo – rapport CDHIC Centro de Direitos Humanos de imigrante e cidadania, 2011). Les prémisses de politique publique en matière d’immigration s’inscrivent dans une approche d’ouverture et d’accueil des nouveaux arrivants (décrets successifs de régularisation collective). Cependant les conditions de vie et de travail de ces derniers sont encore déplorables. Le plus souvent sans statut de travail légal, ils sont sujets quotidiennement à des abus du patronat et à des difficultés d’accès aux droits sociaux pour une vraie intégration.\n\nDans la zone d’Asie du Sud-est, la Thaïlande (3 à 4 millions de migrants birmans sur 67 millions), avec un niveau de développement supérieur à celui de ses voisins, apparaît comme le principal pays d’accueil de la région, de migrants et de réfugiés venant de Birmanie, du Laos et du Cambodge. Il y aurait environ 4 millions de migrants birmans en Thaïlande. En 2008, les migrations en provenance de Birmanie se sont encore intensifiées avec le Cyclone Nargis et la politique de répression de la\njunte. Leur situation en Thaïlande se dégrade. Ces migrants occupent des emplois précaires et sont le plus souvent considérés comme des « illégaux », donc n’ayant accès ni à l’éducation ni à une quelconque protection sociale. En outre, dans un contexte de crise permanente dans l’Etat voisin de Birmanie et de troubles intérieures, les migrants birmans subissent les revirements périodiques et les ambigüités de la politique migratoire de l’Etat thaï. Le racisme ambiant de la population thaïe et les discriminations envers les migrants birmans rendent encore plus difficile l’intégration de ces derniers dans la société.\n\n« Nous avons été bouleversés par les inondations à Bangkok, mais nous avons eu la chance d’être recueillis dans un temple et de rencontrer d’autres birmans et ainsi de partager nos expériences. Grâce aux ONG de droit de l’homme que nous avons rencontré, nous avons pu être mieux informés sur nos droits. », Ouvrier birman dans la construction, vivant en Thaïlande, victime des inondations de novembre 2011.\nEn France\nLa France ne connait pas aujourd’hui une immigration massive. La France est un vieux pays d’immigration. La population immigrée s’est constituée progressivement avec des arrivées successives : des pays voisins (Belgique, Angleterre, Allemagne, Suisse) au 19ème siècle, puis après la première guerre mondiale, de Pologne, d’Italie, d’Espagne et, après la seconde guerre mondiale, du Portugal, du Maghreb, enfin plus récemment, d’Afrique subsaharienne, d’Asie et des pays d’Europe de l’Est. Les chiffres des arrivées sur le territoire sont parfaitement stables depuis plusieurs décennies. Le nombre d’immigrés présents en France était en 1988 de 5,7 millions, en 2000 de 6,3 millions et en 2010 de 6,7 millions. Sur ces 6,7 millions, « on estime entre 200 et 400.000 le nombre d’étrangers en situation irrégulière en France. 400.000 personnes, cela représente 0,6 % de la population française.» [[Joël OUDINET, « Cette France-là » (rapport d’audit de la politique d’immigration menée sous l’égide de Mr. Nicolas Sarkozy), 2009-2010, p.12]]\nMalgré son histoire coloniale, ses liens proches avec certains pays du Maghreb et d’Afrique subsaharienne, la France est loin d’être le pays le plus accueillant pour les immigrés. Lorsque l’on regarde le solde migratoire, la France figure parmi les pays développés qui ont accueilli la plus faible proportion d’immigrés. Le nombre d’immigrés représentait 10,9% de la population en 1980, 10,6% de la population en 2000, et 10,7% en 2010. En comparaison, la Suisse compte proportionnellement plus de migrants que la France (23%). Et de fait, en 2009, sur les 150 000 étrangers qui ont bénéficié du statut de réfugié politique, la majorité d’entre eux sont Asiatiques. Les migrants venant d’Afrique subsaharienne restent très minoritaires : 12% en 2004 alors que 35 % d’étrangers venaient de l’Union européenne, 31 % du Maghreb et 17 % d’Asie. [[, « Cette France-là » (rapport d’audit de la politique d’immigration menée sous l’égide de Mr. Nicolas Sarkozy), 2009- 2010, p.12, p.10]]\nCette politique de repli est d’autant plus incohérente que, de fait, la France a besoin des immigrés, tant au plan démographique qu’économique. Fernand Braudel expliquait déjà dans l’Identité de la France, « les immigrés installés chez nous depuis longtemps ont contribué à la croissance française, à l’embourgeoisement d’une partie de notre prolétariat, à l’augmentation du niveau de vie général ».\nLe seuil de remplacement de la population étant de 2,1 alors que son taux de fécondité est de 1,8, il manque 100.000 naissances par an pour assurer le remplacement des générations. D’autant que les immigrés créent de la richesse au plan économique, «globalement la contribution au budget des administrations publiques des immigrés, en 2005, était positive et de l’ordre de 12 milliards d’euros. (…) Si on ramène ça par immigré, grosso modo la contribution nette d’un immigré, en 2005, était de 2250 euros alors que celle d’un natif était de 1500 euros» [[Xavier Chojnicki, Impact budgétaire de l’immigration en France, Revue économique 2011/3 (Vol. 62), Presse de Sciences-Po, P.531 à 543]].\nLe CCFD-Terre Solidaire combat les préjugés et idées reçues sur la question et sur la présence des migrants en Europe, et notamment en France. Déjà thème central de mobilisation dans les années 80, c’est plus que jamais une priorité dans le contexte actuel.\n\nLes Roms migrants, une minorité victime de discriminations\nEn 2004, avec l’élargissement à 25 pays de l’Union Européenne, les Roms sont devenus la première minorité de l’Union européenne. Après 2007, année qui marque l’entrée de la Roumanie et de la Bulgarie dans l’Union européenne, la France a rapidement mis en place une politique répressive contre les Roms roumains et bulgares à travers des « encouragements au départ » s’adressant à tous les Roms vivant dans des bidonvilles en France. Plusieurs mesures ont été prises pour les décourager de s’installer sur le territoire : mesures transitoires limitant l’accès à l’emploi, tracas administratifs innombrables pour l’inscription des enfants à l’école, opacité dans l’obtention de l’accès à la santé gratuite (AME), obstacles pour l’accès au logement, pressions policières sur les lieux de vie, expulsions des terrains avec destructions des habitats, reconduites aux frontières… Enfin, depuis l’été 2010 (Discours de Grenoble de Mr Sarkozy, Président de la République), le gouvernement français a fait plusieurs déclarations stigmatisant les Roms tout en accentuant sa politique répressive. Les déclarations du Conseil de l’Europe, du Parlement européen, de la Commission européenne contre le racisme et l’intolérance (ECRI), de l’Agence européenne pour les droits fondamentaux et de la HALDE (Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité) condamnant cette stigmatisation n’ont malheureusement entraîné aucune inflexion dans les politiques et les discours gouvernementaux. Le changement de majorité en 2012 a certes eu un effet positif en termes de discours, notamment dans la volonté de ne plus stigmatiser cette population. Cependant, dans les faits, il a débouché sur la mise en œuvre d'une politique double et contradictoire: d'un côté, la décision d'aborder la problématique de manière humaine et globale, non plus exclusivement sécuritaire, via la circulaire interministérielle du 26 août 2012 et la mission confiée au préfet Régnier dans le cadre de la DIHAL (Délégation Interministérielle à l'Hébergement et l'Accès au Logement); de l'autre la poursuite effective par le ministère de l'Intérieur des évacuations de campements sans solutions de relogement et le maintien des dispositions transitoires qui limitent l'accès au travail ainsi que des difficultés administratives dans l'accès aux droits fondamentaux que sont l'éducation et la santé.\nLes acteurs de la migration\nLes migrations étant un phénomène humain constitutif de nos sociétés, elles impliquent une pluralité d’acteurs portant des objectifs variés et intervenant à différents niveaux. A proprement parler les acteurs de la migration sont difficiles à définir : il s’agit en réalité de presque tous les acteurs de la scène publique, sociale et économique. On essaiera ici d’en retenir certains qui, à des degrés divers, partagent ou croisent l’action du CCFD-Terre Solidaire ou en sont des interlocuteurs majeurs sur les divers champs de l’action sociale et politique.\n\n1- Les premiers acteurs sont bien évidemment les migrants eux-mêmes. Plus ou moins organisées, selon l’histoire de leur pays d’origine et de leur pays d’accueil, les diasporas de migrants sont en général les premiers soutiens et accueils, garants pour les migrants nouvellement arrivés, d’une intégration sociale et économique plus facile dans les sociétés d’accueil. Elles peuvent ainsi, dans certaines zones du monde, disposer de ressources sociales et économiques internes leur permettant de constituer des forces de pression capables, par l’action publique locale ou nationale, d’améliorer l’image de marque, la condition sociale des migrants et les politiques publiques. Si, dans certains pays, les migrants n’ont pas encore le droit d’association, ils s’organisent néanmoins pour répondre aux besoins de leurs ressortissants et favoriser le vivre-ensemble avec la population locale. A titre d’exemple, la diaspora birmane en Thaïlande s’est peu à peu constituée en diverses associations pour proposer un accès à l’éducation, à la santé, etc. aux migrants en situation de détresse. Beaucoup restent en lien avec leurs pays d’origine où ils développent des initiatives pour améliorer les conditions de vie des personnes restées sur place. En plus d’être acteurs de la migration, ils deviennent alors acteurs de développement. C’est le cas de nombreuses associations de ressortissants subsahariens installés en Europe.\n\n2- Les pouvoirs publics restent des acteurs majeurs puisque ce sont eux qui définissent et appliquent les politiques publiques et les règles de circulation et d’établissement des migrants sur le territoire. Ils gardent aujourd’hui encore l’essentiel des prérogatives sur l’élaboration et la mise en œuvre par l’Administration des règles de la politique migratoire nationale. Ils constituent en cela des\ninterlocuteurs incontournables avec lesquels il faut chercher à agir et parfois se confronter. Des espaces régionaux tendent à se constituer et à se développer pour favoriser, par voie de conventions internationales, l’harmonisation progressive des conditions de circulation transfrontières et des protections sociales reconnues aux personnes en situation de mobilité (la CEDEAO en Afrique de l’ouest, la zone Sud-américaine de l’UNASUR, l’Espace Schengen pour les ressortissants européens, etc.), mais l’essentiel des politiques migratoires, notamment d’intégration, sont encore définies aujourd’hui dans le cadre national.\n\n3- Cependant, malgré les réticences de beaucoup d’Etats dit du « Nord », des acteurs à dimension multilatérale commencent à se développer sur la problématique des migrations. L’Organisation Internationale des Migrations, agence intergouvernementale, met en place certains programmes à dimension nationale ou régionale. Des comités comme le Comité des Nations Unies pour la protection des travailleurs migrants a mandat d’analyser l’application de la Convention du même nom par les Etats signataires, dans les pays qui l’ont ratifié et pour le compte de leurs ressortissants établis dans des pays tiers. Peu à peu, la migration commence à dépasser le cadre national pour s’inscrire dans des politiques internationales. De plus en plus d’espaces de libre-circulation se créent et se consolident (CEDEAO, Espace Schengen, etc.) et la discussion sur la libre-mobilité se pose aux quatre coins du monde, de la SADC (Afrique Australe), à l’ASEAN (Asie) en passant par l’UNASUR (Amérique du Sud).\n\n4- Enfin et surtout, de nombreux acteurs de société civile (associations multiformes, ONG, syndicats professionnels, réseaux confessionnels, etc.) se mobilisent dans de nombreuses zones du monde pour défendre les droits des migrants, aider au vivre-ensemble entre migrants et population locale et plaider pour l’amélioration des politiques.\nLes acteurs d’Eglise, fortement mobilisés dans le champ du dialogue interculturel et interreligieux ont joué un rôle important en France pour une meilleure connaissance des autres religions et en particulier de l’Islam, deuxième religion de France. Les missions d’Eglise sont aussi fortement mobilisées dans les zones de forte tension migratoire (Mexique, Sahel, par exemple) pour remettre debout les migrants en déshérence sur les routes de la migration.\nLes syndicats sont dans certains pays fortement mobilisés pour améliorer les politiques concernant les travailleurs migrants. Au Brésil par exemple, l’un des syndicats de travailleurs majoritaires participe à l’élaboration de la nouvelle loi en cours de rédaction et plaide pour le droit de vote des immigrés.\nDans de nombreuses zones du monde, les associations de développement et ONG de solidarité se mobilisent pour aider les migrants à accéder à leurs droits civiques et sociaux, à devenir des citoyens actifs dans une société d’accueil où ils seraient pleinement accueillis.\nDes réseaux régionaux d’acteurs de société civile apparaissent progressivement pour favoriser des approches régionales de la migration (Mercosur, Mékong, Sahel) et des espaces comme les Forums Sociaux constituent des rendez-vous forts pour faire progresser des dynamiques de réseaux autour de la promotion d’une citoyenneté universelle et des formes alternatives de gouvernance des migrations.\n\nVoir également : Réfugiés climatiques"}
{"@context":"https://schema.org","@type":"WebPage","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/contexte-et-analyse-des-migrations/","url":"https://ccfd-terresolidaire.org/contexte-et-analyse-des-migrations/","name":"Contexte et analyse des migrations - CCFD-Terre Solidaire","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#website"},"datePublished":"2013-11-13T15:23:22+00:00","dateModified":"2025-05-06T13:29:30+00:00","description":"Les migrations internationales connaissent depuis quelques années de fortes mutations. Le phénomène de la mondialisation, propre à nos sociétés","inLanguage":"fr-FR"}
{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/le-commerce-equitable-ne-suffit-pas/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/le-commerce-equitable-ne-suffit-pas/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Le commerce équitable ne suffit pas","datePublished":"2006-05-01T00:00:00+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/le-commerce-equitable-ne-suffit-pas/"},"wordCount":468,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Tourisme solidaire"],"inLanguage":"fr-FR","description":"Le commerce équitable est dans l’air du temps. Le sondage réalisé pour le Ccfd et l’hebdomadaire Pèlerin le confirme : 42 % des personnes interrogées déclarent avoir acheté des produits du commerce équitable dans l’année, 65 % se disent prêtes à payer plus cher pour la qualité sociale et écologique. La demande d’éthique dans les biens de consommation est une tendance désormais bien enracinée dans l’opinion. Cela ne peut évidemment que nous réjouir.\n\nCet engouement croissant doit beaucoup au besoin de mettre nos actes et nos convictions en accord. De combien de quasi-esclaves, d’ateliers insalubres, de paysans ruinés ou soumis aux diktats de la grande distribution, de rivières polluées, de forêts arasées payons-nous notre recherche du moindre prix ? Le tourisme, devenu lui aussi un bien de consommation de masse, se prête aux mêmes interrogations.\n\n\nNous sentons bien que si les artisans de la fabuleuse croissance de l’économie chinoise sont sous-payés, travaillent dans des conditions que le mouvement social européen et américain a combattues à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, nous serons amenés à régresser.\n\n\nNous désapprouvons, mais nous ne savons pas très bien comment y remédier. Consommer nous relie à toutes ces dimensions de l’activité humaine, c’est donc par cet acte que nous voulons exprimer notre responsabilité et notre désir de changement.\n\n\nBien sûr le commerce équitable, le tourisme solidaire sont une manière de contribuer à transformer cet ordre des choses, mais il faut être clair : ce ne sera pas suffisant pour établir la justice sociale et la prise en compte des contraintes écologiques dans les relations économiques internationales.\n\n\nL’engagement des politiques publiques, des instances de régulation multilatérales (telles que l’Organisation mondiale du commerce, l’Organisation internationale du travail…), la liberté d’association des acteurs les plus modestes de l’économie sont indispensables.\n\n\nRenforcer la présence et la cohérence du commerce équitable est nécessaire. Le pire serait que l’éthique devienne un simple argument commercial. Le piège serait de nous croire quittes une fois le paquet de café équitable déposé dans notre panier. L’écueil serait de nous replier sur des épiceries solidaires, fréquentées par des convaincus.\n\n\nLa démarche du commerce équitable est avant tout le témoignage d’une exigence, la preuve qu’un autre type de relation économique est possible. C’est une utopie créatrice en marche, adossée à un travail en profondeur auprès des décideurs économiques et politiques, soutenue par l’ampleur d’une consommation différente, à la portée de chacun.\n\n\n\nJoël Thomas\nPrésident du CCFD"}
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A ce jour l’USE rassemble plus de 20 000 membres, en majorité des paysans du Fleuve Sénégal. Elle intervient aujourd’hui sur deux fronts. En milieu urbain, l’organisation répond aux besoins de formation professionnelle des jeunes issus des quartiers pauvres de Dakar grâce à son Centre de Formation Lamine Guye, et aux besoins en santé ophtalmologiques de ces mêmes quartiers avec ses deux dispensaires. En milieu rural, dans la région Matam-Podor-Saint Louis-Bake, plusieurs programmes hydrauliques et agricoles environnementaux ont contribué à lutter contre la famine et diminuer l’insécurité alimentaire dans cette zone dès les années 80.\n\nBien qu’aujourd’hui indépendante financièrement du CCFD-Terre Solidaire, USE qui compte parmi les ONGs sénégalaises les plus importantes reste pour le CCFD-Terre Solidaire une tête de pont pour répondre aux défis migratoire et de la souveraineté alimentaire dans la Région Sahélienne.\n\n\nPlusieurs partenariats dans la région Casamance.\n\nLa Fédération des femmes de Santa Yalla a bénéficié pendant dix ans des appuis du CCFD-Terre Solidaire pour ses activités de transformation des produits de la pêche. Elle est aujourd’hui membre de l’ADEPA, réseau sur la pêche en Afrique de l’Ouest qui est également partenaire du CCFD-Terre Solidaire.\n\nL’ASACASE a bénéficié de l’appui du CCFD-Terre Solidaire de 2000 à 2008 pour ses activités de micro crédit pour les jeunes, les handicapés, les ex combattants et les femmes entrepreneurs en Casamance. Un millier de familles par an ont eu accès aux crédits pendant dix ans.\n\nL’activité crédit est à présent réalisée au sein d’une structure indépendante de l’association avec l’appui de l’Etat sénégalais. L’association a été la première à organiser durant trois ans au Sénégal une opération nationale de solidarité 6-12-6 pour mobiliser des dons sénégalais dans la lutte contre la pauvreté. L’ASACASE continue à se mobiliser pour l’emploi des jeunes de Casamance avec l’appui du CCFD-Terre Solidaire et leur propose à ce jour une formation professionnelle en alternance pour s’investir dans une agriculture durable et performante. Elle participe avec d’autres partenaires à la réalisation d’un programme d’urgence contre l’insécurité alimentaire.\n\nUn important travail pour la gestion des conflits et d’éducation à la paix a été mené depuis 2005 avec le collectif des ONG de Casamance et l’organisation Pacte pour consolider le processus de réconciliation devant aboutir à des accords de paix définitifs entre la rébellion casamançaise et le gouvernement du Sénégal. Le CCFD-Terre Solidaire a aussi soutenu les activités de JCTLIS, un organisme de formation professionnelle et de réinsertion des prédélinquants et de CIBITTI, une association qui a pour but d’améliorer les conditions de détention et préparer la réinsertion des prisonniers. Enfin dans cette région, le CCFD-Terre Solidaire s’implique dans des actions de prévention des conflits à travers le soutien du réseau Congad qui met en place des projets de développement communaux participatifs à Ziguinchor et Bignona.\n\n\nDans la région de M’Bour\n\nDans la région de M’Bour, en partenariat avec la SIDI (filiale du CCFD-Terre Solidaire créée pour prolonger ses activités dans le domaine de la micro-finance), le CCFD-Terre Solidaire soutient l’association JAPPO. Cette structure a été créé pour développer l’emploi des jeunes et faciliter l’écoulement des produits des paysans dans la région de M’Bour. Deux escales restaurants ont été créées. Une dynamique de développement socio économique dans cette région a été envisagée avec la mobilisation de plusieurs associations travaillant sur la pêche, le maraîchage, le solaire, le tourisme et le commerce équitable. Le CCFD-Terre Solidaire a également initié un partenariat avec Enda Made Sahel à M’Bour pour faire participer les femmes à la production de plantes médicinales.\n\nAu niveau régional le partenariat avec l’ADEPA s’est intensifié avec la mise en oeuvre d’un nouveau plan d’action pour la période 2010-2012 qui vise le renforcement des capacités des organisations professionnelles de la pêche artisanale pour en assurer la promotion, la lutte pour la reconnaissance et la valorisation des acteurs, la communication, les études et la recherche.\n\n\nDepuis 2006, le CCFD-Terre Solidaire impliqué dans des projets de soutien aux migrants.\n\n\nLe CCFD-Terre Solidaire a commencé à travailler sur les questions de migrations à partir de 2006 lorsque les jeunes candidats au départ ont pris les pirogues pour tenter de rejoindre les îles Canaries, première porte d’entrée de l’Europe. Suite à ces départs massifs, plus de 5000 jeunes ont été rapatriés au Sénégal sans aucune aide, après avoir tout perdu. Le CCFD-Terre Solidaire s’est alors fortement impliqué pour aider ces jeunes à s’organiser collectivement, afin qu’ils se remettent debout, qu’ils se réinsèrent et retrouvent leur place dans le village, et la société.\n\nLe Programme migrants du CCFD-Terre Solidaire développe depuis trois ans avec divers partenaires sénégalais, des actions variées portant aussi bien sur la création d’alternatives économiques et d’outils de réinsertion des rapatriés, la sécurisation des routes du retour que la constitution de capacités collectives d’interpellation des pouvoirs publics sur les enjeux sociaux et politiques de ce nouveau phénomène migratoire. La diversité des actions mises en route et le besoin de mise en réseau vers plus d’efficience et de visibilité, rend aujourd’hui indispensable le renforcement dans chaque territoire, d’une tête de réseau dotée d’un ancrage territorial et d’une surface institutionnelle plus reconnue.\n\n\nLe CCFD-Terre Solidaire a à ce jour développé trois partenariats formels et est en contact avec de plusieurs groupes de jeunes rapatriés.\n\n\nPartenaire du CCFD-Terre Solidaire depuis 2006, l'association Sideb vient en appui aux groupements de jeunes professionnels de la pêche, rapatriés d'Espagne, dans différents villages: Mbour, Kayar, Thiaroye, Thiadaye et Diourbel, qui cherchent à se constituer à la fois comme groupe de pression auprès des pouvoirs publics (acquisition de visas réguliers, accès à la formation,…). L’association intervient dans l’insertion professionnelle des jeunes par la formation et l'accompagnement vers des activités économiques, sociales et culturelles et négocie avec les services de l’Etat, des collectivités et des établissements financiers, des fonds d’appui pour les jeunes en sortie de formation : accueil, domiciliation et suivi de financements jeunesse (FNJS) et installation en milieu rural dans le cadre du programme REVA, des candidats à l’émigration refoulés.\n\nLe GIE des migrants de Mbour, formé en novembre 2007, regroupe plus de 150 jeunes ex-migrants dont la majorité a été rapatriée des centres de rétention des Iles Canaries. Tous issus des milieux professionnels de la pêche de Mbour, ils ont majoritairement entre 20 et 30 ans et nombreux sont ceux qui avaient déjà constitué une famille avant de tenter l'émigration.\n\nDans un premier temps, le partenariat avec le CCFD-Terre Solidaire a permis aux jeunes de se mettre en situation de gérer des projets économiques de manière collective et de renforcer les liens de solidarité déjà existants entre migrants rapatriés et candidats au départ. Le GIE permet aujourd’hui aux jeunes de réaliser des activités génératrices de revenus, de lutter ainsi contre le sous-emploi des jeunes dans leurs localités et ainsi de faire reculer les départs systématiques et mal préparés vers l’émigration et l’exil.\n\nEnfin, la Caritas diocésaine de Dakar, partenaire de travail du Programme migrants depuis trois ans sur de multiples terrains (séminaires de réflexion et d’échanges sur l’émigration et le sous-emploi des jeunes, participation au processus de Gao sur les routes migratoires, vivre ensemble et dialogue islamo chrétien et processus de préparation du FSM de Dakar 2011) joue le rôle de structure pivot à laquelle s’adossent les associations plus jeunes impliquées auprès des migrants et devient ainsi le référent sénégalais faisant interface avec les groupes nationaux sahéliens partenaires, partie prenante des processus et dynamiques de migrations en cours dans la sous région.\n\nA l’occasion du FSM, le CCFD-Terre Solidaire organise le 4 février des visites de terrain auprès de certains de ces partenaires sénégalais pour les bénévoles de l’association qui participent au Forum. Ces visites sont également proposées aux médias qui le souhaitent)."}
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Tranquillité trompeuse : il est mort, noyé, d’avoir trop cru à son rêve d’Europe. Comme sont morts déjà des milliers d’Africains partis à la recherche de leur salut dans des embarcations de fortune.\n\nLa scène est brutale, à l’image du drame qui se joue chaque jour à nos frontières, relaté de temps à autre, en quelques secondes, dans les journaux télévisés. Lointaine et proche, cette tragédie pose à une Europe inquiète une question : comment réagir face à l’immigration ?\n\nEn France, comme dans les autres pays d’accueil, le débat suscite les passions et sert régulièrement de fonds de commerce électoral pour tenter de capter une frange de l’opinion troublée, sinon révulsée, par la présence d’étrangers sur son sol. S’il est revendiqué par les partis populistes et xénophobes qui se posent en défenseurs de l’identité nationale et de la primauté des intérêts des nationaux, voire de la supériorité de la civilisation européenne, chrétienne et blanche, le rejet de l’immigration imprègne peu à peu le paysage politique. En témoigne la progression de ces formations de scrutin en scrutin. Ou, plus insidieux, des postulats de l’extrême droite. Un sondage, publié le 15 décembre par le quotidien Le Monde, révélait que 63 % des Français estiment que « il y a trop d’immigrés en France », et 48 % que « on ne se sent plus vraiment chez soi en France ».\n\nCette perception négative de l’immigration se nourrit des craintes suscitées par les figures successives de l’altérité, d’une longue tradition d’hostilité à l’encontre de l’étranger non-Européen qui menacerait l’ordre social, politique, moral et culturel, et l’identité nationale.\n\nDes hantises, revivifiées, il est vrai, par la crise sociale, le sentiment de vulnérabilité dans une économie mondiale en pleine mutation et un contexte international dominé par l’agenda de la « lutte contre le terrorisme ». Les images d’assauts contre les clôtures de l’enclave de Melilla entretiennent l’image de la forteresse assiégée.\n\nObsession de l’invasion\n\nDifficile d’extirper le débat sur l’immigration de cette obsession de l’invasion et des vieux démons de racisme. Depuis 1974 pourtant, la France a mis fin à l’immigration de travail. Mais contrairement aux prévisions, les immigrés algériens, marocains ou maliens ne sont pas retournés au pays. Puisqu’on avait fermé la porte derrière eux, ils ont préféré rester et faire venir leur famille pour jouir de la prospérité qu’ils avaient contribué à bâtir, et conserver les avantages de la position ambivalente de l’émigré, déjà étranger à la société qu’il a quittée, mais considéré pour les apports matériels qu’il est en mesure de distribuer.\n\nDes problèmes mal anticipés ont commencé à se poser dans une Europe qui, en dépit d’une Histoire riche en mouvements et en échanges, n’a pas construit d’elle-même l’image d’un continent façonné par les apports extérieurs (à la différence des États-Unis ou du Canada). À partir des années 1980, les partis xénophobes ont commencé à prospérer sur ce terreau et les thèmes nauséabonds du retour forcé.\n\nEntre l’interpellation xénophobe et une fidélité revendiquée aux valeurs humanistes, les politiques migratoires ont tenté de trouver la porte étroite d’une générosité réaliste. Même si les gouvernements de gauche et de droite ne cessent de légiférer, les politiques migratoires françaises s’articulent avec constance autour du même triptyque depuis bientôt trente ans : contrôler l’accès au territoire, intégrer les immigrés déjà présents, favoriser le développement des pays d’origine pour tarir le flux d’immigration.\n\nPourtant, ce « réalisme » revendiqué ne cesse d’échouer. Les flux ne tarissent pas. Les tensions internes ne se sont pas apaisées, les thèses xénophobes progressent, et les différentes formes d’aide au « développement » liées à la politique migratoire sont des fiascos retentissants. Pire, les restrictions de circulation pour les ressortissants des pays pauvres ont créé un marché, celui du passage illégal de frontières, et livré des migrants vulnérables aux trafiquants et aux réseaux mafieux. \n\nUn authentique réalisme\n\nLe réalisme consisterait alors à reconsidérer la migration dans la perspective d’un monde plus ouvert où la mobilité humaine est devenue une donnée permanente, où l’on part de chez soi pour mieux pouvoir y revenir, où un Africain entend, comme tout citoyen du monde, vivre à l’étranger une expérience profitable, alterner les séjours. Un monde où il n’est plus inconcevable de se sentir lié par des appartenances multiples. Un monde inégal où la migration est un moyen de redistribution...\n\nIl est temps d’en finir avec les idées fausses qui se paient en monnaie de chair et de sang. Un authentique réalisme conviendrait que, même si elle doit être réglementée, la liberté de circulation est le seul principe acceptable, qu’aucune identité n’est immuable et que les sociétés changent, enfin qu’une politique migratoire doit être bénéfique à tous.\nQue vaudrait l’identité européenne si, pour se préserver, elle devait laisser toute la place à ses vieux démons ?\n\nThierry Brésillon \n\n \n\n \n\nEUROPE\nL'ILLUSION DE LA MAITRISE\n\n\nEn prétendant prévenir les drames de l’immigration clandestine, l’Europe déploie un arsenal impressionnant pour tenir à distance les pauvres des pays du Sud, quitte à provoquer davantage de tragédies.\n\nDepuis quelques semaines, les gardes-côtes espagnols interceptent des embarcations remplies d’immigrants clandestins partis de Mauritanie pour tenter de rejoindre les îles Canaries. C’est l’effet le plus tangible de la répression accentuée par la police marocaine, des tentatives d’immigration clandestine vers l’Europe.\n\nAu départ, le point de passage naturel était le détroit de Gibraltar, 14 kilomètres entre l’Afrique et l’Europe, et pourtant des centaines de noyés dans des embarcations de misère, les pateras. Nouvel Eldorado européen, l’Espagne en plein rattrapage, où les migrants trouvent à s’employer dans l’agriculture notamment, a alors mis en place le système de radars et de patrouilles, opérationnel depuis 2002. En 2005, il a permis d’intercepter 90 % des tentatives de passage. La pression s’est portée alors sur les deux enclaves espagnoles, isolées par un double grillage électrifié et un système de contrôle.\n\n\nTour de vis dans la répression \n\nSous pression européenne, les autorités marocaines ont multiplié les opérations de traque. Tandis que l’Espagne double la hauteur du grillage, le Maroc envisage de construire un mur et de creuser un fossé. D’individuelles, les stratégies de passage deviennent alors organisées. Nouveau tour de vis dans la répression. Résultat, les morts du mois d’octobre tombés sous des tirs à balles réelles.\n\nLa route maritime, elle, s’est déportée plus au Sud, par Laayoune, direction le continent, ou les îles Canaries. Désormais, c’est donc par Nouadhibou que s’organisent les départs. Toujours plus loin, toujours plus dangereux.\n\n\nDe prime abord, la politique européenne affiche pourtant des objectifs salutaires : « Prévenir les tragédies humaines », porter secours rapidement aux embarcations en détresse, lutter contre les filières d’immigration clandestine et les trafics humains qui exploitent le désir d’Europe des jeunes d’Afrique ou d’ailleurs. \n\nLes objectifs affichés sont pourtant généreux : « Promouvoir la synergie entre la migration et le développement », « L’immigration est source d’enrichissement culturel et social ». Mais les engagements pour le développement restent loin des ambitions (mesure phare : ouvrir davantage le secteur des envois de fonds privés à la concurrence pour accroître le montant des transferts des migrants vers leur pays d’origine).\n\nCriminalisation de la migration\n\nLe reste tient dans des euphémismes technocratiques. « Gérer les flux migratoires », « Réadmission », « Externalisation »... et une réorientation de la coopération Nord-Sud en Méditerranée vers la mise en œuvre d’un arsenal impressionnant pour que les migrants ne puissent pas atteindre le territoire européen. Même la Libye, hors de tout dispositif de partenariat régional, mais plaque tournante de l’immigration clandestine à destination de l’Italie, est courtisée pour devenir l’un des gendarmes de l’Europe...\n\nDans cette lutte contre l’immigration clandestine, produite par des années de restriction des conditions d’entrée et de séjour, les États du Maghreb et leurs voisins sont des alliés obligés. Obligés de réadmettre leurs nationaux et tout autre migrant qui aurait transité par leur territoire. Obligés de consacrer des moyens policiers à la traque aux clandestins. Cette coopération est devenue de facto une condition de l’aide au développement.\n\nMise à distance des migrants, rationalisation de la sélection des personnes admises à rentrer sur le territoire, implication des États limitrophes de l’Union européenne dans la gestion des flux, au bout de cette logique : les camps pour étrangers. Tony Blair avait déjà proposé au Conseil européen de Thessalonique en 2003, de renvoyer vers des centres de transit installés hors d’Europe, les demandeurs d’asile pour y traiter leur dossier. Rejetée parce qu’elle posait encore des problèmes techniques, financiers et diplomatiques, l’idée fait son chemin néanmoins.\n\nL'enferment des étrangers \n\nElle s’inscrit surtout dans une tendance à banaliser l’enfermement des étrangers. Depuis quelques années, sur l’île de Malte, membre de l’Union européenne, tous les immigrants clandestins interceptés dans leur trajet vers l’Italie sont placés dans des centres fermés, pour plusieurs mois, voire plusieurs années. Une condamnation sans procès... et sans crime !\n\nLa carte établie par le collectif Migreurop (voir le site)  recense tous les types de lieux dans lesquels sont assignés les étrangers. Zone d’attente pour demandeurs d’asile, centres de rétention administrative avant expulsion, lieux de contraintes pour étrangers indésirables... leur nombre exprime l’ampleur des efforts déployés pour tenir à l’écart les pauvres du Sud hors de l’Europe. Seules les associations de défense des étrangers tentent de faire entendre la voix de ces indésirables.\n\nTh.B. \n\n ***\n\nPEUT-ON CHOISIR SES IMMIGRÉS ?\n\nUn projet de loi propose de sélectionner les migrants nécessaires à la compétitivité de l’économie française. Mais précarise les droits des étrangers, en particulier le droit à vivre en famille.\n\n \n« Subir : être soumis malgré soi à ce qui est prescrit, ordonné, imposé : endurer. » Si l’on croit l’intention affichée de passer d’une immigration « subie » à une immigration « choisie », voilà, selon la définition du Petit Larousse, ce qu’ont infligé à la société française, jusqu’à présent, les familles des migrants qui se sont installées au bénéfice du regroupement familial, les déboutés du droit d’asile, les immigrés clandestins... Quand on connaît le calvaire, le dédale kafkaïen des démarches administratives, l’humiliation aux guichets des préfectures, qu’il leur a fallu affronter pour gagner le droit de séjourner en France, ce vocabulaire fait frémir.\n\nLes étrangers utiles\nL’avant-projet de loi présenté le 9 février dernier par le ministère de l’Intérieur entend renouveler radicalement la politique migratoire française en rouvrant la porte de l’immigration de travail fermée officiellement depuis 1974, en se donnant les moyens de sélectionner les étrangers utiles à l’économie française, et en réduisant drastiquement l’immigration choisie par les migrants.\n\nLe regroupement familial deviendrait plus difficile encore, la régularisation après dix ans de séjour ou en raison d’attaches personnelles fortes, serait impossible. Les mariages entre Français et étrangers n’ouvriraient droit à une carte de séjour temporaire qu’après un retour du conjoint au pays d’origine et l’obtention d’un visa de long séjour et la carte de résidence ne serait attribuée qu’après trois ans. Les personnes venues se faire soigner en France n’auraient plus le droit de pouvoir exercer une activité..., la liste des restrictions est longue (1).\n\n\n Renforcer le pillage \nCôté ouverture, les compétences nécessaires au marché du travail se verraient gratifiées de carte de séjour liée au contrat de travail. En revanche, on déroulerait le tapis rouge pour les gens qui pourraient contribuer au « rayonnement de la France » : délais raccourcis pour l’obtention des titres de séjour et le regroupement familial, création d’une carte « compétences et talents ».\n\nLes autres pays européens font des choix similaires. Centrés sur leurs intérêts, ils « font totalement l’impasse sur la prise en compte du développement des pays sources [d’émigration, ndlr], estimait en 2002, Maxime Tandonnet (Confluences, L’immigration bouscule l’Europe, n° 42, été 2002). Les nouveaux choix de l’Europe ne peuvent que renforcer le pillage des forces vives et des ressources intellectuelles du Sud, poursuivait ce haut fonctionnaire au ministère de l’Intérieur, et contribuer ainsi en toute bonne conscience à l’aggravation des inégalités planétaires, à la paupérisation et à l’instabilité de certaines régions ».\nOn peut nuancer le propos en rappelant que le choix d’un séjour de travail ou d’étude relève aussi des stratégies des migrants pour renforcer leur capital financier, intellectuel ou humain.\n\nConception utilitariste\nCette conception utilitariste de l’immigration s’inscrit dans l’Histoire longue du recours à la main-d’œuvre des pays pauvres pour dépasser les blocages de la croissance européenne, sous des formes qui ont, certes, fortement varié — l’esclavage aux XVIII et XIXe siècles dans les plantations, les ruraux spoliés dans les colonies, les paysans polonais faméliques amenés en wagons à bestiaux pour travailler dans les mines et renvoyés de même après la crise de 1930, les Maghrébins recrutés à tour de bras par les organisations patronales dans les villages de l’Atlas et de Kabylie, jusqu’aux clandestins tamouls, chinois, marocains, maliens... indispensables aujourd’hui à la compétitivité des certains secteurs tels que l’agriculture, la restauration ou la confection.\n\nUne constante demeure. Dominés, vulnérables, ils constituent un facteur de production peu coûteux et facilement ajustable en cas de crise. Alors quand les immigrés des Trente Glorieuses ont pris leur destin en main et contrarié le schéma habituel, ils ont subverti un ordre profondément enraciné dans l’imaginaire d’une bonne partie de la société française, suscitant les réactions que l’on connaît.\n\n\n\nComplaire à l'opinion \nLa loi en cours de préparation veillera donc à ce que le scénario ne se reproduise pas. La communication autour des objectifs d’expulsion vise à complaire à une opinion pour qui la présence d’étrangers visibles en France reste une anomalie. Dérisoires au regard du nombre de clandestins en France (entre 200 et 400 000), les objectifs d’expulsions (25 000 en 2006) font payer aux étrangers le prix de cet affichage démagogique (lire Fdm, n° 208).\n\nEn s’avançant sur la gestion du travail des étrangers en France, on se hasarde sur le terrain mouvant des changements considérables que la mondialisation induit sur le fonctionnement de l’économie. Le moins que l’on puisse dire est que les États, en dépit des discours incantatoires sur la maîtrise de l’immigration, sont toujours en retard sur le fonctionnement du marché, déterminé par des stratégies d’entreprises transnationales, les délocalisations, les différentiels énormes dans le coût de la main-d’œuvre, mais aussi des mouvements de population qu’aucune stratégie de contrôle ne parvient à canaliser.\n\nIls ont choisi la France\nUn rapport du Conseil d’analyse stratégique (qui vient de succéder au Commissariat général au Plan) conteste d’ailleurs partiellement l’approche qui sous-tend la prétention à maîtriser la mobilité de la main-d’œuvre, en suggérant entre autres, que les « immigrants pour motifs familiaux disposent de titres de séjour qui les autorisent à travailler » et pourraient donc d’autant mieux répondre aux tensions sur le marché du travail qu’ils sont deux fois plus touchés par le chômage, ou bien que la législation actuelle confine dans l’illégalité les travailleurs de certains secteurs d’activité.\nUn débat à peine entrouvert, contaminé par des considérations de politique intérieure, mais dont les étrangers qui ont choisi la France, même si la France ne les a pas « choisis », ne cessent de faire les frais.\n\nTh.B. \n\n ***\n\nLégaux/illégaux ?\nLes politiques migratoires européennes s’accordent à distinguer les immigrés en situation régulière et les migrants illégaux. Promettant aux premiers une intégration d’autant plus facile que la répression de l’immigration irrégulière sera sévère. Cette distinction qui semble raisonnable, pèche par quatre omissions.\n\n• Cibler les clandestins comme la cause des problèmes créés par la présence étrangère, occulte tout simplement le fait qu’ils ne violent la loi (comme les 60 000 déboutés du droits d’asile) que parce que les restrictions des conditions d’entrées et de séjour ont suscité des stratégies de contournement.\n\n• Ensuite, prétendre que les étrangers en situation régulière seront d’autant mieux perçus que les autres auront été écartés, fait l’impasse sur le fait que la chasse aux clandestins repose sur une suspicion systématique de toute personne d’apparence étrangère. Même en situation régulière, même de nationalité française, une personne d’origine étrangère est en permanence appelée à justifier de sa situation.\n\n• Les restrictions de circulation affectent en premier lieu les étrangers en situation régulière pour qui il est presque impossible d’entretenir des relations familiales, personnelles ou professionnelles transfrontalières.\n\n• Enfin les problèmes dits « d’intégration » sont essentiellement le résultat de choix d’urbanisme des années 1960 et 1970, ou la résultante de problèmes sociaux français : chômage structurel, voire discrimination dans les différentes étapes de l’insertion sociale (travail, logement...).\nCroire que l’on va réparer par les crispations d’aujourd’hui, les erreurs de trente ans, c’est préparer les problèmes de demain.\n\n ***\n\nLa chasse est ouverte\nUne circulaire du 21 février dernier définit les conditions pour les arrestations d’étrangers en situation irrégulière : à leur domicile, dans les locaux d’associations, dans les foyers et résidences collectives, jusque dans les blocs opératoires des hôpitaux.\nElle autorise aussi des procédés destinés à piéger ces étrangers par des convocations d’apparence anodine dans les préfectures pour les y interpeller en vue de leur éloignement.\n« Même si, à force d’inhumanités, l’administration parvient à expulser davantage d’étrangers, elle en éloignera de toute évidence moins qu’il n’y aura de nouveaux arrivants. Dissuadés d’avance, en raison des dangers qui vont peser sur eux, de se signaler, ils rejoindront leurs compatriotes déjà privés de papiers. C’est ainsi qu’au nom d’une illusoire répression de l’irrégularité, on finit par la développer », s’insurge le Gisti. \n\n ***\n\nLE DÉVELOPPEMENT : UNE ALTERNATIVE ? \n\nIl y a un lien entre les déséquilibres de la planète et la migration. Mais instrumentaliser l’aide au développement pour empêcher l’immigration est voué à l’échec.\n\nLa migration est souvent présentée comme l’effet mécanique du sous-développement. Les migrants fuyant pauvreté, misère, désordre social, il suffirait d’injecter des moyens pour le développement pour tarir les causes la migration. L’idée doit autant au tiers mondisme, fervent de solidarité internationale... qu’à l’extrême droite qui fait du développement, le paravent de son rejet de l’étranger.\n\n« L’aide au retour doit être d’autant plus forte que les difficultés d’intégration sont plus grandes. En pratique, les mesures d’aide doivent être réservées en priorité aux ressortissants des régions dont la civilisation et le niveau de développement sont les plus éloignées des nôtres : monde islamique, Afrique, Asie ». Cet extrait du chapitre « Organiser le co-développement négocié » du programme Front national incite donc à considérer avec circonspection le lien couramment établi entre politique migratoire et développement.\n\nDepuis le « million Stoleru », une somme de 10 000 francs proposée à tout travailleur immigré souhaitant rentrer au pays après 1978 et la fin de l’immigration de travail, les mécanismes se sont beaucoup perfectionnés.\nCette première initiative avait totalement échoué. Elle n’avait suscité que deux mille demandes. Associé ensuite à des plans sociaux, ce système avait bénéficié à 13 000 chômeurs, 46 000 salariés, dont 39 % de Portugais et 45 % d’Espagnols. Autant dire, marginalement à la population qu’il était censé inciter à quitter la France. Devenu au fil des ans plus sélectif, il n’aura eu qu’un impact marginal. L’arrivée de la gauche au pouvoir va changer les termes – on parle d’aide « à la réinsertion » – pas la logique.\n\nL’idée d’aider au retour pour tenter d’inverser les flux jettera ses derniers feux avec les dix centres de formation-retour, créés au Sénégal et en Algérie en 1993. Les centres algériens accueilleront trente-trois stagiaires ! En 2001, douze personnes bénéficieront d’une aide à la réinsertion, avant que le mécanisme ne soit abandonné.\nFaute de pouvoir les inverser, les politiques migratoires vont tenter de tarir les flux, d’éradiquer les causes de la migration avec des mécanismes d’aide au développement.\n\nLe gouvernement de Michel Rocard (1988-1991) va mener une première série d’expériences dans la vallée du fleuve Sénégal en lien avec les associations de migrants. Mais les procédures bureaucratiques sont lourdes, peu adaptées aux réalités souples de ces acteurs transnationaux qui vont accéder peu à peu à un statut reconnu, celui des Osim, Organisations de solidarité internationales issues de la migration.\n\nMais il faudra du temps encore pour dégager cette forme de coopération originale, baptisée le co-développement, de ses arrière-pensées. Sans nuance, Charles Pasqua de retour aux affaires en 1995, a proposé aux associations de Maliens d’orienter des clandestins vers un mécanisme de soutien à la réinsertion, en échange d’un engagement à ne pas revenir en France. Dix candidats.\n\nCo-développement\n\nPlus conceptualisé, le rapport de Sami Naïr à Jean-Pierre Chevènement va tenter de relancer le co-développement de manière ambitieuse en proposant un dispositif permettant aux migrants de s’investir dans le développement de leur région, d’associer les États d’origine, les collectivités locales... Mais, le destinataire du rapport, le ministre de l’Intérieur, trahit bien l’intention : le but est de réduire les flux en diminuant les écarts de développement. Directement associé, à l’incitation au retour des candidats recalés lors de l’opération de régularisation, le co-développement façon Chevènement échoue sur le même écueil.\n\nC’est que sa logique butte sur une contradiction : alors qu’il cherche à les fixer, les migrants s’inscrivent dans un projet de circulation. Car le lien entre développement et migration est moins sommaire que cette simple image de vases communicants. La migration est certes un moyen pour des régions enclavées d’accéder aux ressources qui ne sont pas immédiatement à leur portée, mais plus d’échanges, plus d’ouverture, plus de développement suscitent aussi plus de mobilité.\n\nLe contre-exemple centraméricain (lire ci-dessous) montre que le « développement » entendu au sens ultra-libéral accentue même la migration.\n\nInstrumentaliser le développement au bénéfice d’un projet de limitation des flux migratoires est donc illusoire. Tant que les politiques commerciales, agricoles détruiront les économies populaires et les agricultures paysannes, aucune prime, aucun projet n’endiguera les flux migratoires.\n\nTH.B.\n\n\n*** \n\n\nAmérique centrale, le contre-exemple\nPlus de deux millions de Salvadoriens vivent aux États-Unis, venus d’un pays de 6 millions d’habitants. Malgré la fin des conflits en Amérique centrale dans les années 1990 et la mise en place de traités de libre-échange censés favoriser le développement de la région, l’émigration vers les États-Unis ne se tarit pas. En octobre 2005, un rapport de l’Organisation internationale des migrations au Guatemala révélait que « les remises de fonds, la migration et le libre-échange permettaient tous trois de faire reculer la pauvreté ». En quittant leur pays, les émigrés laissent des emplois vacants et en envoyant de l’argent, ils contribuent à sortir leur famille de la pauvreté.\n\nUne vision qui fait l’impasse sur le type de développement que génèrent ces transferts de fonds. En 2004, alors que l’Alena (Zone de libre-échange entre le Mexique, les États-Unis et le Canada) fêtait ses dix ans, de nombreux observateurs montraient qu’en dépit d’un doublement des échanges commerciaux entre les pays, les inégalités s’y étaient creusées.\n\nAu Mexique et désormais dans toute la région, la croissance économique et les milliers d’emploi créés dans les maquilas ne constituent curieusement pas une perspective d’avenir pour les travailleurs, qui continuent de vouloir partir à tout prix. Aujourd’hui, les campagnes salvadoriennes manquent cruellement de main-d’œuvre et des milliers d’enfants ne reçoivent de leurs parents que quelques billets verts en guise de nouvelles.\nRaphaële Bail"}
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L’armée y est très puissante et possède de nombreuses richesses, terres, titres etc. Le gouvernement gère le territoire en prédateur et s’avère un des plus corrompus au monde. Il existe de fait un quasi monopole de certains proches de l’Etat sur des activités d’import export soutenus par toutes sortes de subventions et exemptions fiscales. L’opposition existe mais elle est faible, réprimée et divisée.\n\n\nLa mal gouvernance a entraîné une grave crise économique depuis 2002 : la dette du Trésor à l’égard de la Banque Centrale est passé de 62 millions de dollars en 1996 à 500 millions de dollars en 2204, vidant ainsi peu à peu les réserves de celles-ci. Le Franc Guinéen est passé de 2000 FG pour 1 $ en 2001 à 6 000 FG aujourd’hui. L’inflation, de 27% en 2006, a rendu le panier de la ménagère hors de prix.  Le salaire d’un instituteur permet juste de payer un sac de riz .Et un guinéen sur deux vit avec moins de 1 $ par jour. \nDans le même temps une mauvaise gestion de l’énergie a obligé à rationner l’électricité, qui est suspendue en journée et par quartiers sur des périodes de 15 jours, paralysant largement l’activité économique.\n\n\nDiplomatie internationale\n\n\nLa Guinée est assez courtisée par les pays développés en raison de ses énormes richesses minières. Mais le président Lansana Conté cultive une certaine indifférence vis à vis des affaires étrangères, y compris avec ses partenaires. Il voyage peu et reçoit avec une certaine hauteur les chefs d’état étrangers. Pour mémoire en 1999 la secrétaire d’Etat américaine Madeleine Albright, François Mitterand en 1986, Jacques Chirac en 1999. Bonnes relations avec la Malaisie qui gère aujourd’hui les télécommunications guinéennes, l’Ukraine un de ses principaux fournisseurs en équipements militaires et la Chine qui a obtenu plusieurs contrats publiques. Les américains sont aussi très présents.\nVis à vis de ses voisins immédiats, Lansana Conté a réussi à ne pas sombrer dans la tourmente qui a entraîné la Libéria, la Sierra Léone et la Côte d’Ivoire, mais non sans y avoir joué sa partie. Vouant une grande animosité à Charles Taylor, il a soutenu successivement l’ULIMO et le LURD, la contre rébellion libérienne qui aura raison de celui-ci. Il accueillera plus d’un millions de réfugiés de ces deux pays sur son territoire. Pour la Cote d’Ivoire, après avoir un moment fourni Laurent Gbagbo en matière d’équipements militaires, il s’est tenu à l’écart du conflit depuis les événements de novembre 2005. \n\n\nL’année 2006, une année de fin de règne en prélude aux événements\n\n\nEn décembre 2003, le général président Lansana Conté a été réélu pour un troisième mandat après changement de la constitution.\nAtteint d’un sévère diabète et d’une leucémie, il semble avoir perdu une grande partie de ses facultés et passe beaucoup plus de temps dans son village Wawa qu’au Palais.\nEn avril 2006 il limoge son premier ministre et ne le remplace pas.\n\n\nL’ absence du chef de l’Etat a laissé le champ libre tout au long de l’année 2006 à une sorte de querelle de succession entre divers hommes forts du régime : \n\n Mamadou Scylla, à la tête du patronat, puissant homme d’affaires qui dirige le groupe tentaculaire Futurelec. Fodé Bangoura, ministre chargé des affaires présidentielles Aboubacar Somparé, président de l’Assemblée Nationale et dauphin constitutionnel Cellou Dalein Diallo ex premier ministre, limogé en avril 2006.  Kerfalla camara, le chef d’état major des armées,\n\n\nAinsi dès juillet, après des années de silence, le remboursement d’une dette vis-à-vis de l’Etat est réclamé au patron des patrons Mamadou scylla, bientôt suivi d’une réclamation concernant une dette vis-à-vis à de la Banque Centrale. Une procédure de justice démarre, l’homme se voir interdit de sortie de territoire et est finalement arrêté en décembre. Cette décision est saluée à l’unanimité  par la société civile. Mais très rapidement Lansana Conté fait la démarche d’aller en personne le libérer à la prison centrale de Conakry.  Dès lors les syndicats décident d’agir.\n\n\nLes événements :\n\n\n- le 10 janvier, les syndicats  lancent un mot d’ordre de grève générale et présentent une série de revendications précises au chef de l’Etat, notamment la nomination d’un premier ministre compétent, non entaché d’affaires, en charge de former un gouvernement de large consensus. Il lui propose ainsi « de préparer sa retraite afin de mieux ménager sa santé ». Avec des menaces de morts non voilés Lansana Conté refuse par trois fois. \n\n La grève est largement suivie tant dans le public que dans le privé, y compris les banques et l’industrie minière. Les commerces restent fermés.\n- A partir du 17  janvier des manifestations ont lieu un peu partout dans le pays. Dans plusieurs villes de l’intérieur, la population s’en prend aux représentants du régime, préfectures etc…Et le 22 janvier les mouvements sont férocement réprimés, causant la mort de 60 personnes et environ 200 blessés. Est incriminé le fils du chef de l’Etat, Ousmane Conté, qui aura agi avec la garde républicaine et sans l’aval des forces armées. Les dirigeants du mouvement syndical, Rabiatou Sérah et Ibrahima Fofanah sont arrêtés et molestés. La bourse du travail est saccagée.\n- Le 23 janvier, grâce à l’intervention de la première dame du pays, Henriette Conté, le dialogue reprend entre le chef de l’Etat et les dirigeants du mouvement, tant syndicats que organisations de la société civile. Le 27 janvier, il signe un accord sur la majorité des points. Le mouvement de grève est alors suspendu.\n- L’annonce le 9 février de la nomination d’Eugène Camara, un proche du président anciennement ministres des affaires présidentielles et qui ne correspond en rien aux critères définis, met le feu aux poudres. Le mouvement décide de reprendre la grève à partir du lundi 12 février et demande la démission du chef de l’Etat. Le gouvernement répond à cette annonce en proclamant l’Etat de siège sur toute l’étendue du pays assorti de mesures drastiques : couvre feu 20h sur 24, mise en place d’un dispositif de sécurité dans les principales villes, autorisation donnée à l’armée de réprimer les manifestants, suspension de la presse libre.\n- Dès le lundi des affrontements entre forces de l’ordre et militants dans la rue entraînent la mort de 18 personnes à Conakry et 4 à Labé. Des bureaux de presse sont saccagés, des personnes arrêtées et torturées. A l’inverse certains citoyens se livrent à des pillages.\n- Depuis la semaine du 12 au 18, le couvre feu sera allégé, notamment pour les travailleurs des entreprises publics et mixtes. Mais le pays reste en état de crise, les vols aériens suspendus, un climat de terreur avec de nombreuses arrestations. L’armée semble aussi se fissurer, en raison de clivages internes. Le gouvernement fait appel à des mercenaires libériens pour aider au rétablissement de l’ordre.\n- Durant la semaine du 12 au 18 février, la communauté internationale appelle à la suspension de l’Etat de siège, à la reprise du dialogue entre syndicalistes et gouvernement et à l’application des accords du 27 janvier. Une timide tentative de reprise de dialogue apparaît alors, mais le mouvement exige la suspension de l’état de siège avant de rencontrer le chef de l’Etat.\n\n\nForces en présence et  perspectives :\n\n\nLes partis politiques. : Hormis le PUP, le parti au pouvoir, dont nous avons nommé plus haut les hommes forts,  il existe trois partis d’opposition dont certains sont surtout construits sur des bases ethniques.\n\n Rassemblement du Peuple de Guinée de Alpha Condé.  Union des Forces démocratiques de Guinée de Mamadou Bâ Union des Forces Républicaines de SydiaTouré, \nCe dernier fait clairement figure d’envergure et son nom avait été cité parmi les premiers ministres possibles suivant les accords du 27 janvier.\n\n\nDu côté des forces armées, il y a de nombreux  clivages ethniques et générationnels. Trois généraux prétendent à la succession. Kerfala Camara est celui dont l’influence est la plus forte, mais il est âgé. Son adjoint Ousmane Camara pourrait être bien placé, et avait été un temps présenté comme fils adoptif de Conté, mais sa base d’origine maninka comme lui, a été fragilisée par une série de purges. Bailo Diallo Diallo en tant qu’instructeur à l’académie militaire pourrait surprendre par les soutiens qu’il pourrait rassembler, car il connaît chaque officier. \n\n\nParrallèlement à l’armée régulière, il existe plusieurs unités spéciales : la garde présidentielle forte de 400 hommes, les bérets rouges et les rangers qui gardent les frontières.  Ces derniers ont été entraînés pour une partie d’entre eux par les américains et les autres par les chinois. Ils sont majoritairement de l’ethnie du président et très loyaux. \n\n\nPour l’avenir, le scénario le plus optimiste serait un revirement du chef de l’Etat dans son attitude, qui accepterait de rétrograder dans son escalade autoritariste et d’appliquer les accords du 27 janvier. Ceci supposerait effectivement la levée de l’Etat de siège, le retour aux casernes de l’armée, la nomination d’un premier ministre de consensus.\n\n\nMais le plus probable serait un coup d’Etat militaire. Toutefois l’armée étant très divisée et attachée à ses prérogatives financières, on imagine mal une issue sereine tel que le Mali qui a vu l’armée rendre le pouvoir aux civils après l’organisation d’élections. Loin de calmer le jeu, un coup d’Etat militaire pourrait ainsi entraîner d’autres prises de pouvoir abusives, plongeant la Guinée dans le chaos.\n\n\nService Afrique / CCFD"}
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Objectif : faire savoir au gouvernement de Jokowi, dont elle a soutenu la candidature en 2014, que le monde paysan l’attend de pied ferme sur la mise en œuvre de ses promesses électorales. \n\n\n\nLundi 21 septembre 2015 : dans les quinze provinces des Iles de Sumatra, Java, Lombok et Flores où est implanté la Serikat Petani Indonesia (SPI), une union d’organisations paysannes partenaire du CCFD-Terres Solidaire, ce sont des dizaines de milliers de paysans qui  ont défilé dans les rues demandant l’accélération de la réforme agraire en faveur de la souveraineté alimentaire. Martelés à tue-tête par les manifestants et sur les banderoles des cortèges, des slogans du type « donnez nous des terres pour vivre », «  Faisons de nos villages des puissances économiques » ou encore « fin aux importations alimentaires » donnent la teneur des revendications. Dans certaines localités des artistes se sont joints à l’événement donnant aux manifestations un air festif. 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Mais avec l’arrivée au pouvoir de Suharto en 1967, pour une dictature qui durera trente-trois ans, elle tombe aux oubliettes. Il faudra attendre 2013 pour qu’une nouvelle loi, conforme à l’esprit de la première, voie le jour. Appelée « Loi pour la protection et le renforcement du pouvoir des paysans », elle reconnaît pleinement le rôle économique et environnemental  des paysans et paysannes, lesquelles constituent 40 % de la population active de l’Indonésie. L’enjeu est de taille dans ce pays où, tandis que 50 % des paysans possèdent moins d’1 demi hectare ou pas de terres du tout, une grande partie des terres cultivables continuent d’être accaparées pour la production d’huile de palme, l’exploitation minière ou des projets immobiliers. Mais là encore, l’application de la loi restera lettre morte. 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Le rappel à l’ordre est essentiel dans un contexte où les incendies criminels, alternatives bon marché au défrichage mécanique, ne cessent de ravager le pays. Ce mois-ci encore, les feux de forêt ont pris une telle ampleur que leurs fumées ont gagné Singapour et la Malaisie, contraignant les autorités malaisiennes, devant l’intensité de la pollution, de fermer les écoles et de distribuer des masques aux personnes les plus vulnérables.  \n\nLes enjeux de la décentralisation\n\n\nPour autant, l’archipel indonésien, dont la superficie représente près de trois fois et demie celle de la France, est un pays très décentralisé et les décisions prises à Jakarta n’ont aucune chance d’aboutir si elles ne sont pas relayées au niveau local. D’où la stratégie de la SPI, à l’occasion de cette journée internationale des paysans,  de s’adresser directement aux gouverneurs, les représentants des provinces,  ou aux régents, les représentants des kabupaten (subdivisions de la province).  \nAinsi, dans la province « Sumatra du Nord », les manifestants ont demandé au gouverneur d’annoncer sans délai le décret d’application de la loi de 2013 et de fournir un minimum de 2 ha de terre pour chaque paysan comme l’exige la réforme agraire. \nDans la province de Riau (au centre de Sumatra), les membres du SPI ont également insisté sur le devoir du gouverneur de révoquer le permis des sociétés qui enfreignent les réglements environnementaux et qui pratiquent l’accaparemment des terres. Dans le Bengkulu (sur la côte sud-ouest de Sumatra), l’accent a été mis sur la nécessaire implication du gouverneur dans la gestion des conflits agraires. Ce dernier aurait d’ores et déjà accepté de financer l’identification de terres à redistribuer.  A Yogyakarta (au centre de l’île de Java), la question des moyens pour lutter contre les effets de la sécheresse qui s’annonce était au cœur des discussions…\nQuant au président Jokowi, il  avait promis de célébrer cette Journée nationale, le 27 septembre aux côtés des paysans de Cibaliung, une localité dans l’Ouest de l’île. Un jour auparavant, il y renonçait sans donner d’explication. Le gouverneur local s’y serait-il opposé ? interroge Henry Saragih. \n\nBénédicte Fiquet"}
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La coalition « Publiez ce que vous payez » réclame la transparence sur le partage de la rente extractive dans les pays pauvres. Le « Tax Justice Network » se bat contre l’opacité financière et notamment pour obliger les entreprises à déclarer leurs activités, en particulier la richesse créée et les impôts payés pays par pays, afin de traquer les flux financiers illicites. Plusieurs victoires récentes sont à mettre à l’actif de ces mobilisations internationales, au travail des organisations membres et de leurs militants.\n\n\n\nTransparence pays par pays : des progrès à généraliser\n\n- Un premier pas décisif dans le secteur extractif\nDes règles contraignantes de publication des paiements aux gouvernements existent désormais dans le secteur extractif pour toutes les entreprises cotées aux États-Unis et en Europe, ainsi que pour les grandes entreprises européennes non cotées [[Une règle équivalente existe pour les entreprises extractives cotées à la bourse de Hong Kong, mais l’obligation de publication ne fonctionne pas sur un rythme annuel.]]. L’Union européenne vient en effet, le 8 avril dernier de trouver un accord pour dupliquer les règles inscrites dans la loi américaine Dodd Frank, votée en 2010, qui prévoit la transparence pays par pays et projet par projet des impôts et taxes versés. La règle européenne va même au-delà : elle concerne non seulement les entreprises gazières, minières et pétrolières, mais aussi forestières. Ainsi, ce nouveau standard couvre désormais 65% (en valeur) des entreprises extractives cotées en bourse au niveau international. Dans tous les pays concernés, pauvres mais riches en ressources naturelles, les citoyens pourront dorénavant exiger des comptes à leurs gouvernements sur l’utilisation de ces revenus. En revanche, il ne sera pas encore possible de mesurer si ces paiements correspondent à une juste contribution fiscale, dans la mesure où chiffres d’affaires et bénéfices ne seront pas connus pour chaque pays ou territoire, malgré les propositions du Parlement européen dans ce sens.\n\n- Un reporting pays par pays plus complet dans le secteur bancaire\nGrâce à la mobilisation du CCFD-Terre Solidaire et de la Plateforme Paradis fiscaux et judiciaires, la loi bancaire française de 2013 a introduit une obligation de transparence comptable pays par pays, dans les rapports financiers, pour les banques ayant leur siège en France. Dans son sillage, l’Europe a adopté des règles équivalentes, dans la directive CRD IV [[Capital Requirement Directive IV]], pour l’ensemble de ses banques. Chaque banque devra fournir des données, pour chaque pays d’implantation, portant sur les effectifs, le chiffre d’affaires, les bénéfices, l’impôt sur les bénéfices et les subventions. Ces informations devront être transmises dès 2014 à la Commission européenne et seront publiées à partir de 2015.\n\n- Aller plus loin\nLe 10 avril 2013, le président François Hollande s’est exprimé en faveur d’une extension de cette obligation de transparence comptable pays par pays à l’ensemble des secteurs d’activités. Cette position est partagée au niveau européen puisque le communiqué du sommet des chefs d’Etats du 22 mai appelle à la mise en place d’une telle disposition via la révision des 4ème et 7ème directives comptables pour renforcer le reporting extrafinancier. Suite à cette réunion, Michel Barnier, Commissaire européen au marché intérieur, s’est également prononcé en faveur de cette mesure : « Après les banques, il faut que toutes les grandes entreprises nous disent combien elles paient d'impôts et où ». La France a franchi un pas supplémentaire le 5 juin 2013 en inscrivant dans la loi bancaire une extension de la transparence pays par pays aux grandes entreprises des autres secteurs d’activité. Mais Paris s’est bien gardé, jusqu’ici, d’avancer seule sur ce dossier : la disposition ne sera mise en œuvre qu’après l’adoption d’une mesure équivalente au niveau européen.\n\nLa révision des règles de fiscalité des multinationales par l’OCDE  \nA la demande du G20, au sommet de Los Cabos, en juin 2012, l’OCDE a lancé un chantier déterminant pour « lutter contre l’érosion de la base d’imposition et le transfert de bénéfices » des entreprises multinationales (programme BEPS) [[BEPS : Base Erosion and Profit Shifting]]. Un premier diagnostic, remis en février 2013 aux ministres des Finances du G20, reprend de nombreuses thèses de la société civile et préconise une refonte des règles. La plupart des stratégies d’évitement de l’impôt sont en effet légales et ne font qu’exploiter les failles et les différences de législations entre Etats. Les règles de fiscalité, élaborées dans les années 1920, ne sont plus adaptées à la réalité des grandes multinationales et sont mises à mal par l’agressivité des pratiques d’« optimisation » de certaines entreprises. \n\n« Ces montages d’optimisation fiscale aboutissent souvent à une double non taxation, c'est-à-dire une situation dans laquelle les revenus ne sont taxés nulle part : ni dans le pays de résidence du contribuable, ni dans le pays source. \nLes conséquences de cette érosion des assiettes fiscales et de la délocalisation des profits effectuées par certaines multinationales sont multiples : avantages compétitifs fortuits en faveur des entreprises multinationales par rapport aux plus petites entreprises et aux entreprises domestiques, distorsion des décisions d’investissement et perte importante pour les gouvernements de recettes relatives à l’impôt sur les bénéfices des sociétés. Plus fondamentalement, le sentiment d’injustice qui résulte de ces pratiques met en danger la confiance des citoyens dans l’intégrité du système fiscal en général et menace le consentement à l’impôt. » [[Extrait du rapport BEPS actualisé en mai 2013, page 2]] \n\nCe chantier pose aussi la question de la répartition de l’assiette fiscale entre les pays de production ou d’activité et les pays d’origine des capitaux investis ; un enjeu très important pour les pays en développement qui ont été historiquement désavantagés par les règles de fiscalité plutôt favorables aux seconds. Comment faire correspondre in fine les droits d’imposition à la répartition réelle des activités économiques ? Ce défi d’une réallocation juste des richesses produites à l’échelle mondiale par les entreprises multinationales dépasse de loin les seules questions techniques des prix de transferts ou de non double imposition. Mais l’absence de participation des pays en développement au processus interroge quant à la volonté des pays riches (qui composent l’OCDE) de s’attaquer aux problèmes au-delà de leur intérêt propre. Un plan d’action plus précis doit être présenté en juillet 2013 aux ministres des finances des pays du G20."}
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Riche en ressources naturelles, trait d’union entre l’Atlantique et le Pacifique, elle suscite la convoitise des grandes compagnies étrangères. La violence y est omniprésente dans le processus d’accaparement des terres.\n\n\n\nDébut 1997. Sous le nom de code « Opération Genesis », l’armée et les paramilitaires des AUC (Autodéfenses unies de Colombie) lancent une vaste offensive contre les bastions de la guérilla des Farc dans la région de l’Uraba. « De nombreuses familles avaient abandonné le village, fuyant les violents combats qui opposaient l’armée à la guérilla, se souvient Julio Sanchez, habitant du hameau de Nueva Luz. Puis les paramilitaires sont arrivés. “Vends ta parcelle ou c’est ta veuve qui le fera”, disaient-ils. Mais le prix qu’ils nous en offraient était ridicule. Je n’étais ni dans un camp ni dans l’autre, mais je ne voulais pas abandonner cette terre que j’avais défrichée trente ans plus tôt... » Julio Sanchez hésite, sa voix se brise. « Alors, ils ont emmené mon fi ls et l’ont tué. Juste là, derrière. » Bombardements, villages incendiés, massacres... L’Opération Genesis se soldera par le déplacement forcé de plus de 15 000 paysans qui, comme Julio, abandonneront terres, récoltes et bétail.\nÀ la même époque, Gloria Cuartas était maire d’Apartado, la principale ville de l’Uraba. Aujourd’hui, cette figure respectée de la société civile colombienne reste toujours aussi amère. « Prises entre deux feux, les populations civiles sont les principales victimes du conflit armé. Mais, avec le recul, reprend-elle, je pense que le prétexte de la lutte contre insurrectionnelle a été – et continue d’être – sur utilisé\npour camoufler des intérêts économiques liés au contrôle des terres et, plus largement, du territoire. »\nPointant sur une carte la zone située à la frontière du Panama, Gloria Cuartas explique. « L’Uraba dispose de terres fertiles, d’un important potentiel hydroélectrique, d’un sous-sol riche en ressources minérales et d’une position stratégique entre la mer des Caraïbes et ses routes vers la côte Est des États-Unis et l’Europe ; et l’océan Pacifi que, ouverture vers l’Asie et le marché chinois. »\nAutant d’atouts incitant les sociétés étrangères à investir dans l’agroindustrie, l’exploitation minière, la construction de barrages, de ports, de routes ou de zones franches. Des mégaprojets, tous tournés vers l’exportation, qui ne laissent guère de place à l’agriculture familiale et vivrière. « Les emplacements des projets correspondent précisément aux zones de forte présence de l’armée et des groupes paramilitaires », continue Gloria Cuartas.\n\n\nQuand des grandes compagnies financent les paramilitaires\n\nImplantées dans la région depuis les années 1960, les compagnies bananières furent parmi les premières à prendre conscience du potentiel économique de l’Uraba... et de la nécessité, pour l’exploiter, de s’assurer certaines alliances. « Chiquita, Del Monte, Dole, toutes cotisaient ! témoigne Salvatore Mancuso, ex-chef paramilitaire aujourd’hui détenu aux États-Unis. Elles payaient 3 cents de dollar par caisse de bananes embarquée... » Entre 1997 et 2004, Chiquita Brandt versera à elle seule 1,7 million de dollars aux paramilitaires de l’Uraba, avant d’être reconnue coupable par un tribunal nord-américain de « financement illicite de groupe terroriste ». À l’aide d’un montage financier opaque, via le paradis fi scal des îles Vierges, la société\ntransfère alors la conduite de ses opérations en Colombie à la compagnie Banacol... dont les paysans de l’Uraba continuent de dénoncer les coups tordus.\nEn décembre 2010, « environ trois cents personnes armées de machettes ont occupé plus de 1 000 hectares appartenant à la communauté », raconte Ligia Maria Chavera, dirigeante de la zone humanitaire* de Camelias. « Banacol était dans le coup ! » En effet, dans les semaines précédant l’invasion, une rumeur circulait, relayée par une radio locale, à propos de terres inoccupées, disponibles pour qui se donnerait la peine de les défricher. Banacol offrait semences, outillage et crédit aux colons potentiels. Le jour J, des paramilitaires en civil sont parmi les envahisseurs et, quelques mois plus tard, les bananes plantain produites sur ces parcelles occupées seront achetées et exportées par Banacol.\nCette entreprise n’est pas seule à avoir recours à des pratiques peu avouables pour s’emparer de terres communautaires. La culture à grande échelle de la palme africaine a connu une progression spectaculaire depuis la fi n des années 1990. Surfant sur la vague des agrocarburants, les palmiculteurs ont pu s’installer sur les terres abandonnées par des paysans lors de l’Opération Genesis ou « acquises » par des paramilitaires prêts à jouer les intermédiaires pour le compte d’entreprises agroindustrielles.\nLes organisations paramilitaires ont pourtant été officiellement démobilisées en 2005. Certes, uniformes et brassards des AUC ont disparu, « mais les para militaires sont toujours là, affirme le padre Javier Giraldo, membre du Cinep. Ils continuent d’agir et l’armée laisse faire ». S’appuyant sur des chiffres officiels, sans doute très en deçà de la réalité, l’Institut colombien de développement rural, organisme d’État, reconnaît d’ailleurs que des personnes liées aux paramilitaires détiennent toujours illégalement 41 790 hectares de terres en Uraba.\n\n\nDéfendre la terre au péril de sa vie\n\nEt malgré la loi de restitution de terres aux victimes du conflit armé adoptée en 2010 par le gouvernement du président Santos, qui a encouragé de nombreuses communautés à revendiquer leurs droits, le bureau des Nations unies en Colombie signalait, dès 2011, l’assassinat de vingt-huit dirigeants paysans impliqués dans ce processus de restitution.\nLes communautés paysannes mettent cependant en œuvre des stratégies multiples de défense et de récupération de ces terres qui les font vivre. Pour l’économiste Jairo Estrada, directeur de Dilsa (Institut légal et de services alternatifs, partenaire\ndu CCFD-Terre Solidaire), « ces luttes citoyennes pacifiques ont en commun de défendre une agriculture familiale et vivrière, respectueuse de l’environnement, qui se pose en alternative à un système agroexportateur et extractiviste invivable ». Ainsi, en dépit de la passivité complice des autorités, les habitants de Camelias sont parvenus, après un an de lutte, à expulser les « envahisseurs » soutenus par Banacol. Refusant de vendre aux multinationales, ils commercialisent eux-mêmes leur production de bananes plantain sur le marché national.\nDans les régions montagneuses de Carmen del Darien et Murindo, les Indiens Embera- Katio se mobilisent pour défendre une zone naturelle protégée qui est aussi un lieu sacré, menacée par le mégaprojet minier de Mandé Norte. L’Association des conseils communautaires de Bas-Atrato, soutenue par le Cinep, partenaire du CCFD-Terre Solidaire, tente de son côté de négocier une restitution progressive des terres toujours occupées par des entreprises agroindustrielles.\nLa Communauté de paix de San José de Apartado est tout aussi mobilisée [[Les zones humanitaires et communautés de paix sont des zones délimitées et sanctuarisées par leurs habitants, accompagnés par des associations et observateurs internationaux, afin d’empêcher l’intrusion de tout groupe armé (armée, paramilitaires, guérillas...).]]. « Nous luttons et travaillons ensemble et nous avons obtenu des terres collectives, explique Brigida Gonzales. Nous inventons au quotidien une vie communautaire. Bien sûr, nous ne mangeons pas comme les riches, mais la nourriture ne manque pas et elle est saine ! » Depuis 1997, date de sa fondation, 170 membres de la communauté ont été assassinés. Mais Doña Brigida l’affirme : « Ils ne nous feront pas taire. Parce que chacun d’entre nous est la communauté et que, jour après jour, c’est la vie que nous construisons ! »"}
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Ils sont peut-être aussi le « moment opportun » (kairos en grec) pour construire autre chose et redéfinir ensemble ce qu’est une « vie bonne » ! \nDe nouvelles manières de faire, de s’organiser, de se déplacer, d’habiter, de consommer, de produire, de vivre-ensemble, témoignent d’une transformation porteuse de joie de vivre et d’espérance. \n\n\n\nAgir individuellement\n\nChoisir une alimentation qui provient des circuits-courts, plus proches de leurs lieux de production et des agriculteurs paysans, permet de réduire les kilomètres parcourus, de développer une économie locale et socialement équitable. \nC’est le cas des AMAP (Association pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne), dont la majorité pratique une agriculture biologique et où la solidarité prime avec le producteur. Le consommateur achète à l’avance une part de la récolte sur une longue durée, en retour l’agriculteur s’engage à fournir, à un prix fixe, des produits respectant une charte de qualité. \nLes jardins solidaires permettent aussi de promouvoir l’accès du plus grand nombre à une alimentation de qualité et peu coûteuse, tout en ayant un impact faible sur le climat. \nAMAP et jardins sont parfois l’occasion de soutenir des activités de réinsertion et d’éducation, de contribuer à de nouvelles solidarités. Les jardins solidaires permettent aussi de promouvoir un accès du plus grand nombre à une alimentation de qualité et peu coûteuse, tout en ayant un impact faible sur le climat. Une alimentation moins riche en viande permet également de réduire les émissions de GES.\n\nDans l’habitat, il est possible de réduire ses consommations d’eau et d’énergie par des changements de pratiques ou des travaux, de choisir ses matériaux de construction en prenant en compte leur provenance et leurs composants. \nOn peut opter pour un autre fournisseur d’énergie – Enercoop, par exemple, est une coopérative qui fournit une électricité issue d’énergies renouvelables - ou encore aller vers de « l’habitat partagé », où la mise en commun de certains équipements et consommations devient plus facile. \nLa logique est la même en ce qui concerne la mobilité, le jardinage, le bricolage ou les textiles : il s’agit de réduire notre impact en consommant moins et en produisant autrement, la technique n’étant qu’une partie de la solution. \nLe pedibus (forme de « bus » de ramassage scolaire piéton), les transports en communs, l’auto-partage, le co-voiturage, les repair cafés, les plateformes d’échanges… permettent de mutualiser les usages, de réduire les dépenses des ménages et bien souvent de renouer des liens sociaux.\n\nBien sélectionner sa banque c’est aussi choisir ce que l’on fait de son épargne ; les banques sont nombreuses à investir dans des activités très polluantes. La Nef, le Crédit coopératif (et autres) proposent davantage d’utiliser vos dépôts pour des activités socialement utiles (environnement, éducation, insertion…) et de vous en rendre compte. \n\n\nAgir collectivement\n\nAu-delà des écogestes, toutes ces initiatives menées en tant que citoyens et « consom’acteurs » auront davantage de portée encore si elles sont reprises par vos institutions, administrations et entreprises. Il s’agit aussi de modifier notre organisation collective, nos infrastructures, afin de nous rendre moins captifs d’un mode de vie insoutenable. \nLe conseil œcuménique des Églises et d’autres organisations confessionnelles ont par exemple « désinvesti [[La campagne pour le désinvestissement, initiée par l’association 350.org, vise à pousser les détenteurs de capitaux à se défaire de leurs investissements dans les entreprises liées à l’exploration ou à l’exploitation des hydrocarbures (pétrole, charbon et gaz naturel).]]\"  leurs placements des industries exploitant des énergies fossiles. D’autres interviennent, en tant qu’actionnaire, pour interpeller les dirigeants notamment sur les pratiques et investissements de leur entreprise lors de l’assemblée générale. \n\nDes municipalités, comme la commune de Loubeyrat ou la ville de Saint Etienne, s’engagent à fournir une alimentation issue de l’agriculture biologique dans leurs restaurants scolaires. \nDes villes comme Grenoble, Metz ou Elbeuf, se sont saisies des régies municipales pour être approvisionnées en électricité par des entreprises locales, leur laissant le choix du type d’énergie qu’ils distribuent. \nLes monnaies locales comme l’Eusko au Pays basque, le Sol Violette à Toulouse et la Pêche à Montreuil, peuvent redynamiser l’économie locale et favoriser les circuits-courts : leur utilisation étant restreinte sur un territoire et leur épargne impossible, elles font vivre l’économie réelle et évitent toute spéculation. \n\nPar ailleurs, des collectifs et des réseaux mettent en lien ces différentes initiatives portées par les citoyens sur les territoires afin de leur donner une cohérence et de montrer qu’elles participent à la construction d’une société plus conviviale. Le réseau Alternatiba (www.alternatiba.eu) organise par exemple des « villages d’alternatives » sur des territoires en particulier.\n\nCes solutions ont certainement des contradictions auxquelles il faut être attentif. Cela n’affaiblit pas leur pertinence : elles cherchent à faire société autrement, à trouver l’unité sans uniformité. \n\n\nQuestions pour un partage :\nVoyez-vous des expériences autour de vous qui changent notre façon de vivre et qui sont porteuses d’espérance ? \nQuel pas suis-je personnellement prêt à faire et à encourager autour de moi dans mon quartier ou sur mon lieu de travail ? Et jusqu’où j’accepte d’aller ? \n\nListes d’alternatives et guides :  \nwww.colibris-lemouvement.org\nwww.tourdefrancedesalternatives.fr\nwww.bastamag.net/La-carte-de-France-des \nwww.spirale.attac.org\nwww.mescoursespourlaplanete.com/Labels/\nhttp://www.rac-f.org/Sensibilisation-information-du\nwww.123veggie.fr\nwww.ademe.fr\nwww.350.org\nhttp://coalitionclimat21.org/"}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/ce-que-demande-le-ccfd-terre-solidaire/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/ce-que-demande-le-ccfd-terre-solidaire/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Ce que demande le CCFD-Terre solidaire","datePublished":"2015-07-09T09:30:00+00:00","dateModified":"2021-12-08T15:26:45+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/ce-que-demande-le-ccfd-terre-solidaire/"},"wordCount":532,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["COP 21"],"inLanguage":"fr-FR","description":"En décembre 2015, la conférence des Nations unies sur le climat de Paris (dite « COP21 ») doit aboutir à la signature d’un accord destiné à lutter contre les dérèglements climatiques, avec un objectif prioritaire : limiter la hausse moyenne de la température mondiale à +2°C à horizon 2100. \n\n\n\n\nLe CCFD-Terre Solidaire plaide en faveur d’un accord international contraignant. Adopté dans un esprit de solidarité entre les peuples, il devrait être adapté à la gravité des effets des dérèglements climatiques, en statuant sur :\n\n\n- Une exigence de rester en deçà d'un réchauffement moyen de 1,5°C, plus ambitieuse et moins nocive qu’un objectif à 2°C (selon certains experts, les impacts d’un réchauffement de 2°C sont déjà insoutenables, notamment pour les populations insulaires) ;\n\n\n- La fin des énergies fossiles et le développement des énergies renouvelables pour tous, en particulier pour les populations les plus pauvres moyennant des financements publics additionnels ;\n\n\n- Une exigence de justice climatique, de transition écologique et sociale et de solidarité internationale, passant par :\n\n\n\n La reconnaissance de la responsabilité commune mais différenciée des Etats (pays développés, pays en voie de développement);\n\n\n\n La défense de l’accès aux ressources et territoires par et pour les populations locales, ainsi que l’instauration d’un cadre de protection des « droits humains ». Ce cadre devrait imposer le consentement libre, préalable et éclairé des populations ainsi que la possibilité de recours et d’accès à la justice dans les projets et investissements portés au nom de la lutte contre les dérèglements climatiques afin que ceux-ci ne portent pas atteinte à leurs droits ;\n\n\n- Le refus d’une délégation au secteur privé du financement des objectifs climat/développement. En l’absence de régulation des acteurs privés, ces derniers prônent trop souvent des « fausses solutions» à leur profit et au détriment du pouvoir des Etats et du développement des populations ;\n\n\n-  La promotion de modèles agricoles et systèmes alimentaires durables.  \nRiche de ses partages d’expériences avec ses partenaires du Sud engagés dans la lutte contre les dérèglements climatiques, dont il soutient les projets depuis plusieurs années, le CCFD-Terre Solidaire appelle à :\n\n\n\n Un plébiscite des « vraies solutions » pour lutter contre les dérèglements climatiques : défense des agricultures paysannes, gestion durable des ressources par les communautés, valorisation des semences  locales et traditionnelles, pratiques agroécologiques… seules à même de répondre au double défi de la lutte contre la faim et des changements climatiques ;\n\n\n\n La fin des « fausses solutions » portées au nom du climat : certaines initiatives (politiques d’agrocarburants, « agriculture intelligente face au climat » qui fait la promotion des intrants chimiques, des pesticides et des OGM…) ont des impacts négatifs sur la souveraineté alimentaire ;\n\n\n\n La lutte contre la financiarisation des territoires et des ressources : les mécanismes mis en œuvre par la communauté internationale ne doivent pas se traduire par des accaparements et privatisations massives de territoires. Au contraire, ils doivent assurer une sécurisation de l’accès aux ressources naturelles par et pour les populations locales."}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/reponses-des-candidats-front-de-gauche/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/reponses-des-candidats-front-de-gauche/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Réponses des candidats Front de Gauche","datePublished":"2014-05-14T16:30:07+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/reponses-des-candidats-front-de-gauche/"},"wordCount":4103,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"inLanguage":"fr-FR","description":"Lutter contre l’opacité financière et l’évasion fiscale des entreprises multinationales\n\n\nEn matière de lutte contre la fraude et l’évasion fiscale, l’Union européenne dispose de nombreux outils législatifs pour faire adopter des mesures plus ambitieuses. En 2013, l’Union européenne a franchi une étape décisive en adoptant une mesure de transparence comptable pays par pays pour les banques (Directive CRD IV), dans le sillage de la France. Lors du Conseil du 22 mai 2013, les chefs d’Etats européens se sont déclarés favorables à une extension du reporting comptable pays par pays aux autres secteurs d’activité. Cependant, cette extension aux autres secteurs d’activité rencontre encore une opposition de certains grands pays européens malgré l’appui de la présidence lituanienne et le soutien du commissaire Barnier.\n\n\n1ère proposition\nExiger la transparence comptable pays par pays de la part de toutes les entreprises multinationales, tous secteurs d’activités confondus (liste des entités, effectifs, chiffre d’affaires, impôts sur les sociétés et subventions reçues) et la publication de ces informations.\n\n\n\n2ème proposition\nHarmoniser les règles fiscales européennes et internationales via l’adoption de mesures contraignantes relatives à la consolidation des assiettes fiscales pour l’impôt sur les sociétés afin de mieux répartir le droit de taxer entre les pays selon des critères objectifs (effectifs, chiffre d’affaires, etc.). Une telle harmonisation permettrait de réconcilier la distribution de l’impôt avec la géographie de l’activité réelle des entreprises.\n\n\nRéponse : \n\"En matière de lutte contre l’opacité financière et l’évasion fiscale des entreprises multinationales, notre constat est similaire au votre : il n’y a jamais eu autant d’argent dans les paradis fiscaux. Ainsi, 8% du patrimoine financier mondial des entreprises et des ménages (soit environ 6 000 Mds de dollars) s’y trouve caché, dont 40% (presque 3 000 milliards d’euros) appartiennent à des européens. Nous regrettons que l’action du G20 n’ait eu aucune utilité jusqu’à présent dans la lutte contre les paradis fiscaux. Total profite ainsi du dumping fiscal pratiqué au sein même de l’Union européenne. Le groupe s’apprête à délocaliser la gestion trésorerie de 13 milliards d'euros à Londres, qui offre des conditions avantageuses aux entreprises. Si l’entreprise réalise 90% de son chiffre d'affaires à l'étranger, principalement via ses sites de production de pétrole brut, elle profite également des normes comptables et de la mondialisation pour optimiser ces résultats et limiter sa contribution aux recettes de l’État français.\n\tNous rejoignons ici votre première proposition sur cette question, à savoir « l’exigence d’une  transparence comptable pays par pays de la part de toutes les entreprises multinationales, tous secteurs d’activités confondus et la publication de ces informations ». Nous proposons ainsi un plan de lutte drastique contre ce fléau en Europe. Il s’agit d’abord d’interdire les échanges de capitaux avec les paradis fiscaux et d’obliger les particuliers et les multinationales à rapatrier les avoirs qu’ils y possèdent, sous peine de sanctions fiscales. La transparence financière doit être la règle. Ainsi, la construction d’un registre financier global pour l’identification automatique des titulaires et des montants des fortunes offshore et des sociétés écran nous semble de première importance. Les paradis fiscaux ainsi que les grandes institutions financières doivent être contraints de publier chaque année le montant exact des fortunes qu’ils gèrent et de lever le secret bancaire. L’obligation pour les banques de publier un reporting pays par pays doit devenir la règle, afin de faire la lumière sur leurs activités dans chacune des juridictions dans lesquelles elles sont implantées. Nous défendons enfin l’obligation pour les multinationales de publier leurs prix de transfert, leurs profits et leurs impôts payés pays par pays.\nLes sanctions que nous proposons en cas de non respect de ces règles seront à la fois fiscales et douanières. Pour la Suisse, des taxes coordonnées en Europe de 30% sur les produits importés (montres, produits chimiques, etc.) seraient un moyen de pression suffisant. Nous soutenons également la taxation des avoirs dissimulés à hauteur de 50%, comme le font les Etats-Unis. En outre, l’assiette d’imposition de l’impôt sur les sociétés doit être élargie et l’ensemble des filiales des grands groupes multinationaux considéré dans l’évaluation des taux d’imposition. Ces mesures, appliquées au niveau des Etats membres de l’UE, doivent donc s’accompagner, comme vous les proposez, d’une  « harmonisation des règles fiscales européennes et internationales ». Là encore, nos positions se rejoignent.\"\n\n\n\nRendre les multinationales européennes responsables de leurs impacts sociaux et environnementaux dans les pays du Sud\n\n\nL’Union européenne a été pionnière dans la définition de la Responsabilité sociale des entreprises. En octobre 2011, avec sa Communication RSE, la Commission renonce à la notion de « volontarisme » au profit d’une approche législative contraignante. La mention du champ d’application de la RSE, notamment de son extension aux préoccupations liées aux droits de l’Homme, ainsi que l’obligation de prévenir les effets négatifs constitue la vraie nouveauté de cette définition.\n\n\n3ème proposition\nS’assurer que les Etats lèvent les obstacles dans l’accès à la justice pour les victimes d’entreprises multinationales européennes opérant dans les pays tiers. \nDans la suite de la consultation sur « l’avenir du droit européen des sociétés » lancé en 2012 par la Commission européenne, le Parlement doit œuvrer pour la reconnaissance d’un lien juridique entre les sociétés-mères et leurs filiales et les entreprises donneuses d’ordre et leurs sous-traitants.\n\n\n4ème proposition\nRéviser la politique commerciale, pour mieux prendre en compte la dimension sociale, environnementale et sociétale en instaurant des mécanismes de vérification et de contrôle contraignants pouvant rendre effectif le Système de Préférence Généralisé +, comme les suggèrent les deux résolutions du Parlement européen portant sur ce sujet : « Droits de l’Homme et normes sociales et environnementales dans les accords commerciaux internationaux » et « La responsabilité sociale des entreprises dans les accords de libre échange ».\n\n\nRéponse : \n\"Une critique du libre-échange nous semble également nécessaire pour engager l’ensemble de nos partenaires commerciaux, en Europe comme dans le reste du monde, dans le cercle vertueux d’un développement soutenable et solidaire. Cette critique doit être à la fois ambitieuse et progressiste. Elle entend répondre aussi bien aux problèmes de sécurité alimentaire qu’au désastre écologique que provoque le libre échange partout dans le monde. Au Parti de Gauche, nous résumons cette approche sous le nom de « protectionnisme solidaire » . Parmi les objectifs de ce protectionnisme solidaire, la volonté que nous partageons de rendre les multinationales européennes responsables de leurs impacts sociaux et environnementaux dans les pays du Sud.  \n\tLe libre-échange est un moteur important de la crise écologique. Il permet en effet de contourner les réglementations en la matière à travers un dumping écologique désastreux en terme d’émissions de CO2 pour l’ensemble des pays du monde. Nous soutenons la mise en place de mesures de limitation des émissions de gaz à effet de serre (GES) dans le cadre d’une transition écosocialiste du modèle productif français et européen. Ces mesures impliquent des coûts de production plus élevés pour les produits ayant une « empreinte carbone » forte, donc de possibles délocalisations de pollution. Pour répondre à ce problème classique, nous souhaitons la mise en place d’une taxation écologique aux frontières (TEF). \n\tOutre l’exploitation de la nature, l’exploitation des travailleurs à travers les attaques contre le droit du travail et la santé au travail a largement contribué à l’importation de produits à bas coûts. Les pays européens peuvent-ils accepter de ne plus produire ce qui peut l’être ailleurs sous le seul prétexte que la main-d’œuvre chinoise ou marocaine serait moins chère ? Derrière ce « moins cher », il est souvent question d’une plus grande exploitation des travailleurs de ces pays, ou de l’absence de cotisations sociales par exemple. En outre, l’exploitation des ressources naturelles explique, comme vous le rappelez, de nombreux conflits. La prise en compte de ces conflits et de leurs effets désastreux sur les populations locales doit être pris en compte dans la politique commerciale de l’Union Européenne.\n\tNous nous engageons donc à défendre la révision de la politique commerciale de l’Union Européenne. Les pays ne respectant pas certaines normes élémentaires du droit du travail et ne disposant pas de régulation environnementale devraient être soumis à des visas sociaux et environnementaux. Ainsi, toute marchandise provenant d’un pays où le travail des enfants est possible serait interdite. Les droits syndicaux, l’existence d’un salaire minimum et de droits à la retraite sont également des critères d’importance fondamentale. Nous appliquerons des droits de douane applicables aux frontières de la France pour les produits venant de tous les pays en dehors de l’Union européenne s’il n’y a pas d’accord de coopération. Les chaînes de production des produits intégrés des grands groupes multinationaux seront soumises à des quotas environnementaux et sociaux tenant compte des dégâts dans le transport et la production (chimie et procédés industriels). Il s’agit donc notamment, comme vous le proposez, de « créer une obligation légale contraignante pour les acteurs économiques afin qu’ils exercent un devoir de diligence sur leurs chaînes d’approvisionnement. » L’extension de la portée du règlement négocié en 2014 sur “l’approvisionnement responsable en minerais provenant des zones de conflit ou à haut risque” rentre également dans ce cadre. \u2028\n\tDésormais, sous l'impulsion de Bruxelles, de l'OMD et de l'OMC, l'administration des douanes en Europe transfère ses compétences de contrôle et de régulation des flux par pans entiers aux entreprises. Il est bien illusoire de penser que les nouvelles méthodes de contrôles douaniers fondées presque exclusivement sur le contrôle documentaire a posteriori constituent une réponse fiable. Elles ne sont qu’un complément. Au delà du renforcement des effectifs, nous défendons donc la mise en place d’un nouveau service public douanier européen disposant de bureaux répartis dans chaque région en fonction de l’importance et du type de bassins d’activité.\n\tEnfin, nous pensons comme vous que les citoyens doivent être dotés des pouvoirs effectifs de recours devant les tribunaux lorsque des mesures de réparation sont nécessaires. Cette exigence est d’autant plus urgence que le traité TAFTA en négociation entre l’Europe et les Etats-Unis s’apprête à mettre en place une justice d’arbitrage au seul bénéfice des multinationales. Nous soutiendrons toutes initiatives visant à ce que les Etats européens lèvent les obstacles dans l’accès à la justice pour les victimes d’entreprises multinationales européennes opérant dans les pays tiers, en particulier la reconnaissance d’un lien juridique entre les sociétés-mères et leurs filiales et les entreprises donneuses d’ordre et leurs sous-traitants.\n\"\n\n\nExiger l’exemplarité de l’Union européenne dans ses investissements portés au nom de la sécurité alimentaire\n\n\nLa Banque européenne d’Investissement (BEI) qui intervient au nom du développement en soutien aux investissements dans les pays du Sud, s’appuie de plus en plus sur les mêmes mécanismes de financement que le secteur privé, avec les mêmes travers en termes d’opacité, et sans poser d’exigences suffisantes pour s’assurer de leur contribution réelle au développement. Suite aux interpellations de la société civile sur les impacts de certains projets, la banque s’est engagée à renforcer ses contrôles et accroître sa transparence ; L’Union européenne s’est engagée dans le soutien à la mise en œuvre des directives volontaires sur la gouvernance foncière. Elle pourrait aller plus loin en introduisant les recommandations spécifiques de ce document dans ses cadres d’intervention et d’évaluation de ses projets, quel qu’en soit le secteur (agricole, infrastructure, énergie,…).\n\n\n\n5ème proposition\nExiger l’exemplarité des agences de financement du développement :\n\npar l’adoption de pratiques exemplaires dans le cadre de la politique de coopération pour le développement : la Banque européenne d’Investissement doit exiger de la part de l’ensemble des entreprises qu’elle soutient, la transparence comptable pays par pays, la publication des contrats et des accords de ruling (accord préalable passé avec les administrations fiscales), et l’identification des bénéficiaires effectifs.de même, des procédures régulières entre la BEI et le Parlement doivent être mises en place afin d’assurer l’intégration des avancées internationales (en matière de RSE, de fiscalité, de lutte contre les accaparements de terres,…) au cadre de maîtrise des risques de la Banque.\n\n\n6ème proposition\nVeiller à la cohérence des actions de développement de l’UE avec ses engagements internationaux, en matière de lutte contre l’insécurité alimentaire par l’interpellation de l’Union européenne sur sa participation à la Nouvelle Alliance pour la sécurité alimentaire et la nutrition du G8. Les parlementaires doivent interpeller la Commission sur son engagement au sein de cette initiative et demander un reporting régulier afin d’effectuer un suivi des projets réalisés, de leurs impacts et d’y conditionner les financements et la participation européenne.\n\n\nRéponse :  \nL’exemplarité de l’Union européenne dans ses investissements portés au nom de la sécurité alimentaire est une nécessité. Le Front de Gauche récuse l’ensemble des mesures mises en place par l’OMC et l’UE visant à déréguler les marchés agricoles. La suppression des protectionnismes nationaux et l’aveuglement des lois du marché prônées par l’OMC ont conduit à l’enrichissement de puissants propriétaires fonciers et à la concentration des surfaces agricoles et d’élevage entre les mains de quelques leaders de l’industrie agro-alimentaire (Danone, Nestlé, Unilever,…). Comme vous, nous nous inquiétons du mode de fonctionnement et de financement de la Nouvelle Alliance pour la Sécurité Alimentaire et la Nutrition (NASAN), qui glorifie les Partenariat Public Privé malgré leur constat d’échec : précarité et mauvaise qualité, coût plus important, financiarisation outrancière de l’économie.\n\tLa vision d’un protectionnisme solidaire que nous proposons pour l’Europe rendrait possible le respect du principe de souveraineté et de proximité alimentaire, que nous défendons pour les pays du Nord comme du Sud, et la mise en place d’une politique agricole paysanne et écologique au service de l’intérêt général. Les peuples ne seront pas souverains tant qu’ils ne contrôleront pas la production agricole afin d’assurer la sécurité alimentaire et la qualité des aliments disponibles. Cette ambition vaut pour la France comme pour tous les pays du monde ! En particulier pour les pays du Sud dont les agricultures sont aujourd’hui saccagées par les exportations à bas coût que génère le modèle agricole occidental ultra productiviste. Ce modèle est rendu possible par une politique de subventions régressives, dont la plus grosse partie est captée par les géants de l’industrie agro-alimentaire. Le Front de Gauche propose la défense d’investissements impliquant les populations locales et tenant compte de la concentration agraire et de la polyvalence des productions agricoles : diversifier les sources de revenus agricoles permet de limiter les risques et de réduire la dépendance des paysans aux aléas économiques et climatiques. Une telle réforme agraire profitera à tous. Ces investissements doivent avoir pour exigence d’assurer une production alimentaire vivrière locale en raccourcissant les chaînes d’approvisionnement. Ils doivent pouvoir fournir une consommation locale via des marchés régionaux et nationaux et favoriser une agriculture paysanne moins intensive mais hautement scientifique, limitant l’utilisation d’engrais chimiques, de pesticides et d’OGM. \n\n\nDans ce cadre, nous rejoignons vos deux propositions et nous engageons :\n\n A exiger l’exemplarité des agences de financement du développement, en particulier la Banque Européenne d’Investissement. A veiller à la cohérence des actions de développement de l’UE avec ses engagements internationaux, en matière de lutte contre l’insécurité alimentaire. \n \n\n\n\nRompre le lien entre l’exploitation des ressources naturelles et les conflits\n\n\nLa Commission européenne a publié le 5 mars dernier un projet de règlement sur l’approvisionnement responsable en minerais provenant des zones de conflit ou à haut risque. Dans ce projet, la Commission n’impose aucune obligation aux entreprises et se fonde uniquement sur une démarche volontaire de leur part, ce qui est loin d’être suffisant pour mettre fin à la commercialisation sur le marché européen de minerais ayant financé des groupes armés. Le projet de règlement de la Commission demeure ainsi très en deçà des normes internationales proposées par l’ONU et l’OCDE, et va également à l’encontre du « rapport sur la promotion du développement par des pratiques responsables dans les affaires, notamment en ce qui concerne le rôle des industries extractives dans les pays en développement » adopté le 26 février 2014 par le Parlement européen.\n\n\n7ème proposition\nCréer une obligation légale contraignante pour les acteurs économiques afin qu’ils exercent un devoir de diligence sur leurs chaînes d’approvisionnement pour identifier et prévenir les risques de financement des conflits et des violations des droits humains. Seule une législation contraignante peut efficacement rompre le lien entre l’exploitation des ressources naturelles et les conflits.\n\n\n8ème proposition \nEtendre la portée du règlement. D’une part, il convient de l’appliquer à tous les maillons de la chaîne d’approvisionnement, et non pas uniquement aux importateurs. D’autre part, son champ d’application doit être élargi à l’ensemble des ressources naturelles, sans exception.\n\n\nRéponse : \nNous nous engageons donc à défendre la révision de la politique commerciale de l’Union Européenne. Les pays ne respectant pas certaines normes élémentaires du droit du travail et ne disposant pas de régulation environnementale devraient être soumis à des visas sociaux et environnementaux. Ainsi, toute marchandise provenant d’un pays où le travail des enfants est possible serait interdite. Les droits syndicaux, l’existence d’un salaire minimum et de droits à la retraite sont également des critères d’importance fondamentale. Nous appliquerons des droits de douane applicables aux frontières de la France pour les produits venant de tous les pays en dehors de l’Union européenne s’il n’y a pas d’accord de coopération. Les chaînes de production des produits intégrés des grands groupes multinationaux seront soumises à des quotas environnementaux et sociaux tenant compte des dégâts dans le transport et la production (chimie et procédés industriels). Il s’agit donc notamment, comme vous le proposez, de « créer une obligation légale contraignante pour les acteurs économiques afin qu’ils exercent un devoir de diligence sur leurs chaînes d’approvisionnement. » L’extension de la portée du règlement négocié en 2014 sur “l’approvisionnement responsable en minerais provenant des zones de conflit ou à haut risque” rentre également dans ce cadre.\n\n\nConstruire une gouvernance alternative des migrations, respectueuse des droits des migrants\n\n\nLes migrations internationales connaissent depuis quelques années de fortes mutations. Le phénomène de la mondialisation, propre à nos sociétés contemporaines, n’est pas seulement un processus socio-économique, mais reflète également « une humanité de plus en plus interconnectée », dépassant les frontières géographiques et culturelles. Les Etats européens doivent aujourd’hui accepter le fait que la question des migrations se traite à un niveau de moins en moins national et de plus en plus régional et international. Les Etats européens doivent être moteurs dans la construction d’une gouvernance alternative des migrations, respectueuse des droits des migrants et ratifier les outils qui existent comme la Convention des Nations unies pour la protection des droits des travailleurs migrants et des membres de leur famille, entrée en vigueur en juillet 2003.\n\n9ème proposition\nSe mobiliser et faire pression sur les Etats membres pour qu’ils ratifient la Convention des Nations unies pour la Protection des droits des travailleurs migrants et des membres de leur famille, instrument juridique mondial majeur. La ratification de cette Convention répondra ainsi à une triple nécessité, contribuant à la construction d’une gouvernance régionale, mondiale et multilatérale des questions de migrations :\n\n\n\nla construction d’une gouvernance fondée sur des instruments politiques et juridiques communs à l’échelle internationale ;la création d’espaces de concertation et de décision multilatérale, à l’échelle régionale et internationale ;l’ouverture de ces espaces aux acteurs de la société civile internationale. \n\n\n10ème proposition\nAppliquer de manière effective cette Convention et s’engager à soumettre le rapport d’application devant le Comité des Nations unies pour la Protection des droits des travailleurs migrants et des membres de leur famille tous les 4 ans.\n\n\nRéponse : \nS’agissant du droit des migrants, nous partageons l’ambition qui est la votre de construire une gouvernance alternative des migrations, respectueuse des droits des migrants. Aujourd’hui, force est de constater que le capitalisme financier mondialisé veut imposer la liberté de circulation des capitaux et des marchandises, surexploiter les travailleuses et les travailleurs dans un dumping social sans limite, tout en érigeant des forteresses contre la libre circulation des femmes et des hommes. C’est bien l’inverse qu’il nous faut bâtir. Aucune frontière, à moins d’instaurer un régime autoritaire, ne peut être infranchissable. Les restrictions à la liberté de circulation n’aboutissent qu’à un seul résultat, la restriction de l’ensemble des droits et des libertés. Les demandeurs d’asile et les migrants le paient de leur vie. \nNotre programme « l’humain d’abord » affirme que l’immigration n’est pas un problème. L’Union Européenne doit enfin respecter l’esprit et la lettre de la Convention de Genève sur les réfugiés ainsi que celle de la Convention des Nations unies pour la Protection des droits des travailleurs migrants et des membres de leur famille. Nous sommes d’accord avec vous pour dire que la nouvelle politique des migrants doit viser une harmonisation sur la base de standards élevés, s’inspirant des meilleures pratiques au sein de l’Union européenne. Il est urgent de rompre avec la logique inverse qui prédomine et voit se multiplier les dérogations aux règles communes en vue de restreindre l’accès au droit des migrants. Forcément qui dit harmonisation par le haut, exige des outils indépendants et démocratiques pour effectuer les évaluations des politiques menées. Mais il nous faut également appréhender les mesures coercitives à l’encontre des pays se refusant d’appliquer dans les faits la Convention des Nations unies pour la Protection des droits des travailleurs migrants. \nEn tant que député européen, nous nous engagerons donc à s’opposer aux directives européennes et dispositifs qui violent les droits et la liberté fondamentale de libre circulation des femmes et des hommes. Nous nous opposerons ainsi à l’agence Frontex. Plutôt qu’une agence Frontex, une agence européenne spécifiquement consacrée à des missions de protection des personnes aux frontières répondrait bien plus à l’intérêt général. Nous nous engageons également à nous mobiliser et faire pression sur les Etats membres pour qu’ils ratifient la Convention des Nations unies pour la Protection des droits des travailleurs migrants et des membres de leur famille et appliquent de manière effective cette Convention.\n\n\nCandidats ayant expressément répondu :\nIle de France : Patrick Le Hyaric\nEST : Gabriel Amard, Laurence Lyonnais, Vincent Adami"}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/retour-du-fsm-2005-porto-alegre-bresil/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/retour-du-fsm-2005-porto-alegre-bresil/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Retour du FSM 2005 (Porto Alegre, Brésil)","datePublished":"2011-01-25T17:03:00+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/retour-du-fsm-2005-porto-alegre-bresil/"},"wordCount":373,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"inLanguage":"fr-FR","description":"Le CCFD-Terre Solidaire s'est engagé pour demander la mise en oeuvre de moyens efficaces pour la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement.\n\n\n\n\n\nUne délégation du CCFD-Terre Solidaire, Comité catholique contre la faim et pour le développement, s'est rendu au Forum social mondial, à Porto Alegre (Brésil) du 24 au 31 janvier 2005. Le CCFD-Terre Solidaire s'est engagé dans le Forum selon les axes suivants :\n\n\nMobiliser l'opinion autour de la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement.\n\n\nLe CCFD-Terre Solidaire a participé à deux événements jeudi 27 janvier :\n\n\n\n Comme membre de la campagne \"2005 : plus d'excuses !\" Campagne \"Assez de paroles, des actes !\"\n\n\nContribuer à l’élaboration de propositions alternatives pour un monde plus juste.\nLe CCFD-Terre Solidaire a participé à des tables rondes et ateliers organisés avec des associations du nord et du sud : séminaires sur les médias avec l'hebdomadaire La Vie, la Paix avec le Secours catholique, le financement du développement (dette), la souveraineté alimentaire, éducation et citoyenneté...\n\n\nFavoriser la participation directe des sociétés civiles du Sud aux débats sur les grands enjeux mondiaux. 40 responsables associatifs venus d'Afrique, Amérique latine, Asie-Pacifique, Bassin méditerranéen et pays de l’Est ont été invités à participer aux séminaires et ateliers en fonction de leurs centres d'intérêt. Ils ont renforcé leur capacité d'intervention dans leurs pays grâce aux échanges et à la mise en réseau que permet le Forum social mondial.\n\n\nFavoriser la participation de jeunes et d’adultes engagés dans les actions d’éducation à la solidarité internationale en France.\n\n 15 membres du réseau des bénévoles du CCFD-Terre Solidaire, issus de toutes les régions de France. 12 jeunes (22-27 ans), désirant approfondir leur investissement dans la solidarité internationale.\n\n\nCette année la délégation était accompagnée par Mgr Jean-Charles Descubes, Président de la commission sociale des évêques de France, évêque accompagnateur du CCFD-Terre Solidaire.\n\n\nDes visites de terrain ont été organisées mercredi 26 janvier au matin dans des municipalités voisines de Porto Alegre gérées selon le mode du budget participatif."}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/maroc-le-reveil-des-enfants-du-peuple/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/maroc-le-reveil-des-enfants-du-peuple/"},"author":{"name":"Audrey Chabal","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/bf274a2bc598643287e70584d6b957d4"},"headline":"Maroc : Le réveil des enfants du peuple","datePublished":"2014-09-04T16:52:56+00:00","dateModified":"2021-12-08T11:41:14+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/maroc-le-reveil-des-enfants-du-peuple/"},"wordCount":1900,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Reportage"],"inLanguage":"fr-FR","description":"Si les mouvements sociaux existent depuis longtemps au Maroc (mouvement contre la vie chère, sit-in des diplômés chômeurs), le Mouvement du 20 février – en écho à l’onde de choc des révolutions tunisienne et égyptienne –, a marqué un tournant dans la vie politique. Il allie en effet pour la première fois des revendications démocratiques, politiques, économiques et sociales face à un pouvoir totalement verrouillé.\n\n\n\nLe 20 février 2011 dans les rues de Rabat, de Casablanca, d’Oujda et dans plus de cinquante villes et villages... des dizaines de milliers de Marocains : jeunes, femmes voilées et jeunes filles en jeans, militants de gauche et du monde associatif, syndicalistes, mais aussi déçus des partis politiques, toutes générations confondues, ont envahi les rues aux cris de « liberté, dignité et justice sociale ! ». \n\nQuelques semaines après la fuite du président tunisien Ben Ali, le 14 janvier et l’occupation de la place Tahrir par des milliers d’Égyptiens et la fuite de Mubarak, des jeunes, après avoir débattu pendant près d’un mois sur les réseaux sociaux, lancent sur YouTube un appel à manifester. Ils s’appuient sur une plateforme de vingt revendications (séparation des pouvoirs, égalité homme-femme, monarchie parlementaire, nouvelle Constitution...). \n\nIls sont rejoints d’abord par le mouvement Attac, le petit parti d’extrême gauche an-Nahj ad- dimuqrâti, et par l’AMDH (Association marocaine des droits de l’homme), qui va leur ouvrir grands ses locaux, puis dans un second temps, par le PSU (Parti socialiste unifié) et les islamistes de Justice et bienfaisance (Al Adl wal Ihsane). Ce mouvement islamiste interdit, mais toléré par les autorités, très structuré, fera descendre dans les rues des milliers de militants. Des manifestations qui n’auront certes pas l’ampleur des révolutions égyptienne ou tunisienne et ne remettront pas directement en cause la légitimité du pouvoir royal, mais qui marqueront un tournant incontestable dans la vie politique marocaine, révélant une aspiration profonde à plus de justice sociale. Jihad et Ghassan le journaliste, Youssef l’ancien trotskiste prof de philo, Hosni le jeune acteur devenu un des responsables de la communication du mouvement, Radija l’ardente sahraouie, venue par le biais du mouvement étudiant, ou Jihad et Mehdi, ils vont vivre durant des mois, à Casablanca ou à Rabat, au rythme des Assemblées générales (AG), des débats interminables, et des manifestations qui ont lieu chaque dimanche. Lors d’ateliers, ils vont imaginer de nouveaux slogans percutants qui fusent comme autant de cris d’une parole libérée. Ils expriment leur soif de démocratie, le refus de la corruption[[En 2013, le Maroc est classé\n91e sur 177 pays au niveau de la corruption par l’ONG Transparency International.]] et de l’accaparement des richesses par l’oligarchie, et dénoncent l’injustice sociale, la cooptation des élites, le pouvoir des conseillers du roi et du Makhzen (appareil d’État basé sur l’allégeance au roi). « Makhzen tu te trompes, scandent les manifestants, nous n’avons plus peur de tes matraques ! » \n\n\nUn nouveau langage pour se démarquer des partis politiques\n\n\nEn créant ce nouveau langage, le Mouvement qui se veut apolitique, souhaite se démarquer des partis politiques traditionnels très discrédités. « Depuis la fin des années Hassan II, il y a une sorte de pacte entre la monarchie et les partis politiques, cooptés par le pouvoir. À force de compromis et de compromissions, les partis se sont totalement décrédibilisés, m’explique un journaliste marocain. Et aujourd’hui, ils ne proposent pas de véritable projet de société.  » \n\nEntre ces jeunes et les autres organisations, des tensions vont vite apparaître. Ils se méfient de l’emprise des partis, avec la peur qu’ils ne veuillent récupérer le mouvement. Mais la vraie fracture va s’opérer, après quelques semaines, avec les islamistes de Justice et bienfaisance avec qui « nous n’avons pas le même projet de société, explique Jihad. Ils sont contre l’égalité homme-femme, contre la liberté individuelle.  » Et s’indigne Hosni : « Ils sont pour un art propre qui ne va pas à l’encontre des valeurs islamiques. » \n\nLors des AG, les débats sont très vifs, notamment autour du système politique : monarchie constitutionnelle, république... « Ici, c’est beaucoup plus compliqué qu’en Tunisie ou en Égypte. La grande majorité des Marocains ne sont pas prêts à une révolution, explique Mehdi. Nous, nous ne sommes pas dans une dictature, mais face à un régime autoritaire qui concentre énormément de pouvoirs. Il y a des partis d’opposition, il y a eu des avancées économiques et sociales et puis surtout la grande majorité des Marocains aiment Mohammed VI qui est très présent sur le terrain social. ». Alors, les slogans ciblent ses plus proches conseillers qui forment une sorte « de gouvernement parallèle » : « Majidi dégage ! » (conseiller gérant l’immense fortune royale) ; « El Himma dégage ! » (conseiller politique) [[Mohammed VI est l’actionnaire majoritaire du Holding Royal (le groupe SNI) présent dans tous les\nsecteurs de l’économie : banque privée, opérateur minier, chaîne de distribution. El Himma était jusqu’en 2007 ministre délégué de l’Intérieur avant de devenir député et de\ncréer en 2009 le Parti authenticité et modernité (Pam, très proche du pouvoir royal.)]] et bien sûr, le Makhzen. \n\nFace à cette alliance très hétéroclite, le pouvoir, par crainte de la contagion révolutionnaire, tolère dans un premier temps les manifestations puis réagit « très vite et très intelligemment, pour reprendre l’initiative sur la rue  », analyse un journaliste marocain. Dès le 9 mars, Mohammed VI, reprenant une partie des demandes des manifestants, annonce une nouvelle Constitution pour l’été suivie d’un référendum et d’élections législatives anticipées. Le roi promet notamment un élargissement des libertés individuelles et une plus grande séparation entre les différents pouvoirs, mais rien sur la répartition des richesses ou la corruption. \n\nAu fil des manifestations qui se poursuivent et s’amplifient, malgré les annonces royales, le ton va se durcir. D’autant que certains manifestants n’hésitent plus désormais à franchir certaines lignes rouges. Le 15 avril 20011, des militants organisent ainsi un piquenique devant le centre de Témara, (au sud de Rabat) siège de la direction générale de la surveillance du territoire pour dénoncer la torture [[Des ex-détenus de Guantanamo, livrés par les États-Unis au Maroc, ont été notamment interrogés et torturés dans ce centre.]]. « Ce jour-là, explique Khadija Ryadi, ancienne présidente de l’AMDH lauréate du prix des Nations unies des droits de l’homme en 2013, des hommes en cagoule – une unité de répression que l’on n’avait jamais vue – ont poursuivi les manifestants, parfois très jeunes, jusque dans les parkings, les ont tabassés un à un avec une violence inouïe.  » Bilan : des dizaines de blessés, plusieurs arrestations. \n\nPour Khadija Ryadi : « Avec la crise économique et sociale, le pouvoir a eu peur d’une explosion sociale. » Début juin 2014, Navy Pillay, Haut- Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, a reconnu que les forces de l’ordre avaient fait « un usage disproportionné de la violence contre les manifestants ». Elle a en outre demandé aux autorités d’ouvrir des enquêtes sur les allégations de torture qui perdurent. \n\n\nLe mouvement commence à s'essouffler\n\n\n« Mais, explique Khadija Ryadi, le pouvoir qui a poursuivi l’affaiblissement des partis commencé sous Hassan II n’a plus besoin d’exercer le même niveau de répression que durant les années de plomb. » « Les élites sont domestiquées, renchérit un militant associatif, on peut parler de tout à condition de ne pas franchir les lignes rouges : s’attaquer au roi, à l’islam, à l’intégrité territoriale et maintenant au pouvoir économique du roi.  » Après des tentatives pour mobiliser dans les quartiers populaires, et l’appel au boycott du référendum constitutionnel qui se soldent par des échecs, le mouvement commence à s’essouffler. D’autant qu’après les législatives et l’arrivée au pouvoir, en novembre 2011, des islamistes modérés du Parti justice et développement (PJD) avec comme Premier ministre Abdelilah Benkirane, Justice et bienfaisance décide de quitter le mouvement contestataire. « Les Marocains ont cru en l’arrivée du PJD, explique Jihad. C’était un parti vierge, qui n’avait jamais gouverné. Il a repris nos revendications : la lutte contre la corruption et l’autoritarisme mais plus de deux après son arrivée au pouvoir, il n’a rien fait. » Un immobilisme que dénoncent la plupart des observateurs. « Les télévisions passaient aussi en boucle les événements de Lybie et de Syrie. Un chaos qui a fait peur aux Marocains », souligne Mehdi. \n\n\nLe PJD veut rétablir l'autorité de l'Etat\n\n\nAu fil des mois, et alors que le roi est régulièrement mis en cause : manifestation contre les cérémonies d’allégeance au roi (août 2012) [[Chaque année, à l’occasion de la fête du Trône, les élus, les notables et les membres du gouvernement se prosternent devant le souverain, en signe d’allégeance.]], manifestation devant le Parlement pour réclamer une réduction du budget royal (novembre 2012) (5), la répression se durcit encore, le PJD voulant rétablir l’autorité de l’État. Les peines au départ courtes s’allongent pour atteindre dix mois ou un an de prison ferme. Elles sont souvent « camouflées, dénonce l’AMDH, sous des délits de droit commun ». Cinq militants, arrêtés lors d’une manifestation à Casablanca en avril 2014, ont ainsi été condamnés au mois de mai, à un an de prison, et quatre autres à six mois pour « violences envers des forces de police ». Les ONGs affirment, pour leur part, qu’ils ont été arrêtés pour avoir scandé des slogans dénonçant la politique du gouvernement. \n\nMais si ce mouvement, au-delà de la contestation, n’a pas proposé de nouveau projet de société, il a changé les mentalités en profondeur. « Il nous a ouvert les yeux sur notre jeunesse, explique le militant associatif Youssef Hadji, et a su porter dans la rue, des revendications que la gauche ne savait plus porter. » Pour Khadija Ryadi : « Ces jeunes ont élevé la conscience politique des Marocains et fait reculer la peur. » La militante reconnaît toutefois que les temps sont durs. « Il y a les déceptions de militants qui pensaient s’être approchés du but, la violence de la répression. Aujourd’hui, c’est devenu très difficile de mobiliser. » \n\nMais ces jeunes constituent sans conteste un vivier de militants pour les années à venir. Et si beaucoup d’entre eux ont choisi aujourd’hui de s’impliquer plus dans les champs associatif ou culturel, ils restent déterminés à poursuivre les débats via leurs différents réseaux et à construire une société plus juste et démocratique. En attendant, comme le précise Jihad, « une nouvelle vague »."}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/politique-dimmigration-peu-de-promesses/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/politique-dimmigration-peu-de-promesses/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Politique d&rsquo;immigration, peu de promesses","datePublished":"2013-12-20T11:36:00+00:00","dateModified":"2024-12-10T12:35:05+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/politique-dimmigration-peu-de-promesses/"},"wordCount":907,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Droits humains","France","Migrations"],"inLanguage":"fr-FR","description":"FDM : Que pouvaient espérer les associations de défense des droits des étrangers des promesses faites par François Hollande lors sa campagne électorale ?\nDanièle Lochak :  Peu de promesses ont été faites, en réalité. Et elles n’ont pas été tenues. François Hollande s’était engagé à ce que son gouvernement dépose un projet de loi pour le droit de vote des étrangers aux élections locales. Or, il ne prendra pas le risque de s’attirer les foudres de la droite avant les municipales et le projet sera vraisemblablement enterré. L’expérimentation promise d’une attestation de contrôle d’identité (voir pages suivantes) pour lutter contre les « délits de faciès » n’est plus à l’ordre du jour. D’autre part, la circulaire Guéant (voir pages suivantes), qui entravait considérablement l’accès au marché du travail des diplômés étrangers ayant fait leurs études en France, a effectivement été abrogée, mais la proposition de loi de Dominique Gillot pour sécuriser leur situation n’a finalement pas été déposée.\nEnfin, François Hollande s’était clairement prononcé contre la rétention des enfants, une pratique condamnée par la Cour européenne des droits de l’homme. La circulaire du 6 juillet 2012, censée remédier à cette situation, continue d’autoriser l’enfermement dans un certain nombre de cas et ne s’applique pas à Mayotte, pourtant département français.\n\nNe faut-il pas laisser du temps au gouvernement ? Un an, c’est peu pour amorcer un véritable changement.  \nIl n’en prend pas le chemin. Conformément à ce qu’a initié Nicolas Sarkozy et à ce qui avait soulevé l’indignation de toutes les associations de défense des droits des étrangers, la politique de l’immigration continue d’être exclusivement mise en œuvre\npar le ministère de l’Intérieur. Or, lorsque les ministères de Affaires étrangères, de l’Emploi et des Affaires sociales en portaient aussi la responsabilité, la conception strictement policière de l’immigration était un peu atténuée. Par ailleurs, non seulement le gouvernement n’a pas tenu ses promesses mais les pratiques intolérables perdurent. Prenons l’exemple des violences policières. Après dix-huit mois d’enquête, le Défenseur des droits [[Le Défenseur des droits est une autorité constitutionnelle indépendante chargée de veiller à la protection des droits et des libertés et de promouvoir l’égalité.]], Dominique Baudis, a remis un rapport accablant et très argumenté sur la manière dont sont traités les migrants dans le Calaisis. Réponse du ministère de l’Intérieur : « Les faits évoqués reposent essentiellement sur des déclarations de responsables d’associations rapportant des propos non vérifiables. » Durant un temps, on se disait : « Si les pratiques n’ont pas changé, au moins le discours xénophobe nous est épargné. » C’était avant les propos de Manuel Valls sur les Roms... [[Le 14 mars 2013, M. Valls au journal Le Parisien : « Je partage ce que m’a dit le Premier ministre roumain : “Les Roms ont vocation à rester en Roumanie ou à y retourner”. »]] \n\nQuel pourrait être le signe d’une inflexion de la politique d’immigration ?\nSeul un gouvernement qui se sent fort peut aller à l’encontre du credo diffusé depuis quarante ans (la fermeture des frontières date de 1974). Tous les gouvernements successifs ont martelé que la maîtrise des flux migratoires s’imposait et qu’il fallait s’en donner les moyens. Proposer une politique différente suppose une audace dont seul un gouvernement fort et déterminé pourrait faire preuve. L’hypothèse est, hélas, plus improbable que jamais. Les temps de crise ne sont jamais favorables aux étrangers. Même en restant dans le cadre d’une politique de lutte contre l’immigration clandestine, le gouvernement aurait pu, à défaut de changement radical, au moins tirer un trait sur la politique de déstabilisation des étrangers mise en œuvre pendant « l’ère Sarkozy ». Car ce dernier s’est aussi employé à insécuriser les étrangers dont la légitimité à être là n’est pas contestée. En 1984, la création d’une carte de résident de dix ans avait été votée à l’unanimité à l’Assemblée nationale, tous partis confondus. Si les acquis de cette loi ont été progressivement grignotés, Nicolas Sarkozy les a définitivement enterrés. La délivrance de plein droit de la carte de résident ne concerne plus, à part les réfugiés, que des catégories d’étrangers très minoritaires. Aujourd’hui, qu’on soit parent d’enfant français ou conjoint de Français, on ne peut, dans un premier temps, espérer mieux qu’une carte de séjour d’un an renouvelable. Et quand on peut enfin, au bout de trois ans, solliciter la délivrance d’une carte de résident, elle n’est plus automatique mais subordonnée à la preuve de « l’intégration républicaine » de l’intéressé dans la société française. La précarité est donc érigée en norme. Or, qu’est-ce qui empêcherait le gouvernement de rétablir – au moins ! – l’accès de plein droit à la carte de résident de manière à sécuriser les conditions de vie des étrangers en situation régulière ?"}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/prevention-et-resolution-des-conflits/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/prevention-et-resolution-des-conflits/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Prévention et résolution des conflits","datePublished":"2013-08-14T14:00:00+00:00","dateModified":"2021-12-08T15:35:02+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/prevention-et-resolution-des-conflits/"},"wordCount":2042,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Paix et vivre ensemble"],"inLanguage":"fr-FR","description":"Le CCFD-Terre Solidaire est engagé dans la défense et le respect de l'être humain, de sa dignité et  de ses droits fondamentaux.\n\n\n\nIl favorise une authentique culture de paix et de non-violence, et le règlement pacifique des conflits passe par la négociation, la médiation, la conciliation, et l’arbitrage notamment. Le CCFD-Terre Solidaire privilégie l’utilisation préventive de moyens non-violents, c’est-à-dire des moyens persuasifs plutôt que coercitifs.\n\n\nPrévention des conflits\n\nLa paix n’est jamais acquise, et pour l’inscrire de façon durable, des actions permanentes de prévention sont incontournables. Pour le CCFD-Terre Solidaire, la prévention des conflits implique un travail sur les causes et facteurs passés ou à venir des conflits qui sont essentiellement économiques, politiques et sociaux. Cela force donc à prendre en compte le respect des droits humains pour tous, les diversités culturelles, la promotion de la démocratie, et des actions éducatives.\n\n\nRésolution des conflits\nUne fois les conflits déclarés, travailler pour leur résolution est essentiel. De nombreux pays vivent encore avec les marques douloureuses de leurs conflits passés, parfois plusieurs dizaines d’années plus tard, faute d’avoir pu véritablement mettre en place des processus permettant une réelle réconciliation. C’est une question de justice, de reconnaissance des dommages et traumatismes causés, d’acceptation et de deuil. Pour le CCFD-Terre Solidaire, il est primordial d’intervenir auprès des décideurs politiques et économiques et des différents protagonistes des conflits afin qu’ils mettent un terme aux affrontements. Le CCFD-Terre Solidaire accompagner les sociétés civiles du Sud dans leurs efforts en faveur de la paix et leur démarche de consolidation de la paix par des moyens pacifiques.\n\nLe CCFD-Terre Solidaire travaille à  \n\n- la lutte contre les formes de violence et de discrimination ;\n- la protection des personnes en danger : le respect des minorités, des réfugiés, des déplacés ;\n- la lutte pour la justice et contre l’impunité : l’impunité est un facteur de banalisation de la violence. L’impunité c’est la négation de la justice et du droit à connaitre la vérité ;\n- l’appui à la mise en place de processus démocratiques, consolidation de l’Etat de droit, et renforcement des capacités des sociétés civiles et de leur mise en réseau.\n\nLe CCFD-Terre Solidaire oriente ses actions plus spécifiquement sur : le contrôle du commerce des armes, et la question de l’accès et de la gestion des ressources naturelles (matières premières, eau, foncier) comme causes de conflits.\n\n\nPaix et conflits\n\nLa paix\nOn ne peut pas penser « paix » sans un développement harmonieux des personnes et des peuples. La paix n'est donc pas simplement l’absence de guerre mais un ensemble de conditions permettant un développement juste des sociétés humaines. Par ailleurs, la paix a une dimension spirituelle et culturelle en plus de sa dimension sociale et politique, elle résulte d'un vivre ensemble et de la promotion de la personne humaine.\n\nPour le CCFD-Terre Solidaire, la paix s'enracine dans la justice sociale [[Le CCFD-Terre Solidaire cherche à construire une véritable justice sociale dans les domaines de l’alimentation, du travail, de la santé, de la participation citoyenne, etc]], le respect des droits humains et la mise en œuvre du droit international. Les exigences de la paix sont multiples. Elles comprennent l’instauration de l’Etat de droit, l’équilibre entre la lutte contre l’impunité et le besoin de justice (dû aux victimes), le refus de la violence, la protection de l’environnement, le respect de la différence culturelle et religieuse, etc.\n\nLe CCFD-Terre Solidaire veut s’attaquer aux menaces susceptibles d’empêcher la construction et la consolidation d’un monde de paix et de justice, et tout particulièrement les causes profondes des conflits.\n\nLes conflits\nLes conflits sont inhérents à la condition humaine, ils existent du seul fait des relations entre les personnes. Dans une certaine mesure, ils permettent de progresser. Néanmoins, dès lors qu'ils annihilent la personne, ils sont un obstacle à la paix.\n\nLe CCFD-Terre Solidaire appuie des initiatives partenariales dans des pays affectés par des conflits armés qui viennent éroder les efforts de développement menés par les populations et les pouvoirs publics. S’attaquer aux causes de ces conflits armés permet donc de donner une chance au développement. De même, il est crucial de prévenir que les autorités des pays pauvres orientent de manière disproportionnée les revenus tirés de leurs ressources naturelles, vers des dépenses d’armement, au détriment des besoins essentiels des populations.\n\nDans sa défense de la paix, le CCFD-Terre Solidaire ne se restreint pas uniquement aux conflits armés [[Il n’existe pas de définition internationalement reconnue d’un conflit armé, mais plutôt une multitude de définitions propres à chaque institution]]. La complexité historique et géopolitique des pays latino-américains, européens, africains, méditerranéens et asiatiques impose au CCFD-Terre Solidaire de tenir compte des différentes sources et manifestations de la conflictualité et des tensions (conflits communautaires, petits conflits traditionnels, conflits entre voisins), qui débouchent parfois sur des déflagrations. Selon les zones géographiques, l’Association se focalise, par exemple, sur les conflits fonciers, ou sur ceux liés à la gestion des ressources naturelles et énergétiques, ou sur les conflits liés aux abus à l’encontre de travailleurs.\n\nLe CCFD-Terre Solidaire soutient des partenaires du Sud qui se trouvent dans des zones de tension, de crise, de conflits et de post-conflits, et d’autres, qui sont confrontés à des conflits de faible intensité (non violent ou avec un usage sporadique de la violence) ou/et de haute intensité (usage continue et systématique de la violence).\n\n\nConflits et développement\n\nForce est de constater que depuis une vingtaine d’années, les situations de violence dans le monde ne cessent pas d’augmenter.\n\nLa Banque mondiale affirme qu’environ une personne sur quatre, soit plus de 1,5 milliard d’êtres humains, vit dans des Etats fragiles, des pays touchés par un conflit ou une zone où sévit une criminalité organisée de grande ampleur.\n\nPar ailleurs, de nombreux pays connaissent actuellement des cycles répétés de violence. Des pays tels que l’Afrique du Sud, le Salvador, le Guatemala qui avaient réussi à négocier des accords politiques ou des accords de paix sont confrontés à des niveaux élevés de violences criminelles qui mettent en péril leur développement. Au Guatemala, par exemple, les actes de violence ont coûté plus de 7% du PIB en 2005.\n\nL’Institut de recherche de Heidelberg avait répertorié 363 conflits en 2010. Parmi lesquels 22 crises sévères, 28 conflits très violents, et 6 guerres : Afghanistan (talibans), Somalie (groupes islamistes), Irak (groupes armés), Pakistan (islamistes militants), Mexique (cartels de la drogue), Soudan (groupes armés). La zone la plus conflictuelle est l’Asie/Océanie avec 114 conflits, suivie de l’Afrique Sub-saharienne avec 85 conflits. L’Europe occupe la troisième place avec 64 conflits. Le Moyen Orient et le Maghreb comptait 55 conflits et les Amériques 45 conflits.\n\nLa Banque mondiale souligne l’impact nuisible des situations de conflits sur les possibilités de développement d’un pays ou d’une zone géographique : « Les habitants vivants dans des zones touchées par un conflit ont deux fois plus de risques que les autres de connaitre la pauvreté ».\n\nLes pertes en vie humaine, les destructions et les retards de développement que les conflits occasionnent, pénalisent directement les pays concernés et ont des retombés aux plans régional et mondial. Selon les estimations de la Banque mondiale, un pays qui progresse sur la voie du développement, tel que la Tanzanie par exemple, perdait 0,7% du PIB annuel chaque fois qu’un pays voisin est en conflit.\n\nUn conflit civil coûte à un pays en développement de taille moyenne, 30 années de croissance du PIB, et le taux de pauvreté des pays qui sont l’épicentre de crises prolongées peut être supérieur de plus de 20 points à celui des autres pays. Après un épisode de violence majeure, un pays met plus de 20 ans à retrouver les niveaux d’échanges qu’il connaissait avant le conflit.\n\n- La tragédie des réfugiés et des déplacés par la violence\nLe nombre des réfugiés et des personnes déplacées a été multiplié par trois au cours des trente dernières années. Il s’élève à 42 millions de personnes, dont près de 15 millions d’entre elles sont réfugiées dans un pays tiers et 27 millions sont déplacées dans leur propre pays.\nEn 2009, on comptait près de 2 millions de réfugiés irakiens, près de 3 millions de réfugiés afghans et plus de 4,5 millions de réfugiés palestiniens. Près de 120 000 personnes ont fui la Somalie vers les pays voisins la même année. Si depuis 2007, le nombre de réfugiés a quelque peu baissé concernant l’Afghanistan, l’Irak, la Colombie ou le Soudan, il a augmenté pour la République Démocratique du Congo avec près de 80 000 nouveaux réfugiés.\n\n- Le drame des enfants\nSelon l’Unesco, sur le nombre total d'enfants en âge de fréquenter l'école primaire qui ne sont pas scolarisés, 42 % vivent dans des pays pauvres en proie à des conflits. 28 millions d'enfants sont privés d’éducation en raison des conflits armés qui les exposent aux viols, aux violences sexuelles, et à d'autres violations de droits de l'Homme.\nMalgré la mobilisation de la communauté internationale, au moins 250 000 enfants continuent d’être enrôlés de force, contraints ou amenés à combattre dans les zones de conflits dans le monde. Comme le souligne les Nations unies, « manipulés par des adultes, les enfants sont poussés à la violence. Trop jeunes pour résister, ils ne peuvent pas imaginer les conséquences de cette violence. »\nSelon les estimations de l’Unesco, de 1999 à 2008, trente-cinq pays ont été en proie à des conflits armés. Les enfants et les écoles se trouvent en première ligne, car les salles de classe, les enseignants et les élèves sont considérés comme des cibles légitimes. En Afghanistan, au moins 613 attaques contre des écoles ont été répertoriés en 2009, contre 347 en 2008. Les insurgés du nord-ouest du Pakistan ont commis de nombreuses attaques contre des écolières : 95 jeunes filles ont été blessées lors de l'une de ces offensives. Au nord du Yémen, 220 écoles ont été détruites, endommagées ou pillées pendant les combats qui ont opposé le gouvernement et les forces rebelles en 2009 et 2010.\n\n- Le viol comme arme de guerre\nL’Unesco souligne que sur l'ensemble des viols signalés en République démocratique du Congo, un tiers concerne des enfants (et dans 13 % des cas, des enfants de moins de 10 ans). Le nombre de viols non répertoriés commis dans les régions de l'est de la RDC en proie à des conflits est peut-être 10 à 20 fois supérieur au nombre de viols établis.\nEncore plus que les enfants, les femmes sont victimes de violences sexuelles, y compris le viol, utilisées comme une arme de guerre \"répugnante\". \"Les femmes font rarement la guerre, mais elles souffrent trop souvent des pires conséquences de ces guerres », dénonce les Nations unies. Et, de fait, le \"bilan immédiat (de ces violences) va bien au-delà des victimes directes, déchirant insidieusement des familles et brisant des sociétés sur des générations\". Pour se doter de mécanismes pour lutter contre ce fléau, le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté en 2000 la résolution 1325 qui vise à mettre un terme à la violence sexuelle contre les femmes et les fillettes durant les conflits armés."}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/sri-lanka-oui-au-tourisme-responsable/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/sri-lanka-oui-au-tourisme-responsable/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Sri Lanka : oui au tourisme responsable","datePublished":"2013-02-20T11:52:00+00:00","dateModified":"2021-12-08T13:28:36+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/sri-lanka-oui-au-tourisme-responsable/"},"wordCount":595,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Droits humains","Projet","Tourisme solidaire"],"inLanguage":"fr-FR","description":"Avec plus d’un million de visiteurs en 2012, le Sri Lanka est devenue une destination touristique appréciée des voyageurs. Mais, pour l’ONG britannique Sri Lanka Campaign, tourisme ne veut pas dire oubli de la réalité. \n\n\n\nEnvie de visiter le Sri Lanka ? Il est vrai que ses superbes plages, ses étonnants sites historiques, sa faune et sa flore, la gentillesse de sa population ont tout pour séduire. Attention cependant. Car ce séjour qui s’annonce paradisiaque pourrait très bien se terminer, à votre insu, par un soutien moral et financier à des responsables de crimes de guerre et de violations des droits de l’homme.\n\nC’est en tout cas le message que cherche à faire passer l’ONG britannique Sri Lanka Campaign, soutenue par l’Asian Human Rights Commission, partenaire du CCFD-Terre Solidaire, qui, dans une campagne débutée l’année dernière, veut sensibiliser les touristes sur l’envers du décor sri lankais.\n\nEt l’ONG de pointer du doigt les arrestations illégales, tortures, disparitions, exécutions extrajudiciaires devenues monnaie courante dans ce pays. Mais aussi les discriminations continues dont sont encore victimes les populations tamoules du nord, qui voient leurs terres toujours confisquées par les militaires et leur vie quotidienne, économique, religieuse, soumise au bon, ou, pour être plus exact, au mauvais vouloir des Forces armées sri lankaises. On est effectivement là bien loin des images de cartes postales véhiculées par le ministère du Tourisme sri lankais et les brochures des agences de voyages européennes.\n\nLa situation des droits de l’homme n’est d’ailleurs pas le seul point sensible pour l’ONG. Un autre aspect, et non des moindres, sur lequel Sri Lanka Campaign voudrait alerter les éventuels voyageurs porte sur la militarisation progressive du secteur du tourisme dans l’île. Notamment dans le nord. Entendant l’appel du président sri lankais au développement du tourisme, l’armée a répondu présent. Et s’est engagée à sa manière. Assurant les liaisons aériennes entre la capitale, Colombo, et le nord de l’île, installant et gérant des centaines de tea shops, de restaurants, de boutiques de souvenirs. S’accaparant également de nombreux terrains, y compris des plages entières, pour se lancer dans la construction d’hôtels de luxe, voire d’écolodges. Le dernier en date, inauguré par le président sri lankais lui-même en décembre dernier, construit sur les bords du lagon où eut lieu, en 2009, la bataille finale de la guerre opposant l’armée sri lankaise aux Tigres tamouls (LTTE). Bataille qui fit plusieurs dizaines de milliers de morts, membres des LTTE ou civils.\n\nPas question pour autant d’appeler à un boycott du tourisme au Sri Lanka. Ce que Sri Lanka Campaign espère, c’est que les touristes, une fois informés de la situation réelle du pays, privilégieront les petits guest houses familiaux aux grands hôtels, les restaurants locaux aux gargotes militaires et ne se contenteront pas du seul discours officiel. Une sensibilisation qui ne peut qu’impliquer également les agences de voyages, responsables de la majorité des séjours vendus. Appelées de leur côté à respecter leurs obligations morales et éthiques, il leur est demandé de présenter à leurs clients un image plus globale des lieux qu’ils visiteront et d’offrir des propositions de voyage alternatives.\n\nUne campagne que l’ONG britannique voudrait bien voir traverser la Manche.\n\nPatrick Chesnet"}
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Sans se laisser impressionner par le chantage à la délocalisation des acteurs financiers, ils montrent au Vieux continent que les grands marchés intégrés ont les moyens d’imposer leurs lois sans se cacher derrière la règle du consensus du G20. Évidemment, pour le reste des pays du monde et en particulier pour les pays en développement, ces initiatives unilatérales sont largement hors de portée !\n\n\nDes règles prudentielles qui tardent à évoluer\n\nÀ travers des cas d’école tels que la faillite de Northern Rock, la crise a révélé comment les banques utilisaient certains territoires offshore pour y concentrer leurs activités risquées à l’insu de toute instance de contrôle et de régulation.\nLe système présentait d’énormes lacunes, au point qu’il était parfois impossible de savoir quelle institution était en charge des contrôles. Le cas des filiales de la holding américaine Bear Stearns Ireland Ltd, enregistrées au centre international de services financiers de Dublin, se passe à cet égard de tout commentaire : alors que ces filiales développaient des activités démesurées au regard de leurs fonds propres et qu’il était spécifié dans les comptes qu’elles dépendaient de l’Autorité irlandaise de régulation des services financiers, cette dernière considérait que son mandat ne concernait que les banques irlandaises ! Personne donc pour s’occuper de surveiller les activités des filiales de la holding américaine, livrées à elles-mêmes.\n\nComparé au laxisme qui dominait avant la crise, il faut bien sûr reconnaître que l’environnement des banques a considérablement changé au cours des deux dernières années. mais, malgré les enseignements de la crise, c’est toujours dans le champ de la régulation prudentielle qu’il reste le plus à faire !\n\n- L ’avancée la plus importante en termes de régulation des banques est sans aucun doute l’accord Bâle III conclu entre les représentants des banques centrales et les régulateurs en septembre 2010, qui augmente le ratio de fonds propres obligatoire pour les banques (7% minimum contre 2% auparavant) afin de rendre les établissements plus résistants face à de futures crises. Le problème est que cette initiative n’encadre pas l’activité des agents non conventionnels (organismes de crédit non bancaire, organismes de placements collectifs monétaires) et manque de précision sur les activités hors bilan.\n\n- La régulation des hedge funds a aussi laissé un arrière-goût d’inachevé. Certes le Parlement européen a voté le premier texte visant à réguler directement le secteur mais il a renoncé à aller jusqu’au bout. Pas de contrôle par exemple des leviers d’endettement ni d’interdiction d’achat par les Européens de parts de fonds spéculatifs non régulés.\n\n- La question des bonus, objet d’une directive en demi-teinte votée par la Commission européenne, n’est pas non plus résolue. Certes, les rémunérations des traders sont désormais plus contrôlées, mais aucun accord n’a été trouvé concernant l’équilibre entre rémunération fixe et variable, pourtant à l’origine de nombreux excès. Le ratio entre ces deux rémunérations est en effet laissé à la libre interprétation des États. Reste à voir, donc, si cette directive aura un impact réel sur les rémunérations mirobolantes des traders, dont les bonus atteignaient encore en France en 2010 plus de deux milliards d’euros.\n\n- Par ailleurs, le G20 avait demandé au Conseil de stabilité financière (CSF)* de produire de nouvelles listes des centres financiers offshore présentant un risque pour la stabilité financière internationale. Or la publication de ces listes et des recommandations dont elles pourraient être assorties a été maintes fois reportée : elles sont désormais attendues pour le sommet de Cannes. Difficile donc d’accroître les exigences de transparence et de prudence pour les utilisateurs dans des territoires non encore identifiés.\n\n\nQuelques avancées significatives vers la transparence\n\nC’est en matière de transparence que les évolutions sont les plus importantes.\n\n- Suite aux résultats probants du fisc américain dans l’affaire UBS, l’administration Obama semble avoir compris tout l’intérêt qu’il y avait à exiger davantage d’informations des banques elles- mêmes, plutôt que de compter sur la bonne volonté des paradis fiscaux à coopérer. En effet, le Sénat a approuvé, le 24 mars 2010, la loi FATCA* qui obligera, à partir de 2013, les établissements financiers étrangers voulant investir sur le marché US à dévoiler au fisc américain leurs relations bancaires avec des contribuables américains. L’Irlande disposait déjà d’une législation similaire ainsi que, dans une moindre mesure, le Royaume-Uni.\n\n- La France, elle aussi, a renforcé l’obligation faite aux banques de transmettre la liste des transferts effectués par leurs clients, mais uniquement vers les 18 territoires qu’elle a retenus sur sa liste de paradis fiscaux. Or cette liste ne représente que 0.2 % de la finance offshore et on ne peut pas dire que sa réactualisation en catimini, en avril 2011, en ait vraiment augmenté la portée ! Même limite – un dispositif articulé autour d’une liste insignifiante - pour la nouvelle obligation des banques françaises à indiquer, en annexe de leur rapport annuel, leurs implantations et la nature des activités menées dans les territoires non coopératifs.\nDe toute façon, les banques ont préféré la plupart du temps se retirer des territoires visés plutôt que de publier les informations demandées, confirmant l’aversion des acteurs financiers pour la transparence. Au final, les informations disponibles dans les rapports 2011 ne concernent qu’une poignée de filiales essentiellement situées dans les pays suivants : Philippines (BNP et Crédit Agricole), Brunei (BNP et Crédit Agricole), Panama (BNP et Crédit Agricole), Libéria (Crédit Agricole) et Costa Rica (Caisse d’Épargne-Banque Populaire Natixis).\n\n\nL’engagement prometteur des régions françaises\n\nCe sont les régions françaises qui sont allées le plus loin dans l’exigence de transparence envers les intermédiaires financiers. Interpellées dans le cadre de la campagne « Stop paradis fiscaux », notamment par les bénévoles du CCFD-Terre Solidaire pendant les élections régionales, les collectivités locales ont en effet pris leurs responsabilités et sont entrées dans la lutte contre l’opacité financière. Le 17 juin 2010, la région Île de France a adopté à l’unanimité une délibération demandant à ses partenaires financiers (banques et potentiellement assurances) de fournir un état, pays par pays, de leur activité, de leurs chiffres d’affaire, des résultats d’exercice et des impôts et taxes versés aux autorités locales. Ces informations seront étudiées à la loupe avant l’engagement de toute opération financière. Depuis l’initiative a fait tâche d’huile : au 21 septembre 2011, 16 régions françaises sur 22 ont pris des engagements publics en matière de lutte contre les paradis fiscaux, 14 ont adopté des textes juridiquement contraignants et 9 exigent de leurs partenaires financiers une transparence financière pays par pays. Des villes également se montrent intéressées par la démarche : en France, la ville de Paris a voté un vœu en novembre 2010 ainsi que la communauté d’agglomération de Bordeaux et la ville de la Chapelle-sur-Erdre. L’initiative pourrait même s’exporter vers d’autres pays : les militants d’ATTAC Norvège interpellent activement leurs élus locaux et la Ville d’Helsinki s’est déclarée intéressée.\n\nS’il n’est évidemment pas question de réguler les entreprises multinationales par la simple action des régions, la portée de ces initiatives est loin d’être symbolique. Les régions ont informé leurs partenaires financiers des délibérations adoptées et de leurs nouvelles exigences en matière de transmission d’informations. Pour l’instant, les banques affirment vouloir coopérer, mais les informations transmises restent insuffisantes, voire parfois plus pauvres que celles publiées dans les rapports d’activités. Certaines ne jouent d’ailleurs pas du tout le jeu, en indiquant par exemple que la caisse régionale sollicitée dans l’opération de financement de la région ne dispose pas de filiales à l’étranger, faisant l’impasse sur son appartenance à un groupe dont la présence internationale n’est pas à démontrer. \n\nSi les banques sentent donc la pression accrue en matière de demande de transparence sur leurs activités, elles tentent pour l’heure d’esquiver les questions les plus gênantes. Nous approchons néanmoins de l’heure de vérité car la plupart des délibérations votées prévoient d’exiger la fourniture des informations détaillées pays par pays dans un délai de 6 mois après la publication des rapports annuels des banques. 2011 sera la première année de plein exercice de cette mesure.\n\nLa pression sur les banques pourrait bien d’autre part être accentuée par l’initiative des syndicats, lancée également dans le cadre de la campagne « Stop paradis fiscaux ». Ces derniers ont en effet décidé, au sein des comités de groupe des grands établissements financiers français (BNP, Société Générale, Crédit Agricole, Natixis) d’exercer leur droit de demander un audit financier afin d’analyser les comptes de leur banque dans un format pays par pays. Les premiers résultats pourraient bien réserver quelques surprises...\n\n\nUn enjeu d’image\n\nCe qui a surtout changé pour les banques, c’est leur image dans l’opinion :\n\n- Leur rôle dans et après la crise a suscité l’incompréhension, souvent même la colère, notamment aux États-Unis. Ces derniers viennent d’ailleurs de déposer plainte contre 17 banques américaines et étrangères accusées d’avoir fourni de fausses informations sur la qualité de leurs titres adossés à des créances hypothécaires avant la crise des subprimes.\n\n- En France, les collectivités locales se retournent également contre les banques qui leur ont vendu des prêts toxiques, allant parfois aussi jusqu’à porter plainte. La ville de Saint-Étienne a été la première en octobre 2009 à assigner une banque en justice pour un « emprunt toxique ». Ont suivi les plaintes du conseil général de Seine-Saint-Denis en février contre trois banques, Dexia, Depfa et Calyon et celles de la mairie d’Unieux en avril 2011 contre Dexia pour « défaut de conseil » et « contrat léonin ».\n\nLes banques sont de plus en plus conscientes de ces enjeux. Elles ne peuvent se permettre de passer pour des défenseurs de l’opacité. Au point de publier, comme la Société Générale, en novembre 2010, un « code de conduite fiscale » dans lequel la banque prend des engagements solennels, comme celui de « ne pas faciliter ou soutenir des opérations avec les clients dont l’efficacité repose sur la non transmission d’informations aux autorités fiscales ». Aveu implicite concernant la capacité de la banque à détecter ce genre de pratiques !\n\nPar ailleurs, elle assure « faire [ses] meilleurs efforts pour appliquer une politique de prix de transfert* conforme aux principes OCDE », reconnaissant ainsi qu’il est difficile d’appliquer de façon vertueuse les standards en vigueur, qui régissent les échanges entre les différentes filiales d’un même groupe. Elle rejoint donc le constat des organisations de la société civile, qui réclament la possibilité de discuter de la mise en place de modèles alternatifs, notamment dans les pays du Sud. Standards sur lesquels l’OCDE n’est absolument pas disposée à ouvrir la discussion.\n\nQuand les banques commencent à se sentir concernées, les États seraient bien mal inspirés de ne pas essayer de tirer parti de la situation. en s’inspirant des réformes américaines, par exemple."}
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L’absence de poursuites judiciaires à l’encontre des responsables de ces violations n'a fait qu'alimenter de nouvelles atrocités de la part de toutes les parties belligérantes. Dans ce contexte, nous estimons que la CPI est l’instance la plus apte à mener des enquêtes et des poursuites efficaces contre les personnes qui portent la plus grande responsabilité pour les crimes graves, et d’apporter des premières mesures de justice aux victimes en Syrie.\n\nLe dernier rapport de la Commission d'enquête de l'ONU pour la Syrie, publié le 5 mars 2014, a constaté que toutes les parties au conflit en Syrie ont continué de commettre des crimes graves au regard du droit international et a conclu que le Conseil de sécurité ne parvenait pas à prendre des mesures pour mettre fin à l’impunité. La commission, qui a publié sept rapports détaillés depuis sa création en août 2011, a recommandé que le Conseil de sécurité confère à la CPI un mandat pour enquêter sur les exactions en Syrie.\n\nLe projet de saisine de la CPI afin de répondre au besoin de justice en Syrie est également soutenu par plus de soixante États membres de l’ONU, représentant toutes les régions du monde, notamment dix des membres actuels du Conseil de sécurité. Nous demandons instamment à tous les membres du Conseil de sécurité de tenir compte de cet appel à la justice. Les autres pays devraient soutenir publiquement le projet de résolution et exhorter la Russie et la Chine à ne pas  y opposer leur veto, ce qui entraverait l’obtention de justice pour les violations commises par toutes les parties au conflit.\n\nEn tant que tribunal international permanent ayant pour mandat de juger les crimes de guerre et les crimes contre l'humanité dans les cas où les autorités nationales ne font pas preuve de la capacité ou de la volonté requises, la CPI a été créée pour répondre précisément au genre de situation observée aujourd'hui en Syrie. Bien que le travail de la Cour ne puisse constituer qu’un élément de l’effort global requis pour faire avancer la justice en Syrie, il s’agirait d’une première étape cruciale.\n\nNous exhortons donc instamment les membres du Conseil de sécurité à agir de toute urgence pour remédier au manque de justice en Syrie. Le peuple syrien ne peut pas se permettre d’être confronté à de nouvelles déceptions ou à des délais supplémentaires.\n\nOrganisations cosignataires (citées par ordre alphabétique) :\n1.\tAct for Peace, Australie \n2.\tAction des chrétiens pour l'abolition de la torture (ACAT), France \n3.\tAdvocates for Public International Law, Ouganda\n4.\tAndalus Institute for Tolerance and Anti-Violence Studies, Égypte  \n5.\tArab Coalition for Sudan, Soudan \n6.\tArab Foundation for Development and Citizenship,  Royaume-Uni \n7.\tArab Program for Human Rights Activists, Égypte \n8.\tArab World Center for Democratic Development, Jordanie \n9.\tArab-European Center Of Human Rights And International Law, Norvège\n10.\tArabic Network for Human Rights Information, Égypte \n11.\tAsia Pacific Centre for the Responsibility to Protect, Australie \n12.\tAssociation of Political Scientists, Grèce  \n13.\tCairo Institute for Human Rights Studies, Égypte \n14.\tCampaña Colombiana Contra Minas, Colombie\n15.\tCenter for Media Studies and Peacebuilding, Liberia \n16.\tCentre for Accountability and Rule of Law, Sierra Leone\n17.\tChild Soldiers International, Royaume-Uni\n18.\tChristian Solidarity Worldwide, Belgique \n19.\tClub des amis du droit du Congo, RD Congo\n20.\tCoalition béninoise pour la Cour pénale internationale, Bénin\n21.\tCoalition burundaise  pour la Cour pénale internationale, Burundi\n22.\tCoalition ivoirienne pour la Cour pénale internationale, Côte d'Ivoire\n23.\tComisión Mexicana de Defensa y Promoción de los Derechos Humanos, Mexique\n24.\tComité catholique contre la faim et pour le développement -Terre Solidaire, France\n25.\tCommission colombienne de juristes, Colombie\n26.\tCommunity Empowerment for Progress Organization, Soudan du Sud\n27.\tConflict Monitoring Center, Pakistan  \n28.\tCongress of National Minorities of Ukraine, Ukraine \n29.\tComision de Derechos Humanos, Peru\n30.\tCSO Network, Kenya\n31.\tDawlaty Foundation, Liban \n32.\tDemocracia Global, Argentine \n33.\tEast Africa Law Society, Tanzanie\n34.\tEgyptian Initiative for Personal Rights, Égypte\n35.\tElman Peace and Human Rights Center, Somalie\n36.\tEquipo Peruano de Antropología Forense, Pérou \n37.\tEuro-Mediterranean Human Rights Network\n38.\tFédération internationale de l'Action des chrétiens pour l'abolition de la torture (FIACAT), France \n39.\tFédération internationale des ligues des droits de l'homme (FIDH), France \n40.\tFN-forbundet / Danish United Nations Association, Danemark \n41.\tFondation Samir Kassir, Liban \n42.\tFranciscans International \n43.\tFundación de Antropología Forense, Guatemala\n44.\tFriends For a NonViolent World, United States \n45.\tGenocide Alert, Allemagne\n46.\tGeorgian Young Lawyers Association, Géorgie \n47.\tGlobal Justice Center, États-Unis \n48.\tGlobal Solutions.org, États-Unis\n49.\tGlobal Centre for the Responsibility to Protect,  États-Unis \n50.\tGulf Centre for Human Rights, Danemark\n51.\tHoriyat for Development and Human Rights, Libye\n52.\tHuman Rights First, États-Unis\n53.\tHuman Rights Watch\n54.\tHumanist Institute for Development Cooperation, Pays-Bas \n55.\tHumanitarian Law Center Kosovo, Kosovo\n56.\tIgarape Institute, Brésil\n57.\tInsan, Liban\n58.\tInternational Center for Policy and Conflict, Kenya\n59.\tInternational Commission of Jurists, Kenya\n60.\tInternational Justice Project, États-Unis \n61.\tInternational Society for Civil Liberties & the Rule of Law, Nigeria\n62.\tInternational Society for Traumatic Stress Studies, États-Unis \n63.\tJacob Blaustein Institute for the Advancement of Human Rights, États-Unis\n64.\tJustice Without Frontiers, Liban\n65.\tKenya Human Rights Commission, Kenya\n66.\tLigue pour la Paix, les Droits de l'Homme et la Justice, RD Congo \n67.\tLira NGO Forum, Ouganda \n68.\tMedia Foundation for West Africa, Ghana\n69.\tMinority Rights Group International, Royaume-Uni\n70.\tNational Youth Action, Inc., Liberia \n71.\tNo Peace Without Justice, Italie\n72.\tNorwegian People's Aid, Norvège \n73.\tOpen Society Justice Initiative\n74.\tOptimum Travail du Burkina, Burkina Faso\n75.\tPak Institute for Peace Studies, Pakistan \n76.\tPakistan Body Count, Pakistan\n77.\tParliamentarians for Global Action \n78.\tPax Christi International\n79.\tPAX, Pays-Bas \n80.\tPhysicians for Human Rights, États-Unis\n81.\tREDRESS, Royaume-Uni\n82.\tRencontre africaine pour la défense des droits de l’homme (RADDHO-Guinée), Guinée \n83.\tReporters sans frontières, France \n84.\tRéseau Equitas, Côte d’Ivoire \n85.\tSentinel Project for Genocide Prevention, Canada\n86.\tSouth African Institute for Advanced Constitutional, Public, Human Rights and International Law, Afrique du Sud \n87.\tSouthern Africa Litigation Centre, Afrique du Sud\n88.\tSynergie des ONG congolaises pour la lutte contre les violences sexuelles, RD Congo\n89.\tSynergie des ONG congolaises pour les victimes, RD Congo\n90.\tSyria Justice & Accountability Center, Pays-Bas\n91.\tSyrian Network for Human Rights, Royaume-Uni \n92.\tSyrian Nonviolence Movement, France \n93.\tSyrian Observatory for Human Rights, Royaume-Uni \n94.\tUnited Nations Association of Sweden, Suède\n95.\tUnited to End Genocide, États-Unis \n96.\tViolations Documentation Center, Syrie\n97.\tVision GRAM-International, Canada\n98.\tWake Up Genève for Syria, Suisse\n99.\tWest Africa Civil Society Institute, Ghana \n100.\tWest African Bar Association, Nigeria \n101.\tWorld Federalist Movement, Canada\n102.\tWorld Federation of United Nations Associations\n103.\tWomens's International League for Peace and Freedom, Switzerland \n104.\tZarga Organization for Rural Development, Soudan"}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/la-grande-braderie-des-berges-du-niger/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/la-grande-braderie-des-berges-du-niger/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"La grande braderie des berges du Niger","datePublished":"2011-03-10T17:47:00+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/la-grande-braderie-des-berges-du-niger/"},"wordCount":1003,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"inLanguage":"fr-FR","description":"Selon la Banque mondiale, l’Afrique concentre les deux tiers des 50 millions d’hectares de terres agricoles accaparées dans le monde. Cibles préférées des investisseurs : de grandes étendues irrigables, apparemment disponibles et sous-exploitées, comme les abords du fleuve Niger, au Mali.\n\n\n\nUn beau jour de mars 2010, le petit village de Sanamadougou voit débarquer Modibo Keita, riche commerçant de Bamako, président de Grand distributeur céréalier du Mali (GDCM). « Alors que nos ancêtres se sont installés ici il y a plus de 800 ans, il venait tout bonnement nous signifier que nos terres lui appartenaient désormais ! », s’indigne Tiema Diarra, qui témoigne lors du Forum social mondial de Dakar. Ébullition immédiate. Les villageois bloquent les opérations de bornage. Mais le 6 juin, des engins surgissent pour arracher des arbres et aplanir le sol. Commis par le commerçant pour faire valoir son « droit », une centaine de gendarmes tire des grenades lacrymogènes et frappe sans discernement. Y compris un vieillard grabataire de 90 ans… Le village restera encerclé une semaine, et 37 personnes seront détenues, jusqu’à 70 jours. Une trentaine de familles sont expropriées de leurs terres. \nSanamadougou est inclus dans le périmètre de l’Office du Niger, 100 000 hectares irrigués entre Ségou et Mopti, dans les méandres du delta intérieur du grand fleuve Niger, très précieuse artère nourricière du Mali. Depuis le début des années 2000, l’État a entrepris d’étendre les surfaces exploitées, notamment pour le riz, principale production de l’Office du Niger. Si toutes les terres appartiennent à l’État, depuis l’Indépendance, la législation malienne reconnaît pourtant le droit communautaire coutumier, appliqué dans de nombreux villages. En 2006, sous la pression des paysans, le Mali s’est même doté d’une loi d’orientation agricole très progressiste, garantissant la sécurité alimentaire, la consultation des paysans… « Mais dès que ça l’arrange, l’État s’octroie tous les droits sur les terres », déplore Ibrahima Coulibaly président de la Coordination nationale des organisations paysannes (Cnop) partenaire du CCFD-Terre Solidaire.\n« Alléguant un manque de moyens, le gouvernement a ouvert la porte aux investisseurs privés. Depuis la crise des prix alimentaires de 2008, c’est la ruée sur les terres et l’eau ! », dénonce Ibrahima Coulibaly. La gouvernement a la haute main, sur des opérations opaques, transférant des dizaines de milliers d’hectares à des projets privés, sans qu’on ne voit aucune étude d’impact !  »\nModibo Keita, bien en cour, a décroché 25 000 hectares de terres de qualité pour Moulin moderne du Mali (MMM), filiale de GDCM qui transformera riz, blé, maïs, pomme de terre... Un tiers du lot, qui occupe les champs de mil d’une dizaine de villages, dont Sanamadougou, est déjà prêt à la culture, avec un bail de trente ans. \nEn décembre dernier, l’administration de l’Office du Niger déclarait que  244 000 hectares étaient sous bail ou convention de cession. Selon la  Cnop il y en aurait le triple en cours de négociation… Les investissements maliens, privés et étatiques, sont en bonne place, dont un  bon nombre transpire la spéculation : sur 50 000 hectares transférés à de petits privés, 78 % n’ont toujours pas été mis en production. \n\n\nDes projets pharaoniques\n\n\nCéréales, canne à sucre, plantes à agrocarburants : les plus gros projets, destinés à l’agro-industrie, sont maîtrisés par des capitaux étrangers (chinois, britanniques, etc.). Jusque des projets pharaoniques : 100 000 hectares pour le Malien Tomota (un projet qui reste incertain), et surtout pour la société Malibya, détenue par un fonds souverain libyen. Un projet fortement controversé, pour son opacité totale : officiellement, il faudrait aider le Mali à produire du riz, mais tout indique qu’il s’agit de sécuriser l’approvisionnement de la Libye, peu productrice et très affectée en 2008 par l’explosion du prix des céréales sur les marchés mondiaux. Un énorme canal de 40 km de long a été construit pour irriguer les nouveaux champs. Capable de délivrer plus de 10 millions de m3 par jour, il fait déjà redouter un manque d’eau pour l’aval. Sur son trajet de nombreux petits périmètres maraîchers ont été détruits, deux cimetières ont été profanés. \n« Nous avons pu lire une copie du contrat, signé pour 50 ans, révèle Ibrahima Coulibaly. La Libye a exigé des terres libres de toute occupation, un accès privilégié à l’irrigation à faible redevance, et aucune obligation envers les habitants. ». Une trentaine de villages ont été déplacés.\nKassoum Dénon, directeur de l’Office du Niger, joue les pompiers, affirmant aux paysans qu’ils ne sauraient être spoliés, et leur suggèrent même benoîtement de trouver un terrain d’entente avec les promoteurs des opérations foncières… \nÀ Sanamadougou, où l’on sait que les directives viennent de Bamako, les villageois n’ont pas lâché prise face à MMM, qui tente d’ébranler leur détermination en proposant de l’emploi et même des terres — les leurs ! « Modibo Keita m’a offert une très grosse somme en échange de ma docilité. J’ai refusé, je suis paysan et solidaire de mon village », relate un résistant.\nLes exactions de juin dernier ont déclenché un appel collectif lors du forum de Kologontomo sur l’accaparement des terres agricoles au Mali, suivi par 2 000 paysans, fin novembre. Adressé au gouvernement, il exige le respect de la loi, le gel de la braderie des terres de l’Office du Niger et la concertation avec les paysans. « Nous n’accepterons jamais ces violations de nos droits, martèle Ibrahima Coulibaly. Nous sommes prêts à aller en justice, et même jusqu’à la Cour internationale des droits de l’homme de Genève s’il le faut. »"}
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Les mobilisations des populations se multiplient, leurs actions sont relayées par la société civile.\n\n\n\nDe nombreux acteurs demandent aujourd’hui aux Etats d’agir pour qu’un cadre de régulation des activités des acteurs privés au regard de leurs impacts socioculturels, économiques et environnementaux\nC’est pourquoi, le CCFD-Terre Solidaire demande à l’État français et à travers lui, à l’Union européenne et aux institutions internationales, lorsqu’ils apportent leur caution ou financement à des investissements privés, en particulier dans leurs opérations de développement (G8, G20, AFD/PROPARCO, BEI), de poser des exigences plus fortes à l’égard des entreprises quant à leur responsabilité sociale, environnementale et fiscale.  Plus particulièrement en matière d’investissement dans l’agriculture, l’Etat doit s’assurer que les projets financés ne nuisent pas à la sécurité alimentaire des populations locales.\n\n\nAgriculture familiale, lutte contre les accaparements de terres : en faire de vraies priorités !\n\n\nLa France se place depuis longtemps  en première ligne de la défense des agricultures familiales (comme elle l’a encore réaffirmé à l’occasion du comité interministériel de juillet 2013 sur le développement). Il en va de même pour la lutte contre les accaparements de terre (via son implication dans l’élaboration ou la mise en œuvre des directives volontaires, comme l’a rappelé Pascal Canfin, Ministre du développement, en octobre 2012 et juin 2013). \nCes engagements politiques doivent aujourd’hui se retrouver dans les politiques et projet développés par la France. Il y a là un enjeu de cohérence de l’action de la France, en particulier via son agence de développement, mais aussi via les initiatives de développement portées à l’international comme la Nouvelle Alliance pour la Sécurité Alimentaire du G8. La France ne doit plus engager de financements, ou apporter sa caution, à des projets ne s’inscrivant pas dans ces priorités. Un fléchage spécifique des projets dédiés à l’agriculture familiale dans les financements alloués dans le secteur pourrait en permettre une meilleure évaluation.\n\n\nConcernant la lutte contre les accaparements de terres, la France doit mettre en place des cadres assurant l’application, aux projets qu’elle finance, des recommandations des directives volontaires pour une gouvernance responsable des régimes fonciers. Un investisseur, pour s’assurer qu’il respecte les droits fonciers légitimes , doit être en mesure de commanditer une étude spécifique permettant de mesurer l’impact foncier du projet, quelque soit le secteur :\n\n empreinte foncière et ressources du projet (surface concernée directement et dans la zone d’influence – c’est-à-dire en prenant en compte les  investissements environnant le projet comme les  infrastructures ; évaluation de l’utilisation des ressources, et prioritairement de l’eau ; évaluation du contexte foncier du projet rendant compte du taux d’utilisation des terres, du pourcentage de population rurale sans accès à la terre, des droits fonciers en vigueur ou revendiqués sur le territoire (y compris droits coutumiers et collectifs).\n\n\nC’est uniquement par ce biais que les acteurs du développement pourront s’assurer que le projet financé ne contribue pas à des accaparements de terres ou de ressources et ne détruit pas le tissu rural local.\n\n\nMettre en place des cadres assurant la responsabilité des investisseurs \n\n\nLa France ne doit plus engager de financements publics dans des initiatives portées par le secteur privé et pour lesquelles les conditions de responsabilité ne sont pas assurées. Elle doit donc d’ores et déjà :\n\n\n\n transposer le devoir de vigilance dans le droit national pour le rendre effectif afin que les bailleurs institutionnels finançant des investissements :\n\nveillent à ce  qu'une consultation préalable et effective des populations soit menée, pour s'assurer du respect de leurs droitsmènent des études d’impact social, environnemental et fiscal indépendantes, dans la phase de conception du projet et avant tout démarrage, intégrant  l’empreinte sur le foncier et sur les ressources et les mécanismes adéquats de révision voir d’annulation du projetgarantissent l’existence de mécanismes de recours pour les populations et les sociétés civiles, en cas de violation des droits et d’infraction aux règles internationales applicables aux entreprises \n\n\n\n imposer des règles de transparence  pour les entreprises. L’enjeu est d’obtenir que les entreprises paient des impôts là où elles ont des activités réelles. Les bailleurs institutionnels finançant des investissements doivent:\n\nexiger la transparence comptable pays par pays pour lutter contre l’évasion fiscale (liste exhaustive des activités, effectifs, chiffre d’affaires, bénéfices, impôts sur les bénéfices et subventions reçues)exiger la transparence sur les propriétaires réels des entreprises et autres « sociétés écran ».\n\n\nPar ailleurs la France doit pousser pour que ces recommandations relatives à la responsabilité de l’investisseur constituent le socle des principes pour des investissements agricoles responsables travaillés dans le cadre du CSA.\n\n\n\nAméliorer l’évaluation des impacts des projets\n\n\nComme les différents exemples de ce rapport l’ont montré, les bailleurs engagés au titre des initiatives de développement sont multiples, et plusieurs bailleurs publics peuvent ainsi devenir co-financeurs d’un même projet. Il est crucial aujourd’hui d’assurer une uniformité des cadres d’évaluation et de suivi entre les différentes institutions de développement afin de permettre une lecture transversale de leurs actions. \nIl est par ailleurs déterminant que les indicateurs d’évaluation correspondent à l’objectif poursuivi par un projet. Les agences doivent donc développer des indicateurs destinés à évaluer spécifiquement les impacts d’un projet sur la sécurité alimentaire, d’autant plus que la majorité des données sont aujourd’hui disponibles. Ces indicateurs devraient comprendre à minima, afin de répondre aux 4 piliers de la sécurité alimentaire que sont l’accès, la disponibilité, la régularité et la qualité de l’alimentation : \ntaux de malnutrition,  niveau et évaluation des prix des matières premières agricoles sur les marchés locaux et national, évolution des importations / exportations de denrées alimentaires, taux de production, évolution de la production vivrière, pouvoir d’achat des ménages, …\n\n\nL’impact des projets sur la souveraineté alimentaire ne devrait pas être étudié uniquement pour les projets agricoles mais plus largement pour l’ensemble des projets, lorsqu’ils ont un impact sur le territoire et les ressources (comme c’est le cas pour les infrastructures, les industries extractives minières ou pétrolières…).  Les propositions des centres de recherche en la matière devraient être intégrées aux travaux actuels concernant les investissements et la sécurité alimentaire."}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/fiche-1-jeune-entrepreneurs-alternatifs/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/fiche-1-jeune-entrepreneurs-alternatifs/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Fiche 1 : Jeune entrepreneurs alternatifs","datePublished":"2008-10-01T18:06:00+00:00","dateModified":"2021-09-17T06:46:56+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/fiche-1-jeune-entrepreneurs-alternatifs/"},"wordCount":555,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"inLanguage":"fr-FR","description":"Pressions sur les ressources naturelles de la culture du coton\n\n\n\nLa culture du coton compte parmi les plus intensives au monde, nécessitant généralement de grande quantité d’eau et de pesticides : engrais, herbicides, insecticides, fongicides… Étant souvent cultivé en monoculture, c'est-à-dire seule plante sur le terrain, et de manière répétée d’une année à l’autre, le coton appauvri petit à petit les sols et encourage alors d’autant plus l’usage des fertilisants. La monoculture permet aussi aux mauvaises herbes et aux insectes nuisibles de se reproduire plus facilement et de développer plus aisément une capacité de résistance croissante, obligeant l’agriculteur à utiliser toujours plus de pesticides. Au niveau mondial, la culture du coton utilise 5 % des terres agricoles et 25 % des pesticides chimiques. Quant à l’utilisation intensive de l’eau, la culture du coton peut être dévastatrice lorsqu’elle monopolise l’eau dans les régions à faibles précipitations. (in Coton, des vies sur le fil).\n\n\nRépartition de la richesse\n\nLorsqu’on achète un tee-shirt, un jean ou un pull, comment est réparti l’argent de notre achat entre les différents acteurs de la filière ? Combien pour financer le producteur de coton, l’ouvrier derrière sa machine à coudre, la star sur les affiches de pub ? Et à qui profitent l’ensemble des bénéfices réalisés ? Chez Wal-mart, géant de la distribution et plus grande entreprise mondiale en chiffre d’affaires, en 2003 le PDG, Lee Scott, gagnait en un mois l’équivalence de 1200 ans de salaire d’un ouvrier bangladais fabricant des chemises pour Wal-Mart dans l’usine Beximco. (in Coton, des vies sur le fil).\n\n\nConditions de travail dans les usines de confection textile :\n\n« Jusqu’à 16 heures de travail par jour, six ou sept jour par semaine, heures supplémentaires non payées, frais de nourriture déduits des salaires, amendes pour avoir parlé à son voisin, sorties de secours condamnées, maniement sans protection de produits toxiques, syndicalistes licenciés ou violentés… » (in Altermondialistes, moi ? Ritimo 2005). Alors que de nombreuses multinationales de l’habillement et des équipementiers sportifs se sont engagés à être plus attentifs, sur tout le long de la chaîne de production, de nombreux exemples dénoncent encore régulièrement les violations des droits fondamentaux au travail, dans les usines textiles sous-traitant des grandes marques. Par exemple la non indemnisations de plus de 10 000 salariés chez divers fournisseurs d’Adidas en Indonésie, qui ont fermé leurs portes pour faillite (Adidas, des baskets à quel prix ? Peuples solidaires).\n\n\nMonopole et diversité vestimentaire :\n\nGap, Zara, H&M, Diesel et autres Armani… sur quelle grande avenue, dans quelle capitale ? D’un bout à l’autre de la terre, les grandes enseignes de la confection monopolisent le marché, les vitrines et les affiches publicitaires de nos villes et s’affichent dans des centres commerciaux toujours plus grands et plus luxueux. Qu’en est-il alors de la survie des plus petits commerçants, des créateurs, designers et autres confectionneurs locaux ? Si au Sud les artisans du textile sont noyés sous les tonnes de fripes issues de la surconsommation vestimentaire du Nord, partout la diversité vestimentaire se fait peau de chagrin…\n\n> Expérience de Gleda, Les Ptit’ Libellules du coton burkinabé"}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/respect-des-droits-des-migrants-eva-joly/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/respect-des-droits-des-migrants-eva-joly/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Respect des droits des migrants &#8211; Eva Joly","datePublished":"2012-02-20T11:05:00+00:00","dateModified":"2021-12-08T11:48:25+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/respect-des-droits-des-migrants-eva-joly/"},"wordCount":562,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Migrations"],"inLanguage":"fr-FR","description":"« L’obsession gouvernementale des objectifs chiffrés d’expulsion, de la diminution de l’immigration régulière et du nombre de naturalisations doit cesser. Le respect des droits des étranger(e)s est un baromètre de notre santé démocratique. À cette fin, la France doit renouer avec son aspiration, celle du pays des droits humains, celle d’une terre d'accueil, de mobilité et d’enrichissement mutuel.\n\n- Les questions migratoires ne seront plus dépendantes du Ministère de l'Intérieur. Les ministères de la Justice, des Affaires étrangères, de l'Emploi et des Affaires sociales auront ensemble compétence sur les questions de l'asile, de l’immigration et des naturalisations. Les droits à vivre en famille, à la vie privée et aux soins médicaux seront pleinement respectés, comme le prévoient les principes généraux du droit français et les conventions internationales ratifiées par notre pays.\n\n- Il sera mis fin à l’arbitraire de la régularisation des sans papiers par le recours à des critères objectifs tels que la présence sur le territoire depuis plus de 5 ans, la scolarisation d’un enfant ou encore le fait d’avoir un travail. \n\n- Le placement en centre de rétention ne sera plus la règle mais l’exception. Il aura lieu seulement en cas de menace à l'ordre public ou de fort soupçon de délit de fuite. Les enfants, femmes enceintes, et personnes vulnérables ne devront en aucun cas y être assignées. Les pouvoirs d’intervention et de contrôle des associations dans les centres de rétention seront étendus.\n\n- Les nombreux obstacles financiers et administratifs imposés aux étudiant(e)s étranger(e)s seront levés. Leurs premières expériences professionnelles en France seront favorisées. \n\n- Le droit de vote sera accordé aux étranger(e)s non communautaires qui résident depuis 5 ans en France. La liste des emplois dont sont exclus les étranger(e)s sera réduite suivant les préconisations de la HALDE. » (programme présidentiel p. 40-41)\n\n\n\n\nNotre analyse\n\nEva Joly pointe du doigt la politique d’affichage et les pratiques visant à stigmatiser les immigrés et souhaite valoriser une approche apaisée et positive des migrations. Elle propose la fin d’une politique strictement sécuritaire (cessation des objectifs chiffrés, limitation du rôle du ministère de l’Intérieur et réforme des centres de rétention, etc.) et choisit d’aborder la question des migrations davantage sous l’angle de la politique d’insertion et d’intégration des immigrés (régularisation facilitée, regroupement familial facilité, droit de vote, démarches administratives facilitées, etc.). Le rôle de contrôle et de témoin des acteurs de société civile dans les centres de rétention est mentionné. \n\nEva Joly aborde la question sous un prisme strictement français et met de côté la nécessité d’une approche multilatérale et mondiale des migrations, qui était à l’origine très présente dans le projet de son parti. EELV y réaffirmait une vision mondiale et une «politique d’immigration permettant une autre approche des rapports Nord-Sud » (avec par exemple la ratification de la convention des Nations unies)."}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/la-liberation-du-pouvoir-du-secteur-prive/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/la-liberation-du-pouvoir-du-secteur-prive/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"La libération du pouvoir du secteur privé","datePublished":"2013-10-15T11:55:00+00:00","dateModified":"2024-09-25T15:28:01+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/la-liberation-du-pouvoir-du-secteur-prive/"},"wordCount":2360,"commentCount":1,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"inLanguage":"fr-FR","description":"L’agriculture a pendant longtemps été le parent pauvre des Investissements directs à l’étranger, qui  ne dépassaient pas un milliard de dollars dans ce secteur au début des années 90. Mais ces dernières années, la tendance s’inverse.\n\n\n\nDès 2009, la Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement, la CNUCED, notait ainsi une participation accrue des acteurs étrangers à l’agriculture [[Rapport sur l’investissement dans le monde – CNUCED - 2009]], sous la forme d'investissement direct ou de contractualisation avec les acteurs locaux (mode opératoire très fréquent dans l’agriculture). Les flux annuels ont ainsi triplé entre 1989-1991 et 2005-2007, pour atteindre 3 milliards de dollars. \n\nAinsi la CNUCED note la participation croissante des sociétés transnationales du secteur de l’agroalimentaire et de la grande distribution, particulièrement sous forme de contractualisation, soulignant qu’elles «s’impliquent surtout dans la production de cultures marchandes. Elles sont peu présentes dans les cultures de base, pourtant indispensables pour nourrir la population des pays en développement ».\n\nLes tensions en termes d’insécurité alimentaire, ressenties dès le début des années 2000, et qui ont éclaté au grand jour lors de la crise alimentaire et des émeutes urbaines de 2007-2008, semblent avoir provoqué un regain d’intérêt - tout du moins dans les discours - pour l’agriculture  non seulement des investisseurs publics (cf. chapitre précédent), mais aussi des acteurs du secteur privé.\n\nLa crise alimentaire de 2007/2008, concomitante à l’éclatement de la bulle spéculative et immobilière de 2008, a ainsi eu un effet collatéral majeur : la réorientation des acteurs financiers et investisseurs privés vers les marchés de matières premières agricoles. Pour Olivier De Schutter, rapporteur spécial des Nations Unies pour le droit à l’alimentation, « de nombreux indices révèlent que cette hausse des prix et que la volatilité des produits alimentaires s’expliquent en partie par l’émergence de nouveaux spéculateurs qui génèrent des bulles spéculatives » [[Spéculation sur les matières premières agricoles, La complicité des banques belges dans la spéculation sur l’alimentation, CNCD 11.11.11, 11.11.11, SOS Faim, Oxfam-Solidarité, RFA (Réseau Financement Alternatif), FAIRFIN – juin 2013 - http://www.cncd.be/IMG/pdf/2013-06_rapport_speculation_alimentation.pdf]] .\n\nLes acteurs financiers voient la volatilité des prix et donc les tensions persistantes sur les marchés agricoles comme une véritable aubaine. La réaction de Glencore, une des premières sociétés de courtage de matières premières, face à la hausse des cours de l’été 2012, l’illustre bien : « Concernant les perspectives pour le reste de l’année, l’environnement est bon : des prix élevés, une forte volatilité, beaucoup de troubles/cassures, beaucoup de possibilités d’arbitrage » [[Glencore sees opportunities in US drought, Reuters, août 2012 - http://www.reuters.com/article/2012/08/21/us-grains-glencore-idUSBRE87K0OY20120821]].\nL’ensemble des fonds indiciels sur les matières premières échangées à la Bourse de Chicago (place boursière principale pour le secteur) a donc explosé à partir de 2007-2008 [[Spéculation sur les matières premières agricoles, La complicité des banques belges dans la spéculation sur l’alimentation, CNCD 11.11.11, 11.11.11, SOS Faim, Oxfam-Solidarité, RFA (Réseau Financement Alternatif), FAIRFIN – juin 2013 - http://www.cncd.be/IMG/pdf/2013-06_rapport_speculation_alimentation.pdf]]. Dans un contexte mondial où tout indique une tension accrue sur les prix agricoles, l’arrivée de ces nouveaux investisseurs, qui privilégient les contrats à terme, impacte directement les marchés physiques et crée de fait un appel d’air pour une production agricole mondiale accrue.\nPour soutenir  ou plutôt « nourrir » cette forte augmentation des activités financières dans le secteur, les projets d’investissement dans l’agriculture des pays du Sud se sont donc multipliés – soit par des Etats, via des fonds souverains, désireux d’assurer leur approvisionnement, soit par des acteurs privés souhaitant directement revendre leur production sur les marchés mondiaux. Résultat : une ruée sur les terres et les ressources pour assurer la demande croissante, et gonflée de manière fictive, en matières premières.  \n\nPermettre à la population de se nourrir semble bien être le cadet des soucis de nombreux acteurs investissant dans l’agriculture… Pourtant on pourrait croire le contraire, quand on voit les grands acteurs du secteur privé s’engager également, ces dernières années, dans  les actions de « développement agricole » au Sud, avec des soutiens publics tant politiques que financiers. Les différentes banques ou agences ayant un mandat de développement (Banque Mondiale, Banque Européenne d’investissement, agences nationales de développement comme l’AFD,…) ont pour la plupart une branche spécifique dédiée au secteur privé, travaillant avec de nombreuses multinationales du secteur, et dont les capacités de financement ont été augmentées ces dernières années. Ainsi, par exemple, PROPARCO (la branche de l’AFD dédiée au secteur privé) a connu une explosion de son portefeuille de plus de 32% en cinq ans pour atteindre en 2011 plus de 2,6 milliards d’euros.\n\n\nLa Société de Promotion et de Participation pour la Coopération Économique  (PROPARCO) est la branche de l’AFD dédiée au secteur privé. « Sa mission est de favoriser les investissements privés dans les pays du Sud, en faveur de la croissance et du développement durable. Elle intervient dans les pays émergents et en développement à travers une gamme complète d’instruments financiers  ».  Institution financière de développement, PROPARCO  se concentre « sur le soutien direct aux entreprises, l’appui aux intermédiaires financiers et le développement des infrastructures » tout en promouvant les plus hauts standards en termes de responsabilité sociale, environnementale et financière. Enfin, PROPARCO déclare se positionner en complément de l’offre commerciale et répondre aux insuffisances de marché : « ses financements ont vocation à démontrer la viabilité des solutions privées dans des domaines novateurs ou dans des secteurs et régions jugés trop risqués par les investisseurs ».\nPROPARCO est conjointement détenue par l’AFD (à hauteur de 57%) et par des actionnaires privés des pays du Nord et des pays en développement, qui sont généralement des organismes financiers français et internationaux, des entreprises, des  fonds d’investissement et des fondations. Les outils d’intervention sont les prêts et les garanties, les participations directes et indirectes. \nEn 2012, le portefeuille de PROPARCO s’élevait à plus de 3 milliards d’euros . Pour le secteur de l’agriculture et de l’agro-industrie, il s’élèverait à  230 millions d’euros au 31 décembre 2012. Et Les projets agricoles et agro-industriels représentaient 12% des signatures de PROPARCO en 2012 [[Rapport annuel 2012 – PROPARCO – p.27]].\nS’inscrivant dans la politique de maîtrise des risques sociaux et environnementaux du Groupe AFD, PROPARCO s’appuie également sur des critères d’exclusion spécifiques, qui doivent empêcher le financement d’un projet qui contreviendrait à l’un d’eux.\n\nDe grandes entreprises deviennent même les piliers d’initiatives de développement dédiées à la sécurité alimentaire comme l’illustre la Nouvelle Alliance pour la Sécurité Alimentaire et la nutrition. Lancée en 2012 par les Etats membres du G8, elle vise à renforcer les investissements dans 10 pays [[2012 : Burkina Faso, Cote d’Ivoire, Ethiopie, Ghana, Mozambique, Tanzanie - 2013 : Malawi, Nigeria, Bénin – Sénégal annoncé]] en mettant l’accent sur l’accélération de l’apport de capitaux privés, dont des dizaines de multinationales. Appuyée par des investissements publics,  la «  libération du pouvoir du secteur privé », est présentée comme la clé pour éradiquer la faim en Afrique.   \n\n\nLa Nouvelle Alliance du G8 : sécurité alimentaire ou business as usual ?\nEn mai 2012 le Président des États-Unis, Barak Obama, a dévoilé ses plans pour mettre en place une Nouvelle Alliance pour la sécurité alimentaire et la nutrition en Afrique. Lancée lors du Sommet de Camp David, la Nouvelle Alliance (NA) est un partenariat entre le G8, l’Union africaine, le Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD), son Programme détaillé pour le développement de l’agriculture africaine (PDDAA), les gouvernements d’états africains concernés et près d’une centaine d’entreprises  nationales et internationales.  Objectif affiché : aider 50 millions de personnes en Afrique sub-saharienne à sortir de la pauvreté et de l’insécurité alimentaire d’ici 2022. Pour cela, les Etats membres du G8 ont souhaité mettre l’accent sur « l’accélération de l’apport de capitaux privés » [[Conseil européen (2012), L’UE au G8 : Agir ensemble, http://www.european-council.europa.eu/home-page/highlights/eu-at-g8-acting-together?lang=fr]] , afin d’assurer une  « croissance économique solide et inclusive » [[Maison-Blanche (2012), Fact Sheet: G-8 Action on Food Security and Nutrition, www.whitehouse.gov/the-press-office/2012/05/18/fact-sheet-g-8-action-food-security-and-nutrition]] pour le secteur agricole africain.\nMais qui sont ces acteurs privés ? En majorité  des multinationales (67 projets portés par 34 entreprises internationales et 3 alliances internationales d’entreprises  - Cargill, Monsanto, Syngenta, Nestlé, Louis Dreyfus Commodities, Compagnie Fruitière, Rabobank, Groupe CIC, …  - et dans une moindre mesure des entreprises nationales (45) portant un projet. On compte sur les doigts d’une main les projets de coopératives ou associations de producteurs locaux [[Le G8 et sa Nouvelle Alliance:  une menace pour la sécurité alimentaire et nutritionnelle en Afrique ? – ACF, CCFD, GRET, Oxfam, Peuples Solidaires, Réseau Foi et Justice – juin 2013]].\nLa NA a ciblé pour sa première année six pays africains - le Burkina Faso, la Cote d’Ivoire, l’Ethiopie, le Ghana, le Mozambique et la Tanzanie – et a défini pour chacun des cadres de coopération. Pour l’ensemble de ces pays, le secteur privé s’est engagé à investir 3,5 milliards de dollars. Les engagements financiers des Etats membres du G8  - destinés à soutenir ces investissements privés - représentent près de 2,5 milliards de dollars. Les Etats-Unis sont le premier contributeur, suivi par l’Union européenne et la France. Le gouvernement français semble avoir aujourd’hui pris la mesure de cette contradiction, comme l’a souligné récemment Pascal Canfin, Ministre du Développement :  « La Nouvelle Alliance affronte les critiques de nombreux intervenants (ONG, Organisations d'agriculteurs,...). Ces remarques doivent être prises en compte et il nous faut définir précisément nos actions pour démontrer que la Nouvelle Alliance est faite pour les petits producteurs africains et non pas uniquement pour les entreprises multinationales ».  [[Déclaration de M. Pascal Canfin, à New York le 23 septembre 2013. Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 26 septembre 2013]] \nLors du dernier sommet du G8 en Angleterre en juin 2013, 4 nouveaux pays ont rejoint l’Alliance : Ghana, Nigeria, Malawi et Sénégal.\n\nLe secteur privé occupe par ailleurs et de plus en plus les espaces de gouvernance. Au niveau international, au sein du Comité sur la Sécurité Alimentaire Mondiale, un mécanisme du secteur privé a été créé – coordonné par le Réseau international de l’Agroalimentaire (IAFN - International Agri-Food Network) qui regroupe des acteurs privés de plus de 135 pays [[Plus d’informations : http://www.agrifood.net/]]. De même, les entreprises participent dans les instances de décision des Institutions financières de développement, nationales et internationales. \n\nEnfin, dans un contexte de crise économique, elles bénéficient également d’une attention spécifique au niveau national avec par exemple en France la création en mars 2013 au Ministère des Affaires Etrangères d’une direction dédiée aux entreprises et à l’économie internationale. La mise en place de cette direction est destinée à mettre en œuvre la nouvelle stratégie de diplomatie économique  du gouvernement français.\n\nLa CNUCED prévoit un renforcement de la tendance à l’investissement privé dans l’agriculture, sur le long terme [[Rapport investissement CNUCED 2009 et 2011 consultable sur www.cnuced.org/investissement]]. Les investisseurs des pays en développement émergents sont également devenus des sources importantes d’acquisitions internationales. En 2008, leurs achats nets à l’étranger s’élevaient à 1,57 milliard de dollars, soit plus de 40% du total mondial (3,56 milliards de dollars) .Et de nombreux projets d’investissements agricoles menés par ces acteurs dans les pays en développement ont déjà fait parler d’eux. Le projet de la firme sud-coréenne Daewoo logistics à Madagascar qui avait annoncé en 2009 avoir obtenu un accord pour louer 1,3 millions d’hectares pour une durée de 99 ans avait provoqué un tollé. Et les exemples similaires sont aujourd’hui nombreux : les projets de Pétrobras, société brésilienne, pour la production d’agrocarburants en Afrique centrale, les investissements indiens et indonésiens dans les fleurs ou les haricots en Afrique de l’Est,….\n\n\nEncart Secteur privé : qui est qui ?\nL’expression « secteur privé » recouvre une diversité de réalités: de la famille paysanne à  la tête de son exploitation, à la multinationale de l’agroalimentaire détenant des succursales dans des dizaines de pays, et recouvre sans distinction l’investisseur national ou étranger, la PME/PMI, … Ce flou subsiste dans les textes travaillés au niveau international, alors que cette diversité d’acteurs exigerait de différencier les leviers politiques et financiers pour les soutenir. \n\nPour autant, concernant la participation tant dans les espaces de gouvernance que dans les initiatives de développement, la différenciation des acteurs est plus simple. Les agriculteurs familiaux participent le plus souvent en tant que société civile ou reçoivent des financements à titre associatif.  Par contre, sous l’intitulé secteur privé, on retrouve les plus gros acteurs du secteur (voir encadré Nouvelle Alliance)  ou des alliances regroupant majoritairement de grands producteurs ou industriels Pour l’IAFN, il s’agit de CropLife International, Grain and Feed Trade Association (GAFTA), Alliance internationale des coopératives (ACI), Fédération internationale de laiterie (FIL), Fédération internationale pour la santé animale (IFAH) Association de l'industrie des engrais (IFA), Fédération internationale des semences (ISF), Organisation mondiale des agriculteurs (WFO)."}
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Une interview de Christian Cannuyer, professeur à la faculté de théologie de l’université catholique de Lille et président de la Société belge d’études orientales, auteur de \"L’Égypte copte, Les chrétiens du Nil.\" \n\n\n\n\nFDM : Pouvez-nous rappeler qui sont les chrétiens d’Égypte ? \n\nChristian Cannuyer : Lors de leur arrivée en Égypte au VIIe siècle, les Arabes désignèrent les chrétiens de l’Église d’Alexandrie sous le nom de « coptes » qui signifie tout simplement « Égyptiens ».  Aujourd’hui, on estime que les coptes constituent de 6 à 10 % de la population égyptienne. Comme dans les autres pays du Moyen-Orient, une bourgeoisie chrétienne ainsi qu’un réseau éducatif fréquenté par de nombreux élèves musulmans leur donnent une certaine influence. Mais il existe aussi une masse copte très pauvre, avec un faible niveau d’éducation, dans les campagnes et les bidonvilles des grandes villes. \n\n \nQuelle était leur situation sous le régime de Moubarak ?\n\nLes coptes ont d’abord souffert comme tous les Égyptiens de  la dégradation effroyable de la situation économique et de l’accaparement par une caste prédatrice de tous les dividendes de la croissance économique. \nEnsuite, il est vrai que les discriminations à l’égard des chrétiens se sont accrues. Ils se sont vu régulièrement interdire de construire de nouveaux lieux de culte ou même d’entreprendre les moindres travaux d’entretien ou de rénovation de leurs infrastructures paroissiales. Les coptes considèrent aussi que la discrimination passe par un système d'enseignement entièrement  islamisé, par la difficulté pour les chrétiens d'accéder à des fonctions d’autorité et par le fait que des pamphlets anti-coptes soient publiés impunément.\nLe régime  de Moubarak était incapable de dépasser les questions communautaires et d’amorcer l’évolution vers une véritable citoyenneté. Tout  se  passait comme si  le pouvoir attisait le conflit entre les coptes et les islamistes afin d’apparaître comme le seul garant de l’unité nationale et de perpétuer un état d’urgence en brandissant le spectre d’une prise de pouvoir par les frères musulmans.\n \n\nÀ la veille de la révolution, quel a été l’impact de l’attentat contre l’église Saint-Pierre-Saint-Paul d’Alexandrie, lors de la messe du 31 décembre 2010, qui  fit vingt-trois morts et plus  de  quatre-vingts blessés ?\n\nLe retentissement de cet attentat a été très important. Pour les coptes d’abord, qui disaient avoir désormais peur de tous  les  musulmans, ne plus avoir confiance en l’Égypte, songer à l’émigration… Lors des funérailles, les quelque  cinq mille fidèles présents ont refusé d’accepter les  condoléances du président Moubarak en criant « Non, non, non ! ». À ce moment-là, on pouvait se demander si on n’était pas à la veille d’un conflit de grande ampleur entre chrétiens et musulmans d’Égypte, d’une « révolte copte » qui mettrait les chrétiens en plus grand danger encore.\nMais les manifestations qui ont commencé à embraser l’Égypte rassemblaient aux côtés des coptes un nombre étonnant de musulmans qui – fait nouveau – criaient leur refus du terrorisme et de l’intolérance religieuse. La colère des coptes à laquelle se joignait celle des musulmans révélait à quel point le peuple d’Égypte n’était plus dupe de la stratégie de division à laquelle s’employait depuis si  longtemps le régime pour assurer son pouvoir.\nToutes les analyses qui incriminaient le régime prennent davantage de relief aujourd’hui qu’il semble avéré, grâce à une fuite provenant des services secrets britanniques, que l’attentat  contre l’Église d’Alexandrie fut en fait commandité par le ministre de l’Intérieur, Habib el-Adly…\n \n\nLa révolution égyptienne a donc apporté une bouffée d’air indispensable aux coptes ?\n\nLa « révolution du 25 janvier » a en effet surpris par son ampleur et son orientation très citoyenne, sauf peut-être  à Alexandrie où la présence importante des frères musulmans dans certaines manifestations a découragé des coptes d’y participer. Cette messe copte orthodoxe qui fut célébrée sur la place Tahrir le 6 février, sous la protection de jeunes insurgés musulmans  est un symbole incroyable de la symbiose entre manifestants des deux confessions au début de la révolution ! Pour la première fois depuis longtemps, on éprouvait le sentiment que quelque chose de radicalement nouveau était en train d’éclore, qui pourrait bien déboucher pour ces communautés chrétiennes sur la perspective d’un avenir meilleur. \n \n\nLes coptes ont-ils tous soutenu la révolution ?\n\nEn réalité, dès les premiers jours de l’intifada, le pape Shenouda III a assuré Moubarak de son soutien total et enjoint à ses ouailles de ne pas se mêler aux protestations. Mais un grand nombre de coptes orthodoxes, surtout des jeunes, ont passé outre aux ordres de leur pape, et se sont retrouvés sur le pavé avec leurs concitoyens musulmans. : « Le pape ne devrait pas parler de politique » disaient-ils.\nLe déficit de citoyenneté, a, en effet entraîné ces dernières décennies un repli des milieux laïcs coptes, qui avaient été très présents sur la scène sociale et politique dans  la première moitié du 20e siècle. L’Église – comme du reste la mosquée – est devenue l’instance communautaire par excellence et s’est volontiers crue le seul porte-parole autorisé de la « conscience copte ». Il  se pourrait que pour s’être compromise dans le soutien à Moubarak, l’Église copte  rencontre aussi l’opposition croissante d’une jeunesse laïque plus ouverte sur le monde et la modernité.\n \n\nMalgré les espoirs portés par la révolution, on a vu que de nouveaux affrontements communautaires ont à nouveau provoqué plusieurs morts le 8 mars dernier au Caire ?\n\nEffectivement une vengeance liée à un problème d’honneur (le târ) suite à la liaison d’un copte avec une musulmane a déclenché une réaction épidermique dans un quartier très pauvre au Caire et l‘incendie d‘une église. L‘affaire a dégénéré en rixe et provoqué l’intervention de la police, très liée à l’ancien régime, qui aurait apparemment plutôt mis de l’huile sur le feu. Le bilan a été très lourd. En tout, une quinzaine de morts et des blessés graves.\nIl est pourtant significatif que des centaines de coptes et aussi beaucoup de musulmans aient alors manifesté publiquement pour protester contre ces violences place Tahrir. La gravité de l’incident n’a pas mis en péril la dynamique des processus engagés. \nLe problème est qu’il y a aujourd’hui un grand risque de dérégulation sociale avec un climat d’insécurité général. Le régime a ouvert les prisons et les agressions sont nombreuses. Les maux structurels de l’Égypte, à savoir une injuste répartition économique, une police corrompue et un système éducatif de très mauvaise qualité, restent entiers. Ils sont à même de générer des violences manipulées par les fondamentalistes ou des partisans de l'ancien régime, dont les chrétiens peuvent être les premières victimes."}
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Bien sûr, ce passage est loin d’avoir converti tous les coeurs. Mais le succès rapide d’une expression telle que le « développement durable » témoigne de profondes mutations en cours.\nPartout, la manifestation de plus en plus évidente des limites du modèle économique dominant actuel s’impose. Épuisement, corruption, pollution, forment un fil rouge de l’actualité qui s’exprime aussi bien dans la mondialisation économique que dans les réalités environnementales. Et à chaque fois, ce sont les communautés les plus faibles qui en souffrent le plus : communautés humaines des régions pauvres mais aussi formes animales et végétales rares ou sauvages, détruites à grande échelle.\n\n\n\n\n « L’Église a une responsabilité envers la Création et doit la faire valoir publiquement aussi. » \nPape Benoît XVI , encyclique L’Amour dans la vérité, § 5\n\nDe cette prise de conscience des effets pervers de nos pratiques actuelles, des conversions peuvent finalement émerger.\nSi dans les milieux chrétiens, beaucoup de fidèles l’ont bien compris sur un plan personnel, les structures ecclésiales manifestent encore une prudente inertie. Pourtant, depuis trente ans, les grands discours des papes ont bien dénoncé les dangers de la crise écologique en cours, analysée comme une crise éminemment morale.\n L’encyclique Caritas in veritate du pape Benoît XVI reconnaît clairement le souci écologique comme un nouveau pan de la doctrine sociale de l’Église à côté des thématiques traditionnelles de la paix, de la justice, du travail ou de la famille. \nEntre « développement intégral » et « écologie humaine », les chrétiens sont urgemment invités à manifester leur cohérence de vie et de foi dans ce domaine.\n\nReste donc maintenant à mettre collectivement ces appels à l’œuvre dans le tissu ecclésial lui-même. \nUn document récent (2012) des évêques de France proposait quelques pistes simples pour agir[[Conférence des évêques de France (CEF), Enjeux et défis écologiques pour l’avenir, Bayard-Cerf-Fleurus-Mame, Collection « Documents d’Église », 80 p..]] \nMais il faut bien reconnaître que le texte est resté souvent lettre morte dans la multitude des urgences pastorales. \nPeut-être que les temps liturgiques de la conversion, comme celui du carême, pourront jouer là leur rôle d’aiguillon  ? \nDéjà, dans le monde, des conférences épiscopales ou des mouvements donnent à cette occasion des pistes concrètes pour changer de modes de vie. \nEn France, une campagne récente pour vivre un « carême sans viande » montre que la transition écologique constitue d’abord un appel à plus de cohérence et à la joie d’une vie enracinée dans une sobriété plus heureuse. \nEt, depuis le 1er juillet 2014, une invitation à vivre un jeûne volontaire chaque premier jour du mois, se poursuit pour mobiliser les consciences aux décisions à prendre au cours du sommet climatique qui se déroulera à Paris en fin d’année[[ Plus d’informations sur le site : http://chretiensunispourlaterre.wordpress.com/category/jeune-pour-le-climat/.]]\n\n\nUne Église qui accompagne la créativité sociale \n\nCette cohérence passe aussi par une articulation plus assumée entre notre respect dû à la Création et notre espérance de salut manifestée dans le Christ à la lumière de ce que les premières communautés chrétiennes expérimentaient déjà par le partage et la mise en commun des biens. \nSi, comme le rappellent souvent ses responsables, l’Église catholique n’a pas de solution toute faite aux défis actuels du réchauffement climatique ou de la perte de la biodiversité mondiale, elle doit cependant assumer sa prétention à être « experte en humanité ». \nEt cela passe par la capacité à faire confiance aux lieux de créativité sociale, comme elle l’a toujours fait dans les temps de crise. C’est comme cela qu’elle peut faire émerger (ou accompagner) des contre-modèles économiques, des solidarités d’un nouveau genre et des lieux concrets aux modes de vie prophétiques.\nLà, la force de son réseau mondial peut jouer un dans la presse grand rôle dans la diffusion de bonnes et audacieuses pratiques, par la force de l’exemple vécu. \nLa mobilisation du réseau jésuite, depuis 2011, dans ce domaine, montre que cela est possible à grande échelle dans des institutions très diverses [[Suite à leur chapitre général, où de toute part il a été demandé de travailler les enjeux des défis environnementaux actuels, la Compagnie s’est mise au travail, publiant quelques mois plus tard un document stimulant, intitulé « Guérir un monde brisé », invitant notamment toutes les communautés, écoles et institutions jésuites à devenir acteur du changement en ce domaine.]]\n\nMais, pour cela il faut rappeler que la conversion écologique qu’il faut désirer pour nos Églises ne constitue pas en soi une nouvelle idéologie à laquelle l’Évangile devrait se plier.\nIl s’agit plutôt d’une bonne nouvelle pour tous, puisqu’elle nous invite à redécouvrir en profondeur la cohésion profonde entre le projet créateur et l’œuvre de salut du Dieu de Jésus-Christ pour ce monde. \nLutter pour le respect des droits des humains ne peut plus se faire sans respecter leur terre et le monde naturel qui les accueille. \nSinon, comment prétendre gérer durablement les biens communs que sont l’accès à l’eau, à la terre, aux semences, à l’énergie pour tous les vivants ? \nCette conversion passera nécessairement par un changement de regard. Cela se vit par exemple quand on réalise que la nature ne nous « environne » pas mais que, à notre place singulière, nous en faisons intégralement partie. C’est bien de ce monde dont nous nous nourrissons. C’est de lui que nous tirons les biens de notre vie quotidienne. C’est à lui que nous confions nos restes.\n \nLe pape François le rappelle depuis le début de son ministère : à la société du « déchet » (social et environnemental) que nous avons créé[[Texte de l’audience générale du 5 juin 2013.]], il est urgent de répondre par un projet plus humble et plus attentif au grand mystère de la vie que nous partageons tous. Pour le bien de la communauté de tous les vivants de cette terre."}
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NON aux accords de réadmission des expulsés ! NON aux accords de pillage de l’Afrique dits de partenariat économique (APE) ! Soutenons la marche de la dignité des sans-papiers de Paris à Nice !\n\n\n« Naan lara an sara » Si nous nous couchons, nous sommes morts\nJoseph Ki Zerbo\n\n\n\n1.\tSENS ET ENJEUX DE LA RENAISSANCE AFRICAINE\n\n\nUn homme, une femme, un enfant, pétris dans des tonnes d’un bronze qui capte la lumière, se dressent vers l’Amérique et l’Europe, symbolisant une Afrique noire fière et debout, traitant d’égale à égale avec l’Occident.\n\n\nCet homme, cette femme et cet enfant,  figés dans ce mouvement, ont assurément du sens en ce début de XXIe siècle où notre inhumanité nous est encore signifiée.\n\n\nUn nombre considérable de défenseurs de la dignité humaine bafouée à travers l’esclavage, le colonialisme et le néolibéralisme, dont de nombreux artistes et intellectuels avisés auraient pu être présents à Dakar le 3 avril 2010, auraient pu être de cœur avec le Président sénégalais et les dix neuf autres chefs d’État africains lors de l’inauguration du monument de la Renaissance africaine, si seulement l’exigence de la libération du continent de toutes ses chaînes, celles d’hier et d’aujourd’hui, avait été mise en avant.\n\n\nLa fête en aurait été fort belle !\n\n\nMais qui attire la lumière attire aussi la foudre.\n\n\nEt nos dirigeants, tous pétris dans le bronze de leurs ambitions souvent démesurées, se ressemblent dans leur amour des infrastructures prestigieuses et coûteuses comme dans leur souci de rattraper les autres, nos anciens maîtres et à présent les émergents.\n\n\nIls s’exposent nécessairement à la colère de leurs peuples en désarroi parce qu’en danger de mort, faute de revenu décent, de nourriture saine et suffisante, de soins de santé, de logement et de perspectives d’avenir.\n\n\nLa taille visiblement monumentale de la statue de Dakar, son coût incontestablement trop élevé, les modalités forcément ambigües de son financement, sa réalisation par des Nord-Coréens là où Ousmane Sow, l’une des fiertés de l’Afrique, aurait excellé, \nsuscitent des questions légitimes et bien des inquiétudes quand on considère l’immensité des besoins non satisfaits des Africains, en l’occurrence, les femmes et les enfants, les jeunes diplômés et non diplômés souvent sans emploi, les élèves et les étudiants qui manquent de tout, les malades et les migrants. \n\n\nEn nous demandant de nous approprier cette statue, le Président Abdoulaye Wade nous facilite le travail de va-et-vient entre le local et le global, entre l’Afrique et le monde.\n\n\nUn tel travail s’impose dans l’indispensable examen du bilan du cinquantenaire de nos indépendances. \n\n\nLa tournure actuelle du débat sur l’imposant monument, et d’une manière générale sur le cinquantenaire, tend à masquer des questions économiques, politiques, sociales et écologiques majeures. \n\n\nIl en est ainsi du sens de l’Histoire tel qu’il se révèle, ici et maintenant, à la lumière de la crise du libre-échange que nos États ont endossée en camisole de force mais que la quasi-totalité de la classe politique revendique à présent. \n\n\nÀ quel moment commencerons-nous à doter les citoyens, notamment les femmes et les jeunes, d’outils d’analyse, de telle sorte qu’ils puissent s’imprégner des enjeux des mutations en cours et défendre leurs intérêts ? \n\n\nA quand le débat public de fond sur le lien entre le capitalisme mondialisé et le fardeau de la dette, la faim, le chômage massif et chronique, l’émigration forcée,\nle meurtre des innocents, les camps de refugiés et le viol des femmes ?\n\n\nLa renaissance africaine est-elle crédible sans envisager la reconstruction de notre moi profond blessé, de nos économies laminées, de nos terroirs ravagés ? \n\n\n2.\tQUI SOMMES-NOUS AU TERME DE 50 ANS DE TENTATIVE DE LIBERATION ?\n\n\nL’érection, sur l’une des Mamelles de Dakar, d’un monument qui symbolise la renaissance africaine ravive nécessairement le débat sur la nature et l’évolution des relations entre nos pays et la France, cette puissance coloniale, dont nous avons voulu nous libérer de l’emprise. \n\n\nRavalement de façades et manifestations festives n’étanchent pas notre soif de vérité, d’humanité et de dignité.\n\n\nA la question ontologique et légitime « Qui sommes-nous ? », question qui hante nécessairement les esprits dans un monde de plus en plus perturbé et violent, le Président français Nicolas Sarkozy, le 26 juillet 2007 à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, avait cru devoir répondre en réaffirmant la supériorité blanche et la nécessité de la mission civilisatrice.\n\n\nNulle part ailleurs au monde, jamais auparavant, un Président français ne s’était montré sous ce jour sombre qui dispute à la nuit coloniale, si arrogant, si condescendant, si méprisant.\n\n\nMots mâchés, crachés, par son nègre qui persiste et signe.\n\n\nLe discours de Dakar est le fondement idéologique de la politique africaine de l’ancienne métropole qui, en 50 ans, a parfois changé de méthode mais pas de dessein. \n\n\nUne politique faite d’ingérence, de mensonges et de violences politique, institutionnelle, policière et militaire. \n\n\nLa violence est bien entendu symbolique. \n\n\nElle vise sur ce plan à nous inculquer le sentiment de notre échec, un échec qui serait dû à nos institutions, à nos valeurs de société et de culture jugées rétrogrades. \n\n\nIl nous est ainsi jeté au visage que « le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’Histoire ». \n\n\nLe refus de toute repentance, afin de ne pas répondre des crimes d’hier et de justifier des ingérences et des prédations d’aujourd’hui, fait dire au Président français que \n« la colonisation fut une faute qui fut payée par l’amertume et la souffrance de ceux qui avaient cru tout donner et qui ne comprenaient pas pourquoi on leur en voulait tant ». \n\n\nA nos enfants, lui qui lie immigration et identité nationale n’omet pas de demander \nd’ouvrir les yeux, de ne plus regarder la civilisation mondiale comme une menace,\ncomme l’ont trop souvent fait leurs aînés.\n\n\nLa mondialisation néolibérale, cette « merveilleuse » aventure dont le continent noir serait le grand perdant, est aujourd’hui l’incarnation de cette « Histoire », puisque « Jamais l’homme (africain) ne s’élance vers l’avenir. Jamais il ne lui vient à l’idée de sortir de la répétition pour s’inventer un destin ».\n\n\nLe libéralisme triomphant que le Président français avait en tête au moment où il s’adressait en ces termes aux Africains est aujourd’hui dans l’impasse.\n\n\nComme ici, là-bas la précarité, le chômage, la pauvreté s’aggravent.\n\n\nComme ici, là-bas un grand nombre de citoyens ne voient plus la nécessité de la démocratie représentative, puisque les élus transfèrent à d’autres instances les pouvoirs que les peuples leur confient.\n\n\nLes 50 ans à venir seront de larmes, de feu et de sang si les dirigeants africains continuent de faire la part belle aux investisseurs étrangers en ignorant royalement l’appel au secours de leurs peuples en désarroi. Défaillant et mortifère là-bas où des garde-fous existent encore, le capitalisme prédateur est tout simplement calamiteux sous nos cieux.\n\n\n3.\tLA FRANCE DE L’IMMIGRATION CHOISIE ET LE CINQUANTENAIRE\n\n\nTout aussi explicite que le discours de Dakar est la chasse à l’ennemi subsaharien. \n\n\nElle est à l’aune à laquelle les pays africains qui commémorent le cinquantenaire de leurs indépendances devraient évaluer le chemin parcouru tant à l’intérieur de nos frontières que dans nos relations avec la France.\n\n\nEn septembre et octobre 2005, traités « d’illégaux » et de « clandestins », des centaines de jeunes originaires du Mali, du Cameroun, de la République Démocratique du Congo (RDC)… erraient au Maroc, en quête d’Europe. \n\n\nIls ont fini par escalader les murs de barbelés des enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla. \n\n\nLeur audace a été réprimée dans le sang. Les chiffres officiels font état de quatorze morts et de plusieurs centaines de blessés.\n\n\nLes arrestations et les expulsions qui ont immédiatement suivi se sont déroulées avec la même violence et des centaines de jeunes ont été abandonnés dans le désert, sans eau ni nourriture. \n\n\nLa criminalisation des migrants originaires des anciennes colonies françaises venait de franchir un tournant grave et sans précédent. \n\n\n« Personne ne veut de nous », relevait l’un des refoulés. \n\n\nLeur quête d’Europe se nourrissait d’une certaine idée de la France, celle d’une alliée potentielle dans un monde incertain, injuste et violent.\n\n\nAujourd’hui, les refoulés, les expulsés et tous les assignés à résidence s’interrogent nécessairement sur le sens d’une indépendance qui, en 50 ans, ne garantit pas à tous la liberté de mouvement et qui continue de saigner à blanc l’Afrique. \n\n\nCombien sont partis mais jamais arrivés ? Combien, dont les familles et spécialement les mères attendent et espèrent ?\n\n\nSous les dunes de sable et les cailloux des déserts, ils se dessèchent ou dorment à jamais dans l’Atlantique et la Méditerranée.\n\n\nCes hommes, ces femmeset ces enfants, de chair et non de bronze, veulent circuler librement mais deviennent des sans-papiers quand ils parviennent à franchir les murs de barbelés de l’Europe rêvée. \n\n\nDétention, rétention, expulsion, réadmission par la force sur le premier sol où ils ont posé le pied.\n\n\nCoalition d’une Europe mondialisatrice mais frileuse, dont les pays rejettent ceux qu’ils privent de papiers, se les repassent comme des pierres brûlantes dont ils construisent un mur toujours plus haut, vingt ans après la chute de celui de Berlin.\n\n\nLa France abriterait ainsi quelques 122 zones d’attente où 98 % des demandeurs d’asile sont retenus et à partir desquelles les expulsions ont lieu.\n\n\nQuel est le sens des indépendances africaines pour les migrants qui vivent dans l’ombre et la peur ou qui croupissent dans les camps de rétention externalisés ?\n\n\nL’Europe ne les reconnait pas, ne les respecte pas, et l’Afrique fait semblant de ne pas les connaître !\n\n\n4.\tLE TETE-A-TETE FRANCO-AFRICAIN\n\n\nLe Président français veut, semble-t-il, faire du cinquantenaire un levier et un tremplin en vue de resserrer avec les anciennes colonies d’Afrique le lien « historique », « spécifique », « unique », « privilégié » et « affectif » qu’elles entretiennent avec l’Hexagone. \n\n\nLes deux temps forts de cette célébration de « la fidélité », de « l’amitié » et de « la solidarité » sont le prochain Sommet Afrique / France qui aura lieu à Nice les 31 mai et 1er juin 2010 et le défilé du 14 juillet 2010, auquel sont invités, en plus des chefs d’État, des détachements militaires des anciens territoires d’Afrique noire qui ont contribué à la libération de la France durant les guerres de 1914-1918 et de 1939-1945. \n\n\nTam-tam, tambours et balafons résonneront dans l’Hexagone pour conforter l’illusion \nselon laquelle nos États sont souverains dès 1960 et, depuis, aidés par la France à se développer. \n\n\nLes morts, - qui ne sont pas morts comme l’évoque Birago Diop - peuvent désespérer des vivants quand les causes pour lesquelles ils ont payé de leurs vies sont sacrifiées.\n\n\nFaut-il rappeler que, malgré les faits d’armes des coloniaux, ce sont des troupes soigneusement blanchies qui, en 1945, ont défilé sur les Champs Élysées pour célébrer la victoire de la France sur les Nazis.\n\n\nFaut-il se souvenir de l’amertume des Tirailleurs quand ils découvrirent, après la démobilisation, qu'ils devraient se satisfaire au mieux de pensions inférieures à celles de leurs compagnons d'armes européens, au pire d’un silence humiliant, enterrant vivants ceux qui s’étaient engagés corps et âmes pour défendre une ingrate « mère patrie », inhumant une deuxième fois dans le linceul de l’oubli les nombreux morts tombés au champ d’horreur.\n\n\nAllons-nous ajouter un insupportable fardeau moral à l’immense désespoir des jeunes générations victimes d’une mondialisation inégalitaire et violente, qui permet à l’Europe de s’octroyer le droit de trier, de refouler et d’expulser ceux dont elle estime ne pas avoir besoin ?\n\n\nA la faveur du libéralisme mafieux et mortifère et avec l’aide de chefs d’État aux ordres, la France a réussi à s’emparer de bien des secteurs stratégiques des économies de ses anciennes colonies.\n\n\nLes grands groupes français tirent des profits juteux des secteurs pétrolier (Total), \nminier (l’uranium avec Areva), du bâtiment, du transport ferroviaire (Bouygues) et aérien (Air France), de l’eau et l’électricité (Bouygues, Electricité de France, la Lyonnaise des Eaux, Vivendi), des télécommunications (Bouygues, Orange) et des banques (Banque Nationale de Paris, Société Générale, Crédit Lyonnais). \n\n\nLoin d’être une survivance coloniale, le franc des « Colonies Françaises d’Afrique » (CFA), en devenant celui de la « Communauté Financière Africaine », traduit la continuité entre hier et aujourd’hui. \n\n\nNous ne confions pas seulement l’essentiel de nos réserves de change au Trésor français : nous persévérons dans l’extraversion économique et, en dépit des apparences, dans la subordination.\n\n\nAvantagés par la parité fixe avec l’euro dans les pays de la zone franc ainsi que par les mécanismes de soutiens directs de l’État français, les grands groupes français ont la part belle dans le pré carré. \n\n\nLa garantie monétaire dont nous bénéficions n’est pas un atout dans la mesure où les exportations de la zone franc sont libellées en dollar.\n\n\nBattre monnaie s’impose. Mais nous ne verrons pas pour autant le bout du tunnel \naussi longtemps que nous caresserons l’illusion d’émerger et de prospérer durablement dans le cadre de l’échange inégal, corrupteur et destructeur du lien social et des écosystèmes.\n\n\nDans le jeu de dupes dit gagnant - gagnant, les élites africaines se trompent d’enjeux, de défis et de priorités.\n\n\nLe sommet Afrique / France de Nice aurait pu être l’heure de la vérité sur les choix macro-économiques qui sont à l’origine du chômage massif et chronique, de l’hémorragie migratoire et de cette incompréhensible envie de la jeunesse africaine de fuir. \n\n\nLa France d’en haut, si tant est qu’elle l’ose, devrait être en mesure de comprendre aujourd’hui les sacrifices qui ont été exigés de nos pays au nom d’une efficacité et d’une compétitivité dont nous n’avions pas les moyens, à moins que nos États ne mettent leurs peuples au pain sec et à l’eau.\n\n\nDes relations franco-africaines plus respectueuses de la dignité humaine sont possibles si un très grand nombre de femmes et d’hommes africains et français \ns’engagent à agir ensemble contre une logique économique qui ici, en Afrique comme ailleurs au Sud, broie et tue de faim, de maladie ou par balles et qui là-bas, en Occident, broie et tue à petit feu.\n\n\nEnsemble, citoyens africains et français ont le droit de demander à leurs dirigeants réunis au Sommet de Nice : « Qu’avez-vous fait de nos économies et de nos vies ? »\n\n\n5.\tLE ROCHER EN FEUILLES\n\n\nEn Afrique, aujourd’hui en 2010, nous en sommes au même point qu’en 1960, à la recherche d’un monde différent, meilleur, parce que véritablement débarrassé des rapports de domination qui assujettissent et avilissent tout être humain. \n\n\nNotre imaginaire politique qui veut que l’indépendance et le développement économique riment avec une existence de femmes et d’hommes libres, fiers et dignes, n’a pas pris une seule ride en 50 ans. \n\n\nIl appartient aux peuples d’inventer et de s’imposer une nouvelle culture économique \nqui tranche avec celle, actuelle, des gadgets qui nous enchaînent et mettent en péril l’environnement. \n\n\nLa culture dont il s’agit est synonyme de rupture avec la logique du bien possédé et du tout, tout de suite, à tout prix.\n\n\nCommençons par nous départir de l’idée de l’incontournabilité du néolibéralisme et du complexe d’infériorité des soi-disant perdants de la mondialisation, puisque celle-ci se révèle être un désastre. \n\n\nLaissons passer le fameux train de la croissance sans limites qui, visiblement, va droit dans le mur. \n\n\nNous aurons comme compagnons de voyage un nombre considérable de citoyens du monde qui estiment que l’argent ne régit pas tout. \n\n\nL’Afrique, riche de valeurs sociales, culturelles et écologiques qui ne sont pas à vendre, saura faire face, dans cette perspective, à l’immense besoin d’humanité, de paix et de justice de ses peuples. \n\n\n« Le rocher en feuilles », symbole de la persévérance dans l’effort et de l’espérance, pourra être le socle de toutes les réalisations, dont celui de la renaissance et de la reconstruction de l’Afrique. \n\n\nBouna Boukary Dioura, poète malien, le décrit en ces termes : \n\n\n« Vois ! Un jour l’on nous a dit\nD’arroser un rocher\nJusqu’à ce qu’il verdisse\nCar le rocher est dur.\nUn rocher est éternel.\nLes paresseux se sont retranchés\nDisant à tout moment « C’est folie »\nNous, on a commencé le même jour,\nEt durant cinq ans ce fut une corvée\nEt quand le rocher fut couvert de mousse\nIl était minuit, minuit de septembre\nEt nous l’avons baptisé Mali. »\n\n\nLa posture fière de l’homme, de la femme et de l’enfant africains devient dès lors \nune exigence morale et politique, une interpellation des dirigeants africains à penser et agir autrement, en commençant par décliner l’invitation de la France au défilé du 14 Juillet 2010 à Paris.\n\n\nEn France, une centaine de sans-papiers ont entrepris de marcher vers Nice, sur la côte d’Azur, où le Président français reçoit le 31 mai ses homologues africains.\n\n\nDéfiler, c’est parader, c’est marcher ensemble la tête haute, regardant en hommes libres et égaux dans la même direction. \n\n\nCes « illégaux », ces « sans-papiers », ces « clandestins », ces orphelins des Etats postcoloniaux sortent de l’ombre, se manifestent. \n\n\nAlors...\n\n\n\n Soutenons la marche de la dignité des sans-papiers, de Paris vers Nice ! Déclinons l’invitation de la France à défiler le 14 juillet 2010 à Paris !  Non à la marche de l’humiliation de l’Afrique, ce jour-là sur les Champs-Elysées ! Non aux accords de réadmission des expulsés ! Non aux accords de pillage de l’Afrique dits de partenariat économique (APE) !\n\n\nSignataires : Aminata Dramane TRAORE (Forum pour un Autre Mali) ; Samir AMIN (Forum du Tiers-monde) ; Bernard FOUNOU (Forum du Tiers-monde) ; Taoufik BEN ABDALLAH(Enda Tiers-monde) ; Demba Moussa DEMBELE (Forum des Alternatives) ; Hamidou MAGASSA(CERNES) ; Amadou DJIKORONI (Association Repères) ; David SACKO(Association Repères); Mamadou GOITA (IRPAD) ; Mireille FANON-MENDES FRANCE(Fondation Frantz Fanon) ; Assétou FOUNE SAMAKE (Forum pour un Autre Mali) ;Pius NJAWE(journaliste) Antonio LOZANO (Casa Africa) ; Africa Human Voice International (AHVI) ; Catherine BERGERAN ; Marie PEYRAUBE ; Stéphane MALBOS(Retraité aviation civile) ; Eric FAVEY(Ligue de l’Enseignement) ;Claire MALBOS (Chanteuse) Christophe JOURNET (Journaliste) ; Anne CASTELL(profession libérale) ; Pablo CASAL (Graphiste) ; Olivier FOUCHER (Artiste de spectacle) ; Jacques TANCREDE ; Nathalie M’DELA MOUNIER( Ecrivain) ; Med HONDO (Cinéaste) ; Amine BENZENINE(Pigiste) ; Martine VERNIER ; Serge LANGLOIS (Ingénieur retraité) ; Sylvie CARPENTIER ; Jacques FATH (Parti Communiste Français) ; Ibrahima SONA DIALLO (ONG FEJD) ; Association « TERRES JAUNES » ; N'diaye KAKADOU (Consultant)"}
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Les points de vue de Christiane Lambert, première vice-présidente de la FNSEA, principal syndicat d’agriculteurs français, et de Guy Kastler, délégué général du Réseau semences paysannes, l’une des organisations signataires de cette lettre.\n\n\n\nLettre ouverte aux Parlementaires EuropeensChristiane Lambert\n\nFDM : Cette lettre ouverte critique les mécanismes de privatisation à l’œuvre dans le domaine des semences. Y adhérez-vous ?\n\nChristiane Lambert : Nous sommes à 100 % en accord avec le principe qu’elle affiche : « Les droits des paysans de multiplier et d’échanger leurs semences et leurs animaux de ferme est le fondement de l’agriculture, de la souveraineté alimentaire et de la biodiversité agricole. Ils doivent rester inaliénables. » Cependant, nous relevons beaucoup d’approximations et de caricatures dans l’argumentation de cet appel, sur fond de bataille politico-syndicale.\n\nSur quels points ?\n\nCes organisations contestent le principe d’une redevance sur les semences. Pourtant, quand la recherche produit des variétés plus résistantes au stress hydrique ou dotées de meilleures qualités nutritionnelles, il est logique de contribuer à rémunérer ce travail. \n\nEn 2012, il n’existe plus de variété qui ne soit passée par les laboratoires. Je suis agricultrice dans le Maine-et-Loire. Dans les années 1960, les vaches de mes parents donnaient 3 000 litres de lait par an. En 2012, les volumes sont presque trois fois supérieurs, grâce à l’amélioration des races bovines. Depuis les années 1970, la recherche a permis de multiplier par deux la production à l’hectare du blé tendre, variété la plus cultivée en France.\n\nEt, si le rendement était alors la préoccupation première, la recherche a depuis diversifié ses objectifs : qualité nutritionnelle, résistance aux maladies, réduction des besoins en produits phytosanitaires...\n\nLe brevetage des variétés permet de rétribuer les obtenteurs de nouvelles variétés. Y êtes-vous favorables ?\n\nLe brevet, c’est la logique industrielle à l’œuvre, et nous y sommes opposés. Il représente une menace d’appropriation totale sur les semences par des intérêts privés, obligeant les agriculteurs à de lourdes démarches pour obtenir l’autorisation de les utiliser contre versement de royalties. Le brevet, c’est une forme de hold-up au profit des multinationales ! Rappelons qu’en France, la recherche semencière est généralement menée par des coopératives ou de petites entreprises.\n\nNous défendons un autre mécanisme, celui des Certificats d’obtention végétale (Cov), adoptés par la loi de novembre 2011 : un titre de propriété attribué à l’obtenteur d’une variété, sans restriction d’utilisation par les agriculteurs. Ces derniers sont tenus de verser au propriétaire une redevance par hectare cultivé : de l’ordre de 3 euros pour le blé tendre. Et les exploitants qui sèment moins de 15 hectares en sont exemptés. Cette loi met la France en conformité avec un texte européen de 1991.\n\nMais les débats en cours à l’échelon européen semblent menacer cette voie...\n\nLa règlementation européenne prévoit des Cov, et nous ne distinguons pas de véritable menace sur ce mécanisme. Certes, les pays anglo-saxons et nordiques sont tentés par l’option « brevet ». Mais nous sommes équipés pour défendre les Cov. Les Pays-Bas, détenteurs d’une très grande diversité cultivée, en particulier pour les fleurs, sont sur la même ligne que la France. Par ailleurs, le Comité des organisations professionnelles agricoles (Copa), le plus important collectif du genre dans l’Union avec soixante et onze organisations syndicales adhérentes – dont la FNSEA –, défend cette vision auprès des instances bruxelloises.\n\nGuy Kastler\n\nFDM : Selon vous, l’Union européenne lorgnerait vers l’instauration de brevets sur les semences et races animales de ferme. N’est-ce pas forcer le trait ?\n\nGuy Kastler : Nous observons actuellement que la stratégie d’investissement des industriels du secteur est massivement orientée vers le génie génétique. Et il ne s’agit plus d’obtenir des plantes entières, mais des séquences génétiques ou moléculaires, obtenues par mutation dirigée, fusion cellulaire... susceptibles d’être introduites dans n’importe quel organisme. Une technique destinée à conférer certaines propriétés aux plantes, plus rapidement et plus simplement que la transgenèse (OGM). Toutes ces méthodes sont bien sûr protégées par des brevets, comme c’est le cas, pour le gène Bt introduit dans le coton OGM pour qu’il produise son propre insecticide.\n\nOn n’en est plus au niveau de la recherche fondamentale, ces techniques en sont actuellement au stade du développement. Notre inquiétude vient d’un document de travail que Bruxelles a mis en débat en juillet dernier, et qui ouvrirait la porte à la commercialisation de plantes contenant des séquences génétiques brevetées : il n’y a pas de fumée sans feu ! \n\nLa règlementation actuelle n’autorise l’accès au marché qu’à des semences de variétés homogènes et stables, et dont la propriété peut être protégée par un Cov.\n\nLa nouvelle piste proposée par la Commission revient à créer une deuxième procédure d’enregistrement, ouverte à des variétés non homogènes et non stables, et contenant des séquences génétiques brevetées. Les firmes biotechnologiques pourraient tirer plus rapidement profit de leurs innovations, sans avoir à en passer par les fastidieuses étapes de multiplication de lignées, susceptibles de conférer homogénéité et stabilité à leurs variétés. Si c’est possible...\n\nMais votre Réseau n’est-il pas favorable à la libre circulation des variétés non homogènes et non stables, qui caractérisent les semences de ferme et contribuent à la biodiversité cultivée ?\n\nD’une certaine manière, cette reconnaissance nous est favorable.\n\nEn revanche, nous demandons que l’enregistrement soit formellement interdit pour de telles variétés si elles sont couvertes par des brevets. La déconvenue d’un obtenteur français illustre bien le piège tendu. Il a récemment obtenu une salade résistante aux pucerons par le biais de croisements classiques, avec des laitues traditionnelles bretonnes. Or, un obtenteur néerlandais est parvenu au même résultat grâce à un procédé de génie génétique, qu’il a fait breveter. Résultat : l’obtenteur français est tenu de lui payer des droits de licence, qui peuvent classiquement représenter la moitié du bénéfice des ventes !\n\nAinsi, risque-t-on de voir déferler des brevets portant sur des manipulations sur des gènes natifs, déjà existants. Bref, il n’est pas exagéré de voir à l’œuvre un début de brevetisation rampante et généralisée sur les semences. C’est une menace radicale pour les paysans traditionnels."}
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Cette évolution replace la question de la justice sociale – et des politiques publiques pour y parvenir –, au cœur des débats sur le développement.\n\nBonne nouvelle sur le front de la lutte contre la pauvreté : le nombre de personnes vivant avec moins de 1,25 dollar par jour est passé de 47 % en 1990 à 22 % en 2010. Une diminution spectaculaire qui permet à la communauté internationale d’atteindre un des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD), cinq ans même avant la date butoir de 2015 ! Avec des taux de croissance à faire pâlir d’envie les pays du Nord embourbés dans la crise, nombre de pays du Sud – de la Chine à l’Inde en passant par le Brésil ou l’Afrique du Sud – grignotent leur retard par rapport aux pays industrialisés. \n\nCe rattrapage ne bénéficie pourtant pas à tous de la même manière : des poches de pauvreté subsistent, notamment en Afrique subsaharienne, restée à quelques exceptions près à l’écart de cette évolution. La situation est également très contrastée au sein des pays eux-mêmes. Porté par une croissance de 6,5 % par an en moyenne entre 2002 et 2012, le Ghana a par exemple réussi à faire baisser de moitié son taux de pauvreté mais le nord du pays, en raison de son enclavement et de son climat aride, n’a pas profité de cette dynamique... \n\nLe Ghana n’est pas un cas isolé. Partout, et pas seulement au Sud, les inégalités se creusent entre les gagnants et les perdants de la mondialisation. Dans les pays de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques), les efforts consentis depuis la fi n de Seconde Guerre mondiale pour les réduire ont été balayés après la crise financière de 2008. Y compris en Suède ou en Norvège, pourtant réputées pour leur modèle social. Résultat : dans les pays du Nord, la pauvreté relative qui tient compte du nombre de personnes dont les revenus sont inférieurs de moitié au revenu médian dans un pays, augmente. Globalement, les 1 % des habitants les plus riches du globe, dont la fortune est estimée à 100 000 milliards de dollars, possèdent autant de richesses que les 99 % de la population restante, selon le rapport d’Oxfam « En finir avec les inégalités extrêmes » publié en janvier [[Oxfam, En finir avec les inégalités extrêmes. http://www.oxfam.org/fr/rapports/enfinir-avec-les-inegalites-extremes]]. \n\nComment en est-on arrivé là ? À se concentrer sur la lutte contre la pauvreté, aurait-on oublié de s’interroger sur la justice sociale, aveuglés par l’idée que la mondialisation – avec le développement du commerce et des échanges – déboucherait par sa force d’entraînement sur un avenir meilleur ? Cette théorie – promue par les institutions internationales (FMI et Banque mondiale en tête) comme par les gouvernements des pays du Sud cherchant par tous les moyens, notamment par le biais d’une fiscalité attractive, à attirer des capitaux étrangers sur leur territoire pour faire décoller leur industrie – a visiblement fait fausse route.  \n\nSe traduisant par un accaparement des richesses au profit d’une élite qui n’hésite pas à bénéficier de la déréglementation financière pour placer ses revenus dans les paradis fiscaux. Cette politique a cependant favorisé l’émergence d’une classe moyenne dans de nombreux pays. Mais celle-ci, selon le Pnud (Programme des Nations unies pour le développement) reste vulnérable. \n\nUne fragilité économique renforcée par le désengagement des États. Du fait des coupes budgétaires – au Nord pour réduire le poids des dettes souveraines, au Sud quand, sous l’injonction du FMI, les pays en développement ont coupé dans les dépenses publiques pour réduire le montant de leur dette –, les mécanismes de protection sociale qui jouent le rôle de stabilisateurs sont en recul. Faute de ressources, les États ont également mis en sommeil leurs investissements dans la santé, l’éducation ou l’accès aux biens communs (routes, infrastructures...). Signe des temps, après avoir progressé, l’Indice de développement humain (IDH) du Pnud, créé en 1990 pour mesurer l’accès à l’éducation, à la santé, le niveau de vie, participant au bien-être des populations marque aujourd’hui le pas dans de nombreux pays. En Afrique subsaharienne, le taux d’achèvement par les enfants des études primaires a baissé, passant de 61 % à 58 %, entre 2005 et 2011. Et celui des enfants de moins de cinq ans bénéfi ciant de suppléments en vitamine A est passé, quant à lui, de 81 % à 68 % entre 2009 et 2012, selon les chiffres de la Banque mondiale. \n\n\nL'explosion des inégalités commence à inquiéter \n\n\nDénoncée depuis plusieurs années par la société civile et quelques économistes, à l’image de Josef Stiglitz, l’explosion des inégalités commence à inquiéter les organisations internationales. En janvier, la question fut au centre des discussions du Forum économique de Davos, peu connu pourtant pour ses positions progressistes...\n\nMoralement contestable, la concentration des richesses entre les mains d’un nombre réduit de personnes menace la cohésion sociale et peut devenir source de conflits ou d’insécurité. Elle porte, de plus, atteinte à la croissance économique et pose la question de la poursuite du processus de développement dans la mesure où le surplus de richesses est capté par une minorité qui s’enrichit plus et plus vite que le reste de la population, notamment les pauvres et les classes moyennes en voie de paupérisation. Estimant que les inégalités ne sont pas une fatalité, Oxfam demande aux citoyens et multinationales de « ne pas contourner la fiscalité dans leur propre pays ou dans ceux où ils investissent et opèrent en tirant parti des paradis fiscaux » et aux États de « soutenir une fiscalité progressive sur les richesses et les revenus ».\n\n« Toutefois, note l’OCDE dans son rapport sur la croissance inclusive [[OCDE, All on Board : Making Inclusive Growth Happen. http://www.oecd.org/inclusive-growth/reports/Allon-Board-Making-Inclusive-Growth-Happen.pdf]], publié en mai, les mesures adoptées pour réduire l’écart croissant entre riches et pauvres ne pourront être efficaces que si elles vont au-delà du revenu pour s’attaquer à d’autres dimensions, notamment l’amélioration de l’accès à un enseignement, des services de santé et des infrastructures publiques de qualité. » Reprenant les propositions de la société civile, le Pnud demande quant à lui dans son Rapport annuel sur le développement humain [[Pnud, Rapport sur le développement humain 2014. Pérenniser le progrès humain : réduire les vulnérabilités et renforcer la résilience. http://hdr.undp.org/fr/content/rapport-sur-ledéveloppement-humain-2014]], la mise en place d’une protection sociale universelle, le droit de tous les peuples à l’éducation, à la santé et à des emplois décents pour lutter contre la vulnérabilité et renforcer la résilience. Des priorités que cette agence de l’Onu, comme nombre d’ONGs, aimerait voir actées par la communauté internationale en train de mettre la dernière main aux nouveaux Objectifs pour le développement, qui après 2015 prendront la suite de ceux du Millénaire..."}
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Né il y a une dizaine d’année de la réunion des Ministres des Finances, il a pris son essor politique et médiatique lors du Sommet de Washington de novembre 2008 au cours duquel se sont réunis les Chefs d’Etats et de Gouvernements pour assurer une réponse coordonnée à la crise financière et économique qui venait d’éclater. A coté des pays du G8, on y retrouve des pays tels que la Chine, l’Inde, le Brésil ou l’Afrique du Sud… Le G20 se réunit deux fois par an, les deux prochains sommets ayant lieu au Canada puis en Corée du Sud, le sommet 2011 ayant lieu en France.\n\nPoussés par la double nécessité de réguler le secteur financier international et de renflouer leurs finances publiques, les pays du G20 semblent vouloir mettre au pas les paradis fiscaux.\n\nUn premier pas a été franchi lors du sommet des chefs d’État du G20 à Londres, en avril 2009, pendant lequel plusieurs décisions ont été prises : l’identification publique des paradis fiscaux par l’intermédiaire de listes, le principe de sanctions envers les récalcitrants et un suivi par le Groupe d’Action financière internationale et le Conseil de stabilité financière qui devront pointer leurs dérives en tant que paradis également réglementaires et judiciaires..\nLes listes de l’OCDE\nSous la pression de certains membres du G20, dont la France, l’OCDE a publié le 2 avril une liste des paradis fiscaux selon leur degré de coopération dans la transmission d'informations fiscales.\n\n \tLa liste noire regroupe ceux qui n’ont manifesté aucune volonté de se diriger vers davantage de transparence. Seuls le Costa Rica, les Philippines, l’Uruguay et la Malaisie y figuraient et en ont d’ailleurs tous été retirés cinq jours après sa publication.\n \tLa liste grise contient ceux qui ont simplement promis par oral de se conformer aux règles de l’OCDE.\n \tLa liste blanche des juridictions « coopératives » regroupe les paradis fiscaux ayant « substantiellement appliqué » les standards de transparence de l’OCDE, c’est-à-dire ayant déjà en fait signé 12 accords de coopération fiscale …\n\nLe G20 a donc ouvert une brèche dans l’opacité des paradis fiscaux en leur imposant la négociation de ces modèles de conventions fiscales ou de traités d’échange de renseignements fiscaux aux standards de l’OCDE, qui les obligent notamment à lever leur secret bancaire sous certaines conditions. Il n’en demeure pas moins que ces avancées sont insuffisantes et que cette liste pose plusieurs problèmes.\nLe chiffre magique des 12 traités\nPour figurer sur la liste blanche, il suffit juste de signer des conventions fiscales ou des traités d’échange d’information avec 12 pays, alors qu’il existe environ 230 territoires ayant souveraineté fiscale. Les paradis fiscaux sont ainsi blanchis simplement pour s’être engagés à échanger un peu d’information (uniquement dans le domaine fiscal) avec quelques pays riches et même avec d’autres paradis fiscaux. Par exemple, la Belgique a pu passer sur la liste blanche en signant, entre autres, un traité avec Monaco le 15 juillet.\n\nSi le chiffre magique des 12 traités ou conventions a certainement convaincu certains paradis fiscaux d’ouvrir une première brèche dans leur opacité, il est tellement faible qu’il hypothèque les progrès de la transparence à l’avenir. En effet, une fois ce seuil atteint, quel intérêt ont les paradis fiscaux à négocier avec d’autres pays et, en particulier, les pays les plus pauvres ?\nDes listes éminemment politiques\nCes listes sont aussi le fruit de compromis diplomatiques. En ne retenant comme seul critère que le nombre de conventions fiscales signées qui découle de l’approche seulement fiscale de l’OCDE, elles ne prennent pas en compte d’autres critères telle que la coopération judiciaire pour définir les paradis fiscaux.\n\nAinsi, ne sont pas cités dans cette liste la City à Londres qui est la première pourvoyeuse de trusts et l’État du Delaware aux États-Unis qui offre de nombreux avantages législatifs et fiscaux aux entreprises.\nSuite aux pressions de la Chine, Hong-Kong et Macao n’y figurent pas non plus, ni Jersey, Guernesey, l’île de Man, l’Irlande, autant de territoires régulièrement cités pour leurs pratiques fiscales douteuses. Parce qu’il s’agit de ménager les intérêts des membres du G20, les listes de l’OCDE sont faussées.\nUne transparence limitée\nEn réalité, les récentes signatures de traités par les paradis fiscaux figurant sur la liste grise ne garantissent pas à ce jour qu’ils soient réellement transparents, ni qu’ils ne servent plus à blanchir ou à dissimuler des fonds. D’abord parce que les informations qu’on leur demande de transmettre n’existent pas toujours (dans le cas des trusts par exemple où l’anonymat est absolu), ensuite parce que les conventions fiscales qu’ils sont en train de signer les laissent, in fine, souverains sur la décision d’échanger l’information ou non. L’OCDE donne en effet en modèle l’échange d’information « à la demande », et non de façon automatique (comme le prévoit la directive européenne sur l’épargne). Ce modèle oblige l’administration fiscale demandeuse à prouver qu’il y a eu fraude pour obtenir l’information. Une contrainte longue et coûteuse, voire impossible à respecter, quand il faut retrouver l’identité du fraudeur qui cache ses fonds sur un compte anonyme ou dans un trust. Sans compter que le paradis fiscal pourra toujours juger la demande insuffisamment étayée.\nRéférences\n\n \tLe site de la Plateforme Paradis Fiscaux et Judiciaires présente les différentes organisations internationales ayant pour mission de lutter contre la finance offshores et les paradis fiscaux et judiciaires. Voir notamment dans l’onglet : «Les Efforts Internationaux Contre les PFJ » \n \tLe rapport Oxfam – France Paradis Fiscaux : A Quand la Fin des Petits Arrangements entre Amis. Retour sur les promesses du G20 (Aout 2009)."}
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Entre une nouvelle loi de 2008 qui les criminalise et le racisme qui augmente, ils luttent au jour le jour. Malgré le soutien d’Algérois solidaires, la plupart rêvent de tenter leur chance dans un autre pays. \n\n\n\n L’Algérie n’est déjà pas un pays facile pour les Algériens, alors pour les migrants !... », soupire Hassen Ferhani, co-réalisateur, avec Nabil Djedouani, en 2010, d’Afric Hotel, un documentaire sur les sans-papiers d’Alger. Partis d’Afrique de l’Ouest ou centrale pour l’Europe, de nombreux migrants se retrouvent aujourd’hui « coincés » dans Alger la blanche, n’ayant plus d’argent pour poursuivre le voyage. En 2005, 40 % des clandestins en Algérie étaient en « long transit » vers l’Europe [[]]. Ce pourcentage a dû augmenter depuis, car la traque policière s’est accrue et il est difficile aux migrants d’approcher une frontière. \n\nEn effet, la loi sur l’immigration promulguée en juillet 2008 est un texte répressif qui criminalise les sans-papiers (délit passible de deux à cinq ans de prison) et fait de l’Algérie le partenaire des politiques migratoires de l’Europe-forteresse. Selon le sociologue algérien Saïb Musette, le nombre d’arrestations annuelles de sans-papiers a presque doublé entre le milieu des années 2000 et le début des années 2010. Ces « Algérois malgré eux » sont dans une situation administrative très précaire.\n\nTout en évitant l’arrestation, les migrants doivent gagner leur vie. Certains sont journaliers sur des chantiers et font « des travaux dont ne veulent pas les Algériens »,  raconte Le Pape, un professeur d’art et peintre ivoirien de trente-huit ans ayant fui la crise post-électorale de 2011. Quelques migrantes servent les Algériennes au hammam ou leur font des coiffures africaines à domicile, comme Unity, vingt-huit ans, coquillages dans les cheveux, qui tenait un salon au Cameroun. D’autres survivent avec des moyens illégaux, notamment des trafics en tout genre. Les Algériens les accusent en bloc de trafic de drogue et de prostitution. \n\n\nLes migrants d’Alger sont répartis dans quelques squats, par communauté linguistique. À Bouchbouk, dans la commune de Dely Brahim sur les hauteurs de la capitale, vivent près de trois cents Africains francophones. Dans une « carcasse », un ensemble de pièces dans des bâtiments en brique non achevés, où les portes, tout comme l’électricité, manquent souvent. En se serrant toujours plus, les premiers arrivés accueillent sans cesse de nouveaux venus, ce qui augmente les risques de tensions avec le voisinage. Des femmes vendent de la bière artisanale et de jeunes Algériens font un petit trafic de cannabis, qui contribue à la mauvaise réputation du quartier. \n\nChaque étape de la vie est ici un combat. Y compris naître, et mourir. Aimée-Chérie, une Camerounaise de trente-quatre ans, a accouché à l’hôpital public de Beni Messous où elle a enduré seule une hémorragie de plusieurs heures. En Algérie, les soins médicaux sont gratuits pour tous. Pourtant, certains médecins réclament les papiers du patient. « C’est le serment d’Hypocrite ! » dénonce Sihem Bourghoud, une infectiologue algérienne bénévole auprès des sans-papiers. D’autres, pourtant, comme Mahfouth, ophtalmologue, s’occupent volontiers des migrants. Enterrer dignement un clandestin est aussi une gageure, comme pour Rose, une Libérienne dont le corps est resté six mois à la morgue avant que la Croix-Rouge de son pays n’intervienne. Des femmes décèdent prématurément, victimes du sida ou de violences infligées pendant la traversée du désert ou par un « protecteur » parmi les migrants. \n\nMais à Alger, c’est aussi du racisme dont souffrent les Subsahariens. La loi de 2008 a rendu plus ardu l’accès au travail et à la sociabilité. L’Algérie reçoit aussi moins d’étudiants africains depuis vingt ans et la présence de Noirs est redevenue une curiosité, ajoute le sociologue Saïb Musette. « Des civils jettent des pierres à un “kahlouch“ (nègre), d’autres jouent les policiers pour nous contrôler ou nous racketter », relate Thérèse, trente ans. « Lorsque je me promène avec Kader, qui est ivoirien, les hommes me demandent pourquoi je préfère un Noir », raconte Rim, jeune et jolie algéroise. Moins intégrés qu’auparavant, même ceux qui avaient choisi d’y venir, souhaitent maintenant quitter l’Algérie.  « Ils sont tous racistes !   s’énerve Okosha, un jeune  intermédiaire entre hommes d’affaires africains  de vingt-quatre ans, en costume-cravate, qui vit parmi des anglophones à Fort-de-l’Eau, à l’est de la baie d’Alger. « On n’a jamais vécu cela, on est très choqués », s’attriste Le Pape.\n\n Et la culture algéroise est aussi un choc pour les Subsahariens : absence de vie nocturne, relations hommes-femmes différentes… La religion également, est souvent une pierre d’achoppement. Un jeune chrétien Dayan, vingt-six ans, veste en cuir et chapeau griffé Michael Jackson, a trouvé la parade : « À Alger, je dis que je suis musulman, cela m’attire plus de sympathies ».  \n\nPourtant, les rencontres sont toujours possibles. Toufik, de la commune de Zeralda, donne un peu d’argent pour la douche publique à Olivier, un Ivoirien qui n’a pas pu ici reprendre le football professionnel. L’existence d’une association comme Rencontre et développement (R&D), partenaire du CCFD-Terre Solidaire, prouve que la solidarité existe. Créée en 1974, cette structure œcuménique installée dans un discret petit local près de la place du 1er Mai reçoit entre vingt-cinq et trente personnes chaque jour, Algériens démunis et migrants. Elle les oriente juridiquement, les dépanne pour certains frais ou scolarise quelques dizaines d’enfants. « Avant, je ne faisais confiance qu’à ceux de ma couleur », reconnaît le farouche Boa, cicatrice sur la joue, qui salue maintenant le travail de R&D. \n\nSi le président – Jan Heuft – est un père blanc hollandais, et Stanislas (responsable de l’accueil des migrants et de leur suivi administratif) est un Tchadien chrétien, les trois autres salariés : Hamid, Sihem et Rim sont de jeunes Algériens musulmans. Les enfants des Africains les voient comme des grands frères. La loi de 2008, elle, les voit comme des criminels : aider les clandestins peut les mener en prison. Les « Algérois malgré eux » ont trouvé des Algérois solidaires. Mais les associations aidant les migrants sont extrêmement rares car elles sont de plus en plus surveillées. Les Églises chrétiennes, de leur côté, sont frileuses face à un État qui ne fait que les tolérer. \n\nQuel est alors l’avenir des migrants en Algérie ? La régularisation par le travail ou après des années de présence n’existe pas. Pourtant, beaucoup refusent de repartir. « Ma vie est en Europe, c’est clair et net. Qu’est-ce qui m’attend au pays après huit ans ? » demande Boa, Malien amoureux d’une Algérienne. Okosha, lui, se verrait bien repartir au Nigeria. « Et de là, je me préparerai pour migrer en Europe… légalement ! » Après tout, l’Algérie est proche de cette Europe rêvée. Elle offre une certaine sécurité et a permis, par exemple, à Dayan de soigner gratuitement une maladie qui l’aurait emporté au Cameroun. \n\nEt pour les enfants ? En grandissant, ils peuvent être arrêtés et expulsés. Darcy et Prince, des pré-adolescents congolais nés en Algérie, parlent parfaitement l’argot algérois. Mais sans papiers, l’aîné n’a pas pu aller jouer avec son club de foot en Tunisie. « Les enfants ne devraient pas payer pour les choix de leurs parents »,  estime le père Jan qui évoque, avec la mère des deux garçons, la possibilité d’un retour au pays . À la question « Qu’est-ce que tu te vois faire plus tard ? » posée à l’Ivoirienne Tatiana, douze ans, son ami Kader répond cyniquement à sa place : « Migrante professionnelle »."}
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Face à la recrudescence d’actions en justice contre des projets industriels, l’Inde vient de se doter de tribunaux dédiés exclusivement aux affaires environnementales. Feront-ils le poids face aux enjeux économiques, financiers et politiques ?\n\n\n\nSuspendu, le vaste projet sidérurgique du géant sud-coréen Posco en Orissa, État du nord-est de l’Inde, pour procédure défectueuse. L’étude d’impact environnemental de cette future aciérie ultramoderne, qui prévoit de produire 12 millions de tonnes d’acier chaque année, a été réalisée pour une production trois fois inférieure… Suspendue, la construction d’une centrale hydroélectrique dans le district de Chamoli au pied de la chaîne himalayenne. Plus de 60 hectares de forêt sont menacés, ainsi que la biodiversité d’une zone qui abrite plantes et animaux en voie d’extinction dont le léopard des neiges. Suspendus, les travaux de la centrale thermique de Mundra dans le Gujarat, au nord-ouest du pays. Des éléments essentiels ont été dissimulés pour obtenir le feu vert environnemental des autorités. Autant de récents jugements émis par les tribunaux verts indiens suite, souvent, à des plaintes déposées par la société civile, environnementalistes ou populations locales lésées par ces projets. De là à conclure que la justice verte est devenue un adversaire de taille du développement industriel indien… rien n’est moins sûr.\n\n\nMultiplication de plaintes contre les grands groupes industriels\n\n\n« Depuis l’entrée de l’Inde à l’OMC en 1995, la libéralisation économique progressive, initiée en 1985 sous l’impulsion de la banque mondiale et du FMI, s’est accélérée », note Sylvain Ropital chargé de mission Asie du Sud au CCFD-Terre Solidaire. « Cette libéralisation a favorisé une mise en compétition des États indiens pour attirer les investisseurs étrangers dans une course effrénée à la croissance. De plus, New Delhi qui souhaite intégrer le cercle restreint des puissances politiques dominantes renforce massivement ses infrastructures de transport, énergétiques et militaires. Les effets dévastateurs de cette industrialisation agressive nécessitaient une intervention du législateur. », poursuit-il. En effet, au même titre que les questions foncières, l’environnement est devenu un sujet explosif, confrontant de grands groupes industriels aux populations locales. « Ces dernières années, au nom du développement, les sources de subsistance traditionnelles, comme la forêt, la terre, les côtes, le lit des rivières, ont été confisquées aux communautés et transférées aux entreprises pour leur projets industriels. Les populations déplacées ont été contraintes de faire appel à la justice. Les dépôts de plainte ont tellement augmenté qu’il a été décidé de créer des tribunaux verts » explique Nicholas Chinnappan, directeur d'IRDS [[Integrated Rural Development Society, association qui se bat depuis 1978 pour les droits notamment territoriaux des Dalits]], partenaire du CCFD-Terre Solidaire. C’est, en effet, en grande partie pour désengorger les cours surchargées que ces tribunaux voient le jour.\n\nUn cas emblématique a cristallisé les tensions : celui de la mine de bauxite du géant britannique Vedanta. En août 2010, le ministère de l’Environnement bloquait l’ouverture de cette mine située sur des terres sacrées de la communauté indigène Dongria Kondh, en raison de la violation par Vedanta du droit légal des populations indigènes à décider de l’usage et de la destination de leurs territoires originels. Depuis, le groupe minier a fait appel de cette décision. Appel qui pourrait être renvoyé devant le tout jeune tribunal vert… \n\nC’est dans ce climat tendu et au terme d’un long processus que l’Inde met en place, en octobre 2010, des tribunaux dédiés exclusivement aux affaires environnementales. Dans le sillage de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande, elle est le troisième pays à se doter d’une telle juridiction. Celle-ci doit tout mettre en œuvre pour rendre des décisions dans un délai de six mois. Pour renforcer ses décisions, chaque juge peut solliciter l’avis d’un expert scientifique en matière d’environnement. D’autre part, tout citoyen peut se saisir de cette instance pour requérir une compensation s’il estime que sa communauté, ou la santé publique, sont affectées. Enfin, leurs financements et infrastructures proviennent du gouvernement central. La justice verte aura-t-elle la capacité de s’opposer à des projets économiques et financiers colossaux, soutenus par les politiques ? \n\n\nL’industrie française en première ligne\n\n\nSur le nucléaire par exemple, un marché indien de 100 milliards d’euros… «  Nous sommes face à un discours populiste des gouvernants sur la souveraineté énergétique et l’accès à tous à l’électricité. Mais en réalité, il s’agit avant tout d’alimenter les zones économiques spéciales et d’exporter » considère Sylvain Ropital. Des signaux d’alerte ont été lancés par les tribunaux verts. Ils ont notamment demandé que soient établis des standards nationaux de taux de radioactivité autorisés dans les zones résidentielles, industrielles et écologiquement sensibles. Cela n’a pas empêché le lancement de la construction, six mois après Fukushima, de deux réacteurs EPR de troisième génération dans une région sismique au nord de Mumbaï. Un chantier estimé entre 5 et 7 milliards d’euros, confié à l’entreprise française Areva. \n\nAutre fleuron de l’industrie hexagonale dans le collimateur de la justice verte : l’entreprise clermontoise Michelin. En effet, depuis 2007, la Sipcot, agence créée par le gouvernement du Tamil Nadu, chargée du développement industriel de cet État du sud de l’Inde, prépare l’installation d’un parc industriel, à la lisière d’une forêt protégée, dans le village de Thervoy. Parc qui doit accueillir une usine Michelin de pneus pour camions. Mille cinq cents familles, principalement des Dalits (ou Intouchables), sont concernées. Certaines ont été expulsées, des arbres ont été abattus sans autorisation. Les premiers travaux ont pollué les étangs voisins, seule source d’eau potable et agricole, des villageois. Dans le cadre de l’étude d’impact environnemental obligatoire dans cette situation, la population doit être consultée. Or, les habitants de Thervoy contestent la manière dont la consultation a été menée. Ils n’ont pas été informés en amont. Des trous de quatre-vingts mètres de profondeur ont été creusés avant même qu’ils soient entendus. La réunion censée se tenir dans une « proximité proche », a été organisée à vingt kilomètres du site et aucun transport n’a été mis à leur disposition. Les familles ont donc dû engager des frais importants pour s’y rendre. Enfin, alors que l’opposition au projet réunissait la quasi-unanimité des participants, peu de leurs arguments ont été retenus. \n\n\nLe poids des enjeux financiers\n\n\nMobilisés depuis 2007, les habitants de Thervoy ont décidé de lancer une procédure en justice. Mais le 24 avril dernier, les juges du tribunal vert ont considéré leur appel non recevable « Pourtant, nos avocats ont soumis des documents détaillés » regrette Nicholas Chinnappan. « Le procureur général est intervenu lui-même pour défendre Sipcot, cela montre bien l’importance accordée à cette plainte. La communauté de Thervoy a perdu, car elle ne fait pas le poids face aux enjeux financiers de Sipcot et Michelin » poursuit-il. Les plaignants ne jettent pourtant pas l’éponge, ils ont déposé un appel devant la Cour Suprême. Quant aux grandes entreprises, elles ont beau jeu de se retrancher derrière la responsabilité des administrations indiennes, comme la Sipcot, quitte à se soustraire à leurs engagements éthiques, environnementaux et sociaux…\nLe CCFD-Terre Solidaire a saisi en France, le point de contact de l'OCDE, contre Michelin. Un mécanisme de règlement des différends.\n\nIl est encore tôt pour se prononcer sur la réelle efficacité de ces tribunaux. 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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/la-doctrine-sociale-nest-pas-une-ideologie/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/la-doctrine-sociale-nest-pas-une-ideologie/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"La doctrine sociale n’est pas une idéologie","datePublished":"2005-04-01T16:39:00+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/la-doctrine-sociale-nest-pas-une-ideologie/"},"wordCount":338,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Doctrine sociale de l'Eglise"],"inLanguage":"fr-FR","description":"« L’Eglise (…) ne propose pas des systèmes ou de programmes économiques et politiques (…). Mais l’Eglise est « experte en humanité », et cela la pousse nécessairement à étendre sa mission religieuse aux divers domaines où les hommes et les femmes déploient leur activité à la recherche du bonheur, toujours relatif, qui est possible en ce monde, conformément à la dignité de la personne »\n\nSollicitudo Rei Socialis, 1987\n\n\n« La doctrine sociale de l’Eglise n’est pas une « troisième voie », entre le capitalisme libéral et le collectivisme marxiste, ni une autre possibilité parmi les solutions radicalement marquées : elle constitue une catégorie en soi. Elle n’est pas non plus une idéologie, mais la formulation précise des résultats d’une réflexion attentive sur les réalités complexes de l’existence de l’homme dans la société et dans le contexte international, à la lumière de la foi et de la tradition ecclésiale. Son but principal est d’interpréter ces réalités, en examinant leur conformité ou leurs divergences avec les orientations de l’Evangile dur l’homme et sa vocation à la fois terrestre et céleste »\n\nSollicitudo Rei Socialis, 1987\n\n\n\n« (…) on peut parler à juste titre de lutte contre un système économique entendu comme méthode pour assurer la primauté absolue du capital, de la propriété des instruments de production et de la terre sur la liberté et la dignité des hommes. En luttant contre ce système, on ne peut lui opposer, comme modèle de substitution, le système socialiste qui se trouve être en fait un capitalisme d’Etat, mais on peut opposer une société de travail libre, de l’entreprise et de la participation. Elle ne s’oppose pas au marché, mais demande qu’il soit dûment contrôlé par les forces sociales et par l’Etat, de manière à garantir la satisfaction des besoins fondamentaux de toute la société.»\n\nCentesimus Annus, 1991."}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/la-societe-civile-un-acteur-incontournable/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/la-societe-civile-un-acteur-incontournable/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"La société civile, un acteur incontournable","datePublished":"2014-02-18T14:49:39+00:00","dateModified":"2024-09-25T15:28:50+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/la-societe-civile-un-acteur-incontournable/"},"wordCount":833,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"inLanguage":"fr-FR","description":"Le 1er Baromètre des sociétés civiles réalisé par le CCFD-Terre Solidaire, en partenariat avec l’Iris (Institut des relations internationales et stratégiques) met en avant la vitalité des associations et mouvements sociaux et pointe les dynamiques à l’œuvre.\n\n\n\nLa société civile, combien de divisions ? Sans répondre directement à la question – le nombre d’associations ne préjugeant pas du dynamisme des acteurs – le CCFD-Terre Solidaire publie son premier Baromètre sur les sociétés civiles. Il met en avant l’importance des mouvements sociaux dans quarante et un pays émergents ou en développement, mesurée par rapport à leur capacité de mobilisation et d’organisation. « À l’heure où on parle de plus en plus de la société civile, il n’existe à ce jour aucun outil permettant de faire des analyses comparées ou de mettre en avant les dynamiques à l’œuvre. Nous avons voulu combler ce vide », mentionne Xavier Ricard, directeur des partenariats internationaux au CCFD-Terre Solidaire. \n\nPour réaliser cette première édition, un questionnaire fermé a été envoyé aux partenaires du CCFD-Terre Solidaire afin de dresser un état des lieux. 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C’est le fruit d’une histoire, d’une culture, de phénomènes diffus qui ne sont pas réductibles au niveau de développement ou d’éducation. » En témoigne notamment la vitalité des sociétés civiles en Afrique. Au Niger, par exemple, la société civile a fait échec à la réélection de l’ancien président. Dans ce pays, l’Indice de développement humain figure pourtant parmi les plus faibles. \n\nDeuxième enseignement : « Le dynamisme des sociétés civiles dépend davantage de l’existence ou non de liberté politique. Pour mesurer cette variable, nous avons créé un indice construit à partir de plusieurs indices existants [[Sources : Freedom House, Reporters sans frontières, Transparency International, Forum pour la gouvernance mondiale]] (état des libertés dans le monde, liberté de la presse, perception de la corruption et indicateur paix et sécurité)  », poursuit le directeur des partenariats. En sachant toutefois que ce n’est pas forcément dans les pays les plus libres que les sociétés sont les plus dynamiques, comme l’illustre l’exemple du Brésil. Après de nombreuses conquêtes, le mouvement social est arrivé aujourd’hui à un stade de maturité et les termes du débat se sont déplacés. Pour les ONGs brésiliennes, comme pour d’autres ONGs sud-américaines, la question de leur positionnement par rapport à des gouvernements qu’elles ont contribué à installer est aujourd’hui source de tension et d’interrogations. \n\n\nCONVERGENCES NORD-SUD \n\n\n« Nous sommes tout à fait conscients des difficultés de mesurer des éléments disparates », ajoute Xavier Ricard. Pour le CCFD-Terre Solidaire, ce premier baromètre donne avant tout une image des sociétés civiles à un instant « T ». Ces résultats reflètent d’autre part la perception que les acteurs ont d’eux-mêmes, avec, évidemment, une part de subjectivité. Mais ce jugement n’en est pas moins en phase avec la réalité : lorsqu’elles se sentent portées par une dynamique, les sociétés civiles ont tendance à être plus combatives et à s’organiser pour faire entendre leur voix. Les résultats bruts du baromètre sont d’ailleurs pondérés par l’avis d’experts qui replacent les réponses dans leur contexte historique, politique et géographique. \n\nLa méthodologie employée est certes perfectible et des améliorations sont notamment prévues pour les prochaines éditions de ce baromètre qui sera publié une fois par an. « Nous allons notamment accroître le nombre d’associations auxquelles nous allons envoyer des questionnaires  », prévoit le directeur des partenariats. Dans ce contexte, ces premiers indicateurs vont servir d’étalon pour appréhender l’évolution des sociétés civiles dans le temps. Un travail de longue haleine qui devrait alimenter les débats sur l’émergence de nouveaux acteurs internationaux avec lesquels il va désormais falloir compter..."}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/les-droits-fondamentaux-sont-indissociables/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/les-droits-fondamentaux-sont-indissociables/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Les droits fondamentaux sont indissociables","datePublished":"2017-02-17T15:35:00+00:00","dateModified":"2024-12-10T12:34:56+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/les-droits-fondamentaux-sont-indissociables/"},"wordCount":450,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Droits humains","France"],"inLanguage":"fr-FR","description":"Qu’ils soient civils, politiques ou économiques, sociaux et culturels, les droits fondamentaux sont indissociables. L’amélioration d’un droit facilite le progrès des autres. De la même manière, la privation d’un droit a un effet négatif sur les autres. La mise en œuvre d’un droit de l’Homme sert la réalisation d’autres droits de l’Homme. Un peuple qui a le ventre vide, qui n’a pas d’éducation, ni une bonne santé, peut-il pleinement exercer ses droits à la citoyenneté ? La démocratie ne pourra jamais être totalement appliquée, le développement ne pourra se réaliser si les droits économiques, sociaux et culturels (DESC) continuent à être laissés de côté.\n\nToutefois, pour que les droits fondamentaux soient pleinement respectés et que chacun ait un accès équitable aux ressources nécessaires pour son épanouissement et son intégration à la société, les États doivent être mis face à leurs responsabilités pour instaurer une véritable justice sociale. Il est, en effet, du devoir de chaque État – sans distinction de système politique, économique et culturel – de promouvoir et de protéger tous les droits de l’Homme et toutes les libertés essentielles, tant par son effort propre que par la coopération internationale.\n\nVoilà pourquoi il est primordial que des acteurs engagés de la société civile fassent pression sur les responsables politiques. Dans le cadre de la campagne « Prenons le parti de la solidarité », le CCFD-Terre Solidaire demande notamment d’instaurer le devoir de vigilance et de promouvoir la transparence fiscale afin de lutter contre l’impunité des multinationales (voir le dossier p. 14). Voilà pourquoi il est également essentiel d’instaurer et de préserver des mécanismes de lutte contre l’impunité, que ce soit par le biais de la justice pénale internationale avec la Cour pénale internationale (voir p. 32) ou de commissions de type vérité et réconciliation comme l’Instance Vérité et Dignité en Tunisie (voir p. 8).\n\nLe défi principal des sociétés en sortie de conflit est la construction de la paix. Or le passage par la vérité et la justice est absolument nécessaire pour retrouver une vraie cohésion sociale. La paix s’enracine dans la justice sociale, le respect des droits humains (en particulier la reconnaissance des droits bafoués), la mise en œuvre du droit international, l’instauration de l’État de droit, l’équilibre entre la lutte contre l’impunité et le besoin de justice dû aux victimes, la protection de l’environnement, le respect de la différence culturelle et religieuse..."}
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Les casques bleus n’opposeront aucune résistance.\nEn novembre 1999, un rapport présenté par Kofi Annan reconnaissait la responsabilité de l’ONU dans « la faillite de la politique des zones de sécurité ». Le 19 avril 2004, le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie confirmait le caractère génocidaire des opérations organisées sous le commandement du général Ratko Mladic et du « président » Radovan Karadzic. Sept ans après les premiers aveux, en 1996, de Drazen Erdemovic, un soldat réquisitionné dans les pelotons d’exécution, trois hauts gradés ont à leur tour reconnu les faits et plusieurs autres officiers et responsables sont actuellement en cours de procès. \nL’année dernière, les autorités de la « République serbe de Bosnie » ont, non sans réticence, admis l’ampleur du massacre et révélé l’emplacement de dizaines de nouveaux charniers.\nPeu à peu émerge la vérité accablante sur ces jours de terreur et de cette guerre. Mais le négationnisme résiste encore ; les principaux responsables, Mladic et Karadzic, sont toujours en fuite, les survivants vivent dans des camps de misère ou à l’étranger et pleurent leurs disparus non retrouvés, la lumière sur les responsabilités internationales, notamment celles des Français, n’est pas complète. \n\n\nCette journée nous permettra d’étendre notre réflexion : la bascule dans le crime génocidaire est-elle prévisible ? Comment les survivants peuvent-ils témoigner et sont-ils écoutés ? Que signifie la lutte contre l’impunité et la reconnaissance des responsabilités ? Quel bilan peut-on tirer des procédures engagées devant la justice internationale ? Rendre des comptes, réparer : relations internationales et morale sont-elles incompatibles ? \n\n\n\nProgramme de la journée\n(sous réserve de modifications)\n\n\nSrebrenica : 10 ans après, faire face au passé \n\n\nOrganisée par Amnesty International, Association Sarajevo, le CCFD, Esprit, la FIDH, l’IHEJ, la LDH avec le soutien de l’EHESS et Srebrenica 2005.\n\n\nEcole des hautes études en sciences sociales, 105, boulevard Raspail 75006 Paris\n\n\nOuverture : 9h30-10h\n\n\nPremière session : Eclairer les responsabilités\n10h – 11h30\nModérateur : Véronique Nahoum-Grappe (EHESS)\n\n\n- Survivre à  Srebrenica\nEmir Suljagic (auteur de « Postcards from the grave »)\n\n\n- La responsabilité de la France et de la communauté internationale\nSylvie Matton (auteur de « Srebrenica, un génocide annoncé », flammarion, à paraître)\n\n\n- Une analyse comparative des massacres et génocides nazis, rwandais et bosniaque\nJacques Semelin (CERI) (auteur de « Purifier et détruire », ed. du Seuil, à paraître) \n\n\nDébat avec la salle : 11h30-12h\n\n\nDeuxième session : Rendre compte des responsabilités : quel type de justice ?\n14h – 15h30\nModérateur : Antoine Garapon  (Secrétaire général de l’IHEJ)\n\n\n\n Les procès sur Srebrenica au TPIY\nMirko Klarin (auteur du documentaire « Srebrenica : the triumph of evil », 2003)\n\n\n- La reconnaissance des crimes en Serbie et la justice nationale\nSonja Biserko (Directrice du Comité Helsinki pour les droits humains de Belgrade)\n\n\n- Leçons et questions des autres expériences de procès pour crimes contre l’humanité\nPierre Hazan (Journaliste, auteur de « La justice face aux crimes. De Nuremberg à La Haye » )\n\n\nDébat avec la salle : 15h30-16h\n\n\nPause : 16h-16h30\n\n\nTroisième session : Assumer les responsabilités : réparations et retours\n16h30 – 18h\nModérateur : Pierre Hassner (CERI)\n\n\n- Les retours, le mémorial, l’identification des corps, les réparations, un bilan\nSvebor Dizdarevic (Enseignant et chercheur en sciences-politiques) \n\n\n\n La mémoire des justes en Bosnie-Herzégovine\nSvetlana Broz (auteur de « Des gens de bien au temps du mal »)\n\n\n- ONU et Etats membres : quelles responsabilités pour quelles réparations ?\nAlain Pellet (Professeur de Droit à l’Université Paris X)\n\n\nDébat avec la salle : 18h-18h30\n\n\nSamedi 18 juin 2005 (9h30-18h)\n\n\nEHESS\n105, Bd Raspail\nParis 6e\n(M° St Placide ou Notre Dame des Champs)"}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/lecole-de-la-democratie-locale-en-casamance/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/lecole-de-la-democratie-locale-en-casamance/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"L’école de la démocratie locale en Casamance","datePublished":"2013-06-12T14:00:00+00:00","dateModified":"2023-04-21T14:29:36+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/lecole-de-la-democratie-locale-en-casamance/"},"wordCount":890,"commentCount":1,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"inLanguage":"fr-FR","description":"L’enracinement du système démocratique au Sénégal percole en Casamance ! Mais le dialogue entre les autorités et la population est encore fragile. L’Association de solidarité internationale pour un développement social et urbain, bien connue en Casamance sous le nom de PACTE, innove pour consolider la réconciliation et la co-construction de la démocratie locale entre les élus et la société civile.\n\nLa décentralisation : condition de la bonne gouvernance\nMarqués par des décennies de défiance à l’égard de l’Etat sénégalais, les Casamançais avaient fini par s’éloigner d’institutions locales jugées partiales, distantes et inefficaces. Mais l’inflexion démocratique advenue à Dakar en 2006, puis confirmée par l’alternance présidentielle de 2012, a ouvert une brèche dans le processus de décentralisation.\n\nPACTE s’y est engouffré pour semer les germes de la bonne gouvernance à tous les échelons de la vie publique de Bignona et Ziguinchor, les deux principales villes de Casamance.\nLes comités de quartier : maîtres d’œuvre de la concertation\nL’instrument de cette percée démocratique ? Les Comités de quartier : 32 instances (6 à Bignona, 26 à Zinguinchor) mis en place pour que les habitants, en priorité ceux des quartiers défavorisés, puissent se faire entendre par les élus communaux et les fonctionnaires.\n\nMaîtres d’œuvre de la concertation entre les citoyens et leurs édiles, les comités forment le noyau dur d’une démocratie participative source de transparence dans les affaires publiques. Ces instances, proches des réalités sociales, sont devenus des interlocuteurs légitimes. Le résultat est probant : élections de délégués dans chaque quartier, avancées sur le mode de collecte des taxes, construction des budgets participatifs communaux, choix des investissements collectifs... Les ferments de la gouvernance démocratique sont à l’œuvre.\nL’ingénierie institutionnelle en action\nDésormais, des protocoles d’accord fixent les cadres de cette concertation entre la population et les élus. Ils couronnent les ambitions de PACTE qui a mobilisé des ressources financières, humaines et méthodologiques.\n\nAinsi, le Fonds d’appui aux initiatives communautaires, auquel abonde le CCFD-Terre Solidaire, a permis en 2012 de consolider l’édifice institutionnel à plusieurs niveaux. En matière d’infrastructures, des espaces de réunions ont été mis à disposition des comités.\n\nEn matière de formation, des dizaines de membres ont maintenant des compétences en administration, en fiscalité et en participation citoyenne. Enfin, l’intercommunalité, elle aussi, est en bonne voie : les échanges de bonnes pratiques (collecte des déchets, construction de rues pavées ...) entre quartiers et villes esquissent déjà les synergies à venir.\nAu-delà du projet, le lien social\nDerrière ce foisonnement de projets institutionnels pilotés par PACTE, c’est bien la reconstruction du lien social entre communautés qui est en jeu. Celle-ci passe naturellement par le développement durable des activités économiques : l’agriculture, la pêche et l’emploi des jeunes.\n\nSans oublier de sensibiliser un public plus large avec l’animation de l’émission « La tribune de la bonne gouvernance » qui permet aux acteurs associatifs, aux jeunes de se faire entendre sur des radios locales.\n7 projets au Sénégal\nMalgré un taux de croissance autour de 5% depuis cinq ans, le chômage dans les villes s’accroît et les paysans survivent grâce à l’argent des immigrés et aux aides internationales octroyées à un pays jugé stable. Présent au Sénégal depuis près de 40 ans, le CCFD-Terre Solidaire soutient prioritairement trois régions : la vallée du fleuve Sénégal, la Casamance et la Petite Côte. Il travaille notamment avec des associations de paysans, de pêcheurs, d’artisans et d’anciens migrants.\n\nPour plus d’information\nTrois questions à... Philippe Mayol, Responsable du service Afrique\nQuels sont les impacts du travail de PACTE ?\n\nLes espaces de concertation que Pacte arrive à créer sont des lieux de débat et de rencontres entre la population, les élus, les associations. Leur fonction ? Responsabiliser des communautés autour d’intérêts communs : l’aménagement territorial, la résolution des conflits, l’organisation de filières économiques...\n\nDans une région fragilisée par l’exode rural, le chômage, ces rendez-vous citoyens consolident l’édifice démocratique.\n\nComment se manifeste ici l’accompagnement du CCFD-Terre Solidaire ?\n\nEn premier lieu, nous inscrivons notre accompagnement dans la durée, car le long terme est un gage d’efficacité pour enrayer les causes de la pauvreté. Ensuite, en plus de notre appui financier, nous apportons une analyse critique pour perfectionner l’action opérationnelle menée par PACTE, notamment son coordinateur Ibrahim Ka.\n\nLa démocratie participative est-elle un luxe pour les pauvres ?\n\nDu fait de leur pauvreté, il faudrait nier à ces personnes le droit d’être considérées comme des citoyens à part entière ? Bien au contraire, nous avons comme objectif de leur redonner de la dignité. Les comités de quartiers, comme ailleurs les organisations paysannes, apportent l’exemple d’une démocratie participative, in moto, où les individus s’organisent, trouvent collectivement des solutions aux enjeux locaux. Ils rendent possible l’exercice de la citoyenneté, un objectif commun à tous nos partenaires."}
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Créée dans les années 1970 et rattachée à la Conférence des Evêques brésilens, la PO se veut un lieu d'accueil, un espace des travailleurs au sein de l'Eglise. Les missions de la PO ont evolué depuis 30 ans. Les 2 grands défis aujourd hui sont la création d un mouvement national de chômeurs et l'émergence d'une nouvelle culture du travail.\n\nConviction de Toninha : « Un nouveau monde est possible... parce qu'il a déjà commencé ! »\n\nLe retour du sacré est très marqué au Brésil mais complètememt séparé du sens social de l'Evangile (Doña) ; la PO travaille à la conscientisation et à la mobilisation des femmes, des chômeurs,...\n\nVisites d expériences\n\n\nLa maison de la solidarité\n\n\nIci, la solidarité n'est pas un vain mot. Elle a été déclinée sous toutes les formes possibles et imaginables : soutien aux chômeurs, formation à l'électricité, la cuisine, l'artisanat, cours de langues, recyclage des déchets, soutien aux sans-abris, ... 250 personnes par jour, 5000 personnes par mois sont concernées par les activités. 29 volontaires amiment la maison de la solidarité.\n\nNous avons vu les objets artisanaux fabriqués par des chomeurs. Avant de partir, on passe à la pratique : une collation est servie, preparée par l'atelier de cuisine.\n\nLe centre de recyclage\n\nAvec l'appui de la pastorale ouvrière et de leur paroisse, des chômeurs se sont regroupés dans une coopérative de recyclage des déchets depuis 1999. De 1999 à 2004, ils ont déja recyclé 154 025 kg de papier, soit l'équivalent de 3314 arbres, 48 437 kg de plastique (équivalent a 8524 kg de pétrole), 2789 kg d’alu... Une partie de l’entrepot est laissée pour la culture de plantes médicinales, de bananiers, choux, tabac..\n\nNous allons ensuite à la paroisse toute proches. La communauté joue un role important, elle soutient fortement le centre de recyclage et les 5 personnes qui y travaillent. Et comme, nous dit-on, « vous ne pouvez pas partir sans manger quelque chose », on partage des gateaux préparés par des femmes de la paroisse.\n\n\nLes jardins célestes\n\nC'est Maria qui nous accueille et elle était toute petite quand tout a commencé dans les années 70. Avec le mouvement des « casseroles vides », elle a été de ceux qui ont transformé des favelas en logements décents : des « jardins célestes ». Ces maisons ont été financés sur le principe des castors : la municipalité finance le crédit pour l'achat des materiaux de construction. Le remboursement des prêts se fait à long terme. Les futurs occupants, regroupés en association, construisent eux-mêmes et collectivement (portuguais, on dit « Mutirão ») leur maison. La mairie se charge de la mise en place de l’électricité, des arrivées d’eau et du bitume. En tout, ce sont près de 1500 familles qui sont concernées.\nMaria est fière de nous montrer sa maison, sa fille, son chat et son perroquet. Elle habite Céleste 1. A Céleste 1, 2 et 5, les batiments sont achevés. Céleste 3 est en stand by : il n y a que le terrain. La nouvelle municipalité a supprimé les subventions : une favelas s’est installée dessus. Enfin, Céleste 4 est toujours en construction et se situe : «Traversée de la libération ». Joli clin d'oeil !\n\n\nVisite de l'usine Mercedes Benz\n\n11000 personnes travaillent ici. Eluardo nous fait faire un tour complet du processus de production des camions et bus, de la production des petites pièces pour les essieux à la chaîne finale de montage en passant par la peinture ! Mais l'aspect le plus intéressant est l'échange avec le « Comité d'usine », non obligatoire au Brésil et peu encouragé. Il a été mis en place ici en 1984, après 3 jours de grêve. Le « CU » a participé activement à la restructuration de l'usine. Ils travaillent beaucoup sur la sécurité, les condistions de travail et avec tous les syndicats de l'ABC ( Grande zone industrielle de Sao Paulo)... d'où est sorti Lula par exemple.\n\nAnalyse de genre : la condition de la femme\nLes mouvements de femmes ont joué un grand rôle d'opposition sous la dictature militaire au Bresil dans les annees 70. Elles ont participe activement à la mise en place de la nouvelle constitution, à des initiatives pionnieres comme la mise en place de « commissariat spécial d’accueil aux femmes ». Aujourd' hui, elles sont confrontées à de nouveaux problemes : chomage, travail dans le secteur informel, inegalités de salaires, ... L’avortement n'est pas autorisé au Bresil sauf dans des cas bien précis. Les avortements clandestins sont la quatrième cause de mortalité ches les femmes particulierement dans les regions où le tourisme sexuel est important. Le SIDA s'est considérablememt développé dans la population féminine ces dernieres années.\n« La lutte des femmes est silencieuse.. ». Donâ"}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/careme-la-quatrieme-semaine-faire-confiance/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/careme-la-quatrieme-semaine-faire-confiance/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Carême : la quatrième semaine « Faire confiance »","datePublished":"2014-03-28T08:00:00+00:00","dateModified":"2024-09-25T15:28:38+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/careme-la-quatrieme-semaine-faire-confiance/"},"wordCount":344,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"inLanguage":"fr-FR","description":"Le thème de ce dimanche : \"Faire confiance\"\n\n\nActions possibles :  \n\n Inviter à sa table une personne étrangère. Lire le livret : « À la rencontre du frère venu d’ailleurs » du CCFD-Terre Solidaire. Regarder un film : Des hommes et des dieux (2010) ; D’une seule voix (2008) ; Le Destin (1997).\n\n\nPsaume 22 : « Ton bâton me guide et me rassure… ». Lire l'intégralité du psaume\n\n\nQu’est-ce qu’un psaume ?\n« Le Psaume a une importance particulière car il est à la fois une parole d’homme et une parole de Dieu. C’est Dieu en effet qui nous donne les mots qui conviennent pour la prière. Le livre biblique des Psaumes s’appelle en hébreu “les louanges”. Chaque action ou chaque parole de Dieu est suivie par une louange émerveillée et reconnaissante du peuple. Le mot “psaume” vient d’un mot grec qui désigne l’action de faire vibrer une corde. C’est assez dire que les psaumes sont essentiellement une prière chantée, qui idéalement s’accompagne d’instruments à cordes. » – catholique.org\n\n\nÀ chacun des visuels est associée l’action d’un des 500 partenaires soutenus par le CCFD-Terre Solidaire\n\n\nEurope, France, Association pour la promotion individuelle et collective, et pour l’égalité des droits (PICED)\nAssociation militant pour la promotion et l’émancipation individuelles et collectives des travailleurs migrants et plus globalement, des populations précaires. Elle soutient et accompagne les personnes accueillies pour un accès effectif à leurs droits fondamentaux (logement, travail, formation, protection sociale, santé et éducation). Elle Mobilise des partenaires (associatifs, institutionnels, publics) et coordonne les interventions dans un souci d’efficacité. Elle informe les migrants sur l’évolution des politiques publiques, leurs enjeux et les modalités pratiques de leur mise en œuvre, leur propose des clefs pour analyser le contexte (local, national, international) dans lequel ils évoluent. Elle les sensibilise à l’importance de prendre part aux actions publiques et de s’inscrire dans des dynamiques collectives.\napiced.fr\n\n\nMais aussi sur les sites internet \n\n\n\n Croire.com Prions en Eglise"}
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Cinq ans plus tard, les désillusions se multiplient pour les petits cultivateurs.\n\n\n\nLe chemin de terre cahote au milieu d’une belle campagne verdoyante. La fin de l’hivernage approche, mais il pleut encore fréquemment. À une heure et demie au nord-est de Bobo-Dioulasso, deuxième ville du Burkina Faso, le village de Koumana s’extrait de la végétation. À l’ombre du grand manguier, une trentaine d’agriculteurs sont réunis pour parler coton. Sa culture est omniprésente dans la région. Dans les champs, les plants exhibent encore de jolies fleurs roses et blanches, de nombreuses capsules sont déjà pleines de bourre : la récolte ne tardera pas.\n\nSous la ramure, la moitié des vingt-cinq groupements de producteurs de coton du village sont représentés. Au Burkina, la filière est très organisée, il est exceptionnel de rencontrer des cultivateurs isolés. À Koumana, ce jour-là, seuls deux groupements sur douze déclarent ne pas cultiver de coton génétiquement modifié.\n\nLes champs burkinabè connaissent actuellement leur cinquième campagne sous le signe des OGM. Les trois sociétés cotonnières du pays – Sofitex (région de Bobo-Dioulasso, ouest), Socoma (région du Gourma, est) et Faso coton (centre) –, qui gèrent la filière de la production à la commercialisation, distribuent des semences transgéniques aux groupements depuis 2008.\n\nPour la campagne 2012-2013, la Sofitex, détenue à 35 % par l’État, et qui revendique le contrôle de 80 % des surfaces semées en coton du Burkina Faso, estime que plus de la moitié – 284 000 hectares –, l’ont été en OGM.\n\nDans ce pays essentiellement agricole, l’un des plus pauvres au monde, l’État a fait le pari de voir bondir la production de « l’or blanc », sa principale source de devises.\n\nLa variété transgénique contient des gènes de la bactérie Bacillus thuringiensis (Bt), qui produit deux toxines mortelles ou dissuasives pour plusieurs types d’insectes ravageurs du coton. Le résultat d’une collaboration débutée il y a plus de dix ans entre la firme étasunienne Monsanto et la recherche agronomique burkinabè. Avec le coton Bt, les six pénibles séances d’épandage de pesticides nécessaires à la culture des variétés conventionnelles sont réduites à deux passages.\n\nÀ Koumana comme ailleurs, ce bénéfice est plébiscité sans détour. « Avant, c’était le poids sur le dos, les doses que l’on inhalait, les frais d’hôpital quand on a des vertiges, et tout à refaire si la pluie s’en mêlait... », énumère Hamadi Sawadogo, président du groupement Nomgtaaba. Et tout gain de temps est précieux pendant l’hivernage, alors que les cultures vivrières concentrent toute l’attention des petits paysans : car le coton, culture de rente, n’est jamais qu’un appoint dans leur économie.\n\nOn ne trouvera guère de francs détracteurs du coton OGM, à Koumana. Mais tout aussi rares sont les enthousiastes. Car les rendements spectaculaires – 30 % de plus –, promis par la recherche et les sociétés cotonnières, ne sont pas au rendez-vous, loin s’en faut.\n\nÀ Padema, village proche de la frontière malienne, au nord-ouest de  obo-Dioulasso, un cultivateur a comparé les performances des variétés sur deux parcelles. « Le gain de poids à la récolte, côté OGM, n’excède pas 10 % par hectare... » Des paysans affirment même que la balance penche en faveur du conventionnel ! Avec une certaine franchise, Déhou Dakuo directeur du développement de la production, à la Sofitex, reconnaît que le gain moyen de productivité du coton Bt, toutes tailles d’exploitation confondues, culmine à 15 %. Niveau que la grande majorité des 60 % de petits paysans qui travaillent encore à la daba[[Binette traditionnelle d’Afrique de l’Ouest.]] n’atteint donc même pas.\n\nDes gains de productivité douteux\n\nLes sociétés cotonnières restent néanmoins discrètes sur leurs propres difficultés, comme l’insuffisante qualité des semences, et privilégient une autre explication : les agriculteurs respectent mal « l’itinéraire technique » préconisé. Certains ont éliminé toute aspersion de pesticides : « Une erreur, les deux dernières sont indispensables, car les toxines sont inefficaces sur les insectes piqueurs-suceurs, indique Déhou Dakuo, à la Sofitex. Par ailleurs, nous savons qu’environ 30 % de l’engrais coton remis aux petits paysans est systématiquement détourné vers leurs cultures vivrières. »\n\nCar la filière coton propose une facilité déterminante : tous les intrants (semences, engrais, urée, pesticides) peuvent être proposés à crédit aux groupements par les sociétés cotonnières qui soldent les comptes quand la récolte leur est remise, à un tarif garanti et fixé avant chaque campagne[[245 FCFA (0,37 euro) le kilogramme cette année.]]. \n\nAline Zongo est formatrice de terrain à l’ONG Inades-Burkina. Cette organisation est membre de la Coalition pour la protection du patrimoine génétique (Copagen), réseau régional de lutte contre l’introduction des OGM en Afrique de l’Ouest, toutes deux partenaires du CCFD-Terre Solidaire. Aline est familière de la stratégie des petits paysans : « Une grande majorité ne voit d’intérêt, dans le coton, que par l’accès à de l’engrais à crédit, afin d’en faire profiter le maïs, céréale prioritaire pour les ruraux. »\n\nOr, le rendement du coton transgénique est très sensible au respect des doses d’engrais. Ainsi, à Koumana, le groupement Naan, où l’on amende les champs avec du compost naturel, l’a rapidement abandonné. « Ça ne donnait pratiquement que des feuilles ! », s’exclame Sid Mamadou Sawadogo.\n\nDe guerre lasse, la Sofitex propose aujourd’hui, avec son paquet d’intrants coton, un surplus d’engrais destiné au maïs. Mais seulement si l’on sème au moins trois hectares de coton. « Mais ce n’est pas le cas pour une moitié des exploitants », relève Aline Zongo. Le « détournement » d’engrais se poursuit donc...\n\nUn risque financier sensiblement accru\n\nMais surtout, il y a le prix de la semence Bt... Il choque les paysans, même les mieux lotis : pour un hectare, 27 000 FCFA le sac, contre 814 FCFA en conventionnel – 33 fois moins ![[Respectivement 41 euros et 1,25 euro.]]. Avec le coton OGM, la dette initiale des cultivateurs s’alourdit au début de chaque campagne, augmentant leur risque financier si la récolte n’est pas bonne. « Voilà pourquoi nous avons toujours refusé le coton Bt », explique-t-on au groupement Lafia Bougon, dans le village de Banwaly, exilé sur une piste défoncée au nord-ouest de Bobo-Dioulasso. C’est que l’État ne subventionne pas les semences OGM, justifie la Sofitex, alors que c’est le cas en conventionnel, à 80 % du prix.\n\nMais l’énorme différence tient aussi à la très confortable rente annuelle perçue par Monsanto – 28 % des ventes de semences selon l’Agence nationale de biosécurité[[Semences produites en champs par des agriculteurs spécialisés.]]. « Nous tentons de renégocier ce pourcentage, mais en vain pour le moment... », confesse Maxime Sawadogo, responsable technique de l’Union nationale des producteurs de coton du Burkina.\n\nNéanmoins, la soustraction de quatre traitements insecticides et le gain de productivité restent des atouts gagnants, veulent convaincre les pro-OGM.\n\nÀ Banwaly, satisfait de son coton Bt, Seydou Cissé n’annonce pourtant que 50 000 à 75 000 FCFA de bénéfice par hectare[[De 75 à 115 euros.]], guère plus en moyenne que le coton conventionnel. Et les sujets de mécontentement ne sont pas épuisés. « Depuis cette année, le sac de semences est passé de 45 kg à 30 kg, pour le même prix, fulmine Brahima Sanoun. Elles seraient de meilleure qualité, nous dit-on. Mais bien souvent, quand on sème, ça ne lève pas ! »\n\nLa circonstance n’est plus si rare, et touche toutes les cultures. Le dérèglement climatique raccourcit les hivernages et l’arrivée  des premières pluies, cruciales pour la réussite des semis, est de plus en plus erratique. « Alors, il faut racheter des semences... à 27 000 FCFA le sac, quand c’est de l’OGM ! », s’indigne Laurent Sano, à Banwaly, dont la moitié du groupement a décidé de revenir au conventionnel. \n\nLa société civile s’empare du débat \n\nAu bord des champs, Aline Zongo attaque les questions qui troublent. « Savez-vous que le coton Bt produit des toxines en permanence ? Qu’en pensez-vous pour votre santé et celle de l’environnement ? C’est aussi l’avenir de vos enfants qui est en jeu... »\n\nRegards surpris. « Et saviez-vous qu’il faut conserver 20 % des surfaces en conventionnel pour créer des zones refuges pour les ravageurs ciblés par les toxines Bt ? » En effet, elles ne les tuent pas systématiquement : des souches résistantes finissent par apparaître et s’imposer comme en Inde, où le coton OGM de Monsanto est cultivé depuis 2002[[La chute de rendements a provoqué la ruine de dizaines de milliers de paysans, des mouvements de contestations très violentes, et même des vagues de suicides.]]. Aussi « l’itinéraire technique » officiel compte-t-il sur les six épandages appliqués sur les portions refuges pour améliorer l’éradication.\n\nOui, la Sofitex est bien venue l’expliquer à Koumana, il y a deux ans, « mais ce n’est pas pratique », confessent les paysans. Harouna Belem reconnaît cultiver 100 % OGM sur ses cinq hectares. Idem pour Seydou Cissé, à Banwaly, qui allègue que « la règle des 20 % n’est obligatoire qu’à l’échelle du groupement ». À deux mètres de sa parcelle, un champ conventionnel. « Son propriétaire sait-il qu’il joue le rôle de terre d’accueil pour vos colonies de ravageurs ? », insiste Aline Zongo.\n\nEt soudain, à Banwaly comme à Koumana, la même protestation lasse. « Peut-être faut-il penser aux générations futures, madame, mais nous sommes fatigués, nous ne savons pas nous-mêmes où nous allons ni que penser de tout cela », soupire Brahim Sanoun.\n\nLes pro-OGM n’ignorent rien de ces doléances qui s’ajoutent à d’autres difficultés moins notoires dans les villages, comme la dégradation du prix du coton burkinabè sur la place mondiale (la variété OGM a des fibres raccourcies). Mais ils préfèrent positiver : « Comme pour toute innovation, il faut un temps d’adaptation ; les cultivateurs sont bel et bien en train d’adopter le coton Bt. »\n\nOpinion radicalement différente, à la Fédération nationale des organisations paysannes du Burkina (Fenop), membre du réseau Copagen. « Le monde paysan n’a aucune maîtrise sur cette technologie, qui nous rend extrêmement dépendants, juge Issouf Sana,coordinateur. Les cultivateurs veulent-ils vraiment voir leur ventre contrôlé par le monde extérieur ? Je suis convaincu qu’ils finiront par abandonner d’eux-mêmes le coton OGM, parce qu’il n’a pas été conçu pour servir leurs intérêts.  »"}
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Pour lutter contre l’évasion et la fraude fiscales, il faut exiger des entreprises et des banques une transparence financière pays par pays. Et l’État doit montrer l’exemple.\n\n\n\nSuite à la publication des bénéfices des entreprises du Cac 40 (74 milliards d’euros en 2011), le sujet de la fiscalité des multinationales s’invite enfin dans le débat électoral. \nSelon un rapport parlementaire de 2011, le taux réel d’imposition des plus grands groupes français, à l’exception de ceux dans lesquels l’État a une participation[[EDF, GDF, France Telecom et Renault ont payé à elles seules 40 % du montant d’impôts sur les sociétés payés par les entreprises du Cac 40.]], se situerait autour de 3,3 %, contre 22 % pour le PME. Comment expliquer un tel écart ? Principalement, par l’utilisation massive des niches fiscales. De là à parler des pratiques d’évasion fiscale, il y a un pas que les candidats à l’élection présidentielle peinent pourtant à franchir. \n\nQuand le sujet n’est pas carrément absent des programmes, les solutions prônées sont souvent simplistes, comme s’il suffi sait de décréter la suppression des paradis fiscaux. Les prétendants ne précisent jamais ce qu’ils entendent par paradis fiscal et s’ils comptent revoir les contours de la liste française qui épargne tous les pays de l’Union européenne et n’épingle que dix-huit petits territoires insignifiants dans le monde de la finance offshore. Rencontre après rencontre, les équipes de campagne des candidats ont expliqué au CCFD-Terre Solidaire que les efforts accomplis au sein du G20 n’avaient pas permis d’enrayer le phénomène et que rien ne pouvait être entrepris sans un consensus planétaire ou, a minima, européen. Les candidats à la présidence de la cinquième économie mondiale semblent donc s’être résignés à l’impuissance face à ces territoires opaques et à leurs clients, qui font la loi en matière de fiscalité et de régulation financière internationale. Et ce, malgré les appels répétés de la société civile et de certains dirigeants des pays en développement. \n\nLes associations proposent un moyen concret d’action : la transparence pays par pays pour lutter contre la fraude[[La fraude fiscale internationale prive la France de 20 milliards d’euros par an de recettes.]] et l’évasion fiscales des entreprises. Une mesure qui aiderait aussi les administrations fiscales des pays du Sud à récupérer une partie des 125 milliards d’euros de recettes qui leur échappent chaque année, du fait de l’évasion fiscale des multinationales. \nN’oublions pas que les principaux utilisateurs des paradis fiscaux ne sont autres que les fleurons de notre économie : tous les membres du Cac 40 utilisent ces territoires. Et il ne s’agit pas là d’une spécificité française, car les cinquante premières entreprises européennes y ont implanté en moyenne 21 % de leurs filiales, voire un quart pour les banques[[L’économie déboussolée, de J. Merckaert et C. Nelh. CCFD-Terre Solidaire, décembre 2010.]]. \n\nPour l’heure, on ne connaît même pas la liste exhaustive des filiales des entreprises multinationales. Ainsi, Total ne communique que sur 30 % de ses filiales. Alors que le groupe vient d’annoncer un bénéfice net de près de 12 milliards d’euros pour 2011, il est impossible de savoir exactement dans quels territoires ces richesses sont créées et si les pays reçoivent une juste contribution fiscale en contrepartie de l’exploitation de leurs richesses naturelles. Après plusieurs années de déficit en France, l’entreprise annonce qu’elle est redevable de seulement 300 millions d’impôts sur les bénéfices mais qu’elle paye beaucoup d’impôts partout ailleurs. Autant d’affirmations impossibles à vérifier en France, mais aussi pour les organisations de la société civile birmane ou congolaise, en l’absence de transparence financière pays par pays. Sous la pression des bénévoles du CCFD-Terre Solidaire et d’autres associations, des collectivités françaises ont choisi d’explorer une piste prometteuse [[Dix-sept régions se sont engagées dans la lutte contre les paradis fiscaux. Neuf d’entre elles ont introduit une exigence de reporting pays par pays. Des villes et conseils généraux emboîtent le pas]]. Soucieuses de ne pas travailler avec des banques qui utilisent les paradis fiscaux à des fi ns d’évasion fiscale, elles exigent désormais de tous leurs partenaires financiers qu’ils publient des informations sur leurs activités pays par pays (liste des filiales, nombre d’employés, résultat d’exercice et impôts payés). \n\n\nL’État français se doit d’être exemplaire \n\n\nUn amendement a été déposé à plusieurs reprises au Sénat pour demander à l’État français de dupliquer cette mesure. Il a même les moyens d’aller plus loin en étendant cette exigence de transparence pays par pays à toutes les entreprises qui bénéficient de marchés, d’aides ou des garanties publics. Au-delà de son effet dissuasif, cette mesure, promue par le CCFD-Terre Solidaire, permettra aux États, ainsi qu’à l’ensemble des parties concernées (investisseurs, salariés, consommateurs et populations locales) de mettre fin à des pratiques délétères et d’assurer une meilleure redistribution des richesses créées."}
{"@context":"https://schema.org","@type":"WebPage","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/echange-transparence-contre-marches-publics/","url":"https://ccfd-terresolidaire.org/echange-transparence-contre-marches-publics/","name":"Echange transparence contre marchés publics - CCFD-Terre Solidaire","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#website"},"datePublished":"2012-10-15T16:42:00+00:00","dateModified":"2024-12-10T12:35:10+00:00","description":"Les fleurons de notre économie sont les principaux utilisateurs des paradis fiscaux. Pour lutter contre l’évasion et la fraude fiscales, il faut exiger","inLanguage":"fr-FR"}
{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/les-mesures-dincitation-fiscale-coutent-cher/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/les-mesures-dincitation-fiscale-coutent-cher/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"« Les mesures d’incitation fiscale coûtent cher ! »","datePublished":"2011-06-15T17:50:00+00:00","dateModified":"2022-01-02T22:14:48+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/les-mesures-dincitation-fiscale-coutent-cher/"},"wordCount":735,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"articleSection":["Article"],"inLanguage":"fr-FR","description":"La fiscalité du secteur minier est un thème central pour l’économie péruvienne qui multiplie les incitations fiscales pour attirer les investisseurs étrangers. Rencontre avec Victor Manuel Gamonal, économiste au sein de Cooperaccion, un partenaire du CCFD-Terre Solidaire*.\n\n\n\nPourquoi la fiscalité du secteur minier est-elle importante ?\nVictor Manuel Gamonal  : Pour les pays en voie de développement, le financement des politiques sociales, de santé, d’éducation… provient essentiellement de deux sources : l’endettement ou la politique fiscale. C’est un thème central pour tout le continent et pour le Pérou qui a beaucoup emprunté, pendant une trentaine d’années, aux instances internationales. À partir des années 1990, l’activité minière est devenue un secteur stratégique pour l’économie. Le pays est aujourd’hui le 1er exportateur mondial d'argent, le 2e pour le cuivre et le zinc et le 6e producteur d'or. Cette activité emploie 5 % de la population économiquement active et représente environ 7 % du PIB, ainsi que plus de 60 % du montant des exportations. En 2010, les investissements dans le secteur minier ont atteint près de 2,8 milliards d’euros. \n\nComment fonctionne le système fiscal de ce secteur au Pérou ?\nL’impôt sur les bénéfices (30 %) est la principale charge fiscale des compagnies minières. Toutefois, elles bénéficient de diverses mesures d’incitation fiscale comme la déduction des coûts d’exploration et de développement. Résultat, elles paient peu ou pas d’impôts. Quand c’est le cas, dans le cadre d’accords particuliers entre l’État et l’entreprise, jusqu’à la moitié des impôts sur les bénéfices peut être versée aux communautés locales. Selon une répartition précise : 20 % à la commune sur laquelle se trouve la concession, 60 % que se divisent les districts et les provinces de la région et 20 % au gouvernement régional. L’idée est que les fonds parviennent aux communautés affectées par l’activité minière. Mais en pratique, le flux de cet argent demeure très opaque. Enfin, l’État péruvien offre dans la plupart des cas un « pacte de stabilité fiscale » qui garantit aux entreprises qu’il ne peut pas modifier les règles du jeu fiscal établies lors de la délivrance de la concession.\nIl est important de rappeler que les mesures d’incitation fiscales ont un coût. Au Pérou, le manque à gagner pour l’État – entre le non-paiement par les entreprises minières de leurs redevances et des mesures comme la non-imposition des bénéfices réinvestis – a été de près de 850 millions de dollars (590 millions d’euros) en douze ans (entre 1994 et 2006).\n\nPeut-on évaluer le montant de l’évasion fiscale ?\nC’est l’éternelle question ! D’autant que l’accès à l’information est très difficile en ce qui concerne les entreprises mais aussi les services de l’État en charge de percevoir les redevances. Il n’y a en outre aucun contrôle fiable sur la manière de calculer les redevances et les niveaux de production des compagnies. Et puis l’évasion fiscale, c’est un thème très large. Elle comprend par exemple les « prix de transfert », c'est-à-dire l’achat et la vente de produits entre les filiales d’un même groupe à des prix « adaptés » pour ne pas dégager de bénéfices et ne pas être imposés. Au Pérou, on estime que le montant de l’évasion fiscale du secteur minier s’élève à quelque 5 millions de dollars par an (3,5 millions d’euros). \n\nL’Initiative de transparence des industries extractives (Itie) permet-elle de lutter plus efficacement contre l’évasion fiscale ?\nCette initiative créée en 2002 lors du Forum mondial sur le développement durable de Johannesburg va effectivement dans le bon sens. Elle accroît la transparence des transactions financières effectuées entre les gouvernements et les sociétés du secteur des industries extractives. Divulguer ces informations permet de vérifier que les revenus liés aux ressources naturelles sont effectivement investis dans les programmes sociaux et de renforcer l'obligation de rendre des comptes. Le Pérou a souscrit aux principes de cette initiative. C’est donc un point positif, même s’il reste beaucoup de travail à accomplir dans ce domaine."}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/intensification-du-conflit-dans-letat-kachin/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/intensification-du-conflit-dans-letat-kachin/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Intensification du conflit dans l’État Kachin","datePublished":"2014-04-15T16:22:49+00:00","dateModified":"2021-12-08T15:34:15+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/intensification-du-conflit-dans-letat-kachin/"},"wordCount":509,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Communiqués de presse","Droits humains","Paix et vivre ensemble"],"inLanguage":"fr-FR","description":"Dans le cadre de la visite en France de  Madame Aung San Suu Kyi, le CCFD–Terre Solidaire, le Secours Catholique–Caritas France et Info Birmanie exhortent le gouvernement français à dénoncer publiquement les violences contre les populations civiles Kachins et Rohingyas et à pointer les limites des réformes dans le cadre des relations diplomatiques entre la France et le gouvernement Birman.\n\n\n\nLe CCFD-Terre Solidaire, le Secours Catholique et Info-Birmanie font ainsi écho à l’appel de paix lancé aujourd’hui par leurs partenaires Kachin inquiets des nouvelles attaques qui ont eu lieu dans le cadre du recensement national de la population,  et de la dégradation des conditions de vie des personnes déplacées à cause du conflit. Le 10 avril, moins de 48h après la tenue de pourparlers de paix entre des représentants de l’Armée pour l’Indépendance Kachin (KIA) et du gouvernement, les troupes de l’armée birmane ont attaqué le village de  Win Gyi, dans le sud de l’État Kachin. 3000 déplacés internes ont dû fuir les camps situés à proximité des violences. C’est la troisième fois qu’ils sont forcés de fuir depuis la reprise des combats. Pour rappel, la guerre civile qui sévit dans cette province du nord de la Birmanie depuis juin 2011 a déjà entrainé le déplacement de 120 000 civils.\n\nAlors que le président Thein Sein avait promis la paix dans tout le pays et s’était engagé pendant l’été 2013 à y parvenir « dans les prochaines semaines », les combats ne font que s’intensifier. Malgré les négociations de paix en cours, l’armée birmane a déployé de nouvelles troupes dans l’État Kachin et continue d’attaquer les groupes ethniques en ciblant volontairement les populations civiles.\n\nLes associations locales (1) , impliquées depuis plus de 30 mois dans la réponse à la crise humanitaire, demandent :\n\n1.\tLa cessation immédiate des hostilités et la tenue par les deux parties de leurs engagements. \n2.\tLe respect du droit humanitaire et des droits humains. Les deux armées doivent observer le principe de distinction entre civils et combattants et s’assurer que les civils ne sont pas exposés à la violence.\n3.\tLe respect par la Chine du principe de « non-refoulement » et des droits des déplacés.\n\nAlors que le gouvernement de Thein Sein rassure la communauté internationale en mettant en avant ses réformes et ses projets développement économique, il continue d’exercer une politique intérieure de division et d’oppression des minorités ethniques. \n\nOutre le conflit dans l’Etat Kachin, la situation des Rohingyas s'est également dégradée de façon très préoccupante. Le rapporteur spécial de l'ONU sur les droits de l'Homme en Birmanie a affirmé le 7 avril 2014 que « les évènements récents dans l'État de Rakhine s'inscrivent dans une longue histoire de discrimination contre la communauté des Rohingyas et ils pourraient constituer des crimes contre l'humanité »."}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/les-ide-1er-financement-vers-les-pays-du-sud/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/les-ide-1er-financement-vers-les-pays-du-sud/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Les IDE, 1er financement vers les pays du Sud","datePublished":"2013-11-20T14:42:04+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/les-ide-1er-financement-vers-les-pays-du-sud/"},"wordCount":495,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"inLanguage":"fr-FR","description":"Les Investissements Directs à l'Etranger (IDE) caracolent aujourd’hui en tête du classement mondial des flux financiers en direction des pays du Sud. Effectués, en grande partie, par des firmes multinationales, les montants de ces IDE devancent de très loin les flux d’aide au développement publique. En raison de leur taille et de leur efficacité supposée, les IDE dominent également dans les discours et les stratégies de développement des grands décideurs de la planète. Pourtant, seule une très faible partie de ces investissements a pour objectif de satisfaire aux besoins fondamentaux des populations. Pire, les IDE peuvent contribuer à aggraver les conditions d’existence économique, sociale, culturelle et environnementale des populations locales. Le championnat est-il truqué ? À noter aussi que dans 43 pays les plus pauvres, l’aide publique au développement reste la principale source de financement internationale.\n\n\n\nQue sont les Investissements Directs à l'Etranger (IDE) ?\n\n\nL’IDE est l’outil principal d’expansion des firmes multinationales à travers le monde. C’est un investissement productif qui désigne une opération d’achat ou d’apport en capital destinée à implanter une filiale à l’étranger ou à prendre le contrôle d’une entreprise étrangère existante. Mieux que le simple commerce, l’IDE contribue à internationaliser les activités productives de l’entreprise : grâce à lui, la multinationale établit une relation durable avec l’entreprise créée ou contrôlée dans un autre pays.\n\nL’IDE, ce n’est pas…\nEn théorie, les IDE ne se confondent pas avec les investissements de portefeuille. Ces derniers sont des placements financiers qui correspondent à des achats de titres susceptibles d’être revendus à tout moment. Très volatiles donc, à caractère hautement spéculatif, leur objectif est de tirer un revenu très rapidement, sans intention de contrôle durable.\n\n\nL'IDE, est-il toujours durable ?\n\nNon, pas toujours aussi durable qu’il en a l’air. Sous divers prétextes, un investisseur peut se désengager très vite d’un projet, simplement parce qu’il estime que les conditions d’accueil de son engagement ne sont pas à la hauteur de ce qu’il attendait et qu’il peut trouver mieux dans un autre pays. Une partie importante des flux d’investissement transite aujourd’hui par les paradis fiscaux. Ce qui amène à comptabiliser deux fois certains investissements et à brouiller les cartes en matière d’origine des flux. Ainsi en 2011, presqu’un euro sur deux des IDE à destination des pays à faible revenu ou à revenu intermédiaire provenait des paradis fiscaux.\n\n\nDepuis les années 80, le montant annuel global des IDE a été multiplié par 30 pour atteindre la somme de 1 500 milliards de dollars en 2012. En 2011, 684 milliards étaient destinés aux pays du Sud. Parallèlement, dans la même période, le nombre de multinationales a été multiplié par 10. Aujourd’hui 70 000 firmes multinationales possèdent 690 000 filiales basées à l’étranger."}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/pour-le-developpement-et-la-decentralisation/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/pour-le-developpement-et-la-decentralisation/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Pour le développement et la décentralisation","datePublished":"2012-04-03T16:51:00+00:00","dateModified":"2021-12-07T17:47:52+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/pour-le-developpement-et-la-decentralisation/"},"wordCount":607,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Projet","Souveraineté alimentaire et agroécologie"],"inLanguage":"fr-FR","description":"Deux ans après le séisme en Haïti, le CCFD-Terre Solidaire et Concert-Action s’engagent sur le long terme dans le cadre d’une convention de partenariat pluriannuelle. Ils veulent ainsi renforcer les capacités d’action de la société civile au service du développement rural et de la décentralisation du pays.\n\n\n\nPartenaire du CCFD-Terre Solidaire depuis 2001, Concert-Action accompagne des communautés rurales, notamment dans les domaines de la santé, de l’accès à l’eau potable et de l’agriculture. L’association est très mobilisée dans la région de Petit-Goâve et Grand-Goâve, parmi les plus touchées par le séisme du 12 janvier 2010. Face à l’urgence (premiers soins, abris de fortune), la solidarité communautaire a été manifeste. L’implication de Concert-Action s’est révélée déterminante à travers les institutions de santé, la diffusion de directives aux communautés, la coordination de l’aide d’urgence, la distribution de semences, de bâches, etc.\n\nConcert-Action a dû s’investir aussi dans la réparation et la reconstruction de maisons. Cependant, ces nouvelles initiatives ne se sont pas écartées de la logique de développement. Concert-Action poursuit l’ensemble des activités intégrées de santé, d’agriculture et d’hydraulique rurale, articulant l’offre de services avec le transfert de savoir et de savoir-faire.\n\nSuite au séisme, un nouveau consensus national s’est dégagé en Haïti : le besoin de décentraliser l’État et de renforcer sa gouvernance démocratique. Les enjeux sont non seulement de déconcentrer les structures de l’État pour qu’il soit au plus près des citoyens, mais aussi de garantir son fonctionnement démocratique en donnant les moyens d’action aux collectivités territoriales tout en promouvant et assurant la participation citoyenne.\n\nC’est dans cette perspective que se situe la convention de partenariat pluriannuelle qui engage le CCFD-Terre Solidaire et Concert-Action sur le long terme. Ils entendent ainsi contribuer au renforcement des capacités d’action de la société civile et des structures décentralisées, autour de deux projets concrets. Le premier concerne l’amélioration et la pérennisation de la couverture en eau potable de Grand-Goâve. Outre son volet technique, il vise encore à favoriser l’articulation des dynamiques communautaires et l’élaboration d’une stratégie commune. Le second projet porte sur l’accompagnement et la formation des collectivités territoriales de Petit-Goâve.\n\nInscrite dans la Constitution dès 1987, mais jamais mise en œuvre, la décentralisation de l’État se heurte à de nombreuses difficultés, notamment le manque de moyens et l’impréparation des collectivités locales. C’est particulièrement le cas à l’échelle des sections communales dont les élus méconnaissent souvent les prérogatives et manquent d’expérience en matière de gestion. Trop souvent, ils sont ainsi ignorés ou tenus à l’écart des processus de décision.\n\nLes quatre sections communales de Petit-Goâve et leurs élus (32 au total) sont concernés par ce projet. En plus d’une assistance technique, il comporte un important volet de formations (droit des collectivités et décentralisation, gestion de projets). Ces dernières s’adressent aussi aux leaders communautaires car ils sont susceptibles d’être un jour des élus. L’objectif essentiel est de permettre à ces collectivités de mieux exercer l’autorité qui leur revient de droit et de participer ainsi plus efficacement au développement de la communauté. Leurs élus seront aussi plus reconnus et respectés.\n\nSerge Lafitte"}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/le-voeu-de-pauvrete-comme-voeu-de-solidarite/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/le-voeu-de-pauvrete-comme-voeu-de-solidarite/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Le vœu de pauvreté, comme vœu de solidarité.","datePublished":"2008-09-22T00:00:00+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/le-voeu-de-pauvrete-comme-voeu-de-solidarite/"},"wordCount":734,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Communiqués de presse"],"inLanguage":"fr-FR","description":"L'investissement important des congrégations religieuses dans le fonds commun de placement « Faim et Développement » dès sa création, en 1983, fut un des facteurs de la réussite du premier FCP de partage européen. Quel est le sens de cet engagement des congrégations dans la finance solidaire, en particulier au côté du CCFD ? \nLe sens de l'engagement dans la finance solidaire\n\nLe rapport à l'économique dans la vie religieuse est marqué par le vœu de pauvreté. Il consiste en un renoncement de chaque religieux, de chaque religieuse, à la gestion personnelle de ses biens, à la mise en commun des revenus du travail et des patrimoines personnels, ainsi qu'à une sobriété de vie. Il s'agit non pas de posséder pour soi mais de mettre en commun les ressources pour que chacun, chacune, quels que soient son âge ou son activité, puisse recevoir ce qui est nécessaire à sa vie et à sa mission. \nCette mise en commun conteste radicalement la logique d'accumulation pour soi du système capitaliste néolibéral. Elle fait passer d'une logique du \"chacun pour soi\", dans laquelle je ne porte attention à l'autre qu'en tant que chance ou risque pour moi, à une logique du \"chacun pour tous\", où je reconnais l'autre comme une personne humaine avec les mêmes droits et les mêmes devoirs que moi, une logique de solidarité et de coresponsabilité. Aux fondements mêmes de l'organisation économique d'une congrégation, il y a donc la solidarité qui entraine, de fait, l'exigence  plus large d'essayer de bâtir une finance solidaire.\n\nCette mise en commun, vécue dans chaque congrégation depuis son origine, même si les revenus sont modestes compte tenu des types d'activités exercées, assure un patrimoine réel à chaque communauté. Il a d'abord pour fonction d'assurer la vie des membres et le soutien des missions et des institutions dont elle a la charge. Mais au-delà d’une logique nécessaire de rendement, la gestion du patrimoine est pensée avec une volonté de respecter des critères éthiques et de construire de la solidarité autant qu'il est possible. L'investissement des congrégations à la création du FCP \"Faim et Développement\" est une excellente illustration de cette recherche. \nL'appui décisif des congrégations religieuses \n\nEn 1981 Gabriel Marc, président du CCFD, rencontrait 600 économes de congrégations religieuses féminines qui s’interrogeaient sur la création d'un fonds éthique comme moyen d'action dans la société. Elles pensaient que, pour faire évoluer les réalités politiques et économiques de la société, cette démarche était préférable à une attitude de dénonciation : c’est l’époque de la campagne « Votre banque et l’apartheid ». \nUne fois prise la décision de créer le FCP \"Faim et Développement\" Gabriel Marc écrivit aux congrégations pour leur demander leur aide. Elles répondirent en nombre. Le montant minimal de souscription pour un fonds commun de placement était de 0,38 million d'euros. Ce montant semblait impossible à atteindre pour toutes les banques contactées par le CCFD,  excepté le Crédit Coopératif. Or, un mois et demi après l'ouverture du fonds, le seuil de 1,33 million d'euros était dépassé et les 1,52 million d'euros (10 millions de francs) furent très vite atteints. Les communautés religieuses n’étaient pas les seules, mais elles avaient apporté la plus grosse part des investissements.\n\nLa quête d'une autre façon de vivre la finance responsable au regard de l'évangile et de la société, la volonté de construire avec d'autres de la solidarité, et un sentiment de très grande proximité avec les objectifs poursuivis par le CCFD dans la mise en place de moyens nouveaux pour bâtir une terre solidaire, ont conduit les congrégations religieuses à poursuivre la collaboration commencée il y a vingt-cinq ans, en créant, avec le CCFD, le Fonds de plaidoyer \"Ethique et Partage\"  et en investissant fortement dans la Sidi.\nPuisse ce compagnonnage fécond se poursuivre et s'amplifier pour la construction d'une terre solidaire.\n\nGeneviève Guenard\nDirectrice administrative et financière du CCFD et Sœur Auxiliatrice."}
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Un diagnostic sans langue de bois. \n\nL'actuelle crise au Sahel n'a pas constitué pour vous une surprise ?\nO.D.S. :  Non,  elle était prévisible. On savait depuis octobre 2009 qu'en raison  de la sécheresse les récoltes de mil, sorgho ou maïs avaient été  mauvaises. Les revenus des petits agriculteurs ont été amputés. De même  les éleveurs n'arrivaient plus à nourrir leur cheptel et ont été  contraints de dilapider leur capital. Les gouvernements, eux, ont tardé à  réagir. Au Niger, le président Mamadou Tandja a même délibérément fermé  les yeux sur les risques de famine, avant d'être déposé par un putsch  militaire le 18 février 2010. \n\nPourquoi une telle impréparation face aux aléas climatiques ?\nCette  situation n'est pas propre au Sahel. Je reviens d'une mission en Syrie.  Ce pays a connu quatre sécheresses successives depuis 2006 dont les  effets auraient pu être atténués. D'une manière générale, il faut que  les dirigeants se convainquent que les dérèglements climatiques sont  appelés à se répéter et qu'il y ait une meilleure coordination des  acteurs de terrain. Mais l'agriculture doit aussi évoluer :  vulgarisation des techniques de collecte de l'eau de pluie, cultures  moins gourmandes en eau ou capables de composer avec la salinisation des  sols. \n\nAu Tchad, le Programme alimentaire mondial (PAM) a dû,  faute de ressources, limiter, son aide d'urgence aux familles ayant des  enfants de moins de deux ans...\nC'est une véritable honte pour  la communauté internationale. Tout se passe comme si l'on attendait que  l'incendie se déclare pour se mettre à la recherche de pompiers. J'ai  proposé, il y a déjà plusieurs mois, que le PAM dispose d'une réserve  stratégique qui lui permette de nourrir toutes les populations en  détresse. J'ai également plaidé en faveur d'une réforme de la Convention  sur l'aide alimentaire. L'aide ne doit pas être dépendante de la bonne  volonté des donateurs internationaux, voire de leurs préoccupations  politiques et commerciales. \n\nQuelles sont les causes des émeutes contre la vie chère qui ont éclaté début septembre au Mozambique ?\nPendant  des années, le FMI et la Banque mondiale ont poussé le Mozambique à se  spécialiser dans les cultures d'exportation : noix de cajou ou canne à  sucre. Du coup, le pays devait tabler sur les importations pour se  nourrir. La taxe sur le blé importé a été réduite à 2,5 % et les paysans  qui se consacraient aux cultures vivrières, incapables de rivaliser  avec ces importations à bas prix, se sont découragés. Aujourd'hui, le  Mozambique paie les conséquences de ce choix dangereux. Il est  doublement vulnérable. Il s'expose d'abord aux variations des taux de  change. Lors des douze derniers mois, le metical, monnaie mozambicaine,  s'est dévalué de 43 % par rapport au rand sud-africain (pays d'où  provient l'essentiel du blé du Mozambique, dont les importations  globales de blé correspondent à environ 300 000 tonnes par an). Il est  aussi dépendant des fluctuations des cours des denrées de base sur les  marchés. Quand les cours grimpent, la facture explose. D'autant que les  prix du fret, indexés sur ceux du pétrole, sont eux aussi orientés à la  hausse. \n\nCette vulnérabilité risque de s'accroître avec les projets en vogue de production d'éthanol et de biodiesel...\nEn  effet. Lors de sa réunion annuelle, le 25 avril 2010, la Banque  mondiale a présenté une étude montrant que sur l'ensemble des projets  d'investissements donnant lieu à des achats de terres dans les pays du  Sud, 35 % étaient destinés à la production d'agrocarburants. C'est  considérable. \nNous nous sommes battus pendant des années pour que  les investisseurs s'intéressent au secteur agricole des pays en  développement. Mais à présent qu'ils le font, ce n'est pas pour aider  les petits paysans à moderniser leur exploitation, mais pour orienter  les productions locales vers les marchés internationaux. Et même, si ces  projets respectent quelques conditions sociales ou environnementales,  le résultat, in fine, sera d'accroître la marginalisation des petits  producteurs. \n\nLes gouvernements africains n'ont-ils pas aussi  leur part de responsabilité ? Ils s'étaient engagés en juin 2003 à  dédier 10 % de leurs budgets nationaux au secteur agricole...\nSeuls  une douzaine de gouvernements africains sur une cinquantaine ont tenu  leurs promesses. À cela, trois explications. Primo, les communautés  rurales sont éloignées des centres de décision, là où les élites locales  pactisent avec les investisseurs étrangers. Deuzio, les créanciers, qui  privilégient le remboursement de la dette extérieure, poussent à  l'essor des cultures d'exportation, seules capables de drainer des  devises. Tertio, les cercles dirigeants, y compris africains, penchent  en faveur de l'agro-industrie. C'est un préjugé culturel tenace et un  contresens total. Seul un soutien persévérant octroyé à la petite  agriculture familiale et paysanne du Sud est en mesure de relever le  défi alimentaire. Je rappelle que les dernières crises alimentaires  s'expliquaient par l'insuffisance des revenus des populations rurales  beaucoup plus que par une pénurie de céréales. \nConcernant  l'augmentation des productions agricoles pour faire face à  l'accroissement démographique, une double interrogation demeure : qui  l'assurera principalement : les pays du Sud ou ceux du Nord ? Et  sera-t-elle le fait d'une extension des surfaces cultivées ou d'une  intensification de la production ? Selon les experts de la FAO, 25 à 30 %  du surcroît de production viendra de l'extension des aires cultivées et  70 à 75 % de l'augmentation des rendements. Or, les gains de  productivité sont surtout envisageables au sein de l'agriculture  familiale des PED, notamment en Afrique subsaharienne. Il faut donc  investir si l'on veut demain réussir à nourrir la planète. \n\nEn attendant, vous n'écartez pas la répétition d'une crise alimentaire du type de celle de 2008 ?\nNon.  Je crains même que nous en vivions les prémices. La situation est  paradoxale. Au plan mondial, les stocks de céréales ont été  reconstitués, après les bonnes récoltes de 2008, 2009 et une récolte  satisfaisante en 2010. Cela n'empêche pas les marchés de rester très  volatils. Il a suffi d'un avis de sécheresse en Russie, Ukraine et  Kazakhstan pour que, de manière irrationnelle, les cours du blé  flambent. La faute aux fonds d'investissement qui spéculent sur une  augmentation continue du prix des produits agricoles. La spéculation  n'est pas à l'origine de l'envolée des cours, mais elle l'accélère et  l'aggrave. Concrètement, lorsque les opérateurs sont avertis de la  canicule en Russie, ils achètent du blé à terme pour les trois ou six  mois à venir, à des prix plus élevés que les cours du jour. La tentation  des pays producteurs et des traders est alors de ne pas écouler leurs  stocks dans l'attente d'une meilleure rémunération. Il existe donc une  courroie de transmission, entre, d'une part, le monde des produits  dérivés des marchés à terme et, d'autre part, le prix de la tonne de  blé, de maïs ou de riz. Ce qui entretient indéniablement la volatilité  des cours. \nJe ne vois qu'une solution pour enrayer cette dérive. Il  faut à la fois encourager les États à constituer des stocks alimentaires  permettant de lisser les évolutions des prix. Et inciter les pays d'une  même région à partager leurs informations sur le niveau de leurs  réserves. Dans cette optique, si le Malawi connaît une mauvaise récolte,  il peut  compter sur les réserves d'un voisin mieux loti. Cette gestion  des stocks et des informations à l'échelon régional jouerait le rôle  d'une assurance mutuelle. Ce dispositif aurait un effet apaisant et  empêcherait peut-être qu'une fièvre injustifiée s'empare des marchés. \n\nMais  une telle initiative ne se mettra pas en place en quelques mois. Ce qui  laisse largement le temps aux marchés de s'emballer et d'ouvrir la voie  à une nouvelle crise alimentaire du type de celle de 2008. À cet égard,  les prochaines semaines seront décisives. \n\nPropos recueillis par Yves Hardy pour Faim Développement magazine du mois d'octobre 2010"}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/linaction-de-letat-face-aux-conflits-agraires/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/linaction-de-letat-face-aux-conflits-agraires/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"« L’inaction de l’État face aux conflits agraires »","datePublished":"2011-10-20T00:00:00+00:00","dateModified":"2024-09-25T15:22:53+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/linaction-de-letat-face-aux-conflits-agraires/"},"wordCount":919,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Agriculture","Amérique Latine / Caraïbes","Dette","Souveraineté alimentaire et agroécologie"],"inLanguage":"fr-FR","description":"La Commission Régionale sur les Conflits Agraires, Environnementaux et du Travail de l'Occident guatémaltèque est le fruit d'un travail de la Pastorale Sociale de San Marcos dans le cadre d'un projet soutenu par le CCFD-Terre Solidaire (accompagnement juridique et plaidoyer politique pour la résolution des conflits dans 11 communautés paysannes et indigènes de la région Sud-occidentale du Guatemala).\n\n\n\nLa revendication du droit à l'alimentation sert de base pour une mobilisation sociale, territoriale et juridique des communautés affectées par les conflits.\n\n\nA l'occasion de la Journée Mondiale de l'Alimentation, les organisations paysannes et indigènes se sont regroupées et ont publié une déclaration afin de rappeler la responsabilité de l'Etat concernant l'accès à la terre et le respect du territoire comme conditions sine qua non de l'engagement à faire valoir le droit à l'alimentation et le droit à l'eau.\n\n\nLa Pastorale Sociale de San Marcos, sous l'égide de Mgr Alvaro Ramazzini lançait par la même occasion, avec le soutien du CCFD-Terre Solidaire et de l'Union Européenne, une Campagne pour le Droit à l'alimentation.\n\n\nÀ l'occasion de la Journée Mondiale du droit à l'alimentation, la Commission régionale sur les conflits agraires, environnementaux et du travail de l'occident guatémaltèque dénonce l'inaction de l'État face aux conflits agraires :\n\n\n\" 15 ans après la signature de l'Accord sur les Aspects Socio-économiques et sur la Situation Agraire (ASESA), nous constatons que le droit à l'alimentation des paysans n'a de cesse d'être bafoué. En témoignent les différentes formes de conflits agraires qui entravent l'accès des paysans à la terre, ainsi que la dette agricole à laquelle ils sont confrontés. \nEn raison de l'incapacité de l'Etat à garantir les droits des paysans, les bénéficiaires du Décret-Loi 900 n'ont pas réussi, en cinquante ans, à bénéficier des droits à la terre qu'ils avaient obtenus lors du printemps démocratique (1944-1954). Alejandro Ramón Pérez, Efraín Díaz Almengor et Angelina Niz Sandoval, tous trois membres de l'Association du Développement Intégral de Malacatán, à San Luis Malacatán, San Marcos, sont récemment décédés sans avoir pu profiter de leurs droits. De plus, durant les 36 années de conflit armé interne, ils ont été poursuivis et privés de leur droit à une vie digne et à l'alimentation. Aujourd'hui encore, l'association continue d'exiger réparation.\nAu Guatemala aujourd'hui, 51% de la population vivent dans la pauvreté et 45,6% des enfants souffrent de malnutrition chronique. Nous constatons que l'Etat ne garantit pas aux Guatémaltèques, hommes et femmes,  une alimentation suffisante, tant en quantité qu'en qualité, nutritive, répondant aux traditions culturelles, aux besoins et aux habitudes alimentaires pour leur permettre de mener une vie saine et active.\nRappelons que l'accès à la terre et le respect des territoires sont indispensables pour la majorité du peuple guatémaltèque qui vit de la production agricole. Par conséquent :\n\n\nNOUS DÉNONÇONS :\n- Le fonctionnement trop lent et bureaucratique de l'État dans le cadre de la résolution des conflits agraires, environnementaux et du travail, avec des institutions dépourvues des fonds nécessaires et des compétences appropriées.\n\n L'absence d'une politique de réforme agraire viable. Le FONTIERRAS (Fonds national pour l'accès à la terre) s'étant écarté de son objectif initial, il ne permet pas l'accès à la terre et cause l'endettement des paysans et des communautés indigènes. Les politiques récentes sans avoir été construites avec la participation des organisations paysannes ne résolvent pas les problèmes de fond et font porter la responsabilité des problèmes sur les paysans. L'utilisation abusive de l'eau par les industries extractives et par le secteur agro-alimentaire, qui accapare la ressource, privant les communautés de l'accès à l'eau ou lui laissant des eaux contaminées. L'accès à l'eau n'est que l'une des multiples facettes des conflits agraires qui entravent l'accès aux moyens pour produire de l'alimentation.\n\n\nNOUS DEMANDONS :\n\n La résolution des conflits agraires : celui de San Luís Malacatán, celui des 7 communautés d'Ocós, ceux accompagnés par la Commission régionale sur les conflits, ainsi que les 1453 conflits agraires recensés par le Secrétariat des Affaires Agricoles. L'application de la Politique Nationale de Développement Rural Intégral, approuvée par l'Accord Gouvernemental n° 196-2009, et l'approbation de l'Initiative 4084, Loi du Système National de Développement Rural Intégral qui est une urgence nationale. L'application de la politique approuvée par l'Alliance de la Dette Agraire visant à annuler 75% de cette dette. L'accès à la terre de manière durable au travers du Programme d'aide aux groupes en situation de conflit et de vulnérabilité, qu'il s'agisse de terres nationales en friche, de terres nationales allouées illégalement ou autres.  La régulation de l'accès à l'eau, en respectant l'autodétermination des communautés indigènes et qui fait prévaloir le Droit à l'eau sur les intérêts des entreprises.\"\n\n\nSite internet de la Pastorale Sociale du Diocèse de San Marcos"}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/chretiens-dorient-des-citoyens-a-part-entiere/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/chretiens-dorient-des-citoyens-a-part-entiere/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Chrétiens d&rsquo;Orient, des citoyens à part entière","datePublished":"2011-01-18T00:00:00+00:00","dateModified":"2024-12-10T12:30:24+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/chretiens-dorient-des-citoyens-a-part-entiere/"},"wordCount":565,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Droits humains"],"inLanguage":"fr-FR","description":"Si les Chrétiens d’Orient représentent une minorité, il n’en reste pas moins qu’ils sont des citoyens à part entière de leur pays.\n\n\n\nLe récent attentat contre l'Eglise copte d'Alexandrie fait largement écho aux autres attaques menées contre des groupes confessionnels chrétiens en Irak, qui ont entrainé, en France et dans le monde entier, de nombreuses réactions d'indignation, de révolte et de solidarité à l'égard des Chrétiens d'Orient. \n\nLe CCFD - Terre Solidaire fonde son analyse sur la vision et les actions des acteurs eux-mêmes, directement concernés, qui ne sont pas seulement des victimes. Il agit depuis plusieurs décennies dans la quasi-totalité du monde arabe (à l'exception de la Lybie et de la péninsule arabique), en soutenant à ce jour près de 80 organisations partenaires. Certaines d'entre-elles sont d'identité confessionnelle chrétienne. Toutes sont citoyennes.\n\nSi les Chrétiens d'Orient représentent une minorité partout où ils se trouvent, il n'en reste pas moins qu'ils sont des citoyens à part entière de leur pays. Le synode des évêques du Moyen-Orient qui s'est tenu à Rome en octobre 2010 a rappelé que « Dieu veut qu' (ils soient) chrétiens dans et pour (les) sociétés moyen-orientales » et que les Chrétiens d'Orient sont « une partie intégrante de (ces) sociétés ». Les chrétiens d'orient ont d'ailleurs largement contribué à la construction culturelle et politique de l'identité arabe.\n\nLa tendance au repli confessionnel est néanmoins observée par l'ensemble de nos partenaires dans chacun des pays de la région. Les actes terroristes menés en Irak, au Liban et plus récemment en Egypte, qui visent explicitement des populations civiles sur base communautaire, n'ont pour but que de transformer le repli en confrontation. Cela est vrai entre Musulmans et Chrétiens, mais aussi entre Musulmans sunnites et Musulmans chiites. \n\nLes Chrétiens d'Orient partagent avec l'ensemble des populations les mêmes conditions d'insécurité physique et mentale liées à la guerre en Irak, à l'occupation des Territoires Palestiniens, à la dégradation des conditions de vie économique et sociale en Egypte et au Liban, et à l'absence de liberté civile et politique dans la plupart des pays.\n\nLes partenaires soutenues par le CCFD-Terre solidaire, chrétiens et non chrétiens, qui œuvrent pour l'amélioration des conditions de vie des populations et l'accès aux droits et à la justice ne font aucune distinction sur base confessionnelle, et s'efforcent bien au contraire de lutter en toutes circonstances contre les divisions, en favorisant le dialogue. Face à la souffrance ressentie notamment par ses partenaires chrétiens en raison des exactions menées dans leur pays et au sein de leur communauté confessionnelle, le CCFD-Terre solidaire entend saluer leur courage et leur détermination à maintenir leur action en faveur des populations vulnérables de toutes les communautés.\n\nDans ce contexte, et à l'image de ses partenaires du Moyen-Orient, le CCFD-Terre solidaire, organisme d'Eglise,  témoigne avant tout sa solidarité avec l'ensemble des victimes de l'injustice et dénonce avec la même vigueur l'ensemble des crimes à l'encontre de la dignité humaine.\n\nPierre Tainturier\nChargé de mission au CCFD-Terre Solidaire"}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/politique-dimmigration-continuite-ou-rupture/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/politique-dimmigration-continuite-ou-rupture/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Politique d’immigration : continuité ou rupture ?","datePublished":"2015-02-10T10:59:00+00:00","dateModified":"2024-12-10T12:35:03+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/politique-dimmigration-continuite-ou-rupture/"},"wordCount":961,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Droits humains","France","Migrations"],"inLanguage":"fr-FR","description":"Selon Danièle Lochak, professeure émérite de droit public à l’Université Paris Ouest-Nanterre/La Défense et membre du bureau du Gisti, le gouvernement de François Hollande ne prend pas le chemin d’une réelle remise en cause de la politique d’immigration de son prédécesseur.\n\n\n\n\nFaim et Développement : Que pouvaient espérer les associations de défense des droits des étrangers des promesses faites par François Hollande lors sa campagne électorale ?\n\nDanièle Lochak  : Peu de promesses ont été faites, en réalité. Et elles n’ont pas été tenues. François Hollande s’était engagé à ce que son gouvernement dépose un projet de loi pour le droit de vote des étrangers aux élections locales. Or, il ne prendra pas le risque de s’attirer les foudres de la droite avant les municipales et le projet sera vraisemblablement enterré. L’expérimentation promise d’une attestation de contrôle d’identité (voir pages suivantes) pour lutter contre les « délits de faciès » n’est plus à l’ordre du jour. D’autre part, la circulaire Guéant (voir pages suivantes), qui entravait considérablement l’accès au marché du travail des diplômés étrangers ayant fait leurs études en France, a effectivement été abrogée, mais la proposition de loi de Dominique Gillot pour sécuriser leur situation n’a finalement pas été déposée. Enfin, François Hollande s’était clairement prononcé contre la rétention des enfants, une pratique condamnée par la Cour européenne des droits de l’homme. La circulaire du 6 juillet 2012, censée remédier à cette situation, continue d’autoriser l’enfermement dans un certain nombre de cas et ne s’applique pas à Mayotte, pourtant département français.  \n\n\nNe faut-il pas laisser du temps au gouvernement ?\n\nUn an, c’est peu pour amorcer un véritable changement. Il n’en prend pas le chemin. Conformément à ce qu’a initié Nicolas Sarkozy et à ce qui avait soulevé l’indignation de toutes les associations de défense des droits des étrangers, la politique de l’immigration continue d’être exclusivement mise en œuvre par le ministère de l’Intérieur. Or, lorsque les ministères de Affaires étrangères, de l’Emploi et des Affaires sociales en portaient aussi la responsabilité, la conception strictement policière de l’immigration était un peu atténuée. Par ailleurs, non seulement le gouvernement n’a pas tenu ses promesses mais les pratiques intolérables perdurent. Prenons l’exemple des violences policières. Après dix-huit mois d’enquête, le Défenseur des droits[[Le Défenseur des droits est une autorité constitutionnelle indépendante chargée de veiller à la protection des droits et des libertés et de promouvoir l’égalité.]], Dominique Baudis, a remis un rapport accablant et très argumenté sur la manière dont sont traités les migrants dans le Calaisis. Réponse du ministère de l’Intérieur : « Les faits évoqués reposent essentiellement sur des déclarations de responsables d’associations rapportant des propos non vérifiables. » \n\nDurant un temps, on se disait : « Si les pratiques n’ont pas changé, au moins le discours xénophobe nous est épargné. » C’était avant les propos de Manuel Valls sur les Roms... [[Le 14 mars 2013, M. Valls au journal Le Parisien : « Je partage ce que m’a dit le Premier ministre roumain : “Les Roms ont vocation à rester en Roumanie ou à y retourner”.]]\n\n\nQuel pourrait être le signe d’une inflexion de la politique d’immigration ?\n\nSeul un gouvernement qui se sent fort peut aller à l’encontre du credo diffusé depuis quarante ans (la fermeture des frontières date de 1974). Tous les gouvernements successifs ont martelé que la maîtrise des flux migratoires s’imposait et qu’il fallait s’en donner les moyens. \n\nProposer une politique différente suppose une audace dont seul un gouvernement fort et déterminé pourrait faire preuve. L’hypothèse est, hélas, plus improbable que jamais. Les temps de crise ne sont jamais favorables aux étrangers. Même en restant dans le cadre d’une politique de lutte contre l’immigration clandestine, le gouvernement aurait pu, à défaut de changement radical, au moins tirer un trait sur la politique de déstabilisation des étrangers mise en œuvre pendant « l’ère Sarkozy ». Car ce dernier s’est aussi employé à insécuriser les étrangers dont la légitimité à être là n’est pas contestée. \n\nEn 1984, la création d’une carte de résident de dix ans avait été votée à l’unanimité à l’Assemblée nationale, tous partis confondus. Si les acquis de cette loi ont été progressivement grignotés, Nicolas Sarkozy les a définitivement enterrés. La délivrance de plein droit de la carte de résident ne concerne plus, à part les réfugiés, que des catégories d’étrangers très minoritaires. Aujourd’hui, qu’on soit parent d’enfant français ou conjoint de Français, on ne peut, dans un premier temps, espérer mieux qu’une carte de séjour d’un an renouvelable. Et quand on peut enfin, au bout de trois ans, solliciter la délivrance d’une carte de résident, elle n’est plus automatique mais subordonnée à la preuve de « l’intégration républicaine » de l’intéressé dans la société française. La précarité est donc érigée en norme. Or, qu’est-ce qui empêcherait le gouvernement de rétablir – au moins ! – l’accès de plein droit à la carte de résident de manière à sécuriser les conditions de vie des étrangers en situation régulière ?"}
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Leurs mots font revivre la souffrance, les prières et la rage d'une population civile bombardée et affamée\n\n\n\nNous nous sentons tellement impuissants, si nous pouvons porter leurs messages, j'en serai heureuse.\nRacha ABAZIED\nPrésidente de l'Association Syrie MDL\n\n\n\n\nMessage de la Ghouta #26\n\nOn aurait dit le jour du jugement dernier !\nDes gens courent et crient partout, des personnes en vêtement d’intérieur, pieds nus. Des voitures remplies de monde qui roulent à plus de cent à l’heure. Et moi qui appelle et hurle en cherchant mes proches.\n\nHabituellement ce genre de scènes se termine par un réveil soudain, d’un rêve, ou plutôt d’un cauchemar collectif.\nCombien aimerais-je que ce soit réellement un cauchemar ! Au moins, on peut se réveiller d’un mauvais rêve, et c’est terminé. Mais nos journées semblent devenir pires que les cauchemars !\n\nJe cours en tirant ma fille par la main et en gardant un œil sur mon fils.\nUne petite fille de 5 ans crie en notre direction : « Dites-leur de ne pas nous tuer, dites-leur de ne pas nous tuer ! » Je n’ai aucune phrase pour la rassurer.\n\nLe Mig est visible très clairement au-dessus de nos têtes, suivi d’un hélicoptère qui vole très bas et doucement, tout en bombardant. Il est tellement proche qu’on pourrait presque l’atteindre par une balle de pistolet.\nOn entend des tirs de balles derrière nous aussi, j’ignore leur provenance exacte. Mais je suis sûre qu’il ne s’agit pas d’accrochages entre militaires et combattants et elles ne visaient pas l’avion non plus.\n\nNous avons couru presque une heure comme des affolés dans les rues. Et la petite fille a continué tout le long à répéter la même phrase « dites-leur de ne pas nous tuer. »\nMaya, ma fille, qui fait la forte, me dit : « Maman, tu vois, je n’ai pas pleuré ! » Alors qu’en réalité, elle pleurait mais ne s’en rendait même plus compte. Elle me demande : « Pourquoi tu as laissé mon bébé (son doudou) dans l’abri ? » et « Je veux ma valise rose, j’aime ma valise rose. »\n\nJe cours et j’essaie de la rassurer en disant qu’elle en aura d’autres des jouets à l’avenir. Je voulais absolument lui dire qu’on ira toutes les deux acheter de nouveaux jouets et qu’elle choisira elle-même tout ce qui lui plaira. Elle a semblé d’accord, mais elle a ajouté « moi, j’aime mon bébé ».\n\nLa petite fille qui criait « dites-leur de ne pas nous tuer », s’est réveillé en pleine nuit et a dit à sa mère : « Si je fais sur moi, ne m’en veut pas maman, hein ? » Pourtant, elle avait été aux toilettes avant de s’endormir. Mais on ne sait ce qui lui est passé par la tête, ce qui l’a réveillée la nuit ? Peut-être la même peur qui l’avait poussée pendant notre course à demander d’aller aux toilettes. Demande qu’elle a répétée trois ou quatre fois à notre arrivée dans l’abri avant de se coucher. Au milieu de la nuit un petit garçon s’est mis à crier pendant son sommeil : « Attendez-moi… Maman, attend moi… Amina, ne me laisse pas ! »\n\nComment trouver le sommeil, alors que les visons du jour poursuivent nos enfants la nuit ?\nNous sommes très nombreux à être entassés dans cette pièce exiguë. Et les barils explosifs et les hélicoptères n’ont pas arrêté de toute la nuit.\n\nOn ne sait même pas ce qui se passe dehors, on parle de : passages, exode, tueries…\nChaque minute qui passe sans rejoindre le passage sécurisé à toute vitesse, signifie être massacré.\nMalgré cela, silence, négation, et négation…\nNous sommes encore vivants.\nSoyez-en rassurés !\n\nNivin Hotary – Ghouta orientale\n. \n\n\n\nMessage de la Ghouta #6\n\nDepuis une fenêtre minuscule, tout en haut de notre cellule collective au sous-sol, je regarde le monde…\nLe ciel est loin et difficile à distinguer, bloqué par tout type d’avion : MiGs, Sukhoi, aviation d’exploration.\nNotre météo est pleine de barils mais aussi de nouvelles roquettes dont le son nous est encore inconnu, accompagnés d’averses d’éclats. \nLa destruction qui s’en suit est massive !\n\nA travers cette fenêtre, on est convaincu qu’il y aura une lumière au bout de ce long tunnel, qu’après la pluie, il y aura le beau temps ! On rigole de choses qui normalement ne sont pas drôles. On se rappelle de vieux souvenirs, on rit, on crie, on a peur et on retourne pour regarder par la fenêtre. \nOn respire par cette fenêtre, mais la nuisance, la poussière et les éclats nous atteignent par la même voie.\n\nLe temps passe et mes yeux restent collés à cette fenêtre. Beaucoup d’enfants autour de moi la fixent aussi. \nUn enfant de quatre ans répète sans arrêt la même prière « Seigneur, protège-nous de leur nuisance », il se bouchait les oreilles chaque fois qu’on entendait les bombardements. Hélas, les bombardements n’arrêtent pas et ses petits doigts n’ont pas eu de répit. Je l’ai vu s’endormir par épuisement. Il s’est couché tout en protégeant ses oreilles avec ses mains et peu à peu ses mains se sont relâchées, soudain il a sursauté horrifié par le bruit d’un baril largué. \nUne autre fillette changeait sa place chaque fois qu’elle entendait les bruits assourdissants, tout en battant ses bras comme des ailes, je ne comprenais pas pourquoi elle faisait ça. Elle non plus j’imagine, elle se sentait peut-être en en sécurité en le faisant, qui sait ?\n\nMaya ne cesse de répéter la même question : « Maman tu m’aimes ? » Serait-ce sa façon de comprendre ce qui lui arrive ? Les attaques du régime seraient pour elle l’absence d’amour, et elle veut s’assurer du mien ? Qusay vieillit prématurément, il a peur mais refuse de l’exprimer.\n\nMaintenant, je suis liée à cette fenêtre. Auparavant, ce n’était qu’une simple fenêtre discrète au bord d’un trottoir. Tant de gens sont passés à côté sans la remarquer. Je crains qu’il soit de même pour nous, que tant de gens passent à côté nous sans nous prêter attention.\n\nNivin Hotary\n22/02/2018\nTraductrice: N.A.\n\n \n\nD'autres [ http://www.syriemdl.net/message-de-la-ghouta-28/] sont à lire sur le site de l'association Syrie MDL (Syrie moderne démocratique et laïque)\n\nPour mieux comprendre le siège de la Ghouta, \nhttps://www.franceinter.fr/emissions/l-invite-de-8h20/l-invite-de-8h20-01-mars-2018\n\n\nLire aussi notre communiqué : Des ONG humanitaires dénoncent les attaques explosives empêchant l’acheminement de l’aide humanitaire dans la Ghouta orientale malgré la résolution de l’ONU"}
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Pour les membres du CCFD-Terre Solidaire de la région Centre-Val de Loire, qui ont organisé à Pithiviers, les 30 avril et 1er mai derniers, le festival Si loin si proches, la réponse est à l’évidence oui. Durant ces deux jours, en présence de trois partenaires, il a été beaucoup question de souveraineté alimentaire, d’accès à la terre, des modes de production et de consommation.\n\n\n\nC’est un village comme il en existe des milliers en Inde. Avec ses pétarades de scooters qui se mêlent aux cris des oiseaux, au « chant » des enfants répétant les leçons qui s’échappe de l’école. On y découvre des hommes, des femmes appliqués à fabriquer des briques de terre. Autour du puits, lieu central de l’activité villageoise, d’autres s’affairent à laver le linge, à remplir d’eau des lotas, des pots en laiton ou en fer blanc. Scènes de la vie quotidienne avec ces gestes mille fois répétés, comme dans une chorégraphie improvisée.\n\nEnfin, pas tout à fait. Car nous ne sommes pas en Inde, mais à Gourvilliers, un hameau du Loiret, en train d’assister à Vanakkam. Bonjour, mis en scène par la Compagnie du Chiendent avec le soutien de l’équipe du CCFD-Terre Solidaire de la région Centre-Val de Loire  qui accompagne depuis trois ans cette initiative articulée autour de la danse.\n\nUne rencontre a priori improbable entre une ONG de développement et une troupe artistique que commente la chorégraphe Sandrine Bonnet, à l’origine de cette aventure : \n« J’avais accueilli en résidence d’artistes un danseur originaire du Sri Lanka, réfugié politique en France, et nous avions longuement discuté des questions d’immigration, de la quête d’identité. Il m’a alors proposé de faire le voyage en sens inverse, de la France vers le Tamil Nadu [au sud-est de Inde, ndlr], pour que je me sente moi aussi comme une étrangère. Puis de monter ensuite un spectacle. »\n\n\nSensibilisation artistique et citoyenne\n\n\nL’idée séduit Sandrine, qui prend rendez-vous avec la région Centre pour présenter un projet. Hasard, chance, karma diraient les Indiens, la veille de sa venue, il avait été question de solidarité internationale au siège de la région. Le bureau concerné oriente la jeune femme vers le CCFD-Terre Solidaire. \n« À l’époque, je ne connaissais pas le CCFD-Terre Solidaire, reconnaît Sandrine. Mais, à mon grand étonnement, on se comprenait sur tout ! »\nL’ONG met alors en relation l’artiste avec Areds [[Créée en 1980 dans l’État indien du Tamil Nadu, l’Association de soutien au développement et à l’éducation rurale (Areds) centre son action sur le développement des populations les plus marginalisées, notamment les Dalits.]], l’un de ses partenaires dans le Tamil Nadu.\n\nSandrine se rendra trois fois en Inde, accompagnée de danseurs, d’un vidéaste, d’un « auteur sonore ». \n\nS’immergeant dans le réseau local de l’organisation indienne, ils « appréhendent de près les réalités du territoire », vont voir des agriculteurs pratiquant l’agro-écologie, travaillent avec des groupes de femmes utilisant le théâtre de rue pour sensibiliser les populations locales aux questions de santé. Ils interviennent dans les écoles pour des ateliers de danse contemporaine, d’initiation à la prise de vue et la réalisation vidéo. Ils enregistrent aussi des images du quotidien, des portraits de femmes, des sonorités, prennent des photos.\n\n« Ces échanges nous ont permis de recueillir les éléments pour la préparation de notre spectacle, précise Sandrine, mais aussi de disposer d’outils de sensibilisation ensuite utilisés par les bénévoles du CCFD-Terre Solidaire pour leurs voyages d’immersion en Inde. »\n\n \nPour la chorégraphe : « Cette sensibilisation artistique et les actions d’éducation à la citoyenneté et à la solidarité internationale permettent d’échanger, de réfléchir sur la conscience individuelle et collective. »  Un message largement partagé par Thierry Murat, délégué régional du CCFD-Terre Solidaire, pour qui  « l’art est un vecteur de liens, un moyen d’émancipation et de développement ». \n\nSurtout lorsque celui-ci est axé, comme c’est le cas pour Vanakkam. Bonjour, autour de l’eau. Sujet qui ne pouvait laisser indifférents les bénévoles du CCFD-Terre Solidaire de la région Centre-Val de Loire, engagés depuis plusieurs années déjà sur la thématique de la souveraineté alimentaire. Une thématique qui les a conduits à faire trois voyages d’immersion en Afrique du Sud, au Brésil et en Inde pour découvrir les réalités auxquelles sont confrontés les partenaires.\n\nRegards croisés\n\nConférences, rencontres, débats, outils d’éducation, de sensibilisation à l’accès à la terre, aux relations entre producteurs et consommateurs, depuis plusieurs années, les groupes de bénévoles font leur possible pour faire bouger les lignes. Dans cette même dynamique, trois partenaires sont venus, à leur tour, ce printemps, durant une semaine, rencontrer les acteurs de la région Centre-Val de Loire : agriculteurs syndicalistes, chambre d'agriculture, Conseil régional..., avant de participer au festival.\n\n« Notre région rurale a des réalités très différentes. Au sud, on pratique l’élevage, le maraîchage avec des agriculteurs et des vignerons qui, pour certains, sont passés au bio », détaille Catherine Torset, chargée de mission au CCFD-Terre Solidaire dans la région.\n\n« Au nord, c’est la Beauce, le “grenier à céréales” de la France. Avec ses grandes exploitations conventionnelles qui, le plus souvent, pratiquent l’agriculture conventionnelle, même si l’on sent chez beaucoup une volonté de raisonner leurs pratiques et de diversifier leurs productions. »\n\nRemise en cause des modes de production et de consommation\n\nDifficile, dans ces conditions, de réunir tout le monde autour d’une même table pour réfléchir et échanger autour des différents modes de production.\n\n « Il y a encore beaucoup de méfiance et d’a priori de part et d’autre, continue-t-elle. Entre différents types d’agriculture, bio, raisonnée et conventionnelle, mais aussi entre des visions et approches syndicales différentes, celle de la FDSEA[[Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles, membre de la FNSEA, majoritaire dans la profession.]] et de la Confédération paysanne [[La Confédération paysanne prône une agriculture paysanne, familiale. Elle est membre de l’organisation internationale La Via Campesina, partenaire du CCFD-Terre Solidaire.»]]\nLe but de ces rencontres organisées par le CCFD-Terre Solidaire est de favoriser le dialogue et une meilleure compréhension entre les différentes parties.\n\n« Nous avançons à petits pas avec un vocabulaire adapté pour dire que chacun a droit à une alimentation de qualité, pour tenter d’arriver à mettre tout le monde d’accord », poursuit la chargée de mission. Une unanimité d’autant plus nécessaire que tout le secteur, bio et conventionnel confondus, est touché par une crise nationale qui a un impact direct sur le niveau de vie des paysans.\n\nCe qui pousse nombre d’entre eux à réfléchir à de nouveaux moyens d’écouler leurs productions, par la vente directe à la ferme ou via des Amap[[Les Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne (Amap) ont mis en place un réseau de vente directe entre agriculteurs, le plus souvent bio, et consommateurs]] et autres circuits courts.\n \nLa question de la transmission des terres\n\nLes modes de production et de consommation ne sont pas les seules questions qui se posent à la région et aux bénévoles du CCFD-Terre Solidaire. Tout aussi importante est celle de la transmission des terres.\n\n« La moitié des jeunes dont les parents sont agriculteurs reprennent les exploitations familiales et de plus en plus d’autres ont envie de s’installer, notamment en bio », précise Catherine Torset.\n\n \nMais les terres, elles, sont de moins en moins nombreuses, de moins en moins accessibles. En cause, l’urbanisation et les besoins en infrastructures, autoroutes, centres commerciaux, mais aussi un phénomène nouveau dans la région : l’accaparement des terres. Depuis l’année dernière, pas moins de « 1 700 hectares de terres agricoles ont été accaparées », regrette la chargée de mission, achetées par des sociétés chinoises pour un prix environ deux fois et demi plus cher que celui du marché. \n\nUne surenchère qui augmente artificiellement le prix du foncier local, empêche ceux qui le désirent de se lancer dans des activités agricoles. Surtout, cela pose la question de l’utilisation de ces surfaces, dont on suppose que les productions seront destinées à l’exportation."}
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Cette loi porte des avancées sur la protection des lanceurs d'alerte, l’encadrement des lobbies mais aussi la lutte contre l’évasion fiscale. A ce sujet, un amendement sur le reporting public a été adopté par les député-e-s en Commission des lois le 26 mai dernier, mais son périmètre d’application limité aux pays de l’UE et à une liste non définie de paradis fiscaux le rend inefficace pour lutter contre l’évasion fiscale [[Réaction au vote en Commission des lois, 26 mai 2016 : Loi Sapin 2 : la Commission des lois fait semblant d’avancer sur la transparence fiscale\nhttps://www.oxfamfrance.org/communique-presse/justice-fiscale/loi-sapin-2-commission-des-lois-fait-semblant-davancer-sur]]. \n\n\n\nATTAC, le CCFD-Terre Solidaire, la CFDT, la CGT, le Collectif Roosevelt, ONE, Oxfam, Peuples solidaires-ActionAid, Solidaires Finances Publiques, Survie, Syndicat de la magistrature et les autres organisations membres de la plateforme \"Paradis fiscaux et judiciaires\" se mobilisent cette semaine et jusqu’à la fin de l’examen du projet de loi pour que les député-e-s corrigent le tir en plénière : pas de transparence sans reporting TOUS pays. \n\nPour les organisations: « Les député-e-s ont l’occasion de traduire dans la loi leur ambition pour lutter contre l’évasion fiscale en votant pour un reporting public complet, couvrant l’ensemble des pays dans lesquels les multinationales sont présentes. Seule une photographie complète des activités et impôts payés par les multinationales dans tous les territoires où elles sont implantées permettra de repérer d’éventuels transferts de bénéfices et de savoir si elles paient bien leur juste part d’impôts. Les député-e-s ne peuvent répondre à la multiplication des scandales d’évasion fiscale par un simulacre de transparence.  Seul un tel reporting obligera les multinationales à rendre publiques des informations sur leurs chiffres d'affaires, leurs effectifs, leurs profits et les impôts, partout où elles sont présentes, dans l’UE mais aussi dans les pays en développement et les paradis fiscaux. »  \n\nLe reporting actuellement proposé dans le texte de loi n’est pas un reporting pays par pays puisqu’il n’inclut pas l’ensemble des pays où les multinationales ont des activités, leur laissant l’opportunité de cacher leurs bénéfices dans certains territoires comme la Suisse ou le Delaware (Etats-Unis), qui pour des raisons politiques n’ont aucune chance de se retrouver sur une liste de paradis fiscaux. En l’état, cette mesure ne permet en aucun cas de lutter contre l’évasion fiscale des multinationales prive chaque année la France, mais aussi les pays les plus pauvres, de centaines de milliards d’euros.\n\nPar ailleurs ces informations sont déjà disponibles pour les banques françaises depuis la loi bancaire adoptée en juin 2013 [[Rapport « En quête de transparence, sur la piste des banques françaises dans les paradis fiscaux », mars 2016 http://www.stopparadisfiscaux.fr/IMG/pdf/Rapport_Final_Sur_la_piste_des_banques_francaises.pdf]]. Il s’agit là d’exiger la même chose des multinationales. \n\nATTAC, le CCFD-Terre Solidaire, la CFDT, la CGT, le Collectif Roosevelt, ONE, Oxfam, Peuples solidaires-ActionAid, Solidaires Finances Publiques, Survie et le Syndicat de la magistrature, appellent les député-e-s à faire preuve d’une réelle volonté politique dans la lutte contre l’évasion fiscale et à voter en plénière pour un reporting public complet, couvrant l’ensemble des pays dans lesquels les multinationales sont présentes. Alors qu’en décembre dernier, une proposition similaire avait été écartée par le Gouvernement malgré deux votes positifs des député-e-s [[Communiqué de presse, 16 décembre 2016 : Une manœuvre à l’Assemblée nationale fait voler en éclats l’ambition de transparence fiscale des députés http://www.stopparadisfiscaux.fr/qui-sommes-nous/plateformes-regionales-43/article/reactive-une-manoeuvre-a-l]] , les organisations appellent également le Gouvernement à passer des paroles aux actes dans la lutte contre l’évasion fiscale. \n\nLes organisations lancent une mobilisation massive sur les réseaux sociaux demandant aux internautes d’interpeller leurs député-e-s afin que ces derniers votent pour un reporting public tous pays et démontrent ainsi leur engagement pour la justice fiscale.\n\nContacts presse :\n- ATTAC : Dominique Plihon, 06 82 22 27 11, dplihon@orange.fr \n- CCFD-Terre Solidaire : Karine Appy, 01 44 82 80 67 - 06 66 12 33 02, k.appy@ccfd-terresolidaire.org\n- CFDT : Service de presse : 01 42 03 80 12 presse@cfdt.fr\n- CGT : Mathieu Moriamez : 06 19 60 50 21 m.moriamez@cgt.fr \n- ONE : Annabel Hervieu : 06 31 22 89 68, annabel.hervieu@one.org\n- Oxfam France : Caroline Prak, 06 31 25 94 74, cprak@oxfamfrance.org\n- Peuples Solidaires-ActionAid France : Katia Roux, 06 72 32 18 24, k.roux@peuples-solidaires.org\n\nOPPORTUNITE PHOTO\nUne action de mobilisation sera organisée dans le centre de Paris par ATTAC, le CCFD-Terre Solidaire, Peuples Solidaires ActionAid France, Oxfam et ONE mardi 7 juin 2016. Plus d’infos ici\n\nNotes aux rédactions :\n\nPour en savoir plus sur le Reporting Public : lire le document « Lutte contre l’évasion fiscale : il est urgent d’agir en faveur de la transparence », publié par le CCFD-Terre solidaire, ONE France, Oxfam France, Peuples solidaires-ActionAid France, en partenariat avec la Plateforme Paradis Fiscaux et Judiciaires"}
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Moi-même sociologue, j’en suis devenue la coordinatrice. \"\n\n\n\nSamantha Cesar : « Le CAM s’est emparé du thème de l’eau à la demande de groupes de citoyens de trois municipalités – Zacualpan de Amilpas, Temoac et Jantetelco - de l’État de Morelos, au sud de la capitale, Mexico. Curieusement, dans cette zone située au pied du volcan Popocatépetl, qui culmine à 5450 mètres et est toujours coiffé d’une calotte neigeuse, la ressource hydrique se raréfiait et certaines familles ne disposaient d’eau  au robinet qu’une heure tous les trois jours. \n\nEn enquêtant sur place, nous avons découvert que l’origine de la pénurie venait de loin. Il y a une trentaine d’années, le gouverneur de l’époque du Morelos, Lauro Ortega, a autorisé par décret des villages de l’amont – Tetela et Hueyapan - à prélever l’eau du rio Amatzinac pour irriguer de nouveaux vergers. La raison officielle de cette décision unilatérale était la promotion économique des deux communes à travers l’intensification de la production fruitière. \n\nOn découvrira plus tard, que le gouverneur avait investi dans la zone. Il concourait donc à son enrichissement personnel! Suite à cette décision, des affrontements se sont produits entre communautés de l’amont et de l’aval, mais sans provoquer de modification du statu quo. \n\nDes Forums porteurs d’espoir \n\nTrois décennies plus tard, que constate-t-on ? Dans les villages de l’aval, la petite production agricole périclite. Par manque d’eau, les familles abandonnaient progressivement la milpa (le champ de maïs), les potagers et même les plantations de café qui autrefois procuraient un appréciable revenu d’appoint. Et concernant les usages domestiques et l’accès à l’eau potable, bien des villageois des quartiers populaires font fi des règlements en creusant des puits à usage privatif dans leur jardin. \n\nSigne de l’assèchement des nappes phréatiques, il leur faut creuser de plus en plus profond : à trente mètres de profondeur aujourd’hui contre dix mètres deux décennies plus tôt. Certaines familles n’y arrivent pas, à cause des couts prohibitifs : elles devaient dépenser 1000 pesos (environ 60 euros) par mètre creusé. \n\nTriste alternative : pour assurer la survie de leurs parents, les jeunes émigrent illégalement aux Etats-Unis ou rejoignent un cartel de la drogue. Celui des Zetas, présent dans le Morelos, leur propose une épreuve initiatique risquée, celle de « la mule », autrement dit le transport individuel d’une petite quantité de drogue vers l’Amérique du Nord ou l’Europe. Bref, l’horizon semblait bouché. \n\nL’irrigation régressait inexorablement : 90 % des terres agricoles des trois communes du sud redevenaient tributaires de l’eau de pluie. Face aux protestations, les seules réponses officielles à la pénurie d’eau – un barrage techniquement mal conçu et une usine de traitement des eaux usées – n’ont pas modifié la donne. \n\nLe CAM a alors décidé de favoriser - avec l’aide du CCFD-Terre Solidaire - la création de Forums citoyens dans la région. D’une part, ils contribuent à la formation des habitants et à la vulgarisation de techniques écologiques économisant l’eau : toilettes sèches, citernes de récupération de l’eau de pluie, etc. D’autre part, chaque Forum – qui regroupe de 30 à 50 personnes – s’est efforcé de renouer le dialogue entre les communautés. \n\nL’idée force est de tenter de sortir des inextricables conflits locaux par le haut, en faisant prévaloir une vision régionale et des solutions pérennes. Avec deux interrogations majeures que l’on tente de faire partager à tous : quelle pourrait être une répartition équitable de l’eau ? Plutôt qu’une simple marchandise, l’eau n’est-elle pas un bien public ; et y avoir accès n’est-il pas un droit humain ? \n\nCes réflexions ont avancé au cours des derniers mois. Une dynamique encourageante s’est instaurée, un processus de réconciliation entre ceux de l’amont et de l’aval est en cours. Les Forums citoyens sont devenus des référents dans leur communauté, et au-delà. \n\nMais il reste à cette expérience-pilote à franchir une nouvelle et plus redoutable étape : trouver des soutiens au niveau du pouvoir central. Autrement dit, infléchir la politique publique de l’eau. C’est le défi des prochaines années. » \n\nPropos recueillis par Yves Hardy"}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/sorganiser-dans-les-maquilas/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/sorganiser-dans-les-maquilas/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"S&rsquo;organiser dans les maquilas","datePublished":"2009-02-10T00:00:00+00:00","dateModified":"2021-12-08T11:55:14+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/sorganiser-dans-les-maquilas/"},"wordCount":377,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Projet","Régulation des multinationales","Responsabilité sociale des entreprises"],"inLanguage":"fr-FR","description":"Pays très pauvre d'Amérique centrale, le Nicaragua accuse le niveau le plus bas en dépenses sociales, santé ou éducation. Le traité de libre échange entre l'Amérique centrale et les Etats-Unis a eu des effets déstructurants sur les secteurs productifs locaux. \n\nSans garantie de survie à la campagne, les  paysans partent travailler dans les zones franches de sous-traitance, les maquilas : entre 2003 et 2006, le nombre d'emplois directs y est passé de 53 000 à 80 000. La majorité des travailleurs dans les maquilas sont des jeunes femmes. La JOC, Juventu obrera cristiana, et les organisations syndicales nicaraguayennes réfutent ce modèle de développement fondé sur l'exploitation des travaillerus et le déni de leurs droits.\n\n Le partenaire  \nLa JOC-Nicaragua, Juventu obrera cristiana, est membre de la JOC internationale. Elle compte quelques groupes à Managua et dans sa banlieue, à Tipitapa. Ils centrent leurs activités autour de la réalité des maquilas. La JOC est un mouvement d'éducatino à travers l'action qui motive les jeunes à s'engager dans la transformation de leurs conditons de vie, en s'appuyant sur la méthodologie «voir-juger-agir ». Une quarantaine de jeunes participent directement au processus de formation et de réflexion ; leurs actions devraient toucher entre 500 et 1 000 jeunes travailleurs dans les maquilas.\n\n Le projet  \nIl s'agit d'abord d'offrir un espace de formation, information et organisation aux jeunes travailleurs dans les maquilas. Ensuite de revendiquer de meilleures conditions de vie et de travail ; enfin de renforcer les relations avec d'autres organisations locales et ouvrières Juventu obrera cristiana, compte quelques groupes à Managua et dans sa banlieue, à Tipitapa.\n\n Les réalisations \n• Réflexions : réalisation d'une étude sur la réalité des jeunes travailleurs des maquilas, rencontres de restitution des résultats de l'enquête, ateliers de réflexion sur les notions de travail juste et partagé, séances de vidéo-débats. \n• Actions: participation aux manifestations des organisations de la société civile, plaidoyer et lobbying auprès du ministère du Travail ; organisation de la Semaine internationale de la jeunesse travailleuse, en avril ; célébration de la journée internationale de la femme et de la Semaine internationale contre la violence à l'égard des femmes, en novembre."}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/construire-une-gouvernance-alternative-des-migrations-respectueuse-des-droits-des-migrants/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/construire-une-gouvernance-alternative-des-migrations-respectueuse-des-droits-des-migrants/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Construire une gouvernance alternative des migrations, respectueuse des droits des migrants","datePublished":"2014-03-28T18:01:18+00:00","dateModified":"2021-12-08T11:46:17+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/construire-une-gouvernance-alternative-des-migrations-respectueuse-des-droits-des-migrants/"},"wordCount":1480,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Migrations"],"inLanguage":"fr-FR","description":"Aujourd’hui, il est plus que jamais nécessaire de construire une politique européenne qui prenne en compte la complexité et le caractère mondial du phénomène migratoire. Des outils pour encourager une gouvernance régionale et mondiale alternative des migrations existent et doivent être mis à profit.\n\n\n\nLa ratification de la Convention des Nations unies pour la protection des droits des travailleurs migrants et des membres de leur famille constitue un prérequis essentiel pour donner corps à cette approche multilatérale, fondée sur les droits fondamentaux des personnes. C’est à ce jour le texte le plus abouti en matière de droit international dans le domaine des migrations. Adoptée en 1990 et entrée en vigueur en juillet 2003, cette Convention établit des standards juridiques qui ont vocation à s’appliquer à tous les migrants dans l’ensemble des pays du monde. Il s’agit du premier instrument politique et juridique international qui souligne la nécessité d’une gouvernance multilatérale, globale, d’une problématique qui ne plus être abordée dans le seul cadre national. Ratifiée par 47 pays, la Convention reconnaît ainsi la vulnérabilité qui caractérise les travailleurs migrants et leurs familles ainsi que la nécessité de définir des mesures de protection permettant leur accès aux droits fondamentaux (économiques, sociaux, culturels et civils). Cette Convention est un outil symbolique et politique fort et un préalable à la construction d’une gouvernance alternative.\n\n\nMalgré les appels à la ratification du Parlement européen, aucun Etat membre ne s’est aujourd’hui positionné en faveur d’une ratification. Et malgré les tentatives de la Commission et du Conseil européen de construire des instruments de dialogue régionaux, il n’y a pas eu de véritables avancées: seuls quelques accords bilatéraux et \"concertés\" sur la réadmission, le contrôle des flux et le renforcement des moyens de FRONTEX, agence de sécurisation des frontières extérieures, ont été établis, autant d’outils bien souvent non respectueux des droits fondamentaux des personnes.\n\n\nLe hiatus entre les efforts de certaines institutions européennes, les discours officiels ayant pour objet de défendre une approche régionale respectueuse des droits des migrants, et... la réalité est criant.\n\n\nLa Commission européenne recommandait ainsi en 2011 :\n«L'Approche Globale pour la Migration et la Mobilité (AGMM)[[L’AGMM est une approche globale des questions de migrations dans la définition des politiques de développement et de coopération de l’UE : texte cadre de la Commission européenne présenté devant le Parlement européen, le Conseil européen et\nle Comité économique et Social européen le 18 octobre 2011]] devrait également être centrée sur les migrants. Par essence, la gouvernance des migrations n'est pas tant une question de «flux», de «stocks» et d'«itinéraires» qu'une question de personnes. Pour être pertinentes, efficaces et durables, les politiques devraient être conçues pour répondre aux aspirations et aux problèmes des personnes concernées. Il importe dès lors de donner aux migrants les moyens de prendre en main leur destin en leur permettant d'accéder à toutes les informations dont ils ont besoin sur les possibilités qui s'offrent à eux »[[Communication de la Commission européenne au Parlement européen, au Conseil, au comité économique et social européen et au Comité des Régions « Approche globale de la question des migrations et de la mobilité », 18 novembre 2011, p.7]].\n\n\nL’année suivante, c’est plus de 3000 jeunes migrants qui périssaient aux portes de l’Europe. 570 660 personnes étaient détenues dans le territoire de l’Union européenne et 252 785 en étaient expulsées[[Migreurop (2012) Atlas des migrants en Europe. Géographie critique des politiques migratoires, Paris, Armand Colin, 144 p.]].\n\n\nQuelques chiffres clés\n\n\n\n 232 millions de migrants dans le monde, soit 3,2% de la population mondiale. S’ils constituaient la population d’un pays, cela représenterait le 5ème pays le plus peuplé du monde ; Le budget annuel de l’Agence FRONTEX, acteur clé des politiques migratoires de fermeture de l’UE, est en augmentation constante : 19 millions d’euros en 2006, 118 millions en 2011 ; La Convention des Nations unies pour la protection des droits des travailleurs migrants et les membres de leur famille était ratifiée par 47 pays en 2013, mais par aucun membre de l’Union européenne.\n\n\nLes avancées ?\n\n\nMalheureusement, l’année 2013 n’a été marquée par aucune avancée réelle.\n\n\nAu contraire, alors même que l’opinion publique était choquée par les images presque quotidiennes de naufrages en Méditerranée et de cadavres échoués sur l’île\nde Lampedusa, les institutions européennes n’ont proposé qu’une réponse minimaliste. Le Président du Parlement européen a certes évoqué « une tragédie qui doit marquer un tournant dans la politique européenne », mais force est de constater que les principales conclusions du Conseil européen qui s’est tenu au mois d’octobre 2013 étaient encore une fois purement sécuritaires : aide accrue aux pays d'origine et de transit avec, notamment, un renforcement des capacités de la Libye pour l'aider à mieux contrôler ses frontières et renforcement de la surveillance de la Méditerranée grâce à l'agence de surveillance des frontières FRONTEX et au nouveau système Eurosur[[Système Eurosur : système européen de surveillance des frontières, qui a trois objectifs : réduire l'immigration clandestine en Europe ; lutter contre la criminalité transfrontalière ; et assurer la protection et le sauvetage des migrants en mer]].\n\n\nOù en sont les institutions Européennes ?\n\n\nEn 2002, puis en 2005, le Parlement européen a appelé les Etats membres de l’Union européenne à ratifier la Convention des Nations unies pour la Protection des Droits des Travailleurs Migrants et des membres de leur famille. Malgré le silence des Etats qui souhaitent continuer de faire de la question migratoire une prérogative nationale, le Conseil européen tente en 2005 de réfléchir à la construction d’outils de gouvernance régionale. Il affirme alors sa volonté de mettre en œuvre une approche globale des migrations, qui entend regrouper « les politiques en matière de migration, de relations extérieures et de développement, afin de traiter les\nmultiples questions liées aux migrations en adoptant une approche cohérente, globale et équilibrée dans le cadre de partenariats avec des pays tiers »[[Commission européenne, Application de l'approche globale sur la question des\nmigrations aux régions bordant l'Union européenne à l'Est et au Sud-Est, mai 2007]]. \n\n\nEn 2011, dans la suite des événements du Printemps Arabe au sud de la Méditerranée, la Commission européenne prend position pour « les traduire en des propositions concrètes de dialogue et de coopération, notamment avec les pays voisins du Sud et de l'Est, avec l'Afrique, avec les pays candidats à l'adhésion et\navec d'autres partenaires stratégiques »[[Communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, Comité économique et social européen et au Comité des Régions, Approche globale de la question des migrations et de la mobilité, p.3]]. Ainsi, pour la première fois, la Commission européenne rappelle l'évolution du contexte mondial et la nécessité pour l'Union européenne de s'engager plus avant dans une gouvernance mondiale des migrations et de la mobilité. \n\n\nPourtant, malgré le discours nouveau, les Etats membres n’ont aujourd’hui repris que les aspects les plus sécuritaires et répressifs de ces propositions. Il est maintenant indispensable que le Parlement européen fasse entendre sa voix pour promouvoir les instruments de gouvernance régionale et mondiale des migrations existants, et pour s’orienter vers une approche alternative des migrations, davantage respectueuses des droits fondamentaux.\n\n\nPropositions du CCFD-Terre Solidaire aux candidats aux élections européennes\n\n\n\n Se mobiliser et faire pression sur les Etats membres pour qu’ils ratifient la Convention des Nations unies pour la Protection des droits des travailleurs migrants et des membres de leur famille. La ratification de cette Convention répondra ainsi à une triple nécessité, contribuant à la construction d’une gouvernance régionale, mondiale et multilatérale des questions de migrations : la construction d’une gouvernance fondée sur des instruments politiques et juridiques communs à l’échelle internationale ; la création d’espaces de concertation et de décision multilatérale, à l’échelle régionale et internationale ; l’ouverture de ces espaces aux acteurs de la société civile internationale. Appliquer de manière effective cette Convention et s’engager à soumettre le rapport d’application devant le Comité des Nations unies pour la Protection des droits des travailleurs migrants et des membres de leur famille tous les 4 ans."}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/lindice-dopacite-financiere/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/lindice-dopacite-financiere/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"L’indice d&rsquo;opacité financière","datePublished":"2010-12-07T00:00:00+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/lindice-dopacite-financiere/"},"wordCount":377,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"inLanguage":"fr-FR","description":"Impossible de trouver une liste de paradis fiscaux qui fasse absolument consensus. \n\n\n\nContrairement aux listes OCDE ou GAFI, la liste des « territoires opaques » publiée en novembre 2009 n’est soumise à aucune pression diplomatique[[Pour une analyse\nprécise des listes OCDE, voir Jean Merckaert et Renaud Fossard, « Paradis fiscaux : bilan du G20 en 12 questions », rapport du CCFD-Terre Solidaire, avril 2010.]]. \n\n\nPour l’établir, le réseau d’ONG et d’experts Tax Justice Network a retenu les 60 pays qui étaient cités au moins 2 fois parmi la quinzaine de listes de paradis fiscaux publiées par différents auteurs et institutions depuis les années 1970.\n\n\nLeur classement résulte de 2 étapes :\n\n le calcul du degré d’opacité selon une batterie de 12 critères dont, par exemple, la conformité aux normes anti-blanchiment, l’existence ou non de sociétés écran ou de véhicules juridiques permettant de masquer l’identité des détenteurs, ou encore la qualité et l’intensité de la coopération fiscale[[Pour une liste et une explication précises des indicateurs : www.stopparadisfiscaux.fr ]]. Cet indice d’opacité détermine les couleurs que nous avons attribuées aux territoires tout au long du rapport - du rouge pour l’opacité extrême au jaune pour une moindre opacité. TJN a combiné cet indice au poids de chaque territoire dans la finance offshore (part du marché mondial des services financiers aux non-résidents), afin d’évaluer la nocivité réelle de chaque territoire pour l’économie mondiale.\n\n\nRetrouvez le classement intégral sur www.financialsecrecyindex.com\n\n\nClassement des paradisfiscaux selon leur taux d'opacité (Tax Justice Network)\n\n\n\n\n\n De 95 à 100 % d’opacité \n\nBahamas\n\nBarbade\n\nBélize\n\nBrunei\n\nDominique\n\nMalaisie (Labuan)\n\nSamoa\n\nSeychelles\n\nSainte Lucie\n\nSaint Vincent et Genadines\n\nSuisse\n\nÎles Turques et Caues\n\nVanuatu\n\nMaurice\n\nAntigua et Barbuda\n\nBahreïn\n\nBermundes\n\nÎles Vierges Britanniques\n\nÎles Caïmans\n\nÎles Cook\n\nCosta Rica\n\nGibraltar\n\nGrenade\n\nÎles Marshall\n\nNauru\n\nPanama\n\nPortugal (Madère)\n\nSoudan\n\nÉmirats Arabes Unis\n\nÎles Vierges Américaines\n\nÉtats-Unis (Delaware)\n\nAutriche\n\nLiban\n\nIsraël\n\nLiberia\n\nAnguilla\n\nJersey\n\nLiechtenstein\n\nLuxembourg\n\nMacao\n\nUruguay\n\nAndorre\n\nAruba\n\nÎle de Man\n\nMalte\n\nPhilipinnes\n\n De 75 à 94 % d’opacité \n\nMaldives\n\nGuernesey\n\nMontserrat\n\nSingapour\n\nChypre\n\nHongrie\n\nLettonie\n\nAntilles Néerlandaises\n\nBelgique\n\nMonaco\n\nHong-Kong\n\nIrlande\n\n De 40 à 74 % d’opacité \n\nPays-Bas\n\nRoyaume-Uni (Londres)"}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/teilhard-de-chardin-lhomme-et-son-environnement/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/teilhard-de-chardin-lhomme-et-son-environnement/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Teilhard de Chardin, l&rsquo;homme et son environnement","datePublished":"2015-01-09T17:00:00+00:00","dateModified":"2021-12-08T15:27:03+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/teilhard-de-chardin-lhomme-et-son-environnement/"},"wordCount":1309,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Doctrine sociale de l'Eglise"],"inLanguage":"fr-FR","description":"Nous passons progressivement de la phase de socialisation de l’expansion à la phase dénommée par Teilhard : socialisation de compression. Elle se comprend aisément dès l’instant où, la terre recouverte par l’espèce humaine ne peut plus évoluer par « expansion » sur un espace devenant limité. Elle doit donner lieu à une autre organisation entre les hommes. \n\n\n\nDans l’inconscient collectif, la préoccupation environnementale se concrétise au cours du XXe siècle. Elle semble donc ne pas avoir existé auparavant. Un seuil a été atteint qui a révélé brutalement l’impact de l’activité humaine sur notre espace vital et sur nous-mêmes. L’Homme est ainsi jugé comme le prédateur de sa maison. Associé au développement, il n’en faut pas plus pour que ce phénomène conduise à rejeter l’enfant avec l’eau du bain. La nature devait être un lieu merveilleux que l’Homme est venu perturber. À l’opposé de cette vue simpliste, il convient de mettre en perspective l’histoire de notre humanité, ce long processus d’évolution depuis 13,8 milliards d’années.\n\nPierre Teilhard de Chardin, géologue et paléontologue a observé ce processus qui est à l’origine de sa vision phénoménologique de l’évolution. Que peut-on en dire ?  \nTout d’abord, la Nature avant l’arrivée de l’Homme est un champ de violence et de déchaînement d’énergies avec cataclysmes. Entre 50 et plus de 80 % des espèces vivantes ont disparu à cinq reprises en raison de ces cataclysmes. \nDe plus, l’interaction permanente des systèmes et leur régulation se fait aussi dans la violence puisque dans la chaîne alimentaire, la règle générale est « manger ou être mangé ».\n\nLes étapes d’une évolution \n\nMais avec son arrivée, l’Homme crée un point de rupture. Il subissait la violence de la Nature et, de par son intelligence et son activité laborieuse, c’est lui qui a eu progressivement un impact sur la nature dont il était l’esclave, dans une chaîne alimentaire des mammifères somme toute très banale.\nIl devient acteur majeur de la suite de l’histoire et c’est ainsi que nous passons progressivement de la phase de socialisation de l’expansion à la phase dénommée par Teilhard, socialisation de compression.\nElle se comprend aisément dès l’instant où, la terre recouverte par l’espèce humaine ne peut plus évoluer par « expansion » sur un espace devenant limité. Elle doit donner lieu à une autre organisation entre les hommes.\n\nTeilhard voit alors la Terre se resserrer sur elle-même, comme prise entre les mâchoires d’une formidable pince. Il écrit : « Maintenant, du pôle Nord au pôle Sud, il y a des hommes partout, des hommes qui se multiplient de plus en plus vite. Ils ne peuvent plus, comme autrefois, se répandre dans les espaces vides de la Terre. Si bien que, pour survivre, ils n’ont plus qu’une solution : s’organiser ».\n C’est-à-dire créer encore plus d’organes communs, se collectiviser, s’unifier, se fondre les uns dans les autres. Ce processus de mise en réseau planétaire des hommes est précisément l’action d’évolution nouvelle, projetée par Teilhard, qui se poursuit, nouvelle couche maintenant « pensante » (« noos » en grec) qu’il dénomme noosphère. Elle vient naturellement par compression de celle de la vie occupant maintenant toute la terre : la biosphère.\nAutrement dit avec cette nouvelle phase, l’évolution cesse d’être biologique pour devenir majoritairement socioculturelle.\nL’Homme se trouve en capacité d’intervenir massivement et rapidement  sur l’aménagement des territoires, les sources d’énergie, la gestion des matières premières, le cours des fleuves, le climat, etc. Ces interventions ont pour lui de nombreuses conséquences bénéfiques.  \nQui pourrait se montrer hostile à l’éradication de maladies endémiques et à l’accès à une vie meilleure de milliards d’hommes et de femmes ? \nMais elles ont aussi des effets inquiétants : épuisement des ressources naturelles et diminution de la biodiversité, pollutions multiples, réchauffement climatique, accroissement des tensions interhumaines, etc. \nCes difficultés conduisent aux crises que nous connaissons, crise énergétique et climatique, crise alimentaire et hydrologique, crise financière et économique, toutes liées à une vision « court-termiste » et bien souvent individualiste.\n\n\nL’union créatrice \n\nDès 1948, Teilhard avait perçu ce problème lorsqu’il écrivait : « Nous avons, sans doute par méconnaissance, abusé des énormes ressources énergétiques fossilisées que recèle la terre. Ces ressources faciles à utiliser, nous ont, en termes d’Évolution, permis de franchir une énorme étape. Nous sommes maintenant au milieu d’un gué [[1 « Les directions et les conditions de l’avenir », Tome 5 des OEuvres, L’ Avenir de l’Homme, p. 300]] ». Et pour que ce gué puisse être franchi, il ajoutait : « Dans notre hâte d’avancer, ne brûlons pas imprudemment nos réserves, au point que notre progression soit arrêtée faute de ravitaillement  [[1 Pierre Teilhard de Chardin :l’Homme et son environnement, un long processus d’interaction]] ». \n\nTeilhard montre ainsi que l’Homme doit passer à un autre stade dans la construction de la Terre. Pour lui, le respect de la diversité est l’une des conditions de l’évolution.  Le véritable progrès doit reconnaître et développer les talents et particularités des différentes personnes. \nSeule une association de personnes réalisée librement, par affinité mutuelle et par attrait collectif pour l’unité d’un monde en croissance vers l’Esprit, peut être viable.\nCette union des personnes s’opère alors sous l’effet de l’amour, un amour d’autant plus vigoureux et actif, que les personnes sont elles-mêmes en communion avec un Centre unificateur, un Esprit de la Terre. C’est l’union créatrice.\nC’est pourquoi Teilhard peut préciser : « La socialisation, dont l’heure semble avoir sonné pour l’Humanité, ne signifie pas du tout, pour la Terre, la fin, mais bien plutôt le début de l’ère de la Personne… [[2 L’ Avenir de l’Homme, p. 120]] » \n La prise en masse des individus s’opère, non point dans quelque mécanisation fonctionnelle et forcée des énergies humaines, mais dans une conspiration animée d’amour. L’amour a toujours été soigneusement écarté des constructions réalistes et positivistes du monde. Il faudra bien qu’on se décide un jour à reconnaître en lui l’énergie fondamentale de la Vie.\nL’Homme devient ainsi, dit Teilhard, la flèche de l’évolution. En lui repose la capacité de co-créer le monde avec Dieu.  Il est donc responsable de cette Terre et de son devenir. Les techniques d’observation de la Terre par les satellites nous donnent aujourd’hui une vision précise de l’évolution de la « santé » de notre terre et de son devenir, phénomène jamais observé à ce point par le passé. \nLa construction de la Terre avec un réseau planétaire d’êtres conscients de leurs actes et de leur impact, est donc un processus structurellement écologique.\nEn quelque sorte, l’intrication planétaire de la mondialisation de nos flux d’activités et de nos réseaux d’information nous lie tous à une même obligation de coopération, si nous ne voulons pas périr.  \nEt pour Teilhard, c’est par l’énergie d’une relation « coeur à coeur » que ce lent processus sera montée vers l’Esprit. La mise en perspective de ce gigantesque phénomène depuis le big-bang, nous montre une convergence sur la longue durée qui nous apporte une espérance pour l’action."}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/edito-de-notre-magasine-laudato-si-un-texte-fondateur/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/edito-de-notre-magasine-laudato-si-un-texte-fondateur/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Edito de notre magasine : Laudato Si, un texte fondateur","datePublished":"2015-09-11T10:24:11+00:00","dateModified":"2021-12-08T15:26:27+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/edito-de-notre-magasine-laudato-si-un-texte-fondateur/"},"wordCount":583,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Doctrine sociale de l'Eglise","Solidarité internationale"],"inLanguage":"fr-FR","description":"Comme le souligne Edgar Morin [[ Edgar Morin dans La Croix du 22 juin 2015]]. : « Cette encyclique est peut-être l’acte I d’un appel pour une nouvelle civilisation. » Explorons ensemble quelques ressorts des sept commandements de ce texte fondateur.\n\nRefuser l’inacceptable. « Notre maison commune semble se transformer toujours davantage en un immense dépotoir. » [[ Les passages entre guillemets sont extraits de l’encyclique]]. Or, « Il n’y a pas deux crises séparées, l’une environnementale et l’autre sociale, mais une seule et complexe crise socio-environnementale.» Les pauvres crient vers nous : ils en sont les premières victimes.\n\nS’attaquer aux causes du fléau. Le pape appelle à ne pas pratiquer « une écologie superficielle qui consolide un certain assoupissement ». S’il salue les bienfaits de la science, François contredit ceux qui affirment « que les problèmes de la faim et de la misère dans le monde auront une solution grâce à une croissance du marché ». Des transformations sociales s’imposent.\n\nConstruire ensemble une stratégie politique. Le pape propose comme horizon une écologie intégrale. Chacun est appelé à déployer toutes ses capacités créatrices. En bon « latino », l’auteur n’oublie pas que le buen vivir (bien-vivre) est l’affaire de tous. « À la table de discussion, les habitants locaux doivent avoir une place privilégiée. » Le partenariat illustre cette démarche commune. La société civile « doit, à travers des organismes non-gouvernementaux et des associations intermédiaires, obliger les gouvernements à développer des normes, des procédures et des contrôles plus rigoureux ». Le plaidoyer sert la construction d’une « maison commune » où chacun trouvera sa place.\n\nInviter les plus riches au partage. «Il y a en effet une vraie dette écologique, particulièrement entre le Nord et le Sud, liée à des déséquilibres commerciaux, avec des conséquences dans le domaine écologique, liée aussi à l’utilisation disproportionnée des ressources naturelles, historiquement pratiquée par certains pays (...). Il faut que les pays développés contribuent à solder cette dette, en limitant de manière significative la consommation de l’énergie non-renouvelable et en apportant des ressources aux pays qui en ont le plus besoin, pour soutenir des politiques et des programmes de développement durable. »\n\nRelever le défi éducatif. Une éducation à la solidarité et une mobilisation citoyenne s’imposent. « Plus le cœur de la personne est vide, plus elle a besoin d’objets à acheter, à posséder, et à consommer (...). Accomplir le devoir de sauvegarder la création par de petites actions quotidiennes est très noble, et il est merveilleux que l’éducation soit capable de les susciter jusqu’à en faire un style de vie. » \n\nAgir à la lumière de la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ. Le pape ne se livre pas à une démonstration théologique. Il fait sien le cri de tous les êtres vivants. Cri de joie et d’émerveillement devant la nature. Cri de détresse et appel au secours. Le message de la création de l’être humain à l’image de Dieu est un message de confiance et d’amour. «Tout l’univers matériel est un langage de l’amour de Dieu, de sa tendresse démesurée envers nous. Le sol, l’eau, les montagnes, tout est caresse de Dieu. »\n\nMarcher « en chantant » ! « Que nos luttes et notre préoccupation pour cette planète ne nous enlèvent pas la joie de l’espérance. »"}
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En effet, le projet de texte diffusé cet après-midi et long de 55 pages n'est pas assez abouti et comporte encore trop d'options contradictoires. Difficile alors de prévoir si l'accord de Paris sera à la hauteur des enjeux. Par exemple, la référence au respect, à la protection et à la promotion des droits humains pourrait être complétement supprimée de l'accord final car elle reste sous la forme d'une option. Tandis que les démarches volontaires, notamment promues via l'agenda des solutions (Paris Lima Action Agenda), sont mises en avant dans le texte, alors qu'elles comportent un très grand nombre d'initiatives promues par certaines multinationales qui ne servent que leur intérêt ou qui relèvent du greenwashing. \n\n\n\nLe CCFD-Terre Solidaire dénonce à nouveau l’exclusion de la société civile lors de ces dernières négociations, malgré le soutien des 134 Etats du G77. Ce signal très négatif envoyé pour la suite d’un processus qui devrait pourtant être inclusif et transparent, compromet les chances de parvenir à un accord ambitieux, mettant les droits des populations au cœur des enjeux. « Il est scandaleux  que la société civile ait été exclue des espaces de négociations. Et malgré ce que certains pouvaient laisser entendre, cela n’a même pas permis aux pays d’avancer plus vite ! La participation de tous les acteurs est pourtant indispensable si l’on souhaite répondre aux impacts causés par les dérèglements climatiques et subis par les populations, en particulier les plus vulnérables. Il faut espérer que la COP21 à Paris se passera autrement si on souhaite parvenir à un accord ambitieux et inclusif », souligne Anne-Laure Sablé, chargée de plaidoyer souveraineté alimentaire et climat au CCFD-Terre Solidaire.\n\nLe CCFD-Terre Solidaire rappelle également que la lutte contre les dérèglements climatiques doit avoir pour pilier la justice climatique. Pour cela, toute action doit s’inscrire dans le respect, la protection et la promotion des droits humains, et notamment le droit à l’alimentation. Ces notions sont admises de longue date par les Etats membres des Nations unies et pourtant leur inscription dans l’accord est loin d’être obtenue. Plus grave encore, alors que 600 millions de personnes supplémentaires souffriront de la faim d’ici à 2080 à cause des impacts des dérèglements climatiques, certains Etats ont clairement fait savoir qu’ils ne souhaitaient pas de référence aux droits humains ou à la sécurité alimentaire. Aujourd’hui, ces notions sont citées uniquement dans le préambule de l’accord et leur inclusion dans les parties contraignantes de celui-ci, notamment l’article 2, reste incertaine.\n\nA l’inverse, ce sont les initiatives volontaires, notamment portées par des multinationales, qui sont mises en avant via par exemple la plateforme NAZCA[[Pour « Non-State Actor Zone for Climate Action » : cette plateforme regroupe des engagements individuels et collectifs de la part des entreprises, des acteurs financiers, des villes et des collectivités territoriales. http://climateaction.unfccc.int/]]  et « l’agenda des solutions » (ou Lima Paris Action Agenda - LPAA)[[Le LPAA a été lancé il y a un an, conjointement par le Pérou, la France, le Secrétariat Général des Nations unies et la Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques. Les initiatives promues par le LPAA émanent de la plateforme NAZCA. http://newsroom.unfccc.int/lpaa/]]. L’Agenda ne comporte aujourd’hui aucun critère de sélection et d’analyse des initiatives qui seront promues pour lutter contre les dérèglements climatiques. Et pourtant, le nouveau texte de l’Accord est en passe d’institutionnaliser ce type d’initiative volontaire. « Alors que les Etats peinent à se mettre d’accord sur un texte à la hauteur des enjeux, il ne faudrait pas que la communication de la COP21 et celle de la présidence française se concentre sur ces démarches volontaires et « l’agenda des solutions ». Ce dernier comporte nombre d’initiatives promues par des multinationales reposant sur le greenwashing de pratiques qui portent déjà atteintes à l’environnement et aux populations. Il ne peut en aucun cas servir de « plan B » face à un accord vide de sens et d’action. La société civile saura dénoncer avec force cet agenda des fausses solutions s’il continue de mettre à l’honneur des multinationales comme Monsanto, Syngenta et Yara  », indique Maureen Jorand,  chargée de plaidoyer souveraineté alimentaire au CCFD-Terre Solidaire.\n\nMaureen Jorand et Anne-Laure Sablé, chargées de plaidoyer au CCFD Terre Solidaire, étaient présentes à Bonn toute la semaine.\n\n- Contact presse : Karine Appy, 06 66 12 33 02"}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/roms-de-qui-parle-t-on/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/roms-de-qui-parle-t-on/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Roms, de qui parle-t-on ?","datePublished":"2013-11-25T17:14:00+00:00","dateModified":"2024-12-10T12:35:06+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/roms-de-qui-parle-t-on/"},"wordCount":899,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Droits humains","France","Migrations","Roms"],"inLanguage":"fr-FR","description":"Dans cette brochure, le terme « Roms » désigne les personnes venant essentiellement des pays d’Europe centrale et orientale (Roumanie, Bulgarie, pays d’ex-Yougoslavie), qui ont migré en France et qui se reconnaissent comme Roms ou qui sont désignés comme tels. L’arrivée des Roms en France s’est faite en plusieurs vagues migratoires : au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, dans les années 70 et à partir des années 90. [[Rapport Les Roms, boucs-émissaires d’une politique sécuritaire qui cible les migrants et les pauvres, Collectif Romeurope, 2011. http://www.romeurope.org/spip.php?article1066]]\nCes arrivées correspondent ainsi pour l’essentiel à une migration économique, liée aux très grandes disparités de niveau de vie dans les pays d’Europe de l’Est qui sont accentuées dans le cas des populations roms par un phénomène de ségrégation. Concernant les Roms d’ex-Yougoslavie, l’exil fait suite plus particulièrement aux persécutions subies depuis la guerre.\n«Les Roms » ne constituent donc pas un groupe homogène : ils n’ont pas la même nationalité, n’ont pas le même profil migratoire, ni le même statut administratif, peuvent avoir des confessions religieuses ainsi que des attaches socioculturelles différentes.\nSelon les estimations, le nombre de Roms en France se situe entre 15000 et 20000, dont 85% environ sont des ressortissants européens, venant essentiellement de Roumanie et de Bulgarie. Depuis une dizaine d’années, ce nombre est stable. Parmi tous les Roms présents en France, seuls les plus pauvres d’entre eux sont les plus visibles car vivant dans des squats et bidonvilles.\n\nDepuis 2010, l’État multiplie les discours stigmatisant à l’égard de ces citoyens européens au point d’en faire les boucs émissaires d’une politique sécuritaire. [[Communiqué de presse du Collectif Romeurope du 22 juillet 2010. http://www.romeurope.org/spip.php?article415]]\n\nEn Europe\nSelon les historiens, la variété des appellations est le reflet de la diversité\ndes populations concernées, ainsi que des représentations dont elles font\nl’objet dans les sociétés au sein desquelles elles vivent depuis plus de 600 ans.\nIl est aujourd’hui d’usage de distinguer trois ensembles principaux parmi\nles 10 à 12 millions de Tsiganes européens [[Selon les estimations du Conseil de l’Europe.]], suivant les noms que se donnent\neux-mêmes les intéressés :\n- Les Roms (Roumanie, Bulgarie, Grèce, Hongrie, Slovaquie, Serbie, Kosovo…) : 85% ;\n- Les Sintés et Manouches (France, Allemagne, Italie…) : 5% ;\n- Les Gitans et Kalés (Espagne, Portugal…) : environ 10%.\nLe terme « Rom », utilisé au sens générique, a été choisi par l’Union Romani\nInternationale en 1971. Il a ensuite été officiellement adopté par l’Union européenne\net le Conseil de l’Europe.\n\n\nLexique\n\nLes préjugés sont toujours simplificateurs et réducteurs de la réalité. Aussi peuvent-ils aboutir à des erreurs de jugement, qui peuvent elles-mêmes conduire à un acte discriminatoire.\n\nEn définissant une personne ou un groupe à travers des préjugés, on le stigmatise. La stigmatisation aboutit à ce que cette personne ou ce groupe soit désigné comme différent ou « à part ». Selon le rapport de la Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme, les Roms migrants constituent la population majoritairement perçue comme un groupe à part dans la société française. [[Rapport CNCDH, Racisme, antisémitisme et xénophobie en France, 2013.]] Cette stigmatisation entraîne l’application d’un traitement différent : la personne ou le groupe stigmatisé est considéré comme ne disposant pas des mêmes droits que les autres. Cette inégalité de traitement est une discrimination qui constitue un délit puni par la loi. [[L’article 225-1 du Code pénal : « Constitue une discrimination toute distinction opérée entre les personnes physiques à raison de leur origine, de leur sexe, de leur situation de famille, de leur grossesse, de leur apparence physique, de leur patronyme, de leur état de santé, de leur handicap, de leurs caractéristiques génétiques, de leurs mœurs, de leur orientation ou identité sexuelle, de leur âge, de leurs opinions politiques, de leurs activités syndicales, de leur appartenance ou de leur non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée ».]] Ce traitement discriminatoire [[Le Comité européen des droits sociaux a condamné quatre fois la France en raison du traitement discriminatoire dont souffrent les Roms vivant sur le territoire français.]] empêche la reconnaissance et l’exercice des droits et des libertés fondamentales dans tous les secteurs de la vie publique.\n\n\nUn préjugé désigne une opinion ou un sentiment injustifié et irrationnel, surtout lorsqu’il résulte d’une réflexion et d’une connaissance insuffisante. Autrement dit, les préjugés sont des sentiments irrationnels de peur et d’antipathie.\nD’après la définition du dictionnaire de Cambridge.\n\n\nLa stigmatisation est un « discrédit profond et durable des personnes (…) qui les exclut du monde des « normaux » ». La personne stigmatisée est perçue comme ne disposant plus des mêmes droits que toute personne « ordinaire ». On peut recenser différents types de stigmates, parmi les quels figurent les stigmates d’appartenance (basés sur les caractéristiques ethniques, religieuses, culturelles, etc).\nD’après la définition d’Erwin Goffman"}
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Le comportement « colonisateur » et prédateur de certaines compagnies chinoises, alliées des militaires birmans, n’arrange pas les choses. Un an et demi après cette reprise des hostilités, rien n’indique que les combats puissent cesser rapidement\n\n\n\n\nRien n’y fait. Les appels à la « paix » lancés par Barack Obama lors de sa visite à Rangoon, le 19 novembre dernier, les demandes de cessez-le-feu répétées du secrétaire général des Nations unies depuis mai 2012, les ordres du président birman Thein Sein à ses troupes leur intimant, dès le 10 décembre 2011, l’ordre de « stopper leur offensive », restent lettre morte. Dix-huit mois après la reprise des hostilités, la guerre perdure, opposant l’armée birmane à la KIA, bras armé de l’Organisation pour l’indépendance kachin (KIO), née dans les années 1960 et qui tente d’obtenir une plus grande autonomie pour les Kachins.\n\n\n Des populations terrorisées fuient les combats\n\n\nEt il n’est pas un jour sans que l’on entende parler de ponts dynamités, de mines explosées, de bombardements, d’échanges de « tirs nourris » entre les deux camps ; et aussi de villages pillés et brûlés, de massacres, de tortures ; de Kachins abattus pour de présumés liens avec la KIO ou son bras armé, la KIA, quand ils ne sont pas réquisitionnés comme porteurs ou détecteurs de mines humains par l’armée birmane ; de jeunes filles et de femmes violées ; de populations terrorisées fuyant les combats pour trouver refuge dans des camps surpeuplés et démunis ou errant dans la forêt.\n\n« Notre village était situé à côté d’un camp militaire et, avant la guerre, nos contacts avec l’armée birmane étaient, disons, “normaux”», raconte Hla Pya, un fermier d’une cinquantaine d’années. \n\n« Les choses se sont détériorées quand la guerre a repris. Les soldats ont demandé aux hommes de leur servir de porteurs et de marcher en tête de colonne. Ceux qui ont essayé de s’échapper ont été rattrapés, torturés ou tués, poursuit-il.\n\nQuand les combats se sont rapprochés et que l’armée a commencé à subir de sérieuses pertes, elle a bombardé, détruit et pillé le village, et tué tous les animaux », dénonce-t-il. « Heureusement, la plupart d’entre nous avions pu nous réfugier dans la jungle. »\n\nLa jungle ? Maran y restera pendant six mois avant de pouvoir rejoindre un camp de réfugiés. « On s’est retrouvé à quatre- vingts : jeunes, vieux, hommes, femmes, enfants », se souvient le jeune homme.« On se construisait des abris de fortune. On se nourrissait de ce que l’on trouvait dans la forêt, des plantes, des herbes, des fruits. »  \n\nMais le plus dur n’était pas là. « On ne pouvait pas faire de feu », frissonne-t-il encore. « Nous n’étions qu’à une dizaine de kilomètres d’un poste de l’armée birmane et nous avions peur, s’ils voyaient de la fumée, qu’ils nous repèrent et nous bombardent. »« Au cours des dix-sept années de cessez le-feu, il n’y a pas eu de dialogue politique possible. Les militaires birmans n’ont jamais voulu en entendre parler », déplore le Dr Tu Ja, qui faisait partie de la délégation kachin qui parapha l’accord de cessez le-feu signé en 1994 entre la junte et les Kachins. \n\n« L’ouverture d’un dialogue politique était pourtant l’un des points essentiels de cet accord »\n\n\nUne politique de « birmanisation »\n\n\nLe gouvernement en a profité pour se lancer dans une véritable « birmanisation » de l’État kachin. Augmentant la présence militaire, s’appropriant de grandes étendues de terres, de forêts, des entreprises... Construisant des pagodes bouddhistes un peu partout, une incongruité pour des Kachins en majorité chrétiens. \n\n« Quand, en 2009,après plusieurs tentatives faites par la KIO pour amorcer ce dialogue, le gouvernement lui a demandé de s’autodissoudre pour se transformer en parti politique et de fondre les effectifs de son armée dans les Forces de sécurité des frontières birmanes, la KIOa jugé cela inacceptable »\n\nInacceptable, face au manque de volonté des autorités birmanes d’entrouvrir le moindre espace politique aux Kachins. \n\nUn autre aspect de ce conflit introduit un nouveau protagoniste. « Ce n’est pas seulement une guerre entre Birmans et Kachins. C’est aussi une guerre menée indirectement par la Chine pour des raisons économiques», affirme le père Noël Naw Lat, responsable à Myitkyina, de l’aide aux réfugiés. Il qualifie même le voisin chinois de principal intervenant ».  Une implication  qui, selon lui, expliquerait que « le gouvernement ne veuille pas parler politique ».\n\nCar, en Birmanie, les militaires contrôlent, à travers de multiples sociétés, pratiquement toute l’économie du pays. Or, l’État kachin regorge de ressources naturelles. Des forêts riches en bois précieux comme le teck, le bois de fer ou le bois de rose, et une vaste quantité de terres arables. Un sous-sol où abonde le fer, le molybdène, le nickel, le platine ou encore le cuivre. D’importants filons d’or et d’argent, des mines de jade, pierre très prisée en Chine, mais aussi des rubis, des saphirs, de l’ambre. Enfin, un réseau hydrographique dont le potentiel hydroélectrique reste très largement sous-exploité.\n\n« La Chine connaît un développement économique très rapide et a besoin de plus en plus de ressources », explique le père Naw Lat. Du coup, les compagnies chinoises ont débarqué en masse. « Pour obtenir les autorisations de s’implanter, ces compagnies ont arrosé de millions de dollars la junte, sans s’occuper de la KIO ni de la population locale », continue l’homme d’Église. \n\n« Quand la KIO ou la population ont commencé à s’insurger contre leurs pratiques, et notamment contre le fait que les Kachins n’en tiraient aucun bénéfice, les entreprises chinoises ont appelé les militaires birmans à la rescousse pour assurer leur sécurité, laquelle était garantie dans les contrats. »\n\nEt le père de rappeler que les premiers affrontements de cette guerre – le 9 juin 2011 – se sont déroulés autour d’une centrale  hydroélectrique construite sur une rivière du sud-est de l’État kachin par la China Power Investment Corporation, l’une des cinq plus grosses compagnies nationales chinoises. Un schéma qui s’est, depuis, répété et étendu  à l’ensemble du territoire kachin. Autour de mines de jade, de plantations d’hévéas ou de manioc, de concessions forestières ou aurifères, de barrages...\n\nFin de non-recevoir politique ou colonisation économique chinoise, une chose est sûre : les conséquences de cette guerre sont une catastrophe pour la population locale. Entre 80 et 100 000 personnes ont dû quitter précipitamment leurs villages pour échapper à la violence des combats et aux exactions des militaires birmans. Des milliers de déplacés se sont soudain retrouvés sans rien, regroupés dans des camps improvisés à la hâte.\n\n« Environ 50 villages sur les 480 dans lesquels nous avons des projets de développement ont été détruits ou réduits en cendres », recense Lu Ja, qui, à Myitkyina, capitale de l’État kachin, dirige la branche locale de Metta, une ONG birmane de développement, partenaire du CCFD-TerreSolidaire.\n \n« Nous avons dû suspendre de nombreuses activités et la question de l’aide aux déplacés est devenue notre priorité », reconnaît-elle. Une aide d’autant plus difficile à apporter que la situation varie grandement selon que ces déplacés ont trouvé refuge en zone contrôlée par le gouvernement ou parla KIO. \n\nCar si les premiers camps, relativement faciles d’accès, peuvent bénéficier de l’assistance du Programme alimentaire mondial, qui distribue de la nourriture, ou de celle du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR) – qui a construit des abris et fourni quelques objets  indispensables : moustiquaires, maté riel de cuisine... –, en revanche, dans les zones contrôlées par la KIO, le régime est beaucoup plus spartiate. \n\nL’UNHCR s’est en effet vu interdire la région par les militaires birmans pour « raisons de sécurité » depuis juin 2012. Les déplacés dépendent donc uniquement de la solidarité et de la générosité des villages situés aux alentours ou de la diaspora kachin. Et du ravitaillement qu’arrivent à leur faire parvenir quelques courageuses ONG locales.\n\n« Sur les quelque trente-cinq camps de déplacés que comprend le diocèse de Bhamo, un certain nombre se trouvent en zone non gouvernementale », explique le père Paul, qui, dans ce diocèse, coordonne l’aide aux déplacés pour la Karuna Bhamo SocialServices, autre partenaire local du CCFD- Terre Solidaire. « En tant qu’organisation religieuse, notre neutralité est reconnue par les deux camps et nous pouvons nous rendre dans les zones sous le contrôle de la KIO. Mais cela reste très aléatoire et ne peut se faire qu’avec des moyens très limités », regrette-t-il. \n\nCe qui l’inquiète le plus, c’est l’enlisement du conflit. \n\n« Nous sommes aujourd’hui les principaux pourvoyeurs de denrées alimentaires dans la zone non gouvernementale, mais, après un an et demi de conflit, personne ne sait quand cela va s’arrêter et nos fonds sont épuisés. Que va-t-il advenir de ces populations ? Qui va leur procurer de quoi manger ? Qui va s’occuper de l’éducation des enfants dans les camps ? Qui va gérer les innombrables traumatismes engendrés par ce conflit ? »\n\nLa question ethnique ne peut être résolue que par le dialogue\n\n« Le retour à la paix est une condition essentielle à l’avenir de la Birmanie », plaide le Dr Tu Ja. Il faut que le gouvernement comprenne que rien ne peut se résoudre sur les champs de bataille et accepte d’entamer un dialogue politique sincère avec les minorités ethniques. » \n\nCar les Kachins ne sont pas les seuls à souffrir de cette « birmanisation » parfois brutale. Malgré de nombreux cessez-le-feu avec des représentants d’autres minorités, comme, récemment, les Karens ou les Chins, la situation en zone « ethnique » reste très instable. \n\nLes revendications de fédéralisme, d’autodétermination et d’égalité des droits des minorités ont encore du mal à trouver une oreille attentive auprès des militaires. Mi-décembre, les militaires birmans lançaient une nouvelle offensive contre les Kachins. Et depuis Noël, l’armée birmane, équipée d’hélicoptères d’attaque et d’avions de combat d’origine chinoise, bombarde les positions kachins. Et cela dans l’indifférence de la communauté internationale, qui, depuis un an et demi, ne s’est jamais mobilisée pour ce conflit et n’a même pas conditionné la levée des sanctions à un cessez-le-feu... ■  le 15 janvier 2013."}
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La tension est à son comble, au moment même où 80 cadavres ont été retrouvés dans une mosquée de Bangui, la capitale, et que l’on compte de nombreux blessés.\n\nJamais la Centrafrique n’aura connu pareille situation de violences. ACORD et CCFD - Terre Solidaire, sont en lien direct avec les principaux leaders de la société civile centrafricaine, qui témoignent du chaos qui règne à la fois dans la capitale mais également dans le reste du pays. Si rien n’est fait dans les prochains jours par la communauté internationale, un emballement de la violence sur fond de tensions inter religieuses et inter ethniques risque d’amener le pays vers un point de non-retour.\n\nQuelques clefs de compréhension pour comprendre ce qui se passe en Centrafrique\n\nLe régime de François Bozizé installé par la force en mars 2003 s’est progressivement renfermé sur lui-même, après avoir connu une période d’ouverture démocratique jusqu’en 2005 grâce à un parlement de transition réellement représentatif de la diversité sociale du pays. La constitution d’une force politique à sa dévotion (KNK) a permis à Bozizé de gouverner seul et d’écarter progressivement tous ses supporters et opposants. Ces dernières années il a dirigé le pays en plaçant à des postes clefs des membres de sa famille reproduisant de fait une situation de privatisation du pouvoir et des richesses du pays au seul bénéfice d’un clan, ce qu’avait reproché Bozizé à son prédécesseur Ange Félix Patassé et justifié son coup d’Etat de 2003. Bozizé a truqué les élections législatives et présidentielle de 2011 en faveur de ses proches : femme, enfants, cousins, maîtresses, frères ... ; il a dissout tous les conseils d'administrations des sociétés d'état et des sociétés d'économie mixte pour présider lui-même le comité de gestion de toutes ces sociétés et Agences ; il a renforcé sa garde rapprochée composée uniquement des membres de sa famille au détriment des Forces Armées Centrafricaines sous équipées ; il signait lui-même les chèques du Trésor…\n\nFace à cet accaparement du pouvoir et des richesses par le clan Bozizé, une coalition hétéroclites s’est progressivement constituée essentiellement de ses opposants (ceux qui n’avaient pas été récompensés en 2003 et ceux écartés du pouvoir depuis) et qui étaient repartis en brousse dans des mouvements armés, mais également composée des déçus de Bozizé et des gens d’un Nord marginalisé depuis toujours.  Tous ces acteurs ont été soutenus par les commerçants du diamant, menacés par la cupidité du clan Bozizé, et par le Président tchadien Deby. Ce dernier est attentif à éviter que ses propres mouvements rebelles ne profitent de la Centrafrique comme territoire de repli (comme le mouvement de Baba Ladé) et souhaite empêcher l’exploitation du pétrole dans les zones frontalières du nord de la RCA avec le Tchad.\n\nLe 10 décembre 2012, une coalition de rebelles, la « Séléka », se constitue. C’est un rassemblement de factions rebelles issues de plusieurs mouvements politico-militaires connus et de groupes de création plus récente. En décembre 2012, elle amorce, avec l’appui de mercenaires tchadiens et soudanais, à partir du Nord-Est un mouvement de conquête du pays qui l’amène, fin décembre, à une centaine de kilomètres de la capitale. L’incapacité des forces armées centrafricaines à résister conduit les pays voisins, notamment le Tchad (mais aussi le Gabon, le Congo et le Cameroun), à s’interposer militairement pour protéger la capitale et contraindre les rebelles à négocier. Les négociations avec les rebelles et l’opposition - menées sous l’égide de la CEEAC (Communauté économique des Etats d’Afrique centrale) - aboutissent, le 11 janvier à Libreville, à un cessez-le-feu et un accord politique prévoyant la nomination d’un gouvernement d’union nationale et l’organisation d’élections anticipées.\n\nA la suite de nombreux blocages de la part de Bozizé pour appliquer cet accord, les rebelles reprennent l’offensive et renversent le président Bozizé le 24 mars, puis livrent la capitale à la violence et au pillage. La communauté internationale condamne la prise du pouvoir par la force et prône le retour au cadre des accords de Libreville.\n\nCe énième coup d’Etat centrafricain aurait pu ressembler aux scénarios précédents d’alternance du pouvoir qui rythment l’actualité politique du pays, avec le renversement d’un pouvoir légitime mais devenu totalement rejeté par les populations et la classe politique, qui accueillent alors favorablement le renversement du Chef d’Etat « dictateur » par des rebelles. Ce qui ouvre une période transition et de rééquilibrage des pouvoirs au sein d’une même classe dirigeante. \n\nTous les observateurs s’attendaient à quelques jours de pillage suivi d’un apaisement et de la mise en place d’instances provisoires capable de gérer le pays. Mais cette fois ci le scénario ne s’est pas déroulé de cette manière. A la différence des autres fois, ceux qui sont arrivés prendre le pouvoir n’étaient pas de même nature. Aux côtés des principaux dirigeants de la Séléka qui cherchaient effectivement à prendre le pouvoir pour mettre un terme aux dérives de Bozizé, se sont ralliées des forces disparates aux motivations différentes : quelques chefs de guerre musulmans du Nord du pays (dont les troupes proviennent d’un Nord isolé et marginalisé par Bangui), de nombreux rebelles qui ont passé des années en brousse, des mercenaires venus du Tchad et du Soudan. Aucun projet politique ne guide ces rebelles, seul le pillage des ressources du pays semblent les intéresser d’où la destruction méthodique dans l’ensemble du pays de la majorité des infrastructures administratives, sanitaires, éducatives. L’Eglise catholique acteur majeur de l’action sociale en Centrafrique a été particulièrement visée. La destruction des Eglises, des écoles et des dispensaires catholiques était ainsi à comprendre sous l’angle de pillages généralisés plus qu’à des violences inter religieuses. \n\nA la suite de la prise du pouvoir par la Séléka, s’en est suivi un partage du pays par des seigneurs de guerre étrangers, analphabètes, violents, fortement armés et se payant sur « la bête ». Depuis sa prise de pouvoir en mars 2013, le nouveau régime a démontré son incapacité à contrôler le pays et à contrôler les groupes rebelles éparpillés dans le pays et qui l’ont pourtant aidé à renverser le président Bozizé. En cette fin d’année 2013, la capitale est divisée en territoires aux mains de « généraux » rebelles dont les hommes recouvrent des tenues militaires mais sont le plus souvent des « jeunes » ramassés dans la rue ou des opportunistes ; ceux-ci n’ont aucune culture militaire ni de connaissances en matière de Droits de l’Homme et pillent régulièrement la ville en provoquant de nombreux assassinats. Ces violences provoquées par des éléments devenus incontrôlables suscitent la création de milices d’autodéfense dans les quartiers et des mouvements de rebellions populaires. En province, ce sont les milices Anti-Balakas (« anti machettes ») constituées principalement de jeunes (plutôt chrétiens) qui se sont armés de façon traditionnelle pour se défendre contre l’agression des éléments de la Seleka (plutôt musulmans).  \n\nDepuis quelques semaines la confusion s’installe et les tensions prennent de plus en plus la forme d’affrontements interreligieux : les milices Anti Balakas tuent des musulmans innocents et les Sélékas se vengent sur les populations chrétiennes. A cela le régime se défend en voulant faire croire que ces tensions sont entretenues par les proches de Bozizé dont la région de Bossangoa est la région d’origine. L’exemple des Peulhs centrafricains illustre bien la confusion. Ils sont malheureusement assimilés par les Anti Balaka aux Peulhs tchadiens qui descendent régulièrement en RCA avec leurs troupeaux, mais aussi aux Peulhs de Baba Ladé, mouvement rebelle tchadien, installé au Nord du pays, qui se sont ralliés à Deby puis à la Séléka. Depuis mars 2013, les Peuhls centrafricains ont vu une cinquantaine de leurs campements brulés, 40 000 têtes de bétails volées et comptent des dizaines de morts. Tout cela parce qu’ils sont musulmans. A de nombreuses reprises les communautés musulmanes se sont plaintes de rackets sans réaction du pouvoir. Les jeunes d’associations de jeunes musulmans ont dénoncé l’absence de solidarité quand des mosquées ont été détruites en 2011, ou lorsque les Peulhs ont été victimes d’actions de représailles des anti-Balakas. \n\nA contrario, un sentiment d’être victime d’agression musulmane et/ou djihadiste s’est répandue dans la population essentiellement chrétienne, laquelle n’a jamais pris conscience de la marginalisation historique des communautés musulmanes. Pourtant, la communauté musulmane centrafricaine a été aussi victime de la Seleka mais de manière moins visible. Mais en voulant exprimer sa frustration de ne jamais avoir été considérés comme de « vrais » centrafricains, certains musulmans ont parfois posé des actes mal compris par les populations chrétiennes. Des expressions telles que « C’est notre tour ! » ou « la destruction systématique de l’état civil » dans les villes a nourri ce sentiment de volonté de prise du pouvoir du pays par les musulmans, en particulier par le Soudan islamique et le Tchad détesté. Ainsi se développe aujourd’hui en retour chez les chrétiens un discours de revanche contre les musulmans sans distinctions.\n\nFace à ces tensions interreligieuses, les plus hauts responsables des trois confessions religieuses (catholique, protestante, musulmane) ont créé une plateforme commune de dialogue mais surtout d’action. Ces hauts dignitaires se déplacent dans le pays pour ramener le calme et tenter d’expliquer entre autres aux populations la différence entre Séléka et communauté musulmane. \n\nUne crise aggravée par le contrôle des sites d’exploitation du diamant\n\nL’exploitation et le commerce du diamant ont toujours été un des facteurs de l’instabilité chronique de la RCA. Historiquement, l’activité a plus bénéficié aux entreprises étrangères et à la classe dirigeante qu’aux populations centrafricaines. Depuis, le début des années 2000, le secteur diamantaire est essentiellement artisanal et informel et contrôlé par des groupes armés ou des individus cupides. L’Union des forces démocratiques pour le changement (mouvement rebelle auquel a appartenu Michel Djotodia) s’est par exemple impliquée dès sa création en 2006 dans l’extraction et la contrebande du diamant. Les revenus tirés de cette activité lui ont permis de se consolider et de participer plus tard à la création de la coalition Séléka. Le problème c’est que ce diamant a atteint le marché international avec le blanc-seing du régime de certification des diamants bruts du processus de Kimberley. En juin dernier, la RCA a été provisoirement suspendue du processus de Kimberley mais selon certains témoignages d’acteurs sur le terrain, les diamants bruts sortent du pays via les les pays voisins avec les complicités des hommes en armes. \n\nLa Centrafrique est-elle dans une situation pré-génocidaire ? \n\nIl est probable que cette expression ait été utilisée par les autorités françaises (François Hollande et Laurent Fabius) puis par la diplomatie américaine pour interpeller la communauté internationale et la presser à autoriser une action forte et rapide pour anticiper un glissement de la situation actuelle vers des violences massives et ciblées vers des catégories de population. \n\nLes signaux d’un emballement de la violence sont néanmoins là. Campagne radiophonique contre les musulmans à la fin du règne de Bozizé (on a parlé de la radio de Bangui comme de la radio des milles collines), fausse lettre (type protocole de Sion) indiquant à la même période sous Bozizé une stratégie d’islamisation de la RCA, puis multiplicité des attaques contre les chrétiens par la Séléka durant sa progression sur Bangui, sentiment victimaire très rependu de la part des chrétiens, une communauté musulmane maladroite qui a exprimé parfois une solidarité avec la Séléka, un début de militarisation de la société (armes traditionnelles, distribution de machettes…) et apparition de milices populaires aux comportements arbitraires et responsables de tueries de musulmans innocents… Le sentiment de revanche se répand dans les populations non musulmanes et on peut en effet s’inquiéter fortement d’une dérive possible chez une population fatiguée de dizaines d’années de pauvreté, d’arbitraire et de la dernière période de la Séléka.\n\nOn peut imaginer des réactions de plus en plus fortes des chrétiens contre des musulmans, qui provoqueraient une probable action de soutien de musulmans (rebelles) du Tchad et du Darfour pour aider leurs frères, avec un appui possible de pays voisins dont le Tchad en premier lieu. Ces violences pourraient réactiver des tensions ethniques très présentes dans la société mais dissimulées par la crise politique et les questions religieuses. \n\nIl est indéniable qu’une action internationale rapide et forte est la seule réponse possible pour éviter le pire en Centrafrique mais aussi une déstabilisation de la région (exemple des récentes attaques par des éléments de la Séléka de positions militaires au Cameroun).\n\nAu niveau politique, la situation est bloquée : le Président de la transition ne contrôle rien et semble envisager de fuir le pays. Le 1er Ministre n’a pas les moyens d’agir du fait du délabrement de l’Etat. Il est déconsidéré par le Conseil National de Transition (CNT), par la société civile et même par les diplomates qui l’avaient pourtant soutenu. L’Etat a perdu 45% de ses revenus avec l’arrêt de l’économie et le blocage international du commerce des diamants. Le parlement de transition fonctionne tant bien que mal et produit les textes législatifs nécessaires sur les élections, prévues dans 18 mois malgré un contexte peu favorable pour un tel processus électoral. Les partis politiques sont quant à eux déconsidérés par la population et la société civile car ceux de l’opposition qui ont soutenu la Seleka pour renverser Bozizé sont perçus comme responsables de la situation actuelle, peut-être à tort en réalité, puisque personne n’aurait pu imaginer ce qui allait se passer.\n\nDe manière surprenante - si on se réfère à d’autres contextes africains et à l’histoire passée de la Centrafrique - la communauté internationale (notamment la France et les USA) a été très rapidement sur une position « dure » vis-à-vis des différents protagonistes. Ils ont imposé dans la charte de transition l’impossibilité totale pour les acteurs de la transition de participer aux élections. Ni le Président, ni celui du CNT ni le 1er Ministre ne sont autorisés à se présenter. Lors du dernier groupe de contact, mi-novembre, la France et les USA ont refusé catégoriquement que les rebelles puissent intégrer l’armée nationale, ce qui pourra provoquer des tensions à court et moyen termes. Néanmoins cette position est cependant logique au regard de l’échec des accords de paix passés et du fait que les rebelles sont pour la plupart étrangers, ou de jeunes enrôlés sur la route de Bangui puis dans la capitale elle-même.\n\nComment se positionne la société civile centrafricaine ?\n\nLe sentiment général de nos partenaires en Centrafrique est à l’impuissance et à celui d’une société prise au piège par la complexité de la situation. En septembre 2013, une réunion de haut niveau était programmée en marge de l’Assemblée Générale des Nations Unies pour relancer un processus international en capacité de faire face à la dégradation de la situation. Une délégation de la société civile centrafricaine s’est rendue à New-York pour faire entendre ses positions et demander que la société civile soit associée au processus de réconciliation et de reconstruction. Composée d’un Evêque catholique, d’un responsable protestant, d’un responsable d’une association de défense des Droits de l’Homme et d’une militante associative et députée de l’Ouham et membre du CNT, cette délégation (appuyée par le CCFD - Terre Solidaire, ACORD International et le Secours catholique) a proposé des recommandations quant à la situation sécuritaire et humanitaire, au respect des Droits de l’Homme et à l’implication de la société civile dans les processus de sortie de la crise. Des membres de la délégation continuent aujourd’hui à témoigner devant le Congrès puis bientôt devant le Sénat américain dans l’espoir d’une participation de ce pays au principe d’une intervention onusienne.\nDepuis la société civile centrafricaine se mobilise également à Bangui malgré un environnement difficile et dangereux pour les militants associatifs. Citons par exemple sa récente déclaration jugeant inopportune la prochaine tenue d’une conférence nationale inclusive voulue par la CEEAC dans un tel contexte.\n\nLa seule note optimiste semble être la forte volonté de la communauté internationale de s’engager rapidement en RCA, sans oublier une société civile centrafricaine qui travaille sans relâche pour une sortie de crise et pour la paix, en mobilisant la population, les leaders religieux, le CNT, la communauté internationale et les médias. La France a déjà renforcé son dispositif et d’autres troupes sont attendues pour une intervention qui pourrait intervenir d’ici peu. Les responsables de la société civile centrafricaine ainsi que les observateurs internationaux (dont le CCFD - Terre Solidaire et ACORD) attendent une résolution rapide du Conseil de sécurité autorisant une force onusienne sous chapitre VII.  \n\nIntervenir militairement et après ?\n\nLa sécurisation de la Centrafrique nécessitera du temps et des moyens importants tant le pays est étendu et les forces rebelles hétéroclites. S’il est indéniable que Bangui pourra être contrôlé d’une façon rapide, il en sera autrement pour le reste du pays.\n\nSe posera très rapidement la question de l’avenir politique du pays une fois la sécurité assurée par les troupes internationales. Face à ce type de situation, le logiciel diplomatique international encourage un même scénario : la négociation d’accords de transition politique suivis par la tenue d’élections générales et enfin la promulgation par le nouveau parlement de lois d’amnistie qui ne peuvent qu’encourager l’impunité. Les accords de Libreville et la tenue d’élections générales programmées dans 18 mois préfigurent le déroulement de ce scénario. A la vue des échecs passés, peut-il encore fonctionner dans le contexte centrafricain ? La question mérite d’être posée dès maintenant si la communauté internationale souhaite effectivement une sortie durable de la crise en Centrafrique. Surtout qu’à la différence des coups d’Etat passés, les populations centrafricaines sortiront profondément traumatisées et divisées de cette dernière crise et réclameront que justice soit rendue. Après ces mois de chaos, peut-on encore imaginer reconstruire le pays sans y associer une nouvelle fois les populations et la société civile locale et sans proposer aux centrafricains un véritable processus de justice susceptible d’apaiser les esprits ? Les problèmes du pays touchent à la capacité de la société centrafricaine à se construire un contrat social permettant aux différentes identités de pouvoir vivre en paix. \n\nIl serait vain qu’après la sécurisation du pays, la communauté internationale ne voit comme prochaine et ultime étape que l’organisation d’élections générales et ne s’engagent pas dans un accompagnement sur le long terme pour permettre la construction d’une véritable expression citoyenne qui comme pour tous les pays du monde est possible en Centrafrique. \n\nPour ACORD : Salina Sanou, Responsable des Politiques et du Plaidoyer\nPour le CCFD-Terre Solidaire : Bruno Angsthelm, Chargé de mission pour la Centrafrique, et  Philippe Mayol, Responsable du service Afrique"}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/le-tourisme-une-industrie-comme-une-autre/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/le-tourisme-une-industrie-comme-une-autre/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Le tourisme, une industrie comme une autre","datePublished":"2006-05-01T11:09:00+00:00","dateModified":"2021-12-08T15:29:14+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/le-tourisme-une-industrie-comme-une-autre/"},"wordCount":426,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Sécurité alimentaire","Tourisme solidaire"],"inLanguage":"fr-FR","description":"L’industrie du tourisme constitue, aux côtés de l’automobile et du pétrole, l’un des secteurs les plus dynamiques en terme de revenus et de part dans la croissance mondiale. \n\n\n\nElle génère un emploi sur douze dans le monde et fera voyager plus d’un milliard de personnes hors de leurs frontières en 2010, selon les estimations de l’OMT (Organisation Mondiale du Tourisme).\n\n\nLes opérateurs du Nord récoltent plus de 60 % de ses bénéfices\n\n\nLes pays du Sud héritent de ses nombreux effets pervers :\n\n- Economie : les activités traditionnelles (pêche, élevage, agriculture..)sont peu à peu délaissées aux dépens de la sécurité alimentaire. En l’absence de contrat de travail et étant donné le peu de scrupules des employeurs, les emplois créés dans le tourisme sont souvent subalternes et précaires, voire dégradants. Dans certains pays (Birmanie) on déplore des cas de travail forcé. Une région dépendant fortement du tourisme sera doublement pénalisée, voire complètement ruinée, lors d’une catastrophe naturelle ou d’une explosion politique sans que ses difficultés n’affectent particulièrement l’économie mondiale du tourisme, tant les destinations proposées sont nombreuses (cf Egypte,Yougoslavie…).\n\n- Société : Le choc des niveaux de vie, codes sociaux et croyances entre touristes et populations accueillantes peut être très violent. Les gains de la mendicité détournent de nombreux enfants de l’école. Les échanges basés sur des règles de solidarité traditionnelles sont menacés par un attrait grandissant pour le consumérisme. Certaines populations ont été exclues de leurs terres au profit de projets touristiques. Autre impact gravissime : l’accroissement de la prostitution féminine et infantile\n\n- Culture : Rites, spectacles vivants, artisanat : l’authenticité est souvent sacrifiée à la nécessité de satisfaire une demande touristique en mal d’exotisme, ce qui engendre souvent un appauvrissement des cultures une rupture dans la transmission des savoirs faire. A noter également : le pillage de trésors archéologiques.\n\n- Environnement : La multiplication des infrastructures touristiques menace les zones à écosystème fragile (littoraux, montagnes, marais, dunes, mangrove). La surconsommation d'eau dans les hôtels et dans les golfs compromet l'irrigation des cultures locales. L'absence de traitement des eaux usées, la généralisation des décharges sauvages, accroissent les problèmes de pollution des pays qui n’ont pas de politique de protection de l’environnement."}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/nouvel-effondrement-dun-immeuble-au-bangladesh/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/nouvel-effondrement-dun-immeuble-au-bangladesh/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Nouvel effondrement d&rsquo;un immeuble au Bangladesh","datePublished":"2013-04-29T17:53:51+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/nouvel-effondrement-dun-immeuble-au-bangladesh/"},"wordCount":441,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Régulation des multinationales","Responsabilité sociale des entreprises"],"inLanguage":"fr-FR","description":"Des étiquettes de la marque Tex (Carrefour) retrouvées sur les lieux du drame. Plusieurs autres entreprises françaises et internationales pourraient être impliquées.\n\n\n\nUn nouvel effondrement d’immeuble au Bangladesh (le Rana Plaza) survenu mercredi 24 avril à 9h15 a fait plus de 190 morts et 1200 blessés selon les dernières estimations. Le bâtiment de 8 étages abritait 5 usines d’habillement qui employaient 3122 travailleurs, en majorité des femmes. 142 corps ont déjà été remis aux familles des victimes. Plusieurs survivants resteraient coincés dans les décombres.\n\nDes syndicats et défenseurs des droits des travailleurs ont retrouvé des étiquettes de la marque « Tex » (Carrefour) sur les lieux du drame. Parmi les usines bangladaises qui se trouvaient dans le bâtiment, plusieurs fourniraient des marques françaises, notamment Siplec (Edouard Leclerc), Yves Dorsey et France Denim.i Plusieurs autres marques internationales, comme Mango, C&A et Wallmart seraient également clientes de ces usines.\n\n« Les familles des victimes sont en deuil. Toute la communauté est en état de choc. Elles sont, comme les centaines de blessés, sans ressource et sans soutien suffisant. Les marques qui se fournissaient auprès de ces usines n’ont pas su prévenir un tel drame. Elles doivent prendre leurs responsabilités, en couvrant les frais médicaux d’urgence et en s’engageant à participer à l’indemnisation intégrale des familles des victimes et des travailleurs blessés» déclare Dorothée Kellou, de l’organisation Peuples Solidaires pour le Collectif Ethique sur l’étiquette.\n\n\nURGENCE : prévenir de nouvelles catastrophes\n\n\nCe nouveau drame est le dernier d’une longue série dans l’industrie du textile au Bangladesh. En 2005, l’effondrement de l’usine Spectrum avait fait 64 morts et plus de 80 blessés. En novembre 2012, l’incendie de l’usine de Tazreen a causé la mort de 112 travailleurs et travailleuses. On décomptait 8 morts dans l’incendie de Smart Export en janvier 2013.\n\nPeuples Solidaires et le Collectif Ethique sur l’étiquette appellent les marques à signer l’accord sur la prévention des incendies et la sécurité des bâtiments développé par des syndicats et organisations de défenses des droits des travailleurs bangladais et internationaux. Cet accord prévoit une série de mesures contraignantes pour empêcher ces drames à répétition. Pour l’instant, seuls les marques Tchibo et PVH (Calvin Klein et Tommy Hilfiger) ont accepté de le signer. Les autres continuent de refuser, malgré la situation d’urgence en termes de sécurité dans le secteur de l’industrie du textile au Bangladesh.\n\nCommuniqué de presse du Collectif Ethique sur l'étiquette"}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/2015-une-annee-importante-dans-la-lutte-contre-la-pauvrete/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/2015-une-annee-importante-dans-la-lutte-contre-la-pauvrete/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"2015 une année importante dans la lutte contre la pauvreté","datePublished":"2015-04-13T11:29:26+00:00","dateModified":"2024-09-25T15:30:43+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/2015-une-annee-importante-dans-la-lutte-contre-la-pauvrete/"},"wordCount":1311,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Dette","Développement","Justice économique"],"inLanguage":"fr-FR","description":"Du 13 au 16 juillet les Etats membres des Nations unies se réuniront à Addis Abeba pour la 3ème conférence internationale sur le financement du développement. Conférence qui fait suite à celle de Monterrey en 2002, et de Doha en 2008. \n\n\n\nConférence des Nations unies sur le Financement à Addis Abeba (Ethiopie) en juillet 2015 : réaction du CCFD-Terre Solidaire à la première version de la déclaration\n\nA deux mois de l’Assemblée générale des Nations unies qui validera les nouveaux Objectifs de développement durable, remplaçant les Objectifs du millénaire pour le développement, et à 6 mois de la COP 21 sur le climat à Paris, cette conférence est le premier  des trois temps forts de l’agenda pour le développement qui jalonneront l’année 2015.  \n\nC’est un enjeu car les impacts du changement climatique se font sentir chaque jour un peu plus, que les inégalités se creusent et que la précarité s’accroit. Quantité et qualité des flux financiers, responsabilité différenciée des pays du Nord et du Sud, nouvelles sources de financement pour le développement, régulation financière, encadrement des investissements privés, lutte contre l’évasion fiscale… tous ces sujets seront abordés à Addis Abeba. Des engagements pris par les Etats du Nord dépendront en grande partie des efforts consentis par les pays du Sud pour atteindre un accord sur le climat à Paris… \n\nLe 16 mars, a été rendue publique la première version de la déclaration sur laquelle devront se mettre d’accord les Etats en juillet. Ce texte pose les bases des négociations pour les prochains mois. \n\n\nJustice fiscale\n\nLe texte reconnaît la priorité à donner aux pays en développement les moyens de collecter les impôts qui leur sont dus, en luttant notamment contre la fraude et l’évasion fiscale, et reprend un certain nombre des propositions portées par le CCFD-Terre Solidaire. En revanche le texte reste bien trop flou sur la nécessité de créer un organe intergouvernemental chargé des questions fiscales au sein des Nations Unies. Or pour le CCFD-Terre Solidaire la création d’une nouvelle instance est essentielle pour que les pays en développement aient une voix égale aux pays développés dans l’élaboration des règles fiscales internationales, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. \n\n\nSecteur privé et investissements\n\nPour faire face au manque de moyens publics ambitieux, les références au rôle que peut jouer le secteur privé en matière de financement sont omniprésentes. Mais cela n’est pas accompagné d’engagements forts des Etats à encadrer les pratiques des entreprises multinationales pour que ces dernières contribuent aux trois dimensions du développement durable et  respectent les droits humains. \n\nPire, parmi les initiatives du secteur privé mises en avant, figure l’Alliance mondiale pour une agriculture intelligente face au climat dont les lacunes ont été dénoncées dès son lancement par le CCFD-Terre Solidaire et la CIDSE [[« L’agriculture intelligente face au climat : les nouveaux habits de l’empereur ? », CIDSE, 2 octobre 2014]] . Loin d’appeler à un changement en profondeur de nos systèmes alimentaires et agricoles, cette alliance est en effet portée par les multinationales du secteur des semences, OGM,  engrais et intrants chimiques. Acteurs dont le seul objectif est d’accélérer  l’industrialisation et la financiarisation de l’agriculture dont on connait déjà les impacts négatifs sur le climat et la souveraineté alimentaire des populations, du Nord au Sud. Pour répondre au double défi faim/climat, le CCFD-Terre Solidaire appelle au contraire à soutenir et promouvoir les agricultures familiales et paysannes et les pratiques agro-écologiques.\n\nLa première version de déclaration insiste beaucoup sur la prise en compte de la dimension environnementale dans les décisions d’investissement et de soutien au secteur privé. Les autres dimensions du développement durable sont négligées, notamment le respect des droits humains, des salariés et des communautés.\nLe standard international de référence en la matière, les principes directeurs des Nations Unies relatifs aux entreprises et aux droits de l'Homme, n'est jamais mentionné. La mise en œuvre de ces principes par les Etats d'accueil et d'origine des multinationales est pourtant une priorité pour garantir que les investissements privés contribuent réellement au développement. \n\nAlors que certains travaux contestés du  Comité sur la sécurité alimentaire sont cités [[Principes pour des investissement responsables dans l’agriculture adoptés en octobre 2014]], il n’est pas fait référence aux Directives volontaires sur la gouvernance de la tenure des terres, pêches et forêts adoptés en mai 2012 pourtant saluées et portées par l’ensemble des parties prenantes du CSA. Il s’agit pourtant du seul texte international proposant des dispositions concrètes permettant de sécuriser l’accès et l’usage des terres par et pour les communautés locales et les agricultures paysannes, face aux accaparements des terres et des ressources. \n\nLe CCFD-Terre Solidaire déplore que la déclaration n'affiche pas le soutien des Etats aux travaux du groupe intergouvernemental de l’ONU pour l’élaboration d’un traité international contraignant « entreprises et droits humains », qui vise à donner accès à la justice et à la réparation pour les victimes dont les droits sont bafoués. \nLe respect des droits humains et l’obligation de vigilance doivent être systématiquement exigés  pour l’ensemble des contributions du secteur privé à la réalisation des ODD, notamment  quand il est fait mention de l’utilisation de fonds publics pour attirer des fonds privés, des partenariats publics-privés et des projets financés par les institutions financières de développement. \n\n\nDette\n\nLa question de la dette est largement négligée par ce premier texte : alors même qu’une résolution des Nations Unies a été votée en septembre 2014 pour créer un cadre juridique multilatéral pour les procédures de restructuration des dettes souveraines, ce processus est ignoré.   Il  devrait pourtant être explicitement reconnu et encouragé par les Etats. Aucune mention n’est faite de la nécessité de réaliser des audits de la dette nationale, ni de l’importance de l’adhésion des pays aux principes de la CNUCED sur des prêts et emprunts responsables. Enfin, les évaluations en cours sur la soutenabilité de la dette au niveau du FMI et de la Banque Mondiale doivent impérativement s’intéresser à l’impact du service de la dette sur la réalisation des objectifs du développement durable.\n\n\nGouvernance et responsabilité\n\nLe principe de responsabilité entre les pays pauvres et les pays riches face aux enjeux du financement du développement a disparu du texte : la mention de la responsabilité « historique » des pays du Nord, mentionnée à Monterrey comme à Doha, doit être réaffirmée. \n\nEnfin le CCFD-Terre solidaire souhaite rappeler l’importance des cadres multilatéraux pour répondre aux enjeux à venir. La déclaration finale d’Addis Abeba doit reconnaître la légitimité des instances onusiennes, comme garantie d’une gouvernance mondiale inclusive, assurant la participation à égalité de voix des différents Etats. Les questions de fiscalité, de dette, mais aussi le suivi de la mise en œuvre de cette déclaration doivent être traitées dans une enceinte légitime et reconnue, alors même que la recherche d’un accord sur le climat se fera, lui, à la fin de l’année, sous l’égide des Nations Unies.\n\nPour en savoir plus : Les négociations à l’ONU sur le financement du développement : Quels devraient être les résultats de la Conférence  d’Addis-Abeba en 2015 ?"}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/agriculture-thailande/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/agriculture-thailande/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"En Thailande, l&rsquo;agriculture pour un développement agricole durable, responsable et social","datePublished":"2015-01-09T17:29:00+00:00","dateModified":"2023-05-24T13:32:01+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/agriculture-thailande/"},"wordCount":1278,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Carême"],"inLanguage":"fr-FR","description":"La School for well being est une structure atypique et jeune, puisqu’elle s’est créée en 2010. Mais l’histoire remonte en réalité à 2007 : à l’initiative d’un de nos partenaires thaïlandais, la Conférence internationale du mouvement « Bonheur National Brut » (alternative proposée par le royaume du Bhoutan au « Produit National Brut ») se tient à Bangkok. Pour Hans et Wallapa, organisateurs de cette conférence, c’est une révélation.\n\nLe Bonheur national burt, un nouvel indicateur pour la Thaïlande ?\n« En explorant des notions telles que « le bien-être », le « bonheur » ou le « bien vivre » et en nous engageant passionnément pour faire de ces notions des points de repère essentiels pour le développement, nous soutenons le Bonheur national brut, un indicateur alternatif aux indicateurs économiques classiques qui repose sur quatre piliers :\n\n \tL’intégrité culturelle et la « spiritualité engagée » ;\n \tla bonne gouvernance ;\n \tle développement économique équitable ;\n \tla protection de l’environnement et l’agroécologie.\n\nNous pensons que cette combinaison de valeurs est au fondement de notre mission de contribuer à façonner un développement durable. »\nParole de Hans et Wallapa Van Willenswaard, fondateurs de la School for Well being\n\nEn effet, cette conférence cristallise les réflexions des acteurs asiatiques (société civile, religieux, hommes politiques, entrepreneurs) sur les limites du développement économique actuel, ses impacts négatifs et les nécessaires alternatives à promouvoir afin de permettre un développement respectueux des Hommes dans toutes ses dimensions sociales, culturelles, spirituelles, et de la nature.\n\naC’est sur cette notion de bien-être dans la société que se concentre le travail de la School for well being, initié par ce couple et qui aujourd’hui réunit une équipe de sept personnes et une volontaire française envoyée par le CCFD-Terre Solidaire.\nDévelopper des modes d'agriculture alternatifs en ThaÏlande\nPourquoi cette initiative ?\nDans une société bouddhiste, le partage, la compassion et la frugalité doivent normalement être les règles de vie. Or, le « développement économique » tel que les membres de la School for well being l’observent en Thaïlande (et de plus en plus dans les pays voisins), conduit à des tendances consuméristes, à l’accroissement des inégalités, à la déconnexion entre les populations urbaines et rurales ainsi que la dégradation de l’environnement : sols appauvris par les monocultures intensives, déforestation, barrages et détournements de cours d’eau, accaparement des terres pour les projets industriels, agro-industriels ou d’infrastructures.\n\nPourtant salué par les investisseurs et analystes économiques, ce mode de développement, au final, affaiblit les liens sociaux, la spiritualité, la « Mère Nature » et la connexion des hommes et des femmes avec leur environnement.\n\nEn lien avec l’université de Chulalongkorn, la plus ancienne université de Thaïlande ayant développé un « campus vert » dans le centre-ville de Bangkok, la School for Well being propose de développer des recherches-actions sur des modèles de développement alternatifs, des formations, des événements régionaux, des rencontres entre paysans, entrepreneurs et universitaires...\nMais pour proposer des alternatives de développement, il faut être dans l’action.\nEn lien avec le service Asie du CCFD-Terre Solidaire avec qui ils échangent dès les prémices de leur structure, Hans et Wallapa affinent leurs axes de travail et définissent les questions les plus cruciales pour proposer des modèles de développement alternatifs. Rapidement, c’est la question du modèle agricole qui leur apparaît centrale.\nLes problèmes posés par une agriculture intensive en Thaïlande\nL’agriculture intensive en Thaïlande a été un des modèles de la révolution verte (intensification des cultures par l’utilisation de variétés de céréales à hauts potentiels de rendements et d’engrais chimiques).\nDevenue première exportatrice de riz mondial, la Thaïlande s’est rapidement positionnée également sur les marchés du caoutchouc naturel, coton, maïs et noix de coco, avec des productions intensives tournées vers l’exportation.\n\nMais l’augmentation des rendements a également entraîné la détérioration de l’environnement (épuisement des ressources en eau, fragilisation des sols…) et une fracture croissante entre le monde rural et le monde urbain.\n\nLes petits paysans, qui continuent de représenter la grande majorité des exploitations, n’ont pas pu profiter des avantages qu’auraient dû leur procurer ces rendements plus élevés.\n\nEn effet, ils ne disposent pas d’accès à l’irrigation nécessaire à la mise en œuvre de ces techniques agricoles modernes. De plus, ils sont pris dans des cycles d’endettement afin d’acheter les engrais et semences nécessaires, ainsi, aujourd’hui, 77 % d’entre eux sont endettés. Par ailleurs, un tel mode de production expose davantage les consommateurs à des risques de contamination chimique de leurs aliments.\n\nDevant les preuves évidentes des effets néfastes de l’agriculture chimique (problèmes de santé, dégradation de l’écosystème, dépendance des agriculteurs et oubli des savoirs traditionnels), certains agriculteurs et fonctionnaires ont progressivement accepté les pratiques agricoles durables comme alternatives.\nLa mise en réseau des alternatives\nHans et Wallapa, avant de fonder la School for Well Being, ont œuvré à la mise en réseau de ces initiatives alternatives et à la promotion de groupes communautaires de producteurs. Leur but : appuyer la commercialisation de ces produits cultivés selon des techniques agricoles durables et sensibiliser les consommateurs et les dirigeants aux méthodes de production à encourager pour un développement « sain ».\n\nAinsi, des « marchés verts », magasins bio et partenariats avec certaines entreprises et hôpitaux ont été mis en place pour faciliter la commercialisation des produits des petits paysans et encourager cette démarche.\n\nSi le gouvernement thaïlandais, notamment grâce à ces actions, commence à prendre conscience de la nécessité d’un modèle agricole plus respectueux des paysans, des consommateurs et de la nature, il n’en est pas de même dans les pays voisins  (Vietnam, Cambodge, Birmanie, Laos) où le défi alimentaire et la faim restent présents en zone rurale, et poussent les gouvernements à développer des méthodes agricoles intensives.\nL’action pour l'agriculture en Thaïlande doit donc être locale, nationale mais aussi internationale.\nDepuis 2011, le CCFD-Terre Solidaire et la School for well being ont mis en commun leurs contacts avec des organisations d’appui aux paysans dans la région du Mékong, pour créer le réseau Towards Organic Asia (Vers une Asie Bio).\n\nRéunissant aujourd’hui 21 organisations (dont 6 partenaires du CCFD-Terre Solidaire au Vietnam, Laos et en Birmanie), le projet Organic Asia permet la mise en réseau d’organisations de producteurs, d’universitaires et d’entrepreneurs sociaux asiatiques intéressés par la promotion de l’agriculture biologique et des savoirs traditionnels, auprès des petits paysans de la région du Mékong et d’Asie, en tant que débouché commercial mais aussi et surtout facteur de lien social et de préservation des ressources naturelles.\n\nDes voyages d’études dans les différentes régions du Mékong, des échanges de pratiques agricoles, l’organisation d’événements régionaux et la conduite de recherches-actions locales permettent le renforcement des compétences des acteurs et l’élaboration de stratégies communes.\n\nEn jeu : la construction d’une agriculture qui permette de nourrir les hommes tout en préservant l’environnement, la santé, les liens sociaux et la souveraineté alimentaire. Un défi de taille, en Asie comme ici."}
{"@context":"https://schema.org","@type":"WebPage","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/agriculture-thailande/","url":"https://ccfd-terresolidaire.org/agriculture-thailande/","name":"Thaïlande : l'agriculture pour un développement durable et social","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#website"},"datePublished":"2015-01-09T17:29:00+00:00","dateModified":"2023-05-24T13:32:01+00:00","description":"L'agriculture en Thaïlande doit permettre un développement durable et social, loin des valeurs consuméristes soutenues à l'heure actuelle.","inLanguage":"fr-FR"}
{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/eoliennes-citoyennes/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/eoliennes-citoyennes/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Eoliennes citoyennes","datePublished":"2012-10-15T14:46:00+00:00","dateModified":"2024-12-10T12:35:10+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/eoliennes-citoyennes/"},"wordCount":943,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Dossier","France"],"inLanguage":"fr-FR","description":"Des centaines d'habitants de la région de Redon (35) ont financé, à l'issue d'un processus participatif, un parc éolien pionnier géré par une coopérative. Sa finalité n'est pas le profit maximum, à l'instar du capitalisme vert, mais une transition énergétique écologique et plus équitable.\n\n\n\nIls ne parlent pas d'économie verte. Leur mutation s'appelle transition énergétique. Depuis plus de dix ans, un groupe d'amis têtus de la région de Redon, en Ille-et-Vilaine, s'est lancé le défi d'ériger des éoliennes. L'affaire a vite dépassé le cadre des seules énergies propres pour devenir le support d'un modèle alternatif où l'écologie se mâtine de développement économique local, d'équité sociale, de démocratie participative. \n\nFin 2012, Béganne, à dix kilomètres de Redon, devrait voir tourner les hélices du premier parc éolien citoyen de France : quatre mâts de 2 mégawatts chacun. Il sera géré par une coopérative comptant près de sept cents petits investisseurs particuliers, majoritaires dans le capital, aux côtés d'institutionnels engagés dans l'économie solidaire.\nL'histoire commence bien modestement. En 2002, Michel Leclercq, sculpteur, se pique avec des amis maraîchers de produire de l'électricité verte. Avec une mini-machine de 10 kilowatts, deux cents fois moins puissante que les engins de Béganne. Mais ces pionniers butent sur des murs de mauvaise volonté à l'heure d'obtenir – c'est un droit légal –, le raccordement de l'éolienne au réseau, ainsi qu'un contrat d'achat pour le courant excédant leur consommation. \nLoin de renoncer, le groupe conclut « que c'est en raison de son manque d'envergure que le projet n'est pas parvenu à s'imposer. »\n\nUn peu partout en Europe, les investisseurs professionnels sont à l'affût des sites éoliens, placements parmi les plus rentables et les plus sûrs : les pouvoirs publics ont fixé des tarifs d'achat incitatifs pour l'électricité renouvelable injectée sur le réseau, et garantis par des contrats courant jusqu'à vingt ans. C'est l'une des niches de ce nouveau capitalisme dit « vert », qui a trouvé des « relais de croissance » sur les chantiers ouverts par la lutte contre le dérèglement climatique. \n\nMais à Redon, comme à Villeurbanne, Charleville-Mézières ou Chambéry, des associations, des citoyens, des élus et des collectivités se braquent contre un modèle d'expansion des renouvelables qui fait peu cas des riverains. Jusqu'à la contestation virulente : le mouvement Vent de colère attaque les projets d'éoliennes au titre du préjudice paysager ou de la perte de valeur des maisons voisines. Les profits des parcs vont généralement dans la poche d'investisseurs lointains, n'en subsiste localement qu'une part minime – parfois seulement quelques loyers pour les terrains agricoles occupés par les mâts.\n\nJeter l'éolien avec les spéculateurs ? On s'y refuse, entre Rennes et Redon. On a \"biberonné\" aux initiatives de l'économie solidaire, dont le terreau local est prolifique. En 2003, un noyau militant fonde Éoliennes en pays de Vilaine (EPV), le bras associatif qui va piloter le projet à toutes ses étapes. Il compte aujourd'hui des centaines de membres, « un véritable mouvement d'éducation populaire », se félicite Alain Ridard, son président. \n\nSon potentiel s'est spectaculairement exprimé à l'heure de financer le parc de Béganne : 85 % des quelque 2,7 millions d'euros collectés proviennent de particuliers ! La plupart ont constitué pour l'occasion des Clubs d'investisseurs pour une gestion alternative et locale de l'épargne solidaire (Cigales). Une cinquantaine au total, et certains ont même pris corps au sein de l'industrie éolienne. \n\nÀ mesure que se présentent les obstacles, Éoliennes en pays de Vilaine innove. À deux reprises, le contrat noué avec des développeurs[[Sociétés chargées de monter les projets éoliens (permis de construire, autorisations, etc.)]] capote. L'un d'eux, trop gourmand, veut la majorité dans le capital du parc. « Aux antipodes de notre philosophie ! Ce sont des citoyens locaux qui doivent détenir la majorité », explique Michel Leclercq. \n\nAlors, EPV fonde sa propre société de développement, Site, à Watts. Elle a monté le projet de Béganne, sur des terrains agricoles pour éviter toute nuisance aux riverains. Et il n'est pas seul : un autre est en préparation à Séverac-Guenrouët (Loire-Atlantique). « Notre savoir-faire draine des sollicitations, y compris de la part de projets classiques », expose Pierre Jourdain, directeur. Animation de réunions publiques, désamorçage des conflits d'intérêts, élaboration participative, montages coopératifs, répartition équitable des futurs bénéfices…, toute une expérience en ingénierie sociale qui prend de la valeur : « Les riverains exigent de plus en plus d'être partie prenante. Certains développeurs sont perplexes devant leur résistance alors qu'ils n'ouvrent, grands seigneurs, que 5 % du capital de leur parc aux particuliers, à souscrire en un mois seulement… », relate Michel Leclercq.\n\nLe parc citoyen de Béganne, pionnier en France par sa taille, devrait donc susciter des émules [[Il existe, depuis septembre 2011, un fonds d'investissement dédié au financement de tels projets : Énergie partagée, qui vise la collecte de 3 millions d'euros pour sa première année. Voir www.energie-partagee.org]]. Ils disposeront aussi de sa charte éthique : une finalité non spéculative, une rémunération limitée des parts de capital, la promotion d'un modèle éthique et écologique pour l'énergie (juste prix, transparence, sobriété d'abord...) ainsi qu'une gouvernance démocratique."}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/xavier-lamblin/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/xavier-lamblin/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Xavier Lamblin","datePublished":"2006-12-01T00:00:00+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/xavier-lamblin/"},"wordCount":497,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"inLanguage":"fr-FR","description":"Le dernier éditorial de Xavier Lamblin, président du CCFD de 2000 à 2005, décédé le 23 novembre dernier.\n\n\n\n\n\nL'aventure du CCFD continue\n\nDécembre 2005 \n\nLe 1er janvier 2000, je prenais les fonctions de président du Ccfd. Je retiendrai d’abord de ces six années tous les contacts que j’ai pu avoir avec le réseau au cours des nombreuses rencontres de comités diocésains, de bureaux en régions, des différentes instances nationales et de bien d’autres interventions, mais aussi avec les partenaires en les accueillant ou en étant leur hôte, avec les salariés. Chacune de ces rencontres aura été pour moi source d’étonnement et d’admiration devant l’engagement de tous pour un monde plus juste où chacun peut vivre dignement.\n\nJ’ai tenté aussi d’être « l’ambassadeur » du Ccfd et des causes que nous soutenons. Peu préparé à ces contacts de haut niveau, ce fut toujours la conviction de la justesse de nos combats et la compétence avec laquelle chacun s’y engage qui m’ont donné la légitimité et la capacité de m’y exprimer.\n\nJe n’oublierai pas bien sûr les donateurs particulièrement fidèles qui, par leur générosité, nous donnent les moyens de nos projets. Beaucoup d’entre eux accompagnent leur geste d’un mot d’encouragement à poursuivre nos efforts. Que tous soient ici remerciés.\n\nSixième président, je passe le relais. C’est aussi une grande richesse que de pouvoir ainsi permettre à des générations successives de continuer l’aventure. Le Ccfd continue sa route. Et quel chemin parcouru depuis 1961 à la suite de l’enthousiasme de ses fondateurs !\n\nDurant ces six années, nous avons été guidés par un rapport d’orientation, Partenaires pour un monde plus juste, qui nous confie pour missions essentielles de soutenir nos partenaires et de sensibiliser l’opinion sur tout ce qui est à l’origine des pauvretés dans le monde.\n\nC’est sur ces objectifs que nous avons inscrit nos différentes campagnes sur la remise de la dette, le financement du développement, la paix, la solidarité avec les migrants, la souveraineté alimentaire ainsi que bien d’autres engagements qui sont à chaque fois des occasions de découverte de ce que vivent nos partenaires et de réflexions sur les liens avec ce que nous vivons ici.\n\nAgronome de formation, le thème de la souveraineté alimentaire m’a particulièrement touché. Ce fut pour moi l’occasion de tisser des liens avec tous ceux que j’avais rencontrés au Tchad, au cours de ma vie professionnelle.\nPlus globalement, comme chrétien, je remercie le Ccfd de m’avoir donné la chance de pouvoir mettre en œuvre ce que j’avais entendu du concile Vatican II de « chercher partout et en tout la justice du Royaume de Dieu ». J’espère y avoir contribué...\n\n \nXavier Lamblin est décédé le 23 novembre 2006."}
{"@context":"https://schema.org","@type":"WebPage","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/xavier-lamblin/","url":"https://ccfd-terresolidaire.org/xavier-lamblin/","name":"Xavier Lamblin - CCFD-Terre Solidaire","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#website"},"datePublished":"2006-12-01T00:00:00+00:00","description":"Le dernier éditorial de Xavier Lamblin, président du CCFD de 2000 à 2005, décédé le 23 novembre dernier. L'aventure du CCFD continue Décembre 2005 Le 1er","inLanguage":"fr-FR"}
{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/pillage-des-ressources-dans-les-pays-du-sud/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/pillage-des-ressources-dans-les-pays-du-sud/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Pillage des ressources dans les pays du Sud","datePublished":"2012-09-18T14:15:00+00:00","dateModified":"2021-12-08T11:34:37+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/pillage-des-ressources-dans-les-pays-du-sud/"},"wordCount":613,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Communiqués de presse","Fraude fiscale","Justice économique"],"inLanguage":"fr-FR","description":"Les eurodéputés demandent aux États membres de revoir leur copie.\nUn nouveau pas vient d’être franchi vers l’adoption d’une loi européenne visant à lutter contre l’opacité au sein des industries extractives, ainsi que d’autres secteurs économiques en proie à la corruption et à l’évasion fiscale.\n\n\n\nLe 18 septembre, les eurodéputés de la commission des Affaires juridiques ont voté pour l’introduction d’obligations de transparence de la part des multinationales européennes et de celles cotées dans l’Union européenne (UE).\n\nInitialement émise par la Commission européenne il y a près d’un an, cette proposition vise à faire la lumière sur les revenus générés par l’exploitation des ressources naturelles. Selon le Parlement européen, cette loi devrait imposer notamment aux entreprises extractives (gaz, mine, pétrole) et forestières de publier leurs paiements aux gouvernements des pays dans lesquels elles opèrent. Elle permettrait à près de 1,5 milliards de personnes vivant dans l’extrême pauvreté dans les pays riches en ressources naturelles de demander des comptes à leur gouvernement.\n\nLes eurodéputés de la commission des affaires juridiques envoient ainsi un signal fort aux États membres. Un accord entre le Conseil européen et le Parlement est nécessaire pour l’adoption définitive de la loi. En imposant la publication des paiements liés à chaque projet d’extraction dès lorsqu’ils sont supérieurs à 80 000 Euros et en excluant toute possibilité d’exemption, les eurodéputés s’inscrivent dans la lignée de la loi Dodd-Frank en vigueur aux États-Unis depuis une semaine. « Des États-Unis à l’Union européenne, les lois de transparence font tâche d’huile et sont en passe d’imposer un standard international unifié auquel, où qu’elles soient, les entreprises ne pourront bientôt plus échapper, sans qu’un retour un arrière soit possible » indique Luc Lamprière d’Oxfam France.\n\nCe vote élargit l’obligation de publication pays par pays au-delà du secteur extractif. « Aujourd’hui les eurodéputés ont démontré leur prise de conscience de l’ampleur du problème : en appliquant l’exigence de transparence non seulement au secteur extractif, mais aussi à d’autres secteurs particulièrement opaques tels que la banque, la construction et les télécommunications. Seul bémol, le rejet d’un amendement obligeant la publication de données complémentaires qui auraient permis de mieux détecter les stratégies d’évitement fiscal», explique Mathilde Dupré du CCFD-Terre Solidaire.\n\nPour le Parlement européen, il s’agit maintenant de faire valoir sa position dans les négociations du texte final avec le Conseil. Pour Friederike Röder de ONE France, « le message du Parlement aux Etats est clair : « revoyez votre copie ! ». Ce nouveau contexte doit faire réagir les États membres de l’UE, nettement moins ambitieux. »\n\nPour Grégoire Niaudet, du Secours Catholique et coordinateur de Publiez Ce Que Vous Payez - France, «l’entrée en vigueur de la loi américaine et le vote du Parlement européen changent la donne. La France doit maintenant peser de tout son poids pour que cette version améliorée du texte soit adoptée par l’ensemble des États membres au sein du Conseil européen. François Hollande avait pris cet engagement pendant la campagne et c’est maintenant qu’il doit le mettre en œuvre.»\n\nLa fenêtre d’opportunité est courte : Commission, Parlement et États membres devront parvenir à un accord avant janvier 2013 pour que le texte ait une chance d’être adopté en première lecture."}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/une-bataille-observee-avec-attention-par-les-partenaires-du-ccfd-terre-solidaire/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/une-bataille-observee-avec-attention-par-les-partenaires-du-ccfd-terre-solidaire/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Une « bataille » observée avec attention par les partenaires du CCFD-Terre Solidaire.","datePublished":"2011-05-26T00:00:00+00:00","dateModified":"2024-12-10T13:16:09+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/une-bataille-observee-avec-attention-par-les-partenaires-du-ccfd-terre-solidaire/"},"wordCount":599,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Amérique Latine / Caraïbes"],"articleSection":["Article"],"inLanguage":"fr-FR","description":"Paris, le 26 mai 2011\n\nA quelques jours du second tour, Ollanta Humala et Keiko Fujimori, les deux candidats à l'élection présidentielle péruvienne sont au coude à coude dans les sondages. Une « bataille » observée avec attention  par les partenaires du CCFD-Terre Solidaire.\n\nLe second tour des élections présidentielles aura lieu le 5 juin au Pérou. Les électeurs vont devoir choisir entre Ollanta Humala, candidat de « Gana Peru » (« Le Pérou qui gagne »), parti nationaliste de gauche, et Keiko Fujimori, fille de l'ancien dictateur Alberto Fujimori, représentante de « Fuerza 2011 », incarnant la droite radicale. Ce résultat sonne comme un camouflet pour les candidats de la classe politique traditionnelle, en particulier pour Alan Garcia, le président sortant. Ce dernier est en effet accusé de laisser derrière lui une situation économique et sociale désastreuse. Et ce, alors même que le Pérou possède le plus fort taux de croissance du continent (8,78% en 2010).\n\n« La situation du pays est inquiétante, confirme Irma Marinho, directrice de l'école de formation de leaders communautaires de l'Institut Bartolomei de las Casas, un partenaire du CCFD-Terre Solidaire. Plus d'un tiers de la population (34%) vit aujourd'hui dans la pauvreté ou l'extrême pauvreté. La Santé et l'Education sont exsangues et la corruption est toujours très importante. Le niveau de vie des paysans s'est également considérablement dégradé. Quant aux indigènes, leur territoire et leur existence sont menacées chaque jour davantage par l'exploitation minière, qui représente aujourd'hui 60% des exportations.» \n\nC'est sur ces thèmes, notamment, que s'opposent aujourd'hui les deux candidats dans une campagne où les coups bas pleuvent. Avec, à la clé, deux philosophies politiques différentes : omniprésence de l'Etat dans le cas d'Ollanta Humala, néolibéralisme mâtiné d'assistanat et de clientélisme pour Keiko Fujimori. Mais un point commun : l'héritage peu démocratique des deux prétendants à la fonction suprême. « Le passé d'Ollanta est marqué par sa carrière militaire et sa participation à une tentative de coup d'Etat, asure Irma marinho. Keiko Fujimori doit composer avec les « erreurs » de son père qu'elle condamne officiellement, même si elle compte aujourd'hui dans son équipe quelques-uns des personnages clés qui travaillaient avec lui. »\n\nEn attendant, les partenaires du CCFD-terre Solidaire restent mobilisés. Latindadd, par exemple, doit publier dans les semaines à venir un rapport sur le thème de la corruption et les propositions des deux candidats en matière de politique fiscale sont également étudiées. En ce qui concerne l'activité minière, la prudence est de mise quant à d'éventuels changements. « Les engagements du pays pris par le gouvernement d'Alan Garcia avec des entreprises étrangères devraient être respectés, assure Victor Manuel Gamonal, de Cooperaccion, spécialiste dans l'analyse des activités minières. La question se pose davantage pour les investissements suivants et sur la capacité du Pérou à conserver le contrôle de ses ressources naturelles. »\n\nSocial, économie, politique énergétique, droits de l'homme... Si de nombreuses interrogations demeurent quant aux intentions des deux candidats, Umberto Ortiz, directeur de la Conférence Episcopale d'Action Sociale (CEAS) est au moins sûr d'une chose : « quel que soit le résultat du second tour des élections présidentielles, les cinq années à venir vont constituer un défi pour la société civile péruvienne.»\n\nJean-Claude Gérez, journaliste"}
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Massée dans une salle du complexe socioculturel de Saladas, une vingtaine d'hommes et de femmes représentent des milliers de petits agriculteurs d'une région menacée et fragilisée par la culture intensive de soja transgénique. Au programme, échanges d'expériences, débats thématiques, exercices de groupe et interventions de spécialistes. Cet après-midi, Carlos Chiarulli, animateur du Réseau Agro forestier Chaco Argentine (REDAF), est venu présenter une cartographie du monde rural argentin. « Le modèle exportateur agricole, implanté dans les années 1990 en Argentine a provoqué la disparition de plus de 150 000 unités productives, explique t-il. Ce modèle est basé sur la concentration de la terre. Tant qu'il n'existera pas de politiques pour corriger ce problème de fond, il n'y aura pas de changements, ni d'améliorations pour les familles rurales. » \n\n« Nous organisons régulièrement ce type de réunions à travers tout le pays, explique Luis Nocenti, responsable de la communication au sein d'INCUPO. Suivant les réalités économiques et sociales locales, nous abordons des thèmes différents. Mais avec toujours la même philosophie : contribuer à un développement rural durable » Et ce, même si le contexte politique n'a semble t-il jamais été aussi favorable aux revendications des mouvements sociaux dans ce pays, déclaré en faillite en 2001. Car le 23 octobre dernier, en réélisant massivement Cristina Fernandez Kirchner à la tête du pays, les argentins ont approuvé une politique sociale et économique marquée par la création de près de 5 millions d'emplois et l'adoption de réformes sociales importantes (retraites, allocations familiales, etc...)... « S'il existe aujourd'hui une répartition plus égalitaire des richesses, le modèle économique de fond, basé sur les monocultures d'exportation n'a pas changé, martèle Carlos Chiarulli. Il est donc important de continuer à développer l'Education populaire et à former des leaders pour qu'ils puissent sensibiliser leurs communautés et tenter d'influer sur les politiques publiques. »\n\nDe la protestation à la proposition\n\nC'est cette mission également que s'est fixée le Centro Nueva Tierra, un autre partenaire argentin du CCFD-Terre Solidaire, à travers les « Ecoles de Citoyenneté ». « Nous avons créées ces structures après la crise de 2001, explique Nestor Borri l'un des responsables du centro Nueva Tierra. A cette époque, les argentins rejetaient en bloc la politique et criaient : Qu'ils s'en aillent tous ! ». Les Ecoles de Citoyenneté se sont alors attachées à « activer le potentiel de millions d'argentins à exercer leurs capacités de participation politique. » En s'appuyant notamment sur la grande solidarité qui a uni les argentins dans ces moments difficiles. Avec une idée force : « transformer cette solidarité en initiatives citoyennes, explique Fabian Roja, animateur au sein de l'Ecole de Citoyenneté, créée en 2006 à Resistencia, également dans la province du Chaco. Et faire en sorte que, dix ans après la crise, nos interlocuteurs passent de la protestation à la proposition. »\n\nL'exercice pourrait sembler quelque peu obsolète dans une Argentine qui a recommencé à croire et participer à la politique. « Au contraire ! assure Jorge Jorge Luis Migueles, l'un des responsables de l'Ecole de Citoyenneté de Resistencia. Plus que jamais les citoyens doivent s'impliquer dans la politique du pays ! » Un exemple ? Le thème de « l'industrialisation de la ruralité », annoncé par la présidente. Autrement dit, comment transformer sur place les matières premières agricoles pour en tirer plus de richesses. « Il faut que tout le monde s'interroge sur les conséquences possibles d'un tel projet pour les populations rurales, assure Jorge. En se demandant, par exemple, quel doit être le rôle des organisations représentatives de l'agriculture familiale. Ces questions, sur ce thème, comme sur de nombreux autres, doivent être au centre de notre mission d'Education Populaire. C'est ainsi que la construction de la démocratie va se poursuivre en Argentine. »\n\nPropos recueillis par Jean-Claude Gérez"}
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L'occasion pour les participants d'analyser les relations, souvent complexes, entre les jeunes et les États, et mettre en lumière les pratiques locales et régionales.\n\n\n\nLancé en 2003, le Programme Mercosur Social et Solidaire (PMSS) est une plateforme d'organisations de la société civile regroupant 16 organisations sociales d'Argentine, Brésil, Chili, Paraguay et Uruguay. \n\nSon objectif est de promouvoir des démocraties plus inclusives dans ces pays marqués par l’héritage récent des dictatures. Or l’établissement de réelles démocraties passe par la défense des droits non seulement politiques, mais aussi économiques, sociaux et culturels de tous les citoyens.\n\nLe programme a donc réalisé un double pari : d’une part renforcer l’action sur le terrain de plus de 150 organisations sociales engagées auprès des secteurs les plus exclus de la population ; d’autre part s’articuler au niveau régional pour promouvoir des politiques publiques ambitieuses autour de quatre grandes thématiques : droit des femmes, économie sociale et solidaire, jeunesses et souveraineté alimentaire. Il s'agit donc de \"penser régional, agir local\", mais aussi de \"penser local, agir régional\".\n\n« Dans le cadre de l'Axe Jeunesse du PMSS, nous créons et exécutons des programmes d'intégration sociale, explique Nicolas Vargas, Responsable du secteur Jeunesse au sein de l'Association Œcuménique de Cuyo, à Mendoza, un partenaire argentin du CCFD-Terre Solidaire, et il est le coordinateur régional « Jeunesse » au sein du PMSS. Nous participons aussi activement à la communication et au travail de plaidoyer, à la formation, à l'articulation et à la formulation de propositions, en partenariat avec des groupes de jeunes et des organisations de jeunesse de la région Mercosur. » L'ambition est de donner aux jeunes la possibilité d'être des acteurs à part entière au sein du Mercosur.\n\n\nUn regard sur les pratiques locales et régionales\n\n« Une des autres missions importantes est de renforcer les capacités d'organisation et de propositions des groupes et organisations de jeunes dans l'exercice actif de la citoyenneté, complète Daniel Sierra, qui travaille également sur la thématique « jeunesse » au sein de Éducation et Communications (ECO), un autre partenaire du CCFD-Terre Solidaire, au Chili. Nous voulons promouvoir nos capacités à peser sur le processus d'intégration régionale, et notamment d'intégrer les demandes dans les agendas des gouvernements régionaux, nationaux et locaux. » \n\nCette seconde rencontre régionale a donc permis aux 14 organisations dont 6 partenaires du CCFD-Terre Solidaire [[organisations présentes : Service pour le Développement des jeunes (SEDEJ) et Éducation et Communications (ECO) (Chili); Association Œcuménique de Cuyo (FEC), Centro Nueva Tierra et Association CANOA (Argentine ); Centre de Participation Populaire (CCP) (Uruguay); Centre d'Action Culturelle (CENTRAC) (Brésil)]] de porter un regard sur leurs pratiques locales et régionales respectives. Les débats ont évoqué les relations des organisations sociales représentatives de la jeunesse avec l'État. Autres points soulevés, l'importance de l'Éducation Populaire pour sensibiliser les jeunes sur leurs droits à revendiquer des politiques publiques répondant à leurs souhaits et besoins, la nécessité d'occuper l'espace public, ou encore la reconnaissance de l'art et de la culture comme des modes d'expression et de revendication à part entière. Les participants ont réaffirmé l'importance de construire des actions et des politiques en commun, même s'il existe parfois des spécificités d'un pays à l'autre. \n\n\nCampagne de communication régionale\n\nLe meilleur exemple est sans doute le thème de la répression des jeunes. Si l'ensemble des participants ont témoigné de la violence dont sont victimes les jeunes, Ana Patricia Sampaio, responsable du Centre d'Action Culturelle (CENTRAC), une organisation du nord-est du Brésil, partenaire du CCFD-terre Solidaire, a rappelé une réalité spécifique au géant sud-américain. « Le Brésil détient le record d'homicides avec plus de 56 000 jeunes de 15 à 29 ans tués en 2012, a-t-elle souligné. Et 77 % d'entre eux étaient de jeunes noirs. » \n\nAu-delà des réalités propres à chaque pays, les représentants des différentes organisations présentes à Santiago ont rappelé l'importance de s'unir pour réclamer la mise en place de politiques publiques qui « incluent et reconnaissent la vision, la perspective et la diversité des jeunesses des pays du Mercosur. » Une unité et une diversité qui ont d'ailleurs pu s'exprimer à travers « Te toca, nos toca » (« Ça te touche, ça nous touche »), une campagne régionale lancée en 2013. L’Objectif est d’interpeller les états et leur demander d'inclure les organisations travaillant avec la jeunesse dans la conception et l'élaboration des politiques publiques. Les protagonistes de cette campagne ont souligné qu'elle avait contribué à gagner une crédibilité supplémentaire auprès des gouvernements des pays du Mercosur.\n\nJean-Claude Gerez"}
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Laurent Gbagbo et ses partisans ont tenté – sans succès – d’utiliser les clivages religieux entre chrétiens et musulmans pour se maintenir au pouvoir. Analyse de l’imam Youssouf Konaté, membre du Conseil supérieur des imams de Côte d’Ivoire (Cosim).\n\n\n\nFDM : Les musulmans de Côte d’Ivoire et leurs dignitaires religieux ont-ils eu le sentiment que les affrontements pouvaient gagner le terrain religieux et qu’ont-ils fait pour éviter de tels dérapages ?\n\nImam Youssouf Konaté : Très tôt en effet, nous avons perçu les signes avant-coureurs de la grave crise qui a secoué le pays ces dix dernières années. Pour cette raison, nous avons organisé avec persévérance des séminaires de formation et de sensibilisation des imams, des leaders des communautés et associations musulmanes du pays. Concrètement, il s’agissait de prévenir les conflits et d’identifier les moyens de préserver la paix sociale, malgré la partition de fait du pays entre Nord et Sud, depuis septembre 2002.\n\nLe message principal délivré comme un leitmotiv lors de ces réunions était que le conflit ivoirien était de nature politique et non religieuse. Il s’agit d’une lutte pour le pouvoir qui n’a rien à voir avec les croyances des uns et des autres. Ce message a été réitéré à de nombreuses reprises par notre Guide spirituel, Cheick Bouakary Fofana, président du Conseil supérieur des imams (Cosim). Notre Guide nous incitait à nous abstenir de riposter, quelles que soient les attaques dont la communauté musulmane pouvait être victime, ce que nous avons scrupuleusement respecté tout au long du conflit. Et ce, bien que plusieurs mosquées aient été incendiées et plusieurs imams tués, à Abidjan ou Duékoué dans l’Ouest. La communauté musulmane dans son ensemble est restée digne dans la douleur. C’était un signal fort adressé à tous les Ivoiriens et je crois qu’il a été perçu comme tel.\n\nÀ l’heure des bilans, pourriez-vous nous dire, de votre point de vue, quels ont été les principaux succès du dialogue interreligieux, ou les obstacles rencontrés ?\n\nOutre le principal succès – aucun dérapage majeur de la crise sur le terrain religieux – je mentionnerai au titre des avancées notables, le fait que, désormais, les leaders religieux des différentes confessions se rencontrent régulièrement et se fréquentent. Les murs de méfiance, si tant est qu’ils aient existé, sont tombés. Le dialogue avec les prêtres catholiques a été possible partout dans le pays et a même débouché en plusieurs endroits sur des célébrations œcuméniques, à Korhogo par exemple (voir encadré ci-contre). Ce fut aussi le cas avec quelques Églises évangéliques, comme dans le quartier d’Abobo à Abidjan avec le pasteur Kaha. Bien sûr, ces avancées ont été surtout sensibles jusqu’au scrutin présidentiel de novembre 2010. Ensuite, entre décembre 2010 et avril 2011, l’insécurité était telle et les affrontements armés si violents – provoquant la mort d’au moins 3 000 personnes – que la plupart des Ivoiriens se sont repliés sur leur communauté. Que pouvaient-ils faire d’autre ?\n\nDe nouveaux affrontements interethniques se sont déroulés à Duékoué en juillet 2012, êtes-vous inquiet ? Oui, il est triste de constater que certaines personnes, très minoritaires, ne pensent qu’à ranimer la flamme de la haine entre ethnies.\n\nMalgré tout, j’ai le sentiment que le vivre ensemble progresse. Espérons que ces quelques irréductibles comprendront un jour qu’il n’y a pas d’autre voie. Inch’Allah !\n\nLe « vivre ensemble » progresse peut-être, mais la Commission dialogue vérité et réconciliation (CDVR) mise en place par le président Alassane Ouattara est critiquée pour son inaction...\n\nEffectivement, la CDVR est l’objet de nombreuses critiques. Sa lenteur déconcerte de nombreux Ivoiriens. Est-elle pour autant totalement inefficace ? Laissons-lui encore le bénéfice du doute, chacun ayant sa manière de travailler. La CDVR a été mise en place fin juillet 2011 et dispose d’un mandat de deux ans.\n\nEst-ce à dire que la réconciliation entre Ivoiriens – qu’ils soient Dioulas, Bétés ou Baoulés ; chrétiens ou musulmans – est en bonne voie ?\n\nJe le crois. La société civile, qui a relevé la tête, est très active en ce sens. J’ai été, jusque début 2012, le président de la Commission culture et cohésion nationale de la convention de la société civile ivoirienne (CSCI) et je peux témoigner que toutes ses composantes se sont prononcées en faveur de l’apaisement des tensions ethniques et religieuses et ont agi en faveur du dialogue interreligieux, facteur de paix.\n\nJe constate aussi, avec plaisir, que les leaders politiques reprennent parfois à leur compte cette volonté de dialogue. Ainsi, Guillaume Soro, après avoir été nommé une première fois Premier ministre en avril 2007, a-t-il mis en place un collectif des chefs religieux.\n\nDes séances de prières ont alors été organisées avec la participation de toutes les confessions religieuses. Tout récemment, la nouvelle directrice des Cultes, Madame Diaby Aminata Dao, a pris une initiative comparable et mis en place un comité d’agrément des différents cultes. En pratique, les chefs religieux de toutes les confessions se rencontrent désormais tous les mercredis. Le dialogue se poursuit donc, il s’intensifie même. De quoi réjouir l’ambassadeur de paix que je suis."}
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Leur point commun : des structures créées par des femmes pour des femmes. Interview de Channsitha Mark, directrice de WIC (Workers Information Center), qui accompagne des ouvrières du textile.\n\nFaim et Développement : Pourquoi cette coalition de femmes ?\nChannsitha Mark : Personne ne connaît mieux les besoins spécifiques des femmes que les femmes elles-mêmes. Par ailleurs, en tant que filles, sœurs, mères ou grands-mères, elles contribuent de manière holistique aux besoins de la famille, que ce soit sur le plan financier, éducatif, des soins, etc. Soutenir les femmes bénéficie donc aussi à toutes les personnes dont elles ont la charge. Faire l’impasse sur leur leadership ne peut qu’aboutir à un développement partiel.\n\nÀ travers United Sisterhood, nous touchons des milliers d’agricultrices, d’ouvrières du textile et de travailleuses du sexe. Grâce à nos échanges, à nos analyses croisées des situations et à l’élaboration d’actions communes, nous nous renforçons mutuellement. Le but de notre coalition est de favoriser l’accès de toutes aux services de base, d’accroître significativement leur participation dans les instances qui conçoivent et mettent en œuvre les politiques publiques et enfin de travailler\nen direction de l’opinion de manière à atteindre une masse critique porteuse de changements sociaux et politiques.\nQuels sont les obstacles spécifiquement cambodgiens à l’autonomisation des femmes ?\nDans la société cambodgienne, nous sommes éduquées à nous comporter en «bonnes» filles et femmes, ce qui signifie rester tranquille et ne pas résister, se marier, endosser la responsabilité de la famille en prenant soins de notre époux et de nos enfants. Ces injonctions conduisent à l’exploitation physique, psychologique, sexuelle et financière des femmes. Le Chbab Srey, un code de conduite morale véhiculé par la famille et la société, influence encore fortement le statut des femmes  [[Ce code de conduite est un recueil traditionnel khmer de poèmes en\nprose.]].\nLa soumission y est assimilée à une sorte de cocon dont il serait dangereux de sortir, alors même qu’elle contribue à faire vivre dans la peur. Notre grand défi consiste donc à permettre aux femmes de se poser la question : « Qui suis-je ?» en tant que personne singulière et non en tant que personne devant répondre à des attendus sociaux. Cette prise de conscience est nécessaire pour qu’une femme soit déterminée à lutter pour se libérer.\nQui sont ces ouvrières du textile avec lesquelles vous travaillez ?\nL’industrie du vêtement contribue de manière significative à l’économie nationale. On compte environ 800 usines de confection au Cambodge, qui emploient autour de 700 000 personnes. Ce sont à 90 % des femmes. D’abord parce que la couture et le tricot sont considérés comme des activités féminines mais aussi parce que les femmes doivent subvenir aux besoins de leur famille. La plupart sont des jeunes issues de zone rurale. Sous-payées, sous-alimentées, elles louent des chambres malsaines et exiguës, sans eau potable, qu’elles partagent à plusieurs, dans des endroits dangereux, propices aux harcèlements et aux vols.\n\nJusqu’au début des années 2000, l’industrie du vête ment employait environ 30 % d’hommes. Mais parce qu’ils sont réputés plus contestataires – ce sont eux les meneurs des grèves et manifestations – les investisseurs et superviseurs chinois, aujourd’hui majoritaires dans le secteur, préfèrent  embaucher des femmes plus dociles et à moindre coût.\nComment travaillez-vous à leur émancipation ?\nNotre approche consiste à leur faire réaliser ce que sont les droits humains et que ces droits sont aussi ceux des femmes : le droit d’accéder aux services sociaux de base, de vivre dans la dignité et la sécurité, d’être libre de ses mouvements, le droit à l’égalité dont l’égalité professionnelle, etc.\n\nNous encourageons ces femmes, élevées dans la conviction que leur destin est d’être faibles, non éduquées, pauvres et sous contrôle, à identifier les problèmes qui leur sont propres et à en parler. Elles peuvent alors s’exprimer d’une voix collective, accroître leur participation et leur pouvoir décisionnel. Pour favoriser échanges et constitution de réseaux, WIC met à leur disposition des « Drop In Centers », des lieux sûrs et accessibles, qui sont aussi des centres de formation et d’information [[WIC anime six « Drop In Centers » dans les environs de Pnomh Penh, ce qui lui permet de toucher les ouvrières de quarante-cinq usines.]]\nQuelles relations WIC et United Sisterhood entretiennent-elles avec les syndicats ?\nLes syndicats fonctionnent mal si leurs membres sont faibles. Notre approche d’autonomisation et de renforcement des capacités des travailleuses contribue donc de manière significative à leur pouvoir. Mais notre objectif est aussi de former les personnes à une meilleure compréhension des règles d’une gouvernance démocratique. Nous les encourageons à demander des comptes si elles constatent le non-respect de ces règles. Certaines s’y efforcent quand elles estiment que les dirigeants syndicaux manquent de transparence ou privilégient les intérêts de certains au détriment de l’ensemble des travailleurs...\n\nDe ce fait, les syndicats ont souvent le sentiment que nous contestons leur leadership. C’est faux. Il leur faudrait plutôt admettre que, souvent, ils exercent davantage leur pouvoir sur leurs membres, en particulier sur les femmes, qu’ils ne cherchent à ouvrir de réels espaces de participation et de concertation.\nQue pensez-vous de la revendication actuelle des syndicats cambodgiens en matière de salaire minimum ?\nActuellement, le salaire minimum pour les ouvriers du textile est de 140 dollars. Ils demandent 160 dollars, mais les travailleurs vivraient-ils pour autant dans la dignité ? Chaque fois que les salaires augmentent, le coût de la vie augmente également. Du loyer des chambres à la satisfaction des besoins les plus élémentaires... Toute augmentation de salaire s’est révélée aller de pair avec une dégradation des conditions de travail : réduction de personnel, accroissement des cadences, multiplication des contrats à durée déterminée, donc précarité accrue des ouvriers qui sont prêts à accepter le pire pour assurer le renouvellement de leur contrat...\n\nDe ce fait, United Sisterhood et WIC considèrent cette campagne pour la revalorisation du salaire minimum comme une opportunité pour dénoncer les conditions de vie des ouvriers du textile, en particulier celles des ouvrières.\nQu’attendez-vous de la campagne internationale Clean Clothes Campaign] (campagne vêtements propres) à laquelle vous participez ?\nTravailler pour la justice sociale demande à la fois d’impulser des prises de conscience et mais aussi de mener des actions aux niveaux national, régional et international, donc de construire des réseaux à ces différents niveaux. Les injustices perpétrées au Cambodge sont liées aux commerce et investissements internationaux. \nVoir le site de la  Clean Clothes Campaign.\nC’est aussi au niveau international que se trouvent les consommateurs. C’est donc tout à fait pertinent pour United Sisterhood et WIC d’exposer les «dessous » des beaux vêtements et chaussures que portent les consommateurs, et les conditions de vie et les logiques d’exploitation des ouvrières qui les leur confectionnent. L’enjeu est d’inciter ces consommateurs à se demander comment ils pourraient exiger des marques et des entreprises qu’elles prennent leurs responsabilités, et respectent les droits humains et le droit du travail.\n\nPour en savoir plus : En France la Clean Clothes Campaign est relayée par le collectif Ethique sur l'étiquette."}
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C’est pour tenter de répondre à cette question que treize jeunes des régions Bourgogne-Franche-Comté et Alsace-Lorraine ont entrepris, fin juillet 2018, un voyage dans les Balkans, à la rencontre des partenaires du CCFD-Terre Solidaire.\n\n\n\n« Nous, on connaît votre histoire, avait lancé une partenaire du CCFD-Terre Solidaire de Bosnie-Herzégovine, venue en France durant l’été 2017[[Dans le cadre des Vacances engagées, organisées par le CCFD-Terre Solidaire.]]. Mais vous, vous ne connaissez rien de l’Europe de l’Est ! » La phrase percutante a fait son chemin. Mathieu Salvi, salarié du CCFD-Terre Solidaire, explique : \n\nDans la perspective de participer au Festival pour la paix de Besançon, nous avons donc décidé de nous rendre dans les Balkans pour tenter de comprendre ce que représentait la paix pour ces populations »\n\nUn an plus tard, après plusieurs week-ends de préparation, sept femmes et six hommes, âgés de 19 à 35 ans, quittent Besançon le 21 juillet à bord de deux vans : direction Sarajevo, capitale de la Bosnie. La première étape de ce \"road trip\" amène le groupe sur les hauteurs de la ville. « Nous avons rencontré des membres d’Alterural, une association partenaire du CCFD-Terre Solidaire dont l’objectif est de redynamiser l’économie locale à travers le tourisme rural, précise Alexis, 28 ans, qui envisage de se lancer dans la permaculture. Lors d’une randonnée équestre, le groupe découvre un cadre verdoyant et paisible... mais cela n’a pas toujours été le cas. Mathieu Salvi raconte :\n\n\nLes lieux où nous nous sommes promenés sont ceux où était regroupée l’armée serbe lorsqu’elle a assiégé la ville pendant 1 395 jours [d’avril 1992 à décembre 1995]\n\n\nA lire : En Bosnie, le tourisme responsable fait naître des espoirs\n\nDans la foulée, les jeunes rencontrent à Sarajevo Youth Initiative for Human Rights-Bosnia (YIHR BiH) [[L’objectif principal de l’association YIHR est de décloisonner la société en s’extrayant des appartenances « ethniques » fortement entretenues\ndepuis la fin de la guerre, et de construire une mémoire collective des conflits qui ne soit pas partiale.]], une association partenaire présente dans tous les Balkans. Son objectif ? « Organiser des rencontres entre des jeunes des différentes  communautés pour qu’ils apprennent à se connaître », résume Juliane, 25 ans, qui travaille dans l’économie sociale. L’occasion de dépasser les clivages de pays marqués par des années de guerre. « C’est une mission difficile, souligne Joachim. Car s’il n’y a pas de tensions palpables, les communautés cohabitent mais ne se mélangent pas vraiment. »\n\n\nDépasser les clivages et apprendre à se reconnaître\n\nÀ Stolac, à 160 km au sud de Sarajevo, petite ville de moins de 15 000 habitants, le YIHR travaille avec un groupe d’habitants à dépasser ses tensions. Il a accompagné la création d’un orchestre rassemblant des musiciens serbes, croates, monténégrins et bosniaques. Cette initiative a pris de l’ampleur avec l’organisation d’un festival de musique interrégional. Un événement qui rapproche les peuples, mais auquel les autorités municipales nationalistes ont refusé d’accorder une subvention.\n\nUn rejet auquel s’est aussi heurté l’association Orhideja (« Orchidée ») de Stolac, partenaire du CCFD-Terre Solidaire, qui œuvre pour renforcer l’autonomie financière des femmes de différentes communautés, dans une région où les emplois sont rares. « Elles sont incitées à travers une coopérative, à transformer leurs fruits, légumes et fleurs en confitures, conserves et autres huiles essentielles », précise Anne-Cécile, salariée du CCFD-Terre Solidaire. Orhideja propose également un suivi psychologique pour les femmes victimes du conflit. \n\nAu terme de son voyage, le groupe a fait une dernière halte dans l'entité serbe de la Bosnie, à Banja Luka. Grâce au CZSS, l’équivalent local des Amis de la Terre, les jeunes ont découvert que l’environnement pouvait aussi être un vecteur de réconciliation entre les peuples. « À l’image de l’ensemble des Balkans, la région est menacée par des méga projets hydroélectriques, indique Alexis. Des petits agriculteurs, de différentes origines, s’y opposent ensemble pour défendre leur terre qui est leur bien commun. »\n\nUne mobilisation qui sonne comme un signe d’espoir, un sentiment que ne partagent pas forcément tous les jeunes rencontrés. « Plusieurs d’entre eux nous ont confié leur désir de quitter leur pays, faute de perspective d’avenir », assure Julianne.\n \nDe ce voyage aux Balkans, les treize jeunes sont rentrés avec au moins une certitude : \n\n\n« Vivre en paix commence par être en paix avec soi-même. »\n\n\nJean-Claude Gérez\n\n\n\nFaim et Développement est disponible sur abonnement payant. Nous vous avons offert cet article pour découvrir les contenus de notre magazine."}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/loi-sapin-2-sans-reporting-public-pas-de-transparence-de-la-vie-economique/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/loi-sapin-2-sans-reporting-public-pas-de-transparence-de-la-vie-economique/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Loi Sapin 2 : sans reporting public, pas de transparence de la vie économique","datePublished":"2016-05-24T14:10:09+00:00","dateModified":"2021-12-08T15:39:56+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/loi-sapin-2-sans-reporting-public-pas-de-transparence-de-la-vie-economique/"},"wordCount":623,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Communiqués de presse","Évasion fiscale","Paradis fiscaux"],"inLanguage":"fr-FR","description":"Le projet de loi relatif à la transparence, à la lutte contre la corruption et à la modernisation de la vie économique, ou « Loi Sapin 2 », est débattu cette semaine en Commission des lois à l'Assemblée nationale avant d'être examiné en plénière la semaine du 6 juin. Si cette loi vise à répondre à de nombreux enjeux, notamment en matière de lutte contre la corruption, de protection des lanceurs d'alerte et d'encadrement des lobbys[[Les organisations de la société civile Anticor, ATTAC, Bloom, CCFD-Terre Solidaire, Collectif Roosevelt, Justice et Paix, OCTFI, ONE, Oxfam France, Peuples Solidaires-ActionAid France, Réseau Foi et Justice Afrique Sherpa, Solidaires Finances Publiques et le Syndicat de la Magistrature ont publié le 30 mars 2016, une analyse conjointe et des recommandations, à lire ici : https://ccfd-terresolidaire.org/IMG/pdf/note-loi-transparence.pdf]], le CCFD-Terre solidaire, ONE, Oxfam France et Peuples solidaires-ActionAid France, rappellent aujourd'hui qu'elle peut également marquer un tournant dans la lutte contre l'évasion fiscale. Elles interpellent pour cela, les député-e-s siégeant dans ces commissions sur l'importance d'intégrer le reporting pays par pays public[[Lire le document « Lutte contre l'évasion fiscale : il est urgent d'agir en faveur de la transparence », publié par le CCFD-Terre solidaire, ONE France, Oxfam France, Peuples solidaires-ActionAid France, en partenariat avec la Plateforme Paradis Fiscaux et Judiciaires http://www.stopparadisfiscaux.fr/IMG/pdf/Note_Transparence_CBCR_Mai_2016.pdf]] dans cette loi.\n\n\n\nPour le CCFD-Terre Solidaire, ONE, Oxfam et Peuples solidaires-ActionAid France : « Les scandales d'évasion fiscale qui se succèdent révèlent que l'opacité des activités des multinationales doit être combattue avec davantage d'ambition. Si l'évasion fiscale coûte chaque année à la France, entre 40 et 60 milliards d'euros, les pays en développement en sont les premières victimes et perdent chaque année 180 milliards de dollars de recettes fiscales : il est temps de mettre fin à cette hémorragie financière. »\n\nAlors que les débats sur la loi Sapin 2 s'ouvrent en Commissions aujourd'hui, les ONG demandent aux député-e-s français-e-s de légiférer pour obliger les entreprises à rendre publiques des informations précises sur leurs activités (chiffres d'affaires, profits, impôts payés, etc.) dans tous les pays où elles sont présentes et opèrent, paradis fiscaux et pays en développement inclus. Ce reporting pays par pays public permettra de déceler les montages d'évasion fiscale et constitue une mesure essentielle pour mettre un terme à l'impunité fiscale des multinationales. \n\n « La transparence représente un enjeu important de la lutte contre l'évasion fiscale. Les député-e-s français-e-s doivent aujourd'hui saisir cette opportunité et placer la transparence fiscale au cœur des débats en inscrivant le reporting pays par pays public dans la loi en discussion. »\n\nLes ONG CCFD-Terre solidaire, ONE, Oxfam France et Peuples solidaires-ActionAid France, ainsi que les autres organisations de la Plateforme Paradis Fiscaux et Judiciaires se mobiliseront jusqu'au débat en plénière à l'Assemblée nationale.\n\nMOBILISATION - Les associations lancent également une mobilisation citoyenne pour demander la transparence fiscale http://transparencefiscale.org et demandent aux internautes d'interpeller via Twitter, les député-e-s, pour que ces derniers soutiennent ces mesures de lutte contre l'évasion fiscale dans le cadre de la loi Sapin 2.  Cette mobilisation peut être suivie sur Twitter et Facebook avec les hashtags #Transparence #Sapin2 et #ReportingPublic.\n\n\n\nContacts presse :\n\n- CCFD-Terre Solidaire : Karine Appy 06 66 12 33 02, k.appy@ccfd-terresolidaire.org\n\n- ONE : Annabel Hervieu 06 31 22 89 68\n\n- Oxfam France : Caroline Prak 06 31 25 94 74 cprak@oxfamfrance.org\n\n- Peuples Solidaires - Action Aid France : Katia Roux P6 72 32 18 24"}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/laccord-politique-de-lue-sur-les-minerais-du-conflit-tres-insuffisant/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/laccord-politique-de-lue-sur-les-minerais-du-conflit-tres-insuffisant/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"L&rsquo;accord politique de l&rsquo;UE sur les minerais du conflit très insuffisant","datePublished":"2016-06-17T11:20:54+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/laccord-politique-de-lue-sur-les-minerais-du-conflit-tres-insuffisant/"},"wordCount":1003,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Communiqués de presse","Régulation des multinationales","Responsabilité sociale des entreprises"],"inLanguage":"fr-FR","description":"Malgré sa rhétorique sur la responsabilisation des entreprises, l'Europe a accordé la priorité au profit, au détriment des personnes, ont déclaré des organisations de la société civile après l'adoption par les institutions de l'Union européenne (UE), le 15 juin 2016, d'une loi visant à encadrer le commerce européen des minerais issus de zones de conflit.\n\n\n\n\nL'extraction et le commerce des minerais sont liés à des conflits et à des atteintes aux droits humains partout dans le monde. L'UE est une destination majeure pour les minerais, importés en Europe sous forme brute et sous forme de composants de produits du quotidien – téléphones et ordinateurs portables, moteurs et bijoux notamment.\n\n\n Au terme de plusieurs mois de négociations,  les institutions de l'UE sont parvenues à un accord sur une loi visant à s'assurer que les minerais importés dans l'UE sont achetés de manière responsable et ne financent ni n'alimentent des conflits et des violations des droits humains. \nCet accord est un pas dans la bonne direction, mais la loi risque au final de ne pas atteindre, loin s'en faut, l'objectif fixé. \nLes législateurs européens ont cédé aux exigences des grandes entreprises, en excluant du champ d'application de la loi la grande majorité des compagnies européennes commercialisant les minerais.\n\n\n« La décision prise mercredi 15 juin ne s'applique absolument pas aux entreprises qui importent des produits contenant des minerais. C'est une initiative timorée de réglementation du commerce des minerais provenant de zones de conflit, qui contraindra les seules entreprises importatrices de minerais sous forme brute à effectuer des contrôles basiques, a déclaré Iverna McGowan, directrice du Bureau d'Amnesty International auprès des institutions européennes. L'UE est tenue par le droit international de protéger les droits humains, mais ne s'acquitte qu'à moitié de ses obligations. Les investisseurs et les consommateurs européens n'auront toujours pas la certitude que les entreprises avec lesquelles ils font affaire se comportent de manière responsable. Cette loi changera peu – trop peu – de choses. »\n\n\nEn acceptant de soustraire ces entreprises à la loi, l'UE mise sur l'espoir qu'elles choisiront de se procurer des minerais de manière responsable, sans être tenues de le faire.  \nCela a déjà été tenté, par la mise en place de normes non contraignantes. Elles n'ont que des effets restreints : trop rares sont les entreprises qui prennent des mesures pour contrôler leurs chaînes d'approvisionnement en termes de conflit et de risques liés aux droits humains.\n\n\n« Si nous saluons les efforts de ceux, particulièrement au sein du Parlement, qui se sont battus pour une Europe où la norme en matière de commerce est le commerce responsable, nous sommes déçus que l'UE ne traduise pas ses paroles en actes, a déclaré Michael Gibb de Global Witness. Les lois européennes étant désormais moins contraignantes que celles d'autres pays, l'UE devient le maillon faible de la chaîne d'approvisionnement en minerais. Cet accord reste important, mais l'UE aurait dû aller bien plus loin pour tirer parti d'une occasion unique de faire vraiment changer les choses. »\n\n\nL'accord prévoit d'évaluer la loi en termes d'efficacité quelques années après son entrée en vigueur.\n\n\n« Cette loi ne peut être qu'un premier pas. Elle doit être rapidement mise en œuvre, afin d'être bientôt étendue aux entreprises qui importent des produits finis contenant ces minerais, a déclaré Maria van der Heide, d'ActionAid.  Les populations dans les zones de conflit ou à haut risque ne bénéficieront de leurs richesses en ressources et ne seront libérées du joug des violences liées au commerce des minerais du conflit que si les entreprises d'un bout à l'autre de la chaîne d'approvisionnement adoptent des pratiques responsables.  »\n\n\nLes populations qui continuent de subir les conséquences du commerce irresponsable, ainsi que les organisations de la société civile dans le monde, vont tourner leur regard vers les gouvernements européens pour s'assurer que la loi tienne ses promesses, à savoir garantir que les entreprises européennes s'approvisionnent de manière responsable. \nAlors seulement, l'Europe et ses entreprises contribueront aux avancées mondiales pour rendre la chaîne d'approvisionnement en minerais plus transparente, responsable et durable.\n\n\nPour en savoir plus : \n\n\nLes normes internationales ne visent pas à décourager l'approvisionnement dans des zones sensibles ou à haut risque. Elles encouragent plutôt les entreprises à s'y approvisionner en faisant preuve du niveau de vigilance et de prudence adéquat. Pourtant, les législateurs européens ont choisi d'établir une liste indicative des zones de conflit et à haut risque, ce qui peut se traduire par des déséquilibres du marché et amener à négliger les risques émergeant en dehors de ces zones.\n\n\nNon contents de limiter le nombre d'entreprises concernées par la loi à quelques centaines seulement, les États membres de l'UE tentent de sous-traiter leurs responsabilités en termes de mise en œuvre, en plaçant les initiatives de l'industrie privée au cœur de la loi. Les entreprises qui adhèrent à des programmes reconnus sont automatiquement considérées comme respectant la règlementation et comme à « faible risque » par les autorités chargées de faire appliquer l’accord.\n\n\nAux termes de l'accord politique, les trois institutions poursuivront les négociations sur la mise en œuvre technique. Ce processus devrait durer plusieurs mois.\n\n\n\nContacts presse des signataires en France :\n\n\n\n AIETC, Lala Hakuma Dadci +33 (0)1 43 71 22 22 / lala-hakuma.aitec@reseau-ipam.org Amnesty International France, Véronique Tardivel + 33 (0)1 53 38 65 41 / + 33 (0)6 76 94 37 05 / vtardivel@amnesty.fr CCFD-Terre Solidaire, Karine Appy + 33 (0)6 66 12 33 02 / +33 (0)1 44 82 80 67 / k.appy@ccfd-terresolidaire.org Info Birmanie, Cécile Harl +33 (0)7 62 80 61 33 / cecile@info-birmanie.org Sherpa, Lisa Rieux + 33 (0)6 60 29 59 64 / communication@asso-sherpa.org"}
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Un fléau auquel des petits paysans répondent en développant une agriculture respectueuse de l’environnement. Une alternative viable au concept ambigu « d’économie verte »  qui fut au cœur des débats lors du dernier Sommet de la Terre, qui s’est tenu en juin à Rio de Janeiro.\n\n\n\nMalgré la chaleur étouffante qui règne sous la serre, Candido Pereira arbore un large sourire. À l’aide d’un râteau, il étale sur une immense table des semis gris et marron, gros comme le poing. « Ces graines de muru-muru et d’andiroba représentent l’avenir de nos enfants et de la forêt amazonienne, clame le paysan de soixante-six ans. Ce sont des essences qui existent depuis la nuit des temps. Mais pendant des années, seuls les anciens les récoltaient pour les transformer en huiles capables de calmer la douleur, cicatriser les plaies ou encore éloigner les moustiques. » \nVendues depuis cinq ans à des laboratoires pharmaceutiques et cosmétiques, ces graines constituent désormais un complément de revenus substantiel à la culture de l’açaï, une espèce de palmier produisant un fruit qui ressemble à une grosse myrtille, élément central de la nourriture des populations amazoniennes. Mais elles ont aussi motivé la création de l’association des petits producteurs de Javari, regroupant une cinquantaine de familles. \nObjectif ? « Vivre dignement de la terre tout en respectant la forêt, explique Candido Pereira. Mais surtout, nous unir pour lutter ensemble contre l’avancée de la monoculture de la palme africaine qui menace la région. » \n\nBienvenue à Moju, une commune de 55 000 habitants située dans le bassin hydrographique du Baixo Tocantins, à une centaine de kilomètres de Belem, la capitale de l’État du Para, en plein cœur de l’Amazonie brésilienne. Composée pour une bonne moitié de terres marécageuses, cette région vit, depuis le milieu du XIXème siècle, de la pêche et de l’agriculture familiale, une activité qui occupait, jusque dans les années 2000, plus de 80 % des terres. « Le Baixo Tocantins a toujours été l’un des principaux vergers du Brésil, explique Elias Kempner, président du Syndicat des travailleurs et travailleuses ruraux du Brésil (STTR). Grâce d’abord à l’açaï, qui représente les trois quarts de la production de l’État du Para [et 82 % de la production nationale], mais aussi grâce à d’autres produits comme la banane, le cacao et le cupuaçu. Sans compter le manioc, le poivre et de multiples oléagineux (miriti, andiroba…). » Des cultures essentiellement développées par des entreprises familiales, dont la taille moyenne dépasse rarement les 25 hectares mais sur lesquelles travaillent tout de même près de 95 % de la population active de la région. \n\n\nLe combat des coopératives contre monoculture\n\n\nCette configuration a pourtant commencé à changer au milieu des années 1990, avec le développement des monocultures d’açaï. « L’idée, soutenue par le gouvernement de l’époque [celui de Fernando Henrique Cardoso, président de 1995 à 2002, ndlr], a consisté à ne laisser sur pied que les arbres qui rapportaient de l’argent, c'est-à-dire essentiellement l’açaï », rappelle Loureno Bezerra Lima, technicien agricole au sein de la Fédération des organismes pour l’assistance sociale et éducative (Fase), un partenaire du CCFD-Terre Solidaire, chargé d’accompagner le développement local de l’agriculture familiale. \n\nDès 2003, sous l’impulsion du gouvernement Lula, cette logique agroindustrielle va même se renforcer avec le développement de la monoculture de la palme africaine, destinée à la fabrication d’agrocarburants. « En l’espace de six ans, au moins un tiers de la région a changé de visage, précise Loureno Bezerra Lima, que ce soit à travers l’achat de terres ou via des baux de longue durée, la palme africaine a pris une ampleur considérable, comparable à celle du soja dans d’autres parties de l’Amazonie. » Avec, à la clé, les fléaux classiques liés à cette activité : exode rural, dégradation de l’environnement et disparition progressive des productions locales.\n\nCette période verra la naissance de la Coopérative des producteurs de fruits d’Abaetetuba (Cofruta), dont le siège est situé dans la principale ville du Baixo Tocantins. « Depuis 1992, nous avions déjà créé, avec une quarantaine de familles, l’association de développement des mini et petits agriculteurs d’Abaetetuba (Adempa), pour réagir face à l’industrialisation de la culture de l’açaï, en mutualisant notre force de travail » indique Raimundo Brito de Abreu, l’un de ses fondateurs. \n\n\nLa carte de la qualité et de la valeur ajoutée\n\n\nMais le combat s’est avéré toujours plus inégal face à une concurrence ayant largement recours à la mécanisation pour l’épandage et la récolte. Pas du genre à renoncer, les membres de l’Adempa ont alors choisi de jouer à la fois la carte de la qualité et de la valeur ajoutée, en créant leur coopérative, en 2002. « L’idée a consisté à conquérir un marché de produits certifiés bio, à créer une petite unité de production de pulpe de fruits – un marché très développé au Brésil – et à diversifier la production en insistant, plus que jamais, sur la dimension de production respectueuse de l’environnement », indique Raimundo Brito de Abreu. \nUn pari plutôt réussi si l’on s’en tient aux chiffres annoncés par celui-ci. « Le revenu mensuel de chacun des 136 sociétaires de la Cofruta varie aujourd’hui entre 1 500 et 2 000 reais par mois [entre 640 et 850 euros].  » Des émoluments très confortables pour le pays. \n\nMais l’essentiel est sans doute ailleurs. Car « Cofruta démontre qu’il existe une véritable alternative, économiquement viable et respectueuse de la biodiversité, au concept « d’économie verte » tel que nous l’imposent les dirigeants politiques et les grandes entreprises, notamment lors du prochain Sommet de la Terre de Rio  », se réjouit Loureno Bezerra Lima de la Fase. « Cette coopérative prouve aussi que le modèle d’agriculture familiale et raisonnée, s’il est structuré, est même largement plus rémunérateur pour les travailleurs du monde rural que l’agroindustrie », renchérit Elias Kempner. La preuve ? « Aujourd’hui, les entreprises qui cherchent à développer l’activité de la palme africaine dans le Baixo Tocantins offrent, dans le cas d’une location de terre, l’équivalent d’un salaire mensuel minimum (280 euros environ) sur une période de cinq ans. » \nPour convaincre les agriculteurs qu’il s’agit d’une bonne affaire, les entreprises leur proposent  de verser cet argent en une seule fois, ce qui représente une somme astronomique pour des personnes modestes. \n\n\nUn marché de dupes\n\n\n« Mais elles se gardent bien d’évoquer les terribles dégradations des sols, et ce, pour des années, conséquence de l’usage de pesticides et autres désherbants hautement toxiques. » Une mise en garde qui est au cœur du travail d’information et de sensibilisation développé dans la région depuis des années par Loureno Bezerra Lima.\nPour cela, il peut compter sur les témoignages glanés par Candido Pereira de l’association Javari. « Je connais de nombreux petits agriculteurs qui se mordent les doigts d’avoir vendu ou loué leurs terres pour y produire de la palme africaine, assure-t-il. Une fois qu’ils ont dépensé en ville l’argent qu’ils avaient touché, ils reviennent et mendient pour un peu de travail sur la terre d’un autre. » Pour Loureno Bezerra Lima, la réponse la plus efficace reste cependant la création de projets structurés d’agriculture familiale. En commençant par l’association Javari. « L’objectif est désormais de les accompagner pour qu’ils puissent créer leur propre coopérative », assure-t-il. \nCandido Pereira est, lui aussi, certain qu’ils sont dans le vrai  : «  Nous autres, petits agriculteurs, on prouve tous les jours qu’on est non seulement capables de lutter contre ceux qui veulent détruire la forêt, mais que si on la préserve et la respecte, la nature peut nourrir des millions d’êtres humains. »"}
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Pour garantir un accès à l'eau pour tous, des investissements colossaux sont nécessaires.\n\nComment garantir le droit à l'eau de tous ?\nLe secteur privé est sollicité, mais l'arrivée des multinationales sur le marché inquiète ceux qui craignent l'appropriation au profit d'intérêts privés d'une ressource qui constitue le bien public mondial le plus vital. Comment garantir le droit à l'eau? Comment la répartir entre population, agriculture et industrie? Comment fournir de l'eau aux zones rurales? L'eau est au cœur des défis du XXIe siècle. Solidarité et contrôle citoyen sont les clés d'une gestion équitable.\n\nDe la femme africaine qui remplit son seau dans le marigot du village, à la famille vietnamienne s'abreuvant à un Mékong utilisé comme poubelle, des habitants des bidonvilles de Port-au-Prince se servant dans des canalisations éventrées à ceux de Jakarta qui voisinent avec des égouts à ciel ouvert, plus d'un milliard de personnes n'ont pas accès à de l'eau propre. Cinq millions de personnes en meurent chaque année. Deux fois plus que par le sida. Trente millions en sont gravement malades, de la diarrhée déclenchée par des coliformes fécaux au redoutable ver de Guinée qui fait éclater les chairs.\n\nDepuis cinquante ans, les cris d'alarme se sont multipliés face à ce défi de l'eau qu'une démographie galopante rend sans cesse plus difficile. Rompant avec les incantations passées, le Sommet mondial sur le développement durable à Johannesburg, fin août dernier, a pressé les entreprises privées d'agir en partenariat avec le secteur public pour fournir d'ici à 2015 de l'eau potable et l'évacuation des eaux usées à la moitié de la population mondiale qui en manque. Car il y a désormais urgence et la stabilité de la planète en dépend.\n\nLe problème ne tient pas, en effet, à la ressource en eau, en quantité largement suffisante sur le globe pour les besoins domestiques, mais aux investissements nécessaires pour la capter, la traiter, la distribuer, que ce soit dans un village indien du Nicaragua ou un quartier populaire de Buenos Aires.\n\n« Des investissements très lourds qui s'amortissent sur des décennies », souligne Jacques Barraqué, directeur de recherche au Cnrs, spécialiste de la gestion de l'eau. Il faudrait injecter 100 milliards de dollars par an pendant vingt-cinq ans dans les pays en développement pour satisfaire les besoins, selon le Conseil mondial de l'eau, un centre international de réflexion impulsé par la Banque mondiale qui réunit des experts du secteur. Un chiffre colossal qui explique -libéralisme oblige- l'appel à la rescousse lancé aux investisseurs privés. Un groupe de travail issu du Conseil mondial de l’eau – le Panel pour le financement des infrastructures hydroauliques- dirigé par Michel Cmdessus, l’ancien directeur du Fmi entouré de grosses pointures de la finance aux côtés de quelques Ong, est donc chargé de mettre au point des solutions concrètes pour convaincre les multinationales de l'eau d'investir dans les pays « à risque » de l'hémisphère sud et de les présenter à un Sommet mondial de l'eau, prévu à Kyoto, en mars 2003.\n\nPartenariat public-privé\n\n\nOui, mais... L'irruption des multinationales inquiète. Elle inquiète ceux qui ont en mémoire l'exemple Vivendi construisant un nouveau groupe avec les profits réalisés dans les services de l'eau avant de s'écrouler en provoquant d'impressionnants dégâts collatéraux dans la presse et l'édition française. Elle inquiète aussi ceux qui craignent l'appropriation privée d'une ressource naturelle, telle la Coalition mondiale contre la privatisation et la marchandisation de l'eau issue du courant « anti-mondialisation ». À l'origine de cette coalition, on trouve l'Association pour un contrat mondial de l'eau (Acme) qui s'appuie sur Le manifeste de l'eau de l'universitaire belge Ricardo Petrella. Selon son secrétaire général Jean-Luc Touly (un salarié de Vivendi passé par Attac) : « C'est un secteur public décentralisé qui doit fournir l'eau. Le secteur privé n'a rien à y faire. Qu'il se cantonne à la construction des canalisations. L'aide publique pourrait fournir les 10 à 15 milliards de dollars par an, budget suffisant si on ne cherche pas à exporter le modèle et les technologies européennes. On peut s’en tenir, par exemple, à des techniques rustiques d’assainissement, telles le lagunage pour l’épuration des eaux. Il est aussi possible, souligne encore Jean-Luc Touly, de diminuer la pollution de la ressource et donc son traitement coûteux, en révisant le modèle d’agriculture intensive, basé sur une consommation excessive d'engrais azotés, de pesticides qui migrent dans les nappes phréatiques.»\n\nPourtant, des politiques aux techniciens en passant par les Ong, il y a un indiscutable consensus pour un partenariat public-privé même si des garanties sont exigées contre toute dérive -et d'abord celle d'une hausse du prix de l'eau pour les plus défavorisés. Sur ce plan, à côté d'échecs évidents, il y a des « privatisations réussies », estime Raymond Jost du Secrétariat international de l'eau, en citant le cas de la Côte-d'Ivoire et du Sénégal, deux pays où opère la Saur, filiale de Bouygues : « C'est surtout, souligne-t-il, parce que l'État a su s'imposer, non sans peine, face à la multinationale et qu'il a inscrit comme priorité le branchement de l'eau potable des populations les plus démunies. »\n\nOndéo (ex-Lyonnaise des Eaux devenue filiale du groupe Suez) met en avant l'expérience de Buenos Aires avec la desserte des quartiers les plus pauvres via des bornes collectives. «Les dépenses en eau des ménages raccordés sont quarante fois moins élevées que lorsque la fourniture est assurée par des porteurs d'eau», assure Jean-Louis Blanc, directeur délégué auprès du directoire de Suez qui affiche la desserte de «9 millions de personnes pauvres sur 120 millions de clients».\nGarantir le droit à l'eau pour tous\nPour le Gret (Groupe de recherche et d'échanges technologiques), qui a participé à la mise en place d'un réseau de bornes fontaines dans un quartier de Port-au-Prince « le débat entre État et secteur privé relève davantage du fantasme que de la réalité. La véritable question est: comment garantir aux populations pauvres un accès aux services dans des conditions économiques acceptables? 0r, constate-t-il, dans les pays du tiers monde, le secteur privé ne cherche pas à faire de l'argent sur le dos des pauvres, mais à limiter les dégâts dans les zones pauvres pour continuer à faire de l'argent. Le seul moyen pour rentabiliser, c'est d'augmenter la participation des riches. Par simple calcul économique réaliste, les entreprises privées sont amenées à redistribuer les richesses ».\n\nGarde-fou contre les excès du privé, le contrôle des usagers est néanmoins revendiqué : « Les consommateurs, comme les pouvoirs publics doivent exercer un droit de contrôle », souligne Catherine Gaudard du Ccfd. S'assurer en particulier que l'aide publique en soutien à l'initiative privée ne serve pas à accroître les profits. Cela exige, selon Céline Trublin de l'association Agir Ici, « une véritable transparence des contrats de gestion de l'eau entre les entreprises privées et les collectivités locales. En France, on en est loin. Cela sera difficile aussi dans les pays en développement ».\n\nQuand bien même, les groupes privés seraient en mesure de distribuer de l'eau potable à tous, y compris aux plus pauvres, ce progrès attendu ne concerne que les grandes métropoles des pays en développement. Le monde rural n'est pas un marché pour les grandes entreprises qui ne peuvent étaler les coûts sur un nombre suffisant de consommateurs. La « brousse » est la grande oubliée de l'offensive actuelle pour l'accès à l'eau, alors que 60 % de la population des pays du Sud y vit, en dépit de l'action des Ong qui complètent des financements publics ou privés (ceux des immigrés) forcément modestes à l'échelle des besoins.\nUne initiative originale pour défendre le droit à l'eau\nC'est là que des fonds supplémentaires sont incontournables et que se pose la question de leur origine. La réponse pourrait se trouver dans une initiative originale, et pour le moment sans équivalent, du Syndicat des eaux d’Île de France (Sedif) qui prélève l’équivalent de 2 centimes de francs par m3 d’eau consommée pour l’usage domestique en faveur des pays en développement. En quinze ans, 55 millions de francs ont été rassemblés permettant à 1,2 million d’Africains d’accéder à l’eau potable. Récemment, ce sont 100000 Vietnamiens de la province de Nam Dinh (nord de Hanoï) qui ont bénéficié de mini-stations d'épuration (250 000 francs par village).\n\n« Si toutes les communes de la région pari- sienne faisaient comme nous, cela triplerait les sommes et le nombre de bénéficiaires potentiels », rêve Christian Cambon, vice- président du Sedif et de PS Eau (Programme solidarité eau). « Si ce système était généralisé au niveau de l'Ocde, c'est plus de 700 millions de factures qui pourraient être concernées », affirme, comme en écho, Guy Leclerc, coauteur d'une étude sur la problématique financière mondiale de l'eau publiée par le bureau d'études PriceWater-houseCoopers. « Une contribution moyenne de 10 euros par facture dégagerait un montant annuel de 7 milliards d'euros qui pourraient être reversés à l'institution financière chargée de collecter l'aide et de l'affecter aux projets.»\nUne répartition inégale de l'accès à l'eau\nLa planète dispose, dans l'absolu, de 9 000 km3 d'eau douce et en utilise, toutes activités confondues, 5 200 km3.\n\nMais cette ressource est à, la fois inégalement répartie (dix pays se partagent 65 % de la réserve) et inégalement consommée: l'agriculture se taille la part du lion avec 65 % des prélèvements, devant l'industrie (26 %), les particuliers (9 %). La consommation d'eau pour les usages domestiques est elle-même inégale et varie en fonction du niveau de vie et de la ressource disponible: globalement, un Américain consomme 700 litres par jour, un Européen 200, un Haïtien 20. La quantité minimale nécessaire est de l'ordre d'une quarantaine de litres par jour et par personne, dont 2 à 3 litres pour la boisson.\n\nEn raison de l'accroissement démographique, la quantité d’eau douce disponible – constante- ramenée au nombre d’habitants diminue: 17000 m3 en 1950, 6000 m3 aujourd’hui, 4800m3 en 2025 avec 9 milliards d’habitants. Le seuil de 1700 m3 est celui du stress hydrique à partir duquel des pénuries peuvent être fréquentes, seuil atteint par certains pays ou régions, en permanence ou par cycle.(Source: World Resources Institute)\nLe « modèle » français du droit à l'eau\nLa distribution d'eau dans le monde est assurée dans 95% des cas par des opérateurs publics (régie d'Etat ou régie municipale). La France est une exception. Le secteur privé y fournit l'eau potable à la majorité de la population par une délégation de service public: soit l'affer- mage par lequel la collectivité délègue la gestion, mais réalise les investissements, soit la concession où l'entreprise réalise les infrastructures en gérant l’eau. La participation du privé peut se faire également dans le cadre de sociétés d’économie mixte (à capitaux publics et privés). Elle peut enfin se limiter à la simple assistance technique d’une régie étatique ou municipale. Le régime français de la concession fait école dans le monde sous la houlette de deux géants de l’eau à la conquête de nouveaux marchés à l(étranger depuis le début des années 90: Ondéo (groupe Suez, ex-Lyonnaise des eaux, 60 000 salariés, 120 millions de personnes desservies dont 107 millions hors de France, dans les pays en développement notamment) ; Générale des Eaux (groupe Vivendi, 69 000 salariés, 110 millions de personnes dont 83 millions hors de France, en majorité en Europe et Amérique du Nord). Ils se définissent comme des « opérateurs de gestion de service public ». « Ce n'est pas la ressource naturelle eau qui est facturée, ce sont les prestations liées au cycle de l’eau: prélèvement, traitement, distribution, collecte des eaux usées, dépollution» affirme Vivendi dans une plaquette L’eau c’est la vie.\n\nUne interprétation contestée par ceux qui refusent de voir un bien public mondial soumis à la logique du marché et voient dans ce modèle français une forme de confiscation d’appropriation d’intérêts privés.\n\nPhilippe Ortoli.\nArticle paru dans FDM 181\n\nRaymond Jost, du secrétariat international de l'eau, défend l'idée d'une gestion de l'eau partagée entre les acteurs privés, publics et associatifs.\n\nLa \" privatisation sociale de l'eau \", c'est le cheval de bataille du Sie (Secrétariat international de l'eau), une Ong canadienne partenaire du Ccfd, créée au début des années 90 par un éducateur de Montréal, Raymond Jost. Toujours entre deux avions pour défendre ses idées, il renvoie la logique marchande et celle du monopole d'État dos à dos et défend une \" privatisation sociale de l'eau, combinant équité sociale, rentabilité et efficacité technique \". Les milieux sociaux défavorisés doivent être intégrés, insiste Raymond Jost, selon des logiques \" ni caritatives, ni ségrégationnistes \". Pour Raymond Jost, les enjeux de la \"privatisation sociale \" sont la participation des usagers et celle des investisseurs \" avec diverses modalités fiscales pour réduire les risques \". L'organisation des usagers doit être à la fois \" associative et entrepreneuriale, dotée d'une reconnaissance légale et visant la durabilité sinon la pérennité du service \". L'objectif d'autonomie financière repose \" sur le paiement du service à un prix compatible avec les ressources de la population, sur des financements publics, sur l'accès au crédit et aux ressources internationales \". L'exemple de Port-au-Prince, exposé lors de l'Atelier international sur la privatisation sociale de l'eau et de l'assainissement organisé par le Sie et le Gret à Montréal en octobre 1999, en est une bonne illustration. D'après le compte rendu de l'atelier, 24 quartiers de bidonvilles de la capitale haïtienne représentant plus de 500 000 habitants sont désormais connectés à l'eau potable via 143 bornes fontaines, selon une organisation qui ressemble fort à la privatisation sociale: financement des organisations internationales (Union européenne, Agence française de développement, Fonds d'équipement des Nations unies) ; partenariat avec un opérateur public de la ville (la Camep) ; gestion par des usagers.\nAssociations de quartier\nCe sont en effet des comités d'eau élus par des associations de quartier qui achètent l'eau à la Camep et la redistribuent aux consommateurs moyennant des bénéfices affectés à l'assainissement. Pour Bruno Valfrey, ingénieur dans le bureau d'études Hydroconseil qui a participé à ce projet avec le Gret, \" on a créé une sorte de délégation d'un objectif de service public à une association d'usagers \". Le Sie veut mettre au point une \" convention cadre internationale sur le partage et les usages de l'eau \" et fait circuler une pétition pour soutenir ce projet. Les grandes lignes en seront élaborées à Kyoto en marge du Sommet mondial de l'eau par une assemblée \" mondiale des sages pour l'eau \".\n\nRaymond Jost défend les idées du Sie au Conseil mondial de l'eau et dans le Panel pour le financement des infrastructures hydrauliques où il est présent aux côtés de deux autres Ong, WaterAid (Grande- Bretagne) et Transparency International (Allemagne)."}
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Le débat aujourd’hui est ouvert dans certaines régions du monde sur les impacts positifs et négatifs attendus de certaines productions : agrocarburants, OGM, semences hybrides… Mais les questionnements liés peinent à atteindre les sphères internationales. Même quand un fervent opposant, comme la France concernant les OGM, est autour de la table de négociations…\n\n\nNouvelle Alliance : distribution d’OGM et semences hybrides  \nLa Nouvelle Alliance promeut aujourd’hui l’utilisation massive d’intrants ou des organismes génétiquement modifiés puisque les multinationales Monsanto, Cargill ou Syngenta sont aujourd’hui engagées à développer des projets dans plusieurs pays. Cargill doit ainsi « distribuer gratuitement  un million de semences de nouvelle génération » à des agriculteurs ivoiriens [[Cadre de Coopération de la Nouvelle Alliance – Cote D’ivoire – p11]] ;  Du côté de Monsanto, grâce à un engagement de 50 millions de dollars au cours des dix prochaines années dans plusieurs pays d’Afrique Centrale et de l’Est, il est prévu l’ « introduction de 3 à 5 nouvelles semences hybrides de maïs appropriés pour la Tanzanie [[Cadre de Coopération de la Nouvelle Alliance – Tanzanie – p13]] » et libres de droit pour les premières années.  Les projets des acteurs leaders du secteur des semences représentent 23% des projets annoncés par des entreprises internationales pour les six premiers pays de la Nouvelle Alliance.\n \nA rebours des débats qui peuvent traverser nos sociétés occidentales sur le modèle agricole, énergétique, de consommation, et sur l’impact environnemental, les dynamiques actuelles d’investissement ne semblent donc avoir aucune limite en termes de secteurs d’activité, ni modifier leurs modalités de production. On aurait pu croire que, se plaçant dans une perspective de développement, de sécurité alimentaire, et même de développement durable, certains secteurs ou certaines pratiques seraient exclus.\n\n\nPromotion d’agrocarburants à grande échelle : quel développement pour qui ?\nL’argent du développement remplit aussi parfois les réservoirs de nos 4x4 avec des agrocarburants. Ainsi en 2009, la Société financière internationale (groupe Banque Mondiale), la Corporation interaméricaine d’investissement et trois autres institutions de financement du développement européennes (DEG et FMO et  AFD-PROPARCO [[DEG : Allemagne , FMO : Hollance, AFD-PROPARCO : France]]  à hauteur de 14 millions de dollars) ont participé au financement de Pantaleon, géant guatémaltèque et centre-américain du sucre et de l’éthanol [[Fiche projet PROPARCO - Développer la production d’énergies renouvelables à partir du sucre de canne - http://www.PROPARCO.fr/Accueil_PROPARCO/Activite/Projets_PROPARCO/Tous-les-projets/Guatemala-2009-Agro-et-cogeneration-Pantaleon]]. \nCe projet vise à soutenir le développement de l’outil industriel du holding, par ailleurs grand consommateur de terres.  Ce dernier est en effet aux mains d’une des plus grandes familles de propriétaires terriens dans un pays que l’on peut qualifier de  «  Golfe persique des agrocarburants [[Selon l’image que John Vidal appliquait dans un article du Guardian à l’Afrique du Sud – The looming food crisis, août 2007 – http://www.theguardian.com/environnement/2007/aug/29/food.climatechange]] ». Ainsi, tout en affirmant s’inscrire dans le cadre de son mandat en Amérique Latine, qui consiste à soutenir une croissance verte et solidaire, PROPARCO prend sa part dans le développement du business des agrocarburants… Comment ces institutions qui ont un mandat de développement, mesurent-elles le risque que cela ne provoque  encore plus d’accaparements de terres et ne nuise à  l’agriculture familiale vitale pour des milliers de petits paysans locaux ? \nLe débat sur les agrocarburants fait rage tant au niveau européen qu’international , et les impacts négatifs de cette filière de production sur la sécurité alimentaire au Sud  reconnus par un nombre croissant d’acteurs. Cependant, aucune des agences européennes de développement n’a à ce jour exclu la production d’agrocarburants industriels de ses activités, ni même semble-t-il renforcé la procédure de gestion des risques sociaux et environnementaux pour les projets concernant ce secteur.\n\nPeut-on espérer que le groupe AFD prenne mieux ce risque en compte,  dans la suite des décisions européennes et internationales  ? Il semble en tout cas que l’institution souhaite aller vers plus de cohérence avec les positions défendues par la France sur ce sujet à l’international comme le montre certaines avancées sur les OGM ou la déforestation à l’occasion de la révision récente de plusieurs cadres d’intervention sectoriels de l’Agence."}
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Cet engagement s'inscrit dans la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement : éradiquer la pauvreté en 2015. \n\n\n\nDes engagements quantitatifs jamais honorés\n\nAprès la décolonisation, en 1970, les pays riches se sont engagés à consacrer une petite portion (0,7%) de leurs revenus à l’APD. En 2010, mis à part cinq pays d’Europe du Nord ayant tenu promesse, les pays riches ne consacraient que 0,31% de leur Revenu national brut (RNB) à l’APD. Et la crise budgétaire que traversent de nombreux pays développés ne risque guère d’améliorer la situation. Pourtant, ce n’est pas faute pour les pays donateurs de comptabiliser dans leur APD des dépenses dont on peut contester la contribution au développement: annulations de créances accordées à des régimes dictatoriaux ; coût des étudiants étrangers dans les universités du pays donateur; coût de l’accueil des réfugiés et apatrides, aide aux entreprises françaises…\n\nL’Aide publique au développement française est en ce sens particulièrement préoccupante. Dans le cadre de ses engagements européens et internationaux, le gouvernement français s’est engagé à consacrer 0,51%, au minimum, de sa richesse nationale à l’APD en 2010 et 0,7% en 2015. Or en 2010, l’APD française ne représentait que 0.5% de son revenu et ce chiffre est redescendu à 0.46% en 2011. \n\nLe président Hollande a réaffirmé l’objectif de consacrer 0,7% du PNB à l’APD, sans toutefois s’engager sur un agenda précis pour l’atteindre, et les contraintes actuelles sur le budget français ne sont guère encourageantes.\nAu-delà de ce retard, c’est la composition même de l’APD française qui pose de gros problèmes. En 2010, selon les estimations de Coordination SUD (la coordination nationale des ONG françaises de solidarité internationale), la part de l’aide réelle dans l’aide officielle française est de 65,8% et la part de l’aide réelle en pourcentage du RNB s’élève à 0.31%. En effet, sans doute pour éviter d’atteindre des taux encore plus éloignés de ses promesses, la France inclut chaque année dans ce qu’elle appelle « APD » des flux de plus en plus larges et privilégie désormais de façon inquiétante les prêts par rapport aux dons, au détriment des secteurs sociaux. Ainsi, le montant des financements en dons dans l’aide bilatérale s’élève à 170 millions d’euros en 2012 et 167 millions en 2013. \n\nComptabilisés dans l’APD, et non de façon additionnelle comme le demandait la société civile, les revenus de la taxe sur les transactions financières française (TTF), affectés au Fonds de solidarité et de développement sont plafonnés à 60M€ en 2013, soit 3.75% des revenus de la taxe. Ils ne compenseront même pas la baisse générale des crédits de la mission « Aide publique au développement » de 200 M€ en 2013.\n\nLes volumes d’APD en 2010 reposent sur d’importants montants de prêts octroyés par l’AFD (Agence Française de Développement, l’opérateur français de la politique de coopération pour le développement), pour l’essentiel à des pays émergents ou à revenu intermédiaire (1 milliard €). A partir du DPT annexé au PLF 2012, l’impact des prêts nets AFD dans l’APD est de 1,785 milliard d’euros pour 2011 et 1,921 milliard d’euros pour 2012. \n\nEn 2011, les prêts ont représenté 84% de l’activité de l’AFD. Dans son rapport de juin 2012, la Cour des comptes constate que le poids des prêts pèse sur les orientations géographiques de l’aide française et recommande « la mise en cohérence de la préférence actuelle pour le prêt avec l’objectif de concentration de l’aide sur les pays pauvres prioritaires\n\nSelon le principe de la comptabilisation des prêts dans l’APD de la France, ce déséquilibre prêts/dons nous conduit mécaniquement vers une APD négative dans quelques années.\n\n\nUne aide trop souvent dévoyée\n\nQuand l’aide publique est réellement mise au service du développement, les exemples ne manquent pas où elle apporte des résultats: scolarisation primaire massive dans certains pays africains, généralisation des vaccinations, infrastructures facilitant l’accès des petits paysans aux marchés régionaux en Éthiopie, renforcement des systèmes judiciaires, soutien aux processus de réconciliation post-conflit au Mozambique ou au Guatemala, promotion féminine et des Indiens dans la région andine, etc. Pourtant, de nombreux bailleurs ont mis cet outil financier au service de leur influence économique, culturelle, militaire ou géopolitique avec parfois des conséquences désastreuses :\n\n- Pendant la guerre froide, l’aide a été un moyen pour les deux blocs d’attirer les pays du Sud dans leur giron, peu importe la nature des régimes en place (dictatures latino-américaines, Mobutu au Zaïre, etc.). L’APD mondiale a d’ailleurs brusquement décru après l’effondrement du bloc soviétique.\n\n- Elle continue d’être un moyen pour certains États de maintenir des zones d’influence et de se rallier des suffrages sur la scène internationale (“pré carré” français en Afrique ; Amérique centrale, Colombie et aujourd’hui Afghanistan ou Irak sous l’influence des États-Unis).\n\n- L’aide est souvent un instrument d’expansion économique (voire de financement électoral par le jeu des rétro-commissions): soutien de régimes “amis” pour l’obtention, par exemple, de concessions pétrolières (pour la France et sa compagnie Elf, dictatures de Bongo au Gabon, Sassou N’Guesso au Congo-Brazzaville); promotion des exportations du pays donateur, à travers l’aide liée ou les crédits à l’exportation et ouverture de nouveaux marchés (croissance verte et pays émergents). Ainsi, 51% des marchés attribués par l’AFD en 2008 sont revenus à des entreprises françaises ou à leurs filiales.\n\n- Pour certains bailleurs, en particulier la France, l’aide est enfin un instrument de rayonnement linguistique et culturel, couplé au soutien parfois aveugle de régimes francophones  face à la “menace anglophone” (soutien du régime rwandais génocidaire, manipulations électorales et appui à des régimes autoritaires et corrompus, comme au Cameroun).\n\n- Enfin, l’aide française est de plus en plus instrumentalisée pour répondre aux objectifs de lutte contre l’immigration (notamment via les accords de gestion concertée des flux migratoires) ou sécuritaires,\n\nUne rupture profonde est nécessaire avec cette conception de l’aide, qui ne contribue ni au développement des populations, ni à la liberté de choisir des pays du Sud, ni même à l’influence de long terme des pays donateurs, qui s’en trouvent discrédités.\n\nIl est à noter que si toutes ces pratiques n’appartiennent, hélas, pas au passé, leur dénonciation a permis des évolutions positives : Dans la \"Déclaration de Paris\" de 2005, les pays bailleurs et les Etats bénéficiaires se sont mis d’accord pour améliorer l’efficacité de l’aide. Les gouvernements bénéficiaires se sont engagés à faire les efforts suffisants pour mieux gérer l’aide notamment en luttant contre la corruption et en améliorant leurs institutions. Les pays donateurs ont quant à eux accepté d’améliorer leurs pratiques, de mettre en place plus de coordination et de faire davantage confiance aux pays récepteurs. Six ans plus tard, selon un rapport de l’OCDE, des progrès majeurs ont été accomplis, surtout de la part des pays bénéficiaires. Il semblerait en revanche que du côté des pays donateurs, le changement de pratiques soit plus difficile à mettre en place…\nQuoiqu’il en soit et malgré les efforts fournis pour aller vers une aide de plus en plus efficace, le CCFD-Terre Solidaire considère qu’il est nécessaire de dépasser cette logique, encore trop soumise aux aléas budgétaires du Nord et qui place malgré tout les pays en développement dans une situation de dépendance."}
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En effet, selon le premier pilier de ces principes, l’État a une obligation de protéger les droits humains lorsque des tiers, y compris des sociétés, y portent atteinte. Les Principes directeurs précisent que \n« les États devraient envisager tout l’éventail des mesures de prévention et de réparation autorisées, y compris les politiques, les lois, les règles et les procédures judiciaires pour remplir leur devoir de punir les auteurs de violations et permettre des mesures de réparations ».\n\n\n\nCette loi française constitue une première mondiale. \n\n\nAvant elle, aucune autre loi n’avait créé d’obligation contraignante aussi vaste des sociétés mères et entreprises donneuses d’ordre vis-à-vis des activités de leur groupe de sociétés (filiales, sociétés contrôlées), et de leur chaîne de valeur (sous-traitants, fournisseurs), en France comme à l’étranger. \nCela constitue une avancée majeure pour lever le voile de l’autonomie de la personnalité juridique[[En France, comme dans quasiment tous les pays du monde, un « groupe de sociétés » n’a pas d’existence juridique. Chacune des sociétés qui le composent est une entité juridiquement distincte – une personnalité morale distincte - qui dispose d’une autonomie juridique. \nAinsi, chaque société d’un groupe est responsable de ses actes, mais la société mère n’est pas responsable pour les actes de ses filiales  même s’il existe des liens économiques et de contrôle évidents entre une société mère et ses filiales. L’autonomie de la personnalité juridique des sociétés d’un même groupe constitue un « voile » entre la société mère et ses filiales qui empêche d’engager la responsabilité de la société mère pour les actes de ces dernières. S’agissant des relations entre le donneur d’ordre et le sous-traitant, la problématique est identique, mais la définition juridique du lien est différente.]], alors que les maisons-mères et sociétés donneuses d’ordre parvenaient à échapper à leurs responsabilités en usant de la complexité de leurs structures juridiques et de leurs chaînes d’approvisionnement, comme ont pu le montrer des cas emblématiques comme la catastrophe du Bhopal en Inde, la marée noire permanente dans le delta du Niger au Nigeria, ou encore l’explosion de l’usine AZF en France, et plus récemment l’effondrement des usines textiles du Rana Plaza au Bangladesh.\n\nCette loi est une victoire importante aussi dans un contexte mondial où jusqu’ici dominaient les normes volontaires et l’autorégulation des entreprises, censées garantir le respect des droits humains et de l’environnement par les multinationales. Ces dernières se sont révélées largement insuffisantes et ont parfois ralenti les initiatives visant à construire des cadres contraignants. \nCette loi devrait donc permettre de garantir une meilleure prévention des impacts négatifs des activités des sociétés multinationales.\n\n\n\nAider les victimes à avoir accès à la justice\n\n\nPar ailleurs, elle devrait également aider les victimes de dommages à surmonter certains des obstacles auxquels elles sont confrontées pour avoir accès à la justice et obtenir réparation. \nLa loi exige des sociétés qu’elles identifient les principaux risques d’atteintes graves, qu’ils soient liés à leurs activités, à celles du groupe ou à celles de leurs partenaires commerciaux, et qu’elles prennent des mesures pour les prévenir ainsi que pour les atténuer. \nLes victimes pourront donc s’appuyer sur les éléments publiés dans le plan de vigilance pour faire valoir qu’une multinationale pourrait avoir évité la survenance de dommages et qu’elle n’a pas adopté ou mis en œuvre les mesures appropriées pour les prévenir.\n\nLe fait d’instaurer légalement une obligation de vigilance pour les entreprises en matière de droits humains devrait contribuer à donner progressivement la priorité aux risques pour les personnes et l’environnement plutôt qu’aux profits pour les entreprises.\n\n\n\n\nSource : Brochure ci-dessous publiée en juillet 2017 par ActionAid France-Peuples Solidaires, Les amis de la terre, Amnesty International France\n, le CCFD-Terre Solidaire, le Collectif Ethique sur l'étiquette, Sherpa, membres du Forum citoyen pour la RSE"}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/festival-de-cinema-de-douarnenez/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/festival-de-cinema-de-douarnenez/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Festival de Cinema de Douarnenez","datePublished":"2013-08-06T15:40:31+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/festival-de-cinema-de-douarnenez/"},"wordCount":440,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"inLanguage":"fr-FR","description":"Le Festival de cinéma de Douarnenez est né en 1978 à l’époque de grands rassemblements qui ont secoué l’histoire de la Bretagne et renforcé un vaste tissu associatif et militant. Ces luttes ont alors aiguisé l’intérêt et la solidarité envers les combats, les résistances d’autres peuples. Ce que l’on nommait « les minorités nationales ».\n\n\n\nLe Festival se déroule à Douarnenez, port de pêche de 16 000 habitants à l’ouest de la Bretagne, à 15 minutes de Quimper.\nLe cœur de la manifestation c’est la « Place du festival », où sont situés l’accueil du public et l’accueil des professionnels. C’est une place chaleureuse et conviviale où se côtoient cinéastes, festivaliers et organisateurs. C’est là aussi que se tiennent des débats et que l’on trouve la librairie du festival, la restauration en plein air, et qu’ont lieu les animations de la semaine.\n\nUn festival pluriculturel\nOutre la programmation de films, d’autres expressions, en lien avec la thématique,\nsont aussi privilégiées.\n\nRroms, Tsiganes, Manouches, Gitans, Gens du Voyage\nDéjà, en 1983, le 6ème Festival de cinéma de Douarnenez invitait les « peuples tsiganes ». Eternels victimes de rejet et/ou d’assimilation forcée, il s’agissait de leur donner la parole, d’accueillir leurs différences et de découvrir leur culture.\n\nDocumentaires, fictions, longs et courts métrages, l’exploration cinématographique\nest européenne. Plusieurs films sont inédits en France et nécessiteront un travail de sous-titrage. Voici une tentative d’expression de la richesse des traditions culturelles des Rroms et de la multiplicité des groupes et familles présents dans tous les pays d’Europe en plus ou moins grand nombre.\nLes Rroms, «éternels étrangers de l’intérieur», victimes de préjugés et de stéréotypes depuis des siècles : le cinéma peut, aussi, nous donner des clés de lecture. Qu’en est-il des représentations, du poids de l’Histoire, des expériences humaines, sociales, politiques qui sont menées, abandonnées, censurées ?\nIl s’agit aussi et surtout de mettre en scène des histoires, des récits, de faire la lumière sur des situations, des utopies, des songes. De donner, enfin, l’accès\nà des oeuvres. Des paroles. Et le pur plaisir des oeuvres.\n\nDe quelques films cultes des années 1970 et 80 jusqu’à ceux réalisés en 2013, c’est environ 50 films qui seront diffusés dans les quatre salles du festival.\n\nPlus d'infos et la programmation sur http://www.festival-douarnenez.com/fr/accueil"}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/transparence-des-industries-extractives-en-afrique/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/transparence-des-industries-extractives-en-afrique/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Transparence des Industries Extractives en Afrique","datePublished":"2010-09-28T00:00:00+00:00","dateModified":"2021-12-08T11:34:37+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/transparence-des-industries-extractives-en-afrique/"},"wordCount":2017,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Afrique subsaharienne","Fraude fiscale","Justice économique"],"inLanguage":"fr-FR","description":"Il est fondamental d’imposer la transparence aux acteurs économiques européens qui opèrent dans les pays d’Afrique. C’est la raison pour laquelle le CCFD-Terre Solidaire demande l’adoption de règles obligatoires de reporting pays par pays dans le secteur extractif mais aussi au delà.\n\n\n\n\n\nIntervention de Bernard Pinaud, délégué général du CCFD-Terre Solidaire pour la conférence au Parlement Européen sur la Transparence des Industries Extractives en Afrique.\n\nParis, le 15 septembre 2010\nEvénement CIDSE et SECAM-Symposium des Conférences Episcopales Panafricaines\n\n\nLouis Portella Mbuyu, Président de la conférence des Evêques du Congo Brazzaville était le principal intervenant. Le débat était organisé sous l'égide des députés européens, Charles Goerens (ADLE), Eva Joly (Verts) et Sirpa Pietikäinen (PPE). José Correia Nuñes de la Commission européenne et Philomena Johnson, Secrétaire exécutive de Caritas Ghana faisaient également partie du panel.\n\n\nQuelques chiffres repères :\n\n- Entre 600 et 800 milliards d'euros de flux financiers illicites sortent chaque année des pays du Sud. Ces flux génèrent un manque à gagner en recettes fiscales de l'ordre de 125 milliards d'euros pour les pays concernés. (Global Financial Integrity, rapport de 2009)\n\n\n- En cumulé, depuis 1970, les flux financiers illicites en provenance des pays africains ont représenté entre 854 et 1 800 milliards de dollars. Cela représente plusieurs fois les montants d'APD reçus. (GFI, rapport de mars 2010). \n\n\n- Les revenus de l'activité pétrolière, dans les dix premiers pays producteurs de pétrole en Afrique se chiffrent en 2008 à environ 275 milliards de dollars (intervention de Serge Michailof, 2010).\n\n\nPlusieurs problèmes sur les industries extractives :\n\n- Quelle répartition de la rente extractive ?\nL'Etat norvégien peut compter sur 70% de la rente pétrolière. \nAu Congo Brazzaville, Denis Sassou Nguesso a été longtemps surnommé « monsieur 17% » en référence à la part des recettes pétrolières qui revenait à l'Etat congolais (entre 1979 et 1992). Quand son successeur, Pascal Lissouba, a affiché sa volonté de renégocier cette clé de répartition pour arriver à 35%, Elf a financé le violent retour au pouvoir de Denis Sassou Nguesso en 1997 qui s'est soldé par plusieurs dizaines de milliers de morts (1).\n\n\n- Transparence et véracité des chiffres\nAu-delà de la mauvaise répartition de la rente de l'exploitation des ressources naturelles, il n'est pas rare que les Etats ignorent en réalité les quantités produites effectivement par les entreprises chargées de l'exploitation, et de fait leurs résultats financiers. \n\n\n- Taxation des profits des entreprises extractives dans les pays dans lesquelles elles opèrent\nLes multinationales développent de nombreuses stratégies pour éviter de payer l'impôt. Cet exercice d'optimisation fiscale les conduit souvent à manipuler les prix de transfert intragroupe pour réduire leur charge fiscale en transférant les bénéfices dans des territoires moins fiscalisés, les paradis fiscaux.  \n\n\n1 - CONSTAT\n« Malédiction  des ressources naturelles »\nTrop de pays pauvres ont en réalité des ressources dont ils ne profitent pas pour leur propre développement. Nous observons notamment une forte corrélation entre la cartographie des ressources naturelles en Afrique et celle des régimes politiques dictatoriaux ou corrompus. \n\n\nEnjeu de mobilisation des ressources domestiques pour le développement\nPour des ONG de développement comme le CCFD-Terre Solidaire et les autres membres de la CIDSE, la question numéro un n'est pas celle du financement extérieur du développement mais bien de savoir comment les pays africains peuvent bénéficier de leur propre richesse.\nLe phénomène de mondialisation actuel nous renvoie à une situation analogue à la période de la colonisation : les pays du Sud sont nos réservoirs de matières premières, nos greniers et nos pompes à essence. \nLe CCFD-Terre Solidaire a dénoncé cette situation dans son rapport Biens Mal Acquis, publié en juin 2009. Il montre notamment comment les fils du président congolais se servent de l'argent du pétrole pour leur enrichissement personnel avec la complaisance des industriels et des banques occidentales qui ferment les yeux sur ces pratiques pour continuer de pouvoir bénéficier de contrats avantageux.\n\n\n2 - QUE FAIRE ?\n\n\nLes clés pour résoudre cette situation se situent évidemment en partie en Afrique.\n\n\nMais il est fort difficile pour les citoyens des pays concernés d'enquêter et d'agir contre cette situation.  Journalistes, chercheurs, membres de la société civile témoignent des difficultés qu'ils rencontrent et des risques qu'ils prennent, au péril de leur vie. En témoigne la disparition du journaliste franco-congolais, Bruno Ossébi, qui avait eu le courage de dénoncer les biens mal acquis du gouvernement congolais et dont tout porte à croire que le pouvoir en place n'est pas étranger à sa mort suspecte.\nNous saluons également le courage de Monseigneur Portella, ici présent pour témoigner devant les membres du parlement européen. \n\n\nCertes il y a beaucoup à dire sur les pratiques et les dérives de la clique politique au pouvoir. Mais n'oublions pas que derrière eux se trouvent des entreprises occidentales, largement complices de ces pratiques. (Par exemple pour le Congo Brazzaville : TOTAL et BNP, banque spécialisée dans le préfinancement des activités pétrolières).\n\n\nSans compter, les complicités officielles : malgré les engagements pris pendant la campagne présidentielle de 2007 par Nicolas Sarkozy de ne soutenir « ni les dictatures, ni les pays dirigés par des régimes corrompus », Denis Sassou Nguesso était reçu à l'Elysée dès juillet 2007, quelques jours seulement après l'ouverture de l'enquête du Parquet de Paris pour recel de détournement de fonds dans laquelle il était mis en cause. Et Nicolas Sarkozy n'a pas manqué non plus de lui rendre visite à Brazzaville, fin 2009.\n\n\nIl est fondamental d'imposer la transparence aux acteurs économiques européens qui opèrent dans les pays d'Afrique. C'est la raison pour laquelle nous demandons l'adoption de règles obligatoires de reporting pays par pays dans le secteur extractif mais aussi au delà.\nCette mesure doit permettre aux citoyens des pays concernés de demander des comptes à leur gouvernement quant à l'utilisation des revenus issus du pétrole, du gaz et des mines, d'exercer un contrôle sur le niveau de recettes publiques et de veiller à leur affectation en faveur de politiques publiques pour le développement.\nDe nombreuses organisations de la société civile sont mobilisées sur ces questions, notamment via la campagne « Publiez ce que vous payez » qui réunit plus de 600 organisations, depuis 2002.\n\n\nLes ONG se mobilisent sur plusieurs axes d'action, par ordre croissant de préférence :\n- Encourager et valoriser les démarches volontaires des acteurs privés les plus responsables\n- Faire évoluer les règlements des marchés boursiers pour imposer les sociétés cotées à publier un certain nombre d'informations (mais distorsion avec les sociétés non cotées).\n- Réformer et harmoniser les normes comptables internationales pour imposer les mêmes exigences de reporting pays par pays à toutes les sociétés multinationales du monde. (Réforme de la norme de l'IASB - International Accounting Standards Board - sur les entreprises extractives qui s'imposerait aux 27 pays européens).\n\n\n3 - OU EN SOMMES-NOUS ?\n\n\nCette demande de reporting pays par pays, émise par les organisations de la société civile n'avance pas forcément là où l'on s'y attend le plus.\nLa Chine et les US ont pris des mesures sans précédent en la matière.\n- Bourse de Hong Kong, en mai 2010 et \n- Réforme de Wall Street, en juillet 2010 \nCes réformes imposent aux sociétés du secteur extractif cotées dans les places financières concernées, de publier les comptes annuels de leurs versements aux gouvernements des pays dans lesquels elles opèrent.  En réalité, elles dépassent largement les US et la Chine car de nombreuses entreprises étrangères sont cotées dans ces places boursières. (90% des compagnies pétrolières et gazières internationales (dont de nombreux groupes européens et asiatiques) sont côtés à Wall Street, ainsi que 80% des grosses entreprises du secteur minier).\n\n\nLimites de ces mesures : \n\n Nous devons attendre les décrets d'application pour nous assurer qu'elles se traduiront par des effets concrets.  Ce type de mesure ne concerne que les entreprises cotées Enfin, nous demandons pour notre part, une liste d'information plus exhaustive : les filiales et propriétés, les réserves, les volumes de production, les coûts de production, les effectifs, le chiffre d'affaire, les bénéfices et le détail des paiements aux gouvernements.\n\n\nOù est l'Europe ?\nLa semaine dernière l'Europe a laissé passer la possibilité d'emboiter le pas aux US en rejetant une proposition d'amendement dans la Directive TOD (Transparency obligations directive) dans ce sens qui aurait permis de généraliser cette mesure aux bourses européennes.\nNous sommes d'autant plus surpris de ce retard européen que le conseil des ministres du des affaires étrangères s'était déclaré le 14 juin dernier en faveur du reporting pays par pays.\n\n\nConcernant la modification des normes comptables internationales (IASB-International Accounting Standards Board) qui s'appliquent à 110 Etats dont les 27 de l'UE (2), un processus de révision de la norme comptable internationale qui s'applique au secteur extractif -IFRS6 est en cours. \nLe CCFD-Terre Solidaire et la CIDSE ont fait des contributions pour introduire l'exigence de publication pays par pays.\nPour l'instant, le bilan de ce processus est mitigé. Nous avons gagné une première bataille en ouvrant le débat et en mettant notre proposition de reporting pays par pays sur la table. Mais la proposition a peu à peu été vidée de son contenu par l'introduction de deux exceptions (3). \n\n\nL'UE constitue le premier marché d'application de ces normes comptables. Elle dispose de différents moyens de pression:\n- menacer de ne pas appliquer les normes IASB dont elle est le premier marché\n\n exiger une réforme de la gouvernance de l'IASB (exercer un contrôle démocratique sur les activités de l'IASB pour permettre le droit de regard des organisations de la société civile). \n\n\nNous attendons de l'UE qu'elle se positionne fortement sur le sujet, en allant au-delà des mesures prises par les US et la Chine.\n\n\n\n\n\n\n\n\n(1) Les deux parties du conflit s'accordent sur le fait que le pétrole a financé les armes. Pascal Lissouba a affirmé lors d'une audition devant l'Assemblée nationale que « Elf avait choisi M. Sassou Nguesso », in Rapport d'information n°1859, pp. 271 et 282, tandis que Denis Sassou Nguesso assure : « nous pouvons prouver que c'est avec l'argent du pétrole (...) que l'on a acheté les hélicoptères de combat et les bombes », cité in François Xavier Verschave, avril 2003, L'envers de la dette. Criminalité politique et économique au Congo Brazzaville, Agone, p. 59. Enfin l'ancien PDG d'Elf, Loic Le Floch-Prigent, ne dit pas autre chose : « tous les mois, lorsque le pétrole est vendu, les congolais voient une partie de leur argent aller directement chez Elf pour rembourser [les] armes [de la guerre civile de 1998-1999] », cité dans Xavier Harel Afrique-Pillage à huis clos, Fayard, 2006, pp 49-50.\n\n\n(2) Les US suivent un autre système de normes comptables (FASB). Un rapprochement est en cours entre les deux systèmes.\n\n\n(3) - Exemption pour les entreprises qui considèrent que la publication de ces informations pourrait leur porter « préjudice ». \n\n Clause de matérialité qui indique que le reporting pays par pays ne s'applique que pour les pays dans lesquels la multinationale mène des activités d'importance suffisante (Appréciation de ce seuil laissée à l'entreprise elle-même).\n\n\n \n\n\n \n "}
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Il ne s’agit pas seulement de dégradation de l’environnement, d’appauvrissement des ressources naturelles ou de menace climatique, mais de la nécessité de changer de modèle de développement. Ce n’est pas un luxe de pays riches puisque les pays les plus pauvres risquent d’en souffrir d’autant plus qu’ils n’ont pas toujours les moyens de s’adapter aux nouvelles conditions de vie. Nous sommes tous embarqués dans un seul monde et nous sommes tous interdépendants. L’écologie est la prise de conscience de la finitude de ce monde..\n\n\n\n\n« Le Seigneur Dieu prit l’homme\net le conduisit dans le jardin d’Éden\npour qu’il le travaille et le garde. »\nGenèse 2,15\n\n\n\nDepuis les années 1960, des communautés chrétiennes se sont engagées dans la réflexion et dans l’action. Les institutions catholiques n’ont pas toujours été à la pointe du combat, mais des raisons théologiques poussent à l’engagement.\n\nLa prise de conscience la plus significative est que le salut n’est pas hors-sol, il ne se joue pas en dehors du monde concret dans lequel nous vivons. « Le salut définitif, que Dieu offre à toute l’humanité par son propre Fils, ne s’accomplit pas en dehors de ce monde » (Compendium de la doctrine sociale, 453). \nCeci est vrai au titre non seulement de la Création, mais aussi de l’incarnation de Dieu et de la résurrection de la chair. Le christianisme n’est pas la religion du « salut de l’âme » en dehors du corps.\nOn a longtemps compris cela comme une transformation de la nature dans la ligne de ce que permettait la technique moderne, le travail humain contribuant à la construction du Règne de Dieu (cf. l’oeuvre de Teilhard de Chardin). \nAujourd’hui, nous percevons mieux que poursuivre la Création passe par une attention plus grande aux autres créatures et une capacité d’émerveillement devant leur grande diversité, malheureusement souvent menacée par l’activité humaine.\n\nL’apport biblique consiste d’abord à affirmer la bonté du créé. Ce que Dieu crée ne contient aucun mal. L’origine des choses est entièrement bonne. Cela contredit certes notre expérience trop commune du mal. \nMais la Bible affirme que le mal est entré dans le monde et, donc, qu’il n’est pas voué à y rester éternellement. Selon le Livre de la Sagesse, « les semences de l’être sont salutaires » (1,14). \nSi la nature peut sembler parfois menaçante à l’égard de l’homme (les catastrophes naturelles, les épidémies), elle n’est pas radicalement mauvaise.\nCela soutient l’espérance que les forces de mort ne l’emporteront pas en dernière instance.\n\nLe fait que le monde ne soit pas bon indique qu’il est en développement, en genèse. La Bible ne nous invite pas à rêver à un âge d’or perdu, un paradis terrestre qui aurait existé autrefois, avant l’humanité. La paléontologie nous apprend d’ailleurs que le vivant est en perpétuelle évolution, qu’il se transforme en permanence. Cette transformation peut être vue comme la recherche tâtonnante d’un mieux-être. Par son action, l’humanité peut entraver cette quête, mais elle peut aussi l’accompagner, voire la diriger.\n\n\nSoumettre et dominer ?\n\nParmi les créatures, seule l’humanité, hommes et femmes, est dite créée « à l’image de Dieu » (Genèse 1,26). L’humain a un rôle propre à exercer au sein du monde naturel. \nLe texte biblique emploie deux verbes qui ont fait couler beaucoup d’encre :\n« soumettre » et « dominer » (Genèse 1,28). Cela ne veut pas dire que Dieu invite l’homme à exploiter violemment une nature dont il serait comme le « maître et possesseur »  (Descartes, Discours de la méthode). Soumettre ne signifie pas dévorer. Ces mots doivent être compris dans le sens des images qui viendront plus loin dans le texte, celle du jardinier (garder et cultiver le jardin : pas seulement le garder, mais aussi le cultiver !) et celle du berger. Le « bon berger » prend soin de son troupeau, comme le rappelle le prophète Ézéchiel.\n\nD’autres textes bibliques, comme le Psaume 104 et le livre de Job, placent d’ailleurs l’humanité en position moins dominante que le livre de la Genèse.\nC’est – soit dit en passant – prendre la Bible dans son ensemble… Cela souligne la solidarité profonde des créatures, que la réflexion écologique nous fait mieux percevoir. \nOn n’a pas toujours remarqué que la première nourriture de l’humanité, selon la Genèse, était végétarienne et que les animaux n’avaient pas le même régime alimentaire qu’elle (Genèse 1,29-30). \nL’auteur du texte a certainement conscience qu’il s’agit d’une utopie. Mais elle attire l’attention sur le fait que se nourrir suppose le respect de la vie.\n\n\nFaire réussir la Création !\n\nOn peut souligner une dernière idée. L’insistance sur la notion de création signifie que le monde n’est pas un système inerte, une mécanique qu’il suffirait d’entretenir, une horloge comme le disait Voltaire.  \nSa nature irait plutôt du côté de la vie, qui se renouvelle sans cesse. Cela doit susciter l’admiration devant le miracle de la vie, que nous ressentons en particulier face à toute naissance.\n« Le Seigneur Dieu prit l’homme et le conduisit dans le jardin d’Éden pour qu’il le travaille et le garde. » Genèse 2,15\nIl ne s’agit pas tant de conserver les choses en l’état (identifier l’écologie à la conservation est un peu court) que de permettre à cette créativité de se poursuivre. Benoît XVI parle d’un devoir de « laisser la terre aux nouvelles générations dans un état tel qu’elles puissent elles aussi l’habiter décemment et continuer à la cultiver »  (Caritas in veritate, § 50). Il revient aux créatures la tâche de « faire réussir » la Création, selon l’expression du théologien Antoine Delzant.\nLa créativité n’est pas le monopole de Dieu. La créature humaine est invitée à devenir à son tour créatrice. Mais pas elle seulement. Pourquoi les autres créatures ne pourraient-elles pas, à leur tour, s’inscrire dans ce grand mouvement de (re)génération? Dans cette perspective, elles ne sont pas seulement des « choses » à disposition de l’homme.\nElles bénéficient, à leur mesure, d’une capacité créatrice.\nS’il y a conservation, ce serait plutôt celle de la capacité créatrice. Préserver la biodiversité n’est pas seulement utile ou esthétique ; c’est reconnaître que la grande multiplicité des êtres est favorable à la Création. Cela suppose de savoir limiter son action.\n\nDieu peut tout faire, certes. Il est tout-puissant. Mais il décide de ne pas faire, de ne pas exercer sa toute-puissance au détriment des autres êtres. Le couronnement de son acte créateur, selon la Genèse est le septième jour, le « sabbat ». Dieu « arrête » son œuvre créatrice. Ce n’est pas par fatigue ! Mais c’est le signe qu’il permet alors à d’autres instances de poursuivre son œuvre, chacune à sa place.\nLe chapitre 11 du livre d’Isaïe présente un tableau de l’état du monde créé à la fin des temps. Tel est le dessein de Dieu : toutes les créatures sont réconciliées entre elles. L’image est célèbre : le loup et l’agneau ont le même pâturage. Vision là encore utopique. Mais elle exprime bien une extension cosmique de la communion des saints. \nDe même que la violence entre les humains aura disparu dans le Royaume de Dieu, elle ne régnera plus entre les créatures. Le salut est l’alliance entre Dieu et l’ensemble des créatures.\nCela est encore loin, mais des signes existent d’une réconciliation anticipée. Saurons-nous les percevoir ? \n\n• Lire aussi :\n– François Euvé : « Principes d’une écologie chrétienne », Études, avril 2012.\n– Documents d’Église : Compendium de la doctrine sociale ;\nBenoît XVI, Caritas in veritate (48-51) ; Conférence des évêques de France, Enjeux et défis écologiques pour l’avenir, 2012."}
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La campagne s'inscrit dans une longue mobilisation du CCFD-Terre solidaire pour rendre les multinationales responsables de leurs impacts dans les pays du Sud. Retour sur deux années de mobilisation et de sensibilisation intenses \n\n\n\nUne forte mobilisation\n\n\n\n  Près de 20 000 signatures recueillies pour la pétition demandant à l’Etat français un encadrement des activités de ses multinationales dans les pays du Sud  Plus d’une cinquantaine d’élus (députés et eurodéputés) approchés, des conférences données à travers toute la France,  Une vingtaine d'évêques français signataires d'une déclaration mondiale pour une législation sur les minerais de sang (au total 150 évêques de 40 pays) D’innombrables rencontres avec différents ministères et institutions internationales,  Sans oublier plus de 140 articles dans la presse, une centaine d'émissions sur les ondes, les plateaux TV  et un documentaire, Les damnés du lowcost, sur le Rana Plaza… \n\n\nLes résultats\n\n\nAprès la catastrophe du Rana Plaza au Bangladesh, une loi historique\nLe 30 mars 2015, l’Assemblée nationale française adoptait enfin une loi, dite loi « Rana Plaza (1) », obligeant les entreprises à un devoir de vigilance sur les activités de leurs filiales et sous-traitants dans les pays du Sud et les tenant responsables en cas d'atteintes aux droits de l’homme ou dégradations de l’environnement. Elle ouvre  la possibilité pour les victimes de catastrophes d'aller en justice devant les tribunaux français.\n\n\nUne proposition de règlement de commission européenne sur les minerais du sang\nUne large majorité des députés européens se sont positionnés le 20 mai 2015 en faveur d’un règlement obligatoire  et ambitieux pour contribuer à rompre le lien entre ressources naturelles et conflits. C’est un immense pas en avant et un signal fort adressé aux États membres qui doivent maintenant se prononcer pour un texte final attendu avant la fin de l’année 2015. \n\n\nDes avancées, à confirmer, pour que les entreprises multinationales paient des impôts là ou elles créent des richesses, à commencer par celles qui bénéficient d'un soutien Français.\nDes avancées notables ont été approuvées par les pays du G20, exigeant notamment le reporting pays par pays pour toutes les entreprises\n\n\n150 référents plaidoyer mobilisés au sein du réseau\n\n\nSi l’appel au « respect des règles en matière d´investissements internationaux dans les pays du Sud » lancé, fin 2013, par le CCFD-Terre Solidaire a manifestement été entendu, c’est le fruit d’un long travail de préparation et de mobilisation des équipes du plaidoyer à Paris, avec les bénévoles sur le terrain. \nUne collaboration « fondamentale » pour Caroline Dorémus-Mège, directrice du plaidoyer : « Le CCFD-Terre Solidaire  ne porte pas une parole d’experts déconnectés, c’est une parole qui est construite et portée par des citoyens engagés, qui sont là, derrière nous, pour défendre une vision du développement, du système économique. C’est ce qui nous donne notre légitimité et fait aussi notre force dans notre rapport aux pouvoirs publics. L’interaction avec les députés ou sénateurs sur le terrain renforce nos propres actions au niveau national et apporte une vraie plus-value. »  \nCette interaction, Maryse en est l’une des artisanes. Fidèle du CCFD-Terre Solidaire  depuis une trentaine d’années, cette ancienne professeur de physique aujourd’hui retraitée dans la « DD25 », la délégation diocésaine du Doubs, a décidé de pousser plus en avant son engagement en rejoignant le « réseau de référents plaidoyer » du CCFD-Terre Solidaire  : Cent cinquante personnes réparties sur tout le territoire, spécialisées sur les questions de plaidoyer et dont l’action principale consiste à interpeller les décideurs. « Le fait de travailler ensemble, de manière participative avec les équipe de plaidoyer, de ne pas être lâchés dans la nature nous permet d’être efficaces et d’avancer avec confiance. » explique-t-elle.\n« Cela veut dire des formations et des contacts réguliers avec le siège sur les sujets qui sont portés dans les campagnes et un gros travail chez soi d’approfondissement des dossiers et de suivi de l’actualité. C’est comme lorsqu’on est professeur : il faut toujours en savoir un peu plus que ce qu’on prévoit de dire, parce qu’on peut être poussé à développer », plaisante-t-elle. \nCar ici, ce ne sont pas des jeunes à qui il faut apprendre, mais des élus qu’il faut convaincre. Et avec lesquels il faut établir, si possible, des liens solides. À l’image de ceux tissés avec Barbara Romagnan. Contactée une première fois lors des législatives de 2012, celle qui est aujourd’hui députée du Doubs sera, pour quelques jours, du voyage d’immersion placé sous le thème des femmes dans l’industrie textile organisé par la région Bourgogne-Franche Comté en août prochain en Tunisie !\n\n\nDes bénévoles acteurs de changement\n\n\nLa transformation des recommandations, des propositions du CCFD-Terre Solidaire  en loi n’est pas la seule retombée positive. « Avec la volonté d’influer sur une décision ou un changement politique, il y a aussi celle d’amener les gens à se poser des questions, à s’investir. C’est toute la question de la citoyenneté active », précise Caroline Dorémus-Mège.\nDes bénévoles devenus « acteurs de changement », termes jusque-là habituellement réservés aux partenaires du Sud ? « Lorsqu’il y a certaines lois en discussion à l’Assemblée nationale et que j’entends des arguments qui sont ceux du CCFD-Terre Solidaire  ou qui sont convergents avec ce que nous proposons, c’est un sentiment fort »,  s’émeut aujourd’hui encore Maryse. « On a effectivement le sentiment d’être un acteur du changement, d’être ce grain de sable qui, par la non violence et l’argumentation, enraye le rouleau compresseur de l’économie dérégulée et fait avancer le droit. Pour moi, c’est une grande stimulation. »\n\nEn route vers la COP 21\nMaryse est d’ailleurs déjà prête au prochain combat : la COP 21, la conférence des Nations unies sur les changements climatiques qui se tiendra à Paris en décembre prochain. « C’est le moment de prendre conscience que le climat concerne toute la planète et que les populations du Sud payent le plus lourd tribut aux dérèglements. » Les arguments sont déjà là… \n\n\nPatrick Chesnet\n\n\n(1) Le 24 avril 2013, l’effondrement d’un bâtiment de huit étages, le Rana Plaza, où se trouvaient quelque trois mille employés du textile, travaillant pour des grandes marques internationales dans des conditions déplorables et pour un salaire de misère, entrainait la mort de 1 138 personnes à Dacca, au Bangladesh."}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/comment-enrayer-la-malnutrition-au-guatemala/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/comment-enrayer-la-malnutrition-au-guatemala/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Comment enrayer la malnutrition au Guatemala ?","datePublished":"2014-06-17T14:28:56+00:00","dateModified":"2021-12-08T11:08:42+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/comment-enrayer-la-malnutrition-au-guatemala/"},"wordCount":835,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Agriculture","Projet","Souveraineté alimentaire et agroécologie"],"inLanguage":"fr-FR","description":"Créée en 1987, en plein conflit armé, l'association « Services Juridiques et Sociaux » (SERJUS), partenaire du CCFD-Terre Solidaire, tente d'améliorer les conditions de vie des communautés rurales du Guatemala. En accompagnant, notamment, des initiatives de lutte contre la malnutrition qui touche la moitié des enfants guatémaltèques.\n\n\n\nOlinda Argueta montre du doigt un bosquet d'arbres élancés au feuillage vert clair. « Ce sont des Ramon, explique la présidente de la Coopérative « Fruits de la Forêt », située dans la communauté Santa Maria de los Dolores, dans le département de El Quixé, au nord du Guatemala, tout près de la frontière mexicaine. Il y a encore quelques années, nous coupions ces arbres pour pouvoir faire du feu. A l'époque nous ignorions qu'en récupérant et en transformant les fruits, nous pouvions lutter contre la faim. Durant le conflit armé, le Ramon a permis aux populations de survivre, en l'absence de maïs et de haricots. Mais son utilisation a été abandonnée ensuite, alors que le fruit est très riche d'un point de vue nutritionnel.»\n\nLa Coopérative « Fruits de la Forêt » a été  créée en 2009. Elle fait partie du réseau alternatif d’échanges solidaires en Ixcan (RAIS), composé de cinq associations de producteurs, fédérations de coopératives et associations de femmes productrices. Comme les autres entités du RAIS, « Fruits de la Forêt » est accompagné depuis sa création par « Services Juridiques et Sociaux » (SERJUS), un partenaire du CCFD-Terre Solidaire. Cette organisation « d'appui et de participation à l'organisation de mouvements pour la lutte sociale et politique pour la distribution des ressources et contre l'agro exportation comme modèle économique » a été créée en 1987, en plein conflit armé (1960-1996). Objectif ? « Améliorer les conditions de vie des communautés rurales et promouvoir leur participation à la construction démocratique du niveau local au niveau national ».\n\n\nUn enfant sur deux victime de malnutrition\n\nDans le cadre de la lutte pour la garantie de la sécurité alimentaire, le travail accompli par les femmes de la Coopérative « Fruits de la Forêt » constitue un cas d'école pour SERJUS. « En partant de la valorisation de ce fruit local qui ressemble à une noisette, nous avons formé ces femmes à la production, la transformation et à la commercialisation de ces produits », explique Manuel Najera, coordinateur pour la région de l'Ixcan au sein du SERJUS. Résultat, que ce soit sous forme de farine, de gâteaux ou de « tortillas », le pain local, le Ramon est vendu sur les marchés et a déjà amélioré le niveau de vie des « Femmes de la Forêt ». Mieux, la farine de Ramon est vendue à un prix très accessible dans les écoles pour composer les goûters. De quoi permettre de lutter contre la malnutrition infantile qui, selon l'Unicef, a touché plus d'un million d'enfants guatémaltèques de moins de cinq ans (soit 49,6 %) en 2013.\n\n10 000 personnes potentiellement impactées par un barrage hydrolélectrique\nLa mission de SERJUS ne se limite pourtant pas à la malnutrition. « La lutte pour le droit à la terre des communautés, notamment mayas, est également un axe important de notre travail », poursuit  Manuel Najera. Au cœur de l'actualité, le projet du complexe hydroélectrique de Xalalà, sur la commune d'Ixcan, dans le département de Quiché. « Ce projet a été annoncé voilà plus de dix ans, explique le  coordinateur. Mais en fait ce barrage était déjà dans les cartons avant même le début du conflit armé. » L'un des problèmes est l'absence d'informations de la part du gouvernement, empêchant d'évaluer les réels impacts humains, écologiques et sociaux. « Nous savons néanmoins qu'au moins 10 000 personnes seraient directement touchées par la construction de ce barrage », assure Manuel Najera qui, se bat avec SERJUS pour que les droits des populations locales soient respectés. En commençant par la tenue d'une consultation populaire, comme le prévoit la loi.\n\n\n« Lutter pour le droit à la terre »\n\nD'ici aux élections générales de septembre 2015, les tâches ne vont d'ailleurs pas manquer à l'équipe du SERJUS. En commençant par l'appui à la construction ou au renforcement du pouvoir local des communautés rurales. « Nous avons l'intention d'utiliser la campagne électorale comme une fenêtre pour construire un projet politique et pour faire émerger au niveau national les demandes de chaque communauté, en mettant en avant les convergences entre les demandes de chaque peuple. » En particulier le thème du droit à la terre, dans un pays où, contrairement aux accords de paix, aucune terre n'a été redistribuée aux communautés indigènes. Une nécessité pourtant, dans un pays où moins de 2 % des producteurs possède presque 57 % des terres cultivables.\n\nJean Claude Gérez"}
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Mais qui connaît le rôle de cette communauté du réseau ignacien ? Et que va signifier pour elle ce nouvel engagement ?\n\n\n\n« L’appel » du CCFD-Terre Solidaire à la Communauté Vie chrétienne (CVX) ne date pas d’aujourd’hui. Il y a quelques années, l’ONG de développement lui avait tendu la main l’incitant à rejoindre sa collégialité. Ce n’était pas encore, pour elle, le bon moment. Le CCFD-Terre Solidaire reprend contact en 2011. La réponse de la CVX sera alors positive. Les vieilles craintes ont été évacuées au profit d’un désir de participer à plus grand que soi. « Certes, cela nous bouscule, reconnaît Alain Jeunehomme, responsable national CVX. Il existe beaucoup de liens entre les actions de l’ONG et les principes inscrits dans nos textes fondateurs, comme les actions de justice, de solidarité, la dignité de l’homme. Il nous a donc semblé cohérent de nous engager, même si nous ne pourrons pas, dès le départ, être partout un relais du CCFD-Terre Solidaire. »  \n\nMais pourquoi élargir une collégialité qui compte déjà vingt-huit membres ? « La mission du CCFD-Terre Solidaire nous est confiée par l’Eglise, commente son président Guy Aurenche. Elle doit donc être réfléchie en Église. Nous avons fait appel à différents mouvements cette année pour nous rejoindre. Non par «réflexe numérique». L’objectif n’est pas de renforcer nos troupes. Mais il est bon de valoriser la collégialité en apportant de nouvelles forces vives. Nous voulons faire ce pari d’une Église ouverte, plurielle, non retranchée sur elle-même, engagée dans la cité et présente au monde. »\n\nÀ la base, la Communauté de Vie chrétienne est une école de compagnonnage et de service à la suite du Christ. Les multiples communautés locales se réunissent au moins une fois par mois pour s’entraider, réfléchir et «reconnaître dans leur vie la présence de Dieu en toute chose». Cécile Vacher y est entrée à vingt ans. Elle en a aujourd’hui quarante. Enseignante dans le Cantal, elle a toujours cherché un lieu d’engagement dans sa foi. « Je n’aurais jamais eu ce lien avec l’Église avec les seules propositions de la paroisse. À la CVX, il y a cette réflexion sur soi, et cette réflexion commune qui permettent de jeter un regard en profondeur sur ce que l’on vit et la manière dont on le vit. » \n\nLa CVX est-elle pour autant un mouvement prioritairement axé sur une recherche intérieure ? « La communauté n’a pas pour but initial l’engagement social, répond Alain Jeunehomme. Mais notre manière d’être, liée à la méthode ignacienne, nous permet de ne pas opposer « action » et « méditation ». Et des actions, la CVX en a. Les ateliers thématiques par exemple – L’accueil de l’étranger, L’écologie, La justice – qui permettent aux intéressés de se retrouver régulièrement au niveau national. Cécile Vacher fait partie de l’atelier Chrétiens coresponsables de la Création. Elle s’y est engagée au départ par simple citoyenneté, étonnée de découvrir le questionnement de l’Église sur le sujet. Les mois suivants, l’Éducation nationale lançait l’opération Devenir éco-école. L’enseignante voit là une véritable cohérence entre la réflexion en atelier et le travail avec ses jeunes élèves.\n\nAutre engagement très concret : l’aide et le soutien aux étudiants étrangers, via le Cised (Centre d’initiative et de service aux étudiants de Saint-Denis), initié par les Jésuites. En 2000, ils ont fait appel à la CVX, aux sœurs auxiliatrices et à l’évêque de Saint-Denis, pour l’animer. On y vient pour des cours de soutien, un vrai programme de FLE (Apprendre le français en France), pour se rencontrer, pour se détendre. Au début, c’était là l’essentiel. Deux psychologues, des bénévoles accompagnants les jeunes dans leurs démarches administratives. On y organise également des activités culturelles, et les fêtes sont prétextes à se retrouver. « Notre présence à l’université de Saint-Denis est reconnue et acceptée par la majorité des personnels, assure Bruno Sterlin, membre de la CVX et président du Cised (1). Notre petite maison, face à l’université, voit passer entre trois cents et quatre cents étudiants par an. Pratiquement tous des étrangers. » Un mélange de cultures et de traditions qui permet à chacun de découvrir que l’on peut se parler et vivre ensemble au-delà de toutes les différences. \n\n\nÉlisabeth du Closel\n\n\n* Le CCFD-Terre Solidaire regroupe un collège de 29 mouvements et services d’Église  dont les représentants discutent et décident des orientations de l’association.\n\n(1) Le Cised est un réseau constitué de plusieurs associations qui font le même travail qu’à Saint-Denis dans les villes de Lyon, Grenoble, Marseille, Luxembourg, Alger et Casablanca. Là, les associations ne sont pas forcément initiées par les Jésuites.\n\n\nwww.cised.fr\nCommunauté Vie chrétienne : www.cvxfrance.com   \n\n\nCVX monde\nCVX est une communauté mondiale, présente dans soixante pays sur tous les continents, pour laquelle le plaidoyer est fondamental. Certaines communautés ont un fort engagement social. La CVX Équateur soutient des projets à l’hôpital pour les personnes âgées et les enfants et aide à la réintégration professionnelle des jeunes. En Corée du Sud, l’aide aux migrants est très soutenue. En Uruguay, des espaces de vie sont créés pour permettre aux enfants à la marge de redevenir des enfants."}
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L’entreprise n’aurait, selon cette définition de l’Insee, qu’un seul objectif : générer des profits. Les chrétiens ne sauraient s’en satisfaire (*). \nL’Église ne condamne pas en soi le profit, pertinent « comme indicateur du bon fonctionnement de l’entreprise » (Centesimus annus, CA 35). Mais elle juge dangereuse la quête du « plus grand profit » à tout prix. Elle voit de façon très positive l’acte d’entreprendre, expression de « la liberté de la personne dans le domaine économique », tout en rappelant qu’il revient à l’homme de « faire un usage responsable » de cette liberté (CA 32). Dans l’enseignement social catholique, l’entreprise est une « société de personnes » plus qu’une « société de capital » (CA 43), avant tout « au service des personnes  » et du bien commun. Comment est-elle appelée à y contribuer ? \n\n\n\n\nPar son activité, si les biens et services produits correspondent à une activité socialement utile. \nPar l’emploi créé, si les conditions de travail sont « décentes ». Pour Jean-Paul II, « Les chefs d’entreprise doivent (…) fonder leur démarche (…) sur le respect des personnes et leur besoin inaliénable d’avoir un travail et de vivre des fruits de leur activité professionnelle ». \nPar la place réservée à l’homme, « l’auteur, le centre et le but de toute la vie économico-sociale » (Gaudium et spes, GS 63). L’employé n’est pas une simple force de travail évaluée à l’aune de la performance, mais d’abord une personne appelée à développer sa créativité, ses compétences, ses relations. \nPar une « répartition juste et responsable du travail » et des richesses. « Un écart trop important entre les salaires est injuste, il déprécie un certain nombre d’emplois indispensables et il creuse des disparités sociales dommageables pour tous . » \nPar sa gouvernance, démocratique ou non : l’entreprise étant formée « [d’]êtres libres et autonomes, créés à l’image de Dieu (…), il faut promouvoir, selon des modalités à déterminer au mieux, la participation active de tous à la gestion des entreprises » (GS 68). \nPar sa contribution au financement de l’État, auquel il revient « de veiller à la préservation du bien commun » (Evangelii Gaudium, EG 56) et par le respect des lois qui régulent la société, protègent les personnes et l’environnement. \nPar les responsabilités, enfin, qu’elle « doit assumer vis-à-vis de toutes les parties prenantes qui contribuent à la vie de l’entreprise : les travailleurs, les clients, les fournisseurs des divers éléments de la production, les communautés humaines qui en dépendent » (Caritas in veritate, CV 40).\n\nSans nier les apports de la mondialisation, l’Église met en garde contre certains risques quand les entreprises se déploient à l’international. Elle craint « que l’entreprise soit presque exclusivement soumise à celui qui investit en elle » au détriment de « toutes les parties prenantes qui contribuent à la vie de l’entreprise » (CV 40). « La fameuse délocalisation peut atténuer chez l’entrepreneur le sens de ses responsabilités vis-à-vis des parties prenantes, au profit des actionnaires qui ne sont pas liés à un lieu spécifique. » Or « il n’est pas licite de délocaliser uniquement pour jouir de faveurs particulières ou, pire, pour exploiter la société locale sans lui apporter une véritable contribution » (CV 40). Investir « un certain capital à l’étranger [peut] être bénéfique », mais « en tenant compte de la façon dont ce capital a été constitué et des préjudices causés aux personnes là où ce capital a été produit. ». « Investir revêt toujours une signification morale » (CV 40).\n\nQuant au rôle de garant du bien commun dévolu à l’État, il se voit malmené, tant par l’influence exercée directement – de façon licite ou non – par des multinationales, que par le fonctionnement même de l’économie mondiale. Pour Benoît XVI, « Le marché a encouragé des formes nouvelles de compétition entre les États dans le but d’attirer les centres de production des entreprises étrangères, à travers (…) une fiscalité avantageuse et la dérégulation du monde du travail. Ces processus ont entraîné l’affaiblissement des réseaux de protection sociale, faisant peser de graves menaces sur les droits fondamentaux de l’homme et sur la solidarité » (CV 25). François dénonce ces « idéologies qui défendent l’autonomie absolue des marchés et la spéculation financière » : « Dans ce système, qui tend à tout phagocyter dans le but d’accroître les bénéfices, tout ce qui est fragile, comme l’environnement, reste sans défense » (EG 56).\n\nQuestions pour un partage :\n•\tDans les entreprises que je connais, l’être humain est-il au cœur du projet ? \n•\tDe quoi parle le pape François quand il épingle « ces idéologies qui défendent l’autonomie absolue des marchés » ?\n\n(*) Cf. Cécile Renouard, « L’entreprise capitaliste », sur www.discours-social-catholique.fr"}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/appel-pour-une-sortie-de-crise-en-republique-centrafricaine/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/appel-pour-une-sortie-de-crise-en-republique-centrafricaine/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Appel pour une sortie de crise en République Centrafricaine","datePublished":"2013-09-25T17:53:16+00:00","dateModified":"2021-12-08T15:34:49+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/appel-pour-une-sortie-de-crise-en-republique-centrafricaine/"},"wordCount":958,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Paix et vivre ensemble"],"inLanguage":"fr-FR","description":"A l'occasion de la réunion de haut niveau sur la Centrafrique qui se tient en marge de l'Assemblée générale des Nations unies ce mercredi 25 septembre,  une délégation de la société civile centrafricaine présente à New York  a lancé un appel à l'ensemble des chefs d'Etats et en particulier aux membres du Conseil de sécurité de l'ONU  ainsi qu'au secrétaire général des Nations unies.\n\nAu cours de sa mission de plaidoyer à New York (23 -26 septembre 2013), la délégation a pu rencontrer les missions diplomatiques des Etats-Unis, de France, du Rwanda, d'Australie, entre autres, des représentants de l'Union européenne, des agences de l'ONU ainsi que des ONG. La délégation est soutenue par le CCFD-Terre Solidaire, le Secours Catholique-Caritas France et ACORD. La délégation est accompagnée par Zobel Behalal, chargé de plaidoyer paix et conflits au CCFD-Terre Solidaire et Joseph Donnelly, chef de la délégation de Caritas Internationalis auprès des Nations unies.\n\n\n\nAppel pour la sortie de crise en République Centrafricaine\n\nLa crise que connaît la République centrafricaine (RCA) reçoit fort heureusement une attention grandissante de la part de la communauté internationale. Aux nombreux défis sécuritaires s'ajoutent aujourd'hui des défis humanitaires qui doivent être réglés au plus vite afin de préserver le pays et toute la région de l'implosion. Nous, acteurs de la société civile et représentants des communautés religieuses, appelons les Etats réunis cette semaine à New York à adopter les recommandations ci-dessous :\n\n1. Sur le volet sécuritaire\n\nLe dispositif actuel pour restaurer la sécurité a montré ses limites. Pour diverses raisons, les forces de l'Afrique centrale n'arrivent pas à assurer la protection des populations civiles des exactions commises par les Séléka. Il faut donc :\n\n- Renforcer le mandat de la MISCA en lui permettant de passer sous le chapitre VII de la charte des Nations unies ;\n\n- Apporter un appui logistique et financier pour le déploiement de la MISCA sur tout le territoire ;\n\n- Travailler à l'élargissement de la MISCA à des forces armées des autres pays de l'Afrique ;\n\n- Développer une politique concertée de DDR pour rapatrier les mercenaires étrangers présents sur le territoire de la RCA et réinsérer les nationaux dans le tissu socioéconomique ;\n\n- Mettre en place une stratégie pour une réforme du secteur de la sécurité.\n\n2. Sur les droits de l'homme et la lutte contre l'impunité\n\n\nAu cours de ces 10 dernières années, la situation des droits de l'homme n'a cessé de se détériorer. Les exactions et abus dont seraient auteurs les différents protagonistes de la crise ne peuvent pas rester impunis si l'on veut ramener la paix. Nous appelons donc :\n\n- A la mise sur pied d'une commission d'enquête internationale pour établir les responsabilités dans les violations des Droits de l'homme de 2003 à 2013 ;\n\n- Au renforcement de la commission mixte d'enquête en lui donnant des moyens logistiques et une assistance technique ;\n\n- Au renforcement de l'Etat de droit.\n\n3. Sur le volet humanitaire\n\nL'amplification de la crise ces derniers mois a aggravé la situation humanitaire. Le nombre de déplacés ne cesse d'augmenter. Craignant pour leur vie, les humanitaires ont déserté le pays. Nous voulons :\n\n- Une sécurisation des couloirs et du personnel humanitaires ;\n\n- Une aide au retour des personnes déplacées et des réfugiés ;\n\n- Une attention particulière à la reconstitution des outils de production des populations notamment dans le domaine agro pastoral.\n\n4. Sur la dimension économique du conflit\n\nLes rebelles de la Seleka contrôlent les sites d'exploitation du diamant et d'autres ressources naturelles. Ils ont utilisé les revenus du commerce de ces ressources pour financer le récent coup d'Etat. Il faut aller plus loin que la simple suspension de la RCA du processus de Kimberley en :\n\n- Favorisant une cartographie détaillée de la présence des groupes rebelles sur les sites d'exploitation des ressources naturelles (diamant, or...) ;\n\n- Donnant le mandat à la MISCA de sécuriser les sites d'exploitation des ressources naturelles ;\n\n- Permettant une coopération sous régionale afin d'empêcher que les ressources naturelles qui financent les violences aient des débouchés internationaux.\n\n5. Sur l'implication de la société civile\n\nDepuis quelques mois, nous constatons des signes inquiétants qui font craindre une confrontation entre communautés chrétiennes et musulmanes. La société civile et les confessions religieuses sont particulièrement actives sur la préservation du vivre ensemble de plus en plus menacé en RCA. Aussi demandons-nous :\n\n- Qu'elles soient reconnues et renforcées dans leurs capacités d'action.\n\n- Qu'elles soient associées au processus de réconciliation et de reconstruction\n\nPour nous, le retour à une paix durable en RCA ne se fera pas sans la participation de la société civile. A toutes les étapes du processus, il serait dangereux de ne consulter que les forces politiques ou militaires.\n\nFait à New York, le 24 septembre 2013\n\nMme Béatrice Emilie EPAYE - présidente de La Voix du Cœur\n\nMgr Nestor Désiré NONGO AZIAGBIA - évêque de Bossangoa\n\nRev. Nicolas GUEREKOYAME-GBANGOU - président du Comité exécutif de l'Alliance des Évangéliques en Centrafrique\n\nMe Mathias Barthélemy MOROUBA - président de l'Observatoire centrafricain des droits de l'Homme (OCDH)"}
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Il constitue une atteinte aux droits des populations locales.\n\n\n\nEn juillet 2008, Daewoo Logistics signe avec le gouvernement de Madagascar un contrat d’exploitation de 1,3 million d’hectares de terres. Le groupe sud-coréen compte cultiver du maïs et des palmiers à huile sur l’équivalent de la moitié des terres arables du pays. Le contrat est annulé l’année suivante. Dans le même temps, le président signataire est évincé du pouvoir. Cependant, l’événement donne le « la » à un phénomène sans cesse croissant depuis lors : l’accaparement de terres et de ressources naturelles au détriment des populations locales. Cette réalité est difficile à apprécier en raison du manque de transparence des contrats d’acquisition. Un réseau d’ONG1 a identifié 400 millions d’hectares accaparés dans le monde à des fins diverses, sur la base d’un recensement incomplet à ce jour. Chaque année, l’équivalent de l’Italie serait ainsi concerné en Afrique, qui est le continent le plus affecté.\n\n\nPorts et barrages\nComment se manifeste ce phénomène ? Il peut s’agir d’un accaparement de terres agricoles au sens strict, par occupation directe du territoire avec des machines et l’expulsion des habitants. La ressource en eau peut être détournée, comme c’est le cas au Mali. L’accaparement peut avoir pour but de développer des infrastructures : ports en eau profonde (comme le projet de complexe industrialoportuaire de Kribi au Cameroun), barrages gigantesques (un projet en cours sur le fleuve Congo), etc.\nLes industries d’extraction minière, voire l’implantation d’activités industrielles (c’est le cas de Michelin en Inde) sont une autre cause importante d’accaparement. Enfin, l’annexion de zones maritimes immenses par des États étrangers complète la liste. Les conséquences des accaparements sur les populations ont toutes à voir avec des questions de droit. Ainsi, le droit à l’alimentation et le droit à l’eau sont remis en question en raison de la disparition des terres agricoles et des autres ressources du territoire (celles de la forêt notamment). Les droits des travailleurs sont bafoués quand les petits agriculteurs deviennent ouvriers agricoles sur leurs propres terres, perdent leur qualité de vie antérieure et reçoivent en échange des salaires dérisoires, sans syndicats pour les défendre. Les droits d’expression sont criminalisés quand les révoltes des populations se terminent en bains de sang et le quotidien des habitants militarisé, en raison de la présence de milices armées pour garder les terres spoliées.\n\n\nDes terres irrigables en péril au Mali\nAu Mali, l’accaparement des terres n’est pas un phénomène nouveau, mais son accélération à grande échelle constitue une évolution marquante des dix dernières années, notamment dans la zone de l’Office du Niger au Mali : une région promise à devenir le grenier de l’Afrique et qui n’a cessé d’être un instrument politique au gré des gouvernements. Devenu en 1994 un « établissement public et commercial », l’Office du Niger amorce ainsi la privatisation de ses terres par différents acteurs.\nCe processus s’accélère avec les crises du crédit immobilier et la crise alimentaire, les terres étant devenues une valeur refuge et une source d’approvisionnement agricole. Un exemple en est la première convention à grande échelle signée par un investisseur étranger, le Libyen Mouammar Khadafi, connue sous le nom de Malibya pour 100 000 ha de terres agricoles.\nMal informée et rarement consultée, la population subit aujourd’hui les premières conséquences de cette remise en question par l’État malien d’un modèle agricole fondé sur l’agriculture familiale. L’accès au foncier et l’accès à l’eau des exploitations familiales est mis à mal. Sur le terrain, malgré menaces et pressions, la résistance s’organise avec l’appui de la société civile, notamment dans le cadre du Forum paysan de Kolongo, village directement touché par les travaux de Malibya. Actions judiciaires, plaidoyer, interpellations des élus, interventions de personnalités sont autant d’initiatives mises en œuvre afin de stopper cette dépossession et d’assurer un avenir digne aux communautés..\n\n\nPrix agricoles à la hausse\n\nPourquoi l’accaparement est-il en telle croissance ? Le phénomène est lié à financiarisation des terres et des ressources naturelles. La crise des subprimes en 2008 a réorienté les investissements peu sûrs des secteurs de la finance et du logement vers l’agriculture. Les prix y sont nettement orientés à la hausse et offrent des promesses de rémunérations juteuses. Résultat : les investisseurs achètent des terres arables et y développent des productions agricoles à très large échelle. D’autres activités à très forte rentabilité comme les industries extractives sont également concernées.\nQui sont ces investisseurs ? Leur identification est difficile en raison de leur grand nombre et de l’opacité des contrats. Les acteurs principaux directs sont les élites locales des pays concernés (institutions financières, entreprises ou élus), voire l’État lui-même. Derrière ceux-ci, d’autres acteurs indirects tirent bien souvent les ficelles. Il s’agit d’investisseurs financiers étrangers divers (fonds d’investissement, fonds de pension, assurances, banques) et des États étrangers via leur banque d’investissement international.\nIl est compliqué d’identifier un acteur particulier dans des montages qui concernent souvent une chaîne de responsabilité faisant interagir de nombreux intervenants. Une chose est sûre : ce phénomène continue de croître en dépit de la mobilisation accrue des sociétés civiles pour y faire face.\n\nJean-Paul Rivière"}
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En plaçant les populations – et en particulier les plus pauvres -  au centre, elle ouvre la voie à un véritable dialogue pour trouver des solutions à la crise écologique actuelle et répondre aux inégalités. \n\n\n\nLe CCFD-Terre Solidaire se joint à l’appel urgent lancé aujourd’hui aux citoyens, communautés et décideurs politiques afin que chacun lutte contre les dérèglements climatiques et pour la justice sociale et climatique.\n\nLa publication de cette encyclique intervient dans une actualité internationale particulièrement dense avec  la troisième Conférence internationale sur le financement du développement (Addis-Abeba, 13-16 juillet), la conférence sur les Objectifs de développement durable - ODD (New York, septembre) et la COP21 à Paris en décembre. Comme le rappelle Bernard Pinaud, délégué général du CCFD-Terre Solidaire: “Les prochains mois seront déterminants sur les sujets du climat et du développement. Nous espérons que les décideurs politiques prendront en compte les messages forts portés par l’encyclique, et que les résultats de ces réunions internationales mettront au premier rang l’intérêt général et la préservation des biens communs. Cette encyclique est un encouragement pour faire prendre conscience qu’approche écologique et approche sociale sont indissociables».\n\nUne volonté politique à renforcer face aux intérêts économiques\n\nL'encyclique souligne l'absence de progrès dans la lutte contre les dérèglements climatiques. Ce statu quo politique s’explique notamment selon le Pape François par la volonté de protéger les intérêts financiers acquis: « Une plus grande attention est requise de la part de la politique pour prévenir et pour s’attaquer aux causes qui peuvent provoquer de nouveaux conflits. Mais c’est le pouvoir lié aux secteurs financiers qui résiste le plus à cet effort, et les projets politiques n’ont pas habituellement de largeur de vue. Pourquoi veut-on préserver aujourd’hui un pouvoir qui laissera dans l’histoire le souvenir de son incapacité à intervenir quand il était urgent et nécessaire de le faire ? » (57).\n\nLa transformation sociale indispensable dans lutte contre les dérèglements climatiques\n\n« Il n'y a pas deux crises séparées, l'une environnementale et l’autre sociale, mais une seule et complexe crise socio-environnementale ». Le Pape voit dans la lutte contre les dérèglements climatiques une opportunité pour une véritable  transformation sociale. Selon l'encyclique, le climat est un bien commun, de tous pour tous, et les injustices sociales et environnementales vont de pair. Ainsi, « aujourd’hui, nous ne pouvons pas nous empêcher de reconnaître qu’une vraie approche écologique se transforme toujours en une approche sociale, qui doit intégrer la justice dans les discussions sur l’environnement, pour écouter tant la clameur de la terre que la clameur des pauvres.\" (49)  Nous sommes donc appelés par le pape François à mettre les plus pauvres au centre. Première victimes des conséquences des dérèglements climatiques dont ils ne portent pas la responsabilité, ils n’ont aucun moyen pour y faire face. Le texte précise : « Quand on propose une vision de la nature uniquement comme objet de profit et d’intérêt, cela a aussi de sérieuses conséquences sur la société. La vision qui consolide l’arbitraire du plus fort a favorisé d’immenses inégalités, injustices et violences pour la plus grande partie de l’humanité, parce que les ressources finissent par appartenir au premier qui arrive ou qui a plus de pouvoir : le gagnant emporte tout. » (82)\n\nL’urgence de soutenir les petits producteurs\n\nL'encyclique insiste également sur la défense de la souveraineté alimentaire et des petits producteurs et souligne l’urgence de mettre en place des investissements et des politiques qui leurs soient destinés ainsi que des cadres et des règles qui les protègent. « Les économies d’échelle, spécialement dans le secteur agricole, finissent par forcer les petits agriculteurs à vendre leurs terres ou à abandonner leurs cultures traditionnelles. Les tentatives de certains pour développer d’autres formes de production plus diversifiées, finissent par être vaines en raison des difficultés pour entrer sur les marchés régionaux et globaux, ou parce que l’infrastructure de vente et de transport est au service des grandes entreprises. Les autorités ont le droit et la responsabilité de prendre des mesures de soutien clair et ferme aux petits producteurs et à la variété de la production. » (129)\n\nContact presse : Karine Appy, 01 44 82 80 67 - 06 66 12 33 02"}
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Mais comment veiller à ce que cette différenciation naturelle n'enferme pas les hommes et les femmes dans des rôles stéréotypés, et surtout ne serve pas à justifier l'inégalité de droits ou la violence ? Le partenariat hommes-femmes peut-il contribuer au développement ?\n\n\n\nCe samedi 19 mars, à Villers les Nancy, un millier de personnes se pressent au Festival de la solidarité « La Terre n'a plus de frontières... et la solidarité ? » organisé par les quatre délégations de la région Lorraine à l'occasion du 50eme anniversaire du CCFD-Terre Solidaire. Au menu, carrefours, ateliers d'animation, cérémonie, concerts... Mais ce jour-là, ce qui retient particulièrement l'attention c'est l'un des deux thèmes mis en avant : L'évolution des rapports hommes-femmes pour plus d'égalité. \n\n« Malgré le fait que la relation hommes-femmes figure dans le rapport d'orientation de l'association, ce thème est encore peu relayé dans le réseau »  constate Odile Delhaye, membre de la délégation diocésaine des Vosges. Le choix des régions Alsace et Lorraine de ce thème, comme axe de travail prioritaire pour les quatre ans à venir, fait donc figure de pionnier, même si d'autres régions se sont investies  dans cette thématique [[Une thématique portée au niveau du réseau, comme le montre l'accueil des partenaires qui travaillent sur ces enjeux. Cette année en Bretagne, en région Paca, en Midi-Pyrénées, en Normandie et dans le Pas-de-Calais.]]. « Nous l'avons choisi aussi parce qu'en France, autour de nous, les femmes sont très concernées par la précarité. » \n\nPour débattre de l'impact des relations hommes-femmes sur le développement, la délégation lorraine a réuni, autour d'une table ronde, Sophie Havyarimana de l'ONG burundaise Acord, Marc Traoré du centre Djoliba au Mali, Angelica Lopez de l'association Colectiva Actoras de Cambio au Guatemala, ainsi que des acteurs locaux : Claudine Renard, directrice du Centre d'information sur les droits des femmes et des familles des Vosges (Cedif) et une élue de la ville de Nancy. \n\n« Trop de projets de développement agricole laissent les femmes de côté en les privant parfois de leur travail et de leur rôle » commence par expliquer Sophie Havyarimana d'Acord, qui s'est fixé, comme objectif, la consolidation de la paix sociale au Burundi.  Elle souligne l'importance, dans l'accompagnement des ménages vers l'autonomie, d'associer les femmes aux choix. « Pour le retour des réfugiés par exemple, et leur réinstallation sur des marais aménagés, nous avons insisté afin qu'hommes et femmes deviennent propriétaires. » \n\nIl ne faut pas hésiter d'ailleurs à cibler les filles, même si la problématique n'est pas absolument visible, comme dans le cas de la démobilisation des enfants soldats : « Sur trois cent soixante enfants que nous avons accueillis, raconte Sophie, il n'y avait que six filles. Or, nous savions qu'elles étaient plus nombreuses. Après recherche, nous en avons trouvé cent quatre-vingts ! » L'association leur a proposé un accompagnement médico-psychologique et surtout des formations : « Offrir les mêmes opportunités d'apprentissage est un moyen de construire les relations hommes-femmes. » \n\nLa formation, pilier d'un développement équilibré\n\nAutour de la table, la nécessité de former les femmes pour améliorer leur situation socio-économique et prévenir les violences fait consensus. Y compris dans les Vosges où le Centre d'information pour le droit des femmes propose depuis longtemps des formations professionnelles.\n\nMarc Traoré, du centre Djoliba au Mali, évoque une donnée qui peut paraître surprenante mais qui est devenue un cas d'école de santé publique : « Si vous voulez faire baisser la mortalité maternelle et infantile dans un village, les statistiques montrent que la construction d'une école a un impact plus important qu'un centre de santé ». Parce qu'une jeune fille instruite apprendra les règles d'hygiène de base, sera plus âgée au moment de son premier accouchement et aura moins d'enfants. « C'est quand les hommes comprennent que l'amélioration de la situation des femmes leur bénéficie, aussi, qu'ils évoluent et que les changements perdurent » souligne Sophie Havyarimana. \n\n« Lorsque le mari s'aperçoit que sa femme instruite peut contribuer à payer les médicaments pour les parents âgés mais aussi les frais de scolarisation des plus jeunes, son regard change. La femme devient plus écoutée et partie prenante des décisions. » \n\nLes hommes ont eux aussi leur rôle à jouer pour améliorer le sort des femmes... « Nous avons trop occulté les hommes dans la lutte contre l'excision, en partant du principe que ce sont les femmes qui excisent et décident du moment de le faire » explique Marc Traoré, lui-même traumatisé à l'adolescence lorsque sa cousine mourut à l'âge de quinze ans des suites de son excision. « J'entends encore ses cris, avoue-t-il. Plus tard, j'ai interdit à ma mère d'exciser mes filles, mais j'ai senti qu'elle allait le faire quand même. Il a vraiment fallu que je me mette en colère pour qu'elle y renonce. »\n\nUne approche basée sur les droits de l'homme\n\nMalgré les campagnes de sensibilisation menées depuis des années dans les villages du Mali sur les conséquences de l'excision (infections, incontinence, douleurs, frigidité, stérilité, et parfois mort), la pratique y persiste encore à environ 80 %. « L'hygiène des exciseuses s'est améliorée et les filles sont excisées bébés, ce qui donne l'impression qu'elles souffrent moins » explique Marc. Le centre Djoliba privilégie désormais une approche basée sur les droits : « Les parents peuvent-ils prendre une décision concernant l'intégrité physique de l'enfant ? Si l'enfant devient stérile, les parents ne sont-ils pas responsables ? » \n\nLe droit et la responsabilité sont aussi indispensables pour lutter contre ces autres violences qui meurtrissent les femmes dans leur chair et dans leur âme. Angelica Lopez raconte le courage qu'il a fallu à cinquante-quatre femmes mayas pour briser le silence et dénoncer les viols subis pendant la guerre civile du Guatemala: « Il y avait l'armée qui asservissait les femmes mayas, tandis que la guérilla considérait normal que les femmes \"servent \" les hommes qui servaient leur peuple. » \n\nLa parole, source de vie\n\n« Taire leur viol, c'était taire leur histoire. Beaucoup de femmes disaient qu'elles se sentaient mortes. Quand elles ont commencé à parler, elles ont pris conscience que la loi aussi avait été violée. La honte s'est inversée. Les femmes ont comparé le fait de parler à l'image d'un fleuve qui emporte tout sur son passage. » Angelica utilise le terme de « dignifier » pour désigner ce processus intérieur : « Maintenant, ces femmes vivent moins dans la peur, osent exprimer leurs opinions et participent plus à la vie de la communauté. »\n\nUn cri contre la fatalité qui rejoint celui des victimes de la violence conjugale, « le fléau le mieux partagé au monde » d'après Claudine Renard. « La violence, si tu te tais, elle te tue. » martèle la dernière campagne française contre les violences*. La France où une femme meurt tous les deux jours et demi** sous les coups de son compagnon. \n\nAu terme de la conférence, Odile Delaye voit des pistes de travail se dégager : « C'est très intéressant de passer par l'international pour revenir à la situation ici. Il ne faut pas hésiter à se servir de l'expérience originale de nos partenaires. »\n\nLa gouvernance en débat\n\nLors de la soirée, les bénévoles expliquent qu'ils se sont interrogés sur leurs pratiques internes. Ils ont constaté que, dans certaines délégations, les hommes se retrouvent souvent aux fonctions politiques et d'orientation, alors que les femmes, qui portent fortement le travail quotidien du CCFD-Terre Solidaire, restent trop cantonnées à un rôle pratique. L'accès à la gouvernance se fait lentement, au Nord comme au Sud. Thierno Ba, directeur de l'USE au Sénégal, ménage cependant son effet : « Au Sénégal, nous venons d'adopter la parité absolue en politique. Les femmes doivent être représentées à 50 % » explique-t-il malicieusement. De quoi faire réfléchir la France où elles ne représentent encore, malgré une loi sur la parité, que 18,5 % des parlementaires...\n\n« Nous nous rendons compte que ce serait bien de se former davantage sur ce thème, mais nous manquons d'outils. Par rapport à d'autres ONG, nous sommes un peu en retard sur ces questions. On ressent aussi une gêne au niveau de l'Église qui se méfie beaucoup de ce que les Anglo-Saxons appellent \"l'approche genre\", confie Odile.\n\nMais il est maintenant temps de partager le gâteau du 50eme anniversaire. Oups ! Aucune femme n'est là pour la photo officielle... Les femmes du CCFD-Terre Solidaire devraient-elles participer aux cours de leadership proposés par Acord ?"}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/un-fleau-pour-les-populations-du-sud/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/un-fleau-pour-les-populations-du-sud/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Un fléau pour les populations du Sud","datePublished":"2009-06-03T17:20:00+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/un-fleau-pour-les-populations-du-sud/"},"wordCount":1060,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"inLanguage":"fr-FR","description":"Au niveau budgétaire, les montants sont tels qu’il s’agit d’un véritable enjeu de financement du développement. Si l’or des dictateurs fait l’objet de nombreuses légendes et estimations fantaisistes, l’étude approfondie du sujet confirme l’importance des sommes en jeu. \n\nA titre d’exemple, Suharto et son clan ont pillé entre 15 à 35 milliards $ à l’Indonésie. Selon nos estimations, la restitution des avoirs volés par une trentaine de dirigeants au cours des dernières décennies pourrait représenter entre 105 et 180 milliards de dollars pour les pays du Sud, soit plusieurs fois ce qu’ils reçoivent chaque année au titre de l’aide des pays riches. Pour leur part, la Banque mondiale et les Nations unies estiment que ce sont entre 20 et 40 milliards de dollars qui, chaque année, fuient les pays en développement du fait de la corruption. A titre de comparaison, les PIB cumulés du Niger, du Burkina Faso, du Tchad et du Mali représentaient 22 milliards de dollars en 2006. \n\nPour certains pays, l’enjeu est colossal. Ainsi, on estime à 5 ou 6 milliards de dollars la fortune de Mobutu, président du Zaïre (aujourd’hui République démocratique du Congo) de 1965 à 1997, qui a aussi légué à son pays une dette énorme de 13 milliards de dollars, laquelle a servi essentiellement à son enrichissement personnel et à des projets somptuaires, les fameux « éléphants blancs ». Les montants sont astronomiques au regard du budget que le gouvernement congolais a prévu de consacrer en 2009 à la santé (41 millions de dollars) ou encore au développement rural (82 millions de dollars). \n\nDu fait des sommes considérables qui manquent dans les caisses de l’Etat, ce sont des dépenses vitales qui ne peuvent pas être satisfaites. Ce sont, plus largement, la capacité d’intervention des Etats et les réserves monétaires des banques centrales qui s’en trouvent affaiblies. Le recours à l’endettement extérieur pour compenser cette fuite de capitaux n’a fait qu’accentuer la dépendance de nombreux pays en développement envers les bailleurs internationaux et, trop souvent, leur appauvrissement. La fuite des richesses rend également plus onéreux l’accès au crédit pour les entrepreneurs locaux, freinant ainsi le développement de l’économie.\n\nAu niveau économique, l’impact de la corruption dépasse les montants des pots-de-vin ou des détournements, aussi élevés soient-ils. Derrière un dirigeant corrompu, ce sont les règles de passation des marchés publics, les conditions de négociation des contrats publics, ou encore l’octroi des concessions d’exploitation des sous-sols qui sont corrompus, au sens premier du terme. Les montants amassés par les dirigeants n’ont servi, bien souvent, qu’à huiler de tels mécanismes de captation des richesses, notamment par des entreprises et des banques étrangères : achat de projets inadaptés ou surfacturés, distribution de cadeaux fiscaux, privatisations bradées des entreprises nationales, contraction d’emprunts à taux usurier, pétrole et minerais concédés à vil prix... \n\nIn fine, les biens et avoirs mal acquis représentent peu, en volume, en comparaison du pillage auquel ils ont donné lieu. Et ce, nonobstant leurs effets destructeurs à long terme sur l’économie. Quand elle touche les dirigeants, la corruption tend en effet à s’ériger en système : par ruissellement, le trucage des transactions avec l’Etat devient la règle. La confiscation des marchés publics par une minorité corrompue a un effet d’éviction sur les entrepreneurs intègres. En faussant durablement les règles du jeu, la grande corruption laisse généralement derrière elle des structures économiques déliquescentes.\n\nAu niveau politique, enfin, le pillage des richesses par les dirigeants et l’impunité dont ils jouissent annihilent toute possibilité de développement démocratique et de construction d’un Etat de droit. Les régimes ayant pratiqué la corruption et les détournements à grande échelle ont bâti leur domination sur le clientélisme, l’achat du silence, l’asservissement du système judiciaire et/ou l’oppression des opposants et des média, réduisant à néant l’espace du débat public. \n\nEn demandant la saisie et la restitution des biens et des avoirs mal acquis, les peuples spoliés demandent non seulement que justice leur soit rendue, mais aussi et surtout qu’un avenir démocratique soit possible. A contrario, continuer à laisser impuni l’enrichissement indu des responsables politiques sonnerait comme un sauf-conduit à tous les autocrates de la terre, voire un encouragement à la prébende.\n\n\nLe scandale de la non-restitution\n\nDe Taïwan à Haïti, du Pérou au Gabon, de l’Indonésie aux Congo, nombreux sont celles et ceux qui demandent aujourd’hui, parfois au risque de leur vie, que leur soient restituées les richesses qui leur ont été volées. En février 2007, ce sont plus de 150 organisations et collectifs de la société civile africaine qui ont demandé au futur président français de : « saisir et restituer les biens mal acquis et les avoirs détournés par nos dirigeants et leurs complices. » \n\nLe 1er janvier 2009, c’est le Cardinal camerounais Tumi qui, à l’occasion de la messe du Nouvel An, demandait « la fin de l’impunité » et « le retour dans les caisses de l'Etat des milliards volés ». En France, les milieux d’affaires aussi se sont ralliés à cette demande. En témoignent les propos tenus par Anthony Bouthelier, président délégué du Conseil français des investisseurs en Afrique (CIAN) : « les contribuables des pays riches n'acceptent plus de payer les frasques immobilières de potentats qui réclament en même temps des remises de dette. On ne peut plus attendre leur mort pour connaître leur fortune et la restituer à leur pays ».\n\nFace à une aspiration aussi légitime, il serait trop aisé de montrer du doigt les seuls dictateurs. Bien sûr, il ne s’agit pas de les dédouaner, ni eux ni leur entourage, qui ont trahi et exploité leur propre peuple. Eux qui, dans certains cas, n’ont pas hésité à bâtir leur fortune sur le sang de leurs concitoyens. Et pourtant, pour nous Français, pour nous citoyens des pays riches, le scandale est peut-être ailleurs."}
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Elle était invitée au CCFD le 11 décembre.\n \n\nQuelle est la situation des femmes Dalit* aujourd’hui en Inde ?\n\nLa situation des femmes Dalit est un cas unique. Les discriminations et les préjugés ancestraux maintiennent les femmes Dalit dans la pauvreté, l’analphabétisme et la soumission. Elles présentent les pires indicateurs économiques et sociaux. Elles bénéficient des moins bons accès à l’eau, aux pâturages collectifs, aux routes… en particulier en zone rurale. Bien qu’elle constitue la colonne vertébrale de la force de travail agricole, qu’elles préparent l’alimentation pour chacun, elles n’ont pas les moyens de manger un repas complet et équilibré chaque jour. Elles demeurent en dehors des limites des villages. 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À la l'âge du mariage, la caste détermine avec qui vous pouvez vous marier. C'est la vie de toutes les Indiennes.\n\nÀ l'âge adulte, j'ai réalisé à quel point il est difficile de se positionner comme femme Dalit dans le mouvement de femmes, parce que les femmes de hautes castes (qui dominent le mouvement fémniste) ont tendance à penser qu'elles seules disposent de la connaissance et de la compréhension qu'elles seules peuvent élaborer le discours féministe. Je me suis efforcée de rejeter cette dominiation et j'ai contribué à fonder le féminisme Dalit.\n\n\nLa discrimination à l'encontre des Dalits est profondément ancrée dans la société indienne. Comment changer ces préjugés ? Comment pouvez-vous faire entendre votre voix ?\n\nSelon moi, la hiérarchie de castes est conçue par les hommes pour s'approprier les richesses, le statut social et les possibilités, pour dominer et opprimer les êtres humains. 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Les lois, en revanche, s’appliquent au territoire de l’État ou de l’Union régionale qui les a élaborées. Les entreprises et les banques internationales, qui pensent leur stratégie à l’échelle mondiale, ont donc beau jeu de localiser leurs activités de façon à réduire les coûts. Les délocalisations peuvent rechercher une main-d’œuvre bon marché, mais aussi moins d’impôts, à l’instar des entreprises qui déplacent leur siège en Suisse. Or Benoît XVI affirme qu’« il n’est pas licite de délocaliser seulement pour jouir de faveurs particulières ou, pire, pour exploiter la société locale » (Encyclique Caritas in Veritate, 40). Au niveau mondial, l’impôt sur les sociétés est passé en moyenne de 37 % en 1993 à 25 % en 2009. En proposant jusqu’à l’impôt zéro, les paradis fiscaux ne cessent d’alimenter la concurrence fiscale entre États. Ils affaiblissent leurs marges de manœuvre, certains responsables politiques expliquant qu’il ne faut pas trop taxer les riches et les entreprises pour ne pas les faire fuir.\n\n\nCe qui est légal n’est pas toujours moral\nLa fraude fiscale est un délit : masquer délibérément ses revenus au fisc, par exemple, est réprimé par la loi. Il est d’autres cas où la loi elle-même prévoit délibérément des dérogations au paiement de l’impôt, comme pour les dons aux associations humanitaires, le développement économique des DOM-TOM ou l’investissement dans la recherche. Entre les deux, se situe une zone grise : certains particuliers et entreprises usent et abusent de tous les interstices de la loi pour échapper à l’impôt. Parfois même, ils enfreignent la loi, mais avec une telle sophistication que le juge ne pourra pas démontrer l’illégalité de leur comportement. Notons aussi que l’usage, même légal, des paradis fiscaux revient à mêler des capitaux d’origine licite à l’argent sale des mafias qui cherchent à le blanchir. C’est ici qu’intervient l’éthique : « L’économie et la finance, en tant qu’instruments, peuvent être mal utilisées (…), ce n’est pas l’instrument qui doit être mis en cause mais l’homme, sa conscience morale et sa responsabilité personnelle et sociale » (Encyclique Caritas in Veritate, 36).\n\n\nDes paradis fiscaux destinés à contourner les lois\n\nPlus encore, les paradis fiscaux offrent la plus grande opacité et la possibilité d’y localiser l’activité de façon purement virtuelle. On compte ainsi 830 000 sociétés enregistrées aux Îles Vierges britanniques pour 25 000 habitants : on aimerait voir les salariés ! Les multinationales font transiter par les paradis fiscaux la moitié du commerce mondial, de façon à faire apparaître leurs profits dans leurs filiales les moins imposées. La démarche est encore plus aisée dans les secteurs qui tirent profit non pas des usines, peu mobiles, mais d’activités « immatérielles ». Les géants des nouvelles technologies (Google, EBay, iTunes, Microsoft…) placent ainsi une part importante de leurs bénéfices en Irlande, au Luxembourg ou aux Bermudes. Les grandes banques européennes ont, en moyenne, 25 filiales aux Îles Caïmans. Les deux tiers des investissements directs étrangers effectués en Inde et en Chine proviennent de paradis fiscaux. Ces statistiques, sur lesquelles se fondent nos dirigeants pour piloter l’économie mondiale, ne correspondent pas à l’économie réelle, mais à une géographie commode pour éviter l’impôt.\n\nEn organisant le contournement de nos lois, les paradis fiscaux défient nos démocraties. Ils vendent leur souveraineté aux banques et aux grands cabinets d’audit et de conseil, qui ajustent les lois aux besoins de leur clientèle fortunée. In fine, c’est celle-ci qui instrumentalise ces territoires au détriment de la souveraineté des autres États. Qu’il semble éloigné, l’appel de l’Église à « permettre à tous les peuples de devenir eux-mêmes les artisans de leur destin » (Encyclique Populorum Progressio, 65) !\n\n\nQuestions pour un partage\n\nDans le cadre du légal qui n’est pas forcément moral, comment mon éthique personnelle intervient-elle ?\n\nQu’est-ce qui me guide dans mes choix ?"}
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Les leçons n’ont pas été tirées des derniers scandales d’évasion fiscale comme Luxleaks, qui pourront continuer à se reproduire » regrette Manon Aubry, responsable de plaidoyer justice fiscale et inégalités à Oxfam France.\n\n« Si les pays de l’OCDE avaient vraiment voulu réformer le système fiscal international, ils auraient examiné plus en profondeur les méthodes qui visent à répartir entre les différents pays les bénéfices des multinationales en fonction de l’activité réelle de ces dernières. Au lieu de cela, les propositions ambitieuses ont été remises à plus tard et l’OCDE propose aujourd’hui des aménagements flous et complexes de règles vieilles de plus d’un siècle » déclare Lucie Watrinet, chargée de plaidoyer au CCFD-Terre Solidaire coordinatrice de la Plateforme Paradis fiscaux et judiciaires.\n\nLes organisations regrettent la résistance des lobbies actifs du secteur privé mais aussi de certains Etats qui ont manqué d’ambition. Ainsi, l’existence de régimes de taxation préférentiels, comme les « patent boxes » (régimes d’imposition préférentiels pour les revenus tirés de la propriété intellectuelle), dont la suppression avait été un temps évoquée, n’est finalement pas remise en cause mais encadrée par des lignes directrices.« Ces régimes préférentiels offerts par certains Etats sont pourtant au cœur des stratégies d’évitement de l’impôt des entreprises multinationales. C’est notamment grâce à une patent box luxembourgeoise que MacDonald a pu éviter de payer plus d’un milliard d’euros en cinq ans à plusieurs Etats européens et l’OCDE ne remet cette pratique en cause qu’à la marge »  souligne Lucie Watrinet.\n\nAucune avancée significative à souligner non plus du côté de la transparence. Si l’OCDE propose que les entreprises soient obligées de fournir des informations sur leurs activités (bénéfices, chiffre d’affaires, nombre d’employés) et les impôts qu’elles paient dans chacun des pays où elles sont présentes, ces informations devront rester strictement confidentielles. Seules les administrations fiscales y auront accès, selon un système d’échanges qui risque d’exclure les pays en développement. De plus seules 10 à 15 % des entreprises sont concernées par cette obligation.« L’OCDE a vidé la proposition de reporting pays par pays de son contenu : garder ces informations confidentielles rend complètement inopérant l’effet dissuasif du reporting pays par pays, alors même qu’il s’agit d’un de ses objectif premiers ! C’est même un recul par rapport à la législation européenne, qui impose depuis 2013 aux banques et établissements financiers de publier ces mêmes informations » ajoute Manon Aubry.\n\nCes mesures sont le résultat d’un processus de décision mené par une minorité d’Etats riches (les 34 pays de l’OCDE et ceux restant du G20), excluant de fait plus d’une centaine de pays en développement pourtant les premiers touchés par cette réforme globale.\n\nEn réponse, l’OCDE a annoncé que les pays en développement seront invités à mettre en œuvre ces recommandations sur un pied d’égalité. « Comment demander alors à des pays de mettre en œuvre des mesures qu’ils n’ont pas participé à élaborer ? » s’interroge Manon Aubry   « Lors du Sommet d’Addis Abeba en juillet 2015, les pays de l’OCDE avaient déjà fait bloc contre la création d’un organisme fiscal international sous l’égide de l’ONU, demandé par plus de 130 pays en développement. Exclure les pays en développement de décisions qui les concernent nous semble contre-productif, et va contre l’idée d’une gouvernance globale sur ces questions fiscales » conclut Lucie Watrinet.\n\nNote aux rédactions\n\nVous trouverez au lien suivant une note d’analyse de la plateforme Paradis fiscaux et judiciaires: http://www.datapressepremium.com/rmdiff/2005867/AnalyseBEPS1.pdf\n\n\n* Membres de la Plateforme Paradis fiscaux et judiciaires :\nLes Amis de la Terre - Anticor - Attac France - CADTM France – CCFD-Terre Solidaire - CFDT - CGT - CRID - Droit pour la justice –Observatoire citoyen pour la transparence Financière Internationale - Oxfam France – Justice et Paix - Réseau Foi et Justice Afrique Europe - Secours catholique Caritas France - Sherpa - Survie - Syndicat de la magistrature – Solidaires Finances Publiques - Transparency International France (www.stopparadisfiscaux.fr)"}
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Il parle de la forêt comme d’une entité spirituelle dont il fait partie intégrante, source de sa subsistance et de ses liens sociaux. \n\nLes Dayaks se considèrent comme des jardiniers forestiers, garants de l’équilibre et du maintien des écosystèmes. Parfaits connaisseurs de la forêt de Kalimantan occidental, province de l’île de Bornéo où ils vivent, ils exploitent in situ des dizaines de variétés d’arbres fruitiers, et la saison des cueillettes est sources de plusieurs cérémonies traditionnelles. \n\nLes communautés y protègent aussi, depuis des générations, des espèces productrices de matériaux pour la vannerie – une spécialité des femmes dayaks – de remèdes ou d’intérêt commercial. En particulier l’hévéa. Espèce robuste, peu exigeante et non invasive, elle joue un rôle particulier dans cette économie de vergers forestiers appelés  dahas . \n\nLa collecte de la sève, vendue à des intermédiaires du marché du caoutchouc, constitue souvent l’unique source de revenus monétaires pour les Dayaks. \n\nL’État indonésien a décidé, au début des années 2000, de devenir le premier producteur mondial d’huile de palme, la source végétale la plus rentable dans la fabrication d’agrocarburants de substitution du fioul, dont la demande s’est très fortement accrue dans le monde occidental.\n\nEn 2011, Jakarta a décidé d’intensifier l’exploitation industrielle d’un redoutable trio : minerais, bois, et palme bien sûr. \n\nAvec Sumatra, Kalimantan est la première cible de cette politique. Selon les organisations dayaks et les ONG alliées, les palmeraies occuperaient déjà un tiers de Kalimantan occidental. Un choc frontal terrible pour les Dayaks, qui comptent pour un tiers des 4,4 millions d’habitants de la province.\n\n\nLes solutions\n\n\nLoin de la résignation, les Dayaks se sont organisés de longue date pour résister. L’Institut Dayakologi (ID) – partenaire du CCFD-Terre Solidaire – installé à Pontianak, capitale de la province, est le pivot d’un réseau articulé : \n\n- Perkumpulan Pancur Kasih  (PPK), dont l’une des tâches principales est de susciter des opérations de cartographie participative dans les villages afin de définir et protéger les territoires ancestraux des communautés de l’appétit des firmes ; \n- Aliansi Masyarakat Adat-Jalai Kendawangan (AMA-JK) – alliance des peuples indigènes Jalai et Kendawangan, ethnies dayaks – axé sur la défense des droits spécifiques que la constitution indonésienne reconnaît aux populations indigènes telles que la propriété et jouissance des terres ancestrales, la gouvernance locale ; \n- Credit Union Gemalaq Kemisiq (CUGK), réseau de caisses de crédit dédié au soutien des besoins des familles dayaks ; \n- Ruai TV, une télévision en langue dayak. \n\nCes organisations se retrouvent sous une coupole, Gerakan Pemberdayaan Pancur Kasih (GPPK), dont la mission générale est l’autonomisation du peuple dayak ainsi que le renforcement de ses capacités de résistance et d’intervention. \n\n\n\nPrincipe d’efficacité, « l’ensemble des unités qui compose le réseau possède un même niveau de compréhension de toutes les questions qui concernent notre lutte, explique Benyamin Efraim, directeur d’ID. Nos organisations partagent une même vision de l’unité de notre peuple et de la défense de ses droits. » Toutes contribuent à la planification globale d’actions et de programmes de travail. \n\nAu cœur de cette stratégie partagée, la sauvegarde et la transmission des piliers de la culture dayak : la langue, les pratiques agroforestières collectives, la reconnaissance et la protection des territoires indigènes ancestraux. \n\n\nFace au changement climatique et aux pressions des entreprises\n\n\nL’ID, axé sur la préservation de la culture du peuple dayak et l’organisation d’actions de plaidoyer pour garantir sa sauvegarde, doit faire face à une nouvelle menace : le dérèglement climatique. « Il affecte significativement notre culture, intimement liée aux événements naturels, et donc nos cycles sociaux , souligne Krissusandi Gunuí, chargé du plaidoyer à l’ID. La perturbation de la saison des pluies conduit peu à peu les communautés à abandonner l’agriculture. »  \n\nDouble peine pour les Dayaks, car la très forte progression de la palme est directement liée aux politiques occidentales de lutte contre le dérèglement climatique.\n\nPour y faire face, l’Institut Dayakologi a adapté ses interventions à l’urgence de la situation. « Quand les plantations de palmiers et autres projets industriels sont très avancés, et qu’il n’y a plus d’espoir de restaurer les forêts détruites, nous nous battons pour la justice envers les communautés affectées », détaille Benyamin Efraim.\n\nC’est le cas dans le village de Segumon, frontalier avec la province malaisienne du Sarawak, au nord de Kalimantan. Un petit groupe de résistants a fait appel à l’ID pour contrer le rouleau compresseur. La compagnie indonésienne MNHS [[Anciennement PT Sisu, dénomination qu’utilisent encore les villageois.]] aurait déjà convaincu  80 % des petits paysans de lui céder leurs terres ou de travailler dans ses plantations, en expansion rapide. « Ici, nous tentons de sauver ce qui peut l’être encore », explique Krissusandi Gunuí. \n\n\nCartographie collective du territoire dayak\n\n\nDans le but de renforcer les opposants, l’ID travaille à raviver la culture afin d’accroître sa capacité de résistance. Au programme : une radio villageoise en langue locale, des actions de sensibilisation des jeunes, une collaboration étroite avec les autorités coutumières. \n\nPour dissuader les paysans de céder leur terre à la plantation, l’ID promeut des activités rémunératrices, comme la culture du poivre, par exemple. Plus tard, si c’est pertinent, l’ONG envisage d’organiser une cartographie participative du territoire. \n\nCe type d’action trouve toute sa justification là où la pression des compagnies n’a pas encore démantelé le foncier. Il s’agit d’établir collectivement un document – carte, livrets descriptifs, notices – délimitant les terres ancestrales dayak, ainsi que tous les sites d’intérêt majeur : points d’eau, vergers forestiers, sépultures, champs. \n\n« Cette cartographie, normée, a un caractère légal, elle est reconnue par l’administration, insiste Matheus Pilin, directeur de l’ONG Perkumpulan Pancur Kasih (PPK), fer de lance de ces opérations avec l’appui d’ID. Ce document peut être opposé à la prétention des compagnies qui allèguent des prérogatives sur le foncier local. » \n\n\nEfficacité du modèle agroforestier\n\n\nLes organisations dayaks ne font pas que de la résistance. Elles s’imposent aussi comme forces de proposition face au discours des firmes – largement soutenues par les autorités locales – et qui présentent l’agro-industrie comme une bienfaisante modernité. \n\nDans la continuité d’une tradition pluriséculaire qui a fait ses preuves, l’ID s’attache à rebours à démultiplier l’efficacité du modèle agroforestier basé sur le verger forestier (dahas).\n\nÀ Tanjung, dans le district de Ketapang, au Sud, l’économie forestière des vingt hectares du dahas Batu Rayaq – durian, bois de fer, rambutan, langsat, pakanai, hévéa – complétée par de petits élevages fermiers de volailles, porcs, poissons, et la culture du riz – aliment de base – est présentée comme un modèle d’équilibre et de robustesse, non seulement face aux aléas du dérèglement climatique mais aussi de l’appétit des firmes. \n\n« Nous avons repoussé leurs offres à plusieurs reprises. Aujourd’hui, on nous laisse en paix », témoigne Jakubus, référent des sept familles de la petite communauté propriétaire du dahas.\n\nEn 2009, l’ID a contribué à installer le dahas Pancing sur le territoire de Tanjung, centre pilote où des paysans dayak viennent se former à des techniques agricoles qu’ils implantent ensuite dans leur communauté. Un défi à la palme : les huit hectares sont encerclés par une immense plantation possédée par la firme étasunienne Cargill. \n\nPancing est aujourd’hui le pivot d’un groupe de onze  dahas  chacun spécialisé dans une activité économique complémentaire aux cultures traditionnelles. \n\nL’ébauche d’un réseau, qu’ID veut muscler en lui adjoignant des circuits de vente afin d’en valoriser les productions commerciales. \n\n« Le gouvernement indonésien soutient qu’il n’y a pas de meilleur débouché économique pour les populations locales que la palme, critique Benyamin Efraim. Nous démontrons que notre agriculture forestière, basée sur la biodiversité et radicalement opposée au système destructeur des vastes monocultures de palmiers à huile, est bien plus performante pour améliorer les conditions de vie des communautés. »\n\nPatrick Piro"}
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Concrètement, nous avons, dès le début, formé des membres des mouvements sociaux pour qu’ils puissent mettre sur pied des actions destinées à promouvoir le développement et la citoyenneté à l’aide de processus participatifs d’éducation populaire. »\n\nA l’époque, les organisations syndicales étaient déjà bien organisées. Mais les responsables du CEDAC ont vite diagnostiqué la nécessité d’un vrai travail de fond pour développer des thématiques d’économie solidaire et de développement local. Et c’est en allant sur le terrain, au contact notamment des petits agriculteurs, que le CEDAC a développé de nombreux projets locaux. « Depuis une quinzaine d’années, nous accompagnons des projets d’agriculture familiale en milieu rural et urbain, dans l’état de Rio de Janeiro, précise Rosa Alvarenga. Avec, toujours en ligne de mire, les enjeux nationaux de sécurité alimentaire (voir encadré ci-dessous). »\n\n\nRéfléchir sur la sécurité alimentaire\n\nL’un des meilleurs exemples est celui de Sao Joao de Miriti, une petite ville située à une heure de route de Rio de Janeiro. « Depuis 2010, nous travaillons sur un programme intitulé « Quintais Verdes », littéralement « arrière-cour vertes »,  précise Rosa Alvarenga. L’idée est de motiver les populations locales à développer des cultures maraîchères dans l’arrière cour des maisons. Au-delà des conseils de suivi assurés par des agronomes du CEDAC, le défi est de faire en sorte que les gens se regroupent pour mutualiser leurs efforts et leur production avec de créer des circuits de distribution locaux, qui peuvent également prendre la forme de troc. »  \n\nMais l’essentiel est ailleurs. « Car accompagner ces petites cultures, les conseiller sur l’intérêt de jardins suspendus ou sur les méfaits des produits phytosanitaires, est avant tout un excellent moyen de parler de thématiques plus larges comme la sécurité alimentaire et l’importance d’une alimentation saine », insiste Rosa Alvarenga. Renforcer l’articulation de ces groupes d’agriculteurs urbains, faciliter les contacts avec agriculteurs ruraux, travailler sur une politique de prix qui soit à la fois juste et compétitive face à la concurrence avec le système classique… Autant de thèmes qui sont abordés par le CEDAC, au niveau local. \n\n\nContradictions politiques\n\nAutre axe de travail, la sensibilisation de la jeunesse à ces thèmes. « Elle se fait le plus souvent par le biais de membres de la jeunesse Ouvrière Chrétienne (JOC) qui vont à la rencontre d’autres jeunes »,  précise la responsable du CEDAC. Ainsi, l’an dernier, un groupe de ces militants de la JOC ont installé un stand au sein de l’université fédérale de Rio de Janeiro (UFRJ) afin de sensibiliser les étudiants sur l’importance d’une alimentation saine et sur l’intérêt de soutenir une agriculture familiale respectueuse de l’environnement. Une tâche loin d’être facile dans un Brésil qui cultive les paradoxes. \n\n« En 2010, après de nombreuses luttes et d’un travail acharné de militantisme, nous avons réussi à faire intégrer le droit à une alimentation adéquate et saine dans la Constitution, souligne ainsi Rosa Alvarenga. Le problème c’est que l’état de Rio de Janeiro n’a pas de plan structuré pour une garantir la sécurité alimentaire ». La raison ? « Les  compétences existent, mais les groupes politiques à la tête de l’État n’ont aucun intérêt à développer les politiques publiques, pourtant indispensables. »\n\n\nDu local au régional\n\nD’après les responsables du CEDAC, la situation ne risque pas de s’améliorer. La faute aux récents changements à la tête de l’État, en particulier l’\"Impeachment\" de la présidente Dilma Rousseff, qui se sont traduits, notamment, par la suppression du Ministère du Développement Agraire, chargé de soutenir l’agriculture familiale. Une raison de plus pour le partenaire du CCFD-Terre Solidaire de travailler au niveau régional et de s’investir encore davantage dans le Programme Mercosur Social et Solidaire [[Plateforme d’organisations de la société civile regroupant 16 organisations sociales d’Argentine, Brésil, Chili, Paraguay et Uruguay]], dont la prochaine réunion va justement se tenir en novembre à Rio de Janeiro.\n\n« Nous allons naturellement nous mobiliser pour cette réunion régionale et en profiter pour montrer le travail réalisé dans la région », indique Rosa Alvarenga. Le programme proposé par le partenaire local est encore en phase de construction, mais il sera sans doute question d’agriculture urbaine. Avec, pourquoi pas, une petite visite de terrain aux petits cultivateurs de Sao Joao de Miriti. L’occasion de montrer une nouvelle fois que le travail effectué localement peut aider au niveau régional. Et l’inverse.\n\n\n\n\n\nEntre souveraineté et insécurité alimentaire\n\nIl y a deux manières d’évoquer les thèmes de la souveraineté et de la sécurité alimentaires au Brésil. D’un côté, il existe des résultats très positifs en matière de lutte contre la pauvreté et de la faim à l’échelle nationale. En à peine une décennie, entre 2003 et 2013, 28 millions  de Brésiliens sont sortis de la pauvreté, notamment grâce au programme « Faim Zéro », lancé par le président Luiz Ignacio Lula da Silva. D’après l’ONU, le pays a ainsi réduit la malnutrition infantile de 61 % et la pauvreté rurale de 15 %, principalement en favorisant l’agriculture locale et la consommation de produits locaux. \n\nEn parallèle, le géant sud-américain est devenu le premier exportateur mondial  de soja, de viande bovine et de volailles. Cet \"agro-business\" remplit certes les caisses de l’État en devises, mais il facilite aussi la concentration des terres et menace les petits agriculteurs, qui représentent pourtant 70 % du marché alimentaire national. Au risque, avec la crise économique qui touche le pays, de voir augmenter le risque d’insécurité alimentaire déjà existant.\n\nCar d’après l’Institut Brésilien de Géographie et de Statistiques (IBGE), en 2013, 52 millions  de personnes [[Sur 200 millions de Brésiliens]] étaient dans une « situation de restriction alimentaire » ou, pour le moins, « seraient préoccupées par la possibilité d’être confrontées à une telle situation », à cause d’un manque de ressources financières. L’IBGE assure également que si la faim touche « une proportion beaucoup moins importante de Brésiliens par rapport à 2003, elle concerne encore 3,2 % de la population. »  \n\nJean-Claude Gérez"}
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La communauté internationale saura-t- elle s’en saisir ?\n\n\n\n2015 s’annonce comme une année décisive : après la conférence d’Addis-Abeba, en Éthiopie, sur le financement du développement en juillet dernier (voir p. 24), la communauté internationale a rendez-vous à l’Onu à New-York en septembre. Au programme : l’adoption des Objectifs du développement durable (ODD) pour les années 2015 à 2030 qui s’inscrivent dans le prolongement des Objectifs du millénaire pour le développement (2000 à 2015). La communauté internationale n’a pas souhaité rester sur un demi-succès, car la feuille de route qu’elle s’était fixée au tournant du millénaire a atteint des résultats en demi-teinte. La population dont le revenu est inférieur à un dollar par jour a certes été divisée de moitié cinq ans même avant l’échéance, passant de 50 % en 2000 à 22 % dix ans plus tard [[ Sauf mention contraire, les chiffres cités sont issus du Rapport 2014 des Objectifs du millénaire pour le développement. http://www.un.org/fr/millenniumgoals/reports/2014/index.shtml]]\n\nMais les progrès n’ont pas été les mêmes sur toute la planète : l’Afrique subsaharienne et l’Asie du Sud accusent toujours un retard. L’engagement à assurer le plein emploi pour tous a quant à lui été freiné par la crise économique à partir de 2008. Depuis, le nombre d’emplois créés a progressé de 2,8 % contre 4 % entre 2003 et 2008.\n\n\n■ Éducation : un bilan contrasté\n\nL’objectif visant à ce que tous les enfants aient accès à l’éducation primaire a obtenu des résultats contrastés. Si globalement le taux d’accès à l’école primaire s’est amélioré, en 2012, un enfant sur dix n’était toujours pas scolarisé. De plus, dans tous les pays en développement, le taux d’abandon en cours de cycle a fait du surplace : 27 % des enfants quittent l’école sans maîtriser les connaissances de base. En dépit des progrès, le nombre d’analphabètes reste lui aussi à un niveau élevé : 781 millions d’adultes et 126 millions de jeunes dans le monde – dont 60 % de femmes – ne savent toujours ni lire ni écrire.\n\n\n■ Santé : peut mieux faire\n\nSur le front de la santé, les comptes n’y sont pas non plus : si le taux de mortalité infantile a été divisé par deux depuis 1990, passant de 90 à 48 décès pour 1 000 naissances, en 2012, un enfant sur dix est mort avant de fêter ses cinq ans. La plupart des décès sont dus à des maladies infectieuses – pneumonie, diarrhées et paludisme – et nombre d’entre eux se produisent chez des enfants très affaiblis par la malnutrition qui reste la première cause de mortalité infantile. \n\nLa lutte contre les maladies – VIH, paludisme et tuberculose – a elle aussi pris du retard. Concernant le sida, le nombre de nouvelles infections a diminué de 44 % entre 2001 et 2012. Mais 2,3 millions de personnes, de tous âges, ont été infectées en 2012. On comptait la même année 1,6 million de décès liés à cette maladie. Plus grave encore : au cours de la dernière décennie, il n’y a pas eu de diminution substantielle de nouvelles infections chez les jeunes de 15 à 24 ans. \n\nEn ce qui concerne le paludisme, le taux de mortalité a chuté de 42 %. Reste que la maladie est loin d’être éradiquée : en 2012, près de 207 millions de cas de paludisme ont été enregistrés. La maladie a tué 627 000 personnes dont 80 % d’enfants de moins de cinq ans. Seul réel succès : les progrès dans la lutte contre la tuberculose. Le nombre de nouveaux cas et de décès étant en forte diminution.\n\n\n■ La croissance durable encore dans les limbes\n\nLa communauté internationale s’était également donné pour objectif d’assurer un environnement durable aux populations des pays en développement. Ce qui est encore loin d’être le cas... 13 millions d’hectares de forêts ont ainsi disparu entre 2000 et 2010 à la suite de ravages naturels ou de la conversion des terres à d’autres usages : urbanisation, voies de communication, agriculture... La destruction de la forêt fragilise les sols, favorisant l’érosion et prive les populations indigènes de ressources indispensables à leur survie. En outre, elle rejette dans l’atmosphère le carbone contenu dans le sol et contribue à la hausse des émissions de gaz à effet de serre, en progression de 48,9 % entre 1990 et 2011. Partout la biodiversité, indispensable à la vie, est en recul. Quant à l’accès à des services d’assainissement, la situation s’améliore : le taux de couverture est passé de 49 %, en 1990, à 64 %, mais en 2012, 2,5 milliards de personnes ne sont toujours pas raccordées. \n\nLe bilan est plus encourageant pour l’accès à l’eau potable, devenu une réalité pour 2,3 millions de personnes depuis 1990. 89 % des habitants contre 76 % sont concernés. L’objectif visant à diminuer de moitié le nombre de personnes sans accès à l’eau potable a même été atteint en 2010, soit cinq ans avant l’échéance. Mais en 2012, 748 millions de personnes dépendaient encore de sources d’eau insalubres.\n\n\n■ Nouveaux objectifs et changement de paradigme\n\nRien d’étonnant, si au vu de ces résultats, les nouveaux objectifs du développement durable reprennent pour partie les axes définis précédemment : que ce soit en matière de lutte contre la pauvreté, de politique de santé ou d’accès à l’eau. Mais ils visent, au-delà, à prendre en compte les nouveaux défis tels l’accroissement des inégalités, la raréfaction des ressources naturelles ou les changements climatiques, qui seront débattus lors de la COP 21 à Paris en décembre prochain. \n\nAutant d’enjeux qui nécessitent de changer de modèle de développement. Car le modèle à l’œuvre au cours des derniers 50 ans a montré ses limites et s’avère incapable d’assurer le bienêtre de 9 milliards d’humains en 2050. Ce changement de paradigme ne concerne pas que les pays du Sud. C’est pourquoi les ODD sont universels, s’appliquant à tous les États, chacun étant invité par les Nations unies à communiquer son propre plan d’action.\n\nL’élargissement de ces objectifs à des sujets qui n’étaient pas traités dans les Objectifs du millénaire, comme l’accès à l’énergie, le développement d’une industrie durable ou la justice pour tous dénote en outre d’un tournant : le développement ne saurait plus aujourd’hui se limiter aux seuls besoins de base. En témoignent par exemple la promotion d’une agriculture et de modes de consommation durables, la possibilité donnée à tous de se former tout au long de la vie ou la promotion d’une société pacifique et ouverte.\n\n\n■ Il faut une volonté politique\n\nLa mise en œuvre de cette feuille de route demandera de dégager des moyens conséquents en mobilisant toutes les sources de revenus possibles. Déjà, malgré l’impulsion donnée par les Objectifs du millénaire, la communauté internationale s’est montrée incapable d’allouer à leur réalisation des financements suffisants. Concernant l’accès à l’école pour tous, la situation est devenue préoccupante car contrairement à leurs engagements, les pays donateurs ont réduit les montants alloués à l’éducation dans les pays en développement, notamment dans les pays à faible revenu. Même constat pour la lutte contre le paludisme. Les traitements efficaces contre la maladie gagnent du terrain, mais le budget annuel mondial nécessaire pour prévenir, diagnostiquer et traiter le paludisme est estimé à 5,1 milliards de dollars, soit deux fois supérieur aux sommes mobilisées... \n\nPour déployer un modèle de croissance plus juste, il faut aussi une volonté politique. Or, en dépit des discours alarmistes, le « business as usual » continue de faire des ravages. En 2010, l’Assemblée générale de l’Onu reconnaissait que l’accès à l’eau (et à l’assainissement) était un droit de l’homme et demandait une couverture universelle. Mais non contents de ne pas donner suite à cette injonction, les gouvernements ont « oublié » d’intégrer les principes du développement dura ble dans leur politique de développement : en Afrique du Nord et en Asie de l’Ouest, les taux de prélèvement de la quantité d’eau disponible excèdent de 75 % la limite de ce qui est considéré comme durable. En Asie du Sud, dans le Caucase et en Asie centrale, le taux de prélèvement, de l’ordre de 50 %, est proche du seuil de 60 % à partir duquel la rareté de l’eau devient un problème... Conscientes des failles, les sociétés civiles demandent d’ailleurs d’être associées au suivi des engagements qui seront pris lors de la conférence d’Addis- Abeba, du sommet de l’Onu à New York ou de la COP 21 à Paris. Une façon de ne pas manquer l’opportunité historique de changer les règles du jeu...\n\n\nCe décryptage est extrait du dossier  : 2015, une année charnière pour le développement  du magazine Faim et Développement  d'août 2015. Vous pourrez aussi y lire les articles suivants :\n\nInterview/Réfléchir ensemble aux politiques de développement  (Tancrède Voituriez, chercheur à l'Institut du développement durable et des relations internationales-Iddri)\nFocus/Colombie : Machisme et conflit, la spirale infernale  (Des avancées ont été conquises mais les discriminations et violences faites aux femmes se poursuivent, dans le cadre d'un conflit armé long de cinquante ans).\nFocus/Amérique latine : Santé, un bilan contrasté\nReportage/Burundi : De la chicotte à la coopérative  (En s'organisant, les producteurs de café transforment leurs conditions de vie et deviennent des opérateurs économiques capables d'investir). \nFinancement du développement : Où trouver de nouvelles ressources financières ?\n\nCes articles vous intéressent, abonnez-vous à Faim et Développement, le magazine de reportage de la solidarité internationale."}
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Projection du film : Let’s Make Money d’Erwin WAGENHOFER\n18h-19h &gt; Débat avec des experts de la finance solidaire, animé par Jean-Christophe PAUGET d’Avenir en Héritage\n19h-20h &gt; Apéritif convivial offert\nMédiathèque Michel Crépeau,\nLa Rochelle\n\n-Mardi 3 Novembre à 19h30, Conférence sur la finance solidaire en Palestine, à Paris :\nen présence d’Issa Elshtleh, chargé de programmes au sein de l’ONG palestinienne ACAD\nSalle Jussieu,\n12 rue Guy de la Brosse,\n75005 Paris\n\n-Du samedi 7 au jeudi 15 novembre, stand d’informations au Salon Marjolaine à Paris :\nParc Floral,\nRoute de la Pyramide,\n75012 Paris\n\n- Le 20 novembre à 8h30, conférence sur la finance solidaire à Paris en partenariat avec la mairie du 17eme, avec Laurent Chéreau (SIDI) et Clémence Lenoir (ADELFI)\n5 rue Brémontier\n75017 Paris\n\n-Jeudi 5 novembre à 20h, Conférence-débat « malgré tout, les palestiniens avancent grâce à la finance solidaire », à Lille :\nÉchanges autour du développement de projets agricoles, grâce à la finance solidaire internationale, dans un pays à risques.\nUniversité catholique de Lille, Amphi rs 30,\n51 rue du Port,\n59800 Lille\n\n-Vendredi 6 novembre à 19h30, Ciné-débat à Lyon : \nProjection en avant première du film « Demain » réalisé par Cyril Dion et Mélanie Laurent, suivi d’un débat atour de la finance solidaire et de entrepreneuriat social\nCOMOEDIA\n13 Avenue Berthelot,\n69007 Lyon\n\n-Vendredi 6 et samedi 7 novembre de 14h à 18h , stand d’informations au Forum Finance solidaire, à Dijon :\nTable ronde le vendredi 6 novembre à 20h : «finance solidaire : donnons du sens à notre épargne»\nanimée par Denis CLERC, fondateur du groupe Alternatives Economiques, en présence d’Eve BENICHOU de Finansol, Bernard DEVERT (Président fondateur d’Habitat et Humanisme), Christian SCHMITZ (Directeur Général de la SIDI), Mélanie BAZIN (Crédit Coopératif Dijon).\nMaison de quartier,\n2 allée de Grenoble,\n21001 Dijon\n\n-Mercredi 21 et jeudi 22 novembre, stand d’informations au Marché du Monde Solidaire, à Nancy :\nConseil départemental de Meurthe-et-Moselle\n8, Esplanade Jacques Baudot,\n54035 NANCY\n\nPour en savoir plus : \nPour en savoir plus sur l'épargne solidaire\nDemander une documentation"}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/chretiens-et-musulmans-solidaires-avec-le-peuple-syrien/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/chretiens-et-musulmans-solidaires-avec-le-peuple-syrien/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Chrétiens et musulmans, solidaires avec le peuple syrien","datePublished":"2013-10-01T14:09:00+00:00","dateModified":"2024-12-10T13:23:04+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/chretiens-et-musulmans-solidaires-avec-le-peuple-syrien/"},"wordCount":941,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Droits humains","Paix et vivre ensemble"],"inLanguage":"fr-FR","description":"Devant le chaos, la destruction, l’inhumanité qui touchent tous les citoyens syriens, de toutes confessions, dans tout le pays, des organisations religieuses françaises et des organisations de solidarité internationale, s’associent pour porter au peuple syrien un message de solidarité et d’espérance. \n\n\n\nIl se concrétisera par deux actions : \n\n\nUn « Appel pour le peuple syrien » \n\n\nLa situation dramatique vécue par le peuple syrien nous choque et nous interpelle. Ce qui se passe dans ce pays est un défi à l’humain et une atteinte à nos principes religieux. Nous croyons que l’homme est façonné par le souffle de Dieu. Porter atteinte à l’être humain quel qu’il soit, et pour quelque raison que ce soit, c’est porter atteinte à Dieu. \n\n\nL’affrontement dont la Syrie est le théâtre et les moyens utilisés par les forces en présence non seulement provoquent des dégâts considérables, matériels et humains, mais tuent l’âme d’un peuple, dont l’une des richesses est d’avoir vécu dans une cohabitation multiséculaire. Cette situation crée des ruptures qui pourraient devenir irréversibles. Comment dès lors espérer que la paix et l’harmonie puissent s’installer dans ce pays meurtri ?\n\n\nNous élevons la voix aujourd’hui :\n\nparce que nous sommes convaincus que la paix est un impératif absolu et qu’il n’y a pas de paix sans justice, et parce que nous croyons que cette paix est un don que Dieu fait à tous les hommes.Et pour dire au peuple syrien que nous sommes à ses côtés dans son malheur. \n\n\nEtre à ses côtés n’est pas seulement une posture morale dont notre distance géographique limite le contenu et la portée, mais c’est aussi dire clairement que nous n’acceptons pas l’inhumanité dont il est victime.\nNotre pensée et nos prières vont aussi aux peuples voisins qui accueillent aujourd’hui des centaines de milliers de réfugiés de Syrie.\n\n\nNous en appelons également à tous les responsables politiques, leur demandant de dépasser, dans leurs efforts diplomatiques, la seule recherche de compromis, de ne pas se contenter d’arbitrages appuyés sur l’équilibre des moyens de destruction de l’adversaire mais de mettre en œuvre prioritairement un cessez-le-feu immédiat et de garantir l’accès humanitaire aux populations. Dans le même temps, nous demandons à toutes les parties de ce conflit et à leurs alliés d’intensifier les négociations en vue d’une solution politique. \n\n\nEnfin nous nous tournons vers Celui qui est la source de toute paix et nous l’implorons afin qu’il change le cœur de ceux qui aujourd’hui infligent tant de souffrances au peuple syrien et qu’il permette à tous les habitants de la région de retrouver « un avenir et une espérance ».\n\n\nLes signataires de l'appel :\nMgr Marc STENGER, évêque de Troyes, président de Pax Christi France\nMgr Yves BOIVINEAU, évêque d'Annecy, président de Justice et Paix France\nMgr Pascal GOLLNISCH, directeur général de l’Œuvre d’Orient\nPasteur Jean-Arnold de CLERMONT, président du Défap-service protestant de mission Père Père Jean-Pierre LONGEAT, président de la Conférence des Religieux et Religieuses de France\nGuy AURENCHE, président de CCFD-Terre Solidaire\nThierry de BEAUMONT – BEYNAC, président de l’Ordre de Malte France,\nOlivier DUVAL, président du BICE (Bureau International Catholique de l’Enfance).\nAlbert HUBER, président de l’Action Chrétienne en Orient - France\nRachid LAHLOU, président fondateur du Secours Islamique France\nTareq OUBROU, recteur de la grande mosquée de Bordeaux\nMohammed MOUSSAOUI, président d'honneur du Conseil français du Culte musulman\nJean Claude PETIT, président du réseau Chrétiens de la Méditerranée\nFrançois SOULAGE, président du Secours Catholique - Caritas France\n\n\nLa visite d’une délégation \n\n\n11 représentants chrétiens et musulmans en Jordanie et au Liban, du 7 au 11 octobre prochain  \n\n\nL’objectif de ce déplacement est d’aller à la rencontre des familles réfugiées de Syrie, vivant dans des camps ou ailleurs … leur apporter soutien et espoir. Il est aussi prévu de rencontrer les autorités religieuses de ces deux pays qui accueillent chaque jour de plus en plus de réfugiés syriens victimes de l’inhumanité du conflit.\nC’est également, pour les organisations participantes, la volonté de témoigner au plus grand nombre de la situation dramatique vécue par ce peuple et d’interpeller l’ensemble des responsables politiques. \n\n\nLes onze associations à l’origine de ce projet sont Pax Christi France, \nJustice et Paix, l’Œuvre d’Orient, le Défap-service protestant de la mission, la Conférence des Religieux et Religieuses de France, le CCFD-Terre Solidaire, le Secours Catholique-Caritas France, le Secours Islamique France, l’Action Chrétienne en Orient, l’Ordre de Malte France, Chrétiens de la Méditerranée. \nElles ont été rejointes par le BICE, M. Mohammed Moussaoui (Président d'honneur du Conseil Français du Culte Musulman) qui ont souhaité s’associer à cet appel.\n\n\nParticipants à la délégation en Jordanie et Liban :\n\n\nMgr Marc STENGER, Evêque de Troyes - Pax Christi France\nŒuvre d’Orient \nSecours Catholique-Caritas France,\nSecours Islamique France \nTareq Oubrou, Recteur de la grande mosquée de Bordeaux\nCCFD-Terre Solidaire \nSRI (Service des Relations avec l’Islam)\nAction Chrétienne en Orient \nRéseau Chrétiens de la Méditerranée"}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/politique-au-bresil-forte-inquietude-de-la-societe-civile/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/politique-au-bresil-forte-inquietude-de-la-societe-civile/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Politique au Brésil, forte inquiétude de la société civile","datePublished":"2016-05-06T17:56:48+00:00","dateModified":"2022-01-02T22:02:30+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/politique-au-bresil-forte-inquietude-de-la-societe-civile/"},"wordCount":1176,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Droits des femmes","Paix et vivre ensemble"],"inLanguage":"fr-FR","description":"Alors que le Sénat devrait voter le 10 mai 2016 l'éloignement de la Présidente Dilma Roussef, dans la perspective d'une destitution, les mouvements sociaux dont les partenaires du CCFD-Terre Solidaire craignent un recul social généralisé et la répression de la contestation citoyenne.\n\n\n\nLe 17 avril 2016 restera pour de très nombreux Brésiliens la nuit au cours de laquelle leur pays s'est avancé en équilibre précaire sur la falaise du passé. Ce dimanche-là, les députés fédéraux, dans des relents remontés de la période de la dictature, se sont réunis en session extraordinaire pour se prononcer sur la validité de la procédure de destitution de la Présidente de la République Dilma Roussef — un impeachment. Cette sanction exceptionnelle, prévue par la Constitution dans le cas d'un « crime de responsabilité », a frappé en 1992 le Président Fernando Collor, convaincu de très lourds forfaits de corruption.\n\nPourtant, aucune charge de cette nature ne pèse contre la Présidente. L'opposition au Parti des travailleurs (PT, à gauche) – formation de Lula auquel « Dilma » a succédé en 2012 – a actionné la procédure d'impeachment sur l'accusation d'un « maquillage » des comptes publics (« pedaladas » en brésilien), supposé enjoliver son bilan dans le but d'aider à sa réélection, étroite, en 2014. De nombreux avis se sont exprimés pour dénoncer une manœuvre politicienne : cet artifice comptable, pour critiquable qu'il soit, est couramment utilisé par les gouvernements à l'échelon de la Fédération ou des États.\n\nIl n'empêche, le recours à l'impeachment a été jugé valide par la Chambre des députés le 17 avril, au cours d'une séance surréelle retransmise en directe. Les « pro » l'ont emporté par plus de 70 % des votes – il fallait au moins les deux tiers – dans des invocations à leur famille, au nom du « futur du Brésil », de « Dieu », « contre la corruption », en dénigrant rageusement la personne de Dilma Roussef. Le fond de l'indignité est touché par le très réactionnaire Jaïr Bolsonaro, auteur d'un hommage appuyé à la dictature [[qui a duré de 1964 à 1985]], dédiant son vote au sinistre colonel Ustra, le propre tortionnaire de Dilma Roussef, capturée alors qu'elle était entrée en résistance armée.\n\nPour suivre son cours, le processus devra être approuvé par une majorité simple par le Sénat le 10 mai prochain. La Présidente serait alors éloignée du pouvoir le temps qu'une enquête juge si les faits qui lui sont reprochés constituent bien un « crime de responsabilité ». Le cas échéant, le mandat de Dilma Roussef serait définitivement cassé en cas d'approbation ultime par le Sénat – à la majorité des deux tiers cette fois-ci – probablement à l'automne.\n\n\nLe vice-président bientôt au pouvoir ?\n\n\nL'opération politique s'est cristallisée début avril, quand la Chambre des députés – dont le gouvernement s'attachait déjà difficilement le soutien en raison de la faiblesse des alliances de Dilma Roussef – bascule nettement dans l'opposition. Le vice-président de la République Michel Temer, sonne la charge en dénouant une alliance gouvernementale scellée entre son parti (PMDB, centre-droit) et le PT depuis l'époque Lula. \n\nAu Sénat, le rapport de force n'est pas non plus favorable à la Présidente. Il y a donc de sérieuses chances qu'elle cède le pouvoir, le 10 mai, au deuxième personnage de l'État : Michel Temer. Qui est lui dans le collimateur de la justice dans plusieurs affaires touchant à l'énorme scandale « Lava jato » de pots-de-vin autour de Petrobrás, la florissante compagnie pétrolière nationale.\n\nDe fait, c'est l'ensemble de ce théâtre politique qu'empeste une atmosphère d'indignité : à ce jour, 60 % des députés sont aux prises avec des affaires judiciaires, et au tout premier chef le propre Président de la Chambre Eduardo Cunha, à l'initiative de l'impeachment alors qu'il est accusé, entre autres, de corruption ainsi que de blanchiment et d'évasion de fonds [[la Suisse a notamment révélé qu'il y possédait pour plusieurs millions de dollars de comptes cachés]]. La procédure visant Dilma Roussef est également activement soutenue par une partie du système judiciaire, notamment par la personne du très partial juge Sérgio Moro en charge du dossier « Lava jato », mais aussi par les grands entrepreneurs de São Paulo et les médias dominants, détenus par une demi-douzaine de puissantes familles.\n\n\nFortes inquiétudes de la société civile\n\n\nPour les mouvements sociaux progressistes et la gauche unanimes, pas de doute, c'est un « coup d'État contre la démocratie » qui est en marche. « Par la manipulation d'un mécanisme constitutionnel, on piétine le vote des 54 millions d'électeurs qui ont élu Dilma Roussef ! », s'élève Roberto Malvezzi, de la Commission Pastorale de la Terre à Brasília, partenaire du CCFD-Terre Solidaire. \n\nL'inquiétude s'ancre dans des faits bien concrets. Michel Temer a déjà fait fuiter par anticipation des éléments d'un futur programme de gouvernement potentiel, et des ministres putatifs renchérissent, dans une sorte de catharsis de classe où surnage, dans un fort esprit de revanche, le projet d'entamer les acquis sociaux engrangés depuis le premier mandat de Lula (2003). Recul des droits travaillistes et de la protection sociale, fragilisation des minorités sociales, ethniques et sexuelles, perte de prérogatives du pouvoir judiciaire, etc. « On voit monter une vision réactionnaire, c'est une vraie régression  qui se prépare ! », s'alarme Letícia Tura, directrice du bureau de Rio de la Fase  –  partenaire du CCFD-Terre Solidaire  –  engagé dans l'action sociale et éducationnelle dans tout le pays. L'armée a même offert ses services pour « le maintien de l'ordre » dans les campagnes, ravivant là encore la sinistre mémoire d'une dictature militaire dont le retour est explicitement appelé de ses vœux par une partie de l'opinion (environ 10 %).\n\nBrésil, société fracturée : le mal semble fait, et durablement. Politiquement, les dés ne sont pas encore tout à fait jetés. Sans préjuger de l'ampleur de la mobilisation d'une grande partie de la société civile, qui refuse le retour vers le passé, reste l'hypothèse d'une élection présidentielle anticipée. Dilma Roussef, qui n'a « rien à se reprocher », refusait jusqu'à présent de démissionner. Ce geste de contrition pourrait cependant prendre l'allure d'un coup tactique : si le Brésil votait aujourd'hui, Lula l'emporterait ! Le vieux sage caracole actuellement en tête des sondages. Il avait quitté le pouvoir en 2010 avec un taux d'appréciation positive stratosphérique de 80 %, un cas unique dans les démocraties modernes.\n\nPatrick Piro"}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/30-ans-de-finance-solidaire-au-ccfd-terre-solidaire-et-apres/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/30-ans-de-finance-solidaire-au-ccfd-terre-solidaire-et-apres/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"30 ans de finance solidaire au CCFD-Terre Solidaire… et après ?","datePublished":"2013-10-18T11:15:00+00:00","dateModified":"2024-04-05T15:22:33+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/30-ans-de-finance-solidaire-au-ccfd-terre-solidaire-et-apres/"},"wordCount":1019,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Communiqués de presse","Finance solidaire"],"inLanguage":"fr-FR","description":"A l’occasion de la semaine de la finance solidaire, le CCFD-Terre Solidaire organise un colloque avec la SIDI, mercredi 6 novembre, au Collège des Bernardins, et lance un nouveau produit d’épargne de partage avec le Groupe Crédit Coopératif.\n\nVéritable précurseur de l’épargne solidaire en France, le CCFD-Terre Solidaire lançait en 1983, avec des congrégations religieuses et le Groupe Crédit Coopératif, le premier fonds commun de partage (FCP) en Europe, « Faim et Développement ». Dans une synergie innovante, il créait parallèlement une filiale, la SIDI, pour financer des activités économiques dans les pays du Sud.\nLa finance solidaire : un pari qui rencontre un succès grandissant\nLa France compte plus d’un million d’épargnants solidaires - contre 272 000 en 2006 - pour un encours de 4,712 milliards d’€. En investissant dans l’économie réelle, l’épargne solidaire a permis en 30 ans de financer plus de 20 millions de petits entrepreneurs dans les pays en développement (Baromètre Finansol 2013).\nUne synergie efficace pour financer des petits projets économiques\nLa création simultanée du fonds « Faim et Développement » et de la SIDI, permet au CCFD-Terre Solidaire depuis 1983, de donner accès au crédit à des porteurs de projets économiques, exclus des circuits bancaires traditionnels de leur pays mais porteurs de projets viables. Développement social et économique sont ainsi portés de façon complémentaire par le CCFD-Terre Solidaire et la SIDI au profit des populations marginalisées.\n\n- Le FCP Faim et Développement : porté et distribué par le Crédit Coopératif et sa filiale de gestion Ecofi Investissements « Faim et Développement » arrive parmi les premiers fonds de partage en termes d’encours, réparti en trois compartiments : Trésorerie, Solidarité et Equilibre. Il existe également une autre version : Faim et Développement Agir CCFD, commercialisable par tous les réseaux bancaires en France. Les souscripteurs peuvent choisir de reverser au CCFD-Terre Solidaire 50 ou 75 % des revenus annuels de ce placement. Depuis sa création, le FCP Faim et Développement a rapporté plus de 23 millions d’euros. Il compte aujourd’hui 5 000 souscripteurs.\n\n- La SIDI (Solidarité internationale pour le développement et l’investissement) : Société d’investissement solidaire, la SIDI est dotée d’un capital de 15,4 millions d’euros, dont 96% sont investis auprès de 65 partenaires dans 30 pays. Elle apporte un appui financier et technique à des structures de financement de proximité (SFP) qui proposent des services d’épargne, de crédit, d’accès au marché et de mutualisation des risques durables. En 30 ans, elle a financé plusieurs millions de petits entrepreneurs urbains et ruraux (plus de 2 millions de bénéficiaires en 2012 dans 30 pays).\nQuelques exemples d’initiatives financées par la SIDI et le CCFD-Terre Solidaire\n- En Afrique du Sud, pays marqué par des inégalités criantes, Tembeka facilite l’accès au crédit pour les créateurs d’activités génératrices de revenus dans les townships. « Tembeka» signifie « digne de confiance », car le taux de remboursement des prêts est exceptionnellement élevé.\n\n- En Haïti, grâce au 110 Mutuelles de solidarité, promues par l’association Fonhsud, des communautés rurales du sud du pays peuvent mener des travaux de protection de l’environnement (reboisement), de prévention sanitaire et développer des activités génératrices de revenus.\n\n- Au Vietnam, l’action conjointe de la SIDI et du CCFD-Terre Solidaire permet l’équipement de petites unités de production de thé noir dans le nord du pays et l’obtention de la certification bio et équitable.\nInnovation : lancement du Compte à Terme Agir pour le CCFD destiné aux personnes morales\nA l’occasion de cet anniversaire, le Crédit Coopératif lance un nouveau produit de partage : « le Compte à Terme Agir pour le CCFD », le premier du genre au niveau national. Ce placement de partage « garanti et sans risque » permet aux épargnants, personnes morales, entreprises, de soutenir les projets du CCFD-Terre Solidaire puisque 50% des intérêts perçus sont reversés à l’association. D’un montant minimum de 1 000 euros, ce compte à terme se caractérise par un taux de rémunération fixé à la souscription pour toute la durée du placement.\nLe colloque « 30 ans de finance solidaire au CCFD…et après ? »\nMercredi 6 novembre, une journée de conférence-débat réunira banques, institutions de microfinance, ONGs, opérateurs du Sud… Quelles réussites, quelles évolutions, quels défis, comment développer la finance solidaire ? Parmi les intervenants : François Doremus, directeur général du Crédit Coopératif, Guy Aurenche, président du CCFD-Terre Solidaire, Christian Schmitz, directeur général de la SIDI, Mgr Cyprian Lwanga, membre du Conseil d’administration de Centenary Bank, Frédéric Tiberghien, président de Finansol...\n\nContacts presse :\n\nCCFD-Terre Solidaire\nVéronique de La Martinière\n01 44 82 84 64/ 06 07 77 05 80\n\nSIDI\nLaurent Chéreau\n01 40 46 70 10/06 18 42 58 31\n\nLes produits de finance solidaire proposés par le CCFD-Terre Solidaire depuis 1983\n\n \t1983 : Faim et Développement : premier fonds commun de partage (FCP) lancé avec le Crédit Coopératif.\n \t1992 : Solidarité-CCFD-Terre Solidaire (SICAV), gérée par Amundi, pour le développement d’activités économiques en Europe et en direction des migrants.\n \t2001: Ethique et partage-CCFD (FCP), géré par Meeschaert Asset management, premier produit boursier en France à la fois 100% éthique et solidaire.\n \t2008 : Faim et Développement- Agir CCFD (FCP), conçu avec le Crédit Coopératif pour financer des structures locales de crédit dans les pays du Sud et de l’Est.\n \t2010 : Deux nouveaux produits, livrets d'épargne : Agir CCFD-Terre Solidaire, avec le Crédit Coopératif ; et Service Epargne Solidaire, avec la Société Générale, pour renforcer le soutien du CCCFD-Terre Solidaire à ses partenaires dans le monde.\n \t2013 : Le « Compte à terme Agir pour le CCFD », produit de partage lancé avec le Crédit Coopératif, à taux de rémunération fixé à la souscription, destiné aux personnes morales soucieuses de leur responsabilité sociétale.\n\nVoir le site et les différents produits de l'épargne solidaire"}
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L’agriculture fera l’objet d’une attention particulière. Si nos organisations se félicitent que la communauté internationale prenne enfin en considération les multiples liens entre climat, agriculture et sécurité alimentaire, elles s’inquiètent des modèles agricoles et systèmes agro-alimentaires qui seront promus. Alors que la France vient de confirmer son adhésion à une initiative fortement contestée, les ONGs interpellent le chef de l’Etat.\n\n\n\nLe Sommet Climat sera en effet l’occasion du lancement de l’ « Alliance mondiale pour l’agriculture intelligente face au climat » (Global Alliance for Climate-Smart Agriculture). Alors que quelques Etats et multinationales, connus pour défendre un modèle agro-industriel à grande échelle, sont très impliqués dans la promotion de cette initiative, la France avait ces derniers mois hésité à y participer.\n\nCependant, Annick Girardin, secrétaire d’Etat au Développement vient de confirmer l’adhésion française à l’Alliance, alors même que les préalables définis par la France n’ont pas été réunis. Cette décision est regrettable, compte tenu des nombreuses réserves exprimées par la société civile qui reproche à l’Alliance de cautionner le modèle de l’agriculture productiviste conventionnelle basée sur l’utilisation massive d’intrants chimiques et de biotechnologies, et occulte la priorité qui doit être donnée aux agricultures familiales paysannes. Elle est ainsi soutenue par certaines des plus grosses entreprises agro-industrielles qui pourraient se servir de l’alibi climatique pour proposer des solutions contestées, comme les OGM, sans critères sociaux et environnementaux, ni souci du bien commun.\nCette Alliance pourrait ainsi se résumer à un espace de lobbying pour les entreprises privées et à une rampe de lancement d’investissements au service d’intérêts privés, menaçant directement les droits fondamentaux des populations agricoles et rurales ainsi que la sécurité alimentaire et nutritionnelle des plus pauvres. Ce faisant, l’Alliance ne pourra répondre à l’exigence de repenser nos façons de produire, d’échanger, de consommer face au double défi climatique et alimentaire.\nPar ailleurs, les organisations de la société civile, du Nord au Sud [[Lettre ouverte de la société civile à propos de l’alliance globale pour une agriculture intelligente face au climat – Lettre internationale signée par plus de 160 organisations de la société civile- disponible sur : http://climatesmartagconcerns.weebly.com/francais.html]], s’interrogent aussi sur son fonctionnement, en l’absence d’un cadre de gouvernance lisible et transparent, d’exigence de redevabilité claire pour l’ensemble des parties prenantes, et d’une réelle prise en compte de la voix des premiers concernés : les petits exploitants du Sud.\n\nQuatre jours avant le Sommet Climat, la France co-organise avec l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) un Symposium sur l’agroécologie à Rome. Or, pour nos organisations, agroécologie et « climate-smart agriculture » ne sont pas substituables ; dès lors, quelle cohérence de l’approche française en matière d’agriculture et de sécurité alimentaire ?\n\nNos organisations dénoncent l’adhésion de la France à l’«Alliance mondiale pour l’agriculture intelligente face au climat », qui la justifie en prônant une stratégie d’influence de l’initiative de l’intérieur. Or des précédents ont déjà montré l’inefficacité d’une telle option.\n\nNous demandons à François Hollande de clarifier les choix de la France quant au modèle à défendre pour lutter efficacement contre le changement climatique et assurer un développement rural durable et équitable bénéficiant aux agricultures familiales et paysannes. A la veille de la présidence française des négociations sur le changement climatique, il y a urgence.\n\n\nContacts presse\n\n- Secours Catholique-Caritas France : Sophie Rebours, 01 45 49 73 23, 07 86 39 43 02, sophie.rebours@secours-catholique.org\n- CCFD-Terre Solidaire : Karine Appy, 01 44 82 80 67, 06 66 12 33 02, k.appy@ccfd-terresolidaire.org\n- ACF-France : Julia Belusa ,01.70.84.72.22,  jbelusa@actioncontrelafaim.org\n- Oxfam France : Magali Rubino,  06 30 46 66 04, mrubino@oxfamfrance.org\n\nPour plus d'information, lire aussi : GLOBAL ALLIANCE FOR CLIMATE-SMART AGRICULTURE : UN JEU DE DUPES ?"}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/elections-organisations-et-mouvements-deglise-appellent-a-un-sursaut-citoyen/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/elections-organisations-et-mouvements-deglise-appellent-a-un-sursaut-citoyen/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Elections : Organisations et mouvements d&rsquo;Eglise appellent à un sursaut citoyen","datePublished":"2017-04-13T12:41:28+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/elections-organisations-et-mouvements-deglise-appellent-a-un-sursaut-citoyen/"},"wordCount":908,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"inLanguage":"fr-FR","description":"À la veille du grand rendez-vous démocratique qu’est l’élection présidentielle, dans un contexte de discrédit grandissant de la parole publique et de sentiment d’impuissance face à l’état du monde, nos organisations et mouvements d’Église appellent à un sursaut citoyen.\n\nCet appel fait écho à celui lancé par le pape François aux jeunes lors des Journées mondiales de la jeunesse à Cracovie en juillet 2016 : « Voulez-vous changer le monde ? ».\n\nCette interpellation nous est aujourd’hui adressée, à chacun et chacune, en ce temps électoral. Voulons-nous changer le monde et redonner sens à la citoyenneté, en ayant conscience d’habiter une même terre, en étant engagés vers un même avenir, en nous impliquant dans la gestion de la chose publique et en agissant pour l’intérêt général ?\n\nEn tant qu’acteurs de la société civile, notre rôle d’organisations et mouvements catholiques n’est pas de prendre parti mais bien de prendre part à la vie démocratique et d’inciter les citoyens à discerner les possibles et les souhaitables, à exercer leurs droits et leurs devoirs et à mettre en cohérence leur vote avec leurs convictions, leurs valeurs morales et leur foi.\n\nUne inquiétude se développe chez celles et ceux qui habitent notre pays quant à l’avenir de leurs enfants et à la précarisation du travail et des liens sociaux. La stigmatisation de celui qui est différent, la volonté de construire des murs, la surenchère de propositions sécuritaires et identitaires : ces idées sont dangereuses pour une société qui aspire au vivre ensemble dans la paix et le respect de la dignité de chacun. On ne construit pas un projet de solidarité contre certains groupes et contre des personnes. On ne construit le lien social qu’avec celles et ceux qui vivent ensemble et participent au devenir de la communauté.  \n\nNotre foi et nos valeurs nous appellent à ne pas céder devant la colère, la peur et le rejet de l’autre, mais à plaider la cause des plus pauvres et à promouvoir le respect de la personne humaine et de l’environnement. Nous pensons que les solutions aux problèmes auxquels notre société est confrontée se trouvent dans l’ouverture, le dialogue et l’échange pour construire ensemble une France et une Europe plus justes dans un monde de droit et de dignité.\n\nLes dizaines de milliers de bénévoles de nos organisations et mouvements sont témoins tous les jours que la réalité de la société française, c’est aussi et surtout des milliers d’actions concrètes qui construisent une planète plus solidaire et fraternelle. Des professionnels – salariés, agriculteurs, entrepreneurs, syndicalistes – développent d’autres manières de travailler, plus soucieuses de l’intégration des jeunes générations et de la responsabilité sociale et environnementale des entreprises. Des familles accueillent des migrants chez elles. Des « jeunes » ou des plus « anciens » font le choix de modes de vie plus sobres dans le cadre d’une économie sociale et solidaire : potagers agro-écologiques, covoiturage, Amap… De nombreux projets voient le jour pour développer la démocratie participative qui sont autant de germes de mobilisation citoyenne locale. Des centres-villes réinvestis et de nouvelles initiatives rurales redynamisent nos régions…\n\nLes échéances électorales sont une nouvelle opportunité de redire aux futurs décideurs le besoin de replacer la dignité de l’humain au cœur de leurs préoccupations. C’est aussi l’occasion de rappeler ce destin commun de l’Humanité qui passe par la solidarité, à l’échelle locale, nationale, européenne et internationale. Nous appelons tous les citoyens et citoyennes à mettre en œuvre concrètement ces valeurs de droit et d’égale justice et à les porter dans leur vote. Il faut tout faire pour contribuer à élever le débat politique et combattre la tentation du repli sur soi ou la peur de l’autre.\n\nComme les évêques nous y ont incités en invitant « chacun et chacune à exercer son discernement et sa responsabilité pour le bien de tous  », notre devoir aujourd’hui est de faire entendre notre voix. \n\nCette dynamique démocratique devra se poursuivre au lendemain du second tour des élections législatives en demandant aux élus de rendre compte de leur mandat, et en s’impliquant dans la vie locale afin de contribuer au renouveau de l’exercice de la citoyenneté.\n\nCette tribune a été publiée le 13 avril 2017 sur le site du journal La Croix\n\n\nListe des Signataires :\n\nAction catholique des milieux indépendants (ACI)\nAction catholique ouvrière (ACO)\nApprentis d’Auteuil\nAssociation des cités du Secours catholique\nCCFD-Terre Solidaire\nChrétiens dans le monde rural (CMR)\nChrétiens dans l'Enseignement Public\nChrétiens en Forum\nCommunauté Mission de France\nCommunauté Vie Chrétienne (CVX)\nConfrontations\nDélégation Catholique pour la Coopération (DCC)\nEntrepreneurs et dirigeants chrétiens (EDC)\nFédération française des Equipes Saint-Vincent\nInstituts religieux et Solidarité internationale (IRSI)\nJeunesse étudiante chrétienne (JEC)\nJeunesse ouvrière chrétienne (JOC)\nJustice et Paix\nMission de la mer\nMouvement chrétien des cadres et dirigeants (MCC)\nMouvement chrétien des retraités (MCR)\nMouvement rural de jeunesse chrétienne (MRJC)\nOrdre de Malte\nPax Christi\nScouts et Guides de France \nSecours catholique - Caritas France\nSemaines sociales\nVoir Ensemble"}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/reduire-la-pauvrete-a-madagascar/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/reduire-la-pauvrete-a-madagascar/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Réduire la pauvreté à Madagascar","datePublished":"2013-03-14T14:36:00+00:00","dateModified":"2021-12-08T11:38:27+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/reduire-la-pauvrete-a-madagascar/"},"wordCount":876,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Accaparement des terres","Projet","Souveraineté alimentaire et agroécologie"],"inLanguage":"fr-FR","description":"Agir en faveur du développement durable dans un pays très pauvre dirigé par un régime de transition non-élu, n’est-ce pas une gageure ? « C’est un vrai défi, convient en souriant Herimena Ratsimbarison, agronome de 36 ans, mais il ne faut pas désespérer, l’horizon politique s’éclaircit. \n\n\n\nLors des prochaines élections présidentielles, fixées au 24 juillet 2013, ni l’actuel président de la Haute autorité de transition (HAT), Andry Rajoelina, ni son prédécesseur et rival Marc Ravalomanana, ne vont pas être candidats. Un renouvellement démocratique est donc possible. » \n\nHerimena est engagé depuis cinq ans au sein de l’ONG HARDI, sigle d « Harmonisation des actions pour la réalisation d’un développement intégré ». A Madagascar, on ne craint pas les intitulés à rallonge !  \n\t\t\t\t      \n\nTrois axes d’intervention\n\n\n« Nous contribuons au développement intégré et durable au travers de trois types d’actions, reprend Herimena. D’abord, un volet éducatif. C’est le noyau dur de nos interventions. Nous favorisons surtout la scolarisation des enfants pauvres des quartiers populaires d’Antananarivo, la capitale, ainsi que de communes rurales environnantes. Nous motivons notamment les parents pour qu’ils envoient leurs jeunes enfants à l’école. Pour ce faire, nous disposons du soutien du Programme alimentaire mondial (PAM), qui permet aux familles modestes de s’acquitter de frais de cantine très réduits. Nous multiplions aussi les activités périscolaires (théâtre, cirque, classe verte) qui sont autant d’alternatives à la rue et à ses dangers. \nLe second volet, en plein essor, concerne la sécurisation foncière. A Madagascar, 1/15e seulement des terres cultivables dispose d’un titre de propriété. Une situation qui favorise l’accaparement des terres. Le cas de l’entreprise italienne Tozzi Green, filiale de la multinationale Tozzi holding, illustre bien ce phénomène. Celle-ci s’est lancée dans la production d’agrocarburants, à partir de la mise en culture de jatropha sur plus de 10 000 hectares, à Ihorombe dans le sud de la Grande Ile. Ces spoliations de terres sont  légalement possibles car le système actuel de titrement est dissuasif pour la plupart des paysans. Pour obtenir le précieux titre de propriété, ils doivent se rendre au chef lieu de district, au terme d’un voyage d’une demi-journée minimum lorsque la route est praticable, satisfaire à de multiples demandes bureaucratiques qui peuvent s’étaler sur six mois et payer un coût prohibitif pour leur maigre budget. HARDI, pionnier en la matière, a décidé de lancer - en concertation avec d’autres acteurs de la société civile et le programme national foncier - un système de délivrance de certificats fonciers, à la fois décentralisé et simplifié. Le paysan les obtient auprès du guichet foncier de la commune sur la base d’attestations des Anciens et de ses voisins qui connaissent la délimitation des parcelles et témoignent que tel ou tel paysan est bien celui qui les met en valeur. HARDI a recruté les agents du guichet foncier de la commune et participé à leur formation. Au total, l’ONG a sécurisé les agriculteurs et contribué à la modernisation du cadastre : les vieilles archives papier en piètre état sont progressivement remplacées par des bases de données numérisées. \n\t\t  \n\nSécurisation foncière au service du développement rural\n\n\nCes démarches simplifiées bénéficient d’un réel engouement. Ainsi, sur la seule commune de Miadanandriana, située à 80 kilomètres au sud d’Antananarivo, et qui compte 10 000 habitants, 250 familles déjà disposent de ces certificats fonciers et sont prémunies contre les risques d’expulsion.\n\nSur ces terrains sécurisés, il est possible de promouvoir l’agriculture familiale. C’est notre 3e volet d’action. Nous n’oublions pas que la population malgache - 22 millions d’habitants - demeure rurale à plus des 2/3. Là, les efforts d’HARDI prennent souvent la forme d’aide à la création de micro-entreprises de transformation des produits agricoles. Par exemple, dans la filière « pok-pok », un petit fruit tropical de couleur orangée et au goût acidulé, encore appelé « cerise de terre ». Grâce à un équipement rudimentaire, les agriculteurs peuvent le transformer en confiture. Ils s’approprient la valeur ajoutée et obtiennent des revenus rémunérateurs en court-circuitant les intermédiaires. Dans d’autres communautés rurales, nous avons procédé de la même manière avec la filière apicole et la production de miel. Malgré les formations délivrées aux agriculteurs, les résultats sont encore fragiles. Sur huit micro-entreprises lancées au cours de l’année 2009, seules deux d’entre elles peuvent être qualifiées de stables et  autonomes ; les six autres ont encore besoin de notre soutien. \n\nL’ONG a été créée en 1993 et compte à présent une trentaine de salariés (y compris ceux du siège). Nous sommes convaincus que pour toutes les actions, il faut faire partir le développement des communautés de base, les Fokonolona. C’est sans doute plus long, mais à terme, les acquis s’inscrivent dans la durée. »\n\nPropos recueillis par Yves Hardy"}
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Face à un gouvernement nationaliste peu enclin au dialogue, la population tamoule réussira-t-elle à faire valoir ses droits ? Retour sur les racines du conflit, décryptage géopolitique et interrogations sur une possible réconciliation.\n\n\n\nElle a allaité son enfant jusqu'au bout, avant de succomber à bord d'une embarcation de fortune perdue entre le nord de Sri Lanka et l'État indien du Tamil Nadu. Le lendemain, les survivants de l'odyssée atteignaient les côtes indiennes au terme d'un périple harassant. Onze jours auparavant, ils avaient pris le large, fuyant les combats ravageant leur pays et plus  particulièrement, en cette fin de conflit, une poche de 4 km2 au nord du Sri Lanka où les belligérants tenaient en otages quelque 50 000 civils. Sur leur lit d'hôpital, les rescapés racontent l'enfer. Des récits rares, car la zone de conflit est restée fermée à tout observateur.\n\nAujourd'hui encore, le gouvernement sri lankais s'échine à museler les témoins. Trois médecins tamouls qui, au péril de leur vie, avaient choisi de rester sous les bombes pour soigner les blessés, sont emprisonnés pour avoir communiqué avec des médias étrangers. Les défenseurs des droits de l'homme sont surveillés, menacés. Et environ 300 000 personnes déplacées par les combats sont parquées dans des camps cernés de barbelés, sans contact avec l'extérieur. Les ONG  humanitaires qui peuvent enfin leur apporter une aide d'urgence sont encadrées par les militaires sans autorisation d'adresser la parole aux déplacés !\n\nUne répression ancienne\n\nCe conflit, opposant les forces gouvernementales au LTTE (Tigres de libération de l'Eelam tamoul), durait depuis près de trente ans. Mais les discriminations que subit encore la population tamoule (25 % de la population, dont 7 % de musulmans) sont bien plus anciennes. Gardant rancune des préférences accordées aux Tamouls par l'administration britannique, un mouvement identitaire cinghalais (75 % de la population) se forme après l'indépendance acquise en 1948.\n\nEn 1956, le cinghalais devient la seule langue officielle. Puis, l'accumulation de mesures  nationalistes, le harcèlement incessant et le sentiment d'inefficacité de la mobilisation pacifiste vont pousser certains groupes tamouls à la radicalisation, puis à la guérilla.\n\nAu fil des années, grâce au racket ou à la contribution volontaire de la diaspora, au trafic d'armes et au détournement de l'aide internationale, les Tigres se constituent un véritable trésor de guerre. Le LTTE, groupe sanguinaire et despotique devient l'une des organisations terroristes les plus puissantes au monde. Au nom de la lutte contre le terrorisme, le gouvernement sri lankais va user de tous les moyens. « Jusqu'en janvier dernier, les Tigres avaient une image de puissance invincible. On a donc fermé les yeux sur les atteintes aux droits de l'homme, comme les assassinats de journalistes, toutes sortes de choses qui ont été dénoncées mollement. On a laissé le gouvernement de Colombo faire le sale boulot », analyse Eric Meyer, historien et vice-président de l'Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco).\n\nCe « on » englobe une multitude d'acteurs pour qui le Sri Lanka représente un enjeu géopolitique.\n\nTout d'abord, la Chine. Soucieuse de protéger sa route d'approvisionnement en pétrole, d'étendre son hégémonie dans l'océan Indien et de développer ses intérêts économiques en Afrique, elle construit notamment un complexe portuaire à Hambantota, au sud de l'île. Pékin a participé à la victoire contre les Tigres en livrant massivement des armes à Colombo.\n\nL'Inde, quant à elle, a fourni des renseignements militaires qui ont contribué, entre autres, à l'élimination de la flotte maritime du LTTE. « Les Tigres tamouls sont depuis toujours une épine dans le pied de l'Inde. Trop puissants, ils auraient pu répandre des velléités séparatistes au Tamil Nadu », précise Eric Meyer.\n\nEnfin, financièrement, le Sri Lanka dépend en grande partie du Japon et de la Corée du Sud. Ces deux pays investissent de longue date dans l'industrie sri lankaise. Même si politiquement ils ne s'engagent guère, ils soutiennent de facto le gouvernement.\n\nEt l'Occident ? En 2007, les États-Unis suspendent leur aide militaire face à la dégradation du respect des droits de l'homme. Côté européen, Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères et son homologue britannique, David Miliband, sont rentrés bredouilles de leur mission à Colombo en avril dernier. Alors que les combats font rage, ils n'obtiennent ni trêve, ni accès aux victimes. Si sa diplomatie reste vaine, l'Union européenne peut encore actionner le levier commercial en conditionnant au respect des conventions internationales le renouvellement du système de préférences généralisées dont bénéficie le Sri Lanka.\n\nEnfin, au niveau des instances internationales, le FMI (à l'heure où nous écrivons ces lignes) est à deux doigts d'accorder un prêt de près de 2 milliards de dollars au pays, faisant fi de l'opposition des États-Unis, mais surtout sans exigence concernant la gestion des camps de déplacés, ni l'assurance que cette manne profitera aux Tamouls. Fort de son appui chinois inconditionnel, Colombo affiche son outrecuidance sur la scène internationale.\n\nJusqu'à quand ?\n\nUrgence humanitaire\n\n« Si la guerre conventionnelle est terminée, deux autres guerres se poursuivent. L'une, inhumaine et illégale, contre la société civile tamoule maintenue de force dans des camps. L'autre contre les défenseurs des droits de l'homme. Tout cela en toute impunité », regrette Ruki Fernando responsable du programme Droits humains de Law and Society Trust, partenaire du CCFD-Terre Solidaire.\n\nDans les camps, vivres, médicaments, soins... manquent cruellement. Le gouvernement aurait même sous-estimé le nombre de déplacés. « Les camps ont été conçus pour accueillir deux fois moins de personnes », estime Eric Meyer.\n\nL'urgence consiste aussi à organiser la réunion des familles, ballottées, éparpillées par des années de combats. Les ONG internationales et les Nations unies demandent un accès libre aux populations en détresse, un arrêt de toutes formes de harcèlement ou menaces envers les défenseurs des droits de l'homme et des mesures pour prévenir de nouveaux abus et redonner aux Tamouls une vraie citoyenneté. Pour le moment, les appels à la levée des restrictions dans les camps ont été rejetés... À cette urgence sanitaire se greffe un bras de fer politique : la création, ou non, d'une commission d'enquête internationale visant à juger, dans les deux camps, les auteurs de violations du droit international.\n\n« Il faut mettre en place une véritable commission de réconciliation sur le modèle sud-africain. En revanche, mettre en accusation les acteurs du conflit devant la justice pénale internationale peut être très contreproductif, car cela risque de durcir la position des plus radicaux », craint Eric Meyer.\n\nPourant, les initiatives nationales n'ont pas abouti : « Depuis 2006, nous avons une commission nationale. De nombreux cas ont été déposés, mais nous sommes dans l'attente de conclusions... Nous avons besoin maintenant des instances internationales, explique Ruki Fernando, même si les pays occidentaux devraient se montrer moins arrogants et consulter en amont des pays comme l'Argentine, le Chili, la Bosnie ou l'Afrique du Sud », qui, dans le passé, ont été confrontés à ce problème de réconciliation.\n\nReconstruction et réconciliation\n\nFace à une économie exsangue, le pays a besoin de financements pour sa reconstruction.\n\n« L'aide doit être conditionnée au respect des droits de l'homme. Elle ne doit pas soutenir une colonisation des terres du Nord par les Cinghalais », insiste Anne- Sophie Delecroix, responsable du service Asie au CCFD-Terre solidaire. D'autre part, le gouvernement a bâti sa popularité sur un nationalisme exacerbé, on pourrait donc craindre l'émergence d'un affrontement communautaire.\n\nPourtant Eric Meyer estime qu'il n'y a pas d'antagonisme profondément enraciné entre Cinghalais et Tamouls. Mais « si les restrictions de liberté envers les Tamouls persistent, si les médias restent menacés, si la langue tamoule n'est pas reconnue officiellement et si la vérité ne voit pas le jour, il n'y aura pas de réconciliation », assure Ruki Fernando. Or, le gouvernement  ne semble pas prêt à de telles concessions. Pour preuve, « Colombo ne mentionne rien sur le prix payé par les populations civiles dans sa résolution présentée au Conseil des droits de l'homme des Nations unies », souligne Anne-Sophie.\n\nAutre test : les prochaines élections locales dans le nord du pays. Les Tamouls déplacés pourront-ils voter et dans quelles conditions ? Peut-on déjà voir poindre une représentation démocratique tamoule ?\n\nBeaucoup d'autres questions restent en suspens : où les familles tamoules déplacées seront-elles réinstallées ? Quel sort réserve le gouvernement aux personnes soupçonnées d'avoir combattu dans les rangs des Tigres, détenues dans des camps militaires ? Les regards se tournent aussi vers l'Inde. La récente victoire du parti du Congrès pourrait s'avérer de bon augure. « Le nouveau gouvernement indien va se faire, je pense, le porte parole de la démocratie comme valeur fondamentale dont il peut être le garant. Et ce que dit l'Inde ne tombe pas dans l'oreille d'un sourd à Colombo... », conclut Eric Meyer. Ceci ne dispense pas pour autant les Européens de maintenir une position ferme."}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/accueil-des-refugies-syriens-revivre-apres-lexil/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/accueil-des-refugies-syriens-revivre-apres-lexil/"},"author":{"name":"Noémie Marshall","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/56416c02133d2e3a6db028562f6edf9c"},"headline":"Accueil des réfugiés syriens : Revivre après l&rsquo;exil","datePublished":"2015-07-09T10:10:00+00:00","dateModified":"2024-12-10T13:23:01+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/accueil-des-refugies-syriens-revivre-apres-lexil/"},"wordCount":959,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Dossier","Migrations","Projet"],"inLanguage":"fr-FR","description":"L’association franco-syrienne Revivre, partenaire du CCFD-Terre Solidaire, accueille les demandeurs d’asile syriens à Paris. Elle les guide dans leur parcours administratif et leur apporte un accompagnement humain adapté à leurs besoins. Étienne Marest, son secrétaire général, nous explique sa mission.\n\n\n\nFaim et Développement : Comment se passe l’accueil des demandeurs d’asile syriens en France ?\n\nÉtienne Marest : Contrairement aux autres nationalités, les demandeurs d’asile syriens obtiennent en majorité le statut de réfugié. Mais la démarche reste un parcours difficile, pour les Syriens comme pour les autres. Ils doivent sans cesse se débrouiller pour remplir des papiers administratifs auprès de la préfecture, de l’Ofpra, (l’Office français pour la protection des réfugiés et des apatrides) et des différentes administrations dans une langue qu’ils ne maîtrisent pas encore. \n\n\nComment travaille Revivre auprès des réfugiés syriens ? \n\nNous avons ouvert une permanence en octobre 2012 dans une petite salle de la mairie du XXe. Depuis, nous avons suivi 511 dossiers, et les demandeurs ont tous obtenu l’asile. Mais le rythme s’accélère. Au cours du premier trimestre de cette année, 320 personnes sont venues demander des informations ou ont commencé des démarches. \nAvec cinq bénévoles, une permanente de l’association, trilingue, accueille et accompagne les réfugiés. Nous les aidons à faire les démarches auprès de Pôle emploi pour obtenir l’Ata (Allocation temporaire d’attente, soit environ 340 euros par mois), pour avoir une couverture médicale (la CMU), pour bénéficier d’un titre de transport auprès de la RATP ou encore s’inscrire à la Caisse d’allocations familiales (CAF). \nNous organisons aussi des cours de français, seul moyen pour s’intégrer. Et nous constituons des binômes franco-syriens, pour partager des moments privilégiés : prendre un café, aller visiter un musée, préparer un repas ensemble... En juin, nous avons organisé un grand pique-nique dans le bois de Vincennes. \n\n\n\"Le gros problème, c'est l'hébergement\"\n\n\nLa France fait-elle assez pour l’accueil des demandeurs d’asile ? \n\nJe crois que vous connaissez la réponse ! La France est bien disposée pour accorder l’asile aux Syriens, mais elle ne fait pas grand-chose pour les accompagner. Le gros problème, c’est l’hébergement pendant la procédure. Il est très difficile d’avoir une place en Cada (Centre d’accueil des demandeurs d’asile), et le système d’hébergement d’urgence est saturé. Un grand nombre de demandeurs d’asile sont aujourd’hui à la rue.\n Et si, par chance, ils obtiennent une place en Cada, ils ne peuvent pas y rester une fois le statut de réfugié obtenu. Or, quel propriétaire acceptera de louer à un réfugié syrien qui touche le RSA ? En réalité, la France met très peu de moyens dans l’accueil. La Suède ou l’Allemagne étant réputées pour mieux les accueillir, les Syriens préfèrent aller là-bas pour demander l’asile. \n\n\nL’État délègue-t-il de plus en plus de responsabilités aux associations ? \n\nL’idée selon laquelle les associations seraient là pour pallier les carences de l’État est un leurre. Les associations agissent avec peu de moyens, et ne sont pas en mesure de jouer le rôle de l’État. Sur la question de l’hébergement, par exemple, c’est flagrant. Aujourd’hui, il y a un réel manque de volonté et de courage politique. \n\n\nDans quel contexte a été créée l’association Revivre ? \n\nL’association a été créée en 2004 par des Français et des Syriens pour soutenir d’anciens prisonniers politiques. Nous avions des partenaires sur place. Mais c’est fini : avec la guerre, tous nos amis ont été arrêtés ou ont disparu. Nous nous sommes recentrés sur l’accueil des réfugiés en France. \n\nNotre particularité – être une association franco-syrienne antérieure à la guerre – nous a permis de dépasser certaines difficultés, car les clivages de la société syrienne se poursuivent dans l’exil. La guerre favorise la méfiance entre les personnes. Nous estimons que ce n’est pas à nous de faire le tri, entre pro ou anti-Bachar. \nNous nous gardons de toute appartenance religieuse ou politique et nous accueillons sans discriminations, même si c’est parfois difficile. Cela nous donne une certaine légitimité auprès des institutions et des demandeurs d’asile qui savent qu’ils peuvent nous faire confiance. \nNotre association est parrainée par des personnalités telles que Michel Rocard, Daniel Cohn-Bendit, Jack Lang, ou la journaliste Édith Bouvier[[Journaliste indépendante, Édith Bouvier a été grièvement blessée à la jambe en 2012 lors d’un bombardement à Homs qui avait coûté la vie à la journaliste américaine Marie Colvin et au photographe français Rémi Ochlik.]] qui avait été blessée à Homs. \n\nCette interview est extraite du dossier : Demandeurs d’asile, quel accueil leur réservons-nous ? du magazine Faim et Développement de juin 2015. Vous pourrez aussi y lire les articles suivants :\n\nDécryptage/Droit d’asile en France : protection des personnes ou gestion des flux ? \nReportage : Accueillir un demandeur d’asile chez soi\nReportage/La Cour nationale du droit d’asile : la Cour des miracles (Découverte de cette institution unique en France).\nReportage/La communauté chrétienne d’Irak déracinée (Rencontre avec une famille accueillie en Anjou).\n\nCes articles vous intéressent, abonnez-vous à Faim et Développement, le magazine de reportage de la solidarité internationale."}
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Plutôt un siècle, se dit-on, en déambulant entre les immeubles modernes d’une capitale animée et en pleine mutation où tout souvenir des hommes en noir qui l’avaient transformée en ville fantôme paraît s’être évanoui. \n\n\n\nPol Pot n’a tenu les rênes du pouvoir qu’assez peu de temps – 3 ans, 8 mois et 20 jours – mais sous son joug, impitoyable, plus de 1,7 million de personnes sont mortes. Soit le quart de la population cambodgienne assassinée ou plus souvent décimée pour cause d’épuisement par le travail forcé, la sous-alimentation et les maladies. Au nom d’une utopie totalitaire : forger « un peuple nouveau » débarrassé des influences occidentales. \n\n\nRares témoignages des aînés\n\n\nPlus d’un tiers de la population survit avec 1 dollar par jour. Ce n’est pas le cas de ce groupe de jeunes privilégiés attablés dans un café du quai Sisowath, le Riverside. « Le génocide ? Quel génocide ?  », s’étonnent-ils en chœur. Les massacres, le pays exsangue, ils en ont entendu parler, mais n’en ont qu’une vague idée. « Nous, nous vivons avec notre époque  », lance l’un d’eux, en arborant fièrement son Smartphone. Cette ambiance d’amnésie collective couplée à la frénésie de consommation d’une classe moyenne urbaine, au regain d’individualisme et de corruption, est-elle une lointaine conséquence de la terreur d’antan, un héritage indirect du traumatisme khmer rouge ? \nEn tout cas, elle a incité quelques survivants à témoigner. Ainsi, lors du procès de Duch, chef tortionnaire, l’une de ses victimes, Chum Mei, soixante-dix-neuf ans, lâchait : « À force d’être roué de coups, je sentais ma vie glisser comme une goutte d’eau sur une feuille de lotus. Je tiens à raconter ce que j’ai vécu pour que les nouvelles générations n’en ignorent rien. » Auparavant, les victimes se taisaient pour ne pas faire ressurgir les démons du passé. « Les témoignages des aînés sont rares, mais comment leur en vouloir ? », s’interroge à haute voix le cinéaste Rithy Panh. « Ils ont été si déshumanisés que la transmission est difficile. » « Il y a peu, poursuit-il, un paysan m’a confié : “Je n’ai survécu qu’en mangeant pendant plusieurs jours des lézards et des insectes. Comme un animal. Je n’ai jamais pu expliquer cela à mes enfants“.  » \n\n\nL’indicible en tableaux\n\n\nAutre exception remarquable, Vann Nath, soixante-cinq ans. Il est l’un des sept rescapés de Tuol Sleng, plus connu sous le nom de S 21, la prison et centre de torture où officiait Duch. Peintre d’enseignes avant son arrestation, il n’a pu échapper à la mort que grâce à son talent d’artiste. Ses geôliers lui demandaient de peindre à foison des portraits de Pol Pot. Ensuite, il n’a cessé de restituer sur des toiles d’un réalisme brut, les supplices imposés à ses codétenus : arrachage des ongles, asphyxie progressive par immersions répétées dans une jarre d’eau. Tortures destinées à recueillir des aveux de culpabilité – « Oui, j’étais un agent de la CIA… ou du KGB » – aveux suivis d’exécutions massives. Car la prison n’était que l’antichambre de la mort. L’un de ses tableaux montre une colonne de condamnés, tirée vers la fosse commune. Peu après, le crâne des victimes, agenouillées, était frappé d’un coup de barre de fer, dans un son mat. « Comme le bruit des noix de coco qui tombent sur le sol » ont relaté des témoins. \nDans une scène édifiante du film de Rithy Panh, S 21, la machine de mort khmère rouge, Vann Nath est confronté à deux anciens bourreaux de S 21. Il leur montre ses peintures qui nous font pénétrer comme par effraction dans l’univers pénitentiaire des Khmers rouges. « Tout est véridique, vous n’avez rien exagéré », concèdent-ils. Car, comme le spécifiait le mot d’ordre de l’Angkar (l’Organisation) qui présidait aux destinées du Kampuchéa, dit démocratique : « Quand on arrache une herbe, il faut en extirper toutes les racines.  »\nVann Nath est aujourd’hui encore habité par cet « enfer ». « Les cris, les hurlements de douleur des prisonniers, je les entends tout le temps ». Malgré une santé chancelante, il ne quitte pas son chevalet. « La peinture est un formidable moyen de transmission de la mémoire, accessible à tous  », souligne-t-il. Un phénomène nouveau stimule son énergie : « Il y a quelques années, je ne recevais que des visiteurs étrangers. Désormais, de jeunes Cambodgiens viennent me voir. Il y a de l’espoir.  »\n\n\nDes images en quête de vérité\n\n\n « Je suis l’aînée de la famille, raconte de son côté Sunthary Phung. Mon père était professeur de droit à la faculté, avant de devenir le recteur très respecté de l’université.  » Comme la plupart des intellectuels, il a été arrêté par les Khmers rouges. « J’ai recherché sa trace pendant des années. J’ai fini par retrouver une photo de lui et des fiches médicales à S 21. La dernière, celle datée du 6 juillet 1977, sans doute le jour de son décès, signale un état d’épuisement général.  » Elle s’arrête, submergée par l’émotion, et sort un mouchoir de son sac. « Vous voyez, trois décennies se sont écoulées, et je pleure encore. » Elle reprend d’un ton accusateur : « Duch a laissé dépérir mon père et n’a pas eu le courage d’assumer lors de son procès. Il a déclaré, sans me regarder : “Je ne me souviens pas de la présence du professeur à S 21“.  »\nSunthary Phung reprend des forces et poursuit : « Je me sens un devoir de mémoire. J’étais partie civile au procès et je suis aussi membre du bureau de l’Association des victimes du Kampuchea démocratique qui ne compte encore que cinq cents membres. »\nSurtout, Sunthary Phung a accepté de relater sa quête de vérité devant la caméra. « Ma mère a craqué. Moi, j’ai réussi à tenir jusqu’au bout, même si souvent mon cœur sortait de mon corps.  » Plusieurs fois, elle s’est rendue en province présenter « son » film, comme elle dit, à propos du 52 minutes tourné par le réalisateur Guillaume Suon Petit, About my father. Au terme du film, elle avoue : « La réconciliation, je n’en suis pas encore capable. » « C’est vrai, confirme-t-elle. Je ne crois pas à la sincérité de la conversion de Duch au christianisme. Il n’a rien confessé des actes barbares qu’il ordonnait. Et puis, je déplore trente-cinq morts dans ma famille. C’est trop. » \nLe père du cinéaste Rithy Panh, directeur de cabinet au ministère de l’Éducation nationale, a lui aussi, succombé aux mauvais traitements. Cela a pesé dans l’itinéraire de l’adolescent arrivé en France à quatorze ans, après avoir transité par les camps de réfugiés en Thaïlande. Au sortir de l’Idhec*, Rithy Panh s’est peu à peu converti en « arpenteur de la mémoire » khmère, comme il se décrit lui-même. Un travail qu’il poursuit à la tête du Centre de ressources audiovisuelles Bophana. \n\n\nRéveil de la société civile\n\n\nCes initiatives et la création de nouveaux espaces de liberté ont été rendues possibles par les coups de boutoir de la société civile (associations, syndicats,…). En particulier, ceux des deux plus anciennes ONG créées fin 1992 : la Licadho, la Ligue cambodgienne pour la promotion et la défense des droits de l’homme et l’Association cambodgienne des droits de l’homme et du développement (Adhoc, partenaire du CCFD-Terre Solidaire). Président d’Adhoc, Thun Saray évalue le chemin parcouru en évoquant deux temps forts : « Fin 1992, nous étions encore considérés comme subversifs et une centaine de policiers et militaires équipés de véhicules blindés ont été dépêchés à Svay Rieng, dans le Bec de canard près du Vietnam, pour fermer notre tout jeune bureau provincial. » Il sourit de cette mésaventure : « Aujourd’hui, reprend-il, les équipes d’Adhoc sensibilisent les forces de sécurité au respect des droits humains. » Ces conquêtes sont le résultat de combats menés par le monde associatif contre un pouvoir aux régulières pulsions autocratiques. De la même manière, la société civile a dû batailler ferme pour que les livres d’histoire incluent enfin, en 2009, un chapitre relatant la funeste entreprise de Pol Pot [Saloth Sar, de son vrai nom, meurt le 15 avril 1998 d’une crise cardiaque, ndlr] et de ses affidés. \nLe sursaut – tardif – de la communauté internationale, États-Unis et Europe en tête, a aussi pesé. Soucieuse de faire oublier la caution peu glorieuse octroyée aux Khmers rouges – adoubés comme représentants officiels du Cambodge à l’Onu entre 1979 et 1990 ! – elle a poussé ensuite à la mise en branle de la machine judiciaire. Ces pressions ont permis de vaincre hésitations et réticences du régime de Phnom Penh, dont plusieurs membres redoutaient d’être mis en cause en raison de leurs compromissions passées. Au bout du compte, quelques chefs khmers rouges encore en vie ont été sommés de s’expliquer sur les atrocités et massacres commis. La population s’est engouffrée dans la brèche ouverte pour reprendre la parole et témoigner."}
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Ce programme dont l’objectif est de sortir 50 millions de personnes de la pauvreté dans 10 pays partenaires en Afrique est basé sur le postulat que l’investissement de sociétés privées dans l’agriculture augmentera la production agricole, ce qui augmentera automatiquement la sécurité alimentaire et la nutrition et réduira par conséquent la pauvreté.\n\nCette initiative a été fortement critiquée par des organisations de la société civile dans le monde entier au Nord comme au Sud parce qu’il facilite les accaparements de terres et de ressources naturelles, affecte les petits agriculteurs et leur droit à une alimentation adéquate, tout en accélérant le processus de privatisation des semences. L’ancien rapporteur spécial de l’ONU pour le droit à l’alimentation, Olivier de Schutter, a été chargé par l’UE de rédiger un rapport d’évaluation de la Nouvelle Alliance. Ce rapport conclut que la Nouvelle Alliance « est sévèrement déficiente dans de nombreux domaines ». Par exemple, la NASAN est « silencieuse quant à la nécessité d’encourager un changement vers une agriculture durable utilisant peu d’intrants ». Le rapport critique également les risques d’accaparement de terres et de privatisation des semences. Il appelle l’UE et les Etats membres à rendre leur soutien à la NASAN conditionnel à de nombreux changements, soulignant qu’ «aucune de ces améliorations ne sera durable à moins qu’elle soit ancrée à une approche basée sur les droits humains dans le développement agricole ».\n\nLes militants prenant part à l’action d’aujourd’hui s’adressent aux membres du Parlement Européen pour qu’ils recommandent le retrait de l’UE de la NASAN, car cette initiative ne sert que les intérêts des multinationales de l’agrobusiness, et non les intérêts des petits agriculteurs.\n\nL’UE a investi plus d’un milliard d’euros dans la NASAN, en plus des contributions des Etats membres de la NASAN.\n\nMaureen Jorand, Chargée de plaidoyer souveraineté alimentaire, CCFD-Terre Solidaire: « L’Union Européenne joue un rôle crucial dans la Nouvelle Alliance. Avec une participation financière de plus d’un milliard de dollars, sans compter les contributions des états membres, l’UE est le deuxième plus important financeur de l’initiative. Et l’UE coordonne directement la Nouvelle Alliance en Côte d’Ivoire. Or, dans ce pays, il y a des preuves d’endettement des paysans et de menaces sur leurs régimes fonciers. Il est primordial que le Parlement européen prenne en compte les voix de plus d’une centaine d’organisations d’Afrique et d’Europe qui demandent à l’UE d’arrêter son soutien à la Nouvelle Alliance ».\n\nPeggy PASCAL, chargée de plaidoyer sécurité alimentaire, Action contre la Faim - France « Depuis son lancement, la NASAN a un objectif assez clair : favoriser les investissements de multinationales en Afrique en prenant pour alibi la lutte contre la faim et la malnutrition. Les conclusions du rapport d’Olivier de Schutter sont claires : la NASAN soutenues par les pays du G7 a des impacts négatifs sur la sécurité alimentaire et les droits des petits agriculteurs. L’UE doit mettre un terme à son soutien à cette initiative en favorisant des initiatives qui soutiennent l’agriculture familiale et paysanne et l’agro-écologie. »\n\nFabien Millot, Chargé de mission « Souveraineté Alimentaire » à Peuples Solidaires-Action Aid France, alerte : « Non seulement la Nouvelle Alliance ne soutient pas les producteurs de l’agriculture familiale et paysanne qui produisent plus de 70% de l’alimentation mais elle les affaiblit en permettant aux multinationales de prendre durablement le contrôle du secteur agricole africain, via des réformes législatives concernant les semences, le foncier et la fiscalité. Nous ne sommes pas contre les investissements, mais la Nouvelle Alliance est intrinsèquement inappropriée et dangereuse, et c’est pourquoi plus de 48 000 personnes ont déjà signé une pétition demandant à la France d’arrêter son soutien à cette initiative. »\n\nHeidi Chow, chargée de campagne pour Global Justice Now affirme: “Durant les quatre dernière années, la NASAN a fait très peu pour éradiquer la faim et assurer la sécurité alimentaire, mais beaucoup pour faciliter les accaparements de terre, forcer les petits agriculteurs à quitter leurs terres et imposer les multinationales agro-alimentaires aux pays et communautés en Afrique. Le rapport de Mr. De Schutter qui est un des travaux les plus documentés sur la question, arrive à la conclusion que la NASAN est un échec cuisant. L’argent de l’aide au développement devrait être utilisé pour les initiatives agricoles qui favorisent l’augmentation des récoltes, des pratiques durables, et la résilience des communautés, au lieu de subsidier les agrobusiness et de les aider à prendre le contrôle »\n\nPlus de 100 agriculteurs et des organisations de la société civile autour du monde ont déjà appelé les gouvernements à arrêter leur soutien à la NASAN : http://www.actionaid.org/2015/06/call-civil-society-organizations-their-governments-new-alliance-food-security-and-nutrition-\n\nCette action est une initiative de Action contre la Faim-France, CCFD – Terre solidaire France, Peuples Solidaires-Action Aid France, SOS FAIM Belgique, Global Justice Now.\n\nA retenir :\n\n* La Nouvelle Alliance, un « programme d’aide au développement » fortement controversé sera débattu en Commission Développement du Parlement européen (DEvCo) ce lundi 14 mars 2016 à 15h.\n\n* L’ancien rapporteur des Nations-Unies pour le droit à l’alimentation et la société civile appellent l’Europe à se retirer de ce « projet de développement » .\n\n* A Bruxelles, la société civile met en scène l’affrontement entre les grandes multinationales et les petits agriculteurs : une action symbolisant l’affrontement entre agrobusiness et petits agriculteurs - Parc Léopold, Bruxelles, Belgique, lundi 14 mars de 13h30 à 14h."}
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Engager une initiative multilatérale de coopération fiscale entre les pays du G20 et les pays les plus pauvres qui n’ont pas les capacités administratives pour négocier des traités bilatéraux avec l’ensemble des paradis fiscaux. Les paradis fiscaux qui refuseraient d‘adhérer à ce cadre multilatéral doivent être considérés comme non-coopératifs.\n\nMettre en place des programmes d’aide adaptés pour renforcer les capacités des administrations et de la justice de ces pays.\n\n2. Dresser une liste de tous les paradis fiscaux et judiciaires selon de nouveaux critères\n\nInciter les institutions internationales spécialisées (1) à travailler ensemble pour établir une liste exhaustive des paradis fiscaux, judiciaires et réglementaires (PFJ), qui prenne en compte non seulement la fiscalité mais également le blanchiment d’argent et la régulation financière.\n\nEn effet, les listes grises et noire de l’OCDE (2) ne concernent que la coopération fiscale et s’avèrent donc largement insuffisantes, d’autant plus que le critère retenu pour « blanchir » un PFJ (en le faisant passer sur la liste blanche) se limite à la signature de douze traités d’échange de renseignements fiscaux, avec les pays riches de préférence). \n\n3. Prendre des sanctions à l’encontre des paradis fiscaux et de leurs utilisateurs\n\nTaxer les flux en direction ou en provenance des paradis fiscaux et judiciaires est, selon nous, un moyen de sanction efficace. Il appartient aux États de mettre en œuvre, de façon coordonnée, ce type de sanctions à l’encontre des paradis fiscaux et judiciaires en fonction de leur degré d’opacité et de coopération internationale.\nLe levier le plus efficace reste de demander des comptes à leurs utilisateurs plutôt qu’aux territoires eux-mêmes qui ne survivraient pas au retrait des principales banques et sociétés internationales.\n4. Obliger les utilisateurs des paradis fiscaux à rendre des comptes\nIntroduire dans les normes comptables internationales une obligation de reporting pays par pays, afin d’obliger les entreprises à la transparence sur leurs activités dans les paradis fiscaux.\n\nPour chaque pays et territoire où elles sont implantées, les sociétés doivent présenter des informations détaillées : coordonnées des filiales, succursales, nature des activités, produits commercialisés, effectifs, bénéfice avant impôts, taxes versées et – du moins pour l’activité dans les paradis fiscaux - gestion des risques et système de contrôle interne.\n\nAvant l’adoption d’une telle mesure via une modification des normes comptables internationales, la France et les autorités boursières pour les sociétés cotées peuvent d’ores et déjà contraindre unilatéralement les banques et les sociétés à fournir de telles informations détaillées en annexe de leur rapport annuel.\n\n5. Mettre fin aux sociétés écrans et aux prête-noms\n\nRendre obligatoire la tenue par chaque État ou territoire d’un registre national des trusts et autres structures juridiques qui concourent à l’opacité du système financier. Ce registre doit préciser le nom de leurs bénéficiaires réels, de leurs opérateurs et de leurs donneurs d’ordre, et rester ouvert aux autorités fiscales, douanières et judiciaires des autres États.\n\nÉtablir un registre européen des sociétés, consultable par toute administration fiscale, douanière ou judiciaire qui en ferait la demande.\nGénéraliser l’existence, dans chaque État, d’un fichier des comptes bancaires tel qu’il existe en France, et qui est un instrument précieux pour les enquêtes judiciaires, douanières et fiscales.\n\n6. Mondialiser la lutte contre la fraude et l’évasion fiscales\n\nRenforcer la directive européenne sur l’épargne qui prévoit l’échange automatique d’informations entre administrations fiscales en l’appliquant aux personnes morales et aux structures juridiques, ainsi qu’aux dividendes et autres produits financiers et en étendant son application au niveau mondial.\n\nAdopter le code de conduite contre la fraude fiscale et la fuite illicite des capitaux élaboré au sein du Comité d’experts en matière fiscale des Nations unies et en assurer le respect par les acteurs économiques et financiers. Son application doit faire l’objet d’un contrôle par les experts et par les pairs associant étroitement l’OCDE.\nPromouvoir la création d’une organisation fiscale internationale pour lutter contre la fraude et l’évasion fiscales, la fuite illicite des capitaux et la concurrence fiscale, en particulier dans les pays du Sud.\n\n7. Condamner partout de la même façon les manquements à l’impôt\n\nPermettre aux autorités judiciaires de mener à bien leurs poursuites au niveau international. Cela suppose d’harmoniser les infractions en reconnaissant au niveau européen et international le caractère délictueux de certains comportements, notamment la fraude fiscale et toute abstention de payer l'impôt dû.\n\n8. Renforcer la coopération judiciaire\n\nCréer un parquet européen, doté d’un pôle financier compétent en matière fiscale.\n\n9. Renforcer les sanctions en matière de délinquance économique et financière\n\nSanctionner plus durement et plus systématiquement les intermédiaires (comptables, avocats, banquiers, etc.) qui se rendent complices d’opérations délictueuses via les paradis fiscaux.\nVeiller à la ratification large et à la mise en œuvre de la Convention des Nations unies contre la corruption (3) qui prévoit la saisie et la restitution des avoirs détournés aux États spoliés.\n\n10. Accompagner la reconversion des paradis fiscaux\n\nMettre en place des programmes d’aide pour la reconversion économique des paradis fiscaux qui se trouveraient en difficulté, notamment dans les îles dont l’activité est peu diversifiée.\n\nSource : site de la campagne Stop paradis fiscaux http://www.stopparadisfiscaux.fr/content/les-10-propositions-de-la-campagne-%C2%AB-stop-paradis-fiscaux-%C2%BB"}
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Les visites de terrain et rencontres avec les acteurs de l'Église et de la société civile locale ont permis de dresser un portrait plutôt inquiétant sur la situation actuelle des droits humains.\n\n\n\nLa menace des méga projets\n\nLes observateurs de la CIDSE ont tout d'abord observé que les accords de paix n'étaient pas respectés et qu'il existait une grande méfiance à l'égard du gouvernement et de l'État. L'un des exemples les plus marquants est l'augmentation du budget du Ministère de la Défense et la militarisation croissante dans les communautés qui s'opposent aux grands projets d'extraction minière. La diversité culturelle, non plus, n'est pas reconnue. « La richesse culturelle n'a pas été acceptée et l'on note l'imposition d'une culture homogénéisée », souligne ainsi l'Evêque irlandais, Mgr Conolly. Les observateurs ont également noté qu'il existait « une division entre les communautés et les peuples indigènes, favorisée par des acteurs externes et parfois même internes qui exacerbent les différences historiques. »  \n\n\nLa situation des défenseurs des droits humains est également très préoccupante. \n\nLes observateurs de la CIDSE ont ainsi noté « une recrudescence de la criminalisation, des persécutions et des intimidations des défenseurs des droits humains de la part d'acteurs ne faisant pas partie de l'État, comme les entreprises, les corps privés de sécurité et, dans certains cas, de l'État lui-même. » La situation est encore plus délicate pour ceux et celles qui osent revendiquer le droit à la consultation préalable des communautés. Cette modalité est pourtant obligatoire avant l'installation d'entreprises privées nationales et internationales souhaitant développer des projets miniers, pétroliers, hydroélectriques ou des monocultures destinées à la production d'agrocarburants. Ces méga projets  représentent pourtant « une grave menace pour la vie, le territoire et les droits des communautés indigènes, en particulier le peuple Maya », ont souligné les interlocuteurs guatémaltèques. \n\n\nDe nombreuses préconisations\n\nEn plus de nier ce droit à la consultation préalable, les communautés qui risquent d'être impactées par les méga projets n'ont souvent même pas accès à l'information sur ce qui va advenir de leurs terres. Pourtant, les conséquences sont souvent catastrophiques. Le rapport de la visite des membres de la CIDSE indique quelques uns des effets pervers de telles pratiques : « violation du droit à l'alimentation, à l'accès à la terre, à l'éducation et aux services publics de base... » Sans oublier les déplacements forcés de communautés. « Ce modèle d'extraction destiné essentiellement à l'exportation existe depuis le colonialisme, n'ont pas manqué de rappelé les interlocuteurs guatémaltèques. Mais il s'est consolidé à travers des accords commerciaux signés avec les États Unis et l'Union Européenne. »  \n\nFace à ces nombreux problèmes, auquel se rajoute un climat de violence qui touche toujours autant les femmes, les membres de la délégation de la CIDSE ont préconisé un certain nombre de recommandations. Certaines sont adressées à l'État guatémaltèque, comme, notamment, « garantir la construction d'un État de Droit », « mener à bien une politique de développement rural intégral en concertation avec la société civile » ou encore « respecter les engagements légaux nationaux et internationaux ratifiés par le Guatemala sur les droits humains ». La CIDSE encourage par ailleurs l'Église locale « à continuer son travail d'accompagnement et de solidarité en faveur des populations les plus défavorisées et exclues du pays. » \n\nA l'attention de la société civile, la délégation préconise, entre autre, de « promouvoir l'union et la coordination (…) pour lutter en faveur de la protection de la nature et des droits humains. » L'Union Européenne est aussi interpellée, en particulier sur la nécessité de « conditionner les investissements, qu'ils proviennent d'entreprises ou d'états, au respect des droits humains, sociaux et environnementaux. » Enfin, aux membres du réseau CIDSE, la délégation insistent sur la nécessité de « promouvoir les espaces de négociation et de dialogue » et « continuer à appuyer le travail de terrain permettant la prise de conscience (…) de la situation des droits de l'homme ». Et de lui donner une plus grande visibilité.\n\nJean Claude Gérez"}
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La rhétorique de la « presse bleue » (pro-Gbagbo) reste vindicative. Elle ne reconnaît toujours pas la défaite électorale de son champion, transféré à la Cour pénale internationale (CPI). Sa libération, ainsi que celle d’une vingtaine de proches et de quarante cadres de son parti détenus en Côte d’Ivoire, sont érigées préalablement à toute reprise du dialogue politique. \n\n\nJustice des vainqueurs \n\n\nÀ l’inverse, les partisans de Ouattara ne sont pas inquiétés. Pourtant, les anciens chefs rebelles, les « Com-zones », véritables seigneurs de guerre, ont commis – outre rackets et pillages – de nombreuses exactions dans la zone Nord sous leur contrôle entre 2002 et 2011. Leur conquête du pouvoir début 2011, après l’invalidation par le Conseil constitutionnel de la victoire de Ouattara, s’est accompagnée d’autres tueries, en particulier dans l’Ouest (voir pages 9-10). Enjeu crucial : Alassane Ouattara autorisera-t-il les poursuites contre ses soutiens militaires d’hier au risque de déstabiliser son régime ? \n\nLa revendication d’une « égalité de traitement » est relayée par la société civile ou encore par l’avocat Drissa Traoré, premier vice-président de la Commission nationale des droits de l’homme : « L’essentiel, dit-il, est de mettre un terme à l’impunité. Que la justice montre son indépendance en poursuivant les coupables d’exactions dans les deux camps. » La tâche revient d’abord à deux instances créées par le pouvoir : une Commission nationale d’enquête qui doit faire la lumière sur les assassinats de la période post-électorale, et une Commission dialogue vérité  et réconciliation (CDVR), au mandat plus large. Dernière épée de Damoclès, la Cour pénale internationale pourrait poursuivre d’autres responsables de crimes de guerre, de génocide et crimes contre l’humanité. D’autant que le 23 février dernier, la CPI a décidé d’élargir ses enquêtes à tous les crimes commis depuis le 19 septembre 2002, date de la tentative de coup d’État contre Laurent Gbagbo. \n\nUn périple à l’intérieur du pays permet de constater que les tueries des rebelles anti- Gbagbo sont désormais relatées sans peur, mais avec douleur comme autant de résurgences d’une mémoire blessée. \n\nÀ Bouaké, on évoque comme si c’était hier, le massacre le 6 octobre 2002, d’une soixantaine de gendarmes et de leurs familles, exécutés de sang froid par les insurgés. Plus au nord, Yacouba Ouattara, représentant du Mouvement ivoirien des droits de l’homme (Midh) dans la région des Savanes, précise : « En juin 2004, des jeunes du quartier de la Grande mosquée avaient fait allégeance au sergent-chef Ibrahim Coulibaly, leader rebelle dissident. Les fi dèles à Guillaume Soro se sont alors livrés à une chasse aux jeunes. Plusieurs dizaines d’entre eux ont été tués. » Sidiki Konaté, ministre de l’Artisanat et bras droit de Guillaume Soro, l’ancien chef rebelle devenu Premier ministre, accueille cet ensemble de doléances avec calme : « C’est à la justice de vérifier ces allégations. Mais n’oubliez pas que si Laurent Gbagbo s’était maintenu au pouvoir, ses escadrons de la mort auraient procédé à une purifi cation ethnique et l’on déplorerait un génocide.  » \n\n\nUne réconciliation incantatoire \n\n\nLe chef de l’État fait le pari que la relance économique stabilisera le pays. Il veut : « Faire de la Côte d’Ivoire un pays émergent à l’horizon 2020. » « Mais attention, rappelle Jean-Louis Billon, président de la Chambre de commerce et d’industrie (CCI), la croissance ne peut pas tout résoudre. Il faut traiter au fond les questions foncières et de citoyenneté.  » \n\nDes propos ratifiés et complétés par les ONG. Eugène Kouassi Kra, président fondateur de l’Association ivoirienne pour le progrès (AIP, partenaire du CCFD-Terre Solidaire), basée à Bouaké, déplore que la Commission dialogue vérité et réconciliation, entrée en fonction le 28 septembre 2011, ait raté son départ. « Aucun travail sérieux n’a été entrepris afin qu’émerge la vérité concernant les crimes commis hier. » Patrick N’Gouan, coordonnateur de la Convention de la société civile ivoirienne (CSCI, partenaire du CCFD-Terre Solidaire) – rassemblant depuis octobre 2005, ONG, syndicats et organisations religieuses – complète : « La société civile n’est pas impliquée dans les travaux de la Commission et bizarrement une Convention des associations et organisations libres de Côte d’Ivoire (CLCI) est apparue, créant la confusion dans l’esprit du public. Ce n’est pas bon signe. » « Notre mandat court sur deux années, un peu de patience », réplique Me Françoise Kaudjhis-Offoumou, membre de la CDVR. « Certes, ajoute l’avocate, j’ai été désignée pour représenter les habitants de l’est du pays, mais je suis aussi actrice de la société civile en tant que coordinatrice de la Commission nationale Justice et paix. » \n\nSur le terrain, d’autres débats se font jour. Ils concernent notamment les déplacés internes et les réfugiés dans les pays voisins. Si la tendance au retour se confirme, leur nombre, fin 2011, se chiffrait encore respectivement à 186 000 et 161 000 (dont 85 % au Liberia). Direction Bingerville, à l’est d’Abidjan. Le site de l’Église Harriste (de type prophétique), est occupé par une centaine de tentes qui abritent 780 personnes. Rosemonde G’Nango, veuve de trente ans, raconte : « Je suis Bété (2). Mon mari était un corps habillé (militaire). Il a été tué dans les combats. Je voudrais redémarrer un petit commerce de pagnes et bijoux pour faire vivre mes cinq enfants. » « La plupart des hommes restés là sont des soutiens avérés de Laurent Gbagbo, glisse en aparté un membre d’ONG. Beau coup sont complices de crimes. S’ils retournent chez eux, ils peuvent craindre des représailles.  » \n\nD’autres déplacés s’inquiètent de la diminution des vivres du Programme alimentaire mondial (Pam) : « On veut nous obliger à partir  », proteste l’un d’eux. Un haut fonctionnaire traduit l’impatience gouvernementale : « Ces personnes ont été assistées durant un an. Il est temps qu’elles se réinstallent dans le lieu de leur choix.  » D’autant que ces toiles de tente détonnent dans le paysage d’une Côte d’Ivoire officiellement pacifiée... \n\n\nDémobilisés, laissés-pour-compte \n\n\nEn matière de sécurité, l’amélioration est nette. Les barrages qui entravaient la circulation ont été levés. Reste une insécurité résiduelle due à des « coupeurs de route » incontrôlés et aux ex-rebelles qui n’ont pas trouvé place dans l’armée, rebaptisée Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI). « [[Ces démobilisés accusent une chute de leur niveau de vie, témoigne Eugène Kouassi Kra de l’ONG AIP. Hier, ils ne payaient rien : ni loyer, ni eau, ni électricité. On les presse de redémarrer une vie civile, alors qu’ils ne savent manier que les armes.]] » \n\nSaura-t-on détourner ces jeunes en armes de la tentation du banditisme ? «[[ La réconciliation doit être l’affaire de tous]] », positive Valérie Sorho, directrice de l’ONG Animation rurale de Korhogo. L’ARK a participé pendant dix-huit mois à un programme de réhabilitation communautaire qui a permis de reconstruire écoles et centres de santé dans une cinquantaine de communautés de la région septentrionale. «[[ Les populations ont, à cette occasion, renoué le dialogue.]] » \n\nLes promotions de quelques chefs rebel les ont fait sourire. Le charismatique « Com-zone » Chérif Ousmane a été nommé commandant en second du Groupe de sécurité de la présidence de la République. Tuo Fozié, lui, est le nouveau patron de la Cellule de lutte contre le racket : « Au moins, il connaît son affaire », persiflent les frondeurs. Mais ces mesures les éloignent de leur fief. Peut-être un moyen pour Alassane Ouattara de réduire leur influence ? \n\nAutre défi de taille, le retour du Front populaire ivoirien (FPI), le parti de Laurent Gbagbo, dans le jeu politique. L’ancien président a réuni sur son nom 46 % des suffrages lors du scrutin présidentiel. Au sein du FPI, le débat est vif entre les modérés et les intransigeants : partisans du boycott des échéances électorales. Les scrutins locaux du mois de mai prochain serviront de test. \n\nReste encore à Alassane Ouattara à « maîtriser sa victoire ». Ses alliés du PDCI, (Parti démocratique de Côte d’Ivoire), de Henri Konan Bédié, s’inquiètent de « tentations hégémoniques ». L’un de ses sages, Amoakon Thiemele, soixante-dix ans, égrène la liste des nominations de Dioulas (Nordistes) dans la haute fonction publique et met en garde : « Cela ressemble à une “dioulisation” du pouvoir. Il ne faudrait pas que le président perde le sens de l’équilibre.  » « La vraie réconciliation se fait attendre, regrette encore Patrick N’Gouan de la CSCI. Le risque est que les plaies non cicatrisées provoquent demain une nouvelle fièvre.  »"}
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A quelques mois de la COP21, la communauté scientifique a un rôle à jouer pour pointer les dangers potentiels de ce concept et de cette Alliance et relever les multiples défis auxquels doit faire face l’agriculture dans le contexte d’un climat changeant.\n\n\nDurant ces trois jours de conférences et débats, la communauté scientifique internationale s’est penchée sur le sujet de l’agriculture « climato-intelligente » (ACI) avec comme principal objectif d’échanger entre pairs, mais également avec les décideurs politiques et la société civile. La conférence visait ainsi à partager des connaissances sur l’ACI en vue de préparer un agenda global de recherche et proposer des recommandations aux décideurs politiques, à quelques mois de la Conférence internationale sur le climat (COP21) de Paris. 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C’est alors que l’association Kdadalak sulimutuk Institute (KSI) : \"Les fleuves qui coulent ensemble\", voit le jour afin de documenter les conflits et ainsi aider à leur résolution au travers de recherches et d’enquêtes sur le terrain.\nS’appuyer sur le « Tara Bandu »\nAssez vite, KSI comprend qu’elle peut s’appuyer sur le « Tara Bandu », une méthode traditionnelle de résolution des conflits, de tradition orale et qui varie d’une région à l’autre. Le Tara Bandu permet de réguler les relations entre les personnes, les groupes mais aussi leur rapport à l’environnement, et donc à la terre. 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Il proscrit également les violences familiales et limite le montant des sommes requises pour les dots de mariage ou les cérémonies funéraires qui endettent et appauvrissent les familles sur plusieurs générations. L'expérience des études de cas accumulées depuis 2000 permet ensuite à KSI de faire remonter les principales sources des problèmes constatés sur le terrain auprès des instances gouvernementales et d’influer les réformes en cours.\nDes formations dans des villages\nDepuis 2008, KSI a organisés des dizaines de formations locales et réalisé trois manuels fondés sur leur expérience. Elles sont très appréciées, tant par les villageois heureux de réapprendre des coutumes qui ont survécu à l'ère portugaise et indonésienne, que par les chefs de villages et les autorités gouvernementales locales. \"C’est important pour les Timorais qui ont longtemps souffert de l’occupation de reprendre confiance dans leurs propres capacités d’initiative à travers la  résolution des conflits\", souligne Hatim Issoufaly, chargé de mission au Timor Leste. Le CCFD-Terre Solidaire qui travaille depuis 3 ans avec KSI en coordination avec 2 autres membres du réseau des ONG catholiques de la CIDSE (Coopération Internationale pour le Développement et la Solidarité), finance le volet sur la prévention et la résolution des conflits. L’action est particulièrement ciblée dans le district d’Ermera, riche en plantations de café, où la pression foncière provoque de nombreuses dissensions entre familles mais aussi à l’intérieur même des familles.\n\n\nDévelopper des activités génératrices de revenus pour favoriser la paix sociale\n\nKSI développe également des activités génératrices de revenus afin de diminuer les risques de tension dans des régions très sensibles. Dans le district de Manufahi, c’est le taux de chômage élevé qui donne une importance accrue à la terre. Une coopérative a été mise en place pour proposer plusieurs activités, dont des formations et des programmes d'échange, aux membres ayant souscrit une cotisation, en fonction des besoins et désirs de chacun : transformation alimentaire, pisciculture, microcrédit. Le but étant de diversifier les sources de revenus à l'échelle de la coopérative et pas seulement individuelle.\n\nKSI est aussi à l’origine du premier syndicat de caféiculteur du Timor Leste."}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/bresil-sao-paulo-ville-ouverte-aux-migrants/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/bresil-sao-paulo-ville-ouverte-aux-migrants/"},"author":{"name":"Audrey Chabal","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/bf274a2bc598643287e70584d6b957d4"},"headline":"Brésil/Sao Paulo, ville ouverte aux migrants","datePublished":"2015-02-15T15:56:00+00:00","dateModified":"2021-12-08T11:46:16+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/bresil-sao-paulo-ville-ouverte-aux-migrants/"},"wordCount":575,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Dossier","Migrations"],"inLanguage":"fr-FR","description":"Pays émergent, le Brésil est devenu un véritable pôle d’attraction pour des milliers de migrants en quête de travail. Ils viennent des pays voisins, mais aussi d’Haïti, d’Afrique, d’Asie, d’Europe... La mégapole de São Paulo accueille 60 % des migrants du pays. Depuis 2012, la ville a pensé leur intégration comme un enjeu majeur des droits de l’homme.\n\n\n\n“Au Brésil les politiques migratoires se décident au niveau de l’État fédé ral (voir encadré ci-contre). Depuis 2004, les mouvements sociaux plaident pour qu’il y ait, au niveau local, des instances qui s’occupent des migrations. Mais à São Paulo, le parti de droite (Parti social démocrate au pouvoir durant dixhuit ans) n’en voulait pas », explique Paulo Illes, coordinateur des politiques migratoires de la ville depuis 2013.\n\nMais lorsque Fernando Haddad, du Parti des travailleurs (PT) conquiert la mairie, en octobre 2012[[Soutenu par l’ancien président Lula et l’actuelle présidente Dilma Roussef, Fernando Haddad a remporté ces élections le 28 octobre 2012, avec 55 % des voix.]], la vision change. « On est passé d’un angle tout sécuritaire à un angle droit de l’homme et citoyenneté », explique Paulo. Sous l’impulsion du travail de plaidoyer mené depuis des années par la société civile, la mairie crée un département des droits humains dans lequel elle intègre pour la première fois une coordination des politiques migratoires. \n\nPour Paulo Illes, issu lui-même du mouvement associatif qui dirige cette équipe de quatre personnes depuis 2013 : « C’est un changement de paradigme : nous pensons la ville comme une ville monde, une ville universelle. À São Paulo, les migrants sont des sujets de droit, des citoyens de la ville. Cette évolution est une conquête des mouvements sociaux. » \n\n\nL'intégration, facteur de cohésion sociale \n\n\nCette nouvelle politique repose sur deux piliers essentiels : la citoyenneté et l’intégration. Une des premières décisions de la mairie a été de promouvoir la participation des migrants au conseil municipal. Dans cette ville divisée en trente-deux sous-préfectures, les migrants peuvent participer, à titre consultatif, au conseil municipal dans les vingt sous-préfectures qui comptent plus de 20 % de migrants. Convaincue que l’intégration est un facteur essentiel de cohésion sociale, elle propose également des cours de portugais aux nouveaux arrivants. Et, pour rompre l’isolement de la communauté bolivienne (une des communautés les plus importantes du Brésil) qui travaille essentiellement dans l’industrie textile, dans des conditions très dures, parfois aux limites du travail esclave, la coordination a recruté des agents de santé boliviens qui facilitent leur accès à la santé et aux services publics. \n\nLa coordination a ouvert un hébergement municipal d’une capacité de sept cents lits qui complète les hébergements associatifs. Et en novembre 2014, un centre de référence a vu le jour qui fournit aux migrants des conseils juridiques, un soutien psychologique et une aide à la formation professionnelle. La mairie travaille actuellement sur un projet de loi avec le gouvernement fédéral, afin de pérenniser ces acquis, pour qu’ils ne soient pas remis en cause en cas de changement de majorité. Ces premiers pas montrent clairement que les collectives locales – instances de proximité –, ont un rôle déterminant à jouer pour penser l’intégration des migrants."}
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Un récent sondage Guardian / ICM poll a d’ailleurs révélé que 40% des britanniques se déclarent prêts à boycotter des entreprises qui pratiquent l’évasion fiscale [[Enquête réalisée par le Guardian et ICM poll «Four in 10 might join consumer boycott over tax avoidance », Tom Clark, 10 juin 2013]].\n\nDans les pays en développement, l’enjeu est d’autant plus important que les flux financiers illicites vers les paradis fiscaux progressent à un rythme plus rapide que les économies, privant ainsi les populations d’une partie des retombées de la croissance actuelle. En 2010, près de 1138 milliards de dollars se seraient ainsi évaporés !\n\nL’incapacité des administrations des pays en développement mais également des pays riches à lutter contre cette délocalisation artificielle des profits invite à revoir dans les meilleurs délais les règles du jeu pour mettre hors la loi les pratiques certes légales mais abusives qui y contribuent. Le sujet est cette année à l’agenda de tous les sommets internationaux. Après les chefs d’Etats de l’Union européenne, le 22 mai 2013, c’est au tour des pays du G8 (Sommet de Lough Erne des 17 et 18 juin 2013) puis du G20 (réunion des ministres des Finances les 19 et 20 juillet puis des chefs d’Etats en septembre) de s’atteler au problème. L’OCDE a été mandatée pour plancher sur des propositions concrètes de révision des règles de fiscalité internationale des entreprises multinationales. Les solutions sont en partie connues. Encore faudra-t-il le courage politique d’imposer des règles contraignantes de transparence aux multinationales afin de rétablir une juste réallocation des richesses créées, en particulier au bénéfice des pays en développement.\n\nPour encourager les chefs d’Etats à passer à l’action, le CCFD-Terre Solidaire, en partenariat avec la Revue Projet a renouvelé l’exercice déjà réalisé en 2010, d’analyser la présence des cinquante premières entreprises européennes dans les paradis fiscaux, à partir des documents publics produits par les entreprises.\n\nSans constituer une preuve d’évasion fiscale, la concentration massive de filiales dans les territoires les plus opaques de la planète, observée dans cette enquête, dévoile l’étendue du problème. D’autant qu’un grand secret entoure les comptes des 50 premiers groupes européens et leurs 208 milliards d’euros de profits cumulés en 2012. Impossible en effet de connaître la répartition géographique de leurs activités ou de s’assurer que la localisation des bénéfices correspond à la réalité de la richesse créée dans chaque pays de production ou de consommation.\n\nPremière surprise, le périmètre exact des 50 premières multinationales européennes est incertain. Seulement 60% d’entre elles donnent la liste exhaustive des filiales. Leur localisation est même impossible dans le cas de Total.\n\nAucune entreprise n’échappe à l’attrait des paradis fiscaux. Elles y détiennent en moyenne 117 filiales chacune, soit 29% de leurs filiales étrangères.\n\nLes territoires européens abritent 63% de ces filiales offshore. Les destinations de prédilection sont, dans l’ordre, les Pays-Bas, l’État du Delaware (États-Unis), le Luxembourg, l’Irlande et les Îles Caïman, dépassant de loin les économies émergentes de la planète. Les 50 groupes étudiés ont aux îles Caïman davantage de filiales qu’au Brésil et deux fois plus qu’en Inde. Même la Chine n’attire guère davantage que le Luxembourg.\n\nCette présence dans les paradis fiscaux n’a pas diminué depuis 2009. Le nombre de filiales offshore dont elles révèlent l’existence ne cesse d’augmenter, même si la progression est moindre que celle du nombre total de filiales.\n\nEnfin, les informations mises à disposition du public dans les rapports d’activité restent très parcellaires. Le peu de données disponibles révèlent déjà quelques anomalies et montrent surtout que l’information est disponible, quand l’entreprise le veut.\n\nAlors que la mobilisation citoyenne et politique s’accroît, les propositions de la société civile commencent à être prises en compte. Des avancées historiques ont été obtenues récemment pour les banques et le secteur extractif au niveau européen. Mais le contexte politique actuel exige des mesures beaucoup plus ambitieuses, notamment la généralisation de la transparence comptable pays par pays pour tous les secteurs d’activité. L’objectif ? Rendre lisible les stratégies d’évasion fiscale des grands groupes et donner des armes efficaces aux administrations fiscales de tous les pays pour y mettre fin."}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/en-algerie-les-familles-de-disparus-veulent-la-verite/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/en-algerie-les-familles-de-disparus-veulent-la-verite/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"En Algérie, les familles de disparus veulent la vérité","datePublished":"2015-09-30T17:03:17+00:00","dateModified":"2021-12-08T15:33:19+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/en-algerie-les-familles-de-disparus-veulent-la-verite/"},"wordCount":1001,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Paix et vivre ensemble","Projet"],"inLanguage":"fr-FR","description":"Les cicatrices de la « Décennie noire » en Algérie peinent à se refermer. Le mystère entoure toujours le sort de quelque dix mille personnes disparues, enlevées par des agents de l’Etat dans les années 1990. Leur famille bénéficie du soutien de l’association SOS-Disparus, antenne algérienne du Collectif des familles de disparus en Algérie, basé en France et appuyé par le CCFD-Terre Solidaire\n\n\n\nLors des législatives de décembre 1991, le Front islamique du Salut, un parti islamiste radical, était sur le point de remporter la majorité des sièges. \nL’annulation du processus électoral par l’Etat avait été le point de départ d’ un terrible cycle de violence politique. Des groupes armés islamistes se formaient pour affronter l’Etat et s’imposaient souvent par la terreur aux populations des zones où ils agissaient. \nDe leur côté, les forces de l’ordre réagissaient avec férocité, multipliant les exécutions extra-judiciaires, les arrestations arbitraires et la torture. \nSur la base du moindre soupçon ou d’un renseignement, des milliers de personnes ont été arrêtées en dehors de toute procédure légale et n’ont jamais revu le jour.  \n\n\nDes versions officielles contradictoires\n\nC’est ce qui est arrivé à Mourad Bendjael, frère de Nadia Bendjael, qui milite aujourd’hui au sein de l’association SOS-Disparus. \n\n« Mon frère a été arrêté deux fois, en 1992, puis 1993. Il a été jugé et acquitté. Le 4 mai 1994, il a été embarqué dans une voiture banalisée. Quatre jours plus tard, notre domicile a été perquisitionné par la police. Ils cherchaient des armes mais n’ont rien trouvé. \nMes deux frères ont été arrêtés. L’un des deux, Marouane, est resté détenu. Le 13 juin, il s’est retrouvé torturé en même temps que mon frère, ils étaient menottés ensemble à un radiateur. Marouane a été condamné, puis finalement acquitté avec les excuses des autorités qui ont reconnu s’être trompées. Mais nous n’avons jamais revu mon frère. »\n\nLes autorités vont multiplier les versions contradictoires. \n\n« D’abord, le Procureur m’a affirmé que mon frère avait été abattu alors qu’il tentait de s’échapper lors d’un transfert, le 28 mai 1994. Mais mon frère Marouane l’avait vu après cette date. \nPuis en 2010, on nous a montré une tombe sans nom. Cette fois la version était qu’il avait été abattu par les terroristes le 12 août 1994, dans la banlieue d’Alger, et que personne n’était venu réclamer son corps. Ma mère a fini par retrouver l’acte de décès et le fonctionnaire qui l’avait signé. Il était mentionné qu’il était décédé le 7 juin et inhumé le 15 août 1994. \nNous ne savons pas si c’est bien mon frère qui se trouve dans cette tombe. Les demandes d’exhumation ont été refusées. Le Procureur nous a dit qu’il avait des ordres pour clore le dossier. Il nous a proposé une indemnité à condition que nous déclarions le décès. Nous avons refusé. \nFinalement, en 2014, j’ai été convoquée à la gendarmerie où l’on m’a dit que mon frère avait été abattu dans le maquis par les forces de l’ordre en 2006. »\n\n\nPour la famille de Nadia Bendjael, le mystère reste entier. \n\n« Au cimetière El Alia, à Alger, il y a quatre carrés avec plus de 250 tombes de personnes enterrées sous X. Certaines contiennent probablement plusieurs corps. « Ces tombes là ne vont jamais s’ouvrir »,  m’a dit un jour en employé. »\n\n\n\nAmnésie obligatoire\n\nPour clore ce chapitre tragique de l’histoire algérienne, une « Charte pour la paix et la réconciliation nationale »  adoptée en 2005 interdit désormais d’évoquer les événements de cette période et punit de prison quiconque utilise « les blessures de la tragédie nationale, pour porter atteinte aux institutions… ou nuire à l'honorabilité des agents de l’Etat ». \nUne amnésie obligatoire scelle ainsi ces tombes anonymes et condamne les familles des disparus à une interminable douleur muette. \n\n« C’est un coup de poignard dans le dos ! » s’indigne Nadia Bendjael.\n  Une situation d’autant plus difficile à accepter pour les familles des disparus que les responsables des disparitions n’ont jamais répondu de leurs exactions.  \nEn outre, grâce aux mécanismes de la Concorde nationale, les islamistes qui avaient pris les armes ont été réintégrés dans la société et ont pignon sur rue, tandis que ceux qui voudraient aujourd’hui connaître le sort de leurs proches arrêtés puis disparus sur la base du soupçon de complicité avec les islamistes, sont, eux, ignorés par les autorités, quand ils ne sont pas réprimés.  \n\nPlus de 5000 dossiers \n\nLe travail de l’association SOS-Disparus, créée en 2001 et de son relais international,  le Comité des familles de disparus en Algérie  (le CFDA), créé en France en 1998, va donc à contre-courant de cet oubli imposé par la loi.\n\n« Notre objectif est l’établissement de la vérité pour le bien des familles avant tout. Nous avons plus de cinq mille dossiers ouverts. Il en arrive encore plusieurs dizaines chaque mois. Nous organisons des formations, à la communication, au droit international, récemment sur les prélèvements ADN… »\n\n\nPlus généralement, SOS-Disparus est aussi membre de la  Fédération euro-méditerranéenne contre les disparitions forcées, appuyée par le CCFD-Terre solidaire FEMED qui regroupe également des organisations marocaine, turque, kosovare, bosniaque, serbe, libanaise, irakienne, syrienne, chypriote…  \nElle s’efforce de continuer à faire vivre sur le plan international la question des disparus lors des différentes tragédies qui ont bouleversé l’espace méditerranéen.\n\nThierry Brésillon\nEntretien réalisé à Tunis, lors du FSM de mars 2015."}
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Un choix commode, pour des progrès incertains.\n\n\n\nL’OCDE dresse régulièrement le bilan des progrès accomplis depuis le G20 de Londres d’avril 2009, où la chasse aux paradis fiscaux a été lancée. Au 5 novembre 2010, la liste noire est vide et la liste « grise » ne comporte plus que 9 États, contre 42 en avril 2009. À en croire l’OCDE, le problème serait en voie de règlement.\n\nLes pays en développement oubliés\n\nDans un rapport du 28 septembre 2010, l’organisme met en évidence les progrès en matière de coopération fiscale, avec 397 traités d’échange de renseignements fiscaux (TIEA) signés contre seulement 50 en 2009. Un chiffre cependant dérisoire par rapport au nombre potentiel de ces traités, soit 58 000 dans la mesure où il existe 242 pays ayant une souveraineté fiscale... \n\nEt une dynamique dont les pays en développement n’ont, pour l’heure, aucunement profité. Amendée en avril 2010 pour permettre l’échange de renseignements fiscaux à la demande entre tous les États signataires, la Convention d’assistance administrative mutuelle en matière fiscale dont sont dépositaires l’OCDE et le Conseil de l’Europe pourrait bénéficier à terme aux pays du Sud. Encore faut-il qu’ils soient invités à signer – et les paradis fiscaux, contraints d’en faire autant.\n\nTaxée de laxisme pour avoir « blanchi » trop vite les paradis fiscaux, l’OCDE a enclenché en mars 2010 un mécanisme de « revue par les pairs » destiné à évaluer sous l’autorité du Forum fiscal mondial regroupant plus de 90 pays, la mise en œuvre\ndes promesses de coopération fiscale. Un tel suivi est bienvenu. Cette revue, réalisée par les États eux-mêmes, devrait délivrer ses premiers résultats lors du G20 de Cannes, en novembre 2011, et pourrait déboucher à l’horizon 2014 sur la publication d’une liste actualisée des paradis fiscaux.\n\n« Nous demandons au Forum fiscal mondial d’accentuer ses efforts pour combattre l’érosion des assiettes fiscales des pays en développement et, en particulier, de souligner dans son rapport le lien entre le travail mené contre les États et territoires non-coopératifs et le développement. Les résultats devront être rendus lors de [notre prochain] Sommet en France, en novembre 2011. »\nConsensus de Séoul pour le développement, joint à la déclaration des chefs d’État du G20 de Séoul, 12 novembre 2010.\n\nLa stratégie de l'OCDE en question\n\nEst-ce suffisant ? D’évidence non. Certes, l’évaluation mesurera l’effectivité de la coopération fiscale, en abordant la question centrale des trusts et des sociétés écrans, vecteurs d’une opacité largement comparable au strict secret bancaire. Mais elle soulève d’importantes questions.\n\nQuestion de priorités d’abord : si l’échange d’information permet de mieux réprimer la\nfraude des particuliers, ou la fraude manifeste des entreprises, il ne sera d’aucun secours pour traquer la manipulation des prix de transferts et autres stratégies complexes d’évasion fiscale – les plus coûteuses pourtant en argent public.\n\nQuestion opérationnelle ensuite : il n’y a plus à ce jour de liste de paradis fiscaux digne de ce nom, établie par aucun organisme international. Le Conseil de stabilité financière (CSF) et le GAFI (Groupe d’action financière), l’organisme intergouvernemental chargé de la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, ont été rappelés à l’ordre par le G20 à Séoul, qui leur a demandé une liste, respectivement, d’ici le printemps et d’ici février 2011[[Le G20 le leur avait demandé en avril 2009. Le GAFI n’a publié en octobre 2010 qu’une liste de deux États « défaillants » (Iran et Corée du Nord), aprèsavoir en juin 2010 indiqué qu’il suivait de près les efforts anti-blanchiment dans 25 pays. Cf. http://www.fatf-gafi.org/dataoecd/17/4/45540819.pdf Le CSF n’en disait pas mot dans son plan d’action présenté au G20 en mai 2010 – cf. http://www.financialstabilityboard.org/publications/r_100510.pdf]]. \n\nComment accorder encore crédit à celle de l’OCDE : parmi les neuf rescapés qui figurent encore dans la liste grise, on ne compte plus que des places financières aussi « stratégiques » que Niue, Nauru, Montserrat ou Vanuatu[[À leurs côtés : Liberia, Uruguay, Guatemala, Costa-Rica et Panama.]] ! Ensemble, ils ne pèsent que 0,17 % de la finance offshore mondiale. Cette absence de liste crédible met en échec la stratégie de sanctions annoncée par le G20 : quelle portée, par exemple, peut avoir la mesure française de renchérir le coût des opérations dans les territoires non-coopératifs ?[[La France définit sa propre liste de territoires non-coopératifs, très proche de celle de l’OCDE.]]\n\nQuestion stratégique aussi : la pression exercée par le Forum mondial d’échange d’informations fiscales sera-t-elle aussi forte que la stigmatisation par les listes ? Il est fort à parier que non. Quoique critiquables, par leur médiatisation, les listes de l’OCDE ont incontestablement obligé les territoires visés à évoluer. Mais faire reposer tout l’effort international sur un processus d’évaluation administrative, moins lisible, c’est courir le risque de réduire le débat aux experts, sans que le pays visé ne s’en inquiète guère.\n\nQuestion technique évidemment : quels seront les critères de la prochaine liste ? Ceux retenus en avril 2009 ont été fortement critiqués (voir encadré « des critères trop laxistes »). Probablement aucun pays ne sera jugé en conformité absolue avec les exigences de disponibilité et d’accessibilité de l’information fiscale formulées par\nle Forum fiscal mondial. Dès lors, comment les pays évalués seront-ils notés ? Où situera-t-on la ligne noire, et la ligne grise ?\n\nQuestion politique enfin : dès le G20 de Londres, l’OCDE épargnait quelques gros\npoissons, dont Jersey, Delaware, l’Île Maurice, la Barbade ou encore... Londres[[Si la Chine figure sur la liste « blanche », une ligne en bas de page rappelle toutefois, sans les nommer, que Hong-Kong et Macao ne sont pas encore jugés « coopératifs ».]]. Le groupe d’évaluation du Forum fiscal mondial, dont le président François d’Aubert est certes déterminé mais entouré par la vice-présidence de Singapour et Jersey, saura-t-il faire preuve d’une objectivité sans faille et échapper à toute pression diplomatique ?\n\nIl y a, au fond, une incongruité à attendre du G20 pareille liste, comme si l’opacité financière lui était étrangère. Au contraire, il la produit. À la fois en son sein et dans les territoires qui dépendent de lui. Nous avons calculé, à partir de l’indice d’opacité financière établi par Tax Justice Network (voir p. 7), que les pays du G20 représentaient 39 % de l’opacité financière internationale. Le taux monte à 88 % si on y ajoute les autres pays de l’Union européenne et les territoires sous son influence.\n\nDes critères trop laxistes\n\nEn avril 2009, l’OCDE a classé les paradis fiscaux selon leur degré de coopération : dans la liste « noire », les pays qui ne s’étaient jamais dit prêts à coopérer avec le fisc étranger, dans la liste « grise » des pays ne s’y étant engagés que par oral et dans la liste « blanche » des pays ayant signé, avec au moins 12 États, des traités (TIEA) de coopération fiscale.\n\nUn engagement limité, car cette coopération n’a rien d’automatique (contrairement à ce que pratique l’UE sur les revenus de l’épargne). Il appartient au fisc spolié de demander un renseignement précis, puis à l’administration sollicitée d’en mesurer la pertinence avant d’y répondre. Souvent, le paradis fiscal, qui accueille des sociétés, trusts ou fondations dont il ne connaît pas le propriétaire ni le bénéficiaire, n’a même pas l’information demandée.\n\nLe nombre de 12 traités permet par ailleurs de s’acheter une bonne conduite à moindres frais : en un an, Luxembourg, Suisse, Liechtenstein, Îles Caïmans, Bermudes ou encore Singapour ont intégré la liste « blanche »... Parfois en signant des traités entre eux, ou avec le Groenland et les îles Féroé ! Parmi les 33 paradis fiscaux « blanchis » depuis avril 2009, 17 auraient utilisé ce procédé pour atteindre les 126. Enfin, l’OCDE ne s’intéresse qu’aux aspects fiscaux et non aux bâtons mis par les paradis fiscaux dans les roues de la justice et des autorités de régulation financière."}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/industries-extractives-jusquou-la-france-osera-t-elle-la-transparence/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/industries-extractives-jusquou-la-france-osera-t-elle-la-transparence/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Industries extractives : jusqu’où la France osera-t-elle la transparence?","datePublished":"2014-09-08T10:54:06+00:00","dateModified":"2021-12-08T11:34:10+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/industries-extractives-jusquou-la-france-osera-t-elle-la-transparence/"},"wordCount":856,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Communiqués de presse","Justice économique","Paradis fiscaux"],"inLanguage":"fr-FR","description":"Communiqué de presse de la Coalition Publiez Ce Que Vous Payez et de la Plateforme Paradis fiscaux et judiciaires\n\nLe 10 septembre, la Commission des Finances de l’Assemblée nationale devra se prononcer sur un texte historique pour la transparence des industries extractives et forestières. Une opportunité majeure pour les député-e-s de poursuivre leur action dans la lutte contre l’opacité financière et l’évasion fiscale.\n\n\n\nEn transposant les Directives Comptable et Transparence adoptées en juin 2013 par l’Union européenne, ce projet de loi introduit l’obligation pour l’ensemble des grandes entreprises européennes du secteur ainsi que pour celles cotées en bourse dans l’UE de publier tous les paiements faits à des gouvernements, projet par projet.\n\nCette loi peut constituer un important instrument de lutte contre la corruption et l’opacité des multinationales, pour lequel la société civile se bat depuis des années. En effet, elle pourrait permettre aux populations des pays riches en ressources naturelles mais parmi les plus pauvres  de mieux contrôler l’utilisation des revenus de ces ressources et de demander des comptes à leurs gouvernements.\n\nCependant,  les membres de la Coalition Publiez ce que vous payez et la Plateforme Paradis fiscaux et judiciaires regrettent que le gouvernement présente un projet de transposition a minima au Parlement. En effet, l’accès gratuit et simplifié aux données n’est pas garanti et les sanctions en cas de manquement à cette nouvelle obligation sont à peine évoquées. L’extension géographique du reporting, pourtant prévue dans la loi sur le développement votée le 7 juillet dernier, a été écartée.\n\nAlors que les dirigeants internationaux se sont engagés à lutter plus fortement contre l’opacité financière [1], les membres de la Coalition Publiez ce que vous payez et la Plateforme Paradis fiscaux et judiciaires demandent aux député-e-s de saisir cette opportunité pour avancer vers plus de transparence et :\n\n- élargir le reporting comptable à l’ensemble des pays dans lesquels les entreprises ont des filiales (et non uniquement aux pays de production), à l’instar des règlementations françaises et européennes appliquées aux banques ;\n\n- inclure d’autres informations cruciales pour détecter les éventuelles pratiques d’évasion fiscale : nature des activités, chiffre d’affaires, bénéfices, effectifs (cela permettrait par exemple de mieux comprendre les activités de Total aux Bermudes ou au Luxembourg ) ; \n\n- mentionner spécifiquement dans le texte des éléments majeurs figurant dans la directive européenne tels que des sanctions réellement dissuasives face à la manipulation des informations publiées.\n\nEn coulisse, les lobbies du secteur privé sont massivement mobilisés  pour  demander une application « la plus souple possible » de la directive [2] et sont allés jusqu’à porter plainte contre une loi similaire aux Etats-Unis. [3]\n\nFace aux pressions des industriels et au manque d’ambition du gouvernement, les membres de la Coalition Publiez ce que Vous Payez et la Plateforme Paradis fiscaux et judiciaires appellent les député-e-s à se montrer ambitieux et à se saisir de ce projet de loi pour que la France, premier pays à transposer les Directives en Europe, fasse preuve de leadership en matière de transparence des multinationales. \n\n\nNotes aux rédactions :  \n\n[1] http://www.consilium.europa.eu/uedocs/cms_data/docs/pressdata/fr/ec/137218.pdf\n\n[2] Interview de  Marie-Yvonne Charlemagne du Groupe Rougier : http://www.atibt.org/a-la-une/4583344068/Transparence-des-for%C3%AAts-%281-2%29/8539980\n\n[3] Il s’agit de la loi Dodd Frank : en octobre 2012 les pétroliers de l’American Petroleum Institute, dont fait partie Total ont porté plainte aux Etats-Unis contre le régulateur boursier. \n\nPubliez Ce Que Vous Payez (PCQVP) est un réseau mondial d’organisations de la société civile établi en 2002 et travaillant pour la transparence des secteurs pétroliers, gaziers et miniers. PCQVP-France regroupe les organisations suivantes : Les Amis de la Terre, Amnesty International – Section Française, CARE France, CCFD-Terre Solidaire, CIMADE, Secours Catholique / Caritas France, Défi Michée, FIDH – Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme, Info Birmanie, Justice et Paix, Oxfam France, ONE France, Partenia 2000, SHERPA, SURVIE, Transparence-International (France).\n\nLa Plateforme Paradis Fiscaux et Judiciaires est une plateforme de 18 organisations de la société civile française mobilisées pour la justice fiscale, la lutte contre l’opacité financière, la corruption et l’évasion fiscale. Elle regroupe les organisations suivantes : Les Amis de la Terre -  Anticor - Attac France - CADTM France  – CCFD-Terre Solidaire - CFDT - CGT - CRID  - Droit pour la justice - Observatoire citoyen pour la transparence Financière Internationale - Oxfam France - Justice et Paix - Réseau Foi et Justice Afrique Europe - Secours catholique Caritas France - Sherpa - Survie - Syndicat de la magistrature – Solidaires Finances Publiques - Transparence International France.\n\nContacts presse :\n\nOxfam France : Magali Rubino, 06 30 46 66 04 mrubino@oxfamfrance.org \n\nCCFD-Terre solidaire : Karine Appy, 01 44 82 80 67, 06 66 12 33 02, k.appy@ccfd.asso.fr \n\nONE France : Annabel Hervieu, 06 31 22 89 68, annabel.hervieu@one.org \n\nSecours Catholique – Caritas France : Sophie Rebours, 01 45 49 73 23 - sophie.rebours@secours-catholique.org  \n\nSherpa : Laetitia Liebert, +33 1 42 21 33 25, laetitia.liebert@asso-sherpa.org"}
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Plus d’un siècle après, l’association PEEDS lutte contre l’accaparement de ces terres. \n\n\n\nLa tension monte sur la route qui relie Madurai à Theni, deux villes de l’Etat du Tamil Nadu, dans le Sud-Est de l’Inde. Nous sommes le 12 juillet 2013. Une marche rassemblant des paysannes et paysans spoliés de leurs terres pour faire pression sur les autorités a été lancée par PEEDS (People’s Education and Economic Developpement Society), une association partenaire du CCFD-Terre Solidaire. La veille dans la nuit, la police a bloqué les villages, confisquant bœufs et charrues,  intimidant les membres de PEEDS avec des menaces de prison. \nUne centaine de personnes ont néanmoins réussi à se rassembler devant le lieu de ralliement prévu, à savoir le bureau du « District Collector », le fonctionnaire en charge de la gestion du cadastre. Devant les caméras de Sun TV, le directeur de PEEDS et avocat à la Haute Cour de Madurai, T. Baskaran, ne mâche pas ses mots et accuse publiquement le frère du ministre des finances du Tamil Nadu d’avoir accaparé illégalement de nombreuses terres. Le « District Collector » s’engage à les redistribuer rapidement. Quelques semaines plus tard, il est muté dans un autre district. \nLe 5 février 2014, ce sont cette fois près de 500 membres de PEEDS qui s’unissent dans une marche pour exiger la redistribution des terres. Les autorités font de nouvelles promesses. L’affaire suit son cours... \n\nDes terres supposées inaliénables\n\nDevant l’ampleur du phénomène d’accaparement des terres au Tamil Nadu, que ce soit par de gros propriétaires, des investisseurs ou des multinationales, PEEDS et quatre autres partenaires du CCFD-Terre Solidaire (IRDS, AREDS, SHEHA et HRDF) ont créé en 2011 une fédération : La Tamil Nadu Land Rights Fédération (TNLRF). Cette fédération réunit des ONG et des mouvements investis dans la défense du foncier et des ressources naturelles. Nouant des alliances inédites, des ONG Dalits (anciennement dits «  intouchables ») et Adivasis (aborigènes), des mouvements de femmes et des organisations de pêcheurs, de paysans et d’habitants des bidonvilles s’apportent ainsi un soutien réciproque, de manière à articuler leurs luttes du niveau local au niveau de l’Etat. Un enjeu fort pour le Tamil Nadu où 60% de personnes vivant de l’agriculture sont des paysans et des paysannes sans terre.\nUne partie du travail de PEEDS consiste à organiser les Dalits d’une quarantaine de villages pour récupérer ce qu’on appelle les Panchami Land. Traditionnellement, les Dalits n’étaient autorisés à posséder ni terres ni moyens de production, tout en constituant  l’essentiel de la main d’œuvre  agricole mise en esclavage par les caste dominantes. Les Britanniques ont d’abord contribué à renforcer le système mais à la fin du 19ème siècle, ils leur distribuèrent des terres censées être «  inaliénables ». Bien qu’une loi de 1978 consacre l’interdiction de vendre ces terres en dehors des communautés dalits, les Panchami Land, ont été dans leur quasi-totalité négociées à vil prix ou directement usurpées par des Indiens de castes dominantes. Dans les seuls districts de Theni et Madurai, PEEDS a ainsi identifié près de 1000 ha à récupérer. \n\nDe la violence des protagonistes à l’inertie complice des pouvoirs publics \n\n\nUne des priorités de PEEDS est  d’amener les Dalits à surmonter leur peur à déposer plainte, et le cas échéant d’assurer leur protection, sachant que la plupart des terres ont été spoliées par des Indiens Thevars, une caste réputée pour son extrême violence et politiquement très puissante dans la région. Pour ce faire, l’association  forme un réseau de militants et militantes de base à la culture des droits de l’Homme et assure une permanence téléphonique pour les victimes d’atrocités. Depuis près d’un an, PEEDS œuvre également à un rapprochement audacieux avec une sous-caste plutôt pauvre des Thevars, les Kallars, car ces derniers,  qui fournissent beaucoup d’hommes de main aux usurpateurs, ont été eux-mêmes spoliés de certaines de leur terre. Aujourd’hui, sur les deux districts de Theni et Madurai, les Kallars constituent 20% des membres de PEEDS. Leur participation au mouvement de récupération des terres contribue ainsi à conjurer une partie des violences, tout en inscrivant résolument la lutte sur le terrain du droit plutôt que sur celui de la défense des seuls Dalits. \nAutre défi à relever par l’association : ébranler l’inertie complice de l’administration qui fait traîner l’examen des requêtes, classe les dossiers sans suite ou mute les fonctionnaires enclins à faire respecter les droits des personnes dépossédées. « Un contentieux par village » c’est l’objectif que s’est fixée PEEDS pour maintenir un certain niveau d’émulation à la base et faire monter le rapport de force en puissance. Avec au programme : le soutien juridique des plaignants et l’occupation pacifique des terres. « Nous avons fini de miser sur les seules procédures juridiques, explique T. Baskaran. L’équation est simple : selon le cadastre, ces terres leur appartiennent, les labourer est leur droit le plus absolu ». \n\nBénédicte Fiquet"}
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Rencontre avec Victor Manuel Gamonal, économiste au sein de l’association CooperAcción, partenaire du CCFD-Terre Solidaire.\n\nLe projet soutenu par le CCFD-Terre Solidaire cherche à contribuer à la bonne gouvernance et à la défense des droits des communautés paysannes et indigènes affectées par ces industries, à travers un accompagnement visant à générer une culture de dialogue et une approche participative pour aider la promotion des processus de développement.\n\nPourquoi la fiscalité du secteur minier est-elle importante ?\n\nPour les pays en voie de développement, le financement des politiques sociales, de santé, d'éducation... provient essentiellement de deux sources : l'endettement ou la politique fiscale. C'est un thème central pour tout le continent et pour le Pérou qui a beaucoup emprunté, pendant une trentaine d'années, aux instances internationales. À partir des années 1990, l'activité minière est devenue un secteur stratégique pour l'économie. Le pays est le premier exportateur mondial d'argent, le deuxième pour le cuivre et le zinc et le sixième producteur d'or.\n\nCette activité emploie 5 % de la population économiquement active et représente environ 7 % du PIB, ainsi que plus de 60 % du montant des exportations. En 2010, les investissements dans le secteur minier ont atteint près de 2,8 milliards d'euros.\n\nComment fonctionne le système fiscal de ce secteur au Pérou ? \n\nL'impôt sur les bénéfices (30 %) est la principale charge fiscale des compagnies minières. Toutefois, elles bénéficient de diverses mesures d'incitation fiscale comme la déduction des coûts d'exploration et de développement. Résultat, elles paient peu ou pas d'impôts. Quand c'est le cas, dans le cadre d'accords particuliers entre l'État et l'entreprise, jusqu'à la moitié des impôts sur les bénéfices peut être versée aux communautés locales. Selon une répartition précise : 20 % à la commune sur laquelle se trouve la concession, 60 % que se divisent les districts et les provinces de la région et 20 % au gouvernement régional. L'idée est que les fonds parviennent aux communautés affectées par l'activité minière. Mais en pratique, le flux de cet argent demeure très opaque.\n\nEnfin, l'État péruvien offre dans la plupart des cas un « pacte de stabilité fiscale  » qui garantit aux entreprises qu'il ne peut pas modifier les règles du jeu fiscal établies lors de la délivrance de la concession. Il est important de rappeler que les mesures d'incitation fiscales ont un coût. Au Pérou, le manque à gagner pour l'État - entre le non-paiement par les entreprises minières de leurs redevances et des mesures comme la non-imposition des bénéfices réinvestis - a été de près de 850 millions de dollars (590 millions d'euros) en douze ans (entre 1994 et 2006).\n\nPeut-on évaluer le montant de l'évasion fiscale ?\n\nC'est l'éternelle question ! D'autant que l'accès à l'information est très difficile en ce qui concerne les entreprises mais aussi les services de l'État en charge de percevoir les redevances. Il n'y a en outre aucun contrôle fiable sur la manière de calculer les redevances et les niveaux de production des compagnies. Et puis l'évasion fiscale, c'est un thème très large. Elle comprend par exemple les « prix de transfert », c'est-à-dire l'achat et la vente de produits entre les filiales d'un même groupe à des prix « adaptés » pour ne pas dégager de bénéfices et ne pas être imposés. Au Pérou, on estime que le montant de l'évasion fiscale du secteur minier s'élève à quelque 5 millions de dollars par an (3,5 millions d'euros).\n\nL'Initiative de transparence des industries extractives (Itie) permet-elle de lutter plus efficacement contre l'évasion fiscale ? \n\nCette initiative créée en 2002 lors du Forum mondial sur le développement durable de Johannesburg va effectivement dans le bon sens. Elle accroît la transparence des transactions financières effectuées entre les gouvernements et les sociétés du secteur des industries extractives. Divulguer ces informations permet de vérifier que les revenus liés aux ressources naturelles sont effectivement investis dans les programmes sociaux et de renforcer l'obligation de rendre des comptes. Le Pérou a souscrit aux principes de cette initiative. C'est donc un point positif, même s'il reste beaucoup à accomplir dans ce domaine.\n\nPropos recueillis par Jean-Claude Gerez"}
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Mais nous refusons de nous laisser instrumentaliser par ceux qui voudraient nous convaincre que nous ne pouvons pas construire ensemble l’avenir de notre pays.\n\nIl est toujours possible, sans perdre son identité, de développer une politique plus respectueuse de la diversité et de la cohésion entre les territoires et de s’ouvrir à l’autre, à la richesse des différences, à ceux qui n’ont pas la même couleur de peau, la même origine sociale, le même sexe, la même langue, la même culture.\n\n« L’autre est un don », soulignait le pape François lors de son dernier message de Carême. Comme nous l’avions rappelé avant le premier tour de l’élection, nous pensons que les solutions  aux problèmes auxquels notre société est confrontée se trouvent dans l’ouverture, le dialogue et la participation de chacun de nous pour construire ensemble une France et une Europe plus ouvertes et plus justes dans un monde de droit et de dignité.\n\nLes dizaines de milliers de bénévoles de nos organisations et mouvements sont témoins tous les jours que la réalité de la société française, ce sont des milliers d’actions concrètes qui construisent une planète plus solidaire et fraternelle. Ceci nous permet d’affirmer que l’acceptation de la diversité au sein de la République ne menace pas l’unité nationale. Elle ne remet pas en question l’existence d’une culture commune, de valeurs partagées, d’une même appartenance à l’Humanité.\n\nÀ nos concitoyen-ne-s qui éprouvent déception ou désarroi  devant les résultats du premier tour, nous voulons dire aujourd’hui que la clé réside dans notre capacité à dépasser nos peurs et à les transformer en une dynamique collective constructive. L’avenir de notre pays est ouvert, il ne tient qu’à nous de ne pas nous enfermer et d’agir librement, en conscience, pour le garder ouvert.\n\nComme l’affirmait la Conférence des évêques de France au lendemain du premier tour des élections, « aujourd’hui, le risque principal serait de renoncer à lutter pour l’avenir et de céder à la tentation du fatalisme ». Croyants et non croyants, nous devons tous nous mobiliser pour mettre la diversité de nos talents au service de la société.\n\nNous, organisations et mouvements d’Église, avons vocation à prendre parti quand la dignité de l’homme est en question. Nous sommes bien dans notre rôle, lorsque nous proclamons que le monde d’aujourd’hui a moins besoin d’affrontements, de divisions et de fermetures que de bienveillance, de justice et de fraternité, cette fraternité qu’avec la liberté et l’égalité, la République nous demande de vivre.\n\nÀ l’heure de faire un choix entre deux visions de la société, ne cédons pas à la tentation du repli sur soi, refusons de laisser instrumentaliser l’Évangile, recentrons le débat sur les vrais sujets et transformons la clameur du monde qui nous entoure en espérance. Réaffirmons notre foi en l’autre, « tout homme et tout l’homme », et en nos capacités à construire notre destin commun.\n\nCette tribune a été publiée le 28 avril 2017 sur le site du journal La Croix\n\nListe des Signataires : Action catholique des enfants (ACE), Action catholique des femmes (ACF), Action catholique des milieux indépendants (ACI), Action catholique ouvrière (ACO), Apprentis d’Auteuil, Association des cités du Secours catholique, Comité chrétiens de solidarité avec les chômeurs et les précaires (CCSC), Centre de Recherche et d’Action sociale (CERAS), CCFD-Terre Solidaire, Centre Catholique des Médecins Français, Chrétiens dans le monde rural (CMR), Chrétiens dans l’Enseignement public, Chrétiens en Forum, Communauté Mission de France, Communauté Vie Chrétienne (CVX), Confrontations (Association d’intellectuels chrétiens), Délégation catholique pour la coopération (DCC), Entrepreneurs et dirigeants chrétiens (EDC), Ethique et Investissement, Etudes, Fédération française des Équipes Saint-Vincent, Fondacio, Instituts religieux et solidarité internationale (IRSI), Jeunesse étudiante chrétienne (JEC), Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC), JRS France, Justice et Paix, Mission de la Mer, Mouvement chrétien des cadres et dirigeants (MCC), Mouvement chrétien des retraités (MCR), Mouvement rural de jeunesse chrétienne (MRJC), Ordre de Malte France, Pax Christi, Scouts et Guides de France, Secours catholique – Caritas France, Semaines sociales de France, Vicariat pour la Solidarité de l’archidiocèse de Paris, Vivre Ensemble l’Evangile Aujourd’hui, Voir Ensemble\n\n\n\n\nEcouter ou lire aussi la chronique de Sylvie Bukhari-de Pontual, présidente du CCFD-Terre Solidaire, L’importance d’aller voter au second tour"}
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Sans ressources, pour la plupart ne parlant ni l’anglais, ni l’afrikaans, ni le xhosa (la plus parlée des langues locales), ces réfugiés se retrouvent dans les bidonvilles des alentours du Cap où une grande partie de la population est déjà au chômage. Ils sont alors souvent les principales victimes des rackets et violences xénophobes de ces quartiers. Dans ce contexte, ARESTA s’est donné pour mission de briser l’isolement et l’exclusion économique que subissent les réfugiés et demandeurs d’asile, en leur permettant d’acquérir des compétences linguistiques, sociales et professionnelles nécessaires à leur intégration. Parallèlement, ARESTA lutte contre la xénophobie qui se manifeste au sein de la société Sud-Africaine en proposant des actions de sensibilisation et de plaidoyer en faveur du respect des droits des réfugiés.\nARESTA prévoit d’informer et de sensibiliser les pouvoirs publics et les citoyens sur les enjeux migratoires en amont et pendant l’évènement de la coupe du monde, dans le but de prévenir une éventuelle (presque certaine) nouvelle attaque xénophobe. Aresta organisera une conférence (invitation et programme en anglais) qui se tiendra à l’université de Cape Town (UCT) le 18 juin prochain, au lendemain de la journée mondiale des réfugiés, sur « Les perspectives de protection sociale et juridique des migrants en Afrique du Sud». Antoine Michon, Consul de France en Afrique du Sud, interviendra lors de cette conférence. Aresta a aussi mis sur pieds une exposition réalisée par les réfugiés qui sera affichée à UCT puis à l’Alliance française durant la coupe du monde. Aresta a par ailleurs fait de la prévention du VIH / SIDA un des piliers de son programme d’intégration des réfugiés à travers son programme d'enseignement. En collaboration avec Sonke Gender Justice, Aresta prévoit de distribuer une brochure portant un message de sensibilisation et de prévention.\n\nLe pays est sous tension et il y a de fortes chances pour qu’une crise explose après la Coupe du monde. De nouvelles attaques xénophobes peuvent en être la conséquence directe. Un réseau d’organisations de la société civile sud-africaines interpelle le gouvernement et les citoyens sud-africains. \n\n\nSINOMLANDO, Centre for oral history and memory work in Africa\nThème : SOUTIEN AUX ORPHELINS DU SIDA\nSinomlando a développé un programme d’aide aux orphelins - Memory Box (les boites de la mémoire) - dont les parents sont morts du sida (2 millions en Afrique du Sud), et qui sont souvent infectés eux-mêmes par la maladie. Dans une société où le sida reste un tabou très fort suscitant silence et exclusion brutale et où les psychologues sont très peu nombreux, Sinomlando forme des volontaires, travailleurs sociaux et membres associatifs, au soutien psychologique des enfants. Elle propose une méthode s’appuyant sur des « boîtes de la mémoire ». Dans ces boîtes, l’enfant est amené à rassembler le souvenir de ses parents et de sa vie avec eux. Ils fabriquent leur boîte avec des dessins, des jeux. En effet, croyant les protéger de ce qu’ils considèrent comme une infamie, les proches de l’enfant occultent souvent tous ses souvenirs. L’enfant peut ensuite rouvrir sa boîte quand il en ressent le besoin. Un tel travail ne se fait pas sans précautions. L’achèvement du deuil et l’ouverture à l’avenir sont à ce prix. Le centre dispense des formations de quatre jours aux travailleurs sociaux, qui peuvent suivre ensuite des ateliers d’évaluation. Basée à Pietermaritzburg, Memory Box propose ses ateliers dans tout le pays et partage son expérience avec d’autres ONG africaines.\n\n\nSPP, Surplus people project\nThème : ACCES DURABLE A LA TERRE/ APPUI A LA REFORME AGRAIRE\nLes premières actions de Surplus people project remontent au début des années 80, époque où il avait surtout un rôle de lobbying et d'opposition face à la politique de déplacements forcés de la population appliquée par le gouvernement sud-africain. SPP, avec quelques autres organisations sud-africaines, a contribué à informer sur les migrations forcées pendant la période de l'apartheid. SPP ou projet des « laissés pour compte », est une ONG qui, depuis une quinzaine d’années, aide les populations noires et métisses déplacées dans les réserves rurales et expropriées dans le cadre de la politique d’apartheid à retrouver leurs terres, dans les provinces du Cap occidental et du Cap septentrional. Outre l’assistance juridique, l’action de SPP porte également sur la restitution des terres, l’amélioration de l’habitat, le développement de petites activités économiques durables dans les zones rurales et périurbaines.\nSPP participera aux actions du collectif de la Campagne pour la réforme agraire et la souveraineté alimentaire. Le Collectif prévoit de mener une marche de protestation un jour avant l’ouverture de l’événement pour mettre en évidence la question de l'inégalité face à l’accès à la terre ; la menace du modèle agricole de l'industrie chimique, en particulier les OGM au moment où dans l’une des communautés où intervient SPP, Monsanto a présenté une demande aux petits agriculteurs pour tester une variété d’OGM de maïs, tolérante à la sécheresse ; le droit à la ville pour les agriculteurs urbains faisant face aux expulsions ; et plus globalement pour protester conte la nature générale des ressources consacrées à la Coupe du monde au détriment des paysans sans terre des zones urbaines et rurales.\n\n\nTEMBEKA, South African social investment company\nThème : ECONOMIE SOCIALE ET SOLIDAIRE, MICRO CREDIT\nEn Afrique du Sud, le secteur de la micro finance est peu développé du fait de l’absence d’organisations financières privées et d’une agence gouvernementale pour l’appui aux petites entreprises, peu performante, qui exerce de plus ses activités dans un quasi monopole. Dans ce contexte, l’association propose des services financiers et techniques aux institutions de micro-finance permettant d’améliorer l’accès au microcrédit pour les entrepreneurs les plus modestes. Tembeka signifie « digne de confiance » en nguni, l’une des langues de la Nation arc-en-ciel. La confiance, cette société la doit aux investisseurs qui lui confient leur argent. Des Sud-Africains de milieux aisés et des classes moyennes qui font le choix de cette forme de solidarité financière. Leurs fonds, transformés en actions, constituent le capital d’institutions locales de micro-finance qui le reversent, sous forme de prêts, aux acteurs économiques. Tembeka reçoit aussi le soutien d’investisseurs internationaux tels que la Sidi (Solidarité internationale pour le développement et l’investissement), filiale du CCFD-Terre Solidaire pour prolonger ses activités dans le domaine de la micro-finance. Outre ce volet financier, Tembeka apporte conseils et formations (gouvernance ; reporting ; performance financière et extra-financières…) aux institutions locales de micro-finance qu’elle fédère.\n\n\nUJAMAA\nThème : DEFENSE DES DROITS HUMAINS\nBasé dans la province du Kwazulu-Natal, le centre Ujamaa (qui signifie « travailler et vivre ensemble ») est né de l’engagement des chrétiens d’Afrique du Sud (80% de la population) contre l’apartheid. Après 1994, Ujamaa poursuit son travail pour décoder et affronter les maux et discriminations économiques qui continent de ronger la société. S’appuyant sur les ressources théologiques prônant la solidarité, le respect des autres et de l’environnement, Ujamaa suscite une prise en main collective et locale destinée à briser le cercle vicieux de la pauvreté et du fatalisme dans ses différentes expressions (sida, mépris des femmes, inégalités…). L’organisation forme également des leaders et des religieux capables de défendre l’intérêt des plus démunis.\nUJAMAA, dans le cadre de son Programme « Théologie et justice économique », réalisera une analyse socio-économique post coupe du monde sur l’emploi et le chômage en utilisant les expériences et les connaissances des travailleurs ayant participé à la construction du Stade de Durban, et les expériences des jeunes chômeurs ayant été exclus des possibilités d'emploi dans le secteur de la construction.\n\n\nAIDC, Alternative Information Development Center\nThème : PROMOTION D’UNE ECONOMIE SOCIALE ET SOLIDAIRE\nPlus de 15 ans après la fin de l’Apartheid, l’Afrique du Sud fait face aujourd’hui à de nombreux défis sociaux et environnementaux. Partant du constat qu’une partie de la société civile sud-africaine s’est éloignée des mouvements sociaux de base et coupée de l’éducation populaire, AIDC se donne désormais pour mission la « transformation » des médias communautaires dont les radios communautaires locales dans le but de développer le potentiel de mobilisation sociale des organisations de la société civile progressiste. AIDC vise à garantir que des perspectives alternatives, mettant en avant les problèmes liés à l’emploi, l’accès aux services de base, et la démocratie participative soient produites et diffusées par la base. Au moyen de 11 employés et de consultants, l’organisation travaille au renforcement des organisations populaires pour qu’elles soient en mesure de répondre de façon créative et pérenne aux besoins d’information des groupes sociaux défavorisés. Elle vise également à améliorer les capacités de communication des personnes travaillant des les organisations identifiées mais aussi celle des Organisations de la Société Civile pour qu’elles soient en mesure d’informer, de dialoguer, de sensibiliser l’opinion publique pour mieux mobiliser. AIDC possède également un centre de ressources pour former les journalistes défavorisés.\nAIDC participera à la mobilisation croissante contre le prêt de la banque mondiale à l’Afrique du Sud pour la construction de centrales à charbon, pour en savoir plus lire les articles d’AIDC ; et relancera sa participation à la campagne pour un travail décent.\n\n\nCPLO, Catholic parliamentary Liaison Office\nThème : POLITIQUE SOCIALE\nA la fin des années 1990 et au début des années 2000, un nombre important de lois était débattues au parlement sud-africain. Persuadé que l’Eglise, conformément à sa pensée sociale, a quelque chose d’important à apporter sur tous les aspects de la vie, qu’ils soient politiques, économiques, sociaux ou culturels, CPLO a tenté, depuis sa création en 1997, de se positionner objectivement sur des questions de politique publique ou législatives débattues au sein du parlement. CPLO travail pour permettre à l’Eglise sud-africaine d’avoir une meilleure compréhension du contexte politique, économique et social et de se positionner sur un certain nombre d’enjeux concernant le pays. Elle vise également à accroître l’influence de l’Eglise dans l’élaboration des politiques et de la législation."}
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Pisey Ly facilitatrice de programmes, elle témoigne…\n\nPourquoi avoir créé United Sisterhood Alliance ?\nLorsque nous avons fondé Us en 2012, il y avait au Cambodge plusieurs organisations qui, de manière indépendante et sur des thématiques qui leur étaient propres, travaillaient sur des questions liées aux conditions de vie des femmes. Notre idée était de faire en sorte que, tout en respectant l’indépendance de chacune, des revendications communes puissent être défendues de manière collective. Comme, par exemple, l’accès aux soins et à la santé. Nous pensons en effet que cette thématique transversale est très importante car elle permet de renforcer les liens entre organisation afin de bâtir une stratégie plus efficace. C’est pourquoi, au-delà des femmes, nous faisons aussi partie d’un réseau d’organisations qui comprend aussi bien des associations paysannes, des pêcheurs que des jeunes de milieu rural ou urbain.\nComment fonctionne United Sisterhood Alliance ?\nUnited Sisterhood Alliance est aujourd’hui subdivisé en quatre groupes. Le Centre d’information des travailleuses (WIC), qui se concentre sur les salariées du textile et les aide à s’émanciper et à prendre des responsabilités au sein de leur entreprise. Le Réseau pour l’unité des femmes (WNU), qui apporte un soutien juridique aux employées du secteur du divertissement victimes d’abus en tous genres, y compris de viols, et s’occupe de l’inscription de leurs enfants à l’école. Le Messenger Band, un Girls’ Band monté avec des ouvrières, dont les chansons portent des messages, basés sur les réalités locales, permettant d’aborder de manière divertissante des sujets comme la destruction des ressources naturelles, l’exploitation des travailleurs, les violences envers les femmes… Enfin, l’Action Sociale pour le Changement (SAC), qui s’intéresse plus particulièrement aux politiques nationales concernant les droits humains et les conséquences du développement et du libre échange pour les travailleurs.\nQuelle est aujourd’hui la place de la femme dans la société cambodgienne ?\nLe poids des traditions culturelles reste fort. Dès leur plus jeune âge, les filles apprennent à se sacrifier pour la famille et à accepter leurs conditions, quelles qu’elles soient. Peu importe si elles vont à l’école ou pas puisque leur rôle se cantonnera à élever leurs enfants et à s’occuper de leurs parents. Cette conception prédomine encore largement dans nos campagnes. Mais tout cela est aujourd’hui en train de changer. Du fait de la pression économique que subissent les parents, de nombreuses jeunes femmes sont obligées de partir chercher un travail en ville pour aider leurs familles. Là, elles se font exploiter sans vergogne alors que leur contribution à l’économie nationale est loin d’être négligeable. Si l’on prend l’exemple de l’industrie textile, sur les quelque 700 000 employés du secteur, 90 % sont des femmes !\nQuels sont les problèmes auxquels ces femmes doivent faire face ?\nL’un des gros points noirs reste la question du salaire. Il a été porté à 128 dollars par mois en janvier dernier, mais cela ne suffit pas. Une étude gouvernementale a en effet montré que, pour vivre à Phnom Penh, la capitale, il fallait entre 150 et 160 dollars. On est donc loin du compte. À cela s’ajoutent des conditions de travail difficiles, manque d’aération, peu de toilettes, et, surtout, une précarisation des emplois à travers le recours de plus en plus fréquent à des CDD. Les employeurs établissent désormais des contrats renouvelables de 3 ou 6 mois. Du coup, ces femmes sont exclues des dispositifs préconisées par le droit du travail et ne peuvent pas se syndiquer ou s’organiser pour présenter leurs revendications.\nDe quelle « force de frappe » disposez-vous aujourd’hui ?\nÀ travers le WIC, nous avons une base de 200 militantes actives et pouvons compter sur  environ 2 000 personnes. De son côté le WNU peut mobiliser jusqu’à 1 700 femmes. En général, avant de lancer une campagne, nous commençons par discuter en petits groupes afin d’élaborer une stratégie, puis les actions à mener seront ensuite débattues à un niveau supérieur, lors de forums qui se tiennent à huis clos ou sont ouverts au public. En 2012, lors de notre assemblée populaire, nous avons ainsi pu réunir plus de 4 000 participants venus des campagnes ou des villes.\nComment réagit le gouvernement ?\nC’est toujours très difficile de militer au Cambodge. Vous pouvez prendre une balle n’importe quand. Au mieux, vous vous retrouvez en prison pour n’importe quelle raison. Et il y a toujours les menaces, les intimidations. La police s’invite ainsi régulièrement à nos réunions pour savoir ce que l’on fait, pour nous demander d’évacuer les lieux ou pour nous arrêter lorsque nous organisons une marche… Nos téléphones sont régulièrement sur écoute, je dois d’ailleurs changer régulièrement de numéro à chaque fois que nous organisons quelque chose. Nous essayons de ne pas nous déplacer seuls mais à plusieurs et évitons de rentrer trop tard le soir.\n\nPropos recueillis par Patrick Chesnet"}
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D’aucuns imaginent même que l’esprit de concorde y prévaudra demain.\n\n\n\nDahoua, le 3 février 2012. Dans ce petit village proche de Duékoué, la fête de la réconciliation bat son plein. Après le match de foot entre l’équipe locale et celle voisine de Bahebe, des adolescents chantent et dansent au son des djembés. « Les dessins au kaolin sur leur peau sont signes de bonheur », renseigne Jean-Baptiste Monpaho, président du comité de paix de Dahoua. Puis vient le tour des fi lles, âgées de huit à onze ans, qui concourent pour le titre de mini-miss. Elles défi lent devant le parterre des notables et la population et lâchent quelques mots au micro : « Nous sommes toutes des Ivoiriennes », « Chers parents, aidez-nous à vivre. »  Elles repartent en se déhanchant sous les applaudissements et les sourires de l’assistance. \n\n\nDes femmes et des enfants traumatisés par les violences \n\n\nÀ Dahoua, quinze femmes ont été victimes d’un viol collectif durant le conflit. Il n’y est pas fait allusion lors de la cérémonie. « Elles redoutent d’être stigmatisées, raconte Cécile Koffi , assistante sociale de l’Asapsu, partenaire du CCFD-Terre Solidaire[[L’Association de soutien à l’autopromotion sanitaire urbaine (Asapsu) intervient dans la région de l’Ouest depuis 2003.]]. Mais elles nous ont raconté les violences subies. » Quatre assistantes sociales et deux psychologues accueillent les femmes victimes de violences au Centre de Duékoué ouvert par l’Asapsu avec le soutien du CCFD-Terre Solidaire. \n\n« Sur plus de deux cents femmes venues en consultation, indique Cécile Koffi, la majorité était âgée de vingt-deux à quarante ans, mais nous avons eu aussi la visite de jeunes filles de treize ans et de personnes âgées. C’est dire la folie qui a dévasté la région.  » « Une relation de confiance s’est instaurée avec les femmes, reprend l’assistante sociale. Elles jouent le rôle de relais et nous adressent d’autres victimes.  » \n\nDes enfants fréquentent aussi le Centre. La pratique du dessin les aide à évacuer les chocs. Certains demeurent inconsolables. Comme cette petite fille dont la grand-mère a été tuée sous ses yeux. Depuis, chaque jour, elle cherche la robe bleue qu’elle lui avait offerte et qui fut volée dans le pillage suivant le meurtre. \n\nAu fait, pourquoi la ville de Duékoué a-telle été l’épicentre de ce déchaînement de violences qui s’est soldé par plusieurs centaines de morts ? « Il est indéniable, répond une responsable d’ONG, que les assassinats ont été commis par les deux camps : autochtones Guérés d’un côté ; “allogènes” Dioulas et migrants étrangers soutenus par les Forces nouvelles et la confrérie des chasseurs Dozos, pro-Ouattara, de l’autre.  » \n\n\nUne propagande délétère \n\n\n« Cependant, reprend-elle, les esprits ont d’abord été échauffés, conditionnés même, par les Jeunes patriotes pro-Gbagbo. Ils ont multiplié les meetings et les discours de haine.  » Selon plusieurs témoins, des Kalachnikov ont été distribuées en nombre. Les premiers affrontements meurtriers se sont déroulés dès janvier, signes avant-coureurs de la crise qui éclatera fi n mars. \n\n« C’était l’horreur, se souvient Cyprien Ahouré, le père salésien qui dirige la Mission catholique de Duékoué. Les appels au meurtre fusaient de partout. Les populations terrorisées se sont réfugiées chez nous. Sur notre territoire exigu, nous avons accueilli jusqu’à 32 700 déplacés. On avait du mal à se frayer un chemin pour distribuer la nourriture et soigner les blessés. » Ils sont désormais moins d’un millier à séjourner dans l’enceinte de la Mission. Beaucoup ont été transférés un peu plus loin, sur le site de Nahibly, plus vaste, mieux équipé et cogéré par les ONG Caritas et Afrique secours et assistance (Asa). L’Unicef a installé des écoles. Sous des tentes, le camp de déplacés abrite encore près de 6 000 personnes. « Où aller ? Nos maisons ont été brûlées », répètent à l’envi les familles accueillies. \n\nDans le quartier « Guéré », les maisons « décoiffées », les façades sans porte ni fenêtre, les murs noirs de suie, témoignent des violences passées. Pourtant, là aussi, la vie revient. Quelques familles rebâtissent au milieu des ruines. Une vendeuse de rue fait cuire des bananes plantains pour préparer un plat d’alloco pour les nouveaux résidents. À proximité, le marché du centre ville renoue avec l’animation d’antan. On joue des coudes pour accéder aux étals de fruits et légumes bien achalandés. Les mêmes scènes se répètent à Guiglo, bourg voisin, où les taxis signalent à coups de klaxon la reprise des activités. \n\n\nL’espoir d’une nation arc-en-ciel \n\n\nRetour à la Mission catholique de Duékoué, où le père Cyprien invite à partager un repas. « Mes nuits sont encore agitées par le souvenir des morts  », avoue-t-il. Il songe également au père Bixente qui l’a accompagné lors des mois difficiles et qui a dû repartir se soigner en Espagne : il était épuisé à force d’insomnies. Pourtant, le père Cyprien trouve les ressources pour « rêver à l’avenir  ». « Je ne pense pas quitter Duékoué maintenant, dit-il. Je voudrais construire un centre culturel doté d’une bibliothèque, un lieu de dialogue et d’écoute entre communautés.  » Il marque une pause, puis continue de dérouler son rêve : « J’imagine la Côte d’Ivoire de demain comme une nouvelle nation arc-en-ciel. Nous ne pouvons pas revenir en arrière. Nous sommes une nation multiculturelle et pouvons intégrer nos étrangers. Il nous faut renouer avec le projet de Félix Houphouët- Boigny et bâtir une Côte d’Ivoire cosmopolite et pacifiée. » \n\nÉtonnant paradoxe : c’est à Duékoué, hier ville-carrefour de la haine, que l’on trouve les plus encourageants motifs de renaissance du pays !"}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/lausterite-nest-pas-une-fatalite/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/lausterite-nest-pas-une-fatalite/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"L&rsquo;austérité n&rsquo;est pas une fatalité","datePublished":"2012-10-15T17:00:00+00:00","dateModified":"2021-11-25T11:22:09+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/lausterite-nest-pas-une-fatalite/"},"wordCount":866,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Dette","Dossier","Europe de l'Est"],"inLanguage":"fr-FR","description":"Alors que les plans d’austérité se multiplient en Europe sur fond de crise de la dette, de l’Équateur à l’Islande, des solutions alternatives ont été expérimentées. Preuve que le remboursement des créanciers, sans discussions préalables, n’est pas une fatalité. \n\n\n\nExplosion du chômage, coupes dans les budgets sociaux, paupérisation des populations… Ce qui se passe de la Grèce au Portugal en passant par l’Espagne, a des allures de « déjà vu ». Asphyxiés par les dettes, les pays en développement avaient en effet connu des expériences similaires lorsqu’ils avaient dû passer, dans les années 1990, sous les fourches caudines du FMI adoptant alors des programmes d’ajustement structurel réduisant fortement leurs marges de manœuvre pour réduire la pauvreté. \n\nDepuis le lancement de la campagne Jubilé 2000, la mobilisation des ONG s’était amplifiée dans une cinquantaine de pays pour réclamer l’annulation de la dette des pays les plus pauvres. Sous la pression des mouvements sociaux, regroupés au sein de Jubilé 2000, le gouvernement équatorien a créé, en 2007, une commission d’audit de la dette composée de citoyens représentants de plusieurs mouvements de la société civile (Latindadd[[réseau de plaidoyer pour une politique fiscale, en Amérique latine, partenaire du CCFD-Terre Solidaire, travaillant notamment sur la dette des pays du Sud.]], Conseil latino-américain des Églises, Eurodad, CADTM…). « En nous appuyant sur des documents comptables, nous avons pu déterminer que 90 % de la dette commerciale, qui s’élevait à 3 milliards de dollars, soit 40 % de nos créances, étaient illégitimes car ces prêts n’avaient en rien profité à la population, explique Hugo Arias, coordinateur de Jubilé Équateur et ancien président de Latindadd. Ces emprunts avaient été contractés entre 1976 et 1979 par le gouvernement militaire de l’époque, au moment où des réserves pétrolières ont été découvertes. Les créanciers voulaient s’approprier les revenus du pétrole en échange de leurs subsides. Un tiers de ces montants ont, de plus, été affectés à l’achat d’armement. » Aux termes de négociations, l’Équateur a ainsi épargné quelque sept milliards de dollars[[Si on comptabilise aussi les intérêts que le pays n’aura pas à verser.]]. \n\n« De quoi permettre au gouvernement actuel d'augmenter les investissements dans la lutte contre la pauvreté. La part des dépenses consacrées à l’éducation est passée de 10 % à 22 % quand celle de la santé s’est accrue de 4 % à 12 % », ajoute Hugo Arias. Après s’être attaquée à la dette privée, la commission d’audit est en train de passer à la loupe les prêts consentis par la Banque mondiale et de nouvelles dispositions ont été introduites dans la Constitution : les demandes de crédits doivent désormais être approuvées par une  commission citoyenne. \n\n\nMobilisation européenne\n\n\nEn Europe, aussi, le ton monte, notamment en Islande, ruinée en 2008 suite à la faillite de son système bancaire[[En cinq ans, les trois principales banques du pays ont emprunté des sommes équivalentes à dix fois le PIB islandais.]]. Alors que la Commission européenne et le FMI font pression pour que le nouveau gouvernement rembourse les dettes de la banque en ligne Icesave à ses créanciers, principalement britanniques et néerlandais, 93 % des Islandais refusent par référendum, en 2010, de se soumettre à ces injonctions.  En février 2011, le Parlement approuve un plan de remboursement renégocié et rééchelonné de la dette, mais un nouveau référendum aboutit au même résultat. L’Islande a d’ailleurs intenté un procès à son ancien Premier ministre, jugé pour son incapacité à prévenir la crise. \n\n« Si la richesse de certains Islandais provenait des prêts irresponsables de banques européennes, ces dernières n’ont-elles pas accepté de courir un risque de non-paiement qu’il leur appartient d’assumer ?, s’interroge Gaël Giraud, jésuite et économiste dans La Croix[[La Croix, 8 mars 2011]]. Quant aux épargnants britanniques et hollandais, lésés par le non-remboursement des dettes d’Icesave, pourquoi devraient-ils être remboursés par les chômeurs islandais ? C’est au système bancaire européen, à partir des bénéfices colossaux qu’il engendre, en partie grâce à la politique monétaire laxiste des banques centrales, de constituer un fonds de sauvetage des victimes que provoquent ses propres dérèglements. » \n\nL’Islande n’est pas une exception : de la Grèce au Portugal, les citoyens descendent dans la rue pour exprimer leur colère. En France, l’appel pour un « Audit citoyen de la dette », lancé par une trentaine d’organisations, relayé par une centaine de comités locaux, a déjà recueilli près de 60 0000 signatures. Un exemple suivi de près par Hugo Arias : « Dans le système financier international, le premier objectif du crédit est l'accumulation de richesses par les créanciers, peu soucieux de savoir ce que font les gouvernements de l’argent. Par conséquent toutes les dettes doivent être vérifiées par les sociétés civiles du Nord et du Sud. »"}
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Les pays en développement ont été contraints d’accepter un accord dépourvu de toute ambition. Les gouvernements pensent peut être s’accommoder de cet accord, mais les populations les plus pauvres ne le pourront tout simplement pas. »\n\n« Au lieu de délivrer de nouveaux objectifs de réduction des émissions, Doha ouvre un peu plus la porte à un futur emballement climatique. Du fait de l’inaction de nos décideurs, les températures moyennes risquent d’augmenter graduellement, au risque de dépasser le seuil des 2°C. »\n\nSi la Conférence de Doha a été l’occasion d’annonces financières individuelles d’un petit groupe d’Etats européens, les pays développés n’ont pas pris l’engagement collectif qui était attendu d’eux d’augmenter progressivement leur contribution à la finance climat. Lors du Sommet de Copenhague de 2009, ils ont pourtant pris l’engagement de mobiliser 100 milliard de dollars US par an d’ici 2020 pour aider les pays en développement à faire face aux changements climatiques.\n\nEmilie Johann rappelle que la finance climat pourrait même diminuer car les pays développés n’ont défini aucune trajectoire sur la façon dont ils vont augmenter leur contribution pour atteindre les 100 milliards de dollars d’ici 2020, laissant ainsi les pays en développement sans aucune clarté ni prédictibilité quant aux niveaux de financement pour les années à venir.\n\n« Doha est une double trahison pour les plus communautés vulnérables. Les décideurs n’ont en effet pas su s’engager sur des efforts d’atténuation ambitieux et mettre un frein à la crise climatique, qui touche toujours plus fortement les plus pauvres. Ils n’ont pas non plus réussi à donner plus de clarté et de garanties aux pays en développement quant aux montants qui seront dédiés à la finance climat.»\nEnfin, l’importance accordée à l’agriculture dans les débats n’a pas été à la hauteur des enjeux, bien que l’agriculture, particulièrement la petite agriculture paysanne soit particulièrement vulnérable aux changements climatiques.\n\nSarah Fayolle, chargée des questions environnement-climat au CCFD-Terre Solidaire, rappelle que la petite agriculture familiale, comme les approches et pratiques agro-écologiques, ne reçoivent pas suffisamment d’attention politique, ni de soutien financier.\n\nLe CCFD-Terre Solidaire et ses partenaires du Sud travaillent sur le terrain avec des petits producteurs et savent d’expérience que l’agriculture familiale peut aider les communautés à faire face à l’insécurité alimentaire comme aux changements climatiques, mais les décideurs ne reconnaissent que rarement ce potentiel.\n\nMalheureusement, l’absence de progrès sur l’agriculture signifie que les communautés les plus vulnérables ne vont pas recevoir plus de soutien, malgré la pression supplémentaire sur la sécurité alimentaire liée aux impacts des changements climatiques.\n\n\"Il est indispensable d'inverser la dynamique et de restaurer la confiance dans ces négociations climatiques internationales pour permettre à l'ensemble des Etats d'avancer ensemble vers la définition d'un accord mondial, ambitieux et équitable en 2015, pour application en 2020. 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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/le-conflit-syrien-pour-les-nuls/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/le-conflit-syrien-pour-les-nuls/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Le conflit syrien pour les nuls","datePublished":"2016-07-22T13:32:29+00:00","dateModified":"2024-12-10T13:22:58+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/le-conflit-syrien-pour-les-nuls/"},"wordCount":288,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Paix et vivre ensemble"],"inLanguage":"fr-FR","description":"Le site Internet \"Le conflit syrien pour les nuls\" propose des réponses claires et concises à tous ceux qui ont l’impression d’avoir les idées confuses sur le conflit syrien et se demandent comment nous en sommes arrivés à la situation actuelle.\n\n\n\n\nConçu par des chercheurs et des journalistes spécialistes du Moyen-Orient, le site Internet « Le conflit syrien pour les Nuls »  propose de décrypter le conflit, ses causes, ses étapes et ses protagonistes. \n\nUne démarche salutaire car, les auteurs le rappellent, le conflit syrien nous concerne, que ce soit par les images de destructions, l’arrivée de réfugiés, ou plus récemment les actes terroristes.  \n\nAssumant le parti pris de soutenir la « démocratie pour les Syriens », les auteurs ont à cœur de « mieux faire connaitre la révolution syrienne ». Aussi veulent-ils « dépasser un récit médiatique parfois trompeur » et  de plus en plus focalisé sur Daech, faisant ainsi tant le jeu de l’organisation dite « de l’Etat islamique » que du régime de Bachar el Assad.\n\nLa lecture du site permet de se remémorer comment tout a commencé  : les manifestations du printemps arabe, les aspirations à la démocratie et à la dignité, la dénonciation de la corruption et du népotisme.  Et très vite une répression  extrême, puis plus tard la régionalisation et l’internationalisation du conflit. \n\nLe site pose aussi la question de l’avenir et des aspirations des Syriens, ainsi que des solutions envisagées par la communauté internationale. \nAllez-y vite ! Car pour les concepteurs de ce site soutenu par le CCFD-Terre Solidaire, s’informer c’est déjà manifester sa solidarité."}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/lancement-dun-appel-citoyen-vivre-de-son-travail-cest-vital/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/lancement-dun-appel-citoyen-vivre-de-son-travail-cest-vital/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Lancement d’un Appel citoyen : « Vivre de son travail, c’est vital »","datePublished":"2013-10-24T10:23:00+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/lancement-dun-appel-citoyen-vivre-de-son-travail-cest-vital/"},"wordCount":494,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Droits humains","Régulation des multinationales","Responsabilité sociale des entreprises"],"inLanguage":"fr-FR","description":"Pour mettre un terme aux salaires de misère dans l’industrie de l’habillement.\nA travers 15 pays européens, les citoyen-ne-s exigent des marques et enseignes de l’habillement qu’elles versent un salaire vital aux ouvrier-e-s de leurs chaînes de sous-traitance\n\n\n\nLe Collectif Ethique sur l’étiquette et son réseau européen Clean Clothes Campaign, lancent la campagne « Vivre de son salaire, c’est vital » pour obtenir des enseignes et marques d’habillement la mise en œuvre d’un salaire vital pour les ouvrier-e-s le long de leur chaîne d’approvisionnement.\n\nIls lancent à cette occasion un « Appel Citoyen pour un salaire vital », relayé dans 15 pays européens, au cours d’une semaine d’action qui se déroule du 21 au 27 octobre 2013.\n\nLe lancement de cette campagne a lieu six mois après le terrible effondrement du Rana Plaza, dans lequel 1 133 travailleur-euse-s bangladais du textile ont laissé la vie. Depuis le pire accident de l’histoire de l’industrie textile, des millions de travailleur-euse-s continuent à risquer leur vie au travail pour tenter de gagner de quoi vivre dignement. Or, à ces conditions déplorables de sécurité s’ajoutent des salaires de misère, parmi les plus bas du monde. Ainsi au Bangladesh, où l’industrie textile emploie 4 millions de travailleurs, le salaire minimum mensuel dans ce secteur est de 28€ (3 000 takas), soit seulement 11% des 260€ que l’Asia floor wage Alliance* considère comme un salaire vital pour ce pays. Au Cambodge, il faudrait multiplier par 4,5 fois le salaire minimum de 60€ pour obtenir un niveau vital. \n\nUn salaire vital doit permettre au travailleur-euse de subvenir à ses besoins fondamentaux et à ceux de sa famille – logement, nourriture, eau potable, éducation, santé, mais aussi épargne – dans le respect d’une durée maximum du travail de 48 heures, comme prévu par les conventions internationales du travail. Bien loin des nombreuses heures supplémentaires que sont contraints de réaliser quotidiennement ces travailleurs. Outre une durée du travail excessive, ces salaires de misère conduisent à un appauvrissement des ouvriers, contraints de s’endetter alors que sévit une inflation importante dans de nombreux pays de production textile.\n\n“Les entreprises doivent prendre des mesures concrètes pour garantir aux ouvriers-e-s le paiement de salaires décents dans les pays où ils s’approvisionnent. Les Etats doivent en outre fixer des salaires minima à un niveau permettant aux travailleurs de vivre dignement. Alors que la main d’œuvre à bas coût continue d’être exploitée, l’argument selon lequel l’industrie offre une opportunité à celles et ceux qui y sont employés n’est plus recevable » indique Nayla Ajaltouni, coordinatrice du Collectif Ethique sur l’étiquette.\n\nLa semaine d’action se traduit par une série d’événements organisés dans 15 pays européens à travers débats, réseaux sociaux (#livingwage), happenings, autour de la signature de l’Appel Citoyen pour un salaire vital."}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/colombie-machisme-et-conflit-la-spirale-infernale/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/colombie-machisme-et-conflit-la-spirale-infernale/"},"author":{"name":"Violaine Plagnol","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/7d06ad1220188d45ef345c4e3af01aa5"},"headline":"Colombie : Machisme et conflit, la spirale infernale","datePublished":"2015-10-01T18:01:48+00:00","dateModified":"2024-09-25T15:31:16+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/colombie-machisme-et-conflit-la-spirale-infernale/"},"wordCount":1488,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Dossier","Égalités femmes/hommes","Projet"],"inLanguage":"fr-FR","description":"Si des avancées législatives significatives ont été conquises en Colombie pour les droits des femmes, ces dernières sont encore victimes de violences, d’assassinats et confrontées à de multiples formes de discriminations sociales et économiques. Une situation exacerbée par un conflit armé long de cinquante ans.\n\n\n\n« La situation des femmes en Colombie est très grave », dénonce Kelly Echeverry, membre de l’association Vamos Mujer, partenaire du CCFD-Terre Solidaire. Pour elle, le sort des Colombiennes est indissociable du conflit armé. Tout d’abord, parce que les femmes et les enfants sont les principales victimes des déplacements forcés. Entre 1995 et 2011, plus de 2,7 millions de femmes ont été déplacées de force (16 % d’entre elles se sont déclarées victimes de violences sexuelles). Ensuite, parce que les violences faites aux femmes évoluent avec la nature du conflit. « Aujourd’hui, par exemple, les violences sont bien plus importantes qu’il y a dix ou vingt ans, notamment en raison des cartels de Medellin. Une guerre silencieuse s’est installée », déplore-t-elle. \n\nLes violences se sont banalisées dans l’inconscient collectif. On n’en parle pas, comme si elles n’existaient pas, petit à petit la société s’habitue à un état de fait.\n\nLes violences se sont banalisées dans l’inconscient collectif. On n’en parle pas, comme si elles n’existaient pas, petit à petit la société s’habitue à un état de fait. « Dans aucun pays, il ne devrait être considéré comme normal de violer ou d’assassiner une femme », s’insurge-t-elle. En outre, plus de mille femmes ont été assassinées en 2014. Ce phénomène du « féminicide » est en augmentation. « Les mentalités restent très patriarcales, explique Walter Prysthon, chargé de mission Amérique latine au CCFD-Terre Solidaire, et le conflit exacerbe cette situation. La violence est la norme. Les hommes ont cette image de l’exercice de la force dans le conflit armé, ils la reproduisent dans les relations conjugales et familiales.  » \n\nMais, si on laisse de côté le conflit armé, la société colombienne demeure une société machiste, comme ceci est d’ailleurs le cas dans nombre d’autres pays, notamment d’Amérique latine. Un constat partagé par Anna Schmit, doctorante en anthropologie à l’École des hautes études en sciences sociales. Et les inégalités se retrouvent à différents niveaux. Tout d’abord dans la répartition du travail domestique. « 90 % des femmes colombiennes effectuent plus de sept heures de travail domestique non rémunéré chaque jour, alors que deux tiers d’hommes n’en réalisent que trois !  », relève Walter Prysthon [[ONU Mujeres, entité des Nations unies pour l’égalité homme-femme http://colombia.unwomen.org]]. La plupart des femmes restent par conséquent très dépendantes financièrement des hommes.\n\n\nFéminisation de la pauvreté\n\n\nD’autre part, malgré des quotas instaurés par la loi, la participation des femmes à la vie politique peine à s’affirmer. En 2015, elles représentent 17 % des députés et 10 % des maires [[Sauf mention contraire, les chiffres sont issus des Nations unies en Colombie http://www.co.undp.org/content/colombia/es/home/mdgoverview/\nhttp://nacionesunidas.org.co/]]! En matière d’accès à l’éducation, les résultats sont plutôt encourageants. Les femmes sont plus éduquées que les hommes mais une fois sur le marché du travail, elles gagnent moins à même poste et même niveau d’éducation... Sur les bancs du chômage, elles sont aussi plus nombreuses : en 2014, 13 % de femmes étaient sans emploi, contre 7 % pour les hommes. \n\n\nLes femmes sont plus éduquées que les hommes mais une fois sur le marché du travail, elles gagnent moins à même poste et même niveau d’éducation... \n\n\nEnfin, l’accès à la terre relève du parcours du combattant. Au-delà des entraves administratives et juridiques que les femmes rencontrent pour récupérer leurs terres, des freins culturels persistent. Beaucoup d’entre elles ne se sentent pas légitimes et l’idée qu’elles ne sont pas aptes à gérer la terre dans un contexte de conflit est répandue.\n\n\nUne abondance de lois non appliquées\n\n\nPourtant, depuis 2007, les avancées législatives sont réelles en faveur de l’émancipation des femmes. De nombreuses lois ont été votées mais un fossé persiste entre les textes et leur application. « Cette abondance de lois n’a pas eu les effets attendus  », regrette un groupe d’organisations de la société civile colombienne dans un rapport rendu en 2013 au Comité de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes des Nations unies[[ Un regard sur les droits des femmes en Colombie, septembre 2013, rapport auquel ont participé plusieurs partenaires du CCFD-Terre Solidaire]]. \n\n\nLa brèche entre hommes et femmes pourrait être réduite si les textes existants étaient appliqués.\n\n\nUne situation si préoccupante et un manque de volonté politique si flagrant, que même le clergé s’en est inquiété. En mars 2011, les évêques colombiens appelaient déjà à un changement des mentalités. À l’occasion de la journée internationale de la femme qui, cette année-là, coïncidait avec le vingtième anniversaire de la Constitution colombienne garante, entre autres, des droits de la femme, ils réclamaient plus d’égalité pour les femmes. Ils soulignaient les avancées constitutionnelles et législatives mais précisaient que la brèche entre hommes et femmes pourrait être réduite si les textes existants étaient appliqués.\n\n\nChanger les mentalités\n\n\nDepuis plus de trente-cinq ans, l’association Vamos Mujer se bat pour défendre les droits des femmes. Première pierre à l’édifice, celle de la dénonciation, en Colombie mais aussi à l’étranger. « Tout le monde connaît la Colombie pour ses narcotrafiquants mais qui connaît le quotidien des femmes ? », interpelle Kelly Echeverry. « Notre rôle est donc de faire connaître, de dénoncer et de faire pression auprès des instances internationales, comme la Cour pénale internationale, pour que la voix des femmes soit entendue et que leur situation change. » \n\nEn parallèle, se déploie un temps pour la pédagogie. « Nous organisons des formations pour faire évoluer les mentalités », poursuit-elle. La conscientisation passe aussi par des campagnes de sensibilisation. À l’occasion du mondial de foot de 2008, trois organisations, dont Vamos Mujer, ont lancé la campagne « La violence contre les femmes ne fait pas de toi un champion ! », reprise en 2010 et 2014. Cette campagne destinée aux hommes a permis, grâce à un sport très populaire, de faire d’un sujet tabou un débat social ouvert, qui ne concerne pas seulement les femmes. Enfin, la lutte contre les stéréotypes dès le plus jeune âge fait aussi partie des leviers utilisés pour battre en brèche les idées reçues. « Nous les femmes, nous sommes des êtres humains qui apportons quelque chose de différent à la société. Nous ne sommes pas que des sujets de contes ou de mythes », renchérit Kelly. \n\n\n« C’est nous les femmes qui avons protégé la vie. »\n\n\nFortes de ce premier succès, celui d’avoir nommé sur la place publique ce que subissent les femmes dans leur corps et dans leur vie quotidienne, les organisations féministes poursuivent leur combat sur la scène économique. « Le rêve de beaucoup de femmes est d’améliorer leurs conditions de vie. De victimes, elles veulent devenir citoyennes à part entière. » Elles s’organisent alors en réseaux de commercialisation pour mettre sur le marché les articles qu’elles produisent. Et gagnent ainsi en autonomie financière. Enfin, les hommes aussi doivent devenir acteurs de la promotion de l’égalité homme-femme. « Certains d’entre eux nous accompagnent. Comme s’ils avaient compris qu’avec toute la violence qu’a subi notre pays, c’est nous les femmes qui avons protégé la vie. » Et les femmes le reconnaissent : dans leur combat, elles ont aussi besoin des hommes ! \n\n\nCet article est extrait du dossier : 2015, une année charnière pour le développement du magazine Faim et Développement d’août 2015. Vous pourrez aussi y lire les articles suivants :\n\nDécryptage/Une occasion historique de changer les règles\nInterview/Réfléchir ensemble aux politiques de développement (Tancrède Voituriez, chercheur à l’Institut du développement durable et des relations internationales-Iddri)\nFocus/Amérique latine : Santé, un bilan contrasté\nReportage/Burundi : De la chicotte à la coopérative (En s’organisant, les producteurs de café transforment leurs conditions de vie et deviennent des opérateurs économiques capables d’investir).\nFinancement du développement : Où trouver de nouvelles ressources financières ?\n\nCes articles vous intéressent, abonnez-vous à Faim et Développement, le magazine de reportage de la solidarité internationale."}
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Annick Girardin, Secrétaire d'Etat au Développement et à la Francophonie, y représentera la France.\n\nPour les ONG, cette initiative pousse les Etats africains à mettre en œuvre des mesures de dérégulation et d’ultra-libéralisation de leur secteur agricole au détriment de l’agriculture familiale et paysanne, sans implication ou presque des acteurs locaux.\n\nLe rapport s’appuie sur des études de terrain menées au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire et au Sénégal, des entretiens réalisés auprès de membres de la société civile africaine et l’analyse détaillée des cadres de coopération. Il détaille entre autres les conséquences de la Nouvelle Alliance sur le droit à l’alimentation des populations les plus vulnérables, sur la lutte contre la malnutrition, le développement des PME africaines, les droits fonciers des paysans et leur accès aux semences et aux ressources naturelles.\n\n« Le modèle agricole qui est promu par la Nouvelle Alliance est défavorable aux petits producteurs. Il ne permet pas de lutter de façon durable contre l’insécurité alimentaire et la faim ni d’atténuer les difficultés quotidiennes des Éthiopiens ou des Burkinabés. La sous-nutrition apparait surtout comme un alibi alors que seuls 3% des investissements mentionnent des produits à la fois favorables à la nutrition et destinés au marché local  », explique Peggy Pascal d’Action contre la faim.\n\nLe rapport souligne en particulier le rôle trouble de la France. Si cette dernière s’est dans un premier temps montrée réticente face à la Nouvelle alliance, elle figure aujourd’hui parmi les trois premiers contributeurs, à hauteur de à 754 millions d’euros par an.\n\nSurtout, la France fait preuve d’un manque total de transparence quant aux financements qu’elle accorde aux multinationales membres de l’Alliance via PROPARCO, la branche de financement du secteur privé de l’Agence Française de Développement [2].\n\n« Malgré les critiques formulées lors du lancement de l'initiative, la France occupe en réalité un rôle central dans la Nouvelle Alliance qui semble bien constituer l’un des bras armés de la diplomatie économique chère au gouvernement de François Hollande. Si elle veut rester crédible sur la scène internationale, la France doit quitter cette initiative, ou agir pour qu’elle soit radicalement réformée », rappelle Maureen Jorand du CCFD-Terre Solidaire.\n\nLes mesures visant à favoriser l’investissement privé, notamment les incitations fiscales, tarifaires et douanières, privent par ailleurs les Etats africains de recettes fiscales qui leur permettraient de renforcer l’investissement agricole public indispensable à la lutte contre l’insécurité alimentaire et nutritionnelle.\n\n« Derrière ses ambitions affichées de lutter contre la pauvreté, l’insécurité alimentaire et la malnutrition en Afrique, le G8 déroule en réalité le tapis rouge aux investisseurs internationaux. D’ailleurs de nombreux pays africains parmi les plus gravement affectés par l’insécurité alimentaire et nutritionnelle sont laissés en dehors de cette initiative. Ce sont plutôt les pays qui offrent le plus de perspectives de croissances et de profits pour les multinationales et les gros investisseurs qui ont été ciblés en priorité » explique Clara Jamart d’Oxfam France. [3]\n\n31 modifications ayant un impact sur les législations financières et fiscales sont prévues pour l’ensemble des pays africains de la Nouvelle Alliance. Il apparaît clairement que les véritables bénéficiaires de cette initiative sont aujourd’hui les multinationales de l’agroalimentaire et les grands traders de matières premières agricoles.\n\nOlivier De Schutter, ancien Rapporteur spécial des Nations unies sur le droit à l'alimentation, signe la préface de ce rapport et souligne que « compte tenu des progrès des technologies agricoles au cours du siècle dernier, nous savons que les obstacles techniques sont surmontables : ce sont le courage et la lucidité politiques qui font défaut  ».\n\n- Télécharger le rapport\n- Télécharger la synthèse\n\n\nContacts presse :\n\n- Action contre la faim : Julia Belusa jbelusa@actioncontrelafaim.org / 01 70 84 72 22\n- CCFD-Terre Solidaire : Karine Appy k.appy@ccfd-terresolidaire.org / 06 66 12 33 02\n- Oxfam France : Magali Rubino mrubino@oxfamfrance.org / 06 30 46 66 04\n\nNotes aux rédactions\n\nLe rapport « « La faim, un business comme un autre, comment la Nouvelle Alliance du G8 menace la sécurité alimentaire/le droit à l’alimentation en Afrique ».\n\n[1] Décidé lors du lancement de la Nouvelle Alliance en 2012, le Leadership Council est destiné à « conduire et suivre la mise en œuvre des engagements pris dans le cadre de la Nouvelle Alliance ». Pourtant, deux ans après sa mise en place, aucun terme de référence ni aucun document décrivant les rôles, responsabilités et moyens de mis en œuvre de ce conseil n’existe. Il n’y a pas  non plus d’outil / de cadre visant à coordonner le suivi des projets mis en œuvre par les membres de la NASAN.\n\n[2] 5 entreprises (SIFCA, Olam, ETG, Ethiopian Airlines et Ecobank) ont obtenu des prêts de PROPARCO pour des projets également déclarés dans le cadre de la NASAN, selon les informations et les descriptifs de projets.\n\n[3] En août 2014, 10 pays africains étaient officiellement membres de la NASAN. L’entrée s’est faite en deux temps avec l’intégration de 6 pays en mai 2012 (Burkina Faso, Côté d’Ivoire, Ghana, Ethiopie, Mozambique et Tanzanie) puis 4 nouveaux pays l’année suivante (Malawi, Nigéria, Bénin et Sénégal).\n\nSelon les chiffres de 2012, les 10 pays africains ayant l’indice de développement humain le plus bas sont le Niger, la République Démocratique du Congo, le Mozambique, le Tchad, le Burkina Faso, le Mali, l’Erythrée, la République Centre Africaine, la Guinée et le Burundi. Seuls deux d’entre eux, le Burkina Faso et le Mozambique, sont aujourd’hui membres de la NASAN."}
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Agro-écologie, économie sociale, mais aussi capacité à formuler des demandes précises en termes de politiques publiques... L'objectif est de faire de ces petits paysans des acteurs à part entière du monde rural, au moment même où la gauche vient d'accéder  pour la première fois à la tête du pays.\n\n\n\nAu Salvador, l'élection en mars 2014 de l'ex-guérillero de gauche Salvador Sanchez Ceren à la fonction présidentielle pourrait constituer un tournant pour l'agriculture au Salvador, le plus petit pays d'Amérique centrale. C'est en tout cas ce qu'espèrent les représentants des mouvements sociaux ruraux comme la Fondation pour la promotion de coopératives (Funprocoop), partenaire du CCFD-Terre Solidaire depuis les années 1980. \n\nL'entité a été créée en 1967 grâce au travail pastoral social de l'Église Catholique salvadorienne. Elle s'est fixée comme objectif de favoriser l'émergence de coopératives. 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Comment tolérer qu’il continue à être ainsi massivement et quotidiennement violé ? A l’heure où le Protocole facultatif pour la mise en œuvre du PIDESC est ouvert à la signature des Etats, il est temps que tous les pays assument leurs responsabilités pour son respect effectif. \n\nLes recommandations formulées dans ce rapport publié aujourd’hui par le CCFD-Terre Solidaire sont le fruit du travail combiné des organisations catholiques de développement membres de la CIDSE, (réseau international de 16 organisations européennes et américaines), et de l’expertise de l’Institut des politiques agricoles et commerciales (IATP). \n\nCes recommandations s’adressent en particulier aux dirigeants de l’Union européenne et des Etats-Unis afin qu’ils assument leurs responsabilités lors de ce Sommet. Rappelons que les Sommets précédents (1974, 1996, 2002, 2008) ont déjà donné lieu à des déclarations non suivies d’effets. En 2000, la communauté internationale s’engageait, avec le premier Objectif du millénaire pour le développement, à diviser par deux le nombre d’affamés d’ici 2015. Des annonces restées stériles, faute d’une volonté politique de mise en œuvre. \n\nDepuis bientôt 50 ans le CCFD-Terre Solidaire est engagé pour combattre le scandale de la faim dans les pays en développement. Dans les pays du Sud, il accompagne des organisations locales qui, avec courage et persévérance, œuvrent au jour le jour sur le terrain afin que le droit de chacun à l’alimentation devienne réalité. Ici, il mobilise l’opinion et les décideurs en faveur de politiques à même de faire face à ce défi… Un demi-siècle ponctué de petites victoires en faveur des producteurs et de l’agriculture familiale, ceux-là mêmes qui (paradoxalement) constituent aujourd’hui plus des deux-tiers des personnes sous-alimentées. Les grands oubliés des politiques publiques. \n\nPour lutter contre le fléau de la faim, les progrès obtenus à l’échelle locale ou nationale ne suffisent pas. Seules des politiques cohérentes et volontaristes menées à l’échelle mondiale permettront aujourd’hui d’assurer le droit à l’alimentation de chaque être humain, et demain de répondre aux besoins alimentaires de 9 milliards d’êtres humains. \n\nSi les « émeutes de la faim » ne font plus la une des médias, la situation reste dramatique dans les pays en développement, où les prix à la consommation des denrées alimentaires de base restent très élevés. La barre symbolique du milliard de personnes souffrant de la faim vient d’être dépassée. Une personne sur six dans le monde ! Et les perspectives restent inquiétantes : des prix agricoles sur le marché international durablement hauts, une crise économique mondiale qui détruit des millions d’emplois et ampute le pouvoir d’achat des ménages, des activités agricoles déjà perturbées par le changement climatique, etc. Jamais l’urgence d’une réponse coordonnée et volontariste de la communauté internationale n’a été aussi vive.\n\nLa FAO assure que la planète peut nourrir la population mondiale, aujourd’hui et demain. Elle souligne qu’au-delà des défis agronomiques (produire plus, produire mieux) la faim est avant tout une question politique : manque d’investissement dans l’agriculture de plus en plus marqué ; politiques publiques de soutien au développement agricole et rural déficientes, voire supprimées après les ajustements structurels ; règles commerciales instaurant une concurrence « libre et non-faussée » entre pays riches et pauvres, entre agri-managers et petits paysans ; mainmise de plus en plus forte par les grandes firmes multinationales et les acteurs financiers sur les marchés agricoles non seulement mondiaux, mais aussi locaux ; concentration croissante des ressources naturelles ou monétaires entre les mains de quelque s-uns plutôt que pour l’intérêt général… \n\nLa France et l’Europe ne peuvent rester spectatrices. Pas plus qu’elles ne peuvent se permettre de donner des leçons, étant donnée leur part de responsabilité dans ces véritables « recettes du scandale » que constituent ces politiques ayant largement contribué à conduire plus d’un milliard d’êtres humains à souffrir de la faim. \n\nLe Sommet mondial de novembre prochain constitue une étape cruciale au cours de laquelle les chefs d’Etat et de gouvernement auront l’opportunité de passer des paroles aux actes : la référence explicite au droit à l’alimentation comme fondement de leurs politiques serait un tournant historique ; et l’émergence d’une véritable gouvernance au sein d’un Partenariat mondial pour la sécurité alimentaire, cohérent et inclusif, un préalable à la mise en œuvre de ce droit. \n\nIl y a urgence ! Comme l’a rappelé le rapporteur spécial des Nations-Unies sur le droit à l’alimentation, « si rien n’est fait de décisif, le nombre d’affamés continuera à croître. Nous pouvons changer cela en faisant les bons choix. Si nous échouons, nous partagerons alors la responsabilité de la continuation de cette situation inacceptable ». \n\nGuy Aurenche \nPrésident du CCFD-Terre Solidaire"}
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Dans un monde d’accumulation des richesses, d’avancées technologiques et de surconsommation, près de 900 millions de personnes se couchent chaque soir le ventre vide, dont 70% sont des agriculteurs des pays du Sud. 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Jusqu’à l’intolérable, quand l’insécurité alimentaire devient une opportunité rendant les investissements plus attractifs ! L’investissement international est de plus en plus teinté de scandales, celui de l’évasion fiscale et de la corruption,  des violences, des accaparements de ressources, des populations locales niées dans leurs besoins vitaux et dans leurs droits.  \n\nPour réhabiliter l’investissement, en particulier agricole, les initiatives pour l’investissement responsable se sont multipliées, aboutissant à un véritable enchevêtrement de règles internationales et nationales aux statuts très divers.  Mettre des priorités dans l’application de ces règles est urgent, faute de quoi elles ne serviront qu’à cautionner la poursuite des mêmes logiques pernicieuses. \n\nLes agences de financement du développement doivent montrer l’exemple : en plus d’un soutien plus explicite à l’agriculture dans leurs cadres d’intervention sectoriels, elles ont peu à peu développé des cadres portant sur leur maîtrise des risques sociaux et environnementaux des projets qu’elles financent, y compris de la responsabilité des investisseurs.. Ces cadres sont une première étape, mais sont encore insuffisants. Ainsi, la mesure de l’impact des projets en termes de sécurité alimentaire s’efface encore trop souvent derrière la recherche de rentabilité de l’investissement, ce qui amène les agences à choisir des projets d’ampleur, impliquant de gros acteurs agroindustriels. \n\nLes premiers investisseurs qu’il faudrait soutenir pour lutter contre la faim, ce sont les agriculteurs et les communautés rurales elles-mêmes, capables, au plus près des territoires, de relever un double défi : renforcer les capacités de production locales, tout en respectant les Hommes et l’environnement. Une nécessité enfin reconnue et affirmée par un nombre croissant d’acteurs, y compris des institutions internationales (Banque Mondiale, PNUD...) et les agences de développement elles-mêmes. Elles doivent donc faire des choix plus clairs. Pascal Canfin, Ministre du Développement, a clairement annoncé sa volonté de faire avancer cette cohérence [[Déclaration M. Pascal Canfin, ministre du développement, New York le 23 septembre 2013. Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 26 septembre 2013]] : « Notre défi est d'identifier et de soutenir les investissements privés responsables qui bénéficient aux petits producteurs locaux et participent à accroître la sécurité alimentaire. (...) Nous devons nous assurer que les investissements des entreprises ne nuisent pas aux communautés locales où ces investissements sont réalisés. (...). Notre première priorité doit être de renforcer les exploitations familiales plutôt que les grandes exploitations agricoles. Il est scientifiquement prouvé que ce modèle représente le meilleur potentiel de production et de créations d'emplois et génère la majeure partie des richesses en milieu rural. (...). Dans bien des régions, l'investissement dans l'agriculture se fait au détriment des ressources naturelles existantes. La déforestation des zones tropicales provoque une grande diminution de la productivité des sols, et souvent une baisse de l'emploi dans ces régions sur le long terme, tout en contribuant au changement climatique ».\n\nLes agences de financement du développement doivent également choisir des modalités de financement plus transparentes et lisibles, permettant de contrôler réellement les projets et leurs impacts. La multiplication des modes de financement via des intermédiaires rend ce suivi de plus en plus difficile.\n\nEn renforçant leurs exigences, les agences de développement pourraient ouvrir la voie à une mise en œuvre cohérente des règles internationales et des engagements des Etats. \n\nCar, que les investisseurs privés internationaux aient d’autres priorités que la défense de l’intérêt général et la lutte contre la pauvreté n’a rien de surprenant. Mais quand les Etats, en quête de croissance et de rayonnement économique, les soutiennent, et d’autant plus lorsqu’ils agissent au nom du développement, il leur revient d’être exemplaires, et cohérents : soutenir tout et son contraire ne peut être viable. \n\nIls ont la responsabilité d’encadrer fermement ces investissements privés à l’aune du respect des droits humains et de la contribution à une lutte durable contre la faim et la pauvreté. \n\nLa souveraineté alimentaire doit primer sur la recherche du profit.\n\nCatherine Gaudard \nDirectrice du plaidoyer au CCFD-Terre Solidaire\n7 octobre 2012"}
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A la veille du second tour de l’élection présidentielle, le peuple haïtien, après des crises qui ont montré un vrai déficit de gouvernance, aspire à une vraie transition démocratique\n\n\n\nUrnes renversées et brûlées, bulletins de vote jetés à la rue. L’image, choquante, a fait le tour du monde. Le premier tour des élections législatives et présidentielle du 28 novembre 2010, financées par la communauté internationale à hauteur de 27 millions de dollars, a montré tout le chemin qui reste à parcourir sur la voie d’une pacification et d’une démocratisation de la vie politique haïtienne.  \n\nLa commission nationale Justice et Paix, partenaire du CCFD-Terre Solidaire, qui avait placé 1300 observateurs pour superviser ces élections, a dénoncé, devant tant de fraudes grossières, les « vieilles habitudes et pratiques ». Extraits de son rapport : « En certains endroits, comme à Phaéton, dans le Nord-est, les urnes n’étaient pas vides à l’ouverture des bureaux de vote. Des partisans de l’INITE [le parti du Président René Préval, ndlr], sont venus au cours de la journée ajouter des bulletins dans les urnes du Centre Dumarsais Estimé, aux Cayes. » « Dans d’autres lieux, on a semé la panique avec des armes à feu pour faire vider les lieux, comme à Dondon dans le Nord, à Aquin dans le Sud, à Pérédeau dans le Sud-est et à Voldrogue dans la Grand’Anse.  » « Au centre de Permouel (Fonds des Nègres), INITE achetait des votes pour 500 gourdes (10 euros).  » « Le jour du scrutin, la police a arrêté le chauffeur de l’ex-député de Maïssade qui transportait dans son coffre deux urnes avec des bulletins de vote, ainsi que deux armes à feu.  » La liste des irrégularités ainsi relevées est longue et non exhaustive.\n\n\nElections : un échec cuisant.\n\n\nPourtant, dans les décombres du séisme du 12 janvier et de la  désorganisation qui perdure depuis, et malgré les destructions de l’ouragan Tomas et les ravages du choléra, 4,7 millions d’Haïtiens s’étaient inscrits sur les listes électorales, fermement décidés à rompre avec le passé et à manifester leur volonté de changement. Dès l’aube du 28 novembre, il y avait la queue devant les centres électoraux. Mais, bien que fortement déterminés à voter, un tiers seulement des inscrits a pu mettre un bulletin dans l’urne ;  beaucoup d’électeurs n’ont jamais pu trouver leur nom sur les listes, et ont erré toute la journée de bureau de vote en bureau de vote.  \n\nEn septembre 2010, les onze organisations et réseaux composant le Collectif de la Société Civile alertaient le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon : « Ces élections devraient constituer, pour la nation, le pivot autour duquel graviterait la réforme sérieuse de la gestion publique, de la justice en vue de parvenir à la réalisation des grands projets de reconstruction. Cependant, si elles ne sont pas crédibles et transparentes, la légitimité des nouveaux responsables de l’Etat sera mise à mal et ce serait pour le pays et pour les Nations unies, un échec cuisant.»\n\n\n\nDéficit de gouvernance\n\n\nL’explosion de violence qui a accueilli, le 7 décembre, les résultats préliminaires de ce premier tour (donnant Mirlande Manigat, 31%, et Jude Célestin, de INITE, 22%, comme  les deux candidats en lice pour le second tour), a paralysé le pays pendant trois jours et fait plusieurs morts. Une colère du peuple à la mesure de sa déception devant l’élimination frauduleuse de Michel Martelly , un chanteur (très) populaire, au profit du candidat du pouvoir. Jan Hanssens, directeur national de la Commission Justice et Paix, estime que : « même si, cette fois, le Conseil Electoral Provisoire  était beaucoup plus indépendant par rapport au pouvoir exécutif, avec une plus grande volonté de faire une élection honnête, il n’y a eu aucun progrès par rapport aux élections précédentes. Beaucoup de candidats ont leur « base », des gens violents à qui ils peuvent faire appel pour bloquer les situations.» Pourtant, malgré ces pratiques mafieuses, le simple citoyen s’est comporté de façon exemplaire, en montrant une maturation politique certaine. « Les Haïtiens ne sont pas violents, poursuit le père Hanssens, ils aspirent à une transition démocratique, car ce pouvoir, surtout la dernière année, avec les crises qui ont frappé Haïti, a montré un fort déficit de gouvernance. Mais il y a un petit groupe oligarchique qui exploite la misère des gens et s’accroche à ses prébendes.  »\nSous la pression de la communauté internationale, Jude Célestin, le candidat (et beau-frère) du Président Préval a été déclassé, début février 2011, par le Conseil Electoral Provisoire au profit de Michel Martelly, un chanteur (très) populaire. Mais le Parti INITE n’est pas inquiet, fort de sa majorité au Parlement. Même si Mme Manigat est élue première Présidente de Haïti en avril prochain, il conservera l’essentiel du pouvoir. Pour que tout continue comme avant ?  \t\n\n\n\nAbsence de dialogue, de vision et de responsabilité du pouvoir\n\n\nLe brésilien Ricardo Seitenfus, représentant de l’Organisation des Etats Américains (OEA) en Haïti, en fin de mandat, souligne le poids de l’Histoire. « Pendant deux cents ans, la présence de troupes étrangères a alterné avec celle de dictateurs. C’est la force qui définit les relations internationales avec Haïti et jamais le dialogue. Le péché originel d’Haïti, sur la scène mondiale, c’est sa libération. Les Haïtiens commettent l’inacceptable en 1804 : un crime de lèse-majesté pour un monde inquiet. » Une Histoire lourde qui a fait des Haïtiens un peuple de résistants luttant pour sa souveraineté. « Le monde n’a jamais su comment traiter Haïti, poursuit-il, alors il a fini par l’ignorer. Ont commencé deux cents ans de solitude sur la scène internationale. Le pays est sans cesse décrit sous l’angle de sa violence. Mais sans Etat, le niveau de violence n’atteint pourtant qu’une fraction de celle des pays d’Amérique latine.[[« Haïti est la preuve de l’échec de l’aide internationale » Le Temps. 20 décembre 2010.]] » \n  \nLe père Hanssens voit dans cette absence de dialogue une cause première de la mauvaise gouvernance du pays. « Le pouvoir, précise-t-il, doit communiquer avec la population. Il doit avoir une vision, élaborer une politique et le dire. Sinon, il est comme un pompier qui intervient quand il y a le feu. Il doit avoir une vision de la justice, une vision de la reconstruction du pays, et l’exprimer.  Et il faut des sanctions à la non application de la loi. Etre au pouvoir ne veut pas dire pouvoir faire n’importe quoi et ne rendre de comptes à personne. Ce sont des minima de bonne gouvernance. Il faut plus de responsabilité.  »\n\nManifestement, cette vision et cette responsabilité font défaut. Frantz Duval, rédacteur en chef du quotidien Le Nouvelliste, déplore « le vide idéologique » qui caractérise Haïti. « Si le président René Préval a caricaturé à l’extrême notre écroulement en se taisant dans les premiers jours qui ont suivi le séisme, soutient-il, les autres acteurs n’ont pas fait mieux depuis. Aucun leader d’opinion n’a émergé pour nous guider de sa parole, aucun intellectuel ne s’est levé pour nous galvaniser autour d’un objectif fort, pour nous proposer une idée comme ligne directrice ».\n\n\nEducation à la Paix\n\n\nDans Port-au-Prince dévasté, plus d’un an après le séisme, le spectacle du Palais National effondré symbolise cette lenteur à sortir du chaos. En face de l’édifice présidentiel, les statues des héros de l’indépendance haïtienne, Dessalines, Pétion, Toussaint Louverture, fixent, impuissantes, du haut de leur socle, la ville de toile qui couvre le Champ de Mars et abrite plus de 20 000 déplacés. La statue emblématique du Nègre Marron a disparu au milieu des tentes, couverte de linge à sécher. Seul dépasse son lambi, cette conque dans laquelle l’esclave rebelle souffle pour appeler à la révolte. \n\nDieubon Wilkenson, 30 ans, et Cadet Max Junior, 25 ans, sont président et vice-président de Amba Tant (« Sous la Tente », en créole), une des nombreuses associations qui ont fleuri dans les camps. Justice et Paix, dans le cadre de son Plan national de formation, a utilisé leur relais pour organiser, en août 2010, une formation Bati Lapé (comment « Construire la Paix »). Quarante personnes membres de Amba Tant ont participé à un groupe de parole pendant quatre jours. « Cette formation a changé notre façon de penser, raconte Cadet Max. Ici, depuis notre installation, du fait de la promiscuité, il y avait beaucoup de tensions : vols, viols, violence conjugale. Nous avons essayé de comprendre la situation. Nous avons beaucoup parlé. Le séisme n’est pas un châtiment divin qui vise les Haïtiens, beaucoup d’autres pays ont connu de semblables catastrophes naturelles. Et la vie continue. L’avenir peut être meilleur, à condition de s’entraider, de partager. Ce pays peut toujours rêver.  » Depuis cette formation, dispensée également à d’autres groupes dans le camp, le niveau de violence a diminué, des médiations de voisinage ont réussi. Aujourd’hui, ils espèrent que de nouvelles formations seront proposées. \nPour Jan Hanssens, ce programme de promotion des Droits Humains et de formation à la citoyenneté, dispensé dans le réseau des paroisses, depuis dix ans, a un impact certain, même si elle touche relativement peu de personnes. « Notre méthode, explique-t-il, est toujours en interaction avec le vécu des gens, avec leurs propres visions et convictions. Depuis prés de 40 ans que je suis en Haïti, j’ai constaté une évolution, un certain éveil de conscience. La vie associative s’est beaucoup développée. La soif des Haïtiens pour envoyer leurs enfants à l’école est remarquable, ils font des efforts énormes. Il y a un énorme défi de l’éducation, pas toujours bien compris, même dans l’Eglise qui reste un peu trop élitiste.  » C’est par l’éducation, par la formation, par la défense des droits humains que ce peuple haïtien, qui a tant souffert, pourra durablement se construire."}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/developpement-et-solidarite-internationale-enfin-une-loi/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/developpement-et-solidarite-internationale-enfin-une-loi/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Développement et solidarité internationale : enfin une loi !","datePublished":"2014-07-03T12:52:32+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/developpement-et-solidarite-internationale-enfin-une-loi/"},"wordCount":659,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Développement","Solidarité internationale"],"inLanguage":"fr-FR","description":"En réponse à une demande portée depuis plus de quinze ans collectivement,  le CCFD-Terre Solidaire, se réjouit de l’adoption par le Parlement, le 23 juin dernier, d’une première Loi d’orientation et de programmation relative à la politique de développement et de solidarité internationale. Cette loi est un pilier nécessaire, en complément de la création du Conseil National du Développement et de la Solidarité internationale, dont la première réunion s’est tenue au mois de mai [1] , pour une gouvernance démocratique de la politique de la France en ce domaine. Elle permettra une plus grande appropriation de cette politique, pour les citoyens, mais aussi pour nos interlocuteurs internationaux et les populations des pays bénéficiant de l’aide française. La loi va aussi plus loin que les seuls enjeux d’aide publique au développement en inscrivant par exemple l’exigence d’une cohérence de l’ensemble des politiques (migratoires, fiscales, énergétiques, agricoles etc.) avec les objectifs de développement.\n\nSi le vote de la loi représente une victoire, le CCFD-Terre Solidaire regrette cependant qu’un certain nombre d’enjeux majeurs pour les pays du Sud n’aient pas ou peu été pris en compte. \n\nEn matière d’encadrement des activités des entreprises multinationales dans les pays du Sud, de renforcement du devoir de vigilance des entreprises en matière de droits humains et de prévention de l’évasion fiscale, les solutions portées par la société civile sont invoquées, mais sans être assorties de mécanismes contraignants pour leur mise en œuvre… Le gouvernement s’est dérobé sur la question de la responsabilité mère-filiale en mandatant la plateforme d’actions globales pour la responsabilité sociale et environnementale des entreprises. Quant à l’exigence de reporting pays par pays pour l’ensemble des entreprises recevant un soutien financier de l’AFD, elle sera promue, sans devenir obligatoire. \n\nAutres demandes du CCFD-Terre Solidaire auxquelles le gouvernement s’est opposé : l’exigence que les bénéficiaires des fonds d’investissement auxquels l’Agence française de développement  apporte son concours soient connus, au motif qu’il serait impossible pour l’Agence de publier cette information. Il nous semble préoccupant que le groupe AFD investisse ainsi dans des fonds dont il semble ignorer  le portefeuille… La loi n’a pas non plus, par exemple intégré notre demande d’évaluer l’impact sur le développement des participations de l’Agence dans des fonds d’investissements destinés à mobiliser des financements privés.\n\nEnfin le texte de loi laisse aussi craindre une tentation de revenir à l’aide liée (c’est-à-dire liée aux intérêts des entreprises françaises).\n\nLe CCFD-Terre Solidaire s’est fortement impliqué dans le débat autour de cette loi, et son obtention est aussi le fruit de la forte mobilisation de son réseau bénévole de référents plaidoyer tout au long de ces derniers mois, à travers la promotion de nos demandes spécifiques lors des examens du projet de loi à l’Assemblée nationale et au Sénat, et l’interpellation des députés et sénateurs. Merci et bravo à eux ! \n\nIl nous revient de rester mobilisés aujourd’hui pour que les principes énoncés dans la loi prennent corps et qu’ils s’incarnent à travers une véritable programmation, mais aussi que nos demandes en matière de régulation des acteurs privés, de responsabilité sociale et environnementale, de lutte contre l’évasion fiscale, soient mieux prises en compte.  C’est notamment ce que nous ferons en 2014-2015 en poursuivant la campagne Hors-Jeu qui exige de l’État français une régulation des entreprises multinationales afin de limiter l’impact négatif de leurs activités au Sud et de promouvoir leur responsabilité."}
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La directrice de l’ONG, Caroline Bah, passe en revue les outils mis en place au cours de ces deux décennies et évalue leur pertinence. Interview. \n\n\n\nParis, le 7 mai 2012\n\nOn peut définir les banques de céréales qui ont inauguré votre intervention comme des réserves villageoises constituées au moment des récoltes. Géré par une O.P., le stock est revendu à prix compétitif aux membres de l’organisation lorsque les céréales deviennent rares et que les prix montent sur le marché national. \n\nCaroline Bah : Au départ, les banques de céréales traditionnelles fonctionnaient de cette manière. Un peu à la manière d’un frigo, si j’ose dire, dans lequel on puisait au fur et à mesure des besoins et de l’augmentation des prix. Cette initiative, qui permet d’amortir les tensions en période de soudure, a été jugée suffisamment intéressante par les autorités maliennes pour qu’elles la généralisent : désormais, les 703 communes du pays disposent d’une banque de céréales. Au Niger, on compte plus de 2850 banques céréalières. \n\nCela dit, au fil des années, des problèmes sont apparus. Nombreuses étaient les banques qui connaissaient des pertes, soit en raison de mauvaises conditions de stockage, soit d’une gestion laissant à désirer. La tendance, qui s’est affirmée ces dernières années, est d’accroître la fluidité des banques céréalières. Autrement dit, d’accélérer la mise en circulation sur le marché du mil, du sorgho ou du maïs, sans attendre plusieurs mois une hausse encore plus accentuée, mais hypothétique, du prix des céréales. Lorsqu’elles organisent deux ou trois rotations au cours d’une même campagne agricole, les banques de céréales contribuent mieux à la sécurité alimentaire. \n\nQue se passe-t-il lorsque la récolte est fortement déficitaire ? \nNous avons adapté le mécanisme des banques de céréales, par une gestion multi-acteurs de « Stocks d’atténuation de crise ». Grâce aux aides extérieures mobilisées en situation de crise, les stocks achetés sont vendus aux villageois à des prix inférieurs à ceux du marché (à 50 % ou 75 %). L’argent qui rentre à la suite de la vente de ce stock - 100 tonnes par exemple - permet de racheter 25 tonnes, qui sont à leur tour mises en vente et ainsi de suite. Le mécanisme, qui fonctionne efficacement, présente en outre l’avantage de faire travailler ensemble la fédération paysanne locale, les élus et les services techniques qui décident des villages ciblés et des prix. C’est une entente précieuse pour contribuer à endiguer la crise. \n\nLes bourses de céréales sont un autre outil vulgarisé par Afrique verte et ses trois antennes sahéliennes, désormais ONG nationales autonomes (1)…\nLes bourses rassemblent tous les opérateurs, y compris les commerçants, et mettent en rapport l’offre et la demande sur la base d’échantillons (quelques épis ou kilos de grains). De cette manière, les zones déficitaires en céréales passent contrat avec les zones excédentaires. Il s’agit de contrats à terme - avec livraison huit jours ou trois mois plus tard - mobilisant le secteur bancaire. Les animateurs d’Afrique verte ont la responsabilité de faire respecter les délais, les tonnages et la qualité. Ces bourses fonctionnent bien - au Burkina Faso et au Mali notamment - car au fil des ans, la confiance s’est instaurée. La situation au Niger est particulière. Là, les acheteurs hésitent à s’engager, car dans ce pays où la crise alimentaire est récurrente, les paysans tablent sur des livraisons gratuites ou à prix très modérés par le gouvernement. Autrement dit, nos projets de développement sont ici victimes des aides d’urgence. Mais le pari effectué par les acteurs locaux à l’issue de mauvaises récoltes est chaque fois risqué : si les aides n’arrivent pas, la disette guette. \n\nPlus récemment, Afrique verte a lancé des banques aux intrants.\nEn effet, depuis déjà quatre années, nous nous intéressons à la fourniture de semences et d’engrais afin que les paysans obtiennent de meilleurs rendements. Aujourd’hui, le rendement moyen (entre mil, sorgho et maïs) est faible : il avoisine les 500 kilos/hectare. Avec des variétés améliorées, sans OGM, mises au point par les organismes de recherche, il est possible de doubler ces rendements. Mais - aléa majeur – si le déficit pluviométrique est fort, ces nouvelles variétés ne donnent pas. Alors, les paysans sèment à la fois des variétés traditionnelles et améliorées : au moins l’une d’entre elles poussera… \n\nÀ quel objectif répondent les programmes de transformation de céréales qui ont vu le jour en ville ?\nIl s’agit avant tout d’offrir un débouché aux paysans. Lorsque la récolte est bonne, les paysans sahéliens ne disposent pas pour autant de ressources monétaires, car le mil ou le sorgho ne sont que faiblement marchands. La réalisation de produits transformés - et aussi de farines infantiles enrichies de compléments minéro-vitaminiques, comme le Misola, qui préviennent la malnutrition - leur fournissent des rentrées d’argent. Et leur permettent de mieux vivre. Une manière pour Afrique verte de boucler la boucle. \n\nTous ces outils influent-ils sur la politique des États et des bailleurs de fonds ?\nBien sûr. Car outre son action régionale, Afrique verte poursuit son travail de plaidoyer auprès des neuf pays membres du CIILSS, le Comité inter-États de lutte contre la sécheresse au Sahel ainsi qu’au sein du Réseau des prévention des crises alimentaires (RPCA). Un seul exemple - très encourageant - pour montrer que notre démarche diffuse : la FAO commence à acheter des céréales localement. Nous nous efforçons de favoriser les offres groupées des producteurs villageois afin de satisfaire aux gros tonnages que réclame le plus souvent l’organisme des Nations unies. C’est bien le signe positif que les choses bougent. \n\nPropos recueillis par Yves Hardy\n\n(1) AcSSA au Niger, AMASSA au Mali et APROSSA au Burkina Faso.\nPour plus d’informations, cf. : www.afriqueverte.org"}
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Cette ONG de 15 salariés, basée au Cap, milite pour l’agroécologie et une politique de « transformation agraire » au bénéfice des plus pauvres. \n\n\n\nLes émeutes se multiplient depuis cinq ans en Afrique du Sud, y compris dans les zones rurales. En 2013, les ouvriers agricoles de la province du Cap-Occidental (Western Cape) ont violemment manifesté pour faire doubler leur salaire minimum, en le faisant passer de 70 à 150 rands (11 euros) par jour. \n\nLes ouvriers agricoles protestent également contre leurs conditions de travail, de logement et d’accès à la terre. Une question complexe, dans un pays où l’apartheid a laissé des séquelles encore visibles dans les campagnes. \n\n\nPlaidoyer pour la restitution des terres\n\nC’est pour ces populations rurales que le Surplus People Project se bat, avec ses deux antennes de Citrusdal (province du Western Cape) et de Springbok (Northern Cape). Cette ONG sud-africaine assiste ceux qui réclament des restitutions des terres spolées durant l’apartheid – en raison des déplacements forcés de populations noires et métisses.\n\nL’action du SPP a déjà contribué à la restitution de terres à Elandskloof en 1996 puis du transfert de 400 000 ha dans la région du Namaqualand (Northern Cape). Le SPP a manifesté à plusieurs reprises contre les lenteurs de la réforme agraire. \nEn lien avec d’autres associations sud-africaines comme le Farmers Support Group (FSG), le Women on Farms Project (WFP) et l’important Legal Resources Centre (LRC, qui fournit une assistance juridique gratuite), le SPP a une activité de plaidoyer sur les lois qui concernent la question des terres et la réforme agraire. \n\nSous la pression de la société civile, le Parlement est ainsi revenu en août 2014 sur la Loi sur la restitution des terres, en fixant une nouvelle date butoir au dépôt de plaintes – un processus fermé en 1998, mais qui a été rouvert jusqu’au 30 juin 2019. Quant aux 63 500 demandes enregistrées par la Commission des Terres entre 1994 et 1998, elles doivent recevoir un traitement prioritaire, toutes n’ayant pas encore été traitées.\n\nL’agroécologie, une solution pour les petits fermiers \n\nLe SPP milite par ailleurs contre les essais effectués par Monsanto sur des cultures de maïs OGM en Afrique du Sud. En juillet 2013, l’ONG s’est jointe à une campagne de protestation contre de tels essais à Lutzville, dans la province du Western Cape, en vue de développer un maïs résistant à des conditions climatiques de sécheresse. Un produit destiné à l’agro-industrie et de grands exploitants, et non à de petits fermiers qui ont recours à des méthodes traditionnelles de culture par temps de sécheresse.\n\nL’agroécologie vise à réduire les coûts des intrants agricoles pour les petits fermiers, en les incitant à tout recycler, même dans l’élevage de porcs, comme cela a été le cas dans un projet mené à Porterville, dans le Western Cape. Nourrir les cochons de manière saine et les laisser en liberté sur un terrain de 2 hectares a permis à une association d’éleveurs d’avoir une meilleure productivité à moindre coût.\n\nDe même, plusieurs initiatives ont été prises par SPP face au changement climatique, qui se traduit par de plus fortes températures durant l’été austral (de décembre à mars). Un jardin de l’espoir basé près de Springbok adapte les cultures aux pluies dans l’année. Dans la région semi-désertique du Karoo, le SPP assiste notamment des femmes qui cultivent le thé rooibos de manière organique.\n\nUn projet en faveur des agriculteurs\n\nLe projet vise 850 personnes en situation de grande précarité dans trois communes des provinces du Northern et Western Cape. Il s’agit de petits agriculteurs, d’ouvriers agricoles habitant dans des exploitations et de personnes sans terre. L’objectif est de les aider à accéder à des terres dans un contexte sécurisé, qui leur permette d’avoir une production régulière. \n\nLe programme comprend trois volets – typiques de l’approche intégrée du SPP, qui prend en compte toute la complexité de la situation des ruraux en Afrique du Sud. \nLe premier porte sur des activités d’information et de mise en relation des bénéficiaires avec les administrations compétentes. \nLe second se consacre à la formation technique sur des pratiques agricoles alternatives : les banques de semences, la conservation de l’eau, l’agroforesterie et la transformation des produits agricoles. \nLe troisième volet, lui, vise à mieux organiser les mouvements sociaux dans les zones rurales, en appuyant notamment les regroupements de femmes ainsi que la mobilisation des ouvriers agricoles pour un salaire minimum et un accès à la terre. \n\nSabine Cessou"}
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Ce n’est ni un cours, ni un exposé systématique. François s’adresse aux personnes qu’il a en face de lui, sur lesquelles il s’est visiblement informé avant de leur parler et avec qui il est en sympathie évidente. Son discours est parsemé de phrases en « vous », évoquant ce que vivent ses auditeurs : « Je sais que parmi vous se trouvent des personnes de différentes religions, métiers, idées, cultures, pays et continents. Aujourd’hui, vous pratiquez ici la culture de la rencontre. » « Vous qui vivez dans votre chair les inégalités et l’exclusion... Vous avez les pieds dans la boue et les mains dans la chair. Vous sentez l’odeur des quartiers, du peuple, de la lutte ! » \nLa boue, la chair, l’odeur : des mots concrets qui disent une grande proximité. Déjà, dans La Joie de l’Évangile, François exprimait le désir que les évangélisateurs aient « l’odeur des brebis »...  \nCe ton, ces interpellations, ces allusions à des réalités vécues font ressentir une sorte de connivence amicale : en parlant aux délégués des « mouvements populaires », François le latino parle aux siens.\n\n\nLa culture du rebut\n\nMais c’est aussi un pasteur de l’Église universelle qui, à travers quelques-uns, s’adresse à tous, pour nous ramener vers ce qu’il considère comme le cœur de l’Évangile : le souci des plus pauvres.\nPour cela, il commence par dénoncer « la culture du rebut » (encore une de ses formules choc...).\nLe mot culture est sévère : ce ne sont pas seulement les structures qui engendrent le mépris des pauvres, mais aussi les mentalités. \nNous avons intériorisé l’idée que l’être humain est « un bien de consommation que l’on peut utiliser, puis jeter », que « les exclus sont des rebuts, des excédents ». Ce fait « culturel », François en repère un autre symptôme : le recours à des euphémismes pour désigner des réalités scandaleuses. \nAinsi, à propos de l’appellation « personnes sans domicile fixe », il note : « Il est curieux de voir que, dans le monde des injustices, les euphémismes abondent.\nUne personne, une personne isolée, une personne marginalisée, une personne qui souffre de la pauvreté, de la faim, est une personne sans domicile fixe ; c’est une expression élégante, non ?... En général, derrière un euphémisme, il y a un délit. » \n\nLes pauvres luttent\n\nLes encycliques sociales l’ont répété : les politiques publiques et les choix économiques doivent être évalués en fonction de leurs effets sur le sort des pauvres. Sur ce point, François n’innove pas. Mais il va plus loin quand il invite à ouvrir les yeux sur une « réalité qui est souvent passée sous silence : les pauvres non seulement subissent l’injustice, mais ils luttent également contre elle ! » \nCongédiant l’image du pauvre, « victime à aider », il met en avant celle du « pauvre en lutte », se rappelant sans doute le courage et l’inventivité des mouvements populaires d’Amérique latine.  \nCette réalité est méconnue par ceux qui veulent « affronter le scandale de la pauvreté en promouvant des stratégies de contrôle qui ne font que tranquilliser et transformer les pauvres en des êtres apprivoisés et inoffensifs ».  Traduisons : non à l’assistanat et au paternalisme ; oui au partenariat et à la solidarité.\nIl y revient dans sa conclusion : il faut « dépasser l’assistantialisme paternaliste » et créer « de nouvelles formes de participation qui incluent les mouvements populaires ».  \nÀ ceux qui persisteraient à considérer les pauvres comme de simples « objets » de compassion et d’assistance, François rappelle que, selon la doctrine sociale de l’Église, c’est un droit pour tout être humain que de trouver dans les biens de la Création de quoi vivre dignement ; il s’agit donc de « rendre au pauvre ce qui lui revient ». À l’appui de cette affirmation, il invoque le « principe de “destination universelle des biens“, que la doctrine sociale affirme être antérieure à la propriété privée ».\n\nCette nécessité de changer notre regard sur les pauvres, il l’avait exprimée dans La Joie de l’Évangile à propos de leur richesse spirituelle : Les pauvres, écrivait-il, ne sont pas seulement à secourir, mais à écouter, car « ils ont beaucoup à nous enseigner », y compris dans l’expression de la foi : « L’immense majorité des pauvres a une ouverture particulière à la foi »  (EG 200).\n\nChanger les structures\n\nAttentif aux acteurs de terrain, François ne dévalorise pas pour autant l’action sur les institutions, bien au contraire. Les luttes pour la justice, même si elles ont des enjeux locaux, doivent viser « les causes structurelles de la pauvreté, de l’inégalité, du manque de travail, de terre et de logement, de la négation des droits sociaux et du travail ».\nEn parlant de « causes structurelles » à dénoncer et combattre, il s’inscrit dans une forte continuité avec ses prédécesseurs, car c’est là un autre point essentiel de la doctrine sociale de l’Église. À la surprise de beaucoup, Jean-Paul II avait osé parler de « structures de péché ».\nQuant à Benoît XVI, il invitait les chrétiens et les hommes de bonne volonté à s’engager sur « la voie institutionnelle – politique peut-on dire aussi – de la charité », précisant que cette manière de vivre la charité politique (celle qui se donne pour objectif d’améliorer les « structures ») « n’est pas moins qualifiée et déterminante que la charité qui est directement en rapport avec le prochain » (Caritas in Veritate 7). \n\nFrançois n’a pas de mal à écarter l’accusation de « communisme » que certains portent contre lui, car c’est toute la doctrine sociale de l’Église qui va dans son sens : « C’est étrange, mais si je parle de cela, certains pensent que le pape est communiste. On ne comprend pas que l’amour pour les pauvres est au centre de l’Évangile. Terre, logement et travail, ce pour quoi vous luttez, sont des droits sacrés. Exiger cela n’est pas du tout étrange, c’est la doctrine sociale de l’Église. » \nSi ses formules sont plus fortes que celles de ses prédécesseurs, il ne dit pas autre chose qu’eux : le chrétien ne peut se contenter d’agir pour secourir les détresses une par une ; il doit travailler à ce que les structures (politiques, économiques, juridiques...) de notre société fonctionnent davantage en vue du « bien commun ».\nC’est par exemple dans le Compendium de la doctrine sociale de l’Église (publié au Vatican sous Jean-Paul II) qu’il trouve la justification d’une réforme agraire pour lutter contre la faim : « Permettez-moi de dire que dans certains pays – et je cite ici le Compendium de la doctrine sociale de l’Église – “la réforme agraire devient ainsi non seulement une nécessité politique, mais une obligation morale“ » (Compendium, n. 300).\n\nReste la question des moyens à utiliser pour mener cette lutte. Supposant que certains de ses auditeurs pourraient être tentés par des moyens non conformes à l’Évangile, François précise : « Avec courage, mais aussi avec intelligence.\nAvec ténacité, mais sans fanatisme. Avec passion, mais sans violence. » \nCe dernier point nous remet en mémoire le vœu exprimé par Jean-Paul II, en 1991 : « Puissent les hommes apprendre à lutter sans violence pour la justice ! »  (Centesimus Annus, III, 23).\n\nEspérance\n\nBien d’autres thèmes sont abordés dans ce discours : la terre (il annonce son encyclique sur l’écologie), la faim, le logement, le travail. Dans chacun de ces domaines, il dénonce les effets d’un « système économique centré sur le dieu argent ». \nMais il ne s’en tient pas à la dénonciation. Il dit l’espérance que lui inspire le dynamisme des mouvements auxquels il s’adresse, les « villes qui intègrent les diversités et font de l’intégration un nouveau facteur de développement », la « rencontre des cultures où l ’ensemble n’annule pas la particularité », la survivance d’« une riche culture populaire ». \nC’est donc avec lucidité, mais aussi avec sa conviction que Dieu donne l’espérance comme « force qui vous maintiendra sur les pieds »  qu’il communique ce désir : « Là, on sent vraiment le vent de la promesse qui ravive l’espérance d’un monde meilleur. Que ce vent se transforme en ouragan d’espérance. Tel est mon désir. »  \n\nChristian Mellon, jésuite. \nCeras (Centre de recherche et d’action sociale)."}
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Un outil pourtant indispensable pour garantir le respect des droits de millions de personnes à travers le monde.\n\n\n\nFDM : Quel est le rôle du Réseau international des organisations civiles pour les migrations ?\nGilma Perez  : Le RROCM est un réseau d’organisations et d’institutions travaillant sur le thème des migrations dans onze pays de la région [[Canada, États-Unis, Mexique, Guatemala, Belize, Salvador, Honduras, Nicaragua, Costa Rica, Panama et République dominicaine.]]. Il est né entre 1996 et 2000, peu après le processus de Puebla [[Initiative née en 1996 destinée à rassembler les gouvernements d’Amérique du Nord et d’Amérique centrale autour d’une approche régionale de la migration.]] et la Conférence régionale des migrations avec pour objectif de créer un front commun capable de dialoguer avec les États de la région. Dans chaque pays, une personne de référence est chargée de rassembler des informations sur la situation des migrants et sur le respect des politiques publiques mises en place. Elle se doit, par ailleurs, d’identifier le respect (ou non) des engagements juridiques et politiques des pays en termes de politiques migratoires. \nLes axes de travail de ce réseau sont multiples. Cela comprend, par exemple, la résolution de conflits ou de problèmes rencontrés par des migrants, le plaidoyer dans les processus de discussions concernant les législations, l’évaluation des impacts des politiques publiques, l’aide à l’organisation des communautés migrantes ou encore l’appui aux structures consulaires. L’identification de groupes vulnérables entre également dans la définition de notre mission. \n\nQuelles sont les principales caractéristiques de la situation des migrants aujourd’hui en Amérique centrale ?\nL’Amérique centrale a toujours constitué une région d’origine des migrants et une zone de transit. La nouveauté, c’est la prise de conscience que cette région a désormais une vocation supplémentaire : l’accueil des migrants. Des populations toujours plus fragiles. D’après différentes institutions spécialisées dans l’aide aux plus démunis, il apparaît, depuis quelques années, une demande accrue de secours de la part de populations migrantes et des membres de leur famille. Enfin, la clandestinité est sans doute l’une des principales caractéristiques de cette migration régionale. Elle est d’ailleurs à l’origine des difficultés rencontrées par les migrants pour faire reconnaître leurs droits et figure comme le principal facteur de non-respect du droit du travail. \n\nLa signature de la Convention internationale sur la protection des droits des travailleurs migrants et des membres de leur famille est au centre des préoccupations de la société civile internationale. Pourquoi cette Convention est-elle si importante ?\nCette Convention du 18 décembre 1990 n’est pas le premier instrument qui reconnaît des droits en faveur des populations migrantes et des membres de leur famille. Mais c’est la première à offrir un catalogue large et clair de droits et d’obligations des migrants, en situation régulière ou pas. De surcroît, elle offre des mécanismes de protection aux travailleurs migrants et à leur famille. Outre l’adhésion des pays centraméricains à ce traité, le défi actuel est de faire en sorte que ceux-ci adoptent des mesures permettant d’harmoniser leurs normes et leurs pratiques respectives. \n\nCette Convention inclut la possibilité, pour un Comité indépendant, d’examiner les plaintes individuelles de personnes victimes de violations des droits des travailleurs migrants. Est-ce important ?\nAbsolument, car ce Comité permettrait de se prononcer concrètement sur la violation des droits figurant dans la Convention et permet, éventuellement, une réparation des dommages causés aux plaignant(e)s. Les recommandations et observations issues de l’examen des plaintes pourraient aussi faire jurisprudence. La mise en place de ce Comité permettrait d’alerter efficacement, dès les premières plaintes, la communauté internationale. \n\nMais pour que ce Comité soit effectif, il faut qu’au moins dix États ayant ratifié la Convention en reconnaissent la compétence. Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. Pourquoi ?  \nLe Comité ne constitue pour l’instant qu’un mécanisme consultatif pour les pays ayant ratifié la Convention [[Pays ayant ratifié la Convention (en janvier 2011) : Albanie, Algérie, Argentine, Azerbaïdjan, Belize, Bolivie, Bosnie-Herzégovine, Burkina Faso, Cap-Vert, Chili, Colombie, Égypte, Équateur, Ghana, Guatemala, Guyana, Guinée, Honduras, Kirghizistan, Lesotho, Libye, Mali, Maroc, Mexique, Nicaragua, Pérou, Philippines, Salvador, Sénégal, Seychelles, Sri Lanka, Saint-Vincent-et-les-Grenadines, Salvador, Syrie, Tadjikistan, Timor Oriental, Turquie, Ouganda et Uruguay.]]. C’est un défi, car un État qui reconnaît sa compétence s’engage à en respecter les décisions. L’autre motif probable de la non-adhésion à la Convention est le risque, pour les États, de devoir assumer leurs obligations à l’égard de populations qu’il est plus « convenable », politiquement et économiquement parlant, de maintenir dans une certaine « clandestinité », invisibles, exploitées et soumises. Reconnaître la compétence du Comité signifie, pour un État, s’exposer éventuellement à une procédure contradictoire, quasi-judiciaire, permettant de pointer, devant la communauté internationale, les éventuels non-respects des droits de l’homme. \n\nLa France n’a pas signé cette Convention. Or, dans le cadre de la campagne présidentielle de 2012, le CCFD-Terre Solidaire a décidé de faire des migrations un thème de plaidoyer. Qu’en pensez-vous ?\nLa coordination des efforts sur le thème des migrations est la clé de voûte du travail. D’abord, parce qu’elle donne un caractère international aux dynamiques migratoires. 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Cette plateforme de concertation rassemble les acteurs concernés par la problématique, au Nord, comme au Sud, et vise à peser sur les politiques migratoires. Elle est fortement soutenue par le CCFD Terre-Solidaire, via une de ses associations partenaires : Le  Grdr Migration - Citoyenneté – Développement.\n\nFrontalier avec sept autre Etats d’Afrique de l’Ouest, le Mali a toujours été un pays de départ, de transit et d’accueil. La région de Kayes, située au nord-ouest de Bamako, est connue pour être essentiellement une zone de départ, du moins jusqu’à encore récemment. Première région migratoire malienne, Kayes se caractérise par l’importance de ses migrations vers l’international, en Afrique de l’Ouest, en Afrique centrale, et en Europe, principalement vers la France, où les Kayésiens et Kayésiennes représentent la quasi totalité des immigrés maliens.\nDes associations de migrants motrices pour le développement de la région\nEn dépit de leur éloignement géographique, les associations de migrants ont toujours été motrices pour le développement de la région, à travers des transferts de fonds, de compétences et de savoir-faire.\nSi au début des années 70, leur organisation était calquée sur celle de la société traditionnelle malienne et focalisée sur « le village », elles sont devenues aujourd’hui des interlocutrices reconnues des coopérations décentralisées et c’est à l’échelle européenne qu’elles s’organisent pour cofinancer des projets dont l’envergure peuvent être de niveau régional, voir sous régional (Bassin du fleuve Sénégal et Europe).\nUne région sans politique migratoire\nOr bien que le processus de développement de la région de Kayes ait pris un poids particulier au niveau national - jusqu’à faire figure de modèle dans les politiques et pratiques du co-développement - et en dépit du processus de décentralisation à l’œuvre depuis les années 1990, la région de Kayes peinait à élaborer une politique migratoire spécifique.\n« Les autorités nationales, basées à Bamako, gardent la main sur cette question qui soulève de forts enjeux de souveraineté politique et diplomatique »  explique Assane Dione  coordinateur sur Kayes pour le Grdr, association partenaire du CCFD Terre Solidaire.\nD’où cette décision des autorités régionales de créer l’Espace Migration et Développement en Région de Kayes (EMDK),  une plateforme de concertation entre l’ensemble des acteurs concernés : collectivités territoriales, services déconcentrés de l’Etat et, organisations de la société civile de Kayes et de la Diaspora, soit 161 structures. « Désormais, le défi reste de s’ouvrir aux acteurs économiques : GIE, banque, IMF, MPME, commerçants, coopératives, mutuelles etc. »  estime Mohamed Abdoulaye Niang animateur de l’EMDK\nConstruire des savoirs communs\nEMDK a pour vocation d’organiser la concertation sur la base de quatre objectifs : produire des connaissances, analyser les enjeux, proposer des actions spécifiques et porter le plaidoyer territorial aux échelles nationales et supranationales.\n« L’EMDK s’est doté d’une charte autour de valeurs communes qui sont la solidarité, l’équité, l’impartialité, la tolérance, la justice sociale, la transparence et la démocratie » précise Founeke Sissoko secrétaire général du  Conseil Régional de Kayes.\nEntre 2008 et 2013, l’EMDK a commencé par convier ces membres à des « Thé-palabres » autour de thématiques aussi complexes que cruciales, parmi lesquelles : Comment déconstruire les idées reçues sur les migrations ? Bilan des plus-values et des moins-values de la migration dans la région de Kayes. Quelle prise en compte de la reconduite des « migrants subsahariens » au Mali ? Connexions entre sécurité alimentaire et migrations en région de Kayes, etc.\nDes actions de sensibilisation auprès des jeunes\nSur la base des savoirs communs dégagés de ces rencontres,  l’EMDK s’est ensuite impliqué dans des actions d’information et de sensibilisation auprès de la population kayésienne. Parfois dans des circonstances dramatiques.\nAinsi, en juillet 2014, 86 Maliens en partance pour l’Europe se sont noyés au large des côtes libyennes. La plupart de ces migrants étaient des jeunes originaires des villages du nord du Cercle de Bafoulabé, l’un des sept cercles  de la région de Kayes, parmi les plus pauvres et enclavés du Mali[[ Le Cercle est avec la commune et la région un des trois échelons territoriaux de la décentralisation au Mali : il correspond au Département en France.]].\nL’EMDK a d’abord mené une campagne d'information à l’échelle nationale à travers des émissions de radio et des conférences de presse. Puis une mission sur le terrain lui a permis de se rapprocher des familles des naufragés.\nSur place un dialogue a été instauré avec les parents, les jeunes et les autorités locales de manière à mieux comprendre les facteurs qui poussent les personnes à prendre de tels risques pour émigrer, à identifier le fonctionnement des filières migratoires et à élaborer des stratégies de prévention.\nPuis à la mi-avril 2015, ce sont près de 184  maliens - tous originaires de la région de Kayes  selon le ministère des Maliens de l’extérieur – qui ont péri en Méditerranée. L’EMDK a sollicité les autorités religieuses musulmanes et religieuses pour que des messages de prévention soient intégrés aux séances de prières en la mémoire des disparus.\nKayes devient aussi une terre d'immigration\nCette expérience acquise au fil des années lui est maintenant nécessaire pour appréhender un nouveau contexte migratoire. Le développement de l’industrie extractive minière et la croissance urbaine de la ville de Kayes ont fait de la région un poumon économique au cœur d’une zone transfrontalière à cheval sur le Mali, la Mauritanie et le Sénégal.\nKayes, devient à son tour terre d’immigration ! « Dès lors, les mobilités ouest-africaines ne doivent plus être comprises et abordées uniquement en tant que leviers de développement socio-économique et culturel, mais de plus en plus sous l’angle de la cohésion sociale et du savoir-vivre ensemble » souligne Ladji Niangané, membre de l’EMDK.\n« Nous sommes face à de nouveaux enjeux régionaux pour le  développement  confirme Mohamed Abdoulaye Niang. La concertation et le dialogue avec les populations immigrées, leur implication dans les processus de gouvernance locale, l’identification et la valorisation des compétences des migrants en comptant ceux et celles qui reviennent, ou encore la sécurisation des parcours : tels sont les prochains défis dont l’EMDK devra s’emparer pour construire une région ouverte sur le monde ». \nPeser sur les politiques migratoires\nL’EMDK dispose aujourd’hui d’une visibilité claire des phénomènes migratoires dans la région. Auteure d’un répertoire des projets de co-développement menés dans douze communes de deux cercles de la Région (celui de Kayes et de Yélimané), la plateforme vient d’achever une proposition de stratégie migratoire régionale qui a été votée à l’unanimité par les Conseillers régionaux de Kayes.\nSon expertise lui a également valu de s'auto-impliquer, dès août 2011, au processus d'élaboration de la politique nationale migratoire du Mali, ce qui lui a donné l’occasion de souligner la nécessité de prendre en compte les réalités et les besoins spécifiques de chaque territoire du pays.\nUne expérience qui inspire d'autres régions\nL’ensemble du Bassin du Fleuve Sénégal partageant ces enjeux migratoires,  l’expérience de l’EMDK commence à faire des émules.\nUn espace similaire a vu le jour en 2013 en Mauritanie (EMD Gorgol), d’autres sont à l’étude au Sénégal oriental, à Sédhiou en  Casamance ou encore à Cacheu en Guinée Bissau. L’idée a même fait son chemin jusqu’au… Nord Pas-de-Calais.\n« La démarche apparaît incontournable. Elle seule peut aboutir, à terme, à une compréhension exhaustive des mobilités humaines comme leviers d’enrichissement territorial et de renforcement des solidarités sur et entre les territoires » affirme Assane Dione.\nEt confiant en l’avenir, les promoteurs de l’EMDK rêvent également de la création d’une plateforme sous-régionale qui pourrait alimenter les politiques africaines (CEDEAO, UEMOA, UA), voire européennes (UE) et internationales.\n\nBénédicte Fiquet"}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/la-lumiere-de-lart/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/la-lumiere-de-lart/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"La lumière de l’art","datePublished":"2011-04-15T16:32:00+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/la-lumiere-de-lart/"},"wordCount":1631,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"inLanguage":"fr-FR","description":"Deux ateliers de la mémoire organisés au centre Bophana ont permis le passage de relais entre les aînés et des artistes d’une vingtaine d’années. Plusieurs d’entre eux ont fait leurs classes à Battambang, au siège de l’ONG Phare Ponleu Selpak.\n\n\n\nÀ l’initiative d’une universitaire de la diaspora, Soko Phay-Vakalis, les « anciens », Vann Nath ainsi que Séra, cinquante ans, peintre et auteur d’albums de bandes dessinées, ont dialogué avec une dizaine de jeunes plasticiens, le temps de ces deux ateliers de création graphique. Des échanges qui ont stimulé l’imagination de la nouvelle génération – qui n’a pas connu le génocide – et donné naissance à une série d’œuvres de fiction aussi fortes qu’originales. Les bas-reliefs des temples d’Angkor sont fréquemment ornés de séduisantes nymphes célestes, les apsaras. Phe Sophon a repris l’une d’elles, mais lui a composé une tête de mort, réminiscence des propos mégalomaniaques de Pol Pot : « Puisque notre peuple a été capable d’édifier Angkor, tout lui est possible. » \nSou Sophy s’est, elle, attachée au sort des enfants sous les Khmers rouges. Ses dessins au charbon ou ses toiles, sombres mettent en scène des tout-petits criant famine ou décharnés devant un bol de riz. Sur l’une des toiles de Both Sorin flottent des bouts déchirés de krama, étoffe de carreaux rouges et blancs formant le foulard khmer traditionnel, qui suggèrent une mémoire en lambeaux. \nMaître de conférences en arts plastiques à l’université Paris VIII, Soko Phay-Vakalis, qui a conçu et suivi ces ateliers, s’est réjouie de « la richesse du travail collectif » et d’une sorte de « transmission à rebours » à l’issue de ces deux rencontres organisées en juin 2008 et janvier 2009. Les jeunes artistes interrogeaient les archives et questionnaient Vann Nath et Séra pour combler leurs nombreuses lacunes historiques. Démarche initiatique : les adeptes d’une expression artistique en plein renouveau sont invités à « briser le silence des aînés ».\n\n\nL’art, trait d’union entre le passé et le présent \n\n\nJe retrouve plusieurs des jeunes participants à ces ateliers dans la ville de Battambang, dont ils sont originaires. Plus précisément au siège de Phare Ponleu Selpak (La lumière de l’art, partenaire du CCFD-Terre Solidaire). « J’ai été vraiment impressionné par Vann Nath, avoue Both Sorin. Il m’a longuement parlé de ce qu’il avait vécu à S 21. Je n’imaginais pas que la cruauté humaine puisse aller si loin.  » Des pans insoupçonnés de leur histoire se sont révélés. « Ma famille a connu la déportation et son cortège de souffrances, dit Sou Sophy, mais elle ne m’a livré que des bribes de ce passé terrible. » « Je suis né dans un camp de réfugiés, complète Nov Cheanick. À présent, je me sens une responsabilité sociale. L’art, trait d’union entre le passé et le présent, peut aider à changer les mentalités.  » \nTous ont fini l’école et bénéficiant d’une notoriété naissante, commencent à voler de leurs propres ailes. « Je divise en trois ce que je gagne, explique Pen Robit. Une part pour ma famille, une pour vivre et acheter le matériel de peinture et la dernière pour payer des cours d’anglais et de français. » « Moi, dit Sou Sophy, je mets de l’argent de côté, car j’aimerais ouvrir une galerie à Battambang, exposer mes toiles et celles de mes amis.  » « Même si nous y attachons beaucoup d’importance, nous ne sommes pas focalisés sur le passé  », poursuit Both Sorin. Il nous montre quelques tableaux de facture classique, esquisses de temples ou scènes de la vie quotidienne. « Les touristes qui nous rendent visite, explique-t-il, ont aussi envie de rêver. » \n\n\nDe la décharge aux feux de la rampe\n\n\nAutour de nous, le mini village qui abrite Phare Ponleu Selpak (PPS) bourdonne comme une ruche. Phare scolarise 1 500 élèves issus de familles défavorisées des environs, dont 76 accueillis comme internes, et multiplie les activités culturelles : cirque, théâtre, musique, cours de hip hop, arts graphiques... L’un des pionniers de cette success story associative, Khuon Det, aujourd’hui directeur artistique de Phare, rappelle les prémices : les cours de dessin donnés en 1986 aux enfants réfugiés près de la frontière thaïlandaise, afin qu’ils surmontent les traumatismes de la guerre et de la vie en camp. \nUn projet repris en 1994 à Battambang, notamment avec les enfants de la rue ou ceux qui triaient les ordures de la décharge. « Depuis toujours, insiste Khuon Det, nous essayons de détecter le talent artistique. Et nous y arrivons, même parmi les plus vulnérables des enfants !  » \nLa troupe de comédiens est mobilisée sur un projet d’envergure : la reprise de la pièce créée en 1985 par Hélène Cixous et Ariane Mnouchkine et le Théâtre du Soleil, L’histoire terrible et inachevée de Norodom Sihanouk. « C’est un autre volet de notre passé que nous tentons de nous réapproprier. On peut le voir comme un complément aux procès des Khmers rouges  », glisse Khuon Det. De fait, le réquisitoire contre l’ancien roi est sévère. Même si l’ex-souverain n’entretenait pas d’illusion sur les Khmers rouges – « Quand ils n’auront plus besoin de moi, ils me cracheront comme un noyau de cerise  », avait-il prédit – sa fatuité et sa rancœur contre le putschiste Lon Nol et ses soutiens américains étaient telles qu’il s’engagea dans une alliance avec « le diable ». Après une série de représentations au Cambodge, il est prévu que la pièce fasse une tournée en France, à l’automne 2011, et aux États-Unis en 2013. \nMais l’accent est surtout mis sur le cirque, école de solidarité. « Les acrobates doivent pouvoir pleinement compter les uns sur les autres, sinon c’est l’accident. » Fort d’une renommée croissante, le cirque de Battambang multiplie désormais les tournées à l’étranger, en France notamment. Lors de notre passage, des circassiens de quinze à dix-huit ans rodaient avec bonheur le spectacle « Où est-ce que le soleil se lève ? », métaphore chorégraphiée de la période khmère rouge.\n\n\nLes pirouettes du destin\n\n\nSous le chapiteau, Phounam Pen, dix-neuf ans, arbore un sourire juvénile étincelant. Contorsionniste vedette de la troupe, elle a bénéficié d’un stage d’un an au Vietnam avant d’effectuer plusieurs tournées en France et en Allemagne. Elle semble rayonner de bonheur, elle revient pourtant de loin. « Mon père, traumatisé par les massacres de ses proches sous le régime des Khmers rouges, s’est mis à boire de plus en plus au fil des ans. Sous l’emprise de l’alcool, il frappait tout le monde à la maison. Heureusement, j’ai pu trouver refuge ici, à l’internat de PPS. Mon père est décédé du sida en 2002. Grâce au cirque, j’ai pu m’en sortir. Sinon, poussée par le désespoir, je serais sans doute partie en Thaïlande, comme deux de mes grandes sœurs.  ». \nQuand on lui fait part des dernières statistiques de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) : 731 ressortissants cambodgiens, victimes de trafics humains ou réduits en esclavage, en Thaïlande et Malaisie notamment, rapatriés entre 2007 et 2010, Phounam Pen laisse tomber, un voile sur le regard : « J’ai échappé de peu à ce destin. » \nBientôt, son visage s’illumine à nouveau. On la sent pleine de force. « En ce moment, je joue dans le spectacle Putho ! Il traite des relations actuelles entre garçons et filles, polluées par l’argent et même du sujet tabou de l’homosexualité féminine. » Elle éclate de rire : « Je ne sais pas ce que ma mère va dire !  »\n\n\nS’emparer des défis sociaux\n\n\nÀ proximité du chapiteau, un bâtiment en dur accueille le studio d’animation où quelques jeunes réalisent vidéos et dessins animés. « Avec le concours de l’association Oxfam-Québec, indique Chhunly Poy, nous venons d’achever un film de sensibilisation sur les risques de l’exil en Thaïlande pour les enfants et les adolescentes guettés par le travail forcé ou la prostitution. Vous pouvez le voir sur YouTube. » Un peu plus loin, une autre équipe tire le bilan de ses visites dans les prisons de Battambang et Sisophon et du travail de réhabilitation de jeunes trop accros à la yama, l’herbe locale, ou à l’héroïne. « Nous organisons des ateliers de musique ou de théâtre avec les détenus, expose l’un d’eux. Nous avons aussi pris des photos des prisonniers que nous apportons à leur famille, pour rétablir des liens souvent coupés. » \nÀ l’instar des artistes de Phare, une fraction de la jeunesse cambodgienne n’hésite plus à revisiter le passé et à s’emparer des défis sociaux d’aujourd’hui. Avec pragmatisme. Ceux qui ont participé à « L’atelier de la mémoire » de Phnom Penh se souviennent avec émotion de la toile composée devant eux par Vann Nath. Une « peinture testament » intitulée Deux lotus. Ces lotus, qui symbolisent selon les croyances bouddhistes, la pureté et l’innocence, réussissent à survivre dans un environnement hostile. Surtout, une petite fleur grandit dans l’ombre protectrice de son aînée. Un vrai message d’espoir pour le Cambodge nouveau."}
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Cette commission ad hoc a été créée en 2007 par la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco), et sensibilise de la base au sommet pour une meilleure gestion des mines et des forêts en République démocratique du Congo (RDC). \nA l’occasion de sa visite en France, il revient, avec la chargée de mission Morgane Laurent, sur le plaidoyer en cours auprès de la Commission européenne, en vue de l’adoption d’une législation contre « les minerais du sang » et sur le contexte de la région des Grands Lacs. \nEntretien croisé. \n\n\n\n\nOù en est le plaidoyer au niveau européen  contre les « minerais du sang », ces minerais dont l’exploitation et le commerce sont susceptibles de financer et d’alimenter les conflits, et les violations des droits humains?\n\n\nMorgane Laurent  : Un projet de règlement de la Commission européenne a émergé en mars 2014 sur l’approvisionnement responsable en minerais depuis les zones de conflit ou à haut risque. Un vote est prévu en Commission du commerce international pour la mi-avril, avant un vote en plénière du Parlement européen prévu pour le mois de mai 2015. \nLa société civile européenne et les partenaires qui sont sur le terrain comme le CERN jugent le texte très insatisfaisant, pour trois raisons : \n\n D’abord, le texte en l’état actuel reste non contraignant. Il préconise un mécanisme volontaire pour les entreprises, qui peuvent choisir ou non de faire la lumière sur leur chaîne d’approvisionnement.  Ensuite, ce texte est très restreint au niveau de son champ d’application. Il concerne trop peu d’entreprises et de ressources – étain, tantale, tungstène et or. Nous recommandons d’inclure le cuivre et les pierres précieuses qui posent problème en Birmanie par exemple.  Ne sont concernées que les entreprises qui importent ces minerais sous forme brute, et sont exclues du projet de règlement toutes les entreprises qui importent des produits finis tels que les téléphones portables contenant ces minerais et les mettent ensuite sur le marché européen.\n\n\nComment orientez-vous le plaidoyer européen?\nNous visons les eurodéputés, de manière à influencer le Parlement, en coordination avec les organisations européennes mobilisées. Chacun dans son pays va influer sur les eurodéputés ciblés, qui appartiennent à trois commissions parlementaires impliquées sur le projet de règlement sur les minerais des conflits (Commerce international, Affaires étrangères et Développement). \nLes bénévoles du CCFD-Terre Solidaire ont interpellé les députés, pour demander un règlement plus ambitieux, comme nous l’avons préconisé dans notre rapport publié en octobre. \nLes bénévoles ont aussi été voir les évêques pour leur demander leur soutien. Une déclaration a été signée par 135 évêques de 37 pays, dont 20 en France. \nElle nous permet d’interpeller des eurodéputés qui sont plus au fait des questions de commerce que celles des droits humains. \nUn autre volet du plaidoyer porte sur le gouvernement français. Le CCFD-Terre Solidaire est engagé dans un plaidoyer auprès du gouvernement français, avec Amnesty International, Sherpa et d’autres ONG, pour pousser les autorités à prendre des positions fortes contre les minerais du sang. \n\n\nQue reste-il à faire, en RDC et en Europe, pour que les choses changent durablement ?\nHenri Muhiya  : En plus de cette réglementation européenne, il faut soutenir les réformes en RDC pour rétablir l’autorité de l’Etat sur tout le territoire et mettre un terme aux conflits. Ensuite, nous pourrons voir comment faire en sorte que ces ressources profitent au développement des régions d’où elles sont tirées – dans la transparence générale. Il faudra aussi apporter l’électricité près des mines, pour mécaniser les puits et les rapprocher des centres de négoce et de traitement des minerais. En encadrant et en développant le secteur, on pourra réduire les fraudes et les « pertes » actuelles de minerais entre les puits et les centres de traitement et de négoce. \n\n\nMorgane Laurent : Pour nous, l’objectif à court terme porte sur ce projet de règlement européen. Le plaidoyer continue. Un travail doit être fait pour sensibiliser les médias et la population en France.\nIl faut aussi envisager comment la France et l’UE peuvent appuyer les dispositifs déjà existants de certification des mines.\nIl est en effet nécessaire d’encadrer les sociétés qui opèrent en eaux troubles dans ces régions. Ainsi, une société canadienne comme Alphamines, qui opèrent dans le Nord Kivu, traîne un lourd passif dans ses liens avec les communautés sur place : elle est accusée d’avoir eu recours à des acteurs armés pour sécuriser la mine, qui se sont livrés à des exactions. \nPour les sociétés française et européennes, nous demandons également à nos gouvernements d’encadrer les entreprises, quand elles vont s’installer dans des zones de conflit ou à haut-risque. C’est par exemple le cas de Total qui a obtenu un permis d’exploration près du parc national des Virunga en Ituri. \nD’autre part,  se pose la question de la cohabitation  entre les  entreprises industrielles et les mineurs artisanaux. Des mesures d’accompagnement du secteur devront être mises en place pour favoriser le développement et permettre la meilleure redistribution possible des richesses produites. \nNous agissons donc ici, en France et en Europe, et nous appuyons en RDC nos partenaires qui travaillent sur ces thématiques – et notamment dans le plaidoyer sur le code minier.\n\n\nPour en savoir plus : Un contexte sécuritaire complexe\nLes nombreux groupes armés qui sévissent dans la région sont animés par des intérêts économiques, sociaux, politiques et sécuritaires. L’implication du Rwanda et de l’Ouganda, et dans une moindre mesure du Burundi, alimentent l’insécurité. Si les gouvernements de la région reprochent aux autorités de la République démocratique du Congo (RDC) de ne pas assez contrôler son territoire, la responsabilité de ses voisins se pose aussi.\n\n\nLes rebelles du M23 dans le Nord-Kivu ont été fortement soupçonnés d’être armés et financés par le Rwanda et l’Ouganda et d’être impliqués dans les trafics de minerais (étain et coltan) extraits de cette région de RDC qui leur est frontalière. Depuis leur déroute militaire fin 2013, la situation s’est-elle améliorée sur le terrain ?\nHenri Muhiya  : On redoute la résurgence du M23, qui pourrait renaître de ses cendres. Des signes inquiétants se multiplient : on enregistre de nombreuses tentatives d’infiltrations de groupes armés depuis le Rwanda ou l’Ouganda. De plus, à de nombreuses reprises, le Rwanda n’a pas semblé vouloir s’impliquer dans les discussions politiques menées notamment  par  la Conférence internationale sur la région des Grands lacs (CIRGL). \nPour la question des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), ces anciennes milices hutues génocidaires qui se sont réfugiées en 1994 en territoire congolais, et qui donnent toujours un prétexte à Kigali pour maintenir une pression militaire sur l’est de la  RDC, directe ou indirecte, l’idée qui prévaut à Kigali est qu’il faut recourir à la force. Pourtant, on peut se demander si la solution est militaire. \n\n\nQue faut-il pour trouver une solution durable à ces problèmes d’intervention du Rwanda en territoire congolais, en partie pour exporter des minerais extraits du sous-sol congolais via son propre territoire, comme l’ont dénoncé à maintes reprises les Nations unies ?\nTant qu’il n’y aura pas de volonté politique au Rwanda en faveur de la paix et d’un dialogue régional réel, il ne se passera rien. Or, l’opinion publique au Rwanda est alignée sur le pouvoir, muselée. La clé du conflit, c’est l’ouverture politique au Rwanda et un dialogue inter-rwandais pour permettre le retour des milices, une fois désarmées et démobilisées, qui sont actuellement réfugiées en RDC. Leur présence continue de justifier l’intervention militaire du Rwanda en territoire congolais. \n\n\nPropos recueillis par Sabine Cessou"}
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La France veut ainsi pouvoir prévenir et empêcher à la source les flux migratoires. Pour ce faire, depuis 2007, une nouvelle génération d’accords, a vu le jour pour créer au Sud les conditions pour « externaliser » les politiques de contrôles des flux : ce sont les accords de gestion concertée des flux migratoires et de codéveloppement. Très concrètement, il s’agît de mêler politique de développement et « prévention de l’émigration non souhaitée » dans des accords bilatéraux discutés de façon opaque. La France incite ainsi les Etats du Maghreb et du Sahel à contrôler leurs frontières afin de limiter le plus possible les flux migratoires.\n\n\n\nAlors même que les flux africains en direction de l’Europe sont minoritaires, et que cette politique ne correspond pas aux intérêts véritables de ces pays, le pouvoir politique actuel a fait preuve d’une réelle volonté d’affichage en cherchant à signer le plus grand nombre d’accords possibles, y compris avec des pays insignifiants en terme d’émigration vers la France (comme le Cap-Vert). Certains accords se sont pourtant révélés impossibles à signer, notamment avec des pays phares en termes de migrations : c’est le cas avec l’Algérie ou le Mali. Malgré les pressions exercées par le Ministère de l’intérieur ou le gouvernement français sur l'État malien, ce dernier a refusé d'apposer sa signature. Pour le Mali, le très faible taux de régularisation des ses ressortissants présents en France (et qui risquent donc l’expulsion) est une question sensible : pour cause, le montant des transferts de fonds effectués par les Maliens vivant en France est estimé à 295 millions d’euros par an, soit 11 % du PIB malien. \n\n\nLes accords signés comprennent 3 volets :\n\n\n\n Le premier limite drastiquement les possibilités de migration légale  (alors que le droit commun inclut déjà des dispositifs relatifs au visa, à l’immigration de travail, à l’accueil et au séjour des étudiants). Le deuxième est relatif à la lutte contre l’immigration irrégulière et comprend, pour le pays signataire, des clauses de réadmission de ses propres ressortissants et (pour certains accords) des migrants en transit sur son territoire ainsi qu’une coopération policière accrue (surveillance des frontières, etc.). Le troisième volet porte sur la  politique de développement « solidaire »  ainsi subordonnée à la collaboration des pays concernés dans la lutte contre l’immigration « illégale ». Intervenant en dernier lieu dans l’accord, cette dimension de « développement solidaire » semble vouloir répondre à une  « logique de récompense », de donnant-donnant voire de monnaie d’échange.\n\n\nLes critiques contre cette démarche ont été nombreuses. Ainsi, le Sénat notait que «  la politique de codéveloppement apparaît davantage tournée vers un objectif interne, freiner l’immigration et favoriser le retour des migrants, que vers une politique « externe » visant à favoriser le développement du pays d’origine ». Ces accords servent ainsi des objectifs de renforcement des contrôles migratoires. \n\n\nAlors où les problématiques sont de plus en plus régionales, où les espaces de concertation au plan économique et politique se construisent et se développent, il semble tout à fait inadapté de la part de la France de privilégier ce type d'accord bilatéraux. \n\n\nCHIFFRES CLES\n\n\n- 14 accords de gestion concertée ont été signés avec des états africains mais aussi avec des pays des Balkans ou encore la Russie. 9 ont été ratifiés. Le gouvernement français s’est fixé un objectif de 20 accords signés d’ici 2013.\n\n\n- Bien qu’il existe une distinction formelle, les chiffres de l’Aide publique au développement française attribuée à un pays qui a signé un accord de gestion concertée, comparés à un pays qui refuse de signer, parlent d’eux mêmes : ainsi le Sénégal (signataire) a reçu 146 millions d’euros entre 2008 et 2009 et le Mali (non signataire) seulement 78 millions d’euros pour la même période. \n\n\nDES IMPACTS AU SUD\n\n\n« Dans le but de satisfaire les exigences de l’UE, le Maroc s’est engagé dans une guerre accentuée, très accélérée, contre les migrants sur son territoire. Au nom de cette guerre, les autorités marocaines ont décidé, sous l’impulsion européenne, de rendre les empreintes digitales obligatoires, en sus de l’image faciale des migrants interpellés. (...) Le Maroc deviendra responsable des migrants qui franchissent ses frontières. »\n\n\nExtrait du communiqué de presse «Plus d’une centaine de migrants d’origine subsaharienne interpellés à Oujda », publié par le partenaire du CCFD-Terre Solidaire, l’association ABCDS qui travaille auprès des migrants à Oujda, (30 août 2010).\n\n\nLa demande phare du CCFD-Terre Solidaire\n\n\nRenégocier des accords de gestion concertée, sur une base juste et équitable, fondés sur le respect de droits des migrants et en les dissociant de la politique d’aide au développement.  \n\n\nComment ?\nCette renégociation passe par l’abrogation des accords existants, et la renégociation d’accords de circulation et d’installation, qui devraient :\n\n prendre en compte les intérêts fondamentaux des pays d’origine se faire de manière transparente être le fruit d’une véritable concertation avec les acteurs de la société civile, les partenaires sociaux et les migrants eux-mêmes cesser de subordonner le volet développement à la collaboration des pays à lutter contre l’émigration : il faut dissocier ces deux aspects qui n’ont rien à faire dans le même accord\n\n\nLe CCFD-Terre Solidaire et ses partenaires appellent à dissocier fermement les accords de coopération et d’aide au développement des politiques de gestion des flux migratoires. Il faut cesser de négocier des accords bilatéraux opaques, où l’aide au développement est conditionnée à l’acceptation par les Etats de lutter contre l’émigration. Tout accord digne de ce nom doit prendre en compte les intérêts des pays d’origine et des migrants. La politique migratoire doit être fondée avant tout sur le respect des droits fondamentaux des personnes.\n\n\nAutre demande  \n\n\n\n Encourager la construction d’accords multilatéraux appuyés sur les structures régionales (Union Européenne, CEDEAO, CEMAC, etc.)."}
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A l'époque il n'y avait rien ici, ni eau courante, ni électricité. Le terrain n'avait aucune valeur immobilière. » Mais depuis 2007, les choses ont changé. « La Municipalité lorgne sur ces terres pour y construire des ensembles immobiliers de luxe. Du coup, elle nous interdit d'agrandir ou simplement d'améliorer nos logements. Nous avons même reçu des menaces d'employés de la Mairie, assurant que nous n'avions pas le droit de vivre ici. Mais nous ne céderons pas, car nous savons que nous sommes dans notre droit. »\n\nBienvenue à Playa Norte, un quartier de la ville argentine de Santa Fé, capitale de la province éponyme. Situé en bordure de la Laguna Setubal, au nord de cette ville de 350 000 habitants, Playa Norte accueille quelques 200 familles, soit près de 1500 personnes. « Toutes ces familles sont venues s'installer ici avec l'espoir de se construire une vie plus digne »,  explique Juan Picatto, coordinateur de l'ONG Canoa, partenaire du CCFD-Terre Solidaire depuis janvier 1995. \nQuitte à occuper des emplois précaires, tels qu'employées de maison, jardiniers, maçons ou vendeurs ambulants. « La plupart n'ont pas de titres de propriété, admet Juan Picatto. 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Nous organisons aussi des sessions de formation destinées aux dirigeants de quartier pour l'élaboration et la gestion de projets d'habitat populaire, toujours à partir des demandes formulées par les habitants. »  Une démarche qui se décline sous la forme de différents programmes, mais qui répond à une philosophie unique. « Dans un pays marqué par la pauvreté et l'exclusion, nous voulons contribuer à consolider une société démocratique, participative et solidaire. »\n\nL'un des projets phare de Canoa se situe à Santa Rosa de Lima, le plus gros quartier de Santa Fé -20 000 habitants- situé à l'ouest de la ville. « Ce quartier a été fondé dans les années 1920, indique Maria Belen Rivero, travailleuse sociale, au sein de Canoa. Au fil du temps, il s'est « auto urbanisé », dans la mesure où les habitants se sont eux-mêmes chargés de délimiter les parcelles pour les logements, de tracer les rues et de gérer les services de voirie. » Résultat ? 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Nous avons donc développé, avec les principaux intéressés, un programme de construction de maisons grâce à l'accès à des micro crédits permettant aux jeunes, avec l'aide de professionnels, de construire eux-mêmes leur maison. » \n A ce jour, une douzaine de jeunes, essentiellement des femmes, ont eu accès à ce programme. « Les femmes se mobilisent d'avantage sur la question du logement et de la vie du quartier en général,  admet Marcos Barberis. Nous profitons de cette initiative pour renforcer le leadership et la participation des femmes dans les processus de décision qui concernent tous les aspects de la vie quotidienne. »\nCar pour les membres de Canoa, l'Habitat Populaire ne se limite pas à avoir un toit.  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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/appel-a-mobilisation-les-multinationales-doivent-declarer-leurs-impots/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/appel-a-mobilisation-les-multinationales-doivent-declarer-leurs-impots/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Appel à mobilisation, les multinationales doivent déclarer leurs impôts","datePublished":"2016-06-07T11:38:58+00:00","dateModified":"2024-09-25T15:33:56+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/appel-a-mobilisation-les-multinationales-doivent-declarer-leurs-impots/"},"wordCount":636,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Évasion fiscale","Paradis fiscaux","Régulation des multinationales","Responsabilité sociale des entreprises"],"inLanguage":"fr-FR","description":"Du mardi 7 juin au jeudi 9 juin mobilisez-vous pour la transparence, partout et maintenant ! \n\nLes multinationales doivent déclarer leurs impôts comme n’importe quel contribuable !  A l’initiative du CCFD-Terre Solidaire, d’ATTAC, de Peuples Solidaires ActionAid France, d’Oxfam et de ONE en partenariat avec la Plateforme Paradis Fiscaux et Judiciaires, rendez-vous devant l'Assemblée nationale pour interpeller les députés et dénoncer l'opacité financière.\n\n\n\n\nPour agir, deux actions possibles :\n\n\nRendez-vous mercredi 8 juin à 19h30 à Paris, place Jacques Bainville (métro Solférino) pour interpeller les députés et dénoncer l'opacité financière en jouant à un colin maillard géant avec des bandeaux aux couleurs des multinationales du CAC 40.)\n\nInterpellez vos députés par mail, téléphone, ou twitter via la plateforme http://lobbycitoyen.fr/loisapin2/\n\nMardi 7 juin 2016, c’est la date limite pour déclarer ses revenus en ligne en Ile-de-France. Comme chaque année, des millions de contribuables, particuliers et entreprises vont déclarer leurs revenus afin de payer des impôts et financer le fonctionnement des services indispensables à la vie de notre société : enseignement, sécurité, solidarité, justice, santé... Malheureusement, cette année encore, 60 à 80 milliards d'euros vont manquer au budget de l’État français, parce que des entreprises multinationales et des riches particuliers qui auront recours à la fraude et à l'évasion fiscales ne déclareront pas leurs revenus réels. Les multinationales doivent déclarer leurs impôts comme n'importe quel contribuable !\n\nMardi 7 juin 2016, c’est aussi à l’Assemblée nationale le début des débats sur le projet de loi \"Sapin 2\" sur la transparence, la lutte contre la corruption, et la modernisation de la vie économique. Ce projet de loi est porteur d'avancées en matière de protection des lanceurs d'alerte et d'encadrement des lobbies. Il peut également marquer un tournant dans la lutte contre l'évasion fiscale en instaurant le \"reporting pays par pays public\", soit l'obligation pour les multinationales de rendre publics leurs chiffres d'affaires, leurs effectifs, leurs profits et les impôts qu'elles payent dans tous les pays où elles sont présentes. \n\nUne telle mesure permettrait de limiter les pratiques d'évasion fiscale auxquelles les multinationales ont systématiquement recours pour ne pas avoir à payer des impôts dans les pays où elles exercent réellement leurs activités [[Enquête de la revue Projet en partenariat avec la Plateforme paradis Fiscaux et Judiciaires « Qu’emporte le CAC 40 au paradis ? » février 2014.]]. Cette mesure serait particulièrement utile pour les pays en développement, qui subissent de plein fouet ces pratiques et sont ainsi privés de 180 milliards d'euros  de recettes fiscales par an, une source de revenu essentielle pour la lutte contre la pauvreté. \n\nEn décembre 2015, sous la pression des lobbies, le Gouvernement avait bloqué le vote de cette mesure par l'Assemblée nationale [[Voir communiqué de la Plateforme Paradis Fiscaux et Judiciaires,  « Une manœuvre à l’Assemblée nationale fait voler en éclats l’ambition de transparence fiscale des députés », décembre 2015 et article du Monde « Fiscalité : Bercy écarte le projet d’une plus grande transparence pour les grandes entreprises ».]]. La mobilisation citoyenne est indispensable pour que les députés se prononcent en faveur d'une vraie transparence et que les multinationales paient leur juste part d'impôts au même titre que n'importe quel autre contribuable.\n\nPour en savoir plus : lire les deux notes de la Plateforme « Lutte contre l’évasion fiscale : il est urgent d’agir en faveur de la transparence » et « Reporting pays par pays public pour lutter contre l’évasion fiscale : les 14 raisons pour lesquelles la France doit soutenir cette proposition »"}
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Qu’en penser avec le recul ? Comme souvent, la vérité se situe entre les deux.\n\nEn deux ans, 37 territoires ont disparu des listes grise et noire de l'OCDE, blanchis pour avoir accepté de faire un pas vers l’échange d’informations fiscales.  Si pour certains d’entre eux, il s’agissait d’une grande première, leur accorder un blanc seing définitif en contrepartie de cet engagement n’était certainement pas le meilleur moyen de maintenir la pression.\n\nRappel sur les listes OCDE\n\nÀ la demande du G20 de Londres, l’OCDE se livre à un périlleux exercice de contorsion diplomatique : lister les paradis fiscaux. Épargnant d’emblée les territoires un peu trop connectés politiquement à certains États du G20 comme les îles vierges britanniques ou Hong-Kong ou Macao, les listes publiées le 2 avril 2009 sont au nombre de trois : une liste « noire » des pays qui ne se sont jamais dits prêts à coopérer avec le fisc étranger ; une liste « grise » des pays qui ne s’y sont engagés que par oral (on parle de « territoires non-coopératifs ») ; et une liste « blanche » pour ceux qui ont signé des traités d’échange d’informations avec au moins douze autres territoires à qui ils promettent de communiquer des renseignements en matière fiscale, à la demande.\nEspèce en voie de disparition\nLe 2 avril 2009, la liste noire compte 4 États, la liste grise 38. Il n’a pas fallu huit jours pour que la liste noire se vide (un engagement oral des quatre États a suffi). Quant à la liste grise, elle a tellement fondu qu’elle ne compte plus, à ce jour, que 5 territoires non-coopératifs pesant pour moins de 0,04 % du marché mondial de la finance offshore (des services financiers aux non-résidents).\n\n\nUne forte incitation au changement\n\nIl faut mettre au crédit de l’OCDE l’évolution qu’ont opérée, sous la pression, de nombreux paradis fiscaux. Début 2009, l’idée même de communiquer un jour des informations à une administration fiscale étrangère était absolument exclue de la part de certains pays. Singapour, par exemple, refusait même de discuter avec l’OCDE. À présent, plus un territoire ne peut se permettre de refuser d’ouvrir le dialogue à ce sujet. Il n’y en a plus, à ce jour, que 3 (Guatemala, Nauru, Niue) n’ayant signé aucun traité d’échange d’informations fiscales, contre 26 le 2 avril 2009. Environ 420 traités d’échange de renseignements fiscaux (TIEA) ont été signés depuis le G20 de Londres, contre une soixantaine auparavant. Au total, depuis avril 2009, on recense plus de « 700 conventions » qui comportent l’échange de renseignements à la demande selon Jeffrey Owens, directeur du centre de politique et l’OCDE (Forum fiscal mondial). Autrement dit : montrer du doigt des territoires est une stratégie efficace pour les obliger à agir. Reste à savoir si les changements exigés sont satisfaisants.\nUne liste blanche trop accueillante\nLe critère retenu pour intégrer la liste « blanche » est extrêmement laxiste, permettant ainsi aux principaux paradis fiscaux de se refaire une image « coopérative » à peu de frais :\n\n- les listes OCDE ne s’attaquent qu’au volet fiscal des paradis fiscaux, comme si ces derniers ne constituaient pas aussi des trous noirs pour la justice étrangère et les autorités de régulation financière ;\n\n- les conventions signées n’engagent pas forcément à grand-chose (voir question 3) ;\n\n- le chiffre de 12 est dérisoire alors qu’il existe plus de 242 territoires en capacité de signer des conventions fiscales. Le chiffre communiqué par l’OCDE des 700 conventions signées depuis 2009 est à mettre en relation avec les 29 161 traités bilatéraux qui pourraient potentiellement exister ;\n\n- la faiblesse du critère pour sortir de la liste grise a permis dès le départ d’épargner plusieurs paradis fiscaux notoires (Barbade, Île Maurice, Jersey...) ;\n\n- il a suffi pour de nombreux paradis fiscaux de signer des traités entre eux ou avec des partenaires non significatifs pour atteindre le chiffre de 12, ce qui peut laisser dubitatif quant à l’utilisation qui sera faite de ces traités. Il est probable, par exemple, que l’Italie aurait su faire meilleur usage d’une convention d’échange de renseignements fiscaux avec Monaco que les Bahamas ou le Groenland mais la Principauté a préféré ces deux derniers. Étonnant ? Pas tant que ça quand on observe que sur les territoires « blanchis », seuls 12 n’ont pas eu besoin des autres paradis fiscaux pour atteindre les 12 traités et intégrer la liste blanche.\nUn mauvais signal politique\nLes faiblesses de ces listes soulèvent plusieurs problèmes :\n\n- L’OCDE étant une des seules institutions internationales à nommer les paradis fiscaux, sa liste sert de référentiel à de nombreux acteurs publics et privés, malgré ses manquements. Par exemple, la France s’en est inspirée pour élaborer sa propre liste de paradis fiscaux et prendre des sanctions à leur égard (surtaxe d’un certain nombre d’opérations financières en direction et en provenance de ces territoires). Seul léger problème : les 18 territoires qui figurent sur cette liste française en 2010 comme en 2011, n’ont jamais pesé plus de 0,2 % du marché mondial de la finance offshore. Pas de quoi alarmer les banques ou les multinationales !\n\n- Une liste incomplète ne fait que déplacer les activités offshore des places critiquées vers celles qui ont réussi à se faire oublier. C’est un argument parfois difficile à vérifier mais dont se saisissent certains paradis fiscaux. Ainsi, la Suisse par exemple ne décolère pas de la clémence du Forum fiscal mondial envers Singapour, alors que selon elle, la plupart des fonds cachés en Suisse s’y seraient réfugiés depuis 2 ans.\n\n- C’est un fait, une fois qu’un paradis fiscal est « blanchi », il ne subit plus vraiment de pression internationale. En 2009, le G20 avait clairement envisagé d’assortir les listes de sanctions, un chantier évoqué timidement par la France au début de sa présidence. Loin de faire l’unanimité, il semble avoir été abandonné.\n\nL'OCDE reconnaît elle-même que la signature des accords n’est que la toute première étape de son action. Elle compte aujourd’hui sur le Forum fiscal mondial* pour évaluer l’effectivité des traités signés et la mise en œuvre de tous les dispositifs nécessaires à la collecte et à l’échange des informations fiscales. Mais les résultats définitifs ne seront disponibles qu’en 2014.\n\nIn fine, le pouvoir des listes tient dans la publicité qui leur est faite au plan international. Après la volonté affichée par le G20 à Londres, il était difficile aux pays des listes de l’OCDE de refuser absolument le principe de la coopération fiscale. À Cannes, chacun risque de brandir le nombre de traités d’échange d’informations signés depuis Londres comme la preuve de l’efficacité des actions mises en œuvre. Si le G20 devait se contenter de pareil résultat, les listes n’auraient guère servi qu’à faire croire qu’il a réglé le problème. Ce n’est pas le processus technique de suivi, peu lisible pour le grand public, qui conférera à leur discours la force nécessaire pour faire bouger les lignes (voir question 3). Faute de liste digne de ce nom, faute d’envisager les sanctions correspondantes, les États du G20 se présenteraient à Cannes sans arme face à la finance offshore."}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/dix-ans-apres-le-premier-iphone-des-conditions-de-travail-toujours-inacceptables-dans-les-usines/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/dix-ans-apres-le-premier-iphone-des-conditions-de-travail-toujours-inacceptables-dans-les-usines/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Dix ans après le premier iPhone, des conditions de travail toujours inacceptables dans les usines","datePublished":"2017-11-03T11:26:00+00:00","dateModified":"2024-09-25T15:39:10+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/dix-ans-apres-le-premier-iphone-des-conditions-de-travail-toujours-inacceptables-dans-les-usines/"},"wordCount":588,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Régulation des multinationales","Responsabilité sociale des entreprises"],"inLanguage":"fr-FR","description":"A l'occasion de la sortie du nouvel iPhone, un groupe d’étudiants et de chercheurs basés à Hong Kong lancent une campagne de sensibilisation sur les conditions de travail dans les usines fabriquant les Iphones. Intitulée « iSlave at 10 », \"dix ans d’iEsclavage\",  la campagne s'appuie sur des entretiens avec les ouvrières et les ouvriers fabriquant les téléphones, afin de faire la lumière sur leur situation réelle. Le CCFD-Terre Solidaire a fait traduire en français leur pétition et une vidéo de sensibilisation, afin que leur témoignage puisse être entendu dans notre pays.\n\n\n\n\n          \n\n\t\n\nEn 2008, un utilisateur de l’iPhone eut la surprise de découvrir dans le téléphone qu’il venait d’acquérir la photo d’une ouvrière d’une usine chinoise. Cette photo allait déclencher une mobilisation mondiale des fans d’Apple s’interrogeant sur les conditions de travail chez les fabricants du téléphone.\nDans la vidéo animation ci-dessus, basée sur des statistiques réelles, des étudiants et chercheurs du groupe d'action SACOM, basé à Hong Kong, imagine la vie de cette jeune fille en 2017, après avoir travaillé près de dix ans pour Apple. Et sa conversation avec Siri, « l’assistant personnel intelligent » de l’iPhone.\n\n\n\n\n\n\n\n\n\n\n\n\n Pétition mondiale initiée par SACOM : Plus un seul iEsclave ! Apple doit cesser son iEsclavage dès maintenant !\n\n\nMarque leader de l’industrie du téléphone portable, Apple a gagné des centaines de milliards de dollars  depuis le lancement de son premier iPhone, en 2007. \n\n\nAlors même que la société appelle ses clients à « penser différemment » (le slogan de la marque, en anglais, est « Think Different »), les terribles abus qu’elle fait subir à ses ouvriers n’ont, eux, rien de nouveau. La corruption des élections syndicales, la flexibilisation du travail, les bas salaires, la gestion militaire, les nombreux suicides de travailleurs et autres conditions de travail abusives révoltantes n’ont jamais pris fin, tout au long de l’histoire de la production de l’iPhone. \n\n\nStudents and Scholars Against Corporate Misbehaviour (SACOM) est un groupe d’action basé à Hong Kong qui, depuis 2005, réalise un suivi de la chaîne d’approvisionnement de plusieurs marques multinationales d’appareils électroniques, de vêtements et de jouets. Depuis 2009, SACOM a publié plus de 10 rapports d’enquête dévoilant les conditions de travail inhumaines chez Foxconn et d’autres fournisseurs d’Apple en Chine et forcé Apple à revoir ses pratiques à grand renfort de campagnes et d’actions militantes. \n\n\nCette année, alors que l’iPhone fête ses 10 ans, SACOM lance la campagne “iSlave at 10” et publie des documentaires, des animations et des rapports s’appuyant sur des entretiens avec des ouvriers, afin de faire la lumière sur les violations du droit du travail commises au cours de ces 10 ans. Les trois grandes revendications de la campagne sont :\n\n\n\n Plein respect des droits syndicaux de l’ensemble des travailleurs et travailleuses. Doublement du salaire de base des travailleurs afin de leur garantir des conditions de vie raisonnables. Fin de la flexibilisation du travail.\n\n\nSacom compte sur votre soutien pour mettre fin à l’iEsclavage. Rejoignez la campagne  #iSlaveat10 :\n\n\n\n Signer la pétition \n\n\n\n\nPour plus d'informations sur campagne Iphone at 10, voir le  site de Sacom\n\n\n\n\n\n\nLire aussi  : \n- Pourquoi le CCFD-Terre Solidaire s'engage pour un traité Onu contre l’impunité des multinationales"}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/programme-deducation-des-jeunes-a-la-citoyennete-en-periode-pre-electorale/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/programme-deducation-des-jeunes-a-la-citoyennete-en-periode-pre-electorale/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Programme d&rsquo;éducation des jeunes à la citoyenneté en période pré-électorale","datePublished":"2010-12-21T00:00:00+00:00","dateModified":"2022-01-03T10:25:44+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/programme-deducation-des-jeunes-a-la-citoyennete-en-periode-pre-electorale/"},"wordCount":474,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Projet"],"articleSection":["Projet"],"inLanguage":"fr-FR","description":"Partenaires du CCFD-Terre Solidaire, l'ASB et le REJA ont pour objectif principal d’encourager l'émergence de jeunes citoyens responsables et engagés en faveur de la consolidation de la paix au Burundi. Les deux associations ont travaillé pour des élections libres, justes et transparentes.\n\n\n\nSortant d'une guerre civile qui a duré plus d'une décennie, le Burundi est dans une phase de reconstruction et de consolidation de la paix. A l'issue de la transition, les élections de 2005 ont permis au pays de se doter d'institutions démocratiquement élues.\n\n En prévision des élections de 2010, l'ASB et le REJA, partenaires du CCFD-Terre Solidaire, ont décidé de conjuguer leurs efforts pour l'éducation citoyenne et électorale des jeunes. \n\nLes deux associations ont travaillé en étroite collaboration avec la Coalition de la Société Civile. Elles ont réussi à impliquer les jeunes dans le processus électoral. \n\nL'ASB s'est donnée pour mission de \"soutenir et encadrer la jeunesse pour en faire des hommes et des femmes responsables, créatifs, avec un sens spirituel profond, de véritables agents de développement et de paix durable, en les dotant des connaissances, compétences et attitudes leur permettant de prendre en charge leur avenir, d'être utile à leurs communautés respectives et ainsi bâtir un BURUNDI où il fait bon vivre\". \n\nElle est la plus grande association de jeunes au Burundi et a déjà développé de nombreux programmes de développement communautaire dont l'éducation à la paix, des actions en faveur du droit des femmes dans la sous région des grands lacs, la lutte contre le VIH/SIDA, la protection de l'environnement, etc. \n\nL'ASB est partenaire du CCFD-Terre Solidaire et des Scouts et Guides de France depuis 1994. Ils ont mené plusieurs programmes dont le Projet de renforcement Associatif et Dynamiques Educatives (RADE). \n\nLe CCFD-Terre Solidaire a également appuyé le projet régional d'éducation à la paix pour les jeunes « Amahoro Amani ». Depuis 2009, l'appui du CCFD-Terre Solidaire se concentre sur le programme d'éducation des jeunes à la citoyenneté en période pré-électorale, mené conjointement avec le REJA et les Scouts et Guides De France. \n\nDurant l'été 2010, le REJA et l'ASB ont mené conjointement un projet d'éducation civique et citoyenne des jeunes pendant le cycle électoral.  \n\nLe REJA et l'ASB ont pour objectif principal d'encourager l'émergence de jeunes citoyens responsables et engagés en faveur de la consolidation de la paix au Burundi. Les deux associations ont travaillé pour des élections libres, justes et transparentes. \n\nDurant le processus électoral, 132 886 jeunes burundais entre 18 et 35 ans ont pu exercer leur droit à la citoyenneté. Grâce à ce programme, un demi-million de jeunes ont été sensibilisés."}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/2009-belem-au-bresil/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/2009-belem-au-bresil/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"2009, Belèm au Brésil","datePublished":"2011-01-25T17:07:00+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/2009-belem-au-bresil/"},"wordCount":1014,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"inLanguage":"fr-FR","description":"Au Forum de Belém, la délégation du CCFD-Terre solidaire et ses partenaires du Sud ont moissonné de nombreuses expériences d'alternatives à la mondialisation ultra libérale et travaillé à des convergences avec d'autres acteurs de solidarité au Nord et au Sud pour construire un monde plus juste (pour tous et en particulier pour les plus pauvres). Deux sujets ont été particulièrement approfondis : la consolidation des réponses à la crise financière, et la réflexion sur les modèles énergétiques en lien avec la gestion durable des ressources naturelles.\n\n\n\n\n\n\nFace à la crise financière : propositions et mobilisations\n\nLe CCFD-Terre solidaire a très largement contribué à l’organisation des rencontres regroupant les principaux réseaux internationaux et thématiques d’ONG et de syndicats travaillant sur les questions de dette, de régulation financière et fiscale. Des propositions conjointes ont pu aboutir, dépassant les différences de langage, de nature et de culture des organisations. Ce texte a été finalisé en Assemblée thématique, et recueille aujourd’hui les signatures d’organisations (230 signataires à ce jour). L’unanimité s’est faite pour contester la légitimité du G20 pour répondre à la crise, et pour demander que cette tâche soit confiée à un organisme plus large et plus démocratique, au sein d’une ONU réformée. Les propositions de taxes mondiales, de création d’un nouveau système de réserves internationales, le démantèlement des paradis fiscaux, la surveillance stricte des mouvements de capitaux, la lutte contre la spéculation sur les matières premières sont autant de propositions formulées lors de l’assemblée thématique finale. Un atelier plus spécifique sur le plaidoyer à mener à l’occasion du G20 a été mené à bien, et une mobilisation internationale programmée pour le 28 mars, avant la rencontre des chefs d’Etat du G20.\n\n\nAlternatives énergétiques : lancement d’une dynamique\n\nL’objectif du CCFD-Terre solidaire était d’encourager une mise en relation d’organisations du Sud mobilisées face aux grands projets énergétiques (hydroélectrique, industries extractives, agrocarburants), de favoriser la mise en réseaux et la consolidation de propositions alternatives. La série d’ateliers organisés sur ce thème a permis un échange riche et varié, en particulier entre une quinzaine d’organisations d’Afrique, d’Asie et d’Amérique Latine, et le Mouvement brésilien des Affectés par les Barrages, fort de 30 années d’expérience de luttes et de propositions alternatives. La projection d’un film réalisé par la CIDSE sur les mobilisations face aux industries extractives en Amérique latine, et les apports de Michel Doucin, ambassadeur de France pour la RSE, sur les mécanismes existants pour interpeller les entreprises sur leur responsabilité, ont permis de réfléchir aux pistes d’actions à renforcer. Au Brésil, une mobilisation conjointe pour la souveraineté alimentaire et énergétique est lancée. Les partenaires du CCFD-Terre solidaire sont invités à s’associer à cette dynamique. La nécessité d’un travail conjoint avec des scientifiques engagés a été soulignée. Le CCFD-Terre solidaire a ensuite porté les recommandations issues des travaux de ces 3 journées devant l’assemblées thématique sur la justice climatique.\n\n\nDe multiples expériences à partager avec la société civile française\n\nLes 21 bénévoles du réseau ou des mouvements, dont les 2/3 ont moins de 40 ans, avaient reçu un mandat de leurs délégations ou mouvements pour vivre l’expérience du FSM : celle d’une rencontre avec les sociétés civiles du monde entier. Leur participation est un investissement pour leur délégation, qui les charge d’être ensuite moteurs pour vivifier le réseau CCFD-Terre solidaire. Ils ont pleinement assumé cette responsabilité en suivant activement les axes de travail portés par le CCFD-Terre solidaire et quantité d’autres dynamiques dans le Forum. Ils ont pu approfondir leurs connaissances et analyse sur les thèmes du développement défendus par le CCFD-Terre solidaire, et rencontrer lors d’échanges informels de nombreux acteurs de la société civile venus du monde entier. Une expérience très enrichissante et motivante, dont ils ont rendu compte, au quotidien, par la tenue d’un blog très dynamique sur le site du CCFD-Terre solidaire. Ils vont désormais restituer cette expérience lors de nombreuses rencontres et conférences en France, auprès de leurs délégations et du grand public.\n\n\nPour les partenaires du Sud, l’occasion de construire et consolider des alliances\n\nLes 12 organisations directement invitées par le CCFD-Terre solidaire, mais aussi d’autres partenaires retrouvés sur place, ont pu échanger les uns avec les autres, et intervenir dans de nombreux débats et rencontres sur place. Pour certains, il s’agissait de consolider un travail au sein d’alliances déjà forgées. Pour d’autres, l’enjeu était d’aller à la découverte de nouvelles thématiques, approches, réflexions, ou de nouvelles organisations, de confronter leurs expériences et modes d’action, et de prendre connaissance de divers réseaux dont ils sont éloignés aujourd’hui. Un travail qu’ils vont poursuivre dans les mois à venir avec l’accompagnement du CCFD-Terre Solidaire.\n\n\nDes medias français peu présents, mais une bonne couverture de la presse écrite\n\nMalgré l’absence d’envoyés spéciaux des medias audiovisuels, et le peu de place accordée au sujet dans les médias français pour cause de forte actualité sociale dans l’hexagone, le CCFD a pu faire connaître ses positions, celle de ses partenaires du Sud et le résultat de ses travaux dans plusieurs sujets radios (France inter, France info, RFI) et même au cours d’un duplex avec Davos sur France 24. Et plus largement dans l’ensemble des titres de la presse écrite qui ont couvert le FSM (Le Monde, Les Echos, La Croix, Libération, La Vie, Réforme…)"}
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Cette indépendance est le résultat du référendum d’autodétermination organisé en janvier 2011, conformément à l’accord global de paix signé en 2005 entre les autorités soudanaises de Khartoum et l’Armée Populaire de libération du Sud Soudan. Une nouvelle page de l’histoire du Soudan et du Soudan du Sud s’ouvrait alors. Un an après ce référendum où en sont ces deux pays ? \n\n\n\nQue devient le Soudan, un an après le référendum \n\nLe Soudan, en perdant un quart de son territoire (20% de sa population) et 36% de ses revenus doit se réorganiser. En réaction à la sécession du Sud Soudan et à la grave crise économique que connaît son pays, le Président soudanais a annoncé à l’automne 2011, le projet d’adoption d’une nouvelle constitution basée sur la loi islamique et sur la suprématie de la culture arabe. Ce projet constitutionnel est un signe de la radicalisation du régime de Khartoum en réponse à la perte du Sud Soudan (vécue comme un traumatisme et un camouflet par les populations soudanaises) et aux risques de contagion des contestations libyennes et égyptiennes. Cette nouvelle constitution remettra en cause celle issue des accords de paix entre le Nord et le Sud Soudan de 2005 et qui garantissait un minimum de liberté d’opinion et d’espace démocratique. Ce projet de constitution basée sur la charia n’est pas populaire au sein de la population nord soudanaise car elle signifie de fait une restriction de la vie démocratique du pays et une marginalisation dans la sphère publique et économique des communautés musulmanes non arabes, mais également des minorités chrétiennes et animistes. Cette perspective de créer ainsi un Etat arabe et musulman est aussi une volonté pour Khartoum de sortir de son isolement en renforçant des alliances avec les nouveaux régimes libyens et égyptiens (via les mouvements islamiques locaux que Khartoum est soupçonné d’avoir aidé pendant les révolutions arabes). Un an après la sécession du Sud, le régime de Khartoum reste toujours en conflits avec plusieurs provinces du pays (Darfour, provinces de l’Est, Monts Nouba) et aucune perspective immédiate de résolution politique de ces conflits. \n\nLe Soudan avait été le premier pays africain à reconnaître l’indépendance du Soudan du Sud, les relations entre les deux pays se sont-elles depuis renforcées ?\n\nAu contraire, les relations entre le Nord et le Sud Soudan, sont loin d’être apaisées. De nombreux litiges frontaliers persistent et les deux pays s'accusent mutuellement d'entretenir des milices rebelles (notamment au niveau de la zone pétrolière d’Abyei, victime de violents affrontements au cours de l’été 2011). Les deux pays dépendent essentiellement des revenus du pétrole (98% du budget du Soudan du Sud) qui est extrait au Sud Soudan et est exporté vers le nord via un pipe-line contrôlé par Khartoum. Ainsi, en décidant d’interrompre la production pétrolière, pour protester contre  les frais de transit perçus par Khartoum – et jugés excessifs par Juba- le Soudan du Sud a provoqué en janvier 2012 une crise majeure avec le Soudan. Tension qui a conduit l’Union Africaine a amené les deux pays à signer un pacte de non agression. Accord, violé 48h plus tard par Khartoum qui bombardait  la région de Jau, au nord-est du Soudan du Sud en réaction à des attaques rebelles sur son territoire. La perspective d’une reprise de combats violents et généralisés entre le Nord et le Sud Soudan n’a jamais été aussi forte.\n\nAu moment de l’indépendance, beaucoup doutaient des capacités du gouvernement sud-soudanais à affronter les nombreux défis de ce nouveau pays. Qu’en est-il aujourd’hui ? \n\nUn an après le référendum, tout ou presque reste à construire au Sud Soudan. Les besoins en matière de santé, d’éducation, de nutrition restent toujours aussi énormes et ce malgré la très forte implication de la communauté internationale. L’Etat - miné par des rivalités ethniques et par une corruption parmi les plus fortes du monde – ne joue pas son rôle de coordination des politiques d’aides humanitaires et développement territorial cohérent. Des régions entières (comme celles du nord) restent oubliées et victimes de mouvements rebelles très actifs. L’appartenance ethnique toujours très importante au Sud Soudan demeure un véritable marqueur identitaire qui est utilisé dans les jeux d’acteurs entre les différentes forces politiques en présence au Soudan du Sud. Bientôt, un an après l’indépendance l’avenir de ce jeune pays demeure bien fragile.\n\nEt les populations ?\n\nLes populations du Nord et du Sud subissent de plein fouet les conséquences de ces manœuvres politiques. Les mouvements de déplacés ou de réfugiés fuyant les zones de conflits ou les rivalités ethniques restent très importants. Les tensions transfrontalières, les mouvements de populations et les mauvaises récoltes constatées en 2011 entrainent un renchérissement rapide des denrées. La crise alimentaire ressentie en 2011 est ainsi loin d’être résolue (par exemple, début 2012, la FAO estime à 4,7 millions, le nombre de personnes en difficultés alimentaires au Soudan du Sud). \n\nMais face à cette situation, que faire ? Où est l’espoir ?\n\nIl est vrai que les défis rencontrés par ces deux pays sont énormes et paraissent hors de portée. Les causes des drames que connaissent ces populations ont d’abord une origine politique, il ne faut pas l’oublier. Seules des solutions politiques globales et articulées au niveau régional pourront permettre de sortir ces deux pays des impasses dans lesquelles ils se sont mis. Il est donc urgent que la communauté internationale, c'est-à-dire les Nations Unies, l’Union Africaine, l’Union Européenne, mettent en place un processus politique contraignant pour obliger les différents protagonistes nord et sud soudanais à sortir de leurs stratégies de désolation. L’espoir vient du fait, que malgré ces difficultés, au Nord comme au Sud Soudan, des personnes courageuses continuent à agir tous les jours sur le terrain. Je pense aux responsables des Eglises chrétiennes ou d’associations locales qui interviennent dans les quartiers ou les villages en recréant du lien social et en délivrant des services sociaux. Ces personnes ont besoin d’être soutenues dans leur action, car c’est par elles que pourra se renforcer un tissu associatif local, indispensable pour aider les populations à être actrices de leur propre développement. C’est un long chemin qui nécessite de la persévérance. Il est de la responsabilité d’organisation de la société civile au niveau international (comme le CCFD-Terre Solidaire) de soutenir ce tissu associatif local.\n\nPhilippe Mayol\nResponsable du service Afrique au CCFD-Terre Solidaire"}
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Mais après seulement quelques mois, cette stratégie s’est avérée contre productive. La société civile a dénoncé le manque de concertation, les informations dans la presse étaient peu détaillées et un climat de méfiance, de suspicion ou d’indifférence s’est vite installé au sein de la population.\n\n\n\nLes parties prenantes ont donc du prendre cela en considération et adapter les conditions du dialogue pour assurer la légitimité de ses résultats. Les accords ne seront applicables sur le terrain que s’ils sont acceptés par la population. La question aujourd’hui est de savoir quel va être le mécanisme de consultation utilisé pour valider l’accord final, dont la date de signature est encore indécise.\n\nChiffres clés\n\nSelon une enquête du Conseil national électoral (CNE) réalisée en février 2016 à Bogotá :\n\n- 83% des habitants de la capitale ne connaissent pas la différence entre plébiscite et référendum ;\n\n- 61% ne savaient pas que la Cour Constitutionnelle était en train d’étudier la viabilité d’une loi ouvrant la voie à un plébiscite en 2016.\n\n\nQu’est ce qui a été négocié sur ce point entre les FARC et le gouvernement ?\n\nInitialement, cette question n’était pas en tant que tel un point de l’agenda. Mais l’évolution de l’opinion publique vis à vis des négociations a mis sur la table les enjeux de la légitimité. \n\nLa Constitution colombienne prévoit 3 mécanismes de participation citoyenne : le référendum, le plébiscite et la consultation populaire (notamment pour convoquer une Assemblée constituante). A ce jour, aucun accord n’a été trouvé. \n\nLes débats portent sur 2 approches :\n\n-  « Ce qui sera signé à La Havane, je le soumettrai au plébiscite, que cela plaise ou non aux FARC » . \nAvec cette affirmation prononcée le 8 février dernier, le président Santos a confirmé la position du gouvernement, à savoir que c’est ce mécanisme de participation citoyenne qui sera utilisé. Le plébiscite est différent du référendum en cela qu’il relève de l’initiative du Président uniquement, le peuple se prononçant sur une question qu’il a lui-même posé.\n\n- Les FARC soutiennent la création d’une assemblée constituante : « les accords de paix sont le fruit de conversations bilatérales entre les FARC et l’Etat Colombien », avait auparavant dit Ivan Marquez, le chef de la délégation de la guérilla à La Havane. \nLes FARC veulent que la signature des accords ouvre la voie à une Assemblée constituante, seul mécanisme permettant selon eux de passer définitivement à l’étape de la construction de la paix en intégrant tous les colombiens.\n\nQuelles perspectives ?\n\nLes parties prenantes ne peuvent minimiser ou manquer ce moment, car  le résultat donnera une indication de la légitimité de ce qui aura été négocié  et sera déterminant pour la suite à court terme. Quel que soit le mécanisme choisi, on peut dire à ce jour que :\n\n- La tendance actuelle est celle du plébiscite, malgré l’opposition des FARC. Un projet de loi spécifique a été adopté, il est en attente d’une validation de la Cour Constitutionnelle. Le président Santos mène déjà campagne alors que rien n’est officiel à La Havane, ce qui rend les relations avec les FARC tendues. De plus, le plébiscite est très « présidentiel » et ne reflète pas la volonté d’unir toutes les parties. D’un autre côté, les opposants à l’Assemblée constituante craignent une prolongation sans fin des négociations ;\n\n- En Colombie, chaque campagne électorale est synonyme de tension et d’insécurité, notamment dans les territoires ruraux où les pressions exercées par différents groupes armés et l’achat de votes sont une menace pour la liberté de choix de la population. Il faudra être vigilant sur les conditions de sécurité afin que tous les leaders communautaires, sociaux ou politiques puissent s’exprimer sans craindre des menaces ou des attaques ;\n\n- Il sera indispensable d’expliquer le contenu des accords aux Colombiens (par les médias mais aussi auprès des populations directement) pour qu’ils puissent voter de la manière la plus informée et la plus transparente possible, beaucoup craignant de se prononcer sur un texte dont le contenu est trop flou ou trop technique, alors que nombreux sont les colombiens qui ignorent encore tout ou partie du contenu des préaccords déjà signés.\n\nRetrouver le communiqué sur le site de Réseau France Colombie Solidarité."}
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Nous partageons ici les premiers messages reçus\n\n\n\nErminsu Iván David Pabón, Directeur de l'Instituto Mayor Campesino (Colombie)\n\"Chers amis,\nJ’ai suivi les nouvelles des derniers jours et, surtout, les tristes événements de Nice, qui nous attristent et nous remplissent d’impuissance.\nCes événements nous rappellent les durs moments que nous avons vécu en Colombie dans les années 90 à cause des attentats du narcotrafic et de la plus cruelle des guerres. Aujourd’hui, alors que le gouvernement colombien vient de signer un accord de paix définitif avec les Farc, nous voyons avec beaucoup de tristesse ce qui se passe chez vous, en Europe et dans le Moyen-Orient.\nNous prions pour que l’espérance et la paix viennent par le biais de la justice.\nRecevez nos plus fortes salutations de solidarité pour vous et tout le peuple français.\"\n\n\nAmeir Ghada, l'équipe de ADIM (Egypte)\n\n\"Chers amis, frères et sœurs du CCFD-Terre Solidaire\nD'abord je prie pour que vous, vos familles, et tous les membres et volontaires du CCFD-Terre Solidaire soient sains et saufs.\nJe n'ai pas de mots pour exprimer mes sentiments face à une telle situation, mon cœur est plein de tristesse, de colère, de rage et de désespoir.\nSoyez surs que moi-même et toute notre équipe sont à vos côtés et prient pour vous et le peuple français.\nPuisse Dieu vous protéger, vous, la France et l'humanité toute entière.\nEn solidarité réelle avec le peuple français.\"\n\n\n\nCristina Coronel, Angel Dominguez, Lis Torres, Equipe de Coordination, Serpaj Paraguay\n\n\"Amies et amis du CCFD-Terre Solidaire, \nNous vous envoyons notre solidarité envers le peuple français et manifestons notre rejet énergique des actions d’extrême violence qui ont eu lieu à Nice.\nSalutations fraternelles et solidaires.\"\n\n\nCheikh Diop, président de l'Association Nationale des Partenaires Migrants (Sénégal)\n\n\"Encore une fois, le deuil vient de frapper le peuple français et par-delà toute l'humanité de la manière la plus tragique et la plus abjecte. Nous vous prions de trouver ici, au nom de tout le réseau de l'Association Nationale des Partenaires Migrants au Sénégal, l'expression de nos plus vives condoléances à tout le CCFD-Terre Solidaire et au peuple français. Nous nous associons au deuil des nombreuses familles endeuillées. Que la terre soit légère pour toutes les victimes et que Dieu les accueille au paradis!\"\n\n\nTatiana Roa Avendaño et l’équipe de Censat Agua Viva (Colombie)\n\n\"Chers amis,\nNous sommes très touchés par ce qui s’est passé à Nice. Nous espérons que toute la famille CCFD-Terre Solidaire va bien, ainsi que vos familles et vos amis.\nNous regrettons profondément ce qui se passe en France et espérons que, bientôt, viendront de meilleurs moments.\nNos salutations les plus solidaires.\"\n\n\n\nIssa Shethleh, ACAD (Palestine)\n\n\"Très choqué et touché par l'attaque terroriste à Nice hier soir, de même de ce qu'il s'est passé il y a dix jours à Bagdad, et avant à Istanbul, Bruxelles...\nMes condoléances à tous mes amis en France, à mes frères en Irak, mes amis en Turquie.\nTant qu'il y aura des marchands d'armes, tant qu'il aura des attentats dans le monde, il faut que les gouvernements changent leur politique pour qu'on puisse vivre en paix !\"\n\n\nL’équipe de Vamos Mujer (Colombie)\n\n\n\"Chers amis, chères amies, bonjour,\nToute l’équipe et les partenaires de Vamos Mujer souhaitent vous transmettre leurs salutations solidaires dans ces moments si douloureux traversés par votre pays.\nAujourd’hui, en Colombie, nous commençons à ressentir les effets du travail d’un collectif d’hommes et de femmes qui tente de combattre les différences à travers la parole. Cet exercice n’est sûrement ni complet ni parfait, mais il nous permet de prendre conscience de l’importance du dialogue pour éviter tant de morts.\nAvec cela, l’Espérance résiste et persiste.\nNous vous embrassons.\"\n\n\n\nL’équipe d’Indeso Mujer (Argentine)\n\n\"Chers amis du CCFD-Terre solidaire,\nFace aux terribles attentats qui ont eu lieu à Nice, nous souhaitons vous exprimer notre plus profonde douleur, solidarité et rejet de tous actes de violence, qui violent les droits humains et transgressent nos tentatives de coexistence et de respect dans la diversité.\nChaleureuses salutations.\"\n\n\nSheila Reyes, pour l’équipe du Réseau nicaraguayen de la société civile pour les migrations « Pour les droits des jeunes femmes » (Nicaragua)\n\n\"Chers amis,\nNous sommes désolés suite à l’attaque perpétrée dans les Alpes-Maritimes françaises. Au nom du Réseau Nicaraguayen de la société civile pour les migrations, nos pensées vont vers les familles touchées et le CCFD-Terre Solidaire. Nous condamnons ces actes terroristes de personnes sans scrupules qui prennent la vie d'innocents.\nChers amis, prenez soin de vous et prions Dieu pour que la paix revienne.\nCordiales salutations\"."}
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Mais, faute de remise en cause d'un modèle économique prédateur, notamment pour les pays du Sud, et en l'absence de régulation des multinationales, cette économie vise, en fait, à \"marchandiser\" la nature. Pourtant, des alternatives prometteuses, qui prennent en compte les intérêts des populations et la préservation des ressources, existent. \n\n\n\nL'Ouganda, locomotive du bio en Afrique ! Le Programme des Nations unies pour l'Environnement (Pnue) a choisi de distinguer sa politique de conversion agricole pour en faire l'un des succès phares de l'« économie verte » dans les pays du Sud[[« Green economy success stories » (www.unep.org/greeneconomy)]]. En moins de deux décennies, plus de 200 000 paysans se sont mis à cultiver en bio sur près de 300 000 hectares. Ils émettent trois fois moins de CO2 qu'en agriculture conventionnelle, ils sont mieux rémunérés (par l'exportation) et moins exposés à la chimie agricole… \n\nVoilà des pratiques « entraînant une amélioration du bien-être humain et de l’équité sociale tout en réduisant de manière significative les risques environnementaux et la pénurie de ressources  » : la définition d'une « économie verte », selon un rapport du Pnue[[« Vers une économie verte », (www.unep.org/greeneconomy)]] devenu référence sur ce sujet central des débats préparatoires au Sommet Rio+20.\n\n\nL'eau potable deviendrait un gigantesque marché planétaire\n\n\nAutre monde : l'an dernier, une note stratégique du conglomérat financier Citigroup, dixième entreprise mondiale, livre la vision de l'économiste Willem Buiter sur le devenir de l'eau potable à l'horizon 2030 : un gigantesque marché planétaire, qui « ridiculisera par sa taille celui du pétrole et du gaz ». Des réseaux de canalisations, des flottes de tankers, des bourses de l'eau avec produits financiers dérivés. Et Buiter, s'il compte des détracteurs, rallie de puissants acteurs, tel Peter Brabeck, PDG de Nestlé.\n\nCes estomaquants projets de marchandisation de l'eau ne s'en revendiquent pas, mais apparaissent parfaitement compatibles, à lire la littérature dominante sur l'économie verte, de plus en plus abondante à mesure qu’approchait Rio+20. Pnue, Banque mondiale, OCDE, Union européenne, Organisation internationale du travail, think tanks, sont convaincus de tenir la solution qui se dérobe depuis vingt ans, quand le Sommet de la Terre de Rio de Janeiro en 1992 consacrait le « développement durable  » modèle de l'avenir. Il s'agissait alors de sortir de l'hégémonie d'un système économique qui creuse les inégalités et pille la planète, pour le mettre sur un pied d'égalité avec les politiques sociales et environnementales. Le concept est resté peu fructueux, faute de mode d'emploi. Aujourd'hui, nous expliquent de nombreux décideurs (souvent Occidentaux), la transition vers l'économie verte est la seule voie possible pour remettre en marche la machine vertueuse du développement durable. \n\nL'argumentaire suppose d'accepter un pari tout à fait inédit : livrer la nature aux mécanismes du marché. L’économie verte entend gérer les écosystèmes, afin de leur faire produire des richesses et de la croissance tout en les préservant.\nVingt ans après le Sommet de la Terre de Rio, c'est le retour de l'économisme. Moins arrogant qu'auparavant peut-être, au vu des impasses dramatiques de l'économie « brune  », dopée aux énergies fossiles et puisant dans les sols, les forêts ou les océans comme s'ils étaient intarissables. Mais la logique interne qui fonde l’économie verte ne change pas. Il s'agit de définir les « biens et services » rendus par les écosystèmes, et de leur donner un prix. Ils pourront ensuite être exploités pour produire de la richesse sonnante et trébuchante, mais rationnellement désormais – on ne tue pas la poule aux œufs d'or. \n\nExemple avec une mangrove. En économie brune, sa valeur a tendance à être négative : ces inextricables marais côtiers font souvent obstacle à l'installation d'un port de plaisance ou d'un hôtel de luxe. En économie verte, on mettra en avant le potentiel considérable de ces écosystèmes uniques, très riches en poissons et crustacés, barrières protectrices contre les houles tempétueuses, filtres à eau, sources d'aliments et de bois pour les villageois locaux. En 2012, le banquier indien Pavan Sukhdev remettait un rapport avant-gardiste[[« L'économie des écosystèmes et de la nature » (www.teebweb.org)]] : investir 45 milliards de dollars par an dans la gestion des seules aires protégées générerait dix fois plus de valeur, sous forme de « services  » divers : pêche, reproduction du poisson et des crustacés, protection des côtes... Les mangroves deviendraient des placements beaucoup plus rentables que n'importe quel projet de bétonnage.\n\nForêts, bassins hydrographiques, littoraux, marais : les perspectives de l'économie verte ont de quoi attirer les investisseurs. Tout comme la maîtrise de certains cycles de matériaux, préoccupation majeure : comment poursuivre les affaires alors que se profile l'épuisement des mines de fer, de chrome, d'étain, de zinc, d'argent ? Ou que les émissions de gaz carbonique (CO2) menacent d'une augmentation des températures de 3,5°C pour la fin du siècle ? \n\nCar l'économie verte n'entend pas renoncer à la sacro-sainte croissance. On n'y évoque la sobriété qu'aux marges, la société a sempiternellement des « besoins croissants ». On se propose d'atteindre la croissance permanente à prélèvement constant sur les ressources ! Moyennant une révolution des méthodes de production, des circuits de recyclage des métaux aux performances inouïes... \n\n\nLes pays du Sud redoutent un avatar colonialiste\n\n\nLa maîtrise du cycle du CO2 - alors même que les émissions planétaires continuent de croître (plus 3,2 % en 2011) - se nourrit de la même logique. Alors que le sevrage des énergies fossiles est jugé hors d'atteinte avant longtemps, émerge un secteur industriel inquiétant : la géoingénierie, ou comment bricoler les équilibres planétaires pour absorber le CO2 (par stockage sous terre, prolifération du plancton, absorption chimique…) ou limiter le rayonnement solaire (masques en orbite, micro-particules en suspension). Quant aux marchés du CO2 et à leur financiarisation (émission de titres échangeables), chargés de faciliter la réduction des émissions, ils existent depuis près d'une décennie, avec les dérives que l’on connaît. \n\nLa protection de la biodiversité commence à tâter d'outils équivalents. Une fois admis le principe général de cette machine à dissoudre la nature dans l'économie, il n'y a pas de raison que lui échappent les semences, l'eau et pourquoi pas l'air un jour. \nC'est dans l'Union européenne que l'on enregistre l'appétit le plus marqué pour l'économie verte. Les pays du Sud, eux, sont très dubitatifs, redoutant un avatar colonialiste :  alors qu'ils abritent les écosystèmes les plus attrayants, les investissements proviendraient majoritairement de pays industrialisés.\n\nQuoi qu'il en soit, l'économie verte est déjà en marche. Elle possède ses observatoires dédiés, tel Ecosystem Marketplace qui estime à plusieurs centaines de milliards de dollars les chiffres d’affaires réalisables d’ici à 2020 dans les secteurs du carbone, de l’eau, de la biodiversité et de l’agriculture. \n\n\nUn loup déguisé en brebis\n\n\nMais, par quel miracle le système économique mondial actuel, s'il se contente de défricher de nouvelles aires de prospérité sans se réformer en profondeur, parviendrait-il cette fois-ci à œuvrer à l'équité sociale et à la protection de la nature tout en pérennisant ses profits ? s'interrogent des analystes critiques, tel le sociologue vénézuélien Edgardo Lander, qui dénonce la manœuvre du « loup déguisé en brebis ». \nDe grandes firmes semblent déjà avoir compris l'enjeu fondamental de la préservation des écosystèmes pour maintenir leurs marges, mais leurs initiatives en matière d'économie verte alimentent de sérieux doutes, et certaines ne se gênent pas pour inventer leurs propres normes.\nCoca Cola définit ainsi sa « neutralité » en eau : d'une main, la multinationale protège des rivières dans le monde, de l'autre, elle épuise des nappes phréatiques en Inde, au grand dam des populations locales. Rio Tinto, géant de l'extraction de minerais, invente l’« impact positif net » sur la biodiversité : quand une mine sera épuisée, l'entreprise restaurera l’écosystème endommagé, et même – notion fumeuse –, au-delà de sa qualité initiale, expliquent ses plaquettes. \n\nPar ailleurs, les promoteurs de l'économie verte ne font pas grand cas du volet social : comme dans la version « brune  », l'amélioration des conditions de vie des populations, tout comme la protection des écosystèmes, seraient une retombée naturelle de la bonne santé des affaires. Idem pour la protection des écosystèmes, comme un axiome, dont il n'est pas difficile de montrer la grande fragilité. \nPrenons une forêt. Et supposons son service « captation du CO2 » devenu suffisamment lucratif (en cas d'aggravation de la crise climatique) pour marginaliser, en valeur marchande, d'autres « fonctions  » : conservation de la biodiversité, filtrage de l'eau, stabilisation des sols... Qu'adviendra-t-il ? Des investisseurs feront-ils pression pour raser la parcelle et la replanter en eucalyptus, monoculture à croissance rapide plus efficace pour stocker le CO2, et donc plus rémunératrice que l'entretien de l'écosystème initial ? Et ce n’est pas une élucubration : il y a quatre ans, les négociations internationales sur la création de nouveaux mécanismes de protection de forêts tropicales, dits Redd , ont validé, peu s'en faut, ce type de principe…\n\nIl est notable que les quelques expériences mises en exergue par le Pnue pour leur caractère vertueux[[« Green economy success stories » (www.unep.org/greeneconomy).]] –  développement d’énergies vertes au Kenya, en Chine..., financement d'infrastructures écologiques rurales en Inde, gestion communautaire des forêts au Népal…–, se développent sous contrôle des pouvoirs publics ou des populations locales, et non sous l'égide du libre marché."}
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La Déclaration universelle des Droits de l’homme, la théologie de la libération en Amérique latine dans les années 1970 font aussi partie de ce mouvement, de même ce que fait le CCFD-Terre Solidaire depuis cinquante ans.\n\n\n\nMembre du Spirit in Education Movement, partenaire du CCFD-Terre Solidaire en Thaïlande, Somboon Chungprampree est également le co-manager de l'École pour le Bien-être, fondée par la SEM. Il revient sur la notion de Bonheur national brut.\n\nComment est née cette idée de Bonheur national brut ? \n\nLe concept de Bonheur national brut a été évoqué pour la première fois par le roi du Bhoutan dans les années 1970, après qu'il se soit rendu compte que la tendance prise par ce qu'on appelait alors le développement allait créer de nombreux problèmes. Il partait du constat que la société moderne, en mettant l'accent sur l'économie de marché et en promouvant le consumérisme, se focalisait uniquement sur l'aspect matériel. Or, selon lui, les biens de consommation ne représentent qu'une petite part de ce bonheur recherché et ne doivent pas être une fin en soi. \n\nQuels seraient les principes de base de ce BNB ? \n\nPour traduire ce concept en quelque chose de plus concret, il s'est appuyé sur quatre axes. Tout d'abord une économie raisonnée, ensuite le respect et la promotion de la culture, une intégration écologique durable de l'homme dans son environnement et, enfin, une bonne gouvernance. À cela il a ensuite ajouté un cinquième élément, qui est le temps et la manière dont nous l'utilisons en introduisant la notion de la spiritualité, de valeurs humaines, qu'il considère comme essentielles à la réalisation d'une société durable. \n\nComment se calcule ce BNB ? \n\nLe BNB reste difficile à traduire en terme chiffré. La New Economics Foundation, en Grande-Bretagne, a développé ce qu'elle appelle le Happy Planet Index, qui combine les statistiques de différents champs, comme l'impression de bonheur des personnes ou leur empreinte écologique. En Thaïlande, de nombreuses ONG ou associations de la société civile qui se déclarent en faveur de la promotion de ce concept de BNB se basent sur une combinaison d'estimations prenant en compte l'impact social, l'impact écologique, l'impact sur la santé d'un projet pour l'évaluer. \n\nAvec quels résultats ? \n\nIl y a dans la région de Rayong, dans le sud de la Thaïlande, une zone industrielle, la ZI de Map Ta Phut, qui abritait nombre d'usines polluantes, principalement pétrochimiques. L'utilisation de ces estimations, notamment celles sur la santé et l'environnement, a permis à des ONG locales de faire arrêter par la Cour administrative certains de ces sites en raison de leur impact sur la vie des populations. \n\nDepuis, d'autres usines implantées dans d'autres régions sont à leur tour contrôlées et doivent elles aussi cesser leurs activités en cas de litiges. Malheureusement, cela ne fait que déplacer le problème. Car les investisseurs et les industriels se tournent alors vers les pays voisins, Laos, Cambodge, Birmanie, moins regardants en la matière. \n\nY a-t-il un lien avec ce que nous appelons l'économie sociale et solidaire ? \n\nBien sûr. Quand on parle d'économie sociale et solidaire, deux facteurs entrent en jeu : l'égalité et la participation. Si l'on ne fait rien pour remédier à l'inégalité qui existe dans les sociétés, le fossé qui sépare les gens en terme de pouvoir, de richesses ne fera qu'augmenter. D'autre part, il faut que la population participe pleinement à son propre processus de développement, à la prise de décision concernant son avenir. Et ce à tous les niveaux. \n\nQuelle est la part du SEM dans cette recherche du BNB ? \n\nNous travaillons avec l'Université de Chulalongkorn, l'une des plus réputées de Thaïlande, à mettre en place un mode d'éducation en relation avec cette idée de BNB au sein d'une École pour le Bien-être que nous avons fondé il y a deux ans. Actuellement, nous nous focalisons sur le développement de l'agriculture Bio. Il y d'une part un aspect économique, qui découle de la spéculation sur les matières premières et l'augmentation des prix des denrées, ce qui permet une amélioration de vie du producteur, mais aussi, surtout, le fait que ces aliments produits de manière écologique sont bien meilleurs pour la santé. \n\nEt si nous arrivons à faire passer ce message en Asie, qui fournit 60 à 70 % de la production alimentaire mondiale, c'est toute l'alimentation du monde qui en serait transformée. Pour le bénéfice de tous.   \n\nCette quête du bonheur n'est-elle pas vieille comme le monde ? \n\nElle fait partie de l'histoire de l'humanité. Bouddha, Jésus, Mahomet, tous ont essayé de nous amener sur le chemin de ce BNB. La Déclaration universelle des Droits de l'homme, la théologie de la libération en Amérique latine dans les années 1970 font aussi partie de ce mouvement, de même ce que fait le CCFD-Terre Solidaire depuis cinquante ans. Et aujourd'hui encore, nombreux sont ceux qui, à leur manière, participent à cette recherche. Même si cela ne s'appelle pas toujours ainsi. Pour autant, nous devons faire très attention aux conséquences de nos actes. Car le meilleur des projets, porté par la personne la mieux attentionnée au monde, peut également engendrer des effets secondaires catastrophiques.\n\n Propos recueillis par Patrick Chesnet, juillet 2011"}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/action-publique-contre-lex-president-jean-claude-duvalier/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/action-publique-contre-lex-president-jean-claude-duvalier/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Action publique contre l’ex Président Jean-Claude Duvalier","datePublished":"2012-02-08T00:00:00+00:00","dateModified":"2021-12-07T17:47:52+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/action-publique-contre-lex-president-jean-claude-duvalier/"},"wordCount":1126,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Biens mal acquis"],"inLanguage":"fr-FR","description":"Port-au-Prince, le 23 janvier 2012\n\nMonsieur le Président,\n\nNous, signataires de cette lettre ouverte, estimons de toute première importance qu’au nom de la vérité et de la justice, la nation soit informée des suites de la mise en mouvement de l’action publique contre l’ex-dictateur Jean-Claude Duvalier, revenu après 25 ans, dans le pays qu’il a dévasté, après avoir été contraint par une révolte populaire de se réfugier en France.\n\nQuelques jours seulement après ce retour, plusieurs plaintes ont été déposées par des victimes du régime dictatorial. Le parquet du Tribunal de première instance de Port-au-Prince s’est empressé de les acheminer au Cabinet d’instruction, sans tenter, comme la loi lui faisait obligation, de mener des enquêtes préliminaires, d’identifier les auteurs, co-auteurs et complices de tous ces actes répréhensibles indexés.  Au Cabinet d’instruction, hormis l’audition des plaignants-es, aucune enquête approfondie n’a eu lieu.\n\nNous voulons rappeler qu’il est de la responsabilité de l’Etat de prendre toutes les dispositions pour établir les faits relatifs aux crimes commis sous la responsabilité directe de l’ex Président à vie Jean-Claude Duvalier qui s’était proclamé chef suprême et effectif des Forces Armées d’Haïti et des Volontaires de la Sécurité  Nationale (alias les Tontons Macoutes) et qui régnait sans partage.  Pour cela, il est indispensable de faire preuve de volonté ferme et absolue, d’abord en donnant au Magistrat instructeur les moyens humains et matériels pour mener une enquête approfondie et, ensuite, en faisant appel aux expertises offertes au gouvernement et à la justice haïtienne par des organismes faisant autorité, notamment  la Commission interaméricaine des droits de l’Homme (CIDH).\n\nNous rappelons que les crimes contre l’humanité se définissent tant par leur nombre et leur nature systématique que par leur brutalité et l’inhumanité de leur exécution. Les crimes commis sous le régime de Jean-Claude Duvalier répondent bien à cette définition, conformément à la pratique du Droit international auquel Haïti est soumis. Contrairement à ce que prétendent les partisans de l’ex-dictateur, ces infractions systématiques et graves sont imprescriptibles et les tribunaux haïtiens ont compétence pour les juger.\n\nNous constatons avec inquiétude et indignation, qu’après une année, Jean-Claude Duvalier, n’a guère été inquiété, alors même qu’il est l’objet de poursuites de la par de l’Etat et de plaintes introduites par des victimes.  Les co-auteurs et complices de ces crimes perpétrés ne sont nullement inquiétés. Le dossier n’a pas avancé de manière satisfaisante au regard de la nécessité de rendre justice.\n\nNous nous insurgeons de la manière la plus formelle contre cette tendance à la banalisation de la dictature, contre ce mépris des revendications légitimes de justice qui ont souffert et continuent de souffrir en silence, face à l’arrogance et aux menaces de ceux pour qui la loi n’est que chimère.  Qui a ordonné de remettre à Jean-Claude Duvalier les biens qu’il a acquis au prix du sang des Haïtiens et des Haïtiennes ?  Comment accepter que lui soit payée une pension comme s’il avait été un bon président ayant servi la patrie avec honneur et probité ?\n\nMonsieur le Président, les instances étatiques ne peuvent plus continuer à jouer au Ponce Pilate.  Le rôle de l’Exécutif et du Parlement c’est justement de veiller à ce que les moyens adéquats soient mis à la disposition de la justice afin qu’elle puisse mener à bien sa mission fondamentale :  que la vérité soit faite.  La réconciliation de la nation avec elle-même, tant attendue et désirée, passe nécessairement aussi par la vérité sur cette tranche récente de notre histoire qui a durabelement marqué la société.\nNous, fils et filles d’Haïti, protestons contre tous ces affronts à répétition subis par les victimes directes et indirectes du régime des Duvalier.  Après la provocation du « parrainage de promotion de l’Ecole de droit et des sciences économiques des Gonaïves », il est intolérable de voir Jean-Claude Duvalier à Titanyen aux côtés du Président de la République. \n\nMonsieur le Président, cette présence de Jean-Claude Duvalier à Titanyen, peut-être assimilée à un acte de profanation et de complicité.  C’est une insulte inqualifiable  à la Nation et un affront que nous ne pouvons accepter.  Peut-on oublier, qu’à  l’instar de Fort Dimanche, Titanyen constitue le tombeau de milliers d’Haïtiens et d’Haïtiennes, torturés par les sbires des Duvalier père et fils, déshumanisés et dont les cadavres ont été livrés en pâture aux chiens ?\n\nMonsieur le Président, au cours de votre campagne électorale et dans le programme du gouvernement que vous dirigez avec le Premier Ministre, Monsieur Gary Conille, vous avez promis de vous consacrer à l’instauration de l’Etat de droit dans notre pays meurtri.  L’impunité et l’Etat de droit ne peuvent en aucun cas coexister.   Il ne peut y avoir de réconciliation sans justice.  Pour  respecter les promesses faites, il faut, conformément à vos prérogatives constitutionnelles, engager les citoyens et citoyennes à résolument tourner dos aux pratiques anciennes pour privilégier l’application de la loi, sans parti pris, sans exception aucune.\n\nJean-Claude Duvalier doit être jugé pour les crimes contre l’humanité dont il s’est rendu coupable et pour les détournements de fonds scandaleux,  ainsi reconnus,  par  un tribunal de Suisse. C’est le message tant attendu, sans équivoque, de la volonté de mettre fin à l’impunité, condition sine qua non de la refondation / reconstruction nationale.\n\n\nSuivent les organisations et regroupements signataires :     \n\nCollectif contre l’impunité (Structure regroupant des plaignants-es et des organisations de droits humains)\nCentre Œcuménique des Droits Humains (CEDH )\nCentre Pétion Bolivar\nCentre de Recherches et de formation économique et sociale pour le Développement (CRESFED)\nCommission Episcopale Justice et Paix (JILAP)\nGroupe d’Appui aux Rapatriés et Réfugiés (GARR)\nGroupe de Recherche en Education Alternative (GRIEL)\nKAY FANM\nMouvement des Femmes Haïtiennes pour l’Education et le Développement (MOUFHED)\nPlateforme des Organisations haïtiennes des droits humains (POHDH)\nRéseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH)\nAlix Ambroise\nJean Max Calvin\nCarlo Contave\nBernac Celestin\nEddy Chapoteau\nPaul A. Corbanese\nDr Georges Jean-Charles\nJulien Jumelle\nPatrick Lemoine\nMichèle Montas\nRaoul Peck\nDr Elder F. Thebaud"}
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Durant ces rencontres, les représentants de la Compagnie Fruitière (Pierre Arnaud, vice-président) et de la PHP (Armel François, directeur général PHP-Cameroun), ont mis en avant leur volonté d’intervenir sur les problèmes soulevés dans notre rapport. Ils ont présenté leurs actions concrètes traduisant cette volonté. Ils ont également apporté leurs précisions sur certaines questions :\n\n- Sur les problèmes sociaux et environnementaux :  \nLa Compagnie Fruitière indique avoir engagé dès fin 2007 une politique de certification de la PHP (Certification Veritas ISO 14001 sur le management environnemental,  Certification « Field to fork»). La Compagnie Fruitière reconnaît que les interpellations de la société civile, notamment la campagne Hold Up international, l’ont conduite à partir de 2009 à être plus attentive à sa responsabilité sociale et environnementale, la conduisant notamment à engager une politique d’audit systématique par des cabinets d'analyse extra-financière (Vigeo, Sedex, Global gap..). \n\n* Les rapports d'audit Sedex et Global gap (2009) ont été transmis au CCFD-Terre Solidaire. Ils identifient plusieurs points de non-conformité, et mettent en lumière les réponses et engagements pris par la PHP pour tenter de les résoudre. \n\n- Le rapport Global gap porte principalement sur les questions de sécurité et santé (liées à l’utilisation des produits) et de protection de l'environnement. Les dirigeants de la Compagnie Fruitière ont ainsi indiqué au CCFD-Terre Solidaire avoir cherché depuis 2009 à réduire les nuisances provoquées par l’épandage aérien, s’engageant à le supprimer dans les zones proches des habitations, et à acheter des machines permettant un épandage terrestre. Par ailleurs,  ils ont reconnu que les populations locales n’étaient pas suffisamment informées des horaires d’épandage, et se sont engagés à mieux communiquer ces informations.  \n\n- Le rapport Sedex porte plus précisément sur le volet social, et identifie des problèmes de  conformité identiques sur deux points à ceux soulignés par le CCFD-Terre Solidaire dans son rapport : temps de travail et paiement à la tâche. Il souligne également des difficultés sur les questions de santé et sécurité des personnes. A noter qu’il n’approfondit pas la question de la liberté syndicale, et n’évoque pas les problématiques foncières.\n\nDe même, la Compagnie Fruitière a transmis au CCFD-Terre Solidaire les résumés de deux rapports d’audit réalisés en décembre 2009 et 2013 par Vigeo. \n\n- S’agissant de résumés, ces documents Vigeo sont peu détaillés, et ne permettent pas au CCFD-Terre Solidaire de comprendre la base de la notation. La Compagnie Fruitière a informé le CCFD-Terre Solidaire que Vigeo avait proposé en 2009 des pistes d’améliorations sur les volets ressources humaines, droits humains, environnement et comportement social. Le résumé du rapport 2013 indique une progression dans certains domaines, un statu quo dans d’autres.  \n\nPar ailleurs, la PHP a informé le CCFD-Terre solidaire, en 2013, qu’elle avait obtenu la certification FLO (Commerce équitable) sur une partie de ses plantations, ce qui a nécessité l’arrêt de l’utilisation de certains pesticides dans les plantations certifiées. \n\nSur le volet fiscal : la PHP affirme qu’ « il n’y a jamais eu la moindre corruption sur son paiement de la patente, contrairement à ce qu’aurait fait croire l’ancien maire ».  Selon ses déclarations, la PHP a simplement fait face à un changement de la politique fiscale, qui a rendu imposables des ressources qui auparavant ne l’étaient pas, avec une exigence de rétroactivité. La PHP s’est alors acquittée de ce nouvel impôt. \n\nRéactions du CCFD-Terre Solidaire\nEn l’absence d’enquête approfondie sur le terrain, le CCFD-Terre Solidaire n’est pas en mesure, à ce jour, de se prononcer sur l’impact que ces nouvelles dispositions prises par l’entreprise ont eu sur la situation des populations concernées par l’activité de la PHP. Cependant le CCFD-Terre Solidaire a pu constater que les rapports d'audit Sedex et Global témoignent d'un travail d'audit bien documenté et précis\n\nLa transmission au CCFD-Terre Solidaire de ces informations témoigne d’une prise de conscience par l’entreprise, et d'une volonté de la maison mère, la Compagnie Fruitière, d'engager des efforts de long terme. Le CCFD-Terre Solidaire se réjouit de ces démarches. Nous encourageons d'ailleurs l’entreprise à faire de même avec toutes ses parties prenantes, notamment celles des pays d'implantation, ainsi qu’avec les consommateurs. Ces informations gagneraient à être communiquées plus largement, par exemple, sur le site internet de la Compagnie Fruitière.  \n\nEnfin, le CCFD-Terre Solidaire a profité de ces rencontres pour informer l’entreprise sur le plaidoyer qu’il mène auprès de l’Etat français et de l’Union Européenne, visant à faire évoluer le droit (responsabilité société-mère/filiale, recours pour les victimes, transparence comptable pour lutter contre l’évasion et la fraude fiscale…). Il a  invité l’entreprise à soutenir publiquement ces efforts. Le CCFD-Terre solidaire considère en effet que les entreprises ont une responsabilité majeure pour faire émerger un droit nouveau, à même de relever les défis du respect des droits et de la lutte contre la faim et la pauvreté, et de réguler la mondialisation."}
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Une manière habile de ne pas réellement ouvrir le débat sur les impacts de la NASAN, alors même que de nombreuses études de cas confirment que les risques dénoncés par la société civile internationale dès le lancement de la NASAN sont aujourd’hui des réalités ?\n\nLancée en grande pompe lors du G8 de Camp David en juin 2012, la NASAN était remise sur le devant de la scène lors d’un « Sommet contre la faim » au début de l’été 2013 à Londres. Elle est alors présentée comme le moyen d’éradiquer la faim et la malnutrition en «libérant le pouvoir du secteur privé» ; secteur privé reposant essentiellement sur les grandes multinationales de l’agroalimentaire et du trading de matières premières. \n\nPourtant, cette année, elle semble faire profil bas : aucun évènement particulier n’est prévu en marge du G7, et la NASAN ne sera pas officiellement à l’agenda du prochain sommet. Les remontées du terrain sur les impacts négatifs de la NASAN commencent-elles à inquiéter les Etats?  \n\nLes risques identifiés dès son lancement par les organisations de la société civile sont devenus aujourd’hui des réalités. Pourtant, d’après des informations que se sont procurées les ONG, les Etats du G7 pourraient renouveler leur soutien à cette initiative dans le communiqué final du Sommet du Bruxelles.\n« Depuis le début nous cherchons en quoi la NASAN favorise la sécurité alimentaire et nutritionnelle» rappelle Peggy Pascal d’Action contre la Faim France. « Comme le souligne une enquête du Guardian, sur 209 investissements annoncés aujourd’hui, seuls 27 peuvent être considérés comme y étant favorables. Rien d’étonnant à cela, car ce n’est pas l’objectif des multinationales qui y participent. En effet, celles-ci suivent, par essence, une logique de diminution des coûts de production et de maximisation de leurs profits. La NASAN est finalement pour elles un moyen simple, efficace et non contraignant d’obtenir l’accès à de nouveaux marchés et d’accroître leur contrôle sur les ressources naturelles et en particulier les terres ».\n\nSur le terrain, c’est dans le domaine législatif que les évolutions se font le plus rapidement. En effet, en contrepartie de leur adhésion à cette initiative, les 10 Etats africains impliqués se sont engagés à mettre en place un « environnement favorable aux investissements », au détriment de la sécurité alimentaire.\nSelon Clara Jamart d’Oxfam France, « les pays africains se sont engagés dans une série de réformes fiscales, tarifaires et douanières qui marginalisent les agricultures familiales et favorisent un modèle agricole de type industriel. Ces modifications législatives sont en train de déboucher sur la mise en place de systèmes agricoles dérégulés et libéralisés, voire de véritables paradis fiscaux agricoles. Et les indicateurs de réussite de cette NASAN ne font que confirmer ce sentiment en se concentrant sur le volume d’investissements privés dans l’agriculture et la « facilité des affaires » dans le pays. Est-ce là la solution miracle du G8 : moins les multinationales paient d’impôts, plus les Etats sont aptes à lutter contre la faim ? »\n\nLa France avait fait part l’année dernière de son désaccord sur cette initiative qui s’appuie sur le secteur privé, mais sa position est beaucoup moins claire aujourd’hui. \n« A l’heure de la diplomatie économique, la NASAN ne semble plus être un problème pour la France, aujourd’hui très impliquée: politiquement (en tant que coordinatrice du projet  au Burkina Faso), financièrement (comme 3ème contributeur pour près de 700 millions d’euros) et via la participation de 5 multinationales françaises » souligne Jeanne-Maureen Jorand du CCFD-Terre Solidaire. « Pourtant, et alors que se discute aux Nations Unies des principes d’investissement responsable dans l’agriculture, voici le meilleur exemple de ce qu’il ne faut pas permettre ! A commencer par l’exclusion des populations et le tapis rouge déroulé pour des multinationales étrangères plus intéressées à spéculer sur les marchés internationaux qu’à développer les potentialités locales »."}
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La création d’un réel mécanisme de révision de l’ambition est cruciale. L’absence de référence claire à la sortie des énergies fossiles, principales contributrices des émissions de gaz à effet de serre, et à une réelle transition énergétique apparaît, de ce point de vue, tout à fait paradoxale…\n\nLes changements climatiques sont injustes car ils affectent d’abord les personnes qui en sont les moins responsables. Coordination SUD rappelle que la lutte contre les changements climatiques doit reposer sur le respect, la protection et la promotion des droits humains, dont l’égalité femmes-hommes, et la sécurité alimentaire. Il est dès lors aussi incompréhensible qu’inadmissible d’avoir vu ces éléments-clés, pourtant portés par différents États Parties lors des sessions précédentes, disparaître du nouveau brouillon de l’accord. De même, Coordination SUD regrette le manque de clarté du texte et l’absence d’engagement fort en matière d’atténuation et d’adaptation. Un tel engagement permettrait pourtant d’endiguer des pertes et dommages irréversibles, lesquelles doivent être compensées par un mécanisme de solidarité.\n\nPour Coordination SUD, toutes les solutions ne se valent pas. « L’Agenda de l’action », porté par une entité quadripartite [[France, Pérou, Secrétariat de la Convention-Cadre des Nations unies sur les Changements Climatiques, Secrétariat Général des Nations unies.]] dont la France, ne comporte à l’heure actuelle aucun critère permettant de sélectionner les initiatives qui seront promues, aucun garde-fou, ni aucune garantie en matière sociale ou environnementale. Certaines initiatives promues dans cet Agenda risquent d’ouvrir la voie à de fausses solutions dont les impacts négatifs sont avérés, tant sur l’environnement que sur les populations  [[Voir : http://www.coordinationsud.org/document-ressource/les-notes-c2a-ccd-global-alliance-for-climate-smart-agriculture/\nVoir : http://www.coordinationsud.org/document-ressource/note-de-la-ccd-n8-initiative-4-pour-1000-soyons-vigilants/]]\n\nEnfin, la mobilisation de financements publics nouveaux et significatifs pour la lutte contre les changements climatiques est un autre enjeu majeur. Un récent rapport de l’OCDE montre que deux tiers des 100 milliards de dollars par an d’ici à 2020 promis par les pays riches ont effectivement été mobilisés en 2014 (aide bilatérale, banques multilatérales de développement et financements privés). Mais, seuls 16 % sont effectivement destinés à l’adaptation des populations les plus vulnérables. « Il est grand temps que les financements publics internationaux pour le climat soient significativement renforcés. Coordination SUD restera vigilante sur le niveau des dons pour financer l’adaptation » souligne Philippe Jahshan, président de Coordination SUD.\n\nLes ONG membres de Coordination SUD présentes à Bonn :\n\nGERES  : Vanessa Laubin cheffe de la commission Climat et développement de Coordination SUD (+33 6 01 63 71 74) \nAction contre la faim : Peggy Pascal (+33 6 61 60 09 35) et Claire Even\nCARE: Fanny Petitbon (+33 6 19 12 21 46) et Aurélie Ceinos (+33 7 61 34 57 16)\nCCFD-Terre Solidaire: Anne-Laure Sablé et Maureen Jorand (+33 6 65 03 72 86)\nOxfam France : Romain Benicchio, Armelle Le Comte, Sarah Roussel (+33 6 51 15 54 38)\nSecours Catholique-Caritas France : Jean Vettraino (+33 6 80 46 93 84) et Emilie Johann (+33 6 80 67 16 29)\nWWF : Pierre Cannet et Natassja Hoffet\n\nContact presse\nCCFD-Terre Solidaire - Karine Appy : 01 44 82 80 67 - 06 66 12 33 02\nCoordination SUD - Bénédicte Bimoko: bimoko@coordinationsud.org - Tél : 01 44 72 03 78 - 07 76 78 15 19"}
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C’est le début de la saison des pluies et le terrain est rempli de plants de poivrons, de tomates, de courgettes. Deux ouvriers mettent en terre des plants de choux. Ingénieur agricole, il aurait pu devenir fonctionnaire, mais il a préféré reprendre un lopin de terre familial d’un demi-hectare et se lancer dans le maraîchage. À force de courage et de persévérance, il en possède aujourd’hui six. Passionné d’agro-écologie, on ne trouve chez lui ni pesticides, ni herbicides, ni engrais. Pas de semences génétiquement modifiées non plus. Mais une agriculture respectueuse de l’écosystème et des savoirs traditionnels.\n\nMamadou Camara est membre du Bureau du Réseau d’horticulteurs de Kayes (RHK), un collectif d’une centaine d’associations d’agriculteurs de la région de Kayes, dans le sud-ouest du Mali, créé avec le soutien du Groupe de recherches et de réalisations pour le développement rural, le GRDR et soutenu par le CCFD-Terre Solidaire depuis ses débuts, en 2006. Présent dans les sept cercles, les sept départements, de la région de Kayes, le RHK regroupe 23 000 maraîchers et horticulteurs qui, depuis 5 ans se convertissent à l’agro-écologie.\n\nLes responsables, membres du Bureau du RHK m’expliquent les raisons de cette évolution. Mamadou Diallo, le président, précise qu’ils ont été plusieurs du RHK à participer à une formation sur l’agro-écologie organisée à Trougoumbé, près de la frontière avec la Mauritanie, et que cela a fait écho à des questions qu’ils se posaient. « Ces dernières années, de nouvelles maladies sont apparues. On se doutait que cela venait de notre alimentation, en particulier des légumes », rappelle-t-il. « On avait essayé des semences hybrides d’oignons censées résister mieux à la sécheresse, mais cela n’a pas marché. »\n\n« Nous, les femmes, nous n’avons jamais utilisé de pesticides ! », lance Mariam qui m’explique ensuite comment élaborer des « herbicides naturels » à base de fiente de poules, comment des solutions à base de feuilles de certains arbres peuvent éloigner les rongeurs. Autant de concoctions bien connues de leurs mères et grands-mères. Mamadou Camara renchérit : pour préparer ses traitements, il utilise une solution de déjections de canards recueillies dans une bassine et tamisées chaque semaine. Cette solution s’avère d’une grande efficacité pour éloigner les nuisibles.\n\nCar avec l’agro-écologie, les maraîchers retrouvent des savoirs-faires connus à travers la transmission familiale mais qu’ils avaient abandonnés. C’est le cas de l’élaboration de compost, de l’utilisation des bouses de vaches, des crottes de chèvres ou de mouton pour la fumure, des préparations d’herbicides naturels. Ou de l’utilisation de semences traditionnelles. Celle d’oignon violet de Galmi, un oignon rouge, est ainsi en train d’être produite à Kayes et le RHK a été le premier à se mettre à cette production. Mamadou m’emmène voir l’endroit où il stocke des oignons rouges qui ont été ramassés… il y a déjà plusieurs semaines. Ceux qu’il a récoltés à partir de semences traditionnelles se conservent bien plus longtemps et avec moins de pertes que ceux cultivés à partir de bulbes hybrides.\n\nLe RHK cherche maintenant à promouvoir la consommation biologique dans la grande ville de Kayes et à développer la formation de ses membres en agro-écologie tropicale à travers des sessions de formations qui ont lieu depuis 2009. Issiaka, le responsable des quatre salariés du RHK, souligne que l’une des formations les plus importantes est celle sur la constitution de fumures organiques de qualité. C’est celle que finance actuellement le CCFD-Terre Solidaire pour 450 maraîchers de cinq cercles de la région. Il s’agit d’apprendre à associer l’élevage de petits ruminants et de volailles au système de production afin de constituer une fumure organique de qualité et en quantité. Pour ce faire, vingt-et-un champs écoles sont mis en place pour la pratique (14 avec 4 têtes de moutons, 7 avec 50 poules et coq) et quinze producteurs deviendront à leur tour des formateurs.\n\nÀ travers la qualité de la fumure, c’est l’amélioration de la production horticole qui est en jeu dans la région de Kayes. Or ce sont ces horticulteurs qui assurent l’approvisionnement des villes en fruits et légumes donc, la sécurité alimentaire de la région. On comprend l’intérêt croissant des paysans maliens pour l’agro-écologie, intérêt qui me sera d’ailleurs confirmé, à Bamako, par la Coordination nationale des organisations de producteurs (CNOP).\n\nOui, vraiment, l’agro-écologie se développe au Mali ! »\n\nBernard Pinaud, le 19 juillet 2015"}
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Aujourd’hui président de l’Association de soutien au développement des sociétés paysannes (ASDSP), il revient sur ces vingt-cinq années d’engagement. \n\n\n\nSur quelles bases avez-vous bâti votre action avec les paysans? \n\nNous nous sommes inscrits dès le départ dans une optique de développement durable consistant à mettre en symbiose les trois dimensions que sont l’économie, le social et l’environnement. Cela nous semblait important de ne pas les dissocier afin de promouvoir une société fraternelle et solidaire. Pourquoi fraternelle et solidaire ? Parce que, si nous prenons l’exemple des barrages en gabions* que nous construisons, ce sont les paysans qui aménagent le site, collectent les cailloux, puis gèrent l’eau ou réparent le barrage quand il y a des problèmes. Formé de cages de fil de fer galvanisé remplies de grosses pierres disposées sur la rivière (les gabions), ce type de barrage ralentit l’eau et permet ainsi l’alimentation des canaux d’irrigation. Il est plus résistant que les traditionnelles structures en bois.\nDerrière cette entraide des paysans pour construite les barrages, cette organisation au niveau du village pour prendre des décisions, il y a l’apprentissage de la démocratie. \nL’aspect économique en découle puisque, maintenant, ils font deux récoltes par an, du riz et une culture de rente, ce qui augmente d’autant leurs revenus. \nQuant à la dimension environnementale, elle vient du fait que, au départ, ces paysans défrichaient la forêt pour pratiquer la culture sur brûlis et donc, participaient au réchauffement de la planète.  \n\nPourquoi le choix du bio ?\n\nLe Laos a la chance d’avoir une agriculture en retard par rapport à celles des autres pays de la région. Nos exploitations sont de petites exploitations familiales qui ne connaissent pas encore les engrais chimiques. L’idée était de transformer ce retard en opportunité. Puisque nous ne pouvons pas concurrencer quantitativement nos voisins, il faut donc que nos produits aient une valeur spéciale. Cette valeur, c’est leur qualité. Aujourd’hui, on ne mange pas seulement pour se remplir l’estomac, mais pour prendre soin de sa santé. \nD’autre part, il ne faut pas oublier que le Laos est un pays enclavé, sans accès à la mer. Nos produits doivent traverser la Thaïlande avant d’être expédiés en Europe. Cela augmente les frais. Seuls des produits de qualité peuvent donc rapporter quelque chose aux paysans, c’est ce que nous appelons un commerce équitable. \n\nCe modèle a fait de nombreux émules au Laos…\n\nLorsque la coopérative de crédit pour le soutien aux petites unités de production a été créée, en 1996, cela touchait environ 400 personnes. Maintenant, il y a des « caisses villageoises » basées sur notre statut et nos règlements intérieurs sur tout le territoire du Laos. Nos barrages en gabions se multiplient et une structure expérimentale que nous avions initiée pour de la pisciculture en cages a également essaimé à travers le pays. Des petites équipes, des ONG se sont également mises à faire du thé bio, du riz bio et même du miel. \n\nQuelles difficultés rencontrez-vous aujourd’hui ?\n\nLa difficulté est de sortir du système d’économie en autarcie. Lorsqu’ils ont assez de riz pour l’année, les familles trouvent le reste dans la nature, les rivières et cela leur suffit. \nMaintenant que le Laos va entrer dans le marché commun de l’Asean [[Initiée dès 2002, la Communauté économique de l’Asean veut, sur le modèle de l’Union européenne, transformer les dix pays de l’Asean en un marché unique. Ce nouvel espace, de plus de 600 millions de personnes, devrait, en principe, devenir réalité le 31 décembre 2015.]] , il va se retrouver en quelque sorte en compétition avec ses voisins et il faut donc se préparer à affronter cette concurrence. C’est une situation que nos paysans ne comprennent pas. \nD’autre part, pour ce qui est de notre production proprement dite, si nous disposons bien des matières premières, nous devons importer tout le reste, les pots pour les confitures, les bouteilles pour les jus de fruits, les couvercles et même les étiquettes. Cela augmente les coûts de production. \nEnfin, il reste toujours difficile d’amener nos paysans à la culture bio. S’ils n’ont pas l’habitude de mettre des engrais, ce qui est une bonne chose, ils n’ont pas non plus celle de tenir à jour nos formulaires, or c’est essentiel pour la traçabilité des produits. \n\nVous êtes également, depuis 2011, le seul membre indépendant de l’Assemblée nationale laotienne. Comment conciliez-vous votre engagement sur le terrain avec celui en politique ? \n\nMon combat en ce moment est de faire comprendre aux parlementaires qu’il ne faut pas commettre les mêmes erreurs que l’Amérique latine en octroyant nos terres en concession aux sociétés multinationales. Le Laos est en quelque sorte un ilot de sous-peuplement, c’est un pays grand comme la moitié de la France mais avec seulement un dixième de sa population. \nNos paysans ne possédant en moyenne qu’un ou deux hectares par famille, il reste donc encore beaucoup de terres vacantes et sans propriétaires qui sont convoitées par nos voisins. Lorsque des entreprises chinoises, vietnamiennes, thaïlandaises obtiennent des concessions, elles ne sont pas toujours très respectueuses des populations locales et de leur mode de vie. \nDes familles paysannes se sont déjà retrouvées expulsées de leurs terres, des communautés ne peuvent plus aller chasser, chercher des légumes ou des fruits, des plantes médicinales dans les forêts parce que celles-ci sont entourées de clôtures. Le problème commence à devenir sérieux.\n\nPropos recueillis par Patrick Chesnet"}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/iddirs-organisations-communautaires-generatrices-de-revenus/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/iddirs-organisations-communautaires-generatrices-de-revenus/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Iddirs, organisations communautaires génératrices de revenus","datePublished":"2012-02-06T00:00:00+00:00","dateModified":"2024-04-10T09:15:01+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/iddirs-organisations-communautaires-generatrices-de-revenus/"},"wordCount":550,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Projet"],"inLanguage":"fr-FR","description":"Améliorer les moyens de subsistance des plus vulnérables en pariant sur les iddirs, ces associations qui couvrent les frais de funérailles, comme vecteurs de développement était loin d’être évident il y a quinze ans, lorsqu’ACORD, partenaire du CCFD-Terre Solidaire démarrait ses projets en zone urbaine. Rencontre avec certains de leurs membres dont la vie a changé grâce au micro-crédit.\n\n\n\n Addis Abeba, janvier 2012 \n\nHistoriquement et traditionnellement formées pour couvrir les frais des funérailles et accompagner les familles dans leur deuil, les iddirs restent des associations incontournables du paysage social éthiopien. Organisations communautaires de base par excellence – créées dit-on, par les artisans Guragué amenés par l’empereur Ménélik à la cour d’Addis Abeba au début du XXème siècle – ACORD travaille en étroite collaboration avec les idirrs en soutenant leur développement organisationnel tout en donnant le coup de pouce financier nécessaire au démarrage d’activités génératrices de revenus. \n\n« Les iddirs ont bien plus à donner et servir leurs membres avant leur mort plutôt qu’après » résume Abdi Adem qui coordonne l’un des trois projets de réduction de la pauvreté à Addis Abeba. Entre autres réalisations d’Addis Fana qui regroupe 17 iddirs (soit 628 membres dont 530 femmes) du quartier « Fransaï legassion », la construction d’une meulerie. « Grâce à la collaboration des autorités locales qui ont donné le terrain et les matériaux et avec qui nous avons pavé le chemin » explique Laka, militaire à la retraite, trésorier d’Addis Fana et membre du comité d’achat des céréales, « nous achetons en coopérative les céréales, les moulons dans de bonnes conditions. » Il ajoute que « désormais, beaucoup de nos membres fabriquent leur injera (galette de teff, une céréale endémique qui constitue l’aliment de base des Ethiopiens) et les vendent  ». \n\nA l’instar du lieutenant Laka, Zinash Wolde, trésorière d’une autre iddir, a suivi une formation de comptabilité et elle, s’est mise à son compte. « J’ai emprunté 5000 birrs » explique-t-elle et « j’ai ouvert avec mon mari un petit magasin de maroquinerie qui rapporte en moyenne 3000 birrs par mois[[A titre de comparaison, une secrétaire de mairie touche 900 birrs par mois Guylaine Saffrais]] ». D’autres élèvent des bovins et vendent leur production laitière ou encore, ont pu construire une maison dont ils louent les différentes pièces. Tous cotisent un minimum de 5 birrs par mois et aujourd’hui, la plupart des iddirs ont triplé leur capital initial couramment réinvesti dans l’achat d’actions de nouvelles banques et entreprises éthiopiennes. \n\nActeurs de la démocratie locale\n\nAprès avoir réussi à intégrer un agenda économique à la mission sociale des iddirs, ACORD peut se réjouir aujourd’hui d’être parvenu à créer un pont entre ces associations populaires, l’Etat et les différents acteurs du développement qui désormais,  écoutent les iddirs, les consultent et les intègrent dans la mise en place de leurs politiques de développement et de gouvernance locale. Plus qu’un canal pour réaliser des projets, les iddirs sont devenus des partenaires du changement."}
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Décryptage d’un phénomène porteur d’espoir.\n\n\n\nJusque dans les années 1990, il existait peu d’opportunités de participer à la vie des pays ; c’était l’affaire des élites urbaines (intellectuels, militants politiques, étudiants...) et des cadres du développement. Face à des États forts, aux partis uniques, avec des syndicats et des médias sous contrôle, et une répression massive des opposants, c’est dans le milieu chrétien que vont se former plusieurs générations de militants sociaux.\nLorsque le FMI et la Banque mondiale mettent en place les plans d’ajustement structurel dans les années 1980, des milliers de cadres de l’État limogés vont créer une multitude d’organisations de développement dans tous les secteurs : production agricole, commercialisation, formation et emploi des jeunes, santé, sida, genre, microfinance... C’est le début de l’âge d’or des ONG locales. Et cela arrange tout le monde ! Les États fragilisés laissent faire et les Institutions multilatérales les considèrent comme une alternative aux États défaillants et corrompus. Les ONG, alliées du libéralisme ? Sans aller jusque-là, elles sont régulièrement pointées du doigt : en compétition dans la recherche de financements, gouvernance peu transparente et sans réelle légitimité... Mais aujourd’hui, de multiples coalitions se sont organisées en contre-pouvoir. On ne parle plus de programmes de développement, mais de politiques publiques. On ne se définit plus seulement comme un acteur de développement mais aussi comme un acteur citoyen, militant pour un État de droit au service des peuples. Les syndicats, de retour au sein des\nsociétés civiles, ont remis les questions sociales (droits des travailleurs, système de protection sociale...) au coeur du débat public. Les sociétés civiles s’intéressent et se mêlent de tout. Rien ne leur échappe, ni les politiques agricoles ni le budget de l’État, ni les réformes foncières, ni les élections, ni la corruption... Elles s’allient avec les puissants bailleurs de fonds qui veulent réformer la gouvernance publique, ainsi qu’avec les dirigeants réformateurs lorsque cela est possible. Au Cameroun, par exemple, elle s’intéresse à la politique fiscale de l’État, à son niveau de réendettement et à ses orientations budgétaires. Elle s’est alliée avec la société civile française pour vérifier que les fonds issus de l’annulation de la dette bilatérale française sont bien utilisés pour le développement.\nElles restent pourtant pleines de contradictions. Toute une génération de militants associatifs, notamment de défenseurs des droits de l’homme, a émergé après la conférence de La Baule* et s’est mobilisée pour une alternance politique, afin de faire tomber les dictatures. Il leur est parfois difficile d’accepter l’évolution du paysage politique avec des oppositions discréditées sans programme, et encore plus de dialoguer avec les pouvoirs en place.\nElles ne sont pas non plus exemptes des critiques qu’elles portent envers le pouvoir : tensions ethniques, régionalisme, pouvoir autoritaire... Au Tchad, ce sont les organisations chrétiennes « sudistes » qui ont été le tremplin de l’action civique dès 1991. Très marquées par l’antagonisme Nord/Sud, elles ont développé une identité victimaire qui a débouché sur le refus de dialoguer avec les pouvoirs publics « nordistes » et de considérer les acteurs associatifs musulmans comme des interlocuteurs ou des alliés.\nMais les sociétés civiles pèsent chaque jour davantage dans les rapports de force politiques. Les communautés à la base suivent la même voie, plus lentement certes, mais elles commencent aussi à agir directement auprès des pouvoirs publics. Peut-être les élections locales leur donneront-elles de nouveaux pouvoirs ? Jusqu’où aller ? Les sociétés civiles doivent-elles chercher à influencer des hommes politiques peu crédibles ou doivent-elles envoyer des représentants dans l’arène politique ? Ce\nqui est sûr, c’est que beaucoup des prochains leaders africains en seront issus. -\n\nBruno Angsthelm\nChargé de mission Afrique"}
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Les quelques voix qui osaient pointer la responsabilité des multinationales dans le pillage des recettes publiques, en particulier dans les pays en développement, rencontraient peu d’attention ou des fins de non recevoir. L’incapacité des pays pauvres à venir à bout du fléau des flux financiers illicites était mise sur le compte de leurs administrations fiscales trop faibles ou corrompues. Leur salut viendrait de programmes d’assistance et de renforcement de capacités. Mais la mobilisation internationale contre le secret bancaire et les Etats non coopératifs n’a pas produit des résultats à la hauteur des enjeux. \n\n\n\nUn problème enfin reconnu par les pays riches\nDevant l’aggravation de la crise économique et l’asphyxie des budgets publics, cette indulgence à l’égard des pratiques abusives des multinationales est devenue difficile à justifier. D’autant que des organisations de la société civile et des journalistes s’entêtaient à raconter, preuves à l’appui, les recettes utilisées par les grands groupes pour délocaliser leurs profits, à la barbe des Etats. La multiplication des enquêtes et études, longtemps rares, a permis d’affiner notre compréhension du phénomène et sa mesure. Grâce à cette action opiniâtre, à la mobilisation citoyenne et aussi – reconnaissons-le – grâce aux excès caricaturaux auxquels se livrent quelques géants du web, les pratiques des entreprises multinationales font l’objet maintenant de toutes les attentions.\n\nDans un rapport de 2011, le FMI reconnaissait pour la première fois le défi posé par l’habileté des entreprises multinationales en matière d’optimisation, y compris pour les administrations fiscales des pays les plus riches. Il aura ensuite fallu attendre juin 2012 pour que les pays du G20, au sommet de Los Cabos, mandatent l’OCDE pour faire des propositions de réforme afin de répondre au « besoin d’empêcher l’érosion des assiettes fiscales et les transferts de bénéfices ». \n\nDans la foulée, les ministres des Finances britannique, George Osborne et allemand, Wolfgang Schäuble, épaulés ensuite par leur homologue français, Pierre Moscovici, ont appelé dans une déclaration conjointe à une meilleure coordination pour renforcer les règles fiscales internationales et identifier les failles du système actuel. Et le président américain, Barack Obama de renchérir : « des preuves empiriques suggèrent que les pratiques de transferts de revenus par des entreprises multinationales constituent une préoccupation majeure qui nécessite une réforme fiscale ».\n\nDe la lutte contre l’évasion des entreprises multinationales, il est en 2013 question dans l’agenda de l’Union européenne mais aussi des sommets du G8 de Lough Erne des 17 et 18 juin, du G20 Finances des 19 et 20 juillet et du sommet des chefs d’Etats du G20 en septembre prochain. Autant d’occasions à ne pas rater.\n\nLes pays en développement, premières victimes de l’évasion\nIls sont aujourd’hui nombreux, les responsables politiques à s’émouvoir – avec raison ! - des 1000 milliards d’euros que coûterait l’évasion fiscale aux finances publiques européennes. Mais, combien sont-ils à s’indigner quand la même somme échappe aux pays qui concentrent l’essentiel de la pauvreté sur la planète ?\nDans un rapport de décembre 2012, Global Financial Integrity [[D. Kar and S. Freitas “Illicit Financial Flows from developing countries: 2001-2010”, GFI, décembre. 2012]] alertait sur la reprise à la hausse des flux financiers illicites sortant des pays en développement : environ 1138 milliards de dollars en 2010. Sur la dernière décennie, ces flux auraient connu une progression annuelle de 8,6% en moyenne, supérieure à la croissance économique (6,3% par an). Surtout, précise le think-tank américain, environ 80% des flux financiers illicites sont l’objet d’une falsification des prix des transactions commerciales : une pratique qui concerne au premier chef des firmes multinationales. \n\nL’impact budgétaire de ces pratiques commence aussi à être mieux évalué. Glencore, un des leaders du commerce des matières premières aurait fait perdre à la Zambie dont il exploite le cuivre, près de 132 millions d’euros de recettes fiscales pour une seule année [[Eurodad, “A la recherche des milliards perdus. Ou comment la transparence financière des entreprises peut contribuer au développement”, avril 2012 ]]. Et l’Associated British Food, propriétaire d’une sucrerie locale, aurait aussi privé Lusaka de 20 millions d’euros depuis 2007 [[Action Aid, “Sweet nothing. The human cost of a British sugar giant avoiding tax in southern Africa”, Février 2013]]. SAB Miller, l’une des principales brasseries de bière du monde, aurait économisé quant à elle autour de 21,5 millions d’euros d’impôts sur l’ensemble du continent Africain, soit environ un cinquième des impôts dus ou une somme qui aurait permis de scolariser 250 000 enfants supplémentaires, selon une étude de l’ONG Action Aid [[Action Aid « Calling time. Why SABMiller should stop dodging taxes in Africa. » Novembre 2010.]]. \nAu total, la seule évasion fiscale des entreprises multinationales priverait les pays en développement d’au moins 125 milliards d’euros par an [[Christian Aid « Death and taxes: The true toll of tax dodging. », Mai 2008]]. Des pertes à ajouter aux impôts non perçus sur les fortunes accumulées offshore par les riches particuliers de ces mêmes pays, estimés entre 90 et 125 milliards d’euros par an [[James Henry, “The price of offshore revisited”, Tax Justice Network, Juillet 2012]]. Au total ce seraient entre 215 et 250 milliards d’euros par an évaporés dans les paradis fiscaux au lieu de financer des hôpitaux, des salaires d’enseignants ou des investissements dans l’agriculture. Soit plus de deux fois l’aide publique au développement déclarée par les pays riches et plus de six fois le montant de financements nécessaires par an (50 milliards de dollars) pour lutter contre la faim dans le monde d’ici 2025 selon la FAO [[Rapport de la Food and Agriculture Organization, « The state of food and agriculture », 2012]]. \n\nQue font les multinationales dans les paradis fiscaux ?\nEn 2009, le magazine Alternatives économiques publiait que les entreprises du CAC 40 possédaient environ 1500 filiales localisées dans les paradis fiscaux. Outre Atlantique, le Government Accountability Office avait recensé en 2008, les filiales des 100 plus grandes sociétés américaines cotées situées dans les paradis fiscaux (25% de filiales étrangères localisées offshore) [[La liste de paradis fiscaux utilisée a été produite par le GAO : 50 « Jurisdictions Listed as Tax Havens or Financial Privacy Jurisdictions ».]]. \nA son tour, le CCFD-Terre Solidaire avait, avec ses alliés européens, décortiqué en 2010 la localisation des activités des 50 premiers groupes européens, identifiant en moyenne une centaine de filiales chacun dans les paradis fiscaux [[CCFD-Terre Solidaire, « L’Économie Déboussolée. Multinationales, Paradis Fiscaux et captation des richesses », Merckaert J. et Nelh C., décembre 2010. Liste de référence : Financial Secrecy Index (FSI) de 2009 publié par Tax Justice Network (TJN) (moins La City et le Delaware)]]. En 2012, notre étude sur les banques [[CCFD-Terre Solidaire, « Banques et Paradis Fiscaux. Quand les régions françaises font mieux que le G20 pour imposer la transparence », Dupré M. et Monfort P., Juillet 2012. Liste de référence : FSI 2009 du TJN (moins La City et le Delaware)]] montrait que la concentration de filiales dans ces territoires n’avait pas diminué, malgré les annonces médiatisées de retrait. Les données non publiques relatives aux principales banques françaises et incluant des filiales détenues jusqu’au 10ème rang, utilisées par le centre des prélèvements obligatoires [[« Les Prélèvements obligatoires et les entreprises du secteur financier », Rapport du centre des prélèvements obligatoires, janvier 2013]] attestent d’une densité de filiales offshore encore plus élevée que ne le suggèrent les rapports financiers [[Le CPO utilise une liste construite à partir des travaux du FMI (51 Etats ou territoires) et une seconde liste, plus restrictive, qui part de la précédente mais exclut l’Irlande, Hong Kong et Singapour, tout en y ajoutant les Bermudes et les Iles Vierges américaines. Comparé au rapport du CCFD-Terre solidaire, il trouve 329% de filiales en plus au Luxembourg, 300% en Irlande et à Singapour, 240% à Hong Kong et 460% en Suisse.]]. \nConcernant les cent premières capitalisations boursières de Londres (le FTSE 100), Action Aid [[Action Aid, « Addicted to tax havens: The secret life of the FTSE 100 », Octobre 2011: Liste du GAO avec inclusion des Pays Bas et du Delaware.]] a trouvé en 2011 qu’environ 38% des filiales étrangères étaient « paradisiaques », un chiffre en très faible hausse en 2013. \n\nSans constituer une preuve d’évasion fiscale, une telle concentration de filiales dans les territoires les plus opaques de la planète laisse songeur – surtout quand certaines des entreprises concernées affichent des taux d’imposition effectifs nuls ou très réduits au niveau mondial et se refusent à publier une information détaillée sur leurs activités pays par pays. \nA quoi sert en effet de créer des myriades de filiales dans des territoires opaques, faiblement régulés ou à la fiscalité clémente pour les non résidents ? On arguera qu’il peut s’agir seulement de servir le marché local ou de créer des emplois dans ces territoires… Mais, pourquoi deux fois plus de filiales aux îles Caïman qu’en Inde ? Personne n’est dupe.\nToutes les études de cas récentes dévoilent plus ou moins les mêmes artifices. Si la production de bière de SAB Miller au Ghana était déficitaire, c’est bien parce que l’ensemble des profits ont été envoyés vers d’autres filiales sous le prétexte de rémunérer la marque aux Pays Bas, rembourser un prêt et payer la centrale d’achat à Maurice ou verser des frais de gestion en Suisse. Concernant Glencore, ce serait par le jeu d’un gonflement des coûts de production, d’une sous-évaluation des volumes de production, et surtout d’une vente de l’ensemble du cuivre exploité à la maison mère en Suisse à un prix inférieur à celui du marché. Enfin les majors de la banane, ont imaginé un trajet virtuel en sept étapes entre le producteur et le consommateur, permettant l’évaporation de 47% de la valeur dans les paradis fiscaux (Iles Caïman, Luxembourg, Irlande, Ile de Man, Bermudes et Jersey).\nLa structuration des groupes s’est ainsi considérablement complexifiée. Les entreprises travaillent sur la chaine de valeur ajoutée pour isoler, au moins sur le plan comptable, chaque activité et la localiser là où la fiscalité sera la plus avantageuse. La richesse créée, c'est-à-dire l’assiette fiscale de l’entreprise, est ainsi répartie indépendamment de sa géographie opérationnelles (lieux d’extraction des ressources, des usines de transformation ou des marchés de distribution). Elle peut être délocalisée artificiellement par le truchement des transactions intragroupe notamment sur l’immatériel (brevets et propriété intellectuelle, fonctions de financement, d’assurance ou de management). Ces transactions internes aux entreprises multinationales pèseraient aujourd’hui pour plus de la moitié du commerce international, multipliant ainsi les opportunités de transferts de bénéfices.\nAnalysant les données financières de 1500 entreprises multinationales implantées en Inde, des chercheurs de Christian Aid ont ainsi montré qu’en 2010, celles qui avaient des relations avec des paradis fiscaux payaient, sur chaque euro de profits, 30% d’impôts de moins que les autres [[P. Jansky et A. Prats, « Multinational corporations and the profit shifting lure of tax havens”, Christian Aid occasional paper n°9, mars 201]]. \n\nQue sait-on des européennes ?\nLes révélations sur la faiblesse de la contribution fiscale des plus grandes entreprises mondiales telles que Starbucks, Apple, Amazon ou Google, se suivent et se ressemblent.\nLes grands groupes américains se montrent redoutablement efficaces en matière de contournement de l’impôt. Ils usent abondamment de la possibilité de reporter indéfiniment les impôts à payer sur les profits générés offshore. Apple détiendrait ainsi 83 milliards de dollars de bénéfices accumulés hors des Etats-Unis, sur lesquels l’entreprise aurait dû payer autour de 26 milliards de dollars d’impôts. Pour Microsoft, ce sont respectivement 61 milliards et 19 milliards ou Citigroup 43 et 12 milliards [[Citizens for Tax Justice, Apple is not alone, Mars 2013]]. \nMais ces grands groupes savent également utiliser tous les tours de passe passe des législations fiscales des autres pays. Apple, première capitalisation boursière aux US, aurait payé seulement 2% d’impôt sur les sociétés dans l’ensemble des pays hors Etats-Unis ; soit un manque à gagner pour le fisc en France d’environ 230 millions d’euros, en 2011, selon les estimations de bfmtv.com [[Jamal Henni, « Exclusif: Apple n'a payé que 7 millions d'impôts en France », publié le 06/11/2012 à 11:10 et Mis à jour le 12/11/2012 à 17:36]]. Entre des investissements défiscalisés notamment outre mer et des redevances versées en contrepartie de l’usage de la marque à une société néerlandaise, détenue par une holding luxembourgeoise, propriété d’une fondation au Liechtenstein, Ikea serait parvenu toujours selon BFM TV [[« Comment Ikea réduit ses impôts en France »,  Jamal Henni et Nina Godart, BFMtv, le 02/2013 à 6:00]] à économiser 60 millions d’impôts en 2011 dans l’hexagone. Quant à la chaine Starbucks dont les cafés séduisent de plus en plus de clients français, elle n’aurait jamais payé d’impôt sur les bénéfices depuis son arrivée en France en 2004 [[Dan Israel, « Apple, Google, Microsoft et Facebook : bienvenue chez «les Intaxables» », Mediapart.fr, 07/11/2012]]. Enfin, toujours selon la même source, Google aurait économisé 145 millions d’euros en ne versant que 5 millions d’impôts en 2011 [[Jamal Henni, « Google n'a payé que cinq millions d'euros d'impôts en France l'an dernier », le 10/09/2012 à 17:30 - Mis à jour le 02/11/2012 à 11:41 ]]. \n\nSi les projecteurs sont braqués sur les entreprises américaines, croit-on vraiment que les géants des autres pays sont plus vertueux, alors qu’ils sont conseillés par les mêmes cabinets d’expertise comptable ou de services financiers ?\n\nLa seule fois où des groupes du CAC 40 avaient accepté de déclarer leurs bénéfices et impôts en France [[Nicolas Prissette, « L’impôt de chagrin », le JDD, Décembre 2010]], un quart d’entre eux n’avaient pas payé un euro d’impôt sur les bénéfices en 2009, parmi lesquels Total, Danone, Essilor, Saint-Gobain, Schneider, Suez Environnement et ArcelorMittal."}
{"@context":"https://schema.org","@type":"WebPage","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/introduction/","url":"https://ccfd-terresolidaire.org/introduction/","name":"Introduction - CCFD-Terre Solidaire","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#website"},"datePublished":"2013-06-12T00:30:00+00:00","description":"Au lendemain de la crise financière, les adversaires désignés dans la guerre internationale contre les paradis fiscaux étaient principalement des îles","inLanguage":"fr-FR"}
{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/quand-la-mondialisation-profite-de-larchaisme-du-droit/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/quand-la-mondialisation-profite-de-larchaisme-du-droit/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Quand la mondialisation profite de l’archaïsme du droit","datePublished":"2013-05-10T11:11:00+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/quand-la-mondialisation-profite-de-larchaisme-du-droit/"},"wordCount":2330,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Régulation des multinationales","Responsabilité sociale des entreprises"],"inLanguage":"fr-FR","description":"Expansion des liens commerciaux et capitalistiques des ETN\n\n\n\nProfitant de l’essor d’un système économique mondial ouvert, le nombre d’ENT a été multiplié par 10 en 30 ans. On compte aujourd’hui 70.000 multinationales possédant 690.000 filiales basées à l’étranger [[Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (Cnuced), chiffres 2010]]. Si le nombre de multinationales a augmenté, un petit nombre d’entre elles concentre, via leurs liens capitalistiques,  la majorité des pouvoirs économiques. Ainsi 737 des 43 000 plus grandes entreprises contrôlent 80 % du chiffre d’affaire total produit dans le monde et les 147 premières entreprises en contrôlent 40 % [[Étude de l’école polytechnique fédérale de Zurich publiée en 2011, sur la détention du capital des 3000 plus grandes entreprises mondiale, publiée en octobre 2011]] . Sur les 100 entités économiques les plus importantes du monde, 51 sont des entreprises transnationales et, face aux États, leurs poids financier est démesuré : le chiffre d’affaires cumulé des 50 premiers groupes européens représente en 2010 22% du PIB de l’UE (3500 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2009, 138 milliards de profit en 200 ). C’est dire le poids de ces acteurs économiques face aux États… c’est vrai au Nord mais encore plus dans les pays du Sud.\n\nLes termes d’entreprises transnationales ou d’entreprises multinationales sont utilisés indifféremment. Pourtant l’ETN n’est pas une entreprise classique aux contours bien définis. Le terme induit en erreur en laissant entendre que l’ETN a une «identité» supranationale alors que son centre de décision, historique et effectif, est situé dans un pays précis à partir duquel elle opère et intervient dans les pays où elles implantent ses relais.\n\nFiliales et sous-traitants  \n\nConcrètement, les ETN s’organisent soit autour du capital soit autour du contrat. Dans le premier cas, on parlera de groupe de sociétés ; dans le second, il peut s’agir de relations de fournisseurs ou de sous-traitance. Dans ce cas, elles opèrent donc au travers d’un vaste réseau d’entreprises composé de sous-traitants qu’elles surplombent en tant que donneur d’ordre et c’est ce qu’on désigne le plus souvent en anglais sous le vocable supply chain, en français la chaîne d’approvisionnement. Les filiales tout comme les sous-traitants disposent chacun d’une personnalité juridique propre, distincte. \n\nLa filiale, qu’elle découle d’une stratégie commerciale ou productive, est un élément essentiel de la stratégie d’internationalisation des ETN. Bien qu’elles soient contrôlées par la maison-mère et liées à cette dernière par une relations capitalistique, les filiales constituent du point de vue juridique et comptable des entités autonomes (les maisons mères ne sont d’ailleurs pas obligées de rendre publique leur relation avec les sous-traitants). Concernant la relation contractuelle, généralement la firme transnationale traite avec un sous-traitant qui à son tour sous-traite l’activité à un autre sous-traitant etc. Certaines filières de production sont particulièrement complexes et ramifiées, comme c’est le cas de l’industrie textile. La production d’un même article est souvent éclatée entre différents pays, spécialisés dans une ou plusieurs des étapes de la production. [[http://www.ethique-sur-etiquette.org/-Du-Nord-au-Sud-au-Nord]] \n\n\nQuand l’Erika mazoute l’impunité des multinationales\nEn reconnaissant le 25 septembre 2012, la responsabilité de TOTAL dans la marée noire de l’Erika, la Cour de cassation a instauré la compétence des juridictions françaises à juger de faits survenus en dehors du territoire français [[Confirmant ainsi la position de la cour d’appel  de Paris du 30 mars 2010]]. Arguant de l’autonomie juridique de ses sous-traitants et du droit international de la mer, la société pétrolière propriétaire de la cargaison transportée par le navire maltais, rejetait ses responsabilités pour le désastre environnemental advenu en 1999. À cet égard la jurisprudence et l’arrêt de la cour d’appel  de Paris est historique : en délaissant le montage juridique pour s’appuyer sur une charte de TOTAL définissant une série d’obligations pour l’affréteur, la cour souligne le pouvoir de TOTAL sur le navire et ainsi la responsabilité pénale et la négligence du pétrolier. L’arrêt s’appuie ainsi sur les engagements volontaires pris par TOTAL en matière de contrôle de l’état des navires exploités par ses affréteurs (alors même qu’aucune norme nationale ou internationale ne l’y obligeait). Cette position reflète la volonté de la jurisprudence de conférer une valeur de contrainte aux engagements volontaires des sociétés.\n \nUne responsabilité limitée  \n\nQu’elle entretienne des liens contractuels ou capitalistiques, en tant que personne morale, une société a une personnalité juridique qui la distingue non seulement des personnes physiques qui la composent, mais également des autres sociétés avec lesquelles elle est liée. C’est ce que l’on appelle le « voile » de la personnalité morale. En ne consacrant pas de catégorie juridique générale aux groupes ou aux réseaux d’entreprises, le droit protège la société des agissements des autres sociétés. Mais, qu’elles soient organisées autour du capital ou du contrat, les groupes sont marqués par des liens de contrôle, de domination, d’influence, ou tout simplement d’étroite collaboration. \n\n\nL’affaire Areva : vers la reconnaissance de la responsabilité de \"co-employeur\" ?\nSerge Venel est mort en juillet 2009 à l'âge de 59 ans. Il avait travaillé de 1978 à 1985 pour la Cominak, une société de droit nigérien filiale d’Areva,  qui exploite des mines d’uranium au Niger.  Quelques mois avant son décès, les médecins avaient attribué sa maladie  à « l’inhalation de poussières d’uranium ». La fille de Serge Venel entame alors un combat juridique contre Areva et le 11 mai 2012, le tribunal des affaires de Sécurité sociale (TASS) de Melun reconnaît qu’Areva a commis \"une faute inexcusable\" en tant que \"co-employeur\" et est donc responsable pour le cancer de Serge Venel et doit donc verser aux parties civiles des dommages et intérêts conséquents.  Areva a fait appel de cette décision qui pourrait ouvrir la voie à d'autres poursuites et condamnations.\n\nUn droit français non-harmonique  \n\nEn France, la loi apporte quelques limites au principe d’autonomie des personnes morales. Le droit comptable utilise la notion d’influence notable, le droit des sociétés celle de contrôle et le droit de la concurrence celle d’influence déterminante. En droit du travail, la réalité du groupe est prise en compte puisqu’un comité de groupe doit être mis en place au sein du groupe. De même, en droit comptable, les sociétés « dominantes » au sein d’un groupe, ont l’obligation d’établir des comptes consolidés pour permettre une vision unique des résultats du groupe. Le droit fiscal prévoit deux régimes fiscaux : celui des sociétés mère et celui de l’intégration fiscale [[Le régime des sociétés-mères permet de ne pas taxer les dividendes versés par la filiale à la mère et le régime de l’intégration fiscale permet d’éviter les risques de double imposition]]. Enfin, retenons l’exemple du droit de l’environnement qui prévoit, depuis la loi du 12 juillet 2010, la possibilité pour une société détenant plus de la moitié du capital d’une autre société de prendre en charge les obligations relatives à la responsabilité environnementale, en cas de défaillance de la filiale. Malgré cela, la non-harmonisation des différentes branches du droit ne permet pas d’établir la responsabilité du groupe de sociétés en matière de droits humains. \n\nUn droit non-contraignant  \n\nVis-à-vis de la responsabilité des ENT en matière de droits humains, les normes existantes demeurent non-contraignantes et laissent une large place aux démarches volontaires ou aux normes privés. Au niveau Européen, le livre vert  de la Commission Européenne, ainsi que la Communication de la Commission européenne du 25 octobre 2011, font référence explicite à la responsabilité des entreprises transnationales en matière de respect des droits humains. Enfin, au niveau international, les Nations Unies ou l’OCDE se sont emparés de la question. En 2003, l’ONU rend public son projet relatif à une norme internationale recensant les  obligations en matière de droits de l’Homme des sociétés transnationales. Ce projet, qui n’a pas abouti en raison d’une forte opposition et d’un lobbying important du secteur privé en direction des Etats membres des Nation Unies, a laissé la place, au processus dit Ruggie.  Ce processus a donné lieu à un texte, beaucoup moins ambitieux que le projet de normes, Les Principes directeurs relatifs aux droits de l’Homme et aux sociétés transnationales et autres entreprises : mise en œuvre du cadre de référence « protéger, respecter, remédier », adopté à l’unanimité en juin 2011 par le Conseil des droits de l’Homme des Nations Unies. Enfin, pour l’OCDE on retiendra les principes directeurs à l’intention des entreprises multinationales révisés en 2011 et qui intègrent les normes UN.  Ces textes introduisent une obligation de vigilance de la maison mère pour les agissements de ses filiales. Il s’agit de l’obligation de diligence raisonnable en matière de droits de l’Homme.\n\n\nLa mise en place d’une régulation contraignante qui dépasse les normes volontaires est rendue urgente par l’internationalisation accrue des activités des entreprises transnationales.  \n\nLa diligence raisonnable en matière de droits de l’Homme selon les Nations Unies (2011)\n\nLes Principes directeurs des Nations Unies qui définissent la diligence raisonnable en matière de droits humains précisent  qu’ « afin d’identifier leurs incidences sur les droits de l’homme, prévenir ces incidences et en atténuer les effets, et rendre compte de la manière dont elles y remédient, les entreprises doivent faire preuve de diligence raisonnable en matière de droits de l’homme. Ce processus devrait consister à évaluer les incidences effectives et potentielles sur les droits de l’homme, à regrouper les constatations et à leur donner une suite, à suivre les mesures prises et à faire savoir comment il est remédié à ces incidences. \n\n\nLa diligence raisonnable en matière de droits de l’homme :   \n\na) Devrait viser les incidences négatives sur les droits de l’homme que l’entreprise peut avoir ou auxquelles elle peut contribuer par le biais de ses propres activités, ou qui peuvent découler directement de ses activités, produits ou services par ses relations commerciales ; \n\nb) Sera plus ou moins complexe suivant la taille de l’entreprise commerciale, le risque qu’elle présente de graves incidences sur les droits de l’homme, et la nature et le cadre de ses activités \n\nc) Devrait s’exercer en permanence, étant donné que les risques en matière de droits de l’homme peuvent changer à terme au fur et à mesure de l’évolution des activités et du cadre de fonctionnement de l’entreprise commerciale. »\n\nDes tentatives non-abouties\n\nPlusieurs tentatives de projets de réformes du droit ont tenté d’instaurer la responsabilité entre sociétés  mères et filiales.  \n\n- En 2005, le rapport Catala propose d’introduire un nouveau cas de responsabilité du fait d’autrui à la charge des professionnels qui encadrent ou contrôlent l'activité d'autres professionnels en situation de dépendance économique. Cependant, la Chambre de Commerce et d’Industrie de Paris juge la proposition imprécise et considère que c’est une remise en cause du principe d’autonomie (un principe qui peut déjà être remis en cause lorsque la situation l’exige), susceptible de pousser  les sociétés mères à se délocaliser.\n\n- En 2008, un rapport de l’eurodéputée Corinne Lepage proposait d’introduire un principe de responsabilité de la société mère pour une faute commise par sa filiale (principe limité aux préjudices environnementaux et sanitaires). Il s’agit alors d’étendre la responsabilité à une situation de simple défaillance de la filiale. Cependant, la notion de contrôle développée y est, au contraire du rapport Catala,  trop circonscrite et ne reflète  pas les multiples formes que peut prendre le contrôle.\n\n- Le 15 juillet 2009 les sénateurs  Anziani et Beteille  appellent à « une plus grande prise en compte par la législation des caractéristiques de l’état de dépendance économique». La proposition est rejetée pour des raisons d’opportunités et non pour des raisons juridiques. \n\n- Récemment, un groupe de travail dirigé par le Pr. Terré propose de préciser les types de fautes pouvant engager la responsabilité d’une société mère en cas de dommage causé par une personne morale qu’elle contrôle. Sont ainsi distinguées les fautes résultant d’une décision ou d’une attitude, ou l’acte fautif résultant de l’abus de la technique sociétaire. Il s’agit donc là d’instaurer une responsabilité solidaire entre entreprise mère et fille.  \n\nForce est de constater qu’il y a aujourd’hui encore une incapacité à modifier le droit pour que celui-ci se conforme aux réalités d’une économie mondialisée, animée par des acteurs surpuissants qui peuvent diluer leurs responsabilités via le jeu des chaînes de production. Sans stigmatiser les grandes entreprises et sans exonérer les décideurs politiques de leur propre responsabilité, les multinationales arguent de leurs poids économique et du contexte concurrentiel de la mondialisation pour ne pas voir leur responsabilité juridiquement établie."}
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Les 5 personnes qui l'accompagnaient ont été grièvement blessées.\n\n\nLe lundi 08 novembre 2010, l'armée marocaine a organisé un assaut violent pour démanteler le campement. La violence qui en a suivi et qui s'est étendue à la ville de Laâyoune - violence déplorée par le Conseil de sécurité le 16 novembre 2010 - aurait causé une douzaine de morts dont la majorité dans les rangs des forces de sécurité, selon la police marocaine, et plusieurs dizaine de morts civils selon les associations de défense des droits de l'homme sahraoui, présentes sur place. Des dizaines d'arrestations arbitraires ont eu lieu et plusieurs personnes seraient toujours portées disparues.\n\n\nLa Mission des Nations Unies pour l'Organisation d'un Référendum au Sahara Occidental (MINURSO), a été déployée depuis septembre 1991 suite à l'accord de cessez le feu entre le Maroc et le Front Polisario permettant ainsi de statuer sur le territoire du Sahara Occidental, actuellement non autonome et annexé par le Maroc depuis 1975.\n\n\nLa MINURSO est la seule mission de maintien de la paix de l'ONU à ne pas avoir une composante « droits de l'Homme » dans son mandat. Ceci est en contradiction avec les principes affichés du Département de maintien de la paix de l'ONU qui identifie le respect des droits de l'Homme comme un élément crucial pour atteindre une paix durable. En 2006, le Bureau du Haut Commissaire de l'ONU pour les droits de l'Homme (BHCDH) faisait valoir, dans un rapport confidentiel, que la situation des droits de l'Homme dans la région constituait une « préoccupation sérieuse » et déclarait qu'une surveillance plus approfondie de la situation des droits de l'Homme au Sahara occidental et dans les camps de réfugiés de Tindouf était « indispensable ». Dans son rapport d'avril 2010, le Secrétaire général des Nations unies a rappelé que l'ONU « ne dispose pas sur le terrain de personnel expressément chargé de veiller au respect des droits de l'homme, la MINURSO n'étant pas dotée d'un mandat précis en matière de droits de l'homme et le Haut- Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme n'ayant pas de présence dans le territoire ni dans les camps de réfugiés proches de Tindouf ».\n\n\nAinsi malgré sa présence sur le terrain, la MINURSO n'a pas pu fournir des informations sur les évènements tragiques de ces derniers jours. Le manque d'informations sur la nature et l'étendue de la violence à Laâyoune ainsi que les déclarations contradictoires du Maroc et du Front Polisario démontrent la nécessité pour le Conseil de sécurité d'ajouter la surveillance et la protection des droits humains au mandat de la MINURSO.\n\n\nLe CCFD-Terre Solidaire exprime sa vive préoccupation concernant la sécurité des populations civiles et condamne, à l'instar du Parlement européen dans sa résolution du 24 Novembre (http://www.europarl.europa.eu/sides/getDoc.do?pubRef=-//EP//TEXT+MOTION+P7-RC-2010-0675+0+DOC+XML+V0//FR), les violences qui se sont produites lors du démantèlement du camp et dans les principales villes du sahara occidental. \n\n\nL'introduction d'une composante « droits de l'Homme » dans le mandat de la MINURSO pourrait non seulement permettre au Conseil de sécurité de recevoir des informations fiables et rapides sur une situation instable, mais aussi désamorcer les campagnes de désinformation menées par certains dans les deux camps et qui compliquent la recherche d'une solution politique au conflit.\n\n\nCette solution repose sur la mise en œuvre du plan de règlement du Secrétaire général des Nations unies accepté par le Maroc et le Front Polisario en 1991 et prévoyant un référendum par la voie duquel le peuple sahraoui choisirait entre l'indépendance et l'intégration au Maroc. Ce référendum s'inscrit dans la continuité de la résolution 4050 des l'Assemblée Générale des Nations Unies de 1985 qui réaffirme que \"la question du Sahara occidental est une question de décolonisation à parachever sur la base de l'exercice par le peuple du Sahara occidental de son droit inaliénable à l'autodétermination et à l'indépendance\" (clause 1ère) et appelant  « à un référendum à cette fin » (clause 3). Ces principes sont explicitement rappelés par la résolution 621 du Conseil de Sécurité des Nations Unis de 1988.\n\n\nDepuis, le Polisario souhaite que les Nations unies organisent le référendum sur l'autodétermination avec trois options - indépendance, autonomie sous la souveraineté marocaine ou intégration au Maroc - tandis que le Maroc propose l'autonomie sous sa souveraineté, refusant toute option d'indépendance. Face au blocage entre les deux parties, les Nations Unies les exhortent, par la voie de la résolution 1754, à négocier « en vue de parvenir à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable qui permette l'autodétermination du peuple du Sahara occidental ».\n\n\nAlors que les forces de sécurité marocaines procédaient au démantèlement du campement, le Front Polisario et des représentants marocains reprenaient le jour même des négociations directes à Manhasset (Etats-Unis) avec l'aide de Christopher Ross, envoyé spécial des Nations Unies pour le Sahara Occidental. On s'étonnera que ce cinquième round de négociations, qui devait se montrer « plus intensive et substantielle », n'aient pas abouti.\n\n\nLe CCFD-Terre Solidaire appelle dès lors les autorités françaises à :\n\n\n\n promouvoir et faciliter l'extension du mandat de la MINURSO vers la surveillance du respect des droits de l'homme\n\n\n\n promouvoir et faciliter au sein du Conseil de Sécurité et auprès du Maroc et du Front Polisario la mise en œuvre du référendum sous l'égide des Nations Unies"}
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Plus de 1,5 million de Syriens ont trouvé refuge au Liban, où ils représentent désormais plus d’un quart de la population. Cet afflux massif exacerbe les tensions entre population hôte et réfugiés. \nAfin d’améliorer le quotidien de tous, Libanais et Syriens, une initiative soutenue par le CCFD-Terre Solidaire a été proposée à six villages. Depuis le début de l’été 2014, du Sud Liban à la plaine de la Bekaa en passant par le Akkar, trois partenaires du CCFD-Terre Solidaire, le Mouvement social libanais (MSL), Fair Trade Lebanon et Mada développent un projet d’appui qui vise à améliorer les conditions de vie socio-économiques des populations et à apaiser les tensions liées à l’importante présence des réfugiés.\n\n\n\nAu Sud Liban\n\n\nUn youyou a fusé, repris par une douzaine de femmes. C’est Rokaïa, une réfugiée syrienne originaire de Damas, qui, la première, a lancé le cri de joie pour fêter Myriam, libanaise et toute jeune épousée. Nous sommes dans le Sud Liban, à Kfar Tebnit, un village agricole chiite, de 13 500 habitants accueillant 1 457 Syriens chassés par la guerre. Il y a encore six mois, Rokaïa, traumatisée par une précédente expérience d’installation à Beyrouth, n’osait s’adresser aux gens du village. Depuis, elle participe aux ateliers de transformation alimentaire avec les membres de la coopérative féminine du village dans le cadre du projet soutenu par le CCFD-Terre Solidaire. « Je loue une pièce humide en rez-de-chaussée avec mes quatre enfants et mon mari. C’est difficile, mais au moins maintenant, je me sens mieux intégrée. À Beyrouth, les gens me regardaient comme si j’allais importer la guerre dans leurs familles », confie-t-elle.\n\nFadwa Zahraman, responsable de production à la coopérative de Fnaideq :\n« On a acquis beaucoup de nouvelles informations qui ont aidé à améliorer notre performance, de plus l’intégration des femmes syriennes dans la coopérative a apaisé les tensions entre les familles. Ce projet a rapproché les gens et nous a aidées à résoudre nos problèmes quotidiens d’une façon rationnelle tout en communiquant avec l’autre. »\n\nCe jour-là, la tête couverte de charlottes en plastique et les mains gantées conformément aux dispositions d’hygiène qu’elles ont apprises, les femmes ont préparé un gargantuesque mezze. Les deux Syriennes du groupe expliquent comment elles écrasent les ingrédients tandis que les Libanaises les coupent ! « Au début, les Libanaises adoptaient une attitude un peu condescendante, se souvient une observatrice. Jusqu’au jour où les Syriennes ont livré un secret pour éviter que les aubergines farcies ne moisissent ». Ce partage de savoir faire autour de la cuisine, activité essentielle dans les deux cultures, a fait fondre la glace. «Toutes, en amont, avaient participé à des réunions de médiation interculturelle.À partir de jeux de rôle, on travaille sur le regard, le ton, l’attitude pour faire prendre conscience des territoires de chacun. Mieux identifier les différences respectives permet d’éviter les malentendus», explique Charlotte, 35 ans, assistante sociale du MSL, formatrice et médiatrice au sein du projet.\n\nSi l’atelier cuisine résonne de rires et de cris, une atmosphère studieuse règne dans la pièce à côté. «Attention à ne pas faire saigner la cliente, prévient la formatrice en esthétique et coiffure. N’enlevez pas toute la peau, il faut que l’ongle respire ». Trois fois par semaine pendant six mois, elle enseigne la manucure, le soin du visage ou le brushing à 25 Syriennes et Libanaises entre 16 et 23 ans. Chacune a participé auparavant à une initiation à la communication et au dialogue. Mêler ainsi la formation professionnelle à la médiation est l’une des forces du projet.\n\n Nada Osman, responsable des comités de femmes et membre du CMT à Hrar : \n« Ce projet nous a aidées comme étant des femmes à être plus organisées, aussi maintenant au niveau du CMT on connaît tous les Syriens et on travaille auprès de la municipalité à les aider selon nos capacités. On vit maintenant ensemble et on pense toujours à eux en les intégrant dans toutes les activités. »\n\n\nÀ peine sortie du cours d’esthétique, Hadil, une réfugiée syrienne, a rejoint les autres membres du « comité territorial mixte ». Un groupe de 11 personnes où se retrouvent jeunes et adultes, femmes et hommes, Libanais et Syriens, élus et citoyens. Leur rôle : dialoguer pour atténuer les tensions et proposer des projets de développement au conseil municipal. Les idées foisonnent : stage de photo, centre aéré, fresque réalisée par des artistes locaux… « OK, mais il faudra évaluer leur talent », précise la « greffière » du comité avec humour. Ne reste qu’à budgéter l’ensemble avant de le proposer au maire. « Profitons-en, les élections municipales ont lieu en 2016 ». Éclat de rire. La séance est presque terminée lorsque la jeune Hadil prend la parole pour proposer un atelier d’alphabétisation. « C’est moi qui prendrai le premier cours ». Derrière l’autodérision perce le courage de cette étrangère dévoilant au groupe, devant des hommes, cette faille si intime. L’assistante sociale est bluffée. « Il y a quelques semaines encore, Hadil était très négative, agressive ».\n\n\nLa Bekaa, village grec-catholique\n\n\nÀ Fourzol, village grec-catholique de la Bekaa, les 1 000 à 1 500 Syriens vivent sous tentes. Ce bourg de 10 000 habitants est installé sur les flancs d’une colline séparée des campements par la grand-route au milieu des vignes. Pour encourager le vivre ensemble à Fourzol, une dizaine de Syriennes sont invitées à participer aux activités de la coopérative soutenue depuis 2008 par Fair Trade Lebanon, partenaire local. Celle-ci remet au goût du jour, le mouneh traditionnel (la confection de réserves pour l’hiver) : sirop de rose, confiture d’orange, feuilles de vigne en saumure… vendus localement ou à l’export. Najah, 38 ans, six enfants, vient d’Alep : « On a quitté la Syrie, en pensant que la crise ne durerait que quelques jours. Mais les combats ont commencé et notre maison a été détruite. » Encore sur la réserve, les Syriennes sont invitées de temps à autre par les Libanaises de Fourzol à l’occasion d’un sobhieh : ces réunions matinales de « papotage » autour d’un café.\n\n\nLe Akkar, à la frontière de la Syrie\n\n\nLe Akkar, région du Nord Liban, frontalière de la Syrie, est historiquement marginalisé : 60 % des habitants vivent en dessous du seuil de pauvreté, le taux d’analphabétisme, 30,5 %, y est le plus élevé du pays, le chômage endémique pousse de nombreux jeunes vers l’armée. Avec le temps et les difficultés économiques croissantes, la solidarité avec les 110 000 réfugiés syriens vivant dans le Akkar s’amenuise. L’ancrage de Mada, présente depuis dix ans dans la région et les liens noués avec les maires, les cheikhs, les familles, ont permis de rassurer les uns et les autres et de promouvoir des initiatives concrètes dans les trois villages sélectionnés.\n\nHala, assistante sociale dans le cadre du projet a choisi d’intervenir dans les écoles. « Aujourd’hui, les mères libanaises ou syriennes parlent plus spontanément de leurs soucis, des problèmes de comportements de leurs enfants. La guerre et l’exil laissent des traces… ». Des groupes de paroles thématiques animés par la psychologue Jacqueline offrent un autre espace de dialogue aux familles.\n\nAinsi, depuis un an, s’acclimatant à chaque fois aux spécificités du terrain, le projet d’appui aux populations hôte et réfugiée prend forme. Les initiatives lancées semblent bien enracinées pour croître au-delà des trente mois prévus. Et peut-être essaimer, dans bien d’autres villages.\n\nNathalie Bontemps\nJournaliste\n\n\nÀ la radio\n\nRCF consacrera une émission Le Temps de le dire à l’engagement du CCFD-Terre\nSolidaire et de ses organisations partenaires pour un meilleur vivre ensemble.\n\n À écouter en direct sur RCF, au cours de la semaine du 7 au 11 mars 2016 ou en podcast sur rcf.fr"}
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Est-il possible d’isoler à coup sûr, dans l’univers des acteurs sociaux, celui dont le potentiel « transformateur » (puisqu’il s’agit d’encourager la transformation sociale) et « structurant » (puisque, du renforcement d’un acteur, il s’agit de passer progressivement au renforcement et à la structuration de la société civile dans son ensemble) est le plus assuré, le plus fécond, le plus susceptible de résister à l’épreuve du temps ?\n\n\nLa réponse à cette question passe en premier lieu par l’intelligence du contexte. La connaissance fine des sociétés et de leurs dynamiques est essentielle. à trop vouloir faire de la société civile un outil des politiques de coopération et de développement, on court le risque de renoncer à la qualifier et à travailler au plus près des processus sociaux réellement à l’œuvre dans les pays.\n\n\nLa connaissance fine des sociétés et de leurs dynamiques est essentielle.\n\n\nBien connaître ces processus sociaux sur le moyen et le long terme, identifier les acteurs les plus porteurs de dynamiques de nature structurelle, donc susceptibles de modifier l’environnement institutionnel, social, de politique générale, bien apprécier la nature de la relation partenariale que l’on est susceptible d’établir avec ces acteurs et anticiper leurs évolutions sur le long terme sont les trois conditions essentielles d’une bonne identification des partenaires.\n\n\nLa connaissance des processus sociaux\n\n\nLes profils, sphères d’intervention, structuration, mobiles, niveaux d’organisations et de compétences des sociétés civiles diffèrent grandement d’un pays à l’autre. Pour analyser les dynamiques des organisations de la société civile (OSC), il faut comprendre d’où elles viennent, pourquoi elles ont émergé, comment elles ont évolué et ce au regard des contextes politiques et institutionnels ; des enjeux de développement, notamment économiques, mais aussi durables ; de la (des) culture(s) et de la société.\n\n\nQuelques éléments de catégorisation des sociétés civiles en fonction des contextes politiques et institutionnels Dans les pays de tradition démocratique, la société civile est assez diversifiée et sectorisée. Elle traite des questions de développement, d’environnement, de défense d’intérêts catégoriels, d’inégalités. On y trouve surtout des organisations professionnelles, des syndicats, des centres de recherche, des mouvements citoyens, des associations de toute sorte.\n\n\nDans les pays soumis à l’arbitraire du despote ou des pouvoirs de facto, la société civile est souvent sous contrôle, les risques de répression existent. Les mouvements liés à la revendication des droits sont discrets ou emploient des paravents (fourniture de services sociaux) pour masquer leurs activités réelles. Le droit d’association peut être interdit et la société civile agit alors sous couvert d’autres formes juridiques : centres de formation, entreprises. Elle ne peut se structurer ouvertement mais les acteurs utilisent quelquefois leurs liens à l’étranger pour se maintenir en contact les uns avec les autres.\n\n\nDans les pays où une crise de confiance a éclaté entre l’État (souvent en « crise », en « faillite » ou « fragile ») et la population, entraînant des grèves, des flambées de violences, des manifestations diverses, voire des rébellions armées, la société civile fait de la défense des droits de l’homme, de la démocratie, du partage des richesses, de l’éducation à la non-violence mais aussi, de la lutte contre la corruption et l’impunité, ses priorités. La dégradation politique et institutionnelle qui caractérise ces situations lui impose de grands efforts en matière de structuration.\n\n\nDans les pays où il n’y a pas d’État (Somalie) ou à peine (Haïti, République Démocratique du Congo), les acteurs sociaux se retrouvent dans l’obligation d’assumer des prérogatives de puissance publique, de façon tantôt officielle, tantôt (le plus souvent) officieuse. L’État délègue ses compétences en matière sociale, de sécurité... Parfois, les administrations, devenues coquilles vides, sont doublées par des organisations non-étatiques. \n\n\nDans les pays en guerre, la société civile se préoccupe plus particulièrement du secours humanitaire et de la sécurité des personnes.\n\n\nCertaines sociétés civiles peuvent aussi émerger de façon tout à fait opportuniste. Ainsi, depuis une dizaine d’années, de nombreux bailleurs font de la société civile un possible prestataire de services sociaux en lieu et place d’États en crise. Des compétences, des rôles et des responsabilités sont confiés collectivement (processus de concertation, espaces de consultation...) et individuellement (délégation de maîtrise d’ouvrage ou de maîtrise d’œuvre) à des OSC, sans que l’on ait vérifié au prélable qu’elles avaient réellement les moyens, la légitimité et les normes éthiques indispensables à leur action. Tout ceci concourt à une certaine «  dé-légitimation » de la société civile aux yeux de l’opinion publique, prompte à assimiler toutes les organisations et à les juger à la même aune.\n\n\nDistinguer les organisations légitimes des autres est essentiel. Quelques critères y contribuent.\n\n\nQuelques éléments de repère concernant la société civile\n\n\nLes acteurs sociaux des pays du Sud et de l’Est émergent au sein de sociétés tout à la fois traditionnelles et modernes : reposant sur des fonctionnements ancrés dans la permanence et incorporant dans le même temps des modes de faire et d’être caractéristiques de notre modernité.\n\n\nAinsi, il existe dans les communautés des associations de solidarité traditionnelles (informelles, adossées au système de parenté et d’alliance) que l’on néglige souvent de voir : groupes de femmes autour des tontines, regroupement par classes d’âge dans les communautés ou à l’école, associations de quartiers, de développement villageois, organisations sociales et de coopération reposant sur la famille élargie, le clan, le totem, le voisinage... La façon dont ces associations interagissent avec les transformations et les processus de « développement » en cours doit être considérée et interrogée.\n\n\nLes acteurs sociaux qui empruntent des modes de faire et d’être qui relèvent du « moderne » (entreprises, mais aussi ONG, syndicats, centres de recherche) s’ajustent aux modèles occidentaux, qu’ils réinterprètent au gré des contextes. \n\n\nLes professionnels de la coopération internationale reconnaissent à coup sûr ces acteurs de modernisation. Ces derniers (sinon tous, du moins les plus éclairés) savent cependant combien il est essentiel de tenir compte des réseaux locaux traditionnels, vecteurs d’information et lieux de décision de première importance. Ils possèdent des clés de lecture dont les agents de coopération extérieure sont dépourvus. à leur tour ils peuvent donc être amenés à nouer des partenariats avec ces réseaux, socialement enracinés.\n\n\nLes religions contribuent également à la mo­der­nisation ou à la réaction sociale. En Amérique latine par exemple, le courant catholique progressiste de la deuxième moitié du XXe siècle, notamment celui de la théologie de la libération, a engendré un vaste mouvement d’éducation populaire et de « conscienti­sation » des plus démunis, qui a formé et façonné des générations de responsables de la société civile. En Afrique, on ne compte plus les nombreux groupes religieux, association de\nfemmes ou jeunes chrétiens ou musulmans, groupes charismatiques et sectes de tous types, dont les effets « transformateurs » ne sont pas négligeables. De même dans le bassin méditerranéen, l’Europe de l’Est et l’Asie, l’évolution de la pratique et du sentiment religieux, notamment de l’Islam, et les réactions qu’elle suscite, façonnent la physionomie des sociétés civiles, tantôt multiconfessionnelles, tantôt résolument laïques.\n\n\nLes méthodes d’appréciation des contextes\n\n\nIl est nécessaire de recouper de nombreuses informa­tions, de produire des analyses et de prendre des temps longs d’immersion pour appréhender la société civile d’un pays. Évidemment et en aucun cas cette appréhension ne pourra être exhaustive tant les structures sont nombreuses et mouvantes. Les sources d’information sont : les répertoires existants et les analyses d’experts (rares). Cependant, les textes sont très vite obsolètes : certaines organisations ont disparu, d’autres ont largement évolué, d’autres encore ont acquis un poids tout à fait différent dans la dynamique générale de la société civile ;\n\n les informations provenant des bailleurs et de diverses institutions intervenant dans le pays. Cependant nombre d’entre eux ne travaillent qu’avec les plus grosses structures et en fonction de leurs critères propres ; les échanges directs avec les différentes plates-formes et réseaux existants. L'écoute de leurs stratégies, la lecture de leurs documents, les échos de la presse, permettent de pressentir les problématiques de fond auxquelles s’attaque la société civile et de saisir les structures les plus actives dans tel ou tel champ. Toutefois ces plates-formes ne comptent pas parmi leurs membres l’ensemble des organisations existantes. les échanges directs avec les partenaires locaux existants et les autres corps de la société civile (syndicats, fédérations professionnelles agricoles, ONG, collectivités locales, journalistes locaux, univer­sitaires...). Ces sources d’information sont par nature multiples et diversifiées. Elles permettent ainsi de croiser différents types d’analyses et de recueillir facilement une information peu accessible ailleurs. Ce canal d’information est régulièrement utilisé par le CCFD - Terre Solidaire ; les échanges avec les pairs : que se disent-ils les uns des autres ? Le CCFD - Terre Solidaire est membre de nombreux réseaux et plates-formes constitués d’organisations françaises, européennes voire internationales. Ils sont structurés sur des bases géographiques ou thématiques et permettent un partage d’informations et d’analyses sur les contextes locaux, sur les acteurs de la société civile.\n\n\nLe CCFD - Terre Solidaire rencontre au fil des ans, de nombreux acteurs au cours des « missions de terrain », et c’est certainement la multiplicité de ces rencontres\net le temps passé qui lui permettent de se doter d’une analyse propre.\n\n\nDiscernement et appréciation des organisations\n\n\nLe choix et l’appréciation des acteurs supposent plusieurs éléments de discernement qui doivent être entendus de façon dynamique et non comme des critères figés.\n\n\nChoisir des « acteurs de changement social »\n\n\nCe sont des acteurs organisés porteurs de dynamiques particulières  : ils saisissent la nécessité d’un changement durable pour les populations, ils cherchent à agir sur les causes structurelles.\n\n\nLe choix se porte davantage vers des organisations socialement enracinées plutôt que vers celles dotées de strictes compétences techniques. Elles sont capables de mobiliser les groupes sociaux et de susciter, ainsi, des  transformations structurelles, en raison de leur capacité d’analyse pertinente des contextes locaux. Des opérateurs strictement techniques ne sortiront en général pas du champ opératoire et ne sauront évoluer au gré des dynamiques sociales. L’alliance entre techniciens et acteurs du « mouvement social » est cependant essentielle : c’est la conjugaison des deux talents qui rendra mutuellement pertinente l’action de chacun.\n\n\nLe choix se porte également sur des acteurs intervenant dans un champ innovant, thématique ou géographique, prenant des risques, allant peut être à contre-courant. Cela n’exclut pas du champ d’intérêt les acteurs positionnés sur des thématiques plus anciennes.\n\n\nLa question de la légitimité et donc de la repré­sentativité du partenaire se pose également. Qui sont les fondateurs  ? Qui le partenaire représente-t-il ? Quelle est son histoire ? De quoi vit-il ? Comment se comporte-t-il ? Quels sont ses liens avec sa « base », les popula­tions concernées par son action  ? Ces questions essentielles permettent souvent de juger de l’enracinement et de l’éthique de la structure.\n\n\nLa forme de la structure Le CCFD - Terre Solidaire travaille avec des organisations de formes très différentes mais la relation ne se construira pas de la même façon suivant les cas.\n\n\nJusque dans les années 80, il s’agissait plutôt de bureaux diocésains de développement (liés à l’église) et de mouvements d’action catholiques calqués sur ceux existant en France et en Europe  : le Mouvement rural de jeunesse chrétienne (MRJC), la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC), les Scouts ainsi que des congrégations religieuses ou encore des associations villageoises de développement et des organisations communautaires de base.\n\n\nPar la suite, avec l’apparition de nouveaux types d’acteurs locaux, le champ a été élargi aux ONG, aux organisations paysannes, aux organisations professionnelles, aux centres de recherche, aux universités, aux mouvements populaires de type nouveau (de femmes, de jeunes), aux mouvements des Droits de l’Homme, aux mutuelles de solidarité et aux institutions de microfinance, plus rarement aux collectivités locales. à partir des années 2000 et avec la structuration croissante des sociétés civiles dont il est aussi un des artisans, le CCFD - Terre Solidaire accompagne des réseaux thématiques, des plates-formes et des fédérations regroupant plusieurs acteurs de même catégorie ou variés. Cela peut l’amener à dialoguer avec des syndicats. Dernièrement, le CCFD - Terre Solidaire est devenu membre à part entière de programmes innovants de nouveaux modes de coopération : les Programmes concertés pluri-acteurs. \n\n\nUne compatibilité d’orientations entre partenaires \n\n\nIl est important de partager une même vision du développement et de porter des valeurs communes, telles que la promotion de la personne humaine, le souci du bien commun et la participation à la vie démocratique. \n\n\nLe CCFD - Terre Solidaire et ses partenaires partagent aussi un certain nombre de principes :\n\n\n\nen termes de sens : il y a un partage d’analyse des problématiques et solutions à apporter. Le sens du mot «  développement  » est interrogé, les modes de développement occidentaux n’étant pas considérés comme des modèles absolus ; en termes de convergence d’intérêts : la mondialisation induit des problématiques\npartagées au Nord comme au Sud. Des politiques publiques nationales ou internationales ont des retombées dans d’autres pays, aux confins des territoires. Le CCFD - Terre Solidaire, ses partenaires et alliés, agissent en commun au sein de réseaux pour faire évoluer en amont comme en aval les causes du mal-développement ; en termes de fonctionnement  : ces structures ont une certaine vie démocratique, une transparence, une répartition des responsabilités et la recherche d’une amélioration des relations de coopération et des rapports de pouvoir entre les sexes.\n\n\nEnfin, le CCFD - Terre Solidaire et ses par­tenaires partagent une même vision et démarche :\n\n une entrée par le droit  : le droit des minorités, le droit d’association, les droits de l’Homme en général ; l’affirmation d’une identité de citoyen, potentiellement universelle, qui doit prédominer sur toute autre source d’identification (ethnique, culturelle, professionnelle, géographique...) sans qu’aucune de celles-ci ne soit exclue ; la reconnaissance de l’accès aux ressources comme une condition élémentaire de développement pour les populations : sécurisation de la terre, de l’eau, accès au financement ; l’attention à la richesse non marchande, la diversité du savoir social. Car ce sont des outils de stabilité sociale, politique et de développement économique. Certains « savoirs », notamment traditionnels, sont « signifiants » pour le corps social et entrent en «résonance» avec lui.\n\n\nLes compétences et la cohérence de l’organisation\n\n\nIl s’agit d’être attentif à l’adéquation entre la stratégie, les objectifs et les ressources humaines et financières de la structure en s’informant de ses capacités de gouvernance et de reporting et en s’intéressant à l’expérience déjà acquise. L’idée est donc d’adapter la relation partenariale aux conclusions de ces analyses et non de faire de ces dernières un critère absolu d’intégration ou de rejet.\n\n\nL’adéquation avec les priorités stratégiques exigées par le contexte \n\n\nÀ la suite de l’analyse située des dynamiques sociales et des enjeux spécifiques de chaque pays, le CCFD - Terre Solidaire décline ses orientations stratégiques, notamment ses six thématiques d’intervention, au niveau de chaque sous-région et pays. Pour ce faire, il analyse les problématiques, les dynamiques institutionnelles existantes pour chacune des six thématiques. \n\n\nLe choix d’un partenaire est donc fonction de sa plus-value particulière au regard de telle ou telle problématique ou enjeu de développement.\n\n\nÉvaluation du potentiel « partenarial » des organisations et engagement de la relation \n\n\nAider à construire dans les pays une société civile pour un développement commun nécessite de rechercher une complémentarité et, de plus en plus, une synergie entre les différents partenaires d’un même pays. Les expériences et compétences spécifiques des uns et des autres peuvent ainsi être partagées, en tirant souvent parti du rôle médiateur du CCFD - Terre Solidaire, lequel permet de faciliter un dialogue et une concertation.\n\n\nAinsi, dans un pays en conflit par exemple, il peut être judicieux de soutenir des associations travaillant à la sécurisation des biens matériels, à la réconciliation intercommunautaire, à l’insertion socio-économique des jeunes ; mais aussi, des instituts de recherche et de formation, des mouvements de Droits de l’Homme, une plate-forme nationale contribuant à la réflexion sur la sortie de crise. Le travail pratique des uns peut être accompagné par les formations des autres, les réflexions s’enrichissent mutuellement entre chercheurs et acteurs de terrain, les revendications des uns, pas assez audibles, peuvent être portées par ceux qui se font plus entendre du pouvoir...\n\n\nEn fonction des organisations, le partenariat sera différent. Dans certains cas, l’appui projet sera important, parce que les partenaires sont encore peu expérimentés ou parce qu’ils travaillent dans des régions aux besoins spécifiques. Dans d’autres, le développement et la croissance de la structure associative, le changement d’échelle, peuvent exiger une attention particulière. Certaines structures, souvent les plus anciennes, ont étendu leur champ d’action à l’échelle nationale, régionale voire internationale. Fortes de leurs expériences et de leur taille, elles peuvent alors être porteuses de revendications et de propositions auprès des autorités nationales et internationales  : ceci permet d’envisager un autre type d’accompagnement, voire une véritable alliance stratégique et politique."}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/le-pere-angulo-du-cinep-ppp-a-recu-le-prix-national-pour-la-defense-des-droits-humains-2013/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/le-pere-angulo-du-cinep-ppp-a-recu-le-prix-national-pour-la-defense-des-droits-humains-2013/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Le Père Angulo du CINEP/PPP a reçu le Prix National pour la Défense des Droits Humains 2013","datePublished":"2013-09-23T16:46:36+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/le-pere-angulo-du-cinep-ppp-a-recu-le-prix-national-pour-la-defense-des-droits-humains-2013/"},"wordCount":395,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Droits humains"],"inLanguage":"fr-FR","description":"Alejandro Angulo Novoa S.J. du CINEP/PPP a reçu, lundi 9 septembre, le Prix National pour la Défense des Droits Humains 2013 en Colombie, dans la catégorie \"pour toute une vie.\n\n\n\nSon sens profond et sa sensibilité humaine, la rigueur académique et éthique avec laquelle il affronte chaque défi, font du Père Angulo un exemple de vie. Selon lui, \"la divinité humaine est ce qui nous donne le sens de la vie et la mémoire ce qui permet de ne pas oublier l'amour\".\n\nLe Père Angulo déclare : « Cette reconnaissance appartient aux victimes, celles qui affrontent au quotidien les rigueurs de la guerre ». Il a reçu la statue du Jaguar, de la symbolique ancestrale Camentsa, élaborée par l'artiste et artisan Wilian Chicunque, de la communauté indigène Camentsa de la Vallée du Sibundoy dans le Département du Putumayo.\n\nAlejandro Angulo S.J. est un prêtre jésuite colombien de 77 ans. Il est doctorant en géographie / démographie de la Sorbonne. Présent au sein du CINEP/PPP avant même sa création juridique,  il a œuvré toute sa vie pour les communautés les plus vulnérables. Ancien Directeur Général et actuel Directeur de la Banque de Données sur les droits humains et la violence politique du CINEP/PPP, il travaille notamment sur les thèmes de la démographie et de la sociologie du développement.\n\nLe CINEP/PPP ou Centre de Recherche et d’Education Populaire/Programme pour la Paix est une fondation jésuite colombienne soutenue par le CCFD-Terre Solidaire depuis les années 80 et créée en 1972 à Bogota. Guidée par la doctrine sociale de l’Eglise, le CINEP/PPP promeut le changement social par la construction d’une société plus juste, démocratique et en paix, en étant particulièrement proche des personnes et communautés les plus vulnérables. Elle mène des activités de recherche, de production d’information, de communication ou de plaidoyer, d’éducation et d’accompagnements aux processus sociaux.\n\nLe CINEP/PPP compte plus de 60 salariés, il est le principal Centre social des Jésuites en Colombie et intervient sur tout le territoire."}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/rapport-du-giec-le-temps-du-sursaut-communique/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/rapport-du-giec-le-temps-du-sursaut-communique/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Rapport du GIEC : le temps du sursaut (Communiqué)","datePublished":"2018-10-08T07:28:12+00:00","dateModified":"2024-09-25T15:40:59+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/rapport-du-giec-le-temps-du-sursaut-communique/"},"wordCount":860,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Communiqués de presse"],"articleSection":["Communiqués de presse"],"inLanguage":"fr-FR","description":"Les résultats du rapport du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) rendu public aujourd'hui, nous indiquent que l'heure est désormais à l'enclenchement d'un véritable changement de nos modèles de production et de consommation. Aux côtés de 19 autres ONG catholiques, le CCFD-Terre Solidaire, tire la sonnette d'alarme en appelant à une action urgente et à un changement de paradigme. Le CCFD-Terre Solidaire somme les Etats de faire preuve d'une réelle volonté politique, et de s'engager notamment à transformer en profondeur nos systèmes agricoles et alimentaires. \n\n\n\n « Nous payons aujourd'hui 25 ans de manque d'ambition des Etats entre le sommet de la Terre à Rio et la COP21. Les estimations du GIEC sont en effet effrayantes : si rien n'est fait, nous aurons dépassé la barre des 1,5°C en 2040, soit 60 ans avant l'horizon 2100 fixé par l'Accord de Paris... Avec des conséquences dramatiques pour les populations, à commencer par les plus vulnérables. Et en particulier les paysannes et les paysans, ainsi que les peuples autochtones qui sont pourtant des acteurs essentiels pour lutter contre les dérèglements climatiques », déclare Benoît Faucheux, Délégué général du CCFD-Terre Solidaire.\n\nUne urgence : réduire considérablement nos émissions de gaz à effet de serre\n\nCe constat d'urgence doit cependant nous faire réagir. Pour limiter le réchauffement, il faut une réduction immédiate et drastique de nos émissions. Cela implique des choix politiques radicaux et ambitieux pour enclencher une véritable transition, qui tienne compte des enjeux environnementaux mais aussi sociaux et économiques.\n\nCela suppose également une remise en question profonde des modèles de production et de consommation. Ces modèles sont promus par les pays industrialisés, historiquement les plus responsables des dérèglements climatiques, tandis que les populations les plus vulnérables et les moins responsables, sont les plus affectées.\n\nDu champ à l'assiette, notre système agricole et alimentaire est responsable d'au moins un tiers des émissions mondiales de gaz à effet de serre. A ce titre, la conversion d'un système industriel, gourmand en intrants chimiques et le plus souvent orienté vers l'exportation, est à la fois indispensable et urgente pour diminuer l'impact des dérèglements climatiques sur les populations.\n\nComme le souligne Anne Laure Sablé, chargée de plaidoyer climat et souveraineté alimentaire au CCFD-Terre Solidaire « nous devons agir en priorité sur la réduction des engrais de synthèse, la transformation de l'élevage industriel, la reterritorialisation de nos circuits de production et de consommation, la qualité de notre alimentation...Il faut pour cela enclencher une transition vers l'agroécologie paysanne, à la fois respectueuse de l'environnement et de la souveraineté alimentaire des populations ».\n\nRéduire les émissions est indispensable mais désormais insuffisant\n\n\nCette transition profonde de nos systèmes agricoles et alimentaires est d'autant plus importante, que le rapport du GIEC nous livre un autre enseignement. Face au retard pris par les Etats, la réduction drastique des émissions reste la priorité, mais elle est désormais insuffisante. Il faut dès maintenant développer des méthodes pour capter des gaz à effet de serre de l'atmosphère et les séquestrer dans les sols et les végétaux.\n\nPour le CCFD-Terre Solidaire, le développement de telles méthodes ne doit cependant, en aucun cas, servir d'alibi aux Etats et aux acteurs privés pour repousser davantage la nécessaire remise en cause de nos systèmes de production et de consommation.\n\nAppliquée aux sols agricoles, la séquestration du carbone présente, au-delà des incertitudes scientifiques, de nombreux risques. L'attrait démesuré pour les terres agricoles pourrait conduire à une marchandisation du carbone dans les sols et transformer les paysannes et les paysans en calculettes à carbone. C'est ce que montre le dernier rapport du CCFD-Terre Solidaire « Nos terres valent plus que du carbone - Récit d'un immobilisme au détriment d'une conversion de nos modèles agricoles »\n\nPar ailleurs, les méthodes de séquestration du carbone dans les sols agricoles déjà mises en œuvre, permettent aujourd'hui aux géants de l'agrobusiness de verdir leurs pratiques, tout en continuant à utiliser du glyphosate ou des OGM et à s'accaparer les terres des populations paysannes. Si la séquestration du carbone apparaît désormais comme indispensable, nous devons absolument prendre en compte les impacts sociaux et environnementaux des méthodes employées. Pour être efficace, toute action doit s'inscrire dans une démarche globale de transition vers une agroécologie paysanne.\n\n« Séquestrer n'est pas réduire », insiste Anne-Laure Sablé. « Plus nous réduirons nos émissions de gaz à effet de serre, moins il sera nécessaire d'avoir recours à la compensation des émissions restantes. A l'inverse, plus nous tolérerons l'inaction et le greenwashing, plus nos terres deviendront des variables d'ajustement des politiques climatiques et feront peser des risques pour la souveraineté alimentaire des populations ».\n\nContact presse : Karine Appy, 06 66 12 33 02"}
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Cela implique notamment pour la France de \"sortir de la logique d'encampement à Calais\", de proposer davantage de lieux d'hébergement, de suspendre l'application du règlement Dublin, et d'ouvrir \"des voies d'accès légales et sûres\" vers l'Europe.\n\nLe 10 septembre 2015\n\nMonsieur le Président,\n\nLundi dernier, lors de votre conférence de presse vous avez fait un certain nombre d’annonces sur le thème de l’asile et des migrations qui éclairent la position que la France entend défendre lors de la réunion des ministres de l’Intérieur de l’UE du 14 septembre prochain à Bruxelles.\n\nNous notons que la tonalité de vos propos et leur contenu contrastent significativement avec les positions que la France défendait avant l’été. \nLes tragiques événements survenus depuis semblent avoir enfin provoqué le sursaut tant attendu pour que ces personnes qui souhaitent rejoindre l’Europe en quête de protection et de conditions de vie dignes soient considérées pour ce qu’elles sont : des êtres humains qui méritent en premier lieu notre compassion et notre solidarité, et non un regard suspicieux et le rejet à coup de murs, de barbelés et de répression policière.\n\nPour autant, vos annonces, si elles sont plus généreuses que celles faites avant l’été, restent de notre point de vue très en deçà du défi posé à notre pays et à l’Union européenne pour répondre à l’attente de ces réfugiés et migrants, qu’ils se trouvent déjà dans l’UE ou encore dans des pays tiers.\n\nAujourd’hui la France doit urgemment adopter des positions courageuses, et ce, dès la réunion des ministres de l’Intérieur de l’UE du 14 septembre. Elles sont au moins au nombre de trois :\n\n\n1- Concernant les réfugiés et migrants se trouvant déjà sur le sol français :\n\nCompte tenu de la tradition d’accueil par la France des exilés, que vous avez réaffirmée, comment justifier l’insuffisance de l’accueil proposé à ces personnes? Aujourd’hui, il faut sortir de la logique d’encampement à Calais. \nLa France a la capacité logistique et économique de proposer des mises à l’abri dans des dispositifs en dur, à Calais et tout au long de la trajectoire migratoire en métropole et notamment à Paris. \nCes lieux de mise à l’abri doivent permettre d'apporter aux personnes une réponse à leurs besoins vitaux comme manger, boire, se laver, être soignées et, pour la plupart, être accompagnées sur le plan psychologique. \nDes conditions d’accueil décentes sont indispensables pour que les migrants puissent être correctement informés et exercer sereinement leurs droits, notamment de demander l’asile.\n\nComme vous, nous saluons la mobilisation de nombreuses communes de France, certaines n’ayant pas attendu les événements tragiques récents pour agir. Nous attendons de l’Etat et des collectivités qu’ils mobilisent des moyens humains et financiers suffisants pour que la parole de la France se traduise en actes concrets de solidarité  pour un accueil digne.\n\n\n2- Concernant l’accueil des personnes se trouvant actuellement dans des pays de première arrivée (Grèce, Italie, Hongrie…) :\n\nVous avez annoncé que la France accueillera 24 000 de ces personnes dans le cadre d’un dispositif permanent et obligatoire de relocalisation. Nous saluons le soutien de la France à un tel dispositif qui devra permettre une meilleure répartition de l’effort d’accueil des demandeurs d’asile entre les pays de l’UE.\nEn revanche, le nombre de 24 000 (sur deux ans), suggéré par la Commission européenne, est inadapté à la réalité immédiate. Le HCR lui-même estime à 200 000 au minimum le nombre de personnes à « relocaliser » en Europe sachant qu'il en est arrivé 350 000. La solidarité européenne, notamment vis-à-vis de la Grèce et de l’Italie, doit être autrement plus ambitieuse.\n\nVous avez par ailleurs insisté sur l’importance de la mise en place de « centres d’identification et d’enregistrement » (hotspots)  dans les pays de première arrivée pour effectuer un tri entre les demandeurs d’asile et les personnes qui doivent être « raccompagnées », « dans la dignité ». \nNous avons les plus grandes inquiétudes quant aux méthodes qui seraient utilisées pour procéder à ce tri, et aux conditions matérielles dans lesquelles il s'effectuerait. Pouvez-vous nous garantir que ces centres ne seront pas des lieux de privation de liberté, des prisons aux portes de l’Europe ?\n\nNos organisations sont par ailleurs choquées qu'il soit envisagé de rejeter d’emblée certaines catégories de ces personnes qui, pour la plupart, ont risqué leur vie pour rejoindre l'Europe, alors que la complexité croissante des causes de départ rend de plus en plus difficile la distinction entre asile « politique » et exil « économique ». Rejeter ceux qui sont déjà plongés dans une extrême précarité, parce qu’ils seraient « pauvres » et non « réfugiés », n’est pas acceptable. En face de personnes qui fuient des situations de guerre, d’oppression ou de misère, la seule conduite digne, c’est celle fondée sur l’accueil et le respect des droits fondamentaux.\n\nLa crise actuelle a amené l’Allemagne à suspendre unilatéralement l’application du règlement Dublin pour les ressortissants syriens. \nNos organisations alertent depuis longtemps l’UE sur les conséquences dramatiques de ce dispositif injuste, inéquitable et pourtant très inefficace. \nNous vous demandons donc de tirer les conséquences de la crise actuelle et d’appeler l’UE à remettre à plat le système d’asile européen, en commençant, comme le préconisent le Commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe et le Rapporteur spécial sur les droits de l'homme des migrants de l'ONU, par suspendre l’application du règlement Dublin, quelle que soit la nationalité du demandeur d’asile.\n\nEnfin, nous estimons que la France et l’UE doivent urgemment renégocier avec le Royaume-Uni les règles d’entrée sur le territoire britannique. \nCes règles sont à l’origine des problèmes majeurs rencontrés dans le Calaisis depuis bientôt 20 ans. Si, comme vous l’avez rappelé, cette crise doit nous amener à faire des « choix qui compteront » et qui seront jugés « par l’histoire » et à traiter les migrants avec « humanité et responsabilité », alors il est urgent de rouvrir ces discussions.\n\n\n3- Concernant les personnes qui souhaitent rejoindre le territoire européen :\n\nVous avez également évoqué les défis posés par ces flux migratoires sur le plan international, notamment dans la perspective du sommet Europe-Afrique de La Valette (11 novembre 2015) et d’une conférence internationale sur les réfugiés que la France pourrait accueillir.\n\nPour nos organisations, l’urgence de la situation est telle que des mesures doivent être prises immédiatement pour éviter de nouvelles tragédies, de nouveaux décès - près de 3 000 - que vous avez-vous-même rappelés au début de votre conférence. \nLa France et ses partenaires européens doivent, d’urgence, ouvrir des voies d’accès légales et sûres pour les personnes qui se trouvent dans des pays tiers (Liban, Jordanie, Libye etc..) et qui souhaiteraient rejoindre l’Europe sans risquer leur vie et sans avoir recours à des passeurs. \nLa délivrance de visas et la suppression des visas de transit aéroportuaire s'imposent, comme s'imposent le soutien au regroupement familial et la sécurisation des parcours.\n\nPour faire face à cette urgence, l'UE pourrait aussi mettre en œuvre le mécanisme prévu par la Directive 2001/55/CE du 20 juillet 2001 relative à l'octroi d'une protection temporaire en cas d'afflux massif de personnes déplacées, précisément conçue pour offrir, « en cas d’afflux massif ou d’afflux massif imminent de personnes déplacées en provenance de pays tiers qui ne peuvent rentrer dans leur pays d’origine », une protection immédiate à ces personnes.\n\nQuant aux discussions avec les pays de départ et les pays de transit des migrants, nous constatons que, depuis des années, des politiques de coopération et d'aide au développement sont mises au service de l'externalisation des contrôles migratoires, entraînant parfois de graves conséquences en termes de droits humains des migrants. \nNous sommes très alarmés par les travaux en cours dans le cadre du processus de Khartoum, où sont sous-traités, y compris à des régimes dictatoriaux, certains aspects de la politique migratoire de l'Union européenne. \nNos organisations vous demandent solennellement de bannir, en matière de migrations, toute coopération avec des États tiers, d’origine et de transit, qui ne respectent pas les libertés et droits fondamentaux.\n\nMonsieur le Président, l’émotion provoquée dans l’opinion par les images récentes, nous la ressentons depuis des années. \nPour être à la hauteur des défis posés par la nécessaire protection des personnes qui frappent aux portes de l’UE, les dirigeants européens doivent faire preuve d’une grande volonté politique. Si cette volonté est bien expliquée, si vous et votre gouvernement vous engagez résolument, nous sommes persuadés que nos concitoyens seront de plus en plus disposés à accueillir ces personnes en quête de paix et de protection.\n\nNous souhaitons pouvoir évoquer de vive voix ces sujets avec vous, en particulier en vue du prochain sommet européen et des futures conférences internationales. Nous vous invitons une nouvelle fois à recevoir tous les acteurs de la société civile qui agissent concrètement, et certains depuis longtemps, en faveur d’un accueil digne et respectueux des réfugiés et des migrants. C’est ensemble que nous pourrons relever ce défi.\n\nVeuillez agréer, Monsieur le Président de la République, l’assurance de notre très haute considération.\n\nSignataires :\nL’ACAT-France ; l’ACORT; Action tunisienne ; ADTF ; Anafé ; ARDHIS ; ATMF ; CCFD Terre-Solidaire ; Centre Primo Levi ; La Cimade; Coordination 93 de lutte pour les sans-papiers ; Coordination SUD ; CRID ; DIEL (Droits Ici et Là-bas) ; Elena-France ; Emmaüs France ; Emmaüs International ; Enda Europe ; EuroMed Droits – REMDH ; FASTI (Fédération des Associations de Solidarité avec Tou-te-s les Immigré-e-s) ; Fédération de l’Entraide Protestante ; FIDH ; FNARS ; Fondation France Libertés - Danielle Mitterrand ; FORIM ; Français Langue d’Accueil; France Amérique Latine ; FTCR ; Gisti ; Grdr Migration-Citoyenneté-Développement ; IDD; Ligue des Droits de l’Homme ; Médecins du Monde ; Migreurop ; Mouvement de la Paix ; Mouvement pour la dignité et les droits des Maliens ; MRAP ; l'Observatoire Citoyen du CRA de Palaiseau ; l’Organisation pour une Citoyenneté Universelle ; Réseau Foi et Justice Afrique Europe ; Secours Catholique-Caritas France ; Secours Islamique France ; Syndicat de la Magistrature; Terre des Hommes France ; Union syndicale Solidaires."}
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Trois ans plus tard, où en est-on ? « De récentes statistiques indiquent un accroissement de la malnutrition et on peut logiquement considérer que l’accaparement des terres, en privant les paysans de leurs moyens de subsistance, contribue à ce phénomène ». Et pour le nouveau gouvernement (élu en 2010) : « Sa politique est toujours d’attirer les investisseurs étrangers dans l’agrobusiness et de leur offrir d’immenses étendues de terres à louer. » \n\nLe grenier de l’Arabie saoudite\n\nSituée au sud de l’archipel, l’île de Mindanao est souvent qualifiée de panier à provision des Philippines. Des multinationales de l’agroalimentaire – Dole, Del Monte Nestlé… – y opèrent depuis longtemps.\n\nMais aujourd’hui, elles ne sont plus seules : de « nouveaux acteurs » – producteurs, fonds d’investissement, États soucieux d’assurer la sécurité alimentaire de leur population – ont entrepris d’y louer des terres. \n\nAinsi la Far Eastern Agricultural Investment Compagny a-t-elle conclu une joint-venture avec la société philippine Aztropex, en vue de produire du riz, du maïs, des bananes, des ananas, qui seront exportés vers l’Arabie saoudite. Les plantations s’étendront sur une superficie totale de 78 000 hectares et les terres seront louées, sous forme de concession, pour une durée de vingt-cinq ans. Les provinces à dominante musulmane où les insurgés du Moro Islamic Liberation Front sont fortement implantés, sont particulièrement ciblées par le projet. Les rebelles se déclarent d’ailleurs favorables à l’arrivée d’investisseurs venus du berceau de l’islam.\n\nDans la commune d’Isulan (province de Sultan Kudarat), le consortium a loué 1 500 hectares qui seront consacrés à la culture des bananes. Pour promouvoir le projet auprès des agriculteurs, il promet la création d’un emploi par hectare et a pris soin de s’entendre avec les autorités locales, civiles et religieuses. Sage précaution ! « Nous avons obéi au Sultan, déclare Abedine Datukan, paysan du village de Laguilayan, c’est la coutume chez les musulmans. Sans cela, les gens auraient refusé la venue de la compagnie. Mais que vont devenir mes quatre fils si je suis le seul à travailler, s’il n’y a qu’un emploi par hectare ? ». Dans la région, chaque famille paysanne cultive, en moyenne, un hectare et demi. Pour certains, ces terres leur ont été attribuées dans le cadre de la réforme agraire… Mais ils n’ont généralement pas acquitté la contrepartie financière prévue par la loi ; les autres, ne possèdent tout simplement pas de titre de propriété. C’est là qu’interviennent les fonctionnaires du ministère de l’agriculture : Louez votre parcelle, proposent-ils aux premiers, vous recevrez 8000 pesos/hectare/an (environ 140 euros) et la Land Bank en prélèvera la moitié au titre du remboursement de votre dette ; quant aux seconds, ils se voient offrir une procédure accélérée d’attribution de terre… assortie d’un engagement à la louer. \n\n« La procédure d’attribution accélérée de terres, explique Arze Glipo, permet de sécuriser le système de propriété foncière et d’offrir des garanties aux investisseurs  ». Cette mesure fait partie d’une panoplie de mesures administratives et légales destinées à faciliter l’exploitation de terres par des investisseurs étrangers ou nationaux. Ainsi, trois départements du ministère de l’Agriculture – agriculture, réforme agraire, environnement et ressources naturelles – ont-ils été regroupés au sein de la National Convergence Initiative. Ils travaillent en relation étroite avec le Philippine Agrobusiness Center dont la mission principale consiste à « aider les investisseurs à surmonter les obstacles légaux ou logistiques qu’ils pourraient rencontrer lors de la mise en œuvre de grands projets agroindustriels  ». Il dispose d’une base de données dans laquelle sont recensés 2 millions d’hectares de terres arables disponibles car (prétendument) inexploitées et promeut les opportunités offertes par le Biofuel Act. Votée en 2006, cette loi sur les agrocarburants impose d’incorporer 10 % d’éthanol au carburant disponible à la pompe. « Ça crée un marché, explique Arze Glipo, et ça attire les investissements vers des cultures comme la canne à sucre… »\n\nPaysans et populations indigènes s’opposent au projet éthanol \n\nC’est d’ailleurs au lendemain de la l’adoption du Biofuel Act que se constitue Green Future Innovation Inc (GFII). Joint venture entre une compagnie japonaise et des groupements d’investisseurs philippins et taïwanais, GFII envisage de produire 54 millions de litres d’éthanol par an et 19 mégawatts d’électricité provenant du recyclage de la bagasse de canne à sucre. Pour alimenter son usine en construction dans la commune de San Mariano, dans l’île de Luzon, GFII veut louer 11 000 hectares, pour y planter de la canne à sucre. « Une part substantielle des terres de la municipalité sont inexploitées, affirme Alexander Uy, administrateur local du projet, et quinze mille emplois seront créés…  »\n\nInexploitées, les terres de San Mariano ? « La province d’Isabela est la première productrice de maïs du pays et la deuxième en ce qui concerne le riz ! affirme Rosendo Ignacio, militant de l’organisation paysanne Dagami. En réalité, les plantations de canne à sucre envahissent non seulement des terres dédiées à l’agriculture vivrière – pour lesquelles les paysans ne disposent généralement pas de titres de propriété –, mais elles affectent aussi des zones naturelles protégées de la Sierra Madre et les \"terres ancestrales\" des communautés indigènes  ». Expulsion de petits paysans, menace pour la sécurité alimentaire, impact environnemental d’une monoculture grosse consommatrice d’intrants chimiques… « Avec l’expansion de la canne à sucre, ajoute Rosendo, nous avons aussi constaté la prolifération de rats qui s’attaquent à nos champs de maïs…  »\n\nRassemblé derrière les banderoles de Dagami, paysans et représentants des populations indigènes sont nombreux à s’opposer au « projet éthanol ». En dépit de manœuvres de divisions de pressions et de menaces, ils sont parvenus à récupérer certaines parcelles louées abusivement par GFII et la compagnie a récemment annoncé qu’elle pourrait revoir à la baisse – de 11 000 à 6 000 hectares – les objectifs fixés pour ses plantations de canne à sucre.\n\nOutre les possibilités offertes par le Biofuel Act, GFII bénéficiera des nombreux avantages fiscaux liés à son inscription au registre des zones économiques spéciales agroindustrielles : exonération d’impôt, de taxe à l’exportation et à l’importation de machines ou matériaux, garanties sur les droits des investisseurs (notamment en cas de changements politiques), facilités d’installation. Créé en 1996, le régime des zones économiques spéciales a progressivement été élargi pour couvrir aujourd’hui presque tout le spectre des activités économiques, de la confection et l’industrie automobile jusqu’aux banques et aux call-centers, en passant par l’agroindustrie, le tourisme et l’aquaculture. Le président Benigno Aquino soulignait récemment que : « La croissance et le nombre des Zes témoignent de la capacité du pays à offrir un environnement favorable aux entreprises privées… » \n\n« C’est surtout une calamité pour les populations locales », lui fait écho le père Francisco Talaban. Dans la commune de Casiguran (province d’Aurora), où il réside, la construction de la future Aurora Pacific Ecozone & Free Port (Apeco) a commencé. Plusieurs entreprises taïwanaises ont déjà fait part de leur intérêt pour le projet et le gouvernement coréen a accordé une aide de 56 millions de dollars pour en faire un pôle d’exportation des produits de l’aquaculture et du bois. Complexes touristiques, aéroport international et port franc sont aussi au programme d’un projet qui couvrira 13 000 hectares. Rien pour enthousiasmer le père Francisco ! « Cinq villages de pêcheurs paysans sont menacés et 20 000 personnes, dont plusieurs communautés indigènes, pourraient être déplacées », explique-t-il. L’aquaculture et la construction d’un port auraient en outre un effet dévastateur sur la mangrove, la faune et la flore marine, et priveraient les pêcheurs de leur moyen de subsistance, tandis que des terres aujourd’hui plantées de cocotiers et de cultures vivrières seraient expropriées pour laisser la place à des complexes touristiques. Soutenus par l’organisation paysanne Pamana et des représentants de l’Église catholique, relayés dans la capitale par le mouvement Resist Apeco, les opposants au projet de zone franche se sont adressés au parlement pour demander son annulation.\n\nMais à Casiguran, il ne fait pas bon s’opposer aux plans du « clan » Angara – une grande famille qui règne sur la province et dispose de relais aux plus haut niveau de l’État, la justice et l’armée. Sous prétexte de lutte contre l’insurrection communiste, plusieurs bataillons ont étés envoyés dans la commune et l’armée mène une campagne de diffamation contre les militants de Pamana, accusés d’être des agents de la guérilla. En juin dernier, un groupe paramilitaire a lancé des grenades contre la maison du père Francisco.\n\nDes impacts dévastateurs pour les populations les plus pauvres\n\n « Le gouvernement affirme que ce sont les investissements étrangers qui vont booster le développement du pays et permettre de créer des emplois, constate Arze Glipo, mais il néglige leur impact dévastateur parmi les populations les plus pauvres…  » Qu’elles soient rurales ou urbaines.\n\n« D’abord ils ont pris ma terre ; et maintenant ils veulent démolir notre communauté ! », enrage Estrilita Bagasbas. Originaire de l’île de Mindanao, Estrilita est venue à Manille après que la voracité d’un grand propriétaire terrien l’ait chassée du lopin de terre qu’elle cultivait. Elle habite aujourd’hui le Sitio San Roque, un bidonville de 6 000 familles qui survivent de petits boulots. En 2002, le gouvernement s’était engagé à rénover le quartier et à régulariser la situation de ses habitants… Mais c’était avant que ne soit adopté le programme de construction du Quezon City Central Business District : 300 hectares de bureaux, centres commerciaux et immeubles résidentiels, un projet soutenu par la Banque mondiale et promis à devenir le plus important pôle d’affaires du pays. Au milieu de ce béton, les irréductibles habitants du Sitio San Roque font mauvais genre. « Le gouvernement dit que nous déprécions les terrains où nous vivons, s’indigne Estrilita, qu’ils seraient mieux rentabilisés si on les louait à des investisseurs étrangers… » \n\nAprès avoir rejeté une proposition de réinstallation sur un site éloigné, situé dans une zone inondable et de risque sismique, les habitants de San Roque ont repoussé une tentative de démolition. Aujourd’hui, ils ont dressé des barricades et se disent déterminés à résister. Estrilita est devenue porte-parole de l’Alliance contre les démolitions – qui regroupe des militants de quartiers populaires menacés d’expulsion. « C’est pas le travail qui manque ! s’exclame-t-elle : l’an dernier, il y a eu en moyenne une démolition par mois  ». Eux aussi, à leur façon, luttent pour la terre.\n\nPhilippe Revelli, Faim Développement magazine n°266, mai 2012"}
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Un monde où tel Goliath trébuchant devant David, les grandes puissances, pourtant armées de leurs terribles listes noires ou grises, seraient forcées de s'incliner devant l'effronterie des « paradis fiscaux ». Un monde où la richesse mondiale serait en grande partie produite et échangée offshore[[Offshore signifie en anglais « au large des côtes », par extension, ce terme désigne l’activité\nmenée dans des territoires fiscalement avantageux, les paradis fiscaux.]]. Où les Îles Vierges britanniques, Jersey, l'île Maurice, les Bermudes ou encore le Luxembourg seraient devenus les matrices de l'économie mondiale.\n\nCe rapport raconte une histoire difficile à croire, car elle est pratiquement inédite. Les paradis fiscaux suscitent un intérêt incroyablement faible de la part des économistes -trop obnubilés qu'ils sont de modéliser leurs hypothèses pour pouvoir appréhender un phénomène par définition difficile à quantifier de façon incontestable. L'économiste et journaliste français Christian Chavagneux et le politologue britannique Ronen Palan font figure de pionniers en la matière. La thèse développée dans ce rapport doit beaucoup aux travaux qu'ils ont menés avec l'expert comptable Richard Murphy.\nLa localisation artificielle de l’activité économique loin de ses bases réelles, dans ces zones de transit de la finance mondiale, fait mentir l’allocation de la richesse au plan mondial.\nCe rapport raconte l'histoire d'une imposture. Car les miroirs déformants que sont les paradis fiscaux renvoient une géographie mensongère de l'économie mondiale. La tromperie statistique est flagrante, qui fait de l'île Maurice le premier investisseur en Inde, ou de Jersey le premier pourvoyeur de bananes en Europe. Mais la localisation artificielle de l'activité économique loin de ses bases réelles, dans ces zones de transit de la finance mondiale, a d'autres incidences. Autrement plus graves. Elle fait mentir l'allocation de la richesse au plan mondial, dépouillant les États de leurs assiettes fiscales mobiles[[L’assiette fiscale est la base d’imposition. Autant\nles consommateurs et le foncier constituent des assiettes pratiquement immobiles, autant la fortune des particuliers et le bénéfice des multinationales s’affranchissent aisément des frontières.]] - donc de l'impôt que devraient verser les plus riches, et les salariés de leur gagne-pain. Privant, aussi, de façon illicite, les pays en développement de plusieurs centaines de milliards d'euros par an qui leur permettraient d'investir dans l'avenir ; de soigner, d'éduquer, de nourrir leur population ; les privant aussi de la liberté de renoncer à l'aide internationale et à l'endettement. Ce grand écart entre la géographie économique réelle et celle que reflètent les paradis fiscaux, constitue aujourd'hui le creuset des inégalités au plan mondial.\n\nMais ce mensonge est commis, non pas tant par les paradis fiscaux eux mêmes - réceptacles consentants des tricheries que d'autres veulent garder secrètes - mais bien, pour l'essentiel, par les acteurs économiques majeurs de l'économie mondialisée : les banques et entreprises multinationales. L'omniprésence de ces dernières dans les trous noirs de la finance mondiale - nous y avons repéré 4 748 filiales rien que pour les cinquante plus gros groupes européens ! - a deux explications simples. Une part reflète, bien sûr, la réalité de l'activité économique légitime des dits groupes : l'usine en Irlande de l'un, la franchise de l'autre en Suisse... Concernant l'autre part, substantielle, il s'agit pour l'écrasante majorité des multinationales de localiser librement la valeur qu'elles produisent à l'abri de l'impôt, voire des revendications de hausse salariale - et, parfois, du régulateur boursier ou de la justice. Elles sont aidées en cela par des armées de professionnels du droit et de la finance qui en ont fait un business, et par le formidable développement de l'économie immatérielle (recherche développement, marques, brevets, assurances...), déplaçable à l'envi[[« 63 % de la valeur des 101 entreprises européennes cotées étudiées correspond à de l’immatériel » selon Ernst &amp; Young,\nCapital immatériel, son importance se confirme, janvier 2008.]].\nCe mensonge est commis, non pas tant par les paradis fiscaux eux-mêmes que par les banques et entreprises multinationales.\nLes multinationales sont-elles au-dessus des lois ?\nElles dominent des pans entiers de l'économie mondiale. Rien d'étonnant, dès lors, à ce que certaines croient pouvoir s'affranchir des règles s'appliquant au commun des mortels. Mieux, par l'entremise des banques et des cabinets d'audit et d'optimisation fiscale, elles inventent, dans des territoires faisant commerce de leur souveraineté, des législations conformes à leurs intérêts.\n\nMais les multinationales ne sont pas les seules à blâmer. Si elles peuvent si aisément faire mentir leurs comptes pour localiser la plus-value où bon leur semble, c'est que la loi ne les en empêche pas. Est-elle mal écrite ? Mal appliquée ? Selon le mot de l'ancien ministre des Finances britannique Dennis Healey, la frontière entre légalité (optimisation) et illégalité (fraude) est mince comme « l'épaisseur d'un mur de prison ». Sauf que dans la pratique, le risque pénal est quasi inexistant. Directeurs financiers comme experts comptables ont tout loisir d'élaborer et certifier des comptes et de retomber, toutefois, du bon côté du mur, sans violer les lois puisque : « l'optimisation repose souvent sur l'existence d'un doute quant à leur interprétation [et] il est souvent difficile de résister à la possibilité de jouer le droit fiscal d'un État contre celui d'un autre »[[C. Chavagneux, R. Murphy et R. Palan, « Les paradis fiscaux : entre évasion fiscale, contournement des règles et inégalités mondiales » L’Économie politique n° 42, 2009, p. 29. ]].\nPour réconcilier la comptabilité de l’entreprise avec sa réalité économique, il existerait un moyen simple : exiger des sociétés qu’elles rendent compte précisément de leur activité pays par pays.\nSans résorber la tentation, pour les entreprises, de situer leurs actifs immatériels dans des pays fiscalement attractifs, une telle exigence de transparence les contraindrait à la vérité comptable. Car la façon dont une entreprise rend compte de son activité n'est pas affaire strictement privée. L'élaboration[[Opérée, pour l’essentiel\ndes multinationales, par l’International Accounting Standards Board (IASB) à Londres et le Financial Accounting Standards Board (FASB) aux États-Unis.]] et le contrôle de l'application des normes comptables, qui sont aujourd'hui le monopole des investisseurs, des multinationales et des grands cabinets d'audit, devraient être considérés comme des questions d'intérêt général.\n\nLa place qu'ont prises les multinationales dans l'économie mondiale leur confère des responsabilités considérables envers la société. D'évidence - et le champ fiscal n'est hélas pas le seul - elles sont incapables, malgré la bonne volonté affichée par certaines, de les assumer pleinement sans qu'on les y contraigne. Ce qui est en jeu, ici, c'est la souveraineté, la capacité de notre humanité à décider de son destin. A dicter la loi aux plus forts plutôt qu'à subir celle du plus fort. « Entre le faible et le fort, entre le riche et le pauvre, c'est la liberté qui opprime et c'est la loi qui affranchit  », affirmait Lacordaire au XIXème siècle. Le temps est venu de mesurer la santé de notre monde au sort réservé aux plus faibles. Le G20 en aura-t-il la capacité, ou même la volonté ? Il a, en 2011 à Cannes, l'occasion d'en faire la preuve.\n\nJean Merckaert, co-auteur du rapport"}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/colombie-en-lutte-contre-linsatiable-canne-a-sucre/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/colombie-en-lutte-contre-linsatiable-canne-a-sucre/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Colombie, en lutte contre l’insatiable canne à sucre","datePublished":"2008-04-08T00:00:00+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/colombie-en-lutte-contre-linsatiable-canne-a-sucre/"},"wordCount":711,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Agrocarburants"],"inLanguage":"fr-FR","description":"Ricardo Varon est éducateur social à l’Instituto mayor campesino (Imca), partenaire du CCFD-Terre Solidaire, qui défend la souveraineté alimentaire dans la région de la vallée du Cauca, près de Cali.\n\n\n\nLes tensions agraires de la Vallée du Cauca sont très représentatives de la tendance générale dans le pays. Nous sommes ici au cœur de l’expérimentation de la « révolution verte » en Colombie : une monoculture — la canne à sucre —, soutenue par un arsenal d’intrants chimiques. Elle couvre 85 % de la zone plane de la vallée. Elle a commencée dans les années 1970, et les surfaces se sont considérablement étendues, dans les années 1989, notamment vers le Sud, dans le département du Cauca, et vers le Nord, dans celui de Risaralda. C’est une politique soutenue par le gouvernement, et plus fortement encore depuis les années 2000, avec l’explosion de la demande en agrocarburants. L’avenir de la canne à sucre, c’est de l’éthanol pour l’exportation.\n\nEn 2005, l’Ingenio del Cauca, l’usine sucrière la importante de Colombie, a augmenté sa capacité pour produire de l’éthanol. Et pour rentabiliser ce genre d’investissement, il faut encore plus de canne. Si bien que le gouvernement convoite désormais les zones de colline de la cordillera. On voit débarquer des investisseurs qui viennent acheter des terrains, en forçant la main aux petits propriétaires s’il le faut, pour les louer ensuite aux usines à éthanol.\n\nLes éleveurs, qui occupaient les 15 % des terres encore non consacrées à la canne à sucre, sont poussés vers le haut à mesure que l’on coupe la forêt des contreforts. On assiste à des déplacements de population, et des conflits éclatent avec les familles déjà installées là. Dix huit municipalités sont touchées par le phénomène.\n\n\nLa sécurité alimentaire est menacée \n\nNous faisons également face à un gros problème de disponibilité de l’eau : la canne nécessite quatre mois d’irrigation par an, et l’eau manque dans 15 de 42 municipalités de la région. Les marais ont été asséchés, les aires de reproduction des poissons disparaissent. Il existe bien des lois environnementales, en Colombie, pour interdire de telles atteintes, mais l’agro-industrie locale est puissante, elle passe par dessus.\n\nAujourd’hui, la sécurité alimentaire des populations est menacée. Au-delà de la pression sur les ressources, nous devons affronter, sur les versants, un modèle de production agricole basé sur la monoculture du café. Souvent « bio et équitable » par ailleurs, mais là n’est pas la question : que mangent les paysans ? De qui dépendent-ils pour l’alimentation ? Quatre paysans sur cinq vivent dans l’insécurité alimentaire, mais aussi l’insécurité tout court : cette zone est traversée par le conflit armée, et sous pression des groupes paramilitaires, bien qu’ils aient officiellement été désarmés.\n\nUn modèle fondé sur l'autoconsommation\n\n\nAussi, nous préconisons, depuis plus de dix ans, un autre modèle, ouvert sur l’autoconsommation, et qui renforce l’autonomie des communautés : c’est une polyculture sans intrants chimiques, où l’on trouve yuca, arracacha, maïs, haricot, pomme de terre, des arbres fruitiers, mais aussi des cultures maraîchères — laitue, choux, carotte, etc., Ce n’est pas dans les habitudes alimentaires locales, mais les populations indigènes y viennent. Et comme ces cultures nécessitent beaucoup de main d’œuvre, elles entretiennent la coutume de la minga — le travail communautaire indigène.\n\nNous soutenons aussi la conservation et la bonne gestion de la biodiversité locale, en favorisant l’échange des semences, sous forme de troc. Mais la bataille la plus importante, c’est probablement l’accès à l’eau. Elle est gérée par un système performant d’aqueducs communautaires, mais elle est menacée par des projets gouvernementaux visant à légaliser et privatiser ces réseaux. Des entrepreneurs ont des vues sur la gestion de cette ressource. Il y a tout lieu de craindre qu’ils privilégient l’irrigation de la canne à sucre à l’approvisionnement des populations…\n\n\nPropos recueillis par Patrick Piro"}
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Faim et climat sont en effet extrêmement liés.\n\nAu début des années 1970, Ibrahima Coulibaly mettait parfois un vêtement de laine le matin quand il allait à l’école, pendant la saison des pluies au Sahel. « Aujourd’hui, ce n’est plus utile, cette saison froide a disparu de nos contrées », racontait le vice-président du Roppa, réseau paysan d’Afrique de l’Ouest, lors de la récente conférence « La faim : l’autre visage du changement climatique » (organisée à Paris le 26 mai 2015 par Action Contre la Faim, Acting for life, Care, CCFD-Terre Solidaire, Réseau climat et développement, Secours Catholique et Unicef-France).\n\n« Le dérèglement climatique, nous le vivons au jour le jour. » En 2014, on n’a récolté, dans sa région, que 500 kilos de maïs par hectare. « Les gens coupent leurs arbres pour en faire du charbon et le vendre pour vivre. Tous les jeunes veulent fuir en Espagne ! »\n\nSur les trois dernières décennies, le rendement du blé en zone tempérée a baissé de 5 à 10 %, indique Laurent Bopp, directeur de recherche au Laboratoire des sciences du climat et l’environnement (LSCE). « Avec une augmentation de 3 °C des températures moyennes planétaires à l’horizon du siècle, tous les modèles concluent à un impact négatif pour les céréales. »\nLe dérèglement devrait aussi augmenter la fréquence des événements climatiques violents\nEn mars 2015, l’ouragan Pam, « la plus importante catastrophe de l’histoire de Vanuatu, rappelle Isabelle Austin (Unicef, bureau Pacifique), a détruit 90 % des cultures vivrières et affecté plus de la moitié de la population.\n\nPlus de 40 % des pays de la zone Pacifique sont exposés au risque climatique : dévastations, montée du niveau de la mer, salinisation des eaux douces, etc. »\n\nDe son côté, le Programme des Nations unies pour l’environnement (Pnue) a fait des projections très préoccupantes : à l’horizon 2080, le dérèglement pourrait voir 600 millions de personnes supplémentaires souffrir de la faim, qui s’ajouteraient aux 805 millions actuelles. Réduisant ainsi à néant « tous les progrès accomplis jusqu’alors dans la lutte contre la faim au cours de ce siècle », avertit Stéphanie Rivoal, présidente d’Action Contre la Faim (ACF).\nFaim et climat : la sécurité alimentaire, quasi-absente des négociations\nAlors que Paris accueille en décembre prochain la grande conférence COP 21, qui ambitionne un accord planétaire sur la limitation de l’effet de serre et l’adaptation aux impacts du dérèglement climatique, l’inquiétude des organisations de solidarité internationale monte.\n\nEn effet, plus de deux décennies après la naissance de la Convention climat de Rio (1992), qui a lancé le cycle des COP [[ Conference of parties, qui réunit chaque année les pays signataires.]], il n’a été fait jusqu’au début 2015 aucune mention de la sécurité alimentaire dans les négociations.\n\nTout au plus, dans les textes préparatoires à l’accord de Paris, les négociateurs s’inquiètent-ils de préserver la production agricole, c’est-à-dire l’augmentation des rendements par des moyens industriels.\n« Et même quand l’agriculture est mentionnée, c’est de manière très vague, appuie Hilal Elver, rapporteur spéciale des Nations unies sur l’alimentation. Cette question n’est pas dans la tête des négociateurs, leur objectif premier reste la décroissance des émissions de gaz à effet de serre... » .\nBatailler pour un accord contraignant pour traiter ensemble faim et climat\nAlors que des pays comme les États-Unis et la Chine refusent que les engagements nationaux aient un caractère contraignant, les organisations de solidarité internationale bataillent pour que la sécurité alimentaire des populations soit prise en compte à Paris au nom des droits humains, cadre fort qui a fait une timide apparition dans les négociations climatiques depuis 2011.\n\nÀ moins de deux mois de l’ouverture de la COP 21, le thème restait pourtant relégué dans les négociations, déplorait mi-septembre Maureen Jorand, chargée de plaidoyer souveraineté alimentaire au CCFD-Terre Solidaire. « Mais bonne nouvelle, notre revendication, jusque-là portée par des pays isolés, l’est désormais aussi par des groupes : l’Union européenne, quelques pays d’Afrique derrière l’Angola, ou d’Amérique centrale représentés par le Salvador. » \nLes dangers de l'agriculture climato-compatibles\nCependant, ces appuis restent minoritaires, ce qui laisse le champ libre à la « Climate smart agriculture » (CSA, agriculture « climato-compatible »). Ce concept très flou (par exemple, il n’exclut pas les OGM, les pesticides ou les engrais chimiques), taillé sur-mesure pour les grandes firmes agroalimentaires adeptes du productivisme, s’est constitué en une « alliance mondiale » (Gacsa) à géométrie variable qui vise à imposer son standard sur la planète.\n\nUne déclaration signée par plus de 350 ONG (250 de plus qu’en 2014) appelle à rejeter cette initiative mortifère pour une petite agriculture convertie à l’agroécologie, en mesure de produire plus de 70 % de l’alimentation des populations en zones rurales.\n\n « Les gouvernements prétendent que la Gacsa ne sera qu’une inoffensive plateforme d’échange des pratiques agricoles respectueuses du climat, rapporte Maureen Jorand. Pourtant, on y réfléchit à des investissements, et le coordonateur de l’initiative m’a clairement indiqué qu’il visait son inclusion dans l’accord climatique ! »  Ce qui l’adouberait définitivement comme référence mondiale pour les actions menées dans le domaine de l’agriculture face au dérèglement.\n\nD’ailleurs, le ver est déjà dans le fruit, relève Maureen Jorand : un groupe de paysans d’Afrique de l’Ouest, qui présentait récemment un projet basé sur l’agroécologie à un bailleur européen, s’est vu répondre qu’il ne serait approuvé qu’à condition d’être estampillé CSA.\n\nAutre signe d’une imprégnation rampante : le Fonds vert pour le climat, destiné à aider les pays du Sud à s’adapter au dérèglement climatique [[Les pays riches se sont mis d’accord pour abonder ce Fonds vert pour le climat à hauteur de 100 milliards de dollars par an à l’horizon 2020.]], est à ce jour fortement sollicité par des projets CSA, comme si nombre d’opérateurs considérait désormais l’estampille comme la norme.\n\nFace à cette offensive, la France, hôte de la COP 21, joue un jeu ambigu estiment les organisations de solidarité internationale : elle refuse de se retirer de la Gacsa, arguant qu’il est plus efficace de l’influencer de l’intérieur.\n\nParis présente une autre initiative intitulée 4 ‰ : « Sur 1 000 grammes de matière carbonée élaborée par la photosynthèse, si nous parvenons à en capter 4 grammes pour les séquestrer dans le sol, nous résoudrons le problème de l’excédent de CO2 atmosphérique, tout en restructurant des sols dégradés par l’érosion », s’enthousiasmait Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture (lors de la conférence « La faim : l’autre visage du changement climatique.)\n\nPas clair du tout, décrypte Maureen Jorand.  « Cette captation du CO2 à grande échelle serait pratiquée sur de grandes étendues au Sud, dont les ressources seraient une fois de plus sollicitées pour compenser les turpitudes du Nord. Et puis ce mécanisme pourrait vite conduire à un accaparement de terres au détriment des petits paysans. Par ailleurs, dans les sources de financement, on pourrait voir apparaître des fonds de pension spéculateurs... » \n\nLes organisations de solidarité internationale misent désormais sur la réunion de Bonn mi-octobre, dernière rencontre préparatoire à la COP 21, pour tenter d’imposer la sécurité alimentaire au sein de l’accord de Paris.\n\nCe décryptage est extrait du dossier : Les atouts de l'agriculture paysanne face au dérèglement climatique du magazine Faim et Développement d’octobre 2015. Vous pourrez aussi y lire les articles suivants :\n\nReportage/Indonésie : Les Dayaks résistent contre la palme\nFocus/Guinée :  La patate chaude des paysans guinéens\n\nCes articles vous intéressent, abonnez-vous à Faim et Développement, le magazine de reportage de la solidarité internationale."}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/agriculture-et-alimentation-les-vraies-solutions/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/agriculture-et-alimentation-les-vraies-solutions/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Agriculture et alimentation, les vraies solutions","datePublished":"2015-11-18T18:36:00+00:00","dateModified":"2022-01-02T14:24:46+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/agriculture-et-alimentation-les-vraies-solutions/"},"wordCount":2422,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Agriculture","COP 21","Souveraineté alimentaire et agroécologie"],"inLanguage":"fr-FR","description":"À l’occasion de la COP21, de nombreux acteurs, étatiques ou non étatiques, cherchent à promouvoir leurs propres solutions pour faire face aux changements climatiques. De vraies solutions aux impacts des changements climatiques sont mises en œuvre quotidiennement par les citoyens, entreprises, investisseurs et acteurs territoriaux. Le défi de la transition écologique et énergétique mondiale est de les déployer dans tous les pays, urgemment, pour limiter le réchauffement de la planète à moins de 1,5°C. \n\n\n\nDans les pays du Sud, les impacts des changements climatiques sont déjà visibles et menacent les progrès effectués ces dernières années dans la lutte contre la pauvreté, la faim et la malnutrition. Triste paradoxe: les pays qui ont le moins pollué sont les plus durement touchés par les impacts des changements climatiques.\n\nDe vraies solutions existent pour accroître la résilience des populations, en particulier des plus fragiles. Encore faut-il que ces populations aient accès à des moyens financiers et technologiques appropriés et que les modèles agricoles et les systèmes alimentaires vertueux soient soutenus par des politiques publiques robustes et des financements suffisants. \nCependant, toutes les “solutions” ne sont pas bonnes à prendre. Certaines font peser des risques majeurs sur la société et les écosystèmes : parce qu’elles sont trop hasardeuses, trop coûteuses et porteuses de plus d’inégalités (comme les agrocarburants, les OGM ou l’agriculture intelligente face au climat quand elle est promue par des multinationales de l’agriculture industrielle, voir le dossier des associations dédié aux fausses solutions). \nL’agenda climat et l’agenda pour le développement ne sont qu’un seul et même agenda. À Paris, les États auront-ils enfin le courage de reconnaître l’agenda pour le climat et d’opter pour une transition qui nous permette de bâtir un monde plus vivable et plus juste ? Sauront-ils trier le bon grain de l’ivraie ?\n\nPar “vraies solutions” aux changements climatiques, nous entendons toutes les actions et initiatives qui peuvent permettre de réduire nos émissions de gaz à effet de serre et/ou d’améliorer la résilience de nos sociétés face aux conséquences des changements climatiques, tout en répondant aux défis économiques, sociaux, géopolitiques, environnementaux, culturels et démocratiques. Les “vraies” solutions respectent la biodiversité et la diversité des écosystèmes.\n\nLes “vraies” solutions aux changements climatiques sont des pratiques, des principes ou des processus qui nous permettent de passer d’un modèle de développement en fin de course à des sociétés économes en énergie, non polluantes, justes et résilientes face aux impacts des changements climatiques.\n\nLes “vraies” solutions au changement climatique visent aussi à ne pas reproduire les erreurs du passé. Trop souvent, les droits des communautés locales sont bafoués sous prétexte de protection de l’environnement !\n\nLes “vraies” solutions sont celles qui respectent et protègent les droits humains. Pour cela, elles impliquent les populations, premières concernées, dans la prise de décisions politiques et économiques.\n\nNous sommes convaincus que les grandes transformations sociales naissent de la somme d’actions individuelles. De nombreuses initiatives locales portent cette capacité “transformationnelle”. Nous savons aujourd’hui que l’agriculture familiale et paysanne, en particulier l’agro-écologie, peut nourrir la planète. Nous savons également qu’un autre modèle alimentaire, qui fait converger enjeux environnementaux, de santé et de justice alimentaire est possible. Nous avons vu, avec les initiatives et rencontres organisées partout en France ces derniers mois, notamment via Alternatiba ou le forum international Desertif’Actions, que les citoyens se mobilisent pour mettre en avant de vraies solutions. Nous sommes de plus en plus nombreux à porter une autre vision de l’agriculture et de notre relation à l’alimentation, et à montrer que cela est possible.\n\nQuel que soit le résultat de la conférence de Paris, le défi à relever reste immense, mais pas impossible. Il se pose au quotidien, maintenant, mais aussi après 2015, à tous les niveaux de décision et partout dans le monde. La transition vers des modèles de consommation et de production respectueux du climat passe par des mesures étatiques, ainsi que par l’action des villes et des régions, des communautés rurales, et par la mobilisation des acteurs économiques et des citoyens. La lutte contre les changements climatiques ne se termine pas à Paris en décembre 2015, c’est un point de départ, une opportunité de levier et un défi à relever.\n\nC’est encore plus vrai en ce qui concerne les questions agricoles. Aujourd’hui, le principal défi de l’agriculture est d’assurer la sécurité alimentaire et nutritionnelle pour une population mondiale croissante dans un contexte de raréfaction des ressources naturelles et de changement climatique. Les dérèglements climatiques menacent directement les 4 piliers de la sécurité alimentaire (disponibilité, accès, stabilité et utilisation). Le secteur agricole est présent aux deux extrémités de la chaîne qui relie les causes et conséquences : l’agriculture est responsable d’un tiers des émissions de GES, quand les agriculteurs, les plus vulnérables en premier lieu, sont aussi les premières victimes du changement climatique. Pourtant l’agriculture est la grande absente des négociations climat depuis plusieurs années et le sera à Paris. En effet, les discussions autour des systèmes agricoles et alimentaires à privilégier dans la lutte contre les dérèglements climatiques ne s’ouvriront pas avant juin 2016. Toutes les questions et les solutions restent donc sur la table. Il est de la responsabilité des États de promouvoir les vraies solutions en les distinguant des fausses.\n\nPour des systèmes agricoles et alimentaires durables\n\n«Notre modèle agricole mondial est à bout de souffle. Il faut aider chaque pays à se nourrir lui-même ; la question de l’alimentation ne pourra pas être résolue par la concentration de la production dans les régions les plus efficientes, l’aide alimentaire et le commerce international. C’est un premier changement de paradigme.»\nOlivier de Schutter[[Interview dans le Monde du 29/04/2014]]\n\nNous produisons aujourd’hui 4 600 kilocalories par personne et par jour soit suffisamment pour nourrir 12 milliards de personnes. Près de la moitié de cette production est gaspillée, perdue ou destinée à l’alimentation animale. Pourtant, alors que la croissance de la production agricole n’a jamais permis d’assurer la sécurité alimentaire mondiale, d’après un rapport[[« Comment le système alimentaire industriel contribue à la crise climatique », La Via Campesina | GRAIN, 05/12/2014]] récent de l’ONG GRAIN et de la Via Campesina, entre 44 % et 57 % du total des émissions de GES proviennent du système alimentaire mondial basé sur l’agro-industrie.\n\nRésultat : 2,5 milliards de personnes souffrent de mal-nutrition et 795 millions souffrent de la faim. La plupart d’entre eux sont des femmes, des enfants et, triste paradoxe, trois quart d’entre eux sont des petits agriculteurs, ceux-là même qui nourrissent l’humanité.\n\nL’agriculture mondiale est aujourd’hui à la croisée de chemins où s’affrontent deux écoles de pensée agricole : on peut distinguer, d’un côté, l’agriculture conventionnelle ou industrielle - très émettrice -, illustrée par exemple par l’Alliance Globale pour une agriculture intelligente face au climat, soutenue par les industries agroalimentaires , et de l’autre, l’agro-écologie - peu émettrice - qui place les petits producteurs et les communautés rurales au centre des décisions et appelle à un changement de paradigme dans l’ensemble des dimensions (politique, économique, agricole, sociale, culturelle...).\n\nUne transition de nos systèmes agricoles et alimentaires est un levier à la fois indispensable et extrêmement puissant pour soutenir un modèle agricole et alimentaire permettant de nourrir l’humanité tout en préservant l’environnement, renforçant les économies locales et en réduisant nos émissions en gaz à effet de serre.\n\nPour faire converger enjeux écologique et humain au service d’un monde plus juste, nous faisons les recommandations suivantes :\n\nRecourir, soutenir et promouvoir des modes de production agro-écologiques.\nL’agro-écologie[[ - “L’agro-écologie vise à produire une alimentation diversifiée et de qualité ; reproduire, voire améliorer, la fertilité de l’écosystème; limiter le recours aux ressources non renouvelables ; ne pas contaminer l’environnement et les hommes ; contribuer à la lutte contre le réchauffement climatique. Pour cela, l’agro-écologie valorise le potentiel des écosystèmes en matière de captation de ressources naturelles externes (énergie solaire, eau, carbone et azote de l’air,) et utilise les synergies et flux internes à ces écosystèmes (diversité de cultures, complémentarités entre les productions végétales, animales et les arbres, lutte biologique, etc). Pour certains, l’agro-écologie comprend également une dimension sociale, économique et politique forte : réorganisation des filières sur des circuits plus courts avec un renforcement des organisations” voir les Notes de la C2A, Répondre aux défis du XXIème siècle avec l’agro-écologie : pourquoi et comment ?, Janvier 2013]] participe à la préservation et à la durabilité des ressources naturelles et de l’environnement et favorise la régénération des sols. Elle est basée sur des savoir-faire traditionnels, comme l’utilisation de semences et de matériel végétal adaptés aux conditions climatiques locales, les associations culturales complexes ou une gestion responsable de l’eau, étayée par les plus récentes recherches scientifiques en agronomie.\n\nEn privilégiant les prairies et les techniques culturales favorables à l’augmentation du stock organique des sols, l’agro-écologie renforce les puits naturels de carbone que constituent la matière organique du sol et la biomasse vivante et contribue efficacement et durablement à la séquestration du carbone dans les sols.\n\nPourvoyeuse d’emploi, l’agro-écologie allie les performances d’une production agricole et alimentaire satisfaisante à la provision de services écosystémiques tels que l’habitat pour la biodiversité animale et végétale, le maintien de la diversité génétique, la gestion optimisée de l’eau agricole, la fertilité des sols, la lutte contre la désertification[[- L’agro-écologie est considérée parmi les solutions pour la gestion durable des terres à grande échelle afin d’atteindre l’objectif de « neutralité en matière de dégradation des terres », tel que stipulé dans la déclaration « Notre avenir à tous Rio+20 » et adopté à la COP12 de la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification à Ankara.]] et la dégradation des terres, la préservation et la restauration des terres.\n\nLa conduite intégrée des cultures et élevages permet une valorisation optimale des ressources naturelles et des facteurs de production, en limitant, voire en évitant le recours à des intrants chimiques coûteux, énergivores, et générateurs d’effets secondaires néfastes tant sur l’environnement que sur la santé des utilisateurs et riverains. Elle accroit les capacités des populations les plus vulnérables à faire face aux impacts des changements climatiques. L’agro-écologie place la souveraineté alimentaire, le libre accès et la libre utilisation des ressources naturelles par les petits producteurs, notamment les femmes, au coeur d’une approche holistique de l’agriculture.\n\n- Assurer un réel soutien aux pratiques agro-écologiques passe par la mise en place de politiques publiques, de mécanismes de financements publics ciblés et dédiés et de valorisation des productions agro-écologiques (notamment par exemple via l’information des consommateurs voire le recours à une labellisation : Label Agriculture Biologique, indication d’origine géographique type Appellation d’Origine Contrôlée, Haute Valeur Environnementale, etc.). La demande des consommateurs est un outil puissant de réduction des émissions de gaz à effet de serre tout au long du cycle de vie des produits alimentaires, de leur fabrication à leur consommation.\n\n• Diminuer la consommation de viande permet de réduire nos émissions de gaz à effet de serre dans le secteur agricole (un régime très carné correspond à environ 7,26 kg eqCO2/jour/personne contre 2,94 kg eqCO2/jour/personne pour un régime peu carné). Cela permet aussi de limiter la déforestation et la concurrence pour les terres vivrières dans certaines régions du monde, où les surfaces de culture sont principalement utilisées pour la production d’aliments pour les animaux (comme le soja par exemple) en monoculture destinés à l’exportation majoritairement.\n\n• Diminuer la consommation des produits transformés, sur-emballés et hors saison  (les étapes de la transformation des industries agro-alimentaires et de la commercialisation sont émettrices de gaz à effet de serre, fortement consommatrices d’énergie et d’eau, avec un fort risque de pollution des milieux aquatiques), en plus de celle des produits laitiers, sucrés et gras, dont l’excès a des conséquences négatives pour la santé.\n\n• Appuyer le développement de circuits courts et locaux qui ont un effet immédiat sur la réduction du transport distant et frigorifique (dont le transport international), permet d’augmenter les revenus des paysans en supprimant des intermédiaires et stimule une production adaptée aux besoins locaux, créatrice d’emplois au niveau des territoires de production.\n\n• Éviter le gaspillage alimentaire (un tiers de la production alimentaire mondiale termine à la poubelle chaque année), en faisant évoluer comportements, procédures et équipements au niveau de tous les acteurs de la chaîne alimentaire au nord comme au sud : agriculteurs, industriels de l’agro-alimentaire, distributeurs, restaurateurs, citoyens…\n\nCette transition de nos systèmes alimentaires, des champs à l’assiette, peut notamment être portée par la restauration collective. Les cantines scolaires et les restaurants publics d’entreprises (hôpitaux, administration, etc.) seraient ainsi les acteurs privilégiés d’un vaste programme de sensibilisation, à enclencher par les pouvoirs publics, en parallèle de leur nécessaire soutien accru aux filières “vertueuses”, comme celle des protéines végétales (dont la production sur le territoire français reste inférieure à la demande).\n\nUn tel modèle alimentaire, en fournissant et en rendant accessible à tous une nourriture variée de bonne qualité nutritionnelle, adaptée à la culture et exempte de résidus chimiques, comporte de nombreux co-bénéfices, tels que l’amélioration de la santé de la population et la relance d’activités économiques locales. Il est aussi le plus à même au niveau mondial de lutter efficacement contre la malnutrition (sous-nutrition et surnutrition/obésité)."}
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Ces quelques dizaines de jeunes leaders ont bientôt porté sur les fonts baptismaux, Synergie paysanne (SYNPA) en 2002 au Bénin et le Mouvement pour une alliance paysanne togolaise (MAPTO) en 2003. « Une décennie plus tard, reprend le Délégué général, j'ai rencontré des organisations en plein essor - plus de 1500 paysans adhèrent à SYNPA et près de 20 000 au MAPTO -, qui occupent le devant de la scène et sont de plus reconnues comme de précieux interlocuteurs par les gouvernements de Cotonou et Lomé. »\n\nComment en est-on arrivé là ? « Les paris audacieux mais judicieux effectués voici dix ans, tant par le CCFD-Terre Solidaire que par ses partenaires ont été couronnés de succès », répond Bernard Pinaud. En 2002 en effet, le CCFD-Terre Solidaire infléchit en profondeur sa stratégie de partenariat. « Nous avons alors transféré le soutien accordé aux ONG d'appui vers les petits paysans eux-mêmes. » Autrement dit, le CCFD-Terre Solidaire accepta de donner aux fondateurs du SYNPA et de MAPTO des moyens de fonctionnement, une ligne budgétaire pour les déplacements, un poste de coordination, etc. Une « aventure » qui s'est bien déroulée car, dans le même temps, les deux syndicats embryonnaires investissaient des champs d'action porteurs aptes à rassembler le monde rural.\n\n\nLe Bénin, cible des accapareurs de terres\n\n\nAinsi, en 2005, le SYNPA inscrit la question foncière comme « sa première priorité » et tire la sonnette d'alarme à propos des achats massifs de terres. Belle intuition. Quelques années plus tard, les législateurs béninois s'efforcent toujours de réguler une situation foncière dominée par l'insécurité et marquée par la coexistence du droit coutumier et du droit moderne. « Surtout, complète Bernard Pinaud, les orientations libérales du régime du président Thomas Boni Yayi ont laissé la porte ouverte aux accaparements de terres. » On découvre que les grands pays africains (Éthiopie, Soudan) ou Madagascar n'ont pas le monopole de la prédation, mais que le Bénin et ses 113 000 km2 suscite aussi les convoitises. Une particularité tout de même : plus des deux tiers des acheteurs sont béninois. Parmi eux figurent même trois anciens présidents de la République ! Mais il n'est pas impossible qu'un certain nombre d'acquéreurs nationaux servent de prête-noms à des intérêts étrangers.\n\n« Non seulement, remarque encore Bernard Pinaud, le SYNPA s'est mobilisé sur des thèmes qui avaient une résonance profonde, mais il a aidé des paysans considérés comme des citoyens de seconde zone à relever la tête et à affirmer fièrement leur identité paysanne. C'est la raison principale de son succès. » Signe de ces avancées, la Plate-forme des organisations paysannes béninoises (PNOPPA) a confié au SYNPA le soin de représenter le monde paysan dans les actions de plaidoyer et de négociations avec l'État. Prochaine tâche : sensibiliser et former les députés béninois aux enjeux fonciers du point de vue de la petite agriculture paysanne et des jeunes ruraux privés d'accès à la terre.\n\n\nPotentialités agricoles togolaises\n\n\n« Côté togolais, poursuit Bernard Pinaud, le MAPTO a bâti sa réputation en défendant les intérêts concrets des petits paysans. » Par exemple, il impose sur les marchés le « bol MAPTO », unité de mesure standardisée et non déformable de 2,5 kilos qui met un terme à la triche des commerçantes de céréales. Dans la région Centre, le Mouvement organise la filière céréales (maïs et riz) à partir d'une coopérative performante, la Rhincami. Au Nord, en pays kabyé, plus d'un millier de producteurs maraîchers sont rassemblés autour d'une quarantaine de groupements. « Surtout, le MAPTO a accru sa crédibilité en obtenant une hausse substantielle du prix du maïs payé aux paysans en 2009/2010. »\n\nCertes, il a bénéficié d'une conjoncture favorable, le pouvoir cherchant à rallier le vote paysan avant l'élection présidentielle de 2010. Le succès n'en est pas moins incontestable. Au point que l'organisation est désormais considérée par les pouvoirs publics comme « la principale centrale paysanne du pays ». Cette affirmation sur la scène nationale s'est réalisée « à la manière d'une plante qui se développe d'abord à la racine ». Mais les fleurs sont déjà là : ainsi, l'un des membres fondateurs du MAPTO a été porté à la tête de la Chambre d'agriculture du Togo, avant de devenir vice-président de la Chambre d'agriculture d'Afrique de l'Ouest. « Aujourd'hui, indique Bernard Pinaud, le défi pour MAPTO est d'accompagner cette croissance aussi rapide que spectaculaire par une bonne formation de cadres et des leaders. Pour s'inscrire dans la durée. » Et inciter l'Etat togolais, qui ne consacre à l'agriculture que 3 % de son budget, à miser un peu plus sur ces paysans qui concourent tout de même à 38 % du PIB.\n\nA l'heure du bilan, Bernard Pinaud insiste sur « la dynamique paysanne remarquable à l'œuvre dans les deux pays visités ». Il ajoute. « Cet éveil de la composante rurale des sociétés civiles africaines fait plaisir à voir. Là, j'ai reçu en quelque sorte confirmation de la sensation éprouvée précédemment lors des Forums sociaux mondiaux de Bamako et Dakar. »\n\n« Après la dénonciation ces derniers mois du rôle délétère des paradis fiscaux, conclut Bernard Pinaud, cette dernière mission au Bénin et au Togo centrée sur les questions agricoles et foncières et la lutte contre les accaparements de terres, est une manière d'annoncer qu'elles seront au cœur de la communication et du plaidoyer du CCFD-Terre Solidaire lors du second semestre 2012. Une manière aussi de renouer avec l'une de nos thématiques fondatrices. »\n\nPropos recueillis par Yves Hardy"}
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Le Défenseur des droits a exprimé son \" opposition à l'esprit général du texte\" et souligné une \"logique de suspicion tendant à faire primer des considérations répressives au détriment des droits les plus fondamentaux\" des personnes étrangères [[Voir l'avis du Défenseur des droits publié le 15 mars 2018, suite à son audition par Elise Fajgeles, la rapporteure du projet de loi.]]. \n\nProtestant \" contre une logique comptable de l'asile \", les salariés de la CNDA (Cour national du droit d'asile) ont observé une grève de quatre semaines. Grève d'une journée également à l'OFPRA et parmi les professionnels de la Cimade intervenant en centre de rétention, le 21 février 2018, jour de la présentation du projet de loi en conseil des ministres. Sans compter que ce projet de loi pour une immigration maîtrisée et un droit d'asile effectif suscite le malaise jusqu'au sein de la majorité présidentielle... \n\nEn toile de fond de la politique migratoire du gouvernement, il y a cette petite musique à deux temps devenue obsédante. La France est victime d'une crise migratoire. Elle ne la maîtrisera qu'en distinguant les personnes qui sont légitimes à demander l'asile de celles qui ne sont « que » des migrants économiques. \n\nOr, non seulement le postulat de départ est erroné – le solde migratoire de la France reste stable depuis une quarantaine d'année –, mais les causes de l'exil ne sont pas réductibles à un seul facteur. Et la logique de tri, inscrite dans le projet de loi, précarisera l'ensemble des personnes étrangères en attente d'une régularisation de leur situation.\n\n\nTraitement expéditif des demandes d'asile \n\nLe gouvernement entend accélérer la procédure d'examen des demandes d'asile, l'objectif est louable. Mais les dispositions prévues restreignent surtout le temps dont disposent les personnes pour construire leur dossier et effectuer un recours en cas de rejet de leur demande. \n\n\"C'est un droit d'asile au rabais que promet le projet de loi\" s'insurge Jean-Claude Mas, Secrétaire général de la Cimade.\n \nUne personne ne disposera que de 90 jours - contre 120 actuellement - pour déposer une demande d'asile après son entrée sur le territoire. Passé ce délai, l'OFPRA (Office français de protection des réfugiés et apatrides) instruira son dossier en procédure accélérée, laquelle garantit moins de droits et accroît les risques de débouter des personnes pourtant éligibles à une protection. Or, trois mois, c'est peu pour se repérer dans le paysage de l'asile quand on parle mal (ou pas) le français. \n\nEn revanche rien n'est proposé pour réduire le délai d'enregistrement des demandes d'asile par la préfecture. Quant au recours devant la Cour nationale du droit d'asile (CNDA), son délai passe de 1 mois à 15 jours. \"C'est insuffisant pour enrichir un récit, fournir des pièces, trouver un interprète assermenté…\", s'indigne Suzy Balourd, l'une des trois porte-parole de l'intersyndicale Unsa, FO et CGT à l'origine de la grève de la CNDA. L'enjeu est pourtant de taille, chaque année ce sont près de 8 000 personnes qui obtiennent le statut de réfugié grâce à la Cour. \n\nAutres motifs d'inquiétudes : certains recours ne seront plus suspensifs, ce qui signifie qu'une personne déboutée du droit d'asile par l'OFPRA pourra être expulsée avant que la CNDA ne se soit prononcée. Ou encore, la généralisation des audiences déshumanisées par visioconférences où la personne qui demande l'asile s'adresse au juge à travers une caméra. \n\n\nSurveiller, expulser, bannir \n\nL'allongement considérable de la durée du temps de rétention est devenu le symbole du versant \" fermeté\" du projet de loi Collomb. Des personnes qui n'ont commis ni crime, ni délit pourraient ainsi être privées de liberté jusqu'à 90\n jours (voir encadré) au motif très contestable que cela faciliterait leur expulsion. \n\nVéritable « rétention hors les murs », l’assignation à résidence a également vocation à s'intensifier. Les personnes assignées à leur domicile ou dans un lieu d'hébergement jusqu'à 3 heures par jour et contraintes de pointer auprès de la police plusieurs fois par semaine pourront être expulsées à tout moment loin du regard de la société civile. \n\nMesure complémentaire à l'expulsion : l'interdiction de retour sur le territoire frappera désormais toutes les personnes qui se seront maintenues en France en dépit d'un refus de titre séjour. \n\n« Qui osera, au regard de ce risque, demander sa régularisation ? Ce sont ainsi des milliers de personnes qui se verront contraintes à l'illégalité »,  estime Clémence Richard, responsable Expulsion à la Cimade.\n \nMême les parents d'enfant français, ne pourraient plus être régularisés. Sans compter que sous couvert de lutte contre la «  paternité frauduleuse », le projet de loi prévoit aussi des restrictions à leur égard tant en ce qui concerne leur droit au séjour que le droit à la filiation de leurs enfants. Des restrictions jugées « particulièrement préoccupantes et contraires à l'intérêt de l'enfant » par le Défenseur des droits. \n\nIl est également question de criminaliser les travailleurs sans-papiers : celles et ceux qui auront fourni un faux permis de travail à leur employeur seront passible d'une peine de  5 ans de prison…\n\nOn le voit, \"l'humanité\" revendiquée par Gérard Collomb reste singulièrement absente d'un texte qui ne peut même pas se vanter de pragmatisme. Ainsi aucune solution n'est envisagée pour les \"ni-ni\", ces personnes sans papiers, ni régularisables, ni expulsables... \n\nQuelques rares mesures protectrices\n\nLe projet de loi améliore le droit au séjour des bénéficiaires de la protection subsidiaire, autrement dit des personnes demandant l'asile qui n'ont pas obtenu le statut de réfugié mais dont la France reconnaît qu'elles encourent des risques dans leur pays d'origine. Il est ainsi prévu de leur délivrer d'emblée un titre de séjour de 4 ans puis une carte de résident de 10 ans, au lieu, comme c'est le cas actuellement, d'une carte de séjour d'une durée d'un an renouvelable ensuite pour des durées de 2 ans. Ces dispositions vont donc dans le sens d'une plus grande sécurisation des personnes notamment dans leur accès au logement et à l'emploi. \n\nDeux autres dispositions constituent une avancée au regard du droit de vivre en famille. A ce jour, les membres de la famille d'une personne réfugiée - conjoints, enfants et parents de mineurs - se voient délivrer de plein droit une carte de résident de 10 ans mais ceux qui sont en situation irrégulière sur le territoire sont exclus de ce dispositif. Le projet de loi supprime cette obligation de régularité de séjour pour bénéficier de la carte de résident. \n\nPar ailleurs, aujourd'hui, lorsqu'un mineur isolé a le statut de réfugié, seuls ses parents peuvent le rejoindre au titre de la réunification familiale. Le projet de loi élargit ce droit en donnant à ceux-ci la possibilité de venir sur le territoire avec leurs autres enfants mineurs. Cette mesure ne concerne toutefois qu'un petit nombre de personnes, car il y a très peu de mineurs isolés réfugiés. \n \nBénédicte Marie\n\n\nPour se mobiliser  : Interpellez vos députés contre le projet de loi Asile et immigration!\n\n\n\nFaim et Développement est disponible sur abonnement payant. \n\nAller plus loin sur le rôle des médias libres avec les Échos du CCFD-Terre Solidaire, une émission RCF :"}
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INCUPO, Instituto de Cultura Popular, fondé il y a plus de 40 ans par des chrétiens engagés est installé à Reconquista et travaille à partir de là dans les provinces alentours : promotion des semences paysannes, lutte contre les pesticides et produits phytosanitaires, défense du territoire et des ressources naturelles, et plus généralement, protection du mode de vie paysan et indigène.\n\n\n\nINCUPO défend la vie ! À Juan José Castelli on expulse violemment des indigènes venus défendre leur territoire contre l’expansion de la culture du soja. Une monoculture aux conséquences désastreuses qui repose sur l’usage massif de pesticides et de produits phytosanitaires. Les sols sont pollués et les familles contaminées alors que le prix des denrées alimentaires ne cesse d’augmenter. Quotidiennement, des milliers de paysans ou d’indigènes, hommes, femmes et enfants sont expulsés des campagnes. Et ceux qui tentent de résister sont menacés de mort, deux militants paysans ont été assassinés en Argentine ces deux dernières années. Contre ce système de mort qui génère pauvreté et souffrance, INCUPO soutient des pratiques qui défendent la vie.\n\n\nEnsemble nous pouvons\n\n\nINCUPO est né suite au Concile Vatican II – à l’instar du CCFD-Terre Solidaire – de la déclaration de Medellin qui l’a suivi en 1968 et du « Document de San Miguel » qui a tenté en 1969 de « traduire cette foi en une pratique plus proche des besoins » des populations les plus marginalisées. Les évêques du Nord-Ouest argentin avaient alors identifié les principaux facteurs de pauvreté : faim, manque de logement et d’accès à la santé, analphabétisme chez les adultes, désertion scolaire et absence d’organisations sociales…\nEn 1970, INCUPO lance sur les ondes radio le message « Ensemble, nous pouvons ! ». Pendant de nombreuses années, il participe à l’alphabétisation de milliers de personnes dans le Chaco et se rapproche des communautés paysannes et indigènes, très précarisées et fragilisées.\nAujourd’hui, INCUPO aide les organisations locales à se développer et participe à la transmission de savoirs traditionnels via des radios communautaires. Il accompagne la mise en place de systèmes de vente directe de produits agricoles et valorise les pratiques traditionnelles indigènes ou paysannes (plantes médicinales, recettes, technique agricole, etc.).\nDepuis trois ans, INCUPO est à l’initiative des Ferias de semillas nativas (foires aux semences natives), destinées à favoriser la reproduction paysanne des semences et leur échange. Ceci constitue non seulement un retour à des pratiques solidaires mais aussi une alternative crédible, plus accessible financièrement et reproductible à volonté, face aux semences brevetées proposées par les multinationales (et qu’elles cherchent à imposer).\n\n\nAgroécologie et solidarité\n\n\nINCUPO fait aussi la promotion d’un ensemble de pratiques agroécologiques : protection des sols, conservation biologique de la fertilité, gestion participative des ressources en eau, redécouverte de l’agroforesterie ou de la complémentarité agriculture/élevage. Pour INCUPO les pratiques agroécologiques sont un système de vie solidaire, fragile mais durable, capable de nourrir les villes alors qu’actuellement, l’essentiel des parcelles argentines est occupé par des céréales ou des grains destinés aux élevages occidentaux ou chinois ou à la simple spéculation sur les matières premières agricoles.\nC’est pour cette raison que peu à peu INCUPO, en lien avec le CCFD-Terre Solidaire (Campagnes Le Soja contre la vie, campagne Agrocarburants, ça ne nourrit pas son monde, notamment) a développé une pratique de plaidoyer auprès des décideurs ou de mise en réseau afin d’influencer les politiques publiques relatives au secteur rural. Ainsi, Il ne s’agit pas seulement pour INCUPO de lutter contre un modèle de développement rural « extractiviste » qui génère exclusion économique, sociale, pauvreté rurale, pollution, déforestation, mais aussi de défendre une certaine conception du « bien commun », que ce soit en termes de ressources productives mais aussi de mode de vie.\n\n\n\nIncupo Instituto de Cultura Popular\n\n\nDescription\n\n Continent : Amérique latine et Caraïbes Pays : argentine Zone d’action : le « Chaco » argentin Réseaux : Amuyen, Plateforme Mercosur Social et Solidaire, Mouvement Agroécologique d’Amérique latine et des Caraïbes, Fondation Nuevos Surcos, Tecnycampo, Réseau de communication indigène, Communicants du Gran Chaco, Réseau Agroforestier Chaco Argentine, Equipe nationale de pastorale aborigène, Bienheureux les pauvres, Fondation pour le développement dans la justice et la paix,\nForum argentin de radios communautaires, Association latino-américaine d’éducation radiophoniqueThématique : modèles de développement agricoles\n\n\nObjectifs\n\n Appuyer et promouvoir l’organisation et l’autogestion de communautés rurales, comme des espaces d’exercice réel de la démocratie. Définir et mettre en œuvre des propositions éducatives qui, en respectant les savoirs\ntraditionnels, visent à renforcer les capacités d’action et d’influence des communautés paysannes. Diffuser des propositions de développement rural durable qui prennent en compte la réalité et les intérêts des secteurs populaires. Favoriser l’accès, la défense et l’utilisation durable des ressources naturelles, en particulier, terre, eau et forêts. Développer des propositions économiques écologiques, appropriées et appropriables par les secteurs paysans et aborigènes, pour renforcer les systèmes de vie locaux. Être, en tant qu’institution, un acteur social dans les différents scénarios qui influencent le développement rural dans la région du Chaco."}
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Reportage en Côte d’Ivoire et au Sénégal chez des collectifs ruraux, membres du réseau Copagen (Coalition pour la protection du patrimoine génétique).\n\n\n\n\nLa guerre civile, qui a déchiré la Côte d’Ivoire, entre 2010 et 2011, a provoqué la destruction de biens scientifiques inestimables, déplore Sébastino da Costa, chercheur en gestion de l’environnement à Abidjan. À Bingerville, San Pédro ou Bouaké, des stations agronomiques ont été envahies  par  des  populations  affamées  qui  ont  pillé  un  patrimoine en végétal et animal inestimable. « Des variétés en cours d’amélioration depuis plus de trente ans – une catastrophe ! »\n\nLe travail opiniâtre de Rose Digrah a failli connaître le même sort. Animatrice d’un collectif de soutien aux agricultrices, elle s’enthousiasme à la création du réseau Copagen. « J’ai pris conscience de l’enjeu de la préservation des variétés locales. Je suis devenue une chasseuse de semences ! » Dans son village de Tabléguikou, à l’ouest d’Abidjan, le maraîchage cède devant la poussée des cultures industrielles d’hévéa ou de palmiers à huile. « Piment, gombo, aubergine... Des variétés se perdent... »\n\nEn 2008, une femme âgée lui présente trois ignames jaunes. « Je n’en avais pas revu depuis mon enfance ! La variété était tenue pour disparue dans mon village. » Elle plante les tubercules, parvient à les multiplier... Et c’est la guerre : « Les gens ont tout mangé dans mes champs ! » Mais, Rose Digrah retrouve une poignée d’ignames jaunes quelques mois plus tard, et son projet de réintroduction redémarre, sous sa surveillance redoublée. À Aïdeko, village en lisière de forêt dans la région de Divo, la population a accepté de multiplier le tubercule. « Il a un goût précieux ! », sourit malicieusement Angèle Djegba. « Nous nous sommes donné trois ans pour décoller », indique Rose Digrah.\n\nAu Sénégal, la catastrophe est venue du ciel, au début des années 1970 : une sécheresse historique, qui a cuit la plupart des récoltes. Arachide, mil, sorgho, fonio (céréale), niébé (haricot), « les semences ont presque toutes disparu », se souvient George Tine, de l’association Niul-Jama, près de la ville de Thiès. L’État met en branle un plan d’importation de semences et de distribution « qui a éradiqué les pratiques paysannes de conservation des variétés... »\n\nDans les années 1990, lassés d’être à la merci du « tout venant », les paysans lancent des inventaires de semences ainsi que des foires d’échange. Celle de Fandene attire jusqu’en Gambie. Et en 2010, un paysan montre à Georges Tine un petit sac de mil violet. « Une variété exceptionnelle, excellente, et que les oiseaux n’attaquent pas ! » À l’Association sénégalaise des producteurs de semences paysannes, on n’en revient pas : la variété était tenue pour disparue. Georges Tine en récupère deux kilos et multiplie la semence. Aujourd’hui, le mil violet commence à se répandre. La demande est forte.\n\nLes maraîchères épatent les agronomes\n\nÀ une cinquantaine de kilomètres au sud, à Keur Abdou Ndoye, un groupe de maraîchères de la Fédération des agropasteurs de Diender s’active sur de magnifiques parcelles de légumières cultivées en bio. Elles fréquentent la foire de Fandene pour récupérer des variétés traditionnelles appréciées mais devenues introuvables – concombre madar, tomate mboro, pomme de terre arambané –, supplantées par des légumes importés dont les semences, hybrides, doivent être rachetées tous les deux ans. « Alors que les nôtres sont réutilisables à volonté ! », s’exclame Meiya Ka.\n\nLes femmes réapprennent les techniques d’amélioration des lignées de leurs parents : la sélection des plants les plus beaux et les plus résistants pour les laisser monter en graine, réserve pour les prochains semis. Aby Beye a épaté des agronomes en récoltant des semences de laitue borolé, variété locale réputée délicate. Les semencières débutantes en « bavent » encore. « J’ai trimé quatre mois pour... 1 500 FCFA de bénéfice[[Environ 2,30 euros.]] », souffle Awa Ndiagne.\n\nEn Côte d’Ivoire, le laminoir à uniformiser la diversité des cultures vient aussi de variétés introduites. « Ici, quand on veut vivre de sa production de riz, on passe invariablement au “Wita 9” », se désole Bernard Kouakou, président de l’association nationale des producteurs de semences, à Yamoussoukro. Dix tonnes à l’hectare : une productivité imbattable. Il aimerait se consacrer à des variétés locales très goûteuses mais rares, comme le danané. Peu productif (et donc cher), dépendant des pluies, on se l’arrache pourtant sur le marché. « Le problème, c’est que l’État, très présent sur la filière rizicole, stratégique, ne nous octroie pas l’appui technique nécessaire pour développer ces variétés », regrette Rose N’Guessan, de la coopérative Entente.\n\nAu Sénégal, les déboires des grandes céréales affectent encore plus l’arachide, autre culture majeure. À la qualité aléatoire des semences du marché s’ajoute, dans les zones peu arrosées, le dérèglement de la saison des pluies : erratique, tardive, trop brève pour les arachides traditionnelles. Aussi, quand l’Institut sénégalais de recherche agronomique (Isra) met au point la « 5533 », une variété locale sélectionnée pour son cycle court, l’Union des groupements de producteurs de Méckhé (UGPM) décide, en 2010, de créer sa propre coopérative semencière. L’UGPM sélectionne les paysans les plus aptes à multiplier les semences de 5533. Ils s’engagent à vendre (à prix attractif) la majeure partie de leur production à l’Union qui approvisionne ses membres et accroît chaque année le nombre de ses producteurs de semence. « D’ici à cinq ans, nous ne dépendrons plus ni des pouvoirs publics ni du marché », pronostique Mbaye Diouf. C’est déjà le cas depuis des années pour les céréales.\n\nPlus au nord, c’est le Sahel. Et c’est aussi grâce à la force de son collectif que la Fédération des associations paysannes de la région de Louga (Fapal) parvient à contrecarrer le marasme semencier des dernières décennies. Depuis 2008, elle organise la production de semences traditionnelles de souna (petit mil), de niébé (haricot) et d’arachide, les trois cultures prioritaires de la région. La Fapal pense être autosuffisante dans trois ans. Initiative déterminante : la création de magasins de stockage de semences dans chaque zone de groupements de producteurs.\n\nDans le village de Dioral, près de la ville de Fatick, les techniques de conservation ont également conditionné les progrès. Sous l’arbre de neem de la place, les femmes présentent leurs trésors familiaux : des semences traditionnelles de riz rouge sauvage, de sorgho, de niébé, de mil... Elles sont conservées dans les cases d’une année sur l’autre selon des techniques simples et efficaces – bidons remplis de feuilles de neem (anti-insectes), fumage au-dessus des foyers de cuisine, greniers d’argile, etc. « Et nous cheminons vers l’agroécologie », souligne fièrement Mamadou Diallo, président de l’Union des collectifs de Tattaguine.\n\nUn rescapé de l’agrochimie converti au bio\n\nPlus de semences du marché ni d’intrants synthétiques : c’est la ligne rigoureuse de l’efficace Fédération des producteurs de la région de Tambacounda, à l’est du Sénégal. Dans le village de Saré Samburu, Abderahmane Bâ est un rescapé de l’agrochimie. Autrefois salarié d’une entreprise cotonnière, il est tombé malade, intoxiqué au contact des stocks de pesticides. Depuis, il cultive le coton en bio. « Plus de dettes, la santé, un bon prix de vente : tous les gains sont pour nous ! » Créer une coopérative de semences ? La fédération n’en a pas les moyens. Cependant, dans cette région de l’est du Sénégal, les paysans ont maintenu la tradition de conserver des semences. Pour la soutenir, la fédération a renforcé son réseau de banques de céréales. « En approvisionnant les familles en difficulté lors de la soudure, nous réduisons le risque qu’ils mangent leurs réserves de semences », explique Amadou Souaré.\n\nEt puis, il y a l’exemple des anciens. Ici, Mamadou Camara est une sorte de légende. Bravant les ricanements, le vieux paysan est le premier à avoir osé le coton bio, en 1994. Il est aussi devenu un spécialiste du maïs, dont il a sélectionné des variétés de grand intérêt. « Mon maïs rouge, je sais qu’il donne en soixante-dix jours exactement. J’en fais profiter mes voisins, mes collègues, les participants aux foires d’échanges de semences. » Et même les chercheurs de l’Isra, qui ont découvert auprès de lui, des variétés dont ils ignoraient l’existence."}
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Toutefois, des corps avaient été brûlés à la hâte dans les derniers jours de décembre, et par conséquent non comptabilisés dans les statistiques. Le tsunami du 26 décembre a touché six provinces du Sud de la Thaïlande sur la côte d’Andaman (côte Ouest) : Phuket, Phang Nga, Krabi, Ranong, Trang et Satun. C’est Phang Nga qui a été la plus affectée. Au total, ce sont 308 villages qui ont été touchés de manière importante ; 12 068 familles (54 672 personnes) ont eu des blessés ou des morts, 3 600 maisons ont été détruites et 3 200 autres endommagées. Les communautés concernées sont essentiellement des villages de pêcheurs et des urbains vivant du tourisme, activité extrêmement développée dans la zone. Ceux qui n’ont plus de logement vivent pour l’instant dans des abris temporaires (tentes, maisons en tôle ou en bois) construits par la Croix Rouge thaï, le Gouvernement ou des ONG telles CODI ou World Vision.\n\nLe raz-de-marée aurait causé 260 millions d’Euros (13 milliards de Bahts) de dommages à la Thaïlande, selon le Gouvernement. On estime à 7.8 millions de dollars US le montant des dégâts occasionnés par le raz-de-marée sur les infrastructures civiles (routes, ponts, ports, etc.), dont 70 % à Phang Nga. 4 500 bateaux de pêche de la côte d’Andaman ont été endommagés ou même détruits, ce qui signifie que près de 30 000 familles ont perdu leurs moyens d’existence. La perte due au tsunami pour le secteur de la pêche est évaluée à 36 millions de dollars US.\n\nMais, pour le Gouvernement thaïlandais, ce sont les pertes enregistrées par l’industrie du tourisme, qui représente 6% du PIB, qui posent réellement problème : le Ministère du Tourisme estime que la baisse d’activités subséquente au tsunami ferait chuter les recettes du secteur de plus de 780 millions de dollars US pour le premier trimestre de 2005 (l’Association Touristique de Phuket annonce un manque à gagner de 500 millions de dollars US pour les mois de janvier et février). 200 000 emplois seraient menacés dans la région. Le Premier Ministre a très rapidement lancé la réparation/reconstruction des complexes hôteliers et autres infrastructures touristiques et tout de suite cherché à attirer de nouveau les visiteurs étrangers. Il considère qu’environ 200 millions d’Euros (10 milliards de Bahts) sont nécessaires pour la relance de l’activité touristique dans la zone.\n\nLe déblaiement des zones touchées a été effectué en janvier et la reconstruction des zones touristiques a très rapidement suivi les opérations de secours, dès le mois de février. Alors en pleine campagne électorale, le Premier Ministre Thaksin Shinawatra a tenu à montrer que la Thaïlande pouvait se relever immédiatement de la catastrophe et a notamment pris soin de venir en aide aux touristes étrangers. Par contre, beaucoup de villages de pêcheurs ont été délaissés par l’aide d’urgence. La Thaïlande a refusé l’offre de moratoire sur sa dette extérieure et n’a demandé l’aide internationale que pour l’identification ADN des victimes.\n\n\nEnjeux affectant la mise en place de l’aide\n\nSi les opérations de secours ont été menées efficacement en Thaïlande, il n’en reste pas moins que l’aide n’a pas toujours été équitablement répartie en fonction des victimes, et surtout des intérêts des dirigeants locaux et nationaux.\n\nConcentration de l’aide sur les zones touristiques\n\nL’aide gouvernementale d’urgence a été très nettement concentrée sur les zones touristiques, notamment pour venir en priorité au secours des étrangers. Les autorités ont tenu à montrer au monde qu’elles prenaient un soin spécial des touristes, et ont très vite amorcé la reconstruction des complexes hôteliers. Par contre, l’efficacité des efforts d’urgence et de reconstruction n’a pas toujours bénéficié aux populations locales, aux immigrés birmans, aux pêcheurs musulmans et aux communautés de pêcheurs bouddhistes. Aujourd’hui encore, des villages côtiers restent sous les décombres, et leurs populations n’ont pas reçu d’aide des autorités locales ou nationales.\n\nIl est à craindre que la négligence vis-à-vis des zones non touristiques ne s’explique également par le fait que le gouvernement entende étendre l’emprise du tourisme sur les côtes, et donc ne pas encourager les locaux à reconstruire leurs villages dans les zones dévastées et pas encore déblayées. Les priver d’aide pourrait être une façon indirecte de les encourager à céder le bord de mer aux activités touristiques. Par ailleurs, les autorités ont profité du tsunami pour adopter de nouvelles réglementations interdisant aux commerçants d’installer leurs échoppes sur les plages, ce qui a provoqué la fureur des ces derniers.\n\nLe cas des travailleurs birmans en Thaïlande\n\nOn dénombre entre 70 000 et 120 000 travailleurs birmans dans le Sud de la Thaïlande, dont 75 000 enregistrés légalement auprès des autorités, employés dans les secteurs du tourisme, de la pêche, du bâtiment ou de l’agro-alimentaire. On estime qu’entre 3 000 et 7 000 d’entre eux seraient morts (ils ne sont pas comptés dans les statistiques nationales). Jusqu’à la mi-janvier, la police thaïlandaise a quotidiennement arrêté et expulsé à la frontière un total estimé à 2 000 Birmans sans papiers (la plupart des rescapés du tsunami ayant perdu tous leurs papiers dans le raz-de-marée). Ces derniers ont ensuite dû payer les autorités birmanes parce qu’ils rentraient au pays sans papiers en règle. Un journal national a alimenté l’hystérie anti-birmane et l’hostilité de la police à leur encontre en répandant la rumeur que les Birmans pillaient les bâtiments dévastés sur la côte. La majorité des travailleurs birmans a donc fui dans les forêts ou même en Birmanie pour échapper aux contrôles, au lieu de se rendre sur les lieux de distribution de l’aide d’urgence.\n\nSous la pression des ONG nationales et internationales de défense des droits de l’homme, les autorités nationales ont déclaré qu’elles empêcheraient les arrestations arbitraires de Birmans et toute discrimination à leur encontre dans la distribution de l’aide. L’attitude du Gouvernement s’explique notamment par le fait que la Thaïlande a besoin de la main-d’œuvre birmane pour reconstruire les zones dévastées. Mais, malgré la fin des exactions contre les Birmans, nombre d’entre eux craignent toujours la répression de la police et des autorités locales et continuent donc à se cacher. Seules quelques centaines de corps birmans auraient été identifiés parmi les victimes du tsunami, car les familles n’osent pas se rendre sur place par peur des arrestations.\n\nIl est très difficile de leur venir en aide car ils forment une communauté peu organisée et très méfiante vis-à-vis des intervenants de l’extérieur (y compris ceux des ONG), par peur d’être dénoncés aux autorités. Seules les organisations locales travaillant de longue date avec eux peuvent leur apporter une aide efficace et les convaincre de se rendre dans les bureaux des administrations locales pour que leurs documents officiels (carte d’identité, permis de travail, carte de couverture sociale) soient refaits.\n\nAlors que beaucoup de Birmans de la diaspora se sont rendus dans le Sud de la Thaïlande au lendemain du raz-de-marée pour apporter des secours aux travailleurs immigrés, la discrimination positive ostentatoire pratiquée par des personnes ne connaissant pas bien le contexte local a pu attiser la rancœur d’employeurs ou de citoyens thaïlandais eux aussi privés d’aide d’urgence.\nIl faut également nuancer la discrimination subie par les travailleurs birmans en précisant que, dans certains cas, leurs employeurs ont collaboré de près avec les ONG locales pour les retrouver et leur venir en aide.\n\n\nActivités des partenaires en Thaïlande\n\nTsunami Action Group (TAG)\n\nLe TAG est une coordination ad hoc constituée quelques jours après le tsunami par plusieurs ONG locales, pour coordonner leurs actions d’urgence en direction des travailleurs birmans. Ces organisations, parmi lesquelles figure Altsean Burma, partenaire du CCFD, sont toutes habituellement engagées dans la défense des droits des travailleurs birmans ou des droits humains en général. Le TAG sera en activité jusqu’à la fin mars. La coordination intervient dans la province de Phang Nga, dans les villages côtiers mais également dans les terres, pour apporter de l’aide aux travailleurs birmans et les accompagner dans les procédures de délivrance de nouveaux documents officiels auprès des autorités locales. Parce que de nombreux Thaïs sont aussi exclus de l’assistance gouvernementale, ils bénéficient également du soutien des équipes du TAG dans les territoires où celles-ci travaillent avec les Birmans.\n\nYadfon\n\nDans la province de Trang, Yadfon est intervenu auprès des communautés de pêcheurs avec lesquelles l’ONG avait travaillé, il y a plusieurs années, sur l’implantation de mangroves et la gestion durable des ressources halieutiques. Yadfon a distribué de l’aide d’urgence et fourni de l’équipement de pêche dans 5 villages. Tout en poursuivant cette première phase de secours, l’ONG s’engage maintenant dans des activités de plus long terme, notamment la réorganisation des communautés affectées et la plantation de mangroves, qui ont joué dans certains endroits un rôle important de tampon pour amortir l’impact du raz-de-marée.\n\nSpirit in Education Movement (SEM)\n\nEn collaboration avec des organisations membres du TAG, SEM a envoyé des moines bouddhistes et des psychologues dans les provinces du Sud afin de fournir un soutien moral et psychologique aux personnes affectées. L’organisation a également participé à des opérations de distribution d’aide d’urgence. Pendant l’année 2005, SEM et le réseau asiatique International Network of Engaged Buddhists (INEB) vont former des leaders religieux et séculiers locaux au soutien psychologique pour aider les personnes traumatisées par la catastrophe du 26 décembre.\n\nQuelques initiatives remarquables de partenaires du CCFD en Thaïlande\n\nApproche participative des opérations d’urgence.\n\nQuand Yadfon avait mené des projets de préservation de mangrove avec des communautés de pêcheurs du Sud de la Thaïlande il y a dix ou quinze ans, des comités villageois avaient été constitués pour suivre la mise en œuvre des différentes activités. Après le tsunami, c’est sur ces comités que l’ONG s’est appuyée pour organiser les opérations d’urgence et de réhabilitation. Ce sont donc les communautés qui ont elles-mêmes pris en charge l’aide (en organisant la distribution de nourriture et de matériel de première urgence, en achetant elles-mêmes les filets et autres équipements de pêche, etc.), de la même manière qu’elles avaient participé aux projets de développement de Yadfon auparavant.\n\nFormation des agents de l’administration pour l’adoption des orphelins du tsunami.\n\nLe CPCR (Centre for Protection of Children’s Rights) a contacté d’autres ONG et organisations gouvernementales afin de rechercher des solutions durables pour les quelque 1 200 enfants rendus orphelins par le tsunami, et accueillis jusqu’à présent dans des structures de l’Etat. L’ONG souhaite lancer un programme pilote avec 20 enfants pour identifier, agréer et former des familles d’accueil, et envisage de former des agents du Ministère du Développement Social pour qu’ils généralisent ensuite ce protocole (inédit en Thaïlande) par eux-mêmes."}
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Je\nconfirme mon plein accord sur chacune de ces thématiques et m'engage à les\nsoutenir et les défendre au sein du Parlement européen si je suis réélu le 25 mai.\"\n\n\nLutter contre l’opacité financière et l’évasion fiscale des entreprises multinationales\n\n\nEn matière de lutte contre la fraude et l’évasion fiscale, l’Union européenne dispose de nombreux outils législatifs pour faire adopter des mesures plus ambitieuses. En 2013, l’Union européenne a franchi une étape décisive en adoptant une mesure de transparence comptable pays par pays pour les banques (Directive CRD IV), dans le sillage de la France. Lors du Conseil du 22 mai 2013, les chefs d’Etats européens se sont déclarés favorables à une extension du reporting comptable pays par pays aux autres secteurs d’activité. Cependant, cette extension aux autres secteurs d’activité rencontre encore une opposition de certains grands pays européens malgré l’appui de la présidence lituanienne et le soutien du commissaire Barnier.\n\n\n1ère proposition\nExiger la transparence comptable pays par pays de la part de toutes les entreprises multinationales, tous secteurs d’activités confondus (liste des entités, effectifs, chiffre d’affaires, impôts sur les sociétés et subventions reçues) et la publication de ces informations.\n\n\n\n2ème proposition\nHarmoniser les règles fiscales européennes et internationales via l’adoption de mesures contraignantes relatives à la consolidation des assiettes fiscales pour l’impôt sur les sociétés afin de mieux répartir le droit de taxer entre les pays selon des critères objectifs (effectifs, chiffre d’affaires, etc.). Une telle harmonisation permettrait de réconcilier la distribution de l’impôt avec la géographie de l’activité réelle des entreprises.\n\n\n\nRendre les multinationales européennes responsables de leurs impacts sociaux et environnementaux dans les pays du Sud\n\n\nL’Union européenne a été pionnière dans la définition de la Responsabilité sociale des entreprises. En octobre 2011, avec sa Communication RSE, la Commission renonce à la notion de « volontarisme » au profit d’une approche législative contraignante. La mention du champ d’application de la RSE, notamment de son extension aux préoccupations liées aux droits de l’Homme, ainsi que l’obligation de prévenir les effets négatifs constitue la vraie nouveauté de cette définition.\n\n\n3ème proposition\nS’assurer que les Etats lèvent les obstacles dans l’accès à la justice pour les victimes d’entreprises multinationales européennes opérant dans les pays tiers. \nDans la suite de la consultation sur « l’avenir du droit européen des sociétés » lancé en 2012 par la Commission européenne, le Parlement doit œuvrer pour la reconnaissance d’un lien juridique entre les sociétés-mères et leurs filiales et les entreprises donneuses d’ordre et leurs sous-traitants.\n\n\n4ème proposition\nRéviser la politique commerciale, pour mieux prendre en compte la dimension sociale, environnementale et sociétale en instaurant des mécanismes de vérification et de contrôle contraignants pouvant rendre effectif le Système de Préférence Généralisé +, comme les suggèrent les deux résolutions du Parlement européen portant sur ce sujet : « Droits de l’Homme et normes sociales et environnementales dans les accords commerciaux internationaux » et « La responsabilité sociale des entreprises dans les accords de libre échange ».\n\n\nExiger l’exemplarité de l’Union européenne dans ses investissements portés au nom de la sécurité alimentaire\n\n\nLa Banque européenne d’Investissement (BEI) qui intervient au nom du développement en soutien aux investissements dans les pays du Sud, s’appuie de plus en plus sur les mêmes mécanismes de financement que le secteur privé, avec les mêmes travers en termes d’opacité, et sans poser d’exigences suffisantes pour s’assurer de leur contribution réelle au développement. Suite aux interpellations de la société civile sur les impacts de certains projets, la banque s’est engagée à renforcer ses contrôles et accroître sa transparence ; L’Union européenne s’est engagée dans le soutien à la mise en œuvre des directives volontaires sur la gouvernance foncière. Elle pourrait aller plus loin en introduisant les recommandations spécifiques de ce document dans ses cadres d’intervention et d’évaluation de ses projets, quel qu’en soit le secteur (agricole, infrastructure, énergie,…).\n\n\n\n5ème proposition\nExiger l’exemplarité des agences de financement du développement :\n\npar l’adoption de pratiques exemplaires dans le cadre de la politique de coopération pour le développement : la Banque européenne d’Investissement doit exiger de la part de l’ensemble des entreprises qu’elle soutient, la transparence comptable pays par pays, la publication des contrats et des accords de ruling (accord préalable passé avec les administrations fiscales), et l’identification des bénéficiaires effectifs.de même, des procédures régulières entre la BEI et le Parlement doivent être mises en place afin d’assurer l’intégration des avancées internationales (en matière de RSE, de fiscalité, de lutte contre les accaparements de terres,…) au cadre de maîtrise des risques de la Banque.\n\n\n6ème proposition\nVeiller à la cohérence des actions de développement de l’UE avec ses engagements internationaux, en matière de lutte contre l’insécurité alimentaire par l’interpellation de l’Union européenne sur sa participation à la Nouvelle Alliance pour la sécurité alimentaire et la nutrition du G8. Les parlementaires doivent interpeller la Commission sur son engagement au sein de cette initiative et demander un reporting régulier afin d’effectuer un suivi des projets réalisés, de leurs impacts et d’y conditionner les financements et la participation européenne.\n\n\n\nRompre le lien entre l’exploitation des ressources naturelles et les conflits\n\n\nLa Commission européenne a publié le 5 mars dernier un projet de règlement sur l’approvisionnement responsable en minerais provenant des zones de conflit ou à haut risque. Dans ce projet, la Commission n’impose aucune obligation aux entreprises et se fonde uniquement sur une démarche volontaire de leur part, ce qui est loin d’être suffisant pour mettre fin à la commercialisation sur le marché européen de minerais ayant financé des groupes armés. Le projet de règlement de la Commission demeure ainsi très en deçà des normes internationales proposées par l’ONU et l’OCDE, et va également à l’encontre du « rapport sur la promotion du développement par des pratiques responsables dans les affaires, notamment en ce qui concerne le rôle des industries extractives dans les pays en développement » adopté le 26 février 2014 par le Parlement européen.\n\n\n7ème proposition\nCréer une obligation légale contraignante pour les acteurs économiques afin qu’ils exercent un devoir de diligence sur leurs chaînes d’approvisionnement pour identifier et prévenir les risques de financement des conflits et des violations des droits humains. Seule une législation contraignante peut efficacement rompre le lien entre l’exploitation des ressources naturelles et les conflits.\n\n\n8ème proposition \nEtendre la portée du règlement. D’une part, il convient de l’appliquer à tous les maillons de la chaîne d’approvisionnement, et non pas uniquement aux importateurs. D’autre part, son champ d’application doit être élargi à l’ensemble des ressources naturelles, sans exception.\n\n\nConstruire une gouvernance alternative des migrations, respectueuse des droits des migrants\n\n\nLes migrations internationales connaissent depuis quelques années de fortes mutations. Le phénomène de la mondialisation, propre à nos sociétés contemporaines, n’est pas seulement un processus socio-économique, mais reflète également « une humanité de plus en plus interconnectée », dépassant les frontières géographiques et culturelles. Les Etats européens doivent aujourd’hui accepter le fait que la question des migrations se traite à un niveau de moins en moins national et de plus en plus régional et international. Les Etats européens doivent être moteurs dans la construction d’une gouvernance alternative des migrations, respectueuse des droits des migrants et ratifier les outils qui existent comme la Convention des Nations unies pour la protection des droits des travailleurs migrants et des membres de leur famille, entrée en vigueur en juillet 2003.\n\n9ème proposition\nSe mobiliser et faire pression sur les Etats membres pour qu’ils ratifient la Convention des Nations unies pour la Protection des droits des travailleurs migrants et des membres de leur famille, instrument juridique mondial majeur. La ratification de cette Convention répondra ainsi à une triple nécessité, contribuant à la construction d’une gouvernance régionale, mondiale et multilatérale des questions de migrations :\n\n\n\nla construction d’une gouvernance fondée sur des instruments politiques et juridiques communs à l’échelle internationale ;la création d’espaces de concertation et de décision multilatérale, à l’échelle régionale et internationale ;l’ouverture de ces espaces aux acteurs de la société civile internationale. \n\n\n10ème proposition\nAppliquer de manière effective cette Convention et s’engager à soumettre le rapport d’application devant le Comité des Nations unies pour la Protection des droits des travailleurs migrants et des membres de leur famille tous les 4 ans."}
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Pas question de travailler dans un bureau. Sur une table installée sous les arbres, des papiers et des livres étalés. Café, douceurs. On bronze un peu mais on bosse. Les âpres débats portent sur un sujet ardu: les paradis fiscaux et judiciaires. Car, pour faire passer un message percutant sur ce thème, des arguments solides et irréfutables sont indispensables.\n\nComme chaque année, les étudiants en licence professionnelle Ingénierie de projets de solidarité internationale à l'université Bordeaux III doivent travailler sur une opération concrète afin de valider leur cursus. Six d'entre eux ont choisi cette année le sujet proposé par Laurent Colas, animateur-formateur du CCFD-Terre Solidaire, s'inscrivant dans la campagne nationale de l'association: Aidons l'argent à quitter les paradis fiscaux[[ La campagne du CCFD-Terre Solidaire « Aidons l’argent à quitter les paradis fiscaux »,lancée en janvier 2010 se poursuivra jusqu’à la fin de la présidence française au G20.]]. Un sujet délicat et plutôt complexe. Tout le monde en a entendu parler mais personne ne sait vraiment de quoi il s'agit. Loin de leur déplaire, l'idée les emballés.\n\n«Nous sommes convaincus que les paradis fiscaux empêchent une bonne répartition des richesses, donc un développement équitable entre le Nord et le Sud. Avoir accès à des informations sur un tel sujet est une opportunité grandiose», régait la Libanaise Lara Kelani. «Ce projet est plus militant et plus engagé qu'une simple action de solidarité, commente pour sa part Luiza Tovar. Nous pensons qu'il faut agir sur les structures pour que s'opèrent de véritables changements dans le monde.»\n\nDes engagements multiples\n\nIls ont entre vingt et trente-cinq ans et plein d’idées, de délires, de désirs. Leur cursus est en outre jalonné de multiples engagements. Magali Mallet, la plus âgée, commerciale dans une grande industrie de chaussures, qui a repris les rênes du club de handball de Montluçon, est très branchée « réfugiés climatiques ».\n\nLison Bordier, la plus jeune, vient d’un DUT Carrières sociales et urbanisme et a déjà fait le tour du Népal « pour me retrouver sur des questions de vision du bonheur ». Luiza vient de Colombie. David-Pierre Giudicelli, quant à lui, détient un BTS Gestion de l’eau. Il est parti en coopération au Yémen, a créé une Amap[[Association pour le maintien d’une agriculture paysanne.]] en France et s’est penché sur la notion d’empreinte écologique.\n\nChoisir de poursuivre ou de reprendre des études dans cette licence est une manière de se diriger vers un projet qui donne sens à leur vie. Car pour eux, la mondialisation est une évidence. « On ne peut vivre les uns sans les autres aujourd’hui. Les frontières existent, certes, mais je préfère un monde à échelle humaine plutôt qu’un monde des passeports », affirme Anna Trarieux qui a découvert l’altermondialisme au Togo et a vagabondé deux ans en Océanie et en Asie. « Le monde que nous voulons sera-t-il celui du capitalisme néolibéral avec les conséquences que l’on connaît maintenant ou un monde de répartition des richesses et de fraternité ? », questionne Lara, qui a été notamment à l’écoute de personnes démunies au 115. \n\nCe projet tutoré, accompagné par Laurent depuis 2003 fait partie d’une priorité toute récente du CCFD-Terre Solidaire : toucher les 18-35 ans, la génération la plus concernée par la solidarité et non représentée dans le réseau de l’association. « Les jeunes s’engagent aujourd’hui dans une cause, beaucoup plus que dans une association, analyse Jean-Baptiste Cousin, responsable Jeunes adultes. Notre but est d’aller à leur rencontre pour leur transmettre la vision du CCFD-Terre Solidaire. Ils ne souhaitent pas de responsabilité dans la structure, mais une mise en responsabilité dans leur projet. L’approche de Laurent Colas va dans ce sens. »\n\nLaurent, c’est un peu le pivot autour de qui tout gravite. « Il nous accorde beaucoup d’autonomie, affirme Lara. Cela nous place dans un statut de futur professionnel. » « En tant que garant du projet, je les suis très régulièrement, confirme-t-il. Je leur apprends la notion de solidarité, telle que nous la développons : partenariat et confiance. » Sensibiliser aux valeurs du CCFD-Terre Solidaire, c’est encore évoquer l’Église universelle. Les jeunes aujourd’hui ont souvent peu ou pas d’éducation chrétienne. Mais l’animateur les incite grandement – « une contrainte non imposée », dit-il ! – à assister aux formations de bénévoles afin de mieux comprendre le mode de fonctionnement du réseau et découvrir la richesse et la force de l’association. « Petit à petit, ils parviennent à porter un regard plus positif sur l’Église que celui, souvent caricatural, véhiculé par les médias. Ils perçoivent le lien existant entre “foi et développement”. »\n\nUne ouverture d’esprit et un désir d’action\n\nChez les jeunes, cette année, peu de curiosité sur ce dernier volet. En revanche, une grande ouverture d’esprit et un désir d’action. Recherches documentaires, rencontres avec des économistes et des autorités politiques locales, actions menées dans la rue, conférences de presse, création d’un blog ont contribué à la concrétisation de leurs objectifs.\n\nÀ l’image des chargés de plaidoyer du CCFD qui ont multiplié les rendez-vous avec des responsables politiques, les étudiants, – « un maillon de la chaîne parmi d’autres », insiste Lara – vont mener une action de plaidoyer au sein de l’université. « Nous ciblons les étudiants pour les amener à une prise de conscience. Et nous voulons faire pression sur les décideurs. Maintenant que l’université peut percevoir des financements privés[[Depuis la loi LRU (loi relative aux libertés et responsabilités des universités) de 2007.]], nous voulons les pousser à exiger de leurs partenaires financiers plus de transparence », commente Magali.\n\n« Nous souhaitons que s’instaure un groupe de travail dans une démarche participative avec les acteurs, poursuit Lison. Et qu’une réflexion sur les paradis fiscaux s’inscrive dans le tout nouvel Agenda 21[[Agenda 21 : plan d’actions pour le XXIe siècle dont l’objectif est de mettre en œuvre un développement durable sur un territoire donné (environnement, pauvreté, agriculture...).]]. » Avec l’idée de toucher les quatre universités de Bordeaux et de susciter un label Université sans paradis fiscaux, à l’instar du Conseil régional d’Ile-de-France et son label Stop aux paradis fiscaux. Un projet sur le long terme qui se poursuivra l’an prochain.\n\nÉlisabeth du Closel"}
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Comment contenir le potentiel d’embrasement ?\n\nDans un contexte mouvant où la division et le risque de conflit sont omniprésents, la question du « vivre-ensemble » est un des principaux axes que soutient le CCFD-Terre Solidaire à travers ses partenaires présents au Maghreb-Machreq. En parallèle des efforts développés pour accéder à une citoyenneté active, il nous parait nécessaire de lutter contre la fragmentation et le repli, induits par des réalités confessionnelles ou claniques mais aussi par des fractures sociales, un clivage urbain/ rural ou encore des conséquences de conflits plus anciens. 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Au risque de détruire le tissu social au lieu de le renforcer.\n\n\n\n\n\nUn an après le tsunami\nL'impact de l'aide international à Aceh\n\nParis, 10 décembre 2005\n\nUn an après le passage du tsunami qui a ravagé la province d’Aceh, où en est-on du processus de réhabilitation mis en place au lendemain de cette catastrophe ?\nPour que le processus de réhabilitation soit vraiment effectif, il faudrait que les différents acteurs de cette réhabilitation, les Ong, locales ou internationales, les agences gouvernementales et même l’Onu changent de paradigme et considèrent ceux qui ont survécu à ce terrible événement non pas comme des victimes, mais comme des survivants.\nLes victimes sont ceux qui ont disparu, pas ceux qui restent. La nuance est très importante. Car si nous les considérons en effet comme des « victimes », ce terme introduit une notion de passivité, de faiblesse, d’incapacité des personnes concernées à se sortir d’une situation particulière. Et dans ce cas, le plus souvent, on se contente de faire ce qui s’apparente un peu à de la « livraison rapide à domicile ». On distribue de la nourriture, des couverture, voire de l’argent, et on essaye de permettre aux populations touchées de retrouver le confort qui était le leur avant la catastrophe.\nC’est une approche que je qualifierais de caritative et matérielle dont les conséquences peuvent être désastreuses. Elle entraîne tout d’abord une certaine dépendance, mais, surtout, elle peut détruire ce que j’appellerai le capital social de ces communautés. C’est-à-dire leur culture et leurs traditions, l’esprit de solidarité qui régnait à l’intérieur de ces groupes et, pour finir, leur dignité. C’est la préservation de ce capital social qui devrait être placé au cœur de tout processus de réhabilitation.\n\nEn se focalisant sur le matériel, les différentes Ong et autres associations auraient-elles oubliées de s’occuper de l’individu ?\n\nIl faudrait peut-être se pencher sur la question de la véritable signification de ce que l’on appelle développement. Qu’est-ce que cela veut dire pour nous, mais aussi, et surtout, pour les gens? Est-ce que le développement se résume à la construction de routes et de maisons ou bien est-ce que cela veut dire aider les populations à retrouver leur dignité et promouvoir leurs capacités à se prendre en charge par elles-mêmes ? Même les Ong ne sont toujours pas d’accord là-dessus.\nPourtant, une chose est sûre, c’est l’être humain et non le matériel qui doit être au centre de ce processus. Mais dans un monde où tout est aujourd’hui mesuré, quantifié, évalué en termes de rentabilité, les Ong elles-mêmes se retrouvent prises au piège.\n\nQuitte à se comporter parfois comme de nouveaux colonisateurs ?\nLorsque nous avons commémoré en avril dernier le cinquantième anniversaire de la Conférence Afrique-Asie de Bandung qui a donné naissance au Mouvement des non alignés, les différentes Ong présentes sont tombées d’accord un point : la colonisation a changé de visage. Nous ne sommes plus aujourd’hui dans un système de colonisation politique ou territoriale, mais plutôt dans un impérialisme de type économique et culturel auquel participent parfois sans le vouloir les Ong.\nDans les régions ravagées par le  tsunami, cela s’est traduit de la manière suivante : lorsque l’armada des Ong est arrivée sur le terrain, chacune d’entre elles a immédiatement voulu planter de grandes pancartes à chaque coin de rue pour indiquer sa localisation, certaines n’ont pas hésité à hisser leur drapeau ; des camions, des jeeps, des 4X4 flambants neufs ont débarqué d’on ne sait où ; de plus, chaque organisation avait établi un programme particulier, sans s’être concerté au préalable avec les autres Ong. Cela a créé un véritable choc culturel pour des populations locales déjà très éprouvées par le tsunami. Et ce choc culturel est, pour moi, beaucoup plus inquiétant que le tsunami lui-même car il est en train de pourrir toute une génération dont les nouvelles références s’appellent désormais téléphones mobiles, motocyclettes, télévisions couleur et autres biens de consommation.\nLa communauté a éclaté. Certains se battent entre eux pour avoir accès aux programmes, d’autres se mettent à haïr les étrangers et les derniers voient dans cette débauche d’argent et de moyens une belle opportunité à saisir. Bref, comme le disent les gens dans les villages : on nous a donné un buffle, mais la corde pour le tenir nous coûte plus cher que le buffle lui-même.\n\nPropos recueillis par Patrick Chesnet\n\nTimotius Apriyanto est secrétaire général du Forum interconfessionnel de Jogjakarta (FPUB) FPUB contribue à la réhabilitation d'un réseau d'écoles (les Dayahs) où l'enseignement religieux (islamique) promeut un islam tolérant. Il y organise des discussions pour promouvoir la paix à destination des enfants déplacés, dans un contexte particulièrement tendu."}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/peut-on-parler-de-progres-dans-la-nouvelle-alliance/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/peut-on-parler-de-progres-dans-la-nouvelle-alliance/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Peut-on parler de progrès dans la nouvelle Alliance ?","datePublished":"2014-09-22T14:55:19+00:00","dateModified":"2024-09-25T15:29:25+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/peut-on-parler-de-progres-dans-la-nouvelle-alliance/"},"wordCount":1463,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Afrique subsaharienne","Agriculture","Sécurité alimentaire","Souveraineté alimentaire et agroécologie"],"inLanguage":"fr-FR","description":"Le 22 septembre 2014 - Alors que le conseil de gouvernance de la Nouvelle Alliance pour la sécurité alimentaire et la nutrition est organisé aujourd'hui à New York, les organisations de la société des pays du G8 ont décidé de se mobiliser afin de faire entendre leur opposition à cette initiative.\n\n\n\nAu total, 91 organisations, dont 10 françaises (CCFD-Terre Solidaire, Action contre la faim France, Peuples Solidaires - Action Aid France, Agronomes et vétérinaires sans frontières (AVSF), Survie, Collectif pour la défense des terres malgaches – TANY, Artisans du monde – France, Centre de Recherches et d'Appui pour les Alternatives de Developpement - Ocean Indien, Solidarité, FIAN France) interpellent les Etats du G8 sur les impacts négatifs de cette initiative.\n\nLa position internationale a été transmise dès vendredi à l’ensemble des représentants des gouvernements du G8 siégeant au conseil de gouvernance, notamment Annick Girardin dont ce sera la première participation depuis son arrivée au gouvernement.\n\nCette mobilisation se place dans la suite des actions d'ores-et-déjà engagées par le CCFD et ses alliés sur la NASAN, comme le rapport \"La Faim, un business comme un autre\" publié la semaine dernière.\n\n\nAppel des organisations de la société civile à leur Gouvernement concernant\nla Nouvelle Alliance pour la Sécurité Alimentaire et la Nutrition en Afrique\n\nMalgré les progrès que nous avons pu constater dans le cadre de la Nouvelle Alliance pour la sécurité alimentaire et la nutrition, lancée par le G8 il y a plus de deux ans, notre évaluation de ce processus demeure inchangée : la Nouvelle Alliance sape effectivement la sécurité alimentaire, la nutrition et l’évolution de la réalisation du droit à l'alimentation Afrique. Les premières recherches sur le terrain montrent un écart considérable entre le développement en tant que tel et les impacts constatés. Il n'y a aucun signe indiquant que la Nouvelle Alliance sort véritablement les populations africaines de la pauvreté [[Feed the Future, 2012 : Five Questions about the New Alliance for Food Security and Nutrition, http://feedthefuture.gov/article/five-questions-about-new-alliance-food-security-and-nutrition]], par contre l’engagement visant à promouvoir la puissance du secteur privé a visiblement bien abouti [[Cameron, David, 2012: A G8 Meeting that goes back to first principles, www.euobserver.com/opinion/118265]] . Bien que le discours de la Nouvelle Alliance se réfère au programme de développement de l'agriculture africaine (PDDAA), nous voyons clairement que les petits producteurs ont été écartés de ces processus et composants du PDDAA qui normalement devaient les avantager.\n\nLorsque la Nouvelle Alliance a été inaugurée aux Etats-Unis à Camp David en 2012, il est immédiatement devenu évident que cette initiative servait essentiellement à permettre aux sociétés privées d'influencer la politique agricole pour faire avancer leurs propres intérêts. Les gouvernements africains sont donc contraints d’adopter des réformes dans leur politique intérieure qui faciliteront les investissements de grandes entreprises au détriment de ceux qui font réellement la majeure partie des investissements, à savoir les petits producteurs eux-mêmes.\n\nCes profonds changements législatifs et politiques menacent le contrôle qu’ont les petits agriculteurs sur la terre et les semences, marginalisent les marchés locaux et entraînent la perte de la biodiversité et de la fertilité des sols, au détriment des moyens de subsistance des communautés locales. Ils ne feront qu'exacerber le climat futur et les chocs économiques pour les petits agriculteurs, au lieu de construire leur résilience pour faire face à de tels chocs. Ils sont faits sans débat national, sapant ainsi les structures démocratiques.\n\nLe niveau d’engagement et de mise en œuvre des donateurs et des entreprises est uniquement mentionné dans la synthèse du rapport d’activité 2013-14 : ce qui montre le manque de transparence de la Nouvelle Alliance et rend extrêmement difficile une réelle vue d’ensemble de cette mise en œuvre pour la société civile [[G8 New Alliance for Food Security and Nutrition, Progress Report 2013-14, http://newalliance.org/sites/default/files/resources/072814_NewAlliance_FinalC_508.pdf]].\n\nCependant, les premiers cas concrets indiquent que la Nouvelle Alliance est loin d’être un outil efficace pour aider les petits agriculteurs.\n\nPar exemple :\n\n- Au Burkina Faso, l'engagement concernant le développement et la réhabilitation des terres irriguées dans le projet relatif à la croissance du Pôle de Bagré est principalement réservé aux gros investisseurs de l'agroalimentaire ; seul 22% (2 790 ha) des terres sont disponibles pour les petits agriculteurs. Habituellement, ces agriculteurs n’ont qu’1 à 4 ha de terrain et n’ont quasi aucune chance d’obtenir plus [[Oxfam 2014, For Whose Benefit ? The G8 New Alliance for Food Security and Nutrition in Burkina Faso www.oxfam.org/en/grow/policy/whose-benefit]] \n\n- au Malawi, l'élargissement des investissements à la culture du tabac par les multinationales est présenté comme une contribution à la sécurité alimentaire, et l'engagement pour améliorer l'accès à la terre a été mis en œuvre en mettant à disponibilité 200 000 ha de terres pour l'agro-industrie [[Government of Malawi, G8 New Alliance for Food Security and Nutrition: Malawi: 2014 Annual Progress Report]] ; quant à la nécessité d'adopter le  « Tenancy Labour Bill » [[loi qui fixe un âge minimum pour l'emploi dans le secteur du tabac et prévoit des inspections fréquentes des plantations de tabac]] comme un instrument essentiel pour assurer les droits de bases aux locataires et aux travailleurs : il a été ignoré dans l'accord-cadre de coopération [[  De Schutter, Olivier, 2013: Mandate of the Special Rapporteur on the Right to Food. Mission to Malawi from 12 to 22 July2013, End of Mission Statement. http://www.srfood.org/images/stories/pdf/officialreports/20130722_Malawi_en.pdf]]. \n\n- en Tanzanie et au Mozambique, de nouvelles lois sur les semences vont être mises en place et rendront illégales à l’avenir les échanges de semences d’agriculteur à agriculteur. Des processus similaires sont en cours dans d'autres pays, comme le Ghana et le Malawi [[Voir par exemple : Tanzanian Civil Society Statement on Farmer’s Rights 22 March 2013, Tanzanian Civil Society Statement on Farmer’s Rights 22 March 2013, http://www.ip-watch.org/weblog/wp-content/uploads/2013/03/UPOV-Tanzania-CSO-Statement-1.pdf ; see also: African Center for Biosafety, 2013, Slavishly following UPOV 1991. A critique of Mozambique’s Plant Variety Protection  Law, http://www.acbio.org.za/index.php/publications/seedfood-sovereignty/459-slavishly-following-upov-1991]]. \n\nCes données confirment notre analyse : la Nouvelle Alliance ne tient pas compte des systèmes alimentaires diversifiés et durables des petits agriculteurs, qui eux offrent un potentiel réel pour la sécurité alimentaire et la nutrition en Afrique. Au contraire, elle encourage les approches nuisibles à l'environnement et à l'agriculture qui assoient le pouvoir des entreprises.\n\nNous vous invitons donc à revoir votre engagement dans la Nouvelle Alliance et à prendre les mesures suivantes :\n\n1.Stopper les modifications législatives et juridiques qui facilitent les investissements fonciers à grande échelle et qui empêchent les petits agriculteurs de conserver, échanger et vendre leurs semences ;\n\n2.Arrêter toute extension de la Nouvelle Alliance. Aucun nouveau cadre de coopération pour un nouveau pays ne devrait être lancé ;\n\n3.Examiner et réviser les projets existants et les indicateurs de modification législative avec la participation significative des populations les plus touchées ; et se retirer de ceux qui n'arrivent pas à promouvoir le droit à l'alimentation et les droits fonciers légitimes des femmes des communautés, ou qui donnent la priorité aux intérêts commerciaux au détriment des personnes vulnérables et de l'environnement ;\n\n4.Rendre publiques les lettres d'intention des sociétés participant à la Nouvelle Alliance, afin de permettre un débat public légitime sur les impacts probables et l'évaluation de la Nouvelle Alliance ;\n\n5.Soutenir les investissements des petits producteurs, tel que recommandé par le Comité sur la sécurité alimentaire mondiale, en mettant les femmes, les petits agriculteurs et les autres groupes marginalisés au centre de toute stratégie et des projets futurs pour la sécurité alimentaire et la nutrition en Afrique; faire en sorte que les études concernant les droits humains et l’impact environnemental soient effectuées de façon à assurer que les projets soient mis en œuvre sans qu’ils aient de répercussions négatives sur les droits humains et l'environnement. ;\n\n6.Favoriser l'adoption des pratiques agro-écologiques par les petits agriculteurs pour renforcer la résilience ; via la recherche participative en agro-écologie, la diffusion de connaissances entre agriculteurs sur l'agriculture écologique, et le renforcement des capacités de vulgarisation des pratiques de l'agriculture écologique afin que les agriculteurs soient bien conseillés sur les pratiques de l’agro-écologie."}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/le-developpement-comme-vocation/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/le-developpement-comme-vocation/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Le développement comme vocation","datePublished":"2010-02-10T16:22:00+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/le-developpement-comme-vocation/"},"wordCount":387,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Doctrine sociale de l'Eglise"],"inLanguage":"fr-FR","description":"Mondialisation et changements climatiques : que devient l’idée de développement ?\n\n\n\nPour Benoît XVI, reprenant en cela une réflexion amorcée par Paul VI dans Le Développement des Peuples (en 1967), le développement peut être considéré comme une vocation qui demande une vision transcendante de la personne.  Dans le dessein de Dieu, chacun de nous est appelé à grandir et à se développer.\n\nS’il y a eu des progrès dans le développement depuis 40 ans, les inégalités ont augmenté et de nombreux déséquilibres demeurent ou se sont aggravés. Surtout, la mondialisation est devenue une réalité incontournable (§ 33). Ce contexte de globalisation ne doit pas faire oublier que le développement commence par la promotion de chaque personne, premier « capital » à sauvegarder. Pour cela, l’espérance chrétienne nous pousse à une fraternité active (§ 34). Elle prend sa source dans la reconnaissance que nous formons tous une seule famille humaine (§ 53). C’est pourquoi il faut orienter la mondialisation vers plus de communion et de partage (§ 42). Le développement consiste à inclure toutes les personnes et tous les peuples dans l’unique famille humaine (§ 54) ; bref, le contraire de l’exclusion et de la solitude, une des pires formes de pauvreté (§ 53).\n\nOutre la mondialisation, l’autre grand changement depuis 40 ans, et particulièrement ces dernières années, est la prise de conscience des limites du modèle de développement basé sur l’accumulation et le gaspillage des ressources. D’où la nécessité de passer à un développement durable, pour sauvegarder la Création. Le pape développe le concept d’écologie humaine (§ 51). Défendre la vie est un engagement indivisible, allant de la nature à l’être humain (§ 51). Il s’agit de « renforcer l’alliance entre l’être humain et l’environnement » (§ 50). C’est pourquoi le pape plaide pour un véritable changement de mentalité et pour l’adoption de « nouveaux styles de vie » (§ 51).\n\n\nQuestions pour un partage\n\nSommes-nous convaincus que chaque personne est appelée à se développer ?\n\nA l’heure de la mondialisation, comment pouvons-nous traduire concrètement le fait que nous appartenons tous à la même humanité ?\n\nSommes-nous prêts à adopter de nouveaux styles de vie pour permettre un développement durable, dont pourront bénéficier les générations futures ?"}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/acces-a-la-terre-et-au-developpement-dactivites-agricoles/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/acces-a-la-terre-et-au-developpement-dactivites-agricoles/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Accès à la terre et au développement d&rsquo;activités agricoles","datePublished":"2011-06-20T00:00:00+00:00","dateModified":"2024-09-25T15:22:19+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/acces-a-la-terre-et-au-developpement-dactivites-agricoles/"},"wordCount":713,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Accaparement des terres","Agriculture","Projet"],"inLanguage":"fr-FR","description":"La question foncière reste un sujet sensible en Afrique du Sud. Dans le Hantam Karoo, région semi-aride située dans la province du Cap-Nord, l'association Surplus People Project s'emploie à accompagner les petits paysans dans leur lutte contre l'accaparement des terres.\n\n\n\nEn 1998, le gouvernement a lancé le programme LRAD (Land Redistribution for Agricultural Development) visant à enclencher un processus de redistribution des terres.\n\nL'objectif de ce programme était de réaliser le transfert de 30% des terres cultivables à la population noire d'ici 2014 mais, face à la lenteur du processus, cette date a déjà été repoussée à 2025. \n\nAujourd'hui, 50 000 fermiers blancs détiennent toujours plus de 70% des terres agricoles et seules 4% des terres ont été redistribuées.\n \nUn projet d'appui à la réforme agraire et au développement d'activités agricoles dans le Hantam Karoo\n\nDans le Hantam Karoo, région semi-aride située dans la province du Cap-Nord où la principale activité agricole est l'élevage d'ovins, la terre productive reste essentiellement aux mains de grands fermiers commerciaux. Les municipalités disposent de surfaces considérables de pâturages (appelées « commonages ») mais celles-ci restent le plus souvent louées aux fermiers blancs. \n\nBeaucoup d'habitants de cette région ont été dépossédés de leurs terres et luttent non sans mal pour conserver leurs troupeaux. L'organisation SPP, partenaire du CCFD-Terre Solidaire, les aide à s'organiser et à sécuriser leur accès à la terre. \n\nLe projet de SPP, co-financé par l'Union Européenne, a pour objectif principal de réduire la pauvreté dans le Hantam Karoo en travaillant à l'amélioration du niveau de vie des petits paysans de cette région.  \n\nSPP facilite l'accès à la terre des petits paysans et leur permet d'y développer de façon durable des activités agricoles rentables.\n\nDans cette région où 63% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté, les alternatives aux activités agricoles ou péri-agricoles sont limitées. C'est pourquoi la lutte contre la faim et contre la pauvreté doit passer par un développement rural plus équitable, une redistribution des terres et de nouvelles méthodes de production. SPP travaille avec des petits producteurs locaux regroupés dans 27 associations paysannes, composées pour moitié de femmes. \n\nAu total, 800 à 900 fermiers seront accompagnés, portant le nombre de bénéficiaires indirects à plus de 4300 personnes soit près de 9% de la population de la région. \n\nLes activités de SPP portent aussi bien sur la formation des fermiers émergents aux pratiques agro-écologiques et aux techniques agricoles qui minimisent les impacts environnementaux négatifs, que sur la diffusion d'informations relatives au processus d'accès à  la terre et aux procédures légales. \n\nLes lenteurs administratives et la réticence à la fois des autorités locales et des propriétaires fonciers rendent le travail de SPP lent et fastidieux, mais grâce à la persévérance et à la motivation de ses équipes, des résultats positifs et encourageants se multiplient.\n\nDes activités de plaidoyer efficaces \n\nA travers un processus d'éducation citoyenne et de mobilisation sociale, SPP soutient l'émergence d'organisations locales et de mouvements d'agriculteurs qui se réapproprient la terre dans une perspective durable, participant ainsi à la réforme agraire mais également à un changement social plus profond.\n\nLe renforcement des compétences des paysans en matière d'organisation, de négociation et de résolution de conflits est essentiel pour SPP, afin de leur permettre de construire collectivement des modèles d'entreprises agricoles, performants et durables. \n\nSPP publie également de nombreux documents et études sur la réforme agraire en Afrique du Sud et les modes de production durables, tel qu'un guide à destination des petits agriculteurs pour débuter une activité d'élevage et d'agriculture biologique ou encore un manuel de sensibilisation contre les OGM. \n\nSPP réalise également des campagnes de mobilisation au niveau national, comme la Campagne pour la souveraineté alimentaire et le droit à la réforme agraire qui a porté sur la scène nationale les revendications des petits agriculteurs.  \n\nPour plus d'informations, consulter le site de SPPen."}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/mgr-denis-jachiet-changeons-de-regard-sur-les-migrants/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/mgr-denis-jachiet-changeons-de-regard-sur-les-migrants/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Mgr Denis Jachiet : Changeons de regard sur les migrants","datePublished":"2018-05-17T17:49:35+00:00","dateModified":"2024-09-25T15:40:17+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/mgr-denis-jachiet-changeons-de-regard-sur-les-migrants/"},"wordCount":1066,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Droits humains","Migrations"],"inLanguage":"fr-FR","description":"Dans un appel lancé le 10 janvier 2018, quatre jours avant la 104e journée mondiale du migrant et du réfugié, l’Église de France propose quatre pistes concrètes pour mieux accueillir les migrants. Décryptage avec Mgr Denis Jachiet, évêque auxiliaire du diocèse de Paris et membre de la Commission épiscopale pour les migrants.\n\n\n\nEn septembre 2015, le pape François appelait à ce que « chaque paroisse, chaque communauté religieuse, chaque monastère d’Europe accueille une famille de réfugiés ». Deux ans et demi plus tard, l’Église appelle-t-elle à accueillir tous les migrants ?\n\nMgr Jachiet : Le message du pape n’était pas de demander l’abolition des frontières et que tout le monde puisse entrer librement en France. Son message appelait la communauté chrétienne à un effort pour accueillir une personne ou une famille et l’accompagner, l’intégrer... En 2018, ce message doit toujours être précisé, réexpliqué, réinterprété car le contexte a changé. Nous ne sommes plus en 2015, lorsqu’il y avait une promesse d’arrivée massive de personnes affluant d’Irak et de Syrie, en raison des méfaits de Daech. Finalement, tous ceux que l’on attendait ne sont pas arrivés en France. Mais ce sont d’autres personnes que l’on voit affluer. Et j’ajoute que la France accueille relativement peu de migrants si l’on compare avec l’Italie, la Grèce, l’Allemagne ou la Suède, alors qu’elle a une grande capacité d’accueil et d’intégration ! \nMais cet appel a bien été entendu puisque beaucoup de paroisses se sont engagées à accueillir des migrants. De plus, actuellement, nous sommes dans un programme, conclu avec le gouvernement, de couloir humanitaire dans lequel nous recevons tous les mois des nouvelles familles accueillies, suivies et intégrées grâce aux réseaux des chrétiens [[Le 14 mars 2017 : signature d'un accord pour l'ouverture d'un « couloir humanitaire » permettant d'accueillir en France des réfugiés syriens. L'accord associe le gouvernement à la Conférence des évêques de France, à deux associations catholiques (Communauté de Sant'Edigio et Caritas) et à deux protestantes (Fédération protestante de France et Fédération de l'entraide protestante).]].\n\n\n« La France accueille relativement peu de migrants si l’on compare avec l’Italie, la Grèce, l’Allemagne ou la Suède, alors qu’elle a une grande capacité d’accueil et d’intégration ! »\n \nA lire : L’accueil des migrants en Archèche, une région rebelle et fraternelle \n\nDans votre appel du 10 janvier dernier, aux côtés de Mgrs Pontier et Colomb, vous proposez quatre pistes d’amélioration pour un meilleur accueil des migrants en France...\n\n\nElles reposent sur les quatre verbes utilisés par le pape François : « accueillir, protéger, promouvoir et intégrer ». Dans un message adressé aussi bien aux gouvernants qu’à la société civile, nous avons voulu proposer des actions concrètes. Pour mieux « accueillir » et limiter le nombre de personnes en situation irrégulière ou d’attente, nous demandons à ce que les voies d’accès légales soient élargies pour demander l’asile, notamment en octroyant plus de visas humanitaires. Pour mieux « protéger», nous voulons alerter sur la situation des mineurs isolés non accompagnés. La Convention internationale des droits de l’enfant nous donne l’obligation de leur fournir abri, protection, mais la réalité montre que l’on est loin d’y répondre. Un certain nombre d’entre eux ne sont pris en charge ni par les départements, au motif qu’ils ne sont probablement pas mineurs, ni par l’État, au motif que cette prise en charge ne dépend pas de lui. Or, il y a urgence à protéger ces jeunes, dont beaucoup ont subi des sévices notamment en Libye. Ils ont besoin d’un lieu pour se reconstituer et retrouver une situation stable. Tout le monde peut comprendre les conséquences dramatiques que peut avoir une telle vulnérabilité.\nPour mieux « promouvoir », nous demandons aux responsables politiques d’accorder un permis temporaire de travail dès les premiers mois qui suivent la demande d’asile. Le travail permet de se réaliser pour pouvoir vivre décemment.\n\n\nLa dernière action « intégrer » passe-t-elle par un changement de regards ?\n\n\nIl s’agit d’arrêter de considérer les personnes en migration comme des fauteurs de trouble, des personnes dont on se méfie. Beaucoup de gens sont habités par toutes formes de peurs, pas toujours formulées précisément, pas toujours très rationnelles mais très présentes.  Ainsi, la peur, d’une arrivée massive d’étrangers n’est pas corroborée par des chiffres. Sans parler de la peur de l’islam et du terrorisme. Il est donc urgent de poser un nouveau regard sur ces personnes. C’est un message que nous adressons à tous les habitants du pays, chrétiens ou non.\n\n« La rencontre : c’est ce qu’il y a de plus efficace pour un meilleur accueil des migrants aujourd’hui en France. »\n\nA lire : Migrants mineurs : dépasser ses peurs pour accueillir \n\n\nQue faire de manière très concrète, pour changer ce regard ?\n\nDéjà par le biais d’outils de communication : le Service national de la Pastorale des migrants produit des témoignages, des vidéos que les paroisses peuvent relayer, pour apporter un autre regard que celui véhiculé par beaucoup de médias grand public. Mais surtout, je pense qu’on devrait offrir la possibilité à toutes les communautés chrétiennes de rencontrer des personnes en situation de migration. Le regard est tout à fait différent lorsqu’on a entendu le témoignage de ces personnes, lorsqu’on a partagé un repas avec elles, lorsqu’on est allés ensemble voir un spectacle ou un match de foot, en échangeant quelques mots de français... Le regard change et s’élargit. La rencontre : c’est ce qu’il y a de plus efficace pour un meilleur accueil des migrants aujourd’hui en France.\n\nPropos recueillis par Clémentine Méténier\n\n\n\nFaim et Développement est disponible sur abonnement payant. Nous vous avons offert cet article pour découvrir les contenus de notre magazine."}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/un-appel-de-leaders-catholiques-europeens-sur-la-taxe-sur-les-transactions-financieres-ttf/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/un-appel-de-leaders-catholiques-europeens-sur-la-taxe-sur-les-transactions-financieres-ttf/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Un appel de leaders catholiques européens sur la taxe sur les transactions financières (TTF)","datePublished":"2014-05-13T14:08:55+00:00","dateModified":"2021-12-08T11:34:10+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/un-appel-de-leaders-catholiques-europeens-sur-la-taxe-sur-les-transactions-financieres-ttf/"},"wordCount":651,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Justice économique","Taxes sur les transactions financières"],"inLanguage":"fr-FR","description":"Nous tenons à joindre nos voix à celles des citoyens et des mouvements à travers l'Union européenne vous demandant d'effectuer les bons choix en ce qui concerne la conception de la taxe européenne sur les transactions financières qui sera lancée le 1er janvier 2016 ainsi que sur l'utilisation de ses revenus.\n\n\n\nLes dirigeants des pays participant à l’initiative de coopération renforcée ont accompli un premier pas décisif pour la mise en œuvre d'une taxe sur les transactions financières (TTF). Mais dans la dernière ligne droite menant à son adoption, nous sommes préoccupés par la diminution du soutien à une taxe généralisée suite à l'offensive menée par le lobby financier contre la TTF et par l'annonce d’un projet moins ambitieux. L'un des principaux objectifs de la taxe qui est de réduire la spéculation à haut risque ne sera pas atteint si, comme annoncé, la plus grande partie de l'assiette de l'impôt est constituée dans une première phase par les actions. Ceux qui en dépendent pour leur régime de retraite risquent d'être les plus touchés.\n\n\nNous croyons que la liberté du marché est liée par le principe de la justice et le respect du commandement, \"Tu aimeras ton prochain\". L'Union européenne, ses Etats membres et institutions, doivent poursuivre des politiques visant la stabilité, sans hypothéquer le bien-être des générations futures. Ces politiques ne doivent pas se faire au détriment des plus pauvres et ignorer les exigences de la justice sociale. Elles doivent garder à l'esprit la responsabilité des banques et autres institutions financières dans la crise financière que beaucoup de nos frères et sœurs continuent d'endurer.\n\n\nUne taxe avec une assiette large, portant sur les actions, les obligations, les produits dérivés et le trading à haute fréquence hautement spéculatif, permettrait de réduire le volume de la spéculation financière tout en générant un montant estimé par la Commission européenne à 34 milliards d'euros. Ces revenus pourraient fournir une marge budgétaire importante pour honorer et renforcer vos engagements existants en faveur du développement et du financement de la lutte contre les changements climatiques.\n\n\n\" L'argent doit servir et non pas gouverner \" comme nous le rappelle sa Sainteté, le Pape François dans son Exhortation apostolique, Evangelii Gaudium (# 57-58). Une taxe sur les transactions financières constitue un instrument très puissant pour contribuer à une plus grande justice sociale par la redistribution. Il ne tient qu’à vous, décideurs européens, de mettre en œuvre pleinement ce potentiel lorsque vous déciderez de l’assiette de l'impôt et de l'utilisation des revenus qui seront générés. Nous vous exhortons à faire le bon choix. Ne cédez pas à la pression de ceux qui ont un intérêt à affaiblir cette TTF.\n\n\nNous vous demandons de reconsidérer votre décision de ne taxer que les actions et certains produits dérivés. Par ailleurs, nous attendons de votre part une déclaration claire, précisant que les revenus seront consacrés à éradiquer la pauvreté et à lutter contre les changements climatiques.\n\nSignatures :\n\n Johannes Kreidler, Evêque Auxiliaire de Rottenburg-Stuttgart, Allemagne (MISEREOR: www.misereor.de) Ludwig Schwarz SDB, Evêque de Linz, Autriche (KOO: www.koo.at) Luc Van Looy, Evêque de Gand, Belgique (Broederlijk Delen: www.broederlijkdelen.be) Jacques Blaquart, Evêque d’Orléans, France (CCFD-Terre solidaire: www.ccfd-terresolidaire.org) Stanislas Lalanne, Evêque de Pontoise, France (CIDSE: www.cidse.org) Francesco Montenegro, Evêque d'Agrigento, Italie (FOCSIV-VnM: www.focsiv.it) Jorge Ferreira da Costa Ortiga, Archevêque de Braga, Portugal (FEC: www.fecongd.net)"}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/edito-de-faim-et-developpement-sur-la-solidarite/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/edito-de-faim-et-developpement-sur-la-solidarite/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Edito de Faim et Développement sur la solidarité","datePublished":"2015-06-11T17:30:53+00:00","dateModified":"2021-12-08T13:36:13+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/edito-de-faim-et-developpement-sur-la-solidarite/"},"wordCount":685,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Migrations"],"inLanguage":"fr-FR","description":"Comme vous, je suis scandalisé par ces milliers de migrants et réfugiés morts en mer Méditerranée, devenue un vrai cimetière. Depuis le début de l’année, près de 2 000 personnes s’y sont noyées. Les tergiversations de l’Union européenne et des pays membres, sous prétexte d’un éventuel appel d’air, sont intolérables et irrecevables. Quand un homme, une femme, un enfant se noie, on se doit d’abord de le sauver, de lui donner des couvertures et de quoi manger. Après seulement, on organise la gestion de ces arrivées. \n\nIl nous faut « réveiller nos consciences pour que ce qui est arrivé ne se répète pas », suppliait le pape François à Lampedusa le 8 juillet 2013. Avec le collectif Des Ponts pas des murs, auquel participe le CCFD-Terre Solidaire, nous avons demandé au président de la République de faire en sorte qu’une véritable opération de sauvetage en mer et qu’un mécanisme d’accueil sur la base de la solidarité entre États membres de l’UE se mettent en place. Il semble que la Commission européenne veuille avancer dans ce sens[[ Lors du Conseil européen prévu, le 25 et 26 juin, les États devront se prononcer, après consultation du Parlement européen, sur l’ensemble des propositions de la Commission européenne (voir page 12). Ce vote se fera à la majorité.]]. \n\nLe CCFD-Terre Solidaire, avec d’autres ONGs, porte des propositions concrètes pour la politique migratoire de la France. Dans nos rencontres avec les pouvoirs publics, nous rappelons que le droit d’asile est un droit fondamental et, qu’à ce titre, l’accueil de réfugiés ne peut pas se discuter. Ces hommes, ces femmes, ces enfants risquent leur vie en Syrie, en Irak, en Érythrée, en Somalie. Ils fuient la guerre et la répression. \n\nL’an dernier, la France n’a accueilli que 14 512 réfugiés [[Selon les chiffres de l’Ofpra : statut de réfugiés et protection subsidiaire.]]. C’est très peu pour la patrie des Droits de l’Homme et bien moins que l’Allemagne ou la Suède. Et la réforme du droit d’asile en cours peut faire craindre de nouvelles restrictions. \n\nUne fois encore, ce sont les pays du Sud qui se montrent les plus solidaires. La Jordanie accueille un million de réfugiés syriens, le Liban aussi, soit un quart de sa population ! \n\nHeureusement, en France, des associations comme le Service jésuite des réfugiés ou Revivre, et des familles, accompagnent au quotidien des réfugiés. Ils sont les témoins d’un peuple français qui sait rester solidaire. Nous leur donnons la parole dans ce numéro. \n\nSans solidarité pas d’humanité ! Hier, aussi, cette solidarité était à l’œuvre dans des combats différents. Mgr Oscar Romero, a été béatiﬁé le 23 mai dernier à San Salvador en présence de 300 000 ﬁ dèles. Alors que la répression et les violences politiques sévissaient au Salvador, il a pris la défense des plus pauvres, en particulier des paysans sans terre. Il n’a pas hésité à interpeller vigoureusement les autorités et l’armée. Il l’a payé de sa vie, assassiné par un « escadron de la mort », alors qu’il célébrait l’Eucharistie dans une chapelle. « Une Église qui ne s’unit pas aux pauvres, et à partir d’eux, ne dénonce pas les injustices commises contre eux, n’est pas la véritable Église de Jésus-Christ », disait-il. \n\nComme Mgr Romero, sachons garder notre capacité d’indignation devant les injustices et particulièrement devant ce scandale des migrants en Méditerranée. Appuyons les associations qui, comme le CCFD-Terre Solidaire, n’hésitent pas à interpeller les autorités pour leur rappeler leur devoir de solidarité et à leur faire des propositions concrètes. Chacune et chacun peut participer, à sa mesure, à la construction d’un monde plus juste et plus humain."}
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La Tunisie ne s'était pas encore relevée de son Tsunami politique et social, que la Libye voisine est entrée dans une rébellion armée que personne ne prévoyait. Et comme il y a des millions (on parle de trois millions) d'étrangers qui travaillent dans tous les domaines en Libye, on a assisté à un exode de masse vers la Tunisie et l'Égypte.\n\nEntre 250 000 et 300 000 personnes ont passé la frontière tuniso-libyenne. Elles étaient de toutes les nationalités : Égyptiens, Tunisiens, Africains subsahariens, Bengali, Pakistanais, Érythréens, Somaliens, Chinois, Indiens. Les pays les moins pauvres ont pu effectuer le rapatriement de leurs citoyens, d'autres attendent depuis trois mois, surtout les Nigérians, les Somaliens et les Érythréens. &#8232;Nous avons assisté à des scènes formidables de solidarité et d'accueil. Au début, l'accueil était spontané. Les habitants des villages près de la frontière portaient de quoi manger et boire. Ensuite, les ONG ont rejoint le mouvement, dont la Caritas Tunisie, France, Canada, Liban. La Croix rouge et le Croissant rouge tunisien, qatari et émirati se sont joints et on a fini par avoir des tentes pour tout le monde et la frontière tuniso-libyenne est devenue un lieu de passage pour ceux qui rentrent dans leurs pays et un lieu de résidence pour ceux qui attendent que la tempête passe pour revenir travailler en Libye, comme avant.\n\nL'Église de Tunisie a envoyé dès les premiers jours un prêtre et trois religieuses pour aider les réfugiés. Il arrivait que les sœurs préparaient, avec d'autres volontaires, des repas pour 10 000 personnes chaque jour. Nous avons un prêtre nigérian dans le diocèse, et il visite régulièrement les camps ; il a même célébré la messe de Pâques dans une grande tente que les Érythréens avaient transformée en chapelle. Plus de 150 personnes ont assisté à la messe. Caritas Tunisie a présenté un projet d'urgence à la Caritas Italie et à la CEI. Des subsides sont arrivés et cela nous permet d'assurer les dépenses nécessaires au prêtre et aux religieuses.\n\nReste la grande question : combien de temps cela va durer ? La situation militaire en Libye s'enlise, la confrontation militaire entre les rebelles et les phalanges de Kadhafi continuent, les bombardements de l'OTAN n'arrivent pas à trancher. On vit dans l'incertitude la plus absolue. La situation actuelle à la frontière, d'après les religieuses présentes sur place, se présente comme suit : : entre 4000-5000 réfugiés africains ou asiatiques attendent des jours meilleurs pour retourner, soit dans leurs pays respectifs soit en Libye. Mais il y a aussi des milliers de libyens qui ont fui la guerre. Ces libyens sont de trois catégories : des gens aisés qui ont passé la frontière et ont rejoint l'Europe via l'aéroport de Djerba ; la deuxième catégorie constituée de libyens ayant des parents dans le sud tunisien qui les ont accueillis dans leurs maisons, et la troisième catégorie (on parle déjà de 50 000) sont logés dans les camps, ou hébergés dans des maisons que les habitants de la ville de Tataouine leur ont offertes gratuitement, ou dans des tentes. Le ministère de l'éducation nationale a donné des consignes aux écoles du sud tunisien pour intégrer les enfants libyens dans les écoles des divers gouvernorats.\n\nTout ceci s'est passé alors que des milliers de tunisiens sont arrivés à Lampedusa, avec toutes les problématiques que cela a causées. Je ne parle pas de la dimension juridique ou politique de ce phénomène, ce n'est pas de ma compétence. Mais je parle de la dimension humaine. Ce sont des jeunes au chômage (19% de chômage avant la révolution). Le tourisme occupait 450 000 jeunes qui se sont retrouvés du jour au lendemain sans travail, le contrôle des frontières s'était affaibli à cause de la situation politique et sécuritaire dans les grandes villes.\n\nJ'essaie de me mettre dans la mentalité d'un tunisien : 20 000 tunisiens sont arrivés dans une Europe, en crise peut être, mais riche tout de même, et ils sont mal reçus, alors que plus de 200 000 (dix fois plus) d'étrangers sont arrivés dans une Tunisie, pas aussi riche que l'Europe, mais surtout qui sort d'une grave crise politique, et les Tunisiens les ont reçus les bras ouverts,  leurs ont ouvert leurs maisons, leurs écoles, et ont partagé avec eux leur pain quotidien.\n\nVu de la rive sud de la Méditerranée, où l'hospitalité est à la fois une valeur et un devoir, c'est incompréhensible... tout simplement.\"\n\nMgr Lahham, archevêque de Tunis"}
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L’équipe de l’ARK se dit principalement préoccupée par la situation des paysans qui ont du mal à écouler leur production agricole en raison de l’absence de liquidité consécutive à la fermeture des banques d’une part et en raison du blocage des axes routiers, d’autre part. Ce blocage empêche, en effet, l’acheminement du riz, du maïs vers le sud (vers Abidjan en particulier). Les paysans vendent à perte et risquent de se trouver pour les prochaines campagnes en rupture de semences. C’est une « bombe à retardement » selon le directeur de l’ARK. L’équipe s’inquiète aussi de la pénurie de médicaments à venir, de la difficulté croissante d’accéder aux soins ; elle déplore les coupures d’électricité dont la zone a eu à souffrir ou encore le fait que les écoles publiques de la zone sont fermées depuis le mois de décembre et que beaucoup d’enfants se retrouvent dans la rue. L’association continue de mener ses activités tant bien que mal malgré les difficultés provoquées par le manque de fonds (du à la fermeture des banques). Elle travaille en priorité sur les programmes de nutrition. Elle n’a pas eu à souffrir jusqu’à aujourd’hui de problèmes sécuritaires. \n\nAssociation de Soutien à l’autopromotion sanitaire et urbaine (ASAPSU) :  \n\nA l’Ouest, ASAPSU qui intervient principalement dans le domaine de la santé, mène actuellement un programme d’urgence de soutien aux personnes déplacées. En raison des combats entre forces rebelles et forces loyales (FDS : les Forces de défense et de sécurité) qui ont sévi dans la zone, environs 70 000 personnes ont fuit vers le Libéria ou la Guinée ou vers d’autres zones plus sécurisées du pays. L’ASAPSU fournit, en articulation avec l’UNICEF et le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, une aide à ces dernières, une réponse à leurs besoins de base mais aussi une écoute psycho-sociale. L’équipe de l’ASAPSU se dit très préoccupée des tensions intercommunautaires que les conflits politiques au plus haut niveau ont ravivées dans les villages. Elle désespère que le travail de long terme, de cohésion sociale et de prévention des conflits qu’elle mène depuis 2002 puisse être si vite compromis par les manipulations politico-ethniques auxquelles s’adonnent certains responsables politiques. \n\nONG PAIPS (Projet d’Appui à l’Insertion Professionnelle et Sociale) :  \n\nA Abidjan, l’Ong PAIPS appuie les associations de jeunes à formaliser leurs projets, à se structurer ; elle les forme au fonctionnement associatif, aux techniques de gestion administrative et financière. La situation sécuritaire ne permet plus aujourd’hui à PAIPS de travailler normalement. La circulation à Abidjan est très perturbée par les innombrables barrages sauvages édifiés dans les quartiers précaires où l’ONG intervient. Il est impossible ou dangereux de réunir les jeunes pour organiser les formations. La situation est extrêmement incertaine – « ce n’est ni la guerre ni la paix » dit le Directeur de Paips - et beaucoup de jeunes sont totalement mobilisés autour du débat politique, très démotivés ou très inquiets. Difficile dans un tel contexte de construire un projet associatif pour l’avenir. L’ONG PAIPS travaille aussi à Bouaké, à Béoumi et à Tiebissou et a décidé de réorienter ses activités pour répondre aux besoins d’urgence (nourriture, hébergement, santé) des populations avec lesquelles elle travaille habituellement dans ces zones. Sur le moyen terme, PAIPS prévoit de reprendre le travail de sensibilisation à la paix et à la non violence qu’elle avait déjà mené lors de la crise de 2002. \n\nLe CERAP (Centre de Recherche et d’Action pour la Paix) :  \n\nA Abidjan, le CERAP est doté d’un institut de formation aux droits de l’homme et à la paix (à mettre en lien avec l’interview du Père Maugenest). Le Centre doit faire face à la suspension des financements institutionnels dont il bénéficiait (Union Européenne, Banque Mondiale). Les salariés ont accepté une diminution de leur salaire pour éviter le chômage et pour continuer à faire tourner la structure. L’équipe ne désespère pas, malgré les difficultés, de parvenir à poursuivre ses activités « de fond » : la recherche, les formations aux droits et à la paix,… Un travail de long terme qui ne semble pas prioritaire dans ce contexte de crise mais qu’il ne faut pas abandonner pour pouvoir reconstruire et « vivre ensemble » après. \n\nAssociation Ivoirienne pour le Progrès (AIP) :  \n\nDans la zone de Bouaké, AIP travaille à la structuration du monde paysan. Il y a quelques jours encore, comme au Nord, l’organisation continuait de travailler presque normalement. Mais la situation se tend de jour en jour. L’organisation est en rupture de liquidités (toujours en raison de la fermeture des banques) et essaie de trouver une alternative en ouvrant un compte au Burkina. AIP est également l’organisation coordinatrice du RAPROJECI, réseau d’organisations de jeunes, qui a travaillé avec la CSCI sur l’observation des élections. Le RAPROJECI, contrairement à la CSCI, a pu très rapidement diffuser les conclusions de ce travail d’observation sans crainte excessive pour la sécurité de ses membres. Mais là encore la situation se durcit et l’impartialité de l’équipe lui vaut parfois d’être accusée de faire le jeu du camp Gbagbo."}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/le-soutien-du-ccfd-terre-solidaire-depuis-le-seisme/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/le-soutien-du-ccfd-terre-solidaire-depuis-le-seisme/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Le soutien du CCFD-Terre Solidaire depuis le séisme","datePublished":"2012-01-09T16:48:00+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/le-soutien-du-ccfd-terre-solidaire-depuis-le-seisme/"},"wordCount":493,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"inLanguage":"fr-FR","description":"L’année 2010 avait été marquée par l’engagement rapide de fonds d’urgence totalisant 430 000 € auprès des organisations haïtiennes partenaires pour la mise à disposition d’un fonds de solidarité pour à faire face aux besoins de première urgence des populations (kits alimentaires, remise en état de maisons, reprise de la scolarité des enfants…), la fourniture d’abris pour les populations sinistrées (150 tentes et 3 000 bâches), l’accès aux soins des populations (dispensaires aux Palmes et Delatte, mission médicale par des bénévoles du réseau du CCFD-Terre Solidaire du Loiret : 200 à 300 personnes par jour ont pu être soignées dans des zones rurales abandonnées ou des camps de réfugiés (Gressier – clinique mobile et Mariani), la reconstitution de la capacité d’intervention des organisations locales et la fourniture de semences vivrières locales.\n\n\nL’année 2011 a constitué une phase assez longue de formalisation et écriture de projets avec les partenaires. Elle a abouti à des engagements financiers importants dans des projets de développement à long terme :\n\n le renforcement de l’accès au financement rural et le lancement du Fonds rural d’investissement et de crédit solidaires, pour relancer l’activité et la production de valeur ajoutée dans les campagnes (convention de partenariat tripartite CCFD-SIDI-KNFP de 600 000 € sur 4 ans, signée en octobre 2011) appui aux collectivités locales des sections reculées de Petit Goâve (convention de partenariat avec Concert-Action de 320 000 € sur 3 ans, signée en janvier 2012)\n\n\nA venir :\n\n développement de la filière mangues avec ITECA à Gros Morne (projet de 1 100 000 € en attente de cofinancement) projet d’accès à l’eau potable à Grand Goâve avec Concert-Action (50 000 € du CCFD-Terre Solidaire sur un budget de 236 000 €) processus de décentralisation de l’institution ITECA en créant 4 agences régionales pour être au plus près des populations rurales et renforcer le mouvement paysan dans tout le pays (convention de partenariat à venir – 1er semestre 2012)\n\n\nAu total, au 20 décembre 2011, 1 080533 € ont été engagés sur les 2 147 679 € collectés suite au séisme. Début janvier, le montant des engagements passera à 1 400 533 €, et à 1 900 533 € au cours du premier semestre 2012.\n\n\nLa longueur de ce temps d’écriture des projets confirme l’intuition du CCFD-Terre Solidaire et de ses alliés concernant le besoin de renforcement des capacités des partenaires. Aussi, l’année 2011 a vu la mise en place mesures de renforcement de leurs capacités, qu’elles soient incluses dans les conventions de partenariat (embauche de personnels spécialisés, création d’une cellule projet chez Concert-Action, d’un poste de responsable du suivi des réseaux d’eau pour assurer leur pérennité, audits institutionnels…), réalisées en mutualisation dans le cadre de la CIDSE (formations sur l’approche genre, sur la capitalisation / systématisation d’expériences) ou à venir (formation au montage de projet ou de cofinancements, formation de nouveaux responsables, envoi de volontaires…)."}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/multinationales-le-ccfd-terre-solidaire-salue-lannonce-de-m-valls/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/multinationales-le-ccfd-terre-solidaire-salue-lannonce-de-m-valls/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Multinationales : le CCFD-Terre Solidaire salue l&rsquo;annonce de M. Valls","datePublished":"2014-11-18T10:20:48+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/multinationales-le-ccfd-terre-solidaire-salue-lannonce-de-m-valls/"},"wordCount":762,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Communiqués de presse","Multinationales","Régulation des multinationales","Responsabilité sociale des entreprises"],"inLanguage":"fr-FR","description":"Ce 17 novembre 2014, le Premier Ministre s'est déclaré favorable à la proposition de loi relative au devoir de vigilance des sociétés mères et des entreprises donneuses d'ordre déposée il y a un an à l'Assemblée nationale par les groupes parlementaires de la majorité. Avec l'adoption de cette loi, la France montrerait la voie d'une mondialisation mieux régulée et respectueuse des droits humains. Il revient désormais aux députés de programmer au plus vite l'examen de ce texte.\n\n\n\nC'est à l'issue du colloque « La RSE en actes », au Conseil économique social et environnemental (CESE), que Manuel Valls, en réponse aux questions des journalistes, a fait cette annonce. Il encourage les députés selon une dépêche de l'agence AEF, à mettre ce texte à l'ordre du jour des travaux parlementaires.\n\nCette proposition de loi vise à instaurer une obligation de vigilance pour les multinationales en matière de respect des droits humains afin de prévenir les violations directement générées par les activités de leurs filiales ou dans leurs chaînes d'approvisionnement. En cas de manquement, elle permettrait aux victimes d'accéder à la justice et de demander des comptes aux entreprises mères et aux donneuses d'ordre afin d'obtenir réparation.\n\nCe texte est réclamé de longue date par le CCFD-Terre Solidaire, notamment dans le cadre de sa campagne « Des multinationales hors jeu », et ses alliés (en particulier Sherpa, Amnesty International, le collectif Ethique sur l'Etiquette, Peuples Solidaires, les Amis de la Terre), pour prévenir les drames humains et les catastrophes environnementales provoqués, dans les pays pauvres, par certaines multinationales sans qu'elles n'aient jamais à en répondre. Son adoption permettrait, par exemple, d'éviter des drames comme celui du Rana Plaza au Bangladesh, d'améliorer les conditions de vie aux abords des sites d'extraction pétrolière à Muanda en RDC et d'empêcher le recours au travail forcé dans la filière crevette en Thaïlande.\n\nAvec l'adoption d'une telle loi, la France serait la première à inscrire concrètement sa législation dans le cadre des principes directeurs relatifs aux droits de l'Homme et aux sociétés transnationales adoptés par les Nations Unies en 2011.\n\n« En anticipant sur une règle en passe de devenir un standard contraignant au plan international, cette mesure donnerait une longueur d'avance aux entreprises françaises, qui pourraient en tirer bénéfice en termes d'image et de réputation » , déclare Mathilde Dupré, chargée de plaidoyer RSE au CCFD-Terre Solidaire.\n\nLe CCFD-Terre Solidaire salue le travail des députés du cercle de réflexion parlementaire pour la responsabilité sociétale des multinationales, qui mènent sans relâche cette bataille pour l'encadrement des activités des entreprises multinationales et le respect des droits humains.\n\n« Par le soutien qu'il apporte à cette proposition de loi, Manuel Valls donne enfin de la substance au pacte de responsabilité et prend un engagement majeur pour mettre fin à la négligence et à l'impunité des multinationales qui bafouent les droits », estime Mathilde Dupré. « Il appartient désormais aux députés, forts de ce soutien du Premier Ministre, de programmer l'examen du texte et de mobiliser une majorité favorable ».\n\nContact presse : Karine Appy, 06 66 12 33 02 - 01 44 82 80 67\n\n\nNotes aux rédactions :\n\n- Le 6 novembre 2013 deux propositions de loi, au contenu similaire, instaurant un devoir de vigilance des entreprises donneuses d'ordre à l'égard de leurs filiales et sous-traitants ont été déposées par les groupes Socialiste, républicain et citoyen (PPL SRC) et écologiste (PPL EELV). Puis le groupe Radical, républicain, démocrate et progressiste (PPL RRDP) a déposé le même texte le 13 février 2014,  suivi par le groupe Gauche démocrate et républicaine (PPL GDR), le 29 avril 2014.\n\n- Interpellés notamment par le CCFD-Terre Solidaire et par d'autres organisations du Forum citoyen pour la RSE, dans le cadre de sa campagne Pacte pour une terre Solidaire, en 2012 :\n\nFrançois Hollande a déclaré le 12 avril 2012, dans un courrier à Amnesty International France: « Je souhaite que soient traduits dans la loi les principes de responsabilité des maisons-mères vis-à-vis des agissements de leurs filiales à l'étranger lorsqu'ils provoquent des dommages environnementaux et sanitaires. »\n\n65 députés élus se sont engagés pendant leur campagne en faveur de la responsabilité mère filiale."}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/a-qui-profitent-vraiment-ces-investissements/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/a-qui-profitent-vraiment-ces-investissements/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"A qui profitent vraiment ces investissements ?","datePublished":"2013-10-15T19:01:00+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/a-qui-profitent-vraiment-ces-investissements/"},"wordCount":1035,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"inLanguage":"fr-FR","description":"Accès aux capitaux, emploi, croissance, transferts de technologies et de compétences et accès aux marchés internationaux… ce sont les vertus supposées des IDE (Investissements directs à l'étranger). Sur le terrain la réalité est souvent très différente.\n\n\n\nDans de nombreux cas, en l'absence de normes contraignantes permettant de les encadrer, les investissements riment avec affaiblissement des cadres juridiques vers le moins-disant social ou fiscal, destruction de l'environnement, accaparement et pillage de ressources du pays, destruction de modes de vie locaux, violations des droits des populations, avantages fiscaux exorbitants, voire évasion et fraude fiscale...\n\n\nLe territoire et ses ressources : au cœur des appétits des investisseurs\n\nLe territoire et ses ressources naturelles font aujourd’hui l’objet de toutes les attentions des investisseurs, et la financiarisation des matières premières ne concourt qu’à amplifier ce phénomène. Ainsi, l’explosion des IDE semble être allée de pair avec l’explosion des accaparements de terres et de ressources puisque, quel que soit le secteur (agroalimentaire, infrastructure, énergie), ces investissements se traduisent bien souvent par l’occupation d’un territoire. Cette prise de contrôle (par achat, location …), légale ou non, peut entraîner des impacts négatifs sur les communautés locales ou les usagers originels du terrain (privatisation des ressources collectives, menace sur l’accès à l’alimentation, déplacement de populations, détournement des ressources en eau…). Ces transactions peuvent alors affecter le modèle économique, sociétal, social et environnemental des communautés locales et porter atteinte à leurs droits. Les conflits d’intérêt qui accompagnent ces pratiques sont autant de signes qui démontrent un rapport de force inégal entre investisseurs, gouvernements et communautés locales, aggravé par la faiblesse des mécanismes d’accès et de recours à la justice par les communautés locales affectées.\n\n\nL’argent du développement remplit parfois les réservoirs des 4x4 nord-américains\nEn 2009, la Société financière internationale (groupe Banque mondiale), la Corporation interaméricaine d’investissement, deux autres institutions de développement européennes (DEG et FMO), avec le soutien de PROPARCO – pour 14 millions de dollars – ont financé, Pantaleon, géant guatémaltèque et centraméricain du sucre et de l’éthanol. Ce projet devait soutenir le développement de l’outil industriel du holding, grand consommateur de terres dans  un pays que l’on peut qualifier de « Golfe persique des agrocarburants ». Ainsi, tout en affirmant s’inscrire dans le cadre de son mandat en Amérique latine, qui consiste à soutenir une croissance verte et solidaire, PROPARCO participe en fait au développement du business des agrocarburants.\n\n\nL’argent, nerf de la guerre… économique : une course vers le moins-disant social et fiscal\n\nUn nivellement des droits par le bas\nL’abondance d’une main-d’œuvre peu chère, des conditions de travail peu regardantes sur le respect des règles de l’Organisation Internationale du Travail sont également des éléments pris en compte par certains investisseurs étrangers, participant ainsi au dumping social. Malgré les revenus gigantesques que génère l’exploitation du pétrole, des minerais, du gaz ou des ressources forestières dans les pays en développement, près de 1,5 milliard de personnes vivent avec moins de 2 dollars par jour dans les pays pauvres, mais riches en ressources naturelles.\n\nFiscalité au rabais, délocalisation des bénéfices et évasion fiscale\nLa compétition mondiale pour attirer les investissements contribue à baisser fortement les taux d’imposition. Comme si cette course vers le bas ne suffisait pas, de nombreux pays offrent des cadeaux fiscaux supplémentaires (faible imposition, défiscalisation, zones franches...), alors que bien souvent ils auraient besoin des rentrées fiscales correspondantes, eu égard à la faible base imposable locale. Le nombre de zones économiques spéciales dans le monde ne cesse d’augmenter (79 en 1975 et 3 500 en 2006) elles offrent des avantages fiscaux, tout autant qu’une baisse des droits sociaux. Cette tendance est particulièrement notable en Afrique, où « la multiplication des régimes spéciaux instaure un véritable système parallèle avec une imposition presque nulle des entreprises ». Le Maroc a calculé que sa politique d’exemptions fiscales lui coûtait environ 18 % des recettes fiscales en 2011. Le Sénégal a évalué la perte à environ 5 % de son PIB en 2008.\n\nDe leur côté, les entreprises multinationales, premières utilisatrices des paradis fiscaux multiplient les stratégies pour réduire encore leurs impôts. C’est pourquoi les cinquante premiers groupes européens disposent chacun en moyenne de 117 filiales dans les paradis fiscaux. Les Caïmans accueillent ainsi deux fois plus d’implantations que l’Inde. Et la Chine en compte à peine plus que le Luxembourg (CCFD-Terre Solidaire et Revue Projet, 2013). Par la délocalisation artificielle des bénéfices depuis les pays de production ou de consommation vers les territoires faiblement taxés, elles siphonnent les ressources des pays en développement. Le manque à gagner en recettes publiques dans les pays en développement de la seule évasion fiscale des entreprises multinationales, se chiffre chaque année, à près de 125 milliards d’euros, soit plus que le montant de l’aide publique au développement mondiale. \n\nCette pratique généralisée de l’évasion fiscale est elle-même facilitée par les faiblesses du droit international en termes de droit fiscal des entreprises, à savoir l’absence de transparence comptable et des règles obsolètes faciles à contourner par les acteurs privés.\n\n\nLe géant du commerce des matières premières, Glencore, aurait fait perdre à la Zambie, dont il exploite le cuivre, près de 132 millions d’euros de recettes fiscales pour une seule année (Eurodad, 2012). L’Associated British Food, propriétaire d’une sucrerie locale, aurait aussi privé Lusaka de 20 millions d’euros depuis 2007 (Action Aid, 2013). De son côté, SABMiller, un des leaders mondiaux de production de bière, aurait économisé autour de 21,5 millions d’euros d’impôts sur l’ensemble du continent africain, soit environ un cinquième des impôts dus. Une somme qui aurait permis de scolariser 250 000 enfants supplémentaires (Action Aid, 2010)."}
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Plateforme de 36 organisations européennes dont le siège est à Bruxelles et qui travaille directement auprès de l’UE et de l’ONU. Site : www.oidhaco.org]], rappelle à cette occasion que :\n\n- la Colombie est toujours un pays en guerre. Les combats se poursuivent. Le conflit a fait près de 220 000 morts, dont 80% de civils. La Colombie est le 2nd pays au monde en termes de personnes déplacées internes (6 millions) [[Ambassade de France à Bogota. Résumé du rapport Basta Ya du Groupe de Mémoire Historique. Données en annexe pages 28 et 29. http://www.ambafrance-co.org/IMG/pdf/LibroCNHM-10.pdf?8917/9a023b9269e2b522a3453dc9909e356b7a0b1f82]] ;\n\n- si les Dialogues de paix initiés en 2012 entre le gouvernement Santos et la guérilla des FARC ont à ce jour permis de trouver un accord sur la réforme agraire, la participation politique ainsi que sur le narcotrafic, une solution sur les questions majeures de la réparation des victimes et d’un cessez-le-feu définitif reste à trouver ;\n\n- si les négociations à La Havane peuvent déboucher sur la fin du conflit, elles ne résoudront pas pour autant les causes de la violence. La Colombie est l’un des pays au monde avec le coefficient d’inégalités parmi le plus élevé [[Voir rapport PNUD de 2011, « Colombie rurale, des raisons d’espérer ».]]. Le Traité de libre commerce (TLC) avec l’UE, entré en vigueur le 1er août 2013, risque de renforcer ces déséquilibres. La corruption est une réalité qui gangrène les institutions et les politiques publiques [[Voir la fiche Colombie de Transparency International : http://www.transparency.org/country/#COL]].\n\n- les groupes paramilitaires continuent de semer la mort et la terreur. À Buenaventura, où se trouve le plus gros port commercial du Pacifique colombien, des maisons de torture, où les personnes qui s’opposent à ces groupes sont tuées et dépecées, ont été découvertes ces derniers mois [[Voir l’article sur le rapport de HRW intitulé « Crise à Buenaventura : disparitions, démembrements et déplacements dans le principal port du Pacifique colombien ». 20 mars 2014. http://www.hrw.org/fr/news/2014/03/20/colombie-les-fleau-des-disparitions-forcees-dans-une-grande-ville-portuaire]].\n\n- la Colombie reste l’un des pays au monde où les défenseurs des droits humains sont les plus menacés. Depuis 2010, le nombre de défenseurs assassinés ne cesse d’augmenter, atteignant 78 en 2013 et déjà 45 dans les 9 premiers mois de l’année 2014 [[Programa Somos Defensores – Rapport semestriel janvier-juin 2014. http://somosdefensores.org/index.php/en/publicaciones/informes-siaddhh/89-informe-semestral-siaddhh-2014-imagina]].\n\n- la justice transitionnelle et la réconciliation sont au centre des enjeux pour l’avenir du pays. Or, il est inquiétant de noter que le gouvernement du Président Santos a promu en 2012 un projet de loi renforçant la juridiction pénale militaire en matière de droits humains et de droit international humanitaire [[Voir article du Monde intitulé « Adoption d’une réforme de la justice militaire controversée en Colombie » paru le 18 juin 2013. http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2013/06/18/adoption-d-une-reforme-de-la-justice-militaire-controversee-en-colombie_3431828_3222.html]]. Actuellement débattu au Parlement, ce projet ne ferait que renforcer l’impunité des cas liés aux forces de sécurité, au sein ou en dehors du conflit, de l’avis même des rapporteurs des Nations unies [[Voir la lettre ouverte des Rapporteurs au gouvernement et au parlement colombien, du 29 septembre 2014 : http://www.ohchr.org/SP/NewsEvents/Pages/DisplayNews.aspx?NewsID=15116&LangID=S]].\n\nEn tant que partenaire important de la Colombie, la France - au titre également de son mandat au Conseil des droits de l’homme de l’ONU - est en mesure de jouer un rôle clé d’accompagnement dans le processus de paix et doit conditionner son soutien à la garantie du respect des droits humains.\n\nLe Réseau France Colombie Solidarités souhaite que les points mentionnés ci-dessus soient pris en compte pour que les relations entre nos deux pays soient justes et responsables, allant dans le sens de la construction de la paix, de la justice sociale et en garantissant le respect des droits humains."}
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Une fois encore des événements en Afrique semblent échapper à notre capacité de compréhension rationnelle. Il y a deux ans, l’analogie entre la Côte d’Ivoire et le Rwanda était le point de passage obligé pour analyser la situation. Dans les grandes lignes c’était l’ethnie et la haine séculaire entre les communautés que seul Houphouët aurait pu transcender, qui constituaient le fond de casserole des tambouilles culturalistes que nous servaient trop d’experts grands publics.\n\n Aujourd’hui c’est le parallèle avec les rapatriés d’Algérie qui est proposé. Cette fois ci, on nous sert, entre autres, la vieille recette de l’incapacité des ex-colonisés à développer leur économie. Comme toujours il faut aller chercher dans les revues spécialisées et chez quelques observateurs impliqués les explications plus documentées sur les fondements économiques, sociaux et politiques de la guerre civile ivoirienne, comme la question foncière, le partage de la rente du cacao ou le conflit des générations. Tout cela constitue un écheveau de causes historiques et sociales que l’on a bien du mal à démêler.\n\nLa question générationnelle mérite qu’on s’y attarde, elle est au cœur de la situation en Côte d’Ivoire, elle s’applique à la plupart des pays africains mais surtout elle préfigure la clef des futurs conflits politiques qui éclateront dans les années qui viennent sur le continent. Au cours des discussions entre les partis ivoiriens qui ont précédé les accords de Marcoussis en janvier 2003, l’un des facilitateurs chargé par les factions d’assurer la bonne conduite des échanges, avait été frappé par le fait que les accrochages verbaux les plus violents avaient opposé non pas les partisans de chaque camp mais les anciens politiciens et la nouvelle génération politique post-Houphouët. La ligne de clivage ne passait pas nécessairement entre les partis mais entre les générations politiques, entre celles qui avaient bénéficié des largesses de la grande période Houphouët et celles arrivées aux affaires à partir de la crise économique des années 90. Ces dernières veulent dresser l’inventaire des quarante années de décolonisation en Côte d’Ivoire et donc celui de la tutelle politique, économique et militaire de la France, elles n’ont plus les anciens rapports de proximité avec la classe politique française, faits de connivences, de renvois d’ascenseur, d’intérêts partagés, de fascination réciproque. Les nouvelles élites politiques africaines sont issues des universités européennes, des grandes écoles de gestion ou des syndicats étudiants. Comme pour leurs prédécesseurs, la plupart ont largement bénéficié des prébendes de la rente étatique, mais elles se sentent liées, au moins formellement, aux politiques des institutions financières internationales, plutôt qu’aux exigences géopolitiques de l’ancien colonisateur. Guillaume Soro, Mamadou Coulibaly, Charles Blé Goudé, les leaders de la crise ivoirienne ne répondent plus depuis longtemps aux codes traditionnels des relations franco-africaines.\n\nLa Guinée, le Togo, le Bénin, le Cameroun, le Gabon, le Niger, le Sénégal et dans une certaine mesure le Burkina et le Congo verront dans les cinq ans une nouvelle classe politique arriver aux affaires. A cette rupture politique s’ajoute une rupture intellectuelle. L’Europe et a fortiori la France ne sont plus les uniques modèles culturels. Pour toute une nouvelle génération qui a pu être éduquée avant que les systèmes scolaires et universitaires ne s’effondrent, la lecture identitaire de l’historien sénégalais Cheikh Anta Diop et de ses successeurs a renouvelé son rapport à l’occident. L’ivoirité, les discours nationalistes, l’essentialisme africain, ne sont pas de simples dérives idéologiques de quelques intellectuels perdus, manipulés par des politiciens boutefeux, mais répondent à une demande très répandue dans la génération née et scolarisée après les indépendances, de fierté décomplexée d’être Africain.\n\nLes valeurs universalistes européennes sont présentées comme une nouvelle arrogance française, un nouvel impérialisme. Ainsi, le long des états du Golfe de Guinée, la posture démagogique anti française de Gbagbo est vécue comme une sorte de revanche vis-à vis-de l’ancien colonisateur. Plus au nord, la situation dramatique de la diaspora sahélienne en Côte d’Ivoire est bien sûr au cœur des préoccupations mais on commence déjà à compter les points du match France-Côte d’Ivoire. Plus inquiétant pour l’avenir, à ces deux ruptures politiques et intellectuelles se superpose une rupture sociétale. La jeunesse urbaine, dont les rangs grossissent au rythme de l’exode rural et de la crise économique, fascinée par le modèle social américain communautaire et consumériste, déscolarisée, désœuvrée, est séduite par ces discours identitaires panafricains qui désignent l’ennemi : le Blanc.\n\n L’ancien magistère paternaliste de l’Église catholique ainsi que le traditionnel Islam des confréries soufies sont délaissés au profit des églises néo-pentecôtistes américaines et d’un islam travaillé par le radicalisme salafiste. Tout se passe comme si, dans un vaste mouvement oedipien, l’Afrique francophone s’apprêtait à tuer son père, pourquoi pas après tout, mais pour mieux se réfugier dans une matrice identitaire faite d’ultra libéralisme, de nationalisme et de fondamentalisme religieux. Les leçons de morale et les coups de menton français, ne sont certainement pas les réponses les plus adaptées. Pourtant l’histoire à venir du continent n’est pas jouée d’avance, elle n’est pas encore écrite, car, malgré ces tendances lourdes, au sein de la société ivoirienne, comme dans les autres pays d’Afrique, une société civile organisée, critique, militante, formée aux valeurs des droits humains se développe. L’avenir est probablement par là, dans une alliance entre les sociétés civiles africaines et européennes, au sein des mouvements sociaux, fondée sur les valeurs démocratiques et un objectif commun de développement économique et humain.\n\n\nChristophe Courtin\nDirecteur des projets et programmes au Ccfd"}
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Seul ce dernier volet a été pleinement appliqué. \n\n\nHaïti devait alors réduire ses tarifs douaniers sur les produits importés. Et en effet, en 1987, le gouvernement a procédé à ces réductions sur un ensemble de produit dont le riz et le lait.\nLes quantités de riz importé ont ainsi fortement augmenté : elles ont été multipliées par 28 entre 1984 et 1994. (de 5000 Mt à 140 000 Mt) et par plus de 50 entre 1984 et 2004 (de 5000 Mt à 276 010 Mt).\n\n\nLe gouvernement rétabli en 1994 a décidé de poursuivre dans la dynamique de libéralisation, sans évaluer le précédent PAS. Le PAS de 1996 a donc renforcé cette libéralisation commerciale, procédant à nouveau à une nette diminution des tarifs douaniers par rapport au niveau de 1986-1987.  \n\n\nSuite à la suppression des barrières douanières, le marché haïtien a vu déferler de nombreux produits importés, concurrençant alors fortement la production locale et entraînant une baisse considérable des exportations agricoles.\nLe cas du riz montre bien cette chute de la production agricole locale. En 1990, Haïti était presque autosuffisant pour son approvisionnement en riz. Mais la production locale s’est aujourd’hui effondrée (divisée par 2) face aux importations de riz américain à bas prix. Le pays est alors devenu dépendant des importations alimentaires. \nEntre 92 et 2000, les importations de produits alimentaires ont ainsi doublé et les programmes d’aide alimentaire ont fortement augmenté leur distribution (le programme USAID est passé de 350 000 à 1.3 millions de personnes bénéficiaires). \n\n\nLes politiques agricoles\n\n\nA partir de 1986, plusieurs commissions ont été mises en place afin de mettre au point une réforme agraire. Un rapport a finalement été remis en 1992 ; cependant, aucune mesure concrète n’a suivi.\nIl n’y a pas aujourd’hui en Haïti de réelle politique agricole destinée à améliorer les conditions de vie de la population locale. L’ouverture commerciale entamée depuis le début des années 1980 a entraîné une forte déstabilisation de la production agricole nationale et un appauvrissement des masses rurales.\nDe plus est à souligner la tendance de l’Etat haïtien à financer des cultures de rente plutôt que les exploitations familiales orientées vers la production vivrière.\n\n\nAutres éléments\n\n\nA cette libéralisation poussée à partir des années 1980 et le manque de politique agricole engagée par le gouvernement haïtien s’ajoutent d’autres problèmes pour le milieu rural.\nAinsi, la sécurité de la terre n’est pas assurée, les paysans ne veulent alors pas investir sur des terres pouvant leur être disputées. De plus, les paysans vivent en situation de sevrage, les obligeant à restituer la majeure partie de leur récolte au propriétaire. Le secteur agricole haïtien est également caractérisé par un important sous-équipement des paysans (pas de mécanisation de l’agriculture) et un manque d’irrigation.\nEnfin, il faut souligner la complète absence de l’Etat haïtien en milieu rural (aucun service publique, pas de police, une éducation à 85% privée).\n\n\n\nStatistiques :\n\n\n- Population totale : 8.5 millions habitants (2004).\nDont  population rurale : 62% (76% en 1979-1981)\n\n\n80% de la population rurale haïtienne vit en dessous du seuil de pauvreté.\n\n\n\n Part du secteur agricole dans le PIB  :        \n1995 : 45.6%     (PIB 1995 : 3 000 millions $)2002 : 29.25%    (PIB 2002 : 3 500 millions $)2006 : 27%        (PIB 2006 : 4 244 millions $)\nParadoxe : alors que ce secteur ne représente que 27% du PIB, il emploie pourtant 60% de la population active…\n\n\n- Exportations totales / Exportations agricoles  :\n1979/1981 : 176,4 millions de $ /     70.9 millions de $2004 : 391 millions de $ /    19.9 millions de $\n- Importations totales / Importations agricoles  :\n1979/1981 : 356.1 millions $ /    113.2 millions $2004 :1306 millions de $ /    469.5 millions $\n\n\nLes importations, qui représentent plus de 60% des flux commerciaux, ont ainsi été quadruplées en vingt ans.\n\n\n- Balance du commerce agricole (en millions de $) :\n\n\n1979-1981 :- 42.32004 : - 449.6\n\n\n Indice de production net par capita \nExemple céréales : L’indice de production net par capita est passé de 124.7 (kg par an) en 1997 à 87.9 en 2004.\n\n\n\n Haïti importe aujourd’hui près de 55% de ses besoins alimentaires . \nL’aide alimentaire représente à elle seule 28.3% de l’ensemble des importations.\n\n\n\nActions des partenaires du CCFD sur le terrain :\n- KNPF (Conseil National de Financement Populaire) :\natelier de financement du monde rural, création d’un institut mobile de formation, atelier sur le financement décentralisé, plaidoyer pour la mise en place de lois agricoles.\n\n\n- Concert’Action :\nProgrammes hydrauliques et agricoles, maraïchage, élevage, structuration du milieu paysan, inginerie sociale.\n\n\n\n\n FONHSUD :\nAppui technique et financier à des groupements de paysans, initiatives pour une économie solidaire (mutuelle de solidarité)."}
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Comment en est-on arrivé là ?\n\nMarc Dufumier : La question de la faim est une question de pauvreté plus que d’indisponibilité alimentaire. Aujourd’hui, à l’échelle mondiale, on produit l’équivalent de 330 kg de céréale par habitant et par an. Pour pouvoir nourrir correctement la population, il suffit de 200 kg. Si des gens ont faim en grand nombre dans les pays du Sud, c’est qu’ils sont trop pauvres. Les écarts de pauvreté dans le monde sont à l’origine de la faim. Les 130 kg excédentaires vont vers le gaspillage, la surconsommation de viande et les agrocarburants.\nQui sont ces pauvres qui ont faim ? \nAux deux tiers, il s’agit d’agriculteurs du Sud qui ne parviennent pas à dégager des revenus suffisants pour s’équiper et produire davantage. Le dernier tiers est constitué de gens dont les parents étaient agriculteurs et qui ont été contraints de rejoindre les bidonvilles des mégapoles. L’origine de la pauvreté de ces paysans tient au fait qu’ils ne parviennent pas à être compétitifs. La responsable est l’agriculture du Nord, avec son très haut niveau de motomécanisation et de chimisation, qui exporte des produits vers les pays du Sud, là où la paysannerie travaille encore à la main. Entre les deux, il y a un rapport de productivité du travail de 1 à 200. C’est comme\nsi on mettait un coureur à pied en concurrence avec un pilote de Formule 1.\n\n\nÉcosystèmes fragilisés\n\nQuant à la malbouffe chez nous, trois causes essentielles l’expliquent dans les modes de production de notre agriculture. La première raison est que l’agro-industrie exige des produits standard de la part des agriculteurs. La deuxième est que ceux-ci ne disposent plus aujourd’hui que d’un très faible nombre de variétés végétales et de races animales. En troisième lieu, les agriculteurs du Nord ont investi massivement, se sont endettés et ont entraîné ainsi une spécialisation exagérée de toute l’agriculture. Il s’en suit des écosystèmes fragilisés. Résultat : en Bretagne, le bétail n’est pas élevé sur la paille car il n’y en a plus. Les animaux produisent du purin qui pollue les eaux et fertilise les algues vertes du littoral breton. Dans le Bassin parisien, il n’y a plus d’élevage donc plus de fumier. On est obligé d’y fertiliser le blé avec des engrais azotés de synthèse dont la production exige des importations de gaz naturel russe ou norvégien.\n\nQui est responsable de cet état de fait ?\n\nM.D. : Tout un système est en cause. Il fonctionne parce que le politique le soutient. La politique du libreéchange de l’OMC (Organisation mondiale du commerce) au niveau international et la PAC (Politique agricole commune) à l’échelle européenne ont une large part de responsabilité.\nAu lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, la PAC a protégé nos agriculteurs grâce à des droits de douane à l’importation de blé nord-américain. Ce type de politique appliquée à des produits stratégiques s’est révélée d’une redoutable efficacité. La France puis l’Europe sont devenues excédentaires. À ce moment-là, nous avons commis l’erreur de subventionner nos exportations pour maintenir le revenu de nos agriculteurs. Nous avons fait ainsi un très grand tort aux pays du Sud. Dans la course entre le pilote de Formule 1 et le coureur à pied, ce dumping revenait à mettre une peau de banane sous le pied du coureur à pied.\n\n\nDu soja brésilien pour nos cochons\nNous aurions pu être beaucoup plus raisonnables : renoncer au dumping et appliquer des quotas aux produits devenus excédentaires. Les terres libérées auraient été consacrées à la culture de légumineuses, capables de fixer l’azote de l’air et de fournir des protéines végétales pour l’alimentation. En échange de notre renoncement, nous aurions demandé l’instauration de droits de douane à l’importation de soja en provenance des États-Unis, du Brésil et de l’Argentine. Ce qui serait revenu à demander le droit à produire sur le sol français des protéines françaises et non de les importer.\nAu Brésil, mes interlocuteurs me disent qu’ils ne sont pas fiers de produire du soja pour nourrir nos cochons, nos volailles et nos ruminants alors que chez eux des gens ont faim. Les pays pauvres ne souhaitent pas être concurrencés par nos surproduits. Ils veulent que les agriculteurs aient un prix rémunérateur qui leur permette d’épargner, d’investir et de bâtir leur propre agriculture vivrière. Les paysanneries ont le droit de nourrir par elles-mêmes leur peuple sans dépendre de l’étranger, c’est-à-dire de construire leur sécurité alimentaire par la souveraineté alimentaire.\n\nEst-il possible de nourrir toute la planète – 9 milliards de personnes en 2050 – avec ce nouveau modèle d’agriculture ?\n\nM.D. : À l’échelle globale, le défi n’est pas seulement de nourrir une population croissante, il est aussi de la nourrir mieux. Chez nous, cela passe par l’absence d’hormones dans le lait, d’antibiotiques dans la viande ou de dioxine dans le poulet. Dans les pays du Sud, il s’agit d’avoir enfin accès à un peu de viande, un peu de lait et quelques œufs. Il faut se préparer à plus que doubler la production végétale mondiale d’ici 2050, pour assurer l’alimentation d’une population croissante et faire en sorte qu’une part croissante de cette population puisse avoir accès à quelques protéines animales.\n\n\nUn usage intensif de l’énergie solaire\nComment faire ? Première proposition : que pas un rayon du soleil ne tombe à terre.\nLa plante transforme l’énergie solaire en énergie alimentaire : c’est la photosynthèse. Je propose qu’on fasse un usage intensif de la ressource naturelle renouvelable qu’est l’énergie solaire laquelle, première bonne nouvelle, est inépuisable. Cela passe par des cultures associées dans un même espace et dans une période de l’année la plus longue possible.\nEnsuite, il faut aider les plantes à prendre le gaz carbonique de l’air afin qu’elles fixent du carbone pour la fabrication de calories alimentaires. Deuxième bonne nouvelle, en faisant cela, on résout en partie le problème d’une ressource, le CO², aujourd’hui pléthorique. Pour que cet échange ait lieu, il faut que les plantes transpirent en étant suffisamment alimentées en eau. Au lieu de ruisseler, l’eau doit s’infiltrer dans le sol, ce que permet la couverture végétale.\nLes plantes ont aussi besoin de protéines, fournies par l’azote. On le trouve dans les plantes de la famille des légumineuses qui ont la faculté de le capter dans l’air. Troisième bonne nouvelle : présent à 80 % dans l’air, l’azote est également inépuisable.\nNous avons aussi besoin dans l’alimentation d’éléments minéraux, comme le phosphore dont la ressource se raréfie. On trouve du phosphore en sous-sol parmi les éléments minéraux libérés par la roche-mère. Les arbres sont capables de le puiser grâce à leur enracinement profond.\nAinsi, nous allons planter de l’acacia albida au Niger. On sait que le rendement de mil et de sorgho sous un parc arboré d’acacias albida est 2,5 fois supérieur à ce qu’il est ailleurs. En quinze ou vingt ans, le temps que ces arbres arrivent à maturité, on multipliera ainsi les rendements par 2,5 dans un pays qui souffre aujourd’hui cruellement de la faim.\nJe parle ici d’une agriculture intensément écologique, c’est-à-dire qu’elle fait un usage intensif de ressources naturelles renouvelables ou pléthoriques. C’est par cette agriculture qu’il sera possible de multiplier les rendements dans les pays du Sud.\nCela suppose que le politique prenne l’affaire en main et décide de promouvoir l’agriculture familiale de taille moyenne : celle où l’on a les moyens d’épargner, d’investir, de s’équiper et de laisser le temps aux arbres de pousser.\n\nPropos recueillis par Jean-Paul Rivière\n\n\nLa souveraineté alimentaire : pilier de toute action contre la faim  \nDans son texte de référence 2012 sur la souveraineté alimentaire, le CCFD-Terre Solidaire explique : « Dès l’origine, la vocation du CCFD-Terre Solidaire a été de lutter contre la faim, la pauvreté et la misère. L’association a conçu la lutte contre la faim comme l’action sur les causes. Aujourd’hui, elle reprend à son compte la notion de \"souveraineté alimentaire\" comme le pilier de toute action contre la faim. (…)\nLe CCFD-Terre Solidaire défend le droit à l’alimentation dans le cadre de son positionnement sur la souveraineté alimentaire. Il s’est engagé dans son rapport d’orientation 2008-2012 à promouvoir \"des règles commerciales justes et des politiques agricoles en faveur des agricultures familiales et durables\", ainsi que des modes de production durables destinés en premier lieu à l’alimentation.\nPour l’association, les cultures vivrières et l’agriculture familiale de petite échelle doivent être protégées, du fait de leur plus grande efficacité économique, sociale, environnementale, et surtout pour la sécurité alimentaire, comparée au modèle agro-industriel.\n(…)\nLa souveraineté alimentaire découle du droit des peuples à définir leurs propres politiques agricoles et alimentaires sans \"dumping\" vers les autres pays. Elle encourage, au niveau local, le maintien d’une agriculture de proximité destinée en priorité, à alimenter les marchés locaux, régionaux et nationaux. Elle privilégie des techniques agricoles promouvant l’autonomie des paysans et un plus grand respect de l’environnement. (…) »"}
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Mais au lendemain de sa brillante réélection en décembre 2009, le président a donné le sentiment de vouloir contrôler tous les rouages de l’État. Du coup, les contradictions s’aiguisent, sa base sociale se fissure et l’image du régime se brouille.\n\n\n\nLa Paz. Le décor, majestueux,  semble immuable. Tôt le  matin, la ville s’ébroue sur  fond de ciel azur constellé de  pointes d’un blanc éclatant  – les glaciers de l’Illimani et du Huayna  Potosi, sommets qui culminent à plus  de 6 000 mètres –. De nouveaux gratte-ciel  hérissent la cité enclavée entre les  flancs des montagnes. Surtout, les  ponchos et les polleras (jupes traditionnelles)  qui, hier, rasaient les murs,  s’affichent avec fierté dans les rues.  \n\n« Oui, La Paz et la Bolivie ont changé de visage  », confirme Godofredo Sandoval,  directeur de la Fondation pour la recherche  stratégique. Pour la première fois dans l’histoire  du pays, majorité ethnique et majorité  politique coïncident. « On note même,  remarque le sociologue, l’émergence d’une  bourgeoisie indigène andine. » La stabilité  politique se conjugue effectivement avec  une période d’essor économique.  \n\nLes indicateurs sont au beau fixe : croissance  autour des 5 %, réserves de change  au plus haut. « L’appropriation de la rente  gazière et pétrolière par l’État[[L’État a nationalisé les hydrocarbures en mai 2006 ; en mai 2012, le Réseau de distribution d’électricité appartenant à un groupe espagnol et en décembre 2012, quatre compagnies d’électricité espagnoles.]], reprend  Godofredo Sandoval, autorise une politique  de redistribution des revenus au profit  des défavorisés. » Près d’un Bolivien sur  quatre bénéficie – sous forme de primes  mensuelles – de ces programmes sociaux  connus sous le nom de bonos. Ainsi, le bono Juana Azurduy (12 euros/mois)  est attribué aux femmes enceintes et aux  mères d’enfants de moins de deux ans.  Le bono Dignidad (20 euros/mois) fournit  un début de retraite aux personnes de  plus de soixante ans. Et le bono Juancinto Pinto (20 euros/mois) incite les familles à inscrire leur progéniture à l’école[[Ces noms exaltent la fibre nationaliste : Juana est une figure de la lutte patriotique bolivienne du XIXe siècle et Juancinto Pinto est un enfant bolivien qui mourut\nhéroïquement en mars 1880 lors de la guerre du Pacifique contre les armées coalisées du Pérou et du Chili.]]. La réduction de la pauvreté explique dans une large mesure la popularité du régime dans la capitale politique et sa jumelle populaire, la  cité d’El Alto, comme parmi les paysans de l’Altiplano andin. \n\n\nEntre frustrations...  et vives inquiétudes  \n\n\nDans l’Oriente, à Santa Cruz, poumon  économique du pays, les entrepreneurs  sont prompts à dénoncer cet « assistanat  généralisé aux allures de politique clientéliste  ». On instruit aussi un procès en  immobilisme : « La structure de nos exportations  n’a pas changé depuis les années  1980, assure Gary Rodriguez, gérant de  l’Institut bolivien du commerce extérieur (IBCE). Le pays dépend toujours à 80 %  des hydrocarbures et des minerais. La  conjoncture favorable aurait pu permettre  une diversification. » \n\nDans le milieu associatif, on pointe également le manque d’audace sur un thème  phare du gouvernement : la réforme agraire. À  l’antenne régionale du Centre de recherche et de promotion de la paysannerie, le Cipca  partenaire du CCFD-Terre Solidaire, nous rencontrons  deux militants du Mouvement des Sans terre (MST). « En février 2006, raconte Angel Estrada, quarante-trois ans, j’ai participé à la création de la communauté rurale Tierra firme. C’est un  mieux, mais nous sommes  desservis par une mauvaise  piste, il n’y a pas d’eau et  je m’éclaire à la lampe-tempête.  » « Grâce à nos luttes, enchaîne Carlos Cortez, nous avons pu fournir de  la terre à plus de six cents  familles. Mais des milliers d’autres attendent dans le plus grand dénuement. » Et il avertit : « Si rien n’est fait dans les prochains mois, les  occupations de terres reprendront.  »  \n\nLes expropriations de quelques grands  domaines n’ont pas radicalement changé  la donne dans les campagnes[[Selon Cipca, après dix ans de loi Inra (loi du service\nnational de réforme agraire), on ne note pas d’avancées notables dans l’élimination du latifundio. Des familles détiennent encore entre 50 000 et\n300 000 hectares de terres.]]. « Cette  soi-disant réforme, peste Alcides Vadillo,  directeur régional de la Fondation Tierra, n’est qu’une révolution de papier.  » « Evo Morales,  ajoute-t-il, est désormais convaincu des  vertus du modèle productiviste. Ici, du soja  transgénique ; là-bas, sur l’Altiplano, de la  quinoa ou de la canne à sucre cultivées sur  de vastes exploitations. C’est un changement  d’alliance en faveur de l’agrobusiness.  »  « Mobilisé pour repousser le front pionnier,  ce pouvoir est prêt à sacrifier les Indiens  amazoniens du Tipnis  », proteste à son tour  Adolfo Chavez, l’un des leaders de la Confédération  des peuples indigènes de Bolivie, la Cidob. \n\nL’affaire du Tipnis a indéniablement servi de déclic et de révélateur. Est-ce la photo  de Stéphane Hessel, qui trône sur ses étagères, qui l’inspire ? Toujours est-il que Juan  Carlos Velasquez, secrétaire exécutif de la Pastorale sociale-Caritas, emploie un ton indigné pour qualifier le second mandat  présidentiel d’Evo Morales, placé sous le signe de « l’hégémonie andine » (celle des  Aymaras et des Quechuas) au détriment du reste de la population. « Les exclus  d’hier, résume-t-il, sont ceux qui excluent  aujourd’hui. » Il émaille son réquisitoire de  nombreuses anecdotes : telle cette fonctionnaire indigène congédiant un métis  venu chercher un formulaire administratif :  « Vous nous avez fait attendre cinq cents  ans, vous pouvez bien patienter deux ou  trois jours !  » \n\nFace à ce régime « intolérant », il ne serait  plus possible d’exprimer une critique sans  être taxé d’« ennemi du processus de changement  ». À preuve, souligne Juan Carlos Velasquez, la volonté de « mettre au pas les ONG ». Selon l’avant-projet de loi en cours d’élaboration, seules les activités associatives concourant au développement économique et social seraient tolérées et encadrées.  « Est-ce à dire que l’on retirera leur  personnalité juridique aux ONG se consacrant  à la promotion des droits humains ou  à la formation ? », interroge à la cantonade Juan Carlos Velasquez.  \n\n\nDes contre-pouvoirs malmenés  \n\n\nEx-« Défenseur du peuple » – une institution  publique – Waldo Albarracin, aujourd’hui  conseiller juridique, s’inquiète de « la corruption,  qui gangrène l’appareil d’État » et  de « la perte d’indépendance de la justice ». « Pour être nommé magistrat, mieux  vaut avoir fait allégeance au Mas, le parti du président. » Il pointe aussi les cas de  hauts fonctionnaires « débarqués, car ayant  cessé de plaire », et sous le coup de procédures  judiciaires « dans le seul but de les réduire au silence  ».  \n\nAutre contre-pouvoir malmené, les médias. Le quotidien de référence La Razon a dû  infléchir sa ligne éditoriale dans un sens pro-gouvernemental. « Les pressions  s’exercent aussi sur plusieurs chaînes de  télévision – Pat, ATB, Red Uno – par le biais  de discrets rachats d’actions », remarque Javier Gomez, directeur du centre de  recherche indépendant Cedla, partenaire  du CCFD-Terre Solidaire. \n\nQuand, au moment du bilan, on évoque le  risque de dérive autoritaire, la réponse du sociologue Godofredo Sandoval fuse d’un trait : « Ce n’est pas un risque, c’est un fait. »  Pour autant, il écarte la possible instauration  d’une nouvelle dictature. « Les universités, le chaudron d’El Alto et la société civile, loin d’être soumis, n’accepteraient pas un nouveau caudillo, même indigène. » \n\nTous ne partagent pas ces craintes. Ancien directeur d’une ONG et vice-ministre des Affaires étrangères durant trois ans (entre 2007 et 2009), Hugo Fernandez, soixante-dix  ans, relativise : « Ne prenez pas les appréhensions de la classe moyenne  urbaine, non dénuées de fondement, pour un rejet du plus grand nombre.  »  \n\nVérification quelques jours plus tard sur l’Altiplano où l’on commémore en grande  pompe la bataille d’Ingavi[[ Le 18 novembre 1841, l’armée bolivienne conduite\npar le général José Ballivian mettait en déroute l’armée péruvienne.]]. Les wiphalas,  étendards indigènes, flottent au vent et les cortèges, fournis et colorés, convergent vers  la grande place de Tiwanaku. À l’écart de la  manifestation, la discussion s’engage avec  des villageois de San Andrès de Machaca.  « Nous appuyons sans réserve le président. Evo cumple (Evo réalise ses promesses)  n’est pas un slogan. Chez nous et dans les  communautés environnantes, l’eau potable est arrivée, des routes et des marchés ont été construits. La vie change. » Aucune voix  dissidente ne s’exprime. \n\nÀ l’évidence, Evo Morales dispose de solides soutiens au sein de la population paysanne  de l’Altiplano. Là, le réflexe identitaire  – « Tenemos un hermano a la presidencia »  (Nous avons un frère à la présidence) – joue à plein. Dans le même temps, l’opposition  politique, éclatée, orpheline d’un leader et  d’un programme, apparaît bien en peine de  proposer une alternative. Bref, Evo Morales semble s’acheminer vers une réélection  tranquille en décembre 2014. Dès lors, on  comprend mal qu’il se fasse le champion  d’un nouvel autoritarisme, sans véritable  nécessité politique."}
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Toutes les associations, syndicats, personnalités ou simples citoyens d’Afrique, d’Europe peuvent rejoindre la mobilisation \"faire vivre l'alternance politique dans les pays africains\". Voici le texte de l'appel : \n\n\n\nA l'agenda : Conférence débat le 3 février à Paris de 18h30 à 20h30, à la Conférence des évêques de France, 58 avenue de Breteuil 75007 Paris. \nPlus d'informations ici\n\n\n« L’Afrique continent de l’avenir ». Le slogan est devenu la tarte à la crème des chancelleries, des médias et des milieux économiques internationaux. Mais de l’avenir de qui parle-t-on ? Celui des investisseurs étrangers et de quelques familles dirigeantes ? \nL’économie internationale a besoin des richesses de l’Afrique, mais elle peut prospérer sans les Africains (plus de 2 milliards de personnes en 2050). Elle le fait d’autant plus facilement que leur parole est confisquée. L’avenir du continent n’appartiendra aux Africains qu’à condition d’une véritable démocratie. Or, pas plus qu’ailleurs, il n’est de démocratie en Afrique sans alternance.\n\nLe pouvoir de père en fils\n\nLes constitutions sont théoriquement les garantes de cette alternance. Fixer une limite au nombre de mandats présidentiels constitue en effet une saine mesure, adoptée par la majorité des pays africains. La disposition est parfois même inamovible. Ces précautions n’ont toutefois pas empêché nombre de chefs d’État de se maintenir au pouvoir, des décennies durant, par une violation répétée des principes démocratiques et dans l’indifférence générale des médias et de l’opinion publique internationale. Dans certains pays africains, de véritables dynasties se sont emparées du pouvoir transmis de père en fils. Douze familles aujourd’hui au pouvoir en Afrique l’étaient déjà en 1990. 87% des Gabonais et 79% des Togolais n’ont connu qu’une seule famille à la tête de l’État !\n\nCes régimes ne jouissent pas moins d’un soutien plus ou moins tacite des dirigeants des autres États. Ils ont réussi à asseoir une légitimité internationale, après la Guerre froide, par une subtile manipulation de la menace terroriste. Au Nord, tout se passe comme si la démocratie était un luxe que les pays d’Afrique ne pouvaient se payer. Il résulte de ces situations des conséquences mortifères pour les sociétés africaines. En témoignent les troubles politiques et militaires qui secouent certains pays. Les citoyens qui se mobilisent pour l’alternance et le respect des règles constitutionnelles et démocratiques paient un lourd tribut à la répression.\nLe souffle démocratique n’est cependant pas près de s’estomper. Les tentatives de succession dynastique ont été mises en échec au Sénégal par les urnes, en Tunisie et en Égypte par les révolutions arabes. Et le cri « Y en a marre ! » venu de Dakar en 2012 résonne bien au-delà du Sénégal. Les rues de Maputo, Bujumbura, Libreville, Kampala, Ouagadougou ou Alger expriment une même aspiration à l’alternance. Un même refus du pouvoir dynastique.\n\nLa menace de coups d’État constitutionnels\n\nDans les années 1990, le vent de constitutionnalisme avait conduit de nombreux pays africains à limiter les mandats et à s’ouvrir au multipartisme. La mobilisation citoyenne interne fut décisive pour contraindre au changement les régimes autoritaires de l’époque, avec le soutien de forces démocratiques extérieures. Aujourd’hui est venu le temps d’une nouvelle alliance entre citoyens d’Afrique, d’Europe et d’ailleurs, pour une nouvelle étape : faire vivre l’alternance.\n\nLe refus de toute manipulation constitutionnelle pour convenance personnelle en est la première pierre. Si, en soi, la révision d’une constitution n’est pas une pratique antidémocratique, sa transformation en instrument de perpétuation d’un pouvoir personnel est aux antipodes des attentes citoyennes et des valeurs affichées par la communauté internationale en termes de promotion de l’État de droit. L’invocation de la stabilité politique et l’artifice de la lutte contre la menace terroriste ne doivent pas faire illusion. Partout dans le monde, l’expérience a montré que le respect des règles démocratiques constitue le meilleur antidote contre l’instabilité politique, les conflits armés et le terrorisme. C’est la solidité des institutions qui garantit la stabilité et non la pérennité du pouvoir personnel.\n\nOr la menace d’un coup d’État constitutionnel se profile en 2015 au Burkina Faso avec Blaise Compaoré, en 2016 au Congo avec Denis Sassou Nguesso et en RDC avec Joseph Kabila, ou encore en 2017 au Rwanda avec Paul Kagamé. Au Togo la succession dynastique a déjà eu lieu en 2005 au prix d’un tripatouillage constitutionnel faisant 800 morts. L’héritier, au mépris du dialogue politique autour des réformes institutionnelles et des recommandations de la Commission Vérité Justice et Réconciliation, s’apprête à se porter candidat pour un troisième mandat.\n\nLes dirigeants ont rendez-vous avec l’Histoire\n\nDans ces pays, les présidents et leur entourage posent des actes qui ne trompent personne sur leur volonté de se maintenir au pouvoir par une manipulation constitutionnelle. Par le passé, de nombreux chefs d’États africains se sont parjurés sur cette question : Gnassingbé Eyadema au Togo en 2002, Idriss Deby Itno au Tchad en 2005, Paul Biya au Cameroun en 2008, Ismaïl Omar Guelleh à Djibouti en 2010, ou Yoweri Museveni en Ouganda en 2010, Abdoulaye Wade au Sénégal en 2012. D’autres ont par contre fait le choix de l’alternance, à l’instar de Jerry Rawlings au Ghana, Mathieu Kérékou au Bénin, Pinto da Costa à Sâo Tomé e Principe, ou encore des présidents Aristides Pereira, Antonio Mascarenhas et Pedro Pires qui se sont succédé aux îles du Cap-Vert. Les dirigeants attirés par la tentation dynastique ont rendez-vous avec l’Histoire : en acceptant l’alternance, ils rendraient le pouvoir à son ultime dépositaire, le peuple, posant un dernier acte marqué du sceau de l’apaisement.\n\nDe son côté, l’absence de réaction de l’opinion internationale serait, pour les régimes africains concernés, un véritable blanc-seing pour imposer, y compris par la violence, une intolérable modification constitutionnelle pour se maintenir au pouvoir. Laisser l’un d’eux perpétrer ce parjure, c’est ouvrir la brèche qui les autorisera tous à s’y engouffrer. Mais l’effet domino peut jouer en sens inverse : après l’alternance sénégalaise en 2012, après le renoncement du président sortant au Mozambique début mars 2014, il est temps d’agir pour obtenir les conditions d’une alternance ailleurs aussi, à commencer par le Burkina, le Burundi et le Togo. Et dans bien d’autres pays, où la mobilisation se cristallise sur des enjeux autres que constitutionnels (l’usage de la biométrie, la liberté de manifestation, l’indépendance des commissions électorales…). L’Europe fut surprise par les révolutions arabes. Elle trahirait ses intérêts et ses valeurs à cautionner par son silence la perpétuation de régimes archaïques au sud du Sahara.\n\nDonner un contenu à l’alternance\n\nPour que le mot alternance ait un sens, il s’agit aussi de lui donner un contenu. C’est bien sûr à chaque peuple qu’il revient de le définir suivant son histoire, sa culture et son imagination créatrice. Mais quelques mesures pourraient ancrer une véritable alternance porteuse de démocratie : transparence sur le budget de l’État, les contrats avec les multinationales et les recettes issues de l’exploitation des ressources naturelles ; respect des normes républicaines dans les nominations aux postes de commandement militaire et policier ; liberté d’opinion, de presse et de manifestation sans préalable autre que l’information de l’autorité administrative ; nomination des magistrats indépendamment du pouvoir politique…\n\nNous citoyens d’Afrique, d’Europe et d’ailleurs, intellectuels, artistes, militants, journalistes, responsables religieux, associations, syndicats, appelons à un large rassemblement pour tourner la page des régimes autoritaires et construire les conditions d’une véritable démocratie en Afrique. Partageant les mêmes valeurs démocratiques et non-violentes, nous sommes déterminés à faire vivre les conditions d’une mobilisation citoyenne pour l’alternance démocratique, dans tous les pays d’Afrique subsaharienne. Il en va du devenir du continent africain.\n\nPour signer l'appel, cliquez ici\nPour en savoir plus, voir le site Tournons la page pour l'alternance démocratique en Afrique\n\n\n\nPremiers signataires : \n\n1. Pour voir les associations et organisations signataires, cliquez ici\n\n2. Personnalités / intellectuels\n\nJean Baptiste Baderha, Journaliste, RDC\nBertrand Badie, Politologue, France\nRichard Banégas, Politologue, France\nJean-François Bayart, Politologue, France\nWilliam Bourdon, Avocat, France\nSylvie Bukhari-de Pontual, Avocate et présidente de la Fédération internationale de l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (Fiacat), France\nMonique Chemillier-Gendreau, Juriste et présidente d’honneur de l’Association européenne des juristes pour la démocratie et les droits de l’Homme dans le monde (AEJDH), France\nNoam Chomsky, Linguiste et philosophe, Etats-Unis\nJohn Christensen, Economiste, Royaume-Uni\nAlex Cobham, Economiste, Royaume-Uni\nChristophe Dabire, Philosophe, Burkina Faso\nMiguel De Barros, Sociologue, Guinée-Bissau\nAlain Deneault, essayiste, Canada\nThomas Deltombe, éditeur, France\nOlivier De Schutter, Juriste, ancien rapporteur spécial de l’ONU pour le droit à l’alimentation, Belgique\nDjibril Diaw, Réalisateur et journaliste, Mauritanie\nMamadou Diouf-Mignane, Coordinateur du Forum social sénégalais, Sénégal\nJean-Pierre Dubois, Constitutionnaliste et président d’honneur de la Ligue des Droits de l’Homme, France\nVincent Foucher, Politologue, France\nFrançois Gèze, Editeur, France\nMichel Griffon, économiste et agronome, France\nDieudonné Hamadi, Réalisateur, RDC\nEva Joly, eurodéputée, ex-présidente de la Commission Développement au Parlement européen, France\nRobert Kabakela, Journaliste, RDC\nBob Kabamba, politologue, RDC / Belgique\nKasereka Kavwahirehi, philosophe, Canada / RDC\nToussaint Kafarhire Murhula sj, poète, RDC\nSamska Lejah, artiste, Burkina Faso\nGustave Massiah, Ingénieur et économiste, France\nAchille Mbembe, Historien, Cameroun\nErnest-Marie Mbonda, Philosophe, Cameroun\nJean Merckaert, Rédacteur en chef de la Revue Projet, France\nStaaf Meyaa, Artiste, Gabon\nOlivier Mongin, Philosophe, ancien directeur de la Revue Esprit, France\nEdgar Morin, Philosophe et sociologue, France\nValentin-Yves Mudimbe, philosophe, écrivain, poète, RDC\nGilbert Mussumba, Président du Comité africain du scoutisme, Burundi\nYoussou Ndour, chanteur, Sénégal\nMaria Nowak, Présidente de l’ADIE, France\nJean-Pierre Olivier de Sardan, Anthropologue, Niger/France\nBoukari Ouoba, journaliste, Burkina Faso\nCécile Renouard, Philosophe, religieuse de l’Assomption, France\nPierre Rosanvallon, Historien et sociologue, France\nPierre Sane, ancien secrétaire d’Amnesty International, Sénégal\nAbderrahmane Sissako, Cinéaste, Mauritanie\nSmockey, Artiste, Burkina Faso\nYouba Sokona, Ancien directeur du Centre africain de politique climatique, Mali\nCheikh Tijaan Sow, Ecrivain, auteur compositeur, Sénégal/France\nMoussa Sow, Anthropologue, Mali\nLouis-George Tin, président du CRAN, France\nJérôme Vignon, président des Semaines sociales de France, France\nChico Whitaker, cofondateur du Forum social mondial, membre de Justice et Paix Brésil, Brésil\nCatherine Wihtol de Wenden, Politologue et sociologue, France\nPatrice Yengo, Politologue et anthropologue, Congo Brazzaville\nArnaud Zacharie, économiste, Belgique"}
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Il se passe dans le Sahara et au large des cotés du Sénégal des choses très graves et que nous ne connaissons pas. Avec l’intensification de la lutte contre l’immigration clandestine, les parcours sont devenus de plus en plus dangereux.\n\n\nDepuis les événements de Ceuta et Melilla [début octobre 2005, des migrants bloqués au Maroc, lassés des échecs de leur tentative pour franchir les grillages qui entourent ces deux enclaves espagnoles, ont tenté un passage par vagues de plusieurs centaines. La police marocaine a tiré à balles réelles, tuant plusieurs d’entre eux, Ndr], les Maliens ont réalisé que nos enfants meurent dans cette aventure.\n\nLa Sahara est un grand cimetière\nPasser par le Sahara, c’est la route de la mort. Les transporteurs livrent parfois leurs passagers à la police plutôt que de perdre leur argent à les transporter pour rien puisque le passage est impossible. Quand ils ne les déversent pas en plein désert ! Le Sahara est un grand cimetière.\n\nCeux qui arrivent en Algérie avec un passeport malien, après trois mois se retrouvent en situation irrégulière [les détenteurs de passeport malien peuvent entrer sans visa en Algérie et y séjourner légalement trois mois, ndr]. Ils trouvent du travail pour payer la suite de leur parcours, mais il vivent comme des rats. Leurs droits ne sont pas respectés, ils sont en proie à des employeurs peu scrupuleux, ils sont harcelés par la police, ils n’ont pas accès aux soins, habitent dans des camps. Aujourd’hui, 50 000 migrants sont bloqués au Maghreb !\n\nEnsuite, pour passer en Espagne, c’est une autre mafia. D’autres arnaques. Les passeurs prennent les passeports. Les noyades sont fréquentes. Depuis que la route via Ceuta et Melilla est devenue quasiment impraticable, les migrants tentent de passer par les îles Canaries depuis le Sénégal. Mais c’est encore plus dangereux. Plusieurs milliers de jeunes sont morts en quelques mois !\n\nL’Algérie refoule des clandestins par centaines chaque semaine. Mais elle ne les renvoie pas chez eux, elles les déversent dans le désert. Les refoulés sont bloqués sans papier, sans argent à la frontière, à Gao ou à Bamako. Cette politique crée une situation d’urgence humanitaire !\n\n\nDes conditions d'expulsion indignes de la France\nUne fois en Europe, ce n’est pas aussi simple que les passeurs le prétendent. C’est le début d’un autre cauchemar. L’entrée dans la clandestinité. Le risque devient judiciaire : arrestation, rétention, expulsion, retour au pays dans des conditions lamentables.\nConcernant les migrants, la notion de droit n’existe plus en Europe. On ramasse les gens dans la rue. On ne donne pas aux clandestins la chance d’avoir accès à un conseil juridique. De contacter leur famille. Ces conditions ne sont pas dignes de la France. Il y a un minimum à respecter, ce ne sont pas des criminels. Il ne faut pas s’étonner si les relations se chargent de haine envers la France.\n\nÉmigrer, un acte de désespoir\nNous essayons de sensibiliser ceux qui veulent partir aux dangers du parcours. L’Union européenne cofinance des programmes de sensibilisation, mais la stratégie de la peur ne fonctionne pas. On ne propose pas d’alternative. Au mieux, on aide les migrants à s’armer psychologiquement pour affronter les dangers auxquels ils seront confrontés. Ils savent qu’ils risquent leur vie, mais pour eux, c’est toujours mieux que de ne rien tenter et de rester chez eux comme une charge, sans pouvoir aider leur famille. Un jeune dans la force de l’âge qui n’a rien à faire, qui voit ses parents fatigués, qui se sent inutile… nourrit peu à peu le dessein de partir. Émigrer, c’est un sacrifice, un acte de désespoir, presque un suicide. Le vrai problème, c’est celui de la pauvreté, de l’insertion sociale, de l’emploi.\n\nNotre mission c’est d’amener les jeunes à réfléchir, à se poser les questions. L’émigration est-elle une source d’enrichissement ou d’appauvrissement ? Mais je n’ai aucun droit de leur dire de renoncer. La mobilité c’est leur droit. J’essaie simplement de leur dire, « Ne vous condamnez pas à prendre la route de la mort. Essayez d’obtenir un visa ». Mais c’est devenu quasiment impossible.\nBeaucoup de ceux qui ont pris la route, ou qui sont passés en Europe voudraient rentrer, mais ils n’en ont pas les moyens. Surtout, ils ne peuvent pas revenir sans rien ramener, c’est un échec, une honte pour eux, un déshonneur pour la famille. Ils sont endettés, leur famille a vendu des terres ou des biens pour qu’ils puissent partir. Impossible pour eux de revenir bredouille. C’est un piège !\n\nLa priorité, c'est de leur proposer des alternatives, des solutions pour trouver un emploi, des ressources, un avenir au Mali. \n\nBamako, novembre 2006 \n\nMamadou Diakité est  fondateur de l'association Aide\nIl sera invité à la Campagne de Carême 2007 du CCFD"}
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L’Institut anime également des activités éducatives multiculturelles dans les écoles, via des publications pédagogiques reconnues par le ministère de l’Education nationale. \n\nUn écosystème bouleversé\n\nMais aujourd’hui, la culture des Dayaks est durement menacée par la déforestation qui ravage leurs terres ancestrales, l'un des écosystèmes les plus riches en biodiversité de la terre. \n\n \n\n« Les traditions, les rituels, la médecine, bref l’identité des Dayaks est étroitement liée au cycle agricole et à leur gestion des ressources naturelles. L’extinction de leurs pratiques agricoles et forestières entrainera irrémédiablement l’extinction de leur culture », alerte Benyamin Efraim, directeur de l’Institut Dayakologi. \n\nEn cause : l’exportation des bois tropicaux, l’expansion des industries minières et la démultiplication des plantations de palmiers à huile pour répondre à la demande mondiale en agro-carburant. \n\nSans compter la chute des prix du caoutchouc. « Les Dayaks ont longtemps cultivé l’hévéa pour s’assurer un revenu monétaire de base qui leur permettent d’accéder à certains biens de consommation et services, comme envoyer leurs enfants à l’école,  explique Nicolas Heeren, chargé de Mission du CCFD-Terre Solidaire pour l’Indonésie. Mais au cours de ces trois dernières années, les prix du caoutchouc ont chuté de 70%. Beaucoup en viennent à vendre leurs terres aux compagnies de plantations de palmiers, pour, une fois leur maigre capital dépensé, se faire embaucher sur ces mêmes terres comme journaliers ou journalières ».\n\nLes impacts de la déforestation sont déjà prégnants. Certaines variétés de fruits se raréfient. La chasse et pêche se font plus difficiles.  \n\nL’irrégularité et l’imprévisibilité des saisons  affectent les récoltes. Encore récemment, environ 75% de la communauté pouvait couvrir ses besoins annuels en riz. Mais la production de ces dernières années a quasiment diminué de moitié. « Le risque, à terme, est que les Dayaks dépendent du riz vendu chèrement sur les marchés ou du riz distribué aux pauvres par le gouvernement mais dont la valeur nutritionnelle est très faible. Ce qui pourrait déboucher sur une vraie crise alimentaire » souligne Benyamin Efraim. \n\nLe réseau hydrographique se trouve également perturbé avec des moments de sécheresse qui provoquent des pénuries d’eau potable ou à l’inverse, des inondations autrefois inconnues. \n\nEt avec la détérioration de l’air, on assiste à une augmentation des maladies au sein des populations. \n\nRenforcer la gestion des ressources naturelles\n\nConfronté au double enjeu de préserver la culture Dayak tout en atténuant les effets du changement climatique, l’Institut Dayakologi s’est lancé, avec le soutien du CCFD-Terre Solidaire, dans un projet pilote de renforcement de la gestion de ressources naturelles, en pariant sur la réappropriation de méthodes traditionnelles qui ne sont plus transmises avec la même vigueur qu’autrefois. Le projet concerne deux communautés du Kalimantan occidental.\n\n \n\nDans le hameau de Segumon, seule une petite moitié des Dayaks conserve encore leurs connaissances coutumières et nombreux sont ceux et celles qui se sont résignés à travailler dans les plantations de palmiers à huile. \n\nDans le village de Tae, en revanche, aucune grande plantation de palmiers à huile ne s’est implantée. Il possède encore des territoires ancestraux vierges. Les populations autochtones locales ont conservé leurs savoir-faire traditionnels et l’esprit du travail collectif. Autre atout, les autorités locales semblent disposées à lui donner le statut de « Desa Adat », autrement dit le statut de « village traditionnel », ce qui, en lui assurant  une certaine autonomie dans la gestion des ressources naturelles, pourrait contribuer à en faire un «  village modèle ». La menace d’une arrivée imminente de plusieurs sociétés minières pèse cependant sur la communauté. \n\nPour ces deux sites, l’Institut Dayakologi prévoit notamment la réalisation d’une cartographie participative des domaines ancestraux, autrement dit une cartographie qui rende compte de la perception que les Dayaks ont de leurs ressources tant naturelles que socioculturelles. \n\nSes objectifs ? Faciliter l’élaboration d’une convention interdisant la vente des terres  ancestrales à des intervenants extérieurs et, inclure dans les règlements des villages des stratégies contribuant à atténuer les effets du dérèglement climatique. \n\nAu programme également : des formations techniques encourageant les Dayaks à diversifier leurs productions. La encore, l’objectif est double : générer des sources de revenus alternatives à l’hévéa – comme le poivre ou le gingembre rouge - mais aussi améliorer la sécurité alimentaire des populations. \n\nBénédicte Fiquet"}
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L'Alliance a été lancée lors du Sommet de l'ONU sur le climat en septembre 2014 afin de créer une plateforme multi-acteurs sur les enjeux agricoles et climatiques. Mais celle-ci est largement dominée par les Etats du Nord et les multinationales de l'agro-business. Pour Action Contre la Faim France, le CCFD-Terre Solidaire, Oxfam France et le Réseau Action Climat, ce Forum constitue un énième exercice de communication et de greenwashing des enjeux agricoles, au détriment des populations qui souffrent d'insécurité alimentaire. Et élude la question centrale : comment réformer en profondeur les modèles agricoles pour qu'ils soient en mesure de nourrir le monde, tout en respectant l'environnement et les droits humains ?\n\n\n\nLa GACSA réunit aujourd'hui 130 acteurs : Etats, secteur privé, organisations internationales, société civile et centres de recherche. Depuis l'année dernière, 43 nouveaux membres ont rejoint la GACSA, confirmant des déséquilibres importants en termes de représentativité au sein de l'Alliance. En effet, sur les 22 Etats membres de la GACSA, 13 sont des Etats du Nord ; et 80% des membres appartenant au secteur privé sont des acteurs du secteur des intrants chimiques et des multinationales de l'agrobusiness [[Climate-Smart revolution... or a new era of green-washing?, CIDSE, mai 2015 et mise à jour janvier 2016]]. \n\nPar ailleurs, malgré des alertes répétées de plus de 300 organisations de la société civile[[La société civile a lancé un appel en septembre 2015 : http://www.climatesmartagconcerns.info/]], aucune démarche n'a été engagée pour définir les pratiques qui seront promues par l'Alliance ; et rien n'a été fait pour en mesurer l'impact afin d'exclure celles qui nuisent tant à la sécurité alimentaire qu'au climat. Cette question n'est pas non plus à l'ordre du jour du Forum qui s'ouvre aujourd'hui. Dénuée de cadre de redevabilité et de suivi, la GACSA englobe ainsi des modèles agricoles extrêmement différents - de l'agro-écologie à la promotion des OGM - et dont les impacts environnementaux sociaux et économiques varient. Sous couvert d'innover pour faire face aux dérèglements climatiques, la GACSA fait l'apologie de pratiques agricoles largement mises en avant par les lobbies agro-industriels [[Voir L’agriculture «climate smart» : L’alibi climatique au service de l’industrie agroalimentaire -  RAC, ACF, AVSF, CCFD-Terre Solidaire, Gevalor, Oxfam France, Peuples Solidaires, Secours Catholique, WECF – mai 2015 -  http://www.rac-f.org/IMG/pdf/Fiche_climate_smart_agri.pdf]]. Au final, ce second Forum relève plus d'un exercice de communication verte lors duquel la France prévoit pourtant de présenter son « projet agroécologique ».\n\nL'Alliance ne souhaite pas non plus rester en marge des espaces officiels onusiens et tente de diffuser et d'imposer son agenda. Ainsi, les évènements GACSA se sont multipliés depuis un an au Comité sur la Sécurité Alimentaire Mondiale ou dans le cadre des négociations climat, telles que la COP21, le SBSTA et la COP22 à venir. Alors qu'il apparait urgent que les Etats définissent les pratiques agricoles qu'il faudra soutenir afin d'agir sur l'un des secteurs les plus émetteurs de gaz à effet de serre (1/4 des émissions dues à l'homme) mais également fortement impacté par les dérèglements climatiques, le lobbying de la GACSA pourrait venir dévoyer le débat.\n\n Le CCFD-Terre Solidaire, Oxfam France, ACF France et le Réseau action climat réitèrent  leur  appel à la cohérence, notamment de la part du gouvernement français. Si la France souhaite réellement être porteuse de l'agroécologie comme solution à la lutte contre les dérèglements climatiques, alors le forum annuel de la GACSA n'est pas le lieu pertinent pour cela. A l'inverse, elle doit poursuivre la dynamique lancée par le Symposium sur l'Agroécologie organisée à la FAO en 2014 et travailler sur les critères permettant de circonscrire les pratiques agricoles qui bénéficient tant au climat qu'à renforcer la souveraineté alimentaire des populations. C'est la seule façon de s'assurer que les actions engagées dans l'agriculture aient un impact positif pour notre environnement et pour les plus de 795 millions de personnes qui aujourd'hui souffrent de la faim dans le monde.\n\n\nContacts presse :\n\n- Action contre la Faim : Julia Belusa,  jbelusa@actioncontrelafaim.org  - 01 70 84 72 22 / Karima Zanifi, kzanifi@actioncontrelafaim.org - 01 70 84 72 37 / 07\n- CCFD-Terre Solidaire : Karine Appy, k.appy@ccfd-terresolidaire.org - 06 66 12 33 02 / 01 44 82 80 67\n- Oxfam France : Sarah Roussel, sroussel@oxfamfrance.org - 01 85 34 17 56"}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/evasion-fiscale-le-parlement-europeen-doit-oser-la-transparence/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/evasion-fiscale-le-parlement-europeen-doit-oser-la-transparence/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Evasion fiscale : le Parlement européen doit oser la transparence","datePublished":"2015-07-07T10:17:55+00:00","dateModified":"2024-09-25T15:31:14+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/evasion-fiscale-le-parlement-europeen-doit-oser-la-transparence/"},"wordCount":540,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Communiqués de presse","Justice économique","Paradis fiscaux"],"inLanguage":"fr-FR","description":"Mercredi 8 juillet le Parlement européen se prononcera sur la Directive Droit des Actionnaires, qui contient une mesure clé de la lutte contre l’évasion fiscale des entreprises multinationales. \n\n\n\nEn effet, le 7 mai dernier la commission juridique du Parlement a introduit dans ce texte un amendement qui obligerait les grandes entreprises multinationales à rendre publiques des informations concernant leurs activités et les impôts qu’elles payent dans chacun des pays où elles sont présentes, une proposition connue sous le nom de « reporting pays par pays ». \n\nAlors que les banques françaises et européennes sont déjà soumises à cette obligation  [[Article 7 de la loi bancaire n° 2013-672 du 26 juillet 2013 et article 89 de la directive 2013/36/UE du 26 juin 2013]] et que la Commission européenne a elle-même indiqué au moment de la sortie de son premier paquet pour la transparence fiscale en mars 2015 que cette mesure « pourrait  placer [les entreprises multinationales] sous le regard du public et résulter en une meilleure compréhension de leur pratique fiscale » [[http://ec.europa.eu/taxation_customs/resources/documents/taxation/company_tax/transparency/com_2015_136_en.pdf ]], certains groupes parlementaires et notamment le groupe ALDE restent réfractaires à cette mesure. \n\n« La transparence est un premier pas incontournable dans la lutte contre l’évasion fiscale. Nous avons besoin de ces informations pour savoir si les entreprises payent leurs impôts là où elles exercent réellement leurs activités et non dans des paradis fiscaux où leur présence se réduit à des boites postales. Nous ne devons notre connaissance du problème qu’au courage de certains lanceurs d’alerte, journalistes et organisations de la société civile. Les eurodéputés doivent maintenant prendre leur responsabilité », indique Lucie Watrinet, du CCFD-Terre Solidaire, coordinatrice de la Plateforme Paradis Fiscaux et Judiciaires.\n\nLes hésitations des eurodéputés libéraux sont d’autant plus difficiles à comprendre qu’une étude d’impact de la Commission européenne d’octobre dernier a montré que cette mesure ne devrait pas avoir d‘impacts négatifs sur la compétitivité et l’investissement [[http://www.ipex.eu/IPEXL-WEB/dossier/document/COM20140676.do]] . Au contraire, elle pourrait décourager les montages fiscaux les plus néfastes, valoriser les entreprises qui ne sont pas familières de ces pratiques, à commencer par les petites et moyennes entreprises. \n\nAlors que les 6 derniers mois ont à nouveau été ponctués de scandales fiscaux, la Plateforme Paradis Fiscaux et Judiciaires encourage donc fortement les eurodéputés à saisir cette opportunité historique et à confirmer leur engagement dans la lutte contre l’évasion fiscale en se prononçant en faveur d’un reporting pays par pays public lors du vote en plénière du 8 juillet. \n  \n\n\nMembres de la Plateforme Paradis fiscaux et judiciaires :\nLes Amis de la Terre -  Anticor - Attac France - CADTM France  – CCFD-Terre Solidaire - CFDT - CGT - CRID  - Droit pour la justice –Observatoire citoyen pour la transparence Financière Internationale - Oxfam France – Justice et Paix - Réseau Foi et Justice Afrique Europe - Secours catholique Caritas France - Sherpa - Survie - Syndicat de la magistrature – Solidaires Finances Publiques - Transparency International France (www.stopparadisfiscaux.fr)"}
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Il explique son choix.\n« Pendant vingt-neuf ans, nous avons créé trois boutiques en ville. Nous fabriquions déjà des biscuits à partir de farine de gaudes, une farine de maïs spécifique à la Bresse. L’idée d’ouvrir la biscuiterie a mûri six ou sept ans, pendant lesquels nous avons suivi le parcours classique du créateur d’entreprise. Établir une gamme de produits du terroir à base de biscuits de gaudes, c’était revenir aux sources. Nous étions dans une dynamique de produits naturels sans conservateurs, c’est-à-dire de produits sains. Dans cette logique, le choix du bio allait de soi. Il nous a fallu trouver des fournisseurs bio du coin, ce qui s’est révélé difficile car il en manque dans l’Ain. Par exemple, nous devons chercher notre beurre dans le Doubs, voire en Bretagne.\nNotre démarche est bien perçue par nos clients. On nous explique qu’il faut arrêter de manger tout et n’importe quoi. 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Si l’on continue de construire sur des terres agricoles, si de gros agriculteurs prennent encore plus de terres, comment les jeunes agriculteurs feront-ils pour s’installer ? »\nC’est en pensant « à l’avenir et aux jeunes » que Colette a souscrit chez Terre de liens, avec la conviction de faire ainsi oeuvre utile pour l’avenir de l’agriculture.\n\n\nVincent Maas, parent d’élève\nIl défend le bio à la cantine de l’école\n\nVincent Maas est le père de deux enfants qui fréquentent une école associative diwan (pratiquant le bilinguisme breton-français) à Paris. Il est un ardent défenseur du bio à la cantine de l’école.\n« Dernièrement, il y a eu une augmentation tarifaire à cause de la hausse des coûts de matières premières de 3,5 %. En cette période difficile, cela commence à coûter trop cher pour certains parents et la poursuite de l’expérience de la cantine bio, décidée il y a deux ans, est en débat.\nLe jeu en vaut la chandelle. Avec la certification bio, on échappe aux pesticides et aux OGM. Les produits n’ont pas la même texture et ont meilleur goût. Cela rejoint aussi des préoccupations plus globales comme l’éducation au goût. La filière bio offre une diversité de production assez large avec des produits habituellement pas consommés comme le panais.\nLe bio à la cantine constitue pour ma compagne et moi le prolongement d’une démarche personnelle. Nous sommes adhérents d’une AMAP et d’un groupement de consommateurs en circuit court. L’expérience permet aussi aux autres enfants de l’école d’avoir accès à un repas bio sur trois dans la journée ».\n\n\nMarie-Édith Auger, faucheuse volontaire\n« On n’est pas d’accord ? Il faut le dire haut et fort »\n\nFille d’agriculteur, mère de deux filles, Marie-Agnès a été relaxée par le tribunal de Chartres mais a été condamnée à un mois de prison avec sursis et 90 € d’amende, pour le fauchage de la première plantation de maïs commercial transgénique à St-Hilaire, en Haute-Garonne. « Nous, les produits chimiques, cela n’a jamais été vraiment notre truc. Et quand j’ai entendu parler des OGM la première fois, cela m’a paru vraiment suspect. J’ai entendu José Bové qui dénonçait la mainmise des multinationales sur le vivant et le fait que les pays pauvres seraient anéantis. Et donc lorsqu’il a été mis en prison, moi je me suis dit : \"Ce n’est pas normal qu’il soit le seul à supporter ce combat alors que l’on est presque des millions à penser la même chose\". Et je me suis inscrite faucheuse volontaire sur le Larzac en 2003. (...) Pour moi, les OGM, c’est une technologie de mort. On ne doit pas laisser faire ça. Si on n’est pas d’accord, il faut le dire haut et fort. Gandhi disait : \"Ne rien faire, laisser faire, c’est mettre sa conscience en prison.\" Il le dit mieux que ça, mais c’est l’esprit. (...) »\n\nExtrait de l’ouvrage collectif Faucheurs volontaires, association Les Dessin’acteurs, 2010\n\n\nDamien Leroy, agriculteur céréalier en conversion\nProducteurs-consommateurs : un lien « à nourrir humainement »\nAu coeur de la Beauce, il y a quatre ans, Damien Leroy décide de convertir progressivement son exploitation à l’agriculture biologique et de développer du maraîchage. Une remise en question issue de ses vingt ans d’expérience dans l’agriculture conventionnelle et de son engagement actif au MRJC puis au CMR.\n« Je me suis rendu compte des limites du système dans lequel j’étais. Ici, dans la Beauce, il y a un agriculteur pour 140 hectares ! Dans une période où il y a de plus en plus de chômage, cela pose question. Dans d’autres régions, avec des terres moins bonnes et des exploitations plus petites, il y a une effervescence et les gens arrivent à vivre ». Sur 140 hectares, Damien consacre aujourd’hui six hectares au maraîchage et un tiers de la surface en bio.\nAttiré de longue date par le maraîchage, il a rejoint également un groupement d’agriculteurs qui vend des paniers bio sur Paris et Orléans et dont il partage l’éthique et le but : permettre aux agriculteurs de se rémunérer correctement tout en respectant la terre et le consommateur. Pour Damien, il est important que les consommateurs puissent avoir un lien presque affectif avec ce qu’ils mangent, le terrain et l’agriculteur."}
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Lors du colloque du CCFD-Terre Solidaire \"Gouvernance et responsabilité, propositions pour un développement humain et solidaire\", le 9 décembre, à Paris, il a décrypté les défis qui attendent les nouveaux acteurs de la société civile tunisienne. \n\n\n\n« Les changements qu’a connus la région arabe nourrissent des interrogations quant à leur nature. Après avoir salué la révolution, beaucoup d’observateurs se montrent inquiets de la tournure politique, issue notamment du résultat des urnes. L’histoire nous a pourtant appris qu’il s’agit de processus lents, ponctués de moments de crise, d’instabilité, parfois à des dérives autoritaires ou des consolidations démocratiques. Ces changements, nous, militants associatifs des droits de l’homme, nous les avons rêvés, espérés, vécus… mais ne les avons jamais pensés.\n\nLes grilles analytiques utilisées pour décrire la société arabe doivent être révisées de manière systématique. La logique de la stabilité et de la sécurité a montré ses limites et est toujours en porte-à-faux de l’évolution de la société. Les événements, quoique imprévisibles, ne sont pas nés du néant. Ils sont le fruit d’une évolution sociale lente.\n\nLes révolutions ont levé le voile sur un environnement humain en changement, porté par des tendances lourdes, comme la transition démographique, l’urbanisation, le développement des NTIC (Nouvelles technologies de l’information et de la communication), qui ont fait émerger de nouveaux acteurs et modes de contestation sociale. À travers ces évolutions, c’est le constat de l’émergence d’un individu nouveau attaché à sa dignité et à sa liberté qu’il faut mettre en lumière.\n\nParmi les nouveaux acteurs de la contestation, il faut prendre en compte l’apparition d’une génération nouvelle et nombreuse qui se démarque par de forts taux de scolarisation y compris des femmes. 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La carte politique tunisienne s’est totalement transformée avec ces nouveaux acteurs.\n\nIl faut également souligner le rôle essentiel joué par les syndicalistes, ceux des sections locales, qui se sont largement différenciés des décideurs. Militants de base, ils ont eu la capacité de transformer des mouvements locaux en mouvements visibles. Les avocats ont joué également un rôle déterminant et leur soutien à la révolution s’est manifesté à la fois à titre individuel et militant mais également en tant que corps constitué. Enfin, le tableau serait incomplet si l’on omettait les artistes de la région, rappeurs, peintres, acteurs, écrivains qui ont travaillé le terrain de la contestation depuis de nombreuses années, non sans difficultés.\n\nIl importe de considérer l’ensemble de ces groupes et individus comme des acteurs qui luttent pour une société démocratique. Il me semble qu’il faut, d’une part, soutenir ces forces citoyennes mais sans trop affaiblir l’État. Cela passe nécessairement par la mise au point de mécanismes qui protègent la démocratie et les droits et libertés fondamentaux indépendamment du pouvoir en place. D’autre part, la question sociale doit être intégrée au processus démocratique pour ne pas le bloquer. À ce titre, il faut souligner que l’économie n’apparaissait pas dans les débats en Tunisie. Elle s’invite désormais par des biais divers : la corruption, le constat de la profondeur des inégalités sociales et régionales. La révolution a permis aux Tunisiens de redécouvrir la pauvreté car les chiffres étaient truqués.\n\nAprès la période révolutionnaire, la question est désormais de savoir quelle sera la place de la société civile, au sens large, dans la transition démocratique. Les défis et combats qui s’ouvrent à nous sont nombreux : l’égalité des relations hommes-femmes, la rupture des générations, les réformes constitutionnelles, la question sociale, l’institutionnalisation de la volonté du peuple, la question de l’histoire et de la mémoire, et celle du pluralisme et de la diversité.\n\nCette société civile, multiple et variée, composée d’organisations, certaines très récentes et d’autres beaucoup plus anciennes, doit apporter sa contribution aux projets nationaux à travers le débat, le dialogue avec les institutions nationales et les interlocuteurs internationaux. Il est vrai que les ONG des droits de l’homme  ont un rôle spécifique pour aider à traduire en justice les auteurs de discriminations, de violence politique.\n\nIl y a également des situations nationales très différentes, les changements ne peuvent pas être exportés même si le combat commun en faveur de la démocratie doit se perpétuer. 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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/en-republique-centrafricaine-les-enfants-des-rues-sont-appeles-godobes/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/en-republique-centrafricaine-les-enfants-des-rues-sont-appeles-godobes/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"En République Centrafricaine, les enfants des rues sont appelés « Godobés »","datePublished":"2009-10-10T00:00:00+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/en-republique-centrafricaine-les-enfants-des-rues-sont-appeles-godobes/"},"wordCount":598,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Projet"],"inLanguage":"fr-FR","description":"Un grand nombre de ces enfants sont orphelins, partiel ou total. Les parents ont souvent été touchés par la pandémie du sida qui ne cesse de faire des victimes dans la population.\n\n\n\nOn fait remonter l'origine de cette appellation à M.Godobé, commerçant qui a commencé par faire travailler et à aider quelques enfants abandonnés. Par la suite, un certain nombre d'enfants allèrent chercher de l'aide auprès de lui. Ces enfants sont devenus  ceux qui traînent chez M.Godobé, d'où leur nom. Une étude de l'Unicef permet de dégager un certain nombre de caractéristiques concernant les enfants vivant ou travaillant dans la rue ; les principales sont les suivantes :\n\n Ce phénomène est essentiellement masculin (87% de garçons contre 13% de filles). L'âge des enfants varie entre 2 et 17 ans. La moyenne d'âge est de 13,3 ans. Les enfants les plus jeunes sont ceux qui accompagnent généralement les handicapés ou mendiants. 88% ont déjà été scolarisés parmi eux, 10% ont été jusqu'au secondaire.  32% déclarent avoir déjà passé plusieurs années dans la rue et 19% disent n'y être que depuis quelques jours.   \n\n\nUn grand nombre de ces enfants sont orphelins, partiel ou total. Les parents ont souvent été touchés par la pandémie du sida qui ne cesse de faire des victimes dans la population.  Les enfants vivent dans un climat de violence ; violences entre eux et violences des adultes à leur égard. L'insécurité ne leur permet pas de dormir de façon régulière. Leur situation médicale est généralement préoccupante. Ils sont victimes de différentes maladies dues aux mauvaises conditions d'hygiène et au manque de soins. \n\n\nDepuis 2000, 5 associations soutenus par le CCFD-Terre solidaire, qui œuvrent en faveur des enfants de la rue, se sont organisées en réseau (RFERC) pour améliorer et coordonner leurs actions. Ces associations sont : Centre Saint-Gabriel, la Voie du Cœur, le Centre Don Bosco, la Caritas, la Maison d'accueil des orphelins de Bimbo, auxquelles  se sont joints l'association Demain la Vie, spécialisée dans la sensibilisation au sida, et l'association Action Chrétienne pour la Compassion (ACC). \n\n\nLe réseau compte donc en 2008, sept associations. Chacune de ces organisations intervient à une ou plusieurs étapes de l'accompagnement des enfants de la rue : identification, écoute, accueil, soins médicaux, et vestimentaires, réinsertion familiale, soutien aux familles démunies, réinsertion scolaire ou insertion professionnelle par le biais de l'apprentissage... C'est cette diversité qui fait tout l'intérêt du réseau car elle permet de mettre au service des enfants toutes les compétences et les savoirs faire complémentaires des différentes associations. Le réseau RFERC n'a commencé à être opérationnel qu'en 2003. \n\n\nIl est donc essentiel de mesurer le chemin parcouru ces cinq dernières années. La pérennité des actions menées dépend de la capacité des membres à se structurer collectivement pour atteindre rapidement une autonomie financière. Le réseau a bénéficié d'un financement régulier de la part du CCFD-Terre solidaire. Depuis 2003, ce sont plus de 40 000 enfants qui ont été ainsi accompagnés. \n\n\nNos coups de coeur \n\n\nLe CCFD-Terre solidaire à produit 2 films réalisés par Aferdite Ibrahimaj : \n\n Le Réseau en Faveur des Enfants de la Rue de Centrafrique - REFERC (19 min.) Les enfants de la Rue en Centrafrique (54 mn.)"}
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Un programme définitif vous sera distribué le premier jour du forum.\n\n ces activités sont celles inscrites par le CCFD-Terre Solidaire – le CCFD-Terre Solidaire participera à d’autres activités d’organisations partenaires ou alliées. ce document ne reprend que les activités auto-organisées du 08 et 09 février. Le programme des assemblées pour l’action, prévues le 10 et 11 février, sera défini sur place.\n\n\n\nMIGRATIONS\n\n\n1/ La chaine de sécurisation et d’appui aux migrants sur les routes du Sahara, d’Alger à l’Afrique côtière\nCet atelier souhaite montrer comment, d’Alger à l’Afrique côtière et centrale, les associations et missions se sont jointes pour venir en aide aux migrants en déshérence sur les routes sahariennes. Il s’agira de faire partager les efforts de construction de contre-pouvoir collectif de la société civile dans cette zone Maghreb-Sahel suite à la Rencontre de Gao de 2009.\n\n\nOrganisations impliquées : CCFD-Terre Solidaire, ABCDS Maroc, Rencontre et Développement Algérie, Caritas Nouadhibou-Mauritanie, Alternatives Espace Citoyens Niger Date et horaires indicatifs : 7 février – 16h-19h\n\n\n2/ Frontières, zones de fractures ? Analyse comparative frontières UE-Maghreb-Sahel et USA-Mexique- Guatemala\nCet atelier a pour objet de comparer les deux zones UE-Maghreb- Sahel et USA-Mexique-Guatemala, zones de fortes pressions migratoires dans lesquelles les frontières sont vécues quotidiennement par les migrants comme de véritables fractures. Il s’agira pour les acteurs de ces différentes zones de pouvoir partager leur analyse et leurs activités d’acteurs de société civile et envisager des convergences.\n\n\nOrganisations impliquées : CCFD-Terre Solidaire, ABCDS Maroc, Alternatives Espaces Citoyens Niger, Enlace Mexique Date et horaires indicatifs : 8 février – 16h-19h\n\n\n3/ Quelles alternatives économiques au départ systématique ? La mobilisation collective des jeunes rapatriés ou refoulés\nPlus de 5000 jeunes migrants ont été rapatriés au Sénégal des îles Canaries depuis 2006. Certains d’entre eux se sont organisés collectivement pour se réinsérer et retrouver leur place chez eux, suite aux situations dramatiques qu’ils avaient vécues. Cet atelier leur permettra de témoigner et de montrer comment ensemble il est possible de trouver des alternatives au départ, pour que ce départ en migration soit le résultat d’un véritable choix.\n\n\nOrganisations impliquées : CCFD-Terre Solidaire, Caritas Dakar Sénégal, SIDEB Sénégal, GIE des migrants de Mbour Sénégal, GIE And Tokk Liguey Kayar Sénégal\n\n\n4/ Pôles émergents : pôles d’attraction des migrants ? Comparaison Brésil / Afrique du Sud / Thaïlande\nLe Brésil, l’Afrique du Sud et la Thaïlande deviennent progressivement des pôles émergents qui attirent de plus en plus de migrants des différents continents. Ces arrivées de migrants, massive pour l’Afrique du Sud, plus modérée pour le Brésil, posent de véritables questions d’accueil, d’intégration et de vivre-ensemble de ces arrivants dans ces nouvelles sociétés d’accueil. Il s’agira de comparer les expériences de chacun et d’analyser les possibles convergences.\n\n\nOrganisations impliquées : CCFD-Terre Solidaire, ARESTA Afrique du Sud, CAMI Brésil, GHRE Thaïlande Date et horaires indicatifs : 9 février – 16h-19h\n\n\n5/ Dans le Sahara comme au Brésil, la migration africaine dans la mondialisation\nDes acteurs engagés analysent les dynamiques de mobilité des populations africaines dans deux zones du monde situées au coeur des nouveaux processus de circulation et des mutations de la géographie des migrations :\n- Brésil, pôle émergent d’attraction et d’accueil de migrations internes et internationales, - Sahara et Bassin Méditerranéen, zones de fracture et de tensions au sud d’une Europe qui se ferme.\n\n\nIntervenants : Acacio ALMEIDA - Casa das Africas (Brésil), Date et horaires indicatifs: 8 février – 08h30-11h30\n\n\nSOUVERAINETE ALIMENTAIRE\n\n\nDeux sous-thématiques ont été définies pour la mobilisation du CCFD-Terre Solidaire à l’occasion du FSM de Dakar : la question foncière, et la volatilité des prix.\n\n\n1/ Quelle contribution de la société civile pour une nouvelle gouvernance foncière à l’échelon national ?\nL’accaparement des terres met en lumière le manque de prise en compte des droits des communautés locales et l’absence de consultation des populations et organisations de la société civile dans les lois et réglementation foncières. Ce phénomène met également en exergue l’absence, dans de nombreux pays, de règles d’accès au foncier légitimes et partagées par tous. Entre confrontation et collaboration, quelles leçons tirer (avancées, blocages, stratégie à adopter) des expériences de la société civile en dialogue avec les gouvernements et les acteurs privés pour réformer la gouvernance foncière ?\n\n\nOrganisations impliquées : Instituto Mayor Campesino (IMCA Colombie) ; Federacao de orgaos para assistencia social e educacional (FASE Brésil) ; Synergie paysanne (Bénin) ; Forum des Amis de la Terre (FAT, RDC) ; Servicios Juridicos y Sociales (Serjus, Guatemala) ; Mooriben (Niger) ; Palestinian Farmers Union (PFU, Palestine) ; Asian Human Rights Commission (AHRC Asie du sud-est) ; SERPAJ (Paraguay) ; Land Center for Human Rights (LCHR, Egypte) ; Peuples solidaires (France) ; ACORD (Afrique) ; Collectif défense des terres malgaches Tany (France) ; Broederlijk Delen (Belgique) ; Entraide et Fraternité (Belgique) ; Réseau Foi et Justice Afrique-Europe ; ENDA Europe ; Les Amis de la Vie (France) ;\n\n\nDate et horaires indicatifs : 9 février – 16h-19h Dossier de Presse Forum Social Mondial Dakar 2011\n\n\n2/ Réguler les marchés agricoles et lutter contre la volatilité des prix à l’occasion du sommet du G20\nDepuis la crise de 2007/08, la volatilité des prix agricoles semble devenir un phénomène durable auquel sont confrontés producteurs et consommateurs du monde. La lutte contre la volatilité a été annoncée par la présidence française du G20 comme une priorité. A travers les interventions, il s’agira de voir quels sont les facteurs de la volatilité actuelle et les conséquences sur les consommateurs et les producteurs ; comment la constitution et la gestion concertée de stocks régionaux et internationaux peuvent limiter la volatilité ; comment lutter contre la spéculation sur les marchés physiques et financiers des matières premières agricoles ; dans quelle mesure les outils de régulation du commerce permettent de contrôler les prix nationaux et/ou régionaux.\n\n\nOrganisations impliquées : CCFD-Terre solidaire (France) ; Institute for agriculture and trade policies (IATP, USA) ; Instituto Mayor Campesino (IMCA Colombie) ; Federacao de orgaos para assistencia social e educacional (FASE Brésil) ; Synergie paysanne (Bénin) ; Forum des Amis de la Terre (FAT, RDC) ; Servicios Juridicos y Sociales (Serjus, Guatemala) ; Mooriben (Niger) ; Palestinian Farmers Union (PFU, Palestine) ; Asian Human Rights Commission (AHRC Asie du sud-est) ; SERPAJ (Paraguay) ; Land Center for Human Rights (LCHR, Egypte)\nDate et horaires indicatifs : 9 février – 08h30-11h30\n\n\n3/ les sociétés civiles confrontées à l’accaparement des terres agricoles.\nCette conférence doit permettre la convergence du plus grand nombre d’organisations nationales et internationales, souhaitant travailler de manière coordonnée sur les accaparements de terres. Ses organisateurs chercheront donc à assurer la convergence de cette activité avec d’autres initiatives similaires. La conférence vise à ce que le public puisse appréhender le phénomène d’achats massifs de terres : ses causes, ses acteurs, mais aussi les conséquences que cela implique pour les populations ; et à identifier de quelle manière les sociétés civiles peuvent affronter ce phénomène, tant au niveau local que international.\n\n\nDate et horaires indicatifs : 8 février – 08h30-11h30\n\n\nREGULATION FINANCIERE\n\n\n1/ Réformer les politiques fiscales en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale pour plus de justice (atelier francophone)\nPrésentation des principaux enjeux nationaux et des actions des organisations mobilisées sur ces questions.\n\n\nOrganisations impliquées : Oxfam France, SNUI – Syndicat National Unifié des Impôts, Tax Justice Network Africa, Cercle de recherche et d'Action pour le Développement Communautaire (Cameroun)\n\n\nDate et horaires indicatifs : 8 février – 16h-19h\n\n\n2/ Faire campagne pour une meilleure fiscalité dans votre pays et au niveau mondial ?\n\n\nInvitation à rejoindre l’action mondiale contre les paradis fiscaux pour le G20 de novembre 2011\nPrésentation de la campagne mondiale de mobilisation contre les paradis fiscaux pour le G20 2011 en France (www.endtaxhavenssecrecy.org) et présentation de la démarche française de plaidoyer local pour encourager les collectivités locales à devenir des territoires « stop paradis fiscaux ».\n\n\nOrganisations impliquées : Christian Aid, Tax Justice Network , Oxfam France"}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/mali-ruee-sur-les-terres-irrigables-de-loffice-du-niger/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/mali-ruee-sur-les-terres-irrigables-de-loffice-du-niger/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Mali : ruée sur les terres irrigables de l&rsquo;Office du Niger","datePublished":"2012-06-14T16:45:00+00:00","dateModified":"2024-09-25T15:24:54+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/mali-ruee-sur-les-terres-irrigables-de-loffice-du-niger/"},"wordCount":1327,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Accaparement des terres"],"inLanguage":"fr-FR","description":"La conférence internationale « Stop à l’accaparement des terres » organisée par la Via Campesina, présente la problématique de l'accaparement des terres dans le contexte international.\n\nNyéléni au Mali « Ruée sur les terres irrigables de l’Office du Niger »\nAu Mali, des accords portant sur plusieurs centaines de milliers d’hectares de terres agricoles de l’Office du Niger ont été signés entre le gouvernement et des investisseurs privés ou publics. Mal informée et rarement consultée, la population subit aujourd’hui les premières conséquences de ces grandes manœuvres foncières…\n« Ruée sur les terres irrigables de l’Office du Niger »\n\" L’accaparement des terres s’est accéléré ces dernières années et a fait l’objet de nombreuses communications, séminaires, ateliers ! Cette phase nécessaire doit aussi être concrétisée ! Il faut agir, soutenir les communautés paysannes qui subissent elles sur le terrain ! Le foncier, l’eau, les ressources naturelles, le patrimoine génétique sont de plus en plus convoités pour spéculer. Crise oblige ! Ces biens communs, vitaux pour l’humanité et la planète se retrouvent au centre de stratégies qui modifient sur le plan culturel, social, alimentaire, écologique des milliers d’hectares sur de nombreux territoires. Les communautés paysannes sont les premières lésées. Ces accaparements se font sous multiples formes, le plus souvent avec la complicité des élites elles mêmes, sans aucune concertation avec les populations locales. Ce sont à la fois, la paix sociale et la souveraineté alimentaire voire la souveraineté des Etats qui sont remis en cause ! Comme le souligne un rapport controversé et non rendu public de la Banque mondiale obtenu par une fuite[[Financial Times (27 July 2010)]] « les consultations avec les populations locales sont très faibles… Les conflits sont chose commune et portent habituellement sur le foncier \".\nL’accaparement de terres n’est pas un phénomène nouveau\nParticulièrement dans la zone de l’Office du Niger au Mali. Ses délimitations ont été tracées en son temps par les colons français, mais son accélération à grande échelle, l’est. La volonté de l’Office du Niger, dont les terres sont propriétés de l’Etat, de s’ouvrir aux « grands privés » date de 1994 époque où son statut d’espace nationalisé passe à un statut d’établissement public et commercial pour offrir des « opportunités ». Devenues valeur refuge foncier et source d’approvisionnement agricole, les terres sont cédées massivement auprès de différents acteurs après les crises du crédit immobilier et de la crise alimentaire de ces dernières années C’est du banditisme d’Etat dénonce le président de la Coordination Nationale des Organisations Paysannes, Ibrahima Coulibaly.\n\nLa première convention à grande échelle par un investisseur étranger, Khadafy, date de 2004, connue sous le nom de Malibya pour 100 000ha, d’autres suivront pour atteindre aujourd’hui une demande couvrant prés de 800 000ha, selon le recoupement d’informations, peu disponibles.\nUn instrument politique\nCette zone qui a toujours eu comme ambition de devenir le grenier de l’Afrique, et pourrait l’être, n’a cessé d’être un instrument politique au gré des gouvernements, le plus souvent coercitif pour la paysannerie. Le résultat aujourd’hui est que les exploitations agricoles familiales sont mises de plus en plus à mal tant sur le foncier sans statut pérenne et qui se réduit d’année en année, que sur l’accès à l’eau. Le choix étatique d’une agriculture industrielle avec sa cohorte de dégâts tant social, culturel, écologiques, menace les territoires et leur population. A qui profite le crime ?\n\nAlors qu’actuellement et depuis des siècles l’agriculture familiale nourrit le peuple, elle est aujourd’hui reléguée au statut de production sociale par le Mali, alors que, même la Banque mondiale2 défend cette agriculture , mieux à même de répondre aux intérêts de l'ensemble de la société que l'agriculture à grande échelle.\n\nAu pays où la charte du Mandé, surement une des premières charte des Droits de l’Homme est née en 1236, il est temps aujourd’hui qu’ « à l’adresse des oreilles du monde tout entier », et notamment au gouvernement du Mali, le peuple malien et plus particulièrement, les paysannes et paysans spolié-e-s se défendent et aient droit au respect de vivre dignement sur leurs terres.\nLa société civile se mobilise\nSur le terrain les premiers travaux d’aménagement se font, sous la garde de gendarmes ou de vigiles, au grand dam des paysannes et paysans. La résistance s’organise. le Forum Paysan de Kolongo, village où les travaux Malibya se font et à l’initiative des organisations paysannes soutenues par la société civile, a mobilisé le 20 novembre 2010, malgré menaces et pressions, 2000 paysannes et paysans, qui ont pu exprimer leur souffrance et leur volonté de lutter. Un comité de suivi a été mis en place. La feuille de route est écrite des actions judicaires au plaidoyer, du soutien local au soutien international, de l’interpellation des élu-e-s à l’intervention de personnalités des moyens sont en train de se mettre en oeuvre, afin de stopper cette dépossession, de compenser les dégâts matériels et immatériels et d’assurer un avenir digne aux communautés dans le cadre de la souveraineté alimentaire.\"\nAller plus loin\nL’agrobusiness à l’assaut des terres irriguées de l’Office du Niger (Florence Brondeau / Cahiers agricoles n°20, janvier-avril 2011). Des programmes d’aménagement colossaux sont entrepris dans les systèmes irrigués de l’Office du Niger et laissent augurer des mutations sans précédent. L’État malien et ses partenaires s’engagent vers la promotion de l’agrobusiness et la privatisation du foncier. Le modèle de développement agricole fondé sur l’agriculture familiale semble donc être remis en question. Cette région est à l’aube de recompositions socio-spatiales et de désajustements tant socio-économiques qu’environnementaux que l’on commence tout juste à pressentir. Dans ce contexte, de nombreuses questions doivent être soulevées quant aux perspectives de développement de ces systèmes irrigués alors que de sérieuses réserves sont à avancer quant à la vocation de l’agrobusiness à sécuriser l’approvisionnement alimentaire du Mali et des pays voisins…\n\nDéclaration de la Conférence paysanne internationale de Nyéléni (Via Campesina). Nous, paysannes et paysans, pastoralistes, peuples autochtones ainsi que nos alliés, réunis pour la première fois à Nyéléni du 17 au 19 Novembre 2011, sommes venus des quatre coins du monde pour partager nos expériences et nos luttes contre l’accaparement des terres…\n\nComprendre les investissements fonciers en Afrique : Rapport Mali (Oakland Institute). Ce rapport recense et examine les investissements fonciers au Mali. Il présente des informations d’ordre général sur le contexte institutionnel et politique du pays notamment la situation macroéconomique actuelle, l’état de l’alimentation et de l’agriculture, et le climat actuel des investissements. En outre, il fournit des informations détaillées sur quatre accords d’investissements fonciers en cours au Mali.\n\nFarmlandgrab. Ce site Internet contient principalement des articles d’actualité sur la ruée mondiale sur les terres agricoles étrangères qui peut prendre la forme d’achat ou de bail. Ces acquisitions sont une stratégie destinée à garantir l’approvisionnement en denrées alimentaires de base ou ont tout simplement pour but de faire des bénéfices. L’objectif du site est de servir de source d’information à tous ceux qui suivent ou font des recherches sur la question, notamment les activistes sociaux, les organisations non gouvernementales et les journalistes."}
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Un dialogue qui, selon le coordonnateur de Pacte, Ibrahima Ka, est un levier fondamental pour qu’il y ait un véritable développement. Son chemin a croisé celui du CCFD-Terre Solidaire en 2007. Un partenariat qui a pour lui un véritable sens. \n\n\nPacte a beaucoup évolué depuis sa naissance. Pouvez-vous nous parler brièvement de son évolution ? \n\nIbrahima Ka. A l’origine, Pacte était un programme d’une ONG française, Sauvegarde du Nord, basée à Lille. Pacte signifiait «Programme d’actions concertées pour la transformation de l’environnement». Environnement pris au sens large : politique, social et culturel. Ce programme intervenait dans quatre quartiers périphériques de la ville de Ziguinchor. C’était la première fois que nous expérimentions le concept de « conseil de quartier ». L’idée étant d’avoir un cadre de concertation, représentatif des populations et porte-parole des populations au niveau de la municipalité, mais aussi les autres partenaires au développement. C’était un programme soutenu par la Caisse française de développement, actuelle Agence française de développement. Puis la Sauvegarde du Nord s’est désengagée du Sénégal suite à des difficultés financières. Nous avons gardé le sigle et au fil du temps Pacte est devenu « Prospective et action concertée pour des territoires émergents ». Il est important de souligner que nous ne sommes pas qu’une simple ONG d’action. Nous sommes également une ONG de recherche-action et de proposition d’alternative, de capitalisation et de modélisation. Nous souhaitons, à travers cela, participer au changement des comportements, autant au niveau des institutions locales et nationales qu’au niveau de la pratique des organisations non gouvernementales et communautaires sur le terrain. Nous privilégions la concertation entre acteurs, qu’ils soient gouvernementaux ou non gouvernementaux ; ainsi que la gouvernance participative. L’essentiel des actions que nous menons visent à accompagner les collectivités territoriales à mieux assumer leurs missions de service public dans une démarche inclusive associant les couches les plus vulnérables.\n\n\nVous travaillez beaucoup avec les conseils de quartier. Comment fonctionnent-ils ?\n\nLe conseil de quartier est un cadre de concertation au niveau local qui représente les populations dans leur relation avec les autorités locales. Il est consulté par le conseil municipal, autant dans la définition des stratégies de développement que dans leur mise en œuvre. Il donne son point de vue, formule des propositions. Au final, c’est cependant le conseil municipal qui délibère. Le conseil de quartier favorise aussi le contrôle citoyen de l’action publique. Il a donc un rôle important. \n\n\nOn a malgré tout le sentiment, en entendant les membres de certains conseils de quartiers qu’il y a un décalage entre ce que souhaitent les autorités municipales, qui ont souvent des visées politiques, et eux-mêmes qui sont apolitiques. Comment faire se rejoindre ces deux partenaires aux intérêts parfois divergents ?\n\nC’est un défi majeur. Il est vrai que nous avons des élus locaux qui mettent en avant leurs intérêts partisans. La relation avec les conseils de quartier peut être frileuse, surtout s’ils ont l’impression de ne pas les maîtriser. Il a fallu du temps pour instaurer une relation de confiance. Le caractère non partisan des conseils de quartiers est une exigence pour garantir leur crédibilité. C’est pourquoi nous sommes très vigilants là-dessus. Cela fait partie des choses non négociables.\n\n\nPouvez-vous nous donner des exemples de collaboration conseils de quartiers-municipalité ?\n\nLors des municipales de 2009, Pacte, l’ARD (Agence régionale de développement), le conseil communal des quartiers, des personnalités de la société civile, en collaboration avec les conseils de quartiers, ont organisé des auditions publiques de tous les candidats à la mairie de Ziguinchor afin que chacun vienne décliner sa feuille de route. Nous avons réédité cela en juillet 2014, lors des dernières municipales. Les candidats ont eu conscience de l’importance de cette action. Ils avaient face à eux des gens qui représentaient tous les quartiers et les catégories sociales de la ville, et c’était relayé en direct par les radios locales. Autre type de résultat : aujourd’hui, bon nombre de partenaires du développement - Unicef, Programme alimentaire mondial, Child Fund, Enda, pour ne citer qu’eux - utilisent les conseils de quartiers comme des relais de communication et de mobilisation sociale au niveau local. Cela pour dire que ce ne sont pas des conseils de quartiers de Pacte. Actuellement, nous travaillons aussi sur un projet ambitieux, appuyé par l’Union Européenne, visant à améliorer le système de gestion des ordures ménagères en confiant la pré-collecte des déchets aux 26 conseils de quartiers qui vont en assurer la maîtrise d’œuvre, avec l’appui technique et méthodologique de Pacte en qualité de maître d’ouvrage délégué agissant pour le compte de la municipalité. Ce projet va créer environ 300 emplois de proximité. Un grand défi à relever.\n\nPropos recueillis par Elisabeth Du Closel"}
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L’occasion de constater que la Théologie de la Libération est encore bien vivace et qu’elle s’est adaptée à son temps grâce à de nouvelles figures. Au point de constituer une possible source d’inspiration pour une Europe secouée par la crise.\n\n\n\nQu’on se le dise : la théologie de la libération n’est pas morte ! Pour s’en convaincre, il suffisait d’assister, du 7 au 11 octobre dernier, au Congrès Continental de Théologie, qui s’est tenu à Sao Leopoldo, dans le sud du Brésil. 50 ans après Vatican II et 40 ans après la publication du livre de Gustavo Gutiérrez « Théologie de la libération », le réseau Amerindia, un partenaire du CCFD-Terre Solidaire regroupant de nombreux théologiens et responsables de mouvements sociaux du continent, a en effet organisé une rencontre « historique. » Un qualificatif qui a valu notamment par la présence des plus grandes figures de la Théologie de la Libération comme Gustavo Gutierrez, Leonardo Boff, Pablo Richard, Jon Sobrino ou Victor Codina.\n\nMais d’histoire, il en a également été question au moment d’évaluer l’héritage de Vatican II et des Conférences des Evêques latino-américains qui ont jalonnées ce demi-siècle. « Il était important d’examiner quelle a été l’évolution de la théologie de la libération dans un continent marqué tour à tour, par des régimes dictatoriaux, un ultralibéralisme forcené et l’arrivée de la gauche au sommet de la majorité des Etats, a ainsi rappelé le Père José Oscar Beozzo, historien de l’Eglise catholique latino-américaine et Coordinateur général du Centre Œcuménique des Services à l’Evangélisation et à l’Education Populaire (CESEEP), également partenaire du CCFD-Terre Solidaire. Et de voir quelle place a pris et compte prendre, dans l’avenir l’Eglise sur des thèmes comme l’Ecologie ou l’égalité femmes/hommes. »\n\nEcouter pour mieux dialoguer\nQuels sont les visages de la théologie latino américaine aujourd’hui ? Quelles sont les perspectives de ce mouvement de pensée qui marque l’Eglise continentale depuis un demi-siècle ? Comment l’Europe peut-elle se nourrir des réflexions des acteurs d’une institution socialement très engagée pour répondre aux défis qui se présentent à elle aujourd’hui ? Voilà quelques-unes des questions qui ont poussé le CCFD-Terre Solidaire à envoyer trois de ses représentants à Sao Leopoldo. Avec un impératif. « Ecouter les témoignages des différentes sensibilités et générations de cette théologie, explique Yvonne Bellaunde, chargée de mission Amérique latine. Afin de mettre en dialogue l’expérience de la foi et de la spiritualité avec les réalités actuelles, qu’elles soient économiques, écologiques ou même liées aux valeurs morales de nos sociétés. »\n\nC’est dans cet esprit d’échange que Sœur Eliane Loiseau, a pris part au voyage. Invitée par le CCFD-Terre Solidaire, cette religieuse de la Congrégation des Sœurs de Saint-Charles, à Angers, connaît bien l’Amérique latine pour avoir vécu dix ans au Nicaragua, dans les années 1980, au début de la révolution sandiniste. Un séjour qui a sonné comme une révélation. « Je suis née une deuxième fois à la vie chrétienne à cette époque  en découvrant la théologie de la libération », affirme- t- elle. En suivant les débats et les ateliers, Sœur Eliane a d’ailleurs été marquée par « la fidélité à l’histoire de cette ligne pastorale que l’on a tendance à considérer de manière insignifiante depuis l’Europe. » Une erreur d’autant plus grande que, pour elle, « cette théologie a encore beaucoup de sens dans le contexte que nous vivons aujourd’hui. »\n\n« Une source de motivation » pour les organisateurs\nRolande Jean, elle aussi, a été marquée par ce qu’elle a vu et entendu durant ce Congrès. Educatrice et animatrice en Pastorale dans un collège de Mende, en Lozère, cette bénévole du CCFD-Terre Solidaire, n’a d’ailleurs pas regretté son voyage. Et ce, même si elle a parfois entendu des choses bouleversantes. « Beaucoup de gens m’ont dit qu’ils se considéraient comme des survivants de dictatures ou de guerres civiles. » Des témoignages qui ont confirmé qu’il est important d’entendre et de réentendre le message transmis à l’époque par des théologiens de la libération. Histoire de nourrir sa propre conviction de chrétienne : « S’engager pour plus d’humanité, de justice et de paix, assure-t-elle, c’est le premier acte de foi que l’on peut accomplir. »\n\nDu côté des organisateurs, cette écoute et cette implication ont été reçues avec beaucoup de reconnaissance. « C’est très satisfaisant que le CCFD-Terre Solidaire ait envoyé une délégation, a assuré José Oscar Beozzo. Ce ne sont pas tous les partenaires qui ont compris qu’il se passait aujourd’hui quelque chose d’important et de vivant en Américaine latine. » Un sentiment partagé par Socorro Martinez, responsable d’Amerindia. « La présence d’un partenaire européen est bien sûr gratifiante, assure-t-elle. Mais cela va au-delà, car il y a eu beaucoup de pression pendant très longtemps sur la Théologie de la libération. Donc lorsqu’une institution européenne affirme venir ici pour écouter et s’inspirer de notre travail afin de nourrir sa propre réflexion, nous prenons cela comme une source supplémentaire d’inspiration, de motivation et de légitimation de notre action. »\n\nJean-Claude Gerez"}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/une-experience-de-communion-retrouver-lunite-au-dela-des-frontieres/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/une-experience-de-communion-retrouver-lunite-au-dela-des-frontieres/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Une expérience de communion, retrouver l’unité au-delà des frontières","datePublished":"2014-01-27T09:52:48+00:00","dateModified":"2024-09-25T15:28:37+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/une-experience-de-communion-retrouver-lunite-au-dela-des-frontieres/"},"wordCount":556,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"inLanguage":"fr-FR","description":"Aujourd’hui, la foi en Dieu est de plus en plus souvent mise en question. La simple pensée que Dieu existe semble devenir plus difficile. Dans un univers dont nous connaissons toujours mieux la complexité et l’infinité, comment imaginer une omniprésence de Dieu, qui s’occuperait tout à la fois de l’univers et de chaque être humain en particulier ?\n\n\n\nCommuniquer quelque chose de notre foi, surtout dans le monde occidental, est une immense question. Je ne peux l’aborder que modestement, et seulement dire ce que nous vivons à Taizé à cet égard.\nLe centre de notre foi, c’est le Christ, présent au milieu de nous, qui rétablit un lien d’amour avec chacun, et qui nous réunit. Frère Roger l’appelait « le Christ de communion ». Nous, les frères de Taizé, ce que nous cherchons alors ardemment pour les milliers de jeunes qui séjournent chez nous, c’est de les aider à faire une expérience de communion. Le « pèlerinage de confiance sur la terre » que nous animons depuis plus de trente ans avec des rencontres sur les divers continents n’a pas d’autre objectif.\n\n\nPersonne ne peut croire seul\n\nL’expérience que ces jeunes font, ils ne l’appellent peut-être pas tous, tout de suite communion, mais amitié, respect, entraide mutuelle… Ils s’étonnent parfois de surmonter entre eux toutes sortes de murs culturels et confessionnels. Cela éveille leur curiosité, ils en cherchent la cause. Et certains trouvent en Dieu la source d’une unité qui n’a pas de frontières. Si beaucoup de jeunes pouvaient mieux le saisir : la foi n’est pas en premier lieu l’adhésion à des vérités, mais une relation personnelle avec Dieu. La recherche d’une telle relation personnelle, à travers la beauté des chants, le silence, la simplicité de la liturgie, est au cœur des rencontres que nous animons. Aux jeunes, il m’arrive souvent de dire : la foi se présente aujourd’hui comme un risque, le risque de la confiance. Pour courir ce risque, nous avons besoin de tout notre être, toutes nos capacités humaines, aussi bien celles du cœur que celles de la raison. Beaucoup se demandent : comment être des témoins du Christ alors que notre foi nous paraît si petite ? Pour croire, nous avons besoin les uns des autres, personne ne peut croire seul. C’est seulement ensemble que nous pouvons nous préparer à être des témoins, même très humbles de l’amour de Dieu.\nLa division des chrétiens est un obstacle à la transmission de la foi. Quand nous confessons le Christ ensemble, l’Évangile rayonne d’une nouvelle manière aux yeux de ceux qui ont peine à croire.\n\n\nConfiance et accueil\n\nSi les églises, les paroisses, les communautés, les groupes étaient d’abord des lieux de communion ! Des lieux où l’on fait confiance aux jeunes… des lieux accueillants, où nous nous soutenons mutuellement, mais aussi où nous sommes attentifs aux plus faibles, à ceux qui ne partagent pas nos idées ou qui mettent même en question notre foi… L’espérance et la foi peuvent naître quand il y a une expérience de communion."}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/g20-agricole-les-etats-membres-doivent-oser-de-vraies-regulations/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/g20-agricole-les-etats-membres-doivent-oser-de-vraies-regulations/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"G20 Agricole : les Etats membres doivent oser de vraies régulations !","datePublished":"2011-06-21T00:00:00+00:00","dateModified":"2024-09-25T15:22:51+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/g20-agricole-les-etats-membres-doivent-oser-de-vraies-regulations/"},"wordCount":837,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Communiqués de presse","Souveraineté alimentaire et agroécologie"],"inLanguage":"fr-FR","description":"Paris, le 21 juin 2011\n\nAlors que les grandes puissances agricoles mondiales planchent sur les réponses aux défis de l'agriculture dans le cadre du premier G20 Agricole (22 et 23 juin, à Paris), le CCFD-Terre Solidaire s'inquiète du manque d'ambition des propositions actuellement sur la table des négociations. Quand une personne sur six à travers le monde souffre de la faim et que des menaces majeures, telles que le changement climatique pèsent sur la sécurité alimentaire de millions d'êtres humains, il est grand temps de changer radicalement de stratégie. Le CCFD-Terre Solidaire appelle les Etats membres à dépasser leurs logiques de concurrence et à engager de vraies réformes en matière de régulation de la spéculation, des investissements privés et du commerce mondial. \n\nVolatilité des prix agricoles : le G20 devra frapper un grand coup pour être efficace ! \n\nAlors que l'ensemble des pays du G20 reconnaissent que la spéculation sur les marchés agricoles est un facteur « clé » de la fragilisation de l'agriculture, les négociations en cours ne laissent entrevoir que de timides avancées. Pour le CCFD-Terre Solidaire, stabiliser les prix des matières premières agricoles requiert une stricte réglementation des marchés, l'interdiction de la spéculation financière sur les marchés virtuels et l'encadrement des  pratiques sur les marchés physiques. « Les Etats membres du G20 ont le devoir de limiter les activités des investisseurs non-commerciaux - tels que les hedge funds, les fonds indiciels ou les banques - responsables de l'extrême volatilité des prix, dont on connait l'impact ravageur à la fois sur le pouvoir d'achat des consommateurs et sur les revenus des producteurs » affirme Maureen Jorand, chargée de mission alimentation et agriculture au CCFD-Terre Solidaire.   \n\nMiser sur les investissements privés pour financer l'agriculture, une option risquée.\n\nLes montants investis dans l'agriculture sont en constante baisse tant du côté de l'Aide publique au développement des pays du Nord1 que des politiques publiques des Etats du Sud, ce malgré la prise de conscience qu'avaient suscité les émeutes de la faim en 20082.  Parallèlement, les investissements privés pour soutenir le développement de l'agriculture ont le vent en poupe et apparaissent comme « la solution miracle ». Or, chaque année, ce sont 800 milliards d'euros qui s'évadent des caisses des pays du Sud vers les paradis fiscaux. A elle seule, l'évasion fiscale des multinationales, notamment de l'agriculture,  génère un manque à gagner en recettes fiscales pour ces Etats de  125 milliards d'euros, soit plus de quatre fois le montant jugé nécessaire pour éradiquer la faim dans le monde3. Face à ce pillage rendu possible par l'opacité financière, le CCFD-Terre Solidaire appelle les Etats membres du G20 à faire de la lutte contre les paradis fiscaux et l'évasion fiscale un préalable à tout développement des investissements privés dans le secteur de l'agriculture. « En Argentine, aux Philippines, au Cameroun ... nos partenaires, organisations paysannes, syndicats, groupements de producteurs... nous interpellent sur les faibles retours pour les populations locales des activités des multinationales dans leur pays. Bien souvent, ces entreprises achètent ou louent les terres pour produire des cultures d'exportation qui ne permettent donc pas de nourrir la population et contribuent trop peu au développement local car elles paient peu ou pas d'impôts ; un constat qui s'applique aussi aux industries extractives », déclare Mathilde Dupré, chargée de mission financement du développement au CCFD-Terre Solidaire4\n\nChanger de prisme sur le commerce agricole mondial\n\nLes politiques commerciales aujourd'hui menées par plusieurs membres du G20 (Union Européenne, Etats-Unis) sont très agressives : les accords bilatéraux de libre-échange promeuvent ainsi une libéralisation qui dépasse largement les règles de l'OMC, affaiblissant les capacités des pays du Sud à développer leurs propres politiques agricoles et à protéger certains secteurs fragiles ou stratégiques. Ils mettent également en péril des unions économiques, fragilisant l'intégration régionale, facteur de développement économique à long-terme. Pour le CCFD-Terre Solidaire, il est urgent que les règles du commerce mondial autorisent les pays pauvres à protéger leur marché afin de leur permettre de développer leurs propres agricultures. \n\nVoir le document complet des recommandations du CCFD-Terre Solidaire «  G20 Agricole : des paroles aux actes pour agir durablement contre la faim » : https://ccfd-terresolidaire.org/ewb_pages/m/motcle_2322.php\n\n\nContact presse : \nNathalie Perramon - 01 44 82 80 67 \n\n\nNotes aux réactions \n1 : chiffres de l'APD mondiale, OCDE, avril 2011 \n2 : notamment discours de Nicolas Sarkozy conférence de presse de la réunion de Haut niveau sur la sécurité alimentaire mondiale à Rome, 3 juin 2008 \n3 : rapport L'économie déboussolée du CCFD-Terre Solidaire, décembre 2010 \n4 : le CCFD-Terre Solidaire est à l'initiative de la campagne « Aidons l'argent à quitter les paradis fiscaux » http://www.aidonslargent.org/"}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/demission-de-nicolas-hulot-lurgence-climatique-ne-saccommode-pas-de-la-politique-des-petits-pas/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/demission-de-nicolas-hulot-lurgence-climatique-ne-saccommode-pas-de-la-politique-des-petits-pas/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Démission de Nicolas Hulot : L’urgence climatique ne s’accommode pas de la « politique des petits pas »","datePublished":"2018-08-28T12:07:22+00:00","dateModified":"2024-09-25T15:40:57+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/demission-de-nicolas-hulot-lurgence-climatique-ne-saccommode-pas-de-la-politique-des-petits-pas/"},"wordCount":433,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Communiqués de presse"],"inLanguage":"fr-FR","description":"En présentant sa démission, Nicolas Hulot - jusqu’alors ministre de la Transition Ecologique et Solidaire – dresse un bilan sans concession de l’inadéquation des nombreuses décisions politiques du gouvernement actuel face à l’urgence climatique. \n\n\n\nCe samedi 8 septembre 2018, le CCFD-Terre Solidaire participe à la grande Marche pour le Climat et appelle à manifester partout en France, à l’unisson avec la mobilisation mondiale #riseforclimate\n\n\nLa \"politique des petits pas\" mise en cause par Nicolas Hulot (voir la vidéo ci-dessous), à l’image de l’action de la communauté internationale pour lutter contre les dérèglements climatiques, demeure largement insuffisante pour endiguer la crise climatique à laquelle doivent faire face en premier lieu les populations les plus vulnérables.\n\n\n  \n\n\nAu-delà de cette incompatibilité des petits pas face à l’immense défi auquel sont confrontées nos sociétés, ce sont également les incohérences entre discours et actes et le poids des lobbys dans les arbitrages gouvernementaux, qui ont déjà été pointées du doigt par les organisations de la société civile depuis cette première année du gouvernement au pouvoir. \n\n\nComme l’a encore rappelé l’ancien ministre ce matin, le constat est clair : nos modes de production et de consommation doivent évoluer. Et en première ligne de cette évolution se trouve notre système agricole et alimentaire.  \nLe changement de paradigme auquel aspire Nicolas Hulot ainsi que de nombreux acteurs de la société civile dont le CCFD-Terre Solidaire, ne pourra avoir lieu qu’avec des choix politiques ambitieux et courageux face à l’ampleur de la crise  environnementale. \nLa France, en tant que pays industrialisé se positionnant comme  « puissance agricole », a une responsabilité historique dans cette crise et le devoir d’agir pour transition profonde de nos systèmes agricoles et alimentaires dont l’impact est majeur pour les populations du Sud, notamment.\n\n\nCette annonce intervient à la veille d’échéances politiques importantes  telles que l’adoption dans quelques semaines de :\n\n la seule loi du quinquennat sur l’agriculture et l’alimentation,  la publication du rapport des Experts internationaux sur le climat (GIEC) sur les conséquences du réchauffement climatique  la COP24. \n\n\nCes deux dernières échéances nous rappellent l’impérieuse nécessité d’un sursaut. L’urgence climatique ne s’accommode ni de la « politique des petits pas », ni des incohérences. Le CCFD-Terre Solidaire restera mobilisé et vigilant. Il continuera à dénoncer avec force le refus d'agir pour une véritable  transition."}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/rio20-ne-doit-pas-mettre-en-avant-de-fausses-solutions/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/rio20-ne-doit-pas-mettre-en-avant-de-fausses-solutions/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Rio+20 ne doit pas mettre en avant de « fausses solutions »","datePublished":"2012-06-19T17:33:00+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/rio20-ne-doit-pas-mettre-en-avant-de-fausses-solutions/"},"wordCount":1313,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Accaparement des terres"],"inLanguage":"fr-FR","description":"En plaçant le secteur privé au centre des débats et plans d’action, la Conférence internationale sur le développement durable oublie que l’économie dite verte ne pourra régler seule les défis d’un développement durable.\n\n\n\nLe CCFD-Terre Solidaire rappelle la nécessité d’un encadrement et d’une régulation des pratiques des multinationales, avant la promotion de leur activité. En effet, nombre d’entre elles développent des projets ayant de forts impacts négatifs sur la vie des populations, et qui empêchent le développement d’agricultures locales pourtant garantes de la souveraineté alimentaire et de la lutte contre la pauvreté. Ainsi, les accaparements de terres et de ressources se multiplient, privant les populations des terres nécessaires à leur production alimentaire et bafouent les droits humains au nom de dynamiques économiques internationales.\n\n\nLa participation du CCFD-Terre Solidaire\n\n\nUne délégation de 7 permanents du CCFD-Terre Solidaire et 9 partenaires du Sud sera présente entre le 13 et le 23 juin. Elle interviendra dans les débats du Sommet des Peuples et sera impliquée dans le cadre de la Conférence officielle. La délégation a aussi pour objectif de consolider des échanges, réflexions, alliances et mise en réseau avec d’autres organisations de la société civile. Les partenaires du Sud ont leur propre agenda et interviendront dans certains ateliers.\n\n\nPositionnement du CCFD-Terre Solidaire face aux enjeux de la Conférence\n\n\nPour le CCFD-Terre Solidaire, l’avenir de la planète passe par une utilisation maitrisée des ressources et leur gestion durable, et par des politiques publiques vigilantes sur la défense du bien commun. Le respect de l’environnement, nouveau champ de la solidarité internationale, est incontournable pour la nourriture et la survie des populations. Les populations du Sud sont les premières victimes d’un modèle de développement qui s’est avéré destructeur sur de nombreux aspects. Les sociétés civiles ont travaillé des propositions pour réinventer des modèles de développement alternatifs, plus respectueux des hommes et de leur environnement.\n\nLe CCFD-Terre Solidaire, membre du Collectif Rio + 20, adhère pleinement aux analyses et propositions portées par le Collectif. Le CCFD-Terre Solidaire se mobilise à Rio plus spécifiquement sur certains aspects de ces propositions, qu’il approfondit dans son soutien à ses partenaires du Sud, et dans son travail de plaidoyer.\n\n1. La nécessité de revoir le modèle économique et de société\n\n« La nécessité d’une transition visant l’amélioration de la qualité de vie de tous, en cohérence avec les limites de la planète, est désormais posée, avec la volonté d’avancer vers de nouveaux modes de développement qui intègrent explicitement des objectifs économiques, sociaux, écologiques et culturels. Il s’agit d’un changement de civilisation qui passerait par la définition de nouvelles valeurs, correspondant à un intérêt général, hissé au niveau de l’humanité toute entière et la reconnaissance de la diversité des sociétés ». Collectif-France.Rio20.net\n\nTous les domaines dans lesquels le CCFD-Terre Solidaire intervient (souveraineté alimentaire, promotion d’une économie sociale et solidaire, migrations internationales, partage des richesses financières, prévention des conflits, et égalité homme/femme) constituent autant de moyens de soutenir l’émergence d’initiatives locales qui participent à la définition de ces modèles alternatifs de développement.\n\n2 Investissements et accaparement des terres : prévenir les violations des droits humains\n\nAlors que 14% de la population mondiale souffre de la faim, il est urgent de « donner, dans la gestion des ressources naturelles, la priorité à la satisfaction des besoins fondamentaux, tels que l’alimentation humaine, en combattant l’accaparement des terres et la surexploiation des ressources naturelles ».\n\nOr, arguant de la dette publique pour ne pas augmenter leurs budgets, les États (et les Nations Unies) comptent de plus en plus sur le secteur privé pour mettre en place les investissements nécessaires au développement, y compris en matière d’aide au développement.\n\nAinsi la notion d’économie verte, mise en avant à Rio pour un développement durable, place les investissements au cœur des stratégies des États et des instances internationales. Or nombre de ces investissements impliquent l’appropriation de ressources en terres, qu’il s’agisse de forêts, de terres arables ou de ressources en eau ou du sous-sol. , Liés à des accaparements de ressources, non seulement ces investissements n’ont pas les retombées bénéfiques annoncées en termes de développement, mais ils impliquent au contraire des violations des droits humains des populations, rarement consultées, souvent déplacées ou chassées de leurs terres, réduites à la pauvreté et la précarité, voire soumises à différentes formes de violence…\n\nLe CCFD-Terre Solidaire, aux côtés de ses partenaires mobilisés , promeut à la fois des alternatives et un encadrement de ces investissements, afin de prévenir leurs impacts négatifs. Il présentera à Rio ses propositions en termes de régulation et encadrement des investissements et des multinationales, pour renforcer les cadres existants et les faire appliquer.\n\n3. Pour une gouvernance mondiale effective\n\nLa recherche d’une véritable gouvernance mondiale du développement durable ne peut se résumer au débat sur la création ou non d’une Organisation mondiale de l’environnement (OME). La réponse passe d’abord par un réinvestissement des États dans leur mission de défense de l’intérêt général, et en particulier d’investissement public dans des perspectives de long terme. Les États ne peuvent laisser aux seules entreprises, aussi important soit leur rôle économique et social, le soin d’investir pour le développement durable. Les espaces de gouvernance doivent associer les États, les collectivités locales, les sociétés civiles et les entreprises, dans de véritables concertations pour l’élaboration de politiques publiques de qualité. C’est dans ce cadre que les investissements privés doivent s’inscrire, et non être les moteurs de définition de politiques mues par la seule recherche de marchés et de profits.\n\nLa création d’une OME peut être utile, si elle s’inscrit dans une architecture de la gouvernance mondiale respectant ces principes, et plaçant le respect des droits économiques, sociaux et culturels, l’éthique et le partage des richesses, au cœur du dispositif. Par ailleurs elle n’a d’utilité que si elle est dotée de pouvoirs contraignants de contrôle, d’investigation et de sanction, de même que d’autres institutions des Nations Unies devraient être dotées des mêmes pouvoirs, qu’il s’agisse notamment du Conseil Economique et Social, du Conseil de la Sécurité alimentaire réformé, ou de l’Organisation internationale du travail.\n\n\nDe Rio a Rio+20 : un engagement de longue date\n\n\nIl y a 20 ans, le CCFD-Terre Solidaire avait organisé un duplex entre une délégation d’enfants et de partenaires présents à Rio et 500 jeunes français mobilisés au Forum Terre d’Avenir au Bourget. En 2002, une délégation était présente à Johannesburg, aux côtés de partenaires du Sud.\n\nLe CCFD-Terre Solidaire s’est impliqué dans la préparation de Rio+20 en matière de plaidoyer à travers le Collectif Rio+20 (collectif d’associations françaises), et à travers la CIDSE (Coopération internationale pour le développement et la solidarité, un réseau d’organisations catholiques de développement regroupant une quinzaine de membres européens, américains et canadien).\n\nLe CCFD-Terre Solidaire est également actif dans des espaces de concertation avec les pouvoirs publics préparant Rio : le Comité Rio + 20 et le GISA (groupe interministériel pour la sécurité alimentaire)."}
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Pour cela elle a développé les prises de participation directes et indirectes, destinées à être cédées aux autres actionnaires ou sur le marché financier. Deux modes d’intervention existent :\n\n la participation directe (« Dans une logique d’accompagnement PROPARCO investit en fonds propres et quasi fonds propres dans des opérations de haut de bilan : apports en capital, comptes courants d'actionnaires, obligations convertibles, prêts participatifs, prêts subordonnés.  Ces interventions directes concernent généralement les institutions financières et les grandes entreprises régionales » [[http://www.PROPARCO.fr/Jahia/site/PROPARCO/Participations]]) la participation indirecte (« Dans une logique d’intermédiation et d’entraînement du secteur privé, PROPARCO prend aussi des participations dans des fonds d’investissement. PROPARCO met en avant le fait que l’effet de levier procuré lui permet de contribuer au financement des petites et moyennes entreprises locales.  Les fonds d’investissement dans lesquels PROPARCO investit présentent des caractéristiques variées : sur un seul pays ou sur une région plus large, plurisectoriels ou non, dédiés au capital-investissement, capital-transmission ou encore au capital-développement » [[http://www.PROPARCO.fr/Jahia/site/PROPARCO/Participations]]) \n\n\nUn projet est qualifié de projet en intermédiation financière lorsque le groupe AFD finance : \n\n en direct un intermédiaire financier ;\n‐* des projets/entreprises à travers le refinancement d’un intermédiaire financier ou à travers la prise de participation dans des fonds d’investissement ;\n‐* des collectivités locales à travers le refinancement d’un intermédiaire financier.\n\n\nCette modalité de financement, pour efficace qu’elle soit en termes de levée de fonds, soulève de nombreuses questions. L’une d’elles, et non la moindre, touche en à la capacité du bailleur institutionnel à assurer le suivi du projet final financé, et son évaluation, en termes d’impacts sociaux et environnementaux et de contribution au développement. \nEn effet, les projets en intermédiation financière sont destinés selon PROPARCO à soutenir les PME locales via les banques nationales ou régionales. Ils suivent le même cycle de vie que les projets en financement direct. Cependant, la démarche d’évaluation environnementale et sociale de ces projets diffère de celle des projets en financement direct. \nAlors que des plans de gestion environnementaux et sociaux peuvent être menés à bien directement par le groupe AFD en cas de financement direct,  la démarche d’évaluation environnementale et sociale en cas d’intermédiation financière semble, selon les informations que nous avons recueillies, se limiter à  une analyse de la démarche d’évaluation environnementale et sociale de l’intermédiaire financier (en tant qu’entreprise) d’abord. A charge pour celui-ci de s’assurer que les entreprises qu’il finance mettent en œuvre eux-mêmes une démarche d’évaluation environnementale et sociale.\nC’est à l’intermédiaire financier d’informer « régulièrement » le groupe AFD du résultat de l’évaluation environnementale et sociale des entreprises qu’il finance et, le cas échéant, de l’avancement de sa mise à niveau environnementale et sociale.\nIl semble donc qu’il n’y ait aucun suivi spécifique du projet final destiné à être financé : tout repose sur les informations extra-financières fournies par les entreprises dans le cadre de leur  communication institutionnelle, ce qui est loin de suffire pour mesurer les impacts d’un projet.\nSi le groupe AFD se défend de travailler avec des intermédiaires financiers qui ne se baseraient pas sur les mêmes standards, l’intermédiation revient à sous-traiter  la mise en œuvre de la démarche environnementale et sociale sans disposer de moyens de contrôle effectifs. \n\n\nAu niveau international, le CAO [[Le CAO est un mécanisme indépendant qui sert de recours pour les problèmes que peuvent soulever des projets recevant l’appui des deux institutions du Groupe de la Banque mondiale spécialisées dans le secteur privé, à savoir la Société financière internationale (IFC) et l’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA). L’IFC et la MIGA contribuent à la réduction de la pauvreté en soutenant le développement du secteur privé dans les pays du monde entier. Si des gens pensent qu’un de leurs projets peut avoir sur eux des effets négatifs, ils peuvent demander l’aide du CAO pour faire part de leurs problèmes. Le CAO travaille avec l’ensemble des principales parties concernées par les projets considérés pour trouver de véritables solutions propres à améliorer sur le terrain les résultats d’ordre environnemental et social de ces projets. – plus d’informations : http://www.cao-ombudsman.org]], mécanisme indépendant de recours pour les projets recevant l’appui des deux institutions du Groupe de la Banque mondiale dédiées au secteur privé (la Société financière internationale (SFI, ou IFC en anglais) et l’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA en anglais) a récemment alerté sur cette perte de responsabilité des financeurs appliquant les normes de la Société Financière Internationale (ce qui est le cas de PROPARCO, dans des projets financés en intermédiation financière ) . Le CAO note ainsi qu’il est impossible à la SFI d’imposer aux destinataires finaux du financement le respect des droits des populations locales.\n\n\nMais l’intermédiation financière n’est pas la seule modalité financière amenuisant les capacités de suivi des institutions financières de développement. Ces institutions prennent de plus en plus souvent des participations dans des fonds d’investissement, à nouveau sans grande visibilité sur les projets qui seront portés.  \n\n\nPlantations agroindustrielle de palmiers à huile en RDC : le développement pour qui ?  \nQuand les agences de développement s’engagent via des fonds d’investissement, leur première préoccupation est-elle la rentabilité de l’investissement, ou l’objectif de développement ? \nEn République Démocratique du Congo, les anciennes Plantations et Huileries du Congo, joyau de l’empire colonial Belge fondées en 1911 dans la province de l’Equateur, ont été reprises en 2007 par Feronia, une société canadienne. Cette entreprise enregistrée à la bourse de Toronto développe aussi son activité (palmier à huile et riz essentiellement)  dans la Province orientale et dans le Bas-Congo. Mais, à en croire les rapports financiers, les filiales congolaises seraient toutes détenues via une société basée en RDC de droit caïmanais (Feronia JCA limited), elle-même filiale d’une société basée aux îles Caïmans (Feronia CI Inc), pays dans lequel l’entreprise n’est soumise à aucun impôt sur les bénéfices. Au plan fiscal, le rapport financier de 2010 est explicite. Feronia cumulerait absence d’imposition aux Caïmans, trêve fiscale en RDC jusqu’en 2012, et utiliserait les pertes enregistrées au Canada pour réduire les profits imposables des années suivantes … \nPour Feronia PHC, « la RDC est le grand espoir mondial pour l’agriculture à grande échelle et à faible coût nécessaire pour nourrir  la population mondiale qui augmente  ».  L’entreprise met aussi en avant, paradoxalement, sa contribution au développement de l’agriculture familiale et à la sécurité alimentaire locale (baisse du prix de l’huile, baisse des importations..), soulignant sa volonté de développer des « grandes plantations agroindustrielles durables ». Feronia est fière de la taille de ses exploitations : 107 892 hectares. L’entreprise souligne, sur son site, que cela correspond à la superficie totale d’Amsterdam, Bruxelles, Dublin, Genève, Lisbonne, Manhattan, Montevideo, Paris, San Francisco et Zurich plantée en palmier à huile  ! Et dans cette grande œuvre Feronia a su trouver des alliés de poids : des financiers bien sûr, et des agences financières de développement. \nFin 2012, L’African Agricultural Fund a choisi d’entrer au capital de Feronia pour plusieurs millions de dollars (à hauteur de presque 20% ). Ce fond d’investissement géré par Phatisa est basé à l’ile Maurice (un centre financier offshore majeur ). Il a été créé en 2009 par le  Ministre français de la Coopération de l’époque ,, et par le Président de la Banque Africaine de Développement, dans la dynamique « du Partenariat mondial pour la sécurité alimentaire, initié par la France à la suite de la crise alimentaire de 2008  ».  Un pool d’institutions financières de développement (IFID), a répondu à l’appel, y compris le groupe Agence Française de Développement (AFD-PROPARCO), aux côtés de l’Agence Espagnole de Coopération Internationale pour le Développement (AECID), l’institution financière de développement américaine (OPIC), le fond de l’OPEC pour le développement international (OFID), la compagnie financière néerlandaise de développement (FMO), le Fonds International pour le Développement Agricole (IFAD), la Banque de Développement Africaine (AfDB), la Banque de Développement d’Afrique du Sud (DBSA), la Banque de Développement Ouest-Africaine (BOAD), la Banque d’Investissement et de Développement ECOWAS (EBID). \nQuel enjeu pour toutes ces institutions ? Selon leurs propres explications, il s’agit de soutenir les investisseurs privés en structurant « leurs participations en un mécanisme visant à supporter le risque des premières pertes qui fournira aux investisseurs privés d’AAF un rendement accéléré  » !  Les IFID ont d’ailleurs pu s’appuyer sur les conseils avisés d’un fameux cabinet d’avocats d’affaires français .\nPour Olivier de Schutter, rapport spécial des Nations Unies pour le droit à l’alimentation, « la vraie question est de savoir si les terres disponibles doivent prioritairement bénéficier aux investisseurs étrangers ou aux paysans locaux. L’accès doit être équitable. Car l’important ce n’est pas l’investissement mais la manière de faire reculer la pauvreté dans les campagnes » . , Il souligne ainsi que « Si on laisse se développer les grandes exploitations, les petites vont disparaître, et les paysans vont rejoindre les villes »\nCela est particulièrement vrai en RDC, où l’insécurité alimentaire touche près de 73% de la population . Ces immenses palmeraies sont-elles le meilleur moyen de lutter contre ce fléau ? La province de l’Equateur est la plus pauvre des provinces congolaises avec un taux de pauvreté  de 93, 6 % de la population. Une province où 1 % seulement de la population a l’électricité et où la mortalité infantile est de 102‰. Une province où les 5, 8 millions d’habitants sont à 76 % paysans, dans un pays qui n’a pas encore adopté un code foncier efficace qui les protégerait de l’insécurité foncière et des accaparements de terres. Le gouvernement de RDC, encouragé par les institutions financières internationales, est prêt à octroyer les terres aux investisseurs étrangers à des conditions très avantageuses. Cependant, sous la pression notamment des organisations paysannes qui se structurent peu à peu,   une nouvelle “Loi Portant Principes Fondamentaux Relatifs à L’Agriculture” promulguée en décembre 2011 prévoit aujourd’hui que les sociétés d’exploitations agricoles en RDC soient détenues en majorité par des acteurs locaux (gouvernement ou acteurs privés). A l’heure actuelle, les principales filiales de Féronia en activité au Congo sont PHC, dans laquelle le gouvernement possède 23.83% , et Féronia PEK, détenue à 20% par une entreprise privée congolaise. Dans tous ses documents officiels, FERONIA explique qu’il existe un doute quant à l’application de cette nouvelle règle sur les concessions existantes et annonce les effets négatifs potentiels d’une telle loi sur les résultats de l’entreprise si elle devait s’y soumettre. Entrée en vigueur en juin 2012, les entreprises avaient jusqu’à juin 2013 pour se mettre en conformité avec la loi. « A cette date, la direction a décidé qu’il était meilleur pour l’entreprise de ne rien faire   ». Par ailleurs, Feronia admet qu’elle est en contact avec les pouvoirs publics pour discuter de cette loi."}
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La réforme agraire occupant une place importante dans le programme de campagne du président, les organisations de la société civile comptent bien le lui rappeler. \n\n\n\nLe 20 octobre 2014, un homme qui se veut incarner les espoirs de renouveau de la politique indonésienne prendra ses fonctions à la tête du quatrième pays le plus grand du monde. Elu en juillet dernier, Joko Widodo homme neuf sur l’échiquier politique, entend se différencier des différents apparatchiks qui se sont succédé à la tête de l’appareil d’état depuis la chute de Suharto. Ancien vendeur de meubles, il est devenu maire de Solo, dans la province de Java-Centre, avant d’être gouverneur de Jakarta.\n\nCette élection présidentielle est la cinquième depuis la chute de la dictature de Suharto en 1998, dans un pays où la défiance voire le désintérêt vis-à-vis des politiques est grandissante. 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Des hommes impliqués dans des détournements de plusieurs millions de dollars se sont retrouvés à des postes à haute responsabilité, laissant une partie des Indonésiens, et notamment les jeunes, sceptiques quant aux possibilités de renouvellement des responsables politiques.\n\nUn engagement sans précédent sur la réforme agraire\n\nDans ce contexte, Jokowi s’est présenté comme un homme neuf. A la tête de la capitale du pays, il avait déjà voulu se démarquer de ces prédécesseurs. Visites impromptues dans les administrations, apparitions publiques auprès de ses concitoyens victimes des inondations, il a été peu à peu considéré comme un dirigeant honnête n’ayant trempé dans aucune affaire. \nL’élection présidentielle a sembler réveiller la société indonésienne et a fait naître un débat intense et des espoirs dans plusieurs franges de la société civile. « Cette élection est un nouvel espoir en particulier en ce qui concerne l’application de la réforme agraire, la sécurité alimentaire et la résolution des conflits terriens », explique Iwan Nurdin, du KPA, le Consortium pour la réforme agraire. \nPendant sa campagne, Jokowi est ainsi allé à la rencontre de différentes organisations de la société civile, dont des partenaires du CCFD-Terre solidaire. Zainal Arifin Fuad du syndicat paysan (SPI), affilié à la Via Campesina, en témoigne : « Pendant sa campagne, Jokowi est venu au bureau du SPI et nous lui avons exposé notre vision de la souveraineté alimentaire. 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Cette élection est-elle pour autant le début d’une nouvelle ère pour la société civile et les droits humains ? \n\nLa nécessité d’une mobilisation permanente. \n\nSi certaines ONG ne cachent pas les espoirs qu’elles placent en Jokowi, les élections ont provoqué une profonde division au sein de la société civile indonésienne. \nDianto Bachradi, de la commission pour les droits humains, KomNas Ham, rappelle que Jokowi  s’est lui aussi rendu coupable de violations des droits humains quand il était gouverneur en déplaçant de force des populations de certains quartiers de Jakarta. \nAfin de ne pas donner carte blanche aux leaders pendant la campagne, un groupe d’organisations de la société civile s’est formé autour d’une initiative commune : Bersih 2014. Pilotée par Kontras elle s’est donnée pour objectif d’étudier le passé et les actions de chaque candidat aux élections pour que les citoyens puissent voter en leur âme et conscience. « Depuis les élections législatives d’avril 2014, nous avons développé cette « coalition propre » permettant de juger l’intégrité, les capacités politiques et le passé de chaque candidat », explique Iwan Nurdin de KPA. \nUne nouvelle génération de militants s’est retrouvée dans cette initiative, comme en témoigne les taux de fréquentation record du site pendant cette période. \nLes attentes autour de l’élection de Jokowi ont été considérables, et sa gouvernance est attendu au tournant par les organisations de la société civile. \nLes citoyens étant encore peu au fait de ce que réalisent ou ne réalisent pas leurs responsables politiques, les organisations de la société civile se sentent garantes, non seulement du respect des droits et des lois, mais aussi des engagements politiques.\n« Nous allons veiller à ce qu’il ne repousse pas cette priorité de la réforme agraire une fois aux affaires. 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En effet, après le terrible séisme, se sont succédé à l’automne 2010 une épidémie de choléra qui a déjà fait 7000 morts et sévit toujours, plusieurs ouragans et de longs mois d’incertitudes politiques tout au long de l’année 2011.\n\n\n\n\n\nAvec une campagne électorale débutée en août 2010, un premier tour en novembre, des premiers résultats contestés violemment (7-11 décembre 2010), des expertises ayant conduit au retrait du candidat du pouvoir en place, et enfin un deuxième tour fin mars 2011, dont les résultats parus début avril ont porté l’ancien chanteur Michel Martelly (dit « Sweet Micky ») à la Présidence de la République, le processus électoral ne s’est conclue par la mise en place d’un gouvernement qu’en octobre 2011, après 3 tentatives rejetées par un Parlement où Martelly n’a pas suffisamment de soutiens.\n\nLa mise en place tardive de ce nouveau gouvernement explique en partie l’absence de résultats concrets, et ce d’autant plus que le nouveau président à du mal à s’imposer, et à agir concrètement en dehors de beaux discours et inaugurations. Misant sur le secteur privé pour la reconstruction et le développement, le nouveau président annonce également des mesures controversées, notamment le rétablissement d’une armée sur fond d’une contestation de plus en plus virulente des institutions onusiennes (la MINUSTAH en particulier). On peut cependant noter un gros effort sur la scolarisation des enfants (avec une aide versée aux écoles de 90 USD par enfant scolarisé).\n\n2011 a également vu le retour au pays des anciens présidents Aristide et Duvalier, et l’impossibilité aux organisations telle Amnesty de les mettre en justice ; ils sont donc là en toute impunité. Alors que l’insécurité augmente en cette fin d’année – comme à l’accoutumée - sur le plan économique, l’augmentation du prix du pétrole, de la nourriture, et l’amorce de chute de la gourde dénotent une économie vacillante.\n\n\nReconstruction\n\nLe déblaiement des ruines se poursuit, atteignant bientôt 50% des débris soit 5 millions de mètres cubes en 2 ans. En comparaison, après le Tsunami de 2004, il a fallu 5 ans pour débarrasser les 1.3 million de mètres cubes à Aceh. On peut également rappeler qu’en France dans les années 1960, au Havre qui avait été rasé pendant la deuxième guerre mondiale, dans un pays aux institutions plus solides qu’Haïti et malgré le Plan Marshall, des enfants jouaient encore dans les gravats.\nLa ville ne dispose pas encore de plan d’urbanisme, toutefois le « bas de la ville » (Champ de Mars et alentours) a été déclaré zone d’aménagement prioritaire, et devrait voir la construction d’une cité administrative avec le soutien de la Fondation Prince Charles, projets qui connaissent des difficultés à se concrétiser. Aucun projet d’envergure n’est encore visible et on ne voit pas une seule grue à Port au Prince, et seulement deux à Pétionville !\n\nEnviron 35 000 logements anticycloniques et antisismiques ont été construits, accueillant environ 150 000 personnes. Sur les 1,5 million de personnes laissées sans abri par le séisme, environ 150 000 sont aujourd’hui relogées, 150 000 ont trouvé un logement par elles-mêmes, mais on compte encore plus de 500 000 personnes sous tente, dans une situation de grande vulnérabilité. Les abris temporaires en bois se multiplient, mais les protègeront-ils suffisamment des futurs désastres ? A l’écart de Port-au-Prince, quelques projets d’envergure semblent enfin aboutir, même s’ils ne sont pas forcément liés au séisme (route de Gonaïves à Port de Paix…).\n\nLe projet de parc industriel de région du Cap Haïtien sur 246 hectares, grâce au financement de la BID et d’une firme sud-coréenne, devrait permettre la création de 35 000 emplois directs et 75 000 indirects, et accueillir 10 000 à 12 000 étudiants.\n\nAvec la mise en place d’un nouveau gouvernement légitimé par les élections, on s’attend à ce que les bailleurs multilatéraux concrétisent leurs engagements pris dès la conférence de New York le 31 mars 2010, et que des réponses concrètes soient apportées à un certain nombre de blocages profonds (cadastre, planification urbaine et choix d’aménagement du territoire, lieux de reconstruction des bâtiments publics…). Malgré son peu de résultats concrets, le mandat de la CIRH (Commission Intérimaire pour la Reconstruction d’Haïti) a été prolongé au-delà des 18 mois initiaux. Par ailleurs, l’ONU a lancé un nouvel appel à dons le 1er décembre 2011 pour couvrir les 231 millions de dollars américains nécessaires en 2012 pour financer 180 projets répondant aux besoins immédiats.\n\nDu côté de l’Eglise, le désir d’exemplarité dans la reconstruction ayant conduit à la mise en place d’une structure d’appui technique pour la reconstruction des Eglises et bâtiments ecclésiaux, impulsée par les Conférences épiscopales américaine, française et allemande, dite « PROCHE » (Partenariat pour la Reconstruction de l’Eglise en Haïti), n’est pas sans provoquer d’importantes tensions au sein d’une Conférence épiscopale qui peine à s’unir autour de projets et priorités nationales.\n\n\nLes catastrophes ne sont pas finies : inondations et choléra\n\nHaïti ne s’est pas encore relevée de cette catastrophe que d’autres fléaux, habituels ou non, s’abattent à nouveau sur elle : ouragans, inondations, et reprise de plus belle de l’épidémie de choléra, faisant entre octobre 2010 et décembre 2011, 7000 morts et 500 000 malades. La gestion de cette épidémie dénote une fois encore la fracture entre capitale et campagnes reculées.\n\n\nPrésence internationale, ONGs et société civile locale\n\nMalgré le retrait annoncé des ONG après la phase d’urgence, ce monde parallèle est toujours omniprésent à Port au Prince. Les difficultés internes d’ONG comportant un département développement et un département urgence installés seulement depuis le séisme, avec des règles de fonctionnement et des objectifs distincts, qui s’imposent aux mêmes partenaires, ne sont pas sans conséquences sur les acteurs locaux et leurs projets.\n\n\nDes acteurs locaux motivés, qui ont besoin d’être renforcés pour mettre en place des projets porteurs d’espoir\n\n\nDe son côté, la société civile haïtienne, avec ses associations et ONG locales d’appui, est submergée depuis le séisme, s’étant lancé avec entrain et solidarité dans de nouvelles activités d’appui auprès de communautés auprès desquelles elle est légitime : distributions des semences, vivres et logements temporaires, réparations de routes, construction de maisons rurales, planification et mise en place de services publics de proximité avec les autorités locales, et même dans la santé… Ces associations dont font partie les partenaires haïtiens du CCFD-Terre Solidaire se trouvent paradoxalement à la fois en concurrence (pour les locaux, pétrole et ressources humaines) avec les ONG internationales qui ont littéralement colonisé le pays depuis la catastrophe, et extrêmement sollicités par les bailleurs internationaux qui sont leurs partenaires de plus ou moins longue date et qui cherchent tous, comme le CCFD-Terre Solidaire, à monter des projets de long terme avec des partenaires locaux fiables. 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D’autant que les investisseurs étrangers misent surtout sur la production d’agrocarburants au détriment des cultures vivrières et que les droits des paysans locaux sont spoliés. Interview.\n\n\n\nFDM : Quelle est l’ampleur des transactions de terres dans les pays du Sud ? \n\nOlivier De Schutter : L’évaluation est difficile, car bien des contrats de vente ou de location de terre sont opaques. Selon l’étude la plus fi able, celle du projet Land Matrix [[Ce projet international qui associe quatre institutions de recherche agronomique, dont le Cirad pour la France, vise à élaborer une base de données sur les accaparements de terres : http://landportal.info/landmatrix]] d’avril 2012, 83,2 millions d’hectares de terres agricoles ont changé de mains lors de la dernière décennie, dont 56,2 millions en Afrique subsaharienne, soit la superficie de la France métropolitaine. Le phénomène concerne une douzaine de pays dont, par ordre d’importance : Madagascar, l’Éthiopie, la RDC, le Soudan, la Tanzanie, le Mozambique et le Bénin. Autre caractéristique : l’essentiel de ces transactions est réalisé par des investisseurs internationaux et des fi rmes multinationales, alors qu’en Asie[[L’Asie où 17,7 millions d’hectares sont concernés (Philippines, Indonésie, Laos, en premier lieu).]] les investisseurs régionaux et locaux jouent un rôle majeur. \n\nLa crise alimentaire de 2007-2008 a mis en lumière la vulnérabilité de certains pays – de la Chine à l’Arabie saoudite – et précipité la ruée sur les terres... \n\nOui, mais attention à une distorsion. Les médias ont braqué les projecteurs sur ces pays – ceux du Golfe en particulier – qui, soucieux de s’assurer contre le risque d’une volatilité accrue des cours des denrées alimentaires de base, ont sous-traité leur production agricole afin de nourrir leur population. Mais une vue d’ensemble signale que deux tiers des surfaces accaparées sont le fait d’investisseurs privés, de fonds d’investissement et de fonds de pension. Les bourses devenant moins rémunératrices, ils ont voulu diversifier leurs actifs en misant sur les terres agricoles appelées à moyen terme à prendre de la valeur. Autre motif d’inquiétude, la destination des nouvelles cultures : près de 30 % d’entre elles concernent la production d’éthanol ou de biodiesel. C’est un chiffre considérable. Les agrocarburants alimentent la spéculation sur les terres. Cela fait craindre demain de fortes tensions alimentaires. Les pays du Sud qui jouent à ce jeu hypothèquent sans doute leur avenir. \n\n\nComment enrayer cette machine infernale ? \n\nIl est un piège en forme d’alternative dans lequel je refuse de tomber : soit vous favorisez l’agrobusiness, soit vous êtes un partisan du statu quo. Je plaide inlassablement auprès des gouvernements du Sud pour qu’ils s’engagent en faveur de la modernisation des exploitations familiales et de l’agriculture paysanne. On n’a pas suffisamment investi dans les cultures vivrières, tant en amont (formation, fourniture de petits équipements) qu’en aval (moyens de stockage, accès aux marchés). Bien des dirigeants africains ne croient pas en l’agriculture familiale ; donc ils n’investissent pas dans ce secteur et empêchent qu’il se modernise. Il faut sortir de ce cercle vicieux. \n\n\nQuid en direction des investisseurs privés ? \n\nJe plaide en faveur d’un code de bonne conduite. Je leur fais remarquer que la tendance est à la progression de l’investissement responsable, soucieux de ses conséquences sociales et environnementales. Les droits fonciers des agriculteurs, à présent ignorés, doivent notamment être pris en compte. Et je leur répète que sur le long terme, seuls réussissent les projets agricoles qui autorisent des retombées substantielles en termes de développement au profit des ruraux de la région. Les consommateurs ont aussi leur mot à dire : ils peuvent interpeller les investisseurs en leur demandant dans quelles conditions les biens alimentaires qu’ils achètent ont été produits. \n\n\nLa Communauté internationale n’a-t-elle pas un rôle à jouer ? \n\nLes Nations unies n’ont pas le pouvoir de réglementer ces pratiques d’accaparement de terres. Mais l’adoption le 11 mai 2012 par le Comité de sécurité alimentaire (CSA) de la FAO des Directives volontaires pour une gouvernance responsable du foncier constitue un premier pas en avant. En clair, il s’agit que les terres, la pêche et les forêts bénéficient d’abord aux populations locales. L’enjeu aujourd’hui est que les ONG du Nord et du Sud s’emparent de ce texte et fassent pression sur les gouvernements pour qu’ils transcrivent ces directives dans leurs lois nationales. Un paragraphe de ces directives demande, particulièrement, que les parlements des pays concernés soient informés des éventuelles cessions de terres et donnent leur assentiment. C’est une approche prometteuse."}
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Circulation massive d’armes venues du conflit libyen, déplacements de population, les conséquences sont nombreuses notamment pour les migrants subsahariens.\n\n\n\nPlus de 300 000 ressortissants du Niger sont rentrés au pays alors même qu’en Libye, ils étaient les seuls soutiens stables de familles vivant dans une contrée au bord de la crise alimentaire[[La situation est d’autant plus dramatique que ces retours coïncident avec le retour massif de Nigériens qui avaient émigré en Côte d’Ivoire et fuient désormais la crise politique.]]. Ces migrants, dont beaucoup ont vécu de graves violences reviennent sans rien. Par ailleurs, la confusion s’installe et ils sont rapidement suspectés de revenir avec des armes, d’être à l’origine d’attaques sur les axes routiers, d’être proches d’Aqmi... Certains migrants de l’Afrique côtière et centrale se positionnent au Nord, à Agadez notamment, en attendant de pouvoir retourner en Libye avec l’espoir que la situation se stabilise. \n\nAu Mali aussi, les migrants subsahariens ayant fui la Libye se comptent par dizaines de milliers. Jusqu’en mars 2012. Date à laquelle les rebelles touareg du MNLA (Mouvement national de libération pour l’Azawad) suivis de près par des groupuscules islamistes proches d’Aqmi, le Mujao ou Ansar Dine, envahissent le nord du pays : le Mali est alors coupé en deux. Les États voisins ferment leurs frontières les uns après les autres : Algérie, Niger, etc. Les migrants en « en déshérence » se trouvent bloqués, abandonnés à eux-mêmes dans les zones-frontières. Ne pouvant plus monter vers le Nord ni descendre vers le Sud, en proie aux violences et aux trafics. « Lors de ce conflit, il y a eu des atrocités, des viols, des tueries, certains migrants ne pouvaient même plus marcher  », témoigne Éric Kamden qui travaille à la Maison du migrant de Gao et est actuellement en exil au Niger. Plus de 250 000 Maliens quittent le Nord se dirigeant plus au Sud, jusqu’à Bamako, ou vers le Niger. \n\nLa route par le Mali étant désormais inaccessible, le passage par le Niger redevient important pour les migrants qui considèrent que le « Nord » reste, sinon l’eldorado d’antan, du moins un espace où les perspectives d’avenir restent meilleures. « Les migrants paient le prix de la déstabilisation en cherchant à contourner, à se repositionner. Car les raisons pour lesquelles les jeunes Africains allaient chercher un mieux-être ailleurs n’ont pas changé », explique Assane Ba, chargé de mission Migrations internationales au CCFD-Terre Solidaire. \n\nCes bouleversements géopolitiques majeurs ont non seulement déstabilisé les routes des migrants mais aussi le travail des acteurs de société civile de la sous-région (associations laïques, missions catholiques, associations de migrants) engagés depuis plusieurs années à leurs côtés. Les amis de Gao de l’association Direy Ben ont été obligés de se replier plus au sud du Mali, aidés par la solidarité des autres associations partenaires de la zone, et cherchent à acheminer vers Bamako les migrants bloqués dans le chaos du théâtre des opérations. Les membres de la Caritas de Gao, actuellement en exil à Niamey, cherchent à renforcer les nouveaux relais du Nord-Niger de plus en plus fréquentés (Arlit et Agadez notamment). En Algérie, à Alger : « Rencontre et développement » ; au Maroc, à Oujda : « ABCDS »[[ABCDS : association qui vient en aide aux migrants.]] ou encore en Mauritanie, à Nouadhibou : « la Caritas », font face à de plus en plus d’arrivées de Libye où le conflit communautaire perdure sans médiatisation, mais aussi de toute la sous-région chaque jour un peu plus déstabilisée. \n\nQuelles sont les perspectives, dans ce contexte ébranlé ? « On garde espoir, notamment avec l’intervention de la France au Nord- Mali, mais on a du mal à maîtriser le calendrier. Il est difficile de réussir quelque chose de grand tant que la situation de conf it ne s’apaise pas. Ça mettra du temps, mais on garde espoir  », conclut Hassane Boukar, responsable Migrations de l’association Alternatives espaces citoyen (Niger) lors du Forum social mondial de Tunis. La solidarité entre les partenaires, elle, n’a pas été détruite par les armes et sera sans nul doute le ferment essentiel de la reconstruction de la chaîne de travail pour accompagner ces migrants à travers les routes du Sahara."}
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Moissons incendiées, champs désertés et routes coupées : la situation ne cesse de s’aggraver, conséquence d’une guerre civile dramatique\n\nDans un contexte où, selon un rapport des Nations unies, au moins la moitié du budget du pays serait consacrée à l’achat d’armes, l’état de famine a été déclaré par l'Onu au Soudan du Sud, le 20 février 2017. L’alerte signifie que des personnes meurent déjà de faim. \n\nAu Nord, dans les zones où se concentrent les combats près des gisements pétroliers, les familles ont perdu leur bétail et leurs outils agricoles.\n\nAu Sud, les provinces d’Equatoria qui constituaient le grenier du pays ne sont pas épargnées. Les soldats ont brûlé une partie des récoltes, les cultivateurs désertent les champs  pour fuir les exactions et les produits ne circulent plus.\n\nL’acheminement de l’aide alimentaire s’avère très délicat. Certaines régions ne sont accessibles que par des largages aériens, ce qui renchérit considérablement le coût de l’aide.\nSelon l’Onu, 100 000 personnes sont actuellement confrontées à une situation de famine et 42% de la population, soit 4,9 millions de personnes, nécessitent une aide alimentaire, nutritionnelle et agricole d’urgence.\nDes espoirs de paix et de développement brisés\nL’espoir de paix suscité par l’accession du Soudan du Sud à l’indépendance en 2011 aura été de courte durée. A l’époque, les défis à relever étaient immenses.\nSa population, dont la moitié a moins de 17 ans, figure parmi les deux plus pauvres de la planète[[L’autre pays est le Niger, le plus pauvre de tous selon l’indice de pauvreté multidimensionnelle du PNUD]] .\n\nLe pays dispose pourtant d’environ 30 millions d’hectares propices aux cultures vivrières  et commerciales, mais seules 5% de ces terres sont cultivées. Administration et infrastructures : tout est à construire bien plus qu’à reconstruire.\n\nSans compter la gestion de la démobilisation, la prise en compte des populations déplacées, des personnes handicapées, des enfants non scolarisés… Le taux d’alphabétisation de la population est de seulement 27%.\n\nTous ces défis exigeaient l’unité nationale pour être relevés. \n\"Or le ciment national, c’était le combat pour l’indépendance. Quand le Soudan du Sud y est parvenu, plus rien ne réunissait les forces en présence\" explique Bruno Angsthelm, chargé de mission Afrique au CCFD-Terre Solidaire.\nTrès vite les tensions s’exacerbent au sein du SPLM (Sudan People's Liberation Movement), le parti unique au pouvoir. Fin juillet 2013, le président Salva Kiir limoge l’ensemble du gouvernement, dont son vice-président Riek Machar, et refuse l’organisation d’élections. Le pays plonge dans sa troisième guerre civile.\nLa guerre est devenue la norme et la paix l’exception\nDepuis 1955, des générations entières de Soudanais du Sud n’auront connu que la loi des armes avec son lot de pillages, de viols et d’exécutions les plus atroces.\n\nTrois millions de personnes déplacées et 80 000 morts  : c’est le bilan officiel de la guerre en cours. Mais, confiait l’historien Gérard Prunier au journal Le Monde, début février 2017 :\n« Je ne serais pas surpris qu’il atteigne 300 000, voire 500 000 morts. Comme dans tous les conflits de ce type, 80 % des victimes meurent d’épuisement, de faim, de maladies. Pas dans les combats ».\nEn décembre 2016, le conseiller spécial de l’Onu pour la prévention des génocides a alerté sur les crimes dont sont en particulier victimes les Nuer, l’ethnie de l’ancien vice-président Riek Machar. Il serait hâtif de conclure pour autant à un conflit communautaire. Les experts s’accordent sur un point : les guerres qui sévissent dans les différentes régions de la République du Soudan et du Soudan du Sud ont pour mobiles communs l’accaparement du pouvoir et des richesses  (en particulier celles issues de minerais et du pétrole) au profit d’une petite élite qui instrumentalise les ressorts religieux ou identitaires.\nParer à l'urgence tout en préparant l’avenir\nAvec l’ONG africaine ACORD, le CCFD-Terre Solidaire est impliqué depuis plusieurs années dans un vaste projet dit Programme Paix, mené conjointement au Soudan du Sud, au Tchad et en République centrafricaine. Dans ces pays meurtris par de longues années de conflit, l’objectif est d’accompagner les initiatives locales en faveur du développement et de la résilience.\n\nMais au Soudan du Sud la situation est devenue si grave qu’elle a forcé les partenaires locaux à réorienter leurs actions. Atténuer l’intensité de la crise alimentaire, empêcher qu’elle ne se propage et plus globalement mettre fin à ce chaos meurtrier s’imposent désormais comme une priorité.\n\nACORD se concentre sur le quotidien des réfugiés et des déplacés internes, poursuivant notamment :\n\n \tla distribution d’outils et de semences aux foyers les plus vulnérables, \n \tl’accès à l’eau potable et aux services sanitaires,\n \tla formation des moniteurs agricoles et des agents de l’Etat...\n\nLe CCFD-Terre Solidaire s’est également rapproché des sections sud soudanaises de Justice et Paix et de Caritas pour répondre aux besoins immédiats d’une population démunie de tout. Dans l’état de déliquescence du pays, les Eglises catholiques et protestantes restent en effet un trait d’union essentiel entre les habitants, et parmi les seules structures encore debout.\n\nVoir également : La famine dans le monde\n\nBénédicte Fiquet\n\nJE FAIS UN DON"}
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À leur retour, ils témoignent des conditions de vie de ces populations et du travail remarquable accompli, dans des conditions difficiles, par des associations partenaires, sur place.\n\n\n\nLes autorités thaïlandaises enregistrent officiellement 1,5 million de migrants birmans dans le royaume. Selon les ONGs, ils seraient plus de trois millions. Partis à leur rencontre en août, vingt-deux bénévoles du CCFD-Terre Solidaire se sont immergés parmi eux. Ils relatent les situations et aussi les témoignages qui les ont marqués. Comme dans ce village de montagne, perdu à plus de deux heures de route de Chiang Maï, dans le nord du pays qui abrite une centaine de familles issues de différentes minorités ethniques peuplant l’État kachin, au nord de la Birmanie. Fuyant les atrocités de la guerre qui ravage leur région (voir FDM 271), la plupart des habitants sont arrivés là quasiment sans ressources. \n\nSans papiers, ils sont dans l’impossibilité de quitter ce bout de terre inhospitalier où ils vivent sans eau durant la saison sèche (la moitié de l’année) et où, faute de moyens, l’école est fermée. Les maigres récoltes de riz ou de maïs, recueillies lors de la saison des pluies, suffi sent à peine. « On leur a permis de s’installer et après, plus personne ne s’occupe d’eux. Ils sont bloqués là », s’insurge Anne-Lise, l’une des participantes au voyage. Certes, l’Association des femmes kachins de Thaïlande (Kwat), partenaire du CCFD-Terre Solidaire, leur apporte un peu d’aide. Elle travaille surtout en Birmanie en appui aux populations kachins*. \n\n\nExploités par les employeurs thaïlandais \n\nAu nord-ouest de la Thaïlande, Mae Sot offre une image bien différente. Bordée par la rivière Moï qui fait frontière avec la Birmanie, la ville a des allures de bourgade birmane. Les Birmans y constituent plus de 60 % de la population locale. Agriculture, services, restauration et hôtellerie, ateliers de confection... on les retrouve dans tous les secteurs d’activités. Leur exploitation par les employeurs thaïlandais semble être la règle. Horaires à rallonge, salaire atteignant rarement le minimum local, fixé à 300 bahts par jour (environ 7 euros), sécurité sociale inexistante, conditions de sécurité aléatoires... Certains accusent même leurs patrons de « mettre des amphétamines dans les boissons afin de combattre la fatigue, et augmenter les cadences ». \n\nDes conditions contre lesquelles se bat depuis plusieurs années le Programme assistance migrants (Map), une ONG locale partenaire du CCFD-Terre Solidaire. Le Map dispense des formations sur la santé, le droit des travailleurs et celui des femmes ; des thèmes sur lesquels il réalise un travail de sensibilisation grâce, notamment, à deux émetteurs de radio, à Chiang Maï et à Mae Sot. Programmes religieux ou culturels, cours de langue ou relais d’émissions de Radio Free Asia ou Voice of America, les deux antennes de Map Radio, gérées par des migrants pour les migrants, permettent de toucher un très large public, souvent inaccessible autrement.\n\nQuelques heures après leur visite dans les studios de Mae Sot, les bénévoles immergés venant du nord de la France le vérifieront. Ces « Français entendus à la radio » seront accueillis à bras ouverts par une petite communauté birmane installée dans une décharge à ciel ouvert des environs. L’occasion pour eux de découvrir, de l’intérieur, la vie de ces femmes et hommes qui n’ont, pour tout horizon, qu’un amas de détritus d’où ils extraient métaux, plastique et papiers qu’ils revendront pour être recyclés, pour un prix dérisoire. Un moment « très fort » pour Alain, qui se dit « marqué par les déclarations d’un migrant avouant qu’il était mieux dans cette décharge qu’en Birmanie ».\n\n\nDans le sud de la Thaïlande, au nord de Phuket, la Fondation pour l’éducation et le développement (Fed), partenaire du CCFD-Terre Solidaire, est sur tous les fronts : centres d’accueil temporaire, création d’écoles pour les enfants migrants, consultations médicales, autonomisation des femmes, défense des droits des travailleurs et formations en tout genre.\n\n Ses interventions multiples touchent aujourd’hui plusieurs milliers de familles birmanes : une population employée notamment dans les plantations d’hévéas, la construction, le tourisme. Mais aussi dans les secteurs liés aux activités de la pêche et de son industrie, comme l’élevage de crevettes (produit phare de l’exportation thaïlandaise), conditionnées dans des usines de transformation locales peu respectueuses des droits des travailleurs. « Des crevettes qui finissent dans nos assiettes », remarque Nicolas, l’un des bénévoles immergés. « On peut mesurer là concrètement l’impact de nos choix de consommation sur ces populations. Il y a un lien évident. » \n\nPlus grave, selon l’Organisation internationale du travail (OIT), dans le secteur de la pêche, un tiers des migrants embarqués sur les bateaux de pêche thaïlandais auraient été « trompés quant à leur emploi », un sur six le serait « contre son gré ».\n \nTravail forcé et traite \n\nUn véritable « esclavage » pour l’organisation internationale Walk Free Foundation qui, en octobre, estimait qu’une « proportion significative des quelque 200 000 migrants employés dans l’industrie de la pêche thaïlandaise était victime de travail forcé et de la traite d’êtres humains ». Cette industrie ne serait d’ailleurs pas la seule à recourir à de telles méthodes. L’agroalimentaire, les emplois domestiques seraient également concernés. \n\nLa lutte contre la traite des êtres humains, l’Association des Birmans en Thaïlande (Mat), basée dans le sud de Bangkok, en a fait sa spécialité. « En 2012, nous avons pu sauver 292 migrants vendus par des intermédiaires et faire arrêter 18 passeurs », révèle Kyaw Thaung, son directeur. « Et, en 2013 [ndlr : jusqu’au mois d’août], nous sommes intervenus dans 32 cas de traite d’humains et avons secouru 178 travailleurs, ce qui a conduit à l’arrestation de 25 personnes impliquées dans ces trafics. » Une goutte d’eau face à l’ampleur du phénomène. « Les victimes sont des milliers et nous ne disposons que d’une équipe de 8 personnes », regrette-t-il.  \n\nD’autant que la marche à suivre n’est pas simple. La procédure est longue, complexe et risquée. Comme lorsque le propriétaire d’une usine est un... « trois étoiles » de la police thaïlandaise ! « Il y a eu une fuite et j’ai dû m’enfuir avec un autre membre de l’équipe. Des tueurs avaient été envoyés pour nous liquider », assène Kyaw Thaung. Un danger qui fait désormais partie de son quotidien. « Je reçois régulièrement des menaces par téléphone, il y a des gars en moto qui vérifient si je suis là. Je suis parfois suivi», continue-t-il. « Il ne me reste aujourd’hui que trois options possibles : retourner en Birmanie, continuer ici, ou être tué. » \n\nUne rencontre qui marquera tous les bénévoles immergés. « Je ne mesurais pas le degré de violence qui entoure ce trafic », avoue Nicolas. «Ce gars risque sa vie tous les jours ! » \n\n\nTémoigner des réalités vécues par les migrants \n\nDe quoi motiver encore davantage les participants à cette immersion qui rapporteront leur expérience auprès de leurs équipes locales, mais aussi dans des écoles ou à l’invitation d’associations. « Cela va être difficile », reconnaît Alain. « Il y a un tel décalage entre les préoccupations des gens ici et les préoccupations des gens de là-bas », explique-t-il. «L’essentiel maintenant est de témoigner de la réalité de ce que vivent ces migrants mais aussi de la volonté, de la ténacité, de l’engagement des ONGs qui agissent localement. » \n\nUn soutien nécessaire. Htoo Chit, fondateur de la Fed, estime en effet que ce mouvement migratoire vers la Thaïlande est loin de se ralentir. « Avec les changements qui ont lieu en Birmanie, nous nous attendions à ce qu’un certain nombre de migrants rentrent chez eux », reconnaît-il. « Il n’en est rien. C’est même le contraire qui se passe. » En effet, le développement en Birmanie se fait sur le dos des plus pauvres. « De nombreuses terres ont été confisquées par le régime birman et ses “petits copains”. Dépossédés de leurs champs, les fermiers migrent vers les grandes villes, puis vers la Thaïlande », explique-t-il. En outre, le gouvernement thaïlandais et surtout les entrepreneurs locaux ont conscience de l’importance de ces travailleurs pour l’économie et auraient bien du mal à se passer d’eux aujourd’hui, « ce qui les rend de plus en plus conciliants », se réjouit-il. Résultat : « Chaque jour, de nouveaux migrants continuent d’arriver. Et ils sont contents d’être là », constate Htoo Chit. « Malgré les mauvaises conditions de travail ou le manque de sécurité. »"}
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Kheolamaï Thanapol, son directeur, nous en dit plus sur cette démarche soutenue dès le départ par le CCFD-Terre Solidaire.\n\n\n\nEn quoi consiste le projet Towards Organic Asia ?\nTowards Organic Asia est un partenariat stratégique réunissant plus d’une vingtaine de groupes différents [[5 partenaires du CCFD-Terre Solidaire participent au réseau]], ONG, agences gouvernementales, instituts académiques, entrepreneurs venus des cinq pays de la région du Mékong, Thaïlande, Birmanie, Laos, Cambodge, Vietnam, et du Bhoutan. Même si chacun travaillait de façon isolé, tous se retrouvaient autour d’une vision commune : la promotion de la souveraineté alimentaire des populations à travers le soutien à une agriculture durable et biologique. Il nous semblait pertinent de les regrouper pour qu’ils puissent mettre en commun leurs savoir-faire, les partager pour ainsi mieux répondre aux défis auxquels nous sommes tous confrontés. Car nos sociétés sont profondément ancrées à la terre et dépendent encore de l’agriculture pour vivre. \n\nQuels sont ces défis ?\nIls sont au nombre de quatre. Le premier concerne le vieillissement des paysans. Si cette tendance persiste, cela va définitivement affecter la façon dont nos sociétés produisent leur nourriture mais aussi impacter le mode de vie des communautés rurales. Il nous faut donc encourager les jeunes à investir l’agriculture et montrer qu’elle est porteuse d’avenir. Le deuxième porte sur le plaidoyer. Le mode de développement prôné par de nombreux gouvernements asiatiques se focalise surtout sur l’industrialisation, la modernisation, les services et, du coup, le secteur agricole est négligé voire oublié. Nous devons sensibiliser nos gouvernants qu’il ne s’agit pas seulement de production alimentaire mais que cela touche aussi nos environnements culturels, nos modes de vie. Le troisième a trait aux échanges que nous avons entre nous. Le fait de disposer désormais d’une plateforme commune est très important. En partageant nos expériences, nos savoir-faire, nous sommes mieux à même d’appréhender nos réalités respectives. Le dernier défi porte sur la promotion de l’agriculture bio. Point qui inclut l’éducation des consommateurs. \n\nComment réagissent les agriculteurs ?\nSi l’on prend l’exemple de la Thaïlande, les agriculteurs qui utilisent des intrants chimiques depuis trente ou quarante ans ont tendance à banaliser cette pratique. Il est assez difficile de les convaincre d’y renoncer. Pour autant, d’autres se sont aperçus qu’ils avaient des problèmes de santé et aussi qu’ils étaient obligés d’utiliser toujours plus de pesticides pour parvenir aux mêmes résultats ayant pour conséquence de diminuer leurs revenus. Ceux-là sont prêts à franchir le pas d’une agriculture raisonnée. \n\nVotre partenariat inclut des agences gouvernementales thaïlandaises. Ce gouvernement entendrait-il vos arguments ?\nSoyons clair : le gouvernement thaïlandais n’encourage pas l’agriculture familiale biologique. Cependant, cela ne lui empêche pas de mettre en œuvre certaines initiatives. D’ailleurs, le ministère du Commerce s’y intéresse depuis quelques années, sa vision est différente, plus commerciale. Les produits issus de l’agriculture biologique sont vendus plus chers à l’exportation dont les bénéficiaires sont souvent de gros exploitants ou des compagnies. En revanche, nous nous sentons plus en phase avec l’Université Maejo, à Chiang Maï [[Ville située dans le nord de la Thaïlande et capitale régionale]], qui est devenue partenaire du TOA. 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Car les jeunes sont décidés à donner une autre lecture de leur continent, moins chaotique. Analyse de Ladiba Gondeu, 35 ans, chercheur tchadien en anthropologie et ancien président de la Jec (Jeunesse ouvrière chrétienne). \n\n\n\nDans mon pays parmi les plus pauvres au monde – le Tchad – [[Le Tchad est classé 184 sur 186 pays selon l’Indice de développement humain (IDH) 2012. Source : Rapport sur le développement humain 2013 du Programme des Nations unies pour\nle développement.]], il y a peu de perspectives pour les jeunes. Comme à l’époque, on envoie son enfant à l’école afin qu’il devienne plus tard « un grand quelqu’un, un quelqu’un comme il faut ». Si possible, on fera les prières, les sacrifices rituels indispensables afin de recueillir les bénédictions des mânes des ancêtres pour que cet enfant puisse un jour occuper les hautes marches de l’administration étatique. C’est une figure de la réussite sociale. Le modèle des générations précédentes. \n\nCette génération africaine, qui fut aux affaires ou y demeure, a parfois fait preuve d’inertie face aux forces progressistes réclamant l’instauration de la démocratie et des libertés publiques. Pour les jeunes Tchadiens, « elle a échoué à concrétiser la démocratie et engager le développement, ou pire elle empêche la jeune génération d’émerger et d’apporter le changement  ». Elle se retrouve dans les partis au pouvoir ou d’opposition, dans un face-à-face marqué par les calculs et des alliances « dosés à la sauce africaine ». La génération suivante des premiers leaders des organisations de la société civile et de défense des droits l’homme, arrivée dans l’espace public dans les années 1990, est, elle, ancrée dans la dénonciation et le refus systématique de collaborer avec l’État. \n\nUne posture courageuse mais qui ne correspond plus à la vision des jeunes Africains aujourd’hui. Partout en Afrique, les 25-40 ans, dont je fais partie, sont en train de changer le visage du continent. Avides de savoirs et d’idées nouvelles, ils sont dans l’action pratique et ne s’inscrivent pas dans les pas de leurs aînés. Ces jeunes leaders sont instruits, nombre d’entre eux ont été formés dans les meilleures écoles et universités d’Afrique, d’Europe ou d’Amérique. \n\nBeaucoup reviennent dans leur pays, rarement pour se mettre au service d’un État qui n’est pas toujours au service des populations. Ils s’installent à leur compte, créent leurs propres affaires, deviennent des entrepreneurs à part entière, dans le business, ou comme entrepreneurs sociaux animant la dynamique du changement au sein de leur communauté. \n\n\nDES EXEMPLES DE RÉUSSITE QUI TRANCHENT AVEC LES VIEUX CLICHÉS \n\n\nAu cours de ces dernières années, j’ai été invité deux fois par le gouvernement américain à participer à des rencontres de jeunes leaders africains, les leaders du futur ! J’y ai rencontré Mme Hodan Abdi Osman, une jeune Djiboutienne retournée dans son pays après de brillantes études en France. Aujourd’hui, elle réussit dans le design de luxe et collabore avec l’Université de Djibouti où elle anime une plate-forme des jeunes entrepreneurs formés à développer leurs activités. J’ai eu la chance de débattre avec Mme Bobson Coulibaly, avocate spécialisée en droit des affaires et droit minier. Conseillère des entreprises minières installées au Burkina Faso, Togo, Niger et Mali, depuis 2010, elle joue un rôle important auprès du gouvernement burkinabè dans la révision du code minier. Et tellement d’autres, créateurs, ingénieurs, entrepreneurs... \n\nL’Afrique qui bouge, connectée au monde, téléphone 4G, Internet... Ces exemples de réussite tranchent avec la figure du jeune Africain popularisée par le personnage de Kirikou[[Personnage de fiction créé par Michel Ocelot.]]. Ou du cliché d’une jeunesse africaine mourant de soif dans le désert du Sahara ou se noyant dans les mers et rêvant d’un eldorado européen. \n\nNotre génération est active dans le monde associatif. Elle cherche, à travers ses divers engagements, à créer et à nourrir les liens sociaux : dans les animations des quartiers, les appuis-conseils en matière d’innovations technologiques pour le monde rural ou pour les femmes, l’acquisition de savoir-faire pour les adultes déscolarisés, la transformation des produits du terroir, etc. En matière de construction de la paix, de lutte contre la violence, les jeunes ont montré leur leadership par la mise en place de groupes de médiateurs des conflits scolaires, de groupes d’entente éleveurs agriculteurs, de la formation et la réinsertion des enfants des rues. En favorisant le processus de dialogue au sein des communautés, en permettant aux cœurs de s’exprimer sur des sujets qui fâchent, en donnant la parole aux exclus. En nourrissant aussi l’agenda poli tique national de propositions pertinentes et en œuvrant pour consolider la paix au sein des communautés, ils sont de réels facteurs de résilience pour leur pays, qui méritent d’être mieux connus et accompagnés. \n\nNotre génération – et les suivantes –, sont ouvertes sur le monde ; elles n’éprouvent pas de problèmes culturels avec les clivages de maintenant. Notre rêve est de bâtir une société nouvelle, mais il se heurte à nombre de défi s qui compromettent le vivre-ensemble. Le premier est d’ordre culturel. Dans une société multiculturelle, comment parvenir à construire une conscience d’appartenance commune, bâtir des liens solides de convivialité, de camaraderie et d’engagement commun ? \n\nAu Tchad, les jeunes ont entrepris des démarches courageuses qui ont permis d’aborder cette problématique, ouvrant la voie à un effort réfléchi sur les attitudes communautaires, voire individuelles, dans le rapport à l’altérité. \n\nPour nous, il s’agit de briser les tabous qui ombragent ces rapports, et donc les manipulations liées à l’histoire commune : la question de l’esclavage, les violences de masses, les interdits religieux, communautaires, les conflits résiduels inter communautaires... \n\nLes jeunes doivent imaginer une nouvelle « coutume » ou manière de vivre-ensemble. Pourquoi devrions-nous choisir entre notre identité ethnique, religieuse et ce sentiment nouveau d’appartenir à une communauté nationale ? Pour moi, plus qu’un héritage colonial, la citoyenneté est le nouveau socle du vivre-ensemble en Afrique où les pays ont unanimement opté pour la République. Elle doit être la maison de tous et devra offrir la laïcité et la liberté comme filles du progrès. Ce sont là des défis pour une Afrique plus ouverte au monde et porteuse d’espoir, pour sa jeunesse et pour l’humanité dans son ensemble."}
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Ces musulmans issus de l’ethnie des Peuls ont fui les violences dans leur pays et vivent dans des conditions précaires. Cette assistance humanitaire s’inscrit dans le cadre du « Programme Paix » lancé par le CCFD-Terre Solidaire fin 2012 dans quatre pays, Tchad, République de Centrafrique (RCA), Soudan et Sud-Soudan, visant à soutenir les sociétés civiles dans leur action pour la paix. \n\n\n\nA quels enjeux répond cette aide d’urgence ?  \n\nBruno Angsthelm : Il s’agit pour nous de consolider des liens et d’œuvrer à la réconciliation entre chrétiens et musulmans. Nous ciblons une communauté qui a besoin d’assistance et qui va nous permettre de mieux travailler sur les enjeux de l’après-conflit.\n\nIl faut bien le souligner : les membres de l’ethnie peule font partie de la minorité musulmane en Centrafrique (15 % de la population), mais ils sont les seuls à être reconnus en tant que Centrafricains, même s’ils sont marginalisés. Ce n’est pas le cas des autres musulmans, trop souvent perçus comme des étrangers ou des immigrés. En plaidant pour le retour des réfugiés peuls, il sera plus facile d’introduire le débat sur la question plus générale du retour des musulmans qui ont fui la Centrafrique. \n\nLe deuxième enjeu porte sur la transhumance transfrontalière, une question très importante. Si la transhumance est relativement bien organisée entre les Peuls et les autres communautés centrafricaines, la transhumance transfrontalière pose beaucoup plus de problèmes. De nombreux troupeaux sont la propriété de tchadiens puissants dans leur pays qui arment les bergers. Ceux qui résistent à leur passage s’exposent à des représailles. Une bonne partie de cette transhumance s’effectue dans la violence et l’impunité. Cette situation a amené des Peuls centrafricains, minoritaires certes, à s’armer pour défendre leur communauté. Certains se sont mêmes enrôlés dans des groupes armés. Il faut désamorcer les risques de conflit.\n \nLa frontière n’est-elle pas fermée entre le Tchad et la RCA ?\n\nA long terme, la question de la transhumance sera de toute façon un sujet de débat entre le Tchad et la RCA. Aujourd’hui il y a un fort risque de tensions avec l’accumulation de bétails au sud du Tchad qui ne peuvent aller transhumer en Centrafrique.\n\nLes autorités tchadiennes ont fermé leurs frontières suite aux tensions le long des frontières et après s’être désengagé  de la mission africaine et fait rentrer leurs troupes au pays. Nos partenaires tchadiens nous ont informé que le Tchad n’était pas favorable en ce moment à la venue de délégations centrafricaines. Nous avons dû reporter trois opérations, dont un voyage de jeunes leaders chrétiens et musulmans centrafrcains pour rencontrer la société civile tchadienne et une mission de personnalités de la société civile centrafricaine membre du Conseil national de transition (CNT) afin de rencontrer les réfugiés musulmans. La tenue d’une plateforme régionale peule a aussi du être reportée. \n\nQui va mettre en œuvre, sur le terrain, l’aide d’urgence à destination des réfugiés peuls ?\n\nNotre partenaire pour cette aide est le Comité de suivi de l’appel à la paix et à la réconciliation (CSAPR) au Tchad, qui va coordonner avec l’Association pour l’intégration et le développement social des Peuls de Centrafrique (AIDSPC) la mise en œuvre de cette aide, avec l’appui d’autres alliés sur le terrain comme au Cameroun avec l’ONG Est Développement. La crise nous a permis de consolider nos liens avec l’AIDSPC, qui n’est pas organisée autour de la question de l’élevage mais plutôt sur une approche de citoyenneté. L’AIDSPC sera un partenaire clé pour reconstruire le « vivre ensemble » dans les territoires. Elle nous permettra de travailler à long terme sur le thème de la réconciliation. \n\nComment œuvrer à cette réconciliation, dont il n’est pas question pour la classe politique en Centrafrique ?\n\nLa réconciliation ne pourra sans doute pas se faire au niveau national. Elle se jouera plutôt sur le terrain, dans les régions, dans les villages... Nous allons proposer la tenue cette année de quatre forums locaux qui réuniront des acteurs importants de la société civile présents sur place, des religieux, des jeunes, des femmes, des leaders communautaires, des ONG locales, pour relancer le dialogue, comprendre ce qui s’est passé et retrouver le chemin de la paix.\n\nNotre objectif : favoriser toute action qui enclenche dès maintenant un esprit de dialogue et de réconciliation. Nous avançons pas à pas, étape par étape, pour faire bouger les lignes dans un contexte de guerre qui reste difficile. Les conditions de sécurité ne sont malheureusement pas réunies pour organiser le retour des représentants d’associations peules, et faire en sorte qu’ils se joignent à ces forums.\n\nPropos recueillis par Sabine Cessou"}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/long-african-diaspora-forum-distinguee-par-le-prix-des-droits-de-lhomme-de-la-cndh/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/long-african-diaspora-forum-distinguee-par-le-prix-des-droits-de-lhomme-de-la-cndh/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"L&rsquo;ONG African Diaspora Forum distinguée par le prix des droits de l&rsquo;Homme de la CNDH","datePublished":"2017-02-17T16:38:29+00:00","dateModified":"2024-09-25T15:31:09+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/long-african-diaspora-forum-distinguee-par-le-prix-des-droits-de-lhomme-de-la-cndh/"},"wordCount":749,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"inLanguage":"fr-FR","description":"African Diaspora Forum est une ONG panafricaine fondée après les violences de 2008 en Afrique du Sud. Elle a reçu en décembre 2016 le prix de la Commission nationale consultative des droits de l’Homme (CNDH) en France. Avec le soutien du CCFD-Terre Solidaire et de l’ambassade de France, elle fait un travail de terrain et de plaidoyer pour prévenir les violences qui visent les immigrés dans les townships.\n\n\n\nLes migrants venus de toute l’Afrique sont nombreux à avoir tenté leur chance après l’arrivée au pouvoir de Nelson Mandela en 1994. Ils ont rejoint des communautés plus anciennes en provenance du Mozambique et du Zimbabwe, qui ont fourni pendant des décennies à l’Afrique du Sud blanche des mineurs, jardiniers, serveurs et autres employés de maison...\n\nCombien sont-ils exactement ? Difficile de le savoir. Le dernier recensement de la population, en 2011, n’a pas procédé à leur décompte.\n\n\n « Ce flou permet aux autorités d’en faire facilement des boucs émissaires », dénonce Marc Gbaffou, l’un des fondateurs de l’African Diaspora Forum (ADF), un ingénieur en agroalimentaire ivoirien de quarante-quatre ans qui vit depuis 1997 à Johannesburg.   \n\n\nIl a lancé en juin 2008 l’ADF, après la vague de violences qui avaient coûté la vie à plus de soixante-deux immigrés africains. Accusés de prendre le travail des Sud-Africains, confrontés au chômage (27 % des actifs) et à la pauvreté (42 % de la population), ils ont été confrontés à un niveau de violence inconnu depuis l’apartheid. Certains sont morts brûlés vifs, ayant subi le necklace (un pneu autour du cou enflammé avec de l’essence), ce « supplice du collier »  jadis infligé à ceux qui étaient soupçonnés d’être des espions à la solde du régime raciste. \n\n« Des gens sont aujourd’hui paralysés à vie et des centaines de personnes ont été rapatriées volontairement dans la foulée de ces événements », rappelle le président de l’ADF.   \n\nÀ ses débuts, l’ONG a rassemblé des fonds pour rapatrier 500 personnes au Mozambique et au Zimbabwe.\n\nFaire cohésion sociale par le dialogue\n\nAujourd’hui, ses trois permanents et ses vingt-sept volontaires gèrent les dossiers qui leur sont transmis, la plupart du temps, par leurs 7 000 membres, composés d’associations et de particuliers de trente-cinq nationalités africaines. L’association œuvre au long cours à la cohésion sociale, en envoyant des délégations au « contact » dans cinq quartiers difficiles, les townships d’Alexandra, Itwatwa, Katlehong, Diepsloot et Orange Farm, situés à Johannesburg. L’objectif : parler aux Sud-Africains de la culture des « étrangers », mais aussi des raisons précises qui poussent des Somaliens, des Zimbabwéens ou Congolais à émigrer.\n\nL’ADF invite également les immigrés africains à prendre part aux activités de quartier – funérailles, messes, réunions publiques – et à s’intéresser aux revendications pour un meilleur accès à l’eau et à l’électricité...\n\nL’ONG envoie des avocats à la rescousse de migrants arrêtés et menacés d’être rapatriés contre leur gré. De même, elle s’empare des dossiers de sans-papiers refusés à l’hôpital ou dans les écoles. Environ 300 élèves vont être renvoyés des écoles publiques de Katlehong, en cette rentrée scolaire de janvier 2017, parce que leurs parents sont « illégaux ». La loi du pays interdit pourtant de refuser l’accès des enfants à la scolarité, et l’ADF saisit des organisations juridiques ainsi que le Conseil sud-africain aux droits de l’Homme (SAHRC). \n\nLe 19 décembre, l’ONG a par ailleurs appelé à une marche aux portes de la mairie de Johannesburg, après que son nouveau maire, élu en août et membre de l’Alliance démocratique (DA), a demandé à tous les migrants sans papiers de quitter la ville. \n\n« Nous étions environ 300 personnes, car beaucoup de gens ont eu peur de se faire arrêter », explique Marc Gbaffou, qui a demandé au maire de revenir sur ses propos. « Il faut intégrer les migrants au lieu de les chasser, et les organiser pour que les petits commerçants de rue paient des taxes à la ville », dit-il, sûr du bon droit de cette cause et prêt à la défendre.  \n\n\n\nFaim et Développement est disponible sur abonnement payant. Nous vous avons offert cet article pour découvrir les contenus de notre magazine."}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/contre-les-fonds-vautours-un-amendement-bienvenu-mais-a-elargir/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/contre-les-fonds-vautours-un-amendement-bienvenu-mais-a-elargir/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Contre les fonds vautours, un amendement bienvenu mais à élargir","datePublished":"2016-06-08T16:12:24+00:00","dateModified":"2021-12-08T11:33:28+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/contre-les-fonds-vautours-un-amendement-bienvenu-mais-a-elargir/"},"wordCount":626,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Justice économique","Paradis fiscaux"],"inLanguage":"fr-FR","description":"Un amendement déposé par Dominique Potier et plusieurs autres députés sera débattu en séance dans le cadre des discussions sur le projet de loi relatif à la transparence, à la lutte contre la corruption et à la modernisation de la vie économique. La Plateforme Française Dette & Développement (PFDD) soutient cette proposition qui va dans le sens de la lutte contre les fonds vautours, et recommande que son champ d’application soit élargi aux créances concernant les dettes de tous les pays et à l’ensemble des créances, y compris celles acquises avant l’entrée en vigueur de la loi.\n\n\n\nAprès le Royaume Uni en 2010 et la Belgique en juillet dernier, la France pourrait donc à son tour se doter d’une législation permettant d’empêcher ces fonds financiers spéculatifs de réaliser des profits disproportionnés sur des titres de dettes de pays en difficulté achetés au rabais, aux dépens des droits fondamentaux des populations. \n\nConcrètement, cet amendement limite les montants pour lesquels les créanciers peuvent saisir les biens d’États étrangers sur le sol français aux valeurs auxquelles une majorité des autres créanciers a accepté de renégocier la dette desdits États.\n\nUne manière d’empêcher ces fonds de compromettre l’amélioration de la situation financière D’États fragiles. Ces dispositions priveront également les fonds vautours de la possibilité de profiter de l’appel d’air généré par les allègements octroyés par les autres créanciers.\n\nBien qu’inspirée de la loi belge, le champ d’application de la proposition française est beaucoup plus limité. Seuls les pays bénéficiaires de l’aide publique au développement [[Les pays figurant sur la liste des bénéficiaires de l’aide publique au développement établie par le comité de l’aide au développement de l’organisation de coopération et de développement économique]] seront ainsi protégés, et la loi ne s’appliquera qu’aux créances acquises après son entrée en vigueur. Deux restrictions qui limiteront énormément sa portée si elles sont retenues, puisque des pays comme la Grèce, qui a été la cible des fonds vautours, ne seront donc pas couverts, et que toutes les créances acquises par les fonds vautours avant l’adoption de cette loi seront protégées. \n\nAinsi les fonds vautours qui rachètent actuellement des titres de dette du Mozambique, qui fait face à une grave crise, pourront sans entrave profiter d’une éventuelle restructuration concédée par ses créanciers, pour réclamer, en toute légalité, des remboursement disproportionnés. Rappelons à titre d’exemple que le fonds NML Capital, l’un des fonds vautours qui a attaqué l’Argentine, vient d’empocher une somme vingt-cinq fois supérieure à ce qu’il a déboursé pour racheter des titres de la dette argentine après le défaut de paiement de l’Argentine en 2001.\n\nLa PFDD appelle par conséquent les députés à élargir le champ d’application de la loi afin de couvrir l’ensemble des pays et l’ensemble des créances convoitées par les fonds vautours.\n\nLa PFDD appelle tous les pays à adopter des législations similaires afin de lutter efficacement contre ces créanciers spéculateurs, mais également à adopter au niveau international, un cadre juridique permettant un traitement de la dette équitable, prenant en compte les droits fondamentaux des populations et les notions de dette illégitime et de dette odieuse.\n\nContact presse :\nFanny GALLOIS, Coordinatrice de la Plateforme Dette & Développement\n01 44 82 81 34 - 06 19 89 53 07\nf.gallois@ccfd-terresolidaire.org"}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/la-societe-civile-un-concept-non-fige-des-realites-diverses/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/la-societe-civile-un-concept-non-fige-des-realites-diverses/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"La société civile : un concept non figé, des réalités diverses","datePublished":"2011-05-03T13:30:00+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/la-societe-civile-un-concept-non-fige-des-realites-diverses/"},"wordCount":1023,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"inLanguage":"fr-FR","description":"Une référence obligée, mais sujette à controverses\n\nIl est aujourd’hui partout question, dans la littérature consacrée au développement, de société civile. Sa participation à toute politique de développement est devenue un lieu commun : les bailleurs de fonds internationaux s’y référent, les politiques publiques ne manquent pas de prévoir, comme un maillon obligé de toute « bonne gouvernance », des espaces de concertation et de consultation de la société civile. Tantôt juge (auquel on demande des avis), tantôt instrument des politiques de développement (dans la mesure où elle tend à se substituer aux administration publiques jugées inefficaces), la société civile est devenue une sorte de panacée du développement.\n\nTout ceci présuppose que cette société civile existe bel et bien, quel que soit le contexte. Que cet acteur soit en outre disponible, comme une sorte d’entité discrète, éternelle, immuable, qu’il s’agirait d’incorporer ou de ne pas incorporer à la gestion des affaires publiques. Évidemment, il n’en est rien : la société civile, dans la mesure où elle n’est composée de rien d’autre que de formes, plus ou moins stables, d’organisations sociales, est une émanation de la société. Sa composition, stabilité, structuration, légitimité sociale dépendent d’un grand nombre de facteurs. Elle n’est pas un objet socio-politique clairement identifiable. Aussi certains vont-ils jusqu’à lui contester une existence réelle.\n\nFaut-il renoncer à cette notion ? L’expérience du CCFD - Terre Solidaire et de l’AFD auprès de ces acteurs divers et changeant que sont les organisations de société civile permet de s’en forger une représentation relativement adéquate, en fonction des contextes.\n\nUne notion en débat\n\nLa société civile est un concept qui a beaucoup évolué au cours du temps et qui n’admet pas de définition unique. Au sens le plus large, on peut la définir comme l’ensemble des organisations de citoyens se distinguant de l’État et de la famille et regroupant les entreprises, les associations, les partis politiques et syndicats, les mouvements sociaux, les clubs sportifs et chorales d’églises, les fondations et communautés villageoises... Dans un sens plus restrictif, elle regroupe toutes les organisations apolitiques, à but non lucratif et dont l’objet social est d’intérêt général.\n\nNous entendrons, dans la suite de ce document, la société civile en tant qu’acteur distinct de l’État et du marché, dont le rôle est de contribuer par son action autonome, à la promotion d’un dévelop­pement équitable de tous les hommes. Le rapport qui s’établit entre ces trois sphères (État, marché, société civile), variable suivant les contextes et les époques, permet d’élaborer des réponses légitimes aux demandes sociales, en un mot de gouverner.\n\nDes réalités diverses, suivant les contextes\n\nLes sociétés civiles diffèrent suivant les pays et sociétés, le contexte de leur naissance, leur reconnais­­sance et leurs interactions avec l’État et les relations internationales auxquelles elles peuvent prendre part. Au sein des pays du Nord, elles interagissent avec l’État de façon différente suivant les cultures.\n\nCertains analystes estiment que les conditions historiques, qui ont permis l’émergence de sociétés civiles au Nord (où la sphère de la société civile s’est progressivement dissociée de la sphère de la famille), ne sont pas réunies au Sud : prééminence des rapports d’allégeances traditionnels, commu­nau­tarisme, faible individualisation... L’intervention de la communauté internationale, par l’octroi de subsides importants aux organisations de la société civile, remettrait en cause son autonomie. La notion de société civile demeure cependant, au Sud, une référence obligée, revendiquée comme telle par de nombreux acteurs, notamment associatifs.\n\nUne définition opératoire\n\nDans son rapport d’orientation 2008-2012, le CCFD - Terre Solidaire fournit sa propre définition, purement opératoire, de la société civile : « La société civile que nous voulons renforcer, c’est l’ensemble des citoyens qui, en vertu des droits qui leur sont reconnus et par les organisations qu’ils se sont données, interagissent avec les partis politiques et l’État d’une part, et le marché d’autre part. Ces acteurs organisés (ONG, associations à but non lucratif, mouvements, syndicats, communautés et groupes religieux...) sont aussi appelés corps intermédiaires dans un langage ecclésial. Ils travaillent dans l’espace public et relaient les demandes des citoyens auprès des institutions publiques et des entreprises. Les partis politiques ne sont pas inclus dans cette définition.\nLes collectivités territoriales, bien qu’institutionnellement liées aux États, sont de nouveaux acteurs de proximité entre les citoyens et les agents publics. Le secteur de l’économie sociale et solidaire est aussi \tun lieu frontière qui reconfigure les relations entre les producteurs et les citoyens-consommateurs ».\n\nLes deux premières parties de ce Savoirs communs sont consacrées à l’analyse comparée de différentes expériences et pratiques du CCFD - Terre Solidaire, réunies en neuf cas emblématiques dont les éléments factuels (contexte, chronologie, éléments de méthode, résultats et impacts) sont présentés en encadrés, les autres éléments d’analyse étant présentés sous forme condensée dans le corps du texte. Il s’agit ici de mieux caractériser la pratique du CCFD - Terre Solidaire en matière de dialogue avec les sociétés civiles, d’en présenter les lois générales : enjeux, principes, démarches, méthodes.\n\nCet état des lieux a pour objet d’introduire l’exposé et l’analyse des deux champs d’intervention retenus pour le débat entre praticiens du CCFD - Terre Solidaire et de l’AFD, qui occupent la troisième partie du présent ouvrage."}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/principes-pour-des-investissements-responsables/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/principes-pour-des-investissements-responsables/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Principes pour des investissements responsables","datePublished":"2013-10-15T11:55:00+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/principes-pour-des-investissements-responsables/"},"wordCount":1443,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"inLanguage":"fr-FR","description":"Le CCFD-Terre Solidaire agit depuis plus de 50 ans dans les pays du Sud pour lutter contre la faim et assurer un développement qui réponde aux besoins des populations. Il porte avec ses partenaires une vision basée sur la reconnaissance des droits humains et de la souveraineté alimentaire des populations c'est-à-dire le droit pour chaque peuple  de définir sa propre politique agricole, à condition qu’elle ne nuise pas à un tiers. Ce sont ces éléments qui devraient aujourd’hui irriguer la réflexion sur les investissements responsables dans l’agriculture. \n\n\n\n\n\nUn investissement responsable doit mettre en œuvre les plus hauts standards internationaux en matière de droits humains.\n\n\nLa multiplication des textes traitant des investissements dans l’agriculture ou pour la sécurité alimentaire ne permet pas aujourd’hui d’avoir un cadre lisible des responsabilités qui incombent aux investisseurs.\nUn investissement responsable devrait favoriser la mise en œuvre des plus hauts standards internationaux en matière de droits humains, et plus précisément pour les projets agricoles en matière de droit à l’alimentation, en traduisant en pratique les recommandations formulées  dans les textes suivant :\n\n Les principes directeurs relatifs aux entreprises et aux droits de l’Homme, adoptés en juin 2011 par le Conseil des droits de l’Homme des Nations unies Les principes directeurs de l’Organisation pour la Coopération et le Développement Economique (OCDE) à l’intention des multinationales, révisés en 2011 Les Directives volontaires pour le droit à l’alimentation – FAO - 2003 Les Directives volontaires pour une gouvernance responsable des régimes fonciers, des pêches et des forêts, mai 2012\n\n\nLa place croissante des investisseurs privés dans les projets de développement ne devrait pas accélérer la disparition de la diplomatie des droits de l’homme au bénéfice de la diplomatie économique.  A l’inverse, un investissement responsable devrait être le premier vecteur de la mise en œuvre de ces engagements internationaux en matière de droits humains et en conditionner le financement.\n\n\nUn investissement responsable doit appliquer un devoir de vigilance concernant  le respect des droits humains\nLe plus souvent, les bénéficiaires des fonds publics pour la mise en œuvre de projets de développement sont des entreprises multinationales des pays du Nord (ou de pays émergents pour les fonds publics de ces pays). Ces projets sont développés dans des pays où les Etats n’ont pas les moyens ou la volonté de prévenir les violations des droits humains et à l’environnement que ces actrices de la mondialisation peuvent provoquer.  La situation du droit actuel n’aide pas à les responsabiliser : en droit, la société multinationale n’existe pas en tant que telle, alors même qu’en termes comptables elle est reconnue comme un ensemble consolidé. Elle est juste l’assemblage de plusieurs entités, toute séparées juridiquement les unes des autres. Ainsi, une filiale d’une société considérée « française » peut impunément porter atteinte aux droits ou à l’environnement sans que sa maison-mère, basée à la Défense, en soit considérée comme responsable. Pour pallier à ce vide juridique de la mondialisation, plusieurs textes internationaux ont introduit la notion de « devoir de vigilance » des maisons-mères à l’égard de leurs filiales et sous-traitants, et plus largement, de sa sphère d’influence (ISO26000). Cela se traduit par un processus qui devrait permettre d’identifier, prévenir et remédier aux incidences négatives sur les droits humains (consultation libre préalable, et éclairée des populations concernées, études d’impact social, environnemental et fiscal indépendantes, mécanismes de recours en cas de violation des droits et des règles internationales applicables aux entreprises, mise en place de mécanismes de suivi impliquant les parties prenantes). \n Sans l’introduction dans les législations nationales de ce devoir de vigilance, il n’est pas possible aujourd’hui d’encadrer les activités des entreprises multinationales, même pas dans le cas de financement public pour des projets dits de développement.\n\n\nSelon ces mêmes normes internationales, les Etats ont non seulement le devoir de protéger les populations des atteintes aux droits humains provoquées pas des acteurs privés, mais ils ont également un devoir d’exemplarité dans leur action en tant qu’acteur économique. Ainsi, les banques publiques de développement et les agences de crédits à l’exportation ont aussi un devoir de vigilance à appliquer à leurs propres activités et dans leurs relations d’affaires avec d’autres entités non étatiques. \n\n\n\nUn investissement responsable doit l’être dans ses choix de modèle agricole\n\n\nLes menaces qui pèsent sur l’agriculture familiale au Sud aujourd’hui sont multiples, et les enjeux – alimentaires et climatiques - auxquels elle se retrouve confrontée  sont encore plus grands. Le phénomène des accaparements de terres et de ressources est l’une des conséquences de la ruée des investisseurs privés vers les territoires du Sud engendrant privatisation des sols et sous-sols, et compromettant la survie des populations locales. Ces investisseurs favorisent des modèles agricoles gourmands en terres, basés sur une exploitation intensive des ressources et l’utilisation massive d’engrais chimiques, et dont la production repose sur un salariat agricole souvent peu payé travaillant dans des conditions de santé et de sécurité fréquemment dangereuses. \nUn investissement responsable pour la souveraineté alimentaire doit permettre d’infléchir un modèle de développement agroindustriel aux forts impacts négatifs tant au niveau social qu’environnemental, et favoriser le développement de pratiques plus respectueuses. Il est ainsi nécessaire que les investissements responsables ciblent réellement en premier lieu l’agriculture familiale et paysanne, levier déterminant de la souveraineté alimentaire. Il faut par ce levier favoriser le développement des pratiques agro écologiques, qui cherchent à s’inscrire dans chaque contexte spécifique, dans toutes les dimensions sociales, environnementales, économiques et culturelles, et à assurer un modèle de production respectueux et responsable sur l’ensemble de la chaîne . \n\n\nIl doit également permettre une sécurisation de l’accès au foncier et aux ressources pour les populations locales, et cela quelque soit le secteur de l’investissement concerné. Cela passe par une gouvernance responsable des régimes fonciers incluant les populations locales et assurant une reconnaissance des régimes informels. Ainsi, comme le rappellent les directives volontaires pour la gouvernance foncière responsable, les « investissements directs étrangers ou les Etats encourageant les investissements doivent s’assurer de la protection des droits fonciers légitimes, promouvoir la sécurité alimentaire et l’application des obligations existantes ».\n\n\nUn investissement responsable doit prendre en compte tout le monde, et en particulier les premiers concernés : les populations \n\n\nDu local au national, l’investissement responsable porté dans une dynamique de développement,  doit contribuer à l’ensemble des populations potentiellement impactées par le projet, du local à au national. Il est ainsi déterminant avant tout de s’assurer de l’implication des populations locales dès la formulation du projet. C’est sur la base de l’identification des risques qui peuvent peser sur les populations que doit être défini un projet. Par la suite, l’ensemble des étapes d’élaboration, d’évaluation et de suivi doivent également bénéficier d’une gouvernance inclusive afin d’assurer un suivi direct par et pour les populations concernées par le projet..La mise en place des dispositifs d’accès à la justice pour les victimes et de mécanismes de plaintes auprès des bailleurs doit devenir un impératif pour tout projet financé avec des fonds publics, comme le préconisent les textes internationaux.\n\n\nUn investissement responsable doit également bénéficier aux populations et au pays d’accueil de l’investissement. Il exige que les impôts soient payés là où sont réellement exploitées et produites les richesses. Cela suppose de mettre fin à la négociation d’avantages fiscaux additionnels à la loi, ou aux pratiques de délocalisations artificielles des profits vers les paradis fiscaux. Or aujourd’hui, les grandes banques et multinationales impliquées dans les initiatives de développement dans le cadre de partenariats public-privé sont également souvent connues pour être les championnes de l’évasion fiscale. Pour garantir une contribution fiscale juste au regard des richesses produites,  l’investisseur responsable doit se conformer à une exigence de publication d’informations comptables pays par pays et des règles de transparence concernant les propriétaires réels de l’entreprise."}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/un-label-eglise-verte-pour-les-eglises-qui-font-leur-conversion-ecologique/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/un-label-eglise-verte-pour-les-eglises-qui-font-leur-conversion-ecologique/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Un Label « Eglise verte » pour accompagner la conversion écologique","datePublished":"2017-09-04T11:40:19+00:00","dateModified":"2024-09-25T15:50:01+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/un-label-eglise-verte-pour-les-eglises-qui-font-leur-conversion-ecologique/"},"wordCount":294,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"inLanguage":"fr-FR","description":"En 2017, Orthodoxes, protestants, et catholiques de France lançait le Label Eglise Verte, dans la dynamique de Laudato Si. Ce label est un outil national à destination des paroisses et communautés chrétiennes qui veulent avancer dans leur conversion écologique\n\nLe label Eglise verte est une initiative œcuménique\nLe label Eglise Verte est est porté par la Conférence des Évêques de France, la Fédération Protestante de France, l’Assemblée des Evêques Orthodoxes de France, et le Conseil des Églises Chrétiennes en France.\n\nLe CCFD-Terre solidaire, conjointement avec le Secours Catholique, le CERAS, A Rocha, et A.V.E.C. contribue à sa mise en place.\nQu'est ce que le Label Eglise Verte?\nLe “Label Eglise Verte” évalue, accompagne et rend visible l’engagement des Églises locales, paroisses, communautés, œuvres, et mouvements chrétiens qui s’engageront dans une démarche écologique.\nInstrument clé du label, le site  Église Verte guide les communautés qui le souhaitent dans leur conversion écologique, aussi bien sur les questions pratiques que sur les questions spirituelles, liturgiques, pastorales et “citoyennes”.\nLe réseau identifie les acteurs adhérant à la démarche, les accompagne et les met en lien.\nL'objectif d'Eglise Verte?\nLa démarche entend favoriser une véritable conversion écologique parmi les chrétiens. Elle est centrée sur la spécificité chrétienne de prendre soin de la création (Gn 2.15 : “cultiver et garder”) et d'assumer notre “juste part” de la réduction de l’empreinte écologique. Cette prise en compte d’une “écologie intégrale” intègre donc au processus les enjeux de justice et de paix, de solidarité, de gratitude et de prière."}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/en-bolivie-lagroforesterie-permet-aux-communautes-paysannes-de-bien-vivre-tout-en-protegeant-la-foret-amazonienne/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/en-bolivie-lagroforesterie-permet-aux-communautes-paysannes-de-bien-vivre-tout-en-protegeant-la-foret-amazonienne/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"En Bolivie, l&rsquo;agroforesterie permet aux communautés paysannes de « bien vivre » tout en protégeant la forêt amazonienne","datePublished":"2016-01-12T15:24:15+00:00","dateModified":"2023-05-24T14:43:47+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/en-bolivie-lagroforesterie-permet-aux-communautes-paysannes-de-bien-vivre-tout-en-protegeant-la-foret-amazonienne/"},"wordCount":498,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"image":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/en-bolivie-lagroforesterie-permet-aux-communautes-paysannes-de-bien-vivre-tout-en-protegeant-la-foret-amazonienne/#primaryimage"},"thumbnailUrl":"https://ccfd-terresolidaire.org/wp-content/uploads/2023/05/ccfd-terresolidaire.org-agroforesterie-reportage-sur-la-communaute-guarani-2019-034-scaled.jpg","keywords":["Agroécologie","Agroforesterie","Amazonie","Projet"],"articleSection":["Article","Projet","Vidéo"],"inLanguage":"fr-FR","description":"En Bolivie, dans la région de l'Amazonie, déforestation, dérèglements climatiques et lutte pour la souveraineté alimentaire sont irrémédiablement liés. L'association bolivienne Cipca soutient les agriculteurs familiaux et les forme à l'agroforesterie. Un mode de culture qui leur permet de \"bien vivre\" dans un environnement exceptionnel et préservé. Reportage en pleine forêt amazonienne en images\n\nPour CIPCA, ONG bolivienne, les alternatives à l'agro-industrie, qui entraine la déforestation et joue sur les dérèglements climatiques, passent par l'agriculture familiale et l'agroforesterie. \n\nCe reportage de vingt minutes nous plonge dans le quotidien de petits paysans et de communautés indigènes boliviennes qui mettent en valeur leur parcelle. Une activité qui leur permet de se nourrir, mais aussi de pouvoir élever correctement leur enfants, tout en adoptant un mode de vie et de culture respectueux de la nature.\n\n\n\nPlusieurs vidéos de deux minutes, extraites du documentaire, mettent en évidence les enjeux pour cette région amazonienne de la Bolivie.\n\n\nL'impact des dérèglements climatiques en Amazonie :\n\n\n\nCertaines activités présentées comme des solutions, comme la production d'agro-carburants, accélèrent la déforestation et la déstabilisation du climat :\n\n\n\nDes fausses solutions face aux dérèglements climatiques from CCFD-TerreSolidaire on Vimeo.\n\n\n\nL'agriculture familiale au cœur de la lutte contre la faim et des changements climatiques :\n\n\n\n\nL'agroforesterie particulièrement adaptée à l'Amazonie :\nDans la forêt amazonienne, l'agroforesterie répond de manière particulièrement adaptée à la préservation d'un milieu exceptionnel, tout en permettant aux communautés qui y vivent d'assurer leur autonomie et leur développement.\n\n\n\nL'Amazonie est touchée par la déforestation d'une façon considérable. En cause, des modèles de développement économiques basés sur l'extraction et l'exploitation intensives des matières premières, sans prévision de leur renouvellement.\n\n\nLes causes de la déforestation\n\nLa pression sur les ressources naturelles par les acteurs de l'agro-industrie et de l'extractivisme reste forte. En cause :\n\n \tles cultures d'exportation comme le soja, le tournesol, la canne à sucre, le sorgho, dont une part importante pour les agrocarburants\n \tl'exploitation forestière,\n \tl'élevage extensif (25 ha par tête de bétail),\n \tl'extraction de l'or,\n \tla construction de méga projets, comme des barrages sur la région où intervient CIPCA,\n \tla construction d'autoroutes pour le transport du produit de ces activités\n\nLa propriété de la terre dans le pays demeure un sujet de haute conflictualité.\nLes impacts de la déforestation :\nLa déforestation engendre :\n\n \tla dégradation des sols,\n \tune perte de la biodiversité naturelle et culturelle,\n \tune accentuation des dérèglements climatiques,\n \tune précarisation des populations indigènes et les paysans."}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/un-tournant-dans-leglise-catholique/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/un-tournant-dans-leglise-catholique/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Un tournant dans l’Église catholique ?","datePublished":"2015-04-02T09:59:00+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/un-tournant-dans-leglise-catholique/"},"wordCount":678,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Doctrine sociale de l'Eglise"],"inLanguage":"fr-FR","description":"Tant sur le fond que sur la forme, le pape François a frappé les esprits, le 28 octobre dernier, lors de sa rencontre au Vatican avec une centaine de mouvements populaires venus du monde entier. Il a rappelé ce qu’il considère comme le coeur de l’Évangile : le souci des plus pauvres. Des pauvres qui, loin d’être des « rebuts » ou des « excédents », sont des hommes et des femmes debout, en lutte, notamment contre l’injustice. Le soutien du pape est porteur d’espérance : il appelle l’Église à marcher aux côtés des mouvements sociaux et des mouvements populaires.\nParmi les nombreux délégués de mouvements populaires venus participer à la rencontre avec le pape François, quelques partenaires du CCFD-Terre Solidaire étaient présents.\nDeux d’entre eux nous font part de leurs réactions et réflexions.\n\n\n\n« Je l’avoue, c’était passionnant ! » \n\n« En recevant l’invitation, nous avons beaucoup ri : qu’est-ce qu’une organisation, dont la plupart des membres sont de culture juive ou musulmane, et athées de surcroît, allait faire au Vatican ? Devant l’insistance de nos amis brésiliens, j’y suis finalement allé. Et je ne le regrette pas du tout.\nEn fait, le pape organisait une rencontre de dialogue intensif entre l’Église catholique et des mouvements populaires, des mouvements de base où s’organisent les couches les plus exclues de la société et du monde du travail, comme les recycleurs des déchets de Rio, des paysans d’Afrique centrale déplacés par les guerres, ou encore des pêcheurs privés de leurs ressources par des sociétés multinationales. Mais aussi des habitants de bidonvilles d’Afrique et d’Amérique latine, que les spéculations immobilières ont transformés en réfugies dans leur propre ville.\n« Terre, travail, logement – des droits sacrés et inaliénables, pour tous et toutes », a-t-il souligné.\nUn tournant dans l’Église catholique ? Pas certain.\nCe qui est certain, c’est qu’un tournant dans l’implication sociale et politique de l’Église catholique est aujourd’hui l’objet d’un combat dans les instances supérieures de celle-ci. Il ne peut laisser indifférents les militant(e)s du mouvement social à travers le monde, même les plus mécréants d’entre nous. »  \nMichel Warschawski, Président du Centre d’information alternative (AIC) à Jérusalem et Bethléem.\n\n\nTrois jours providentiels pour construire l’avenir \n\n« Dès le premier jour, nous avons commencé à percevoir nos points communs. Bien que tous très différents, nous nous sommes rendu compte que nous subissions les mêmes conséquences des politiques néolibérales du capitalisme agissant à travers les politiques étatiques de nos pays.\nD’autre part, beaucoup d’entre nous n’auraient jamais imaginé une telle réunion avec des représentants d’Église qui, loin de défendre des positions conservatrices et inflexibles, ont fait preuve d’une réelle écoute de ce que nous vivons au quotidien en terrain hostile.\nEn tant que membres de la délégation mexicaine, nous avons aussi fait part de l’état d’urgence de notre pays. L’immense coût humain de cette guerre privée de sens, l’absence de gouvernance, la terrible complicité des autorités avec les narcotrafiquants, l’impunité, les inégalités, l’injustice, la violence et la corruption ont marqué la mémoire collective d’une façon indélébile. L’illustration la plus récente est l’atrocité de Ayotzinapa*. En outre, en tant que défenseurs des droits de l’homme et des peuples indigènes, nous avons témoigné de la situation au Chiapas.\nEnfin, convaincus que ces trois jours furent providentiels, nous nous sommes tous engagés à poursuivre nos échanges et à construire une plateforme mondiale des mouvements populaires afin de faire vivre nos propositions communes. »  \nVictor Hugo Lopez Rodriguez, Directeur du centre des droits de l’homme Fray Bartolomé de Las Casas, Mexique."}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/au-detriment-des-populations/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/au-detriment-des-populations/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Au détriment des populations ?","datePublished":"2013-10-15T11:52:00+00:00","dateModified":"2024-09-25T15:28:01+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/au-detriment-des-populations/"},"wordCount":1177,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Souveraineté alimentaire"],"inLanguage":"fr-FR","description":"Toutes les conditions doivent être mises en œuvre pour créer un environnement favorable à l’investissement… même au détriment des populations ?\n\n\n\nS’ajoutant aux difficultés de mise en  œuvre d’une multitude de textes relatifs à l’investissement (principe 1), l’application de certaines initiatives s’accompagne d’une exigence de modifications législatives pour favoriser les  grands investisseurs étrangers.\n\n\n\nLa Nouvelle Alliance et son attirail de modifications législatives pour faciliter les investissements   \nLes principaux engagements politiques pris dans le cadre de la Nouvelle Alliance visent avant tout à assurer une libéralisation des échanges et une sécurisation des investissements internationaux. Les cadres de coopération formulés entre chaque pays concerné et les pays du G8, annoncent ainsi clairement la donne. Le Burkina souligne qu’il s’agit de « créer un climat d’investissement sécurisant pour les investisseurs privés et faciliter l’accès à la terre et son utilisation productive sécurisée ». La Tanzanie annonce sa volonté d’« accroitre la stabilité et la transparence des politiques commerciales, avec une baisse des taux ou la mise en place de barrières non tarifaires ». Enfin, le Mozambique déclare vouloir « promouvoir la libéralisation et la facilitation des échanges commerciaux ». \nAutre pays, même recette. L’Union Européenne coordonne la Nouvelle Alliance au Malawi, sur la base du cadre de coopération  qui regroupe les engagements financiers et politiques des membres du G8, du gouvernement et du secteur privé. Parmi les actions attendues du gouvernement, la « création d’un environnement compétitif» se traduira par l’accélération des réformes destinées à favoriser le climat des affaires. Parmi elles, la révision à la baisse des régimes d'imposition pour maximiser les incitations à l'investissement dans des secteurs spécifiques d'exportation, favorise monocultures à grande échelle et investisseurs étrangers. L’objectif d’« amélioration de l’accès à la terre» entraînera l’identification de 200 000 ha pour l’agriculture commerciale à grande échelle d’ici 2015, dans un contexte foncier tendu où 80% des terres sont cultivées par des agriculteurs familiaux. Projet sur lequel alerte aujourd’hui Olivier de Schutter, Rapporteur Spécial des Nations Unies pour le droit à l’alimentation .\n\n\nLes sociétés civiles au Nord mais également au Sud interpellent pourtant de plus en plus leurs Etats pour qu’ils exigent une contribution fiscale juste des entreprises : contribution qui doit permettre à l’Etat de mettre en place des politiques publiques de qualité, nécessaires au développement du pays.  \n\n\nAu Cameroun, la vigilance de la société civile doit être de tous les instants\nAu Cameroun, un réseau national de suivi indépendant des politiques publiques, des stratégies de coopération et de l’exécution du budget de l’Etat s’est mis en place depuis 2005. Cette Dynamique Citoyenne est constituée d’organisations issues des différentes familles d’acteurs de la société civile camerounaise (ONG et associations, syndicats, organisations confessionnelles) des dix régions. Leur objectif est d’obtenir une implication effective de la société civile dans le débat public à travers le suivi indépendant des politiques publiques et des stratégies de coopération. \n« Nous questionnons le gouvernement sur les budgets consacrés aux secteurs sociaux (éducation, santé, logement), largement délaissés. Nous ne remettons pas en cause les missions régaliennes de l’Etat, mais exerçons un contrôle citoyen. Sur le terrain, les populations relaient la démarche : ils vérifient que telle route, payée avec leurs impôts est bien réalisée et que les matériaux ne sont pas détournés » [[Jean-Marc Bikoko ou vingt ans de combats syndicaux, septembre 2011, Faim et Développement Magazine, https://ccfd-terresolidaire.org/projets/afrique/cameroun/jean-marc-bikoko-ou]] Jean Marc Bikoko.\nC’est ce contrôle citoyen qui permet au Nord comme au Sud de s’assurer que l’accueil de l’investisseur ne se fait pas au détriment des populations locales. \nEt la vigilance doit en effet être de tous les instants. En avril dernier, le Président Paul Biya promulguait une loi d’incitations à l’investissement privé en République du Cameroun. L’objectif est de  «favoriser, de promouvoir et d’attirer les investissements productifs en vue de développer les activités orientées vers la promotion d’une croissance économique forte, durable et partagée, ainsi que l’emploi» [[loi n°2013/004 du 18 avril 2013 fixant les incitations à l’investissement privé en République du Cameroun, http://www.ambyaounde.esteri.it/NR/rdonlyres/91577196-0BE1-43FB-BE7C-649FA090BEF3/67245/Loi18avril2013CMRInvest.pdf]]. Les investissements ciblés à travers les « objectifs prioritaires » sont si larges [article 14] que tous peuvent peu ou prou être concernés et les incitations peuvent potentiellement s’étendre sur 17 ans.  \nLe texte prévoit un arsenal d’incitations en tout genre [[Voir notamment : Cameroun: De nouvelles facilités pour l'Investissement privé, Jocelyne Ndouyou-Mouliom,  Cameroon Tribune, avril 2013 ; Une nouvelle loi stimule les investissements privés au Cameroun, Mimouna Hafidh, avril 2013 - http://www.legriot.info/8610-une-nouvelle-loi-stimule-les-investissements-prives-au-cameroun/; 12 raisons pour investir au Camroun, Agence de promotion des investissements du Cameroun, http://investincameroon.net/?p=129]] :\n\n Incitations fiscales et douanières (exonérations sur les droits d’enregistrement des actes de création ou d’augmentation de capital; de la TVA sur les prestations de services liées à la mise en place du projet et provenant de l’étranger; des taxes et droits de douane sur tous les équipements et matériels liés à l’investissement; de la TVA due à l’importation des équipements et matériels ; et exemptions ou réductions au paiement des taxes et autres impôts sur les sociétés, les bénéfices, …)  Incitations financières et administratives (droit d’ouvrir au Cameroun et à l’étranger des comptes en monnaie locale et en devises et d’y effectuer des opérations ; le droit d’encaisser et de conserver librement à l’étranger les recettes liées à leurs opérations; le droit de paiement directement à l’étranger des fournisseurs non-résidents ;…).  Incitations spécifiques  pour les secteurs « prioritaires » dont l’agriculture (exonération de TVA sur les crédits; l’exonération de la taxe foncière) et l’exportation. « Somme toute, aussi bien pour les investisseurs que pour le Cameroun, la nouvelle loi présente des avantages : c’est une belle illustration d’un partenariat public-privé à tendance gagnant-gagnant » conclue un article de presse camerounais. \n\n\nLe texte va particulièrement loin ; ainsi le représentant du ministère des mines et du développement technologique se faisait l’écho de témoignages des investisseurs qui s’exprimaient satisfaits soulignant que cette loi était allée au-delà des attentes [[TJN-A, en collaboration avec le Centre Régional Africain pour le Développement Endogène et Communautaire (CRADEC),  Atelier de Présentation de l’Etude sur la Fiscalité au Cameroun : Identification des problèmes clés liés à la Justice fiscale au Cameroun, Yaoundé, 3 juillet 2013, 13 p.]]. Alors gagnant pour le Cameroun …mais pour les camerounais ?"}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/une-omc-pour-les-plus-pauvres/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/une-omc-pour-les-plus-pauvres/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Une OMC pour les plus pauvres","datePublished":"2003-09-11T15:32:00+00:00","dateModified":"2021-12-08T11:35:05+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/une-omc-pour-les-plus-pauvres/"},"wordCount":655,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Justice économique","Souveraineté alimentaire et agroécologie"],"inLanguage":"fr-FR","description":"\" OMC \" n'a jamais rimé avec \"lutte contre la pauvreté \". Cette institution internationale est la seule à ne pas s'être engagée à contribuer à atteindre l'objectif fixé en septembre 2000 par tous les membres des Nations unies: réduire la pauvreté de moitié d'ici à 2015. \n\n\n\nPourtant, les 146 membres de l'OMC sont tous membres des Nations unies... mais ceux qui dominent l'organisation souffrent sans doute de schizophrénie. Pire encore: l'OMC refuse de soumettre ses décisions à des normes internationales comme les conventions de l'Organisation internationale du travail. A Doha, en 2001, ses membres se sont limités à \"prendre acte des travaux de l'OIT sur la dimension sociale de la mondialisation\"... Le respect des droits de l'homme au travail serait-il gênant pour les thuriféraires du libre échange? Seule la rhétorique a un peu changé depuis 2001: le cycle de négociations actuelles, dont Cancún doit être un point d'orgue, s'intitule \"cycle du développement\".\n\nPour que l'OMC devienne une vraie instance de régulation du commerce mondial au service du développement, elle doit impérativement être réformée. A peine créée, en 1995, elle est devenue un instrument au service des plus puissants du commerce mondial. Pourtant, sur le papier, l'OMC est un modèle calqué sur les Nations unies: chaque pays membre y dispose d'une voix. Les Maldives y ont théoriquement le même poids que les États-Unis. Mais les règles, de fonctionnement permettent tous les abus. Idem pour le mode de décision. La règle du consensus sans vote prévaut.\nEn fait, les modalités de négociations restent opaques et le système du \" consensus \" permet à une minorité puissante d'imposer ses choix...\n\nL'OMC est aussi le reflet des inégalités mondiales : les délégations pléthoriques des pays riches y côtoient les quelques représentants du Mali, du Honduras ou de l'Albanie incapables de suivre l'ensemble des négociations en cours. Une trentaine de pays membres de l'OMC ne dispose même pas de mission permanente à Genève, siège de l'organisation. La proposition de l'ensemble des ONG est simple, mais elle devrait être un préalable aux futures négociations : l'OMC doit devenir transparente. Les réunions à huis clos entre poids lourds du commerce mondial- qui avaient conduit les \" petits \" pays à faire capoter la réunion de Seattle -doivent être proscrites. Les négociations doivent être accessibles à tous les pays, quitte à aider les moins riches pour qu'ils puissent y participer de manière plus significative... Quelques pays -l' Allemagne, la France, etc. -participent à un fonds pour aider techniquement les moins dotés de capacité d'expertise, mais cela reste très insuffisant. Autre réforme urgente: la démocratisation de l'OMC. Parlementaires, représentants des Conseils économiques et sociaux, ONG devraient avoir le droit d'assister à la plupart des réunions. Les Parlements nationaux et le Parlement européen devraient être consultés sur les termes des négociations. C'est sans doute sous cette pression que l'OMC devra un jour se plier à inscrire son action dans le cadre des nonnes onusiennes.\n\nAucune évaluation publique n'a été faite ni du fonctionnement de l'OMC, ni de l'impact économique, social ou environnemental de ses décisions qui nous touchent au quotidien. Dans les pays en développement, des millions de malades en quête de médicaments ou des paysans ne parvenant plus à se nourrir de leur travail souffrent des conséquences de négociations commerciales impitoyables. Pour les syndicats, les mouvements paysans, les ONG qui vont suivre Cancun, il est urgent de faire primer les droits humains, la souveraineté alimentaire, la santé publique sur l'idéologie du libre échange, surtout lorsque celui-ci est biaisé au profit des plus puissants.\n\nJean-Marie Fardeau."}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/nourrir-lenseignement-social-de-leglise-et-sengager-dans-la-transformation-sociale-en-afrique-du-sud/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/nourrir-lenseignement-social-de-leglise-et-sengager-dans-la-transformation-sociale-en-afrique-du-sud/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Nourrir l’enseignement social de l’Eglise et s’engager dans la transformation sociale en Afrique du Sud","datePublished":"2010-06-01T00:00:00+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/nourrir-lenseignement-social-de-leglise-et-sengager-dans-la-transformation-sociale-en-afrique-du-sud/"},"wordCount":609,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Doctrine sociale de l'Eglise"],"inLanguage":"fr-FR","description":"Paris, le 1er juin 2010\n\nCPLO ou l'action politique de l'Eglise en Afrique du Sud \n\nEn RSA, la pensée sociale de l'Eglise résonne en politique. Nourrir l'enseignement social de l'Eglise et s'engager dans la transformation sociale  par l'action politique, CPLO en fait son crédo. \n\nLe Cap, le 2 mars 2010. Avec Janine, chargée d'étude pour CPLO (Catholic Parliamentary Liaison Office - partenaire du CCFD-Terre Solidaire), nous quittons son bureau et traversons la rue pour nous rendre au Parlement sud-africain. Les couloirs sont interminables mais Janine connait sa route. Au programme : notre participation à une réunion du comité du Home Affairs (Ministère de l'intérieur) sur les migrations ainsi qu'au comité parlementaire sur la Police. Janine, une des quatre chargé(e)s d'études du pôle recherche de CPLO reviendra à la rédaction de sa note de synthèse plus tard même si l'enjeu est de taille. En effet, le trafic d'êtres humains devrait se voir amplifier durant la Coupe du Monde de football et il est urgent de sensibiliser les responsables d'Eglise et les parlementaires à ce sujet. \n\nGrâce à son pool de chargés d'études et son emblématique directeur, Peter-John Pearson, CPLO est une organisation ressource pour le CCFD-Terre Solidaire. En agissant au cœur du Parlement, CPLO favorise à la fois la compréhension par l'Eglise des enjeux de développement du pays ; et participe activement à l'implication de l'Eglise dans l'amélioration de la législation du pays à travers la présentation écrite et quelquefois orale de recommandations. Ces dernières sont bien souvent le fruit d'un travail en commun avec d'autres organisations de la société civile confessionnelles ou non. Force est de constater que malgré le caractère fondamentalement progressiste des textes de lois sud-africains, se sont aujourd'hui les limites de leur application qui fait débat. \n\nLes discussions au sein du comité parlementaire du Home Affairs sur les migrations présidé par le député,  Benedict Anthony Duke Martins - issu de l'ANC (partie au pouvoir depuis la fin de l'apartheid) a permis de mettre en exergue les problèmes que rencontrent les nombreux migrants ou réfugiés pour obtenir un permis de travail malgré leurs qualifications et expériences. Mais cette fois Janine n'avait pas prévu de poser de questions.\n\nC'est aussi à travers l'organisation de tables rondes auxquelles sont invitées parlementaires, membres du gouvernement, et représentants d'Eglise, que CPLO diffuse et enrichit son savoir. En 2009, CPLO a organisé 17 tables rondes sur des thématiques très diverses telles que la xénophobie, les énergies renouvelables, l'analyse post-élection de 2009, la hausse des prix alimentaires etc. CPLO a aussi publié 13 notes de synthèse sur le budget national, les élections 2009, le développement de la petite enfance etc. \n\nL'enseignement social est aussi le terreau du dialogue interreligieux et Peter-John Pearson en a bien conscience. Tous les mois, il rencontre les responsables des autres principaux courants et  religions du pays (anglicans ; méthodistes ; musulmans...) afin d'échanger sur leurs points de vue et leurs méthodes de travail. Des recommandations conjointes sont parfois produites. \n\nLa Nation arc en ciel est une jeune démocratie qui petit à petit prend conscience de ses limites et tente de les ajuster grâce à l'action politique de l'Eglise notamment. \n\nCharlotte Boulanger\nChargée de mission Afrique Australe et Océan Indien - CCFD-Terre Solidaire"}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/huile-de-palme-quelle-contribution-au-developpement/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/huile-de-palme-quelle-contribution-au-developpement/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Huile de palme, quelle contribution au développement ?","datePublished":"2014-01-10T14:11:28+00:00","dateModified":"2024-09-25T15:28:38+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/huile-de-palme-quelle-contribution-au-developpement/"},"wordCount":1285,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Accaparement des terres","Aide publique au développement","Évasion fiscale","Régulation des multinationales","Responsabilité sociale des entreprises"],"inLanguage":"fr-FR","description":"Premier producteur d’huile de palme au Cameroun, la Société camerounaise de palmeraies (Socapalm) est soutenue par Proparco, la filiale de l’Agence française de développement (AFD). Pourtant discutable en termes de contribution au développement, cet exemple montre que les agences de développement doivent impérativement renforcer leurs exigences en matière de responsabilité sociale et environnementale des investisseurs privés qu’elles financent.\n\n\n\nProparco, la filiale de l’Agence française de développement, finance des projets de développement mis en œuvre par des entreprises privées. Au Cameroun, elle a participé à l’augmentation du capital de la Socapalm [[Le plus gros producteur d’huile de palme au Cameroun avec 42 % du marché de l’huile brute.]], pour un montant de 1,5 milliard de FCFA (environ 2,3 millions d’euros), lors de son entrée à la bourse de Douala en 2009.\nEn soutenant le plus gros producteur d’huile de palme du pays, l’objectif de Proparco\nétait certes louable : doter l’entreprise de fonds supplémentaires pour accélérer le rajeunissement des plantations et augmenter ses capacités de transformation afin de répondre aux besoins de la population, grande consommatrice de cette huile. L’augmentation de la demande des pays émergents et l’utilisation de l’huile de palme pour fabriquer des agrocarburants a entraîné une flambée des prix sur les marchés mondiaux. Dans un pays très dépendant des importations, cette montée des prix pèse de plus en plus lourd sur le budget de l’État camerounais et menace à terme la sécurité alimentaire du pays.\nDans les faits, la situation s’est avérée bien moins idyllique... En 2010, deux associations camerounaises – le Centre pour le développement et l’environnement et la Fondation camerounaise d’actions rationalisées et de formation sur l’environnement – et deux ONG européennes – Sherpa et Misereor (ONG catholique\nallemande) – publient, au terme de trois années d’enquête, un rapport accablant sur les pratiques de la Socapalm [[« L’impact de la privatisation de la Socapalm sur les communautés et l’environnement au Cameroun », rapport Sherpa et Misereor. Décembre 2010.]]. Loin de contribuer au développement du pays, les bénéfices de la société seraient rapatriés vers deux holdings luxembourgeoises pour échapper à l’impôt. L’accroissement des surfaces cultivées aurait entraîné une pression sur le foncier, grignotant les jardins privés des villageois à proximité des plantations et rendant les conditions de vie des populations pygmées Bagyéli, originaires de la région et en voie de sédentarisation, de plus en plus précaires.\n\n\nDes risques de violation des droits économiques et sociaux\n\nLes créations d’emplois mises en avant par l’entreprise lors de sa privatisation en 2000 (sous l’impulsion de la Banque mondiale), auraient essentiellement profité à des travailleurs venus de pays voisins. Privées de leurs moyens de subsistance, les populations locales auraient en outre dû faire face à des déversements anarchiques d’huiles usagées provenant des usines de transformation et à la contamination des cours d’eau dans lesquels les salariés de la Socapalm nettoyaient le matériel utilisé pour disperser les engrais et les pesticides.\n« Proparco ne pouvait pas ne pas être au courant. Les tensions récurrentes autour des plantations de la Socapalm ont fait l’objet de nombreux articles de la presse française et camerounaise. En outre, les quatre associations ont déposé fi n 2010, sur la base de leur enquête, une plainte devant les Points de contact nationaux belge, français et luxembourgeois pour non-respect des Principes directeurs de l’OCDE. Ces instances sont chargées de faire respecter les règles internationales en matière de responsabilité des entreprises multinationales », indiquent Samuel Pommeret, chargé d’étude et Maureen Jorand, chargée de mission Plaidoyer au CCFD-Terre Solidaire. Comment les agences de financement du développement ont-elles pris en compte ces éléments, et ont-elles appliqué leur poli tique de gestion des risques ? C’est ce que le CCFD cherche à comprendre.\nLors d’une mission au Cameroun, le CCFDTerre Solidaire a rencontré le représentant local de l’Agence française de développement. L’association souhaite engager un dialogue avec l’AFD (et sa filiale Proparco), espérant des réponses précises sur la prise en compte des risques sociaux et environnementaux des projets que soutient l’agence, afin de chercher avec elle des solutions.\nAprès deux ans de retards accumulés, le Point de contact français de l’Organisation de coopération et de développement économiques (PCN) a rendu son verdict en juillet. Son rapport « relate clairement les violations aux principes directeurs de l’OCDE. En outre, et ceci est aussi nouveau par rapport aux précédents communiqués du PCN français, ce rapport reprend les allégations des plaignants en statuant sur les manquements de chaque disposition des principes directeurs évoquée dans la saisine », souligne l’ONG Sherpa dans un communiqué de presse.\nLa démarche de Proparco sur ce projet interroge sur ses méthodes de travail. « Quel suivi Proparco effectue-t-il sur les impacts sociaux et environnementaux des projets qu’elle soutient, y compris ceux de sa filiale Proparco ? Et surtout, quelle cohérence de la politique française en matière de développement. Dans le cas de la Socapalm, l’investissement a été fait au détriment des populations les plus vulnérables, et donc du développement », pointe Maureen Jorand.\nEt la chargée de mission de mettre en cause le poids des grandes entreprises du Cac 40, majoritaires au Conseil d’administration de Proparco.\nL’AFD mise aujourd’hui de plus en plus sur les investissements privés pour accélérer le décollage des pays les plus pauvres de la planète. Or, la puissance publique ne peut pas cautionner des comportements répondant à de seuls intérêts privés. « Nous espérons que les nouvelles orientations données à l’AFD par le ministre du Développement Pascal Canfin – lutte contre l’accaparement des terres et des\nrichesses, mise en avant de la responsabilité sociale des entreprises –, permettront de faire avancer les choses », lance Samuel Pommeret. Le CCFD-Terre Solidaire a rencontré (en novembre), la nouvelle directrice générale de l’AFD, Anne Paugam, nommée en mai dernier, pour lui faire part de ses points d’attention et de ses propositions.\n\n\nDes investissements à encadrer\n\nReste que le groupe AFD n’est pas la seule agence de développement à agir de la sorte. « Toutes les institutions de financement du développement internationales (Banque mondiale, Banque européenne de développement) ou nationales adoptent le même soutien quasi inconditionnel aux investissements privés pour le développement », souligne Samuel Pommeret. Et les gouvernements poursuivent cette approche dans les espaces comme le G8 ou le G20. « Il ne s’agit en aucun cas de nier l’importance des investissements, mais de rappeler qu’ils ne peuvent pas aller à l’encontre de l’intérêt général et qu’il faut des cadres et des règles stricts, continue-t-il. Or, sous le couvert du développement, les richesses et les ressources risquent d’être accaparées par un petit nombre de multinationales. Il est évident qu’on ne peut pas leur signer un chèque en blanc ! », conclut-il. Le CCFD-Terre Solidaire demande, à travers sa campagne « Investissements Hors-jeu », aux États et aux institutions de financement du développement de renforcer leurs exigences envers les investisseurs privés quand ils soutiennent leurs projets afin qu’ils favorisent réellement le développement."}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/elections-regionales-pour-une-france-qui-croit-a-la-force-de-la-solidarite/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/elections-regionales-pour-une-france-qui-croit-a-la-force-de-la-solidarite/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Elections régionales : Pour une France qui croit à la force de la solidarité","datePublished":"2015-12-11T15:06:05+00:00","dateModified":"2024-12-10T12:35:01+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/elections-regionales-pour-une-france-qui-croit-a-la-force-de-la-solidarite/"},"wordCount":1086,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Communiqués de presse","Développement","France","Paix et vivre ensemble"],"inLanguage":"fr-FR","description":"Ne désertons pas les valeurs de solidarité et d’accueil qui sont aux fondements de notre communauté européenne. Des êtres humains, des femmes et des enfants fuient la misère, la violence, la mort, abandonnent tout ce qu’ils possèdent, courent les plus grands risques et nous demandent asile. Les rejeter ferait de nous aux yeux de l’histoire les complices des criminels qu’ils fuient.\n\n\n\nCommuniqué de Presse interassociatif  \n\nAu-delà de la colère contre les auteurs des attentats du 13 novembre et de la compassion pour les victimes et leurs familles, il nous faut essayer de comprendre. On nous dit que la France est en guerre contre Daech, mouvance issue d’un islamisme sunnite apparu au lendemain de la guerre menée par les Américains contre le régime de Saddam Hussein. On nous présente les tueurs comme des égarés d’une révolte générationnelle fascinés par un nihilisme habillé d’un vocabulaire religieux superficiel et manipulés par des idéologues de Daech.\n\nIl est probable que les terroristes islamistes cherchent à créer une fracture irrémédiable entre un monde inspiré par une conception imaginaire de l’islam et le reste du monde. Il est clair que les dirigeants de Daech ont en quelque sorte déclaré la guerre au monde musulman qui ne partage pas leur vision, à de nombreux pays, à l’Occident, à l’Amérique, à la France qui compte une forte minorité de confession musulmane, et qu’ils manipulent et sacrifient des jeunes en rupture pour satisfaire leur plan. Il est certain également que l’immense exode des migrants qui fuient les combats en Syrie illustre en partie l’échec d’une stratégie d’implantation de leur idéologie sur le terrain. De plus, en multipliant les actes de terrorisme, Daech provoque dans nos pays des réactions de peur et de rejet à l’encontre de ces migrants, de confession musulmane bien souvent.\n\nOr, si nous n’y prenons garde, ces objectifs de Daech risquent d’être atteints.\n\nAngéla Merkel avait, il y a quelques mois, tenu le discours que nous attendions de nos gouvernants en prônant la nécessaire solidarité des peuples européens face à la tragédie qui se jouait à leurs portes et en annonçant que l’Allemagne ne se déroberait pas à son devoir d’accueil. Elle avait pris à contrepied les xénophobes européens et s’était inscrite résolument dans la tradition et les principes européens de solidarité et d’accueil, même si ses engagements ne concernaient que des Syriens et qu’elle limitait l’accueil à 800 000 personnes. Aujourd’hui, par un amalgame scandaleux, les victimes de Daech qui fuient la barbarie et les combats sont quasiment assimilées à ces islamistes radicaux par une partie du personnel politique, au motif que certains djihadistes peuvent emprunter les mêmes chemins que les migrants. Nous ne pouvons tolérer un tel amalgame, pas plus que nous n’acceptons ce discours ignoble tenu par ces politiques, nombreux, sur les menaces que feraient courir à nos pays ces personnes courageuses qui ont tout quitté pour fuir la mort et les horreurs de la guerre. Où sont nos valeurs dans une telle posture ?\n\nLes assassins des journalistes de Charlie Hebdo avaient en partie réussi à diviser une certaine opinion en ciblant leurs victimes, coupables à leurs yeux de blasphème. Ceux du 13 novembre ont assassiné à l’aveugle et de manière indifférenciée. Ils ont créé de ce fait un front quasi général de l’opinion contre eux. Il n’empêche que les discours radicaux de Daech au nom de leur vision de l’islam sont utilisés comme un prétexte par certains pour jeter l’opprobre sur les personnes de confession musulmane et les rendre suspectes aux yeux d’une population fragilisée et inquiète.\n\nNos mouvements sont quotidiennement au contact des plus pauvres, des plus exclus et des plus vulnérables. Et cette vulnérabilité n’est pas que matérielle, elle est culturelle, morale, sociale. Et nous voyons combien certains discours pèsent sur eux, comme d’ailleurs sur une large partie de la population, combien par la peur, l’insinuation et l’amalgame on peut entrainer facilement dans des positions souvent éloignées des principes démocratiques et républicains.\n\nNe désertons pas les valeurs de solidarité et d’accueil qui sont aux fondements de notre communauté européenne. Des êtres humains, des femmes et des enfants fuient la misère, la violence, la mort, abandonnent tout ce qu’ils possèdent, courent les plus grands risques et nous demandent asile. Les rejeter ferait de nous aux yeux de l’histoire les complices des criminels qu’ils fuient. La fermeture des frontières sera considérée comme un des plus grands scandales du 21ème siècle.\n\nEnfin, notre communauté nationale s’est enrichie au fil des années de populations issues le plus souvent de pays que nous avions colonisés dans le passé. Si l’histoire ne se refait pas, elle créé des devoirs. La France doit aujourd’hui marquer sa solidarité avec sa communauté de confession musulmane malmenée par les discours xénophobes et faire la différence entre l’infime minorité des djihadistes dont les actes et les discours sont des atteintes à nos valeurs républicaines et la grande majorité des personnes de confession musulmane parfaitement en harmonie avec la laïcité républicaine.\n\nLes élections régionales sont l’occasion de manifester clairement nos choix : voulons-nous d’une France étriquée, repliée sur la peur, n’ayant plus que l’égoïsme national comme idéal, ou bien d’une France qui, tout en mesurant la gravité de la situation et les impératifs de sécurité, n’en fait pas une fin en soi et n’y subordonne pas ses principes républicains, une France dont l’histoire témoigne de l’immense richesse permise par l’accueil de l’étranger, une France qui croit à la force de la Solidarité en deçà et au-delà de ses frontières ?\n\nThierry Kuhn, président d’Emmaüs France\nFrançoise Sivignon, présidente de Médecins du Monde\nClaire Hédon, Présidente d’ATD Quart Monde\nGeneviève Jacques, Présidente de la CIMADE\nRachid Lahlou, président du Secours Islamique France\nGuy Aurenche, Président du CCFD-Terre Solidaire"}
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Il souligne le rôle des laïcs dans l’évolution de l’Église continentale, l’ouverture œcuménique des Communautés ecclésiales de base[[Communautés de chrétiens qui se réunissent librement pour vivre leur foi. Nées au Brésil en 1968, elles se répandent sur le continent et dans le monde.]] et l’acceptation de la diversité des visages du catholicisme.\n\n\n\nFDM : Quelles ont été les principales évolutions de l’Église latino-américaine après le concile Vatican II ?\n\nPère Beozzo : Le premier élément important est le rôle que les laïcs ont assumé comme moteur principal de la rénovation de l’Église. Je pense par exemple aux « Délégués de la parole » en Amérique centrale qui ont commencé à animer les communautés où la présence des pères était très limitée, voire inexistante. Ces initiatives se sont multipliées à travers tout le continent. La communauté de Taizé a aussi joué un rôle important à cette époque, notamment à travers l’action du frère Roger Schultz, son fondateur. Après de nombreuses discussions avec Mgr Helder Camara et d’autres évêques, il avait décidé de distribuer un million d’exemplaires du Nouveau Testament en espagnol et un million en portugais, sur le continent. Pour toutes ces communautés pauvres qui n’avaient jamais vu la Bible, ni même un autre livre, cela a été un tournant. Les gens se sont appropriés l’interprétation de la Bible et ont conquis par là-même une certaine autonomie par rapport au clergé.\n\nLa période a été marquée par une grande production intellectuelle...\n\nAbsolument. Y compris de la part de petites communautés et de groupes de laïcs, ainsi que, bien sûr, d’hommes et de femmes d’Église. C’était nouveau, il n’existait pas de parole autonome de ces Églises sur la vie et sur la société. Les Conférences épiscopales ont aussi été prolixes. 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En Équateur, la Bible a été traduite dans la langue des communautés indigènes.\n\nCes initiatives, démontrant qu’il n’y avait pas besoin de s’européaniser ou de changer de culture et de langue pour être chrétien, ont eu un impact très important, et ont permis la naissance des théologies indienne et noire, adaptées aux différences culturelles et partant d’une spiritualité propre.\n\nComment le mouvement œcuménique latino-américain a-t-il accompagné les Communautés ecclésiales de base (Ceb) ?\n\nLes Ceb sont accompagnées par l’Église catholique et non spécifiquement par le mouvement œcuménique. Mais ce qui est clair, c’est qu’elles recèlent une grande ouverture œcuménique et une grande sympathie pour les autres Églises. L’une des images les plus marquantes est celle des célébrations religieuses dans les campements de paysans sans terre, regroupant diverses sensibilités chrétiennes. 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Elbeiga Dahoud Ahemdnah revient sur l’action menée par Mauritanie 2000 à destination des femmes les plus pauvres de la filière pêche dans son pays. \n\n\n\n\nCCFD-Terre Solidaire : Quelle est l’action de Mauritanie 2000 et pourquoi vise-t-elle spécifiquement les femmes de la filière pêche ?\nElbeiga Dahoud Ahmednah : Notre association a été créée en 1996 pour aider les femmes d’une façon générale. A partir de 2003, nous avons ciblé celles qui opèrent dans la filière pêche.  Elles sont sur les plages pour acheter du poisson et le revendre ensuite au marché. \nNous savons qu’elles sont structurellement pauvres et non éduquées. Mauritanie 2000 compte 20 permanents qui travaillent sur trois sites, entre Nouakchott, Nouadhibou et Bandarguen, sur le littoral, en partenariat avec le CCFD-Terre Solidaire, mais aussi Novib, Oxfam et la Coopération espagnole. \n\nDans quels objectifs menez-vous vos programmes ?  \nNos actions visent plus d’un millier de femmes, dans le but de les sortir de la pauvreté. Elles viennent aussi bien de la communauté noire des Ndiagos, qui se trouve juste à côté de Saint-Louis du Sénégal, que des tribus nomades arabo-berbères comme les Bandarguen et les Imraguen, qui ont une tradition de poisson.\n Nous leur accordons du crédit, nous les aidons à se loger, à quitter des baraques de fortune pour habiter dans des maisons. Certaines d’entre elles n’ont qu’une petite table au marché pour vendre quelques poissons. \nMaintenant, elles ont des petites boutiques avec des congélateurs. Avec nous, elles s’engagent à ne pas faire travailler leurs enfants, qui peuvent aller à l’école. \n\nComment se passe l’achat du poisson lorsque les pirogues reviennent de la pêche sur les plages ?\nNous nous adressons à des femmes qui sont au plus bas de l’échelle sociale. Lorsqu’un pêcheur rapporte sa cargaison sur la plage, il la vend en gros à des intermédiaires. Ces derniers la revendent ensuite aux commerçantes qui vont elles-mêmes vendre le poisson au détail sur les marchés. \nParfois, vous avez jusqu’à trois intermédiaires entre le pêcheur et ces femmes, ce qui fait monter le prix du poisson. Nous avons vu un jour sur la plage de Nouakchott une femme payer 600 ougiyas pour un kilo de corbine, un poisson recherché pour la préparation du tieboudienne (riz au poisson). Elle l’a vendu ensuite à une autre femme 900 ougiyas, qui l’a revendu quelques minutes plus tard 1200 ougiyas... \nUne Fédération de la pêche artisanale fixe les prix, mais seulement au niveau des pêcheurs – et non au niveau des intermédiaires.\n\nComment les aider concrètement, alors qu’elles sont livrées à ces intermédiaires ?  \nNous les sensibilisons et leur donnons des crédits de 60 000 à 600 000 ouguiyas (soit de 150 à 190 euros en fonction des taux de change de la devise mauritanienne à 1500 à 1900 euros) (). Elles peuvent ainsi acheter par groupe de quatre ou cinq femmes au sein d’un même Groupement d’intérêt économique (GIE), et ainsi se passer des intermédiaires. \nLes mareyeuses à qui nous prêtons de l’argent s’engagent à le rembourser au bout de six ou huit mois. 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Mauritanie 2000 se fait aussi entendre dans le plaidoyer sur les réformes à mener dans la pêche.\n\nLa Mauritanie n’est-elle pas un pays de nomades qui consomment beaucoup de viande et peu de poisson ?\nC’est l’un des axes de nos campagnes. Mauritanie 2000 veut faire comprendre à tout le monde, même à l’intérieur du pays, que le poisson est un produit riche et intéressant. \nNous avons fait de la sensibilisation pour montrer les petits plats qu’on peut préparer avec le poisson – nous sommes allées jusqu’à Nema, près de la frontière malienne et à Zouarate, près de la frontière algérienne. \nNous expliquons que le poisson n’est pas plus cher que la viande, dont les prix ont augmenté et vont jusqu’à 2000 à 2500 ouguiyas le kilo (7 à 8 euros) – au même prix que le mérou, mais bien plus cher que la plupart des petits pélagiques et la dorade (1 à 1,5 euro le kilo), sans oublier les sardines (30 centimes d’euro le kilo). \n\nEn quoi le CCFD-Terre Solidaire vous soutient-il concrètement ?  \nNous sommes partenaires depuis dix ans, et nous avons le soutien du CCFD-Terre Solidaire pour nos deux centres de transformation du poisson. Les femmes y appliquent la méthode du « salé-séché », qui permet de conserver le poisson sous une forme riche en protéines et qui ne nécessite pas la filière du froid. Elles font aussi du surimi, comme au Japon. Elles ont été formées à cette fin au Sénégal par l’Association de la pêche ouest-africaine (Adepa), un autre partenaire du CCFD-Terre Solidaire.\n\nRecueilli à Paris par Sabine Cessou \n\n\nPour en savoir plus\nVoir ici l'article et le diaporama réalisé sur Mauritanie 2000 par Pélerin Magazine en mars 2015"}
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La même obligation a été introduite au niveau européen, avec l’ajout des bénéfices, des impôts payés et des subventions publiques reçues,  dans la directive CRD IV adoptée en juin 2013. La loi bancaire française a été adoptée en juillet 2013.]] , les députés français ont, à nouveau, montré la voie de la transparence fiscale en adoptant le reporting pays par pays public pour tous les secteurs d’activités. \nCe vote est d’autant plus important que cette question est  discutée en ce moment même au niveau européen, après avoir été votée par les eurodéputés en juillet dernier dans la directive sur les droits des actionnaires [[Le Parlement européen a voté, en juillet dernier, un amendement en faveur du reporting public pays par pays dans le cadre de la directive « Droits des Actionnaires ». Le texte est actuellement en débat dans le cadre du trialogue avec le Conseil et la Commission européenne.]] \n\n« On ne peut plus se permettre de compter seulement sur le courage de certains lanceurs d’alerte, comme Antoine Deltour dans le scandale du Luxleaks, pour mettre à jour des scandales d’évasion fiscale. En votant cette mesure de transparence, les députés viennent d’envoyer un signal fort dans la lutte contre l’évasion fiscale. Nous pourrons bientôt savoir si les entreprises payent leurs impôts là où elles exercent réellement leurs activités et non dans des paradis fiscaux où leur présence se réduit pourtant trop souvent à des boites aux lettres, dans le seul but d’échapper à l’impôt»  se réjouit Manon Aubry, responsable de plaidoyer Justice Fiscale et Inégalités à Oxfam France\n\n« Au-delà de la portée de la mesure en France, les députés français viennent d’envoyer un signal extrêmement fort  au niveau de l’Union européenne, où une proposition similaire est actuellement débattue, suite au vote par les eurodéputés du reporting pays par pays public en juillet dernier » ajoute Lison Rehbinder chargée de mission Justice Fiscale et RSE à Peuples Solidaires-ActionAid France.\n\n« Cette mesure est également très importante pour les pays en développement car elle permettrait de lutter efficacement contre l’évasion fiscale des entreprises multinationales françaises implantées dans les pays les plus pauvres, qui sont privés chaque année de milliards d’euros de recettes fiscales indispensables à leur développement »  ajoute Friederike Röder, directrice de ONE France.\n\n« Il faut évidemment que cet amendement soit voté par le Sénat la semaine prochaine, mais ce vote est déjà en soi une victoire fondamentale. Dans un contexte de frilosité ambiante, où les pays semblent sans cesse attendre un consensus international souvent au rabais pour avancer, les députés français ont remonté la barre : ils ont montré qu’il était possible de prendre des mesures concrètes dans la lutte contre l’évasion fiscale et que la France peut y jouer un rôle de championne »   conclut Lucie Watrinet, chargée de plaidoyer sur les questions de financement du développement eu CCFD-Terre Solidaire et coordinatrice de la Plateforme Paradis Fiscaux et Judiciaires. \n\nLes organisations de la Plateforme Paradis Fiscaux et Judiciaires et ses partenaires  appellent désormais les sénateurs à entériner cette avancée en votant en faveur de cet amendement lors de l’examen par le Sénat du projet de loi de finances rectificatif la semaine prochaine.  \n\n\n\nLes Membres de la Plateforme Paradis fiscaux et judiciaires :\nLes Amis de la Terre -  Anticor - Attac France - CADTM France  – CCFD-Terre Solidaire - CFDT - CGT - CRID  - Droit pour la justice –Observatoire citoyen pour la transparence Financière Internationale - Oxfam France – Justice et Paix – Peuples Solidaires – ActionAid France - Réseau Foi et Justice Afrique Europe - Secours catholique Caritas France - Sherpa - Survie - Syndicat de la magistrature – Solidaires Finances Publiques - Transparency International France (www.stopparadisfiscaux.fr)\nEn partenariat avec ONE France\n\n\n\n\n\nPour en savoir plus  :\n\nLe vote portait sur l’amendement  340 déposé par Valérie Rabault, Yann Galut, Pascal Cherki et Dominique Potier et soutenus par les Verts et prévoit que les entreprises multinationales rendent publics chaque année leur chiffre d’affaires, leurs bénéfices, le nombre de leurs filiales et de leurs employés, et le montant des impôts payés dans chacun des pays dans lesquels elles sont implantées."}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/paraguay-les-droits-sociaux-menaces/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/paraguay-les-droits-sociaux-menaces/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Paraguay : les droits sociaux menacés ?","datePublished":"2013-12-20T11:19:00+00:00","dateModified":"2024-09-25T15:27:41+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/paraguay-les-droits-sociaux-menaces/"},"wordCount":799,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Décryptage"],"articleSection":["Decryptage"],"inLanguage":"fr-FR","description":"Élu président du Paraguay le 21 avril 2013, Horacio Cartes, 56 ans, a assuré qu’il ferait de la lutte contre la pauvreté une priorité de son mandat, tout en critiquant la politique d’aides sociales mise en place par son prédécesseur. De quoi inquiéter plus de 2,5 millions de Paraguayens vivant en dessous du seuil de pauvreté.\n\n\n\nDevant sa maison de planches et de tôles ondulées, située dans le quartier de Chacarita au cœur d’Asunción, Carmen, mère célibataire, étend des draps immaculés. Sur le seuil, sa fille de trois ans coiffe sa poupée. Son petit frère dort à côté d’elle, dans un landau. \n\n« Mes deux autres gamins sont à l’école. Il y a encore trois ans, l’aîné de huit ans m’aidait en vendant des friandises dans la rue après la classe. Ça ne rapportait pas beaucoup d’argent mais ça permettait de compléter mes revenus de lavandière. Le problème, c’est qu’il était fatigué et manquait souvent l’école. »\n\nEn 2011, la situation a changé. \n\n« J’ai commencé à bénéficier d’une allocation de l’État pour mes deux plus grands, à condition qu’ils soient scolarisés. »\n\nUne manne financière doublement bienvenue.\n\n« Cet argent est régulier et permet de vivre plus dignement. J’espère qu’avec le nouveau président, on ne va pas perdre ce que nous avons obtenu avec Fernando Lugo Mendez. »\n\n\nFernando Lugo Mendez : l'espoir du changement\n\nSecond pays le plus pauvre d’Amérique du Sud après la Bolivie, le Paraguay compte 40 % de pauvres (sur 6,5 millions d’habitants) dont 20 % vivent dans l’indigence. C’est en promettant de lutter contre ce fléau que Fernando Lugo Mendez, un ancien évêque, avait été élu président en 2008. \n\nLe scrutin avait d’ailleurs constitué un tournant dans l’histoire de ce petit pays coincé entre l’Argentine et le Brésil, marqué par plus de soixante ans de parti unique, le Parti Colorado, dont trente-cinq de dictature. \n\nIncarnant l’espoir de changement, notamment à travers sa promesse d’une réforme agraire, dans un pays où 2,5 % des propriétaires concentrent 85 % des terres, Lugo Mendez n’a cependant pas pu mener à bien la tâche qu’il s’était fixée. \n\nEn cause, notamment, une absence de majorité politique et des multinationales agroindustrielles très puissantes dans un pays gros producteur de cultures transgéniques. Ces forces politiques et économiques ont aussi largement contribué à sa destitution, par le Parlement, le 22 juin 2012. Et à l’élection le 21 avril 2013, de son successeur, Horacio Cartes, candidat du Parti Colorado. \n\n\nHoracio Cartes : la fin des politiques sociales ?\n\nRiche homme d’affaires, le nouveau président a assuré, dès les résultats connus [[45,8 % des voix, devant Efrain Alegre du Parti libéral authentique (PLA) avec 36,9 %. Résultats officiels du Tribunal supérieur de la justice électorale (TSJE).]], qu’il allait « tout mettre en œuvre pour inverser la courbe de la pauvreté ». \n\nReste à savoir comment. Car, lors de la campagne, celui que l’on surnomme le « Berlusconi paraguayen »  a été très critique sur les programmes de transferts monétaires avec responsabilité (TMC) mis en place par son prédécesseur. En particulier, le programme Tekopora (« Bien-être » en langue guarani), regroupant diverses aides sociales inspirées de la Bourse famille brésilienne. Considérées comme des « mesures assistantialistes » par Horacio Cartes, ces allocations bénéficient aujourd’hui à près de 490 000 personnes, selon le Programme des Nations unies pour le développement.\n\n« À cette politique de redistribution, il faut ajouter d’autres mesures sociales importantes, précise l’économiste José Carlos Rodriguez, dans le domaine de la santé, de l’éducation et du logement. »\n\n« Sous le mandat de Fernando Lugo Mendez, de nombreux hôpitaux et postes de santé ont été construits, notamment en milieu rural, rappelle quant à lui Antonio Adrian Zena, membre de la Coordination nationale de la Jeunesse ouvrière chrétienne (Joc), partenaire du CCFD-Terre Solidaire. \n\n« Il a surtout développé une couverture maladie accessible aux plus démunis et a facilité leur accès à la propriété. »\n\nMême chose concernant l’éducation, avec la construction de nombreux établissements et la démocratisation de l’accès aux études supérieures. Autant d’avancées qui ont amélioré la vie des gens simples. \n\n« Il sera très difficile au pouvoir en place de supprimer ces aides et de revenir sur ces mesures sociales, estime Antonio Adrian Zena, désormais considérées comme des droits. » Des droits que Carmen n’envisage pas de perdre. \n\n« C’est le seul moyen pour que mes enfants puissent aller à l’école et se construire une vie meilleure que la mienne. »"}
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Cf. Alternatives économiques, juillet 2005.]].\n\n\n\nMalgré l’adoption aux États-Unis de nouvelles règles comptables et de transparence financière (loi Sarbanes-Oxley), les « Big Four » ont succédé aux « Big Five » sans dissiper les doutes quant à leurs conflits d’intérêts. Bien au contraire.\n\nJuges et parties. Deloitte, Ernst & Young, KPMG et Price Waterhouse Coopers (PWC) exercent, à travers leurs différentes sociétés, à la fois des activités de conseil en « optimisation fiscale » et de vérification des comptes pour les multinationales. Chacune de ces Big Four opère dans environ 140 pays. Or le code de déontologie des commissaires aux comptes[[Article 3, point 6 du Code de déontologie de la profession de commissaire au compte, Titre II, Décret n° 2010-131 du 10 février 2010. ]] dispose qu’un même cabinet d’experts comptables ne peut à la fois conseiller à un client sa stratégie fiscale et auditer ses comptes. Cependant les Big Four peuvent cumuler de nombreuses casquettes à la fois, confinant au conflit d’intérêt. Les multinationales apprécient précisément chez les auditeurs leur parfaite connaissance de l’entreprise et leur capacité à rendre acceptables aux yeux de la loi les stratégies d’optimisation fiscale. \n\nSelon C. Chavagneux et R. Palan, « les Big Four contribuent de moins en moins à assurer la sécurité du capitalisme mondialisé en vérifiant que les pratiques du monde des affaires sont saines (...). En échange de commissions substantielles ils rendent juridiquement légitime la version des faits qui bénéficie le plus à ceux qui les payent »[[C. Chavagneux et R. Palan, « Les paradis fiscaux », Repères, éd. La Découverte, 2009, p. 75.]]. De fait, l’optimisation exploite au maximum toutes les failles possibles dans la législation. Au lieu de s’imprégner de l’esprit de la loi, les Big Four promeuvent toutes formes d’évitement fiscal en jonglant avec les textes.\n\nPWC a ainsi publié en 2009 un manuel de 837 pages sur les prix de transfert ! Le franchissement de la ligne rouge a valu à certains cabinets d’être parfois rattrapés par la justice. En 2009, un scandale retentissant de fraude comptable via l’Île Maurice, pour près de1,5 milliard d’euros, a tué Satyam, un géant de l’informatique indienne. La SEBI, l’autorité de régulation boursière indienne, accuse PWC d’avoir certifié des résultats financiers surévalués et faux[[The Indian Economic Times, « Sebi can probe Price Waterhouse in Satyam fraud case, rules HC », 26 août 2010. ]]. En 2003, le Sénat américain a mis en évidence que les produits d’optimisation fiscale promus par KPMG se révélaient souvent contraires à la loi[[C. Levin, http://levin.senate.gov/newsroom/supporting/2003/111803TaxShelterReport.pdf ]].\n\nNormalisateurs. Les Big Four financent en grande partie l’IASB (International Accounting Standard Board), l’organisme privé d’élaboration des normes comptables dans lequel ils siègent, aux côtés d’investisseurs et de dirigeants d’entreprise, et auquel une majorité d’États ont peu à peu transféré leurs compétences en la matière[[D. Baert et G. Yanno, « Rapport d’information relatif aux enjeux des nouvelles normes comptables », Commission des finances, de l’économie générale et du plan, Paris, 2009. ]]. Ce sont eux qui définissent ainsi, dans une certaine mesure, la façon dont les multinationales doivent rendre compte de leur activité, et incidemment les contours de l’audit qu’eux-mêmes sont payés poureffectuer.\n\nCourtiers en évasion fiscale. On connaît les courtiers en assurance ou en crédits immobiliers qui, forts du nombre de leurs clients, négocient pour eux des tarifs et des taux préférentiels. En matière fiscale, Big Four, banques et autres juristes jouent un rôle très comparable. Ils conseillent en matière fiscale un portefeuille significatif de multinationales, pour lesquelles ils négocient parallèlement auprès des États – et notamment les paradis fiscaux – des aménagements législatifs à l’avantage de leurs clients. On doit à ces juristes et financiers spécialisés, et non aux maigres administrations en place dans les îles, la plupart des innovations juridiques offshore qui permettent aux plus riches d’optimiser leur fiscalité. En témoigne le rôle central joué par la Barclays, banque britannique, dans le récent avènement du Ghana comme place financière offshore.\n\nSecondé par nombre de banques, juristes et avocats d’affaires, Ernst & Young a développé une surprenante novlangue : « qu’il s’agisse de gestion logistique ou de prix de transfert, la fiscalité est un levier de la stratégie commerciale. Bien utilisée, elle permet de renforcer l’avantage sur la concurrence et de créer de la valeur ». La fondation britannique New Economics, au contraire, attribue aux auditeurs des Big Four le rôle de profession la plus destructrice de valeur[[NEF, A Bit Rich: Calculating the real value to society of different professions, décembre 2009.http://www.neweconomics.org/publications/bit-rich ]] : « Chaque [euro] économisé par une multinationale est un [euro] qui aurait sinon alimenté les caisses de l’État. Pour un salaire entre 75 000 et 200 000 livres [entre 84 500 et 225 400 euros], les auditeurs détruisent 47 livres [53 euros] en valeur, pour chaque [euro] généré ! »."}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/roumanie-appui-inedit-aux-artisans-roms/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/roumanie-appui-inedit-aux-artisans-roms/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Roumanie, appui inédit aux artisans Roms","datePublished":"2014-03-06T10:16:00+00:00","dateModified":"2021-12-08T12:03:44+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/roumanie-appui-inedit-aux-artisans-roms/"},"wordCount":720,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Droits humains","Projet"],"inLanguage":"fr-FR","description":"Soutenir l’insertion économique des communautés roms de Roumanie en valorisant leurs savoir-faire artisanaux : c’est le défi relevé depuis deux ans par l’association Romano ButiQ.\n\n\n\nVanniers, forgerons, orfèvres, tisserands... Autrefois, on les identifiait directement à leur artisanat. Le nom même de leur groupe était celui de leur artisanat. Les Caldarii sont les chaudronniers ; les Rudarii, ceux qui travaillent le bois ; les Hamurari, le cuir... Nomades, ils vendaient leurs produits sur les marchés ou les troquaient aux villageois contre des sacs de pommes de terre. Et puis, le communisme est passé par là, ensuite est venue la consommation de masse et les Roms de Roumanie ont progressivement perdu la possibilité de vivre de leurs savoir-faire traditionnels. \n\nRomano ButiQ, une jeune association roumaine fondée en 2011, partenaire du CCFD-Terre Solidaire, s’emploie à revitaliser leur art. Une façon aussi de mettre en lumière la richesse de la culture rom et son apport au patrimoine roumain. Premier impératif : organiser les artisans, rationaliser leurs pratiques et moderniser les produits. Sillonnant la Roumanie, Romano ButiQ a d’abord organisé des séances de formation auprès de 1 800 artisans, mettant l’accent sur les opportunités qu’offre l’économie sociale et solidaire.\n\n« Ce n’était pas le plus simple, témoigne Andreï Georgescu, coordinateur de l’association. Cinquante ans de soviétisme ont rendu les Roms extrêmement méfiants envers les coopératives qui ont été un des instruments de leur sédentarisation. Mais sans statut juridique légal, les artisans ne s’en sortiront pas. » Puis Romano ButiQ a retenu 200 artisans et artisanes – parmi les plus habiles – à qui elle fournit aujourd’hui un soutien plus spécifique : aide à la création et à la gestion d’entreprises d’économie sociale, amélioration des techniques et mise en relation avec des designers pour adapter les produits au goût du jour. Ainsi, les forgerons qui ne vendent plus guère d’étriers ont développé une nouvelle\ngamme de produits qui va des outils de jardin aux accessoires de cheminée. Les selliers se sont lancés dans la confection de sacs de ville... Des orfèvres, sollicités par un créateur de haute couture, ont réalisé une robe en aluminium pour un défi lé de mode à Bucarest.\n\nPour écouler leurs marchandises, les artisans ont été mis en réseau au sein de\nMesteshukar ButiQ, une entité commerciale créée à cet effet, qui anime une boutique en ligne [[mbq.ro (site en version française).]], négocie des stands dans les foires, prospecte auprès des hôtels... Et c’est un succès : les ambassades de France et d’Allemagne ont notamment passé des commandes. L’approche tranche avec les politiques d’insertion qui cherchent généralement à reconvertir les Roms au lieu de miser sur leurs compétences. Les collectivités territoriales intéressées par la démarche participent parfois en cédant du foncier. Certains artisans profitent déjà d’une augmentation sensible de leurs revenus.\n\n\nLes ateliers itinérants éphémères\n\nConçus pour créer le dialogue et valoriser plus largement la culture rom, les ateliers itinérants sont un volet clé du projet. Installés autour d’un chapiteau de verre aux\nlignes futuristes, les artisans fédérés par Romano ButiQ se posent, pour une période de deux à trois mois, en dehors de leurs ateliers. Ils initient les visiteurs aux techniques de leur art. Sous le chapiteau : des expositions photos, du théâtre romani surtitré en roumain, des concerts... \n\n« La logique, c’est : venez et apprenez à les connaître, résume Andreï Georgescu. Quand les personnes s’essaient à la fabrication des objets, elles en mesurent la difficulté, donc la valeur du travail. » De jeunes Roms recrutés pour l’occasion circulent d’un atelier éphémère à l’autre, invitent au débat, questionnent les stéréotypes... Expérimentée dans cinq villes dont une station balnéaire de la mer Noire, la formule connaît un franc succès et a déjà permis de toucher 12 000 à 13 000 personnes. « Les questionnaires remplis après les échanges permettent de mesurer un vrai changement de perception, affirme Andreï Georgescu. Les jeunes de 18-25 ans sont particulièrement ouverts. »"}
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Des brèches dans lesquelles s’engouffrent les « Big Four » et autres conseillers juridiques et financiers – quand ils ne les ouvrent pas.\n\n\n\nLa déconnexion opérée dans les paradis fiscaux ne serait pas possible sans l’opacité. C’est elle qui autorise les multinationales à créer un monde virtuel où localiser leur activité à l’abri de l’impôt et du fisc étranger. Elle aussi qui permet aux acteurs financiers les moins scrupuleux de s’affranchir des règles prudentielles édictées par le comité de Bâle, comme l’exigence de ratios de fonds propres pour pouvoir prêter. Elle enfin qui protège criminels et corrompus contre les poursuites\njudiciaires. L’opacité empêche d’identifier les bénéficiaires réels des comptes bancaires ou les détenteurs de sociétés offshore. Elle se conjugue généralement à la discrétion des autorités en place dans les paradis fiscaux, qui répondent rarement aux demandes d’entraide judiciaire ou fiscale formulées par les pays spoliés. Ou alors, elles le font, à l’instar du Luxembourg, du Liechtenstein et du Royaume-Uni, dans des conditions et des délais qui laissent amplement le temps aux personnes incriminées de placer leur mise ailleurs[[Issu de A. Dulin et J. Merckaert, « Biens mal acquis : à qui profite le crime ? », Rapport du CCFD-Terre Solidaire, juin 2009, p. 147.]]. \n\nBernard Bertossa, l’ancien procureur général genevois à l’initiative avec Denis Robert de l’Appel de Genève (voir p. 35) déclarait déjà en 1998 que « l’argent peut faire le tour du monde en vingt-quatre heures. Nous, magistrats, aurions besoin de vingt-quatre générations pour le suivre »[[ P. Hazan, « Drogue: ‘l’argent sale arrive en Suisse quasiment blanchi’ », Libération, 10 juin 1998.]]. Les inspecteurs du fisc peuvent en dire à peu près autant.\n\nC’est la raison pour laquelle le réseau d’ONG[[Dont le CCFD-Terre Solidaire.]] et de chercheurs Tax Justice Network (TJN) classe les paradis fiscaux selon leur degré d’opacité. Son indice d’opacité financière (voir p. 7) évalue la nocivité de 60 places financières selon 12 indicateurs d’opacité, dont l’existence d’un secret bancaire strict, la faiblesse de la coopération avec l’administration fiscale étrangère, l’absence de registre public pour les structures juridiques comme les trusts (voir p. 14 sur Jersey), fondations ou anstalt, ou encore la possibilité d’ouvrir une société sans donner son nom.\n\nPour bénéficier de schémas de plus en plus opaques, les entreprises peuvent s’appuyer sur des intermédiaires financiers et juridiques particulièrement rompus aux\ntechniques d’optimisation fiscale. Au ban des accusés : « Big Four » du conseil et de l’audit, mais aussi banques, juristes et avocats d’affaires (voir encadré). Leur inventivité est sans borne pour garantir l’anonymat de leurs clients. En témoigne l’invention, en 1997 à Guernesey, de ce qu’il faut appeler entreprise structurée en cellules protégées (« protected cell company » ou PCC en anglais), solution qui depuis fait florès aux Seychelles et autres îles « paradisiaques ». TJN compare cette structure à «  une  maison  disposant d’un verrou central à l’entrée et composée  de  plusieurs  pièces.  Imaginez  que la porte de chaque pièce est verrouillée séparément, et que la maison est reliée à un tunnel d’échappement, accessible  uniquement  depuis  l’intérieur  de  chaque  pièce.  Si  une  personne cherche à savoir ce qui se passe dans une des pièces, elle  doit  d’abord  déverrouiller  la  porte  principale,  donnant vers  l’extérieur.  Imaginez  qu’en  ouvrant  cette  porte,  toutes les  personnes  présentes  dans  la  maison  soient  alertées  de cette entrée. (...) Tandis que l’enquêteur cherche à ouvrir la seconde porte (en déposant une deuxième demande de renseignements coûteuse), l’auteur a tout le temps d’effacer les preuves  de  sa  culpabilité  et  de  prendre  la  poudre  d’escampette en empruntant le tunnel secret. »[[Tax Justice Network, « Principaux indicateurs d’opacité financière », traduits en français par le CCFD-Terre Solidaire et disponibles sur www.stopparadisfiscaux.fr ]]\n\nLa preuve par l'exemple : Delaware, paradis impérial\n\nNul hasard si les États-Unis pointent en tête du classement des paradis fiscaux établi par TJN. Selon l’Australian Taxation Office, les entités établies dans certains États américains, notamment des multinationales, bénéficient des mêmes avantages que si elles étaient implantées dans des paradis fiscaux[[ Australian Taxation Office, Tax Office submission to US Senate Committee on Homeland Security and Governmental Affairs, 21 juillet 2009. ]]. À l’image du Delaware, le 2e plus petit État de l’empire américain qui compte plus de 850 000 sociétés (environ une par habitant) dont 50 % des entreprises cotées et 60 % des « Fortune 500 ». \n\nComment expliquer cet attrait ? « Les juges et la jurisprudence du Delaware sont généralement bien disposés à l’égard de la direction des entreprises dans le cadre de plaintes  d’actionnaires, dans le cas d’OPA, ainsi qu’en matière de protection des droits des consommateurs »[[ P. Y. Duga, « L’État du Delaware, le paradis fiscal américain qui irrite le Luxembourg », Le Figaro, 2 avril 2009.]]. En matière de gouvernance, le Delaware est considéré par le journaliste Jason Sharman comme plus laxiste encore que le Liechtenstein ou la Somalie (voir p. 16). Ce qui en fait, selon un site d’optimisation fiscale, la destination la plus prisée en matière de création de sociétés offshore : « Si l’on n’y exerce aucune activité, la fiscalité est égale à zéro, tant sur le montant des bénéfices que celui des revenus des dirigeants, à condition de ne pas y habiter non plus »[[ Site internet : http://www.paradisfiscaux.com/ encart sur le Delaware. ]]. De fait, les profits réalisés hors des frontières n’y sont pas taxés ; il n’y a ni impôt local sur le revenu ni « sales tax » (sorte de TVA). Et l’entreprise n’a pas à être physiquement dans l’État pour s’y enregistrer."}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/des-chretiens-se-mobilisent-au-nom-de-leur-foi/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/des-chretiens-se-mobilisent-au-nom-de-leur-foi/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Des chrétiens se mobilisent au nom de leur foi","datePublished":"2012-05-24T11:06:00+00:00","dateModified":"2021-12-08T11:48:11+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/des-chretiens-se-mobilisent-au-nom-de-leur-foi/"},"wordCount":693,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Migrations"],"inLanguage":"fr-FR","description":"Face à ces enjeux de migrations d’autant plus complexes qu’ils sont souvent\ninstrumentalisés à des fins politiques, nos valeurs chrétiennes nous invitent à\nagir, à « accueillir l’étranger ». \n\n\n\nMais l’on se trouve bien souvent démuni sur le comment : comment agir ? Que faire pour leur venir en aide ? Jusqu’où aller individuellement et quels sont les leviers qui existent à une échelle plus collective ? Dans quelles initiatives puis-je m’inscrire pour contribuer à l’accueil et la rencontre de mon frère pour le respect de sa dignité ?\n\n\n« Quand un émigré viendra s’installer chez toi, dans votre pays, vous ne l’exploiterez pas ; cet émigré installé chez vous, vous le traiterez comme un indigène, comme l’un de vous ; tu l’aimeras comme toi-même ; car vous-mêmes avez été des émigrés dans le pays d’Égypte. C’est moi, le Seigneur, votre Dieu.» (Lv 19,34)\n\n\nDans les pays de départ comme dans les pays d’accueil, la solidarité est en marche.\nNombreuses sont les organisations chrétiennes et laïques qui se mobilisent au service des migrants les plus démunis pour leur permettre de faire respecter leurs droits fondamentaux et de retrouver leur dignité. Dans les régions du Sahel et du Maghreb, des Missions catholiques, des Caritas paroissiales et des associations locales cherchent à unir leurs forces pour sécuriser les parcours des migrants, relever ceux qui sont à terre et construire ensemble un travail de plaidoyer pour interpeller leurs gouvernements. En France l’engagement des chrétiens en faveur du respect des droits des migrants se traduit de multiples façons : assistance au quotidien, accompagnement dans les démarches administratives, soutien scolaire aux enfants, travail de sensibilisation de l’opinion publique et interpellation des élus.\n\n\nS’engager collectivement\n\nPour poursuivre cet engagement, les chrétiens peuvent :\n• Se réunir pour accueillir le témoignage de foi des migrants ou partager ensemble la parole de Dieu et prier.\n• Rejoindre la Pastorale des Migrants dans leur diocèse et poursuivre un chemin de dialogue avec le plus grand nombre.\n• Rejoindre les réseaux de solidarité existants en signant et relayant les prises de position collectives (communiqués de presse, campagne « Ne laissons pas fragiliser le droit de l’étranger »)\n• Participer à la démarche des Cercles du silence un peu partout en France : www.placeauxdroits.net/cercle/\n• Interpeller les élus locaux sur leurs pratiques d’accueil dans leur territoire (par exemple, question des Roms migrants).\n• Rejoindre la mobilisation collective pour que la France et les autres États de l’Union européenne ratifient la Convention des Nations Unies pour la protection des droits des travailleurs migrants et leurs familles : www.december18.net/fr/signez-la-petition\n\n\nS’engager individuellement\n\nLe chrétien peut interroger ses pratiques quotidiennes :\n• Approfondir la réflexion : étudier la pensée sociale de l’Église ou les textes dédiés à l’engagement des protestants dans la société : Vérité, solidarité, exemplarité.*\n• Éviter toute discrimination (emploi, logement).\n• Profiter des rencontres avec les étrangers ou personnes d’origine étrangère pour découvrir d’autres cultures mais aussi des valeurs communes.\n• Participer à un partage convivial avec des étrangers autour d’un dîner : « Le goût de l’autre » www.lgdla.blogspot.com/\n• Combattre au quotidien les idées reçues\n• Proposer ses services aux nombreuses associations qui agissent localement auprès des migrants.\n• Faire de l’alphabétisation : plusieurs groupes en France (parmi lesquels les cours organisés par le Réseau Chrétien Immigrés à la mairie du 4e à Paris).\n• Accompagner les migrants à la préfecture et les aider dans leurs démarches administratives en vue de l’obtention d’une carte de séjour : CIMADE, RCI...\n• Avoir une attention particulière auprès de l’usager immigré dans les difficultés anodines de la vie quotidienne (s’orienter dans le métro, affranchir une lettre, etc.).\n\n\nQuestions pour un partage\n\nComment accueillons-nous les nouveaux arrivants d’origine étrangère dans notre paroisse, quartier, entreprise, association, mouvement ?\n\nComment aimerais-je être accueilli si j’étais un(e) immigré(e) ? 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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/colombie-la-paix-doit-etre-accompagnee-de-changements-sociaux-de-fond/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/colombie-la-paix-doit-etre-accompagnee-de-changements-sociaux-de-fond/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Colombie : La paix doit être accompagnée de changements sociaux de fond","datePublished":"2016-12-14T12:45:34+00:00","dateModified":"2024-09-25T15:31:09+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/colombie-la-paix-doit-etre-accompagnee-de-changements-sociaux-de-fond/"},"wordCount":847,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Paix et vivre ensemble"],"inLanguage":"fr-FR","description":"Luis Guillermo Guerrero Guevara est directeur du Centre de recherche et d’éducation populaire/Programme pour la Paix (CINEP/ PPP), un partenaire du CCFD-Terre Solidaire à Bogota, en Colombie. Pour lui, la pérennité des nouveaux accords de paix finalisés le 12 novembre à La Havane, à Cuba, dépendra de la capacité des citoyens et des politiques à changer le pays en profondeur. \n\n\n\n\nFaim et Développement : Comment ont été accueillis les nouveaux accords de paix ?\n\n\nLuis Guillermo Guerrero Guevara, directeur du Centre de recherche et d'éducation populaire/Programme pour la paix, Cinenp/PPP : De diverses manières. Parmi ceux qui avaient choisi le « non » lors du référendum du 2 octobre, beaucoup ont reconnu les changements fondamentaux qui ont été actés. Mais d’autres refusent toujours cet accord. \nParmi les partisans du « oui », une grande majorité les a bien accueillis, même si des groupes aﬃrment que sur certains thèmes, comme la justice transitionnelle, les  accords ont été tellement modiﬁés qu’ils ont perdu leur sens initial. Les partisans du « non » avaient présenté plus de 400 propositions de modiﬁcation.  \nDurant deux semaines, le gouvernement s’est réuni avec les représentants du « oui » et du « non », puis a réalisé une synthèse des propositions. C’est de ce processus qu’est né le nouvel accord du 12 novembre. \n\n\nQuelles en sont les modiﬁcations importantes ? \n\n\nElles sont nombreuses. Sur le thème agraire par exemple, des dispositions renforcent le respect de la propriété privée acquise de manière légitime. Les nouveaux accords précisent aussi que la promotion de l’économie paysanne ne doit pas se faire au détriment de la production à grande échelle. À propos de la participation politique, ces accords ont revu à la baisse le ﬁnancement des partis qui vont accueillir dans leurs rangs des anciens membres des Forces armées révolutionnaires de Colombie - Armée du peuple (Farc-EP). Sur le thème de la justice, l’importance des mesures de réparation pour les victimes a été conﬁrmée.  \n\nPar ailleurs, les militaires ont obtenu la garantie d’être jugés par la juridiction spéciale pour la paix[[Créée en septembre 2015, lors des négociations de La Havane, cette juridiction aura pour compétence de juger tous ceux qui ont pris part au conﬂ it armé, y compris les Farc-EP et les agents de l’État.]]. Dans le cadre de cette juridiction, la participation des ONG a été réduite : leur rôle se limitera à fournir des rapports aux instances juridiques.  \n\n\nQuel a été le rôle de l’Église ? \n\n\nL’Église catholique, comme d’autres entités chrétiennes, a accompli un travail important dans ce processus qui a mené au référendum, puis à la signature des accords de paix. Mais ce rôle a varié en fonction des régions et de l’implication des responsables hiérarchiques. L’opinion publique s’attendait à ce que l’Église appuie de manière forte le « oui ». Or, elle s’est contentée de faire un communiqué qui a appelé les Colombiens à réﬂéchir et voter en conscience, ce qui a provoqué une désillusion dans le camp du « oui ». \nDu coup, au sein de l’Église, il y a eu une polarisation politique et les ﬁdèles se sont retrouvés désunis. \nPar contre, dans le cadre des négociations en cours avec l’Armée de libération nationale (ELN), l’Église est aujourd’hui un acteur de médiation important qui exerce son rôle avec engagement et responsabilité. D’ailleurs, c’est l’Église qui a obtenu que l’ELN accepte de s’asseoir à la table des négociations. \n\n\nQuels sont les déﬁs pour que ces accords de paix se concrétisent ? \n\n\nIl y en a plusieurs. L’accord ﬁnal doit être soutenu avec ambition si nous ne voulons pas perdre une des plus grandes opportunités de changement pour la nation. Ensuite, il faut commencer à faire les changements sociaux de fond. Si les accords  devaient rester au stade de simples rêves utopiques, les gens se sentiraient trompés et les Farc, ainsi que les autres groupes armés, reprendraient les armes. La crédibilité et la légitimité politique de l’accord dépendront aussi de la réhabilitation du respect des droits humains et de l’attention portée aux victimes. \n\nMais cela nécessite que les organisations et mouvements populaires soient respectés. Les Farc doivent également respecter les accords et eﬀectuer leur transition vers la vie civile. Mais pour cela, il est important que cette transition soit respectée par les ennemis de la paix, en particulier par les organisations paramilitaires. Enﬁn, il faut que les accords de paix avec l’ELN se concrétisent. Sinon, la paix en Colombie sera incomplète.  \n\n\n\nFaim et Développement est disponible sur abonnement payant. Nous vous avons offert cet article pour découvrir les contenus de notre magazine."}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/la-societe-civile-lautre-pilier-de-la-reconstruction-argentine/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/la-societe-civile-lautre-pilier-de-la-reconstruction-argentine/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"La société civile, l’autre pilier de la reconstruction argentine","datePublished":"2012-02-14T19:30:00+00:00","dateModified":"2022-01-02T21:54:40+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/la-societe-civile-lautre-pilier-de-la-reconstruction-argentine/"},"wordCount":1715,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Sécurité alimentaire"],"inLanguage":"fr-FR","description":"Les politiques menées successivement par Néstor, puis Cristina Kirchner, depuis 2003,  ont permis à l’Argentine de sortir de la crise. Mais les initiatives de la société civile et des citoyens ont également joué un rôle primordial dans la reconstruction du pays\n\n\n\n\nDevant les portes de l’entreprise Mil Hoja [[mille-feuilles]] , des véhicules de livraison stoppent, chargent leurs marchandises et repartent dans un ballet incessant. À l’intérieur des locaux climatisés, une quinzaine de personnes coiffées de bonnets et de masques en papier s’activent pour donner forme à de longues plaques de pâte fraîche que débitent pétrins et autres machines. Pizzas, beignets, raviolis...\n\n Créée en 1972 à Rosario, à 300 km au nord de Buenos Aires par une famille de notables locaux, Mil Hojas (photo page 7) est réputée pour la qualité de ses produits et la compétence de ses seize employés. Ou plutôt « sociétaires ». Car en 2000, en pleine crise économique,alors que l’entreprise était menacée  de disparaître, elle fut reprise par les  travailleurs sous forme de coopérative. « À  cette époque, notre principal souci était  d’empêcher les patrons de vendre les  outils de production, se souvient Omar E.  Caceres, le président de Mil Hojas. On vivait  et dormait dans l’entreprise et nos épouses  nous apportaient de quoi manger. »  De cette période, Omar conserve des  souvenirs contrastés. « C’était dur de ne  pas pouvoir gagner de quoi subvenir aux  besoins de nos familles, explique-t-il, sans  pouvoir retenir ses larmes. Mais cette crise  a aussi permis de découvrir une solidarité insoupçonnable. Comme si, dit-il, il avait fallu en passer par là pour aller puiser le meilleur au fond de nous-mêmes. »\n\n« Mil Hojas fait partie des deux cent cinq entreprises récupérées par les travailleurs (ERT) qui existent aujourd’hui en Argentine, indique Rufi no Almeida, coordinateur général du Centre d’études pour la Nouvelle Argentine (Cnar), une association chargée de promouvoir l’autogestion et l’économie sociale. Ces ERT représentent plus de 9 000 travailleurs de différents secteurs d’activité comme la métallurgie, l’alimentation, le textile, la construction ou les services. Elles témoignent d’une période charnière de l’histoire économique et sociale du pays où l’urgence était de sauver ce qui pouvait l’être. »  \n\n Des solutions d’urgence devenues des modèles \n\n\n\nUne dynamique aujourd’hui ancrée dans les mentalités, comme le révèle une enquête de la Faculté de philosophie et de lettres de Buenos Aires qui montre que si la majorité des entreprises ont été récupérées avant 2004, 10 % d’entre elles sont nées entre 2005 et 2007, et autant entre 2008 et 2010. « La récupération d’entreprises et l’économie sociale sont considérées aujourd’hui comme des réponses crédibles à la crise », assure Luis Alberto Caro, président du Mouvement national des entreprises récupérées. Fort de cette crédibilité, le Mouvement a été à l’origine de la réforme de la loi sur les faillites d’entreprises, adopté en 2011, qui permet aux salariés de racheter plus facilement les machines et les bâtiments des entreprises où ils travaillent.\n\nÊtre son propre patron et vivre de la terre. C’était le rêve de Raoul avant 2001. « J’ai perdu mon emploi de serveur et multiplié les petits boulots,  explique-t-il. Mais c’était insuffi sant pour survivre. Lorsque j’ai appris l’existence des jardins communautaires, je n’ai donc pas hésité. » Apparus dans les années 1990, les huertas familiares, les jardins communautaires urbains de Rosario, ont pris leur véritable essor en 2001. « Pour permettre à des familles sans ressources de cultiver un bout de terre selon les règles de l’agriculture bio », explique Antonio Lattuca, fondateur, en 1988, du Centre d’études et de productions agroécologiques (Cepar). \n\nLa municipalité, intéressée par la démarche de ce centre d’études a mis à disposition gratuitement des terres situées à la périphérie de la ville. Elle a fourni outils, semences et accompagnement technique et a facilité la commercialisation des produits, via des marchés installés en centreville ou la livraison de paniers. Et le constat est identique à celui des entreprises récupérées. « L’agroécologie urbaine a d’abord répondu à une urgence, constate Antonio Lattuca, qui supervise le fonctionnement de plus de huit cents jardins communautaires sur toute la commune. Mais la crise a permis de démontrer que ce système de cultures est économiquement, socialement et écologiquement viable. » Une initiative d’ailleurs reconnue par l’Onu en 2004 comme l’une des dix meilleures pratiques au monde pour lutter contre la pauvreté, dans le respect de l’environnement. \n\nÀ 1 000 km plus au nord, dans la province du Chaco, le respect de l’environnement est aussi un axe important pour la société civile. Mais pour une raison bien différente. « Ici, les exploitations de soja avancent irrémédiablement et menacent des milliers de petits agriculteurs », explique Luis Nocentile responsable de la communication de l’Institut de culture populaire (Incupo). Cet institut, partenaire du CCFD-Terre Solidaire, travaille depuis 1970 sur des programmes de formation, promotion et organisation  communautaire en matière de développement  rural. \n\n Dans un pays où les céréaliers ont été  des acteurs importants du redressement  économique, « les sojeros ont assis leur  pouvoir et l’ont même renforcé depuis  la crise des retenciones en 2008 ». Ils agissent avec un sentiment  d’impunité, comme le montrent leurs  pratiques dans la commune de Colonias  Unidas, au coeur du Chaco, où des fumigations  illégales affectent la santé de dizaines  de familles de paysans. « Malgré les textes  de loi interdisant ces pratiques à moins  de 800 mètres des maisons, des produits  hautement toxiques sont répandus tout  près des maisons et des écoles. Et si les  petits agriculteurs osent se plaindre, ils  sont souvent menacés de représailles »,   assure Fernando Santiago, de l’Incupo, qui  sillonne la région pour conseiller et organiser  la défense des agriculteurs. Un travail  de terrain qui nourrit la mission d’éducation  menée par cet institut auprès des organisations  rurales. Comme à Saladas, dans la  province du Chaco. \n\n\n Solder  les comptes de la dictature  \n\n\n\nQuelques jours seulement après la réélection  de Cristina de Kirchner, une session de  formation y a regroupé une vingtaine de responsables d’organisations rurales locales. Avec pour thème : Repenser l’identité paysanne dans le contexte actuel. « S’il existe aujourd’hui une redistribution plus équilibrée des revenus de la richesse, le modèle économique de fond, lui, n’a pas changé,  rappelle Carlos Chiarulli, animateur du Réseau agroforestier Chaco Argentine (Redaf). Il est donc indispensable de continuer à tenter d’infl uer sur les politiques publiques que le gouvernement souhaite mettre en place dans le monde rural. » \n\nMême discours du côté des Écoles de citoyenneté, créée créées dans tout le pays en 2001 par le Centro Nueva Tierra pour « stimuler le potentiel de millions d’Argentins à s’investir dans la vie politique. » La structure réfléchit actuellement à une stra- responsables de l’École de Citoyenneté de Resistencia, capitale du Chaco. C’est ainsi que la construction de la démocratie va se poursuivre en Argentine. » Une démocratie d’autant plus solide qu’elle semble avoir soldé les comptes de la dictature. \n\nAu-delà des mesures qui ont permis le redressement économique et social du pays, l’un des actes les plus importants de cette période restera la décision de Néstor Kirchner de revenir sur le passé douloureux de la dictature, confirme Fortunato Mallimaci, sociologue. En mettant fin aux lois d’amnistie, il a non seulement répondu aux revendications des organisations de défense des droits de l’homme, mais il a surtout redonné à l’État et à la justice la crédibilité qu’ils avaient perdue. »\n\nHasard du calendrier ou pas, trois jours après la réélection de Cristina de Kirchner, l’Argentine a d’ailleurs vécu un autre tournant de son histoire. Accusés d’avoir participé activement à une répression qui a fait quelque 30 000 disparus entre 1976 et 1983, seize ex-militaires, parmi lesquels fi gurent les anciens capitaines de frégate Alfredo Astiz et Jorge « le Tigre » Acosta, ont été reconnus coupables de tortures et d’assassinats. Pour ces exactions perpétrées dans les locaux de l’École supérieure mécanique de la marine, à Buenos Aires, ils ont été condamnés à de lourdes peines de prison par le 5e Tribu nal fédéral de Buenos Aires, dont douze condamnations à perpétuité.\n\nRomina Chiesa, Stella Maris et Cristina Godoy, trois restauratrices d’art, ont suivi de près ce procès, sans avoir de liens directs avec les victimes, ni représenter des associations de défense des droits humains. « Nous avons accompagné en 2008 la transformation de l’École militaire en musée de la Mémoire, explique Romina. Notre travail a consisté à faire “parler les murs”. Malgré le soin apporté par les militaires pour faire disparaître toute trace de tortures, nous avons, centimètre par centimètre, recherché des preuves du passage des personnes torturées avant d’être exécutées. » \n\n\nFaire parler les murs\n\n\n Noms gravés sur les murs, bouts de papiers ou mégots incrustés dans des anfractuosités... Les découvertes, croisées avec les témoignages de survivants, ont alimenté les plaidoiries de la défense lors du procès et permis de reconstituer des lieux désormais ouverts au public. Mais elles ont aussi transformé les trois femmes. « Nous avons  contribué à restaurer un épisode-clé de  l’histoire du pays, estime Stella. Et cela  a changé notre compromis politique et  social. » « Pour que cela n’arrive plus, il faut  que chacun s’implique à sa manière dans  la construction du pays », rajoute Cristina,  conseillère municipale depuis juillet 2011  dans une petite ville de la banlieue de  Buenos Aires. Une prise de conscience et  un investissement qui symbolisent le cheminement  politique et citoyen des Argentins  depuis 2001. Et qui constitue sans doute la  meilleure réponse à la crise."}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/quand-la-speculation-fait-des-ravages/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/quand-la-speculation-fait-des-ravages/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Quand la spéculation fait des ravages","datePublished":"2012-10-15T17:22:00+00:00","dateModified":"2023-06-13T09:54:54+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/quand-la-speculation-fait-des-ravages/"},"wordCount":999,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Agriculture","Hausse des prix","Spéculation alimentaire"],"inLanguage":"fr-FR","description":"Les marchés agricoles, longtemps à l’abri de la spéculation, sont aujourd’hui la cible de fonds d’investissement et de sociétés de négoce qui n’hésitent pas à parier sur une hausse des prix pour rentabiliser leur mise. Quitte à favoriser une flambée des cours.\n\nL’accalmie aura été de courte durée : après six mois de calme sur les marchés agricoles, les cours sont de nouveau orientés à la hausse depuis le début de l’année 2012, note la FAO. Même si les pics enregistrés restent de 10 % inférieurs à ceux d’il y a un an, cette augmentation va toucher de plein fouet les pays dépendant des importations pour assurer leur subsistance. Pour l’agence onusienne, cette situation s’explique principalement par les mauvaises perspectives de récolte, notamment en Afrique, pour cause de sécheresse. Les caprices de la météo ne permettent pas à eux seuls d’expliquer la volatilité des cours. Sans négliger les conséquences de l’augmentation de la demande ni la poursuite du développement des agrocarburants, de plus en plus de voix s’élèvent pour pointer également du doigt l’impact de la spéculation. Nombre d’investisseurs misent en effet sur le marché des produits agricoles, encouragés par les risques de tensions à venir, vus comme des opportunités financières. D’ici à 2030, il faudra nourrir deux milliards de personnes supplémentaires alors que les terres cultivables ne sont pas extensives à l’infini et que la productivité marque le pas.\nValeur refuge\nLa spéculation massive, apparue il y a une dizaine d’années, s’est emballée à partir de la crise économique de 2008, où, dans un contexte de déprime des principales bourses mondiales, les produits agricoles ont fait figure de valeur refuge. Sur fond de marchés tendus, les consommateurs payent un lourd tribut aux pratiques des spéculateurs qui n’hésitent pas à faire main basse sur la production afin de faire flamber les cours et rentabiliser leurs investissements. En juillet 2010, par exemple, Anthony Ward, le fondateur du hedge fund britannique Armajaro, a créé un vent de panique en mettant la main sur 15 % des stocks mondiaux de cacao, entraînant immédiatement une hausse des cours.\n\nPrincipal instrument utilisé par ces spéculateurs : les contrats à terme, créés au XIXe siècle pour sécuriser les revenus des négociants, puis, plus tard, des agriculteurs qui fixent, avant la récolte, le prix auquel celle-ci sera vendue quelques mois plus tard. Conçu à l’origine pour se protéger en cas de fluctuations des prix, ce système d’assurance a bien fonctionné jusqu’au début des années 2000. « Mais l’arrivée de nouveaux intervenants (fonds d’investissement, fonds de pension, hedge funds) a déstabilisé les marchés, explique Benoît Daviron, chercheur au Cirad et co-auteur d’un rapport sur la volatilité des prix alimentaires[[Volatilité des prix et sécurité alimentaire. Rapport du Groupe d’experts de haut niveau sur la sécurité alimentaire et la nutrition, juillet 2011.]]. Par effet d’anticipation, les prix au comptant s’alignent sur les prix des contrats à terme et sont de plus en plus déconnectés de la réalité. »\n\nCar, dans une grande majorité de cas, il s’agit d’échanges virtuels. Les investisseurs revendent marchandises avant qu’elles leurs soient livrées et recommencent la manœuvre en tablant sur des prix toujours plus élevés. En 2008, par exemple, 90 milliards de boisseaux de blé tendre rouge virtuels ont été échangés à la Bourse de Chicago. Mais ces transactions ne concernaient que 400 millions de boisseaux réels, chacun d’entre eux ayant été échangé plus de deux cents fois (36,74 boisseaux de blé par tonne).\nBulle spéculative et volatilité des prix\nCes mouvements sont loin d’être anecdotiques. Depuis 2002, le volume des contrats à terme a été multiplié par trois, selon l’étude « Récolter l’argent » publiée par la branche européenne les Amis de la Terre Europe[[ Farming Money, Les Amis de la Terre Europe, janvier 2012.]]. Remontant plus loin dans le temps, le World development movement (WDM) estime que, en quinze ans, la part de ces contrats détenue par les spéculateurs est passée de 12 à 61 % et atteint 80 % pour le blé. « Car il n’y a pas que les acteurs purement financiers qui spéculent. Les sociétés de négoce elles-mêmes leur emboîtent le pas », note Juliette Renaud, chargée de campagne des Amis de la Terre. Le poids de la spéculation dans la hausse des prix a d’ailleurs été reconnu par la banque d’investissement Merrill Lynch dès 2006. À l’époque, la banque estimait que celle-ci avait entraîné une augmentation des prix supérieure de 50 % à celle qui aurait été réalisée sans spéculation. Au sein de l’Onu, les dénonciations vont bon train : « Nombre d’indices montrent que l’augmentation des prix agricoles en 2007- 2008 est due à l’émergence d’une bulle spéculative », rappelle ainsi le représentant spécial des Nations unies pour le droit à l’alimentation, Olivier De Schutter, dans une note publiée en 2010 [[Food Commodities Speculation and Food Price Crises. Olivier De Schutter, septembre 2010.]].\n\nConscients des risques que fait courir la spéculation sur les plus vulnérables, le dernier G20 s’était engagé à réguler les marchés agricoles, à obliger les États à faire preuve de transparence sur l’état de leurs stocks et à participer à la constitution de réserves d’urgence afin de limiter les mouvements de yo-yo. Ces intentions, certes louables, restent encore à concrétiser et s’inscrivent dans une vision à court terme. En sachant de plus que ces mesures ne seraient être suffi santes pour assurer la sécurité alimentaire, si, parallèlement, aucune mesure, à moyen terme, ne vient favoriser le décollage de la production dans les pays du Sud..."}
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Toute ressemblance avec des faits ou personnages réels...\n\n\n\nMultinationales\n\n\nM. et Mme Dupont de Namur sont tous deux actionnaires et membres du CA de Green Chemicals Inc.  \nIls ont validé la dernière décision d’augmenter la rentabilité des investissements productifs au Nigeria. Ils affirment à la presse que leur entreprise a un effet bénéfique sur la croissance locale et la création d’emplois. Ils ajoutent, avec beaucoup de lucidité, que leur investissement vaut le coup, compte tenu des opportunités apparues récemment sur les marchés agricoles mondiaux. Ils peuvent aussi profiter, en toute décontraction, des dividendes généreux distribués par Green Chem via ses filiales aux Îles Caïmans. Pas avares, ils ont financé le flocage des maillots de football de l’équipe du village où les usines sont implantées.\n\n\nEtats du Nord\n\n\nM. Paysbas, chef d’État européen voue un véritable culte à l’avant centre de son équipe nationale.\nIl l’emmène souvent avec lui dans ses visites auprès de chefs d’États étrangers. Il l’admire pour son adresse technique, mais aussi pour l’éloquence avec laquelle il vante les mérites des sponsors dont les fameux logos ornent son maillot, toujours impeccablement repassé. Grâce à lui, des entreprises prestigieuses de son pays ont décroché de fabuleux contrats dans les pays du Sud. M. Paysbas tousse un peu quand un de ses champions nationaux est montré du doigt par les populations locales.\n\n\nAgences de financement\n\n\nMme Nyse travaille dans l’Agence de financement du développement d’un pays européen, dans la filière chargée de l’appui au secteur privé.\nElle applique à merveille les techniques qu’elle a apprises quand elle travaillait dans une banque. Elle a de nombreux contacts avec ses homologues des autres agences européennes et internationales, et avec les dirigeants de grandes entreprises. Une culture commune s’est instaurée entre eux. Ils adorent le loto sportif et aucun ne sait vraiment à qui bénéficie l’argent injecté dans le circuit à leur initiative.\n\n\nEtats du Sud\n\n\nDiplômé de la London School of Economics, ancien trader, M. Mabuse, ministre du Fleurissement productif d’un pays subsaharien anglophone est un peu schizophrène.\nFormé à l’orthodoxie économique libérale la plus pure et artisan des principales mesures d’intégration de son pays dans l’économie mondiale, il constate que les implantations étrangères ne permettent guère les transferts de savoir-faire annoncés. En cachette, il est consterné d’admettre que le prix à payer en matière sociale et\nenvironnementale est bien élevé. Troisième mauvaise surprise : les bénéfices sont artificiellement déclarés dans les paradis fiscaux. Et rien pour les finances publiques locales. Heureusement, l’herbe est toujours verte sous ses crampons.\n\n\nPopulations du Sud\n\n\nM. Tombédénu est paysan en République démocratique du Congo (RDC). Une multinationale minière s’est implantée sur le territoire de sa communauté dont l’agriculture est la première ressource.\nL’extraction minière utilise des quantités d’eau astronomiques. Les nappes phréatiques des villages voisins sont polluées au mercure, plus moyen d’irriguer les terres. Ses cultures de coco et de manioc sont détruites. Les promesses mirobolantes de la multinationale ont partiellement défait les liens de solidarité entre les membres de la communauté. Une majorité d’entre eux ont cependant décidé de se battre jusqu’au bout pour retrouver leur dignité. En attendant, Monsieur Tombédénu\nest un paysan qui a faim.\n\n\nSociété civile\n\n\nAmandine Lovennpiis, 25 ans, étudiante en économie est amoureuse de Maxime, mécanicien dans un garage d’insertion.\nÀ l’occasion d’un voyage, elle rencontre des syndicalistes de son âge travaillant dans les mines de coltan de la République démocratique du Congo (RDC), exploitées par des multinationales pour fabriquer des composants électroniques. Elle décide de se mobiliser en France et en RDC contre les violations des droits humains commises dans ces mines et contre les pratiques d’évasion fiscale. Ses parents, pourtant accros eux aussi au portable, ont décidé de les rejoindre et d’élargir la mobilisation pour un encadrement plus strict des investissements à l’étranger.\n\n\nGénérations futures\n\n\nCorporator Jr vient du futur. Année 2148, très exactement. Il est envoyé par son père pour vérifier que les éléments constitutifs de la matrice se mettent bien en place.\nC’est la matrice qui, à terme, permettra que les humains soient dirigés par une corporation unique capable de satisfaire tous leurs besoins. Corporator Jr, bien que perturbé par les 6 degrés de différence avec son milieu de vie habituel, a repéré une bande d’activistes bien décidés à en découdre pacifiquement avec ce programme. Et il n’est pas insensible à leurs arguments."}
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Mais aussi que la réussite de la transition institutionnelle n’est que la première étape d’une transformation politique, économique, sociale en profondeur.\n\n\nL’Etat islamique, produit du chaos\n\nTout autour de la Tunisie, en effet, les logiques de crises semblent s’accélérer et chacun des foyers de tension alimentent les autres. Le soulèvement syrien a dégénéré dans un télescopage de conflits. Entre le régime et ses adversaires, entre rebelles et groupes jihadistes, entre confessions, entre les puissances rivales de l’Iran chiite et l’Arabie saoudite sunnite… \nCe chaos a permis à une organisation, dite de « l’Etat islamique », née en Irak, de s’implanter. Et de subvertir l’ordre hérité de la gestion coloniale du démantèlement de l’Empire ottoman après la 1ere Guerre mondiale en contestant l’influence occidentale au Moyen-Orient. Cette posture de contestation radicale attire toute une génération sans perspective et fournit un modèle à tous les mouvements jihadistes, jusqu’en Afrique de l’Ouest, où sévit le mouvement Boko Haram. \n\n\nLa crainte d’une contagion libyenne\n\nLa Libye est un deuxième foyer de déstabilisation régionale. C’est d’ailleurs probablement là qu’ont été entraînés les deux jeunes auteurs de l’attaque contre le Musée du Bardo. Les stocks d’armes libérés par la chute de Khadafi se répandent dans toute la région et ont contribué à la déstabilisation du Mali en 2013. Les combattants vaincus au Mali par l’opération française ont fui vers la Libye où ils ont relancé le conflit interne.\nLe processus politique a avorté et l’Etat, divisé entre factions opposées, est quasiment virtuel.  La coalition de groupes islamistes L’Aube de Libye basée à Tripoli, tient l’ouest du pays, à la frontière Sud de la Tunisie. Les autorités issues des élections sont basées à Tobrouk, à l'Est de la Lybie. Là encore, le chaos profite à  l’Etat islamique, dont se réclament désormais certains groupes basés en Libye.\nIl ne reste plus grand chose de l’élan du « Printemps arabe », contenu au Maroc, mort-né en Algérie et réprimé par un gouvernement égyptien militariste et plus liberticide qu’aucun régime égyptien auparavant. Reste la Tunisie, qui a lourde tâche de contribuer à restabiliser une région en crise.\n\n\nLa Tunisie, un rôle de stabilisation régionale\n\nLa question libyenne a d’ailleurs pesé lourd pour déterminer la coalition gouvernementale qui allie le parti de Nidaa Tounes, vainqueur des dernières élections rassemblant autant des partis de gauche que des libéraux, à Ennahdha, parti musulman conservateur, qui dispose d’un ministre et de trois secrétaires d’Etat. Le gouvernement peut ainsi s’appuyer sur une large majorité de 166 sièges sur 217. \nLes partenaires internationaux de la Tunisie ont encouragé ce rapprochement pour renforcer des institutions et apaiser une société qui vont devoir encaisser le double choc des répercussions de la crise libyenne et de réformes économiques structurelles. \nLa relance d’un conflit idéologique, une position diplomatique déséquilibrée en faveur du camp anti-islamiste en Libye, ouvriraient la porte à une contagion de la crise libyenne par le Sud tunisien, lié par les liens de familles et les trafics transfrontaliers, aux populations libyennes de l’autre côté de la frontière.  D’autant que la région est livrée à elle-même depuis des décennies.\n\n\nRéponse sécuritaire et libéralisation\n\nLa question est : que faire de cette stabilité politique interne ? Le premier réflexe après l’attaque du Bardo, est évidemment un tour de vis sécuritaire. Mais dans un pays où l’institution policière a été la colonne vertébrale de l’ancien régime et a conservé son autonomie, cette reprise en main risque de justifier le retour des anciennes pratiques : rafles arbitraires, surveillance du Net, torture… avec cette fois l’assentiment d’une large part de la population tétanisée par la peur du terrorisme. \nL’autre réponse, est d’exiger une trêve sociale et de renforcer la pression pour procéder rapidement à des réformes économiques, attendues par les bailleurs de fonds multilatéraux et les investisseurs privés. \nLa relance de l’économie est certainement nécessaire pour créer de l’emploi et financer les infrastructures nécessaires, mais le risque est d’aggraver la dépendance financière du pays et de mettre à nouveau les droits sociaux sous pression.\n\n\nIntégration sociale et défense des libertés\n\nLes raisons qui ont conduit au soulèvement et à la chute du régime sont précisément la privation de liberté, la pression policière sur les jeunes des quartiers populaires, la pauvreté et le manque d’intégration des régions défavorisées. Or, pour l’instant, la transition politique n’a apporté de réponse à aucun des enjeux économiques et sociaux. Les régions rurales et les quartiers déshérités ne se sentent pas davantage intégrés, et même davantage stigmatisés et marginalisées. \nLes jeunes qui ont joué un rôle essentiel dans la révolution, cyberactivistes ou manifestants en première ligne face à la police, n’ont pas trouvé de place. La désillusion a accru le désespoir, le sentiment de ne pas avoir de place dans la société. \nBeaucoup s’interrogent sur le parcours jusque là sans histoire des jeunes qui s’engagent dans le Jihad, comme ceux qui ont commis l’attentat du Bardo. Il serait dramatique que l’Etat islamique soit perçu comme la seule solution pour renverser un ordre perçu comme humiliant et injuste et le seul cadre où des jeunes se sentent avoir prise sur l’Histoire. \nPlus que jamais, renforcer la démocratie et promouvoir un modèle économique et juste et qui intègre tout le monde est une priorité pour que la Tunisie confirme qu’elle a bien réussi sa révolution.\n\nThierry Brésillon"}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/la-revue-projet-lance-une-campagne-de-crowdfunding/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/la-revue-projet-lance-une-campagne-de-crowdfunding/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"La Revue Projet lance une campagne de crowdfunding","datePublished":"2016-05-17T14:30:44+00:00","dateModified":"2024-12-10T12:35:00+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/la-revue-projet-lance-une-campagne-de-crowdfunding/"},"wordCount":588,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["France"],"inLanguage":"fr-FR","description":"Le Front national devient le premier parti de France, la Revue Projet lance une campagne de crowdfunding face à un enjeu exceptionnel pour revitaliser le lien social et la vitalité démocratique. \n\n\n\nIl séduit les couches populaires et les jeunes. Il perce même dans des milieux qui s'en pensaient prémunis. Chez les catholiques, 32% des votants se sont exprimés pour ce parti au premier tour des élections régionales de 2015 (24% chez les pratiquants réguliers, un chiffre en forte progression depuis les élections précédentes).\n\nCette progression interroge largement, jusqu’au sein de mouvements et associations engagés pour la justice sociale, où les discours frontistes, quand ils font écho aux causes défendues, peuvent susciter une certaine confusion. Mais la montée de l'extrême droite en France ne saurait se résumer au FN. Le discours identitaire excluant, la construction de la peur de l'autre sont des ressorts utilisés bien au‐delà. \n\nOù s'arrête aujourd'hui l'extrême‐droite ? Quels facteurs expliquent sa progression, dans de nombreux pays d’Europe ? Quelles digues ont sauté ? Qu'expriment les électeurs par ce vote ? Quelles questions légitimes posent‐ils à notre société ? Quelles réponses apporter ? Comment expliquer que certains pays, certaines régions ou collectivités résistent plus que d'autres à la rhétorique extrémiste ? Que faire, comme citoyen, comme association, comme mouvement ?\n\n\nUn projet, plusieurs dimensions\n\nIl s'agit d’abord, dans la tradition de la Revue Projet, de consacrer au sujet un numéro documenté, faisant dialoguer universitaires et acteurs de terrain, recueillant des paroles de citoyens, pour concilier les exigences de l'analyse et le besoin de perspectives concrètes, autour de la question « Extrême‐droite : quelles réponses ? » (numéro d’octobre 2016).\n\nCette réflexion a vocation à toucher au‐delà du lectorat traditionnel de la Revue Projet. C'est pourquoi le journal La Croix a accepté de diffuser le numéro à l'ensemble de ses abonnés, en complément de l'une de ses éditions du mois d'octobre. Il s’agit là d’une occasion de partager les analyses produites avec environ 80 000 exemplaires diffusés (300 000 lecteurs potentiels). Cette opération a bien sûr un coût, qui est estimé à 80 000 €.\n\nOutre l'écrit, cette publication pourrait être l’occasion d’une prise de parole publique sur cette question, à travers l'organisation d'un évènement de médiatisation, de type conférence de presse et/ou appel, réunissant les acteurs qui souhaitent prendre position. L'occasion de montrer avec force que face à l'extrême‐droite, l'engagement avec la conscience de la complexité des enjeux, sans sous‐estimer la légitimité des préoccupations des électeurs, mais avec conviction.\n\nCette ambition a besoin de vous !\n\nNe pas stigmatiser, mais prendre au sérieux les préoccupations exprimées par les citoyens. Mettre en valeur les initiatives qui, loin de toute résignation, cherchent à répondre autrement à ces préoccupations et à revitaliser le lien social et la démocratie. C'est tout l'enjeu du numéro d'octobre 2016 de la Revue Projet sur la progression des votes et des idées d’extrême-droite.\n\nEt à enjeu exceptionnel, réponse exceptionnelle ! La Revue Projet souhaite diffuser ce numéro d'octobre 2016 à près de 100 000 exemplaires. \n\nCe projet n’a de pertinence que porté collectivement. Pour soutenir la Revue Projet  pour un financement participatif sur Ulule : www.ulule.com/revueprojet"}
{"@context":"https://schema.org","@type":"WebPage","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/la-revue-projet-lance-une-campagne-de-crowdfunding/","url":"https://ccfd-terresolidaire.org/la-revue-projet-lance-une-campagne-de-crowdfunding/","name":"La Revue Projet lance une campagne de crowdfunding - CCFD-Terre Solidaire","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#website"},"datePublished":"2016-05-17T14:30:44+00:00","dateModified":"2024-12-10T12:35:00+00:00","description":"Le Front national devient le premier parti de France, la Revue Projet lance une campagne de crowdfunding face à un enjeu exceptionnel pour revitaliser le","inLanguage":"fr-FR"}
{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/les-paysans-du-fouta-djalon-vers-lautosuffisance-alimentaire/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/les-paysans-du-fouta-djalon-vers-lautosuffisance-alimentaire/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Au Fouta Djalon, les paysans vers l’autosuffisance alimentaire","datePublished":"2011-12-10T16:56:00+00:00","dateModified":"2024-09-25T15:49:32+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/les-paysans-du-fouta-djalon-vers-lautosuffisance-alimentaire/"},"wordCount":1534,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Sécurité alimentaire"],"inLanguage":"fr-FR","description":"Porté par le CCFD-Terre Solidaire, financé par la Communauté européenne et mis en œuvre par la Fédération des paysans du Fouta Djalon, le programme Resa Nord vise à améliorer la sécurité alimentaire et la souveraineté alimentaire des populations locales.\n\n\n\nLE FOUTA-DJALON, UNE RÉGION PARTICULIÈREMENT PAUVRE\n\n\n\nÀ la sortie du village d’Akadasso, trois tracteurs vont et viennent obstinément, retournant le sol desséché sous l’œil approbateur de quelques paysans. « Les premières pluies arrivent en mai et avec elles, l’époque des semailles. À ce moment-là, explique Mamadou Diallo, conseiller technique de la Fédération des paysans du Fouta Djalon (FPFD), nous devrons être fin prêts pour que cette seconde campagne agricole menée dans le cadre du programme Resa Nord soit aussi réussie que la précédente ».\n\n\n\nConçu au lendemain de la crise alimentaire de 2008 et des émeutes de la faim en Guinée Conakry, le programme de Renforcement de la sécurité alimentaire dans les zones élevées du nord de la Guinée (Resa Nord) concerne les préfectures de Koundara, Gaoual et Mali, dans la région du Fouta Djalon, parmi les plus pauvres du pays. « L’idée initiale, explique Thierno Balla Diallo, coordinateur technique de la FPFD, est d’aider les petits agriculteurs à accroître leur production vivrière pour leur permettre de se nourrir eux et leur famille, mais aussi de commercialiser les excédents sur les marchés locaux et contribuer ainsi à contenir la flambée des prix ».\n\n\n\nCiblé sur trois denrées de base – le riz, le maïs et la pomme de terre – le programme combine différents axes allant de la mise en culture de nouvelles terres, au soutien à la commercialisation, en passant par l’approvisionnement des producteurs en intrants de qualité, la formation des paysans, la construction d’infrastructures de stockage et la mise en place de périmètres irrigués pour le développement des cultures en saison sèche.\n\n\n\nUNE RÉGION AU CŒUR DES ENJEUX DE LA SÉCURITÉ ALIMENTAIRE MONDIALE\n\n\n\nLe Fouta-Djalon est une région stratégique pour la sécurité alimentaire en Afrique de l’Ouest. En effet, cette région, caractérisée par des ressources naturelles limitées et des conditions climatiques difficiles, est souvent touchée par des crises alimentaires. Le programme Resa Nord s’inscrit dans un contexte mondial où la lutte contre la malnutrition et l'insécurité alimentaire est primordiale. Selon la FAO, environ 2.3 milliards de personnes étaient en insécurité alimentaire grave et modérée en 2021, et ce chiffre ne cesse d’augmenter depuis 2015.\n\n\n\nLes politiques agricoles et les systèmes alimentaires durables sont essentiels pour assurer la sécurité alimentaire des ménages. Le changement climatique, la sécheresse, et la déforestation sont des facteurs clés menaçant la sécurité alimentaire mondiale. Par ailleurs, la volatilité des prix des denrées alimentaires exacerbe la situation d’insécurité alimentaire, rendant difficile pour les populations vulnérables d'accéder à une alimentation suffisante et nutritive.\n\n\n\nDES INITIATIVES CONCRÈTES POUR RÉPONDRE AUX BESOINS ALIMENTAIRES\n\n\n\nDepuis janvier 2010, date de démarrage du programme Resa Nord, quelque cent trente hectares de terres supplémentaires ont été mis en culture à Akadasso – riz et maïs principalement. « Les terres disponibles ne manquaient pas et les propriétaires fonciers étaient prêts à les mettre gratuitement à la disposition de la communauté, explique Mamadou Diallo, conseiller technique de la FPFD. Le plus difficile, continue-t-il, a été de les convaincre de signer des conventions de prêts en bonne et due forme car, habitués à se référer au droit coutumier, ils rechignaient à signer des documents officiels ». Des tracteurs mis à la disposition des communautés selon un agenda coordonné ont ensuite permis de labourer ces surfaces supplémentaires dans les délais impartis par l’alternance des saisons.\n\n\n\nQuant aux semences, engrais et autres produits phytosanitaires, ils ont été fournis aux paysans dans le cadre d’un « crédit de campagne » remboursable à l’issue de la saison agricole. « Il s’agit de semences locales pour le riz, mais importées pour la pomme de terre car, explique Mamadou Diallo, jusqu’à présent, nos tentatives pour en produire localement se sont avérées décevantes… Mais c’est une option sur laquelle nous continuons de plancher ».\n\n\n\nComme les deux autres conseillers techniques de la FPFD basés à Koundara, Mamadou Diallo effectue des visites régulières dans les communautés. « Nous incitons notamment les paysans à avoir recours à la fumure organique et aux vertus phytosanitaires des plantes locales pour réduire au minimum l’usage des intrants chimiques. Et lors de nos visites, poursuit-il, nous abordons aussi bien des questions de gestion et de conservation des ressources disponibles que de techniques agricoles ». Le dispositif « éducatif » mis en place par la fédération est complété par des cours d’alphabétisation et la formation de « paysans relais », lors de séminaires tenus à la base de Koundara.\n\n\n\nNOUS PRODUISONS PRESQUE TOUT CE QUE NOUS CONSOMMONS\n\n\n\nSarabaoui Kanté est « paysan relais » pour le village d’Akadasso. Une palissade, trois cases rondes, murs de banco et toit de chaume, abritent sa famille. Il reçoit ses visiteurs à l’ombre d’un manguier : « La flambée des prix des aliments ? À vrai dire, nous n’en ressentons guère les effets, déclare-t-il, car cette année nous avons produit nous-même presque tout ce que nous consommons : riz, maïs, fonio, pommes de terre, tomates, salades, oignons, arachides… » À deux pas de là, le « magasin » flambant neuf où sont stockées les semences du village destinées à la prochaine campagne : « Nos réserves de semences de riz ont quasiment doublé par rapport à l’année précédente, s’enorgueillit Saraboui Kanté, et ici, elles sont bien mieux conservées que chez nous où elles risquent à tout moment d’être mangées par les animaux ».\n\n\n\nDernier volet du programme : le soutien à la commercialisation des surplus de production. « La Fédération a une longue expérience en la matière, explique Thierno Balla Diallo, elle joue un rôle d’intermédiaire entre les groupements paysans et les différents acteurs du marché – commerçants locaux, transporteurs… –, notamment pour éviter de laisser les producteurs à la merci de leurs interlocuteurs. » L’autosuffisance alimentaire des paysans et de leurs familles demeure cependant un préalable et, en 2010, dans les provinces concernées par le programme Resa Nord, la production a été consommée sur place, à environ 70 % sur place et 30 %, commercialisée.\n\n\n\nFaisant le bilan de la première année du programme Resa Nord, Thierno Balla Diallo souligne qu’il a « bénéficié directement ou indirectement à plus de cent mille personnes »… mais pointe aussi des questions en suspens : « Conséquence du succès de l’opération, nous avons reçu des milliers de demandes d’adhésion à la Fédération et nous ne savons pas encore très bien comment nous allons gérer cet afflux. » Certes, de nouvelles terres seront mises en valeur au cours de la prochaine saison agricole, mais au-delà ? Resa Nord est un programme d’urgence dont le financement par la Communauté européenne n’est assuré que jusqu’en octobre 2011*. « Il faudra bien pourtant que nous arrivions à assurer la continuité de cette dynamique sans toujours dépendre de financements extérieurs », conclut-il.\n\n\n\nDÉFIS ET PERSPECTIVES POUR LA SÉCURITÉ ALIMENTAIRE\n\n\n\nLa région du Fouta-Djalon, comme beaucoup d'autres régions rurales dans les pays en développement, fait face à de nombreux défis en termes de sécurité alimentaire et nutritionnelle. La sous-alimentation et la malnutrition touchent une grande partie de la population. Les politiques agricoles doivent donc s’adapter pour répondre aux besoins alimentaires croissants et pour promouvoir une agriculture durable.\n\n\n\nLe Programme alimentaire mondial (PAM) joue un rôle crucial dans la lutte contre la faim dans le monde et soutient des initiatives locales telles que le programme Resa Nord. L'amélioration des systèmes alimentaires est essentielle pour éradiquer la faim et garantir l'accès à une alimentation saine et nutritive pour tous. En 2023, environ 735 millions de personnes souffrent de sous-nutrition, selon les dernières estimations.\n\n\n\nL’implication des organisations internationales telles que l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et la Banque mondiale est essentielle pour renforcer les capacités locales et assurer la sécurité alimentaire mondiale. La volatilité des prix des produits alimentaires et les sécheresses récurrentes en Afrique de l'Ouest sont des problèmes majeurs nécessitant des solutions durables et innovantes.\n\n\n\nLa résilience des systèmes alimentaires face aux changements climatiques et autres crises alimentaires est cruciale pour garantir la sécurité alimentaire des populations vulnérables. Le Fouta-Djalon doit donc continuer à développer des stratégies d’adaptation et de mitigation pour répondre aux défis actuels et futurs.\n\n\n\nAller plus loin\n\n\n\nQu’est-ce que le Comité de la Sécurité Alimentaire mondiale (CSA)?\n\n\n\n[Étude] Agriculture et alimentation : redécouvrir les outils de régulation"}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/lapres-coton-monsanto-au-burkina/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/lapres-coton-monsanto-au-burkina/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"L&rsquo;après « coton Monsanto » au Burkina","datePublished":"2017-04-18T17:09:47+00:00","dateModified":"2024-09-25T15:36:18+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/lapres-coton-monsanto-au-burkina/"},"wordCount":1362,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"image":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/lapres-coton-monsanto-au-burkina/#primaryimage"},"thumbnailUrl":"https://ccfd-terresolidaire.org/wp-content/uploads/2022/04/Caravane-ouest-africaine-2016-016-scaled-e1650451427846.jpg","keywords":["Agriculture","Multinationales","Semences paysannes","Souveraineté alimentaire et agroécologie"],"articleSection":["Article"],"inLanguage":"fr-FR","description":"L'échec du coton OGM de Monsanto au Burkina Faso a été démontré. Grâce à une mobilisation de la société civile et une enquête de terrain, la Coalition pour la protection du patrimoine génétique africain (Copagen), partenaire du CCFD-Terre Solidaire, a joué un rôle décisif pour son abandon par le gouvernement. Yobi Richard Minougou, un de ses membres, met cependant en garde contre le nouveau péril qui menace les agricultures familiales de la région : l'arrivée imminente de variétés transgéniques de Monsanto dans les cultures alimentaires de base pour la population.\n\nYobi Richard Minougou est secrétaire exécutif de l'Association pour la protection de la nature au Sahel (APN-Sahel), membre de la Copagen, partenaire du CCFD-Terre Solidaire. Le réseau de la Copagen intervient dans onze des pays de l'Afrique de l'Ouest pour soutenir les droits collectifs des communautés locales et des agriculteurs. Il rejette le génie génétique dans l'alimentation et promeut l'utilisation durable des ressources biologiques africaines. \n\nA lire aussi : La Copagen, un réseau poil-à-gratter\nCCFD-Terre Solidaire&nbsp;: L'an dernier on apprenait que le Burkina Faso faisait brusquement volte-face en annonçant la fin du coton OGM. Ce retour aux pratiques traditionnelles est-il effectif&nbsp;?\nYobi Richard Minougou&nbsp;: La Copagen a mené sur le terrain une enquête socio-économique importante qui a démontré, chiffres à l'appui, ce que les paysans ressentaient : les bénéfices que Monsanto leur avait fait miroiter n'ont pas été au rendez-vous —&nbsp;et bien au contraire&nbsp;! Alors que cette variété dite «&nbsp;Bt&nbsp;», qui produit son propre insecticide, nous a été imposée depuis 2008 hors cadre légal, sa rentabilité est…plus faible qu'avec les semences traditionnelles&nbsp;! Et les conséquences négatives s'accumulent&nbsp;: résistance des insectes prédateurs à la toxine Bt, pollution de l'environnement, décès d'animaux qui ont mangé des résidus de coton…\n\nLe rapport que nous avons produit a déclenché un séminaire avec des représentants du gouvernement, de la recherche nationale et de la principale société cotonnière étatique (Sofitex). Monsanto a dû reconnaître son échec. Tout en proposant, en guise de solution, la mise au point d'une nouvelle génération de coton Bt plus performante&nbsp;! Mais sous la pression de la société civile et de parlementaires, le gouvernement a été contraint à décréter le retrait total du coton Bt, qui devrait être effectif dès la saison 2017-2018. \n\nCette année déjà, 80&nbsp;% des champs sont cultivés en conventionnel. D'ailleurs, les producteurs, de leur propre chef, avaient déjà commencé à limiter sérieusement les surfaces en Bt. En effet, ils ne parvenaient pas à rembourser leurs investissements dans cette filière technologique coûteuse.\nLa Sofitex, qui achète la production des paysans pour la revendre sur les marchés internationaux, réclame 50 milliards de francs CFA[[environ 74 millions d’euros]] de manque à gagner à Monsanto en raison de la moindre qualité de ce coton Bt. Où en est ce contentieux&nbsp;?\nTout se passe dans une grande discrétion. À ma connaissance, il n'y a pas encore d'action en justice. Le gouvernement négocierait pour trouver une entente avec le géant de l'agro-industrie. La Copagen, pour son compte, a déposé une plainte symbolique auprès du «&nbsp;Tribunal Monsanto&nbsp;» organisé par les mouvements sociaux et paysans à La Haye en octobre 2016.\nDans l'attente d'éventuelles réparations et condamnations, est-ce le point final de l'épisode calamiteux du coton OGM&nbsp;?\nAbsolument pas&nbsp;! C'est une bataille remportée, mais notre lutte n'est pas terminée.  Tout d'abord, il ne suffira pas de quelques mois pour évaluer correctement tous les dégâts potentiels du coton OGM. Nous demandons que soit reconnu un moratoire de dix ans.\n\nPar ailleurs, le Burkina Faso avait valeur, pour Monsanto et les pays voisins, de terrain d'expérimentation en vraie grandeur. Nous poursuivons donc la bataille en interpellant l'échelon des instances régionales de l'Afrique de l'Ouest pour qu'elles prennent position sur le sujet.\nIl a été question que Monsanto quitte le Burkina Faso ?\nAvec les déboires du coton la firme s'est faite encore plus discrète, mais elle n'a pas pour autant renoncé&nbsp;! De fait, Monsanto poursuit des recherches au Burkina Faso sur des plantes alimentaires comme le sorgho ou le maïs. Une variété transgénique de niébé, légumineuse majeure pour la sécurité alimentaire de la région, serait déjà prête à la commercialisation pour le Ghana, le Burkina Faso et le Nigéria dès 2018&nbsp;!\n\nLe risque est à prendre très au sérieux. Notre population est rurale à 90 %, dédiée à une agriculture familiale. Le niébé est une légumineuse centrale dans l'alimentation de la région, tout comme le mil, le sorgho et le sésame, considérées comme des cultures «&nbsp;de souveraineté alimentaire&nbsp;». Si les États consentent à basculer dans le modèle des OGM, les paysans vont devenir dépendants, pour leur nourriture, de l'achat de semences technologiques, et c'est tout un savoir-faire traditionnel basé sur la reproduction de semences villageoises qui sera en perdition. Sans oublier que cette agro-industrie prospère sur la monoculture en grandes parcelles. On voit déjà au Sénégal, au Ghana, au Togo, des investisseurs, notamment locaux, acheter des centaines d'hectares de terre à vil prix. Ce qui s'accompagne souvent de l'expulsion de petits agriculteurs, par ailleurs en général acquis à l'agro-écologie.\nLe risque ne semble pas aujourd'hui clairement perçu au sein de la société…\nCar les enjeux sont inédits. Les firmes, pour leur part, veulent convaincre que la sécurité alimentaire est réduite à la seule quête de rendements croissants et de performances technologiques&nbsp;; alors que nous défendons que les communautés doivent être en capacité de produire ce qu'elles consomment. Ce qui suppose pour les paysans de détenir la souveraineté sur les semences.\n\nLa Copagen soutient ainsi une quinzaine de banques de semences villageoises.  Bonne nouvelle&nbsp;: la recherche agronomique du pays commence à s'intéresser à cette voie alternative aux OGM. Et nous bataillons actuellement pour obtenir l'étiquetage des variétés commercialisées. Ne serait-ce que pour tenter de contrer l'effet dévastateur de lots distribués gratuitement par des gouvernements subventionnés par les agro-industriels pour faciliter la dissémination de leurs produits&nbsp;! Dans le Sahel, toute une éducation à la prudence commence à porter ses fruits, les agriculteurs interrogent le syndicat des agro-pasteurs quand ils voient débarquer des semences qu'ils ne connaissent pas. Alors que la saison dure moins de 90 jours au Sahel burkinabè, on y a déjà vu distribuées des semences qui nécessitent 120 jours pour boucler leur cycle végétatif.\nComment comptez-vous mener la nouvelle bataille qui se présente&nbsp;?\nLe grand défi de la Copagen est donc désormais l'adoption d'une stratégie capable d'enrayer la menace d'une percée des OGM dans les cultures alimentaires, qui verrait la déstabilisation de pans entiers de la petite agriculture familiale. Il est d'abord crucial de bien faire comprendre ces enjeux. Pour cela, il va falloir mobiliser la population, comme avec le coton, et réveiller les mouvements sociaux en Afrique de l'Ouest&nbsp;! Au-delà des réseaux qui nous avons créés sur la résistance aux OGM, nous comptons sur une Ligue des consommateurs très active au Burkina Faso, les coopératives, le collectif des acteurs de l'agro-écologie mais aussi les artistes, qui sont des médiateurs importants dans la divulgation des messages.\n\nLire le communiqué de presse :\n\nAvis du Tribunal Monsanto : l’agrobusiness jugé responsable de violer des droits humains et l’environnement"}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/jeudi-21-septembre-fetons-la-paix/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/jeudi-21-septembre-fetons-la-paix/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Jeudi 21 septembre, fêtons la Paix !","datePublished":"2006-09-12T00:00:00+00:00","dateModified":"2024-09-25T15:08:57+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/jeudi-21-septembre-fetons-la-paix/"},"wordCount":349,"commentCount":1,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"inLanguage":"fr-FR","description":"Journée internationale de la Paix\n\nLe 21 septembre est « la journée mondiale de cessez-le-feu et de non-violence » déclarée par les Nations unies. Cette journée s'inscrit dans la dynamique de la déclaration qui proclame la période 2001-2010  : « Décennie internationale de la promotion de la culture de la non-violence et de la paix pour les enfants du monde » promue par l'UNESCO.\nCe jour symbolique peut permettre à toutes et à tous de manifester, à son niveau, son soutien à la paix. C'est l'invitation que lance la Coordination française pour la Décennie pour la non-violence et la paix dont le CCFD est membre  en proposant de Construire la paix par la non-violence.\n\nCar pour construire la paix, il faut rechercher des moyens qui permettent le développement et la dignité à toute femme et tout homme, qui s'appuient sur le dialogue et l'intelligence du cœur et non sur l'indifférence, le mépris, la désinformation voire la haine, qui œuvrent pour la justice et la solidarité.\n\nDe nombreux groupes se rassembleront dans toute la France pour fêter cette Journée. Seront organisés des manifestations, rencontres, stands, jeux, ateliers pour adultes et enfants, conférences et débats. \nVous pourrez également arborer ou accrocher à votre fenêtre le drapeau aux couleurs arc-en-ciel, symbole de paix, porter un autocollant de la Journée internationale de la paix ou utiliser l'affiche « un million de visages dans le monde » pour un traité international sur le commerce des armes afin d'affirmer votre engagement pour la paix et la non-violence.\n\nPour en savoir plus vous pouvez consulter le site de la Coordination française pour la Décennie www.decennie.org  ou le site de l'UNESCO www.unesco.org  ou celui de Peace One Day www.peaceoneday.org  qui répertorie des actions au niveau international \n\n\n\n\n\n\nFace au conflit qui s’est déroulé cet été, les témoignages de nos partenaires au Liban\n\n\n\n\n\nEn savoir plus sur la campagne \"Contrôlez les armes\""}
{"@context":"https://schema.org","@type":"WebPage","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/jeudi-21-septembre-fetons-la-paix/","url":"https://ccfd-terresolidaire.org/jeudi-21-septembre-fetons-la-paix/","name":"Jeudi 21 septembre, fêtons la Paix ! - CCFD-Terre Solidaire","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#website"},"datePublished":"2006-09-12T00:00:00+00:00","dateModified":"2024-09-25T15:08:57+00:00","description":"Journée internationale de la Paix Le 21 septembre est « la journée mondiale de cessez-le-feu et de non-violence » déclarée par les Nations unies. Cette","inLanguage":"fr-FR"}
{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/la-securite-alimentaire-des-populations-ethiopiennes/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/la-securite-alimentaire-des-populations-ethiopiennes/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"La sécurité alimentaire des populations éthiopiennes","datePublished":"2011-11-08T00:00:00+00:00","dateModified":"2024-04-10T09:15:01+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/la-securite-alimentaire-des-populations-ethiopiennes/"},"wordCount":506,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Projet","Souveraineté alimentaire et agroécologie"],"inLanguage":"fr-FR","description":"Que révèle la dernière crise alimentaire qui a de nouveau touché la Corne de l’Afrique cet été ? Le point de vue d’ACORD[[Association de coopération et de recherches pour le développement - consortium d'ONG africaines présent dans 18 pays du continent]], partenaire du CCFD-Terre Solidaire. Le responsable de l'antenne éthiopienne d'ACORD, Yabowerk Haile rappelle ce principe de bon sens qui exige de se questionner sur les causes qui provoquent et/ou, font perdurer les crises alimentaires afin de trouver des solutions adéquates et pérennes. La crise révèle d’après lui « la combinaison de trois facteurs fondamentaux : l’héritage colonial, le niveau de développement et les facteurs politiques, économiques et sociaux propres à la région. »\n\n\n\nL'enclavement, la racine du mal éthiopien \n\nC'est avec un sourire malicieux que Yabowerk Hailé rappelle le but principal des puissances coloniales anglaises, françaises et italiennes qui depuis l'ouverture du Canal de Suez poursuivaient deux objectifs vis-à-vis de l'Ethiopie: « soit, de nous coloniser ou pour le moins, car l'Ethiopie a résisté, nous affaiblir ».\n\nConséquences de cette logique : l'Ethiopie perd tous ses accès maritimes, les éleveurs nomades se retrouvent confinés, les populations jumelles d'Erythrée et d'Ethiopie sont séparées... Et aujourd'hui encore, estime-t-il « l'imposition de ces frontières artificielles reste un problème sans fin qui épuise notre énergie au mauvais endroit car nous devons réparer leurs conséquences ». L'enclavement est aussi dans les esprits, dans la tradition. « Nous sommes féodaux» souligne-t-il. \n\nL'héritage des structures socio-économiques « féodales » - économie essentiellement agricole, hiérarchie sociale stricte, tribut payé en nature... - n'a pas permis selon Yabowerk Hailé « une évolution vers le capitalisme comme ailleurs ». Le retard pris en matière de restructuration des forces de production ou encore le sous-développement du réseau routier demeurent encore actuellement les principaux freins à la souveraineté alimentaire du pays. \n\nA cet enclavement géographique et culturel vient s'ajouter la nature « autocratique des pouvoirs dans la région qui refusent la diversité. Aucune des ces sociétés n'est démocratique. Toutes tentent de s'imposer aux autres». Et de conclure sur ce point que « nous avons encore besoin d'un changement politique, nous avons besoin de démocratie ». \n\nLa sécurité alimentaire passe par l'autonomisation des populations \n\nA l'opposé des opérations d'aide humanitaire d'urgence qui par définition ne s'attaquent pas aux racines des problèmes, la stratégie et les actions d'ACORD encouragent les communautés à trouver leurs propres réponses pour vivre dignement et de manière autonome. Parce que la justice sociale et le développement social passent avant tout par la sécurité alimentaire des populations, « nous sommes là pour aider les communautés à assurer leur ressources, leur bien être ». \n\nPropos recueillis par Guylaine Saffrais"}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/analyse-caritas-in-veritate/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/analyse-caritas-in-veritate/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Analyse &#8211; Caritas in Veritate","datePublished":"2009-09-15T00:00:00+00:00","dateModified":"2021-12-07T17:42:17+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/analyse-caritas-in-veritate/"},"wordCount":1548,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Décryptage","Doctrine sociale de l'Eglise"],"articleSection":["Decryptage"],"inLanguage":"fr-FR","description":"Une encyclique est un chapitre important dans l'histoire de l'Église et peut-être aussi du monde. La parole du Pape sur les questions sociales est attendue, c'est un événement. Benoît XVI, comme ses trois prédécesseurs, écrit non seulement pour les catholiques mais pour tous « les hommes de bonne volonté. » Aborder une encyclique demande d'avoir trois éléments à l'esprit : l'état du monde au moment où elle est publiée, la situation de l'Église à la même période et la personnalité du Pape qui en est l'auteur.\n\nDans la ligne de Vatican II et de Populorum progressio\n\n« L'amour dans la vérité » s'inscrit  dans la tradition des grandes encycliques sociales et Benoît XVI situe son magistère social dans la ligne de l'enseignement de Paul VI et dans le prolongement de Vatican II  : « Le Concile a approfondi tout ce qui appartient depuis toujours à la vérité de la foi, c'est-à-dire que l'Église qui est au service de Dieu est au service du monde selon les critères de l'amour et de la vérité » (n°11). Le premier chapitre est une commémoration chaleureuse de Populorum progressio. Ne cite-t-il  pas plus de 40 fois cette encyclique publiée en 1967 pour en souligner la pertinence, l'actualité et la nécessité de l'adapter aux réalités nouvelles ? \n\nQuelques rappels\n\nL'encyclique souligne en premier lieu l'extrême dignité de la personne humaine. Elle montre que si la charité (c'est-à-dire l'amour et non l'attitude paternaliste qu'on discerne parfois dans les œuvres dites de charité) dépasse la justice, elle ne supprime en rien cette exigence : « Qui aime les autres avec charité est d'abord juste envers eux » (n°6). Cette affirmation reprend des propos de Pères de l'Église comme St Ambroise (340-397) ou St Grégoire le Grand (540-604). Benoît XVI fait aussi référence au bien commun : « On aime d'autant plus efficacement le prochain que l'on travaille davantage au bien commun qui répond également à ses besoins réels » (n°7).\n\nDans le chapitre « Le développement humain aujourd'hui », tout partisan du développement de tous les hommes et de tout l'homme, trouvera de quoi vivifier son action. Le Pape insiste sur les « déséquilibres et les problèmes dramatiques mis davantage en relief par l'actuelle situation de crise ». Il propose un axe central pour toute l'action économique et financière : « La visée exclusive du profit, (...) s'il n'a pas le bien commun comme but ultime, risque de détruire la richesse et d'engendrer la pauvreté. » (21).\n\nReprenant les accents dramatiques de l'appel de Jean XXIII en 1961 (d'où naîtra le futur CCFD), l'analyse du Pape se fait pressante : « Donner à manger aux affamés » (Math.25) est un impératif éthique pour l'Église universelle... La faim ne dépend pas tant d'une carence de ressources matérielles que d'une carence de ressources sociales, la plus importante d'entre elles étant de nature institutionnelle ». Le cap proposé, l'encyclique fixe clairement la direction : «  Le problème de l'insécurité alimentaire doit être affronté dans une perspective à long terme, en éliminant les causes structurelles qui en sont à l'origine. » (27).\n\nEnfin, en soulignant un souci exprimé à plusieurs reprises dans ce texte, le Pape propose une manière de faire : « Tout cela doit être réalisé en impliquant les communautés locales dans les choix et les décisions. » (27). Cette recommandation illustre le principe de subsidiarité, l'un des aspects importants de la pensée sociale de l'Église catholique.\n\nDes accents nouveaux\n\nBenoît XVI appelle à des comportements nouveaux, car « le cadre du développement est aujourd'hui multipolaire » et « la société toujours plus globalisée nous rapproche mais elle ne nous rend pas frères » (n°19). Les paragraphes de 21 à 37 analysent les dysfonctionnements existants et proposent non des « solutions techniques car ce n'est pas le rôle de l'Église » (n°9), mais des orientations d'action.\n\nOn peut citer par exemple les migrations, dont le papeparle en termes à la fois exigeants et opérationnels : «  Tout migrant est une personne humaine, qui en tant que telle possède des droits fondamentaux inaliénables qui doivent être respectés par tous et en toutes circonstances. » (62). Cette question, ainsi que d'autres abordées par l'encyclique, exigent des réactions tant nationales qu'internationales. Le pape met la communauté des peuples et des nations devant ses responsabilités et appelle à la mise en œuvre d'une véritable gouvernance mondiale : « Pour le gouvernement de l'économie mondiale... pour réguler les flux migratoires... pour arriver à la sécurité alimentaire et à la paix,il est urgent que soit mise en place une véritable Autorité politique mondiale... » (67)\n\nOn peut citer aussi la nécessité d'une utilisation éthique de l'outil financier, la microfinance, le sens de la gratuité en économie. Autant de thèmes à approfondir au cœur de l'action.\n\nQuelques regrets\n\nTout en invitant vivement à sa lecture, on peut tout d'abord regretter que certains passages du texte ne soient pas toujours faciles d'accès.\n\nMême si plusieurs paragraphes sont consacrés à l'écologie et ouvrent la perspective d'une « écologie humaine », dans laquelle l'environnement et la vie font un tout, il est probable que ceux que préoccupe le développement durable seront un peu déçus. Comment penser l'avenir de la planète dans un monde qui connaît tant de bouleversements de toutes natures ? Le concept même de développement n'est-il pas remis en cause aujourd'hui par des « hommes de bonne volonté » ? En tout cas, l'interrogation sur la croissance économique, sa finalité, sa réalisation, semble devoir être approfondie. Le moment n'est-il pas venu pour toutes nos sociétés de faire des choix difficiles à ce sujet ?  \n\nDe même, certains considéreront que les questions démographiques sont abordées de manière trop étroite, comme si la crainte de voir le respect de la vie bafouée et la sexualité pervertie par l'hédonisme ambiant, empêchait que soient sérieusement traités les problèmes d'éthique sociale que posent aujourd'hui l'accroissement même ralenti de la population de la planète et celui encore fort  des pays les plus pauvres. \n\nLa vérité\n\nL'aspect le plus spécifique de l'encyclique se lit dans son titre : « L'amour dans la vérité ». Benoît XVI prolonge et complète sa précédente encyclique :« Dieu est amour » (cf. le n° 6/2009 de Documents épiscopat). « Il faut conjuguer amour et vérité, non seulement dans la direction indiquée par St Paul, celle de la vérité dans la charité mais aussi dans celle, inverse et complémentaire, de la charité dans la vérité » (n°3). Cette référence à la vérité et à son lien avec l'amour constitue l'essentiel de la longue introduction de l'encyclique. Benoît XVI dit avec fermeté que la source de l'amour est en Dieu et que « Dieu lui-même est la vérité » (n°1). Il écrit dans la conclusion que « l'humanisme qui exclut Dieu est un humanisme inhumain ». Alors qu'il s'adresse « à tous les hommes de bonne volonté » la radicalité de cette expression ne risque-t-elle pas de décourager le lecteur peu averti, de blesser ceux qui n'ont pas la foi, mais agissent eux aussi pour que la justice et l'amour progressent dans les relations entre les hommes et dans le monde ? Le nécessaire dialogue auquel le Pape appelle par ailleurs ne sera-t-il pas plus difficile ? Le Pape fait référence à Gaudium et spes (l'Église dans le monde de ce temps) du Concile Vatican II (n°11). Ce texte induit une manière de vivre les relations entre l'Église et le monde tout autre : un dialogue avec le monde, à l'opposé de celle qu'exprime l'expression d'un humanisme qui serait inhumain sans Dieu.\n\nTous les hommes de bonne volonté s'accorderont sur l'utilité qu'il y a à fonder le développement des peuples sur « une vision métaphysique de la relation entre les personnes » (53). Pour les chrétiens, la plénitude de l'amour est en Dieu. C'est auprès de Lui qu'ils trouvent la force immense de l'espérance et le courage de continuer à croire en l'amour et à le vivre, malgré les blessures personnelles et les blessures du monde. Tous ceux qui considèrent qu'une des tâches des chrétiens aujourd'hui est de dire et de vivre l'espérance trouveront dans ce texte de quoi nourrir largement leur réflexion, leur méditation et leur action. La crise aiguë que connaît actuellement la mondialisation rend évidente l'exigence d'une conscience morale renouvelée.\n\nLe Pape a fait son « travail ». À chacun maintenant de le poursuivre en l'incarnant et en relevant avec tous le défi du développement vrai.\n\nGuy Aurenche, président du CCFD-Terre Solidaire. \nRené Valette, ancien président du CCFD-Terre Solidaire."}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/enfermement-eloignement/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/enfermement-eloignement/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Enfermement, éloignement","datePublished":"2006-05-01T10:28:00+00:00","dateModified":"2024-12-10T12:35:20+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/enfermement-eloignement/"},"wordCount":96,"commentCount":1,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Droits humains","France","Migrations"],"inLanguage":"fr-FR","description":"En France, le séjour irrégulier est un délit passible de peines d'emprisonnement et d'interdiction du territoire. La lutte contre l'immigration clandestine conduit le gouvernement à fixer des quotas en matière d'expulsion: une logique qui dérive vers la traque aux sans-papiers et leur enfermement systématique.\n\n- L'enfermement traumatise et humilie. Il ne doit être qu'un dernier recours après l'épuisement des autres modalités d'éloignement (négociation, assignation à résidence)\n\n- Il faut mettre fin à la logique des chiffres et des quotas."}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/maroc/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/maroc/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Maroc","datePublished":"2008-08-26T00:00:00+00:00","dateModified":"2021-12-08T11:41:14+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/maroc/"},"wordCount":413,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"inLanguage":"fr-FR","description":"A l'extrémité nord-ouest de l’Afrique, le Maroc est une monarchie héréditaire constitutionnelle. Ses représentants sont descendants de la dynastie des Alaouites. Successeur de Hassan II en 1999, Mohammed VI est le troisième monarque du pays depuis 1956, fin du protectorat français. \n\n\n\nIl a lancé plusieurs réformes politiques : nouveau code de la famille en 2004 -donnant aux femmes des droits égaux à ceux des hommes, décentralisation du pouvoir, ouverture démocratique, signature de l'article de la convention des Nations-Unies contre la torture. En 2007, l'Instance équité et réconciliation a publié un rapport sur les violations des droits de l'homme entre 1956 et 1999.\n\nCependant, la question du Sahara occidental, annexé en 1975 et dont le Front polisario revendique l’indépendance, n’est toujours pas réglée. Quant au radicalisme islamique, à l'origine de plusieurs attentats, il semble s'étendre.\n\nLes 34 millions de Marocains, Berbères à plus de 40 %, vivent majoritairement dans les villes. \nConcentrée sur les 1 000 kilomètres de côtes, l'économie se développe rapidement. De l’exploitation des ressources primaires –phosphates- et agricoles -huile d’olive et agrumes, elle est passée à l’industrie (28 % du PNB), notamment chimique, pharmaceutique et textile, puis aux services –tourisme et finance. \nLa population souffre cependant du chômage, du manque d'infrastructures et de la corruption. Avec un PNB de 54 milliards d'euros (chiffres 2007), soit une richesse par habitant de 1725 euros, le Maroc se situe au 126ème rang du développement humain sur 177 pays. De fait, l'analphabétisme touche encore 52 % de la population. Le roi a lancé en 2005 le programme « INDH », destiné à réduire la pauvreté dans certaines villes et communes rurales mais les effets tardent à venir. D'où une forte émigration des Marocains, traditionnellement vers l'Europe mais de plus en plus vers les états du Golfe. Par ailleurs, le Maroc est devenu lui-même une terre de passage pour les Africains qui cherchent à atteindre l'Europe soit depuis Tanger vers Algésiras, soit depuis les côtes de l'atlantique vers les Canaries.\n\nLa vie associative est très active au Maroc. Le CCFD y soutient l'association Afoulki, qui travaille pour l'école rurale dans le sud-ouest du pays, l'association Femme Action ainsi que le réseau Carrefour associatif. Citons également IDD et La Source. En 2008-09, en partenariat avec ces associations, le CCFD lance une action de plaidoyer sur la responsabilité sociale et environnementale des acteurs du tourisme au Maroc."}
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Tant et si bien que la Conférence épiscopale de Madagascar (CEM) s’inquiète de la bonne gestion de cette manne, afin qu'elle puisse bénéficier à l’une des populations les plus pauvres de la planète. Pas moins de 60 % des 22 millions de Malgaches vit sous le seuil de pauvreté (moins de 1 dollar USD par jour). La \"Grande île\" se classe parmi les derniers selon l’Indice de développement humain du PNUD (151ème sur 187 pays). \n\nLe projet Taratra vise à mener une action de plaidoyer et à renforcer les moyens d’action de la société civile, afin d’éviter le creusement des inégalités sociales, la corruption et les autres fléaux qui accompagnent souvent l’essor de l’activité minière.  Ce plaidoyer se révèle d’autant plus important que le code minier et une loi de 2002 sur les grands investissements miniers s’avèrent très favorables aux intérêts privés. La révision annoncée du code minier permet à la CEM et à la société civile de prendre part aux débats. \n\nEn outre, la question foncière vient se greffer à ces enjeux : le système de gestion des terres domaniales est si complexe qu’il rend difficile la compensation des populations expropriées au profit de compagnies minières. Enfin, l’apparition de grands groupes miniers tels que Sherritt International (Canada) et Rio Tinto (anglo-australien) ne sera pas non plus sans conséquences sur la gestion des communes concernées – face à des géants qui risquent de leur imposer leur loi. \n\n\nLe projet de plaidoyer Taratra s’articule autour de 4 axes  :  \n\n - Renforcer les capacités de la société civile à la base et de l’Eglise, afin de demander des comptes aux autorités compétentes.  \nTaratra se focalise sur six zones minières : Moramanga, Tsiroanomandidy, Fort Dauphin, Tamatave, Mahajanga et Tulear, où les réseaux locaux militant pour la bonne gouvernance des exploitations minières ont été renforcés. \n\n-  S’assurer de la transparence de la gestion des industries extractives et de la participation de la population dans le suivi de cette gestion.\nUne coalition nationale « Publiez ce que vous payez » (PCQVP) a été lancée en 2013 dans le cadre de l’Initiative pour la transparence des industries extractives (Itie).Des formations ont été menées, destinées aux communautés de base, aux prêtres, à société civile locale et nationale, à la presse, aux enseignants, artistes et chefs « fokontany » (village traditionnel et subdivision administrative de base). Des plateformes de dialogue ont été instaurées dans les diocèses, et des conférences et débats organisés avec des professeurs d’université. \n\n-  Renforcer les capacités des collectivités locales face aux projets miniers.  \nTrois Centres d’appui aux communes (CAC) sont prévus, avec des formations à la fiscalité et la mise en place de budgets participatifs. Le premier, établi à Moramanga, est appuyé par la Conférence épiscopale d’Italie. Le plaidoyer mené par Taratra a d’ores et déjà permis à quatre communes de recouvrer des taxes et impôts non payés par les sociétés minières – des sommes allant de 5 500 à 201 000 dollars. \n\n- Les questions foncières \nDes centres ont été mis en place, pour conseiller et assister les populations dans les diocèses de Tuléar, Mahajanga et Tsiroanomandidy. Ils ont déjà permis la révision de la compensation de 450 hectares de rizière situés le long d’un pipeline du projet de nickel et cobalt Ambatovy, mené par Sherritt International.\n\nUn projet qui va bénéficier à tous les Malgaches\n\nTaratra a entamé sa deuxième phase sur la période 2014-16, avec le soutien du CCFD-Terre Solidaire. Le projet est co-financé par les membres du groupe de l’alliance internationale d’agences de développement catholiques CIDSE/Caritas présents à Madagascar. Son financement conjoint permet d’agir dans plusieurs diocèses à la fois. C'est l’un des points forts de Taratra, conçu pour avoir une portée nationale. \n\nSabine Cessou"}
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Impossible pour lui, dans ces conditions, de ne pas en assurer le suivi, même a minima. Même si la légitimité du G20 est contestable, car il s’organise selon un principe d’exclusion de 172 États dans la prise de décisions qui ont des impacts sur tous les pays, il est bien de la responsabilité des principales économies du monde de mettre fin aux trous noirs de la finance. Sa crédibilité comme instance naissante de gouvernance économique mondiale est donc en jeu. Sauf à faire, à peine créé, l’étalage de son impuissance, le G20 devra s’engager en priorité et avec détermination sur deux fronts pour l’heure inexplorés du combat contre les paradis fiscaux :\n\n- Mettre un terme au siphonnage des ressources des pays en développement vers les paradis fiscaux et judiciaires.\n\n- Faire payer l’impôt aux entreprises multinationales là où elles créent de la valeur.\n\n\nAgenda de travail sous la présidence française\n\nSi du côté français, le gouvernement répète à l’envie que le sujet reste une priorité et que des résultats concrets sont attendus à l’occasion du sommet des chefs d’États des 3 et 4 novembre prochain, force est de constater que les rangs de la lutte contre les paradis fiscaux au sein du G20 se sont éclaircis. Et les alliés de 2009, notamment l’Allemagne et les États-Unis semblent aujourd’hui concentrer leur attention sur d’autres sujets ou préférer des mesures unilatérales ou bilatérales. Ce qui expliquerait la difficulté pour la présidence française de faire franchir au G20 de nouvelles étapes pour réduire l’opacité financière.\n\nAu-delà du suivi des engagements passés, les rares avancées se font dans l’ombre, au niveau de groupes de travail techniques. Dans ces conditions, impossible pour la présidence française de mobiliser le capital politique nécessaire pour obtenir des changements et renforcer la stratégie des pays du G20 en ne ciblant plus seulement les pays et territoires opaques mais également leurs principaux utilisateurs.\n\nAinsi pas de mention directe des paradis fiscaux dans les 6 priorités rendues publiques par la France au début de l’année 2011, malgré de nouvelles annonces de Nicolas Sarkozy en décembre 2010 à l’égard des paradis fiscaux blanchis trop vite, qui laissaient présager du contraire. \n\nFinalement, les discussions les plus riches concernant l’évasion fiscale et l’opacité financière ont eu lieu au sein du groupe de travail développement. Preuve supplémentaire de l’aveuglement ou de la suffisance des pays du Nord qui ne se considèrent pas eux-mêmes victimes des mêmes pratiques ? Un comble à l’heure où la crise de la dette s’installe en Europe et aux États-Unis.\n\nIl est certain que dans les pays du Sud l’évasion fiscale pose des défis bien plus graves et urgents à résoudre. Dans un contexte de pénurie de financements publics, les conséquences du manque à gagner en recettes fiscales se comptent en vies humaines. Et les pays en développement se retrouvent particulièrement isolés et démunis dans le bras de fer qui les oppose aux paradis fiscaux et aux entreprises multinationales.\nMais les pays riches ne sont pas épargnés non plus : on parle de 100 milliards de dollars rien que pour la fraude fiscale aux USA et 250 milliards pour l’Europe. Sans accord sur ce diagnostic préalable complet et sans compréhension des intérêts respectifs partagés, comment obtenir la promotion de nouvelles règles de transparence qui seraient exigées des entreprises multinationales ?\n\n\nLe G20 est-il capable d’aller plus loin ?\n\nOn a des raisons d’en douter :\n\n- Le G7-G8 s’était jusqu’alors emparé du sujet de façon cyclique. Tous les dix ans, la pression semble monter, avant que le soufflet ne retombe (voir question 1). Certains observateurs voient dans les paradis fiscaux un sujet brandi pour faire diversion. Qu’en sera-t-il cette fois-ci ?\n\n- Le fait que le G20 ait fermé les yeux en avril 2009 devant ces enjeux majeurs de régulation économique et de financement du développement, préférant centrer son attention sur les territoires, ne doit rien au hasard. Les entreprises multinationales, les grandes banques et les riches particuliers savent faire entendre leurs intérêts auprès de la plupart des leaders du G20 - dans les pays occidentaux comme dans les pays émergents.\n\n- Certains États, à l’instar du Royaume-Uni qui doit une part de sa prospérité à l’envergure de la place financière londonienne, avancent à reculons sur la question.\n\n- Malgré les annonces de Nicolas Sarkozy en décembre 2010, la France n’a pas retenu le sujet au rang de ses priorités. Était-ce le signe d’une disparition progressive du sujet de l’agenda du G20 ?\n\n- Les accords Rubik* que le Royaume-Uni et l’Allemagne ont signés avec la Suisse portent un coup fatal aux efforts de coopération internationaux et européens dans la lutte contre les paradis fiscaux.\n\n- Les récentes avancées les plus marquantes telles que FATCA* ou Dodd-Frank* sont le fruit d’efforts unilatéraux de la part des États-Unis, qui ne semblent d’ailleurs même pas pousser vraiment pour que ces solutions efficaces soient reprises par les États du G20. Serait-ce un constat d’échec de la dynamique collective ?\n\n- Le Mexique qui assurera la prochaine présidence du G20, n’est pas très engagé sur l’évasion fiscale et l’opacité financière. En l’absence d’un calendrier de travail clair pour l’année à venir, le sujet pourrait tomber encore un peu plus aux oubliettes.\n\nPourtant, il y a aussi des raisons de penser que le G20 n’en restera pas là :\n\n- L’exaspération des opinions publiques face aux conséquences de la crise financière et aux inégalités est loin de s’être estompée, et nombreux sont ceux qui aspirent à revenir à une certaine vérité de l’économie, non seulement dans la finance mais aussi dans les rémunérations et les comptes des entreprises. Et cela ne peut pas aller en diminuant.\n\n- En cette période budgétaire très délicate, les pays riches ont besoin plus que jamais de renflouer les caisses de l’État et certains éprouvent des difficultés à tenir leurs engagements d’aide au développement. Combattre l’évasion fiscale des multinationales, y compris dans les pays en développement, pourrait être perçu comme une réponse à ces deux défis.\n\n- L’Union européenne monte en puissance sur ces sujets : après avoir multiplié les rapports d’initiative sur le reporting pays par pays*, le Parlement européen a obtenu de la Commission qu’elle ouvre le débat sur la question. Cette démarche devrait aboutir à des propositions concrètes de législation cet automne. Reste à savoir comment réagiront les pays membres alors que les anciens champions de la lutte contre l’évasion fiscale semblent avoir aujourd’hui d’autres préoccupations.\n\n- Certaines idées gagnent du terrain, dont notre proposition de reporting pays par pays pour lutter contre l’évasion fiscale. Même si les mentions qui y sont faites dans les rapports officiels restent timides, c’est déjà implicitement la reconnaissance de la responsabilité des utilisateurs des paradis fiscaux.\n\n- Parmi les pays émergents l’Argentine, le Brésil, l’Inde et l’Afrique du Sud ont clairement engagé leur administration dans le combat contre la fraude et l’évasion fiscales afin de financer leurs politiques publiques, et exprimé leur volonté de lutter fermement contre les paradis fiscaux et la manipulation des prix de transfert*.\n\n- en reconnaissant dans leur déclaration finale l’enjeu que représente le respect des\nrègles fiscales par les entreprises multinationales et l’importance d’exiger d’elles plus\nde transparence, les États du G20 à Cannes pourraient mandater les organisations\ninternationales pour amorcer un programme de travail plus ambitieux notamment sur le problème de l’évasion fiscale des entreprises (au moins dans les pays du Sud). Ce qui constituerait une grande victoire !"}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/les-regions-francaises-misent-sur-la-transparence/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/les-regions-francaises-misent-sur-la-transparence/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Les régions françaises misent sur la transparence","datePublished":"2011-09-15T16:32:00+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/les-regions-francaises-misent-sur-la-transparence/"},"wordCount":708,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"inLanguage":"fr-FR","description":"Vote de délibérations demandant plus de transparence aux banques, émissions d’emprunts obligataires sur les marchés privilégiant les fonds d’investissement socialement responsables… Une grande majorité de régions françaises sont bien décidées à demander des comptes à leurs partenaires financiers.\n\n\n\nEn juin 2010, le Conseil régional d’Ile-de-France passait à l’offensive : il votait une délibération imposant à ses partenaires financiers de fournir chaque année des informations financières pays par pays pour l’ensemble des territoires dans lesquels ils sont implantés. Cette démarche, initiée suite à la campagne « Aidons l’argent à quitter les paradis fiscaux », a depuis fait tache d’huile : 16 des 22 régions françaises ont pris des engagements publiques et 9 d’entre elles se sont engagées dans des processus similaires à l’Ile de France et un nombre croissant de villes ou de départements leur emboîtent le pas. Ce mouvement dépasse d’ailleurs le seul Hexagone comme en témoigne l’engagement de régions allemandes ou norvégiennes ou de capitales telle Helsinki. Objectif : réviser la liste des banques auprès desquelles elles empruntent si celles-ci ne font pas preuve de transparence. \n\nUne action « coup de poing  » qui ne se limite pas à de simples menaces. Un peu partout les élus s’affairent à mettre ces principes en musique. « Depuis un an, il y a une réelle dynamique. Tout le monde considère que l’on peut avancer même si nous devons lever quelques obstacles techniques  », explique Jean-Marc Pasquet, élu Europe Ecologie Les Verts et vice-président de la commission Finances du conseil régional d’Ile-de-France. Premier frein : la collaboration des banques. Si dans un premier temps, celles-ci se sont montré peu enclines à fournir les informations demandées – les antennes régionales se contentant de données sur leurs propres activités alors que les demandes concernaient les sociétés-mères – leur attitude commence à évoluer : « Le Crédit Foncier a indiqué qu’il nous présenterait ses résultats de 2011 à l’étranger et la Société Générale a signifié au président de la région qu’elle en ferait autant d’ici à fin de l’année », mentionne l’élu. \nUne fois ces renseignements collectés, les régions devront ensuite les analyser. « La question est pour nous de savoir sur quels critères nous appuyer. La liste du gouvernement français comporte aujourd’hui 18 territoires non-coopératifs. Pour nous, elle n’est pas assez large », ajoute-t-il. Aussi le groupe Europe Ecologie les Verts est en train de travailler avec l’aide d’ONG, dont  le CCFD-Terre Solidaire, à l’élaboration de ses propres indicateurs. Ceux-ci pourraient être définis dans le courant de l’année prochaine.\n\n\nCharte de déontologie\n\n\n« Aussi nécessaire soit-elle, cette démarche prend du temps. De plus, si nous pouvons inciter les banques à modifier leurs comportements, nous ne pouvons pas nous substituer à l’Etat en matière de réglementation, souligne Yoann Iacono, directeur des finances au Conseil régional des Pays de la Loire. C’est pourquoi, parallèlement, nous avons choisi de nous appuyer sur d’autres dispositifs pour restreindre progressivement dans nos engagements financiers le poids des banques qui ne font pas preuve de transparence. »\nLes élus ont adopté un « schéma directeur de la dette » qui vise à fournir aux citoyens des informations annuelles sur les emprunts contractés par la collectivité et leur utilisation, schéma dans lequel a été intégrée une charte de déontologie favorisant les acteurs financiers institutionnels (Caisse des dépôts et consignation, Banque européenne d’investissement..) et les fonds d’investissement socialement responsables. Le conseil régional va par exemple émettre des emprunts obligataires sur les marchés financiers orientés vers ces types d’acteurs. Une démarche également entreprise par le Conseil régional du Nord Pas de Calais. Des initiatives qui pourraient se généraliser avec la création d’une Agence publique de financement des collectivités locales actuellement en cours de discussion : une loi allant dans ce sens devrait en effet être déposée au Parlement dans les tout prochains mois…"}
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Comme le Forum Citoyen, ECCJ réclame depuis des années des règles précises pour encadrer la transparence des entreprises. ECCJ voit dans cette nouvelle directive sur le reporting extra-financier une première étape positive - actant la nécessité d'une transparence accrue quant aux impacts des activités des entreprises. Elle dénonce toutefois la trop grande flexibilité laissée aux entreprises. En l'état, la proposition est une occasion manquée d'assurer une plus grande transparence des entreprises européennes, plus que jamais nécessaire.\n\nEn effet, dans cette directive, la Commission demande aux grandes entreprises d'ajouter à leur rapport annuel un « rapport non financier ». Elle propose d'y inclure des informations sur les risques et décisions liés à l'environnement, aux droits sociaux et humains, mais seulement « dans la mesure où cela induit un risque » - en termes d'image par exemple - « pour l'entreprise et les actionnaires ». La violation des droits humains d'une communauté indigène, l'atteinte aux droits des travailleurs ou une menace sérieuse sur l'environnement causée par l'activité de l'entreprise pourrait donc ne pas devoir figurer dans ce rapport dès lors qu'elles ne constituent pas un risque financier pour l'entreprise. La proposition laisse trop de latitude aux directions d'entreprise sur la forme et le contenu du rapport ; elle manque d'indicateurs concrets et n'inclut aucune sanction assurant que les entreprises remplissent réellement ces nouvelles obligations.\n\nPour Jérome Chaplier, Coordinateur d'ECCJ : «  Une législation contraignante et rigoureuse est nécessaire. Selon une enquête d'opinion récente, 62% des citoyens européens se sentent insuffisamment informés sur les impacts que les entreprises ont sur l'environnement et sur leur vie. Plus de 4 citoyens sur 10 pensent que les entreprises ont un impact négatif sur la société. Nous craignons que les entreprises se contentent d'identifier et de communiquer les risques qui affectent leur performance économique, et n'assument pas leur responsabilité face à certains impacts majeurs que leurs activités ont sur les travailleurs, les consommateurs, les communautés des pays de production et sur la planète ». Or, sans un minimum d'indications sur ce qui doit être communiqué et comment, sans sanctions, la véracité et la fiabilité des informations fournies par les entreprises ne pourront être garanties et la confiance des citoyens ne pourra être restaurée. \n\nLa transparence quant aux impacts sur les droits humains (ce qui inclut les droits économiques et sociaux, notamment les droits des travailleurs et le droit à la protection de l'environnement) peut faire une réelle différence. Mais de nombreuses entreprises n'intègrent toujours pas sérieusement ces considérations dans leurs pratiques et rapports. Citons par exemple, la compagnie pétrolière Shell qui n'informe pas les communautés dans le Delta du Niger quant à l'ampleur exacte de la pollution et persiste à désinformer les communautés concernées dans ses rapports concernant la cause des marées noires [[http://www.foeeurope.org/Watershed-Dutch-court-ruling-against-Shell-300113]] ; les entreprises agro-alimentaires comme Findus, dont la réputation a été endommagée par le récent scandale de la viande de cheval liée au manque de transparence dans les chaînes d'approvisionnement [[http://www.guardian.co.uk/sustainable-business/supply-chain-transparency-relationships-suppliers]] ; et l'industrie européenne de la mode encore récemment mêlée à de tragiques incendies d'usines ayant causé la mort de plus de 400 travailleurs aux Bangladesh et au Pakistan,  au travail d'enfants et à de sérieux manquements à la sécurité des travailleurs en Inde, tandis qu'une grande opacité entoure les relations entre les distributeurs européens et leurs sous-traitants d'Asie ou d'ailleurs [[http://www.peuples-solidaires.org/bangladesh-la-mode-senflamme/ et http://www.ethique-sur-etiquette.org/Defile-de-mode-gris-cendre,193]].\n\nLe Forum Citoyen pour la RSE, qui rassemble ONG et syndicats français experts sur les questions de RSE, soutient cette déclaration d'ECCJ et appelle le gouvernement et les eurodéputés français à réclamer des institutions européennes un renforcement de cette proposition, offrant un canevas clair quant aux indicateurs et au contenu que devront obligatoirement contenir ces rapports.\n\nLa France a un rôle d'autant plus important à jouer dans le renforcement des exigences européennes de reporting extra-financier qu'elle est le premier pays de l'Union européenne à avoir adopté en 2001 un cadre législatif obligatoire pour le reporting extra-financier."}
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Under what conditions is a more just, more solidarity economy also more 'e “viable”? How to think through the economic transition towards “another” economy?\nSpeakers\n Emmanuel Faber, chef executive officer of Danone Jean-Louis Laville, sociologist and economist, professor at the Conservatoire National des Arts et Métiers (National Conservatory of Arts and Trades), holder of the chair in “Service relations” and co-director of the Laboratoire interdisciplinaire pour la sociologie économique (Interdisciplinary Laboratory for Economic Sociology) (CNRS-CNAM, Paris). Philippe Maystadt, president of the European Investment Bank, Belgian government minister, professor at the Catholic University of Louvain. Patrick Ngouan, economist and national coordinator of the Convention de la Société Civile Ivoirienne (Ivoirian Civil Society Convention), a CCFD-Terre Solidaire partner. Animator: Marie-Béatrice Baudet from Le Monde Researcher discussant: Oriana Suarez, Latinddad, Reform of the Latin American financial system.\n\n13h00\nBuffet dinner at the venue\n\n\n\nThursday 8 December 2011 - Round table 2 : Governance: Towards a new role for actors, territories and nation-states\n\n\n\n\n14h30\nRound table 2 - Governance: Towards a new role for actors, territories and nation-states\nHow to give a new value to the often marginalised local level in the face of globalisation and its sometimes disastrous consequences? What sort of model of governance would enable the implementation of the principle of subsidiarity? How can we develop local partnerships and how do we interpret the articulation between territory, nation-state, regional and global? What forms of global governance are needed for a Solidarity Earth?\nSpeakers\n José Manuel Durao Barroso*, president of the European Commission Dominique Bourg, philosopher, professor at the University of Lausanne (UNIL) and teaches at the Institut d'études politiques (Institute of Political Studies) in Paris. Bourg is also a member of the Ecological Vigil Committee of the Nicolas Hulot Foundation. His fields of research include the ethics of sustainable development, the social construction of risk, the precautionary principle and participative democracy. Gaël Giraud, researcher in economics at the CNRS, a graduate of Ecole Nationale de la Statistique et de l’Administration Economique (National School of Statistics and Economic Administration), Doctor in Applied Mathematics. Giraud's research offers an original look at the financial economy and explores the ethical aspects of the economic sciences. A Jesuit and a former financial practitioner, he will share his proposals on economic governance. Kamel Jendoubi, director of the Instance supérieure indépendante des élections (Higher Independent Elections Organisation) in Tunisia (ISIE), President of the Euro-Mediterranean Network for Human Rights and the Committee for the Respect of Liberties and Human Rights in Tunisia, a CCFD-Terre Solidaire partner organisation.  Animator: Julie Gacon from France Culture Discussant researcher: Séverine BELLINA, Director of the Institut de Recherche sur la Gouvernance (Governance Research Institute)\n\n18h00\nCocktail at the venue.\n\n\n\nFriday 8 december 2011 - Round table 3 : Contributing to the unfolding of humanity and the person\n\n\n\n\n08h30\nWelcome\n\n09h00\nRound table 3 - Contributing to the unfolding of humanity and the person\nWhat can we say about contemporary man, his desires, his strengths, his weaknesses and his universality? Is the humanity of the person in balance or in tension between nature and power, finitude and responsibility? How useful are convictions and to debate them as part of the process of the unfolding of humanity.\nSpeakers\n Candido Grybowski, sociologist, Director of IBASE (Institut Brésilien d’analyses sociales et économiques), a CCFD-Terre Solidaire partner organisation, and co-founder of the organising committee for the World Social Forum. Ghaleb Bencheikh, president of the world Conference of the religions for the peace Elena Lasida, economist, professor at the Institut Catholique de Paris, member of the Editorial Board for the magazine Transversalités, published by the Board of Directors of the French Social Weeks and of Justice and Peace. Her fields of research include: Epistemological approaches to economics, the solidarity economy and sustainable development, and development and theology. Pierre Rabhi, french farmer, philosopher and writer. He defends a model of society that will be more respectful of man and the Earth. Radhi also supports the development of agro-ecology and farm practices that respect the environment and conserve natural resources, particularly in arid regions. Christina Samy, ounder of AREDS (Association of Rural Education and Development Service), partner organisation of CCFD-Terre Solidaire. President of MAPOVI-TN (Women's Movement against Poverty and Violence). Founder of SWATE (Society of Women in Action for Total Empowerment) and committee member for the National Coordination of the “World March of Women”. Animator: Geneviève Delrue, journalist from Radio France Internationale Discussant researcher : Benjamin Chapas, Redécouvrir le solidarisme\n\n12h00\nClosing ceremony with Guy Aurenche, President of CCFD-Terre Solidaire"}
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Seul un nombre très limité d'entreprises importatrices de quatre minerais essentiels à l'Union européenne (UE) se verraient dans l’obligation de s’approvisionner de façon responsable et transparente.\n\nLa Commission INTA n’a pas réussi à étendre les obligations légales à la grande majorité des entreprises impliquées dans ce commerce, à savoir les fabricants, les commerçants et les entreprises qui importent des produits contenant ces minerais.  Elle a également omis de contrôler les acteurs étrangers qui alimentent les entreprises européennes. \nBien que nous nous félicitions d’une démarche obligatoire, son étendue particulièrement limitée n’aura probablement pas un impact significatif et durable sur un commerce qui alimente les conflits et les violations des droits de l'homme dans des pays comme la République démocratique du Congo, la Colombie, et le Zimbabwe.\n\nLa société civile demande au Parlement européen de renforcer le règlement lors du vote de la mi-mai.\n\nAlors que des millions d’euros d'étain, de tungstène, de tantale et d'or, issus de zones de conflit ou à haut risque, entrent chaque année sur le marché européen, l’UE n’a jusqu'ici mis aucune législation en place pour s’assurer que ces minerais soient exploités de façon responsable.\n\nLe vote d’aujourd’hui fait suite à une proposition législative faible de la Commission européenne de mars 2014. Selon cette proposition, l'approvisionnement responsable pour les importateurs d'étain, de tantale, de tungstène et d'or serait entièrement facultatif. \nLe mécanisme d'auto-certification volontaire proposé par la Commission serait applicable à environ 300-400 entreprises-soit seulement 0,05% des entreprises qui utilisent, vendent et achètent ces minéraux dans l'UE, et n’aurait pratiquement aucun impact sur le comportement d'approvisionnement des entreprises.\n\nLes investisseurs, les dignitaires religieux et la société civile ont tous critiqué l'approche de la Commission, et ont demandé à l'UE de s’assurer que les entreprises qui mettent sur le marché européen des minerais, que ce soit à l’état brut ou manufacturé, soient légalement tenues de s’approvisionner de façon responsable. \nLe mois dernier, la Commission du Développement du Parlement européen (DEVE) a voté massivement en faveur d'un tel système obligatoire. Lors de son discours de novembre dernier, le Dr Denis Mukwege, lauréat du prix Sakharov 2014, a exhorté le Parlement à faire de même.\n\nLa Commission INTA n’a pas su répondre à ces appels pour une législation efficace et a, au contraire, favorisé une démarche largement volontaire qui affaiblit encore la proposition de la Commission européenne sur un certain nombre de points. \nAinsi, seule une poignée de fonderies et de raffineurs qui importent de l'étain, du tantale, du tungstène et de l'or à l’état brut sur le marché européen, sera légalement tenue de s’approvisionner de manière responsable. \nPour les autres importateurs de ces matières premières et pour les entreprises qui importent ou fabriquent des produits qui les contiennent, il s’agira d’une démarche complètement volontaire.\n \nPour faire de l’approvisionnement responsable une obligation légale, la loi doit être renforcée de façon à ce que toutes les entreprises qui mettent ces minerais  sur le marché européen (sous quelque forme que ce soit) soit obligées de s’approvisionner de manière responsable. \nL'Union européenne serait alors précurseur au niveau mondial en matière de pratiques commerciales plus transparentes, responsables et durables. Avec un tel engagement, l’Union européenne s’alignerait également sur les normes internationales existantes ainsi que sur les règlementations contraignantes déjà inscrites dans la loi aux États-Unis et dans douze pays africains. \n\nLa Commission parlementaire chargée de lutter contre ce problème a raté une occasion cruciale. En conséquence, le Parlement risque maintenant de faire un réel pas en arrière dans ses tentatives pour combattre le commerce des minerais de conflit. Nous demandons à tous les parlementaires européens d'écouter ceux qui se sont exprimés sur cette question majeure, et de voter en faveur d’un règlement qui oblige toutes les entreprises sur le marché européen à s’approvisionner en minéraux de manière responsable et transparente –un règlement dont l’Europe pourrait être fière.\n\nLa Commission INTA a été en charge du premier examen et du vote du projet de règlement sur l’approvisionnement responsable en minerais, qui sera voté en plénière au Parlement européen à la mi-mai. Le résultat définira le mandat du Parlement en vue des négociations avec le Conseil de l'Union européenne.\n\nOrganisations signataires : Global Witness, CIDSE, Amnesty International, PAX, Justice et Paix, EurAc, Déclaration de Berne, Power Shift, JESC, SOMO, Walk Free."}
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Ils n’ont absolument pas bénéficié des maigres progrès réalisés en matière de transparence au niveau international depuis 2009. Ce qui confirme que malgré les annonces politiques généreuses, les mesures prises par le G20 demeurent encore très largement dictées par les intérêts des pays riches. Cependant, de nouveaux espaces de discussions se sont ouverts sur les sujets de fiscalité et de développement. Et les prises de positions de plus en plus affirmées des pays du Sud dans ces forums internationaux pourraient augurer de changements à venir.\n\n\nDes outils peu adaptés pour les pays du Sud\n\nSelon les dernières projections de GFI (Global Financial Integrity), les flux illicites sortants des pays du Sud ont continué à augmenter en 2009 pour atteindre environ 950 milliards d’euros. Et si le rythme de croissance s’est ralenti entre 2008 et 2009 (2,9% contre 18% par an en moyenne entre 2000 et 2008), ce n’est dû qu’au ralentissement de l’économie mondiale et des échanges commerciaux. Ainsi, le problème du manque à gagner annuel, estimé à près de 125 milliards d’euros dans les caisses des États du Sud du seul fait de l’évasion fiscale des multinationales reste entier. Il pourrait même s’être aggravé. \n\nEt les solutions mises en œuvre jusqu’à présent, ne sont absolument pas à la hauteur des enjeux : Sur les 420 accords d’échange de renseignements fiscaux signés depuis avril 2009 seulement 4% concernent des pays émergents victimes de l’évasion (Argentine, Mexique, Chine). Et un seul pays pauvre (le Ghana) en a bénéficié.\n\nLes pays du Sud peuvent certes depuis mai 2010 adhérer à la Convention multilatérale relative à la coopération administrative* dont l’OCDE et le Conseil de l’Europe sont dépositaires et bénéficier ainsi d’un cadre d’échange de renseignements fiscaux avec l’ensemble des signataires. Plusieurs d’entre eux ont annoncé leur intention d’y adhérer (Argentine, Brésil, Colombie, Costa Rica, Afrique du Sud...). Mais cet outil perd beaucoup de son intérêt si rien n’est fait dans le même temps pour encourager les paradis fiscaux à y adhérer.\n\n\nLe reporting pays par pays* s’impose comme une option crédible\n\n- Les discussions les plus riches ont certainement eu lieu autour de l’agenda développement lancé lors du G20 de Séoul. Dans le cadre d’un groupe de travail co-facilité par l’Espagne et l’Afrique du Sud, la question de la transparence et du respect des règles fiscales par les entreprises multinationales est posée. Et la proposition de reporting financier pays par pays portée de longue date par les organisations de la société civile a fait l’objet de nombreuses discussions au sein des\norganisations internationales chargées de rédiger le rapport intermédiaire en vue du G20 de 2011.\n\n- Même le FMI a changé récemment de ligne alors qu’il avait pendant longtemps soigneusement évité de traiter ces enjeux. Dans un rapport de mars 2011 il reconnaît que les pays en développement « sont fortement dépendants des entreprises multinationales, dont l’habilité en matière d’optimisation fiscale pose des défis croissants », notamment en raison des « opportunités de transferts de bénéfices à travers les transactions intragroupe, des montages financiers et la structuration de l’entreprise [à propos desquelles] même les administrations fiscales des pays les plus avancés ont des difficultés ». Et il cite le reporting pays par pays parmi les propositions qui méritent un « examen plus approfondi ».\n\n- Quant à la « Taskforce informelle Fiscalité et Développement »* pilotée par l’OCDE, elle a ouvert un groupe de travail sur la transparence dans le reporting ; l’occasion de mener une réelle discussion sur le sujet dans un cadre multipartite. Et au cours de la réunion plénière d’avril 2011, quatre pays du Sud se sont exprimés en faveur d’un reporting financier pays par pays obligatoire. En écho, la représentante française avait également choisi d’insister sur « l’accent qui devrait être mis d’une part sur la taxation du secteur extractif et d’autre part sur la réflexion concernant la mise en place du reporting pays par pays des données comptables et financières des grandes entreprises ». Malgré ces évolutions notables, la règle de fonctionnement au consensus de ce genre de forum interroge sur la capacité d’un tel groupe à aller au-delà de ces simples déclarations. En effet, les représentants des entreprises mais également plusieurs pays du Nord s’opposent formellement à l’idée même d’inscrire à l’agenda la nécessité de mener un travail d’étude plus approfondi sur la question.\n\n\nQuels sont les lieux pour parler fiscalité au niveau international ? \nSi l’on peut se réjouir que les questions de fiscalité et développement soient davantage prises en compte à l’OCDE, notamment grâce à la nouvelle taskforce, il existe un vrai risque de court circuitage d’instances plus anciennes et plus légitimes. Un cadre plus représentatif et moins informel comme celui du comité fiscal des Nations Unies permet de mieux prendre en compte les intérêts des pays du Sud et d’adapter le programme de travail en fonction de leurs priorités. Las, c’est sans compter la capacité de blocage des pays riches, qui ont unanimement pris position en juillet 2011, contre le renforcement de ce comité, pourtant prévu depuis la Conférence de Doha en 2008 et demandé par de nombreux pays du Sud. Raison officielle ? Maximiser les synergies et tout miser sur l’OCDE qui travaille plus vite. À moins qu’il ne s’agisse de préserver leurs intérêts.\nLa duplication des mandats au sein des organisations internationales pose aussi un problème en termes de rationalisation des ressources et des moyens humains de suivi, notamment pour les pays du Sud mais aussi pour la société civile. Le fleurissement des initiatives en tout genre : International Tax Compact, Taskforce fiscalité et développement, International Tax Dialogue, Forum régionaux, etc. participe aussi à diluer les débats. Ce qui exige une grande vigilance de la part de la société civile, pour qu’elle ne s’éparpille pas et engage ses ressources limitées dans les lieux et sur les temps stratégiques.\n\n\nLa montée au créneau des pays du Sud pour la justice fiscale\n\nDe nouvelles voix de responsables politiques des pays du Sud se font entendre plus régulièrement sur ces questions et pourraient bien à terme changer la donne. Les dernières en date :\n\n- À la veille d’un G20 finances de février 2011, le ministre des Finances indien en a appelé à la lutte contre l’évasion fiscale et a demandé la « mise en place d’une plateforme multilatérale pour un échange d’informations automatique et spontané ».\n\n- Le ministre des Affaires étrangères argentin en réunion avec Alain Juppé en juillet dernier a déclaré souhaiter que le prochain sommet du G20 « prenne des décisions concrètes pour lutter contre les paradis fiscaux et la spéculation financière ». Puisque la France préside le G20, il s’agit selon lui d’« une opportunité pour combattre l’évasion fiscale, les paradis fiscaux et les fonds vautours, qui minent l’économie réelle », soulignant la nécessite d’« aller au-delà des listes ».\n\n- Au Pérou, la question de l’évasion fiscale des multinationales du secteur minier (évaluée à 5 millions de dollars par an) et les mesures d’incitation fiscale sont devenues des thèmes centraux du débat public, dont se sont emparés des associations (et des syndicats) au moment des élections présidentielles d’avril dernier.\n\n- En Afrique aussi, la campagne lancée par ActionAid sur l’évasion fiscale pratiquée par l’entreprise SABMiller, première brasserie en Afrique a porté ses fruits. Les administrations fiscales de cinq pays se sont réunies en juin dernier au sein du Forum des administrations fiscales africaines pour étudier la possibilité de mener un audit conjoint sur cette entreprise (Afrique du Sud, Mozambique, Ghana, Tanzanie et Zambie). En l’absence d’un traité multilatéral entre ces pays, une telle initiative collective reste impossible. Néanmoins, des audits pourraient être menés dans un premier temps au niveau national."}
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Les organisations membres de la Plateforme Paradis Fiscaux et Judiciaires déplorent le manque d'ambition de ce plan d'action, qui n'est pas à la hauteur des attentes des citoyens et qui ne permettra pas de récupérer les centaines de milliards perdus chaque année en Europe à cause des pratiques des entreprises multinationales.\n\n« Après le scandale du Luxleaks, la Commission européenne a gâché une opportunité unique de faire des propositions concrètes pour lutter contre l'évasion fiscale des grandes entreprises. Le résultat est un plan d'action timide, qui manque de consistance. Combien de scandales faudra-t-il encore avant de réformer vraiment les règles fiscales au sein de l'Union européenne ? », indique Manon Aubry, responsable de plaidoyer Justice fiscale au sein d'Oxfam France.\n\n« Le plan de la Commission européenne est tellement vague qu'il est difficile de s'imaginer comment il pourrait venir renforcer la lutte contre l'évasion fiscale des grandes entreprises. Tout laisse à penser que les entreprises pourront continuer à jouer avec les différentes législations des pays européens et enregistrer leurs profits dans des pays à fiscalité faible pour ne payer qu'un minimum d'impôt. Ce n'est pas un gage de crédibilité dans la réforme pour une fiscalité plus juste ».\n\n« Alors que les citoyens européens réclament plus de transparence, les avancées sur cette question sont extrêmement timides. Pour s'assurer que les entreprises payent des impôts qui correspondent à la réalité de leur activité dans un pays donné, il faut commencer par savoir où les entreprises réalisent leur chiffre d'affaires et emploient des salariés et où elles payent des impôts. Alors que cette mesure est déjà en place pour les banques européennes, les hésitations de la Commission à l'étendre à toutes les entreprises est incompréhensible », ajoute Lucie Watrinet du CCFD-Terre Solidaire et coordinatrice de la Plateforme Paradis Fiscaux et Judiciaires\n\nSur l'assiette commune consolidée de l'impôt sur les sociétés (ACCIS)\n\n« Nous saluons la décision de la Commission européenne de planifier une nouvelle proposition sur la mise en place d'une assiette commune consolidée pour l'impôt des sociétés (ACCIS) obligatoire au plus vite. Cependant, nous regrettons que la Commission suggère de reporter la phase de consolidation à plus tard alors même qu'il s'agit de l'aspect le plus important. Sans consolidation, les entreprises resteront libres de jouer au niveau de leurs filiales avec les différentes législations des pays européens et enregistrer leurs profits dans des pays à fiscalité faible pour ne payer qu'un minimum d'impôt. Pire encore, la Commission souhaite réfléchir à un mécanisme temporaire qui pourrait permettre aux entreprises de déduire leurs pertes mais sans consolider leurs bénéfices », déclare Manon Aubry d'Oxfam France.\n\nSur la liste des paradis fiscaux annexée à la communication\n\n« La nouvelle liste de paradis fiscaux proposée par l'Union européenne ne recense évidemment pas ceux comme le Luxembourg ou les Pays Bas, situés en son sein. Elle vient une nouvelle fois démontrer les limites de l'approche des listes, toujours incomplètes, toujours politiques. L'enjeu est de faire en sorte que les entreprises ne les utilisent pas à des fins d'évasion fiscale, ce à quoi ne répond pas suffisamment ce plan d'action », conclut Lucie Watrinet du CCFD-Terre Solidaire et coordinatrice de la Plateforme Paradis Fiscaux et Judiciaires.\n\n\n\n\n\n\nContacts presse:\n\nMarion Cosperec - Oxfam France : 06 30 46 66 04\nKarine Appy - CCFD-Terre Solidaire : 06 66 12 33 02, 01 44 82 80 67"}
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Fiscalité des multinationales, échange automatique d'information,  sociétés écran : pour la première fois, toutes les questions sensibles se trouvent à l'ordre du jour. Les chefs d'Etats et de gouvernements devront maintenant faire preuve de courage politique pour proposer et mettre en œuvre des mesures ambitieuses. Le 30 août dernier, en amont du Sommet, le président François Hollande a reçu des représentants de la société civile française. A cette occasion, le CCFD-Terre Solidaire et d'autres ONG ont interpellé le président sur les actions prioritaires que la France devrait promouvoir lors du G20 en matière de lutte contre l'évasion fiscale :  \n\n\n\nFiscalité des multinationales\n\nLors du G20, les Etats devront se prononcer sur le programme de travail de l'OCDE concernant la révision des règles fiscales internationales pour les entreprises (Projet BEPS - Base erosion and profit shifting).\n\n« Si ce processus met en lumière les véritables enjeux, les négociations ne doivent pas se tenir à guichet fermé, entre pays riches ou émergents, membres du G20 et de l'OCDE. En effet, les pays en développement, premières victimes de cette hémorragie des recettes fiscales, doivent pouvoir participer pleinement afin que leurs intérêts soient pris en compte », déclare Bernard Pinaud, délégué général du CCFD-Terre Solidaire.\n\nInterpellé sur cette question par Bernard Pinaud, François Hollande s'est dit prêt à agir en ce sens.\n \nAu-delà de la révision des règles envisagée par l'OCDE, il est indispensable d'explorer de nouvelles pistes prometteuses pour réformer en profondeur et durablement la fiscalité des multinationales, notamment en matière de taxation unitaire. Les entreprises multinationales ne sont pas la somme d'entités autonomes fiscalement, elles constituent un tout économique intégré, à l'échelle internationale. L'assiette fiscale qui revient à chaque pays doit donc être déterminée à partir du bénéfice mondial en fonction de la part d'activité réelle (effectifs, ventes, actifs) localisée sur son territoire.\n\n(Lire le document de position préparé par une trentaine d'organisations de la société civile internationale, dont le CCFD-Terre Solidaire : Fixing the cracks in tax : a plan of action - disponible en anglais uniquement)\n\nEchange automatique d'informations\n\nSi l'OCDE travaille activement sur les solutions techniques en matière d'échange automatique, de nombreux obstacles politiques demeurent. Pour accélérer la mise en œuvre de ce standard, les pays du G20 disposent de plusieurs leviers à actionner. Lors du Sommet, la France doit :\n\n-        demander au Forum Fiscal Mondial d'inclure immédiatement la question de l'engagement en faveur de l'échange automatique, comme un nouveau critère d'évaluation des pays.\n\n-         offrir aux pays en développement, dans un premier temps, la possibilité de bénéficier de l'échange automatique de renseignements sans exiger de réciprocité immédiate.\n\nMettre fin aux sociétés écrans\n \nFaute d'accord sur des mesures conjointes pour lutter contre les sociétés écrans, les pays du G8 ont publié des plans d'action nationaux très inégaux et insuffisants.\n\nAlors que les parlementaires français viennent d'inscrire dans le projet de loi en cours d'examen sur la fraude fiscale, la création d'un registre national public pour les trusts, Paris doit promouvoir cette option beaucoup plus activement auprès de ses partenaires du G20.\n\n« L'échange automatique d'informations restera lettre morte tant que les pays laisserons prospérer toutes sortes de sociétés écran (IBC, trusts, anstalt ou fondations) dont les bénéficiaires réels ne peuvent être identifiés par les administrations fiscales, la justice ou les régulateurs financiers », rappelle Mathilde Dupré, chargée de plaidoyer lutte contre les paradis fiscaux au CCFD-Terre Solidaire.\n\nSur le même sujet, voir le rapport du CCFD-Terre Solidaire, en partenariat avec la Revue Projet : Aux paradis des impôts perdus"}
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Basée dans le nord du pays, Jean-Paul Tuho évoque l’atmosphère de tension qui continue de régner dans le pays. \n\n\n\n« Après la crise post-électorale, entre décembre 2010 et avril 2011, et les affrontements meurtriers qui ont fait près de 3 000 morts, on pouvait espérer que le nouveau président, Alassane Dramane Ouattara favorise l’apaisement et tente de réintégrer les vaincus, les partisans de Laurent Gbagbo dans le jeu politique. Les résultats sont décevants. \nLe Front populaire ivoirien (FPI), le parti de Gbagbo, a déclaré qu’il boycotterait les prochaines élections municipales et régionales du 21 avril 2013. Surtout, les déséquilibres politiques persistent. « C’est à notre tour de manger », proclamaient les partisans de Ouattara, au lendemain de son intronisation à la présidence. Hier marginalisés, ils ont de fait raflé tous les postes dans l’administration. On critiquait hier les pratiques d’exclusion du régime Gbagbo, on déplore aujourd’hui celles du système ADO. \n\t\t\t \n\nLa terre, objet de toutes les convoitises\n\nEnfin, les problèmes de fond ne sont pas traités. Je pense notamment aux conflits fonciers dans l’Ouest. Autour de Duékoué ou de Bangolo - où l’ARK intervient - la colère gronde parmi les populations autochtones : certaines sont dépossédées de leurs terres par des groupes de chasseurs traditionnels Dozos, qui servent de supplétifs à l’armée nationale, les Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI). Comme dans le même temps, les flux migratoires en provenance du Burkina Faso et du Mali se poursuivent, l’Ouest m’apparaît comme la région de tous les dangers. L’étincelle d’une bataille pour la terre couplée à des rivalités ethniques pourrait relancer la guerre civile, car partout le feu couve sous les cendres. \n\nLa réconciliation est restée lettre morte malgré les belles déclarations d’intention. La Commission dialogue, vérité et réconciliation (CDVR) se parachute une journée dans une région, organise un meeting, puis repart. Aucun travail en profondeur à la base n’est entrepris.\n\nC’est ce que tente de réaliser l’ARK à sa modeste échelle. Nous nous sommes lancés - au Nord et à l’Ouest - dans des programmes de réhabilitation communautaire et de cohésion sociale. Concrètement, il s’agit de rétablir le dialogue entre des communautés voisines qui se sont affrontées lors du récent conflit. Nous donnons l’occasion aux Anciens de s’exprimer sur la délimitation des territoires. Nous mobilisons aussi les forces vives pour reconstruire les écoles et les centres de santé détruits. Elles apportent leur quote-part (5% du coût total), tandis que les bailleurs de fonds – Banque mondiale, en particulier – fournissent l’essentiel des contributions. C’est une manière efficace de désamorcer les tensions, mais les plaies profondes ne cicatrisent pas en quelques semaines ou mois. Des efforts persévérants sont nécessaires. \n\t\t\t\t        \n\nMiser sur les femmes\n\nLa région de Korhogo a été moins touchée par les affrontements que l’Ouest ou l’agglomération d’Abidjan. Mais le Nord s’est appauvri, car il a servi de zone de repli à ceux qui fuyaient les combats et les persécutions. De nombreux foyers ruraux ont accueilli des parents et se sont endettés pour subvenir à leurs besoins. À présent, les déplacés sont rentrés chez eux, mais il faut faire redémarrer l’économie agricole locale. L’ARK a décidé de miser sur les femmes. À partir d’un diagnostic simple : si tu donnes 1000 F CFA à un homme, il va l’utiliser pour lui, en buvant par exemple sa calebasse de chapalo, la bière de mil. Avec la même somme, la femme achètera en priorité de la nourriture pour ses enfants. \n\nBref, soutenir les femmes, c’est favoriser la promotion de toute la famille. Dans cette optique, nous avons relancé l’appui aux cultures vivrières et aux jardins maraîchers que gèrent les femmes. Nous les aidons à mieux conditionner leurs produits et à les écouler sur les marchés locaux. Et, en réaction à la tendance à utiliser les engrais chimiques – disponibles pour le coton, la culture de rente dominante dans le Nord – nous leur vantons les mérites de la fumure organique. Parallèlement, nous organisons des cours d’alphabétisation et les animateurs locaux les incitent à prendre des responsabilités dans les activités villageoises.\n\nLa société civile ivoirienne, elle, poursuit sa longue marche. Hier, elle était embrigadée par les trois grands leaders politiques – Laurent Gbagbo, Alassane Ouattara, Henri Konan Bédié – et leurs partis respectifs : le FPI, le RDR et le PDCI. La Convention de la société civile ivoirienne (CSCI, partenaire du CCFD-Terre Solidaire) a frayé la voie à une expression indépendante. En 2010 par exemple, la CSCI a pu dénoncer les exactions commises par les Jeunes Patriotes de Charles Blé Goudé, disciple de Laurent Gbagbo. Aujourd’hui, elle n’hésite pas à se prononcer contre les tentations hégémoniques du RDR, l’impunité des ex-rebelles ou les excès des chasseurs Dozos. \n\nLe nouveau coordonnateur de la CSCI, le docteur Christophe Kwame, un pharmacien, a été élu démocratiquement par les diverses composantes de la Convention. Ces derniers temps, il a convoqué à plusieurs reprises les journalistes pour des points de presse. Mais, nous avons le regret de constater que les médias proches du pouvoir brillent par leur absence ou ne relaient pas nos communiqués. C’est bien le signe que la bataille pour instaurer une démocratie équilibrée en Côte d’Ivoire n’en est qu’à ses débuts. Mais je ne me décourage pas. Cela fait plus de vingt ans que je me suis engagé au sein de la société civile. Et malgré les déconvenues, nous avançons. »\n\nPropos recueillis par Yves Hardy"}
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Mais à l'heure du choix, l'Agenda des solutions sur les questions agricoles offre un consensus mou, bien loin de permettre de bâtir un monde sans faim.\n\n\n\nStéphane Le Foll, ministre français de l'Agriculture, a officiellement lancé ce matin l'initiative \"4 pour 1000\", dans le cadre de la première journée dédiée à l'Agenda pour l'Action Lima-Paris (LPAA) développé pour la COP 21. Malgré des alertes répétées sur les risques et limites de cette initiative depuis 6 mois, les propositions du CCFD-Terre Solidaire, d'Action contre la Faim et d'Oxfam France pour clarifier les critères et le cadre du \"4 pour 1000\" et s'assurer qu'il réponde aux objectifs affichés, n'ont pas été prises en compte. Nos organisations dénoncent aujourd'hui cette initiative qui pourrait ouvrir une liste des fausses solutions portées par le LPAA en promouvant des pratiques qui menacent la sécurité et la souveraineté alimentaires des populations.\n\nLe programme \"4 pour 1000\" vise officiellement à réconcilier agriculture, lutte contre la faim et nécessaire réduction du réchauffement de notre planète. Celui-ci repose sur une théorie scientifique : l'augmentation annuelle de 0.4% (4 pour 1000) du taux de croissance du stock de carbone dans les sols qui permettrait d'absorber l'ensemble des émissions de CO2.\n\nDepuis mars 2015, Stéphane Le Foll s'est largement mobilisé pour rallier un maximum d'acteurs autour du \"4 pour 1000\". Malheureusement, les mêmes efforts n'ont pas été faits pour structurer cette initiative qui comporte aujourd'hui de nombreuses lacunes. Il n'existe pas de définition claire, accompagnée de critères  permettant de déterminer quels seront les modèles agricoles à promouvoir pour combiner deux objectifs particulièrement ambitieux : la lutte contre les changements climatiques et la sécurité alimentaire. Au contraire, une liste de concepts allant de l'agroécologie à l'agriculture de conservation est censée donner le cadre des activités, malgré un risque évident d'instrumentalisation. En effet, tous les acteurs - des organisations paysannes aux multinationales de l'agrobusiness, peuvent y trouver leur compte. Et pour l'instant, nul ne se soucie de l'impact réel qu'auront les projets lancés dans le cadre du \"4 pour 1000\", aucun mécanisme de suivi et de redevabilité n'étant mis en place.\n\nIl est important de rappeler que séquestrer du carbone dans les sols n'induit pas forcément de lutter contre la faim. De même, lutter contre l'insécurité alimentaire ne permet pas forcément de traiter la question des changements climatiques. Toute initiative visant à allier ces deux enjeux doit garantir que les solutions proposées y répondent. Cela passe par un cadre et des critères pré-définis permettant d'inclure ou d'exclure des activités. Aujourd'hui, le programme \"4 pour 1000\" promu par la France, présidente de la COP 21, passe sous silence la question centrale du type de modèles alimentaires et agricoles à privilégier pour faire face aux enjeux déjà si prégnants de la lutte contre la faim dans un monde « contraint » par les dérèglements climatiques. Plus globalement, il semble que la majeure partie des initiatives lancées dans le cadre de l'Agenda pour l'Action Lima Paris (LPAA) reposent sur des notions floues où rien n'est explicité. Ainsi, alors que 355 organisations de la société civile dans le monde ont appelé en septembre dernier à ce que « l'agriculture intelligente face au climat » ne soit intégrée ni dans l'accord ni dans l'agenda parallèle de la COP 21, on la retrouve pourtant dans plusieurs initiatives promues dans le cadre du LPAA. Là encore, l'utilisation de ce concept insuffisamment défini et largement capté par les multinationales de l'agro-industrie, n'assure pas le soutien à une transition réelle de nos systèmes agricoles et alimentaires. \n\nPour son lancement, le LPAA ne semble donc pas répondre à l'objectif qu'il s'est fixé, c'est-à-dire montrer que des acteurs œuvrent déjà pour l'action climatique et qu'ils sont porteurs de solutions réellement transformationnelles. Cet agenda semble au contraire valider certaines pratiques qui portent en elles des risques d'accaparements de terre, de financiarisation de la nature, ou de promotion d'intrants chimiques et d'OGM. Nos organisations ne peuvent que dénoncer cet agenda des fausses solutions et appeler les Etats à ne pas le reconnaître ni l'institutionnaliser dans toute décision officielle de la COP 21.\n \n\nContacts presse :\n\nKarine Appy - CCFD-Terre Solidaire : 06 66 12 33 02\n\nLea Vollet - Action contre la Faim: 06 19 78 94 51 \n\nSarah Roussel - Oxfam France : 06 51 15 54 38"}
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La conférence de Lima devrait poser les premiers jalons de l’accord mondial attendu pour l’année prochaine. Elle doit contribuer à renforcer et diffuser des initiatives de lutte contre les changements climatiques. Présent, le CCFD-Terre Solidaire sera vigilant à ce que ces initiatives respectent les critères environnementaux et sociaux, et répondent aux besoins des plus pauvres et des plus vulnérables. \n\n\n\nLe principal défi des négociations climatiques reposera sur les choix et les modèles agricoles, technologiques, économiques,… proposés face à l’urgence climatique. Tous ne sont pas les bons. De nombreux « agendas des solutions » se multiplient en dehors du cadre de l’Onu. Si les ONG accueillent favorablement certaines initiatives, d’autres, dépourvues de règles communes et de garde-fous, relèvent trop souvent du « climate-washing ».  Loin de proposer des alternatives efficaces pour réduire les gaz à effet de serre, certaines font même peser des risques supplémentaires pour les populations et notamment sur le droit à l’alimentation et la souveraineté alimentaire. Elles peuvent (souvent) répondre à des intérêts particuliers, ceux de grandes entreprises, et freiner l’essor des solutions d’intérêt général.\n\nDeux « fausses solutions » plus particulières seront suivies par le CCFD-Terre Solidaire :\n\n\nGlobal Alliance on Climate Smart Agriculture\n\nEn septembre 2014, à l’occasion du Sommet de Ban Ki Moon dédié au Climat, l’Alliance internationale pour l’agriculture climato-intelligente a été lancée et 14 pays dont la France, les Etats-Unis ou le Niger et plus de 30 structures (associations, entreprises, recherches…) en font dorénavant partie. Pourtant, une grande majorité des organisations de la société civile ont manifesté fermement leurs doutes sur cette Alliance en s’appuyant sur l’analyse du document-cadre de cette initiative. Trois critiques majeures sont faites : \n- le périmètre des pratiques promues n’est délimité par aucun critère d’exclusion ni normes sociales ou environnementales (laissant libre court au développement d’OGM ou à des pratiques intensives en pesticide, d’autant plus quand les premiers acteurs privés impliqués sont ceux de ces secteurs). La référence aux Droits de l’Homme est lacunaire malgré une mention succincte du droit à l’alimentation. \n- les besoins prioritaires des différents modèles agricoles ne sont pas clairement identifiés : adaptation pour les agricultures familiales vs atténuation pour l’agriculture industrielle. \n- la gouvernance de l’Alliance et les liens avec la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) et le comité de la sécurité alimentaire mondial sont flous au risque de générer compétition, confusion ou manque de représentativité des agricultures familiales.\n\n\nImpacts négatifs sur la sécurité alimentaire des mécanismes climat (avec focus Redd+)\n\n\nOn estime aujourd’hui que 10% des émissions de Gaz à effet de serre (GES) sont dues à la déforestation. D’où l’inclusion de la déforestation, dès le début des années 2000, dans les négociations internationales avec la mise en place du mécanisme : réduction des émissions liées à la déforestation et à la dégradation des forêts dans les pays en développement, et le rôle de la conservation, de la gestion durable des forêts et du renforcement des stocks de carbone forestiers dans les pays en développement (REDD+). Ce mécanisme se veut la formulation d’une proposition de compensation financière des résultats des pays en matière de réduction de la déforestation.\n\nCe mécanisme a fait l’objet de questionnement, sur son architecture (problème de gouvernance qui n’est toujours pas résolus), sa performance réelle (préserver la forêt là-bas pour pouvoir émettre ici),… mais également sur son impact pour les populations locales et leur sécurité alimentaire. En effet, les projets REDD+, en privatisant certaines zones forestières, accaparent des terres et excluent de fait les populations vivant sur le territoire. Des communautés locales, des populations autochtones se retrouvent ainsi priver de leur première ressource alimentaire, la forêt.\nAu-delà de cette privatisation certains projets sont bien loin de répondre aux enjeux de réduction de la déforestation et des GES. En effet, comment une plantation d’eucalyptus, de palmier à huile ou de bananier pourrait recevoir des compensations financières au nom de REDD+ quand il a fallu 1/ déforestation pour installer ces plantations ? 2/ quand la plantation développée est souvent à très large échelle, industrielle et dont les impacts négatifs sur l’environnement sont plus que reconnus.\n\n\nQuelle mobilisation du CCFD-Terre Solidaire à l’occasion de la COP20 ?\n\n\nLa journée du 30 novembre a été marquée par la veillée de la lumière organisée par le Conseil Inter-réligieux du Pérou, auquel participe la Commission Episcopale d'Action Sociale (partenaire du CCFD - Terre Solidaire). Christiana Figueres, Secrétaire exécutive de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), accompagnée du Ministre de l'Environnement péruvien, Manuel Pulgar-Vidal, a reçu des mains des organisateurs de la veillée un cierge, censé illuminer les travaux des négociateurs à la COP-20. Elle s'est engagée à le poser sur la table d'ouverture du Sommet. Les participants à la veillée, quant à eux, attendent des engagements fermes des Etats afin d'ouvrir la voie d’un accord contraignant pour maintenir le réchauffement mondial en deçà des 2°C annoncés.\n\nLe CCFD-Terre Solidaire est également présent aux négociations officielles. Il présentera les propositions de la société civile à l’occasion d’un « side event » organisé au pavillon européen sur la « Climate Smart Agriculture ».\n\nLe CCFD-Terre Solidaire sera mobilisé avec ses partenaires tout au long du sommet des peuples (8-12 décembre). Après deux journées d’ateliers et d’échanges, les organisations de la société civile marcheront dans Lima le 10 décembre sous le mot d’ordre « Changement climatique / Changement de système ».\n\nEnfin, Lima sera l’occasion de préparer avec la société civile internationale la présidence française de la Conférence des Parties 21 en 2015 ainsi que la mobilisation autour du sommet.\n\nAller plus loin :\n- Lima, dernière étape décisive avant Paris Climat 2015 - RAC / Note de position des organisations françaises à Lima\n- Climate Smart Agriculture : les nouveaux habits de l’Empereur ? / CIDSE\n- Global Alliance for climate smart agriculture : un jeu de dupes ? / Coordination Sud\n- Les agricultures familiales sont incontournables dans la lutte contre le changement climatique – Recommandations pour la COP 20 / Coordination Sud\n- Le site web de la Coalition Climat 21"}
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Et le Maee de rappeler que, dans notre pays, « toute exportation d’armes est interdite » depuis le décret-loi du 18 avril 1939, qui stipule qu’elles peuvent néanmoins être effectuées, sous réserve d’un « agrément préalable donné dans des conditions fixées par arrêté interministériel  ». Des dérogations qui permettent à la France d’être aujourd’hui le quatrième exportateur d’armes au monde ! \n\nUn paradoxe que le Maee justifie par les contraintes très strictes auxquelles sont soumis les industriels français de l’armement. « Nous avons probablement l’une des réglementations les plus contraignantes sur les ventes d’armes », confirme Dominique Lamoureux, directeur Éthique et responsabilité chez Thalès, l’un des grands groupes français du secteur. « Nous devons d’abord obtenir une autorisation au plus haut niveau pour engager des relations avec un client », explique-t-il. « Ensuite, il y a une deuxième étape pour l’autorisation d’exporter. Le tout s’inscrivant dans un cadre institutionnel européen contraignant qui fixe les règles pour savoir dans quels cas on peut autoriser une exportation ou non.  » Ce qui ne l’empêche pas de se dire lui aussi « favorable  » à « À la fois parce que cela peut contribuer à supprimer l’économie criminelle qui peut tourner autour de ce commerce », mais aussi, ajoute Dominique Lamoureux, « parce que cela fera évoluer auprès du grand public l’image réductrice et souvent caricaturale qui entoure les acteurs de ces ventes  ». \n\nUn pays exemplaire donc ? À première vue, seulement. Car certaines questions, et non des moindres, demeurent en suspens. « Même si la position de la France, c’est : “Prenez exemple sur moi qui suis un modèle de vertu”, on est quand même pas chez les parangons de la transparence », relativise Jean Guisnel, un journaliste qui suit cette question depuis maintenant une trentaine d’années[[Armes de corruption massive. Secrets et combines des marchands de canons, par Jean Guisnel. Éditions La Découverte, 2011. 22 euros.]]. « Pour ce qui est des ventes d’armes ou de technologies de souveraineté dans lesquelles l’État a son mot à dire, vous avez des grands mouvements de drapés politico-diplomatiques, mais aucun détail. Aucune transparence. Jamais.  » \n\n\nUn commerce qui prend souvent des chemins détournés \n\n\nUn manque de transparence dénoncé avec vigueur par les associations. « Pour que ce traité soit efficace, explique Zobel Behalal, chargé de plaidoyer paix et résolution des conflits au CCFD-Terre Solidaire, il faudrait qu’il oblige les États à déclarer publiquement ce qu’ils ont vendu. » Ce qui est loin d’être le cas. Le chargé de plaidoyer en veut pour preuve le rapport sur les exportations un tel traité.   d’armement de la France en 2010, présenté au Parlement français en... octobre 2011 qu’il juge « très imprécis » et « flou  ». Décalé dans le temps, il ne précise pas, par exemple, quels types de matériels ont été livrés, ni à qui, et quels refus ont été signifiés. \n\nIl faudra donc attendre fin 2012 pour savoir ce que la France a fait en 2011 avec la Tunisie, l’Égypte, la Syrie, la Libye… Et ce n’est que la partie immergée de l’iceberg. Car il arrive parfois que ces ventes prennent des chemins détournés. Comme ce fut le cas pour des armes livrées officiellement, avec des contrats en bonne et due forme, au Qatar et qui se retrouveront entre les mains des rebelles libyens lors de la guerre contre le régime de Kadhafi en 2011. Ce, alors que la France, signataire de la résolution 1973 adoptée par l’Onu, en mars de cette année-là, s’interdisait de vendre des armes aux opposants libyens. \n\nEt les armes de guerre ne sont pas les seules concernées. « Il y a aussi la question des ventes de matériels de maintien de l’ordre, illustrée avec tellement de candeur par Mam [Michèle Alliot-Marie] sur la Tunisie  »[[En pleine répression du mouvement citoyen en Tunisie, la ministre des Affaires étrangères déclare au Parlement français, en janvier 2011, que la France est prête à exporter le savoir-faire de ses forces de sécurité « pour que le droit de manifester puisse se faire en même temps que l’assurance de la sécurité »]], rap-pelle Jean Guisnel. Les incohérences en la matière sont légion. Elles traduisent plus les intérêts géostratégiques de la France que sa réelle volonté de moraliser ce commerce. \n\nCette opacité ne perturbe pas outre mesure les députés. « Le silence coupable du Parlement, voire l’apparente soumission des parlementaires français aux positions du gouvernement et de l’industrie de l’armement est plus que troublante », affirmaient Oxfam France, le CCFD-Terre Solidaire et Amnesty France dans un communiqué diffusé le jour de la publication du rapport 2011. « Depuis le début de la législature, les députés français n’ont, par exemple, jamais jugé utile d’auditionner le ministre de la Défense à l’occasion de la publication de ce rapport annuel. » Une véritable « démission  », aux yeux des ONG qui rappellent au passage que députés et sénateurs, de droite comme de gauche, se sont abstenus de voter certains amendements renforçant le contrôle parlementaire et l’obligation de transparence lors de la proposition de loi relative au Contrôle des importations et des exportations de matériels de guerre et matériels assimilés, adoptée en juin 2011. \n\nPour le journaliste Jean Guisnel, cette attitude s’inscrirait dans un consensus beaucoup plus large. « Les ventes d’armes sont une réalité qui est acceptée, et même soutenue par une grande partie de la population française. C’est-à-dire que les Français pensent que si les ventes d’armes peuvent faire tourner les usines et consolider des emplois, il ne faut pas hésiter à le faire. » On comprendra aisément pourquoi, dans ces conditions, les politiques contactés pour répondre à nos questions ont montré si peu d’empressement. Les uns jugeant nos questions « trop techniques  » (sic !), les autres « oubliant  » de nous rappeler avant de nous faire savoir que, finalement, « ils n’avaient pas le temps ». \n\nAlors que la résolution annonçant la mise en place d’un Traité international sur le commerce des armes a été adoptée à une immense majorité des membres de l’Onu en 2009 (151 pays), le Zimbabwe, lui, a voté contre et une vingtaine d’autres pays se sont abstenus, dont la Russie, la Chine, l’Arabie saoudite ou l’Inde. \n\n\nUne vingtaine de pays font de la résistance \n\n\nLes réticences sont multiples. Elles portent notamment sur les mesures de respect des droits de l’homme ou du droit humanitaire international mais aussi sur des clauses prévoyant l’interdiction de tout transfert pouvant affecter le développement socioéconomique du pays importateur, qui ne sont soutenues que par une vingtaine d’États. « Cela est d’autant plus inquiétant, pour Zobel Behalal, que l’irresponsabilité dans le commerce des armes engendre des conséquences incalculables sur le développement économique et social des populations. Par exemple, depuis quelques années, l’Afrique du Sud paye annuellement 530 millions de dollars pour rembourser une dette liée à un contrat d’armement qui a déjà conduit à des condamnations pour corruption. Alors que 425 millions de dollars par an suffi raient à distribuer gratuitement l’eau dans tout le pays. » \n\nLa bataille qui s’annonce est donc loin d’être gagnée. Réponse en juillet."}
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Une mission qui doit désormais prendre en compte de nouvelles réalités socio-économiques et la baisse des financements.\n\n\n\nL’Institut Bartolomé de las Casas (IBC) a été créé en 1974 à Lima, au Pérou, par le théologien Gustavo Guttiérez, père de la Théologie de la Libération. « C’était en pleine dictature, rappelle Maria Rosa Alaysa Mujica, directrice des lieux pendant de longues années. A cette époque le Père Gustavo Guttiérez pensait qu’il était indispensable de fonder un lieu de réflexion chrétien sur la manière dont fonctionnait le Pérou. L’idée de fond était d’écouter le témoignage et la parole des pauvres. Il s’agissait le plus souvent de personnes issues de Communautés ecclésiales de base (CEB), connectées avec l’Église. » \n\n\nConcrètement, le théologien organisait des ateliers de réflexion et de débats sur la situation politique, économique et sociale du pays, auxquels étaient invités des prêtres, des religieuses ainsi que des laïcs. « Le contexte politique était difficile et le Pérou était marqué par une très grande pauvreté », rappelle Roelfien Haak, l’actuelle Directrice de l’IBC.  C’est pour évoquer cette situation et les changements qui se préparaient, que l’IBC a créé trois groupes de travail :  \n\n « Eglise et société »,  « Mouvements sociaux »   « Vie quotidienne ». \n« L’idée était de mélanger trois composants, précise Roelfien Haak. Un travail de réflexion, du conseil au groupes et associations populaires, et enfin un volet communication. D’où la publication, dès 1979, d’un bulletin mensuel baptisé « Signes ». » \n\n\n\n« Réfléchir à partir de la vie des gens »\n\n\nC’est en 1994 qu’est créée l’école de formation des acteurs sociaux de l’IBC. A cette époque, le Pérou rentrait dans une ère de libéralisation du marché. La crise économique était aigüe et le climat politique tendu, avec la fin de la guerre civile.  « Il existait déjà des leaders sociaux. La plupart avaient été formés dans les années 1970 et 1980,  se rappelle Maria Rosa Alaysa Mujica. Mais il fallait compléter leur formation, les faire dialoguer avec la réalité du moment et réactualiser leurs pratiques. Sans jamais oublier de les valoriser. »\n\n\nD’ailleurs, la philosophie de l’École a toujours été claire et reprend trois éléments centraux de l’Éducation populaire : \n\n « une éducation tournée vers les secteurs pauvres et marginaux de la société »,   « un courant animé par un projet de transformation de la société »   « une pédagogie qui cherche à être cohérente avec le processus de libération basé sur le dialogue. » \nNi université, ni école publique, l’IBC affirme une démarche jamais démentie depuis : « Réfléchir à partir de la vie des gens et dispenser une formation intégrale en connectant les dimensions économique, politique, humaine et théologique », résume Roelfien Haak.\n\n\n\nCritique et autocritique\n\n\nLa valorisation des expériences de chacun est donc au centre du projet pédagogique de l’IBC. Mais l’autocritique aussi. « Car notre objectif est aussi de faire évoluer les mentalités, insiste Maria Rosa Alaysa Mujica. Certes il faut des changements au sein de la société. Mais il faut aussi que ces acteurs sociaux puissent s’interroger sur la manière dont eux-mêmes doivent évoluer, voire même se transformer. » Des acteurs sociaux dont le profil a d’ailleurs changé ces dernières années.\n\n\n« Comme depuis le début, les élèves viennent de  tout le pays,  indique  Roelfien Haak. Ils sont globalement plus jeunes qu’avant, mais ont déjà pas mal d’expérience, notamment à travers les organisations sociales liées à l’Église. Mais depuis 5 ans environ, il y a une plus forte présence de représentants de communautés de l’Amazonie. C’est d’autant plus remarquable de leur part que certains habitent dans des régions extrêmement reculées et doivent voyager pendant plus de deux semaines pour venir jusqu’à Lima ! »  \n\n\n\nL'impact de l'industrie minière sur les communautés indiennes au Pérou et l'action de l'institut Bartolome de la Casas (3 mn)\nAnalyse politique et théologie\n\n\nCette année, l’IBC a ainsi reçu une demi douzaine de représentants de communautés indigènes, certains venant même en tenue traditionnelle, vivant tout au nord du pays, près de la frontière avec la Colombie. « Ces personnes sont arrivées en présentant des problématiques qui leur sont spécifiques, souligne Maria Rosa Alaysa Mujica. Il y a des conflits liés au non respect de leurs droits territoriaux par des compagnies pétrolières ou minières. Ceux liés à la détérioration de leur cadre de vie. Mais de manière générale, il y a une forte volonté d’apprendre à négocier avec les autorités locales, souvent corrompues. »  \n\n\nSi la pédagogie, basée sur l’expérience des participants, a forcément évolué avec l’arrivée de nouvelles générations d’acteurs sociaux, les bases demeurent. « On commence en portant un regard sur l’histoire du Pérou,  détaille Roelfien Haak. Ensuite, il y a un travail fait autour de la littérature et ce qu’elle nous enseigne sur notre pays. Il y a enfin des cours qui portent sur l’analyse politique, mais aussi sur la théologie, et notamment la Théologie de la Libération. Le tout, en deux semaines « intensives  ». \n\n\nDévelopper les outils de communication\n\n\nEt les demandes de formation ne manquent pas. « Ce sont les moyens qui font défaut,  soupire Maria Rosa Alaysa Mujica. Car le contexte financier est de plus en plus difficile avec, notamment, la baisse de la coopération internationale. C’est d’autant plus dommage qu’il y a aujourd’hui une demande très importante pour aller dispenser des formations, notamment à Iquitos, la principale ville de la région amazonienne du Pérou. »\n\n\nEn attendant, les responsables de l’IBC tablent sur le développement des nouveaux outils de communication et sur la création de réseaux. Objectif ? « Nous voulons  travailler sur des thématiques davantage ciblées sur les réalités vécues par les acteurs sociaux. Nous cherchons aussi à les stimuler afin qu’ils prennent eux-mêmes des initiatives »,  précise Roelfien Haak. \nUne obligation aussi stratégique que philosophique. « Comme le rappelle régulièrement le Père Gustavo Guttiérez, si nous donnons une formation, c’est pour que les gens soient sujets de leur vie,  affirme Maria Rosa Alaysa Mujica. Donc, il faut que chacun fasse sa part. »\n\n\n\nJean-Claude Gerez"}
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Cette maturation a été accéléré par sa participation au programme de suivi sur l'allégement des dettes. \n\n\n\nA cinquante-cinq ans, Jean-Marc Bikoko, président de la Centrale syndicale du secteur public, a derrière lui plus de vingt années de lutte pour faire respecter les droits des salariés. Mais le combat dont ce Camerounais est le plus fi er est d’avoir activement participé à la naissance d’une société civile puissante dans un pays peu en pointe sur ce sujet il y a dix ans... \n« En 2002, nous avions dressé un diagnostic plutôt catastrophique, se souvient Bruno Angsthelm, chargé de mission Afrique au CCFD-Terre Solidaire. Les associations étaient rongées par les conflits ethniques et de pouvoir. Il n’y avait aucune concertation entre les différents mouvements qui organisaient leurs propres activités.  Les syndicats étaient, quant à eux,  marginalisés. »\n Il n’aura fallu que trois ans pour inverser cette tendance. C’est en effet en 2005 que Jean-Marc Bikoko se rapproche d’autres acteurs, dont Caritas, pour créer « Dynamique citoyenne », un réseau qui fédère cent soixante-deux ONG, syndicats et mouvements d’Église organisés autour de dix coordinations régionales, qui a fait de l’interpellation des pouvoirs publics sur la gestion des deniers publics, sa marque de fabrique.  « Depuis, nous remettons chaque année un rapport où nous analysons le budget de l’État et les investissements publics. Notre objectif : pointer les dysfonctionnements et rappeler au gouvernement que la lutte  contre la pauvreté doit rester le principal objectif », explique celui qui n’hésite pas non plus à porter sur le devant de la scène les récriminations de la population contre la hausse des prix des aliments de première nécessité ou des carburants. \nDernière initiative en date : le lancement d’une pétition demandant au président Paul Biya de déclarer ses revenus. Elle devait être présentée au grand public, le 9 décembre, journée internationale de la lutte contre la corruption. En 2010, la société civile avait déjà inscrit à son actif la mise en place d’un Observatoire sur les droits de l’homme qui a publié son premier rapport. Impliqué au niveau local, le réseau Dynamique citoyenne est également présent dans les commissions où se discutent les investissements publics et surveille les secteurs sensibles tels les projets hydrauliques dans la région de Douala. \nConséquence de la rencontre de quelques visionnaires, la montée en puissance de la société civile camerounaise a été favorisée par des événements extérieurs : en 2006, le Cameroun, un des quarante-deux pays concernés par l’initiative internationale pour l’allègement de la dette des pays pauvres les plus en endettés (résultat de la mobilisation Jubilée 2000), signe avec la France son premier C2D (Contrats de désendettement et développement). \nCe dispositif, mis en place par l’Hexagone pour gérer ses propres créances après avoir discuté du montant des allègements, repose sur le principe suivant : le pays créditeur continue à rembourser ses dettes, mais les fonds collectés lui sont reversés sous forme de subventions destinées à des secteurs et actions prioritaires arrêtés conjointement. Le suivi est assuré par un Comité franco- camerounais où siègent deux représentants de la société civile, un pour chaque pays. « Il y a eu des manoeuvres de la part de notre gouvernement pour nommer une association qui lui était favorable mais grâce à l’appui de la société civile française, et du CCFD-Terre Solidaire via la Plate-forme sur la dette, nous avons obtenu gain de cause »,  rappelle Jean-Marc Bikoko qui siège depuis 2007 dans cette instance.  \n\n\n Un contre-pouvoir citoyen \n \n« La participation de Dynamique citoyenne à ce processus a permis à la société civile camerounaise d’évoluer : elle est passée de la contestation à un positionnement de contre-pouvoir citoyen capable de faire des contre-propositions », poursuit Bruno Angsthelm. Ces changements ne se sont toutefois pas faits en un jour... Première étape : une formation des principaux acteurs pour développer leur expertise, notamment en matière budgétaire. « Il nous fallait montrer au gouvernement que nous étions crédi bles pour instaurer un véritable rapport de force », note Jean-Marc Bikoko. Autre priorité : construire des mécanismes de ...  col laboration avec le pouvoir camerounais mais aussi avec l’administration française et les Institutions fi nancières internationales qui déploient des programmes au Cameroun. Pour la société civile camerounaise, les enjeux sont de taille : dès 2006, on sait que l’affectation de 863 millions d’euros transitant par les C2D devra être décidée dans les dix années à venir, environ 80 % de l’APD (Aide publique au développement), les sommes redistribuées ne s’ajoutant pas aux subventions accordées par l’Hexagone mais s’y substituant. \n\n Effet boule de neige\n\nDynamique citoyenne a ainsi pu pointer l’importance disproportionnée des projets liés aux infrastructures et obtenu une plus grande prise en compte des secteurs de l’éducation, la santé ou l’agriculture. Sans pour autant remettre fondamentalement en jeu ces arbitrages. Car la société civile camerounaise ne participait pas à toutes les instances de décisions, se limitant surtout à effectuer le suivi indépendant... \nCependant, depuis octobre 2011, Jean-Marc Bikoko participe au Comité technique bilatéral du C2D où sont défi nies les orientations, même s’il n’a que le statut d’observateur. « Nous avons accès à l’information, ce qui nous permet de travailler sur nos propositions ou d’alerter la presse locale sur des projets qui ne seraient pas en lien avec la réduction de la pauvreté », souligne l’intéressé. \nMalgré les résultats en demi-teinte, la participation de la société civile au suivi du programme sur l’allègement des dettes a créé un détonateur : en 2010, l’Union européenne décide d’accorder des fonds pour aider la création et la structuration d’une plate-forme nationale camerounaise qui fédère associations, syndicats et mouvements d’Église en une trentaine de réseaux thématiques : de l’analyse des politiques  publiques aux droits humains en passant par l’étude du code électoral. \n« Les campagnes sont lancées par ces réseaux qui bénéfi cient de l’appui de tous les membres de la plate-forme qui déclinent les actions au niveau régional et local. Cette mutualisation nous permet de gagner en visibilité. Nous avons également commencé tout un travail pour renforcer notre activité de plaidoyer », insiste Jean-Marc Bikoko. \nPour relayer ces actions, outre un site Internet, Dynamique citoyenne a une page sur Facebook. « L’arrivée de militants jeunes, branchés sur les réseaux sociaux et ouverts sur le monde, soucieux de transparence et souhaitant un État impartial, offre de nouvelles perspectives. Même si elle a réussi en partie son pari en instaurant une autre relation avec l’État et les partenaires extérieurs, la faiblesse de cette société civile est en effet de ne pas encore arriver à mobiliser au-delà des réseaux associatifs », pointe Bruno Angsthelm. « Pour faire davantage bouger les lignes, la balle est dans notre camp », reconnaît d’ailleurs Jean-Marc Bikoko. \nPour Dynamique citoyenne, la prochaine étape serait, au-delà du Cameroun, de créer des réseaux entre sociétés civiles de pays en développement pour échanger leurs analyses et expériences afin de peser davantage dans leurs relations avec les bailleurs de fonds. \nUne main tendue saisie par Solange Koné, directrice d’Asapsu (Association de soutien à l’autopromotion sanitaire et urbaine), une ONG ivoirienne, membre de la plateforme Dette de Côte d’Ivoire et partenaire du CCFD-Terre Solidaire : « Ce qu’a fait le Cameroun est un exemple pour notre pays. 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Pourtant l'agriculture n’a longtemps représenté que 2 à 3% du budget de l’Etat et ne bénéficiait pas d’un programme d’appui à la petite paysannerie.\n\n« Après avoir soutenu pendant plusieurs années tout un ensemble d’ONG travaillant dans le domaine agricole, le CCFD-Terre Solidaire a écouté les demandes des petits paysans qui voulaient être davantage acteurs. Nous avons fait le pari de les soutenir, alors qu’ils n’étaient encore qu’un mouvement informel et embryonnaire », raconte Bruno Angsthem, chargé de mission pour le Togo.\n\nDès 2002, le CCFD-Terre Solidaire commence à soutenir directement de jeunes leaders paysans de tout le pays. Le Mouvement pour une alliance paysanne du Togo (MAPTO) est créé en 2004 et va porter la volonté des petits producteurs d’être reconnus comme des acteurs du développement de leur pays. C'est la première fois qu'un tel mouvement se construit au Togo.\n\nPour réaliser leurs projets, le CCFD-Terre Solidaire leur donne peu à peu les mêmes types de moyens que ceux habituellement apportés à des organisations « officielles » : un budget de fonctionnement pour le Comité de pilotage, le recrutement par les paysans d’un coordinateur à leur service (une révolution !), un fonds « projets » décaissable de leur propre initiative sans accord préalable du CCFD-Terre Solidaire…\n70 coopératives créées\nAvec cette aide, MAPTO développe des filières pour le maïs, le riz, le maraîchage qui répondent à plusieurs défis : l’augmentation du revenu des petits paysans, leur représentation syndicale et la sécurité alimentaire.\n\nParti de quelques dizaines de petits paysans, le Mouvement pour une agriculture paysanne au Togo (MAPTO) comptait 4675 membres en 2005. Il en compte environ 20 000 à ce jour. La vie démocratique de MAPTO fonctionne bien : les élections statutaires se tiennent annuellement et les mandats sont renouvelés.\n\nMAPTO a ainsi favorisé une réelle structuration du milieu agricole : 70 coopératives ont été créées. La production a doublé, l’impact sur les prix a été positif et les revenus annuels des producteurs ont progressé. Le Mouvement est désormais reconnu par le gouvernement. En 2008, lors de la crise alimentaire, MAPTO a mené une action de plaidoyer pour que le gouvernement envoie un signe politique en faveur de la hausse du prix des céréales.\n\nDepuis deux ans, le gouvernement a fait du soutien à la petite paysannerie une priorité.\n« Le bol MAPTO »\nMAPTO s’est aussi fait connaitre en luttant contre la triche des mesures dans les marchés, où les commerçantes abusaient les villageoises avec des mesures trafiquées. MAPTO a distribué des bols, maintenant connus sous le nom de bols MAPTO, qui permettent d’avoir des mesures fiables de 2.5kg. La différence est telle que cela a permis à certaines familles de pouvoir scolariser leurs enfants.\nLe tournant de l’agroécologie\nLe nouvel axe de travail choisi par les paysans de MAPTO est de se former à l’agroécologie, qui vise à la fois à optimiser et préserver les milieux naturels et à mieux s’intégrer dans l’économie en renforçant les liens avec les communautés. Cette évolution correspond à des aspirations profondes des paysans qui se sentent dépendants des engrais distribués par l’Etat et recherchent des alternatives. Grâce au partenariat avec le CCFD-Terre Solidaire, ils ont voyagé en France et en Afrique, visité et découvert de nouveaux modes de production qu’ils veulent appliquer à leur tour. « On en revient aux fondamentaux de la question rurale : il ne s’agit pas seulement de soutenir les producteurs, mais aussi les interactions avec les communautés et les organisations de base », explique Bruno Angsthelm.\n\nAujourd’hui, on peut dire que le partenariat avec MAPTO représente l'une des très belles aventures du CCFD-Terre Solidaire."}
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C’étaient des gosses d’un quartier qui se retrouvaient naturellement guidé par l’un d’entre eux. Fred les suivait pour parler de la préparation à la vie, au travail, à l’amour bref à la vie qui les attendait.\n\n\n\nL’éducation populaire, celle qui est capable de forger le raisonnement, de critiquer, de pratiquer la citoyenneté dans les fonctions sociales, d’acquérir les valeurs morales était ancrée en lui et il la rayonnait. Représentant la JOCI à l’UNESCO, il a acquis rapidement une influence importante auprès de cette institution des Nations Unies dédiée  à la science et à la culture. Cette responsabilité lui a fait comprendre l’importance de la culture dans le processus du développement.\n\nLa création du Centre de Formation et d’Echanges Internationaux (CFEI) a été possible grâce à l’ouverture de la JOC de l’époque et à la clairvoyance de Fred, y compris pour trouver sur la durée les financements.\n\nAu CCFD, il est arrivé en 1964, après avoir été de ce petit groupe de Mouvements d’Eglise qui réfléchissait depuis 1960 pour la création d’un organisme tourné vers le Tiers-monde. Comme tous les dirigeants de l’époque, il était porteur d’une forte expérience par l’engagement dans la société et dans l’église. Il a formé un tandem formidable avec Philippe Farine, le premier président laïc du CCFD qui  venait des secrétariats sociaux et de l’engagement politique. Philippe Farine était le plus jeune député de la Constituante en 1945, convaincu et flamboyant comme un méridional. Philippe a trouvé en Fred l’homme du Nord, convaincu, organisé, persévérant, sachant que sans secrétariat fort, la collégialité naissante des mouvements d’action catholique et services d’églises, auraient du mal à travailler ensemble.  Pari réussi avec l’aide du Père Giraud, aumônier, et de Monseigneur Ménager qui a convaincu les évêques de soutenir la croissance de cette collégialité de laïcs, au-delà d’une campagne d’année non renouvelable, prévue au départ. Fred a également été le premier président laïc de la CIDSE. En 1999, cette organisation internationale regroupant des ONG catholiques de développement a fêté ses 30 années d’existence et il avait rappelé à cette occasion que « la rigueur nécessaire pour construire des institutions ne saurait supprimer le cœur, l’amitié, la dimension humaine et spirituelle ».\n\nPlaidant pour qu’on écrive l’histoire de la CIDSE, qui comprend aussi en grande partie celle du CCFD, Fred disait « les laïcs qui dès le point de départ se sont engagés dans les organismes nationaux, n’étaient ni des fonctionnaires d’église, ni des technocrates. Ils venaient d’engagements dans les réalités de leurs pays : mouvement de jeunesse, d’éducation, syndicat, partis politique…. ».\n\nC’est Monsieur Sen d’Inde, premier directeur général de la FAO  venant du Tiers-monde, qui a perçu ce bouillonnement associatif, cette capacité créative, et qui a lancé le premier appel contre la faim. Jean XXIII a prolongé et élargi cet appel auprès des catholiques. Cette période enthousiasmante a permis de lier l’action à la base, l’action nationale et internationale avec la décolonisation, la grande vitalité des mouvements d’action catholique et services d’église et l’esprit du concile Vatican II. C’est aussi en ces moments particuliers que se révèlent certains hommes et femmes, Fred était de ceux là.\n\nOn peut également garder de lui ce que vient d’écrire Michel Wagner. « Tant de liens nous ont unis pendant ces années entre le CCFD et la Cimade.  Je ne suis pas prêt d'oublier l'équipe que nous formions avec Philippe Farine, Fred, Jacky Fabre et toi, dans ce printemps conciliaire ».\nFred a ensuite été responsable du Centre des OIC à Genève où il a aidé le CCFD à entrer pleinement en lien avec les organisations des Nations Unies, plus particulièrement la CNUCED qui respirait encore l’air insufflé par des hommes comme Che Guevara et le Père Lebret. Gabriel Arnaud a décrit ces beaux moments. Des personnalités, comme Stéphane Hessel et Eric Sottas, ont aidé le CCFD et la CIDSE, à prendre toute leur place dans la vie internationale, sans oublier d’où nous venions et qui nous étions.\n\nC’est au Centre Lebret que Fred a terminé sa vie professionnelle.  On sentait, qu’en lien avec ses trois enfants, il restait ce gars, né parmi les mineurs, et devenu citoyen du monde et frère en Jésus Christ.    \nMerci Fred et Adieu.\n\nMénotti Bottazzi,\nSecrétaire général du CCFD de 1975 à 1983"}
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Ainsi affectent-ils l'ensemble des droits fondamentaux du peuple argentin, et ce sur plusieurs générations.\n\nL'heure est à l'action et à la mobilisation conjointe et régionale, car nous ne pouvons permettre que des ajustements régressifs soient imposés aux peuples, ni accepter un \"chacun pour soi\" qui divise notre région.\n\nDans le milieu financier et politique international ont émergé deux mesures capitales qui visent à surmonter le comportement spéculatif arbitraire et insoutenable des fonds vautours et des systèmes judiciaires, lesquels sont contraires au droit international, entraînant une instabilité financière et portant atteinte à la souveraineté des Etats.\n\nD'une part, l'Association Internationale des Marchés de Capitaux (ICMA est un organisme composé des 450 plus grandes banques et des principaux courtiers obligataires du monde) vient de publier des clauses d'action collective revues et actualisées, ainsi qu'une nouvelle clause sur l'égalité de traitement des détenteurs de titres de dette. L'utilisation de ces nouveaux termes dans les obligations d'État est destinée à faciliter les futures restructurations de dette souveraine.\n\nD'autre part, les 130 pays membres du groupe majoritaire de l'ONU, connu sous le nom de \"G77 + Chine\", ont convenu à l'unanimité de soutenir l'initiative de l'Argentine. Ils se sont engagés à soumettre à la prochaine assemblée des Nations Unies, prévue le 9 Septembre, le projet de  rédaction d'une nouvelle convention internationale sur les règles du processus de restructuration de la dette souveraine \"pour trouver une solution juste et équitable basée sur les résolutions de tous les états membres des Nations Unies et non plus sous la menace d'un système établi par un juge ou un pays\".\n\nDe manière évidente, ces deux décisions historiques révèlent la volonté politique des principaux acteurs privés et de plusieurs gouvernements de mettre fin au détournement du droit légitime d'un pays à restructurer sa dette en mettant en avant l'intérêt de son peuple. Elles révèlent d’autre part la nécessité politique de modifier les règles de l'ancien système financier postcolonial qui n'a jamais été en faveur de la société et qui n’est pas davantage favorable à la plupart des acteurs privés et publics. C’est une menace d'aggraver plus encore l'injustice mondiale et l'instabilité politique.\n\nNous, organisations de la société civile, voulons agir face aux actions des spéculateurs professionnels du système financier. Il est impératif de ne pas confondre \"sécurité juridique\" et cession de souveraineté. Aucun avantage fiscal ou financier ne doit être accordé à des investisseurs qui compromettent nos possibilités de développement et de  promotion de politiques publiques destinées à l'inclusion sociale, et qui enfreignent les cadres juridiques de nos pays.\n\nNous demandons par conséquent à nos gouvernements de lancer immédiatement des initiatives concrètes qui renforcent l’unité latino-américaine et la protection régionale. L’heure est à l’action et non aux simples paroles.\n\nNos propositions :\n\n \tVu la partialité manifeste des tribunaux des pays centraux lorsqu'ils se prononcent en faveur de leurs intérêts et de ceux des multinationales, et contre nos Etats, de dénoncer tous les contrats impliquant une cession de juridiction, en réaffirmant le droit inaliénable à la pleine souveraineté juridique nationale qui soit non transférable.\n\n\n \tDe discuter et de créer d’urgence de nouvelles instances indépendantes régionales et internationales, dédiées au traitement juridique de la dette souveraine, qui puissent mettre en place des tribunaux aptes à intervenir dans les situations de conflit qui pourraient survenir.\n\n\n \tNous saluons les nouvelles initiatives en cours qui peuvent être un moyen efficace de contrecarrer les actions des fonds vautours en matière de restructuration de la dette souveraine.\n\n\n \tDe réaffirmer la nécessité de mettre en place de nouvelles institutions pour une nouvelle Architecture Financière Régionale, el Banco del Sur en particulier dont la création est primordiale dans le contexte actuel, ainsi qu'un fonds commun de réserves devant permettre de réaliser des \"swaps\" de réassurance permanente entre les banques centrales régionales. Nous pensons également qu'il est important de développer et de renforcer l'échange commercial compensé par l'utilisation de devises locales et/ou d'unités de compte (comme le SUCRE).\n\n\n \tDe travailler à l'articulation des politiques budgétaires entre nos pays, afin de mettre fin à l’extorsion d’investissements par le biais de négociations d'exonérations fiscales unilatérales qui désolidarisent les économies de la région, et d’assurer le paiement des impôts générés par les activités commerciales et financières qui se font  en Amérique latine et dans les Caraïbes.\n\nLa construction de l'intégration régionale et la réaffirmation de la souveraineté et de l'indépendance de nos pays nous font entrer dans une nouvelle phase de lutte et d'engagement. Nous, les organisations de la société civile du continent, en tant qu'émanations actives et engagées de nos peuples, réaffirmons que nos engagements citoyens, fondés sur le respect des droits humains et la défense des démocraties, nous conduisent à avoir une position claire sur le système financier qui prétend vouloir placer sa logique et ses intérêts au-dessus de ceux des peuples. Mais c'est la vie et les droits humains qui sont prioritaires, ainsi que les principes démocratiques de gouvernance. Tout autre intérêt doit leur être infailliblement subordonné.\"\n\nLatindadd, Buenos Aires, 29 août 2014"}
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Nous appelons aussi à la fin de 40 ans d’occupation israélienne, dans l’intérêt de la paix et de la justice pour tous.\n\nLes 40 ans d’occupation israélienne de la Cisjordanie, de la bande de Gaza et de Jérusalem, ainsi que sa politique de fermeture et d’isolement, ont fragmenté l’ensemble des Territoires palestiniens occupés.\n\nIsraël a commencé à imposer cette politique de fermeture sur la bande de Gaza au début des années 90. Depuis cette date, celle-ci a eu un impact de plus en plus grave sur l’économie, sur l’accès à l’éducation, à la santé et à l’emploi.\nAujourd’hui, 1,5 millions de Palestiniens, véritables prisonniers dans la bande de Gaza, ne jouissant que d’une aide humanitaire délivrée au compte-goutte, sont totalement isolés de la Cisjordanie et du monde extérieur, manquant de l’essentiel de l’essentiel pour survivre au quotidien, sans même parler de développement. Plus de 80 % de la population à Gaza vit au-dessous du seuil de pauvreté.\n\nEn « scellant » la bande de Gaza, en la déclarant entité hostile, en coupant l’approvisionnement en carburant et en menaçant de couper l’électricité, Israël se désengage de ses responsabilités en tant que puissance occupante. Non seulement Israël tourne en dérision le droit international humanitaire, mais sa politique illégale de punition collective ne sert qu’à aggraver le désespoir et la frustration à Gaz. Elle n’assure la sécurité ni à Israël ni aux Palestiniens. Fondamentalement, la sécurité de l’un est indissociable de celle de l’autre.\n\nLa communauté internationale a exacerbé cette situation d’isolement de Gaza en adoptant une approche « Cisjordanie d’abord » en terme d’aide et de diplomatie, qui abandonne 1,5 millions de personnes dans la pauvreté. L’effondrement au mois de juin 2007 du gouvernement palestinien d’union nationale et la rupture entre le Hamas à Gaza et le Fatah en Cisjordanie ont encore renforcé l’isolement de la bande de Gaza, au détriment d’une population déjà appauvrie.\n\nLa poursuite de cette politique d’isolement est illégale et ne pourra mener qu’à davantage de souffrance et à éloigner encore plus de la paix l’ensemble de la région.\n\n• Le droit à un travail et à un niveau de vie suffisant :\nL’économie de la bande de Gaza a été décimée : 85% des usines ont fermé, plus de 70 000 ouvriers ont perdu leur emploi, les importations et les exportations restent bloquées et la production est au point mort.\n\n• Le droit à la santé :\nLa dégradation des conditions de vie et le manque d’équipement médical réduisent la capacité des hôpitaux à traiter les malades alors même que les patients qui doivent bénéficier de soins médicaux inexistants à Gaza se voient très souvent refuser des permis pour sortir de la bande de Gaza.\n\n• Le droit à l’éducation :\nLes étudiants ne peuvent aller étudier dans les universités de Cisjordanie ou à l’étranger, tandis qu’il devient impossible d’imprimer les manuels scolaires faute de matériau disponible. 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Selon le droit international, tout civil, israélien ou palestinien, doit être protégé.\n\nLes organisations ci-dessous sont signataires de la version anglaise de cette déclaration, disponible sur le site\nwww.christianaid.org.uk./gaza_statement\n\nAdalah: The Legal Center for Arab Minority Rights in Israel (Israël)\nAddameer Prisoner Support and Human Rights Association (Palestine)\nAl Haq (Palestine)\nAl Mezan (Palestine)\nArab Human Rights Association (Israël)\nBADIL Resource Center for Palestinian Residency and Refugee Rights (Palestine)\nBroederlijk Delen (Belgique)\nB’tselem (Israël)\nCARE International UK (Royame Uni)\nChristian Aid (Royame Uni)\nCODA International\nCouncil for Arab-British Understanding (Royame Uni)\nCulture and Free Thought Association (Palestine)\nDefense for Children International-Palestine Section\nDiakonia\nEuropean Coordination of Committees and Associations for Palestine – ECCP\nGaza Community Mental Health Programme (Palestine)\nGisha: Legal Center for Freedom of Movement\nHa'Moked (Israël)\nHousing and Land Rights Network - Habitat International Coalition\nIttijah-The Union of Arab Community Based Associations\nMedical Aid for Palestinians\nMedico International\nNear East Council of Churches\nNorwegian Church Aid (Norvège)\nPalestinian Agricultural Relief Committees (PARC) (Palestine)\nPalestinian Centre for Human Rights (Palestine)\nThe Palestinian-International Campaign to End the Siege on Gaza\nPalestinian Medical Relief Society,\nPalestinian NGO Network (PNGO)\nPhysicians for Human Rights (Israel)\nPlateforme des ONG françaises pour la Palestine (France)\nPublic Committee Against Torture in Israel\nQuaker Peace and Social Witness\nSwedish Cooperative Centre (Suède)\nTrócaire (Irlande)\nWar on Want (Royaume Uni)\nWomen’s Affairs Centre\nWorld Vision UK\nYMCA Rehabilitation Program and Beit Sahour YMCA, YMCA–YWCA Joint Advocacy Initiative"}
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Ces nouveaux modèles agricoles attirent de plus en plus de jeunes. \n\n\n\nDaouda Sané est un jeune père de famille heureux. Fraîchement diplômé de la ferme agro-écologique de Tobor, initiée par ActSol - Action solidaire pour le développement -, est une association soutenue par le CCFD-Terre Solidaire. Daouda va pouvoir apporter quelque chose de nouveau à l’exploitation familiale. « J’ai toujours cultivé avec mon père, raconte-t-il. Sur nos trois hectares, nous faisons le niebe (sorte de haricot), l’arachide, le mil, le maïs, autant de cultures d’hivernage traditionnelles. Sans compter la rizière. Je vais me lancer dans le maraîchage, comme je l’ai appris à la ferme. Nous utilisions, jusqu’à présent, les pesticides. Depuis ma formation, j’ai laissé tomber tout produit chimique. Je protège désormais nos cultures avec des feuilles de neem ou de caïlcedrat qu’on trouve partout. Leur amertume repousse naturellement les insectes. C’est formidable de pouvoir cultiver de manière saine tout en ayant une meilleure rentabilité. Je le sais, car je l’ai expérimenté sur ma parcelle à la ferme. » \n\nCultiver de manière saine et durable tout en développant le potentiel économique, voici les  principaux enjeux de la formation d’une année proposée par les 4 fermes-écoles agro-écologiques d’ActSol, dirigées par Oumar Ba, dont deux se trouvent en Casamance. A l’origine, une prise de conscience et une réflexion sur la sécurité alimentaire. Oumar est choqué par les émeutes de la faim de 2007-2008. « Il n’était pas normal, pour un pays qui avait été exportateur, de vivre de tels moments. Gosse, j’ai connu la sécurité alimentaire et le plaisir qu’on en tirait. » En 40 ans, cet homme toujours en action a vu les choses se détériorer. La grande sécheresse de 1973, les plans d’ajustements structurels des années 1980, le désengagement de l’Etat, les pratiques agricoles avec usage intensifs de produits chimiques qui ont intoxiqué et épuisé les sols, ont eu pour résultat de sur-endetter les paysans et de leur faire oublier les gestes traditionnels qui se rapprochaient, de façon empirique, de l’agro-écologie.\n\n« L’agriculture, ça ne marche pas », entend-on partout. Oumar Ba veut prouver qu’une pratique comme l’agro-écologie peut ramener la sécurité alimentaire grâce à une grande diversité de cultures et peut permettre de faire des profits, en évitant aux paysans de dépendre de l’agriculture productiviste et de s’endetter. Tout ça le pousse à ouvrir en 2011, ses fermes écoles agro-écologiques destinées aux jeunes à partir de 23 ans, « parce qu’ils sont plus ouverts au changement ». Les apprentissages allient théorie et pratique et abordent les domaines de la production végétale et animale, la pisciculture, l’aviculture, l’apiculture et l’agro-foresterie. \n\nMais pour convaincre et motiver les jeunes, Oumar aborde le sujet sous l’angle de la «rentabilité». « Si on a le ventre vide, on se moque pas mal de l’environnement. Mais en prouvant qu’on va gagner plus, en préservant en outre l’environnement, ça va les intéresser. » Grâce au bouche à oreille, ses fermes attirent de plus en plus de jeunes. A Tobor, en Casamance, les places sont limitées à dix. C’est peu, c’est un début. La ferme ne dispose que de trois hectares. Pour le moment. \n\nSi la majorité des jeunes sont des fils d’agriculteurs, Sire Diatta, de père douanier, ne s’était jamais projetée dans ce métier. C’est sa soeur qui la pousse. Au terme de sa formation, elle est acquise 100% à la terre ! « J’ai expérimenté qu’il était possible de réussir et d’avoir une bonne rentabilité, en respectant certaines règles et avec des méthodes naturelles. Je suis fière de savoir que je pourrai être autonome et transmettre un savoir-faire. On apprend à travailler sans tendre la main. » Sidya Djiba et Mamadou Lamine Goudiaby ajoutent : « On sait qu’on pourra travailler en famille, alors on s’accroche. La terre ne ment pas, elle donne tout. Avec moins d’un hectare, on peut vivre avec un bon maraîchage et un petit cheptel. On travaille pour soi, et on va former une coopérative avec les jeunes de la promotion pour gérer l’écoulement de nos produits. C’est un beau projet. » \n\nL’autonomie, la réflexion, l’observation, l’expérimentation, le sens de l’initiative : de quoi rendre à l’agriculture ses lettres de noblesse. Ce que vise encore ActSol, c’est d’agir sur la transformation sociale et culturelle de la famille pour parvenir à cela. « Notre culture est encore très centrée sur la cohésion familiale, fait remarquer Oumar BA. C’est au sein de la cellule familiale que tout se décide. On a nos rites pour protéger nos terres et nous protéger. On ne va pas créer d’emplois directs, on va inverser les tendances. Ce sont eux qui vont créer leur propres revenus. » Et d’ajouter, aux côtés d’autres acteurs convaincus de ce modèle agricole familial : « Nous partons des hommes et de la main de l’homme. Il faut réapprendre les gestes des Anciens en y apportant le savoir du chercheur. En partant du savoir-faire traditionnel, nous rétablissons le lien avec l’écologie. On apporte une réponse sociale avec un produit et ça produit de l’économique. »\n\nElisabeth du Closel"}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/droits-humains-les-entreprises-aussi/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/droits-humains-les-entreprises-aussi/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Droits humains : les entreprises aussi","datePublished":"2005-03-15T00:00:00+00:00","dateModified":"2022-02-18T17:08:13+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/droits-humains-les-entreprises-aussi/"},"wordCount":730,"commentCount":1,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"inLanguage":"fr-FR","description":"Le \"Forum citoyen pour la responsabilité sociale des entreprises\" appelle les pouvoirs publics français et tous les acteurs concernés, à oeuvrer pour que la Commission des droits de l'homme des Nations unies adopte, lors de sa 61ème session en 2005, le projet de normes sur la responsabilité des entreprises transnationales en matière de droits humains.\n\nLa libéralisation de l’économie mondiale a conféré aux sociétés transnationales un pouvoir sans précédent. Cette montée en puissance n’a pas été accompagnée d’un développement correspondant du droit visant à fonder la responsabilité juridique internationale de ces entreprises. Les initiatives volontaires ou d’autorégulation ne suffisent pas et l’établissement d’un cadre juridique international contraignant est indispensable.\n\nLe « Forum citoyen pour la responsabilité sociale des entreprises » salue donc l’adoption en août 2003, du « Projet de Normes sur la responsabilité des sociétés transnationales et autres entreprises en matière de droits humains » par la Sous-commission des droits de l’Homme de l’ONU, et invite la Commission des droits de l’homme a le faire sien lors de sa 61ème session (14 mars au 22 avril 2005). L’adoption de ces Normes par la Communauté internationale constituerait une avancée significative sur le chemin d’une réelle « responsabilité sociale des entreprises » dotant enfin tous les acteurs de moyens de recours juridique quand celle-ci est bafouée. Elle permettrait de mettre en application l’article 29 de la Déclaration finale du Sommet de Johannesburg : « Nous nous accordons à penser que les entreprises du secteur privé doivent fonctionner dans un encadrement réglementaire transparent et stable ».\n\nCes normes comblent en effet un vide dans le dispositif des droits humains au niveau international en offrant une revue complète des obligations auxquelles sont déjà soumises les entreprises selon les Traités et Conventions onusiens existants et en précisant concrètement ce que signifient ces obligations pour les entreprises. Ces normes prévoient de plus que « les Etats mettent en place et renforcent le cadre juridique et administratif nécessaire pour assurer l’application par les sociétés transnationales et autres entreprises des Normes et autres textes nationaux et internationaux pertinents », et leur donnent une force juridique réelle en précisant que « s’agissant de fixer des dommages intérêts ou d’imposer des sanctions pénales, et à tous autres égards, les tribunaux nationaux et/ou internationaux font application des présentes Normes ».\n\nCe texte est l’instrument le plus complet à ce jour en matière de respect des droits humains par les entreprises et sa portée est universelle sans pour autant créer d’obligations nouvelles. Mais pour qu’il soit adopté par les Nations Unies il faut encore qu’il soit approuvé par la Commission pour les droits de l’Homme elle-même, puis par le Conseil Economique et Social (ECOSOC) des Nations Unies. Et ce processus se heurte à de vives résistances qui ne peuvent être surmontées que par une mobilisation la plus large en faveur du projet de Normes.\n\nLe « Forum citoyen pour la responsabilité sociale des entreprises » demande donc au gouvernement français d’intervenir activement dans ce sens tant au sein de la Commission des droits de l’Homme de l’ONU elle-même qu’auprès des gouvernements des autres Etats membres de l’Union européenne en vue d’adopter une position européenne commune favorable à ce projet. Il interpelle à cette fin également le Parlement et notamment les Commissions des affaires étrangères de l’Assemblée Nationale et du Sénat.\n\nPour devenir pleinement efficace ce texte devrait cependant également être complété au moins sur deux points :\n-  Création de mécanismes contraignants de mise en œuvre et d’application des Normes incluant un organe de contrôle indépendant ;\n-  Inscription dans le texte des Normes du principe de responsabilité civile et pénale des dirigeants des sociétés transnationales.\n\nLe « Forum citoyen pour la responsabilité sociale des entreprises » demande donc aux pouvoirs publics français de soutenir également ces demandes d’amélioration du projet de Normes afin qu’il permette un véritable progrès en matière de contrôle démocratique des activités des sociétés transnationales\n\n\n\n\nForum citoyen pour la responsabilité sociale des entreprises"}
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Mais le Ministère des Finances a présenté volontairement un projet de loi incomplet et imprécis, dont les failles pourront être utilisées par les entreprises voulant contourner leurs obligations. Face à cette situation, les député-e-s français doivent se mobiliser et défendre l'intérêt commun contre les pressions gouvernementales et les lobbies industriels peu soucieux de la justice fiscale.\n\nLe texte de loi présenté par le gouvernement ne garantit pas que les informations publiées par les entreprises seront accessibles à tous, contrairement à ce qui avait été décidé au niveau européen[[La Directive qui introduit les obligations de transparence stipule : « Le rapport sur les paiements effectués au profit de gouvernements devrait fournir à la société civile et aux investisseurs des informations qui obligeraient les gouvernements des pays riches en ressources à rendre des comptes sur les recettes provenant de l'exploitation de ressources naturelles. »]]. De plus, l'extension géographique du reporting, actée dans la loi sur le développement du 7 juillet dernier [[Loi d'orientation et de programmation relative à la politique de développement et à la solidarité internationale du 7 juillet 2014 (loi n° 2014-773). Ce texte dispose que « L'objectif est (...) d'engager la transposition par la France des dispositions des directives comptables concernant certaines obligations pour les entreprises extractives européennes en matière de publication, pays par pays et projet par projet, des montants tirés de l'exploitation des ressources extractives et versés à des États. Dans le cadre de la transposition de ces directives, la France veille à ce que les informations publiées concernent l'ensemble des filiales, qu'elles soient situées ou non dans les pays d'exploitation des ressources, y compris celles localisées dans les paradis fiscaux. » http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=A8EF7998DCBD05770F5E2933FDFCDBE7.tpdjo01v_2?\n\ncidTexte=JORFTEXT000029210384&categorieLien=id]], a été également oubliée, alors qu'il s'agit d'un outil absolument nécessaire de lutte contre l'évasion fiscale en permettant d'obtenir des informations sur l'activité des filiales des multinationales dans des territoires comme les Bermudes ou le Luxembourg.\n\nFrançois Hollande avait pourtant pris des engagements dans ce sens durant la campagne électorale de 2012 et réitérés en avril 2013[[Discours de F. Hollande : « Première décision, les banques françaises devront rendre publique, chaque année, la liste de toutes leurs filiales, partout dans le monde, et pays par pays. (...) Je veux que cette obligation soit également appliquée au niveau de l'Union européenne et, demain, étendue aux grandes entreprises. » http://www.elysee.fr/assets/pdf/declaration-du-president-de-la-republique-4.pdf]].\n\nDepuis la loi bancaire de juillet 2013[[http://www.stopparadisfiscaux.fr/que-font-les-etats/la-france/article/transparence-des-banques-la-france]], les banques françaises sont déjà soumises à ce type de reporting et n'ont subi aucun impact en termes de compétitivité, résultat ou image. Mais, dans le secteur extractif, en coulisse, les lobbies du secteur privé sont massivement mobilisés  pour  demander une application « la plus souple possible » de la directive[[Interview de  Marie-Yvonne Charlemagne du Groupe Rougier : http://www.atibt.org/a-la-une/4583344068/Transparence-des-for%C3%AAts-%281-2%29/8539980]].\n\nCe vote mercredi sera l'unique occasion pour les députés de renforcer ce projet de loi. Face aux pressions des industriels - notamment pétroliers - et au manque d'ambition du gouvernement, les membres de la Coalition Publiez ce que Vous Payez et la Plateforme Paradis fiscaux et judiciaires appellent les député-e-s à se montrer ambitieux et à se saisir de ce projet de loi afin que la France, premier pays à transposer les Directives en Europe, montre l'exemple en matière de transparence des multinationales.\n\nContacts presse :\t\t\n- Oxfam France : Magali Rubino, 06 30 46 66 04 mrubino@oxfamfrance.org\n- CCFD-Terre solidaire : Karine Appy, 01 44 82 80 67, 06 66 12 33 02, k.appy@ccfd-terresolidaire.org\n- ONE France : Annabel Hervieu, 06 31 22 89 68, annabel.hervieu@one.org\n- Secours Catholique - Caritas France : Sophie Rebours, 01 45 49 73 23 - sophie.rebours@secours-catholique.org\n- Sherpa : Laetitia Liebert, +33 1 42 21 33 25, laetitia.liebert@asso-sherpa.org\n\nPubliez Ce Que Vous Payez (PCQVP)  est un réseau mondial d'organisations de la société civile établi en 2002 et travaillant pour la transparence des secteurs pétroliers, gaziers et miniers. PCQVP-France regroupe les organisations suivantes : Les Amis de la Terre, CARE France, CCFD-Terre Solidaire, CIMADE, Secours Catholique / Caritas France, Défi Michée, FIDH - Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme, Info Birmanie, Justice et Paix, Oxfam France, ONE France, Partenia 2000, SHERPA, SURVIE, Transparency International (France).\n\nLa Plateforme Paradis Fiscaux et Judiciaires est une plateforme de 18 organisations de la société civile française mobilisées pour la justice fiscale, la lutte contre l'opacité financière, la corruption et l'évasion fiscale. Elle regroupe les organisations suivantes : Les Amis de la Terre -  Anticor - Attac France - CADTM France  - CCFD-Terre Solidaire - CFDT - CGT - CRID  - Droit pour la justice - Observatoire citoyen pour la transparence Financière Internationale - Oxfam France - Justice et Paix - Réseau Foi et Justice Afrique Europe - Secours catholique Caritas France - Sherpa - Survie - Syndicat de la magistrature - Solidaires Finances Publiques - Transparency International France."}
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Toutes ces initiatives ont pour point commun d'envisager la \"modernisation\" de l'agriculture africaine principalement par la libéralisation des marchés, l'introduction des nouvelles technologies (comme les OGM) et des partenariats public/privé mettant les grandes multinationales semencières et agroalimentaires au cœur de ces dispositifs.\n\n A l'occasion de ce sommet du 8 juin, plusieurs organisations paysannes africaines et de la société civile africaine se mobilisent pour dénoncer ces stratégies dangereuses pour l’agriculture familiale africaine.\n\nLes plans d’investissements d’entreprise impulsés par le G8 menacent la sécurité alimentaire de l’Afrique – Présentation du rapport « À qui profite l’Alliance ? » avec des organisations africaines de producteurs, Bruxelles, le 4 juin 2013. Lire la suite sur le site de la CIDSE\n\nAbidjan, Addis-Abeba, Alger, Harare, Mombasa\n3 juin 2013\n\nLa société civile africaine rejette l’initiative du “Sommet de la faim” du G8 – La mainmise des grands groupes sur l’agriculture et la terre ne peut qu’exacerber la faim, affirment les associations.\n\nAu sein des grandes initiatives de “modernisation” de l’agriculture africaine se cache une manœuvre qui ne vise qu’à ouvrir les marchés et à fournir aux multinationales de l’espace pour garantir leurs bénéfices. Les technologies de la Révolution verte – et les changements juridiques et institutionnels introduits pour la mettre en place – ne serviront qu’à quelques-uns, en laissant de côté la grande majorité.\nTandis que les dirigeants mondiaux se rassemblent cette semaine à Londres à l’occasion très médiatisée du ‘Sommet de la faim’ pour avaliser l’avalanche des initiatives actuelles de “modernisation” de l’agriculture africaine, 57 organisations d’agriculteurs et de la société civile de 37 pays ont dénoncé ces projets, les qualifiant de \"nouvelle vague de colonialisme\" L’harmonisation, le libre-échange et la création d’institutions et d’infrastructures destinées à faciliter la pénétration des multinationales en Afrique sont présentés comme la réponse à l’insécurité alimentaire dont souffre le continent. Ce sont les grandes entreprises de semences, d’engrais et de produits agrochimiques qui décident comment gérer la “Nouvelle Alliance pour la sécurité alimentaire et la nutrition en Afrique” du G8, l’Alliance pour une révolution verte en Afrique (AGRA) et la mise en place du Programme Détaillé de Développement de l’Agriculture Africaine (PDDAA) de l’Union Africaine.\n‘’Aujourd’hui cet intérêt pour l’Afrique doit être replacé dans le contexte plus général des crises mondiales menaçantes dont les dimensions sont multiples et touchent les domaines financier, alimentaire, énergétique et écologique. Et l’Afrique, avec ses terres soi-disant “abondantes” mais “sous-utilisées”, est vue comme la nouvelle frontière, » a déclaré Meriem Louanchi de l’Association de Réflexion, d’Échanges et d’Actions pour l’Environnement et le Développement, une ONG algérienne.\nCe regain d’intérêt pour l’Afrique est tout à fait dans la logique de la Révolution verte : il s’agit d’introduire des semences hybrides (voire génétiquement modifiées) qui, utilisées avec l’irrigation, les engrais et les pesticides chimiques, produisent de meilleurs rendements.  Un des processus fondamentaux est d’entraîner les petits exploitants dans une économie monétaire en leur attribuant des crédits.\nCependant, l’histoire de la Révolution verte n’est pas de bonne augure. En effet, les gains de productivité initiaux se sont amenuisés, comme on l’a vu en Inde, et le système lui-même a provoqué une concentration accrue des exploitations agricoles et une diminution du nombre des familles produisant de la nourriture, alors que les options d’autres moyens de subsistance restaient très limitées. « Il s’en est suivi une perte terrible de biodiversité, une dégradation des sols et une pollution de l’eau sévères, dues à l’usage excessif d’engrais synthétiques, et des manques d’eau causés par le gaspillage inhérent aux systèmes d’irrigation, » a fait remarquer Million Billay, coordinateur de l’Alliance pour la Souveraineté Alimentaire en Afrique (AFSA), une plate-forme panafricaine qui rassemble des réseaux et des organisations d’agriculteurs de toute l’Afrique et représente les petits exploitants, les éleveurs, les chasseurs-cueilleurs, les populations autochtones et les citoyens.\n\n‘’Les interventions d’AGRA et du G8 ont, avant tout, pour objectif d’ouvrir les marchés et de fournir aux entreprises multinationales comme Yara, Monsanto et Cargill, un espace où leurs bénéfices sont assurés,’’  a ajouté Francis Ngang, secrétaire-général d’Inades-Formation et point focal de la COPAGEN (un réseau d’organisations de la société civile, basé principalement sur les groupes de petits exploitants d’Afrique de l’Ouest). ‘’Pendant que les dirigeants mondiaux parlent en termes philanthropiques de “faire disparaître la faim”, on assiste dans les coulisses à une “harmonisation” des semences et du droit commercial africains orchestrée par les géants de l’agrobusiness. Les efforts déployés par les agriculteurs africains au fil des millénaires sont en passe d’être privatisés et expropriés, tandis que des pratiques traditionnelles vitales, comme la conservation et le partage des semences, menacent d’être criminalisées.’’\n\nLe fait que ces initiatives s’inscrivent dans le cadre du PDDAA de l’Union Africaine leur donne l’apparence d’un projet africain, ce qui leur confère une certaine légitimité. ‘’Mais ne faut pas oublier que le PDDAA a émergé, en tant que programme du Nouveau partenariat économique pour le développement de l’Afrique (NEPAD), à l’apogée du néolibéralisme au début des années 2000. En ce sens, nous le considérons comme un instrument compromis,’’ a déclaré Moses Shaha, président du Forum des agriculteurs d’Afrique de l’Est et d’Afrique australe (ESAFF) et agriculteur au Kenya. ‘’Pour nombre de pays africains, qu’ils soient ou non d’accord avec les règles du PDDAA, cet organisme offre la seule source possible de soutien financier, après des décennies d’ajustements structurels.’’\n\nAlors que les dirigeants du G8 et les géants de l’agroalimentaire continuent à colporter leurs fausses solutions, il existe une myriade de véritables alternatives, fondées sur le concept de la souveraineté alimentaire, qui seraient nettement plus adaptées au continent africain. A cet égard, les propositions de l’Évaluation internationale des sciences et des techniques agricoles pour le développement (IAASTD) sont d’une grande richesse et scientifiquement solides.\n\n‘’Nous exhortons le G8, AGRA et le PDDAA à reconnaître les réalités du terrain en Afrique -  c’est à dire admettre qu’il peut y avoir d’énormes différences entre les conditions agro-écologiques, les pratiques agricoles et les agriculteurs eux-mêmes – et à fournir un soutien approprié et résolu à tous les producteurs alimentaires,’’ conclut Elizabeth Mpofu de Via Campesina Afrique au Zimbabwe. ‘’De plus, ces institutions doivent mettre fin à leurs tentatives de soumettre les semences, les techniques et les savoir-faire agricoles à la propriété privée ; elles doivent investir et favoriser le développement de technologies open source dans des partenariats d’égal à égal avec nos agriculteurs.’’"}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/une-strategie-specifique-pour-lamazonie/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/une-strategie-specifique-pour-lamazonie/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Une stratégie spécifique pour l’Amazonie","datePublished":"2012-06-17T11:11:00+00:00","dateModified":"2024-12-10T13:16:07+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/une-strategie-specifique-pour-lamazonie/"},"wordCount":515,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Agroécologie","Amazonie","Souveraineté alimentaire et agroécologie"],"inLanguage":"fr-FR","description":"Le CCFD-Terre Solidaire est engagé depuis plus de 30 ans dans la région amazonienne à travers le soutien de nombreux acteurs de développement au Brésil, en Bolivie, Colombie et au Pérou. Cette expérience l’a amené à privilégier rapidement une approche territoriale spécifique pour la région amazonienne qui partage, de part et d’autre des diverses frontières nationales, une série de caractéristiques clés : réservoir d’eau, garant des équilibres climatiques du continent sud-américain, réservoir d’arbres à haute signification pour la planète, réservoir d’une diversité d’êtres vivants exceptionnelle, réservoir de dizaines de cultures humaines au sein de plusieurs grandes familles linguistiques.\n\n\n\nFACE A DES DEFIS D’UNE RARE VIOLENCE\nLa colonisation ultra-rapide, coordonnée sur presque tous ses versants nationaux, par des programmes d’investissements multi-nationaux de très grande échelle visant à faire du bassin amazonien un énorme terrain de production industrielle de matières premières : bois, énergie hydro-électrique, minerai, viande de boeuf, soja, maïs… menace gravement la survie des populations. Le CCFD-Terre Solidaire structure l’organisation de ses partenaires colombiens, péruviens, boliviens et brésiliens pour résister à la pression des acteurs économiques et des autorités.\n\nAIDER LES SOCIETES CIVILES A SE STRUCTURER\nLes enjeux : une information de qualité, la formation de dirigeants, la mise en relation des acteurs pour permettre la construction d’une vision cohérente, continentale et renforcée de nos partenariats en Amazonie.\n\n- Permettre aux organisations sociales et populaires de produire une information  objective, critique, indispensable pour les aider à développer une stratégie de plaidoyer. Par exemple, l’Observatoires des conflits en Amazonie, une cartographie « sociale », des travaux de capitalisation… Certains partenaires du CCFD-Terre Solidaire tel que LATINDADD se sont constitués en réseaux et partagent leur réflexion avec de nombreuses organisations et acteurs clés de la région.\n\n- Promouvoir la participation active des organisations de la société civile dans la prise de décision des politiques publiques régionales pour l’Amazonie  par la création de nouveaux espaces et de mécanismes plus institutionnels de construction et de suivi des politiques publiques ainsi que la capitalisation d’expériences.\n\n- Faciliter des stratégies d’action qui aident à articuler les résistances des populations et de leurs organisations représentatives sur leurs territoires et entre pays, face à la multiplication des conflits socio environnementaux déclenchés par les exigences d’un modèle économique prédateur.\n\n- Contribuer à l’émergence de modèles de développement agricoles alternatifs à l’agro industrie, mis en œuvre sur le terrain par les organisations paysannes, comme l’agro foresterie, au bénéfice en particulier de la sécurité alimentaire des populations en situation de vulnérabilité.\n\n- Renforcer les organisations de la société civile de la région et former des « leaders » porteurs de vision du développement à long terme en favorisant la participation à des événements, échanges d’expérience, capitalisation, études/publication …"}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/ce-quils-vivent-les-palestiniens-se-sentent-pris-en-etau/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/ce-quils-vivent-les-palestiniens-se-sentent-pris-en-etau/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Ce qu’ils vivent, les Palestiniens se sentent pris en étau","datePublished":"2013-01-23T14:03:00+00:00","dateModified":"2025-08-22T16:20:32+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/ce-quils-vivent-les-palestiniens-se-sentent-pris-en-etau/"},"wordCount":1040,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Paix et vivre ensemble"],"articleSection":["Article"],"inLanguage":"fr-FR","description":"Les Palestiniens rappellent souvent qu’avec les accords d’Oslo signés en 1993, ils acceptaient le compromis, en échange de la paix, de construire un État en Cisjordanie et dans la bande de Gaza sur seulement 22 % du territoire où ils avaient vécu jusqu’en 1948. Mais depuis Oslo, la pression de la colonisation n’a cessé de réduire cet espace, tandis que les Palestiniens se sont retrouvés impuissants face aux violations croissantes de leurs droits.\n\n\n\n\nEn Cisjordanie\n\nDepuis 2002, les témoignages de nos partenaires nous montrent à quel point le mur enferme une grande partie des Palestiniens et les prive de la liberté de se déplacer normalement pour travailler, commercer, se soigner, étudier ou fréquenter leurs lieux saints, chrétiens et musulmans.\n\nLes colonies israéliennes et leurs infrastructures s’approprient désormais plus de 43 % du territoire de la Cisjordanie [[Tous les chiffres et données concernant la colonisation proviennent de l’Office pour la coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA), fiche Sur l’impact humanitaire de la politique de colonisation, janvier 2012.]]. L’implantation de plus de 500 000 Israéliens a été appuyée par les autorités israéliennes successives, qui ont négligé dans le même temps la construction de logements en Israël. À Jérusalem-Est, la population palestinienne est poussée à quitter la ville tandis que des colons s’implantent au cœur des quartiers palestiniens. L’OCHA, Office de coordination humanitaire des Nations unies, relève qu’en 2011 en Cisjordanie, plus d’un millier de Palestiniens ont subi la démolition de leur maison et ont été déplacés de façon forcée. Dans le même rapport, l’ONU constate que l’absence de lois israéliennes adéquates pour juger les violences des colons conduit à « une situation d’impunité » qui encourage de nouvelles exactions de la part de colons extrémistes à l’égard des Palestiniens.\n\n\nJuste avant d’être arrêté, Jésus, connaissant les souffrances qui l’attendent, fait ses adieux à ses disciples et les encourage à ne pas perdre la foi malgré les épreuves : « Je vous laisse la paix, c’est ma paix que je vous donne ; ce n’est pas comme le monde la donne que moi je vous la donne. Que votre cœur ne se trouble ni ne s’intimide. » Jean 14,27\n\n\n\nDans la bande de Gaza\n\nIsraël impose un blocus total à tous les habitants depuis que le Hamas a été élu en 2006. Les bombardements font régulièrement des victimes civiles. L’opération « plomb durci » de 2009, où les bombardements israéliens firent plus de mille morts, a durablement traumatisé la population. L’essence et les biens de consommation rentrent au compte-gouttes, l’électricité est coupée de 4 à 12 heures par jour et la reconstruction impossible. Très peu de personnes obtiennent l’autorisation de quitter la bande de Gaza, uniquement dans certains cas d’urgence médicale ou en passant la frontière avec l’Égypte. Alors que 80 % de la population vit en dessous du seuil de pauvreté et dépend de l’aide humanitaire, il est désormais extrêmement difficile pour nos organisations et les organismes d’aide d’avoir l’autorisation de s’y rendre.\n\nSi l’occupation reste la première préoccupation de la population palestinienne, le conflit intrapalestinien entre le Fatah et le Hamas, qui se traduit par une division de la société, est une nouvelle source de difficultés. Le boycott par la communauté internationale du nouveau gouvernement issu de la victoire du Hamas aux élections et le blocus israélien depuis 2006 n’ont fait que renforcer la mainmise du Hamas sur la bande de Gaza grâce au contrôle des tunnels avec l’Égypte.\n\n\nL’enfermement, la destruction et l’absence de perspectives d’avenir\n\nUn autre symptôme de l’occupation pour les Palestiniens reste l’expérience de la détention qui représente un véritable phénomène de société. En avril 2012, près de 1 600 prisonniers palestiniens ont suivi une grève de la faim pour demander la fin de l’isolement carcéral, la levée des sanctions (interdiction d’études universitaires, arrêt de la fourniture de livres, etc.), l’autorisation des visites pour les prisonniers originaires de Gaza et la fin de la détention administrative renouvelable indéfiniment, sans inculpation ni jugement.\n\nAvec le blocus de Gaza et le mur en Cisjordanie, les Palestiniens des territoires occupés vivent une situation inédite d’enfermement.  Jusque dans les années 2000, les hommes allaient travailler en Israël, ils parlaient souvent hébreu. Aujourd’hui, tous les contacts sont coupés.\nÀ Gaza, une génération d’enfants grandit en n’ayant jamais rencontré un seul Israélien et en ne connaissant d’eux que le bruit des bombes, des drones et des hélicoptères.\n\nEn poursuivant la colonisation de la Cisjordanie, l’annexion de Jérusalem-Est et l’isolement de la bande de Gaza, le gouvernement israélien pratique une politique du « fait accompli » qui viole le droit international et rend quasi impossible la création d’un État palestinien viable et indépendant. L’ Autorité palestinienne, qui devait être\nprovisoire, perd sa légitimité aux yeux de son propre peuple au fur et à mesure que la possibilité d’un État disparaît. Cette absence de perspectives nourrit un profond sentiment d’injustice et de désespoir chez les Palestiniens, et compromet la possibilité d’une paix future.\n\n\nPARTAGE : COMMENT RÉAGIR FACE À L’INJUSTICE ?\n\nLes Palestiniens sont très souvent confrontés à l’injustice et à l’oppression et se demandent comment faire face : colère, violence, abattement, évitement, acceptation, résignation, résistance, culpabilité, recours à Dieu. Chacun réagit différemment et évolue aussi avec le temps.\n\nEt moi, comment je réagis lorsque je me sens victime d’une injustice ?\n\nDans l’Évangile (cité sur la page précédente), Jésus promet de donner sa paix, malgré des circonstances très angoissantes et conflictuelles. Pourquoi Jésus s’adresse-t-il à notre cœur ? Quelle est cette paix qu’il veut nous transmettre alors que la situation semble sans espoir ?"}
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En pratique l’histoire est un peu différente...\n\n\n\n\nLa coopération fiscale : comment ça marche ? \nSi vous êtes le fisc français et que vous avez de sérieuses raisons de penser que M. Martin ne vous déclare pas tous ses revenus, et qu’il les localise sur son compte au Liechtenstein, vous êtes en droit d’attendre des autorités fiscales du Liechtenstein, en vertu du traité d’échange de renseignements fiscaux signé entre Paris et Vaduz, qu’elles vous renseignent sur le compte de M. Martin. À ceci près que concrètement :\n\n- il vous faut sa voir que M. Martin a un compte au Liechtenstein ;\n\n- il vous faut avoir connaissance du numéro de compte et de la banque de M. Martin (éléments rarement en possession du fisc) ;\n\n- il vous faut remplir une longue déclaration expliquant pourquoi vous soupçonnez M. Martin de fraude fiscale (souvent, c’est précisément cette preuve que vous recherchez en demandant des renseignements au Liechtenstein) ;\n\n- le Liechtenstein doit juger votre demande « raisonnablement pertinente » (foreseeably relevant), ce qui ouvre une marge d’interprétation ;\n\n- il faut que le Liechtenstein dispose de l’information demandée : si ce n’est pas M. Martin, mais un prête-nom qui apparaît comme le détenteur du compte en banque, le Liechtenstein ne pourra pas vous répondre. Il ne tient pas de registre permettant aux autorités de connaître le véritable détenteur de fonds derrière la société écran ou la structure juridique opaque (qui s’appelle Anstalt au Liechtenstein, trust à Jersey, etc.). La fraude, notamment quand elle n’est pas le fait du particulier M. Martin mais de la multinationale Martin & Martin Inc., est souvent beaucoup plus difficile à repérer ;\n- M. Martin sera informé par les autorités du Liechtenstein de votre démarche et pourra en profiter pour tranquillement effacer les éventuels éléments à charge contre lui et transférer son argent dans des zones moins exposées.\n\n\n\nMécanisme de revue par les pairs de l’OCDE : première tentative de contrôle qualité\n\nOn attendait beaucoup du mécanisme de revue par les pairs lancé en mars 2010 par l’OCDE qui devait permettre d’aller plus loin que les listes en évaluant l’effectivité de l’échange d’informations après la signature des traités.\nCette évaluation, coordonnée par le Forum fiscal mondial, comporte deux phases :\n\n- Un contrôle écrit en phase 1 : les équipes d’évaluateurs (2 membres du Forum assistés du secrétariat de l’OCDE) vérifient si les textes légaux et réglementaires garantissent la disponibilité des informations, leur accessibilité par les autorités de contrôle et la coopération prévue par les autorités étrangères.\n\n- Un contrôle in situ en phase 2 pour juger de l’effectivité de l’échange d’informations.\n\nAu 19 septembre 2011, 33 rapports de phase 1 ont été publiés et 13 combinant les phases 1 et 2. 15 autres sont attendus d’ici le G20 de Cannes.\n\nQuel bilan après 18 mois de travail ?\n\nCe travail plus approfondi d’évaluation est crucial car en réalité, nombreux sont les territoires qui n’ont pas complètement joué le jeu après leur sortie des listes : 9 des 21 nouveaux traités signés par la Suisse après avril 2009 ne sont pas conformes aux normes de l’OCDE ; Antigua et Barbuda s’est débrouillé pour en signer 19 qui ne correspondent pas aux standards et nombreux sont ceux qui tardent à être mis en application. Singapour a ainsi signé 16 traités depuis le G20 de Londres dont seulement 3 sont en vigueur. Et même des pays comme l’Autriche qui paraissent avoir largement dépassé le fameux seuil des 12, sont à observer de très près : sur ses 90 traités, 14 seulement ont été jugés conformes.\n\nSi le Forum fiscal mondial suit ce point avec attention, il préfère communiquer sur les efforts fournis par les pays évalués afin de suivre ses recommandations. À son palmarès, il cite notamment l’adoption par la Belgique d’une loi sur la fin du secret bancaire, les efforts de Saint Marin pour que les autorités aient accès aux informations nécessaires ou les entités offshore des îles Caïmans, désormais sommées de mieux tenir leurs comptes.\n\nLe processus d’évaluation du Forum s’étendant jusqu’en 2014, il est encore trop tôt pour apporter un jugement définitif. Cependant, à mi-parcours, il est d’ores et déjà possible d’en souligner les forces... et les faiblesses.\n\n- Les limites d’un processus diplomatique consensuel\nLes paradis fiscaux jouent un rôle actif au sein du Forum qui fonctionne sur des règles extrêmement consensuelles, notamment pour la validation des rapports. Ainsi, la France assure aujourd’hui sa présidence mais ce sont des territoires tels que Jersey et Singapour qui la secondent.\n\n- un forum pas si mondial  \nLe Forum compte aujourd’hui 101 membres mais les pays en développement restent sous représentés. Suite à l’injonction formulée par le G20 à Séoul de mieux les associer à ses travaux, l’OCDE a multiplié les invitations à leur égard mais l’avantage qu’ils pourront en tirer reste difficile à évaluer. Et le Forum ne prévoit pas d’aménagement spécifique, au-delà d’un report de leur évaluation pour faciliter leur entrée. D’autre part, le processus d’évaluation n’associe pas la société civile.\n\n- un suivi qui a le mérite d’être plus approfondi...  \nPour s’assurer de la disponibilité de l’information et de son accessibilité, les évaluations menées par le Forum passent en revue 10 critères relevant de trois grandes catégories : disponibilité des renseignements, accès aux renseignements, échange de renseignements (voir encadré).\n\n\nLes 10 critères d'évaluation du Forum Social Mondial\n\nA - DISPONIBILITÉ DES RENSEIGNEMENTS\n1.Propriété et identité pour l’ensemble des entreprises et autres structures juridiques\n2.Registres comptables fiables pour l’ensemble des entreprises\n3.Renseignements bancaires pour tous les titulaires de comptes\n\nB - ACCÈS AUX RENSEIGNEMENTS\n1.Capacité d’obtention et de communication des informations faisant l’objet d’une demande au titre d’un accord d’échange de renseignements de toute personne relevant de leur compétence territoriale qui détient ou contrôle ces renseignements\n2.Compatibilité des droits et protections s’appliquant aux personnes relevant de la compétence territoriale avec un échange efficace de renseignements\n\nC - ÉCHANGE DE RENSEIGNEMENTS\n1.Efficacité des mécanismes de l’échange de renseignements\n2.Réseau de mécanismes d’échange de renseignements des juridictions couvrant tous les partenaires économiques pertinents\n3.Dispositions garantissant la confidentialité des renseignements reçus\n4.Respect des droits et protection des contribuables et des tiers\n5.Délais raisonnables\n\nAvec cette batterie de critères, le Forum se donne enfin les moyens de vérifier si les territoires qui s’engagent à coopérer, cherchent effectivement à collecter et à rendre disponibles les informations nécessaires. Néanmoins, il semble que les évaluations fonctionnent sur le principe du plus grand dénominateur commun. C’est-à-dire que le critère est parfois considéré comme « en place », même s’il existe des failles ou des exceptions importantes dans son application. Sur ce point, l’indice d’opacité financière* développé par le Tax Justice Network* propose la méthodologie inverse. À\nnoter également le progrès que marque l’examen des informations disponibles quant aux trusts car cette structure juridique, pourtant au cœur de l’opacité du système financier international, n’était jusqu’alors l’objet d’aucune attention particulière de la part de l’OCDE. Même si le Royaume-Uni a obtenu que ne soit examiné qu’un pan du sujet.\n\n- ... et le défaut d’être long, complexe et presque illisible ! Impossible d’avoir une vue d’ensemble du processus et des résultats intermédiaires sans prendre le temps d’analyser les quelques 4 500 pages que représentent les 46 rapports publiés. D’autant que le Forum fiscal a renoncé à publier des indicateurs comparables, aussi simples que le nombre de requêtes reçues et émises en matière d’échange d’informations, le nombre de requêtes jugées recevables et le nombre de requêtes abouties. Alors qu’en parallèle ont disparu les « Tax-Cooperation reports » publiés entre 2006 et 2010 qui étaient certes plus succincts, mais qui avaient le mérite d’offrir des éléments de comparaison entre les États.\nDans ces conditions, difficile pour les journalistes et pour les associations mobilisées sur le sujet d’entretenir le débat public et de maintenir la pression sur le sujet. Nous attendons donc avec impatience le rapport d’étape qui sera rendu en amont du G20 de Cannes !\n\n2014, et après ?\n\nLes pays dont l’évaluation de phase I dévoile des insuffisances sont sommés de mettre en œuvre un certain nombre de recommandations. Le passage en phase II de l’évaluation est parfois conditionné par ces évolutions. Par ailleurs, pour les quelques pays dont l’évaluation complète se déroule en une seule fois, la suite est encore moins claire. Ainsi, l’évaluation du Royaume Uni signale des déficiences en matière d’accès aux informations. Le pays a pourtant été qualifié dans son rapport, de « très bon partenaire en matière d’échange d’informations ». Après une telle conclusion, qui s’inquiétera de vérifier si cette accessibilité s’améliore ?\n\nSurtout que se passera-t-il à l’issue du processus d’évaluation ? Le Forum sera-t-il en mesure de publier de nouvelles listes ou un classement afin de rendre intelligible ce long travail d’évaluation et pointer du doigt les territoires qui n’ont pas joué le jeu de la coopération fiscale ? Le G20 évoquait en 2009 tout un éventail de potentielles sanctions (conditionnement des politiques d’investissement ou des programmes d’aide à l’échange d’informations ou encore imposition d’une retenue à la source pour ceux qui ne coopèrent pas). on ne demande qu’à voir...\n\nEnfin, le silence du Forum sur les accords rubik* récemment signés par la Suisse avec l’Allemagne et la Grande Bretagne pose question. S’il sera certainement amené à se prononcer sur la validité de tels accords au regard des standards en vigueur, une position officielle de principe aurait été la bienvenue avant que la Suisse ne commence à négocier avec d’autres États.\n\n\nFallait-il tout miser sur l’échange bilatéral d’informations ?\n\n\nNon, d’autres alternatives plus prometteuses existent pour faire avancer la transparence :\n\n- Une approche multilatérale pour faciliter l’inclusion des pays du Sud\nLe G20 aurait pu déployer davantage d’efforts pour promouvoir des outils multilatéraux d’échange d’informations. La pertinence du choix fait par l’OCDE et le G20 de multiplier les traités bilatéraux reste en effet à démontrer. Il y a 242 territoires qui disposent d’une souveraineté au plan fiscal : c’est très lourd à négocier, pour les pays pauvres notamment (voir question 10), alors qu’une convention multilatérale d’échange de renseignements fiscaux aurait le mérite de faire bénéficier d’emblée tous les pays signataires de la coopération fiscale. À condition bien sûr de sanctionner la non-adhésion à cette convention, en ajoutant les territoires réfractaires sur les listes de paradis fiscaux.\nC’est le message que le CCFD-Terre Solidaire et ses alliés ont porté auprès des instances internationales, avec un certain succès, puisque depuis mai 2010, la convention sur la coopération administrative* dont l’OCDE et le Conseil de l’Europe sont dépositaires a été amendée dans ce sens. Permettant l’échange de renseignements fiscaux à la demande entre tous les signataires, elle est désormais ouverte aux pays en développement et semble depuis en séduire plus d’un. Mais en l’état, rien ne contraint les paradis fiscaux à y participer et les pays du G20 ne semblent pas pressés d’y remédier. Tout l’intérêt de l’initiative tombe à l’eau.\n\n- un modèle d’échange d’informations beaucoup plus performant : l’échange automatique.\nCe dispositif est déjà en vigueur depuis 2005 au sein de l’Union européenne pour les produits de l’épargne des particuliers. Introduit par la directive « Épargne »*, il oblige par exemple la France à transmettre automatiquement au fisc allemand les informations relatives aux ressortissants allemands qui disposeraient de comptes bancaires en France. Ce régime s’applique à tous les États de l’Union européenne sauf à l’Autriche et au Luxembourg qui ont obtenu d’être dispensés d’échange d’informations jusqu’à ce que la Suisse, Andorre, le Liechtenstein, Monaco et Saint Marin soient soumis aux mêmes règles. En attendant, ils prélèvent tous une retenue à la source de 35 % sur les revenus de l’épargne des non-résidents, reversée ensuite aux pays d’origine. Malgré ces réticences, l’Union européenne travaille laborieusement à l’élargissement de ce dispositif à d’autres catégories de revenus. Un nouveau texte, voté en février 2011, va dans ce sens en prévoyant d’appliquer l’échange automatique d’informations aux salaires, aux jetons de présence et à certains produits d’assurance-vie d’ici 2015. Mais encore une fois, le Luxembourg et l’Autriche ont préservé leur secret bancaire, en exigeant une clause de limitation de l’échange à l’information « disponible ».\nLa récente signature des accords rubik* par l’Allemagne et la Grande Bretagne avec la Suisse pourraient signer l’arrêt de mort de cette directive, ruinant les efforts de plusieurs années de discussions. La volte-face de ces deux grands pays sur les mécanismes de prélèvement à la source pourrait en effet bloquer définitivement toute sortie de ce régime transitoire (voir question 5).\nÀ noter que ce principe d’échange automatique s’applique également entre les pays nordiques, de même qu’entre l’Australie et la Nouvelle-Zélande, ou encore entre les États-Unis, le Canada et le Mexique pour certaines assiettes fiscales.\n\n- L’échange d’informations entre États et intermédiaires privés (banques, institutions financières)\nLes États-Unis sont quant à eux en passe d’instaurer directement ce principe d’échange automatique entre le fisc américain et les acteurs financiers étrangers (loi FATCA* voir question 5), ce qui invite à penser qu’ils ne sont guère convaincus par l’échange bilatéral d’informations...\nCette nouvelle initiative ciblant les intermédiaires ouvre une nouvelle voie à explorer. L’échange d’informations entre États constitue une dimension importante de la lutte contre l’évasion fiscale mais elle doit impérativement être complétée par des mesures de transparence ciblant directement les utilisateurs des paradis fiscaux (voir nos recommandations à la fin du rapport)."}
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Cet accord doit encore être entériné par le vote du Parlement européen et du Conseil]]. Les multinationales extractives seraient ainsi contraintes de faire la lumière sur l'ensemble des paiements qu'elles versent aux autorités publiques des pays dans lesquels elles extraient des ressources naturelles.\n\nPour Grégoire Niaudet, coordinateur de la campagne Publiez Ce Que Vous Payez, « Cet accord est une réelle victoire pour la société civile qui exige depuis près de dix ans un droit de regard sur les sommes gigantesques que génèrent les industries extractives alors que les services essentiels de base comme la santé ou l'éducation font défaut dans les pays d'extraction ». Une fois les données disponibles, les citoyens pourront enfin demander des comptes aux entreprises et aux gouvernements : combien rapportent vraiment les industries extractives ? Qui en bénéficie ? Où va l'argent ? Pour presque 1,5 milliards de personnes vivant avec moins de 2 dollars par jour dans les pays riches en ressources naturelles, il est temps que ces questions trouvent réponse [[Publiez Ce Que Vous Payez et ONE France ont lancé deux pétitions qui ont recueilli en tout 171 720 signatures au niveau européen pour demander l'adoption de cette directive]].\n\nSelon Félix Delhomme, d'Oxfam France, « Le texte adopté par l'UE met en place un réel standard de transparence qui ne repose pas sur la seule bonne volonté de quelques entreprises mais s'applique à toutes les multinationales pétrolières, gazières, minières et forestières du moment qu'elles sont cotées dans l'UE ». Les institutions européennes ont abouti à un consensus pour l'adoption de normes de transparence ambitieuses. Les entreprises devront publier des rapports détaillés chaque année, permettant d'examiner à la loupe les paiements liés à chaque projet d'extraction dans la totalité des pays dans lesquelles elles opèrent à travers le monde. L'Union européenne entend ainsi s'inscrire dans le sillage des Etats-Unis qui ont adopté en 2010 la loi Dodd-Frank [[Les Etats-Unis ont adopté le Wall Street Reform and Consumer Protection Act, dite loi Dodd-Frank en 2010. La Section 1504 de cette loi dispose que les entreprises du secteur extractif cotées aux Etats-Unis doivent publier l'ensemble des paiements qu'elles versent aux pays dans lesquels elles opèrent, avec un détail projet par projet. Les règles de mise en œuvre de cette loi ont été adoptées le 22 août 2012 par la Securities and Exchange Commission]].\n\nL'Union européenne, qui vient par ailleurs de décider une mesure de transparence parallèle pour le secteur bancaire, donne aussi rendez-vous d'ici quelques années pour mesurer les résultats et étendre le champ de cette disposition. Pour Mathilde Dupré du CCFD-Terre Solidaire, «L'extension future à d'autres secteurs est cruciale car les multinationales, toutes activités confondues, utilisent les mêmes failles juridiques pour délocaliser artificiellement leurs profits dans des territoires à faible fiscalité et échapper à l'impôt ».\n\nL'adoption du texte dépendra du vote final du Parlement européen et la directive devra ensuite être transposée dans le droit des Etats membres de l'UE. « Restons vigilants et mobilisés pour nous assurer d'une mise en œuvre rapide et efficace » appelle Friederike Röder, de ONE France. « La société civile restera également mobilisée pour que ces règles de transparence deviennent un standard global ; au-delà des Etats-Unis et de l'Europe, la France doit s'engager à porter ce sujet au sein du G8 et du G20. »\n\n\nContact presse :\n\nKarine Appy - 01 44 82 80 67\n \n\nLa campagne Publiez Ce Que Vous Payez regroupe plus de 600 organisations dans plus de 30 pays. En France, la plateforme comprend les organisations suivantes : Les Amis de la Terre, Amnesty International - Section Francaise, CARE France, CCFD Terre Solidaire, CIMADE, Secours Catholique / Caritas France, Défi Michée, FIDH - Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme, Info Birmanie, Justice et Paix, Oxfam France, ONE France, Partenia 2000, SHERPA, SURVIE, Transparence-International (France)."}
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Nous vivons maintenant l’un de ces moments.\n\nAu cours des quatre dernières années, nous avons assisté à un niveau sans précédent de discussions, de consultations et de mobilisation dans la préparation des nouveaux objectifs mondiaux. \nLes débats ont été caractérisés par un véritable espoir que la communauté internationale allait relever le défi de s’attaquer aux problèmes de fond plutôt que de continuer à faire ce qui est économiquement avantageux et politiquement viable.\n\n«Transformer notre monde: L'Agenda 2030 pour le développement durable\" vise à répondre aux défis les plus urgents d'aujourd'hui.  \nIl expose une vision d'un monde où toute vie peut prospérer. \nIl propose à juste titre un programme universel qui reconnaît l'interdépendance des objectifs économiques, sociaux et environnementaux. \nIl est construit sur la reconnaissance explicite des droits humains et contient des objectifs valables pour éradiquer la pauvreté, assurer l'égalité entre les sexes, réduire les inégalités, réaliser des modèles de consommation et production durables, et lutter contre la déforestation et les changements climatiques. \nLa mise en œuvre de ces objectifs et l’obligation de rendre compte aux citoyens du monde entier permettront de déterminer leur pertinence dans la réponse apportée aux crises actuelles.\nMais répondre aux crises signifie reconnaître et s’attaquer aux limites, lacunes et incohérences que l’on peut trouver dans les objectifs de développement durable (ODD). \nEn particulier, les ODD ne résolvent pas la contradiction entre la recherche de l'harmonie avec la nature et la priorité accordée à une croissance soutenue pour toutes les nations. \nLes objectifs impliquent la poursuite de la compétition pour des ressources naturelles limitées et, par conséquent, de nouvelles hausses des émissions de gaz à effet de\nserre. \n\nIls ne s’attaquent pas aux règles mondiales injustes de la finance, de la fiscalité, du commerce et des investissements, essentiels pour parvenir à la transformation structurelle nécessaire si l’on veut s’attaquer aux causes profondes de la pauvreté et des inégalités. \nNous avons besoin de plus d'ambition dans ces domaines critiques pour parvenir à une véritable transformation de notre monde !\n\nNous sommes solidaires avec les personnes et les communautés qui développent des solutions et des alternatives de vie basées sur les notions de bien-être, de soin envers les autres et de prospérité partagée. \nElles contribuent au monde que nous devrions tous aspirer à créer! Qu’il s’agisse de petits producteurs qui pratiquent l'agro-écologie et construisent des systèmes alimentaires locaux ou bien de communautés pratiquant une économie sociale et solidaire; de femmes émancipées qui ont transformé leurs communautés ou de communautés qui utilisent un système de production décentralisé et communautaire d’énergie renouvelable; nous sommes inspirés par l'innovation et la vision de ces personnes à travers le monde.\n\nNous sommes inspirés par le nombre croissant de dignitaires religieux de par le monde [[http://www.interfaithpowerandlight.org/resources/religious-statements-on-climate-change/ pour une liste complète des déclarations selon les religions et les déclarations interconfessionnelles.]] qui continuent de dénoncer les changements climatiques. Dans sa Lettre encyclique « Laudato Si’ sur la sauvegarde de la maison commune » publiée en mai 2015, le Pape François appelle à une « conversion écologique ». Il propose un programme d'action pour une transformation en profondeur de notre relation avec l'environnement, et de la façon dont nous organisons notre vie sociale, économique et politique. \n\nEntendant les appels à un changement de mode de vie, les personnes font preuve de leur empressement à relever ce défi. \nDes initiatives citoyennes fleurissent dans le monde entier, telle la campagne «Changeons pour la planète - Prenons soin de l’humanité », où des personnes s’engagent à consommer de manière durable ainsi que dans des actions politiques. Ces initiatives prouvent que les gens sont prêts à changer.\n\n\nNous appelons donc ceux et celles réunis à l'ONU pour le Sommet sur le développement durable à aller plus loin pour soutenir la quête commune de protéger notre planète partagée et l'humanité. Nous vous demandons de :\n\n- Fixer des limites à l'extraction des ressources naturelles et de se mettre d'accord pour un partage équitable des ressources naturelles. Renforcer les efforts à la base pour protéger la biodiversité. Mettre un terme aux investissements dans l'agriculture industrielle. Soutenir et renforcer les systèmes alimentaires locaux et l'agro-écologie.\n\n- Résister à l'influence des puissants intérêts privés dont la recherche du profit empêche la transformation de nos sociétés. Fixer des limites au pouvoir des sociétés transnationales à influencer les politiques publiques. Exiger la transparence des transactions, privées et publiques. Adopter un traité mondial visant à faire respecter les responsabilités des droits humains des entreprises !\n\n- Supprimer le financement de l'énergie sale et rediriger les ressources vers la production d'énergie renouvelable décentralisée et communautaire. Reconnaître l’existence de la dette écologique dont le remboursement est dû depuis longtemps.\n\n- Transformer le système financier pour soutenir l'émergence d'alternatives véritablement durables. Réformer les politiques fiscales pour redistribuer les richesses.\n\n- Réformer les systèmes  qui excluent la majorité des pays du monde de déterminer des règles globales sur la fiscalité, le commerce et dans d'autres domaines qui ont un lourd impact sur leurs populations. Permettre et renforcer le pouvoir des producteurs de denrées alimentaires, des travailleurs, des peuples autochtones, des migrants et des dirigeants communautaires locaux  de s’organiser et de parler en leur nom à la table des négociations. Renforcer le pouvoir des femmes qui souffrent de discrimination et d’obstacles à la participation.\n\nLes hommes et les femmes sont prêts à s’inscrire dans un avenir où le plus important est l’égalité, l’équité, les droits et une vie en harmonie avec la nature. \n\nNous, soussignés, nous nous engageons à accompagner les personnes dans cet effort, en prenant nous mêmes des mesures, petites et grandes. Nous vous demandons de marcher avec nous et toutes les personnes qui se lancent dans cette nouvelle aventure ! Assumez le leadership que ce moment historique exige !\n\n\n\nListe des signataires\n\n1. Dereje Alemayehu, World Citizen and Tax Justice Activist, Ethiopia\n2. Marcia Anfield, Mariannridge Coordinating Committee, South Africa\n3. Attilio Ascani, Director, Focsiv, Italy\n4. Georges Bach, Member of the European Parliament, Luxembourg\n5. Chris Bain, Director, CAFOD, UK/England & Wales\n6. Fr. Dário Bossi, Comboni Missionary, International Alliance of those Affected by Vale, Brazil\n7. Jenny Boyce-Hlongwa,Coordinator, Mariannridge Coordinating Committee, South Africa\n8. Adriano Campolina, Chief Executive, ActionAid International\n9. Marian Caucik, Director, eRko, Slovakia\n10. Alistair Dutton, Director, SCIAF, UK/Scotland\n11. Hilal Elver, Professor of law, Turkey; and UN Special Rapporteur on the Right to Food\n12. Simone Filippini, Director, Cordaid, The Netherlands\n13. Susan George PhD, President, Transnational Institute, The Netherlands\n14. Patrick Godar-Bernet, Director, Bridderlech Deelen, Luxembourg\n15.Mamadou Goïta, Executive Director, Institut de Recherche et de Promotion des Alternatives de Développement en Afrique (IRPAD), Mali\n16. Bishop Theotonius Gomes, Auxiliary Bishop Emeritus of Dhaka, Federation of Asian Bishops’ conferences, Bangladesh\n17. Rev. Fletcher Harper, Executive Director, Greenfaith, USA\n18. Lieve Herijgers, Director, Broederlijk Delen, Belgium\n19. Jason Hickel, Lecturer, London School of Economics and Political Science, UK\n20.Wael Hmaiden, Executive Director, CAN International, Lebanon\n21. Heinz Hödl, CIDSE President and Director, KOO, Austria\n22. Archbishop Jean-Claude Hollerich, Archbishop of Luxembourg\n23. Nicolas Hulot, Special Envoy of the President of the French Republic for the Protection of the Planet, France\n24. Pa Ousman Jarju, Minister of Environment, Climate Change, Water Resources, Parks & wildlife, The Gambia\n25. Bishop Aloys Jousten, Honorary Bishop of Liège, Belgium\n26. David Leduc, Executive Director, Development and Peace, Canada\n27. Jorge Libano Monteiro, Administrator, FEC - Fundação Fé e Cooperação, Portugal\n28. Bill McKibben, Co-founder 350.org, USA\n29. Eamonn Meehan, Director, Trócaire, Ireland\n30. Daniel Misleh, Executive Director, Catholic Climate Covenant, USA\n31. Bhumika Muchhala, Senior Policy Analyst, Finance and Development, Third World Network, Malaysia\n32. Fr. Stan Muyebe, Justice and Peace Commission, Southern Africa Catholic Bishops Conference, South Africa\n33. Kumi Naidoo, Executive Director, Greenpeace International, South Africa\n34. Bernd Nilles, Secretary General, CIDSE, Belgium\n35. Allen Ottaro, Executive Director, Catholic Youth Network for Environmental Sustainability in Africa (CYNESA), Kenya\n36. Peter-John Pearson, Director, Southern African Catholic Bishops’ Conference Parliamentary Liaison Office, South Africa\n37. Bernard Pinaud, Director, CCFD-Terre Solidaire, France\n38. Viviane Reding, former Vice-President of the European Commission and Member of the European Parliament, Luxembourg\n39. Susana Réfega, Executive Director, FEC - Fundação Fé e Cooperação, Portugal\n40. Cécile Renouard, Philosopher and Economist, France\n41. Patrick Renz, Director, Fastenopfer, Switzerland\n42. Andy Ridley, Managing Director, Circle Economy, The Netherlands\n43.Michel Roy, Secretary General, Caritas Internationalis, Vatican City\n44. Jeff Rudin, Secretary, Alternative Information and Development Centre, South Africa\n45.Naderev \"Yeb\" Saño, Leader of The People's Pilgrimage for Climate Action, OurVoices, Philippines\n46. Angelo Simonazzi, Secretary General, Entraide et Fraternité, Belgium\n47. Colette Solomon, Director, Women on Farms’ Project, South Africa\n48. Pablo Solón, Executive Director, Fundación Solón, Bolivia\n49. Pirmin Spiegel, Director, Misereor, Germany\n50. Soledad Suárez Miguélez, President, Manos Unidas, Spain\n51.Monicah Wanjiru, General Secretary, International Coordination of Young Christian Workers, Italy"}
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Et puis est arrivée l’encyclique. Il y a donc eu synergie entre ces deux approches. La présence à cette conférence du cardinal Turkson, le président de la Commission pontificale Justice et paix, mais aussi une intervention du cardinal Parolin, le secrétaire d’État du Vatican, ont permis de valoriser et d’intégrer cette encyclique. \n\n\nPourquoi ce « soudain » engagement de l’Église pour la cause écologiste ? \n\nCertains passages de Pacem in terris ou de Popularum progressio abordent cette dimension environnementale, mais ce n’est pas un thème central. Cette encyclique, la première sur l’écologie, est donc un moment absolument marquant. Le concept d’écologie intégrale qui lie dimension sociale et dimension environnementale est d’une très grande importance pour nous puisque cette approche est exactement celle que nous portons. C’est-à-dire que nous ne rentrons pas sur les questions de changement climatique ou environnementales uniquement par le bout environnementaliste, mais en faisant le lien avec les inégalités, avec la lutte pour la justice sociale pour avancer vers ce nouveau paradigme, cette transition écologique et sociale. \n\n\n« Transition écologique et sociale » qui expliquerait la présence de Naomi Klein, icône du mouvement altermondialiste mondial, à cette conférence ?\n\nQue Naomi Klein vienne avec nous au Vatican pour intervenir dans cette conférence en a surpris plus d’un mais, justement, il nous revient de faire ce lien entre les responsables d’Église et le mouvement altermondialiste. Parce qu’il y a un certain nombre de combats qui sont communs, de propositions communes. Cette encyclique parle d’économie sociale et solidaire, de coopératives, des solutions initiées par des organisations de la société civile. Et cela débouche sur un quasi plan d’action sur trois niveaux : l’interpellation des pouvoirs publics, pour des changements structurels, la mise en place d’alternatives locales et, ensuite, la transformation de la personne, la « conversion écologique » dit le texte. Ce qui renvoie chacun de nous à ses choix, ses modes de vie, de consommation… La venue de Naomi Klein est donc bien dans cette philosophie.\n\n\nQuid de la position du CCFD-Terre Solidaire sur cette question ?\n\nLe CCFD-Terre Solidaire n’est pas une ONG environnementaliste et n’a jamais mis en avant les questions environnementales. Non pas parce que qu’il ne s’y intéresse pas – nous étions au Sommet de la Terre de Rio, en 1992 –, mais parce qu’il a toujours considéré que, puisqu’il y avait des organisations qui faisaient très bien ce travail, ce n’était pas la peine de se lancer sur ce terrain et qu’il lui fallait rester sur le sien, le développement. Sauf que, les changements et les dérèglements climatiques ont un impact sur beaucoup des projets de nos partenaires, qui se retrouvent confrontés à ces questions, en particulier dans le monde rural. Nous ne pouvons donc plus ne pas prendre en considération ces changements et ne pas lier environnement et développement. Tout cela est un.\n\nUn formidable soutien à l’approche de la COP 21 ?\n\nComme appel à mobilisation, on ne pouvait pas faire mieux. Cette encyclique pousse l’ensemble de l’Église à se mettre dans une posture de mobilisation vis-à-vis de la COP 21. Le CCFD-Terre Solidaire fait partie de la Coalition Climat 21 [[Regroupant plus d’une centaine d’ONG, de syndicats de mouvements sociaux français… la Coalition Climat 21 a été reconnue Grande cause nationale 2015 par l’État français, le 21 avril dernier, pour son travail de sensibilisation de l’opinion.]], qui coordonne l’ensemble des mobilisations de la société civile en France. Nous sommes également membres d’une coordination interreligieuse qui a remis un texte au président de la République, le 1er juillet, et enfin d’une coordination catholique. Le CCFD-Terre Solidaire est donc présent à tous les étages de cette mobilisation qui doit d’abord être une mobilisation citoyenne sur la question des modèles de développement, d’une nécessaire transition écologique et sociale et, en définitive, d’un choix de modèle de développement durable. Cette sensibilisation pourrait d’ailleurs perdurer au-delà de la rencontre de Paris et de la COP 21. Nous voulons aussi profiter de cette occasion pour mettre en exergue, en lumière des réponses alternatives qui existent, mais restent « invisibles ». Rendons visible l’invisible et montrons que l’agroécologie, l’agroforesterie, cela fonctionne, que l’agriculture urbaine, l’économie sociale et solidaire, cela existe ! \n\nPropos recueillis par Patrick Chesnet"}
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Secrétaire général de l’association Rencontre & Développement, basée à Alger, Hamid Fadhel revient sur le sort des milliers de migrants qui, faute de pouvoir rejoindre l’Europe, se retrouvent coincés de l’autre côté de la Méditerranée. \n\n\n\n L’Algérie est-elle toujours un point de passage vers l’Europe ?\n\nCela était peut-être vrai avant. Mais, aujourd’hui, les choses ont changé. Ceux qui débarquent chez nous ont toujours ce rêve de vie meilleure. De venir en France. Aucun n’a envie de s’installer en Algérie sauf que, ils se retrouvent souvent bloqué là-bas, parfois pour longtemps. Parce qu’ils n’ont plus d’argent et que, pour arriver jusqu’en France, la traversée coûte au minimum dans les 3 000 euros.\n\n Quel est leur profil ?\n\nCe sont des hommes, des femmes, des enfants dont l’âge varie entre 0 et 45 ans. Ils viennent de la République démocratique du Congo, du Cameroun, du Nigéria ou du Libéria. Dernièrement, nous avons reçu beaucoup d’Ivoiriens, à cause de la crise qui s’est passée là-bas. Le plus terrible est que, la majorité de ces derniers sont des universitaires, des intellectuels. Il y a des étudiants en médecine, en lettres modernes, des gens qui ont des masters.\n\nCombien sont-ils ainsi à Alger et comment subsistent-ils ?\n\nSelon une estimation faite l’année dernière, le nombre de migrants en situation irrégulière dans la capitale tournerait autour des 5 000 personnes. Les hommes cherchent à se faire embaucher sur des chantiers, pour du terrassement ou comme maçon, certains font de la cordonnerie, d’autres jouent les portefaix dans les ruelles de la casbah d’Alger. Les femmes se retrouvent masseuses dans les hammams, font des ménages ou, plus rarement, se voient confier la garde d’enfants. Ils font tout et n’importe quoi pour s’en sortir.\n\nQuelles sont leurs « relations » avec les autorités algériennes ?\n\nAvant, les migrants faisaient partie du paysage, il n’y avait pas beaucoup de contrôles. Mais, depuis la loi de 2008, qui précise les obligations des étrangers « légaux », un étranger doit être invité, il doit signaler sa présence en Algérie, … c’est de plus en plus dur pour les autres. Si quelqu’un se fait arrêter alors qu’il est clandestinement sur le territoire algérien, c’est direct en prison pour deux mois minimum. Le jugement est assez rapide et prononcé en arabe. Si ce migrant est francophone, il va se retrouver avec un avocat commis d’office qui ne lui dit même pas ce qu’il se passe et, en cinq minutes, c’est liquidé.\n\nQue fait Rencontre & Développement ?\n\nNous essayons de leur apporter une aide matérielle, comme la fourniture de couvertures, de vêtements chauds, de lait en poudre pour les mères, ou médicale, en leur donnant des médicaments, en les accompagnants à l’hôpital… Nous nous occupons aussi de la scolarisation des enfants. \n\nMais l’un de nos programmes phares est le retour volontaire au pays que nous avons initié en 2001. Il consiste à fournir au migrant qui en fait la demande les moyens de retourner chez lui en lui procurant une sorte de « passeport » qui lui permettra de bénéficier du soutien des différents points relais que nous avons établi sur les routes qui relient Alger à l’Afrique sub-saharienne.\n\nEntre 2006 et 2010, il y a eu entre 78 et 95 personnes qui nous ont demandé chaque année de bénéficier de ce retour volontaire. En 2011, ils étaient 220. Tous arrivés chez eux.\n\nEst-ce que vous n’avez pas parfois le sentiment de faire un « sale » boulot ?\n\nAu contraire. Je me dis même que la personne que j’ai aidée à retourner chez elle, je lui ai peut-être sauvée la vie. Nous avons en effet enterré 37 de ces migrants depuis 2007. C’est vrai qu’il m’arrive parfois de penser que je ressemble à un policier, mais, en même temps, je me dois aussi d’être direct et réaliste. Je ne peux pas dire à celui ou celle qui est en face de moi : « T’inquiète pas, ça va s’arranger ». Parce que ce ne va pas s’arranger. Je suis Algérien, je vis dans mon pays, je vois ce qui se passe, que les Algériens eux-mêmes n’arrivent pas à s’en sortir. Et puis il y a les descentes de police, les rafles.\n\nComment intervient le CCFD-Terre Solidaire ?\n\nLe CCFD-Terre Solidaire est un de nos plus fidèles partenaires. Il prend en charge ce qui relève du social, du médical et nous soutient également dans ce programme de retour volontaire au pays. C’est grâce à lui qu’en 2006, nous avons organisé la première véritable réunion concernant ce programme et que nous avons pu sortir du cadre « algérien » dans lequel nous étions par manque de contacts extérieurs.\n\nNous avons rencontré d’autres groupes, d’autres personnes concernées dans les différents pays d’Afrique sub-saharienne, ce qui nous a permis de « professionnaliser » ce programme et d’établir de véritables relais tout au long des routes empruntées par les migrants pour rentrer chez eux. \n\nPropos recueillis par Patrick Chesnet"}
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Mais, bien qu’elles soient les opératrices finales, une multitude d’acteurs prennent part dans ce phénomène complexe. On peut distinguer quatre catégories d’acteurs :\n\n• Les États : qu’il s’agisse d’États impulsant des investissements dans des pays tiers, pour répondre à leurs propres besoins alimentaires ou énergétiques, ou d’États hôtes qui accueillent, facilitent voir commanditent les investissements ;\n\n• Les investisseurs locaux (des élites locales, qu’il s’agisse de grands propriétaires, ou d’entrepreneurs, de riches particuliers…) ;\n\n• Les financeurs des projets parmi lesquels on retrouvera les Institutions Financières internationales, les Banques multilatérales de développement et les acteurs de la bancassurance, via les investisseurs institutionnels tels des fonds d’investissement et les fonds de pension ;\n\n• Les entreprises multinationales (tant privées que publiques).\n\nLa relation, pour le moins ambigüe, entre les États (à la fois États hôtes et États commanditaires de projets) et les investisseurs, ne facilite certainement pas l’identification des responsabilités en cas de violations des droits. Les États hôtes tendent le plus souvent à satisfaire les intérêts des investisseurs avant de s’assurer du respect des droits des communautés locales. Dans bon nombre de cas, les terres appartiennent aux gouvernements ou ces derniers jouent des codes et droits fonciers pour en reprendre le contrôle ; il leur est alors facile de louer voir céder de grandes superficies aux investisseurs, avec des bénéfices souvent minimes, voire inexistants, tant pour les communautés au niveau local qu’en termes de recettes budgétaires nationales. Pour garantir toute forme de facilités pour les porteurs des projets, les États changent ou adaptent leur droit interne pour permettre ces investissements. Les investisseurs internationaux font même pression pour obtenir ainsi ce qu’ils appellent des « conditions favorables (aux investissements) » ou encore « l’élimination des inefficiences ».\n\nUn exemple de ces pratiques concerne l’interdiction de vente des terrains. Ainsi dans bon nombre de pays du Sud, la vente de terres (à petite ou grande échelle) à des acteurs étrangers (publics ou privés) est interdite par la loi : qu’à cela ne tienne, l’État y loue les terrains pour une longue période, ou encore passe par des entreprises ou agences nationales en tant qu’intermédiaire. L’État hôte peut aussi garantir les bénéfices pour les investisseurs en leur offrant des garanties financières via des prix du foncier attractifs, des prêts à un taux dérisoire, des avantages fiscaux et même des exceptions au droit du travail et de l’environnement. Ainsi, les mesures mises en place par les États et destinées à attirer les investisseurs (qu’elles soient inclues dans des contrats spécifiques ou découlent de modifications des codes d’investissements généraux ou relatifs à un secteur particulier) ne bénéficient qu’aux seuls acteurs privés (souvent étrangers) et à une poignée d’élites locales. Dans cette logique, la communauté locale, souvent déjà fragilisée, est mise à l’écart et ne peut faire face à ce qu’elle ressent comme une violation de son droit à la vie.\n\nDe surcroît, il n’est pas rare de voir ces mêmes gouvernements porter atteinte au droit à manifester, ou à la liberté d’expression, afin de réprimer tout signe de mécontentement de la part des populations affectées. Pourtant, ces projets sont souvent à l’origine de graves violations : expulsions forcées, absence totale de consultation des populations, violation du droit d’usage... Bien évidemment, sauf rare exception, dans ce jeu du pot de fer contre le pot de terre, les populations victimes n’ont pas accès à la justice et ne peuvent obtenir réparation des préjudices subis.\n\nBien souvent, tous les moyens semblent valables pour réaliser les investissements : le harcèlement quotidien (via la coercition, la violence morale ou physique) des populations vivant sur ces terres est une pratique courante. On peut ainsi voir des professionnels chercher à persuader les petits propriétaires de vendre leurs terres, en faisant miroiter de nombreux avantages souvent factices, voire en les montant les uns contre les autres et en jouant des divisions entre et dans les communautés. C’est aussi simplement la pauvreté qui peut pousser certains à vendre leurs terres, à cause d’une augmentation du coût de la vie locale, ou du montant des impôts.\n\nLe manque d’information sur les droits est également un facteur aggravant dans le rapport de force inégal entre investisseurs et communautés locales. Le droit foncier est bien entendu au centre des enjeux : manquant de transparence, voire inexistant, il peut être un facilitateur clef de l’accaparement de terres. Dans certaines régions, les petits producteurs, les communautés paysannes, les populations indigènes ou les habitants locaux, même s’ils sont les utilisateurs ancestraux des terres, n’ont pas de titres de propriété. Les formes de reconnaissance d’occupation ou de possession de la terre varient fortement, et l’on peut voir dans certaines régions se juxtaposer droits coutumiers, pratiques communautaires et code foncier national. Même dans des pays avec des droits fonciers réformés et unifiés, l’accès aux instances judiciaires gratuites et populaires n’est pas toujours assuré. Parfois les populations locales, démunies sur le plan financier ou en termes d’information sur leurs droits, ne trouvent pas les moyens pour se défendre face à la violation de leurs droits. L’État lui-même peut se retrouver impuissant pour défendre les intérêts de sa population face à la pression des géants économiques poussant l’investissement en question. Le gouvernement local peut alors se retourner contre le gouvernement régional ou national, ou vice-versa.\n\nLes intouchables de Thervoy (Inde) privés de leur forêt collective \nEn Inde, depuis plus de deux cents ans les 6 000 « Dalits » (intouchables) du village de Thervoy, situé à 60 kilomètres de Chennai, au Tamil Nadu, vivaient de l’agriculture, de l’élevage et de la cueillette dans la forêt « collective » dont ils disposaient. En 2007, en lisant le journal, les habitants découvrent que la State Industries Promotion Corporation of Tamil Nadu (SIPCOT) – une agence créée en 1971 par le gouvernement indien afin de développer l’activité industrielle au Tamil Nadu – prévoit d’abattre 450 hectares de « leur forêt collective » afin d’y implanter un parc industriel.\n\nLe terrain sera donc loué pour une période de 99 ans renouvelable, à des entreprises, indiennes et étrangères. Pour l’heure, seulement une entreprise française a obtenu les permis pour y construire l’une de ses plus grandes usines au monde. Il s’agit de Michelin. Comme c’est souvent le cas, les villageois de Thervoy ne détiennent pas de titre de propriété sur la forêt, mais ont bénéficié pendant deux siècles d’un droit d’usage relevant de la coutume. Dès lors, une partie importante des villageois protestent pacifiquement (grève de la faim, marches citoyennes, barrages symboliques) contre la manière dont le gouvernement local a engagé l’implantation dans cette zone. Ils s’insurgent de la non prise en compte de leurs droits et du droit national en vigueur en Inde, de l’absence de consultation et d’information préalable, de l’absence de mesure visant à prévenir véritablement les impacts potentiellement négatifs en matière environnementale et de droits humains. La réponse du gouvernement local, classique, a été de réprimer les manifestations et restreindre les droits d’expression. Au vu du rôle clé joué par Michelin dans l’ouverture de la zone industrielle, les organisations locales ont protesté contre l’implantation de l’entreprise, espérant une prise en compte de leurs préoccupations. Bien que l’entreprise développe une politique active en termes de « projets sociaux », elle n’apporte pas de réponse satisfaisante concernant les impacts sociaux et environnementaux en amont et en aval de son implantation dans cette zone. Le projet de site industriel, donnera aussi lieu à la création d’un nombre important d’infrastructures (routes, pipeline…) nécessaires pour relier le site en question à la ville. On estime à 200 000 le nombre de personnes potentiellement impactées dans un rayon de 10 kilomètres autour du site. La création du parc industriel va donc irrémédiablement changer la géographie et la sociologie du territoire en question, et aucun des acteurs impliqués dans ce projet d’investissement – qu’il s’agisse de l’entreprise ou du gouvernement – n’est en capacité de prévoir quel sera le sort de ces populations. En effet, aucune étude d’impact « solide » n’a été réalisée afin de prévoir l’inclusion de ces populations – pour la plupart non formées aux métiers industriels – dans la nouvelle configuration que prendra la zone. De surcroît, sur les 31 villages potentiellement impactés, se compte un village de populations Adivasi (indigènes), qui auraient dû faire l’objet d’un processus consultatif spécifique comme le prévoient les conventions 107 (ratifiée par l’Inde) et 168 de l’Organisation Internationale du Travail. Le cas de Thervoy n’est qu’un cas parmi de nombreux autres en termes d’accaparement de terres en Inde. Sans l’accès à leur forêt la population de Thervoy risque fort de venir grossir les couches les plus défavorisées des grandes villes et de perdre, en plus de leur terre, leur dignité, leur identité et leur culture.\n\nLes élites locales, qui jouent souvent un rôle considérable dans les pratiques d’accaparement de terres et de ressources, profitent de l’absence de droit régulateur pour s’approprier des terres, à travers par exemple la falsification des titres de propriété et la corruption des administrations locales. Elles jouent également sur leur influence politique ou la tromperie des populations locales. Ainsi les élites locales peuvent poursuivre leurs propres intérêts, en s’appropriant la terre pour l’exploiter directement, mais elles peuvent également jouer le rôle d’intermédiaire pour des acteurs étrangers dans les processus de transaction foncière. En effet, ces élites ont un accès plus facile et une meilleure connaissance des communautés locales, et peuvent donc faciliter le processus d’accaparement. La corruption est certainement un important moyen pour faciliter ce type d’investissements : les pots de vin et les avantages pécuniaires sont des pratiques fréquentes dans les négociations foncières.\n\nLes moteurs des accaparements\n\nLes motivations qui poussent les différents acteurs à investir ont bien évidemment une matrice commune, à savoir, les retombées économiques. Que la motivation mise en avant soit la satisfaction d’un besoin du pays d’origine de l’investissement  (sécurité alimentaire ou énergétique…), ou au contraire le développement du pays d’accueil de l’investissement, dans les deux cas on trouve une volonté de garantir la croissance du pays d’origine. L’investissement est l’occasion de garantir à des acteurs, du Nord comme des pays émergents, de nouveaux marchés et des activités économiques rentables. Les derniers sommets du G8 et du G20 ont montré avec clarté cette volonté.\n\nLe souci de certains pays de garantir à leur population une alimentation suffisante a d’abord été mis en avant comme responsable des accaparements de terres. En effet, des pays comme le Japon, la Corée du Sud ou encore l’Arabie Saoudite, qui dépendent en grande partie des importations pour leur sécurité alimentaire, sont en quête de terres agricoles hors de leurs frontières, principalement en Afrique.\n\nEn assurant une partie de leur production dans un pays tiers, ces États assurent leur approvisionnement et se prémunissent contre des factures d’importation alimentaire liées à la volatilité du prix des matières premières. Ce phénomène s’est accéléré avec la crise alimentaire de 2007-2008. Due à un pic des prix sur les marchés de denrées alimentaires elle a directement plongé 125 millions de personnes supplémentaires dans l’insécurité alimentaire. Cette crise a remis sur le devant de la scène économique, politique et médiatique l’enjeu alimentaire mondial avec en perspective 9 milliards de personnes à nourrir d’ici 2 050 dans un contexte de déséquilibre accru des productions et des marchés, et des impacts liés au changement climatique renforçant ces difficultés. Aujourd’hui l’agriculture est plus que jamais un enjeu stratégique, complexifiant encore plus la problématique foncière mondiale.\n\nAu-delà de la sécurité alimentaire, on constate un intérêt croissant pour des investissements sur des terres agricoles afin de répondre à des demandes nouvelles notamment en matière d’approvisionnement énergétique (agrocarburants), mais aussi de crédits carbones, de matières premières (notamment d’hydrocarbures) et même d’espaces touristiques. Ainsi, la terre devient un produit de base comme un autre désormais soumis au jeu de l’offre et de la demande dans des marchés dérégulés. \n\nEn effet, de nombreux pays du Nord et émergents adoptent aujourd’hui des politiques ambitieuses d’incorporation d’agrocarburants, en prévision de la pénurie d’énergies fossiles (pétrole, gaz...). Les États donnent ainsi des signaux incitatifs aux investisseurs privés, sans pour autant les assortir d’une régulation à même de garantir le respect des droits des populations. Ainsi, en 2003, l’Union Européenne a adopté une directive qui, en fixant des objectifs obligatoires d’incorporation, a encouragé le développement de cultures à grande échelle destinées à la production d’agrocarburants de première génération, y compris dans les pays du Sud, au détriment de l’agriculture vivrière. Bien que des organisations de défense des droits humains et de l’environnement se soient levées contre cette directive, elles n’ont obtenu qu’un maigre correctif. Certes, un critère de durabilité pour les agrocarburants a été instauré lors de l’adoption du Paquet Energie Climat en 2008, visant à introduire à la fois des enjeux environnementaux et sociaux, mais ils ne sont assortis d’aucune norme sociale contraignante, et ne font aucune référence à la Charte internationale des droits de l’Homme.\n\nSur le même principe, la course au crédit carbone risque d’avoir d’énormes conséquences sur les communautés locales notamment indigènes et autochtones. Le programme Redd, développé par l’ONU et inscrit dans le protocole de Kyoto, a pour objectif affiché la réduction des émissions de CO2 provenant de la déforestation et de la dégradation des forêts. Pour ce faire, les entreprises sont incitées à préserver les forêts dans lesquelles elles opèrent, ou à en planter de nouvelles, et peuvent ensuite vendre leur crédit carbone forestier sur les marchés boursiers à des firmes désireuses de compenser leurs émissions. Bien que partant d’un bon principe, cette incitation, si elle n’est pas assortie d’une politique de prévention des risques de violations des droits humains, pourrait avoir également des conséquences néfastes au niveau local.\n\nLa libéralisation et la promotion des investissements étrangers a également été un élément majeur favorisant les accaparements de terres dans les pays du Sud. Les investissements directs internationaux (IDI) dominent aujourd’hui l’ensemble des politiques en matière d’investissement : agricole, commercial, infrastructures…\n\nPresque tous les pays disposent ainsi d’une réglementation favorable à ces IDI. Selon la CNUCED (2001), entre 1991 et 2000, 1185 modifications au total ont été apportées aux régimes nationaux réglementant les IDI, dont 95 % visaient à faciliter ces investissements. Attirer les investisseurs étrangers — ou les maintenir sur le territoire — constitue en effet une préoccupation pour bon nombre de pays. En 2010, 178 nouveaux accords internationaux d’investissements ont été signés (plus de trois par semaines) et plus de 48 dans les seuls trois premiers mois de 2011.\n\nL’assouplissement considérable du cadre réglementant les IDI a donc des incidences importantes sur les choix de localisation des entreprises : il leur permet de rechercher les sites qui permettent la meilleure optimisation financière aux différentes étapes de leur processus de production."}
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Les entreprises avaient quant à elles réussi à rester en dehors des radars mais pour combien de temps ?\n\n\n\nL’année qui vient de s’écouler a été marquée par des avancées majeures. Avec la loi Dodd-Frank*, votée aux États-Unis en juillet 2010 et les travaux en cours au sein de la Commission européenne qui envisagent sa duplication, l’exigence d’un reporting* financier et comptable des entreprises, pays par pays gagne peu à peu du terrain.\n\nCe n’est que justice. En effet, rien ne pourrait plus affaiblir les paradis fiscaux que de cibler leur client n°1, à savoir les entreprises multinationales. 20% des filiales des 50 plus grandes entreprises européennes sont en effet localisées dans les paradis fiscaux et si certaines correspondent sans doute à une activité réelle, la plupart de ces implantations de part et d’autre du globe permettent à l’entreprise d’aiguiller artificiellement ses bénéfices par le jeu du commerce, des assurances ou des dettes au sein du groupe.\n\n\nSABmiller au Ghana et Mopani en Zambie : deux études de cas emblématiques pour mieux comprendre.\n\nLes cas d’études ne sont pas choses faciles dans le milieu de l’opacité. Néanmoins, parce que pour les décideurs comme pour le citoyen, rien ne vaut une bonne illustration des mécanismes de la fraude et de l’évasion fiscales, des organisations de la société civile ont tout de même tenté, pour faire avancer le débat, de passer au peigne fin une partie des comptes de deux entreprises. Résultats garanti ! \n\nDans un rapport publié en décembre 2010, l’ONG ActionAid a mis à jour les pratiques d’évasion fiscale développées par l’entreprise SABmiller, deuxième producteur de bière au monde et numéro 1en Afrique. Délocalisation de la marque et des activités de gestion aux Pays-Bas et en Suisse ; sous- capitalisation et endettement à Maurice ; bizarreries dans la chaîne d’approvisionnement..., ActionAid révèle un schéma complexe mais parfaitement légal de versements réalisés par les brasseries africaines SABMiller à d’autres filiales situées dans des paradis fiscaux. Le montant total de ces versements s’élèverait à 100 millions de livres pour l’ensemble des filiales en Afrique, générant un manque à gagner en recettes fiscales de l’ordre de 20 millions. Ces révélations ont provoqué l’émoi au sein des administrations fiscales des pays concernés qui prévoient d’utiliser cet exemple pour\nmener des audits. Elles interrogent aussi directement la pertinence des standards de l’OCDE en matière de prix de transfert* qui se révèlent inutiles pour prévenir ce genre de manipulations comptables. Dans le même temps, plusieurs organisations dont Sherpa et Déclaration de Berne déposaient une plainte (ou « circonstance spécifique ») devant les points de contact de l’OCDE en Suisse et au Canada pour dénoncer les pratiques fiscales abusives de la mine de cuivre de Mopani, entreprise zambienne détenue à 73% par Glencore et à 17% par First Quantum. En effet, un rapport d’audit rendu public le 9 février 2011, relatait en détail les opérations qui permettaient de gonfler les coûts de production et de transférer artificiellement les profits dans d’autres filiales, notamment en Suisse. La mine de Mopani, officiellement déficitaire, comme un grand nombre de mines dans le pays, ne paye ainsi aucun impôt sur les bénéfices à la Zambie dont les revenus liés à l’exploitation du cuivre sont pourtant vitaux. Quelle sera la réponse de l’OCDE ? Affaire à suivre...\n\n\nNouvelles lois en France\n\nIl faut certes commencer par faire justice au gouvernement et au parlement français qui ont fait quelques pas vers la transparence.\nAvec la loi de finance rectificative adoptée à la fin de l’année 2009, Paris s’est en effet doté d’un arsenal législatif pour combattre la fraude et l’évasion fiscale de ses entreprises dans les paradis fiscaux : création de la notion de territoires non coopératifs, taxation à 50% (contre jusqu’à 33% auparavant) des sommes versées dans ces États et des intérêts et dividendes provenant des sommes qui y sont déposées, perte du bénéfice du régime mère-fille pour les filiales implantées dans ces territoires (le résultat des filiales ne pourra plus être reversé au groupe en franchise d’impôt : il sera surtaxé à hauteur de 50%), ou encore renforcement de la comptabilité pour les transactions avec ces territoires... En bref, les transactions avec les États ou territoires non coopératifs sont appréhendées et imposées de façon particulière depuis le 1er mars 2010.\nEt grâce à l’introduction d’un nouvel amendement dans le projet de loi de finance 2011, les résultats du contrôle fiscal sur ces dispositifs devraient être rendus publics chaque année. C’est un pas important pour mesurer l’efficacité des mesures adoptées. \n\nLe hic, comme pour les banques, c’est que toute l’efficacité du dispositif dépend de la liste française des paradis fiscaux de 2010, réactualisée discrètement en 2011. Cette dernière épargne tous les États de l’Union européenne ainsi que les territoires de la « liste grise » de l’OCDE ayant signé un traité d’échange de renseignements avec la France. In fine, l’ire de Paris se concentre sur 18 territoires anecdotiques. Selon l’étude du CCFD-Terre Solidaire, publiée en décembre 2010, sur les 4359 filiales que possèdent les 10 des 11 plus grands groupes français une seule est concernée ! Il s’agit d’une filiale de France Télécom en Dominique.\n \nPour sortir de cette impasse, il est indispensable de ne plus s’intéresser seulement aux territoires qui enregistrent les opérations financières opaques mais de plaider pour une approche plus large englobant les utilisateurs des paradis fiscaux et judiciaires et les intermédiaires financiers qui organisent ces activités. Pour accroître les chances de succès, les pays du G20 devraient exiger l’information à ceux qui la détiennent, au moyen d’un reporting financer pays par pays !\n\n\nLa portée décisive de la loi Dodd-Frank*\n\nUne fois encore, les États-Unis n’ont pas attendu le G20 pour agir. Emboîtant le pas à Hong-Kong, cette loi adoptée le 21 juillet 2010 constitue un premier pas extrêmement intéressant vers le reporting pays par pays*. Elle contient une obligation pour les industries extractives cotées à New York de communiquer chaque année dans leur rapport à l’autorité des marchés financiers américaine (Security Exchange Commission) les paiements versés à chaque gouvernement hôte de leurs activités d’extraction. Cette mesure correspond à une demande portée depuis plus de dix ans par la société civile pour lutter contre la corruption. Elle permettra aux citoyens des pays en développement de demander des comptes à leur gouvernement quant à l’utilisation des revenus issus du pétrole, des gaz et des mines. Et à ceux du Nord, d’interroger leurs entreprises sur leurs activités à l’étranger. Reste à savoir si les intenses activités de lobby déployées par les entreprises du secteur pour détricoter cette mesure n’auront pas raison de la volonté du Congrès. Jusqu’à présent, elles ont permis de repousser à plusieurs reprises la publication des décrets d’application prévue initialement en avril 2011. C’est la raison pour laquelle le gouvernement américain cherche à promouvoir la duplication de cette mesure au sein d’autres places boursières.\n\n\nL’Union européenne saura-t-elle aller plus loin ?\n\nL’initiative américaine est venue accélérer considérablement les débats en cours au niveau européen sur le reporting pays par pays. Sous la pression de la société civile, la France et la Grande Bretagne ainsi que José Manuel Barroso et Michel Barnier se sont prononcés pour la duplication de la loi américaine au sein de l’UE.\nLes associations de lutte contre la corruption et les associations mobilisées pour la justice fiscale travaillent ensemble à présent, pour convaincre les autres États membres et introduire des informations supplémentaires afin de faire de ce reporting pays par pays un réel instrument de lutte contre l’évasion fiscale.\n\nLe texte de la Commission européenne est attendu dans les semaines à venir à l’occasion de la révision de la directive Transparence, qui définit les obligations de reporting pour les entreprises cotées, et de la 7e directive comptable, qui précise les règles comptables applicables à l’ensemble des entreprises multinationales européennes non cotées, ce qui devrait augmenter un peu le champ des entreprises couvertes.\nPour l’instant, la piste privilégiée serait celle d’une obligation pour les entreprises extractives et forestières de publier les paiements qu’elles versent aux gouvernements hôtes de leurs activités (éventuellement dans un format projet par projet). Aucune information supplémentaire ne serait exigée pour mesurer si les impôts versés correspondent effectivement au niveau de richesses produites dans le pays, ce qui revient à renoncer à faire de cette réforme une véritable mesure contre l’évasion fiscale des entreprises.\n\nLe débat est loin d’être terminé. En l’absence de listes de paradis fiscaux dignes de ce nom, ce remède du reporting pays par pays commence à être mieux compris. Il fait l’objet de plus en plus de discussions au sein de certains groupes de travail techniques du G20 et il a même été réintroduit en juillet 2011 aux États-Unis dans une proposition de loi visant à lutter contre l’évasion fiscale (Stop tax haven abuse act).\nIl faut dire que la période actuelle de disette budgétaire est propice au débat autour des obligations de transparence des entreprises multinationales. Et les premières études de cas démontrent que ce serait un moyen redoutable pour réconcilier la comptabilité des entreprises avec la réalité de leur activité industrielle et commerciale.\nD’autre part, les réactions épidermiques à l’annonce de la loi Dodd-Frank et les efforts déployés par le secteur privé pour en retarder l’application ou pour empêcher les autres États de se pencher plus avant sur un reporting pays par pays complet, ne font que nous conforter dans l’idée que nous touchons au nœud du problème.\nReste à savoir si les chefs d’État et de gouvernements sauront se saisir de cette opportunité politique pour faire avancer la proposition."}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/le-bilan-en-indonesie/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/le-bilan-en-indonesie/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Le bilan en Indonésie","datePublished":"2005-01-01T15:53:00+00:00","dateModified":"2024-12-10T12:40:05+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/le-bilan-en-indonesie/"},"wordCount":168,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"inLanguage":"fr-FR","description":"Aceh: la quasi-totalité des victimes\n\nLe bilan officiel est de 242 000 morts et 700 000 personnes privées de toit, presque exclusivement dans la province d'Aceh. Certaines estimations locales font état d'un bilan beaucoup plus lourd, proche de 400 000 morts. (4 millions d'habitants), au nord de l'ïle de Sumatra. La ville de Meulaboh a perdu 40 000 de ses 95 000 habitants.\n\nContexte de guerre\n\nRoutes coupées, aéroport à la capacité limitée, ports maritimes détruits : l’acheminement et la distribution de l’aide sont particulièrement difficiles. La satisfaction des premiers besoins repose sur la capacité de mobilisation d’avions et d’hélicoptères militaires nationaux et étrangers.\n\nMais le conflit qui oppose l’armée indonésienne aux rebelles du Gam depuis 1976 complique la situation : contrainte de laisser Ong et armées étrangères pénétrer dans cette région sur laquelle elle maintenait un véritable black-out, l’armée indonésienne souhaite néanmoins garder une mainmise sur le territoire."}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/mgr-pedro-barreto-un-nouveau-cardinal-engage-pour-lamazonie/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/mgr-pedro-barreto-un-nouveau-cardinal-engage-pour-lamazonie/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Mgr Pedro Barreto, un nouveau cardinal engagé pour l’Amazonie","datePublished":"2018-06-05T05:00:00+00:00","dateModified":"2024-12-10T13:16:04+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/mgr-pedro-barreto-un-nouveau-cardinal-engage-pour-lamazonie/"},"wordCount":845,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Amazonie","Amérique Latine / Caraïbes"],"inLanguage":"fr-FR","description":"Mgr Pedro Ricardo Barreto Jimeno, jésuite de 74 ans et archevêque du diocèse de Huancayo, dans les Andes péruviennes, sera institué cardinal le 29 juin prochain. Le CCFD-Terre Solidaire, qui soutient son action depuis longtemps, se réjouit de la nomination de cet homme très engagé au côté des peuples indigènes et pour la défense de l’environnement\n\n\n\n« J’ai été surpris, profondément ému et un peu déconcerté. Je ressens cette nomination comme un fruit de l’Esprit Saint. Elle me donne l’obligation de me mettre encore d’avantage au service de l’Église de Jésus Christ ».   Voilà ce qu’a éprouvé Mgr Pedro Ricardo Barreto, lorsqu’il a appris, le 20 mai dernier, sa nomination comme cardinal par le pape François. \n\nOrdonné prêtre en 1971, Mgr Barreto a débuté sa vie sacerdotale dans un quartier pauvre de Lima, la capitale du Pérou. Avec un rêve : travailler un jour aux côtés des peuples indigènes. Il lui faudra attendre 2001 et sa nomination comme évêque de Jaén, en pleine région amazonienne, pour y parvenir. Deux ans et demi plus tard, l’évêque est affecté au diocèse de Huancayo, au cœur des Andes. Dans cette région, il découvre les conséquences de l'activité minière sur les populations et l'environnement.  \n\nPour en savoir plus  sur l'impact de l'industrie minière au Pérou, regarder la vidéo ci-dessous :\n \n\nC’est dans ce cadre que Walter Prysthon, le responsable du service Amérique latine du CCFD-Terre Solidaire, le croise pour la première fois, en 2008, lors d’une visite de terrain. Le prélat évoque alors les souffrances de la population locale à cause de la contamination des sols, des sources d’eau et de l’air par des métaux lourds : \n\n\n« J’ai été saisi par la force de sa dénonciation de l’activité minière et par sa proximité avec les gens, exprimée dans une attitude chaleureuse et d’écoute  ».\n\nEn 2012,  Mgr Barreto a été menacé de mort  suite à la publication dans la presse d’un communiqué en faveur du droit à la santé des habitants de La Oroya où est installé un complexe métallurgique parmi les plus pollués au monde\n\n« Un homme facile d’accès, intelligent et engagé »\n\nHumberto Ortiz Roca, Secrétaire exécutif[[jusqu’en avril dernier]] de la Commission épiscopale d’action sociale (CEAS), dont Mgr Barreto a assuré la présidence entre 2006 et 2010 ne mâche pas ses mots :\n\n\n« C’est un homme facile d’accès, intelligent, cohérent dans son action, et très engagé dans la défense des droits humains et dans la valorisation de la place des femmes dans la société. »\n \nMgr Pedro Barreto, a longtemps été président de la Commission épiscopale d’action sociale (CEAS). Il est actuellement Secrétaire exécutif du Réseau ecclésial pan-amazonien (Repam). Ces deux organisations sont soutenues par le CCFD-Terre Solidaire. \n\nLa défense des pauvres et de l'environnement sont liées\n\n\nMgr Barreto s'attache à témoigner sans cesse à quel point les dégradations de l’environnement touchent d’abord les plus pauvres : \n\n\n« On ne peut pas prétendre lutter contre la pauvreté si on affecte gravement la vie et la santé de la population ».\n\nÉgalement premier vice-président de la Conférence épiscopale du Pérou (CEP), il interpelle les catholiques : \n« tout chrétien doit préserver la vie, en harmonie avec la nature et avec les autres. Tout ce qui affecte l'eau, l'air, la terre, affecte les hommes. Et surtout les plus pauvres. Donc défendre l'environnement, c'est permettre aux pauvres de mieux vivre ».\n \nLire aussi : Les évêques latino-américains dénoncent les violations des droits humains liées aux activités extractives\n\nRendez-vous en octobre 2018 au synode pour l’Amazonie \n\nC’est cette conviction qui a poussé Mgr Barreto à proposer en 2014 la création du Réseau ecclésial pan-amazonien (Repam). Son objectif : \n\n\n« Donner plus de visibilité à tous les conflits dans la région et faire entendre la voix de l’Eglise dans une Amazonie qui est le lieu le plus convoité par les investisseurs. »\n \n\nAujourd’hui le CCFD-Terre Solidaire accompagne le Repam, qui a reçu le soutien appuyé du pape François, en mars 2015.\n\nLe pape compte d’ailleurs beaucoup sur son nouveau cardinal pour maintenir la dynamique au sein du Repam. Ainsi, Mgr Barreto continuera d’être très sollicité par Rome dans le cadre du synode sur l’Amazonie qui se tiendra au Vatican en octobre 2019. Une opportunité pour porter la voix des plus pauvres, et le destin d’une région vitale pour toute la planète comme le rappelle le pape : \n\nVers un synode sur l’Amazonie dans la lignée de Laudato Si’ ?\n\n\nEt aussi : découvrir comment le peuple wampis au Pérou se constitue en nation autonome"}
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A la rencontre des acteurs de paix lors d'un voyage d'immersion du CCFD-Terre Solidaire dans la région des grands lacs africains en juillet 2012.\n\n\n\nAprès huit heures de vol nous atterrissons à Kigali, capitale du Rwanda. Notre groupe comprend une vingtaine de personnes, dont seize délégués du CCFD-Terre Solidaire des huit diocèses de la région parisienne. Voilà déjà plusieurs mois que nous préparons notre voyage d'immersion dans la région des grands lacs africains. Durant quinze jours nous voulons nous immerger dans trois pays limitrophes des lacs Kivu et Tanganyika : le Rwanda, le Burundi et la République Démocratique du Congo (dont nous ne verrons qu'une infime partie).  Ce voyage est bien un \"voyage d'immersion\", car il s'agit de \"plonger\" dans un monde que nous connaissons peu ou pas. Fort heureusement ce voyage a été préparé en collaboration avec les partenaires locaux du CCFD-Terre Solidaire qui, tout au long de notre immersion seront là pour nous guider et surtout, nous partager leurs actions dans les domaines de la souveraineté alimentaire ou de l'éducation à la paix. Pour faciliter les contacts, notre groupe se scindera en deux et c'est donc plus particulièrement la thématique de l'éducation à la paix, à la réconciliation et à la citoyenneté que je découvrirai au fil des jours.\n\nChacun a encore en mémoire les conflits et violences qui ont marqué ou marquent encore ces trois pays visités. Le Burundi qui, de 1993 à 2002, traverse une décennie de guerre civile, la République Démocratique du Congo où les affrontements armés sont toujours présents, notamment dans la région très convoitée du Kivu, le Rwanda marqué en profondeur par le génocide de 1994. La visite émouvante du mémorial de Gisozi nous rappellera ce moment effroyable d'affrontement entre Hutus et Tutsis où huit cent mille à un million de personnes ont trouvé la mort. Que faire pour que de telles horreurs ne se reproduisent jamais ? Que faire pour qu'il soit possible à nouveau de vivre ensemble ? Que faire pour enrayer le cycle des violences et de la guerre ? Nous avons rencontré plusieurs associations, qui avec le soutien du CCFD-Terre Solidaire, essaient d'apporter des réponses à ces questions. Qu'elles soient présentes au Rwanda, en République Démocratique du Congo, ou au Rwanda elles ont pour but d'éduquer au respect et à la paix par un long travail d'éducation et de réconciliation. Ainsi, au Rwanda, depuis douze ans, l'association \"UMUSEKE\" forme des enseignants et des responsables des guides et scouts pour qu'ils apprennent aux enfants et aux jeunes à dépasser les jugements et réactions qui reposent sur l'apparence ou l'appartenance ethnique. Nous avons pu apprécier la qualité de la pédagogie mise en œuvre en partageant la vie d'une école le temps d'une demi-journée. Au Congo, c'est l'association \"REJA\" qui, depuis 11 ans, travaille avec plus de 160 organisations de jeunes. Le temps d'un après-midi, nous voyons de jeunes adolescents sensibiliser leurs camarades à l'importance de partager les tâches ménagères au sein du couple pour l'équilibre de celui-ci et l'harmonie de la vie familiale.  Travailler à la paix c'est aussi cela ! Nous apprécions la qualité, l'humour et la pertinence de leurs sketchs même si nous ne comprenons pas la langue locale, le swahili ! Au Burundi, c'est un Club de Paix qui nous explique un processus de réconciliation entre Hutus et Tutsis qui participaient à la même messe mais… chacun de leur côté. Il n'a pas fallu moins de trois jours de débats pour faire la vérité sur les questions qui les divisaient et débuter un rapprochement entre ces deux groupes. Cet exemple nous permet de comprendre l'importance de la vérité dans le processus de réconciliation. Elle permet que s'opère la justice punitive en conduisant les auteurs de violence devant les tribunaux tout en ouvrant les portes d'une justice restauratrice des liens que la violence avait rompus. Cette pédagogie de la vérité libère ainsi peu à peu de la haine et du désir de vengeance.\n\nAutres acteurs de la paix et de la réconciliation les scouts et guides que nous rencontrons au Rwanda et au Burundi. Ces mouvements sont bien connus en France mais la part que les scouts et guides du Burundi, première association du pays, ont pris pour des élections libres en 2010 demeure pour nous étonnante ! Il fallait à la fois vaincre la méfiance qu'engendrait \"le politique\", informer sur les enjeux de l'élection, permettre aux uns et aux autres de résister aux tentatives de corruption destinées à acheter leur bulletin de vote. L'objectif ambitieux était de sensibiliser plus de 130 000 jeunes de 18 à 35 ans afin qu'ils assument pleinement leurs responsabilités en recourant à la formation en \"cascades\", cette pédagogie où 16 animateurs nationaux forment 258 animateurs, qui à leur tour en formeront 3870 pour que chacun d'entre eux sensibilise au final deux groupes de 20 jeunes ! Même si le résultat espéré ne fut pas obtenu, puisqu'en raison des obstacles et oppositions rencontrées \"seulement\" 62 communes furent rejointes au lieu des 129 espérées, nous avons entendu là une belle leçon de démocratie !\n\nMais comment parler de réconciliation et de paix durable sans encourager tout ce qui pourrait mettre fin à la spirale de la pauvreté ? C'est le but des \"MUSO\", ces mutuelles de solidarité où les membres cotisent pour alimenter deux caisses : l'une verte et l'autre rouge. La caisse verte permet de financer des micros-projets, tel l'achat d'un lopin de terre, le développement d'un nouveau produit comme la bière de banane, l'acquisition d'une moto pour en faire un taxi… La caisse rouge est la caisse destinée aux coups durs, tel un problème de santé. Contrairement à la caisse verte les sommes données ne sont pas remboursables. En participant à deux réunions de MUSO, nous découvrirons la rigueur avec laquelle ces différentes caisses sont gérées. Nous garderons longtemps en mémoire la joie de cette femme qui réussit à rembourser sa dette à temps et le bonheur de cette autre qui vient d'obtenir un crédit pour financer son projet !\n\nBien d'autres rencontres ont ponctué notre voyage d'immersion. Je pense notamment aux évêques des diocèses où nous avons résidé et qui nous ont partagés, en toute simplicité, la manière dont l'Eglise participe au processus de paix, malgré les difficultés et oppositions rencontrées. Autre rencontre, non programmée, mais toujours présente : celle des enfants qui sont \"partout' et nous rappellent ainsi que nous sommes dans des pays jeunes ! Tout au long de notre séjour leur sourire et leur joie nous rappelleront, mieux que les discours, l'urgence de travailler pour la paix !\n\nPascal Delannoy\nEvêque de Saint-Denis\n\nRetrouvez tous les articles sur le blog des bénévoles d'Ile de France :\nhttp://blog.ccfd-terresolidaire.org/idf/category/Immersion-Afrique-des-Grands-Lacs-2012"}
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Un environnement explosif dans lequel le Centre d’investigation et d’éducation populaire, le Cinep, partenaire du CCFD-Terre Solidaire depuis les années 1980, œuvre à la reconstruction du tissu social et à la défense des communautés locales. \n\n\n\nLuis Guillermo Guerrero Guevara, son directeur général, nous en dit plus.\n\n\n\nQue fait le Cinep dans la région du Chocó ?\n\nDans un contexte difficile en raison de la destruction du tissu social lié au conflit et à ses conséquences, il nous a tout d’abord fallu vaincre la méfiance que nous pouvions susciter. Il ne faut pas oublier que, au sein d’une même famille, on peut trouver des paramilitaires, des narcotrafiquants et des membres de la police ou de l’armée. Cela ne facilite pas les choses. Le projet du Cinep parie sur le renforcement des organisations civiles issues des conseils communautaires de base. Ces organisations ont de véritables projets de développement mais elles sont régulièrement affectées par les violences qui les entourent et restent fragiles. Notre premier travail consiste donc à les accompagner, à leur permettre de s’organiser pour qu’elles puissent ensuite mener des actions de plaidoyer et défendre leur territoire. Le second, c’est la mise en place de l’application des lois de restitution des terres. Là aussi, avec toutes les difficultés que cela comporte. Soixante-dix représentants communautaires ont été assassinés à travers le pays à cause de cette loi.\n\nUne mauvaise loi ?\n\nLe but de cette loi, votée en 2012, est de rendre leurs terres à ceux qui ont dû les quitter en raison de la guerre[[Avec 6 à 8 millions de déplacés, la Colombie est aujourd’hui le deuxième pays au monde en terme de populations déplacées. Derrière le Soudan du Sud.]] . Mais elle présente de nombreuses faiblesses. Elle est tout d’abord difficilement applicable là où il y a toujours un conflit armé. D’autre part, lorsque les communautés reviennent sur leur territoire, elles trouvent parfois leurs terres occupées, exploitées. Dans ce cas, l’occupant illégal peut attendre la fin de ses récoltes avant de devoir partir. Ce qui n’est pas très méchant si l’on parle d’une simple culture maraichère, mais est plus embêtant dans le cas où la terre a été transformée en palmeraies, pour lesquelles il faut attendre une dizaine d’années avant que la plantation porte ses premiers fruits. Nous avons ainsi l’exemple d’une communauté possédant des droits sur quelque 115 000 ha de terres qui, lorsqu’elle est retournée sur son territoire, a constaté que 97 % d’entre elles avaient été accaparées par sept industriels de la palme. À ces problèmes s’ajoutent une corruption omniprésente et un manque de moyens évident alloués à l’office gouvernemental en charge de cette restitution. Cette loi qui a été faite pour régler la question des terres volées ou accaparées pendant le conflit doit en fait régler aussi l’histoire agraire du pays. \n\nLe Cinep est également très engagé dans la promotion d’une culture de la paix. Comment cela se traduit-il ?\n\nIl y a actuellement un processus de négociation de paix en cours à La Havane [[Initié par le président Juan Manuel Santos, un accord de paix était signé, le 4 septembre 2012, à La Havane, avec la guérilla des Farc. Ce long processus, qui se déroule dans la capitale cubaine, est actuellement toujours en cours.]], mais de quelle paix parle-t-on ? Il ne s’agit pas seulement de mettre fin à un conflit, mais de construire un mode de vie meilleur. Nous essayons de répondre à ces deux aspects. En promouvant, à travers le renforcement des communautés, au niveau local ou régional, un développement égalitaire qui essaie d’éliminer les injustices, ne menace pas l’environnement et dans lequel tout le monde puisse trouver sa place. Quels que soient sa cosmovision, ses valeurs, ses manières de vivre. Mais aussi, en tenant à jour une banque de données qui compile toutes les informations liées à la violence politique et aux violations des droits humains. Afin que ces actes ne restent pas oubliés et soient visibles à un niveau régional et national. \n\n\n\nComment évaluez-vous l’impact de ces projets ?\n\nDans le Chocó, nous travaillons, directement ou indirectement, avec environ 18 000 personnes. Ce que l’on observe avec le temps, c’est que les organisations que nous accompagnons continuent d’être là. Au beau milieu du conflit. Et le simple fait qu’elles ne disparaissent pas prouve qu’elles présentent un intérêt, qu’elles ont acquis une certaine reconnaissance. Autre point positif : le travail régional, qui évidemment n’existait lorsque nous avons commencé mais qui, petit à petit, s’est construit, étoffé et renforcé. 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Un atout précieux dans son pays, le Tchad, déchiré depuis les années 1960 par un conflit où se sont exacerbées les tensions confessionnelles, régionales et ethniques.\n\n\n\nAdolescent, le jeune musulman, guidé spirituellement par un père jésuite avait contribué en 1988 à la création d’un cercle islamo-chrétien, pour aborder les questions de la vie courante, la scolarité, la vie du quartier... Une initiative apparemment anodine qui se heurtait déjà aux préjugés. « Quand nous voulions organiser des sorties ensemble dans des camps de jeunes, certaines familles refusaient de laisser partir leurs enfants, se souvient Abderrahmane. Les musulmans avaient peur que ce soit des tentatives d’évangélisation. Les chrétiens craignaient que les musulmans soient violents. Il fallait se rendre dans les familles pour les rassurer. Amener les jeunes chrétiens dans les quartiers à majorité musulmane pour qu’ils se rendent compte que ce n’était pas dangereux.  » \n\nCet enjeu, Abderrahmane Ali Gossoumian va le retrouver à la fin des années 1990, à son retour de France où il a étudié l’économie du développement (entre 1996 et 1998). Il crée alors l’Association des partenaires pour l’appui au développement (Apad) dont le but est de renforcer les associations de jeunes dans un contexte de démocratisation depuis 1990. Mais en 2005, Idriss Déby, au pouvoir depuis quinze ans, fait adopter par référendum une révision de la Constitution qui lui permet de se représenter au-delà de deux mandats. À la désillusion et au sentiment d’avoir été fl oués s’ajoute une reprise des rébellions armées. L’Apad, association partenaire du CCFD-Terre Solidaire depuis 2005, s’engage alors dans l’éducation à la citoyenneté et rejoint un réseau d’une quinzaine d’associations pour la promotion de la paix et de la citoyenneté au Tchad. « La question de la citoyenneté se pose parce que les jeunes sont assignés à leur appartenance confessionnelle et ethnique, par le discours familial et leur environnement social. Les enfants sont élevés dans l’idée qu’à la violence, ils doivent répliquer par la violence. Rien dans l’éducation n’est fait pour créer les conditions du vivre ensemble  », déplore Abderrahmane. \n\n\nTravailler à la réconciliation \n\n\nEn 2006, il intègre le Comité de suivi de l’appel à la paix et à la réconciliation (CSAPR, partenaire du CCFD-Terre Solidaire). Une initiative de la société civile pour amener les acteurs politiques tchadiens et internationaux à s’attaquer aux raisons fondamentales du conflit qui fait à nouveau rage (entre 2005 et 2008). « Nous insistions alors sur trois points fondamentaux pour établir une paix durable, détaille-t-il. Une loi électorale et une charte pour défi - nir les règles du jeu politique ; la création d’une véritable armée républicaine au lieu d’une armée liée au clan présidentiel ; un travail de réconciliation des Tchadiens qui aille au-delà de la signature d’accords entre acteurs politiques. Malheureusement, cette démarche n’a pas été comprise et les politiciens n’ont retenu que ce qui les intéressait : une loi électorale leur permettant de se partager le pouvoir.  » \n\nOfficiellement, la paix est revenue au Tchad alors que le Comité de suivi a adopté une double démarche : « Nous accompagnons le discours officiel sur la réconciliation pour montrer au pouvoir que la société civile n’est pas une opposition déguisée mais une force de proposition. Mais nous avons conscience que ce discours est superfi ciel et qu’il faut travailler, en profondeur, sur la manière dont le pays est gouverné. En particulier, il faut mettre les questions de redistribution des richesses et des droits de l’homme dans le débat public. Et il reste toujours à travailler sur une véritable réconciliation entre citoyens alors que le moindre incident peut dégénérer en violences communautaires.  » \n\nUne situation fragile que risque de dégrader l’envoi d’un contingent tchadien de 2 000 hommes au Mali pour prendre part à la lutte contre les mouvements jihadistes. « Une décision précipitée d’Idriss Déby, estime Abderrahmane, dans l’espoir de bénéfices politiques à court terme. Mais passée l’euphorie, l’opinion commence à avoir peur des répercussions. Le Conseil supérieur islamique tient un langage très responsable, mais un attentat au Tchad ferait exploser les tensions entre chrétiens et musulmans.  »"}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/fsm-2011/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/fsm-2011/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"FSM 2011","datePublished":"2011-01-05T15:22:00+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/fsm-2011/"},"wordCount":347,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Forum social mondial"],"inLanguage":"fr-FR","description":"Ses activités au cours du Forum sur la régulation financière (mobilisation pour une taxe mondiale et lutte contre l’évasion fiscale), sur la défense de la souveraineté alimentaire et sur la régulation des prix des matières premières, auront pour vocation la création d’alliances entre organisations d’Afrique et sociétés civiles des pays du G20. Elles permettront d’initier des dynamiques de mobilisations internationales en vue de cette importante échéance de l’agenda politique.\n\nUn des temps forts de la participation du CCFD-Terre Solidaire sera le lancement d’une campagne mondiale contre les paradis fiscaux en vue du prochain G20, au sein de laquelle le CCFD-Terre Solidaire joue un rôle très actif.\n\nAutre thème « clé » pour le CCFD-Terre Solidaire au Forum social mondial : les migrations internationales. A travers l’organisation de 5 ateliers et la présence de nombreuses organisations travaillant sur cette question au Sahel en Afrique du Nord mais aussi au Brésil, au Mexique, en Thaïlande … le CCFD-Terre Solidaire participera à la réflexion autour des questions de sécurisation des parcours des migrants, d’alternatives économiques au départ, d’intégration et de vivre ensemble notamment au sein des nouveaux pôles d’attraction que constituent des pays comme l’Afrique du Sud, le Brésil ou la Thaïlande.\n\nAu-delà de ces enjeux thématiques, la question de la démocratie sur le continent africain sera au coeur des préoccupations du CCFD-Terre Solidaire, qui compte au sein de sa délégation à Dakar un nombre important d’acteurs de la société civile africaine. Les évènements en Egypte, en Tunisie ou en Côte d’Ivoire, seront ainsi très présents au FSM, par le biais des délégations tunisiennes, ivoiriennes … mobilisées, mais aussi de débats, d’activités et d’assemblées. Le CCFD-Terre Solidaire, qui a noué de nombreux partenariats dans ces pays, participera activement aux échanges et réflexions sur l’évolution de la situation dans ces pays."}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/banques-et-paradis-fiscaux-nouveau-rapport/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/banques-et-paradis-fiscaux-nouveau-rapport/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Banques et paradis fiscaux, nouveau rapport","datePublished":"2012-07-12T11:11:00+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/banques-et-paradis-fiscaux-nouveau-rapport/"},"wordCount":610,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Communiqués de presse","Paradis fiscaux"],"inLanguage":"fr-FR","description":"Que s’est-il passé depuis 2009, année où les pays du G20 déclaraient la guerre aux paradis fiscaux et où les banques françaises annonçaient qu’elles se retiraient de ces territoires ?\n\n\n\nOfficiellement, le problème est résolu puisque les banques ferment peu à peu leurs filiales dans les territoires mentionnés dans la liste française, qui ne recense plus que 8 paradis fiscaux, soit moins de 0,1% de la finance offshore mondiale.\n\n\nDans un nouveau rapport publié le 12 juillet 2012, le CCFD-Terre Solidaire indique que contrairement aux effets d’annonces, la présence des banques françaises dans les paradis fiscaux a augmenté, notamment pour BNP-Paribas et la Société Générale en nombre absolu et pour le Crédit Agricole en pourcentage. Les sept banques françaises étudiées comptabilisent 547 filiales dans les paradis fiscaux, soit près de 21% du nombre total de leurs filiales, dans les territoires de l’indice d’opacité financière publié en 2009 par le Tax Justice Network. Par exemple, les banques comptent 24 filiales dans les Iles Caïmans, 12 dans les Bermudes, 19 en Suisse, 29 à Hong Kong et 99 au Luxembourg.\n\nPlutôt que de débattre indéfiniment des contours de la liste de référence à utiliser, les banques doivent s’expliquer sur cette concentration troublante de filiales dans les territoires opaques, insuffisamment régulés et à la fiscalité réduite. Si elles n’ont rien à cacher, elles devraient alors pouvoir publier des informations précises sur leurs activités dans chacun des pays où elles sont présentes. Au minimum, la liste des filiales, le nombre d’employés, le chiffre d’affaire, les bénéfices et les impôts versés. Les administrations fiscales seraient alors en mesure de détecter les filiales fantômes et autres coquilles vides qui enregistrent artificiellement les profits réalisés dans les pays à fiscalité normale, en France comme dans les pays en développement.\n\nPour l’heure, les banques font la sourde oreille :\n- A l’exception du Crédit Coopératif, les banques n’ont pas répondu précisément aux questions posées dans le courrier que le CCFD-Terre Solidaire leur a adressé lors de la préparation de ce rapport.\n- Elles feignent également d’ignorer les sollicitations des régions françaises qui ont adopté depuis 2010 des règles de transparence plus ambitieuses que le G20 ou l’Etat français. Dix-huit régions se sont en effet engagées dans la lutte contre les paradis fiscaux et onze d’entre elles exigent la publication d’informations détaillées sur les activités pays par pays de l’ensemble de leurs filiales, d’ici l’automne 2012.\n- Plus préoccupant encore, les dirigeants de BNP-Paribas et de la Société Générale sont restés très évasifs sur leurs activités, lors de leurs auditions devant la commission d’enquête du Sénat sur l’évasion fiscale, en avril dernier ; voire ont tenu des propos contradictoires.\n\nPour obliger les utilisateurs des paradis fiscaux à faire preuve de transparence, le CCFD-Terre Solidaire attend du rapport de la commission d’enquête sénatoriale - à paraître dans les prochaines jours  - qu’il recommande des mesures concrètes.\nLe CCFD-Terre Solidaire compte également sur la mobilisation d’un nombre croissant de collectivités locales et sur les 70 nouveaux députés élus et le Président de la République qui ont pris des engagements en réponse au « Pacte pour une Terre solidaire » porté par l’association pendant la campagne électorale, pour lutter plus efficacement contre l’évasion fiscale."}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/la-presence-des-banques-francaises-dans-les-paradis-fiscaux/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/la-presence-des-banques-francaises-dans-les-paradis-fiscaux/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"La présence des banques françaises dans les paradis fiscaux","datePublished":"2012-07-12T17:04:00+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/la-presence-des-banques-francaises-dans-les-paradis-fiscaux/"},"wordCount":1827,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Fraude fiscale","Paradis fiscaux"],"inLanguage":"fr-FR","description":"Les paradis fiscaux préférés des banques françaises\n\nLe CCFD-Terre Solidaire utilise comme liste de référence des paradis fiscaux l’indice d’opacité financière du Tax Justice Network (réseau d’experts et d’organisations de la société civile mobilisé pour la justice fiscale) qui comporte 60 territoires. Afin de pouvoir comparer les données actuelles avec celles publiées par le CCFD-Terre Solidaire en décembre 2010, l’indice utilisé est celui de 2009. Les territoires spécifiques tels que La City ou le Delaware, pour lesquels les données détaillées sur les filiales qui y sont implantées ne sont pas disponibles dans les rapports, n’ont pas pu être pris en compte.\n\nLa présence des banques françaises dans les paradis fiscaux\n\nEn ce qui concerne les banques pour lesquelles nous avions des données en décembre 2010, le nombre de leurs filiales dans les paradis fiscaux a augmenté (513 contre 494 auparavant). La BNP-Paribas est passée de 347 à 360 filiales et la Société Générale de 40 à 49. Seul le Crédit Agricole a diminué le nombre de ses filiales en passant de 107 à 104 filiales. Quant aux territoires dans lesquels le nombre de filiales a le plus augmenté, il s’agit des Pays-Bas, de Hong Kong, des Bermudes, du Luxembourg et de l’Irlande. \n\nL’impasse du dispositif actuel\n\nOfficiellement, le problème est résolu. Dans leurs rapports d’activité, les banques consacrent désormais un ou deux paragraphes à la question des paradis fiscaux dans lesquels elles listent les dernières activités qu’il leur reste dans les États et territoires non coopératifs tels que définis par la France et se déclarent en conformité avec les règles de lutte contre le blanchiment. Lors de leur audition par la commission d’enquête, les dirigeants de BNP-Paribas et de la Société Générale n’ont cessé de dire que les banques se concentrent sur des activités réelles de financement de l’économie et que toutes les opérations réalisées ont un « fondement économique ». \n\nNous ne demandons qu’à les croire. Pour l’instant, les quelques chiffres avancés pendant l’audition sont difficiles à interpréter et surtout à comparer. Monsieur Baudoin Prot, président du groupe BNP-Paribas, n’a ainsi déclaré le niveau effectif de l’impôt sur les sociétés payé que pour une poignée de pays (24% en France – contre 29.1% en 2010, 28% en Belgique, 16% au Luxembourg, 26% à Hong Kong et 19% à Singapour). En valeur, il a par contre préféré donner un chiffre cumulé pour 2010 et 2011 de 800 millions d’euros d’Impôts sur les sociétés en France, sans le décomposer. Au niveau consolidé, il ne donne pas de pourcentage, indiquant simplement que le groupe a payé 2.757 milliards d’euros d’impôts sur les sociétés dans le monde et que les revenus s’élevaient à près de 40 milliards d’euros. Monsieur Oudéa, président directeur général de la Société Générale, a quant à lui, seulement présenté un taux d’impôt effectif pour le groupe de 30,9% en 2011 (contre 26,4% en 2010) ; tout en admettant : « nous intégrons la dimension fiscale à nos raisonnements : oui, comme toute entreprise, nous cherchons à optimiser notre imposition fiscale, tout en respectant l’ensemble des réglementations (...) ».\n\nSelon leurs propres mots, leurs activités de nature largement immatérielles, sont aujourd’hui délocalisables à l’envi, indépendamment de la nationalité de leurs clients. Quant au choix des pays d’implantation, il dépend notamment des règles fiscales et de prudence financière.\n\n« Une entreprise bancaire – je simplifie à l’extrême –, c’est des personnes et du matériel informatique ».\n« Il faut souligner que les banques sont confrontées ici à une difficulté particulière : elles ne possèdent pas, comme les entreprises industrielles par exemple, des usines implantées à un endroit et vendant uniquement sur les marchés locaux. Les activités des banques, notamment tout ce qui relève des activités de banque de financement et d’investissement (BFI), sont internationales ; nous pouvons par exemple apporter un conseil à un client à partir de ressources localisées loin de lui. De même pour les marchés boursiers, qui n’existent pas dans tous les pays, les transactions se font à un endroit donné et les centres dits « de comptabilisation » peuvent être situés ailleurs. Le problème est dès lors de refléter de façon pertinente\nnotre activité économique dans chaque État. Pour cela, nous tenons compte à la fois des revenus générés par les clients de ce pays et de l’affectation des charges, notamment en termes de coûts de personnel ». Le propos de Monsieur Oudéa ne saurait être plus clair : la banque a une latitude extrême dans l’allocation de son activité – et donc de ses profits. Comment, dès lors, jauger la réalité de l’activité et de la plus value dégagée par chaque filiale, si ce n’est en exigeant des informations pays par pays, telles que le nombre de salariés et le bénéfice réalisé dans chaque filiale ?\nDans le cas de Jersey, Monsieur Baudoin Prot n’a-t-il pas lui-même reconnu que certaines activités étaient gérées depuis d’autres établissements ?\n\n« Jersey a une activité importante en matière de gestion et de conservation d’actifs. Nous y exerçons essentiellement des activités opérationnelles de gestion de fonds et gestion de conservation (...) Nous avons là une activité significative à Jersey qui est d’ailleurs suivie et directement rattachée à Londres ».\n\nQuels sont les critères de choix du lieu d’implantation ?\n« Il est donc certain que l’implantation géographique, en l’occurrence, n’a pas trop d’importance : on peut fabriquer le produit un peu n’importe où. De ce point de vue, ce qui va importer à l’avenir, c’est le critère suivant : les réglementations sont-elles les mêmes partout ? Y a-t-il des réglementations handicapantes sur telle ou telle place financière ? ».\nCet extrait de l’audition de Monsieur Oudéa est particulièrement éloquent. N’est-il pas, tout simplement, en train d’expliquer aux élus de la nation, toujours\nen proie aux terribles conséquences de la crise financière, que le critère clé d’implantation de la Société générale est non seulement la minimisation de l’impôt mais aussi le laxisme des règlementations financières et fiscales ?\nQuant à BNP-Paribas, elle ne dit pas autre chose dans sa réponse du 04 juillet\n2012 : « Demeurent dès lors 35 filiales situées dans huit pays qui peuvent être considérés comme à fiscalité privilégiée : Îles Vierges Britanniques, Antilles Néerlandaises, Uruguay, Bahamas – nos entités dans ces quatre pays sont toutes en cours de liquidation –, Jersey, Guernesey, Îles Caîman et Bermudes.\nLa présence dans ces pays s’explique souvent par des raisons règlementaires, et non fiscales : ainsi, aux Îles Caïmans, sur 18 structures, 10 sont fiscalement résidentes aux États-Unis ou au Royaume-Uni et les autres ne génèrent pas de résultat ». »\nEn ce qui concerne leurs clients, les banques se sont par ailleurs défendues d’encourager l’ouverture des comptes non-déclarés à l’étranger et affirment ne mener aucune activité de conseil. Ainsi comme l’a affirmé Monsieur Baudouin Prot devant le Sénat : « BNP-Paribas a pour principe constant de n’encourager en aucune façon les comportements assimilables à de l’évasion de capitaux ou à de la fraude fiscale. (...) En tant qu’établissement financier, il nous est notamment interdit de réaliser des prestations de conseil fiscal. » Il ajoute plus tard que « si un client souhaite modifier sa résidence fiscale, cela relève de son initiative. (...) Je le répète, nous n’assurons aucunement la promotion de ce type d’instruments auprès de nos clients français ».\n\nMais il semblerait que la notion de conseil fiscal reste trop floue pour préjuger de la\nréalité des discussions qui peuvent avoir lieu entre un client et son conseiller. À écouter les propres mots de Jean Clamon, Délégué Général et Responsable de la Conformité et de la coordination du contrôle interne au sein de BNP-Paribas, « certains produits, tel le livret A, qui n’est pas taxé, peuvent présenter des caractéristiques fiscales, que nous faisons alors bien évidemment ressortir auprès de nos clients ». Comment définir une frontière étanche entre la promotion des avantages fiscaux de certains produits et le conseil fiscal sur des opérations ou des schémas plus complexes ?\nDe son côté, Monsieur Oudéa a mentionné à plusieurs reprises pendant son audition, le « code de conduite fiscale » dont la Société Générale s’est dotée en 2010, et dans lequel la banque s’engage notamment à « ne pas mettre en place ou proposer des opérations à but exclusivement fiscal ». Quid de la politique concernant les opérations à but partiellement fiscal ?\nDans son courrier adressé à la BNP-Paribas, le 29 mai 2012, le CCFD-Terre Solidaire l’a interrogé spécifiquement sur les documents publiés par le journal Libération, sept jours plus tôt. Le premier document, de 2009, n’est autre qu’un guide interne de la branche suisse « gestion de fortune ». Il définit des solutions clés en main pour contourner différents impôts (« optimisation fiscale ») dans un contexte général d’affaiblissement du secret bancaire. Le document loue la qualité des services des planificateurs fiscaux qui sont offerts (car ils ne peuvent être vendus) et explique notamment comment avoir recours à des schémas complexes d’entreprises dans les paradis fiscaux ou à toutes sortes de structures juridiques opaques garantissant l’anonymat des propriétaires réels. Dans ces montages, sont cités notamment des territoires tels que Jersey, les Bahamas, le Liechtenstein, Panama, les Antilles Néerlandaises, le Luxembourg, les Îles Vierges britanniques, les Pays-Bas, la Suisse et Hong Kong – autant de territoires qui produisent de l’opacité financière ou qui offrent une fiscalité nulle ou presque sur certaines activités mais que BNP-Paribas refuse pourtant de considérer comme des paradis fiscaux. Le second document, daté de 2010, s’adresse en apparence directement aux clients pour leur présenter les nouvelles opportunités offertes par les fondations à Jersey, véritables « solutions pour tous les besoins spécifiques de gestion de fortune ». Il insiste notamment sur la discrétion à toute épreuve de ce genre d’outil. Enfin, s’il est certes spécifié à la fi n du document, que BNP-Paribas n’est pas autorisée à\ndélivrer des conseils fiscaux ou juridiques, cette seule mention ne suffi t-elle pas à suggérer que l’utilisation d’une telle fondation pourrait permettre de réduire sa facture d’impôt ?"}
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Guérilleros, militaires et paramilitaires, tous sont responsables de graves violations des droits humains (massacres, disparitions forcées, tortures, violences sexuelles, déplacements forcés, recrutement d’enfants, prises d’otages). Les exactions se sont poursuivies y compris pendant les négociations de paix à La Havane.\n\n\n\nLes victimes et leurs défenseurs attendent notamment de cet accord qu’il ne reproduise pas les carences de la Loi Justice et Paix de 2005 sur la démobilisation des paramilitaires. À l’époque, les victimes n’ont pas obtenu réparation et très peu de paramilitaires ont été condamnés pour  leurs  crimes. Bon nombre d’entre eux ont même repris leurs activités criminelles.\n\n\nChiffres clés\n\nLe conflit colombien en chiffres, selon le Centre national de la Mémoire Historique, qui reconnaît au moins : \n\n218 094 morts (dont 81 % de civils)\n25 007 personnes disparues\n1 754 victimes de violences sexuelles\n4 151 victimes de torture\n\n\nQu’est ce qui a été négocié sur ce point entre les FARC et le gouvernement ?\n\nLe préaccord, officialisé le 15 décembre 2015 après un an et demi de négociations, est celui qui a le plus fortement impliqué la société civile. Il s’articule autour d’un \n« Système intégral de vérité, justice, réparation et non-répétition » basé sur 5 mécanismes judiciaires et extrajudiciaires :\n\n- une Commission d’éclaircissement de la vérité, du vivre ensemble et de la non-répétition, organe temporaire et extrajudiciaire dont le but est la reconnaissance des victimes, l’établissement des responsabilités et la promotion de la réconciliation dans les territoires ;\n\n- une Unité spéciale de recherche qui, sans remplacer ni entraver les enquêtes judiciaires, aura à charge d’identifier et de rechercher les personnes disparues dans le cadre du conflit armé ;\n\n- une Juridiction spéciale pour la paix, autonome, devant laquelle devront être traduits \nles acteurs « directs et indirects du conflit ». Une Chambre d’amnistie et de recours en grâce devra traiter les infractions les moins graves, notamment politiques. Un Tribunal pour la paix devra juger les atteintes graves aux droits humains et au Droit international humanitaire. Les peines encourues n’excèderont pas 8 ans avec des mesures alternatives à la prison quand les accusés reconnaîtront leurs crimes, et 20 ans dans le cas contraire ;\n\n- des mesures de réparation intégrale (restitution, indemnisation, réhabilitation) pour la construction de la paix, à la fois individuelles et collectives ;\n\n- des garanties de non-répétition résultant des 4 dispositifs susmentionnés mais aussi de mesures spécifiques négociées lors de l’accord sur le cessez-le-feu et le dépôt des armes (qui doit intervenir dans les semaines qui viennent), comme le déminage des territoires. Le « Système intégral » prévoit une approche différenciée et de genre pour répondre aux besoins spécifiques selon les territoires et les catégories  de population (notamment les femmes et les enfants). Sa mise en œuvre est censée manifester l’engagement permanent de la Colombie dans la promotion et le respect des droits humains.\n\n\nQuelles perspectives ?\n\nCe préaccord peut être considéré comme encourageant compte tenu du défi à relever. Néanmoins, il s’agira de tenir compte de la colère exprimée par une part importante de la société civile face au choix d’alléger les condamnations en cas de reconnaissance des crimes par leurs auteurs. De plus, des assurances concrètes devront être obtenues :\n\n- Les magistrats de la juridiction spéciale devront être sélectionnés selon un processus transparent et  impartial. Des garanties pour leur indépendance et leur  protection devront être fournies ;\n\n- les moyens devront être mis à disposition très rapidement. Pour cela, il faut encore évaluer le nombre de justiciables et les ressources nécessaires aux investigations. Aussi, le préaccord ne dit pas clairement si les FARC devront apporter une réparation \nfinancière à leurs  victimes (et dans ce cas là légaliser et mettre en évidence des  ressources financières obtenues illégalement ?) ou via des travaux d’intérêt général.\n\n- une attention extrême devra être portée aux victimes afin qu’elles soient en \nsécurité et puissent témoigner dans les meilleures conditions. C’est particulièrement vrai pour les femmes victimes de violences sexuelles, pour lesquelles il est difficile de revenir sur les exactions subies et qui peuvent craindre d’être rejetées par leur entourage ;\n\n- aucune responsabilité, des acteurs armés (y compris paramilitaires) et économiques (y compris des entreprises étrangères) du conflit, ne devra être occultée.\n\nRetrouvez tous les communiqués du Réseau France Colombie Solidarité sur les accords de paix en Colombie"}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/republique-de-serbie-la-reconciliation-regionale-a-petits-pas/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/republique-de-serbie-la-reconciliation-regionale-a-petits-pas/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"République de Serbie : La réconciliation régionale à petits pas","datePublished":"2013-01-04T10:02:00+00:00","dateModified":"2021-12-08T15:35:20+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/republique-de-serbie-la-reconciliation-regionale-a-petits-pas/"},"wordCount":792,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Paix et vivre ensemble"],"inLanguage":"fr-FR","description":"Pas facile de renouer les liens entre des pays séparés par des années de guerre. Même si les choses commencent à bouger en Serbie sous l’impulsion d’une partie de la société civile qui exhorte les populations à engager un travail de mémoire.\n\n\n\nC’est un véritable serpent de mer : depuis près de dix ans, l’idée de créer une commission régionale pour faire la vérité sur les crimes de guerre et les autres violations des droits de l’homme commis entre 1991 et 2001 dans l'ex-Yougoslavie est inscrite sur les agendas de la société civile des pays impliqués dans ces conflits. Et, en dépit de la reprise de cette revendication, il y a un an, par une coalition de jeunes regroupés dans une centaine d’ONG de l’ex-Yougoslavie, le processus a bien du mal à aboutir. Les protagonistes viennent toutefois de recevoir un soutien de poids : celui du président croate, Ivo Josipović, souhaitant convaincre les autres présidents de la nécessité de donner corps à cette initiative. «  Les choses bougent », se félicite Ivan Stojanović, le directeur de Youth Initiative for Human Rights (YIHR) de Belgrade, rappelant aux septiques que le processus de rapprochement entre la France et l’Allemagne a pris aussi du temps. De Sarajevo, à Zagreb, en passant par Pristina ou Podgorica, dans toutes les capitales des bureaux nationaux de YIHR se sont créés.  \n\nLes lycéens et les étudiants ne sont pas les seuls à s’inscrire progressivement dans ces démarches. Le journal serbe Republika, un des rares médias indépendants de Serbie, vient d’organiser des rencontres avec des journalistes des autres États issus de l’ex-Yougoslavie, afin d’élaborer une charte de déontologie qui s’adresserait à toute la profession. Les artistes ne sont pas les derniers à franchir les frontières. Il y a un an, l’initiative croisée de deux auteurs serbes et albanais du Kosovo, qui ont publié une anthologie de la littérature de leur région respective dans la région et dans la langue de l’autre, n’est pas non plus passée inaperçue. « La situation commence même à se détendre dans ma ville, à Vukovar, où l’on observe une légère augmentation des mariages mixtes  », affirme Mirjana, étudiante à l’université de Novi Sad. \n\n\nDes gestes contradictoires\n\n\nIl reste, maintenant, à entraîner la majorité de la population. « Les gens ne s’intéressent pas aux autres. Quand, par exemple, je me rends à Sarajevo ou Pristina, ils me demandent souvent pourquoi ? J’ai pris l’habitude de leur répondre pourquoi pas ? », lance Zeljko, étudiant dont les parents serbes, originaires de Bosnie, l’ont sensibilisé à la nécessité de renouer les liens. « Ce n’est pas gagné, notamment en Serbie où, officiellement, il n’y a pas eu de guerre puisqu’elle s’est déroulée dans des pays voisins. Du coup, il n’y a ni vétérans, ni réfugiés, ni personnes déplacées alors qu’il suffit d’ouvrir les yeux pour se rendre compte de la réalité de ce phénomène !  », note Nora qui travaille au centre de décontamination culturelle de Belgrade. Ce centre culturel organise des manifestations et des conférences auxquelles participent des militants associatifs serbes et internationaux. Son objectif : combattre le nationalisme et poursuivre la démocratisation en cours du pays. \n\nNéanmoins, le travail de mémoire n’a pas vraiment commencé, malgré les gestes symboliques effectués par l’ex-président serbe, Boris Tadić qui a fait voter par le Parlement une condamnation des crimes commis par les Serbes à Srebrenica et a livré, sous la pression de l’Union européenne, Ratko Mladić et Radovan Karadzić, les criminels de guerre les plus emblématiques. Mais il y a eu aussi des gestes contradictoires, comme ce déplacement en Republika Srpska (République serbe de Bosnie)[[La Republika Srpska, à forte majorité serbe, est, avec la Fédération de Bosnie et Herzégovine, où vivent majoritairement les Bosniaques et les Croates, une des deux entités composant la Bosnie depuis les accords de Dayton]] donnant le sentiment de soutenir les nationalistes serbes locaux qui revendiquent encore leur rattachement à la Serbie. « De toutes les façons, ces rapprochements sont inévitables, philosophe Bandhyl, vingt-sept ans, professeur d’anglais d’origine albanaise au lycée de Presevo. À terme, nous serons tous membres de l’Union européenne !  » Reste à savoir si dans ce futur que l’enseignant appelle de ses vœux, les populations vivront réellement ensemble et pas côte à côte, comme aujourd’hui…"}
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Il faudra attendre le 14 février pour que Jocelerme Privert - sénateur depuis 2010 et à la tête de la Chambre haute depuis janvier 2016 - soit élu président provisoire par le Parlement. Une élection largement contestée par la société civile. \n\n\n« Coup d’État parlementaire » ?\n\nDans un pays secoué depuis plusieurs semaines par de nombreuses manifestations et  violences, l’association paysanne Tet Kole – partenaire du CCFD-Terre Solidaire – dénonce un  « coup d’État parlementaire »  . De fait, d’une part le pouvoir judiciaire n’a pas du tout été impliqué dans le processus, d’autre part la Constitution de 1987 stipulait que c’était au président de la Cour de cassation d’exercer la transition. En réalité ce sont les amendements que Martelly a fait introduire en 2011, réécrivant en grande partie la constitution,  qui ont semé la confusion en ne prévoyant pas ce type de vacance.\n\nCe que souhaite l'organisation Tet Kole ? Faire annuler le résultat de toutes les élections depuis celles du 9 août 2015, et en réorganiser dans de meilleures conditions, plus démocratiques. \n\nChenet Jean-Baptiste, directeur de l'Institut de Technologie et d’Animation  (ITECA) - association soutenue par le CCFD-Terre Solidaire - dénonce quant à lui le manque de capacité de concertation des partis politique et de la société civile. « Tout le monde veut être chef en Haïti ». Il faut d’ailleurs interroger la vraie nature de ces partis. La plupart ne possède aucune base sociale et se contente d’occuper massivement l’espace médiatique. Vociférer dans un micro serait donc la nouvelle façon de faire de la politique ou plutôt le moyen de ne pas en faire justement. \n\nJocelyne Colas, directrice de la commission épiscopale nationale Justice et Paix (JILAP) - également partenaire du CCFD-Terre Solidaire - insiste de son côté sur la responsabilité de la communauté internationale, qui a tenu à tout prix, à maintenir des élections décriées par tous les secteurs en Haïti : « C’est la vigilance du pays qui a permis que  nous ne tombions pas dans une dictature déclarée, c’est-à-dire que tous les pouvoirs se retrouvent entre les mains d’une seule entité politique. »\n\n\nLes débuts après Martelly \n\n\nL’heure n’est pas encore aux bilans, mais les conséquences des échecs politiques de la période Martelly se font déjà sentir. Durement touchés par la sécheresse l'année dernière et en l'absence de programmes d’appui au secteur agricole, les paysans se retrouvent dans une situation d’urgence sans précédent. Quelques 3,6 millions d'Haïtiens souffrent de la faim, dont 1,5 million sont en situation d’insécurité alimentaire sévère, selon le Programme alimentaire mondial des Nations unies (PAM).\n\n\nUne ère post-séisme ?\n\n\nSix ans après le tremblement de terre du 12 janvier 2010, le pays est encore loin de pouvoir en parler au passé. D’abord, l’absence des 300 000 disparus est une plaie qui restera béante encore longtemps. Chaque famille a été touchée, de près ou de loin. \n\nEt sur le plan matériel, de nombreux bâtiments n’ont toujours pas été reconstruits, tandis que des milliers de familles sont encore sans logement et que leur vie sous des tentes est devenue la normalité. Le rapport de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) de mars 2015 fait état de plus de 16 000 familles vivant dans 66 camps en Haïti. \n\n\nQuelles suites ? \n\nLa plupart des acteurs de la société civile prédit encore des mois de crise et de paralysie du pays. Ils sont certains que Jocelerme Privert ne respectera pas les 120 jours  prévus de transition provisoire.\n\nJocelerme Privert s'est promis de faire pendant sa période d’exercice tout ce que Martelly n’a pas réussi à faire en cinq ans. A savoir, le renforcement de la sécurité intérieure par la refondation des liens sociaux et le dialogue permanent ; le rétablissement de l’État de droit et la consolidation des institutions républicaines. Et enfin, presque de manière anecdotique, la poursuite du processus électoral. \n\nAprès sa nomination, s’est engagée une ronde de négociations pour le choix et surtout l’approbation d’un gouvernement dont une liste de membres a été rendue publique le 8 mars 2016 par le président provisoire.\n\nJocelyne Colas, directrice de JILAP, reste tout de même optimiste face à la situtation et parie plus que jamais en la capacité de la société civile à exiger et impulser plus de transparence et de démocratie en Haiti : « Je ne suis pas fataliste. 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Il ne s’agit pourtant que de la transcription d’une partie du plan BEPS de l’OCDE[[Plan d’action en 15 points pour lutter contre l'érosion de la base d’imposition et le transfert de  bénéfices des entreprises multinationales (en anglais BEPS Base erosion and profit shifting).]]  conclu en novembre dernier lors du G20 à Antalya. La Plateforme paradis fiscaux et judiciaires, coordonnée par le CCFD-Terre Solidaire, en avait déjà pointé les insuffisances. \n\n\n\n\nAprès le scandale du Luxleaks, la Commission européenne avait déclaré que la lutte contre l’évasion fiscale serait l’une de ses priorités et que l’Union européenne se devait de jouer un rôle exemplaire. Or, ses propositions manquent d’ambition, notamment en privilégiant certaines des options les plus minimalistes du plan BEPS.\n\nPlusieurs points sont particulièrement préoccupants :\n\nLa transparence ? ce n’est pas pour maintenant…\nLa proposition de la Commission contient l’introduction d’une obligation de reporting pays par pays à seule disposition des administrations fiscales et qui ne concerne que les très grandes entreprises européennes[[C’est-à-dire que ces dernières seront obligées de transmettre aux administrations fiscales seulement des informations concernant leur chiffre d’affaires, leurs bénéfices, leur nombre d’employés et surtout les impôts effectivement payés dans chacun des pays où elles sont implantées.]]  (750 millions d’euros de chiffre d’affaires). Le fait de rendre publiques certaines de ces données n’est pas complètement éludé, mais est remis à plus tard. \nPour Lucie Watrinet, chargée de plaidoyer financement du développement au CCFD-Terre Solidaire « il est extrêmement dommage que la Commission se soit précipitée pour transcrire le reporting non-public alors que des discussions sont toujours en cours au sujet du reporting public et que le Parlement européen s’est déjà prononcé quatre fois en sa faveur. On prend le risque de voir les Etats membres de l’UE s’en contenter. Il est pourtant nécessaire que chacun ait accès à ces données pour que cette mesure soit efficace».\n\nLe risque d’une course au moins-disant fiscal\nLa Commission propose une uniformisation de certaines règles pour décourager les entreprises de transférer leurs bénéfices dans des paradis fiscaux. Ces règles concernant les filiales, connues sous le nom de règles SEC (Sociétés étrangères contrôlées), doivent permettre aux Etats membres de taxer des revenus réalisés par leurs entreprises dans des juridictions à fiscalité faible. Or, la Commission ne propose pas de définition uniforme de ce qu’est une juridiction à fiscalité faible (cela dépend du taux d’imposition dans chacun des pays) ; elle risque même d’accélérer la course au moins-disant fiscal qu’on observe déjà en Europe. \n«  Les règles SEC proposées par la Commission européenne sont moins exigeantes que les règles qui existent actuellement en France. Par ailleurs, aucune analyse des potentiels effets pervers de cette proposition n’a été réalisée», regrette Lucie Watrinet. \n\nTransferts de bénéfices : le choix d’un encadrement a minima des paiements d’intérêts\nLe transfert de bénéfices via le paiement d’intérêts (déductibles d’impôts) au sein d’une même entreprise est une méthode connue pour échapper à l’impôt ; les entreprises en ont largement abusé en s’endettant auprès de leurs filiales situées dans des paradis fiscaux. Pour limiter ces abus, l’OCDE avait proposé que les déductions d’intérêts d’une entreprise soient comprises entre 10 et 30 % de ses bénéfices[[Ces bénéfices sont ce qu’on appelle les EBITBA en anglais : bénéfices avant impôts, intérêts et amortissements.]] , ce qui était déjà insuffisant. Or, la Commission a fait preuve d’un véritable manque d’ambition en choisissant la fourchette haute (30%). \n\nDes critères pour une nouvelle liste des paradis fiscaux qui excluent de facto les pays de l’UE\nLa Commission propose de développer des critères pour définir une nouvelle liste européenne de paradis fiscaux. S’il s’agit d’une avancée par rapport à la liste publiée en juin dernier, les Etats membres de l’UE sont toujours assurés de ne pas y figurer. \n« Qu’en est-il de l’Irlande, des Pays Bas ou du Luxembourg, qui ont récemment été au cœur de nombreux scandales ?  », s’interroge Lucie Watrinet. « Par ce traitement différencié, l’Union européenne risque d’être accusée, à raison, de protéger ses paradis fiscaux », poursuit-elle.\n\nEvasion fiscale dans les pays en développement : une reconnaissance, mais pas de mesures concrètes\nLa Commission reconnait que les « politiques fiscales [de l’UE] peuvent avoir des effets négatifs sur les pays tiers », notamment via les conventions fiscales bilatérales, ainsi que la nécessité de veiller à les limiter. Il s’agit là d’un signal positif mais le CCFD-Terre Solidaire regrette que cela ne s’accompagne pas de propositions concrètes pour réduire ces effets.  \n« Cela fait longtemps que nous dénonçons l’impact de l’évasion fiscale des entreprises sur les pays en développement. L’Union européenne ne peut pas se contenter de prendre quelques mesures pour protéger ses propres bases fiscales, elle doit se montrer responsable et s’assurer que ses propres règles ne siphonnent pas les ressources de pays les plus pauvres », déclare Lucie Watrinet.\n\nPour une analyse détaillée des mesures de la Commission européenne lire  la note de la Plateforme paradis fiscaux et judiciaires\n\nContact presse : Karine Appy, 01 44 82 80 67 – 06 66 12 33 02"}
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Ce n’est pourtant pas automatique. \n\n\n\nAinsi, en plus des failles dans les procédures d’évaluation en amont de la proposition de projet porté par un acteur privé, l’évaluation de ses impacts reste inégale voire inexistante.\n\n\nNouvelle Alliance du G8 ou comment la sécurité alimentaire peut favoriser le climat des affaires…\nLes Etats membres du G8 se sont lancés dans un exercice de redevabilité pour l’Initiative de l’Aquila qui s’est traduit par la publication de trois rapports. Y sont répertoriés les projets déclarés au titre de l’initiative ainsi que les montants engagés mais aucune  évaluation n’est prévue en tant que telle sur l’état de la sécurité alimentaire des populations ciblées. \nLa dernière initiative en date du G8, la Nouvelle Alliance pour la Sécurité Alimentaire, ne semble pas partir sur de meilleures bases, à voir les indicateurs censés évaluer les progrès de chacun des pays. Tout d’abord, aucun processus d’évaluation et de suivi n’est à ce jour prévu pour les investisseurs privés, qui en sont pourtant les premiers acteurs : quels comptes ces derniers sont ils censés rendre ? Seule une lettre d’intention des acteurs privés a été jointe au cadre de coopération pour chacun des pays. Les entreprises internationales y font part de stratégies régionales et précisent rarement les projets et financements réellement prévus ainsi que les objectifs attendus. A l’inverse les projets des entreprises nationales sont à peine décrits se limitant pour une grande partie à une reprise des objectifs et des engagements régionaux de l’entreprise. Il ne semble même pas y  avoir de cadre d’engagement s’appliquant de manière uniforme au secteur privé.\nConcernant les investisseurs publics, c’est surtout du côté des pays d’accueil qu’on retrouve des indicateurs… malheureusement éloignés des objectifs premiers officiels de la Nouvelle Alliance. On retrouve par exemple pour la Tanzanie l’amélioration de son indice ‘Doing Business’ (indice de «  facilité des affaires » [[Le Classement des pays selon l’indice Doing Business est élaboré chaque année par la Banque Mondiale. Les pays y sont classés en fonction de la facilité d'y faire des affaires, de 1 à 185, la première place indiquant le plus haut niveau de facilité. Un classement élevé sur l'indice de facilité de faire des affaires signale un environnement réglementaire propice aux opérations commerciales: simplicité des procédures de création d’entreprise ou de transfert de titre de propriété, impôts faibles, etc.. Cet instrument participe à la mise en concurrence des législations et à la course internationale vers le moins disant. La Banque Mondiale est par ailleurs actuellement entrain développer un indice doing business spécifique à l’agriculture.]]), le volume des nouveaux investissements et le taux d’accroissement de l’investissement privé pour la production, la commercialisation et la vente de semences. L’absence d’indicateurs pour mesurer l’impact sur la sécurité alimentaire, la nutrition ou la pauvreté (taux de malnutrition, revenus de la population rurale, etc.) est criante.\n\nPourtant, des centres de recherche européens et notamment en France, travaillent aujourd’hui sur l’évaluation des impacts sur la sécurité alimentaire. Le CIRAD [[CIRAD : développer le sigle]] a ainsi élaboré un questionnaire spécifique à l’attention des porteurs de projets dans les pays du Sud [[Bricas N. et Aspe C., 2013. Prendre en compte la sécurité alimentaire et  nutritionnelle dans les projets de développement. Guide d’auto -évaluation ex  ante à l’usage de concepteurs de projets. Montpellier et Paris, Cirad, AFD, MAE. 22 p]].\n\n\nL’étude VISA : Prendre en compte la sécurité alimentaire et nutritionnelle dans les projets de  développement\nCe guide opérationnel pour des concepteurs de projets de développement, réalisé par deux chercheurs du CIRAD avec le soutien du Ministère des Affaires Étrangères et de l’Agence Française de Développement, a pour objectif de mettre au point et tester une grille d'analyse de projets de développement au regard de leur impact sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle. En prenant une perspective plus large, ce questionnaire doit permettre de mettre en exergue les impacts, tant positifs que négatifs, de l’ensemble des projets dits de développement, c’est-à-dire au-delà des projets agricoles.\n« La sécurité alimentaire et nutritionnelle (SAN) est une notion complexe, déterminée par de nombreux facteurs qui doivent être pris en  compte pour améliorer  effectivement les situations alimentaires et nutritionnelles.  A défaut, et comme l’ont montré divers auteurs les projets de développement  agricole ont un impact faible voire négatif sur la SAN . Parce  que la SAN ne se  réduit pas à une question de disponibilités alimentaires, des projets de  développement d’autres secteurs que l’agriculture ou le développement rural  peuvent contribuer à cet objectif »\nBasé sur les 4 piliers de la sécurité alimentaire (accès, disponibilité, qualité, régularité), ce questionnaire permet à tout porteur de projet de s’interroger sur les impacts potentiels de son investissement sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle et ce dès la phase de préparation.\nLe questionnaire demande aujourd’hui à être testé sur les projets d’ONG,  agences et initiatives de développement destinées à la sécurité alimentaire. Mais Il est très probable que, à l’aune de cette grille d’analyse, l'examen des projets de développement classiques basés sur une approche mono sectorielle  révèlerait une contribution limitée à la sécurité alimentaire et nutritionnelle, qui par nécessité dépend de facteurs multisectoriels.\n\n\nUn peu de prospective : si on ne change rien, ça peut donner quoi en 2025 ? \n\nImaginons qu’en 13 ans, la population mondiale ait augmenté de 20 % pour atteindre, selon le recensement mondial de janvier 2025, 8 milliards d’habitants (6,5 en 2012). 97 %  de cette croissance s’est produite dans les « nouveaux pays développés » et les pays toujours en développement (appelés alors pour l’ensemble pays en développement), en Asie et en Afrique. \n\nL’Afrique, confrontée à la multiplication des crises alimentaires depuis le début des années 2000, voit une zone d’insécurité alimentaire permanente se dessiner désormais de l’Ouest à l’Est du continent. La région n’a pas pu rattraper une situation d’ores et déjà difficile au début du siècle.\n\nLa population rurale a fortement baissé, le développement de monocultures à grande échelle encouragé notamment par les initiatives du G8 avec les agroindustriels (AFSI et Nouvelle Alliance), ayant fortement restreint les possibilités d’emploi à la campagne. On trouve désormais majoritairement des ouvriers agricoles et quelques villageois sans terres ni semences à cultiver (car dans l’incapacité de se les payer) survivant dans des conditions extrêmement difficiles. Des « poches » d’agriculture familiale subsistent, soutenues par la coopération internationale, et produisent une alimentation de qualité pour quelques élites urbaines Les services publics en milieu rural et/ou dédiés à l’agriculture sont quasiment inexistants, les caisses des Etats étant vides. Quelques hôpitaux et écoles subsistent aux abords des plantations, mais ils sont réservés aux employés.\n\nFinie l’indépendance paysanne et la culture vivrière, voilà venu le temps du prolétariat agricole et du marché mondial ! Car à quoi bon produire pour à côté de chez soi – dans de plus petites quantités et avec des variations moindre de prix- quand la récolte peut être vendue au plus offrant et au meilleur moment dans des salles de marchés à l’autre bout de la planète. Alors il faut produire toujours plus pour pouvoir répondre à ces demandes croissantes, soutenues par les impacts du changement climatique, qui touchent chacune leur tour les grandes régions productrices, et renforcent un peu plus les tensions sur les marchés.  Changement climatique que l’agriculture n’ a pas su limiter. Le secteur est toujours responsable d’1/4 des émissions de gaz à effet de serre et n’a pas su s’adapter à ces conditions dégradées: ressources raréfiées, sols dégradés, surface arable réduite,… Pire, la surexploitation et la fuite en avant continue. Les pratiques basées sur la productivité à tout prix à base de semences modifiées, d’engrais et intrants chimisés sont la norme. \nEt la sécurité alimentaire dans tout ça ? A la veille de la Conférence de Bilan sur les Objectifs du Développement Durable (lancés en 2015 dans la suite des objectifs du millénaire), les off n’annoncent rien de bon : l’objectif de réduire par deux le nombre de personne souffrant de la faim, déjà reconduit en 2015, ne sera une nouvelle fois pas atteint.  \n\nLe G28 (qui regroupe les anciens pays riches et les nouveaux pays développés) souhaite désormais faire de l’insécurité alimentaire une priorité et doit annoncer un financement spécifique à la sécurité alimentaire en zone urbaine. Acteurs pivots de l’initiative : Walmart et Unilever."}
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Près de deux ans après la révolution Tahrir, qui a insufflé un esprit de liberté dans le pays, cette communauté s’inquiète des succès électoraux des partis islamistes. Entretien avec Jean-Jacques Pérennès qui, au Caire, dirige l’Institut dominicain d’études orientales (Ideo).\n\n\n\n\nFDM : La population copte[[ Les coptes sont les habitants chrétiens d’Égypte. 95 % des coptes sont membres de l’Église copte orthodoxe, mais il existe aussi, depuis le XIXe siècle, une Église catholique copte ainsi qu’une Église évangélique copte.]] est-elle discriminée, voire persécutée en Égypte ?\n\nJean-Jacques Pérennès : Discriminée oui. Persécutée non. Minoritaires, les chrétiens ne peuvent prétendre facilement à de hautes charges au sein de la société, que ce soit en politique, dans l’armée, l’administration, et même dans le monde du sport. Être sélectionné en équipe nationale de foot reste difficile pour un chrétien parce que l’on conçoit mal, inconsciemment peut-être, qu’un but soit marqué par un chrétien lors d’un grand match. Mais il est inexact de parler de persécution, c’est-à-dire de violences systématiques.\n\nCertes, il y a des actes de violence, deux ou trois fois par an, en particulier au Saïd, en Haute-Égypte, où la société rurale, très conservatrice, est facilement instrumentalisée par les islamistes radicaux. Dans cette région, les habitants possèdent des armes qu’ils sortent assez rapidement. Des églises sont brûlées, des chrétiens attaqués. Souvent, ces problèmes interconfessionnels commencent par un incident de la vie quotidienne : un garçon regarde la sœur de son voisin musulman, des villageois se disputent une terre, un logement. \n\nPuis la religion interfère et ça dégénère. Le régime de Moubarak fermait volontiers les yeux sur ces incidents et donc, protégeait moins les chrétiens qu’on veut bien le dire. En même temps, la plupart des 7 à 8 millions de chrétiens égyptiens peuvent pratiquer leur religion librement, surtout dans les villes.\n\nQuelle a été la participation de la communauté copte à la révolution ?\n\nMalgré l’avis défavorable du pape Chenouda III, qui a soutenu le régime de Moubarak jusqu’au bout, de nombreux jeunes coptes ont participé à la révolution, laquelle a représenté un moment d’espoir et de changement pour tous. Pendant les dix-huit jours de manifestations place Tahrir, du 25 janvier au 11 février 2011, on a observé une magnifique connivence entre coptes et musulmans. Des slogans ont fleuri liant la croix et le croissant, des chrétiens ont protégé des musulmans pendant la prière et réciproquement. C’est aussi ça, l’Égypte.\n\nQue s’est-il passé après cette « parenthèse enchantée » ?\n\nC’est effectivement une parenthèse. Juste avant la révolution, un attentat à la voiture piégée devant une église à Alexandrie avait fait plus de vingt morts et beaucoup de blessés dans la communauté copte. Par la suite, cet attentat a été interprété comme une manœuvre du ministère de l’Intérieur pour justifier le maintien de l’état d’urgence en vigueur depuis des décennies. Et, après le départ du président Moubarak, le 11 février 2011, des incidents interconfessionnels ont à nouveau éclaté, dont certains fomentés par les salafistes dans le quartier d’Imbaba, au Caire, et à Edfou, près d’Assouan. La communauté copte a aussi été très éprouvée par la répression d’une manifestation dans le quartier de Maspero, en octobre 2011.\n\nComme la police était complètement absente depuis la révolution, c’est l’armée, peu expérimentée en matière de gestion des foules, qui est intervenue. Quand les soldats ont vu un de leurs véhicules brûler, ils ont foncé dans le tas avec des véhicules blindés, écrasant une vingtaine de personnes. Mais on ne peut pas dire que l’armée a « voulu » tuer les coptes. La vérité des faits est importante pour éviter le manichéisme qui contribue à dresser les uns contre les autres.\n\nCette révolution a-t-elle eu un impact au sein de la communauté copte, en particulier de l’Église ?\n\nJe pense que oui, dans le sens où, en participant aux manifestations, un groupe significatif de chrétiens n’a pas obéi aux ordres de la hiérarchie. Ceci a souligné le désir de plus de libertés et de débats au sein même de l’Église copte-orthodoxe, une Église gérée avec une grande fermeté par sa hiérarchie. Ensuite, le pape Chenouda III est mort[[ndlr : le 17 mars 2012]] et la communauté se trouve en état d’apesanteur, dans l’attente de l’élection de son successeur. Chenouda III a beaucoup fait pour sa communauté, mais il était aussi très rigoureux, en particulier en matière disciplinaire (mariage avec des chrétiens non orthodoxes, par exemple). L’esprit de Tahrir est un esprit de liberté, de contestation de l’autorité. On verra quel sera le style du prochain pape. Dans l’Église catholique aussi, bien qu’elle soit plus ouverte, les fidèles demandent d’être davantage « écoutés » par leurs évêques.\n\nLe succès des islamistes aux élections législatives puis présidentielle, constitue-t-il une menace pour les coptes ?\n\nIl faut distinguer les salafistes des Frères musulmans. Certains salafistes ont clairement une idéologie extrémiste qui souhaite la disparition des chrétiens. À l’origine, le salafisme est un mouvement quiétiste qui prône le retour aux débuts de l’islam, en le débarrassant de tout ce qui l’aurait corrompu au cours de l’histoire, en particulier l’implication en politique. Ce mouvement n’est pas nouveau mais s’est radicalisé depuis le 11 septembre 2001, virant au djihadisme, qui prône explicitement le recours à la violence.\n\nLe régime de Moubarak a laissé s’exprimer cette propagande salafiste radicale à travers des chaînes télévisées émettant depuis le Golfe. Certains prédicateurs y tiennent des discours d’incitation à la haine confessionnelle. Le calcul du régime était que ce salafisme, alors peu politisé, contribuerait à prendre des voix aux Frères musulmans qui, eux, étaient déjà très organisés et mobilisés dans une perspective de prise du pouvoir. Les Frères ont vécu longtemps dans la clandestinité et en ont gardé une très forte structuration interne et un grand engagement de ses militants. Les 24 % de voix, obtenus par le parti salafiste al Nour aux élections législatives, ont constitué un énorme choc, car, là, ils deviennent vraiment une force politique.\n\nQu’en est-il des Frères musulmans ?\n\nLeur stratégie, plus compliquée, se dévoile peu à peu. Ils ont un affichage d’ouverture : ils ont eu l’habileté, par exemple, de placer comme vice-président de leur parti, le Parti de la justice et de la liberté, un copte protestant. Ils affirment ne pas être un parti religieux mais un parti pour tous les Égyptiens et, dans leurs déclarations publiques, ils répètent que les chrétiens doivent avoir les mêmes droits que les musulmans.\n\nMais les premiers mois de leur arrivée au pouvoir manifestent une propension à vouloir contrôler l’appareil d’État. De plus, les débats qui ont eu lieu à l’Assemblée pendant les six premiers mois de 2012 ont montré le poids des idéologues plus radicaux.\n\nLa majorité islamiste a laissé libre cours à une surenchère idéologique en discutant de sujets comme la possibilité pour les touristes étrangers de boire du vin, la nécessité de recouvrir ou non de voiles les statues pharaoniques. Des débats qui marquent un retour en arrière sur les droits des femmes.\n\nOr, les Égyptiens attendaient de leurs députés des décisions sur des questions de vie quotidienne et de société qui, en dehors de quelques dispositions comme l’augmentation du salaire minimum, sont passées au second plan. Les islamistes vont devoir clarifier leur positionnement. C’est en fonction de cela que l’on pourra juger de leur attitude réelle vis-à-vis des chrétiens.\n\nY a-t-il des réactions dans la société civile pour éviter l’antagonisme confessionnel ?\n\nOui, heureusement. Je voudrais notamment parler d’une initiative très importante de l’imam Ahmed al-Tayyeb, qui dirige la prestigieuse université islamique d’Al Azhar. Il y a un an, il a créé la Maison de la famille égyptienne. C’est une structure de rencontres où toutes les composantes de la société se retrouvent : musulmans, chrétiens et même non croyants. Il s’agit de réfléchir sur la manière de mieux vivre ensemble. Un projet de loi sur la construction des églises y a, par exemple, été discuté. Depuis l’Empire ottoman, les obstacles administratifs sont multiples pour édifier une église, alors que la construction de mosquées est très facile, d’où des dissensions.\n\nAu sein de cette Maison de la famille égyptienne, une commission a trouvé un compromis transmis au Conseil suprême des forces armées (CSFA) qui a dirigé le pays jusqu’à l’élection du président Morsi, en juin. Une autre commission travaille sur les manuels scolaires. Par ailleurs, en juin 2011, l’imam Ahmed al-Tayyeb a publié un texte très important en onze points dont l’Article premier préconise un État démocratique, excluant que l’Égypte ne devienne un État théocratique. Mais cette initiative est loin de représenter l’esprit dominant dans les courants islamistes aujourd’hui au pouvoir. Rien n’est gagné. Espérons que les courants d’ouverture pourront continuer à se faire entendre.\n\nCe  qui est  nouveau  en  Égypte,  c’est  que  le  peuple  a  pris  le  goût  de  la  liberté. Il  ose   désormais  s’exprimer    et   cela,  tous    les   pouvoirs,     islamistes        ou  non,    devront   en   tenir compte.   En  revanche,    le peuple,    qui   n’a  guère     l’expérience      du  débat  politique,    a du  mal  à traduire  ses aspirations  en  rapports  de  forces  et  en changements  effectifs.\n\nL’université d’Al Azhar conserve-t-elle sa légitimité au sein de la communauté musulmane ?\n\nOui et non. C’est une vieille institution, qui a plus de mille ans d’existence et dont le prestige dépasse les frontières de l’Égypte pour s’étendre à tout le monde sunnite. \n\nDans les années 1950, Nasser a mis fin à son autonomie en décidant de nommer son imam qui, jusque-là, était élu par le Conseil des oulémas. Cette opération de  centralisation et d’étatisation a fait perdre un peu de sa crédibilité à l’imam d’Al Azhar, qui est alors apparu comme une émanation du pouvoir politique. Après la révolution, l’imam al-Tayyeb a présenté sa démission au CSFA qui l’a refusée. Al Azhar a alors proposé que l’imam soit à nouveau nommé par le Conseil des oulémas et retrouve une certaine autonomie vis-à-vis du pouvoir politique. Il n’est pas sûr que le pouvoir islamiste actuel résiste à la tentation de vouloir contrôler à son tour cette institution prestigieuse. \n\nCe qui est nouveau en Égypte, et très important, c’est que le peuple a pris le goût de la liberté. Il ose désormais s’exprimer et cela, tous les pouvoirs, islamistes ou non, devront en tenir compte. En revanche, le peuple, qui n’a guère l’expérience du débat politique, a du mal à traduire ses aspirations en rapports de forces et en changements effectifs. On ne se relève pas en quelques mois de décennies de régime autoritaire."}
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Afin de faciliter les relations entre les deux communautés, une initiative soutenue par le CCFD-Terre Solidaire a été proposée à six villes. Du Sud-Liban à la plaine de la Bekaa en passant par l’Akkar, premier bilan d’un projet modeste par sa taille, mais ambitieux dans sa philosophie.\n\n\n\n\nUn youyou a fusé, repris par une douzaine de femmes. C’est Rokaïa, une réfugiée syrienne originaire de Damas, qui la première a lancé le cri de joie pour fêter Myriam, Libanaise et toute jeune épousée. Nous sommes dans le Sud-Liban, à Kfar Tebnit, une petite ville agricole chiite, de 13 500 habitants accueillant 1 457 Syriens chassés par la guerre. Il y a encore six mois, Rokaïa, traumatisée par une précédente expérience d’installation à Beyrouth, n’osait s’adresser aux gens de la ville. Depuis, elle participe aux ateliers de transformations alimentaires de Kfar Tebnit avec les membres de la coopérative féminine dans le cadre du projet soutenu par le CCFD-Terre Solidaire. \n\n\n« Je loue une pièce humide en rez-de-chaussée avec mes quatre enfants et mon mari. C’est difficile, mais au moins maintenant je me sens mieux intégrée. À Beyrouth, les gens me regardaient comme si j’allais importer la guerre dans leurs familles », confie-t-elle en exhibant ses « nuits du Liban ».\n \n\n\nSur ce dessert chocolaté, les membres de la coopérative ont dessiné leur futur logo en poudre de cacao : une marmite fumante ! Initialement, les femmes de Kfar Tebnit devaient intégrer la coopérative des hommes mais pressentant qu’elles n’y feraient que de la figuration, elles ont créé la leur. « Une petite révolution sociale ! », souligne Feyrouz Salameh, la secrétaire générale du Mouvement social libanais (MSL), partenaire local du projet [[Créé en 1961, le Mouvement social libanais est expert en formations professionnelles, développement social, médiation interculturelle et lutte contre le décrochage scolaire..]]\n\nCe jour-là, la tête couverte d’une charlotte en plastique et les mains gantées conformément aux dispositions d’hygiène qu’elles ont apprises en formation, les femmes de Kfar Tebnit ont préparé un gargantuesque mezze : salades d’olives, manaïches, muhammara pimenté. Les deux Syriennes du groupe expliquent comment elles écrasent les ingrédients, tandis que les Libanaises les coupent ! « Au début du projet, les Libanaises adoptaient une attitude un peu condescendante, se souvient une observatrice. Jusqu’au jour où les Syriennes ont livré un secret culinaire pour éviter que les makdous (aubergines farcies) ne moisissent. »\n\nIdentifier les différences pour éviter les malentendus\n\nCe partage de savoir-faire autour de la cuisine, une activité essentielle dans les deux cultures, a fait fondre la glace. « Toutes, en amont, avaient participé à des réunions de médiation interculturelle. À partir de jeux de rôle, on travaille sur le regard, le ton, l’attitude pour faire prendre conscience des territoires de chacun. \n\nMieux identifier les différences respectives permet d’éviter les malentendus », explique Charlotte Tanios, trente cinq ans, assistante sociale du MSL, formatrice et médiatrice au sein du projet. Des maris ont bien manifesté quelques résistances à cette coopérative féminine mais les démarches de porte-à-porte ont réussi à en convaincre certains. Pas tous. \n\nEn première ligne face à l’afflux de réfugiés syriens, les municipalités des six communes sélectionnés pour le projet doivent jouer le jeu. « Ce n’est pas toujours évident car un maire comprend mieux quand on lui parle d’infrastructures que de développement social », soupire Feyrouz Salameh. Un peu hésitant au départ, celui de Kfar Tebnit est désormais convaincu. Il prête même l’espace de la cuisine collective, équipée depuis peu d’un four offert par le mari d’une Libanaise de la coopérative.\n\nMêler la formation professionnelle à la médiation\n\nSi l’atelier cuisine résonne de rires et de cris, une atmosphère studieuse règne dans la pièce à côté. « Attention à ne pas faire saigner la cliente, prévient la formatrice en esthétique et coiffure. N’enlevez pas toute la peau, il faut que l’ongle respire. »  Trois fois par semaine pendant six mois, de neuf heures à midi, elle enseigne la manucure, le soin du visage ou le brushing à vingt-cinq Syriennes et Libanaises, âgées de seize et vingt-trois ans. Chacune a participé auparavant à une initiation à la communication et au dialogue. Mêler ainsi la formation professionnelle à la médiation est l’une des forces du projet. \n\nPour favoriser l’émulation, les apprenties esthéticiennes sont réparties en deux groupes, les tabliers verts et les tabliers roses. \n« Moi, je ne me faisais jamais les ongles, ça ne m’intéressait pas du tout. Mais j’ai pris goût aux cours, c’est un lieu de rencontres », explique une jeune Libanaise de Kfar Tebnit.\n\n\nÉpoque oblige, les stagiaires ont vite formé un groupe sur Facebook pour communiquer entre elles. Quand elles auront terminé leur formation, la plupart d’entre elles comptent travailler à domicile plutôt qu’en institut. Une façon pour ces femmes de se faire un peu d’argent sans rompre brutalement avec les coutumes locales.\n\nÀ peine sortie du cours d’esthétique, Hadil, une réfugiée syrienne, a rejoint les autres membres du « comité territorial mixte ». Un groupe de onze personnes où se retrouvent jeunes et adultes, femmes et hommes, Libanais et Syriens, élus et citoyens. Leur rôle : dialoguer pour atténuer les tensions et proposer des projets de développement au conseil municipal. \n\nLes idées foisonnent : stage de photo, centre aéré, fresque réalisée par des artistes locaux... « OK, mais il faudra évaluer leur talent », précise la « greffière » du comité avec humour. Ne reste qu’à budgéter l’ensemble avant de le proposer au maire. « Profitons-en, les élections municipales ont lieu en 2016. » Éclats de rire.\n\nLa séance est presque terminée lorsque la jeune Hadil prend la parole pour proposer un atelier d’alphabétisation. « C’est moi qui prendrai le premier cours. » Derrière l’autodérision perce le courage de cette étrangère dévoilant au groupe, devant des hommes, cette faille si intime. \n\nL’assistante sociale est bluffée : « Il y a quelques semaines encore, Hadil était très négative, agressive. » Son compatriote, membre du comité, reste silencieux pendant toute la séance, sauf lorsque l’on aborde la question du chômage local. Un problème qui dépasse largement les compétences du petit groupe. La séance est levée.\n\nPour lire la suite de ce reportage abonnez-vous à Faim et Développement.\nVous y trouverez aussi les autres articles du dossier : Diversité et Vivre ensemble au cœur des défis du Moyen-Orient dont est extrait ce reportage."}
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Trois ans après l’Accord de Paris, la COP24 marque une nouvelle étape dans les négociations internationales pour lutter contre des dérèglements climatiques. Quels sont les enjeux de ce grand rassemblement pour le climat, alors qu’un compte à rebours irréversible s’enclenche ?\n\nQu’est-ce qu’une COP ?\nOrganisées dans le cadre de l’Organisation des Nations Unies, les négociations climatiques internationales – les COP – ont lieu une fois par an. \nL’objectif ? Lutter contre les bouleversements climatiques et leurs impacts en obtenant une réduction mondiale des émissions de gaz à effet de serre. \nQui sera à la Cop 24 ?\nLa COP24 réunira : \n\n les représentants de 190 Etats, \n des ONG\n certains acteurs privés (entreprises)\n\nLe CCFD-Terre Solidaire sera représenté par Anne-Laure Sablé, chargée de plaidoyer climat et souveraineté alimentaire. Pour suivre les négociations au jour le jour, vous pouvez suivre son compte Twitter.  @AnneLaureSable\n\nUne accélération des dérèglements climatiques au-delà des prévisions initiales\nLe 8 octobre 2018, les experts internationaux du GIEC ont sonné l’alarme  de l’urgence climatique dans un nouveau rapport aux conclusions particulièrement préoccupantes.\n\n \n\nL’ONU n’a pas tardé à se joindre à ce cri d’alerte en estimant à seulement deux années le temps qu’il nous reste pour rectifier notre trajectoire.  \nDe nouveaux dirigeants mondiaux hostiles aux engagements de lutte contre le réchauffement climatique\nLe président des Etats-Unis, Donald Trump, dont le pays est deuxième plus gros émetteur de gaz à effets de serre après la Chine, s’est retiré de l’Accord de Paris.  \nAu Brésil, le nouveau président Jair Bolsonaro, qui entrera en fonction en janvier, souhaite remettre en question la protection de la forêt amazonienne, vitale pour l’équilibre climatique de la planète. \nLes autres pays devront donc être capables de s’allier pour ne pas renoncer à une lutte collective des Etats, indispensable contre les dérèglements climatiques\n\nLes effets du réchauffement se font déjà sentir, particulièrement pour les populations les plus vulnérables. \nPartout dans le monde, le CCFD-Terre Solidaire est témoin des difficultés des populations confrontées aux dérèglements climatiques et de leurs efforts  pour y faire face. \n\n\n\nLa Cop 24, un bilan à mi-parcours préoccupant pour la mise en œuvre de l’Accord de Paris\n\n Des engagements insuffisants\n\nEn 2015, 196 Etats ont signé l’Accord de Paris. Son objectif est de limiter le réchauffement à 2°C. Sa mise en œuvre est prévue seulement à partir de 2020. Nous sommes donc à mi-parcours de la phase préparatoire.\nLes Etats signataires ont, suite à l’accord de Paris, pris une première volée d’engagements. Problème : même si ces engagements sont respectés, le réchauffement global atteindrait  3,5°C d’ici 2100 ! Dans cette perspective, la COP24 doit conduire les Etats à revoir leurs ambitions à la hausse afin de respecter le cadre de l’Accord de Paris.\n\n Une mise en œuvre qui se fait attendre\n\nOr à ce jour, seuls 16 pays ont tenus leurs engagements de 2015. Comme l’écrasante majorité des pays riches, qui sont aussi les plus grands contributeurs aux dérèglements climatiques, la France ne fait pas partie de ces bons élèves. Elle a pris du retard dans les secteurs du transport, du bâtiment et de l’agriculture.\n Lire aussi : le dossier de presse du Réseau Action Climat\ndossier_de_presse_rac.pdf  \nCOP 24 : Quels résultats attendus ?\n\n Un premier bilan des progrès réalisés par les Etats \n L’annonce de nouveaux engagements plus ambitieux.\n L’adoption d’un manuel des règles d’application de l’Accord de Paris. C’est la crédibilité de l’Accord qui est en jeu à travers ce manuel qui va fixer les règles concernant la mise en œuvre opérationnelle des engagements de l’Accord. Les ONG, dont le CCFD-Terre Solidaire, demandent que ces règles incluent le respect des droits humains, de la sécurité alimentaire et de l’égalité hommes femmes.\n\nLa Cop 24 marque également le lancement du programme Koronivia sur l'agriculture\n Pour le CCFD-Terre Solidaire c’est l’aboutissement d’un long travail de plaidoyer pour une meilleure prise en compte de l’agriculture dans la question climatique. \n\n Au terme de la COP 21, le CCFD-Terre Solidaire s’était inquiété de la non prise en compte de la sécurité alimentaire et des droits humains dans les négociations.  \n\n Lire aussi  : Cop 21, un accord historique mais qui ne répond pas à tous les défis   \n\n Depuis 2015, il s’est mobilisé à travers un travail de plaidoyer pour que l’agriculture soit mieux prise en compte dans les négociations climatiques. Lors de la COP 23 de Marrakech, il s’est particulièrement mobilisé en faveur d’une proposition de programme de travail sur l’agriculture.\n\n\n La COP24 va justement marquer le début du programme Koronivia sur ce thème, avec un premier atelier prévu le 3 décembre. Ce programme, résultat du plaidoyer porté ces dernières années par le CCFD-Terre Solidaire et ses alliés, va permettre de placer la question de l’agriculture  au cœur des négociations. Le GIEC a notamment placé la question de l’agriculture au cœur de son dernier rapport, à travers la problématique de la séquestration du carbone dans les sols agricoles. Cette question de la séquestration est portée par le CCFD-Terre Solidaire depuis longtemps. Nous avons donc un rôle à jouer en tant qu’experts lors de l’atelier. \n\n Lire aussi  : La séquestration du carbone dans les terres agricoles, miracle ou alibi ? (Rapport)  \n \nRendez-vous le 8 décembre pour faire résonner l'alarme pour le climat! \nDécouvrez les initiatives qui marchent avec notre carte interactive !\n\n\nDocuments joints\n\n\n\ndossier_de_presse_rac.pdf"}
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Les attaques contre les défenseurs doivent cesser » rappelle Alexandra Poméon, Responsable de l’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’homme (FIDH/OMCT) pour la FIDH. Pourtant au Cameroun, les membres d’organisations de la société civile indépendante font régulièrement l’objet d’actes d’intimidations et de harcèlement, y compris judiciaire. Ces derniers exercent leurs activités de défense des droits humains dans un contexte tendu et à risque. \n\nL’inquiétude grandit parmi eux, particulièrement depuis que leur confrère Franklin Mowha, Président de l’association de défense des droits humains Frontline Fighters for Citizen Interest (FFCI), est porté disparu depuis le 6 août 2018 alors qu’il était en mission à Kumba, dans la région du Sud-Ouest, pour documenter des cas de violations des droits humains en lien avec la crise sociopolitique dans les régions anglophones. Sur ce cas, les autorités gardent le silence malgré une plainte déposée le 4 septembre 2018. \n\nAu moins six journalistes arrêtés\n\n«A cause des arrestations, il devient de plus en plus difficile pour les journalistes indépendants et les membres de la société civile de jouer leur rôle en toute sécurité alors que dans le contexte actuel, l’information, le dialogue et la participation de toutes les composantes de la société sont indispensables,» affirme Emilie Leroux, Chargée de mission Cameroun (CCFD-Terre Solidaire). \n \nAinsi, au moins six journalistes ont été arrêtés à travers le pays ces dernières semaines essentiellement suite à la publication d’informations critiques à l’endroit des autorités camerounaises quant à la gestion de la crise anglophone. Plusieurs d’entre eux sont actuellement harcelés par la justice en raison de l’exercice légitime de leur profession, à l’instar de Michel Biem Tong, Directeur du site d’informations en ligne Hurinews et défenseur des droits humains. \n\nArbitrairement détenu depuis le 23 octobre 2018, Michel Biem Tong a été placé, le 15 novembre 2018, sous mandat de dépôt par le Tribunal militaire de Yaoundé pour « apologie du terrorisme, déclarations mensongères, outrage au Chef de l’État ». \n\n« Compte tenu du manque d’indépendance et d’impartialité inhérent aux tribunaux militaires, au Cameroun comme ailleurs, ils ne devraient en aucun cas être compétents pour juger des civils, » déclare Samira Daoud, Directrice régionale adjointe pour l’Afrique de l’Ouest et centrale d’Amnesty International. \n \nLes organisations signataires demandent la libération immédiate et sans conditions de  Michel Biem Tong et l’abandon de toutes les charges retenues contre lui. Elles appellent également à l’ouverture d’’une enquête indépendante et impartiale sur la disparition forcée de Franklin Mowha. \n\nLes organisations signataires appellent la France et l’Union européenne, partenaires du Cameroun, à exhorter les autorités camerounaises à mettre un terme aux entraves aux libertés publiques et à garantir, en toutes circonstances, la protection des défenseurs des droits humains et des journalistes. La communauté internationale, et en particulier les Nations unies et l’Union africaine, devrait se saisir de la question. \n\nUne instrumentalisation de la loi antiterroriste\n\nAlors que le pays fait face depuis 2014 à de violentes attaques terroristes perpétrées dans la partie septentrionale par le groupe armé Boko Haram, le gouvernement fait un usage abusif  de la loi n°2014/028 du 23 décembre 2014 portant répression des actes de terrorisme contre des voix considérées comme dissidentes, notamment à l’égard des journalistes et des organisations de la société civile. \n\nEn plus de définir de manière très large le terrorisme, cette loi ne précise pas ce qui constitue l’ « apologie ». Dans les faits, des paroles ou des écrits publics pacifiques peuvent tomber sous le coup de la loi lorsqu’ils sont critiques à l’endroit des autorités et les personnes ciblées encourent des peines allant jusqu’à la peine de mort.  \n\n « Le fait que le Cameroun soit confronté à deux crises sécuritaires majeures ne doit pas être utilisé pour restreindre, sous couvert de la lutte contre le terrorisme, les libertés publiques dans le pays et plus particulièrement les libertés d’expression, » indique Clément Boursin, Responsable des programmes Afrique (ACAT).\n\nLa loi antiterroriste devrait être révisée afin de la rendre conforme au droit international indiquent les organisations signataires. \n\nLes seules réponses sécuritaire et militaire ne viendront pas à bout des crises multiformes que traverse la société camerounaise. Leur résolution ne peut se faire que dans le respect des droits humains ce qui implique nécessairement des enquêtes indépendantes et impartiales pour faire toute la lumière sur les crimes commis et établir les responsabilités de leurs auteurs.  \n\n\nAssociations signataires :\n•\tAction des chrétiens pour l’abolition de la torture (ACAT-France)\n•\tAmnesty International \n•\tCCFD-Terre Solidaire\n•\tFédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH), dans le cadre de l’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme\n•\tOrganisation Mondiale Contre la Torture (OMCT), dans le cadre de l’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme\n•\tRéseau Foi et Justice Afrique Europe\n•\tSecours catholique – Caritas France \n•\tTournons la page\n\n\n\nContacts médias :\n•\tMariam Chfiri, ACAT France | Tel: +33 1 40 40 40 24 | Email: mariam.chfiri@acatfrance.fr\n•\tService de presse pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, Amnesty International  Tel : +221 77 658 62 27 ou +221 33 869 82 31|Email : press@amnesty.org | Twitter : @amnestyWaro.\n•\tSophie Rebours,  CCFD-Terre Solidaire | Tel: +33 1 44 82 80 64 / 07 61 37 38 65|Email: s.rebours@ccfd-terresolidaire.org \n•\tAudrey Couprie / Samuel Hanryon, FIDH  | Tel : +33 1 43 55 25 18  | Email : presse@fidh.org\n•\tMarta Gionco, OMCT  | Tel : +41 22 809 49 39  | Email : mgi@omct.org\n\n[gallery link=\"file\" ids=\"9766\"]"}
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Elle ajoute :\n\n« Nous y accueillons des migrants qui, pour la plupart, ont été victimes de délits graves comme le kidnapping, les réseaux de prostitution, les vols avec maltraitance. Ils ont souvent pris le risque de dénoncer leurs bourreaux... Il y a aussi des mineurs, des défenseurs des droits humains et des LGBT. Ces personnes restent en moyenne de trois à six mois, voire plus. »\n\nDe pays de transit à terre d'accueil\nOriginaires pour la plupart du Honduras, du Salvador, du Guatemala, d’Haïti, du Venezuela, mais aussi d’Afrique (Togo, Cameroun, République démocratique du Congo), les personnes migrantes sont généralement orientées vers la Casa Mambré par les autorités mexicaines ou par l’UNHCR, l’agence de l’Onu pour les réfugiés.Elles vont y suivre un parcours d’accompagnement en trois étapes. « La première phase est “l’accueil cordial”, précise soeur Fefa Martinez, présente depuis la création de la maison. Après l’évaluation de leur situation avec une assistante sociale, les migrants sont reçus par un médecin, puis par une psychologue et une avocate. »\nMigraines récurrentes, douleurs intestinales à cause d’une alimentation rare ou irrégulière, MST... les migrants présentent également des problèmes dentaires, parfois suite aux violences subies. « La plupart présentent des symptômes de dépression et d’anxiété, explique Ruth Gonzalez Ramirez, la psychologue. Ils passent leurs journées à revivre les épreuves par lesquelles ils sont passés. Certains tombent ou retombent dans des addictions, comme la drogue et l’alcool. Globalement pourtant, ces personnes montrent une impressionnante capacité de résilience. Même si pour certains, dire “je vais bien !” est souvent un mécanisme de protection. »\n« La santé psychologique s’améliore aussi avec leur régularisation. Pour monter les dossiers de demandes de statuts de réfugiés ou de visas humanitaires, je mène des entretiens approfondis. Ensuite, la Commission nationale d’aide aux réfugiés (Comar) a 100 jours pour statuer », souligne Katherin Ramirez, 31 ans, l’une des avocates de la Casa Mambré.\nParallèlement à leur demande de régularisation, les résidents entament leur « intégration sociale », deuxième étape du parcours d’accompagnement intégral. « Ils suivent des cours d’espagnol et commencent à définir leur projet de vie », souligne Leonila Romero Gonzalez, coordinatrice du Centre pastoral des droits humains, structure liée au SMR. Avant d'ajouter :\n\n« Face aux difficultés croissantes pour aller aux États-Unis, 60 % des migrants affirment vouloir rester ici... au moins un temps, avant de retenter leur chance. »\n\n\nPréparer son intégration\nCette installation  est souvent le fruit de la troisième et dernière phase du parcours, intitulée « intégration communautaire et exercice des droits ». Leonila Romero Gonzalez assure que :\n« Plusieurs migrants ayant séjourné à la Casa Mambré nous ont donné des nouvelles. Ils ont réussi à se construire une vie heureuse au Mexique ou aux États-Unis. »\nDes informations qui donnent du baume au coeur à une équipe bénéficiant de moyens limités. « La Maison fonctionne grâce au financement de l’UNHCR, qui représente 80 % du budget, poursuit-elle. Nous avons également l’appui du CCFD-Terre Solidaire, de Médecins sans Frontières, de bénévoles et de donateurs. Actuellement, nous menons des travaux afin d’accroître notre capacité d’accueil, limitée aujourd’hui à environ 70 personnes. Nous voulons notamment offrir des chambres pour les familles. »\nDe quoi satisfaire Clara, guatémaltèque de 26 ans et son époux Manolo, hondurien de 36 ans, qui dorment dans des dortoirs séparés : « C’est une bonne nouvelle,  sourit Manolo. Mais j’espère surtout qu’on aura bientôt notre chez-nous au Canada ! »\n\nEchos du Monde est disponible sur abonnement payant. Nous vous avons offert cet article pour découvrir les contenus de notre magazine.\n\n[gallery link=\"file\" ids=\"9779\"]"}
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Leurs témoignages nous plongent dans la dureté de leur combat pour s’extraire de la violence et de la misère\n\n\n\nManolo, 36 ans, a fui le Honduras à cause des gangs \nSur la route, des policiers l’ont kidnappé et rançonné. Avec sa femme, ils ont trouvé un refuge provisoire à la Casa Mambré. Ils espèrent trouver un asile définitif au Canada.\n\n« Je m’appelle, Manolo [[Le nom a été changé pour garantir l’anonymat de la personne]], j’ai 36 ans. Je suis né dans une petite ville côtière du Honduras. J’avais deux ans quand ma mère a migré aux Etats-Unis. Je suis resté vivre d’abord avec ma grand-mère, puis avec ma tante. Nous étions très pauvres. À partir de l’âge de 5 ans, j‘ai été maltraité et abusé sexuellement. J’ai fugué une première fois à l’âge de 8 ans. Au bout de six mois, la police m’a retrouvé et je suis retourné vivre chez ma tante. J’ai commencé à consommer de l’alcool et de la drogue à partir de 13 ans. Quand j’ai eu 20 ans, j’ai migré vers les Etats-Unis pour rejoindre ma mère. Mais ça ne s’est pas bien passé avec elle. Je suis resté quelques mois dans le pays puis j’ai été arrêté et expulsé.\n\nDe retour au Honduras, j’ai commencé à vendre de la drogue. J’ai eu des problèmes avec le gang local, la « Mara Salvatrucha »[[« Mara Salvatrucha » (ou « MS-13 ») et « Barrio 18 » sont deux gangs comptant plusieurs dizaines de milliers de membres, impliqués dans des activités criminelles en Amérique centrale et latine, aux États-Unis, au Canada et en Espagne.]]. Comme j’étais menacé de mort, j’ai fui au Guatemala, dans la capitale. C’est là que j’ai connu ma femme, avec qui j’ai eu depuis un petit garçon. Mais le « MS 13 » a des connexions partout. Ils m’ont retrouvé et ont menacé de me tuer. Nous avons donc décidé de migrer vers les Etats-Unis. C’était en mai 2015. A cette époque, ma femme était enceinte.\n\nÀ la frontière mexicaine, nous avons été arrêtés par des policiers. Ils ont exigé une rançon pour me libérer. En cas de refus, ils m’ont montré une valise remplie de drogue et m’ont menacé de m’accuser de trafic de stupéfiants. Ma femme est repartie au Guatemala. Comme elle était sur le point d’accoucher, c’est sa mère qui a fait le voyage pour venir payer la rançon. Malgré cela, les policiers m’ont arrêté.\n\nJ’ai été emprisonné trois ans avant que mon innocence soit prouvée. Les conditions de détention étaient terribles. Ma femme et ma belle-mère ont témoigné contre les policiers. Ils ont fini par être arrêtés et jugés et se trouvent aujourd’hui en prison. Mais ils ont juré de nous faire payer. Depuis, nous vivons cachés à la Casa Mambré.\n\nAprès tout ce que nous avons vécu, l’Agence de l’ONU pour les réfugiés (UNHCR), a estimé que la solution la plus sûre, pour nous et notre petit garçon, était de migrer au Canada. Nous attendons la réponse mais elle tarde à venir. Notre rêve ? Vivre un jour en paix et donner le meilleur à notre fils. »\n\nLire aussi notre reportage sur la Casa Mambré, une maison d’accueil pour personnes migrantes victimes de violence\n\n\nOctavio, 28 ans a fui la misère. Il aurait préféré rester dans son pays. \nSur la route, il a été séquestré un mois par les passeurs. Les soeurs de la Casa Mambré l'ont aidé à trouver un travail. Son rêve désormais? Ouvrir un restaurant cubain au Mexique.\n\n\n\n\n\n« Je m’appelle Octavio [[Le nom a été changé pour garantir l’anonymat de la personne]]. Je suis cubain. J’ai 28 ans. Je suis marié et père d’une petite fille. Au contraire de nombreux jeunes de mon pays, je n’ai jamais rêvé de migrer aux Etats-Unis. Si j’ai décidé de quitter ma terre natale, c’est seulement par nécessité économique. J’ai travaillé pendant plus de dix ans dans les champs de tabac pour un salaire mensuel de 20 dollars USD. Dans ces conditions, impossible de vivre dignement.\n\nJ’ai mis un an à rassembler les 5000 dollars nécessaires pour payer le passage pour le Mexique. Mon père m’a beaucoup aidé pour cet argent et a placé en moi beaucoup d’espoir. Le 29 juillet 2018, à 8 heures du matin, j’ai embarqué avec 35 autres personnes sur un canot rapide. La traversée vers Cancun dure plus de douze heures. Elle est très dangereuse à cause des courants violents dans le golfe du Mexique. Ce jour-là, j’ai cru mille fois que j’allais mourir tellement la mer était agitée !\n\nOn a débarqué de nuit sur une plage près de Cancun. On nous a d’abord emmené dans un hangar où se trouvait déjà près de 130 personnes qui avaient, elles aussi, fait la traversée [[Une partie des migrants cubains s’engagent à payer leurs passeurs à leur arrivée au Mexique, souvent en contactant leur famille vivant aux États-Unis. En attendant que l’argent soit versé, ils sont maintenus en détention.]]. J’avais peur, mais contrairement à la plupart des gens qui étaient là, moi j’avais payé mon voyage avant d’embarquer. Donc, j’étais convaincu que j’allais être libéré. Sans savoir quand, exactement.\n\nJe suis resté prisonnier pendant 29 jours. La plupart des cubains avec lesquels je me trouvais Les conditions étaient très dures et on ne mangeait qu’une fois par jour. Je me suis fait le plus discret possible. J’ai assisté à des scènes de violence terribles. J’ai vu des compatriotes être battus à mort à quelques mètres de moi. Ces images, je ne les oublierai jamais.\n\nJ’ai fini par être libéré. Je me suis rendu au bureau de l’Immigration à Cancun. Et j’ai témoigné de tout ce que j’ai vu. Je savais que je prenais des risques en faisant ça. Mais c’était difficile d’être en paix, sachant que des centaines de Cubains vivaient ce cauchemar au quotidien. La police a fini par arrêter les passeurs et ceux qui gardaient les migrants. \n\nDepuis, je suis menacé. L’Agence de l’ONU pour les réfugiés (UNHCR) m’a envoyé à la Casa Mambré. Comme j’ai toujours aimé la cuisine, j’ai rapidement aidé pour la confection des repas. J’ai compris que ma passion pour la gastronomie pouvait devenir un métier. Les sœurs scalabriniennes de la Casa Mambré m’ont aidé à trouver un travail comme adjoint d’un chef dans la cuisine d’une organisation liée à l’Église.\n\nBientôt, je vais devoir quitter cette maison des migrants et prendre un logement que je vais partager avec un autre Cubain qui est passé par ici, lui aussi. Je vais surtout continuer à apprendre la cuisine. Et qui sait, un jour, je pourrai ouvrir, au Mexique, un restaurant cubain et faire venir ma famille ». \n\n\n\n\n\nMalvina, 47 ans, doit payer chaque semaine à un gang une rançon pour sa fille \nAccueillie à la Casa Mambré, elle cherche comment sauver sa fille menacée par le gang\n\n\n\n\n« Je m’appelle Malvina [[ Le nom a été changé pour garantir l’anonymat de la personne]]. J’ai 47 ans. Je suis hondurienne. Je suis mère célibataire d’une fille de 17 ans qui finit sa scolarité au collège. Je vivais dans une petite ville située au nord du pays. J’étais propriétaire depuis 2009 d’une « tortillera »[[Tortilla : Galette de maïs, plat populaire au Mexique.]]. Ça s’appelait « La Bénédiction de Dieu ». Dès le début, j’ai dû payer au gang « Barrio 18 » (3)[[ « Barrio 18 » et « Mara Salvatrucha » (ou « MS-13 ») sont deux gangs comptant plusieurs dizaines de milliers de membres, impliqués dans des activités criminelles en Amérique centrale et latine, aux États-Unis, au Canada et en Espagne.]] un impôt hebdomadaire de 500 lempiras (20 euros environ). Les premières années, je pouvais payer car j’étais l’une des seules tortilleras de la ville. C’était beaucoup de travail, mais au moins ça me permettait de vivre et d’élever dignement ma fille.\n\nAvec l’ouverture d’autres tortilleras, mes recettes ont beaucoup diminué. En plus on m’a volé la moto qui permettait de faire des livraisons. J’ai donc perdu de nombreux clients et j’ai commencé à prendre du retard dans le paiement de l’extorsion. J’ai voulu négocier un accord avec les membres du gang, mais la réponse a été encore plus cruelle que ce que je redoutais. Le 7 février, alors que ma fille se rendait au collège, elle a été enlevée par un membre  du « Barrio 18 ». Il l’a violée sauvagement et l’a abandonnée dans le cimetière. Elle en est restée terriblement traumatisée. Je n’ai pas eu d’autre choix que de fermer la tortillera, de confier ma fille à mon père et de migrer au Mexique. En passant la frontière, le 19 février, j’ai demandé le statut de réfugiée.\n\nLes membres du « Barrio 16 » savent où se trouve ma fille. Ils m’ont dit qu’ils n’hésiteraient pas à lui faire du mal si je ne continuais pas à payer chaque semaine les 500 lempiras. Alors, depuis que je suis ici, je travaille dur. La nuit, je suis vigile et le jour, je travaille comme manœuvre dans le bâtiment quand je trouve un chantier. Chaque samedi matin, je dépose l’argent à la banque. Il y a quelques temps, à cause de jours fériés, j’ai été payée en retard et la banque était fermée. Je n’ai donc pas pu payer la rançon à temps. Le jour suivant, j’ai reçu un message sur mon téléphone portable. Une photo montrait l’un des doigts de ma fille avec une énorme cicatrice recousue grossièrement à l’aide de fil de couture. Mon sang s’est glacé. En-dessous, c’était écrit : « En cas de nouveau retard, tu recevras la même photo… sans le doigt ! ».\n\nMon dossier est entre les mains de l’Agence de l’ONU pour les réfugiés (UNHCR) qui m’a orienté vers la Casa Mambré. Les religieuses m’ont accueillie et m’hébergent depuis plusieurs mois. Ici, il y a une psychologue avec laquelle je parle régulièrement et qui m’aide à supporter la situation en attendant qu’une solution soit trouvée pour sortir ma fille des griffes de ce gang. La solution la plus simple serait de payer une rançon de 170 000 lempiras (6000 euros environ) pour la libérer définitivement. Mais je n’ai pas cet argent. Donc, je dois continuer à payer la rançon chaque semaine ».[gallery link=\"file\" ids=\"9785,9786,9788\"]"}
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Au terme d’une conférence  sur le climat très décevante, Benoit Faucheux, délégué général du CCFD-Terre Solidaire, rappelle que l’urgence demeure. Face à l’inaction des Etats, la société civile doit plus que jamais faire entendre sa voix, et rappeler que justice climatique et justice sociale sont liées.\n\n\n\n \n\nLa défaillance des Etats\n\nLa conférence, qui devait voir renouveler et préciser l’engagement des Etats est une déception. Certains chefs d’Etat n’ont même pas pris la peine de s’y rendre. Les engagements demeurent en-deçà des prérequis nécessaires pour limiter la hausse des températures au seuil de 1,5°C : une véritable catastrophe au regard des conclusions du dernier rapport des experts internationaux du GIEC.\n\n Lire aussi : Rapport du GIEC 2018 : de profonds changements s’imposent ! (Vidéos)  \n\nAujourd’hui, il nous faut constater l’inefficacité de nos mécanismes juridiques internationaux en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Le pari du principe de volontariat est un échec. Nous avons besoin de mécanismes juridiques contraignants pour encadrer les engagements de l’Accord de Paris et enclencher des politiques de transition ambitieuses.\n\n Les sociétés civiles développent des alternatives efficaces mais elles ont besoin d’un cadre politique d’envergure nationale et internationale pour changer d’échelle !  \n\n Lire aussi : Accorder l’humain et la planète, les initiatives qui marchent ! (carte interactive)  \n\nUne meilleure  prise en compte de l’impact des systèmes agro-alimentaires sur le climat ?\n\nPour le CCFD-Terre Solidaire et ses partenaires, qui œuvrent partout dans le monde en faveur de la souveraineté alimentaire, le système agroalimentaire fait partie des chantiers de transformation prioritaires.\n\nA ce titre, on peut se réjouir que l’agriculture ait enfin été reconnue comme un sujet important des négociations, à travers les premiers ateliers du programme Koronivia, fruit du travail de plaidoyer du CCFD-Terre Solidaire et de nos alliés. La question de l’évolution des systèmes agro-industriels, l’une des principales causes d’émissions de gaz à effet de serre, est enfin posée et cette avancée doit être saluée.\n\n Lire aussi : COP 24 : quels enjeux pour notre planète et l’humanité ? (vidéos)  \n\nLa justice climatique doit aller de pair avec la justice sociale\n\nNous restons  cependant inquiets. Le lobby agro-industriel tente de verrouiller le système qu’il a créé et de tirer son épingle du jeu. On se dirige ainsi vers de fausses solutions qui préservent ce système, au détriment des droits des communautés indigènes et paysannes.\n\n Lire aussi : La séquestration du carbone dans les terres agricoles, miracle ou alibi ? (Rapport)  \nLes pistes inexplorées pour ne pas dépasser les 1,5°C (Rapport)  \n\n  Le mouvement des gilets jaunes nous rappelle pourtant que justice climatique et justice sociale sont indissociables. \n\nOr, il est possible de combiner nécessité de nourrir le monde, respect de l’environnement et des populations : le CCFD-Terre Solidaire milite depuis des années pour la transition vers une agroécologie paysanne, réponse idéale à ces enjeux.  Nous poursuivrons, en 2019, la réalisation d’un important programme de soutien à cette transition au service de la souveraineté alimentaire des peuples. \n\nSociétés civiles, unissons nos forces !\n\nCes constats me confortent dans l’idée que nous devons tous nous impliquer, à notre échelle, dans la transition de nos systèmes agro-alimentaires. C’est notre responsabilité de réduire notre empreinte écologique dont les effets sont dévastateurs pour les pays du Sud. \n\nNous avons un pouvoir, en tant que citoyen. Il nous appartient de changer nos modes de vie. Il nous appartient également de nous unir, au sein d’associations et de collectifs pour exiger des changements profonds au niveau politique. \n\nC’est dans cet esprit que toute l’assemblée générale du CCFD-Terre Solidaire, nos bénévoles et nos salariés ont participé à la marche pour le climat du 8 décembre. \n\n  \n\nC’est dans cet esprit également que nous continuerons à nous engager, à travers nos actions de plaidoyer, de mobilisation citoyenne, ainsi qu’à travers notre action partenariale, pour construire les alternatives dont nos sociétés ont besoin, ici et là-bas.  \n\n Face aux échecs répétés des négociations internationales, c’est à nous, sociétés civiles du monde entier de nous unir pour faire pression sur nos dirigeants et impulser les changements !\n\nBenoît Faucheux  \n[gallery link=\"file\" ids=\"9816\"]"}
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Cette décision alerte les communautés indigènes et les défenseurs de l’environnement.\nMgr Roque Paloschi, archevêque de Porto Velho, et président du CIMI, nous explique pourquoi.\n\n\nLe Cimi est l’organisme mandaté par l’Eglise Catholique brésilienne pour accompagner les peuples amérindiens dans leur lutte pour la survie, la protection de leurs terres et la dignité. Il mobilise des équipes formées à l’anthropologie et aux langues des nombreuses ethnies existantes pour des actions dans les communautés indigènes. Il agit aussi aussi au sein de l’Eglise, auprès des organes de l’Etat et dans la société brésilienne pour les sensibiliser et défendre les droits des amérindiens.\nNous collaborons depuis longtemps avec le Cimi et le soutenons depuis 2015.\nQue signifie la décision de Jair Bolsonaro de confier la démarcation des terres indigènes au Ministère de l’Agriculture ?\nCette décision confirme nos craintes concernant le nouveau président et son gouvernement : Ils veulent livrer les terres indigènes aux monocultures, à l’exploitation minière et à de grands projets de construction civile.\nNous voulons garder cependant une certaine tranquillité. Car cette question de la démarcation des terres indigènes relève de la Constitution du 5 octobre 1988, et plus particulièrement des articles 231 et 232 reconnaissant les droits de ces peuples natifs, leurs cultures, leurs traditions et leur spiritualité. Or, lors de son investiture, le nouveau Président a juré qu’il allait respecter la Constitution de 1988.\nVous attendez-vous à une réaction des peuples indigènes du Brésil ?\nJe pense que les peuples indigènes vont se mobiliser pour demander à ce que le nouveau président revienne sur cette décision. La gestion de la démarcation des terres a toujours été confiée à la Fondation Nationale de l’Indien (Funai), rattachée au Ministère de la Justice. Mais tout cela est malheureusement dans la continuité de ce qui se passe depuis plusieurs années déjà. La Funai a été en effet progressivement démantelée et les procédures d’attributions de terres aux peuples indigènes rendues toujours plus complexes.\nEn quoi l’attribution des terres indigènes au Ministre de l’Agriculture constitue-t-elle un danger pour l’environnement ?\nTereza Cristina, la nouvelle Ministre de l’Agriculture, était jusqu’à présent la présidente de la « Bancada Ruralista ». Ce puissant groupe parlementaire représente les intérêts des grands propriétaires terriens et de l’agrobusiness. Pour eux, la logique économique est basée sur une exploitation maximale des ressources naturelles.\nEn tant que chrétien, je veux croire au respect du droit des indigènes à vivre sur leurs terres. Il en va aussi de la protection de l’environnement. Car tout le monde, y compris le nouveau gouvernement, admet que les terres les mieux préservées sont celles où vivent les populations indigènes.\nQuel peut et doit être le rôle du CIMI et de la société civile brésilienne pour éviter aux peuples indigènes un scénario catastrophe ?\nD’abord, nous devons nous tenir aux côtés de ces populations qui souffrent de préjugés et de discriminations de la part d’une grande partie de la population brésilienne. Il faut ensuite en finir avec plus de cinq siècles de non respect des droits de ceux qui sont pourtant les premiers habitants de ce pays. Les indiens du Brésil ont déjà massivement disparu et continuent de disparaître ! La Société civile et l’Église catholique doivent marcher ensemble sur le chemin de la paix. Nous devons bien sûr rester très vigilants dans les semaines et les mois à venir sur la manière dont ce gouvernement va gérer la question indigène.\n\nÀ lire également notre tribune collective publiée dans Libération : « Face à Bolsonaro, une coalition pour soutenir la société civile brésilienne » \n\nLa Funai, une garantie pour les droits des indiens\nLa Fondation nationale de l’Indien (Funai) a été créée en décembre 1967. Elle a pour mission de « protéger et promouvoir les droits des peuples indigènes ». Parmi ses attributions figurent également l’identification des peuples isolés ou récemment contactés, les politiques de développement durable pour les populations indigènes et le contrôle des impacts environnementaux sur les terres indigènes.\nD’après le recensement (2010) de l’Institut brésilien de géographie et de statistiques (IBGE), le Brésil compte 817 963 indigènes (0,44 % de la population), répartis en 305  peuples s’exprimant en 274 langues.\nLe pays compte 462 terres indigènes, représentant 12,2% du territoire national. Seulement 8% de ces terres sont aujourd’hui régularisées. La majeure partie d’entre elles se trouve en Amazonie.\n\nPropos recueillis par Jean-Claude Gerez\n\n[gallery link=\"file\" ids=\"9837,9839\"]"}
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Dans le même temps, les dirigeantes et dirigeants de l’UE n’ont rien fait pour répondre à la tragédie se déroulant sous leurs yeux. \nDepuis plus de six mois, les gouvernements européens ont tenté - et échoué - à s’accorder pour établir un système qui permette aux personnes survivantes d’être débarquées en lieu sûr lorsqu’elles atteignent les côtes européennes. En l’état, toute demande de débarquement débouche sur de longues et douloureuses négociations entre Etats européens afin de déterminer où le bateau peut débarquer, qui peut accueillir les survivantes et survivants et procéder aux demandes d’asile. \nPendant ce temps, les femmes, hommes et enfants,  souvent meurtris et traumatisés de leurs périples, sont bloqués en mer plusieurs semaines. La mission navale européenne en Méditerranée, dite opération SOPHIA, risque d’être intégralement arrêtée  en raison de l’incapacité des gouvernements de l’UE à s’entendre sur les lieux de débarquement des personnes secourues – ce qui entrainerait de nouvelles pertes de vies humaines.\n\n\nPression injustifiée sur les organisations de la société civile\n\nParallèlement, les gouvernements de l’UE exercent une pression injustifiée sur les organisations de la société civile  qui conduisent des opérations de recherche et de sauvetage en Méditerranée. \nPlutôt que de soutenir ces activités afin de contribuer à sauver des vies, les Etats membres de l’UE ont rendu leurs opérations plus difficiles à mettre en œuvre ; ont porté contre elles des accusations infondées ; et ont contraint les bateaux de recherche et de sauvetage à rester à quai. Alors qu’à la même période l’an passé, cinq organisations menaient des opérations de recherche et de sauvetage en mer Méditerranée, une seule est encore en mesure de maintenir ces opérations aujourd’hui.  \n\nLes actions des gouvernements européens ont rendu extrêmement difficile la poursuite de l’assistance humanitaire vitale fournit par les organisations de la société civile. Ces actions ont également dissuadé d’autres navires de respecter leurs obligations légales de secourir les personnes en détresse en mer et les ramener dans le lieu sûr le plus proche. Ainsi, la Méditerranée est devenue l’une des mers les plus mortelles au monde.  \nEn janvier, un hélicoptère naval a secouru trois personnes qui ont déclaré avoir quitté la Libye en bateau avec 120 femmes, enfants et hommes à bord. Ils sont les seuls rescapés. \n\n\n15 0000 personnes renvoyées en Libye\n\nLes personnes qui sont renvoyées de force en Libye sont susceptibles d’être placées en détention arbitraire, torturées ou vendues en esclavage. Selon l’agence des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR), plus de 15 000 personnes ont été renvoyées en Libye en 2018. \nEn vertu du droit international, les personnes secourues en mer doivent être emmenées dans le lieu sûr le plus proche où elles seront traitées avec respect et se verront offrir protection. \nL’Europe s’est engagée à sauver des vies en Méditerranée  et à mettre en place un partage équitable des responsabilités  sur l’accueil des réfugiés. Les droits de demander l’asile et de ne pas être reconduit dans des pays dangereux  sont inscrits dans le Traité sur l’Union européenne. \nIl est également inscrit dans ce traité que l’Union est fondée sur les valeurs de respect de la dignité humaine, de liberté, de démocratie, d’égalité, de l’Etat de droit et de respect des droits humains.  Ce sont les valeurs auxquelles nous croyons et des droits auxquels nous nous rattachons. Ils doivent être considérés au-delà des divergences politiques. \n\n\nUrgence de parvenir à un accord le 7 février\n\nDans le cadre de la prochaine réunion informelle des ministres de la justice et des affaires intérieures du 7 février, nous vous engageons à parvenir à un accord sur des procédures de débarquement rapides dans le respect les droits fondamentaux et notamment du droit d’asile, afin de sauver des vies humaines. Plus spécifiquement, nous demandons au Conseil de : \n\n1.\t\tSoutenir les opérations de recherche et de sauvetage : les pays doivent autoriser les navires menant des activités de recherche et de sauvetage à accoster dans leurs ports, débarquer les personnes secourues, et à pouvoir repartir en mer dans un délai convenable. Empêcher les ONG et les navires commerciaux de sauver des vies est une démarche dangereuse qui affaiblit la confiance des citoyennes et citoyens à l’égard de leurs gouvernements face à cette situation. \n\n2.\t\tAdopter des procédures de débarquement rapides et prévisibles : Tant qu’une réforme positive du système de Dublin n’est pas adoptée, des procédures doivent être mises en place pour assurer rapidement les débarquements et la répartition des personnes secourues entre les membres de l’UE. Considérant le besoin urgent de mesures sur le partage des responsabilités et des obstacles actuels à une solution durable à l’échelle de l’Union européenne, des arrangements doivent être conclus immédiatement, et les Etats participants doivent être identifiés en amont, et non pas « navire par navire ». Aucun accord ne peut dispenser les autres Etats membres de leurs obligations légales issues du droit de l’UE, du droit international des personnes réfugiées et du droit maritime. \n\n3.\t\tMettre fin aux renvois vers la Libye : La Libye est un pays déchiré par la guerre et où les personnes réfugiées et migrantes sont régulièrement détenues dans des conditions terribles en violation de leurs droits humains les plus élémentaires. Les femmes, les enfants et les hommes renvoyés dans ce pays par les garde-côtes libyens soutenus par l’UE ou sur instructions des Centres de coordination de sauvetage en mer font face à des détentions arbitraires automatiques, des risques réels de tortures et autres graves violations de leurs droits humains. Des sources faisant autorité, dont certaines organisations signataires, ont documenté des cas spécifiques dans lesquels des personnes secourues ou interceptées ont été torturées et maltraitées dès leur retour en Libye. L’agence des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR) a elle-même exhorté les Etats à s’abstenir de renvoyer les ressortissants d’un pays tiers en Libye en raison des risques pour leur sécurité. Les gouvernements de l’UE doivent établir des garanties précises, notamment la fin du recours à la détention arbitraire, et être prêts à suspendre toute coopération et assistance aux garde-côtes libyens si celles-ci ne sont pas respectées. \n\nLa situation est désormais plus urgente que jamais et nous vous exhortons à prendre immédiatement les mesures nécessaires.\n\nNous vous prions de recevoir nos sincères salutations.\n\nListe des signataires  : lettre_ouverte_ministres_interieur_et_justice.pdf\n\nCopie :\nMinistres des Etats membres de l’UE de la Justice et des Affaires Intérieures\n\nDimitris Avramopoulos, Commissaire européen, Migration, Intérieur et Citoyenneté\n\nClaude Moraes, Président de la Commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieure du Parlement européen\n\nDonald Tusk, Président du Conseil européen\n\nJean-Claude Juncker, Président de la Commission européenne\n\nFederica Mogherini, Haute représentante de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité / Deuxième vice-présidente de la Commission européenne. \n\n\nDocuments joints\n\n\n\nlettre_ouverte_ministres_interieur_et_justice.pdf"}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/rapport-deux-ans-apres-la-loi-sur-le-devoir-de-vigilance-les-entreprises-dans-le-viseur-des-ong-communique/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/rapport-deux-ans-apres-la-loi-sur-le-devoir-de-vigilance-les-entreprises-dans-le-viseur-des-ong-communique/"},"author":{"name":"Sophie Rebours","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/35f00e952f1bd5457c248aef9426568f"},"headline":"Rapport &#8211; Deux ans après la loi sur le devoir de vigilance, les entreprises dans le viseur des ONG (Communiqué)","datePublished":"2019-02-21T09:00:00+00:00","dateModified":"2021-12-07T17:43:51+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/rapport-deux-ans-apres-la-loi-sur-le-devoir-de-vigilance-les-entreprises-dans-le-viseur-des-ong-communique/"},"wordCount":951,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Communiqués de presse","Devoir de vigilance","Rapport"],"articleSection":["Communiqués de presse"],"inLanguage":"fr-FR","description":"Voilà deux ans qu’a été adoptée la loi française relative au devoir de vigilance des sociétés mères et des entreprises donneuses d'ordre, qui vise à mieux prévenir les atteintes aux droits fondamentaux et à l’environnement liées à l’activité des multinationales. Nos organisations publient aujourd’hui une étude qui dresse un constat inquiétant. Les premiers plans de vigilance que devaient présenter les entreprises en 2018 sont souvent incomplets et parfois même inexistants. Il est urgent que les entreprises se conforment à cette obligation, mais aussi que les autorités françaises rendent cette loi encore plus ambitieuse, à la hauteur des enjeux actuels.\n\n\n\nEn 2017, la France devient le premier pays à adopter une législation contraignante sur le respect des droits humains et de l’environnement par les multinationales. Celles-ci ont désormais l’obligation légale d’identifier et de prévenir les atteintes aux droits humains et à l’environnement qui résultent non seulement de leurs propres activités, mais aussi de celles de leurs filiales, sous-traitants et fournisseurs avec lesquels ces multinationales entretiennent une relation commerciale établie, en France et dans le monde.\n \nEn 2018, les grandes entreprises françaises ont donc été obligées d’établir, de publier et de mettre en œuvre de façon effective leur premier plan de vigilance (1). L’année 2019 sera décisive puisque les premières actions en justice s’appuyant sur cette loi pourront être lancées (2).\n \nSur les 80 plans de vigilance analysés par nos associations, la plupart ne répondent que très partiellement aux exigences de la loi, notamment en termes d’identification des risques de violations, de leur localisation et des mesures mises en œuvre pour les prévenir.\n \nPlus grave encore, certaines sociétés, telles que Lactalis, le Crédit agricole, Zara ou encore H&M n’ont toujours pas publié de plan de vigilance, en dépit de l’obligation légale qui leur est faite.\n \nCertains secteurs sont particulièrement à risques en termes d’atteintes aux droits humains et à l’environnement : industries extractives, secteurs de l’armement, de l’habillement, secteurs agroalimentaire et bancaire. Nous avons donc analysé plus particulièrement les plans de vigilance d’entreprises majeures, telles que Danone, Dassault Aviation, Total, BNP Paribas ou encore Carrefour. Nous avons constaté d’importants manquements au niveau des cartographies des risques. Elles sont pour la plupart insuffisantes, voire inexistantes. Les risques pour les investisseurs ou pour l’entreprise elle-même sont mis en avant au détriment de ceux relatifs aux tiers (les travailleurs, les populations et l’environnement), alors même que la loi est sans équivoque sur cet aspect. \n\nSi la loi est peu ou mal appliquée, il est illusoire d’envisager une diminution des dommages environnementaux ou des violations des droits humains dont sont victimes des travailleurs et des populations à travers le monde. Nous demandons aux pouvoirs publics d’assurer un réel suivi de l’application de la loi et de la renforcer afin que davantage d’entreprises soient visées.\n\nPar ailleurs, cette loi française étant devenue une référence internationale, il est également indispensable que la France œuvre à l’adoption en Europe et dans le monde de normes contraignantes pour toutes les multinationales, permettant enfin un accès efficace des victimes à la justice. Nous demandons à la France de soutenir activement l’internationalisation du devoir de vigilance en contribuant de manière ambitieuse à l’élaboration du traité sur les multinationales et les droits humains actuellement négocié aux Nations unies, et en exigeant de l’Union européenne un soutien ferme à ce processus.  \n\nNOTES AUX RÉDACTEURS\n \nLe texte de la loi relative au devoir de vigilance est disponible ici : https://www.legifrance.gouv.fr/eli/loi/2017/3/27/2017-399/jo/texte\n \nL’étude “Loi sur le devoir de vigilance des sociétés mères et entreprises donneuses d’ordre - Année 1 : les entreprises doivent mieux faire” est disponible ici :\n2019-02-21_-_rapport_-_annee_1_entreprises_doivent_mieux_faire.pdf\n\nElle est publiée par ActionAid France-Peuples Solidaires, Amis de la Terre France, Amnesty International France, CCFD-Terre Solidaire, collectif Ethique sur l’étiquette et Sherpa, membres du Forum citoyen pour la RSE.\n\n(1) 300 entreprises françaises concernées\nAdoptée le 21 février 2017, grâce à une importante mobilisation de la société civile, la loi française sur le devoir de vigilance concerne les entreprises implantées en France, qui emploient au moins 5 000 salariés en France ou 10 000 salariés dans le monde (en leur sein et dans leurs filiales directes et indirectes). Ces entreprises pourraient être autour de 300, mais aucune liste complète des entreprises soumises à cette loi n’ayant été publiée, malgré plusieurs demandes formulées par nos organisations et des parlementaires auprès du ministère de l’Économie et des Finances, nous ne pouvons donner qu’une estimation.\n\n(2) Une loi contraignante\nEn cas de manquement à ces obligations, la responsabilité civile de l’entreprise peut être engagée devant un juge français, et l’entreprise peut alors le cas échéant être condamnée à réparer le dommage et à indemniser les victimes. Avant tout dommage, si l’entreprise n’établit pas son plan de vigilance, si elle ne l’a pas rendu public ou si elle ne le met pas en œuvre de façon effective, elle peut y être contrainte par le juge, le cas échéant sous astreinte.\n \nCONTACT PRESSE\nLouis Moreau - l.moreau@ccfd-terresolidaire.org - 07 80 35 69 00\n\n\nDocuments joints\n\n\n\n2019-02-21_-_rapport_-_annee_1_entreprises_doivent_mieux_faire.pdf"}
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Cet espace vous est dédié.\n\n\n\nLe CCFD-Terre solidaire, a été reconnu d’utilité publique par décret du 8 juin 1984. En cette qualité, l’Association a la capacité de recevoir des libéralités (article 11 al 2 de la loi du 1er juillet 1901)Le CCFD-Terre Solidaire est totalement exonéré de droit de mutation à titre gratuit en vertu de l’article 795-4°) du Code Général des Impôts.\n\n\n\nConformément aux dispositions de l’article 910 du Code Civil, les libéralités sont acceptées librement, il n’y a aucune formalité à effectuer auprès de la Préfecture, ni aucun aval à obtenir.\n\n\n\nSi vous venez d’ouvrir un dossier de succession dans lequel le CCFD-Terre Solidaire est gratifié : contactez-nous sans délai et adressez-nous, par mail ou par courrier, une copie du testament (ou des dispositions testamentaires mentionnant notre association) ainsi qu’un extrait d’acte de décès.Le Pôle Libéralités prendra rapidement contact avec votre Étude et vous adressera l’ensemble des éléments relatifs à sa comparution. Vous pouvez d’ores et déjà télécharger nos statuts, décret de reconnaissance d’utilité publique et comparution de l’Association.\n\n\n\nLe CCFD-Terre Solidaire dispose d’un Pôle Libéralités dédié exclusivement au règlement des libéralités qui lui sont consenties. L’équipe est à votre disposition tout au long du déroulement du dossier et peut se déplacer partout en France pour procéder aux opérations d’inventaires, régulariser les actes successoraux, rencontrer les membres de la famille, ou rassurer l’un de vos clients.\n\n\n\nNotre engagement\n\n\n\nAu regard de toute l'estime et toute la reconnaissance que le CCFD-Terre Solidaire a pour ses bienfaiteurs, nous nous engageons, au travers d'une charte éthique à respecter des principaux fondamentaux suivants :\n\n\n\nTransparence, rigueur et application des textes\n\n\n\nNous nous engageons à assurer transparence, et rigueur dans notre relation avec le bienfaiteur ainsi que dans la gestion des libéralités et dans l'utilisation des fonds ainsi collectés. La gestion des libéralités se fera dans le respect des lois et règlement en vigueur applicables en la matière.\n\n\n\nConfidentialité\n\n\n\nNous nous engageons à assurer la confidentialité des informations concernant le bienfaiteur, tant au sein de l’association que vis-à-vis de l’extérieur.\n\n\n\nImpartialité, désintéressement, absence de conflit d'intérêt\n\n\n\nNous nous engageons à assurer l’impartialité, le désintéressement, et l’absence de tout conflit d’intérêt de tout membre de l’association, salarié comme bénévole, impliqué dans l’activité relative aux libéralités.\n\n\n\nConfraternité entre associations\n\n\n\nNous nous engageons à favoriser la collaboration entre les associations gratifiées garantissant une gestion optimale des libéralités.\n\n\n\nPour en savoir plus, consulter notre charte éthique\n\n\n\nLe CCFD-Terre Solidaire est labellisé \"Don en confiance\". Nos comptes sont certifiés annuellement par un cabinet d’experts comptables et publiés chaque année à votre attention.\n\n\n\nVous êtes sollicité par vos clients sur des conseils philanthropiques?\n\n\n\nA l'ouverture d'une succession pour lequel votre client est fortement taxé : envisager un don sur succession\n\n\n\nEn vertu de l’article 788 III du Code Général des Impôts, le don sur succession doit :- Être consenti en numéraire c'est-à-dire qu’il porte sur des liquidités prélevées directement sur la succession ou provenant de la vente d’un bien figurant à l’actif de la succession (sauf pour les dons au profit des fondations reconnues d’utilité publique qui peuvent porter sur des biens en nature).- Être effectué en pleine propriété et à titre définitif (sont donc exclues les donations temporaires ou les donations en usufruit ou en nue-propriété)- Être fait dans les 6 mois suivant le décès, date limite du dépôt de la déclaration de succession.\n\n\n\nLe don sur succession peut permettre de concrétiser des volontés que le défunt aurait exprimé verbalement mais non rédigées par testament, C’est aussi l’occasion pour l’hériter qui reçoit cette succession ou ce legs, de soutenir les actions d’une association de son choix. L’application de cet abattement fiscal peut également s’avérer particulièrement avantageux lorsque le donateur est fortement taxé au titre des droits de mutation (par exemple lorsqu’il n’existe pas de lien de parenté entre le défunt et l’héritier donateur).\n\n\n\nLe donateur bénéficiera ainsi d’un abattement sur sa part nette dans l’actif successoral : Le montant du don est déduit de l’assiette des droits de succession à régler à l’administration fiscale, sans plafonnement, cet abattement peut aussi se cumuler avec les autres abattements dont il peut bénéficier dans le cadre du règlement de la succession.A noter : cet abattement n’est pas cumulable avec la réduction d’impôt sur le revenu prévu à l’article 200 du CGI (66% du montant du don dans la limite de 20% du revenu imposable).La Responsable du Pôle libéralités est à votre disposition pour vous épauler sur ce sujet\n\n\n\nVotre client a dans son patrimoine un bien immobilier qui serait difficile à gérer ou dont la détention assujettit à l'IFI\n\n\n\nLa donation temporaire d'usufruit permet à votre client de donner temporairement l'usufruit d'un bien immobilier au CCFD-Terre Solidaire. Il peut ainsi, si besoin, s'affranchir de sa gestion et la confier à l'Association. Pour ce faire cette donation doit être constatée par acte notarié et consentie pour une période de 3 ans minimum.Fiscalement votre client réalisera une économie fiscale au titre de son impôt sur le revenu : les revenus générés étant perçus par le CCFD-Terre Solidaire, mais également au titre de son IFI le cas échéant, puisque le bien objet de la donation temporaire d'usufruit sortira de l'assiette de calcul de cet impôt.\n\n\n\nLes règles fiscales sont exposées très clairement (BOI du 6 novembre 2003,7-S-4-03) et le risque d’abus de droit est donc totalement écarté si l’on respecte cinq critères :1) la donation doit être consentie par acte notarié ;2) le donataire doit être un organisme d’intérêt général habilité à recevoir une donation ;3) la convention doit prévoir une durée minimale d’affectation de l’usufruit de trois ans ;4) la convention doit porter sur des actifs contribuant à la réalisation de l’objet de l’organisme bénéficiaire ;5) la convention doit préserver les droits de l’usufruitier.Dans l’hypothèse du décès du donateur avant le terme de l’usufruit stipulé dans la convention, l’héritier qui recevra la nue-propriété du bien objet de la convention acquittera les droits de succession sur la valeur en pleine propriété du bien sous déduction d’un abattement forfaitaire de 23% par période de 10 ans (valeur forfaitaire de l’usufruit à durée fixe) en application des dispositions de l’article 669-II du CGI. Le bénéfice de cet abattement de 23% sur l’assiette des droits de succession s’applique y compris lorsque la durée de la convention est inférieure à 10 ans à condition qu’elle soit poursuivie jusqu’à son terme.\n\n\n\nLa Responsable du Pôle libéralités est à votre disposition pour vous épauler sur ce sujet"}
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Elle débute ainsi : « Le monde est en crise. La faim, les changements climatiques, l’épuisement et la destruction de nos forêts, des ressources en eau et des écosystèmes, les inégalités économiques et les injustices énergétiques menacent la survie de la majorité de l’humanité et de la planète. Les femmes des milieux populaires et les paysannes partout dans le monde portent la plus grande part du fardeau de ces crises. Ce sont ces femmes que l’on retrouve aux premières lignes de la résistance aux accaparements des ressources, à l’exploitation et à la violence associées avec le patriarcat capitaliste.»\nCette déclaration propose des principes qui définissent une transition juste et écoféministe africaine.  Elle sera débattue toute au long de cette année au sein des organisations de base du réseau appelé « Women and Mining » (Womin), partenaire du CCFD-Terre Solidaire, une alliance régionale active dans 11 pays africains.\nLe terme est lancé : écoféminisme, une union de l’écologie et du féminisme qui anime aujourd’hui de nombreux mouvements sociaux aux formes diverses. Car ils font le même constat : la destruction de la nature et la domination des femmes sont liées au capitalisme, au patriarcat et au colonialisme. « Au Guatemala, le gouvernement a accordé de nombreuses licences d’exploitation à des entreprises transnationales, déclenchant un véritable soulèvement avec de fortes mobilisations de femmes et d’autres acteurs », explique Lorena Cabnal, dirigeante indienne Maya-Xinka.\nPour ces groupes de femmes, il ne suffit pas de défendre la Terre. « Je suis féministe communautaire dans le sens où j’établis un lien entre mon corps, le territoire et la Terre, poursuit-elle. Il s’agit de défendre notre corps face à différentes violences spécifiques que nous vivons en tant que femmes : les violences sexuelles et les féminicides. »\nLes violences faites aux femmes font écho aux agressions contre la planète\nAux quatre coins du monde, de nombreux groupes de femmes se reconnaissent dans ce parallèle : les femmes ont été expropriées de leurs terres et de leurs corps.  Leurs territoires physiques sont violentés, surexploités, instrumentalisés, niés. Les violences faites aux femmes font écho aux agressions contre la planète tout entière.\nCette comparaison n’est pas une simple figure de style, mais une profonde remise en question de notre modèle de développement. Car on retrouve les mêmes logiques à la source de la domination exercée sur la nature et sur les femmes : une logique prédatrice et mercantile où règne la compétition, la loi du plus fort. \nPour Samantha Hargreaves du réseau Womin : « C’est en travaillant avec les femmes affectées par des projets d’énergie polluante comme les puits de pétrole et les mines de charbon que nous nous sommes aperçus que l’écoféminisme, même si le terme vient du Nord, résonne avec les réalités africaines. Cette prise de conscience nous a permis de politiser le féminisme, d’en faire une force de changement radical. »  « Nous ne croyons pas que les femmes sont nées pour prendre soin des autres et de la nature, poursuit-elle, mais le système social et économique les a placées dans ce rôle depuis des siècles. En effet, elles sont les premières à souffrir des destructions environnementales : ce sont elles qui soignent les malades, qui voient les sources d’eau se tarir, les forêts disparaître, les terres arables polluées... Cette position éclaire les luttes qu’elles mènent et la raison de leur engagement. Elles ne défendent pas un intérêt sectoriel spécifique, mais bien l’ensemble de la société, l’environnement et la survie même des générations à venir. »\nCe réseau africain veut restaurer cette connexion à la nature et la revaloriser, en s’appuyant sur les valeurs de justice, de partage et de simplicité qui la sous-tendent.\nDécoloniser les relations femmes-hommes\nAux Philippines, l’organisation Lilak (Purple Action for Indigenous Women’s Rights), partenaire du CCFD-Terre Solidaire, défend les droits humains des femmes indigènes. Elle vise notamment à permettre aux femmes l’accès aux ressources naturelles et à la prise de décision les concernant. Judy Pasimio est l’une des fondatrices de cette organisation : « Au sein des mouvements de peuples indigènes, nous nous sommes rendu compte que la voix des femmes était généralement ignorée. Nous avons réalisé deux études de cas de grande ampleur qui ont révélé que même quand les communautés récupéraient leurs terres, cela ne changeait pas grand-chose en matière d’égalité. C’est même souvent le contraire qui se passait, car les hommes qui dirigeaient ces communautés se retrouvaient avec un pouvoir renforcé, creusant ainsi l’écart entre les femmes et eux. »\nLes groupes de femmes de Lilak, en remontant le fil de l’Histoire, voient le colonialisme comme le point de rupture ayant entraîné une destruction des relations plus égalitaires dans les communautés. L’exploitation des ressources naturelles mais aussi la militarisation et la généralisation du patriarcat au sein des institutions ont alors relégué les femmes à des rôles subalternes. « Les femmes protègent les écosystèmes, reprend Judy Pasimio, mais c’est plus sous pression du capitalisme et du patriarcat que d’une nature féminine. Nous réfléchissons à la manière de théoriser notre expérience. Mais il est clair qu’il s’agira de définir un féminisme anticapitaliste et anticolonial ! »\n[caption id=\"attachment_9908\" align=\"aligncenter\" width=\"840\"] Animation sur la participation citoyenne des femmes avec les membres de l'association Sindo, au Bénin.[/caption]\nDes millions de femmes prennent la parole\nEn Occident, des inspirations écoféministes inspirent de nombreux mouvements sociaux relatifs à la transition énergétique, à la décroissance, à la justice climatique ainsi qu’à la justice sociale. Pour Barbara De Ryke, activiste belge et chercheuse en sciences et technologies à l’Université de Sussex : « C’est dans l’écoféminisme que j’ai trouvé la critique la plus fondamentale des biotechnologies : elles répandent les pesticides, l’uniformisation des semences qui entraîne la destruction de la biodiversité... » \nLe Front de libération des champs (Field Liberation Movement) en Flandre dont elle fait partie voit dans les OGM une application saisissante de la logique de domination violente de l’environnement. « Les biotechnologies interviennent sur les êtres vivants, parce que les hommes pensent qu’ils peuvent contrôler la nature. Dans la lutte contre les OGM, les femmes jouent un rôle moteur mais nous travaillons aussi avec des hommes, ce qui n’est pas contraire à l’écoféminisme. Cette culture nous a permis de rester soudés malgré la répression et les procès. Les principes véhiculés par l’écoféminisme remettent la vie au centre des préoccupations et basent les relations sociales sur des valeurs de coopération, d’interdépendance, de soin, de convivialité... En agriculture, l’agroécologie en est un bel exemple »,  précise Barbara.\nC’est également à travers la reconquête de ces principes qu’Elizabeth Peredo Beltrán, intellectuelle bolivienne de la Fondación Solón, envisage la (re)construction d’une société radicalement différente : « Des milliers de femmes dans le monde prennent la parole et jouent un rôle central pour montrer cette nouvelle voie : la défense et la protection de la vie. Certaines sont tombées en route, assassinées par des paramilitaires au service du capital [...] mais leur force subsiste ainsi que l’idéal d’une nature restaurée, protégée de l’éviction, capable d’accueillir des êtres humains égaux, amoureux et empathiques, protecteurs et guérisseurs de la planète [[systemicalternative.org, août 2011]]. »\nL’écoféminisme au fil de l’histoire \nMême si le terme « écoféminisme » est apparu pour la première fois en France en 1972, c’est dans les années 1980 qu’il s’est développé, principalement aux États-Unis. Pendant une dizaine d’années, des centaines de femmes, féministes, pacifistes, anarchistes et antinucléaires ont organisé des blocages de centrales nucléaires, des sit-in, des camps. Les premiers textes écoféministes étaient des écrits poétiques, thérapeutiques, politiques et spirituels qui continuent à inspirer aujourd’hui.\nPour Geneviève Azam, du mouvement ATTAC France [[Intervention à retrouver sur YouTube]] : « Jusqu’à il y a peu, dans les mouvements progressistes, il était suspect de parler de la nature, notamment dans les mouvements féministes. Ils redoutaient – à juste titre – l’essentialisation de la condition féminine. De ce fait, les liens qui nous attachent à la Terre ont été considérés comme des liens de domination. L’émancipation selon Simone de Beauvoir se fondait sur un arrachement à la nature, sur la rupture de ces liens. Les activités de soin, l’attention à la terre, aux autres espèces vivantes... étaient alors considérées comme des activités dominées et donc mineures. Aujourd’hui, les écoféministes retournent la situation. Elles disent qu’il ne s’agit pas d’activités de dominées mais des valeurs à cultiver collectivement pour faire face aux destructions sociales et écologiques qui menacent la vie et une vie digne sur la Terre. »\nIsabelle Delforges\n\nÉchos du Monde est disponible sur abonnement payant. Nous vous avons offert cet article pour découvrir les contenus de notre magazine.\n\nAller plus loin sur l'écoféminisme avec les Échos du CCFD-Terre Solidaire, une émission RCF :\n\n[gallery link=\"file\" ids=\"9908,9910\"]"}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/taxe-gafa-beaucoup-de-bruit-pour-une-mesure-limitee-communique/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/taxe-gafa-beaucoup-de-bruit-pour-une-mesure-limitee-communique/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Taxe GAFA : beaucoup de bruit pour une mesure limitée (communiqué)","datePublished":"2019-03-06T11:07:38+00:00","dateModified":"2021-11-16T14:59:41+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/taxe-gafa-beaucoup-de-bruit-pour-une-mesure-limitee-communique/"},"wordCount":1146,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"image":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/taxe-gafa-beaucoup-de-bruit-pour-une-mesure-limitee-communique/#primaryimage"},"thumbnailUrl":"https://ccfd-terresolidaire.org/wp-content/uploads/2019/03/logo-10.jpg","keywords":["Communiqués de presse"],"articleSection":["Communiqués de presse"],"inLanguage":"fr-FR","description":"Après plusieurs semaines d’annonces, le gouvernement va présenter mercredi 6 mars, en Conseil des ministres, son projet de loi visant à instaurer une taxe GAFA. Ce projet de loi consiste à mettre en place une taxe de 3 % sur le chiffre d’affaires des grands groupes internationaux du numérique qui réalisent un chiffre d’affaires d’au moins 750 millions d’euros au niveau mondial et 25 millions d’euros en France. Le gouvernement espère ainsi récolter 500 millions d’euros par an, mais ce montant devrait être déductible du bénéfice imposable des entreprises concernées.  \n\n\n\nPour les organisations de la Plateforme Paradis Fiscaux et Judiciaires, si ce projet de loi a le mérite de pointer les limites du système fiscal international, il est très décevant et extrêmement peu ambitieux au regard de l’ampleur de l’évasion fiscale en France. \n\n« Derrière le bel exercice de communication du ministre de l’Economie et des Finances Bruno Le Maire, il faut rappeler que cette mesure reste très limitée : elle ne vise qu’une trentaine d’entreprises en France et ne rapporterait pas plus de 500 millions d’euros chaque année d’après les annonces ministérielles, un grain de sable comparé aux 80 à 100 milliards d’euros que coûte l’évasion fiscale au budget de l’Etat français chaque année » indique Lison Rehbinder, chargée de plaidoyer au CCFD-Terre Solidaire et coordinatrice de la Plateforme Paradis Fiscaux et Judiciaires.\n« Cette taxe reste une réponse temporaire à un problème systémique : un système fiscal qui n’est plus adapté à une économie du XXIe siècle. Le ministre de l’Economie et des Finances Bruno Le Maire ne cesse de brandir la taxe GAFA comme « la » mesure de justice fiscale. Pourtant, les GAFA ne sont que la face visible de l’iceberg : l’évasion fiscale est un phénomène généralisé qui va bien au-delà des géants du numérique. Une nouvelle taxe sur les GAFA ne changera pas les lacunes du système fiscal et les grandes entreprises continueront à ne pas payer leur juste part d’impôt. » explique Quentin Parrinello, chargé de plaidoyer à Oxfam France.\nLe système fiscal actuel, dont les principes datent de plus d’un siècle, est largement dépassé. Il repose sur une approche traditionnelle de l’activité économique, basée notamment sur la notion d’établissement stable (présence durable et physique), facilement contournée, et considère les filiales des entreprises multinationales comme des entités séparées qui échangeraient au prix du marché, selon le prix « de pleine concurrence ». Ce système permet aux entreprises multinationales de transférer artificiellement leurs bénéfices d’une filiale à une autre, d’une juridiction à une autre, dans le seul but d’échapper à l’impôt. Il y a 18 mois, les révélations des Paradise Papers ont démontré que des entreprises de tous les secteurs peuvent jouer avec les règles de notre système fiscal obsolète : Apple et Facebook étaient pointés du doigt mais aussi Nike, Total, Whirpool…\n\n« Pour en finir avec ce jeu de passe-passe opéré par les grandes entreprises, il est crucial de réformer en profondeur notre système fiscal international. Si la France veut être crédible dans sa lutte contre l’évasion fiscale, elle doit aller beaucoup plus loin.  Cela passe par des mesures de transparence fiscale, sur lesquelles la France se montre désormais bien timide au niveau européen, et par une remise à plat des règles du système fiscal international, afin de pouvoir taxer plus simplement les entreprises en fonction de leurs activités réelles en les considérant comme une entité unique. L’impôt sur les sociétés est à la croisée des chemins, c’est le véritable enjeu de ces prochaines années. » déclare Lison Rehbinder.\n\n« Quand les multinationales ne paient pas leur part d’impôts, ce sont tout-e-s les citoyen-ne-s qui en paient le prix. Tous les Etats sont touchés par ce fléau, en premier lieu les pays en développement qui perdent jusqu’à 180 milliards d’euros chaque année. Tandis que les inégalités augmentent et que les services publics font face à des coupes budgétaires majeures, il n’est pas acceptable de voir s’évaporer de telles sommes d’argent ! » conclut Quentin Parrinello.\n\nNotes aux rédactions :\n\n- Ce projet de loi fait suite à l’échec annoncé des discussions menées au sein de l’Union européenne d’instaurer une taxe GAFA de 3 % sur le chiffres d’affaires des entreprises du numérique réalisant un chiffre d’affaires d’au moins 750 millions d’euros. Ce projet sera encore à l’ordre du jour de l’ECOFIN du 12 mars prochain, mais ne rencontre pas le soutien de pays comme l’Irlande, le Danemark ou la Suède notamment.\n\n- A ce jour, au moins 4 autres Etats de l’UE ont annoncé avancer de leur côté sur une taxe sur le chiffre d’affaire des géants du numérique : l’Italie, le Royaume-Uni, l’Espagne, l’Autriche, \n\n- Les débats sur taxation du numérique occupent également les travaux de l’OCDE (l’Organisation de coopération et de développement), et plus de 125 Etats ont annoncé vouloir avancer sur cette question d’ici à 2020. La France veut porter une proposition sur une imposition mondiale minimale en ce sens.\nCependant, les précédentes réformes fiscales menées au sein de l’OCDE dans le cadre de la réforme « BEPS » ont renforcé les principes de pleine concurrence, et n’ont pas permis la participation des pays en développement aux travaux, mettant leurs intérêts de côté. La capacité des Etats de réussir à mener des réformes au sein de l’OCDE prenant en compte les demandes et intérêts de tous les Etats, y compris en développement, est à démontrer et sera au cœur des enjeux de ces travaux. \nLes Etats du G77, de leur côté, demandent la création d’un organisme fiscal à l’ONU, afin que tous les Etats puissent travailler à la révision des règles fiscales sur un pied d’égalité. \n\n\n\nMembres de la Plateforme Paradis Fiscaux et Judiciaires :\nAnticor – Attac France – CADTM France – CCFD-Terre Solidaire – CFDT – CGT – Collectif Roosevelt – CRID – Les Amis de la Terre – Observatoire citoyen pour la transparence Financière Internationale – Oxfam France – Justice et Paix – Peuples Solidaires-ActionAid France – Réseau Foi et Justice Afrique Europe – Secours catholique Caritas France – Sherpa – Survie – Syndicat de la magistrature – Solidaires Finances Publiques – www.stopparadisfiscaux.fr\n\n\nContact média : \nLouis Moreau, l.moreau@ccfd-terresolidaire.org, 07 80 35 69 00\n[gallery link=\"file\" ids=\"9915,9913\"]"}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/lettre-ouverte-aux-autorites-du-pays/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/lettre-ouverte-aux-autorites-du-pays/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Lettre ouverte aux Autorités du Pays","datePublished":"2011-11-30T16:24:00+00:00","dateModified":"2021-12-07T17:47:52+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/lettre-ouverte-aux-autorites-du-pays/"},"wordCount":1347,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"inLanguage":"fr-FR","description":"Et aux Hommes et Femmes qui désirent ce qui est bon pour notre Pays\n\n\nLa Commission Episcopale Nationale Justice et Paix s’est réunie en Assemblée Générale cette année au Centre ITECA à Gressier, du 22 au 26 novembre 2011. Nous étions 70 délégués des 10 diocèses ou départements du pays.\n\n\n\nCette année, nous avions choisi d’approfondir la question : « Justice et Paix est engagée pour la réconciliation du pays dans la vérité ». Nous avions choisi le thème à cause de la situation difficile que traverse le pays en ce moment ; on dirait que la crise est sans fin, et ce sont surtout les pauvres et ceux qui déjà vivent des situations difficiles qui en paient les frais.\n\n\nLa situation est grave. La population est à bout de force. Comme disciples du Christ, nous sommes indignés devant les négligences, le manque de volonté et de sens de responsabilité pour résoudre les problèmes. Nous nous sentons humiliés et fatigués.\n\n\nLa situation écologique du pays, qui est le résultat de tant de négligences et laisser faire, de luttes intéressées sans aucun souci pour le pays, vient encore aggraver la situation générale et mets la maladie à nu.\n\n\nLes autorités (politiques, économiques et religieuses), comme la société civile, doivent donner preuve qu’elles comprennent les problèmes.\n\n\nCertes, il n’y a pas de guerre civile dans le pays, mais les formes de violence sont multiples : dans la rue comme dans les gestes et discours. Ce qui est grave, certaines mains cachées fomentent la violence, parfois invisible … dans la poursuite de leurs intérêts.\n\n\nLes élections pour les collectivités territoriales qui doivent se tenir dans un avenir pas trop lointain peuvent encourager les divisions et actes de violence dans les communautés, parce que plusieurs groupes politiques chercheront à renforcer leur présence dans les communautés, chacun avec leurs propres alliés.\n\n\nLes préoccupations, valeurs et principes qui doivent guider la gestion et l’accompagnement des conflits sont connus. La Vérité demande de reconnaitre sa propre responsabilité dans la situation actuelle ; la Vérité implique la transparence dans les discours ; le Respect doit s’étendre même à l’adversaire ; il faut arrêter la pratique de la démonisation ; puis, il faut arrêter à se considérer comme l’unique victime innocente, qui n’a jamais fait rien de mal. Chaque personne est une personne humaine ; même l’ennemi est une personne humaine.\n\n\nVoici nos convictions profondes :\n\n Dieu nous a confié cette société à construire ensemble, nous habitons un même pays. Nous ne devons pas permettre au vent de division de nous mener. Chaque cassure dans la chaine qui doit nous unir, est une insulte à notre devise nationale. Si nous sommes d’accord de dialoguer dans la vérité, si le pays et notre peuple sont notre commun intérêt, nous serons en mesure d’atteindre une entente, qui permet d’avancer. Comme disciples de Jésus Christ, nous gardons notre espérance que le changement pour une meilleure vie pour tous est possible.\n\n\nVoici ce qui doit être à la base de ce dialogue :\n\n Les autorités, surtout les autorités politiques, doivent être conscientes qu’elles sont au service du peuple Haïtien, non pas au service d’une grande puissance étrangère. Dès le jour de leur élection, ils doivent poursuivre le bien commun du peuple. Les chemins à suivre peuvent différer (en fonction de leurs idéologies), mais le bien du pays et de sa population doivent primer avant tout. Il y a des pratiques à dénoncer comme peuple et à rejeter : La corruption, le détournement d’argent pour avantage personnel ; acheter les consciences avec de l’argent ; donner plus d’importance à l’argent qu’à la personne humaine ;  La protection de criminels ; soutenir des situations où les coupables ne sont pas punis et les victimes ne trouvent pas de justice et réparation ; le mensonge, l’égoïsme et la recherche d’intérêt personnel démesurée. Il faut cultiver la tolérance et le respect entre les opinions politiques ; les Pouvoirs de l’Etat doivent respecter leurs limites et leurs rôles respectifs. Les élections en perspective ne devraient pas continuer à être marquées par la violence et l’intolérance. Au contraire, elles doivent être un moment où le pays progresse sur le chemin de la démocratie et de l’Etat de droit. Chacun doit grandir dans la confiance mutuelle, la confiance qui permettra de collaborer pour le développement du pays. Pour ceux et celles qui croient en Jésus Christ, la foi peut être une force qui les permet d’avancer dans cette direction.\n\n\nVoici des propositions pour aider la réconciliation dans la vérité :\n\n Il faut davantage de dialogue et concertation entre les acteurs sociaux, politiques et économiques dans le cadre d’un pan global de développement pour le pays. Il faut prendre des décisions urgentes en faveur des gens dans es plus grandes nécessités : décisions en faveur de ceux qui se trouvent toujours sous les tentes ; il faut des mesures réelles et une organisation solide pour réaliser la scolarisation des enfants ; il faut des mesures pour protéger les paysans contre les forces de la nature ; i faut des mesures pour permettre à la justice de fonctionner correctement et d’être proche des citoyens. Dans le domaine de la politique, il faut un pacte de bonne gouvernance pour empêcher le blocage du pays pour n’importe quelle raison. Afin de sortir de cette transition démocratique qui n’en finit pas, les autorités compétentes doivent organiser le Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire (CSPJ) et un Conseil Electoral permanent et indépendant. Les partis politiques et les candidats au niveau local doivent conclure des pactes et prendre des engagements pour s’abstenir de la violence et de l’emploi des armes pour exercer des pressions, provoquer la peur, violer la conscience et la confiance des gens et de voler leurs voix. Les classes sociales supérieures doivent montrer plus de respects pour les classes sociales plus basses, ne pas les mépriser, et puis accepter que des mesures soient prises pour diminuer la stance entre riches et pauvres dans le pays. Les élites économiques doivent se considérer au service du bien être de la population, au lieu de chercher exclusivement des profits personnels ; ils doivent créer du travail, payer des taxes correctement, répondre leurs obligations sociales ; elles doivent participer à créer les conditions qui permettent des investissements dans le pays.\n\n\nNous demandons aux Eglises d’appuyer publiquement toute initiative qui favorise l’écoute mutuelle et qui permet d’avancer sur le chemin de la réconciliation dans la vérité. Nous leur demandons d’aider les fidèles à mieux articuler leur foi avec leurs responsabilités sociales, et d’enseigner aux fidèles les principes moraux qui doivent guider la politique dans le pays.\n\n\nNous saluons « Religions pour la Paix » ; nous demandons que les religions collaborent pour sauver le peuple Haïtien.\n\n\nNous, membres de la Commission Justice et Paix, nous avons pris l’engagement de remettre ce message aux Autorités du pays, les autorités nationales et locales, les autorités ecclésiales incluses. Nous souhaitons qu’elles prendront conscience que les conditions de vie des gens simples ne peuvent pas continuer, parce qu’elles sont en contradiction avec la dignité et les droits des personnes.\n\n\nNous croyons en Jésus Christ qui a brisé les barrières qui séparaient les peuples et qui nous a permis de vivre bien entre nous, grâce à son sang (Eph 2,15). Nous lançons un appel également à tous les hommes et les femmes de bonne volonté d’écouter notre cri et de chercher des chemins de la réconciliation du pays dans la vérité.\n\n\nGressier, le 26 novembre 2011"}
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Tshisekedi, est terni par un processus électoral dévoyé et des institutions décrédibilisées. Pour la campagne « Tournons la page » et ses organisations membres, l’alternance ne se négocie pas, elle ne peut être qu’issue de la vérité des urnes, pour être véritablement démocratique. \nLa communauté internationale ne peut normaliser une situation qui porte les germes d’une escalade de la violence et de la perpétuation de l’impunité\n\n\n\n\nLa détermination des acteurs de la société civile, de l’opposition politique, de l’Eglise catholique et des citoyens congolais, avec l’appui d’une partie de la communauté internationale, a permis d’arracher le 30 décembre 2018, après deux ans de report, des élections générales censées produire un changement profond de l’espace politique. L’engouement des électeurs, malgré les risques de violences, a été très fort, prouvant la détermination des Congolais à obtenir l’alternance démocratique.\n\n\nMalheureusement, le processus électoral a été marqué par des violations des droits fondamentaux des citoyens : coupure de la connexion internet et des télécommunications, arrestation et intimidation de militants de la société civile ou de l’opposition, exclusion des provinces de Beni, Yumbi et Butembo du processus électoral... Une logistique chaotique avant, pendant et après le scrutin, a discrédité profondément le système électoral, comme l’ont montrée les différentes missions d’observation de la société civile. La publication agglomérée des résultats de la présidentielle - et non par bureau de vote ou par circonscription, comme le prévoit la loi électorale - et la proclamation des résultats des élections provinciales sans que les centres de compilation n’aient commencé leur travail de recensement, viennent ajouter au discrédit de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) et des résultats annoncés. \n\n\nPour nous, organisations signataires, l’alternance doit être totale et non un simulacre d’alternance qui consacre en réalité la continuité et l’illégitimité. Si l’expression populaire est confisquée de la sorte, la période à venir, notamment avec les élections locales prévues en mars, font courir le risque d’un nouveau cycle de violences.\n\n\nAu vu de tout ce qui précède, Tournons la page :\n\n\n\n Soutient et félicite la société civile congolaise pour son travail de sensibilisation et de promotion d’élections libres, transparentes et sans violence ; Invite le peuple congolais à privilégier la voie de la non-violence pour ses différentes revendications ; Exhorte la CENI à ne prendre en compte que les résultats réellement issus des urnes et à poursuivre le cycle électoral jusqu’aux élections locales afin d’asseoir une vraie démocratie solidement bâtie à la base ; Encourage les candidats lésés à recourir aux instances judiciaires et notamment la Cour Constitutionnelle afin de faire valoir leurs droits. \n\n\nDemande à la communauté internationale, les instances régionales, l’Union Européenne et ses Etats-membres :\n\n\n\n D’appuyer les demandes de recomptage par centre de collecte et de respect des règles du processus électoral (comptage, recours, scrutins locaux non encore tenus…) De maintenir les sanctions ciblées à l’encontre des personnalités politiques responsables de violations des droits humains ; D’exiger la mise en place de procédures judiciaires permettant de lutter contre l’impunité et d’obtenir la vérité sur les graves cas de violations des droits commis sous la Présidence de Joseph Kabila ; D’assurer une vigilance permanente quant au respect des droits fondamentaux et de l’Etat de droit par le prochain gouvernement et de porter la plus grande attention à la situation des droits humains et à la protection des acteurs politiques et de la société civile menacés.\n\n\nOrganisations signataires :\n\n\n\nCampagne internationale « Tournons la page »\nNDSCI\nASADHO\nSecours Catholique-Caritas France\nCCFD-Terre Solidaire\nCNCD 11.11.11\nMisereor\nAEDH\n[gallery link=\"file\" ids=\"9918\"]"}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/pour-un-printemps-climatique-et-social-tous-a-la-marche-du-siecle-le-16-mars/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/pour-un-printemps-climatique-et-social-tous-a-la-marche-du-siecle-le-16-mars/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Pour un printemps climatique et social : tous à la marche du siècle le 16 mars !","datePublished":"2019-03-06T15:15:05+00:00","dateModified":"2024-09-25T15:41:55+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/pour-un-printemps-climatique-et-social-tous-a-la-marche-du-siecle-le-16-mars/"},"wordCount":469,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"image":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/pour-un-printemps-climatique-et-social-tous-a-la-marche-du-siecle-le-16-mars/#primaryimage"},"thumbnailUrl":"https://ccfd-terresolidaire.org/wp-content/uploads/2019/03/visuel_appel_paragraphe_3.jpg","inLanguage":"fr-FR","description":"Le CCFD-Terre Solidaire vous donne rendez-vous le 16 mars pour la Marche du Siècle, permier événement du printemps climatique et social. Cette mobilisation va être historique ! Elle a pour objectif d’être la plus grande jamais organisée. Montrons à nos représentants la mobilisation des citoyens pour une société soutenable, plus juste, solidaire et conviviale.\n\n\n\nAprès plusieurs mois de mobilisations, après les 2 millions de signatures de la pétition « L’Affaire du siècle », après la mise en mouvement de la jeunesse du monde entier… Nos dirigeants continuent de faire la sourde oreille. Ils refusent de reconnaître l’état d’urgence climatique et sociale dans lequel nous vivons et de prendre enfin les mesures qui s’imposent. Plus que jamais, nous devons nous organiser pour sauver notre avenir et celui de nos enfants et pour exiger  une véritable justice ! \n\nUne nécessité : faire changer la contestation d’échelle\n\nLes enjeux sont énormes, le mécontentement aussi. Lors de sa démission du gouvernement en septembre 2018, Nicolas Hulot dénonçait une politique qui, tout en se contentant de petits pas, entretenait le système responsable de la situation catastrophique dans laquelle nous nous trouvions. \n\nQu’est-ce qui a changé aujourd’hui ? Le même logiciel est toujours en place. La différence, c’est nous, c’est vous. C’est la colère et la détermination des citoyennes et des citoyens du monde entier qui a monté de plusieurs crans en quelques mois. Tandis que les Gilets Jaunes expriment des injustices sociales insupportables, les jeunes générations font des « grèves scolaires » chaque semaine car, après tout,  « à quoi bon se préparer un avenir si la planète n’en a pas ? »    \n\nMalgré tout cela, les réponses politiques se font attendre. La pression n’est pas encore assez forte pour alarmer les dirigeants et les convaincre de changer un système économique et social destructeur. \n\nEt pourtant, d’autres possibles existent, des possibles souhaitables, durables et heureux. Ces alternatives, qu’au CCFD-Terre Solidaire nous encourageons depuis de longues années, nous devons ensemble les défendre et les mettre en valeur. Dans les rues le 16 mars, soyons des centaines de milliers, partout en France ! Montrons les forces du changement que nous sommes  et qui fourmillent d’idées nouvelles et salvatrices ! \n\n Notre printemps sera climatique et social. Faisons du 16 mars une mobilisation mémorable pour en donner le coup d’envoi !\n\n Des mobilisations sont déjà prévues dans plusieurs dizaines de villes françaises, trouvez la marche la plus près de chez vous : cartographie des marches \n\nPour en savoir plus, visitez la page Facebook de l'événement\n\n\n[gallery link=\"file\" ids=\"9922\"]"}
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Alors que le poisson représente la principale source de protéine au Sénégal, les pêcheurs ne savaient plus où jeter leurs filets. Face à cette situation préoccupante, l’État a accepté de cogérer la pêche artisanale et les ressources halieutiques avec les professionnels de la mer. Avec des résultats prometteurs.\n\n\n\n\n«Les richesses de la mer sont un bien commun, elles nous ont été léguées par nos parents et nous avons le devoir de les transmettre à nos enfants ». Conscients des problèmes qui les concernent, les pêcheurs artisans ont décidé de relever le défi de restaurer les stocks halieutiques. Si la pêche industrielle étrangère ou illégale est souvent pointée du doigt, la surcapacité des navires de pêche artisanale a aussi sa part de responsabilité.\n\nSuite à différentes crises agricoles, les populations de l’arrière-pays, mais aussi de Guinée, du Mali, du Burkina Faso sont venues peu à peu grossir le nombre de pêcheurs sur les côtes. Le constat était unanime, les ressources diminuaient et les pirogues étaient obligées de partir de plus en plus loin en mer.\n\nPour assurer la souveraineté alimentaire d’un peuple qui dépend du poisson comme principale source de protéines, l’État devait trouver une solution. C’est en 1998 que le projet a démarré, en intégrant dans le code de la pêche du Sénégal, le concept de politique de cogestion des ressources marines.\nDes règles non appropriées\nPour Moussa Bengue de l’Association ouest-africaine pour le développement de la pêche artisanale (Adepa), partenaire du CCFD-Terre Solidaire, cette décision a été primordiale : « Auparavant, c’était une gestion conventionnelle dirigiste, où l’État imposait les règles. Mais elles n’étaient pas toujours appropriées pour les professionnels de la pêche et ils ne les respectaient pas. »\n\nComment faire pour que les pêcheurs gèrent durablement la ressource et se conforment aux règlements ? Tout simplement en les associant aux décisions, mais aussi aux résultats, par le biais de suivis et d’évaluations.\n\nEn reconnaissant la compétence et les savoirs de ces professionnels de la mer dans la gestion de la ressource, l’État a encouragé leur responsabilité. En 2005, les premiers Conseils locaux de pêche artisanale (CLPA) se mettent en place. « Quand une ressource est en danger, les pouvoirs publics demandent leurs avis aux pêcheurs sur la manière de restaurer telle ou telle espèce », témoigne Abdoulaye Ndiaye, coordonnateur national du réseau des CLPA du Sénégal et de la Zone de pêche protégée (ZPP) de Ngaparou.\n\nLes pêcheurs proposent ainsi des solutions basées sur leur expérience de la mer, de la ressource concernée. Un savoir empirique qui permet aux scientifiques de conforter leurs savoirs, parfois même de découvrir des données qu’ils n’avaient pas.\nCes propositions doivent ensuite être validées de façon collégiale par l’administration, mais aussi par les notables, les sages, c’est-à-dire les anciens pêcheurs et les chefs religieux.\n\n\nUne gestion durable\nCe mode de gouvernance simplifie le travail de l’État sur les sites de production. Il a aussi permis la mise en place des méthodes de gestion durable, adaptées à chaque cas, à chaque situation.\n\nCe mode de gestion fonctionne bien parce qu’il correspondait à la démarche des pêcheurs qui avaient fait des propositions pour mieux gérer la ressource, mais avaient besoin de l’appui des autorités pour les mettre en place.\n\nAinsi, en 2005, le projet de ZPP a été initié à Ngaparou. « Les captures étaient de plus en plus faibles. Alors, les pêcheurs sont entrés en scène. Constatant qu’ils avaient contribué à la rareté de la ressource, ils ont décidé à présent de la restaurer », raconte Abdoulaye Ndiaye.\n\nEn 2007, la ZPP est créée. Dans cette zone, toute pêche est interdite et des récifs artificiels ont été mis en place pour aider à la reproduction de la ressource, et une autre où la pêche est autorisée mais très réglementée. « Il faut avant tout préserver les zones de reproduction, ne pas pêcher les juvéniles et protéger tout autour toute la diversité. »\n\nDans la zone où la pêche est autorisée, la taille des maillages est supérieure à sept centimètres. La senne de plage, la senne tournante et la palangre sont interdites.\n\nMais comme la reconstitution des stocks ne dépend pas seulement de l’activité de pêche, des mesures complémentaires ont été aussi mises en place. Par exemple, les jet skis des hôtels de la station touristique limitrophe de Sally, qui perturbaient par des nuisances sonores l’environnement marin, y sont notamment interdits. « Huit mois après que cette mesure a été mise en place, de la plage, nous pouvions suivre des yeux les bancs de poissons. Nous n’avions plus vu cela depuis des années. Et il y a peu de pays dans le monde où l’on peut voir ça. »\n\nLa surveillance de la zone s’est faite également de façon collective, l’idée étant encore d’associer les pêcheurs. Car celui qui ne respecte pas les règles est mis à l’écart de la communauté. Pour l’exemple, sa pirogue est mise à l’envers sur la plage, on ne viendra pas au baptême de son enfant, ou à son mariage. Ces mesures ont surtout pour objectif de rappeler les règles, celle d’une communauté qui doit marcher ensemble pour son devenir.\n\n\nCaisse de solidarité\nConscients que ces mesures de restriction de captures allaient impacter les revenus des pêcheurs, une caisse de solidarité a été créée. Les recettes du magasin d’accastillage communautaire servent aujourd’hui à aider les familles en difficulté, à financer les études des enfants du village ou la reconversion des pêcheurs âgés. Car les résultats de cette politique de gestion ne se sont pas fait attendre. Les langoustes ayant grandi, leur prix a augmenté. De 4 000 francs CFA, il est passé à 14 000 francs CFA.\n\nCette hausse de prix ne touche pas les communautés locales qui ne consomment pas cette espèce destinée à l’export. « Elles sont donc gagnantes sur les deux tableaux, les stocks de poissons pélagiques consommés par les populations locales sont reconstitués et, en plus, les gains financiers sont importants pour des espèces exportées vers le marché européen mais surtout au Japon. »\n\nLe principal problème aujourd’hui réside dans la surveillance de la zone, très convoitée par les pêcheurs extérieurs, ce qui nécessite des moyens supplémentaires humains et financiers.\n\nMais pour Abdoulaye, c’est une période transitoire « Car la solution viendra des autres communautés. Lorsque tous les points de débarquement auront restauré leurs stocks, le braconnage disparaîtra de lui-même. » Ngaparou n’est pas le seul site à avoir mis en place ces mesures qui ont fait leurs preuves.\nPièges interdits\n\n\nLire la suite du reportage dans le n°308 de Faim et Développement, disponible sur abonnement payant. Soutenez-nous, abonnez-vous !\n\n\nPar Mathilde Jounot\n\n[gallery link=\"file\" ids=\"9925,9926,9928\"]"}
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Retour sur l'histoire de cette loi hors du commun.\n\n\n\nDans cette aventure de plaidoyer, tout était à écrire, à faire. À commencer par rallier en interne. Questionner les pratiques des entreprises « n’est pas un sujet facile »,  explique Antonio Manganella, chargé de plaidoyer au CCFD-Terre Solidaire de 2010 à 2014. La raison ? « Elle est commune à toutes les ONG : la capacité de se confronter à des multinationales très puissantes qui pèsent dans les décisions politiques, rapporte-t-il. Mais expliquer, convaincre en interne fait partie de notre rôle. Et cela nous a permis d’être outillés pour l’extérieur ! »\n\nCar le plus dur reste à venir : comment mettre au cœur de l’agenda politique la question des violations commises par les grandes entreprises et la reconnaissance des victimes dans les pays en développement ? L’idée d’un front uni de la société civile s’impose. Elle naît des réseaux dans lesquels le CCFD-Terre Solidaire est impliqué, comme le Forum citoyen pour la responsabilité sociale des entreprises [[Lieu d’échanges et d’expertise, d’expression publique et de plaidoyer sur toutes les questions relatives à la responsabilité sociale, environnementale et sociétale des entreprises, créé en 2004.]] coordonné par l’association. « On n’aurait jamais réussi sans le travail en coalition », affirme Antonio Manganella. \n\nLa thématique est portée pour la première fois comme proposition politique du CCFD-Terre Solidaire lors des élections européennes en 2009, dans une campagne plus large sur la Responsabilité sociale, environnementale et fiscale des entreprises. » [[Hold-up international, pour que l’Europe régule ses multinationales », menée conjointement avec Oxfam France-Agir.]]\n\n\n2012, l’année du changement\n\nMais c’est en 2012 que l’ONG passe à la vitesse supérieure. Comme à chaque campagne présidentielle et législative, le CCFD-Terre Solidaire soumet une série de propositions aux partis et candidats.  Le but ? « Obtenir des engagements préalables à l’élection pour pouvoir s’appuyer sur des décideurs politiques adhérant à nos propositions, et ainsi construire le plaidoyer de demain », explique Antonio Manganella \n\nCette année-là, la responsabilité des multinationales est inscrite comme thème phare du « Pacte pour une Terre solidaire », l’outil de campagne grand public de l’association. Le Pacte reçoit des retours positifs auprès des bénévoles, mais la thématique de la responsabilité des multinationales n’est « pas encore bien maîtrisée », se souvient Antonio Manganella. Le plaidoyer redouble alors d’efforts pour « susciter l’envie de travailler spécifiquement sur cette question » et multiplie les rencontres en région avec les bénévoles. « Cette stratégie a permis de créer un réseau de plaideurs locaux », se félicite-t-il. \n\nPacte en main, les bénévoles interpellent leurs élus locaux. Et ça paie : 65 parlementaires adhèrent au Pacte... dont Dominique Potier, député PS de Meurthe-et-Moselle, futur chef de file sur le « Devoir de vigilance » à l’Assemblée nationale. Danièle Auroi, députée écologiste du Puy-de-Dôme et présidente de la commission des Affaires européennes et Philippe Noguès, député PS du Morbihan, s’engageront également dans la bataille.\n\nÀ cette même période, les alliances s’accélèrent entre le CCFD-Terre Solidaire et Amnesty International France et Sherpa, association de juristes. Puis avec le collectif Éthique sur l’étiquette et les Amis de la Terre pour devenir les 5 ONG motrices du devoir de vigilance.\n\n\n\nL’effondrement du Rana Plaza\n\n24 avril 2013, le Rana Plaza, usine de fabrication de textile près de Dacca, capitale du Bangladesh, s’effondre et fait plus de 1 000 morts, dont une majorité d’ouvrières. On retrouve dans les ruines des marques de Auchan, Carrefour, Camaïeu. Mais ces grandes entreprises renvoient la responsabilité sur leurs fournisseurs.  [[Dans le cas du Rana Plaza, Carrefour France et Carrefour Bangladesh sont juridiquement deux entreprises distinctes. La filiale ou le sous-traitant de Carrefour Bangladesh sont encore plus éloignés de Carrefour France. Il n’y a donc pas d’entité homogène contre qui se retourner.]] « Ce cas de figure dramatique est révélateur du problème juridique et politique que dénonce le CCFD-Terre Solidaire et ses alliés depuis des années », rapporte Carole Peychaud, chargée de plaidoyer à partir de 2015.\n\n « L’idée d’une loi a émergé bien avant,  rappelle Antonio Manganella,  mais ce drame a été un tournant » . Car le sujet est enfin dans l’agenda médiatique, « il donne à l’opinion publique le sentiment qu’une proposition de loi est juste. Et force les politiques à réfléchir à comment répondre à ces attentes, souligne-t-il. Avant d’ajouter : « les politiques ont mal répondu en essayant de sauver les meubles. »\n\nLa société civile poursuit le lobby auprès du gouvernement, afin de trouver la ou le meneur de la loi. En vain. C’est finalement du côté des députés qu’ils trouvent le moyen de faire déposer une première proposition de loi à l’Assemblée nationale.  D’abord, le 6 novembre 2013, par les groupes Écologiste et Socialiste, républicain et citoyen (SRC). Puis trois mois plus tard par le groupe Radical, républicain, démocrate et progressiste. Rejoint enfin par le groupe Gauche démocrate et républicaine, le 29 avril 2014.\n\nCette même année, le plaidoyer sur la thématique prend définitivement corps : « même les confédérations syndicales restées à l’écart ont rejoint la démarche », explique Antonio Manganella, comme la CFDT, CGT, CFTC, CGE-CGC et FO. « Sans elles, on ne pouvait pas gagner cette lutte », affirme-t-il. Mais c’est aussi une période où les ONG se confrontent directement aux lobbies du patronat, farouchement opposés à la loi. Le cabinet de Christiane Taubira, garde des Sceaux, le confirmera : la loi est l’une des « top priorités » de l’Association française des entreprises privées (Afep) et du Mouvement des entreprises de France (Medef) qui multiplient les rendez-vous au gouvernement pour la faire bloquer.\n\nUn projet de loi... mais deux versions\n\nEn janvier 2015, EELV avec Danièle Auroi, passe à l’offensive. Le groupe minoritaire à l’Assemblée nationale inscrit la PPL à l’ordre du jour. L’idée : forcer le gouvernement à sortir du bois ! Bercy n’a désormais plus le choix. Sans surprise, le ministre de l’Économie de l’époque, Emmanuel Macron, freine des quatre fers. « Cette première PPL, soutenue par l’ensemble des syndicats et partis de gauche, est beaucoup plus en phase avec ce que nous souhaitions en tant qu’ONG », explique Carole Peychaud. Outre la dimension de responsabilité pénale, le nombre d’entreprises captées par la loi était alors bien plus large.\n\nBercy suggère un copié-collé des propositions de l’Afep. Mais la méthode est dénoncée dans les médias. Obligé de changer d’angle d’attaque, le cabinet Macron appelle finalement la majorité PS à l’Assemblée nationale à ne pas soutenir le texte, qui est renvoyé en commission.\n\nEn février, une seconde proposition de loi, dite « PPL 2 », est déposée à l’Assemblée nationale par des députés socialistes proches du gouvernement, notamment Bruno Le Roux, président du groupe socialiste, opposé au texte d’origine. Si cette version émane officiellement du Parlement, elle est en réalité « largement réécrite par Bercy »,  relate Mathilde Dupré, chargée de plaidoyer au CCFD-Terre Solidaire entre 2014 et 2015. Malgré une certaine frustration – le texte reformulé protège bien moins les victimes et le nombre d’entreprises concernées est en forte baisse – le gouvernement endosse pour la première fois la proposition de loi sur le devoir de vigilance.\n\nLa PPL 2 est finalement examinée en plénière et adoptée en première lecture par l’Assemblée nationale le 30 mars 2015.\n\nA lire : \"La vigilance au Menu\" : 5 risques humains et environnementaux à identifier par l’agro-industrie  \n\nPing-pong parlementaire\n\nS’ensuit une navette entre les deux chambres pendant deux ans, de mars 2015 à 2017. Les Républicains, opposés à la loi, bloquent son inscription à l’agenda. Le PS est aussi majoritairement contre. « Cette loi divise au-delà du clivage gauche-droite. Et le pouvoir du secteur privé est tel qu’aucun parti n’a de position ambitieuse », regrette Carole Peychaud. La seule option : faire inscrire la PPL 2 par le gouvernement. Mais le ministre de l’Économie n’en n’aura jamais l’intention. « Emmanuel Macron nous mettra des bâtons dans les roues jusqu’à sa démission en septembre 2016 pour monter son parti », retrace la chargée de plaidoyer.\n\nContre toute attente, la PPL 2 sera finalement discutée en séance publique au Sénat le 21 octobre 2015, sur demande du groupe socialiste-républicain. Rejeté sans surprise par les sénateurs, le texte, de retour à l’Assemblée, est adopté en deuxième lecture le 23 mars 2016. Durant les six mois qui suivent, les sénateurs Les Républicains bloquent toujours l’inscription de la PPL 2 à l’ordre du jour de la Chambre haute, et les sénateurs PS favorables ne sont pas assez nombreux pour peser davantage sur l’agenda :  « On pensait que cette loi allait rester dans les limbes parlementaires. L’Élysée nous disait que c’était en cours, mais qu’ils ne pouvaient rien nous promettre »,  se souvient Carole Peychaud. Le gouvernement finit par l’inscrire à l’ordre du jour du Sénat, en seconde lecture. Et le 13 octobre 2016, la PPL 2 est adoptée par le Sénat. Mais des amendements la vident totalement de sa substance.\n\nChangement de ton\n\nSix mois avant la fin de la mandature, une course contre la montre s’engage pour les défenseurs de la loi. Mais le remaniement ministériel et la nomination, le 30 août 2016, de Michel Sapin à la tête du ministère de l’Économie et des Finances va jouer en leur faveur. Le ministre propose aux 5 ONG motrices, rejointes par la CFDT, un face-à face inédit avec son cabinet, arbitré par le député Potier, pour élaborer une ultime version du texte. Les rencontres se déroulent à huis-clos à l’Assemblée nationale.\n\nLe gouvernement, en inscrivant cette loi à l’ordre du jour, « veut la faire voter et, avec elle, essayer de limiter la casse de ce mandat très critiqué », souligne Carole Peychaud. Ce rapport de force établi, le collectif se retrouve en position de tout renégocier. Le gouvernement craint que la société civile retire son soutien à une proposition de loi trop déformée. \n\nQuant à la société civile, elle redoute que le gouvernement propose une version édulcorée. Résultat, pendant que le cabinet freine, la société civile lutte pour un texte plus contraignant. Dominique Potier insiste alors pour faire accepter les propositions du cabinet : « vous êtes trop ambitieux, irréalistes, vous allez tout faire capoter, il faut être modérés nous dit-il », relate Carole Peychaud. C’est une première étape, défend le député.\n\nCette dernière version commune est finalement adoptée par l’Assemblée nationale le 29 novembre 2016. Deux mois plus tard, le 1er février 2017, la proposition de loi est une énième fois rejetée au Sénat. Une motion d’irrecevabilité renvoie sans débat le texte à l’Assemblée nationale pour le vote final, programmé le mardi 21 février. La PPL sur le devoir de vigilance est définitivement adoptée le 27 mars 2017.\n\nSi la loi française est désormais citée comme modèle dans beaucoup de pays  européens, dont certains tentent de faire évoluer leur cadre législatif comme la Suisse ou l’Espagne, elle fait aussi figure d’exemple au niveau international, dans le processus actuel d’un traité à l’échelle onusienne [[Traité international contraignant sur les sociétés transnationales et autres entreprises, et les droits humains.]]. Un combat auquel contribuent le CCFD-Terre Solidaire et ses alliés. Cette loi inédite,  « c’est la victoire d’une initiative \"100 % ONG\" »,  salue Dominique Potier.\n\n\n\n\nFaim et Développement est disponible sur abonnement payant. Nous vous avons offert cet article pour découvrir les contenus de notre magazine. \n\nAller plus loin sur la loi Devoir de vigilance avec les Échos du CCFD-Terre Solidaire, une émission RCF :\n\n[gallery link=\"file\" ids=\"9931\"]"}
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Non seulement l’organisation travaille sur l’adaptation des cultures aux dérèglements climatiques, mais elle intègre aussi des éléments de tolérance religieuse dans ses actions.\n\nAmadou Diallo est animateur-formateur de terrain à l'Aprossa (Afrique verte - Burkina Faso). Il accompagne des organisations rurales dans le cadre du programme Transition vers une agroécologie paysanne au service de la souveraineté alimentaire (Tapsa) lancé par le CCFD-Terre solidaire.\nIl est confronté dans son travail à des problèmes nouveaux&nbsp;: à l'adaptation au dérèglement climatique s'ajoutent désormais l'impact sur les esprits de la radicalisation islamiste ainsi que la tentation pour les jeunes de migrer.\n\nQuelle est la situation dans votre région, au nord du Burkina Faso, où des groupes islamistes radicalisés sont actifs&nbsp;?\nLe Sahel burkinabè, en sandwich entre le Mali et le Niger, est d'accès assez facile pour les groupes, parfois terroristes, dont l'activité est en recrudescence depuis cet automne.\nLe Burkina Faso n'a pas pris des mesures de surveillance aussi drastiques que ses voisins, qui ont récemment décrété l'état d'urgence aux abords de la frontière commune. Dès que les groupes radicalisés se retrouvent en difficulté, ils viennent se réfugier chez nous.\nLes gens, ici, ont le sentiment d'être abandonnés par le gouvernement et les politiques.\nS'il existe bien un Programme d'urgence pour le Sahel, il est principalement dédié à la sécurisation&nbsp;: on considère trop facilement qu'il s'agit d'abord d'une question militaire, au détriment de la satisfaction des besoins des gens.\nCela alimente leur frustration dans une région qui manque d'emplois, d'infrastructures, d'hôpitaux, etc.\nLes forces de sécurité ne suffisent pas à lutter contre ces groupes ?\nIl ne manque pas d'unités en arme très visibles. Mais nous nous préoccupons d'une menace plus insidieuse&nbsp;: dans un Sahel burkinabè fortement islamisé, les messages radicaux trouvent un écho.\nSigne préoccupant, des dizaines d'écoles ont fermé suite à l'intervention de ces idéologues. Ils ont gagné tellement d'influence qu'ils se permettent de brûler des établissements scolaires ou de les convertir en écoles coraniques.\nIl faut travailler à atténuer les tentations de radicalisation. Si bien que nous intégrons désormais des éléments de tolérance religieuse dans nos actions d'animation rurale.\nCela ne faisait pas partie de nos pratiques, mais nous avons estimé, agents de terrain, qu'il fallait prendre en compte cette nouvelle donne pour contribuer à apaiser la société locale.\nÀ Dori par exemple, il existe depuis longtemps l'Union fraternelle de croyants, une organisation catholique très investie dans le dialogue inter-religieux, et sur laquelle nous nous appuyons.\nElle a obtenu des résultats très intéressants. Ainsi, les imams participent aux fêtes catholiques.\nCe qui nous incite à penser qu'un gros travail social pourrait minimiser la menace de la radicalisation bien plus considérablement qu'une réponse militaire.\nAvez-vous été conduit à réduire vos activités en raison de cette pression ambiante&nbsp;?\nNon. Nous n'avons fermé aucun bureau ni déplacé d'agent, je circule en moto sans crainte.\nMais tout le monde parle du problème, les conversations finissent toutes par converger. Il monte une forme de psychose.\nLes gens tentent-ils de fuir la zone&nbsp;?\nIl y a des mouvements vers Djibo à la frontière avec le Mali, plusieurs milliers de personnes se seraient déplacées, se sentant menacées.\nLa ville est sous couvre feu, de 19h à 6h depuis octobre dernier. C'est très nouveau, une privation de liberté de ce genre.\nAutre risque de fuite, croissant&nbsp;: les jeunes. Ils sont extrêmement désœuvrés dans cette zone.\nÀ Dori, une voie de transit, il m'est arrivé de voir passer une douzaine de cars par jour, transportant des jeunes de Sierra Leone, de la Guinée, du Liberia, etc., en direction de la Libye.\nOn ne voit pas encore beaucoup de jeunes Burkinabés tentés par la migration, mais qui pourra les retenir sans alternatives pour les fixer&nbsp;?\nQue faire pour eux&nbsp;?\nL'action d'Aprossa vise justement à valoriser la capacité des populations à tirer localement les moyens de leur subsistance ainsi que des revenus.\nC'est notre vision du développement et de l'accompagnement : même si la nature est hostile, des pratiques adaptées sont à même de valoriser la zone.\nNotre cheval de bataille : le Sahélien peut nourrir le Sahel.\nLe dérèglement climatique est-il un frein à cette ambition&nbsp;?\nC'est certain, car les précipitations sont encore plus faibles et capricieuses qu'auparavant.\nLa saison humide démarre aléatoirement, elle s'est raccourcie, le désert progresse, les dunes se déplacent.\nLes paysans témoignent aussi de la disparition d'espèces animales et végétales.\nCependant, nous avons entrepris d'adapter les pratiques traditionnelles des petits producteurs, dans une approche agroécologique&nbsp;: diguettes pour retenir les pluies, semis en poquet avec fumure (zaï), plantations en cuvette «&nbsp;demi-lune&nbsp;» pour réduire le ruissellement, collecte de la fumure organique, développement des cultures fourragères, etc.\nComme les semences à cycle végétatif long ne sont plus adaptées, nous avons lancé, avec une vingtaine de producteurs locaux, un programme de promotion et de diffusion du sariasso, un sorgho qui mûrit en 90 jours (la durée moyenne actuelle de la saison des pluies)&nbsp; alors que les variétés traditionnelles nécessitent 120 voire 150 jours.\nLe sariasso, jusque là peu utilisé au Sahel, élargit les options culturales des paysans, et leur permet d’être plus facilement en mesure d'alimenter les marchés sahéliens voisins.\nC'est aussi un axe de travail d'Aprossa&nbsp;: favoriser les échanges de proximité pour renforcer la sécurité alimentaire locale.\nIntroduisez-vous aussi des pratiques innovantes&nbsp; ?\nNous n'introduisons de nouvelles pratiques que dans la mesure où elles sont adaptées et maîtrisables.\nAinsi ces petits biodigesteurs à fumure animale, qui offrent plusieurs débouchés. La fermentation produit du méthane, qui peut remplacer en cuisine le précieux bois sec, et alimenter un point d'éclairage —&nbsp;pour permettre par exemple aux enfants d'étudier après la nuit tombée. Quant au résidu, c'est un excellent fertilisant liquide pour le maraîchage.\nNous promouvons également le moringa, dont les feuilles et l'écorce sont d'une grande valeur nutritive et médicinale.\nL'exploitation de cet arbre peut être une bonne source de revenus pour les femmes. Bien que peu exigeant, le moringa est cependant assez peu cultivé dans le Sahel. Pour le vulgariser, nous sommes en train de créer deux vergers spécialisés.\n\nPatrick Piro"}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/lassemblee-nationale-vote-pour-une-taxe-gafa-symbolique-communique/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/lassemblee-nationale-vote-pour-une-taxe-gafa-symbolique-communique/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"L’Assemblée nationale vote pour une taxe GAFA symbolique (Communiqué)","datePublished":"2019-04-10T09:33:19+00:00","dateModified":"2021-12-08T11:32:59+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/lassemblee-nationale-vote-pour-une-taxe-gafa-symbolique-communique/"},"wordCount":1158,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"image":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/lassemblee-nationale-vote-pour-une-taxe-gafa-symbolique-communique/#primaryimage"},"thumbnailUrl":"https://ccfd-terresolidaire.org/wp-content/uploads/2019/04/logo-12.jpg","keywords":["Communiqués de presse","Justice économique","Paradis fiscaux"],"articleSection":["Communiqués de presse"],"inLanguage":"fr-FR","description":"L’Assemblée nationale vient d’adopter en première lecture le projet de loi visant à instaurer un nouvel impôt sur certaines activités des grandes entreprises du numérique, dite « taxe GAFA ». Le projet de loi entérine également un report d’un an de la baisse de l’impôt sur les sociétés, qui devrait toujours atteindre 25% à la fin du quinquennat. Pour les organisations de la Plateforme Paradis Fiscaux et Judiciaires, la taxe GAFA n’est qu’une mesure symbolique quant au phénomène de l’évasion fiscale, tandis que le gouvernement s’entête dans une dangereuse course au moins disant fiscal. \n\n\n\nPour les organisations de la Plateforme Paradis Fiscaux et Judiciaires, si cette taxe a le mérite de pointer les limites du système fiscal international, elle ne constitue qu’une proposition très limitée pour taxer quelques entreprises alors que l’évasion fiscale des entreprises multinationales est un problème généralisé et que dans le même temps la baisse de l’impôt sur les sociétés se poursuit, accentuant la course au moins disant fiscal aux niveaux européen et mondial. \n\n« Si Bruno Le Maire n’a pas ménagé ses efforts en matière de communication, ce nouvel impôt sur les géants du numérique reste symbolique vis-à-vis des pratiques généralisées d’évasion fiscale des multinationales. Cette taxe de 3% sur le chiffre d’affaire numérique devrait uniquement concerner une trentaine d’entreprises, mais elle ne s’attaque pas aux mécanismes au cœur des montages d’évasion fiscale des grandes entreprises. Pour 2019, les recettes de cette taxe sont estimées à 400 millions d’euros par Bercy, bien peu au regard des 80 à 100 milliards d’euros annuels que coûtent l’évasion fiscale au budget de l’Etat. » explique Lison Rehbinder, chargée de plaidoyer au CCFD-Terre Solidaire et coordinatrice de la Plateforme Paradis Fiscaux et Judiciaires. \n\n«Les recettes générées par la taxe GAFA sont ridiculement faibles comparées à celles que devrait perdre l’Etat du fait de la baisse de l’impôt sur les sociétés : entre 15 et 17 milliards par an. En refusant de remettre en cause la baisse de l’impôt sur les sociétés, la France ne fait qu’accentuer la course au moins disant fiscal. A ce rythme-là, le taux moyen mondial d’impôt sur les sociétés pourrait atteindre 0% en 2052. C’est d’autant plus choquant que la France plaide au niveau international pour l’instauration d’un taux minimum d’imposition effectif pour les sociétés » pour Quentin Parrinello, porte-parole d’Oxfam France.\n\n« Les citoyens et les citoyennes sont les premières victimes des pratiques d’évasion fiscale des multinationales, en France comme dans les pays en développement. La France doit s’engager clairement pour une remise à plat du système fiscal international, qui associerait les pays en développement sur un pied d’égalité. Cette remise à plat permettrait de taxer plus simplement les entreprises en fonction de leurs activités réelles en les considérant comme une entité unique. Sans cela, les entreprises multinationales auront toujours un temps d’avance pour utiliser les failles du système fiscal. La France doit également s’engager pleinement pour la transparence, afin que l’on sache enfin combien d’impôts payent les entreprises multinationales dans tous les pays où elles opèrent. » conclut Dominique Plihon, porte-parole d’Attac France. \n\nNotes aux rédactions :  \n\n- Ce projet de loi fait suite à l’échec annoncé des discussions menées au sein de l’Union européenne d’instaurer une taxe GAFA de 3 % sur le chiffres d’affaires des entreprises du numérique réalisant un chiffre d’affaires d’au moins 750 millions d’euros. Une mesure bloquée par l’unanimité requise en matière de fiscalité au Conseil de l’Union européenne suite aux oppositions de pays comme l’Irlande, le Danemark ou la Suède notamment. La taxe GAFA française portera sur la ventes par les grandes entreprises du numérique des services suivants : intermédiation, vente de données personnelles et publicité ciblée.\n\n- Le système fiscal international repose sur une approche traditionnelle et largement dépassée de l’activité économique, basé notamment sur la notion d’établissement stable (présence durable et physique), facilement contournée, et qui considère les filiales entreprises multinationales comme des entités séparées qui échangeraient au prix du marché, selon le prix « de pleine concurrence ». Cela  permet aux entreprises multinationales de transférer artificiellement leurs bénéfices d’une filiale à une autre, d’une juridiction à une autre, dans le seul but d’échapper à l’impôt, comme Amazon au Luxembourg ou Google aux Bermudes. \n\n- Les débats sur taxation du numérique occupent également les travaux de l’OCDE (l’Organisation de coopération et de développement), et plus de 125 Etats ont annoncé vouloir avancer sur cette question d’ici à 2020. La France veut porter une proposition sur une imposition mondiale minimale en ce sens. Cependant, les précédentes réformes fiscales menées au sein de l’OCDE dans le cadre de la réforme « BEPS » ont renforcé les principes de pleine concurrence, et n’ont pas permis la participation des pays en développement aux travaux, mettant leurs intérêts de côté. La capacité des Etats de réussir à mener des réformes au sein de l’OCDE prenant en compte les demandes et intérêts de tous les Etats, y compris en développement, est à démontrer et sera au cœur des enjeux de ces travaux. \nLes 132 Etats du G77, de leur côté, demandent la création d’un organisme fiscal à l’ONU, afin que tous les Etats puissent travailler à la révision des règles fiscales sur un pied d’égalité.\n\n- La dangereuse course au moins-disant fiscal s’accélère y compris au sein de l’Union Européenne. En 2016 et 2017, pas moins de 12 gouvernements ont réduit ou prévu de réduire leur taux d’imposition sur les sociétés, d’après un rapport du collectif Eurodad, tendance très inquiétante qui risque de faire peser de plus en plus l’impôt sur les plus pauvres. \n\n\n\nMembres de la Plateforme Paradis Fiscaux et Judiciaires :\nActionAid France – Anticor – Attac France – CADTM France – CCFD-Terre Solidaire – CFDT – CGT – Collectif Roosevelt – CRID – Les Amis de la Terre – Observatoire citoyen pour la transparence Financière Internationale – Oxfam France – Justice et Paix – Réseau Foi et Justice Afrique Europe – Secours catholique Caritas France – Sherpa – Survie – Syndicat de la magistrature – Solidaires Finances Publiques – www.stopparadisfiscaux.fr\n\nContacts presse :\nLouis Moreau - l.moreau@ccfd-terresolidaire.org - 06 66 12 33 02[gallery link=\"file\" ids=\"9959\"]"}
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Nous sommes heureux qu'il devienne le nouvel évêque de Homs le 3 mars 2023.\n\nD’origine libanaise, le père Jacques Mourad a contribué au développement du monastère Mar Moussa avec le Père Paolo Dall’Oglio (qui a été enlevé par l’Etat Islamique en 2013 et a disparu depuis). Ce monastère, soutenu par le CFFD-Terre Solidaire, est depuis sa création un lieu de rencontres entre Islam et christianisme. Il accueillait avant la guerre jusqu’à 30000 visiteurs par an, musulmans et chrétiens, syriens et étrangers.\nMoine catholique syrien proche de Paolo Dall’OGlio, le père Jacques Mourad continue de faire vivre les intuitions et l'œuvre de Paolo Dall Oglio, qui mettait le dialogue islamo-chrétien au cœur de son action.&nbsp; Otage de Daesh durant cinq mois en 2015, il sera sauvé des mains de ses ravisseurs par des amis musulmans.\n\nEn 2019, il a raconté sa captivité et son engagement en faveur du dialogue islamo-chrétien dans son livre : \"Un moine en otage, le combat pour la paix d’un prisonnier des djihadistes\".\n\nIl y crie sa souffrance tout autant que son espérance en un monde qui peut faire le choix de la non-violence, de la rencontre et de la justice.\nDe la méfiance envers les musulmans à l’amitié profonde\nDans son livre, le père Jacques Mourad retrace l’histoire de sa vie. Aîné d’une famille de cinq enfants, il grandit à Alep en Syrie. Sa mère d’origine libanaise est maronite, son père est syriaque. Deux générations plus tôt, la famille était orthodoxe. Ses grands-parents paternels ont subi l’exil forcé pour échapper aux persécutions de l’Empire ottoman. « L’héroïsme de mes grands-parents et leur fidélité à la foi chrétienne malgré les épreuves m’émerveillaient » raconte-t-il. Cette histoire tourmentée fait partie des récits familiaux qui bercent son enfance. Jacques vit sa foi d’enfant dans ce « tourbillon œcuménique ».\n\nEn revanche, « en dehors du temps scolaire, chrétiens et musulmans ne se croisaient guère. C’était une forme de coexistence pacifique. Il pouvait même y avoir une certaine méfiance mutuelle » raconte-t-il.\n\nInconsciemment, une bulle sociale et intérieure le tient à distance des musulmans. Mais petit à petit, la vie et les rencontres vont pétrir et ouvrir son cœur. « Ce fut un cheminement. Ce fut une conversion. »\nMar Moussa et Mar Elian : l’appel du désert\nLe jeune Jacques souhaite devenir prêtre. A dix-huit ans, il quitte la Syrie pour étudier au Liban où va réellement s’opérer sa rencontre avec l’islam, et changer le cours de sa vie.\n\nUne autre rencontre est décisive, celle du père Paolo Dall’ Oglio, jésuite Italien, ordonné dans le rite syriaque . Un chrétien amoureux de l’islam. C’est lui qui redonnera vie au monastère Deir Mar Moussa al-Habachi, l’un des plus anciens lieux de vie monacale en Orient, abandonné depuis 150 ans.\n\nEté 1991, le père Jacques répond à l’appel du désert et de la vie contemplative et monastique. Il s’installe à Mar Moussa. Aux côtés du père Paolo, il participe à la fondation d’une nouvelle communauté monastique catholique de rite syriaque, mixte et dédiée au dialogue islamo-chrétien : la communauté Deir Mar Moussa al-Habachi.\n\n[caption id=\"attachment_7048\" align=\"aligncenter\" width=\"768\"] Messe de Pâques à Mar Moussa[/caption]\n\nMesse de Pâques à Mar Moussa avant la guerre\n\nCinq ans plus tard, son évêque l’envoie rebâtir le monastère de Mar Elian, à trente minutes de Mar Moussa, aux abords de la ville de Qaryatayn. Y vivent alors « trois cent soixante-douze paroissiens syriaques catholiques, aux côtés de sept cents orthodoxes, au milieu d’une vingtaine de milliers de musulmans sunnites ». Au fil des années, le père Mourad fait de Mar Elian un lieu de paix, d’accueil et de dialogue. Il devient un homme incontournable de Qaryatayn .\nLe 21 mai 2015 tout bascule\nEn 2015, malgré le conflit qui sévit depuis quatre ans, le monastère est resté « une oasis de paix dans l’enfer de la guerre ». Pourtant de nombreux signes laissent présager le pire. Des combattants djihadistes sont venus demander au père Mourad d’arrêter son école de fanfare. « La musique est haram, elle éloigne de Dieu, elle est l’œuvre de Satan ». De plus, « l’argent coule à flot au cœur du désert asséché. On m’a raconté qu’il venait tout droit d’Arabie saoudite. »\n« Qu’on cesse de nous faire croire que ce conflit est une guerre des sunnites contre les chiites, ou du monde musulman contre les pays que l’on dit chrétiens, ou même une résurgence de la guerre froide. Non, ce n’est qu’une guerre comme tant d’autres, pour l’or noir, pour l’argent, pour le pouvoir mondial. »\n\nLe père Mourad se sent agité par des « ténèbres intérieures »  : « Je n’en peux plus de ces « qui », de ces « pourquoi » de ces « comment », de toutes ces questions qui résonnent en moi sans jamais trouver de réponse. Pourtant, elles sont bien là, elles m’oppressent. »\n\nJusqu’au jour où tout bascule. Le 21 mai 2015, deux hommes armés et masqués font irruption dans le monastère. Ils enlèvent le père Mourad et Boutros, un jeune postulant présent ce jour-là. Détenus dans une salle de bain de Raqqa, commencent alors des semaines d’angoisse, de tortures, de profond désespoir. D’empathie, aussi, envers ces hommes qu’il ne comprend pas. Mais au seuil de la mort, son cri de foi va le sauver. Acculé, une lame sous la gorge, il hurle cette phrase qui vient du plus profond de ses entrailles : « Mon Dieu, prends pitié de moi ».  Bouleversé, le bourreau renonce à son acte de barbarie.\n\nLe père Mourad est relâché sous conditions, ainsi qu’une partie de ses paroissiens qui avaient également été enlevés. Ils retournent tous à Qaryatayn où ils sont surveillés de près. En réalité, ils sont toujours prisonniers de Daech.\n\nLes jeunes filles sont même menacées d’être mariées à des djihadistes. Désormais, la fuite est la seule issue. Sans l’aide de la communauté musulmane, elle est impossible. En secret, et grâce à leurs amis musulmans, de nombreuses familles chrétiennes ainsi que le père Mourad vont réussir s’échapper de Qaryatayn. Les représailles contre ces musulmans complices vont être terribles.\n\n« Je suis moine et prêtre syriaque catholique et ce sont des musulmans sunnites qui ont risqué leur vie pour sauver la mienne et celle de mes paroissiens. Certains de ces amis sont morts parce qu’ils ont voulu nous aider. Ils ont donné leur vie pour nous. »\nSoyons artisans de paix\nLa mort dans l’âme, le père Mourad quitte son pays natal. Il se réfugie au Kurdistan irakien où il poursuit son combat pour la paix au monastère Maryam el Adrah qui accueille des familles déplacées irakiennes. « Mon peuple est désormais éparpillé aux quatre coins du monde, déplacé par millions dans son propre pays, ou entassé dans des camps de fortune aux frontières, sans eau, sans nourriture, sans hygiène. Je veux être comme lui, je veux vivre comme un réfugié, pauvre parmi les pauvres. Je suis un pasteur : mon devoir est de vivre auprès de mon troupeau martyrisé.»  [[Août 2018. Selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), 5,6 millions de Syriens sont réfugiés, soit un tiers des réfugiés dans le monde.\n\nCe livre intense ne laisse pas indemne son lecteur. Face à la violence qui détruit tout sur son passage, il imprègne une sorte de nécessité absolue à être artisan de paix, à répondre à l’urgence du dialogue et de la réconciliation.\n\nDepuis 2020, le père Jacques Mourad est de retour en Syrie, où il espère notamment reconstruire le monastère de Mar Elian détruit par Daesh.\n\nViolaine Plagnol\n\n\nAmaury Guillem, Jacques Mourad, le combat pour la paix d'un prisonnier de Daech, paru le 29 mai 2018 aux éditions de l'Emmanuel\n\n[gallery link=\"file\" ids=\"7048,9969,9971\"]"}
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We note that the measures implemented by agro-industry companies are insufficient and do not meet legal requirements. The report of CCFD-Terre Solidaire “Vigilance on the menu” highlights the risks that must be taken into account in this sector so that respect for human rights and the environment are not just lip service.\n\n\n\n\n\nIn March 2017, the French law on the duty of vigilance - for which CCFD-Terre Solidaire strongly mobilized - was adopted. This law requires French companies employing more than 5,000 people in France or 10,000 people globally to exercise a duty of vigilance with regard to their operations and those of their subsidiaries, subcontractors and suppliers around the world. Large French companies are now obliged to develop, publish and implement a vigilance plan based on an inventory of risks that their activities pose to fundamental freedoms, human rights and the environment. If human rights or environmental violations nevertheless occur, the affected people can use this law to seek redress before the French courts. The law on the duty of vigilance therefore represents a historic step towards ending corporate impunity and facilitating access to justice for those affected by corporate activities.\n\nThe agri-food sector in the spotlight\n\nWith a turnover of 180 billion euros in 2017, the agro-industry is one of the major sectors of the French economy: France ranks second in Europe and fourth globally in terms of agro-food exports. The French food system is also heavily dependent on imports of agricultural raw materials from countries outside the European Union. French agri-food companies therefore have an important responsibility to prevent the risks that their activities pose to human rights and the environment, particularly abroad.\n\nIn this context, the CCFD-Terre Solidaire report \"Vigilance on the menu\" identifies and presents five risks characteristic of the agro-industry:\n\nThe risks of land and water grabbing\n\nThe seizing of agricultural land is a real threat to farmers and populations. This affects local communities, whose economic, social, societal and environmental equilibrium is deteriorating in favor of multinational companies. In addition to this land grabbing, the appropriation of water resources deprives farmers and local populations of this vital resource.\n\nRisks of violating farmers’ rights\n\nBeyond the issue of resource grabbing, some companies violate the human rights of peasants by entering into contracts with peasants and granting themselves exclusive rights over future output. In Vietnam, 90% of cotton and fresh milk is produced under contract farming. In Mozambique and Zambia, 100% of cotton and tobacco is produced using the same model. The use of contracts can lock small producers into a cycle of debt and can compromise their food sovereignty.\n\nRisks to biodiversity\n\nThe seed standardization strategy of large seed companies directly threatens food sovereignty and biodiversity. This reduces the possibility of adapting crops to climate change by making it difficult to use farmers’ diversified seeds. Moreover, the oligopoly formed by a small number of seed companies allows them to influence seed supply, production and sales, jeopardizing the rights of farmers and peasants.\n\nRisks to the environment and health\n\nThe use of pesticides weakens ecosystems by causing the contamination of air, soil and water and the disappearance of plant and animal species. The human impacts are also important, since 30% of pesticides sold in developing countries do not comply with international quality standards, thus increasing health risks. Today, 25 million agricultural workers suffer from diseases linked to the use of pesticides.\n\nRisks of criminalization of human rights defenders\n\nDefenders of peasants' rights and the environment face life-threatening risks on a daily basis. They work under the threat of extrajudicial executions, kidnappings, surveillance, incrimination and intimidation as a result of their battle against huge economic interests. In 2017, the agri-food sector became the riskiest and most deadly sector for human rights defenders. 321 human rights defenders were murdered in 27 countries in 2018.\n\n \n\nConclusion\n\nThis detailed analysis demonstrates the relevance of the law on the duty of vigilance in order to question public policies and companies’ business models, and to carry out relevant and effective actions to prevent human rights and environmental violations.\n\n“While initiatives are multiplying to hold transnationals companies accountable for their human rights and environmental impacts in court, agri-food companies are publishing vigilance plans that do not meet legal requirements. For this reason, we are working to make sure that French public institutions ensure that companies apply their duty of vigilance effectively”, says Swann Bommier, Advocacy Officer for the regulation of transnational corporations at CCFD-Terre Solidaire.\n\n“One in three people in the world does not have access to a healthy, sustainable and balanced diet. This is the result of globalized food systems that prefer to feed the shareholders of large transnational corporations rather than the people. However, the potential ravages of their activities are well known: land grabbing, soil and water pollution, impacts on the health of producers and local populations linked to pesticide application. We have to stop closing our eyes!\" says Maureen Jorand, Head of the advocacy department for Food Sovereignty and Climate.\n\n\nDownload attachments:\n\nVigilance on the menu - Summary EN\n2019-04-10_-_vigilance_on_the_menu_-_4p_-_uk.pdf\n\n\nVigilance on the menu - Full report EN\n2019-04-10_-_vigilance_on_the_menu_-_uk.pdf\n[gallery link=\"file\" ids=\"9974\"]\nDocuments joints\n\n\n\nRapport complet La vigilance au menu\n\n\n\nccfd_la_vigilance_au_menu_resume_4pages.pdf\n\n\n\n2019-04-10_-_vigilance_on_the_menu_-_4p_-_uk.pdf\n\n\n\n2019-04-10_-_vigilance_on_the_menu_-_uk.pdf\n\n\n\n2019-04-10_-_vigilance_on_the_menu_-_4p_-_uk-2.pdf"}
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C'est ce que montre l’étude « Accueillir des migrants - Des municipalités qui agissent » que nous avons soutenue. Zoom sur Briançon et New York.\n\n\n\nBriançon, 13 000 habitants, à 15 kilomètres de la frontière italienne. Depuis deux ans, chaque jour, des exilés en provenance d’Italie arrivent dans cette commune des Hautes-Alpes. La majorité d’entre eux ont franchi le col de l’Échelle à 1 762 mètres d’altitude.\n\nAprès la fermeture du passage de la vallée de la Roya, sous contrôle de la police aux frontières, ces migrants ont été contraints de chercher d’autres routes vers la France. Et ils n’hésitent plus à traverser les Alpes, été comme hiver, au péril de leur vie.  Depuis septembre 2017, 1 500 personnes sont passées par une structure d’accueil d’urgence dans une ancienne caserne de CSR de montagne mise à disposition deux mois plus tôt par la communauté de communes. Elle est aujourd’hui gérée par l’association CRS – Coordination réfugiés solidaires – créée pour l’occasion.\n\nDeux ans auparavant, le mouvement citoyen Tous Migrants  naît spontanément en septembre 2015. Il s’est, depuis, structuré en association, pour exprimer une indignation collective face au drame humanitaire vécu par des millions de migrants en Europe.\n\nSi la société civile briançonnaise s’engage aux côtés des migrants, la municipalité a suivi peu après.  Elle se positionne comme ville d’accueil et apporte un appui supplémentaire aux associations chargées de gérer le CAO et le CADA [[Centre d’accueil et d’orientation et Centre d’accueil des demandeurs d’asile.]], structures ouvertes par l’État à Briançon en septembre 2015. Deux mois après, une vingtaine de migrants venus de Calais y sont accueillis.\n\nDepuis, société civile et élus locaux agissent de concert. En mars 2017, ils s’opposent à l’application des accords de Dublin dans la région [[Cette politique d’asile oblige les migrants à déposer leur demande dans le premier pays de l’Union européenne où ils sont entrés.]]. Lorsque deux exilés venus d’Italie sont menacés d’expulsion, la mobilisation dans les Hautes- Alpes ne se fait pas attendre : dès fin mars, une lettre cosignée par des élus et des associations est envoyée au président de la République, au Premier ministre et au ministre de l’Intérieur ; une pétition lancée par Tous Migrants destinée au préfet des Hautes Alpes récolte 2 000  signatures en seulement un mois, un pique-nique solidaire réunit 320 participants au col du Montgenèvre, autre point de passage des migrants jusqu’à Briançon. « Sur ce territoire, vous être les bienvenus »,  déclare le maire Divers gauche Gérard Fromm, en avril 2017.\n\nReste à savoir comment vont réagir les autorités préfectorales face à l’augmentation des arrivées dans la région.  Une chose est sûre, la collectivité, soutenue par une société civile ouverte et dynamique, a déjà pris position : « Je préfère être inculpé pour avoir transporté des étrangers que pour non- assistance à personne en danger. Dans nos montagnes, il n’y a pas de passeurs, mais des citoyens qui refusent de laisser mourir des gens dans la neige (...) », manifeste Jean-Paul Borel, conseiller municipal Front de gauche.\n\n\nTous citoyens de New York\n\nAvec ses 8 475 000 habitants, New York est la première ville des États-Unis. Cosmopolite, issue de l’immigration, elle a toujours été une terre d’accueil  et s’est très vite déclarée « ville sanctuaire ». Le principe ? Adopter des politiques en faveur de tous les résidents, quel que soit leur statut migratoire. L’objectif ? Promouvoir l’égalité. Pour son maire élu en 2013, le démocrate Bill De Blasio, « l’immobilisme de l’État ne doit pas servir d’excuse à New York pour reporter ou ignorer sa mission : nous ne pouvons pas attendre Washington pour agir ».  \n\nBénéficiant d’une certaine autonomie législative et exécutive, la municipalité redouble d’initiatives. L’une des plus marquantes, déjà mise en place dans d’autres villes américaines : l’instauration d’une « carte d’identité municipale ». Depuis janvier 2015, elle est délivrée gratuitement aux habitants dès 14 ans, sur présentation d’une preuve d’identité, même étrangère, et d’un justificatif de domicile. L’objectif ? Faire bénéficier tous les New-Yorkais, même ceux en situation irrégulière, de certains droits et services : accéder aux bibliothèques municipales, faire une demande de logement, ouvrir un compte en banque... Cette carte est aussi reconnue comme pièce d’identité par la police. « Ne laisser personne sur le bord de la route », tel est l’engagement pris par Bill De Blasio.\n\nDes villes hospitalières\n\nL’étude « Accueillir des migrants - Des municipalités qui agissent », menée conjointement par plusieurs organisations, dont le CCFD-Terre Solidaire, recense outre Briançon et New York, une dizaine d’autres villes hospitalières en France, Grande-Synthe, Grenoble, Ivry-sur-Seine, Le Vigan, Lille, Nantes, Rouen, Saint-Nazaire, Strasbourg, ou encore São Paulo (Brésil), Riace (Italie). \n\n\n\n\nFaim et Développement est disponible sur abonnement payant. Nous vous avons offert cet article pour découvrir les contenus de notre magazine.\nDocuments joints\n\n\n\ndes_municipalites_qui_agissent.pdf"}
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Articulée autour d’une pétition européenne qui a déjà recueilli plus de 550.000 signatures en trois mois, la campagne  « Des droits pour les peuples, des règles pour les multinationales » vise à mobiliser largement les citoyens pour mettre fin au système d’arbitrage d’investissement et obtenir des avancées notables en droit international afin de pouvoir garantir l’accès à la justice pour les populations affectées par les abus des entreprises multinationales.\n\n\n\n\n\nLe 24 avril 2013, au Bangladesh, le Rana Plaza s’effondrait. La chute de l’immeuble de 8 étages qui abritait 6 usines textiles, causait la mort de 1.138 ouvrières et en blessait plus de 2.000. C’est à ce jour le plus grave accident survenu dans l’industrie mondialisée du textile. Les victimes fabriquaient des vêtements pour des marques ou des distributeurs occidentaux.\nSi un fonds d’indemnisation a rapidement été mis en place sous l’égide de l’OIT,  à l’initiative des ONG et des syndicats internationaux, il a fallu deux ans de mobilisation internationale pour que les multinationales concernées l’abondent. En l’absence de contrainte juridique, les contributions des entreprises étaient en effet volontaires. Et certaines d’entre elles n’ont pas souhaité y contribuer pour ne pas reconnaître leur responsabilité dans cette catastrophe.\nAu final, le Rana Plaza Donors Trust Fund a atteint 30 millions de dollars, répartis entre les 3000 personnes et familles directement affectées. Mais pour obtenir réellement justice, avec des dommages et intérêts proportionnels au préjudice subi, tout reste à faire. A commencer par remonter aux maisons mères et entreprises donneuses d’ordre, une tâche impossible si l’on ne fait pas évoluer le cadre normatif international.\n\nL’impunité ne peut plus durer, les règles doivent changer. La loi sur le devoir de vigilance, promulguée en France en 2017, devrait servir d’exemple. Ces obligations doivent désormais être inscrites dans le droit européen et international.\nLa campagne « Des droits pour les peuples, des règles pour les multinationales » réunit des associations, syndicats et mouvements sociaux issus de plus de 15 pays européens.\n\nLes principaux objectifs poursuivis sont les suivants :\n* Révoquer les clauses d’arbitrage entre investisseurs et États dans tous les traités de commerce et d’investissement existants, et refuser que de futurs traités insèrent des clauses d’arbitrage similaires.\n* Soutenir les négociations et la ratification d’un traité onusien sur les multinationales et les droits humains, adopter une directive européenne sur le devoir de vigilance, et s’assurer que la loi française sur le devoir de vigilance soit appliquée de manière effective.\n\nAlors que l’UE vient de décider de mettre en pause sa participation aux négociations onusiennes et qu’elle multiplie les accords de commerce et d’investissement, les organisations de la campagne interpellent les candidats aux élections européennes pour leur demander de s’engager à inverser ce mouvement une fois élus. \n \n\nNote aux rédactions\n\nMettre fin à l’arbitrage investisseur- État\nL’arbitrage investisseur-Etat est apparu en 1965 à l’initiative de la Banque mondiale, dans le contexte de la décolonisation, afin de protéger les grandes entreprises des anciennes puissances impériales de toute tentative de nationalisation et d’expropriation de leurs avoirs dans les anciennes colonies.\nCe mécanisme permettant aux investisseurs d’attaquer en justice des Etats par l’intermédiaire d’un système de justice parallèle a pris de l’ampleur à partir des années 1990 et son insertion dans l’ALENA. Il est aujourd’hui présent dans plus de 3300 accords internationaux dont plus de 1400 conclus par des États membres de l’Union européenne, y compris parfois entre eux (196). Le nombre de ces accords ne cesse de croître. Aucun domaine n’est épargné par les entreprises et les investisseurs dans leur capacité à attaquer les Etats. À ce jour, 904 cas d’arbitrage touchant à différents domaines comme la santé, la fiscalité, l’environnement ou le montant des salaires ont été recensés. Parfois, la simple menace d’un arbitrage dissuade les Etats de légiférer, comme ça a été le cas en France avec la loi Hulot sur les hydrocarbures, vidée de sa substance.\n \n \nResponsabiliser les multinationales.\nLe 27 mars 2017, la France a promulgué la « loi relative au devoir de vigilance des sociétés mères et des entreprises donneuses d’ordre », dite « loi sur le devoir de vigilance ». Cette loi marque une étape historique dans la protection des droits humains et de l’environnement en imposant aux entreprises françaises de prévenir les atteintes aux droits humains et à l’environnement pouvant résulter de leurs activités et celles de leurs filiales, fournisseurs et sous-traitants de par le monde. Unique au monde, la loi sur le devoir de vigilance s’insère dans un cadre juridique international en évolution rapide. A l'échelle européenne et onusienne, diverses initiatives sont en effet en cours pour rendre les multinationales redevables de leurs actes devant la justice. Ainsi, un projet de traité est en négociation depuis 2015 à l’ONU, processus soutenu par une forte mobilisation de la société civile internationale.\n\n \n \nTexte de la pétition \n\"Des droits pour les peuples, des règles pour les multinationales\"\n\n« Aux Présidents de la Commission européenne et du Conseil de l’UE, aux représentants des Etats membres et aux parlementaires européens.\n \nLes accords de commerce et d’investissement confèrent aujourd’hui aux entreprises multinationales des droits exorbitants et leur donnent accès à un système de justice parallèle pour les protéger. \nNous demandons à l’Union européenne et à ses Etats membres de mettre fin à ces privilèges en révoquant les clauses d’arbitrage entre investisseurs et États des accords de commerce et d’investissement en vigueur, et en s’abstenant de conclure des accords de ce type à l’avenir.\nNous demandons également à l’Union européenne et à ses Etats Membres de soutenir les négociations en cours aux Nations Unies en vue de l’adoption d’un traité contraignant relatif aux entreprises multinationales et aux droits humains, mettant fin à leur impunité.\nL’Union européenne et ses Etats Membres doivent inscrire dans leurs législations des obligations contraignant les entreprises multinationales à respecter les droits humains et l’environnement dans leurs activités et opérations dans le monde entier.\nLes victimes de dommages et de violations dont les droits humains sont bafoués par des entreprises doivent avoir accès à la justice. »\n\n\n\n\nContact presse :  \nLouis Moreau : l.moreau@ccfd-terresolidaire.org, 06.66.12.33.02[gallery link=\"file\" ids=\"9996,9993,9997,9994\"]"}
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Il y a deux ans, lors des débats autour de la ratification de l’accord commercial entre l’Union européenne et le Canada (CETA), c’est par cette phrase lapidaire qu’un représentant canadien avait répondu aux députés wallons qui se demandaient si le CETA allait contraindre les Etats européens à payer des amendes pour pouvoir légiférer dans l’intérêt général. \n\n\nLe CETA revient au coeur de l’actualité  \n\nSaisie en 2017 par la Belgique, la Cour de Justice de l’Union européenne (CJUE) doit rendre son avis le 30 avril prochain sur la compatibilité du mécanisme d’arbitrage entre investisseurs et Etats du CETA avec le droit européen.\n\n> Si la CJUE affirme qu'il y a une incompatibilité et que l'accord porte atteinte, d'une manière ou d'une autre, à l'autonomie du droit de l'Union, cette décision ajoutera un écueil juridique au rejet massif par les citoyens du principe des tribunaux d'arbitrage entre investisseurs et États. La Commission et les Etats-membres, désireux de sauver les dispositifs d'arbitrage d’investissement, chercheront probablement à proposer des aménagements au CETA pour tenir compte de cet avis contraignant. Mais ce serait un désaveu majeur pour les promoteurs de l’accord qui affirmaient que les questions juridiques soulevées n’étaient pas pertinentes. \n\n> Si la CJUE affirme qu'il n'y a pas d'incompatibilité, le dispositif d'arbitrage promu par la Commission européenne sera validé d’un point de vue légal. Cependant, cet avis est loin de répondre à l’ensemble des préoccupations sur les fondements et le fonctionnement du mécanisme d’arbitrage d’investissement. Le principe même d’un mécanisme de justice parallèle destiné à contourner les juridictions nationales et européennes pour offrir le droit aux investisseurs étrangers d’attaquer une décision publique qui viendrait remettre en cause leurs espérances de profit est inacceptable. Il constitue une arme de dissuasion massive pour les investisseurs et les entreprises et réduit considérablement le pouvoir de réguler des autorités locales et nationales. Alors que les Etats Unis et le Canada qui avaient été les premiers pays industrialisés à se doter entre eux d’un mécanisme d’arbitrage entre investisseurs et États, dans le cadre de l’ALENA, viennent de l’abandonner, pourquoi en instaurer un entre l’Union européenne et le Canada ? D’autant que le CETA a créé un précédent avec de nouveaux accords finalisés avec Singapour et bientôt en signature avec le Vietnam et un projet de Cour multilatérale d’investissements promue par l’Union européenne. \n\n> Parce que ces accords de protection des investissements vont à l’encontre de l’Accord de Paris  sur le climat et des principes démocratiques, et qu’ils remettent en cause la capacité des Etats à légiférer pour défendre l’intérêt général, nous demandons d’y mettre fin. En quelques semaines, plus d’un demi million de citoyens européens ont signé la pétition “Stop Impunité. Des droits pour les peuples, des règles pour les multinationales” (1). A la place, l’Union européenne et les Etats membres devraient plutôt soutenir activement le traité en négociation à l’ONU pour exiger le respect des droits humains, sociaux, environnementaux, par les entreprises multinationales.\n\n\nOrganisations signataires : ActionAid France; AITEC, Alofa Tuvalu, Amis de la Terre France, ATTAC France, Bloom, CADTM France, CCFD-Terre Solidaire, CFE-CGC, CGT, Collectif Éthique sur l’étiquette, Comité Pauvreté et Politique, Confédération paysanne, CRID, Emmaüs International, Foi et Justice Afrique Europe, Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme, foodwatch France, France Amérique Latine, Greenpeace France, Institut Veblen, Justice et Paix, Ligue des Droits de l’Homme, Notre affaire à tous, ReAct, Réseau Roosevelt, SNESUP-FSU, Sherpa, Terre des Hommes France, Union syndicale Solidaires\n\nContacts presse :\nLouis Moreau : l.moreau@ccfd-terresolidaire.org - 01.44.82.80.67\n\nNotes :\n(1) Campagne européenne qui réunit plus de 200 organisations de la société civile dans plus de 16 pays. https://stop-impunite.fr/Signez-maintenant\n\nVoir le document de position complet :\n2019-04-29_-_ceta_ics_-_document_de_position-2.pdf\n[gallery link=\"file\" ids=\"10003\"]\nDocuments joints\n\n\n\n2019-04-29_-_ceta_ics_-_document_de_position.pdf\n\n\n\n2019-04-29_-_ceta_ics_-_document_de_position-2.pdf"}
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Dans ce jeune état, les enfants ne se contentent plus de s'asseoir sur les bancs des salles de classe. Ils découvrent aussi l'attention à la nature, à la nutrition, aux générations futures\n\n\n\n \n\n\nEstanislau Claudio Ximenes  est responsable de programmes de l’association timoraise Permatil, soutenue par le CCFD-Terre Solidaire.Très investie dans la formation de la population paysanne, l’association se consacre à la reconquête de la souveraineté alimentaire par la population majoritairement rurale et très jeune ce nouveau pays.C’est ainsi que l’association a commencé à créer des jardins en permaculture dans les écoles.Après plusieurs années d’expérimentations réussies, l’association décroche en 2015 un résultat spectaculaire : une loi nationale rend obligatoire l'implantation de potagers en permaculture dans les écoles primaires de Timor Leste.\n« Des laboratoires de vie »\nPour Estanislau Claudio Ximenes, la mission éducative des jardins dans les écoles commence par la délocalisation de la classe hors des murs : « Nous ne considérons pas ces jardins comme de simples parcelles productives, mais comme des laboratoires de vie. »Bien sûr les élèves consomment les légumes, et une partie est vendue, ce qui permet de financer la cantine.Mais on y fait aussi des maths : connaissant les dimensions de la parcelle, combien de piments pourra-t-on récolter ? Et d'ailleurs, comment dit-on « piment » dans divers dialectes de l'île ?\n\nNutrition, santé, environnement, la palette des enseignements est vaste. Et la dynamique profite à l'ensemble de la communauté.De retour à la maison, les élèves transmettent au jardin familial les principes de la permaculture : l'attention à la nature, à la santé des personnes, aux générations futures, aux interdépendances entre l'air, l'eau, les sols, les semences.\nUne éducation à la nature et aux enjeux de société\n[caption id=\"attachment_10012\" align=\"alignright\" width=\"400\"] Pépinière © Ingrid LEDUC/CCFD-Terre Solidaire[/caption]\nPermatil popularise ainsi à l’échelle des communautés rurales cette agriculture respectueuse de la nature dénommée permaculture.Estanislau Claudio Ximenes explique : « Il ne s’agit pas simplement de produire durablement des aliments sains, mais d'induire un changement profond dans la société ».Non seulement la permaculture bannit les intrants chimiques mais elle intègre plus largement des pratiques de préservation des ressources naturelles (terre, eau, semences…), de recyclage, de revalorisation de l'art et de la culture.C'est le point de départ d'une démarche globale de transformation de la société timoraise, dans un contexte où celle-ci cherche à reconquérir son patrimoine naturel et culturel.\nAu lendemain de l’indépendance, tout est à construire\nAprès 25 ans de lutte, ce tout jeune état a acquis chèrement son indépendance, en 1999. Avec la guerre, la population a été décimée au tiers, et les zones rurales ont beaucoup souffert.Claudio raconte : « L'armée coupait les arbres, car les résistants timorais se dissimulaient dans les forêts. Ce déboisement a fortement affecté les sources et entrainé un desséchement de nombreuses zones. »L’agriculture, qui était sous perfusion de l'occupant indonésien, ne parvient pas à nourrir la population :« Il nous fallait réapprendre à gérer et préserver l'eau, les sols, les semences, à fabriquer des traitements naturels et du compost —autant d’enseignements scientifiques abordés dans les potagers ! Nous insistons aussi beaucoup sur la récupération des déchets : comment cultiver dans une bouteille en plastique, quand on a peu de terre à sa disposition, etc »\n[caption id=\"attachment_10013\" align=\"aligncenter\" width=\"841\"] Fabrication du liquide de compostage/intrant biologique © Ego Lemos/Permatil/CCFD-Terre Solidaire[/caption]\n Fabrication du liquide de compostage/intrant biologique © Ego Lemos/Permatil/CCFD-Terre Solidaire\nLes jardins scolaires sont un support pour reconstituer une somme de connaissances patrimoniales, y compris dans l'art et la culture, « balayées pendant l'occupation. » Pour être comprises et acceptées, les étapes importantes de ce travail sont accompagnées de cérémonies traditionnelles menées par les anciens.\nPlus de 150 écoles déjà équipées\nA l’origine, l’association a commencé par implanter 8 potagers scolaires, avec l’appui du CCFD-Terre solidaire.« Certes, le principe était déjà mis en œuvre par la FAO. Mais ça ne marchait pas bien. Ils utilisaient des intrants importés, les semences notamment. Et puis une fois les jardins installés, ils repartaient, et ça périclitait. Nous avons voulu montrer qu'il était possible de faire mieux en utilisant moins de moyens et de ressources naturelles. »Après leur visite, le ministre de l’éducation est convaincu. Il organise alors un grand séminaire national de présentation du concept, où tous les responsables des écoles primaires sont invités.Puis il propose une loi permettant de généraliser cette pratique à toutes les écoles.Quand le projet démarre, toute la communauté est impliquée.L’association prend contact avec les autorités et les leaders locaux, les professeurs mais aussi les parents d'élèves.Des personnes sont formées à la conduite des potagers sur le long terme.Les premiers jardins implantés ont fait l’objet d’une évaluation en 2018. Aujourd'hui, 151 écoles, sur un total de 1 108, en sont équipées, bénéficiant directement à 41 000 personnes. \n[caption id=\"attachment_10014\" align=\"aligncenter\" width=\"839\"] Les élèves sont responsables de l'entretien du potager, sous la responsabilité d'un instituteur. © Ingrid LEDUC/CCFD-Terre Solidaire[/caption]\nL’agriculture, une part essentielle de la vie\n« Les témoignages des élèves, des enseignants, des parents sont tout à fait encourageants, indique Estanislau Claudio Ximenes. Notamment venant des jeunes, qui envisagent souvent d'aller en ville pour trouver du travail, et considèrent que la terre, c'est une activité pour les vieux. Ce projet contribue à changer cette image, en montrant que l'agriculture n'est pas un travail dégradant : c'est une part essentielle de la vie, qui mérite que l’on s’implique dans les communautés rurales. C'est une ambition à long terme, pour les dix à vingt années à venir. »Intégré dans la cadre du  programme mondial de transition vers une agroécologie paysanne Tapsa, le projet se développe et des dizaines de jardins sont en cours de création dans les écoles.\nPatrick Piro\n\n[gallery link=\"file\" ids=\"10010,10014,10013,10012,10016,10011\"]"}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/les-depute-e-s-europeen-ne-s-doivent-sengager-a-se-battre-contre-levasion-fiscale-communique/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/les-depute-e-s-europeen-ne-s-doivent-sengager-a-se-battre-contre-levasion-fiscale-communique/"},"author":{"name":"Sophie Rebours","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/35f00e952f1bd5457c248aef9426568f"},"headline":"Les député-e-s européen-ne-s doivent s’engager à se battre contre l’évasion fiscale. (Communiqué)","datePublished":"2019-05-13T10:38:14+00:00","dateModified":"2021-11-16T14:59:40+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/les-depute-e-s-europeen-ne-s-doivent-sengager-a-se-battre-contre-levasion-fiscale-communique/"},"wordCount":528,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"image":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/les-depute-e-s-europeen-ne-s-doivent-sengager-a-se-battre-contre-levasion-fiscale-communique/#primaryimage"},"thumbnailUrl":"https://ccfd-terresolidaire.org/wp-content/uploads/2019/05/capture-9.png","keywords":["Communiqués de presse","Paradis fiscaux"],"articleSection":["Communiqués de presse"],"inLanguage":"fr-FR","description":"Dans le cadre des élections européennes qui auront lieu du 23 au 26 mai, Tax Justice Europe, collectif européen d’ONG mobilisées contre l’évasion fiscale dont plusieurs organisations françaises sont membres, a mis en ligne le site internet www.taxpledge.eu. Ce site recense les candidat-e-s qui se sont engagé-e-s à se battre pour la justice fiscale au sein de l’Union Européenne, et permet également de les interpeller par mail ou en utilisant le réseau social Twitter pour leur demander de s’engager.\n\n\n\nL’évasion fiscale des entreprises multinationales fait perdre des recettes considérables aux Etats, au sein de l’Union Européenne comme pour les pays en développement. Cet argent est pourtant nécessaire pour financer les services publics comme la santé ou l’éducation, mais aussi pour lutter contre le changement climatique. Il est nécessaire de mettre un terme à ces pratiques scandaleuses. Pour cela, Tax Justice Europe demande aux futur-e-s député-e-s de s’engager en faveur de mesures politiques fortes pour que les multinationales paient leur part d’impôts : \n\n\n\n La transparence pour toutes les grandes entreprises multinationales via un ‘reporting pays par pays public’, afin de permettre aux citoyens et aux citoyennes de savoir où les entreprises multinationales exercent des activités économiques et combien d’impôts elles payent dans chaque pays où elles opèrent.\n\n\n\n \tRemplacer le système obsolète d’imposition des entreprises par un système qui considère chaque entreprise multinationale comme une entité fiscale unique et attribue des droits d’imposition aux pays en fonction du niveau de création de valeur et d'activité économique de l’entreprise dans chaque pays. Ce système devrait inclure un taux d’impôt minimum effectif sur les sociétés et éviter d’introduire de nouveaux mécanismes que les entreprises multinationales pourraient utiliser pour échapper à l'impôt.\n\n\n\n \tUne réforme fiscale globale, inclusive et transparente, en soutenant la création d'une commission fiscale intergouvernementale placée sous les auspices des Nations Unies, où tous les pays développés et en développement puissent participer sur un pied d'égalité à la réforme des normes du système fiscal international.\n\n\n\n \tUne protection renforcée des lanceurs et lanceuses d’alertes sur les enjeux fiscaux et des journalistes, afin de protéger ceux et celles qui agissent dans l'intérêt public, y compris ceux et celles qui révèlent des cas d’évasion et de fraude fiscales à grande échelle. Cette protection doit inclure les salarié-e-s du secteur privé comme du secteur public.\n\n\n\n \tDes systèmes fiscaux équitables, progressifs et sensibles au genre, et mettre un terme aux pratiques fiscales dommageables, aux paradis fiscaux et à la course au moins-disant fiscal. Cela implique des études d’impact approfondies qui garantissent que les politiques fiscales de l’UE n’ont pas d’effets négatifs sur l’égalité de genre ou sur les pays en développement.\n\n\n\n\n\nContact Presse :\nLouis Moreau – l.moreau@ccfd-terresolidaire.org – 06 66 12 33 02\n\n\n[gallery link=\"file\" ids=\"10021,10019\"]"}
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Ces candidat.e.s, issus de 8 listes différentes, s’engagent à promouvoir l’introduction de régulations contraignantes pour que les multinationales respectent les droits humains et l’environnement. 405 d’entre eux s’engagent également à mettre fin au système de justice d’exception dont elles bénéficient à travers les accords de commerce et d’investissement.\n\n\n\nLe 22 janvier 2019, en marge du sommet de Davos, était lancée la campagne européenne « Stop Impunité : des droits pour les peuples, des règles pour les multinationales ». Une pétition initiée à cette occasion a déjà recueilli plus de 560.000 signatures.\n\n\nA l’occasion des élections européennes, les 200 organisations issues de 16 pays européens membres de cette mobilisation interpellent les candidat.e.s au Parlement européen.\n\n\nEn France, ce sont à ce jour :\n\n 561 candidat.e.s, issus de 8 listes (79 d’En Marche, 79 de la France Insoumise, 79 d’EELV, 79 du Parti Socialiste / Place Publique, 79 du Parti Communiste, 79 de Génération.s, 79 de l’UDI et 8 d’Urgence Ecologie) s’engagent à renforcer les législations contraignantes, au niveau de l’Union européenne et des Nations Unies, afin de protéger les droits humains et l’environnement face aux dommages causés par les entreprises. 405 d’entre eux (1 d’En Marche, 79 de La France Insoumise, 79 d’EELV, 79 du Parti Socialiste / Place Publique, 79 du Parti Communiste, 79 de Génération.s, 1 de l’UDI et 8 d’Urgence Ecologie) soutiennent également l’appel pour mettre fin à l’arbitrage investisseur-Etat, un système de justice parallèle qui permet aux multinationales d’attaquer les Etats et de remettre en cause des politiques publiques d’intérêt général\n\n\nIl reste encore 9 jours aux autres candidat.e.s  pour apporter leur soutien à ces propositions. \n\n\nLes organisations françaises membres de la campagne Stop impunité reprendront contact avec les élu.e.s au Parlement européen afin qu’ils mettent en œuvre ces engagements durant la prochaine mandature européenne. Elles appellent dès à présent les futurs eurodéputés à inscrire ces propositions à l’agenda des discussions de constitution des groupes au Parlement européen et d’en faire des lignes rouges de la feuille de route de la prochaine Commission. \n\n\nPour en savoir plus :\nLes engagements pris par les candidat.e.s sont à retrouver ici\n\n\nLe texte de la pétition et le dossier de presse de janvier 2019 sont ici \n\n\nLe site en français de la campagne: www.stop-impunite.fr\n\n\nLes organisations françaises membres de la campagne:\nActionAid France, aGter, Aitec, Alofa tuvalu, Alternatiba, Amis de la Terre France, Attac France, Banana Link, Bizi, Bloom, CADTM, CCFD-Terre Solidaire, Ceras, CGT, Collectif Ethique sur l'étiquette, Collectif Roosevelt, Collectif Stop TAFTA CETA, Comité Pauvreté et Politique, Commerce Équitable France, Confédération paysanne, CRID, Emmaüs International, Fédération Artisans du Monde, Fondation pour la Nature et l'Homme, Fondation Copernic, foodwatch France, FSU, France Amérique Latine, France Libertés, France Nature Environnement, Greenpeace France, I-Buycott, Institut Veblen, Ligue des droits de l'Homme, Max Havelaar France, le Mouvement, Notre affaire à tous, ReAct, Réseau Foi & Justice Afrique Europe, Secours Catholique - Caritas France, Sherpa, Sum of us, Syndicat de la Magistrature, Terre des Hommes, Union syndicale Solidaires, Wemove\n\n\nCliquez ci-dessous pour voir l'intégralité de la liste des candidat.e.s ayant répondu à l'appel.\nliste_engagements_candidats.pdf\n\n\nContact presse :\nLouis Moreau (CCFD-Terre Solidaire), l.moreau@ccfd-terresolidaire.org, 06.66.12.33.02[gallery link=\"file\" ids=\"10031,10032,10034,10035\"]\nDocuments joints\n\n\n\nliste_des_candidats_engages.pdf\n\n\n\nliste_engagements_candidats.pdf"}
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Certaines d'entre elles ont décidé de libérer leur parole en montant un collectif \"voix des femmes\" que nous avons soutenu. Elles ont préparé elles-mêmes cet article avec l'aide d'un journaliste sur place. Plongée dans leur lutte pour se libérer des chaines qui entravent leurs voix\n\n\n\n« La voix de la femme en Mauritanie est assez négligeable. Bien que nous, les femmes, soyons une force, ce n’est pas à notre service, mais au service de l’autre sexe et de la société patriarcale. Il n’y a pas, ici, de voix qui défende les droits des femmes ou qui posent les questions des femmes ».  \nC’est en ces termes que Mekfoule Ahmed, militante féministe, décrit la condition de la femme mauritanienne. \nEn Mauritanie, la condition de la femme est marquée par un certain nombre d’interdits et de pressions sociales résultant du poids des traditions, qui constituent un frein à leur épanouissement : mariages précoces, contraintes morales et vestimentaires, vision négative du sport et des loisirs féminins, violences et harcèlement sexuel quotidiens (que ce soit dans la rue ou domestiques), pratique de l’excision, etc. \n\nMais cette situation est encore peu évoquée hors des cercles militants ou des ateliers organisés par telle ou telle ONG ou agence de l’ONU dans les hôtels de la capitale. En l’occurrence, les espaces d’expression et de débats entre femmes sont rares (plus encore en périphérie de la capitale ou en zone rurale) – et ce malgré une vision parfois idéalisée de la condition féminine.\n\nMekfoule Ahmed, membre du collectif Voix des femmes, explique :\n« La condition des femmes est une question mondiale. Mais en Mauritanie, les gens pensent que la femme mauritanienne, et notamment la femme mauresque, est dans de bonnes conditions. Alors que non, si l’on excepte la femme mauresque bourgeoise. Et l’on sait que partout, les conditions de la bourgeoisie sont différentes et ne constituent pas la règle. Le système social impose un fonctionnement patriarcal sur les femmes et sur leur vie. Nous subissons des viols, des violences, des discriminations ».\nAbsentes des pôles de décision, des espaces de loisirs, des cafés, des mosquées, etc., les femmes ne sont pas invitées à s’exprimer, ni sur leur vie ni sur les questions collectives touchant la société.\n\n\nSe regrouper et agir pas à pas\n\nFace à ce rapport particulier de la femme à l’espace public, plusieurs jeunes femmes engagées se sont organisées de façon informelle depuis octobre 2015 autour d’un objectif : favoriser l’expression de la femme mauritanienne. Le nom du collectif, « Voix des femmes », donne le ton. \n\n« En Mauritanie, nous dit Dieynaba Ndiom (également membre du collectif), la voix de la femme n’est autorisée que quand elle est dans les sphères privées. C’est-à-dire tant que c’est une voix qui parle de la famille, qui parle en tant que sœur, qui parle en tant que femme, c’est bon. Mais cette voix, elle posera problème dès qu’elle s’entendra dans les sphères publiques. […] Ça pose un problème parce qu’on renvoie toujours la femme à son rôle domestique et à sa fonction biologique, c’est-à-dire la maternité, la couveuse, celle qui éduque… une femme-mère ! Mais on la veut moins dans l’espace public. Il y a des sujets qu’on n’aborde pas dans le milieu familial, ni même dans le milieu éducatif, à l’école. D’où l’idée de créer des cadres d’expression ou des espaces de débats comme Voix des femmes, où l’on pourrait parler de tout, avec un groupe constitué uniquement de femmes. C’est déjà une première forme de libération de la parole sur des sujets qui se disent tabous, et c’est une manière aussi pour les femmes de parler, de donner leur avis, sans contrainte ».\nDerrière cette initiative, plusieurs postulats : la nécessité d’un travail de terrain et d’une démarche discrète, qui s’appuie sur une certaine pédagogie  ; une logique de « pas à pas »  qui réfléchisse à des processus sur le long terme en levant progressivement les tabous. \n\n\nMekfoule explique : « Voix des femmes est un espace public qu’on a créé pour les femmes, qui nous donne l’occasion de discuter avec les femmes, sur les questions des femmes, pour qu’on puisse réfléchir ensemble sur comment trouver des causes communes ». \nAujourd’hui, des groupes se sont mis en place dans plusieurs quartiers périphériques de la capitale, Nouakchott, ainsi qu’à Bogué (dans la Région du Brakna), et un autre se met actuellement en place dans la ville de Nouadhibou.\n\nEn 2018, l'appui que nous a apporté le CCFD-Terre Solidaire a permis au mouvement de se doter de matériel et de développer un nouveau type d’activité. \n\n\nUn spectacle étonnant qui donne voix au corps de la femme\n\n\nNotre appui modeste a offert une opportunité depuis longtemps attendue par les membres du collectif, de réunir les différents groupes des quartiers de Nouakchott autour d’une activité commune. Cette activité, intitulée « Témoignage du corps », s’est réalisée le 16 décembre 2018 au niveau de l’Espace culturel Camara, dans le quartier Socogim PS de Nouakchott, et a réuni un public dépassant la centaine de jeunes (hommes et femmes). Cette performance scénique voyait s’exprimer une douzaine de jeunes femmes au nom de différentes parties du corps féminin, pour en aborder les modes de contrôle et de domination dans la société mauritanienne. \n\n\nSalka Hmeida, membre du collectif et qui parlait ce jour-là au nom de « la bouche », nous raconte : « C’était nouveau et ouvert au public, qui a pu voir une nouvelle forme de manifestation pour les femmes. L’objectif était de montrer les souffrances des femmes dans chaque partie de leur corps. Beaucoup de problèmes ont été dénoncé. Je crois que l’activité est réussie parce que beaucoup de gens ont réagi après ça, même sur les réseaux sociaux, et ça a ouvert un débat. L’idée est nouvelle ».\n\n\nLes yeux, les oreilles, la peau, le clitoris, l’utérus, le cerveau, les mains de la femme, etc. En français, en arabe, en pulaar, wolof et soninké, l’exercice s’est voulu exhaustif afin de rendre justice à ce corps jusque-là sans voix, sans témoin, et pour mieux se faire entendre. « L’enjeu d’une telle activité est de se faire entendre, de parvenir à parler au nom de tel ou tel organe qui subit, nous dit Dieynaba (qui parlait sur scène ce jour-là au nom du « clitoris »). Le défi était de parler au nom de l’organe, parce que c’est un peu bizarre d’entendre un clitoris ou une oreille parler et vous dire ce qu’il subit ».\n\n\n\n\n\"Tenir dans la durée\"\n\nL’appui du CCFD-Terre Solidaire a permis également au collectif de se doter de matériel, afin que chaque groupe alimente les débats avec des supports audio ou vidéo : des vidéoprojecteurs, des enceintes, des rallonges multiprises. Le collectif gagne donc en autonomie pour la suite, participant à sa pérennisation, qui est un enjeu essentiel comme nous l’explique Dieynaba : « Le grand défi, déjà, c’est d’exister et de tenir dans la durée. Parce que ce sont des mouvements qui ne sont pas reconnus, qui peuvent même subir des répressions en fonction de leurs activités ou de ce qu’ils disent. Parce qu’on est dans une société qui n’aime pas certains changements qu’elle ne sait pas appréhender. Ce sont des mouvements qui sont susceptibles d’être persécutés ». Mekfoule ajoute : « Si l’on arrive à garder le même niveau d’activité, à un certain moment on va voir qu’il y a plus de femmes qu’au début, une base plus large qu’avant. Peut-être que c’est un groupe, après six ou sept ans, dont on verra des membres au Parlement, pourquoi pas ? »\n\n\nL’apport du CCFD-Terre Solidaire est donc venu à point nommé, d’autant que le caractère informel du collectif lui limite inévitablement l’accès à d’autres types d’appui, comme le reconnaît Dieynaba : « Déjà, le fait qu’ils aient appuyé un mouvement qui agit quelque peu dans la clandestinité, qui n’est pas très structuré ni trop expérimenté dans le sens qu’attendent les bailleurs classiques, c’est une bonne chose. Cela nous a permis de nous équiper en matériel pour pouvoir faire nos activités comme il faut ». Et d’ajouter toutefois : « Mais c’est l’engagement qui doit primer. Si l’on a des appuis matériels, c’est bienvenu car cela permet de formaliser les rencontres, mais le noyau reste l’engagement ».\n\n« C’est un partenaire, nous dit Mekfoule. On peut faire beaucoup de choses ensemble, et le travail ne s’arrête pas à l’achat de matériel. Par exemple, il serait intéressant qu’une ONG internationale comme le CCFD-Terre Solidaire nous facilite le contact avec d’autres  mouvements ou groupes de jeunes féministes. Ou encore nous facilite l’accès à des formations, ou nous partage des liens, des documentaires, des films que nous pourrions projeter lors des débats ».\n\n[gallery link=\"file\" ids=\"10040,10038\"]"}
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Nicola Bullard, responsable du service Asie au CCFD-Terre Solidaire, était présente. Elle témoigne.\n\n\n\nComment lutter contre les conséquences humaines et environnementales dramatiques de l’exploitation minière ? Comment construire des alternatives à ce modèle économique ultra libéral ? Cet immense défi a rassemblé pour la première fois en Afrique du Sud des centaines de participants originaires d’Afrique, d’Amérique Latine et du Nord, d’Asie, d’Europe : des représentants de communautés locales ou paysannes, de peuples autochtones, de mouvements citoyens, d’ONG, de syndicats, d’associations de femmes, d’organisations religieuses engagées, d’universitaires, de pêcheurs… \n\nCe n’était pas ma première visite en Afrique du Sud, mais certainement l’une de mes expériences les plus riches dans ce pays. La vie à Johannesburg n’est pas réputée pour être un long fleuve tranquille. L’insécurité est souvent évoquée. Mais cette ville bouillonne aussi d’énergie ! Notamment à travers sa jeunesse, née après l’apartheid, particulièrement militante et engagée. La musique et la danse ont rythmé la très belle cérémonie d’ouverture qui a réuni plus de 500 personnes. Je me suis dit que nous avions toutes et tous beaucoup à apprendre des Sud-Africains pour insuffler vitalité et joie en matière de politique et de résistance !\n\nPlus d’une vingtaine de participants sont venus d’Asie, dont plusieurs partenaires du CCFD-Terre Solidaire. La question de l’économie minière avait déjà fait l’objet d’une rencontre inédite en Indonésie au mois de septembre 2018, à l’initiative de plusieurs organisations, notamment du collectif philippin Lilak consacré à la défense des droits humains des femmes indigènes, que nous soutenons. Ce premier travail en commun leur a permis, une fois à Johannesburg, de réaliser qu’une dynamique mondiale contre l’extractivisme – ce mode d’accumulation de richesses reposant sur l’exploitation à grande échelle de la nature destinées principalement à l’export – était non seulement possible mais essentielle. \n\nCar, si les réalités et les contextes des communautés qui y sont confrontées diffèrent, les conséquences, elles, sont très souvent similaires : un accaparement de la terre et de l’eau, une souveraineté alimentaire constamment menacée, des problèmes de santé notamment dû à la pollution et des conditions de travail dangereuses… Ces communautés font aussi face aux mêmes acteurs : industries, multinationales et banques de développement. Celles-ci n’hésitent pas à les manipuler, voire les menacer et les persécuter quand elles se défendent et s’opposent aux projets miniers. Rares sont les autorités locales qui les soutiennent, quand elles ne jouent pas le jeu adverse.\n\nA lire : Pérou : La mine empoisonne la vie des paysans andins \n\nLes nombreux échanges et analyses ont conduit toutes ces personnes actrices des sociétés civiles de par le monde à une volonté de construire ensemble, de partager une même vision politique quelles que soient leurs différences culturelles et religieuses, d’être solidaires. \n\n\nLes femmes en première ligne\n\n\nC’est ce que je retire des ateliers auxquels j’ai participé, notamment celui sur les femmes et les industries extractives. Les femmes qui, de manière générale, ne sont pas passées à côté de l’événement, bien au contraire ! Particulièrement visibles et déterminées, elles ont pris la parole. Et à raison : au sein des communautés, elles sont en première ligne, obligées de défendre leurs droits, de lutter pour survivre. Les hommes n’ont, eux, souvent pas d’autre choix que de partir travailler en ville.\n\nLe rôle et la place des femmes dans cette lutte sont d’ailleurs particulièrement soulignés dans la déclaration finale du forum « Notre droit de dire non » (#Right2SayNo) : cette campagne commune affirme le droit des communautés à s’opposer à l’exploitation minière et à l’économie extractiviste. Elle exige la souveraineté des peuples, le démantèlement du pouvoir des multinationales et la fin de leur impunité, malgré les violations des droits humains dont elles sont fréquemment responsables.\n\nEt si une deuxième édition, envisagée dès 2020, se déroulait en Asie ? Tous les participants asiatiques répondraient présents ![gallery link=\"file\" ids=\"10067\"]"}
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(Communiqué)","datePublished":"2019-06-14T10:00:00+00:00","dateModified":"2021-11-16T14:59:39+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/pour-la-france-tous-les-moyens-sont-ils-bons-pour-lutter-contre-la-faim-communique/"},"wordCount":705,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"image":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/pour-la-france-tous-les-moyens-sont-ils-bons-pour-lutter-contre-la-faim-communique/#primaryimage"},"thumbnailUrl":"https://ccfd-terresolidaire.org/wp-content/uploads/2019/06/lafaimjustifielesmoyens.jpg","keywords":["Communiqués de presse","Souveraineté alimentaire et agroécologie"],"articleSection":["Communiqués de presse"],"inLanguage":"fr-FR","description":"En 2018 et pour la troisième année consécutive, la faim a augmenté dans le monde. Avec 821 millions de personnes sous-alimentées et une personne sur trois souffrant de malnutrition, les chiffres de la faim sont à un niveau historiquement haut et devraient encore augmenter dans les années qui viennent. Si ce constat est global, la faim a augmenté partout, certaines régions comme l’Amérique latine et l’Afrique de l’Ouest sont particulièrement touchées.\n\n\n\nLes causes de cette situation sont connues : impacts des dérèglements climatiques sur les capacités de production, accaparements des terres et des ressources, conflits, inégalités et dérégulation des marchés agricoles sont autant de facteurs de la faim dans le monde. Or cette situation touche majoritairement les petits producteurs, qui, bien qu’ils produisent 80% de l’alimentation mondiale, sont les premières victimes de la faim. \n\nLes raisons de cette réalité sont structurelles et bien documentées et cela fait bientôt 60 ans que le CCFD-Terre Solidaire les martèlent : les systèmes agricoles et alimentaires ne sont pas construits en fonction des droits et des attentes de ceux qui souffrent de la faim. Si le monde à faim c’est principalement car les solutions proposées sont inadaptées à la réalité des petits producteurs et entrainent une augmentation de la faim au lieu d’y répondre.  \n\nComme le montre le rapport du CCFD-Terre Solidaire « La vigilance au Menu » publié en mars 2019, la stratégie de standardisation opérée par les grandes entreprises semencières dégrade la biodiversité et augmente la faim en restreignant les possibilités à un nombre limité de semences industrielles. Cela réduit les possibilités d’adapter les écosystèmes aux causes structurelles de la faim. Par ailleurs, le rapport souligne que 30 % des pesticides vendus dans les pays en développement ne sont pas conformes aux standards de qualité internationaux, ce qui augmente les risques liés à l’environnement et à la santé. \n\nPour lutter efficacement contre la faim il est impératif de repenser en profondeur les modes de production agricole et de consommation alimentaire. Il est aussi indispensable d’être courageux dans les choix pour transformer en profondeur les pratiques et le cadre législatif.  \n\nAlors qu’en France et en Europe, les citoyens sont de plus en plus mobilisés sur la qualité, l’origine et les modes de production de leur alimentation, le CCFD-Terre Solidaire attend que la France pose des actes forts qui dépassent les symboles. Elle ne doit pas sacrifier le droit à l’alimentation des citoyens et citoyenne, partout dans le monde, sur l’autel des intérêts de ses entreprise privées.\n\nPlusieurs échéances proches peuvent permettre au gouvernement de renverser la tendance. La  future loi française sur le développement et la solidarité internationale doit faire du droit à l’alimentation et de la défense des agricultures paysannes un objectif prioritaire. Dans le même temps, elle doit permettre de mettre fin aux soutiens publics français aux entreprises agroindustrielle sous couvert de politique de développement et ainsi, enfin reconnaître que la lutte contre la faim n’est pas un business mais une priorité d’action nationale.\n\n\nLe Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement – Terre Solidaire\nActeur historique du changement dans plus de 60 pays, le CCFD-Terre Solidaire agit contre toutes les formes d’injustices. Nous œuvrons pour que chacun voie ses droits fondamentaux respectés : manger à sa faim, vivre dignement de son travail, habiter dans un environnement sain, choisir là où construire sa vie…\nUn monde plus juste et plus fraternel est déjà en action, car chacun porte en lui une force de changement. Notre engagement pour plus de justice et de solidarité prend racine dans l’Évangile et la pensée sociale de l’Église. Par notre action individuelle et collective, nous proposons et soutenons des solutions politiques et de terrain.\n\n+ de 500 organisations partenaires \t  \n681 projets internationaux dans 69 pays \t     \n15 000 bénévoles\n2,5 millions de bénéficiaires\n\nContact presse : Sophie Rebours\ns.rebours@ccfd-terresolidaire.org  07.61.37.38.65\t\n[gallery link=\"file\" ids=\"10082\"]"}
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L’Association nationale d’assistance aux frontières pour les étrangers (Anafé), soutenue par le CCFD-Terre Solidaire, compile ces information dans un rapport préoccupant, Persona non grata. \nEntretien avec Laure Palun, cheville ouvrière du rapport.\n\n\n\nFaim et Développement : Depuis quand les contrôles à la frontière franco-italienne ont-ils été rétablis ?\n\nLaure Palun : Ils datent de l’organisation de la COP 21 à Paris en 2015 et n’étaient, au départ, prévus que pour un mois. Arrivent les attentats du 13 novembre, et avec eux, l’état d’urgence. Depuis, le rétablissement des frontières internes n’a cessé d’être prolongé par la France, avec la menace terroriste comme justification. Or l’état d’urgence a pris fin en novembre 2017 et selon le code Schengen, les renouvellements ne peuvent pas excéder deux ans. Après avoir été saisi par l’Anafé, la Cimade et le Gisti (Groupe d’information et de soutien des immigrés) en décembre 2018, le Conseil d’État les a validés, mettant à mal le principe fondateur de l’espace Schengen qu’est la liberté de circulation en son sein. En 2019, nous avons de nouveau saisi le Conseil d’État et porté plainte auprès de la Commission européenne. C’est en cours d’instruction.  \n\n\nVous mettez en doute cette justification de la menace terroriste ?\n\nLorsque l’on discute avec les forces de l’ordre à la frontière franco-italienne, l’argument qu’elles mettent en avant c’est la « lutte contre l’immigration irrégulière ». C’est aussi écrit dans des procès-verbaux remis aux personnes inquiétées pour leur solidarité avec les personnes exilées. Par ailleurs, les contrôles exercés aux frontières avec l’Allemagne, la Belgique et la Suisse sont loin d’être systématiques, alors que les personnes qui ont participé aux attentats venaient plutôt du Nord que du Sud. À cela s’ajoute, fin 2018, une déclaration de François Molins, le procureur de la République de Paris en charge de la question des attentats (2011-2018), estimant que la menace terroriste est désormais une menace endogène.\n\nVous parlez d’une militarisation de la frontière. Quelle forme prend-elle ?\n\nLa mobilisation en moyens humains est impressionnante : police aux frontières, mais aussi police nationale, militaires de l’opération Sentinelle, des CRS, des gendarmes… Dans les gares, sur les routes, les sentiers de randonnée, on peut les croiser à chaque instant. Sans compter les chiens policiers. Les moyens matériels sont aussi colossaux : cela va du car aux véhicules sérigraphiés ou banalisés, en passant par des motos neige, des quads, un hélicoptère et même des tanks. Les forces de l’ordre sont équipées de tout un matériel de surveillance : lunettes de vision nocturnes, drones, caméras, détecteur de mouvement. Et elles sont lourdement armées de flash-ball, de révolvers, de fusils, d’armes automatiques.\n\n Chasse à l'homme  ©Sania/Anafé\n\nCombien coûte cette militarisation ?\n\nOn ne connaît pas le coût réel, mais les informations qu’on possède amènent à s’interroger sur ce que coûterait l’intégration versus l’éloignement. Selon le chercheur Luca Giliberti1, rien que dans la vallée de la Roya, la militarisation coûterait à l’État français 60 000 euros par jour. La « guerre contre l’immigration » est un marché extrêmement juteux pour le complexe militaro-industriel qui permet de compenser la disparition de celui lié à la guerre froide.\n\nVous n’hésitez pas à parler de chasse à l’homme ?\n\nJ’ai personnellement assisté à une traque lors d’une grande maraude solidaire organisée de nuit dans le Briançonnais. C’était très impressionnant. D’énormes projecteurs illuminaient toute la vallée, des hommes tentant de s’enfuir étaient plaqués au sol. Ces courses poursuites mettent les personnes en danger, beaucoup se blessent, tombent dans des trous. Il faut savoir que les personnes migrantes ne sont pas du tout équipées pour marcher en montagne. Encore moins pour courir, de nuit, dans la neige. Une dame poursuivie par les forces de l’ordre est morte noyée dans la Durance. Il y a aussi des forces de l’ordre qui se font passer pour des randonneurs et font des contrôles au faciès. Ce qui est illégal. Tout cela conduit les personnes à emprunter des chemins de plus en plus dangereux. Entre 2016 et fin 2018, près d’une trentaine de corps auraient été retrouvés sur l’ensemble de la frontière.\n\nQuelles autres violations des droits avez-vous observées ?\n\nTout refus d’entrée sur le territoire doit résulter d’un examen individuel et être motivé. Les personnes ont le droit de voir un médecin, d’être assistées d’un interprète, de bénéficier des conseils d’un avocat, de faire un recours. Or ces droits sont constamment violés. Nous avons assisté à des refus d’entrée qui prenaient moins de cinq minutes. Les migrants doivent aussi être informées de leur droit à déposer une demande d’asile. Non seulement elles ne le sont pas, mais ce droit est refusé aux personnes qui le demandent. Des mineurs sont refoulés après modification de leur date de naissance ou destruction de leurs papiers… Les personnes exilées sont aussi privées de liberté de manière abusive et dans des conditions inhumaines : privées d’eau, de nourriture, sans séparation entre hommes et femmes ou entre majeurs et mineurs. Parfois sans la possibilité de s’asseoir. Ces pratiques contreviennent à la Convention de Genève, à la Convention internationale des droits de l’enfant, à la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, au code frontières Schengen et à notre propre législation interne.\n\nQu’en est-il de la mobilisation solidaire ?\n\nCette situation déchire la société civile. Dans un même village, il peut y avoir des personnes qui n’hésitent pas à faire de la délation et d’autres qui apportent leur aide aux exilés en les hébergeant, en distribuant de la nourriture et des vêtements chauds, en faisant des maraudes de sauvetage en montagne, en les accompagnant sur le plan juridique. Si certaines sont poursuivies judiciairement dans le cadre du délit de solidarité, beaucoup subissent des pressions annexes dissuasives : arrestation pour avoir traversé en dehors des clous, filature, mise sur écoute, contrôles routiers répétés. \n\nPour autant la solidarité ne faiblit pas. Mieux, elle s’internationalise.  Début 2017, la CAFFIM (Coordination des acteurs engagés à la frontière franco-italienne pour les personnes migrantes), un regroupement d’une quarantaine d’associations locales et nationales investies des deux côtés de la frontière, a été créée. Elle est pilotée par Amnesty International, La Cimade, Médecins du Monde, Médecins Sans frontières, Le Secours catholique et Caritas. L’Anafé y est associée. Cette coordination permet de renforcer les acteurs locaux via notamment la publication de guides méthodologiques et des formations. \n\nOn peut aussi se réjouir de l’implication d’avocates et d’avocats français et italiens auprès de la CAFFIM. Grâce à une action en justice auprès du tribunal administratif de Nice, les refoulements de jeunes mineurs à la frontière semblent avoir diminué. \n\nEnfin, la lutte pour le respect des droits des personnes exilées est aussi relayée par certains élus et des instances comme par le Défenseur des droits, le CGLPL ou encore la CNCDH2 qui partagent nos constats.\n\nPropos recueillis par Bénédicte Marie\n\n- Lire le rapport Persona non grata \n\n\n\n\nFaim et Développement est disponible sur abonnement payant. Nous vous avons offert cet article pour découvrir les contenus de notre magazine. 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Pour arriver au pouvoir, le nouveau président a bénéficié d’une alliance de forces très hétérogènes mais unies par un conservatisme politique et moral, et par des intérêts économiques communs. \n\nCes forces agissent essentiellement sur le plan économique avec une volonté de démanteler les droits sociaux et économiques acquis par les Brésiliens. \n\nEt sur le plan moral, il y a une vague conservatrice sans précédent.\n\nLa nomination de Tereza Cristina, représentant les intérêts de l’agrobusiness, à la tête du ministère de l’Agriculture [[Elle était auparavant leader du Front parlementaire de l’agriculture(FPA) à l’Assemblée.]], est-elle un motif d’inquiétude ?\n\nCertainement ! Jair Bolsonaro a été élu en grande partie grâce à l’appui de Tereza Cristina. Il lui est donc redevable, comme le montre ce « super » ministère de l’Agriculture. \n\nTereza Cristina concentre désormais des pouvoirs dans le domaine de la régulation territoriale, elle a hérité de la gestion d’une partie de l’environnement. \n\nSans oublier, bien sûr, la mainmise sur l’ensemble des politiques publiques agricoles. Tous ces volets sont désormais sous l’influence de l’agrobusiness. Sans aucun contre-pouvoir.\n\nQue devient, dans ce contexte, l’agriculture familiale ?\n\nElle est considérée comme un segment de l’agrobusiness. En fait, l’agriculture  est réduite à un simple commerce et les aliments à des marchandises. Ce qui entraîne le démantèlement progressif de l’appareil institutionnel construit durant ces vingt dernières années. \n\nIl était basé sur l’idée que l’agriculture remplit plusieurs fonctions d’intérêt général. Ce secteur ne doit pas seulement produire des revenus et dynamiser l’économie à travers les exportations, mais aussi garantir la sécurité alimentaire, le respect de l’environnement et du droit à la terre et son utilisation.\n\nL’agrobusiness veut-il accaparer encore plus de terres ?\n\nClairement ! Le Brésil a toujours été dépendant de l’agrobusiness et de l’extraction minière. Ce qui provoque la concentration des richesses, la pauvreté, la dénutrition et l’exode rural vers les bidonvilles des grandes agglomérations. \n\nL’avancée de l’agrobusiness prend des formes différentes suivant les territoires, mais ça se traduit toujours par la paralysie de la réforme agraire. 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Ont-elles publié leur plan de vigilance ? Pour répondre à ces questions et s’assurer de la mise en œuvre d’une loi pour laquelle nous nous sommes battus, nous lançons un site Internet www.plan-vigilance.org rassemblant toutes les données disponibles sur l’application de la loi \n\n\n\nEn mars 2017, la France adoptait la loi pionnière sur le devoir de vigilance des multinationales. Avec cette loi, les grandes entreprises françaises sont désormais obligées d’identifier et de prévenir les risques que leurs activités font peser sur les libertés fondamentales, la santé et la sécurité des personnes, les droits humains et l’environnement. \n\n\nMais deux ans après son adoption, nous constatons que le gouvernement n’a mis en place aucune instance de contrôle pour s’assurer que ces multinationales répondent à leurs obligations légales. En cause : l’incapacité de l’Etat à établir une liste des entreprises concernées et, de fait, faire appliquer la loi.\n\n\nLe CCFD-Terre Solidaire, avec Sherpa, a donc fait appel à des spécialistes dans l’analyse des données, la coopérative Datactivist, afin de créer cette liste en s’appuyant sur des informations publiques et financières de référence (Infogreffe, Sirene, Orbis…).\n\n\nLes entreprises identifiées ont été répertoriées sur le site de suivi citoyen plan-vigilance.org, lancé pour l’occasion. Sa vocation est de devenir un outil  permettant aux syndicats, aux associations et à toute partie prenante d’avoir accès aux plans de vigilance et de compléter la liste  afin de s’assurer que les grandes entreprises françaises respectent leur devoir de vigilance.\n\n\n La loi sur le devoir de vigilance impose aux grandes entreprises françaises de plus de 5 000 salariés en France ou 10 000 dans le monde un devoir de vigilance sur leurs activités et celles de leurs filiales, fournisseurs et sous-traitants. Ces entreprises ont l’obligation d’établir, de publier et de mettre en œuvre un plan de vigilance pour identifier et prévenir les risques qu’elles font peser sur les libertés fondamentales, la santé et la sécurité des personnes, les droits humains et l’environnement. \n\n\nQuelles sont les entreprises concernées par la loi ?\n\n\nDurant les débats parlementaires, aucune liste officielle des entreprises visées n’a été rendue publique. 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Une fois la loi adoptée, cette incertitude a perduré, et aucune instance de contrôle n’a été mise en place pour faire appliquer la loi. \n\n\nMalgré nos interpellations aux côtés de parlementaires, de syndicats et de journalistes, le gouvernement ne nous a jamais fourni les informations nécessaires à l’identification des entreprises concernées. \n\n\nAfin de pallier à ce manque de transparence, nous avons décidé de mener cette étude en répondant à plusieurs objectifs : \n\n\n\n Analyser les bases de données publiques existantes afin d’identifier et constituer une première liste des entreprises soumises à la loi ;\n\n\n\n Rendre accessible les plans de vigilance publiés ;\n\n\n\n Permettre un contrôle citoyen sur la mise en œuvre par ces entreprises de leurs exigences légales.\n\n\nL’analyse de Datactivist a établi trois listes d’entreprises après avoir examiné différentes bases de données publiques et financières de référence : Infogreffe, SIRENE et Orbis. Nous avons ensuite établi une quatrième liste  en compilant les entreprises ayant reconnu être soumises à la loi ou ayant publié un plan de vigilance en 2018. \n\n\nCette démarche nous permet d’établir une première liste non-exhaustive de 237 sociétés qui semblent soumises à la loi sur le devoir de vigilance et de constater que 59 d’entre elles n’ont pas, à notre connaissance, publié de plan de vigilance. \n\n\nCe travail de recherche nous permet également de relever les insuffisances des bases de données publiques sur les entreprises. En effet, l’opacité des données ne permet pas de garantir le caractère exhaustif d’une liste d'entreprises soumises au devoir de vigilance, par la loi française. \n\n\nComment s’assurer que les entreprises visées établissent, publient et mettent en œuvre un plan de vigilance ?\n\n\nPour veiller à la bonne application de la loi sur le devoir de vigilance, nous demandons aux pouvoirs publics de :\n\n\n1.\tEtablir, publier et mettre à jour la liste des entreprises soumises au devoir de vigilance\n\n\n2.\tRendre accessible l’ensemble des plans de vigilance sur une base de donnée publique\n\n\n3.\tRenforcer les exigences de transparence afin de rendre plus accessibles les données financières et extra-financières sur les entreprises\n\n\nLa loi sur le devoir de vigilance est le fruit d’un long combat de la société civile pour rendre les entreprises redevables de leurs actes devant la justice. Ce combat est également européen et mondial  : l’Union européenne étudie la possibilité d’adopter une directive européenne sur le devoir de vigilance et des négociations sont en cours aux Nations Unies pour établir un traité international relatif aux entreprises multinationales et aux droits humains. \n\n\nParticipez, vous aussi, au renforcement de la loi sur le devoir de vigilance en relayant largement l’initiative et l’adresse du site auprès des parlementaires, des syndicats, des associations et de toute partie prenante. Invitez-les à compléter cette liste pour nous assurer, ensemble, que les grandes entreprises françaises se conforment bien à leur devoir de vigilance. Les citoyens sont les forces du changement !\n\n\n\nTélécharger le document de synthèse :\n ccfd_radar_de_la_vigilance_260619_v8.pdf\n\nTélécharger le rapport méthodologique : \nccfd_radar_de_la_vigilance_rapport_v6_260619.pdf\n\n\nPour aller plus loin :  \nPétition : Mobilisons-nous contre l'impunité des multinationales\nRapport \"La vigilance au menu\" : 5 risques humains et environnementaux à identifier par l'agro-industrie\n\n\n\nDocuments joints\n\n\n\nccfd_radar_de_la_vigilance_260619_v8.pdf\n\n\n\nccfd_radar_de_la_vigilance_rapport_v6_260619.pdf"}
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Nous lançons aujourd’hui le site plan-vigilance.org pour identifier les entreprises soumises à la loi sur le devoir de vigilance et vérifier que celles-ci ont bien publié leur plan. A ce jour, un quart des entreprises identifiées n’ont rien publié.\n\n\n\nEn mars 2017, la France adoptait la loi pionnière sur le devoir de vigilance. Avec cette loi, les grandes entreprises françaises sont désormais obligées d’identifier et de prévenir les risques que leurs activités font peser sur les libertés fondamentales, la santé et la sécurité des personnes, les droits humains et l’environnement[1]. \n\nNous constatons que le gouvernement n’a jusqu’à présent mis en place aucune instance de contrôle pour s’assurer que ces entreprises répondent à leurs obligations légales.  \n\nAux côtés de la coopérative Datactivist, spécialiste de l’analyse des données, le CCFD-Terre Solidaire et Sherpa ont donc établi une première liste, en s’appuyant sur des données publiques et financières de référence (Infogreffe, Sirene, Orbis). Les entreprises identifiées sont désormais répertoriées sur le site de suivi citoyen plan-vigilance.org.  Sa vocation est double : devenir un outil permettant à toutes les parties prenantes, y compris les syndicats et associations, d’avoir accès aux plans de vigilance et leur permettre de compléter la liste afin de s’assurer que les grandes entreprises françaises respectent leur devoir de vigilance. Plan-vigilance.org a été réalisé avec le soutien du Business & Human Rights Resource Centre.\n \nUne première liste non-exhaustive de 237 sociétés qui semblent soumises à la loi a pu être établie. 59 d’entre elles n’ont pas, à notre connaissance, pas publié de plan.\n  \nComment s’assurer que les entreprises visées établissent, publient et mettent en œuvre un plan de vigilance ?\n\nPour veiller à la bonne application de la loi sur le devoir de vigilance, nous demandons aux pouvoirs publics de :\n1.\tPublier la liste des entreprises soumises au devoir de vigilance\n2.\tRendre accessible l’ensemble des plans de vigilance sur une base de donnée publique\n3.\tRenforcer les exigences de transparence afin de rendre plus accessibles les données financières et extra-financières sur les entreprises\n4.\tBaisser et simplifier les seuils d’application de la loi\n\nLa loi sur le devoir de vigilance est le fruit d’un long combat de la société civile pour rendre les entreprises redevables de leurs actes devant la justice. Ce combat est devenu européen et  mondial  : l’Union européenne étudie la possibilité d’adopter une directive européenne sur le devoir de vigilance et des négociations sont en cours aux Nations Unies pour établir un traité international relatif aux entreprises multinationales et aux droits humains. Nous demandons au gouvernement français de s’investir dans ce mouvement général.\n\nContacts presse : Louis Moreau – l.moreau@ccfd-terresolidaire.org – 06.66.12.33.02\n \nPour aller plus loin :\n\nConsulter la liste des entreprises soumises au devoir de vigilance et leurs plans : plan-vigilance.org \n\nTélécharger le document de synthèse\nTélécharger le rapport méthodologique\n \n [1]La loi sur le devoir de vigilance impose aux grandes entreprises françaises de plus de 5 000 salariés en France ou 10 000 dans le monde un devoir de vigilance sur leurs activités et celles de leurs filiales, fournisseurs et sous-traitants. Ces entreprises ont l’obligation d’établir, de publier et de mettre en œuvre un plan de vigilance pour identifier et prévenir les risques qu’elles font peser sur les libertés fondamentales, la santé et la sécurité des personnes, les droits humains et l’environnement.\n \n \n\n[gallery link=\"file\" ids=\"10125\"]"}
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Voici quelques conseils pour un tour du monde livresque, à partager sans modération.\nDe quoi voyager sans quitter sa chaise longue!\n\nLittérature\n\n « Mathématiques congolaises », In Koli Jean Bofane, Actes Sud, 2008\n\nOrphelin depuis l’une des guerres qui a ravagé le pays, Célio conserve comme une bible un vieux manuel scolaire, retrouvé dans le sac de son père tué au hasard d’une route. Grâce à des théorèmes et des définitions, Célio Mathématik espère influer sur le destin dont il dit n’être que le jouet.\n\nÉcrit comme un thriller, féroce et plein d’humour, le roman nous plonge dans les rues animées de Kinshasa et dans les arcanes d’un pouvoir manipulateur et corrompu. Une plume fameuse à découvrir.\n\n « Banzo, mémoires de la favela » , Conceição Evaristo, 2018, éditions Anacaona\n\n« La favela souffrait à l’unisson. Une seule crainte, un seul désespoir : sa démolition. »  Dans cette favela d’une autre époque, Tite-Maria, pleine de rêves et d’espoirs, raconte. Entre misères et grandeurs, pauvreté et solidarité, elle crée une histoire plus grande, celle de la favela.\n\nUne écriture témoignage, avec des mots qui transportent... Conceição Evaristo est une voix forte et représentative de l'émergence d’une nouvelle résistance dans le contexte actuel brésilien. 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Ses membres multiplient les opérations spectaculaires et inquiètent le gouvernement américain. Dans la lutte sans merci entre les États-Unis et la Chine pour mettre la main sur un nouvel eldorado lunaire, Washington se sert d’Abel, le leader charismatique de Gaïa, comme bouc émissaire. Il devient l'ennemi public n°1 et n'a pas d'autre choix que de découvrir la vérité. Vérité qui pourrait faire basculer le monde dans l'apocalypse... Ou au contraire, l'entraîner vers un futur plus harmonieux.\n\nUn appel appel au ré-enchantement du monde, et qui fait du bien ! Le livre est publié par une maison d’édition locale et écolo.\nDes témoignages\n « Un moine en otage, le combat pour la paix d’un prisonnier des djihadistes », Amaury Guillem, 2018, éditions de l’Emmanuel. \n\nMoine catholique syrien proche de Paolo Dall’OGlio, le père Jacques Mourad, dont le monastère de Mar Elian était soutenu par le CCFD-Terre Solidaire, a été otage de Daesh durant cinq mois en 2015. Sauvé des mains de ses ravisseurs par des amis musulmans, il raconte sa captivité et son engagement en faveur du dialogue islamo-chrétien dans un livre bouleversant à découvrir.\n\nLire aussi notre article Le bouleversant appel au dialogue d’un prêtre otage de Daesh\n\n « La liberté s’apprend, un destin birman » , Fanny Cheyrou, Bayard, 2018\n\nDécouvrez le récit poignant d’un homme né sous la dictature et, à travers son histoire, les dessous politiques de la Birmanie. Appartenant à une famille très déshéritée, L Naw Ja (prononcer Nodja) est issu de l’ethnie Kachin, minoritaire chrétienne et persécutée. Dans la jungle birmane il veut apprendre, aider les autres et fonder une école dans son pays. « Je veux enseigner aux enfants nés dans la dictature que la liberté s’apprend. »\nDes BD\n\n « L’argent fou de la Françafrique » (BD), éditions Glénat, 2019\n\nVoitures de luxe, œuvres d’art, hôtels particuliers parisiens… La bande dessinée « L’argent fou de la Françafrique » relate l’enquête menée pour dénoncer ce vaste détournement de fonds public par des dirigeants africains au détriment des populations locales.\n\nSi le sujet peut paraître ardu, on est vite emporté par ce récit haletant autour d’un scandale politico-financier révélé à l’époque par le CCFD-Terre Solidaire !\n\n « A bord de l’Aquarius » (BD), éditions Futuropolis, 2019\n\nLa BD des journalistes italiens Marco Rizzo et Lelio Bonaccorso raconte leur traversée embarquée sur  l’Aquarius pour une campagne de sauvetage au large de la Syrie en novembre 2017. Une immersion dans le travail fantastique et souvent terrible que font les seules ONG présentes en mer pour tenter de sauver non des migrants de la noyade, mais des humains.\n\nA lire et à regarder (le dessin est superbe) pour comprendre ce qui se joue réellement aux ports et aux portes de l’Europe.\n\n « Les riches au tribunal, l’affaire Cahuzac et l’évasion fiscale » (BD), éditions Seuil-Delcourt, 2018\n\nAu travers du procès emblématique de Jérôme Cahuzac, fraudeur et ancien ministre du budget chargé de lutter contre la fraude, le couple de sociologues Pinçon-Charlot associé au dessinateur Étienne Lécroart signent ici un petit bijou d’humour et de pédagogie pour comprendre les mécanismes de la fraude fiscale.\n\nL’enjeu est de taille dans cette lutte où ce sont entre 80 et 100 milliards d’euros (le déficit annuel de notre pays) qui échappent aux impôts…\n\n[caption id=\"attachment_10140\" align=\"aligncenter\" width=\"829\"] Bibilothèque de rue en Argentine[/caption]\nEt pour accélérer sa transition écologique :\n« Famille en transition écologique », Jérémie Pichon, Éditions Thierry Souccar, 2019 \n\nUn guide très bien fait, rempli d'astuces, qui permets d’apprendre pas mal de choses. Le guide propose aussi une graduation de niveaux d'engagement possibles pour aller à son rythme.\n\nTrès facile à lire, même à la plage !\n\n « La Permaculture au jardin mois par mois » , Damien Dekarz, Broché, 2019 \n\nUne initiation à la permaculture qui se lit comme un roman, plein d'astuces et d'informations sur divers végétaux et techniques de jardinage.\n\nLe livre, très illustré est particulièrement agréable à suivre. Il se complète à merveille avec la foisonnante chaîne youtube permaculture agroécologie etc de Damien Dekarz.\n\nBonnes vacances!\nAnne-Isabelle Barthélémy\n\n\n\n[gallery link=\"file\" ids=\"9969,10140,10139,10141,10143\"]"}
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La raison ? Les dérèglements climatiques mais aussi des enjeux géopolitiques tant régionaux que nationaux. Une partie de la jeunesse irakienne a lancé une campagne de sensibilisation « Sauvez le Tigre et les marais irakiens ».\n\n\n\nMise à jour le 13 décembre 2019  : \n\n\n \n\nC'est avec un sentiment d’urgence que ces jeunes se sont engagés dans la Campagne internationale « Save The Tigris » et, pour la plupart, dans l’ONG partenaire du CCFD-Terre Solidaire Humat Dijla (« Protection du Tigre » en arabe). La première organisation est internationale, la seconde irakienne. Toutes deux font le même constat : si le régime des pluies de plus en plus erratique menace la région, le principal danger pour le Tigre et l’Euphrate qui irriguent l’Irak, c’est l’humain.\n\nLe Tigre et l'Euphrate sont notre bien commun\n\n« Une de nos campagnes de mobilisation disait en parlant du Tigre : vous pourrez le traverser à pied ! » raconte Ali al-Karkhi, un des fondateurs de Humat Dijla. En juin 2018, c’est devenu possible… avec de l’eau jusqu’aux genoux seulement. La raison de cet épisode inédit dans les mémoires des Bagdadis : le lac de retenue du barrage d’Ilisu en Turquie. Cet ouvrage d’art est le plus grand d’un projet plus vaste, dit d’Anatolie du Sud-Est, censé apporter prospérité à cette région délaissée de Turquie. \n\nA lire : Irak : les marais mésopotamiens vont-ils disparaître ?\n\nMais, soulignent ses détracteurs, dont fait partie « Save the Tigris », les eaux vont engloutir la vallée d’Hakanseyf, un site habité depuis 12 000 ans, et classé au patrimoine mondial par l’Unesco. Il va aussi réduire considérablement le débit du fleuve en amont de l’Irak. « C’est une arme géopolitique. Il faut régler la question du partage de l’eau entre pays avoisinants, presse Alaa Abdul Mohsein, ingénieur en environnement. Le Tigre et l’Euphrate sont notre bien commun. » À l’été 2018, face à la crise hydrique qui touchait l’Irak, Ankara a accepté de stopper le remplissage du barrage d’Ilisu.  Petit, tout petit répit.\n\nUne pollution aux impacts dévastateurs\n\nLes ouvrages gigantesques en Turquie et sur les affluents du Tigre en Iran ne sont qu’un des dangers pointés par les militants de Humat Dijla. La pollution en Irak même, due aux dégâts environnementaux énormes, rend l’eau impropre à la consommation. « Dans chaque ville, les décharges ne sont que des montagnes de déchets non triés qui se retrouvent directement dans le fleuve », accuse Baidar Alaa, chargé des réseaux sociaux à « Save the Tigris ».\n\nGhaith al-Tali, ingénieur, cite, lui, les industries pétrolières. Alaa Abdul Mahsein, les eaux usées, notamment hospitalières, qui sont rejetées sans être traitées. Sans compter les intrants agricoles et la sur-utilisation de l’eau partout dans le pays.\n\nL’Irak risque de mourir empoisonné et assoiffé. Pour ne pas en arriver là, « Save the Tigris » mène des campagnes internationales. Il n’est pas pour rien dans l’inscription, en 2016, des marais irakiens, zone humide et sites archéologiques, au Patrimoine mondial de l’Unesco.  Humat Dijla organise partout en Irak une foule d’activités pour sensibiliser et mobiliser les citoyens : festivals, campagnes de nettoyage, ateliers de fabrication d’embarcations anciennes, marathons. Le tout dans un pays qui n’est pas encore sorti de la guerre.\n\nDécouvrez la campagne \"Save the Tigris\" avec Florent Schaeffer, chargé de mission Moyen-Orient au CCFD-Terre Solidaire : \n \n\n\n\nFaim et Développement est disponible sur abonnement payant. Nous vous avons offert cet article pour découvrir les contenus de notre magazine. 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Les populations locales subissent de plein fouet les dégradations de leur environnement. Reportage.\n\n\n\nLa petite silhouette baisse et lève son bras en un rythme régulier, ploie le buste en avant, coupe les roseaux brassée par brassée avec la machette et se relève. Sous ses pieds, la longue barque effilée bouge à peine. En quelques minutes, l’embarcation est pleine. Abbas, 12 ans, appuie fort sur sa longue perche et extirpe son bateau de la roselière [[Zone humide en bordure de marais.]]. Il va apporter sa récolte à sa mère. Les roseaux seront tressés pour fabriquer des nattes ou serviront de fourrage aux buffles d’eau. Le jeune garçon n’est pas allé à l’école, ne sait ni lire ni écrire, mais cela ne le perturbe guère.\n\nIl ne voit pas sa vie ailleurs qu’ici, dans les marais. Sa famille, jusqu’au plus loin qu’on s’en souvienne, a toujours vécu sur l’eau, au milieu des roseaux. Abbas n’aime guère couper les roseaux. Il préfère pêcher. Son amie Tayyeba, 10 ans, n’aime pas davantage cette activité. « C’est difficile, on risque à tout moment de tomber dans l’eau », dit la fillette debout dans sa barque. Elle, son truc, c’est de s’occuper des buffles, placides comme d’énormes peluches.\n\n\nUn écosystème unique au monde\n\n\nSans en être conscients, les deux enfants reproduisent le partage traditionnel des tâches dans la région. Aux femmes le bétail, aux hommes la pêche et la chasse. Ce garçonnet et cette fillette, par leurs mots, leurs gestes, leurs embarcations, renvoient le visiteur à des temps ancestraux et immobiles. Ils vivent dans le marais dit  « central » du sud de l’Irak. Avec le marais de al-Hammar qui s’étend presque jusqu’à Bassorah et celui de Hawizeh, à cheval sur l’Irak et l’Iran, ils forment une vaste zone humide en pleine région désertique. Ce delta des fleuves Tigre et Euphrate constitue un écosystème unique au monde, à la valeur reconnue depuis des millénaires. C’est ici que se situait, dit-on, le Jardin d’Éden.\n\nLeur occupation par l’homme est déjà attestée sur les bas-reliefs sumériens, vieux de 5 000 ans, découverts dans les villes royales de Erido, Uruk et Ur, en bordure des marais. Ils décrivent le même mode de vie que celui de Tayyeba et d’Abbas aujourd’hui : des villages lacustres, la pêche et la chasse, les longues embarcations transportant les fagots de roseaux. Les habitations elles-mêmes sont construites sur le modèle de celles des anciens Mésopotamiens.\n\nSur une minuscule île flottante, dans le marais de al-Hammar, voici celle d’Ashira al-Baher, 32 ans, sept enfants. Une pièce d’une quarantaine de mètres carrés : les murs et le toit sont en roseaux tressés serrés et le sol est recouvert de paille. Ashira est assise près d’un âtre en grosses pierres qui garde la théière au chaud et procure une vague chaleur en cette période hivernale. Derrière elle, des ustensiles de cuisine, un grand fait tout noirci, une louche, des assiettes. La famille vit dans cette seule pièce, vite enfumée et froide malgré l’épaisseur des murs en roseaux. On y mange, on y parle, on y dort, parents et enfants, enveloppés dans ces couvertures en synthétique très colorées que l’on trouve partout au Moyen-Orient. Le four à pain est à l’extérieur, large cylindre en argile ouvert sur le dessus. On plaque les galettes sur les parois pour les faire cuire. Pas d’électricité, bien sûr. Ni de sanitaires.\n\n\n\nLes buffles ont leur enclos juste derrière la maison. Les petits sont dans la partie couverte. Dans l’autre, fermée sur les côtés par des parois de roseaux tressés, un gros mâle est attaché à un piquet. Les autres buffles adultes vaquent dans les marais toute la journée à la recherche de leur nourriture. Les buffles sont à la fois capital et source de revenus quotidiens. Dans le marais central, Ali, la trentaine, possède avec ses frères un nombre important de têtes de bétail. Nous ne connaîtrons pas précisément leur nombre, donner un chiffre précis pourrait attirer le mauvais œil. Un mâle reproducteur rapporte 50 000 dinars (37 euros) par saillie. Son prix est indexé sur le niveau de l’eau, indispensable à sa survie : 700 euros en période de basses eaux, près de 3 000 quand le marais est haut. Les femelles ne sont jamais vendues, trop précieuses par leurs veaux, et leur lait qu’Ali va vendre à Chibaich, la principale ville. \n\nChaque matin, il embarque de gros bidons bleus dans sa chakhtoura, la longue barque effilée équipée d’un moteur et va les livrer aux crémiers de la bourgade. Ceux-ci en feront du beurre, de la crème et un fromage qui ressemble à la mozzarella, en un peu plus acide. « Les cinq litres nous sont payés 4 000 dinars (3 euros), et nous en vendons 2 500 litres chaque jour. Juste assez pour acheter l’essentiel pour nous et pour le bétail », peste Ali. Et d’épeler : « légumes, riz, poulet parfois, fourrage et eau ». Fourrage et eau ? Alors que depuis chez Ali, on ne voit que roseaux et eau. À perte de vue. Et pourtant, en saison sèche, comme Ali, les « Arabes des marais », doivent de plus en plus souvent acheter de l’eau, pour eux et pour leurs buffles. \n\nEn 2018, l’Irak a connu sa pire sécheresse depuis 1931. Les trois marais qui forment le delta du Tigre et de l’Euphrate ont rétréci comme peau de chagrin. Là où il y avait plusieurs mètres de profondeur, il n’est resté que 30 cm d’eau.  À d’autres endroits, elle a complètement disparu sur des hectares entiers. La pluie est finalement tombée fin octobre. « Mais elle est de mauvaise qualité. C’est de l’eau de pluie, pas l’eau du Tigre et de l’Euphrate. Elle manque de nutriments, les poissons ne grossissent pas », déplore un pêcheur venu, comme chaque matin, vendre ses prises aux vendeuses du marché de Chibaich.\n\n\n\nL’eau salée est remontée à l'intérieur du Delta\n\nAshira al-Baher a perdu trois buffles à cause de la sécheresse. Les buffles meurent aussi à cause de la salinité de l’eau quand le niveau est très bas, et les populations tombent malades en la buvant. On dénombre pas moins de 100 000 personnes touchées dans la région de Bassorah [[Selon les données de « Save the Tigris », des échantillons montrent que le taux de salinité est 20 fois supérieur à celui recommandé par les autorités sanitaires irakiennes.]]. « Quand le débit des fleuves Euphrate et Tigre est trop faible, les eaux salées du golfe Persique remontent par le Chatt el-Arab, le principal chenal du delta, explique Salman Khairallah, un des fondateurs de Humat Dijlah, branche irakienne de la campagne internationale « Save the Tigris ».  \n\nA lire : Irak : les jeunes se battent pour sauver le fleuve Tigre\n\nOr, selon le ministère des Ressources hydriques, de 2008 à 2015, le débit des deux fleuves de 25 mètres cubes par seconde était insuffisant. Les trois dernières années, 2016, 2017 et 2018, l’eau salée est remontée de 80 km à l’intérieur du delta. Conséquence pour Ashira, l’éleveuse de buffles : « on a dû acheter de l’eau en 2018, comme en 2015. Il faut plusieurs tonnes par jour et la tonne coûte 12 000 dinars (8,90 euros). Je ne sais pas ce que nous allons devenir si ça continue », s’inquiète-t-elle. « Nous partirons dans une région des marais où il y aura encore de l’eau, ou nous vendrons nos buffles… pour nous acheter de l’eau », plaisante son mari en grimaçant.\n\nLa pluie a manqué, dans la région comme en amont du Tigre et de l’Euphrate, sur les hauteurs de Turquie et en Iran. Les scientifiques comme Salman Khairallah évoquent bien sûr un effet possible du changement climatique. Mais les habitants des marais accusent les barrages construits en amont des fleuves et de leurs affluents, en Turquie et en Iran. « Quand la Turquie a commencé à retenir l’eau, le niveau a baissé ici,  affirme posément cheikh Loubnan al-Khayoun. Le problème, c’est que le partage de l’eau n’est pas régulé. Il faut que la communauté internationale fasse pression sur les pays voisins, la Turquie et l’Iran, pour qu’il y ait un accord équitable. »\n\nAutorité morale, cheikh Loubnan reçoit chaque matin les doléances de ses concitoyens dans son moudhif de Chibaich, grande maison d’hôtes traditionnelle construite en roseaux tressés serrés. En forme de carène de bateau renversée, la structure du moudhif compte 11, 13 ou 15 arcs, selon le prestige de la tribu hôtesse. Il est orienté Nord-Est/Sud-Ouest « comme aux temps des Sumériens », souligne le cheikh. L’intérieur est nu, à l’exception de tapis, de coussins sur les côtés, d’une table basse avec le nécessaire à café et, sur le mur du fond, d’images pieuses d’Ali et Hussein, figures sacrées du chiisme. « Si nous obtenons un accord avec la Turquie, le grand barrage d’Ilisu ne sera pas un problème, car la Turquie relâchera l’eau quand nous en aurons besoin. Mais notre gouvernement n’agit pas », reprend-il, évoquant l’immense ouvrage sur le Tigre construit par Ankara en Anatolie du Sud-Est et en voie de remplissage. Avec un lac de retenue d’une capacité de 10 milliards de mètres cubes, le barrage risque de priver l’Irak d’une bonne partie des eaux du Tigre.\n\n\n\nL’Iran, lui aussi, retient l’eau au profit de son agriculture. « Le peu qu’il relâche a nettoyé ses sols du sel et de la pollution aux engrais et aux pesticides, qui s’ajoute à celle qui provient de l’agriculture et des villes irakiennes, en amont du Tigre et de l’Euphrate,  s’indigne Salman Khairallah. Les gouvernorats en amont des marais, en Irak  même, pompent trop d’eau et les agglomérations, les usines, les centres médicaux, rejettent les eaux usées sans traitement. »\n\nDes décennies d’histoire chaotique – l’embargo après la deuxième guerre du Golfe en 1991, l’intervention américaine en 2003, la guerre civile qui s’en est suivie – ont empêché tout renouvellement et tout développement des infrastructures. « Nous sommes très inquiets,  avoue le cheikh Loubnan en enroulant autour de lui son grand manteau marron. Vous savez, les habitants des marais, nous sommes comme les poissons : nous ne pouvons vivre sans eau ! » \n\nDans un autre moudhif de Chibaich, un Sayyid, titre donné aux descendants du Prophète Mohammed, reconnaît son impuissance malgré son autorité religieuse : « Nous essayons de faire pression sur les autorités, sans effet jusqu’à présent. Nous espérions qu’avec la classification des marais sur la liste du patrimoine de l’Unesco, en 2016, des mesures seraient prises pour les protéger. Il n’en est rien, et beaucoup de gens, ici, s’attendent à devoir partir. » Ce ne serait pas le premier déplacement forcé de population, et il raviverait les souvenirs douloureux de l’époque de Saddam Hussein.  Mais la mort des marais du sud, aujourd’hui, ne serait pas seulement la triste fin de la « fiancée de l’Irak ». Elle serait aussi celle d’un écosystème indispensable au Moyen-Orient tout entier. Les conséquences, à ce jour, n’en sont pas mesurables.\n\n\n\nFaim et Développement est disponible sur abonnement payant. Nous vous avons offert cet article pour découvrir les contenus de notre magazine. [gallery link=\"file\" ids=\"10190,10188,10187,10186\"]"}
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Il abordera des questions cruciales sur lesquelles nous nous mobilisons depuis longtemps. Quels sont les impacts des bouleversements du climat sur l’agriculture et la sécurité alimentaire ? A contrario, quelles sont les conséquences de nos pratiques de gestion des terres pour le climat? Décryptage des enjeux de ce rapport.\n\nDepuis plusieurs années, nous demandons, aux côtés de nos alliés, la prise en compte des interactions entre dérèglements climatiques, terres et insécurité alimentaire dans les négociations internationales.\n\nEn 2015, nous obtenions la mention de cet enjeu dans le Préambule de l’Accord de Paris. Ce rapport du GIEC sur les questions des terres, de l’agriculture et de la sécurité alimentaire est une nouvelle victoire. La prise de conscience progresse !\nGIEC : les interactions entre agriculture et climat\nNous savons désormais que nos systèmes agricoles et alimentaires sont une cause majeure du réchauffement de la planète. Ils sont responsables d’environ un tiers de nos émissions mondiales de gaz à effet de serre. L’agriculture est notamment la première source d’émissions anthropiques de deux des gaz aux impacts les plus néfastes pour le climat : le méthane et le protoxyde d’azote.\n\nEn parallèle, les dérèglements climatiques ont des conséquences néfastes sur les terres : les phénomènes de dégradation des sols et de, désertification s’accélèrent. Nous savons également que cela affecte gravement la vie des populations, en particulier celle des petits paysans et paysannes.\n\n\n\nDécouvrez notre infographie pour mieux comprendre les relations entre climat, agriculture, terres et alimentation\nDérèglements climatiques et dégradation de l’environnement : des menaces sur la sécurité alimentaire\nDans le même temps, les analyses et rapports attestant des conséquences du développement de systèmes agroindustriels sur la sécurité alimentaire se multiplient. Le dernier rapport de l’IPBES (Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques) , publié il y a tout juste 3 mois, nous alerte sur les méthodes de l’agriculture intensive, notamment sur le risque de disparition des pollinisateurs. Or, 75 % des cultures destinées à l’alimentation humaine sont dépendantes ce ceux-ci. Autre phénomène inquiétant, la dégradation des sols par l’érosion de la biodiversité et les pratiques agricoles intensives a réduit de 23 % la productivité de l’ensemble de la surface terrestre mondiale. \n\nLes agences onusiennes dédiées aux enjeux d’agriculture et de sécurité alimentaire ne sont pas plus optimistes. Le dernier rapport sur l’état de l’insécurité alimentaire dans le monde , sorti le 15 juillet 2019, fait état de 821 millions de personnes souffrant de la faim. Un chiffre en hausse pour la 4e année consécutive. D’ici 2080, près de 600 millions de personnes supplémentaires pourraient rejoindre ce macabre décompte pour la seule cause climatique … \n\nFace à ces constats alarmants, quelle a été jusqu’à présent la réaction des Etats ?\nLe GIEC, l'agriculture et la politique de l’autruche\nLe précédent rapport du GIEC publié en octobre 2018 est clair. Il est indispensable d’entretenir et de recréer des puits de carbone, c’est-à-dire d’utiliser les terres pour séquestrer le CO2 et éviter qu’il ne s’échappe dans l’atmosphère. Mais il est également impératif de réduire drastiquement nos émissions de gaz à effet de serre, y compris dans le domaine agricole.\n\nLes dirigeants ont tendance à privilégier les politiques de séquestration du carbone dans les sols agricoles et à ignorer l’impératif de réduction des émissions. Ils se montrent incapables de remettre en cause le modèle intrinsèquement destructeur dans lequel nous vivons. \n\nCes stratégies mises en œuvre pour séquestrer du carbone dans les terres agricoles font la part belle aux multinationales et à leurs « solutions » : OGM, pesticides, monocultures motorisées…\n\nDans le même temps, la déforestation se poursuit à un rythme effréné sous la pression de l’expansion de l’agriculture intensive, détruisant les puits de carbone que sont les grandes forêts primaires.\n\nIl faut s’alarmer de cette situation, car séquestrer du carbone est un processus long, laborieux et sans garantie de résultat. Planter une forêt de jeunes arbres ne peut compenser la perte d’un puits de carbone ancien et stable tel que l’Amazonie. Verdir les pratiques de l’agro-industrie pour alléger sa conscience non plus.\n\nSurtout, il convient d’insister sur un point : séquestrer n’est pas réduire. La priorité doit impérativement être donnée à la protection des puits de carbone existants, tels que les forêts primaires, et à la réduction drastique de nos émissions.\n\nPour aller plus loin : La séquestration du carbone dans les terres agricoles, miracle ou alibi ?\n\nLoin de réorienter l’agriculture mondiale vers un modèle soutenable, la fuite en avant se poursuit. En 2015, les pays de l’OCDE ont injecté environ 100 milliards de dollars d’aides financières dans une agriculture potentiellement nuisible pour le climat . Plus récemment, le 23 juillet dernier, le Parlement français a voté en faveur de la ratification du CETA, traité de libre-échange entre le Canada et l’Union européenne. Ce traité va encore accélérer l’industrialisation de l’agriculture et perpétuer ainsi un modèle destructeur.\n\n\n\nAvec le rapport du GIEC, parlons de vraies solutions pour l'agriculture !\nPourtant, les solutions nous les connaissons. C’est notre système agricole et alimentaire tout entier qui est à repenser. Et les alternatives existent. Aux côtés de nos partenaires du Sud, nous travaillons chaque jour à la mise en œuvre d’une autre voie : celle de l’agroécologie paysanne.\n\nLire aussi : Un programme mondial de transition à l’agroécologie paysanne\n\nCette révolution sociétale permet de mettre en place un vrai changement de paradigme. Elle sous-tend des pratiques qui permettent de séquestrer du carbone, sans détruire les puits existants. Ses émissions sont extrêmement faibles par rapport à celles du modèle agro-industriel. Elle est plus résiliente face aux changements climatiques et permet d’assurer aux populations une alimentation abondante et riche nutritivement. Elle permet également de restaurer les sols agricoles et leur biodiversité. Enfin, elle favorise le développement économique et social en favorisant les marchés locaux et l’organisation territoriale des acteurs sur l’ensemble de la chaine de valeur.\nAprès ce rapport, enfin le tournant tant attendu ?\nLe GIEC mettra en évidence la corrélation entre dérèglements climatiques et insécurité alimentaire. Nous espérons qu’il mettra également en exergue la nécessité et l’urgence de changer radicalement notre système agricole et alimentaire. Nous attendons qu’il montre les limites de la séquestration du carbone dans les sols alors que dans le même temps l’agroécologie devrait être reconnue comme une solution centrale pour orienter les futures politiques agricoles...\n\nLa capacité d’influence du GIEC est importante. Difficile pour les Etats de continuer à ignorer des milliers de scientifiques parlant d’une même voix. Voir apparaître ces conclusions dans leur rapport en fera un argument de poids pour faire peser cette question dans les prochaines négociations internationales sur le climat, notamment la COP25, au Chili en décembre prochain et avant cela le Sommet Action Climat, à New York en septembre.\n\nRendez-vous le 8 août pour découvrir les analyses des experts !\nLe GIEC, qu’est-ce que c’est ?\nNom complet : Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat\n\nNaissance : 1988\n\nCréateurs : UNEP et WMO, deux institutions des Nations Unies\n\nMissions :\n- Evaluer les informations scientifiques, techniques et socio-économiques disponibles pour comprendre le fonctionnement du climat, les risques liés au réchauffement climatique et les options d’action (adaptation, atténuation)\n- Eclairer les choix politiques de manière neutre et non prescriptive\n\nAtouts :\n\n- Compilation des travaux de milliers de chercheurs internationaux\n\nSources : \n\n \tChiffres du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE)\n\n[gallery link=\"file\" ids=\"10194,10192\"]"}
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Les grands exploitants ont dépossédé les communautés de leurs terres et même l'accès à l'eau est contrarié.\nL’accès à l’eau, un enjeu majeur au Guatemala\nL’enjeu de l’eau est crucial. Les grandes plantations, notamment de canne à sucre, et l’exploitation minière contaminent l’eau avec le déversement de produits chimiques. Les projets hydroélectriques, aussi, en déviant les rivières, privent les communautés de l'accès à l'eau.\n\nLes communautés ne peuvent plus produire de quoi se nourrir. Les conséquences sanitaires sont graves. Nous avons un modèle économique qui accapare les richesses, les terres et même l’eau essentielle à la vie.\nGarantir le droit à l’eau\nDepuis de nombreuses années, à Serjus, aux côtés d’autres organisations, nous tentons de faire voter une loi pour garantir de droit humain à l’eau.\nPour nous, ce n’est pas une nouvelle notion. Dans la cosmovision maya, l’eau est considérée comme un être vivant qui a des droits en tant que tel. Il en est de même pour la terre et la forêt.\n\nMais le parcours est semé d’embûches. Face à nous, les pressions sont très fortes pour privatiser l’eau. Ce qui dans les faits est souvent déjà le cas. Cette proposition de loi, fruit d’un travail collectif de nombreuses communautés, porte directement atteinte aux privilèges et intérêts des grandes entreprises… Le Congrès a réceptionné le texte mais ne l’a jamais inscrit au débat. Nous en sommes là !\n\nEt comme le processus législatif au Congrès est dans une impasse, la société civile a présenté le texte il y a quelques mois devant la Cour constitutionnelle.\nSi les avancées sont difficiles au niveau national, elles peuvent se faire au niveau local\nAu niveau national, nos espoirs sont maigres… Mais j’ai une grande confiance dans nos communautés de base. Elles sont sages ! Elles trouvent toujours d’autres voies. Par exemple, de nombreux accords municipaux ont été trouvés. Si les avancées sont bloquées à l’échelon national, elles se font localement grâce à l’autonomie des municipalités. Certaines politiques locales et territoriales ont entériné le droit humain à l’eau.\nPar exemple, à Ixcan, toutes les communautés indigènes ont leurs propres normes non seulement en matière de gestion, d’accès et de protection de l’eau mais aussi pour prévenir beaucoup d’autres problèmes qui affectent le bien-vivre de la communauté.\nFormer les communautés à être force de changement\nNotre rôle est de former les communautés à devenir actrices de transformations sociales grâce à l’éducation populaire. Ainsi, les personnes gagnent en esprit critique et posent un autre regard sur le monde. Nos écoles de formation aident les communautés à formuler des propositions concrètes de changements au niveau local. Nous formons essentiellement de futurs leaders communautaires qui interviendront ensuite au niveau local ou national sur des enjeux aussi divers que la défense de l’accès à l’eau, la protection de la forêt, la préservation des semences ou la revendication des droits des peuples indigènes. Nous nous adaptons aux besoins de communautés.\n\nLes écoles œuvrent à une convergence entre toutes les luttes. Ainsi les paysans et les défenseurs des droits des femmes par exemple, bien que leurs luttes soient différentes, pourront dialoguer et construire un projet politique commun.\nLa société civile au Guatemala se rassemble autour d’un projet global de changement\nTransformer en profondeur le système capitaliste, patriarcal et colonialiste : voici le projet politique commun qui aujourd’hui réunit toutes les luttes au Guatemala ! Obtenir une vraie souveraineté alimentaire en fait partie intégrante car les inégalités sont criantes dans notre pays. La concentration de la terre et des richesses fait subir de graves problèmes de malnutrition à certaines communautés.\n\nLa promotion de l’agroécologie est l’une des solutions pour lutter contre les dégâts de l’agroindustrie. Nous remettons ainsi au goût du jour des pratiques ancestrales. Et nous nous battons pour la protection de la biodiversité. Notre objectif est de construire une économie pour la vie et non une économie de l’accumulation. Car le système capitaliste d’accumulation au Guatemala a laissé sur son passage la mort et la destruction. \n\nNous le vivons au quotidien : notre produit intérieur brut croît alors que les conditions de vie des personnes sont de plus en plus précaires.\"\n\nVilma Judith Sot Chile\n\nPropos recueillis par Violaine Plagnol\n\nPour en savoir plus sur le Guatemala et notre action \n\n[gallery link=\"file\" ids=\"10197,10198\"]"}
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Mais estime que les avancées démocratiques et sociales acquises sous Fernando Lugo Mendez pourront difficilement être remises en question.\n\n\n\nFDM : Alors que le Paraguay a élu son nouveau président, quel regard portez-vous sur le mandat de son prédécesseur, Fernando Lugo Mendez ?\nMarielle Palau : L’élection de Fernando Lugo Mendez, en avril 2008, a constitué un tournant symbolique dans l’histoire du pays puisqu’elle a entraîné la défaite du Parti Colorado et permis une alternance politique après plus de soixante années de parti unique. Cette élection a surtout été marquée par les immenses attentes des milieux populaires dans les domaines sociaux, économiques et politiques. Mais Fernando Lugo Mendez n’a pas disposé d’une majorité au Parlement et a été obligé de gérer le pays avec un gouvernement très hétéroclite, allant de la gauche au Parti libéral.\n\nLa réforme agraire constituait la principale promesse de campagne de l’ancien président. Pourquoi n’a-t-elle pas été réalisée ?\nC’est effectivement son principal échec. Outre les tiraillements internes au gouvernement, il a dû affronter, dès le début de son mandat, les énormes résistances et pressions exercées par les grandes entreprises de l’agrobusiness, stratégiques pour l’économie du pays. Cette absence de réforme agraire est d’autant plus dommageable que le thème de la terre est central dans ce pays où l’agroindustrie avance chaque année de 250 000 hectares et pousse des dizaines de milliers de petits paysans dans la pauvreté. Très rapidement, les militants favorables à cette réforme ont pris conscience qu’elle serait difficile à réaliser. Malgré certaines mesures, notamment celle limitant le développement des cultures transgéniques, l’ambiguïté du gouvernement quant à sa volonté réelle de l’imposer est vite apparue.\n\nC’est un conflit lié à la terre qui a engendré la destitution de Fernando Lugo Mendez le 22 juin 2012.\nLe massacre de dix-sept personnes, dû à des affrontements entre des civils et des\npoliciers, venus expulser des paysans sans terre installés dans la propriété d’un homme d’affaires, est encore aujourd’hui l’objet de beaucoup d’interrogations concernant ses véritables protagonistes. En attendant, le président a été tenu responsable et destitué de manière très controversée par les deux principales forces politiques, le Parti Colorado et le Parti libéral, dont le leader, vice-président de Fernando Lugo, va assurer l’intérim du pouvoir jusqu’au 15 août, date de l’intronisation d’Horacio Cartes. Il s’agit ni plus ni moins d’un « coup d’État parlementaire », qui a d’ailleurs provoqué l’exclusion du Paraguay pendant près d’un an des instances continentales, comme le Marché commun du Sud (Mercosur) et l’Union sud-américaine des nations (Unasur). \n\nPourquoi ses opposants n’ont-ils pas attendu la fin de son mandat, sachant qu’il ne pouvait pas, constitutionnellement, en briguer un second ?\nIl s’agit d’un coup d’État « préventif » ! Car, si les promesses de campagne n’ont pas été toutes tenues, Fernando Lugo Mendez a tout de même jeté les bases d’une nouvelle pratique démocratique. Il a tenté d’associer le plus possible les organisations sociales dans le cadre d’une politique participative. Il a également ouvert de nombreux droits sociaux aux plus démunis et développé un meilleur accès à l’éducation et à la santé. Même si, pour se maintenir au pouvoir, il est resté au centre de l’échiquier politique, il a quand même incarné une alternative économique et sociale crédible, susceptible de durer. Cela représentait un danger pour le Parti Colorado et le Parti libéral.\n\nDans ce contexte, que représente le retour du Parti Colorado au pouvoir ?\nCette élection présidentielle a été vécue par beaucoup comme un second coup d’État, car elle a légitimé la destitution arbitraire de Lugo Mendez, élu au suffrage universel. On ne peut pas exclure un risque important de conflits sociaux dans les mois à venir, mais je pense que les avancées démocratiques et sociales acquises sont durablement inscrites dans le temps."}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/en-israel-aussi-la-population-palestinienne-est-depossedee/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/en-israel-aussi-la-population-palestinienne-est-depossedee/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"En Israël aussi, la population palestinienne est dépossédée","datePublished":"2013-11-22T13:47:00+00:00","dateModified":"2025-08-22T16:25:52+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/en-israel-aussi-la-population-palestinienne-est-depossedee/"},"wordCount":745,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Bande de Gaza","Paix et vivre ensemble"],"articleSection":["Article"],"inLanguage":"fr-FR","description":"Toute cette semaine, le CCFD-Terre Solidaire accueille deux représentants d’associations palestiniennes d’Israël, qui viennent témoigner des déplacements de populations palestiniennes en cours dans le Néguev (Naqab en arabe) et dans les villes mixtes, comme à Lod ou Saint Jean d’Acre. \n\n\n\nOn connait la pression de la colonisation en Cisjordanie, qui transforme le territoire palestinien en peau de chagrin. On connait aussi la politique en cours à Jérusalem, qui vise à y limiter la population palestinienne, avec son cortège d’expropriations et de destructions de maisons. Mais on connait moins ce qui passe en Israël même.\n\nThabet Abu Ras est directeur du bureau du Néguev pour Adalah – Centre légal pour les droits de la minorité arabe. « Dans le Néguev, 70000 Bédouins, les « habitants du désert », vivent dans 35 villages non reconnus qui sont menacés de destruction » explique-t-il. Plus de 30 000 personnes sont menacées d’expulsion. Les populations bédouines qui vivaient dans tout le Néguev ont été déplacées dans les années 50, et regroupées dans une zone du désert éloignée des frontières jugées poreuses de la Jordanie actuelle et de l’Egypte. Les bédouins qui n’ont pas voulu aller s’installer dans les villes ont alors reconstruit des villages qui n’ont jamais été reconnus par les autorités israéliennes, au contraire des implantations juives qui se développaient à la même époque.  Un grand nombre de propriétaires des terres bédouines n’ont jamais réussi non plus à faire reconnaitre par les autorités de l’état israélien leurs titres de propriété qui prévalaient au temps de l’empire ottoman et du mandat britannique. \n\nAu prétexte de programmes de reforestation du désert, d'implantation de nouveaux immigrants et de développement économique, le plan « Prawer», en discussion en ce moment au parlement israélien, menace de déposséder les bédouins de 50% de leur terre. Or ce plan a déjà commencé à être mis en œuvre avant même son adoption par la Knesset explique Thabet Abu Ras. 1000 maisons ont été détruites pour la seule année 2011. Sur place, les bédouins s’organisent en refusant les indemnisations dérisoires proposées pour quitter leur maison, et en tentant de reconstruire ce qui a déjà été détruit. « Nous espérons qu’une mobilisation internationale viendra les soutenir » lance Thabet.\n\nA l’autre extrémité du pays, Johayna Saifi, impliquée dans des associations d’éducation populaire, est animatrice communautaire dans la vieille ville de Saint Jean d’Acre. Acre est une des villes mixtes en Israël, nommées ainsi du fait de leur population palestinienne importante. A Acre, la population palestinienne se concentre dans la vieille ville historique. Les quartiers où sont concentrés les Palestiniens font face à des manquements en matière de planning urbain, de services publics et d’infrastructures ainsi qu’à une politique d’éviction et de gentrification. Les bâtiments d’architecture arabe font l’objet d’un véritable engouement chez les promoteurs Israéliens. « Mais les politiques de rénovations urbaines servent de prétexte pour faire partir les familles très paupérisées et fragilisées, et donc en particulier les Palestiniens » raconte Johayna.\n\nComme l’explique le film de sensibilisation apporté par Thabet « Ce n’est que lorsqu’on saisit la réalité et les motivations de la politique israéliennes des deux côtés de la ligne verte  que l’on peut comprendre l’injustice sous-jacente de la dépossession.  Avec des cadres légaux différents, mais dans un même objectif, Israël est en train de déplacer des milliers de palestiniens et de violer leurs droits humains fondamentaux ».\n\nA l’occasion de la visite de François Hollande en Israël, la plateforme des ONG françaises pour la Palestine interpelle le gouvernement sur les menaces d’expulsion pesant sur les bédouins du Néguev. Chacun peut manifester son opposition à ce plan en écrivant à François Hollande\n\nLe 30 novembre, les Palestiniens appellent à une journée de mobilisation internationale contre le Plan Prawer. Les comités de soutien sont invités à organiser des marches, des manifestations, des lettres de protestation. \n\n« Il ne reste qu’à trouver la volonté », conclut Thabet. \n\nAnne-Isabelle Barthélémy"}
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Mais le G7 veut-il réellement s’attaquer aux inégalités ? Quels intérêts représente-t-il ?\nAvec d’autres organisations de la société civile nous contestons la légitimité du G7 à influencer la politique mondiale dans une logique toujours plus néo-libérale, porteuse d’inégalités et destructrice pour la planète.\nAux côtés de nos alliés et partenaires, nous nous mobilisons pour un contre-sommet « Alter G7 » organisé à Hendaye-Irun, du 19 au 23 août, dans un contexte d’urgence climatique et sociale.\n\nQu’est-ce que le G7 ?\nCe cadre de dialogue informel  s’est créé dans le contexte de crise mondiale qui a suivi le premier choc pétrolier en 1971. Créé à 5 en 1973, le G7 ou « groupe des sept », regroupe les représentants des pays les plus industrialisés  de la planète : l’Allemagne, le Canada, les États-Unis, la France, l’Italie, le Japon et le Royaume-Uni.\nLe G7 n’est pas une administration transnationale comme peuvent l’être les organisations des Nations Unies ou la Banque Mondiale. Il se veut être un moment de rencontres et d’échanges entre les chefs d’Etats des pays membres sur les sujets d’actualités mondiales[[ Le G7 se consacre d’abord aux questions économiques. Au fil des ans, les discussions s’ouvrent aux grands enjeux globaux, notamment dans le domaine de la paix, du développement, du changement climatique.]].\n\nDepuis 1978, l'Union européenne [[anciennement la Communauté économique européenne]] participe aux échanges mais ne peut assurer la présidence tournante, réservée aux pays membres.\nQuelle est la légitimité du G7?\nBien sûr nous reconnaissons la légitimité des chefs d’États et gouvernements à se rencontrer et à dialoguer de manière informelle. Ce que nous dénonçons, c’est le rôle de directoire mondial  que souhaite jouer le G7 en prenant des décisions à huit-clos et qui concernent des pays qui ne sont pas autour de la table.\nCes décisions orientent  de plus en plus les politiques misent en place par les instances internationales, en particulier dans les pays en développement, souvent en prétendant lutter pour de grandes causes.\nA cet égard, nous avions par exemple dénoncé les conséquences de la \"Nouvelle Alliance pour la Sécurité Alimentaire et la Nutrition\" ou NASAN, lancée en 2012 par le G8 et qui représentait surtout les intérêts de l’agro-industrie sous couvert de lutte contre la faim.\n\n\nL'étonnant visuel du site internet du G7 annonçant le thème de la lutte contre les inégalités\nLe G7 est-il compatible avec la lutte contre les inégalités ?\nEn 2019, la France est le pays hôte et a choisi d’organiser le sommet à Biarritz, du 24 au 26 août, autour du thème « Lutter contre les inégalités ».\n\nUn thème fondamental car l'augmentation des inégalités est aujourd'hui un problème majeur, mais qui soulève un certain nombre de questions, comme l’explique Peggy Pascal, directrice du Plaidoyer au CCFD-Terre Solidaire : « Les Etats riches se réunissent avec l'ambition de réduire les inégalités mondiales. Ils agissent comme un directoire mondial et prennent des décisions qui concernent des états qui ne sont pas membres de ce club de pays riches. De plus ce sont précisément les politiques et décisions prises par les pays du G7 qui sont l'une des sources majeures de croissance des inégalités mondiales. \n\nSi les états du G7 veulent réduire les inégalités : \n\n-Sont-ils prêts à changer leurs politiques publiques et remettre en cause le néolibéralisme à la source de tant d’inégalités?\n\n-Sont-ils prêts à remettre à plat l’organisation du système fiscal international et cesser de contrer la demande faite par plus de 130 pays qui demandent depuis longtemps la création d'un organisme à l'ONU sur les questions fiscales ?\n\n-Sont-ils prêts à soutenir la mise en place de règles contraignantes pour les multinationales et à ne pas bloquer le traité onusien sur les entreprises et les droits humains ?\n\n- Sont-ils prêts à cesser un soutien massif à l’agro-industrie fortement émettrice en carbone et soutenir résolument le développement de l’agroécologie paysanne ?\n\nLe risque est grand que le G7 se résume à une belle opération de communication autour d’un thème mobilisateur, mais qu’il reste un coup d’épée dans l’eau.\nPourquoi le G7 et pas les Nations Unies?\nPour nous, ce sont les Nations-Unies qui offrent le cadre le plus légitime de régulation politique à l’échelle mondiale. Nous appelons à privilégier et renforcer les espaces de la gouvernance onusienne, plutôt que des alliances comme le G7 dont l’existence n’est pas reconnue en droit international et dont les règles de fonctionnement sont floues, voire inexistantes.\n\nPourquoi un alter-G7 ?\n\n\nLe CCFD-Terre Solidaire est membre la plateforme nationale « Alternatives G7 » lancée par 28 organisations [[(Action Aid France, Adéquations, Amis de la Terre, Attac, Artisans du Monde, CADTM, Collectif Droits des Femmes, Confédération Paysanne, CRID, Emmaus International, Fondation Copernic, Fondation France Libertés, Fédération Syndicale Unitaire, Ingénieurs sans frontières, Ipam, Marche Mondiale des Femmes, Mouvement de la Paix, Ligue des droits de l’Homme, Oxfam, Sherpa, Solidaires, Ritimo, Réseau Foi et Justice Afrique – Europe)]], et pilotée par le CRID,.\n\nL’objectif de cette dynamique collective : s’opposer au sommet officiel en proposant des alternatives pour une politique mondiale qui lutte réellement contre les inégalités et les désastres écologiques.\n\nCette année, l’alter-G7 est prévu du 19 au 23 août à Hendaye-Irun. Au programme : conférences, débats, manifestations et constructions de résistances.\n\nCe n’est pas la première fois que le CCFD-Terre Solidaire s’implique dans l’organisation des contre-sommets, comme lors du G20 à Cannes en 2011 et du  G8 de Deauville en 2012.\nQuels seront les thèmes portés par le CCFD-Terre Solidaire à l’alter G7 ?\nLes thématiques prévues au programme de ce contre-sommet rejoignent  les combats que nous portons depuis de nombreuses années :\n-L’insécurité alimentaire et la défense de la souveraineté alimentaire\n-Les luttes contre la spéculation foncière\n-L’agroécologie paysanne comme réponse à la crise écologique et sociale\n-La lutte contre l’évasion fiscale et la justice fiscale\n-L’impunité des multinationales\n-Les migrations\n\nNous serons présents pour échanger avec le public dans diverses conférences, débats et carrefours qui composent l’alterG7 autour de ces thèmes qui nous mobilisent au quotidien.\nQuelle mobilisation de notre association ?\nAu cours de ces 3 jours, l’équipe du CCFD-Terre Solidaire Pays Basque  animera un stand . Nous proposerons des actions, de type conférences, animations, ciné-débats, etc :\n\n- Swann Bommier, chargé de plaidoyer régulation des multinationales, interviendra au cours de la conférence “Face aux accords de libre-échange et l’impunité des multinationales, quelles alternatives ?” et animera le ciné-débat  autour du film “Quand les multinationales attaquent les états”\n\n- Lison Rehbinder, chargée de plaidoyer financement du développement, interviendra dans une conférence sur les sujets liés à la justice fiscale  et à la lutte contre l’évasion fiscale\n\n- Valentin Brochard, chargé de plaidoyer Souveraineté Alimentaire et Maureen Jorand, chargée de plaidoyer souveraineté alimentaire et climat, animeront des temps de débat portant sur la souveraineté alimentaire\n\n\nCette année, nous avons aussi invité notre partenaire sud-africain Roger Domingo  de Surplus People Project (SPP) à participer aussi au contre-sommet. SPP ou projet des « laissés pour compte », est une ONG qui, depuis une quinzaine d’années, aide les populations noires déplacées dans le cadre de la politique d’apartheid à retrouver leurs terres, dans les provinces du Cap occidental et du Cap septentrional.\n\nPlus de détails sur les conférences sur le site https://alternativesg7.org\n\nRejoignez-nous sur Twitter ou facebook  pour suivre en direct la participation du CCFD-Terre Solidaire à l’alter-G7.\n\n[gallery link=\"file\" ids=\"10211\"]"}
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Il la voyait comme une injustice, reposant sur un système qu’il fallait changer. Pour autant, ce n’était pas une considération idéologique. Dom Hélder avait fait des pauvres de Recife et du monde leurs frères. Ainsi, dans cette fraternité, il les accueillait, les écoutait, et éventuellement dans ses voyages autour du monde, il leur prêtait sa voix. C’était un engagement qui prenait source dans l’évangile. \n\n\nTout le monde connaît sa célèbre phrase : « Quand je donne à manger aux pauvres, on dit que je suis un saint. Quand je demande pourquoi, on dit que je suis communiste ». \n\nPar là, Dom Hélder parlait non seulement des perceptions qu’on avait de lui – « saint » et « communiste » – mais de deux actions inextricables : il fallait s’occuper de l’humanité des hommes, en leur donnant à manger. En même temps, il était conscient que simplement donner à manger n’était pas suffisant pour ne pas les laisser succomber à l’injustice de la faim et des inégalités. Il fallait se demander pourquoi ; connaître et dénoncer les causes de la pauvreté.\n\nEt que dirait-on de Dom Hélder quand il se serait posé du côté des pauvres d’aujourd’hui ? Ces pauvres aux multiples visages –les migrants refoulés d’Europe et des Etats Unis, les réfugiés de guerres qui continuent à ravager la planète, les indigènes spoliés de leurs terres pour donner place à des industries minières à ciel ouvert au Guatemala ou ailleurs dans le monde (à Madagascar par exemple), les paysans empêchés de semer sur leur terre pour que des grands monocultures s’installent pour produire la matière première à des agro-carburants, les travailleurs esclaves au Brésil…  (oui, l’esclavage est encore d’actualité au Brésil – et le combat de la  Commission Pastorale de la Terre, créée en 1975 avec l’appui de Dom Hélder, pour éradiquer ce fléau est exemplaire), … Que dirait-on de lui quand il dénoncerait les méfaits d’un modèle de développement injuste, qui accroît les inégalités, opprime et tue des êtres humains ? Que dirait-il aujourd'hui face à l'Amazonie qui brûle?\n\n« Communiste », cet adjectif qui au temps de Dom Hélder (et des dictatures militaires en Amérique latine) a amené tant de gens à la prison et à la torture, est aujourd’hui « démodé » ou, en tout cas, il n’est plus de mise. Mais les efforts pour faire taire les voix prophétiques et disqualifier l’action de ceux et celles qui résistent et combattent les injustices n’ont pas cessé. Peut-être, serait-il encadré dans une des lois anti-terroristes qui se mettent en place ici et là et qui dans certains pays d’Amérique latine amènent des militants sociaux ou des syndicalistes à la prison. En Amérique latine (et ailleurs dans le monde), et plus particulièrement au Brésil, on assiste à une « criminalisation » de la contestation. \n\n \n\n\nUne nouvelle vision de l'Eglise\n\n\nLa spiritualité qui mobilisait Dom Hélder reste d’actualité dans les communautés ecclésiales de base. Moins visibles, moins exposées aux polémiques, elles n’en restent pas moins vivantes et tout aussi fondamentales pour que des chrétiens se mettent en route en suivant l’exemple de Jésus. Les engagements de Dom Hélder se poursuivent dans ceux de milliers d’hommes et de femmes qui ont été accompagnés par l’Eglise de Recife dans leur prise de conscience sur les causes des inégalités et dans leur action pour transformer les réalités d’injustice.\n\nCes réalités, hier comme aujourd’hui, doivent continuellement interpeller l’Église. Une Église invitée à être témoin de pauvreté et solidaire des pauvres. \n\nLuiz Alberto Gomez de Sousa, sociologue brésilien, qui a collaboré de près avec Dom Hélder de par son travail en tant que laïc engagé dans l’Action Catholique (il était membre de la JUC – Jeunesse Universitaire Catholique), parle de Dom Hélder comme un évêque sans frontières, un évêque pèlerin, investit d'une responsabilité universelle, plutôt qu’un gardien du temple. Son « temple », son archidiocèse était confié à une équipe compétente de collaborateurs, dont un grand nombre de laïcs. Son exemple devrait inspirer davantage l’ensemble de l’Église.\n\nDom Hélder nous a appris la solidarité, la fraternité. Il a insisté sur la réalité de notre destin partagé comme humanité : Sud et Nord travaillant ensemble pour une même cause. Celle des pauvres. Il disait ne pas croire à un développement qui ne soit pas conduit par le peuple. Il ne perdait jamais de vue la force et fécondité des pauvres (les minorités abrahamiques).\n\nAu CCFD Terre-Solidaire, où je travaille actuellement, on cultive cette même perspective ; par l’importance que l’on accorde aux relations de partenariat  avec des acteurs de transformation sociale présents sur le terrain, enracinés dans la vie des populations les plus pauvres.\n\n\nL'Evangile et une relation privilégiée avec les pauvres\n\n\nL’évangile et une relation filiale avec Dieu étaient les sources de la force de Dom Hélder. C’était aussi le point de départ pour une relation privilégiée avec les pauvres. C’est en poursuivant ses intuitions que nous pouvons faire vivre le message de Dom Hélder. Comme lui, nous sommes invités à porter des convictions.\n\nCette fraternité avec les pauvres était représentée par son attitude d’écoute et d’accueil. Nous sommes invités à garder toujours la porte ouverte et être prêts à écouter les pauvres et les groupes socialement marginalisés d’aujourd’hui :les étrangers (les migrants), les femmes, les jeunes… Et à leur faire une place dans la société et dans l’église, en travaillant en même temps pour que des politiques publiques inclusives – qui viennent réparer des injustices – soient mises en œuvre.\n\n\n\nDom Helder Camara avec des bénévoles et des salariés du CCFD en 1979\n\nLe sens du collectif\n\nJustement, à propos de politique, une autre intuition féconde de Dom Hélder qui mérite d’être poursuivie était la création de sujets collectifs. Il en a été ainsi pour la création de la Conférence Episcopale Brésilienne, première dans le genre, ou de la conférence des évêques latino-américains ou encore des nombreuses initiatives qu’il aidait à lancer et animait de son charisme. Dom Hélder était toujours là à articuler des efforts. Dans tous les espaces qu’il aidait à créer et dans son rôle en tant que pasteur, Dom Hélder adoptait toujours un esprit de service. C’est une attitude et une vision différente de la politique et du pouvoir. \n\nPouvoir (ou plus exactement, pouvoirs) que Dom Hélder était amené à fréquenter. Toujours, au service de la cause de la paix, du respect des droits humains, de la justice sociale. \nComme lui, nous ne devons pas nous lasser d’interpeller les autorités.  Il est peut-être intéressant de souligner que, à bien des égards, Dom Hélder était un précurseur de méthodes aujourd’hui très en vogue dans le milieu de la solidarité internationale comme le plaidoyer et le lobbying. \nDans ses discours en Europe, il plaidait toujours la cause du Tiers-Monde, en rappelant les responsabilités du Premier Monde. Il invitait les citoyens français et européens à s’engager ici pour transformer la réalité du monde. Aujourd’hui, premier ou tiers monde ne sont pas dans le langage de la mondialisation. Reste néanmoins que l’interdépendance entre les pays s’est accrue. Et si on utilise davantage les expressions « Nord » et « Sud », on n’omet pas de diagnostiquer des « nords » au Sud, constitués par l’extrême richesse de certains, et des « suds » au Nord, par les réalités de pauvreté qui ne sont pas étrangères à des pays comme la France.\n\nL’Eglise du Brésil et d’Amérique latine qui ont tant contribué à la formation de leaders sociaux, nous encourage à poursuivre ce chemin. \n\n\nReconnaître les signes d’espérance présents dans notre réalité\n\n\nMême si l’époque que nous vivons ne semble pas porteuse pour l’utopie de la justice sociale, il faut savoir reconnaître et accompagner les signes d’espérance présents dans notre réalité. Ainsi, l’Eglise en Amérique centrale assume une voix prophétique pour défendre l’intégrité de la Création et les peuples indigènes menacés. Comme aurait dit Dom Hélder, « quand les problèmes deviennent absurdes, les défis deviennent passionnants ». \n\nWalter Prysthon\n\n\nDes jeunes indigènes wampis jouent sous la pluie en Amazonie, ©JC Gerez/CCFD-Terre Solidaire \n\n\n[gallery link=\"file\" ids=\"10222,10219,10220\"]"}
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Plus de 750 000 hectares sont en train d’être détruits par le feu. Les incendies ont atteint la région semi-aride du Chaco, proche de la région amazonienne. Ils dévastent cette région extrêmement riche en biodiversité où des communautés indigènes ont dû fuir face à l'avancée des flammes.\nNotre organisation partenaire sur place CIPCA nous appelle à l’aide.\n\n\n\n\nVidéo Cipca\n\nJE FAIS UN DON\n\nEn Bolivie la région connue sous le nom du « Chaco » est une zone de forêt sèche peu peuplée. Les incendies touchent particulièrement la zone de Charagua, qui constitue la plus grande entité territoriale de Bolivie (plus vaste que l’Irlande). C’est un territoire exceptionnellement préservé  qui est constitué à 68% de zones protégées. Des populations indigènes dites « non contactées », sont également présentes. Elles se seraient enfuies face à l’avancée des flammes.\n\nLe Professeur Belarmino Solano Salazar est le coordinateur du gouvernement indigène autonome du territoire de Charagua Iyambae. Il décrit la situation : « Dans la zone de conservation de Ñembiguasu, nous constatons qu'aucune végétation n'a survécu. C'est une tristesse unique. » \n\n « Cette région a été complètement consumée par les incendies, on voit énormément d’animaux morts au bord des routes. Les dégâts sont considérables pour la faune et la flore » raconte également Rubén Ortiz Casanova, représentant de l’aire de conservation environnementale Ñembiguasu. Le 3 septembre, plus de 280 000 hectares ont été consumés sur les 1,2 millions d'hectares que compte cette aire.\n\n« Il ne nous reste plus qu'à continuer à chercher de l'aide pour éteindre le feu dans d’autres zones.\"\nUne région isolée\nL’Etat bolivien, le plus pauvre de l’Amérique du Sud, a mis du temps à réagir et manque de ressources pour venir en aide aux populations impactées.\n\nLes équipes du Centre de Recherche et de Promotion de la Paysannerie (CIPCA), notre organisation partenaire sur place, nous ont contactés et transmis plusieurs vidéos aériennes montrant l’importance des dégâts.\n\nNotre appui soutient leurs efforts pour être présents sur les fronts de l'incendie auprès des populations sinistrées et déplacées, notamment la communauté guarani. Il s’agit de leur donner un appui de première urgence (vivres, eau, médicaments, réservoirs d’eau...).\n\n\n©CIPCA\n\nObjectifs de notre soutien :\n\n- Mise en place d'un plan de réponse face aux incendies forestiers dans les parcs naturels de Kaaiya et Otuquis et l'aire de conservation Ñembiguasu\n- Prise en charge des familles sinistrées\n\nActivités prévues : \n\n- Déplacements sur le front des incendies pour venir en aide aux populations affectées\n- Distribution de vivres et d'eau aux communautés sinistrées\n- Distribution de médicaments (anti brûlure, réhydratation, collyres...)\n- Mise en place de système d'approvisionnement en eau pour les populations déplacées\n- Renforcement des capacités des autorités autonomes en matière de gestion territoriale\n- Réunions de plaidoyer avec les institutions nationales\nUne action préventive\nIl est indispensable de déployer une action préventive. « Nous voyons que plus en bas, la fumée continue. C’est pour cela que nous sommes ici, pour faire le nécessaire pour que le feu cesse d’avancer vers Charagua et le parc Otuquis. »  explique Belarmino Solano Salazar, coordinateur du gouvernement indigène qui sollicite notre aide à travers CIPCA.\n\n\nDepuis plusieurs années, CIPCA accompagne de près le processus d'autonomie du territoire du gouvernement autonome indigène paysan (GAIOC) de Charagua Iyambae. Nous les soutenons à travers notre programme international Tapsa de transition à l’agroécologie. Les pratiques agroécologiques sont une réelle alternative à l’agriculture industrielle et permettent d’éviter ces incendies dévastateurs.\nL’agro-industrie pointée du doigt\nC'est l'activité humaine, à travers le développement de l'agro-industrie, qui explique principalement les départs de feu. Le recours aux brûlis pour défricher les terres, malheureusement soutenu par l'Etat en Bolivie, est la source de multiples incendies. Une pratique catastrophique dans un contexte de sécheresse et de vents forts.\n\n\n©CIPCA\nLe gouvernement favorise en effet par un décret récent le recours au \"brûlis contrôlé\" pour les propriétaires terriens du département de Santa Cruz où se trouve Charagua.\nEt l'Etat a également octroyé récemment des terres à des communautés de colons au sein même du territoire du Ñembiguasu, qui ont eu recours à ces \"brulis contrôlés\" pour défricher et cultiver. Pour Martin Willaume, chargé de mission Bolivie au CCFD-Terre Solidaire,\" l'expansion de la frontière agricole est donc responsable du départ de ces incendies\".\n\nQuand les incendies seront terminés, nos partenaires veulent faire le diagnostic des zones sinistrées et engager l'Etat et les autorités locales à prendre des mesures de protection et d'atténuation de ces incendies (dégradation des sols, stress hydrique, reforestation...).\n\nCIPCA veut aussi renforcer le plaidoyer des Guaranis auprès de l'Etat bolivien afin que ce dernier puisse jouer son rôle et mobiliser toutes ses forces face aux risques d'incendies.\n\nJE FAIS UN DON\n\n[gallery link=\"file\" ids=\"10225,10224\"]"}
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Alors que les groupes rebelles revendiquent leurs identités religieuses, Mgr Nestor Nongo refuse ces assignations et s'engage résolument pour la paix.\n\nSitué à 300 km au nord-ouest de la capitale Bangui, le diocèse devient en 2012 l’un des épicentres du conflit. Les artisans du conflit utilisent les identités religieuse pour se rallier davantage certaines franges de la population. « Il y a eu une grande instrumentalisation des religions, par les rebelles de la Seleka qui disent se battre au nom de la religion musulmane et les anti-balaka au nom de la religion chrétienne », explique Nestor Nongo. Non seulement Nestor Nongo va refuser catégoriquement de rentrer dans ce jeu-là, mais il va utiliser toute son influence pour les contrer.  \n\"La violence fait partie de mon expérience pastorale\"\nJeune prêtre au Nigéria dans les années 2000, Nestor Nongo avait déjà été confronté à des conflits entre musulmans et chrétiens, où les religions étaient là aussi instrumentalisées à des fins politiques. « La violence, souligne-t-il, fait partie de mon expérience pastorale. » Pour lui, au Nigéria comme en RCA (République centrafricaine) où il négociera deux accords de paix locaux avec les rebelles en 2017 et 2018, seuls le dialogue et l’ouverture à l’autre permettent de dépasser les tensions. Avec le risque assumé pour sa propre sécurité.\nDans sa mission pastorale, ce prélat chaleureux privilégie la rencontre. Quant il est arrivé à Bossangoa, il a tout de suite demandé aux paroissiens de l’appeler père pour que sa fonction ne créée pas de distance avec les populations. Une relation de confiance qu’il a aussi su nouer avec la communauté musulmane. « À chaque fois que j’effectue des déplacements à l’extérieur du diocèse je vais voir l’imam, je me rends à la mosquée », explique-t-il.\n\"Nous n'avions aucun moyen pour accueillir ces milliers de déplacés\"\nMais, quatre mois après sa nomination, il n’était pas préparer à accueillir des milliers de déplacés. « En septembre 2013, j’étais au Bénin, quand mon vicaire m’a prévenu qu’il y avait eu une attaque des Selekas dans la ville », raconte-t-il. Les rebelles ont tué des hommes dans les maisons, et les gens sont venus se réfugier à l’évêché.  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En 2014, des paroissiens de l’est du diocèse réclamaient le retour de leurs prêtres. Le prélat décide alors de les accompagner pour les célébrations de la semaine sainte. Mais aux portes de Batangafo, des hommes de la Seleka pointent des kalachnikov et de lance-roquettes sur leur véhicule et les arrêtent. Mgr Nongo va alors comprendre qu’il est personnellement visé. « Ils m’ont notifié quatre chefs d’accusations, dont celui d’être le chef des anti-balaka et de communiquer des informations aux militaires de l’opération Sangaris [[L’opération militaire de l’armée française du 5 décembre 2013 au 31 octobre 2016.]]. Ils m’ont dit que j’étais condamné à mort. » Menottés, le prélat et les prêtres sont ensuite emmenés vers la frontière tchadienne. \nMais à mi-chemin, le convoi est intercepté par un autre groupe rebelle opposé à ces visées macabres. Après des heures de discussion avec leur chef, les trois hommes seront heureusement enfin libérés le lendemain matin. « Nous avons pu célébrer les fêtes pascales avec la communauté chrétienne. Mais alors que nous allions rentrer à Bossangao, on nous a prévenus d’une embuscade sur la route. » Ce n’est que deux jours plus tard qu’ils seront évacués par hélicoptère par un général camerounais de la Minusca [[Minusca : Mission intégrée multidimensionnelle de stabilisation des Nations unies en République centrafricaine.]].\nDepuis 2013, huit religieux ont été assassinés et l’évêque plie parfois sous le poids de ses responsabilités vis à vis des religieux de son diocèse. « Quand tu envoies quelqu’un sur le terrain pour répondre à la demande légitime des paroissiens en sachant que les conditions de sécurité ne sont pas réunies, tu as la vie de cette personne entre tes mains. Et si ça tourne mal tu dois rendre compte à ta hiérarchie, mais surtout à sa famille. »\n\nDeux accords de paix locaux\nAlors que sept accords de paix ont été signés sans résultat sur le terrain, l’évêque, face à l’ampleur de la détresse des populations soumises aux pillages et aux attaques meurtrières, va initier entre différents groupes armés, deux accords locaux  dans le nord du diocèse, avec l'appui de la préfète et députée Béatrice Epaye, amie de longue date du CCFD-Terre Solidaire. \nDurant plusieurs semaines, il va rencontrer les différents protagonistes, avec pour seule préoccupation la fin des violences. Avec son franc parler, il met les rebelles devant leurs responsabilités : « Ils savent, dit-il, qu’ils ne méritent plus la confiance de la population, car ils l’ont trop fait souffrir. Souvent, ils ne savent même plus pourquoi ils se battent, ils sont fatigués de ce conflit et veulent juste rentrer chez eux. » Depuis, le Centre et le Nord sont pacifiés, mais pas l’Est de la région.\nAlors que la situation dans le pays s’est apaisée par rapport aux années 2014-2015, Mgr Nongo, élu président de la Conférence épiscopale centrafricaine en janvier 2019, se dit plutôt confiant pour ce huitième accord de paix paraphé à Khartoum et signé le 6 février à Bangui. « Il est plus équilibré que les précédents. Il met au cœur la victime, avec notamment un processus de justice transitionnelle. Les groupes armés étaient exigeants et demandaient une amnistie qu’ils n’ont pas obtenue. »\nLa communauté internationale sera garante du suivi de l’accord. L’Église, quant à elle, jouera un rôle prépondérant dans le comité de suivi. Mais surtout, « elle continuera, souligne-t-il, à avoir une parole forte en tant que corps constitué. »\nS'il est confiant, l’évêque est aussi lucide : « tous les groupes armés ne sont pas désarmés et continuent à exercer leur pouvoir de nuisance. Il faut à présent redonner au gouvernement la maitrise du territoire national ».\n\nFaim et Développement est disponible sur abonnement payant. Nous vous avons offert cet article pour découvrir les contenus de notre magazine. \n\nÉcoutez aussi le podcast de l'émission Religions du monde sur RFI du 18 mars 2019 avec l'interview de Mgr Nestor Nongo  [gallery link=\"file\" ids=\"10237\"]"}
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Rencontre avec les jeunes particulièrement engagés et dynamiques que nous soutenons en Irak.\n\n\n\nMise à jour le 17 décembre :Soulagement après la libération d'Omar et Salman! \n\n Depuis début octobre, une très forte mobilisation sociale secoue l'Irak. La population manifeste pour demander des services publics aussi basiques que l'accès à l'eau ou à l'électricité. Elle demande des comptes aux autorités de ce pays redevenu un important producteur de pétrole. Beaucoup de jeunes y participent et sont confrontés à une forte répression : on compte plus de 350 morts et 15 000 blessés. La communication avec nos partenaires sur place est difficile du fait des nombreuses coupures d'Internet organisés par le régime. \nLe reportage ci-dessous a été réalisé avant la vague de contestations. Mais il montre la résilience des jeunes et leur volonté de construire une société soucieuse du bien commun.\n\n\n\n\n\nL’immense édifice, énorme parallélépipède à degrés de 80 mètres de long sur 64 de large  et 30 de hauteur, est, de loin, massif, solide, impénétrable. De près, il semble vertigineux et mystérieux, mais les briques ocres qui le constituent laissent voir l’empreinte humaine.\n\n\n[caption id=\"attachment_10241\" align=\"aligncenter\" width=\"1000\"]Ziggourat d'Ur, 2019[/caption]\nSalman Khairallah désigne d’un grand geste la ziggourat d’Ur qui se dresse au bout d’une route désolée. « C’est un des grands vestiges de la civilisation sumérienne ! », s’exclame-t-il. \n\n\nLa loi et l'écriture ont été inventée ici\n\nLa ziggourat d'Ur a été dressée dans la plaine, en bordure des marais des deltas du Tigre et de l’Euphrate. La Bible affirme que le prophète d’Abraham  y a vu le jour. \nLa ville d’Ur était, au IIIe millénaire avant JC, le coeur de la Basse Mésopotamie. Une des cités les plus puissantes  de ce temps. Et la ziggourat en est le vestige le plus spectaculaire. Elle a été construite pour le Dieu-Lune Nanna.\n\nSalman est heureux de raconter comment avec d'autres jeunes irakiens, ils ont participé à ce qu’elle soit classée au Patrimoine de l’Humanité  par l’Unesco, avec les marais du Sud de l’Irak. C’est tout un pan de l’Histoire humaine que nous voulons ainsi contribuer à protéger. » \n\n\n\n\nSalman, moins de trente ans, est reconnaissable à son dynamisme infatigable et à ses lunettes à monture orange, une rareté en Irak. Cet ingénieur spécialiste de l’environnement est membre de l’ICSSI (Initiative de Solidarité de la Société Civile Irakienne), soutenue par le CCFD-Terre Solidaire. \n\nC’est un des fondateurs de la Campagne pour sauver le Tigre et les marais   du Sud de son pays, que nous soutenons également.\n\nMobilisés autour de la protection de leur environnement, le combat  des jeunes militants s'est étendu naturellement à la protection des sites antiques menacés par l’érosion, les guerres, les pillages. \n\n\n\n\nL'initiative des jeunes pour redonner vie au site d'Ur\n\n\n\nLes jeunes de l'ICCSI  ont fondé l’Initiative Urim, du nom de la ville de Ur en langue sumérienne. « Notre principal objectif est de pousser le gouvernement à mettre en place un plan de développement et de gestion conforme aux exigences de l’Unesco», explique Bassem Tiranu, jeune architecte. \n\nLe site d’Ur n’est plus fouillé : les équipes d’archéologues internationaux n’ont pas l’autorisation de leurs gouvernements de se rendre en Irak pour cause d’insécurité. Leurs collègues irakiens n’ont pas les moyens de mener ces travaux seuls. \nEt les autorités publiques considèrent qu'elles ont d’autres chats à fouetter dans un pays exsangue depuis des décennies. \nLe site n’est plus visité non plus : les Irakiens ont perdu l’habitude de visiter leur pays. Trop dangereux pendant trop longtemps. De toute façon, sur le site aucune structure n’est prévue pour les accueillir.\n\n\nLe seul être humain aux alentours, c’est Abou Sharaf, toujours ravi de voir Salman. Aujourd’hui gardien des lieux, il est né ici et sa tribu a protégé le site ces dernières années y compris lors des incursions de daesch. Il parle plusieurs langues. Il les a appris par les visiteurs et il est fier de nous raconter l’histoire du site. \n\n[caption id=\"attachment_10245\" align=\"aligncenter\" width=\"1000\"]Site antique de Ur, Irak, 2019[/caption]\n\nLa terrasse la plus haute de la ziggourat était probablement surmontée d’un temple aujourd’hui disparu. Depuis, les visiteurs ont une vue complète des vestiges de la cité royale, de la même couleur ocre que les briques d’argiles de l’édifice. Les restes des murs des demeures dessinent un labyrinthe. \nLa nécropole aux tombes royales est à peine protégée par une clôture défoncée par endroits. Abou Sharaf déplore l’état du site: « même pas 10 % de la cité antique ont été fouillés » estime-t-il.\n\n\n\n Ici et là, des tas de tessons, dans les murets, des briques gravées de l’écriture cunéiforme sumérienne, première de l’Histoire, sont à la portée du premier venu, sans protection. \n\n\nL’ancienne cité de Ur n’est pas le seul joyau du patrimoine irakien à être en danger. Tout le monde a encore en tête le pillage du musée de Bagdad au moment de l’invasion américaine en 2003. Mais Ur a pour elle, avec Uruk, Erido et les marais du sud de l’Irak, d’avoir été classée au patrimoine de l’Unesco en 2016 et de se situer dans une zone où la sécurité est relativement assurée. \n\n\nUn énorme défi\n\n\n Ur représente un énorme défi, à la fois matériel, politique et populaire. Urim a présenté un plan au Haut Conseil des Antiquités, qui dépend du ministère de la Culture. \n\n Nasser Baqer, animateur du centre culturel Mashufna à Nassiriyah, explique que e plan présenté par Urim prévoit la construction d’aménagements pour les visiteurs : toilettes, cafétéria, et structures en bois qui protègent les sols aux endroits les plus fréquentés du site. \n\n\nLe plan préparé a été refusé. Urim s’est donc rabattu sur un objectif plus modeste – nettoyer et rénover le jardin du musée de Nassiriyah – espérant ainsi faire ses preuves.\n\n\nTableau à l’entrée du musée de Nassiriyah.  \n\nUrim collabore déjà bien avec la police des Antiquités et, à Nassiryah, le colonel Fouad Karim apprécie leur volontarisme. Lui-même combat avec les moyens du bord les trafiquants d’antiquités. Quand nous le rencontrons, un soir au bord de l’Euphrate, il vient de conclure une opération de récupération de pièces anciennes destinées à l’exportation clandestine. « Nous ne voulons pas voir notre patrimoine partir à l’étranger, ni enrichir les réseaux criminels », martèle-t-il, la moustache sévère.\n\n\n\nDans ce pays déchiré par des décennies de conflits et de guerres civiles, « faire connaître le patrimoine et le protéger, explique Bassem, c’est découvrir nos racines communes et affermir notre identité.  » Et le jeune architecte de rappeler l’évidence : « les jeunes Irakiens ne connaissent pas leur héritage culturel. Nous avons grandi avec les guerres et la violence, et nous n’avons pas visité notre pays, c’était beaucoup trop dangereux. »  \n\n\n\n\nA Bagdad où la vie reprend ses droits, des jeunes femmes s'amusent à se photographier dans le musée  rénové\n\n\nTexte : Gwenaëlle Lenoir\nPhotos : Roberta Valerio\n\nLire aussi :  \n-  Irak : les jeunes se battent pour sauver le fleuve Tigre (diaporama)\n\n- Irak : les marais mésopotamiens vont-ils disparaître ? \n[gallery link=\"file\" ids=\"10244,10252,10253,10250,10254,10248,10255,10245,10241,10256,10257,10242,10249,10243,10246,10247,10165\"]"}
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Dans la région de Soubré, l'association Asapsu travaille sur le terrain avec les villageois. Elle veille à intégrer les migrants qui exploitent les terres, les femmes, et les jeunes dans ses actions pour désamorcer les conflits.\n\n\n\nUn jeu pour désamorcer les conflits autour du foncier\n\nObrouayo est l’un des villages de la région de Soubré en Côte d'ivoire où intervient l'association Asapsu, soutenue par le CCFD-Terre Solidaire. Dans ce village, aucun cadastre n’existe. L’association organise régulièrement des rencontres intercommunautaires pour susciter la discussion autour des enjeux fonciers et désamorcer de potentiels conflits. Elle s’appuie notamment sur TerriStories [[« TerriStories® » est une marque déposée du Cirad désignant un dispositif de gestion participative conçu par Patrick D’Aquino  et développé par le Cirad (Centre de Coopération en Recherche Agronomique pour le Développement). Il est formellement interdit d’utiliser, reproduire, diffuser, recopier, le plateau de jeu TerriStories ni créer d'œuvres dérivées s'inspirant du dispositif TerriStories sans l’autorisation expresse préalable et écrite du Cirad. »]], un jeu mis en place par le Cirad (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement) de Montpellier. \n\nSelon le coordinateur d’Asapsu à Soubré, Désiré Youan Bi, ce jeu permet aux « habitants d’entrer dans un rôle social différent du leur ; cela les décentrent et ils pensent autrement la solution à une problématique villageoise. Nous sommes là juste pour les guider dans la gestion des conflits, pas plus ». \n[caption id=\"attachment_10270\" align=\"aligncenter\" width=\"840\"]Le jeu TerriStories du Cirad permet, à travers des rencontres intercommunautaires, d’aborder les enjeux fonciers et de désamorcer d’éventuels conflits. Debout, Désiré Youan Bi, d’Asapsu, partenaire du CCFD-Terre Solidaire[/caption]\n\nLes migrants qui exploitent la terre se retrouvent exclus du droit de propriété\n\nDans la conception ivoirienne traditionnelle, la répartition des terres repose sur le droit coutumier avec un principe: on ne refuse pas une terre à quelqu’un pour se nourrir, mais elle reste la propriété des ancêtres. Au fil des années, les transactions coutumières se sont multipliées entre populations autochtones et migrants [[Nom générique donné aux allochtones (originaires d’une autre région de la Côte d’Ivoire) et aux allogènes (originaires d’un autre pays).]] chargés d’exploiter les terres, dans une relation bienveillante nommée « tutorat ». \nDurant près de cinquante ans, des milliers de Burkinabè, de Maliens et d’Ivoiriens du Nord, encouragés par l’État ivoirien, sont en effet venus travailler dans l’agriculture. \n« Quand je suis arrivé en 1985, on m’a donné une terre pour cultiver du cacao », raconte Innocent, représentant des Béninois dans le village de Gnakoragui, à 27 km d’Obrouayo. « Je n’ai pas signé de contrat avec mon tuteur, la confiance régnait, nous sommes devenus frères et j’étais là pour lui si besoin. » Ici, environ 1 700 habitants d’origine malienne, burkinabè, béninoise, guinéenne et ivoirienne se côtoient depuis des décennies.\nEn échange du droit d’usage, le paysan a un devoir de reconnaissance envers son tuteur qui se traduit, en plus du don d’une partie de ses récoltes par celui d’un poulet et de 5 000 ou 10 000 francs CFA (6 euros ou 15,2 euros) par an. \nDans les années 1990, l’État a encouragé la colonisation agraire. « On se fixait oralement des limites naturelles de nos parcelles : un palmier, un cacao plus grand que les autres... continue Innocent, une pointe d’amertume dans la voix. Mais depuis que la loi nous oblige à délimiter nos parcelles pour obtenir un certificat foncier écrit, certains exploitants empiètent sur des parcelles ou des propriétaires oublient le contrat initial pour réduire la portion de terre. »\n\nDans un contexte politique tendu, une loi a été votée en 1998 pour sécuriser les terres, c’est-à-dire « transformer les droits coutumiers (droits, d’usage) en droit de propriété pour fournir un cadre juridique précis pour le règlement des conflits fonciers ruraux [[Extrait du Programme national de sécurisation du foncier social (PNSFR).]] ». Il faut donc délimiter les parcelles pour obtenir un certificat foncier – pour les exploitants – et un titre foncier – pour les propriétaires. Mais cette loi exclut totalement les migrants du droit de propriété foncière alors qu’ils exploitent par exemple environ 90 % des terres de la Nawa, première région cacaoyère du pays.\n\nLes femmes ne veulent plus être exclues du droit de propriété\n\nLes femmes, elles aussi, sont majoritairement exclues du droit de propriété même si, en principe, la loi de 1998 consacre un accès égal à tous les héritiers, hommes et femmes. Mais dans les faits, elles ne peuvent ni contrôler ni hériter d’une terre, elles peuvent exploiter une parcelle, mais à condition que les hommes de la famille les y autorisent. Pourtant, dans certains villages, les comportements commencent à évoluer : « Dans le temps, il était inconcevable de léguer une terre à sa fille ; mais les mentalités changent, en tout cas dans mon village, précise Charles Sagbahi-Kle, le chef du village de Gnakoragui. Mais ce n’est pas le cas dans celui d’à côté. » \n\nEn 2015, une quarantaine de villageoises de Gnakoragui décident de créer une coopérative agricole pour cultiver, ensemble, une parcelle de riz, avec l’appui d’Asapsu. « Moi, je suis propriétaire et je cultive du cacao. C’est très rare qu’une femme exploite des cultures pérennes, se livre Viviane, porte-parole du groupe. L’association nous aide à nous regrouper pour échanger sur nos pratiques, discuter de nos problèmes. »  Désiré ajoute durant la visite mensuelle de la rizière : « Et surtout, nous voulons leur donner le courage de parler aux hommes et de revendiquer leur accès à la terre afin de participer, autant que leur mari, aux revenus du foyer. » \n\nA lire aussi : En Côte d’Ivoire, améliorer la loi foncière contribue à la paix  \n\nCo-construire de nouvelles règles de gestion foncière \n\n\nVingt et un ans et trois amendements plus tard, la loi de 1998 n’est « pas encore arrivée aux oreilles de tous les habitants », soupire Désiré qui précise que « l’État avait donné dix ans – jusqu’à 2013 – pour que toutes les terres soient recensées [[Le 23 août 2013, l’Assemblée nationale a prolongé de dix ans la période pendant laquelle les personnes peuvent convertir leurs revendications foncières liées à la coutume en propriété foncière privée.]]. ». Sur les 23 millions d’hectares de terres du domaine foncier rural, seules 4 % des terres ont été officiellement recensées par l’État en 2017. La raison de ce retard ? « La loi n’a pas tenu compte des types d’organisation sociale des populations, ni des difficultés de leur quotidien liées notamment aux mauvaises récoltes de cacao [[Depuis une quinzaine d’années, le cacaoyer est atteint du virus swollen shoot, qui oblige à couper les arbres pour que la terre se régénère sur plusieurs années. Aucun remède n’a été trouvé pour l’instant, et cette maladie menace l’économie du pays.]], précise Désiré. La première étape à nos yeux est d’aider les différentes communautés à édicter des règles collectives de gestion des terres qu’ils partageront dans une charte du village. »  \n\n[caption id=\"attachment_10271\" align=\"aligncenter\" width=\"840\"]Docteur Claudine Lath, directrice de l’ONG Asapsu au siège à Abidjan[/caption]\nSi tout le monde s’accorde à dire que sécuriser les terres est incontournable, le frein financier est très important : frais de géomètres, déplacements à la sous-préfecture pour signer les certificats dont le prix varie, car il n’existe aucun barème officiel pour les frais de gestion. Selon un producteur de cacao, le processus d’acquisition d’un titre peut atteindre jusqu’à 60 000 francs CFA par hectare, alors que le revenu moyen par habitant s’élève à 77 000 francs CFA (118 euros). « Le cœur de notre action sur le foncier consiste à sensibiliser la population pour éviter le délitement de la cohésion sociale », détaille Claudine Lath, la directrice de l’association Asapsu, basée à Abidjan. \n\n\nLes collégiens et lycéens formés aux enjeux fonciers\n\n\nLa sensibilisation au foncier commence dès le plus jeune âge. Depuis trois ans, six clubs fonciers ont été créés dans des collèges et lycées de Soubré. Sur ses temps de pause, Sylvain Tanoh, professeur d’histoire-géo, invite les jeunes volontaires à se « former sur les problématiques du foncier », en les sensibilisant aux questions de l’avenir des femmes dans l’héritage foncier, la cohabitation avec les étrangers sur une même terre. « Nos enfants ne doivent pas tirer un trait sur le droit coutumier ; ils doivent le prendre en compte et le faire évoluer. Il en va de l’avenir de la paix dans notre pays. »  \n\n\nEcoutez aussi l'émission de RFI Le casse-tête du droit foncier en Afrique avec les interviews de nos partenaires en Côte d'Ivoire Alerte Foncier et Asapsu\n\n\n\nFaim et Développement est disponible sur abonnement payant. Nous vous avons offert cet article pour découvrir les contenus de notre magazine. [gallery link=\"file\" ids=\"10270,10271\"]"}
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Alors que s’ouvrent des négociations à Genève et à Vienne, le CCFD-Terre Solidaire poursuit sa mobilisation et lance une nouvelle campagne #ReprenonsLePouvoir pour mettre un frein à l’impunité dont bénéficient les grandes entreprises.\n\nConnus sous l’abréviation anglaise d’ISDS, les tribunaux d’arbitrage internationaux donnent aux entreprises multi- nationales le pouvoir de contourner les juridictions nationales et d’attaquer les États qui menacent leurs intérêts. Depuis la création de ce dispositif d’arbitrage entre investisseurs et États, plus de 940 plaintes ont été recensées et plus de 88 milliards de dollars de fonds publics ont dû être versés à des entreprises multinationales par des États dont le tort était de défendre des décisions de justice et des politiques publiques d’intérêt général.\n\n  77,3 MILLIONS DE DOLLARS\nEn 2009, un tribunal d’arbitrage a contraint le Mexique à verser\n77,3 millions de dollars au géant américain de l’agroalimentaire Cargill pour avoir mis en place une taxe sur le sirop de maïs riche en fructose afin de lutter contre l’obésité. \n\nÀ ce jour, 3 400 traités de commerce et d’investissement protègent les intérêts des multinationales par le biais de ce mécanisme d’arbitrage entre investisseurs et États, alors qu’aucun traité ne contraint ces grandes entreprises à respecter les droits humains et l’environnement.\n\nFace à ce déséquilibre, l’Union européenne multiplie les stratégies de diversion pour ne pas s’impliquer dans les négociations relatives au traité sur les entreprises et les droits humains. 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Intégrés dans les traités de commerce et d’investissement, ils représentent une menace avérée pour les droits humains, la lutte contre les dérèglements climatiques, la protection de l’environnement et la démocratie ;\n\n•\tdemande la mise en œuvre et le renforcement de la loi française sur le devoir de vigilance. Adoptée en 2017, cette loi fait figure de référence à travers le monde. La France doit désormais la porter auprès des institutions euro- péennes et onusiennes afin de soutenir son adoption au niveau international.\n\nLe CCFD-Terre Solidaire a produit une note d’analyse et des propositions que devront porter les parlementaires et le Gouvernement français dans les prochaines semaines. En parallèle, une plateforme pédagogique a été mise en ligne pour sensibiliser le grand public aux enjeux liés à l’impunité des multinationales et permettre de signer la pétition : ReprenonsLePouvoir.org\n\ndp_reprenonslepouvoir.pdf\n\n\n\nCONTACT PRESSE\nLouis Moreau - l.moreau@ccfd-terresolidaire.org - 06 66 12 33 02\n\n\n[gallery link=\"file\" ids=\"10279\"]\nDocuments joints\n\n\n\ndp_reprenonslepouvoir.pdf"}
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Leur destruction a aussi un impact sur l’équilibre du monde entier. \n\n\nC'est pourquoi nous nous sommes investis dans les travaux préparatoires du synode Amazonie avec plusieurs organisations partenaires que nous soutenons en Amérique latine. \n\n\nUne délégation de bénévoles, de salariés et de partenaires participent à Rome aux échanges de la \"Maison Commune\" organisés pendant le synode. \n\n\n\nPourquoi un synode sur l'Amazonie?\n\n\nL'assemblée spéciale du synode des évêques pour la région pan-amazonienne, convoquée par le pape François se réunit autour du thème « Amazonie : nouveaux chemins pour l’église et pour une écologie intégrale ». \n\n\nLa mission de cette assemblée? réfléchir comment  \"faire s’épanouir le visage amazonien de l’Église\"  et comment  \"faire face aux situations d’injustice de la région\", en remettant en question un modèle de développement qui concerne non seulement l'Amazonie, mais toute la planète.\n\n\nPour Sylvie Bukhari-de Pontual, présidente du CCFD-Terre Solidaire \" Le Synode pour l'Amazonie  est aussi un synode pour le monde. En le convoquant à Rome, et non en Amazonie, le Pape François l'ouvre à l'Eglise universelle. \"\n\n\nLire aussi : Synode Amazonie : retour sur un événement historique pour l’Eglise (et pas que)\n \n\n\nUne délégation du CCFD-Terre Solidaire à Rome du 19 au 23 octobre à l'occasion du synode Amazonie\n\n\nRencontres autour de la \"Maison commune\" à Rome\n\n\nNous sommes engagés avec le REPAM et la Coopération Internationale pour le Développement et la Solidarité  (CIDSE) pour l’organisation, pendant la période du Synode à Rome, de rencontres avec des acteurs de terrain, des organismes d’Eglise et Peuples indigènes. \n\n\nCela se fait dans le cadre d'un espace de communion ecclésiale appelé « Maison Commune ». \nCet espace d'échange accueille les acteurs qui accompagnent les travaux du Synode : partenaires, organisations de solidarité internationale, réseaux de théologiens et théologiennes, congrégations religieuses présentes en Amazonie, etc.\n\n\nUne délégation du CCFD-Terre Solidaire composée de bénévoles issus de régions engagées sur les questions indigènes et environnementales et de salariés participent aux rencontres de la Maison Commune à Rome.\n\n\nSix organisations partenaires que nous soutenons en Amazonie sont également présentes : la Commission Pastorale de la Terre de l’Acre au Brésil, le CIMI, l’organisme mandaté par l’Eglise Catholique brésilienne pour accompagner les peuples amérindiens, la Pastorale de la Terre d’Yurimaguas et la CAAAP  au Pérou, Amerindia  et ALLER. Plusieurs étaient représentés par des femmes engagées auprès des communautés locales.\n\n\n\n\n\n\nSe nourrir du synode Amazonie pour murir notre réflexion sur l'écologie intégrale\n\n\nLe synode nous offre une occasion de mûrir notre propre réflexion sur l’écologie intégrale, le thème que nous avons également choisi pour notre campagne de carême 2020 et notre engagement dans la lignée de l’encyclique Laudato Si.\n\n\nLe document préparatoire du synode évoque la conversion qui est attendu de nous tous : \n\"Changer de cap ou se convertir intégralement ne se réduit pas à une conversion au niveau individuel. Une transformation profonde du cœur, exprimée par un changement de nos habitudes personnelles, est aussi nécessaire qu’une transformation structurelle, exprimée par un changement des habitudes sociales, des lois et des programmes économiques. \"\n\n\n\n\n\n\nFaçonner une Eglise au visage Amazonien\n\n\nLe document préparatoire du Synode   invite  à façonner une « Église au visage amazonien », incarnée dans les réalités locales, ouverte à la pluralité des peuples et de leurs cultures.\n\n\nCela signifie que l’Église dans son ensemble est appelée à bénéficier des réflexions et propositions qui s’y feront, afin de construire une Église qui \n\n réponde aux besoins et espoirs sociaux et pastoraux  des populations locales,  s’ouvre à la spiritualité  des peuples amazoniens et au dialogue interculturel intègre davantage les laïcs et les femmes.\n\n\nTout comme le christianisme s'est épanouit au contact de la philosophie grecque, il est appelé aujourd'hui à apprendre des cultures amazoniennes :\n\n\n\"Ce nouveau paradigme ouvre des perspectives de transformation personnelle et dans la société. La joie et la paix sont possibles lorsque nous ne sommes plus obsédés par la consommation. \n\n\nLe Pape François affirme qu’une relation harmonieuse avec la nature nous permet une sobriété heureuse, la paix intérieure avec soi-même, en relation avec le bien commun, et une harmonie sereine qui implique de se contenter de ce qui est réellement nécessaire. \n\n\nC’est quelque chose que les cultures occidentales peuvent et même devraient apprendre des cultures traditionnelles amazoniennes et d’autres territoires et communautés de la planète\n\n\nCes peuples, «ont beaucoup à nous enseigner » (EG 198). Grâce à leur amour de la terre et à leur relation avec les écosystèmes, ils connaissent le Dieu Créateur, source de vie. Eux, « par leurs propres souffrances, ils connaissent le Christ souffrant  » (EG 198). À travers leur conception de la vie sociale en dialogue, ils sont mus par l’Esprit Saint. C’est pourquoi le Pape François a souligné qu’il « est nécessaire que tous nous nous laissions évangéliser par eux » et par leurs cultures, et que le devoir de la nouvelle évangélisation implique de « prêter notre voix à leurs causes, mais [nous sommes aussi appelés] à être leurs amis, à les écouter, à les comprendre et à accueillir la mystérieuse sagesse que Dieu veut nous communiquer à travers eux » (EG 198). Leurs enseignements pourraient, par conséquent, indiquer la voie des priorités des nouveaux chemins de l’Église en Amazonie.\"\n\n\n\n\n\nLes peuples amazoniens associés à la préparation du synode\n\n\nAfin d’élargir les réflexions sur les besoins et défis de l’Église en Amazonie, un processus participatif inédit de consultations a été mené par le Réseau Ecclésial Pan-Amazonien (REPAM). \nEntre juin 2018 et février 2019, 65 assemblées territoriales et 25 forums thématiques ont été organisés. Ils ont permis de faire remonter les préoccupations et espérances des peuples amazoniens dans le document préparatoire du synode. \nOn dénombre, en particulier, 174 peuples ou nationalités indigènes ayant pris part au processus. Soit plus de 40%  des 390 peuples indigènes de l’Amazonie. \n\n\nNous avons pu apporter notre regard sur la première version du document préparatoire à partir des réalités des organisations partenaires que nous soutenons en Amazonie.\n\n\nLes enjeux majeurs que nous avons identifiés dans notre action amazonienne sont largement abordés dans les documents qui préparent le Synode: \n\n\n\n Les menaces d’un modèle économique prédateur  : extractivisme, changement climatique, les fausses solutions de l’économie verte, avec une recrudescence des conflits violents. \nNous soutenons les expériences territoriales de résistance pacifique aux mégaprojets destructeurs de l’environnement et des équilibres sociaux amazoniens.  \nPar l’action de nos partenaires, nous promouvons aussi la consolidation, la diffusion et la multiplication d’initiatives agroécologiques et agroforestières  en Amazonie. \n\n\n\n L'enjeu du vivre-ensemble, qui  fait partie des réflexions autour de l’écologie intégrale que l’Église propose. \nL'implication des femmes, des jeunes, des peuples indigènes et des communautés traditionnelles rurales est au cœur de la stratégie du CCFD-Terre Solidaire en Amazonie. \nFace au modèle prédateur et destructeur des identités culturelles, nous cherchons à renforcer les articulations des sociétés civiles amazoniennes. En 2020 nous soutiendrons par exemple  le Forum social Pan-Amazonien à Mocoa en Colombie.\n\n\nLe document préparatoire du synode explique ainsi  : \"La culture dominante de la société de consommation et du déchet transforme la planète en une grande décharge publique. Le Pape dénonce ce modèle de développement anonyme, asphyxiant, sans mère, dont les seules obsessions sont la consommation et les idoles de l’argent et du pouvoir. De nouveaux colonialismes idéologiques s’imposent sous le mythe du progrès et détruisent les identités culturelles spécifiques. François en appelle à la défense des cultures et à la réappropriation de l’héritage qui provient de la sagesse ancestrale, qui suggère un mode de relation harmonieuse entre la nature et le Créateur. Il affirme clairement que « la défense de la terre n’a d’autre finalité que la défense de la vie » (Fr. PM)\". \n\n\n \n\n\nPour faire rayonner le synode Amazonie autour de vous : \nA l'occasion du synode, vous voulez participer aux efforts pour la dénonciation des \nviolences en Amazonie, iées à l’expansion de l’agrobusiness et des projets miniers? \n\n\nVous pouvez partager cet article et les vidéos de notre chaine You Tube dans vos réseaux.\n\n\n\nProposer une animation autour du synode Amazonie\n\n\nVous pouvez organiser un temps de réflexion dans votre paroisse ou votre communauté. Des bénévoles de la région Ile de France ont conçu des fiches d'animation qui ponctuent les 4 semaines du synode :\n\nOutils d'animations :\n\n\npourquoi un synode Amazonie\n\n\nSynode Amazonie et extractivisme\n\n\nSynode Amazonie et écologie intégrale\n\n\nRetours du synode sur l'Amazonie\n\n\n[gallery link=\"file\" ids=\"10303,10295,10294,10305\"]\nDocuments joints\n\n\n\npourquoi un synode Amazonie\n\n\n\nSynode Amazonie et extractivisme\n\n\n\nRetours du synode sur l'Amazonie"}
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La déforestation s'est accrue avec l’arrivée au pouvoir de Jair Bolsonaro.\nLe Cimi, mandaté par l’Eglise Catholique brésilienne, les accompagne dans leur lutte pour la protection de leurs terres et leur dignité.\n\nLe Cacique (chef) Tulu Arara s’est arrêté au milieu de la piste de terre rouge pour constater les dégâts. De part et d’autre, s’offre à lui le spectacle désolé d’arbres plusieurs fois centenaires abattus.\n\nIl raconte : « Des forestiers illégaux sont rentrés ici il y a deux ou trois jours à peine. Ils ont fait ça la nuit, comme d’habitude. Généralement, ils viennent en groupe, une douzaine d’hommes lourdement armés. Ils arrivent par la route puis s’enfoncent dans la forêt en ouvrant une traverse avec un puissant bulldozer ».\n\nLa suite du scénario est classique :\n« Ils ont coupé les essences les plus nobles et, pour pouvoir les extraire de la forêt, ils n’ont pas hésité à abattre les arbres autour. Puis ils ont tracté les grumes jusqu’à la route où les attendaient des camions pour les charger. Depuis que Bolsonaro a été élu, les invasions de ce type ont doublé ».\n\n[caption id=\"attachment_10314\" align=\"aligncenter\" width=\"840\"]Coupes franches et déforestation en Amazonie[/caption]\n\nBienvenue sur la terre, ou plutôt ce qu’il en reste, du peuple Arara Laranjal, au cœur de l’Amazonie brésilienne. Cette réserve de 65 000 hectares est située à 120 km à l’ouest de la ville d’Altamira, dans l’État du Para.\n\nLe territoire Arara Laranjal est compris entre la route transamazonienne, au nord, et la rivière Iriri au sud, un affluent du fleuve Amazone. C’est le long des rives de ce cours d’eau que vit la plupart des 1300 indiens Arara.\n\nLeurs moyens de subsistance ? La chasse, la pêche et quelques cultures vivrières. Mais cette vie en harmonie avec l’environnement est aujourd’hui gravement mise en danger par les invasions de forestiers illégaux qui se sont multipliées ces derniers mois.\n\n\n« Impunité totale »\n\nLe cacique le rappelle : « Notre terre est démarquée et homologuée depuis 2016. Donc, légalement, personne ne peut pénétrer dans cette réserve sans notre accord. Pourtant, en moins de six mois, plus de trente traverses de ce type là, longue de plusieurs centaines de mètres, ont été ouvertes sur nos terres ».\n\nL’œuvre de forestiers clandestins, qui ne sont pour autant pas totalement inconnus, comme l'explique le cacique Tulu :\n« La plupart des gens qui massacrent notre forêt travaillent pour de grandes scieries de la région. Jusqu’à présent, ils étaient employés sur le chantier de construction du barrage du Belo Monte ».\nCe barrage est le 3ème plus grand complexe hydroélectrique du monde, dont la construction, débutée en 2012, est sur le point de s’achever. « Comme il n’y a plus de travail dans la région, certains acceptent de couper du bois illégalement pour un salaire de misère ». \n\n[caption id=\"attachment_10315\" align=\"aligncenter\" width=\"839\"]Représentant Arara confronté à la déforestation accélérée en Amazonie[/caption]\n\n\nIls disent : \"plantez du soja\"\n\nLe cacique Motibi Arara est venu s’installer lui aussi dans un campement précaire près de la route Transamazonienne pour tenter d’éviter les invasions illégales. Mais la volonté de résister a tourné court :  « Comment peut-on lutter avec nos arcs et nos flèches face à des hommes lourdement armés ? » .\n\nLui aussi considère que les choses ont empiré depuis l’arrivée du nouveau gouvernement. « Bolsonaro lui-même l’a dit : « l’indien doit être riche » ! Mais riche de quoi ? Ils disent : « Plantez du soja », « Créez des fermes ». Mais nous ne voulons pas laisser détruire la forêt. Nous ne voulons pas ça. On a besoin de la forêt ».  \n\nPour tenter d’endiguer le fléau, et en l’absence de réponses des autorités, le chef Arara s’est tourné vers une des rares structures capables de le soutenir dans cette lutte inégale. Le CIMI  organisme mandaté par l'Eglise catholique brésilienne et soutenu par le CCFD-Terre Solidaire, les soutient dans leur résistance.\n\n« Le CIMI nous aide. Ils filment les aires saccagées, envoient des rapports aux administrations pour dénoncer les faits. »  Mais avec le changement de gouvernement les recours tournent courts. « Ils n'ont pas le pouvoir de prendre des mesures pour faire cesser ces invasions de forestiers illégaux. Donc ça ne donne rien et pendant ce temps la forêt disparaît sous nos yeux ».\n\nLire aussi  : Au Brésil, forte inquiétude de l’Eglise et de la société civile sur le devenir des terres indigènes\n\nLe Père Patricio Brenan, membre du CIMI alerte : « L’État ne fait rien pour que les droits des peuples indigènes soient respectés. La situation, qui a pourtant toujours été difficile pour les peuples indigènes  de la région, a commencé à nettement se dégrader quelques mois avant l’élection de Jair Bolsonaro. Il a soufflé alors comme un vent d’impunité totale dans la région. Au point que les invasions illégales ont explosé avant même le second tour du scrutin. »\n\n\nLa pire violence contre les indigènes est la destruction de leurs territoires\nChaque année, le Cimi prépare un  Rapport annuel sur les violences contre les peuples indigènes. Ces dernières années, les rapports révèlent que les peuples indigènes font face à une augmentation substantielle d’occupations illégales de terres, de vol de bois, d’extraction illégale d’or, et même de développement de colonies au cœur-même de leurs territoires traditionnels.\n\nD’après le CIMI, de nouvelles méthodes, plus violentes, ont vu le jour concernant l’invasion de terres indigènes : « Généralement, les envahisseurs entraient sur les terres, volaient le bois, les minerais, détruisaient la biodiversité, etc… mais, à un moment ou un autre, finissaient par partir. Désormais, et ce dans de nombreuses régions, ils envahissent les terres avec l’intention d’y rester. Certains ont même été jusqu’à morceler les terres indigènes en lots pour les vendre »   explique Antônio Eduardo Cerqueira de Oliveira, secrétaire exécutif du CIMI.\nNormalement l’usufruit de ces terres, qui appartiennent à l’État fédéral, est exclusivement destiné aux peuples indigènes. « Avec cette appropriation des terres, on peut dire que c’est toute la société brésilienne qui subit un préjudice et qui, d’une certaine manière, est victime d’extorsion, sans oublier les dommages irréversibles à l’environnement».\n\n \n\nA lire aussi  : En Amazonie, lutter contre le désespoir et le suicide des jeunes indigènes Madiha\n\nSynode pour l'Amazonie : et si nous changions notre rapport à l'Eglise et à l'écologie?\n\n[gallery link=\"file\" ids=\"10314,10315,10317\"]"}
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Profondément touchées par cette disparition, plusieurs personnalités liées au CCFD-Terre Solidaire retracent son parcours exceptionnel et lui rendent hommage.\n\n\n\n\n\nBernard Pinaud, ancien Délégué Général du CCFD-Terre Solidaire\n\n\n“Il est des personnes qui vous marquent profondément. Quelques fois certaines d’entre elles deviennent même des références pour votre propre vie. C’est mon cas avec Henryane de Chaponay. Elle est pour moi une référence de ce qu’est l’engagement citoyen pour la solidarité, une lumière qui montre le chemin.\n\nDans mon histoire au CCFD-Terre Solidaire, Henryane de Chaponay a d’abord été une signature au bas d’un énorme document sur « l’histoire du partenariat du CCFD-Terre Solidaire en Amérique latine » (1976) que tout responsable du service Amérique latine (comme je l’étais à l’époque, c’est-à-dire en 1993) se devait d’avoir lu. C’est Henryane qui m’a permis de découvrir la richesse du partenariat au CCFD-Terre Solidaire.\n\nPuis, je l’ai rencontrée de visu. Elle était alors directrice du Centre d’études et de développement en Amérique Latine (CEDAL), organisation qu’elle avait fondée en 1975 avec les brésiliens Paulo Freire, le père de l’éducation populaire en Amérique Latine, et Chico Whitaker, futur co-fondateur du Forum social mondial. Le CEDAL était une organisation partenaire du CCFD-Terre Solidaire. Et là, j’ai découvert une personne qui n’a cessé de m’impressionner.\n\nHenryane était une comtesse, fille de la princesse Geneviève d’Orléans, et donc descendante directe du dernier roi de France, Louis-Philippe. Comme ses parents, Henryane a, très jeune, été très engagée. Notamment pour la lutte d’indépendance du Maroc, où sa famille s’était réfugiée pendant la seconde guerre mondiale. C’est au Maroc, en 1957, qu’elle fondra, avec l’abbé Pierre, l’Institut de Recherches et d’Applications des Méthodes de Développement (IRAM), au service de l’animation rurale pour le développement.\n\nDans les années soixante elle se rend régulièrement au Brésil où elle sera proche des personnes engagées au près des plus pauvres et des mouvements sociaux. Elle sera surnommée la « comtesse rouge » par les services secrets de la dictature brésilienne. En France, elle n’aura de cesse d’accueillir, chez elle, quai Bourbon dans l’Ile Saint Louis à Paris, des exilés politiques brésiliens, chiliens, argentins.\n\nHenryane arrive au CCFD-Terre Solidaire en 1970, pour soutenir les partenaires d’Amérique latine, un continent qu’elle aura parcouru de long en large. Elle devient ensuite Responsables du service « projets » en 1976. Chico Withaker, exilé politique brésilien en France à l’époque, avait créé les prémices du service « projets » dont Henryane, qui lui succède, consolide les bases avec l’aide de seulement 5 salarié·e·s à l’époque ! Ce poste l’ouvre à l’Afrique, à l’Asie (Cambodge, Thaïlande, Vietnam) et à la Pologne de Solidarnosc.\n\nEn 1994, je propose à Henryane une évaluation du CEDAL. L’évaluateur n’est pas tant impressionné par les fiches d’animation rurale que produisait le CEDAL et que finançait le CCFD-Terre Solidaire, mais par le réseau d’acteurs et d’actrices de changement développé par Henryane entre Amérique latine et l’Europe de l’ouest.\nEt ça, c’est Henryane ! Une incroyable tisseuse de réseaux ! Elle a appelé le livre qui reprend son parcours « Toile filante ». Non seulement, Henryane créait du lien mais elle facilitait l’échange de savoirs entre les personnes du réseau. Cette capacité fut rendu possible grâce à sa simplicité, sa qualité d’écoute, son empathie et sa grande bienveillance.\n\nEn France, elle s’engage dans le mouvement pour la citoyenneté active, dans le Collectif « Richesses » pour promouvoir l’économie solidaire avec ses amis Patrick Viveret et Célina Whitaker, tous deux proches du CCFD-Terre Solidaire, dans les Réseaux d’Echanges Réciproques de Savoirs, dans les Dialogues en Humanité, etc. Henryane a sillonné la planète à la rencontre d’hommes et de femmes qui veulent changer le monde et les a mis en lien !\nSes leitmotivs : la lutte contre les inégalités, le respect et la dignité des personnes, l’émancipation, la capacité de chaque personne à se réaliser.\n\nA partir des année 2000, je me suis rapproché d’Henryane au travers des Forums Sociaux Mondiaux (FSM), qu’elle a quasiment tous faits (le dernier étant celui de Salvador de Bahia en 2017 auquel elle a participé en fauteuil roulant à l’âge de 93 ans!). Une des paroles qu’elle portait dans ces Forums, et que j’ai retenu pour moi, c’est l’importance d’avancer sur ses 2 pieds : celui de l’action pour des changements structurels et celui du travail à son propre changement personnel.\n\nAux alentours de ses 90 ans, Henryane est tombée et a dû marcher avec une canne. Célibataire elle vivait seule dans son petit appartement quai Bourbon. Directeur de la Mobilisation Citoyenne puis Délégué général du CCFD-Terre Solidaire, j’allais la voir tous les trimestres pour déjeuner avec elle dans l’un des restaurants de l’Ile Saint-Louis. Là, nous refaisions le monde et elle me racontait ses derniers engagements, ses voyages passés et ses prévisions de nouveaux voyages. « Il y a beaucoup d’initiatives partout dans le monde », me disait-elle, « elles sont des germes d’avenir ».\nPuis, elle est rentrée en maison de retraite. Elle était alors en fauteuil roulant. Et j’ai continué à lui rendre visite (comme l’ont fait d’autres de ses ami·e·s, et elle en avait beaucoup). Elle avait gardé jusqu’à peu une capacité d’analyse sur les évènements sociaux et politiques français et mondiaux impressionnante et continué certains de ses engagements.\n\nMa chère Henryane, tu es pour moi une lumière, je ne t’oublierai jamais. Cela a été un privilège d’être ton ami.“\n\n\nGuy Aurenche, ancien Président du CCFD-Terre Solidaire\n\n“Henryane était une grande sœur de la solidarité qui a tracé le chemin et y est restée attachée jusqu’au bout. Nous avons « fait » ensemble plusieurs Forums Sociaux Mondiaux, plusieurs « manif » et avons lancé plusieurs projets. J’avais été associé à sa rencontre avec le pape François en 2018.\n\nUne grande amie profonde et proche, qui voyait un peu plus loin et avait, ce qui est rare chez les visionnaires, un vrai esprit d’entreprise et d’efficacité.\nJe partage avec vous la tristesse de la séparation et la joie de la reconnaissance pour toute l’espérance dont elle fut la promotrice inlassable.”\n\n\nWalter Prysthon, Responsable du service Amérique latine-Caraïbes à la Direction du Partenariat International au CCFD-Terre Solidaire\n\n\n“Henryane, la tisserande…\nLe fait d’être étranger à une langue nous octroie certaines licences poétiques… Je suis sûr qu’Henryane de Chaponay, grande dame de la solidarité internationale aux origines aristocratiques, aurait apprécié de se voir appelée tisserande, une « ouvrière qui tisse », telle était son identification avec les secteurs populaires. Au-delà du lapsus linguistique, érigé en titre de cet hommage, l’image de tisseuse est unanimement associée à la figure d’Henryane par celles et ceux qui ont eu le privilège de la connaître. En effet, Henryane a dédié sa vie à créer des liens et sa marque est restée au CCFD-Terre Solidaire : comme responsable de projets (ancêtre de la Direction des Partenariats Internationaux) elle a initié la dynamique de mise en relation comme modalité d’appui partenariale, favorisant les échanges entre organisations du Sud.\n\nLa vie d’Henryane a de quoi impressionner. Son départ ce 9 octobre 2019 nous affecte… Et pourtant, par son regard curieux, par son sourire omniprésent… rien de plus simple que d’entrer en relation avec elle. Son sens de l’altérité, sa générosité et son ouverture l’ont toujours poussée vers la construction de solidarités…\n\nSoucieuse de la mémoire, outre son témoignage qu’elle partageait volontiers, Henryane a légué au CCFD-Terre Solidaire deux fascicules très riches sur l’histoire de notre association : elle y relate les différentes étapes de la construction du CCFD-Terre Solidaire en lien avec contexte international, présente les partenariats en cours, les choix institutionnels. Combien de fois ai-je consulté ces documents, notamment lors de mon arrivée au CCFD-Terre Solidaire !\n\nNous qui avons connu Henryane, nous pouvons nous estimer privilégié·e·s. Le deuil que nous ressentons est aussi mêlé de joie car nous avons l’assurance que son œuvre de solidarité sera poursuivie. Pour reprendre l’expression de Celina Whitaker, qui a partagé avec Henryane plusieurs espaces de construction de solidarités, il nous revient de « relever le défi de continuer à faire vivre ses engagements et ses convictions. Henryane sera là où nous serons » dans nos combats pour la justice sociale, les droits humains et la solidarité entre les peuples.”\n\n\nMénotti Bottazzi, ancien responsable, Secrétaire Général\n\n\n“Le décès de Henryane nous marque tous et toutes très profondément. Elle a largement initiée et participé à créer des réseaux qui donnent sens et efficacité à la lutte pour un monde plus juste et plus fraternel. Son engagement restera un chemin pour beaucoup.\n\nMais elle était aussi une femme simple. Je me souviens d’une visite faite chez nous en Alsace, avec Jackie Fabre au cours d’un long week-end. Avec mon épouse, nous avons invité le samedi soir une dizaine d’ami·e·s proches de la lutte pour le développement, dont certain·e·s étaient au CCFD-Terre Solidaire. Tous et toutes étaient subjugué·e·s par la connaissance de Henryane des nombreuses organisations et réseaux dans le monde qui mènent le bon combat pour la Paix dans la justice. Jackie avait d’ailleurs aussi beaucoup de connaissance et de relations dans ce domaine. Ces deux femmes sont restées très proches jusqu’au décès de Jackie.\n\nOui les personnages avec beaucoup de grandeur sont toujours des guides pour la réflexion et l’action, et des gens simples dans leur vie et relations quotidiennes. Henryane était de cette catégorie et je garde d’elle ce double souvenir.“\n\nDominique Lesaffre, ancien responsable du service Afrique au sein de la Direction du Partenariat International\n\n\n“Une grande dame du développement s’en est allée. Nous lui devons d’avoir posé les bases du partenariat au CCFD-Terre Solidaire, qui a guidé convictions et orientations.\nAu Maroc ou à travers l’Amérique Latine, Henryane aura marqué de son temps et les relations établies pour longtemps.”\n\n\nMarlyse THOMMEN-STRASSER\n\n\nChers amis,\n\nA mes débuts au CCFD, Henryane était la responsable du Département des \nProjets et j'étais pendant trois ou quatre ans sa secrétaire. Avec elle, \nj'ai beaucoup appris à connaître de pays ou de régions que je ne \nconnaissais pas ou peu. Face à son ascendance, elle m'a dit un jour : \n\"chacun d'entre nous a son origine sociale, et puis après on fait ses \nchoix\". Je garde pour toujours sa grande magnanimité à l'égard de nous \ntous et toutes. Merci Henryane.\n\n\n[gallery link=\"file\" ids=\"10320\"]"}
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Si les interventions, notamment côté européen, ont été cette année plus constructives, il est temps pour tous les Etats de se montrer plus ambitieux et de renforcer le texte. De la rupture du barrage à Brumadinho au Brésil à l’incendie de l’usine Lubrizol à Rouen, l’année 2019 a été une fois de plus marquée par les impacts sociaux et environnementaux néfastes de l’activité des multinationales. La Coalition française pour un traité ONU (1) appelle donc les Etats à jouer pleinement leur rôle. L’Union européenne doit sortir de son un attentisme et arrêter de se cacher derrière l’absence d’une position commune. Alors qu’elle a toujours été moteur du processus, la société civile a vu la continuité de sa participation dangereusement remise en cause par la Chine, le Brésil et la Russie le dernier jour des négociations.\n\n\n\n\n\nCette semaine, les États ont poursuivi les négociations sur le contenu détaillé du traité. L’Union européenne (UE), qui avait multiplié les stratégies d’obstruction ces dernières années, ne conteste plus la légitimité du processus. Elle a toutefois utilisé l’absence de mandat de négociation comme prétexte pour rester muette sur le fond. Or il y a urgence, comme l’expriment les 660 000 signataires européens de la pétition “Des droits pour les peuples, des règles pour les multinationales” (2). La France, l’Espagne et la Belgique ont rompu avec l’immobilisme de l’UE en prenant la parole à quelques reprises pendant les discussions article par article. Les interventions des Etats en faveur du Traité sont d’autant plus importantes que nombre de pays demeurent des opposants fermes.\n\nQuoi qu’il en soit la version actuelle du traité reste très insuffisante face aux enjeux : réguler les multinationales, prévenir les violations tout au long de leur chaîne de valeur et garantir l’accès à la justice des personnes affectées. Des amendements de fond doivent être poussés et il est essentiel que les Etats se saisissent en ce sens des recommandations de la société civile et s’appuient sur leur expertise et la voix des communautés affectées (3). \n\nAinsi, pour Juliette Renaud des Amis de la Terre France, « Ce projet de traité se centre sur les seules obligations des Etats, et nous dépendrons donc de leur volonté politique et de leur capacité pour le mettre en oeuvre au travers de lois nationales. Nous demandons au contraire que le traité impose des obligations directes pour les multinationales, pour que les juges puissent s’en saisir dès sa ratification ».\n\n« Pour que les personnes et communautés affectées obtiennent réparation, celles-ci doivent pouvoir accéder à la justice également dans les pays d’origine des multinationales. Le traité doit aussi contenir des mécanismes de recours au niveau international, par exemple au travers d’une Cour internationale à même de juger les multinationales », ajoute Chloé Stevenson d’ActionAid France.\n\nPour Swann Bommier, du CCFD-Terre Solidaire, « Il est indispensable que ce traité consacre la primauté des droits humains et de l’environnement sur les droits accordés aux investisseurs et aux multinationales dans les traités de commerce et d’investissement. Il est temps que soient abolis les tribunaux d’arbitrage ».\n\n« En tant que syndicalistes, nous constatons que les pays qui cherchent à affaiblir le traité sont ceux qui répriment les manifestations dans la violence et emprisonnent les opposant-es. La Chine, la Russie et le Brésil se sont particulièrement illustrés sur ces points. » déclare Stéphane Enjalran pour Solidaires.\n\nLa Coalition française pour le traité ONU appelle la France à renforcer son engagement, et à agir pour que les Etats européens prennent leurs responsabilités, individuellement et collectivement, en prenant une part active dans les négociations qui vont se poursuivre en 2020.\n\nContacts presse :\nLouis Moreau , +33 7 80 35 69 00 l.moreau@ccfd-terresolidaire.org \n\n\nNotes :\n(1) La coalition française sur le traité ONU est composée de ActionAid France, AITEC, Amis de la Terre France, ATTAC France, CCFD-Terre Solidaire, CGT, Collectif Éthique sur l'étiquette, France Amérique Latine, Ligue des Droits de l'Homme, Sherpa, Union syndicale Solidaires\n(2) Cette campagne est portée pas plus de 200 organisations, syndicats et mouvement sociaux en Europe. La pétition est disponible sur le site stop-impunité.fr\n(3) La Coalition française a réalisé plusieurs interventions en plénière en ce sens, disponibles sur demande.\n\n\n[gallery link=\"file\" ids=\"10326,10327\"]"}
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La rencontre avec ces peuples nous interpelle et nous invite à une vie plus simple  de partage et de gratuité. \nÀ l'écoute de leurs clameurs et marqués par leurs larmes, nous accueillons de tout cœur les paroles du pape François : \" De nombreux frères et soeurs en Amazonie portent de lourdes croix et attendent la consolation libératrice de l'Évangile, espèrent la tendresse aimante de l'Église. Pour eux et avec, marchons ensemble\".\n\nC'est avec gratitude, que nous évoquons les évêques qui, au terme du Concile Vatican II, signèrent dans les Catacombes de Sainte Domitille le Pacte pour une Église servante et pauvre. \nNous nous souvenons avec vénération de tous les membres des Communautés Ecclésiales de Base,  des Pastorales et des mouvements populaires; des responsables indigènes, missionnaires et laïcs  hommes et femmes, prêtres et évêques  qui versèrent leur sang pour cette option pour les pauvres,  pour défendre la vie  et lutter pour la sauvegarde de notre Maison commune. \n\nÀ la gratitude que nous éprouvons envers leur héroïsme, nous unissons notre décision de continuer leur lutte avec fermeté et courage. En effet, c'est un sentiment d'urgence qui s'impose devant les agressions qui dévastent aujourd'hui le territoire amazonien, menacé par la violence d'un système économique prédateur et consumériste.\n\nDevant la Sainte Trinité, devant nos Églises particulières, les Églises d'Amérique latine et des Caraïbes et celles qui sont solidaires avec nous, en Afrique, Asie, Océanie, Europe  et dans le Nord du continent américain, aux pieds des apôtres Pierre et Paul et de la multitude des martyrs de Rome, d'Amérique latine et en particulier de notre Amazonie, en profonde communion avec le successeur de Pierre, nous invoquons l'Esprit Saint et nous prenons, sur les plans personnel et communautaire, les engagements suivants:\n\n      \t1. Assumer, devant l'extrême menace du réchauffement climatique global et de l'épuisement des ressources naturelles, l'engagement de défendre sur nos territoires et par nos attitudes la forêt amazonienne sur pied. \nC'est d'elle que proviennent le don des eaux  qui irriguent une grande partie du territoire sud-américain, la contribution au cycle du carbone et la régulation du climat global, ainsi qu'une incalculable biodiversité jointe à une riche sociodiversité, au bénéfice de l'humanité et de la Terre tout entière.\n\n \t2. Reconnaître que nous ne sommes pas les maîtres de la Terre mère, mais ses fils et ses filles,  formés de la poussière de la terre (Gn 2, 7-8), ses hôtes et pèlerins (1P 1, 17b et 1P 2, 11), appelés à devenir ses zélés gardiens (d’après Gn 1, 26). \nÀ cet effet, nous nous engageons pour une écologie intégrale,  dans laquelle tout est en interdépendance, le genre humain et la création tout entière, car la totalité des êtres sont fils et filles de la terre et sur eux se meut l'Esprit de Dieu (Gn 1, 2). \n\n3. Accueillir et renouveler chaque jour l'alliance de Dieu avec tout le créé : \"Voici que j'établis mon alliance avec vous et avec votre descendance et avec tous les êtres animés qui sont avec vous : oiseaux, animaux domestiques et sauvages, bref, tout ce qui est sorti de l'arche, tous les animaux de la terre\" (Gn 9, 9-10; 12-17).\n\n  \t4.  Renouveler dans nos Églises l'option préférentielle pour les pauvres, en particulier les peuples autochtones, et avec eux, garantir leur droit à être des protagonistes  dans la société et dans l'Église; les aider à préserver leurs terres, leurs cultures, leurs langues et leurs histoires, leurs identités et leurs spiritualités. Croître dans la conscience de ce que celles-ci doivent être respectées localement et globalement et, en conséquence, favoriser par tous les moyens à notre portée, que ces peuples autochtones soient accueillis sur un pied d'égalité  dans le concert mondial des autres peuples et cultures.\n\n \t5.  Abandonner, il s'ensuit, dans nos paroisses, diocèses et groupes, toute espèce de mentalité et posture colonialiste, en accueillant et valorisant la diversité culturelle, ethnique et linguistique, dans un dialogue respectueux avec toutes les traditions spirituelles.\n\n \t6.   Dénoncer toutes les formes de violence et d'agression à l'encontre de l'autonomie et des droits des peuples autochtones, quant à leur identité, leurs territoires  et leurs formes de vie. \n\n \t7.   Annoncer la nouveauté libératrice de l'évangile  de Jésus-Christ, dans l'accueil de l'autre et du différent, comme il en fut pour Pierre dans la maison de Corneille : “Vous le savez bien, il est interdit à un juif de frayer avec un étranger ou d'entrer chez lui; mais Dieu vient de me montrer qu'il ne faut appeler aucun homme profane ou impur\" (At 10, 28).\n\n  \t8.  Cheminer de façon œcuménique avec d'autres communautés chrétiennes dans l'annonce inculturée et libératrice de l'Évangile, et avec d'autres religions et personnes de bonne volonté, dans la solidarité avec les peuples autochtones, les pauvres et les petits, afin de défendre leurs droits et préserver la Maison commune.\n\n \t9. Instaurer dans nos Églises particulières un style de vie synodal, où les représentants des peuples autochtones, les missionnaires et les laïcs, hommes et femmes, en raison de leur baptême et en communion avec leurs pasteurs, aient voix et vote dans les assemblées diocésaines, les conseils pastoraux et paroissiaux, bref, dans tout ce qui relève de leur compétence dans le gouvernement des communautés.\n\n \t10. Nous employer à la reconnaissance urgente des ministères ecclésiaux qui existent déjà dans les communautés et qui sont exercés par des agents de la pastorale, catéchistes indigènes, ministres de la Parole, hommes et femmes, en mettant particulièrement en valeur leur service au regard des plus vulnérables et des exclus.\n\n  \t11. Rendre effectif dans les communautés qui nous sont confiées le passage d'une pastorale de visite à une pastorale de présence, en s'assurant que le droit à la Table de la Parole et à la Table de l'Eucharistie soit effectif dans toutes les communautés. \n\n \t12. Reconnaître  les services et la réelle diaconie exercée par un nombre élevé de femmes qui dirigent aujourd'hui des communautés  en Amazonie, et faire en sorte de les consolider  grâce à un ministère conforme à leur fonction de femmes dirigeantes de communautés. \n\n \t13. Chercher de nouveaux chemins d'action pastorale dans les villes où nous oeuvrons, en faisant une place particulière aux laïcs et aux jeunes, en prêtant attention aux périphéries et aux migrants, aux ouvriers et aux chômeurs, aux étudiants, éducateurs et chercheurs, ainsi qu'au monde de la culture et de la communication. \n\n \t14. Assumer, devant l'avalanche d'offres de la société de consommation un style de vie joyeusement sobre, simple et solidaire de ceux qui n'ont que peu ou rien; chercher à réduire la production de déchets et l'utilisation des plastiques, favoriser la production et la commercialisation de produits agroécologiques, utiliser autant que possible les transports publics. \n\n \t15. Nous placer aux côtés de ceux qui sont persécutés  à cause de leur service prophétique de dénonciation et réparation des injustices, de défense  de la terre et des droits des petits, d'accueil et assistance aux migrants  et aux réfugiés. Cultiver des amitiés véritables avec les pauvres, visiter les personnes les plus simples et les malades, en exerçant le ministère de l'écoute, de la consolation et du soutien qui donne du courage et renouvelle l'espérance. \n\nConscients de nos fragilités, de notre pauvreté et petitesse devant de si grands et graves défis, nous nous confions à la prière de l'Église. Et surtout, puissent nos Communautés ecclésiales venir à notre secours par leur intercession, leur affection dans le Seigneur et, chaque fois que nécessaire, par la charité de la correction fraternelle. \n\nC'est d'un cœur ouvert  que nous accueillons l'invitation du cardinal Hummes à nous laisser guider par l'Esprit Saint en ces jours du Synode et au retour dans nos Églises:\n“Laissez-vous envelopper dans le manteau de la Mère de Dieu et Reine de l'Amazonie. Ne nous laissons pas vaincre par l'autoréférentialité, mais bien par la miséricorde devant la clameur des pauvres et le cri de la terre. Beaucoup de prière, de méditation et de discernement seront nécessaires, en plus d'une pratique concrète de la communion ecclésiale et de l'esprit  synodal. Ce Synode est comme une table que Dieu a préparé pour ses pauvres et il nous demande, à nous, d'être ceux qui servent à table\". \n \nCélébrons cette Eucharistie du Pacte comme \"un acte d'amour cosmique\". \"Oui, cosmique ! Car, même lorsqu'elle a lieu sur le petit autel d'une église de village, l'Eucharistie est toujours célébrée, en quelque sorte, sur l'autel du monde\". L'Eucharistie unit le ciel et la terre, embrasse et pénètre toute la création. Le monde sorti des mains de Dieu retourne à Lui en pleine et heureuse adoration : dans le Pain eucharistique, \"la création tend à la divinisation, aux noces saintes, pour s'unir à son Créateur\". \n\"C'est la raison pour laquelle l'Eucharistie est aussi source de lumière et motivation pour nos préoccupations à l'égard de l'environnement, et qu'elle nous conduit à être les gardiens de la création tout entière\".    \n\n\nCatacombes de Sainte Domitille Rome, 20 octobre 2019.\n\n\n[gallery link=\"file\" ids=\"10330,10294,10334,10331,10332\"]"}
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Nos organisations alertent sur le manque de volonté et de moyens pour assurer la mise en œuvre d’une loi pourtant déjà peu ambitieuse. Nous appelons le Ministère de l’Agriculture à se saisir de l’opportunité du projet de loi de Finances 2020, des décrets et arrêtés en cours de préparation, pour mettre en œuvre une loi EGalim fidèle à sa lettre de mission initiale et surtout à la hauteur des enjeux écologiques, économiques, sociaux et sanitaires actuels.   \n\n\n\n\n\nPour le revenu des agriculteurs, pas d’amélioration en vue.\nD’un point de vue économique, le rapport de force reste encore défavorable aux agriculteurs au profit de la transformation et de la grande distribution.   \n\nNombreuses sont les organisations professionnelles qui dénoncent des négociations commerciales féroces, contribuant à cet échec. Les dispositions nouvelles (seuil de revente à perte -SRP- et encadrement des promotions) ont généré une augmentation des prix pratiqués par la grande distribution vis-à-vis des consommateurs, sans que les effets positifs souhaités sur le revenu des paysans soient garantis. La Confédération paysanne et UFC Que Choisir qualifient le système du seuil de revente à perte de “chèque en blanc d’1,6 milliards d’euros à la grande distribution” et d’un “chèque en bois pour les agriculteurs”. \nElles  demandent ainsi l'abandon immédiat du relèvement du SRP et l'instauration d'un véritable rééquilibrage des négociations en faveur des acteurs agricoles, notamment par la publication des marges de la distribution et de la transformation, l’application de sanctions en cas d'achat des produits agricoles en-dessous de leur prix de revient pour les agriculteurs et la mise en place d’accords tripartites producteurs-industriels-distributeurs. \n\nPour la transition écologique, une dynamique au point mort\nQue ce soit sur la sortie des pesticides, le bien-être animal ou la protection du climat et de la biodiversité, “l’esprit des EGA” est au point mort et la volonté d’avancer est absente.\n\nLa question de la réduction des pesticides et de la protection des populations n’aurait sans doute pas fait la une de ces dernières semaines si, dans la loi EGalim, le gouvernement avait fixé une vision claire du système agricole de demain, apportant outils et moyens ambitieux aux agriculteurs : “La loi EGalim échoue car il n’y a pas de réelles mesures incitatives telles que les aides à la transition vers des systèmes économes en pesticides et des aides à l’agriculture biologique” rappellent de concert Eau et Rivières de Bretagne, France Nature Environnement et Générations Futures. Les organisations appellent de leurs vœux une feuille de route claire de la sortie des pesticides.\n\nSur le sujet du bien-être animal, le texte a très peu fait évoluer les pratiques. Le projet de décret sur l’interdiction des poules pondeuses en cages, maigre avancée de la loi, limite de façon inquiétante la notion de réaménagement aux seuls élevages qui augmenteraient leur capacité de production. ‘“Nous demandons à ce que cette interdiction soit également étendue aux réaménagement d’anciens bâtiments” insiste CIWF.\n\nSi la loi EGalim cherche à assurer une alimentation saine pour toutes et tous. La suspension de l’additif dioxyde de titane (E171) dans les produits alimentaires en France est une des trop rares mesures prises. Le reste est insuffisant. “A quand les mesures urgentes pour enfin protéger la santé des consommateurs, telles que l’interdiction de toute substance dangereuse dans nos assiettes ou l’encadrement de la publicité et le marketing qui ciblent les enfants pour des produits trop sucrés, trop gras, trop salés”, indique Foodwatch. De même pour la restauration collective, les outils et les moyens font cruellement défaut pour atteindre les objectifs de la loi. Le Secours Catholique insiste pourtant sur “l’opportunité qu’elle présente pour accroître l’accessibilité digne d’une alimentation de qualité à toutes et tous”. Côté moyens financiers, la Fondation Nicolas Hulot s’interroge “Est ce une loi bradée ? Nous demandons dans le projet de loi de finances 2020 l’allocation d’une prime sociale de 15 millions d’euros par an pendant trois ans pour soutenir la restauration collective implantée dans les territoires les plus fragiles dans sa conversion vers une alimentation durable ”. Côté outils, un exemple : “le menu végétarien hebdomadaire sera obligatoire au 1er novembre, or les premières réflexions officielles sur le sujet en matière de qualité, de formation et d'accompagnement n'ont commencé que le 4 octobre de cette année.” alerte Greenpeace France et le Réseau Action Climat. \n\n\nLes organisations signataires invitent tous les acteurs des Etats généraux de l’Alimentation à faire leur propre bilan de la Loi EGalim et appellent le gouvernement à se saisir de ces constats, des calendriers politiques actuels (projet de loi de finances, textes réglementaires en cours) et des propositions de la société civile pour pallier le retard et viser une transition agricole et alimentaire ambitieuse. \n\n\nOrganisations signataires :  \nAttac\nCCFD-Terre Solidaire\nCFSI\nCIWF France\nCommerce Équitable France\nConfédération paysanne\nfoodwatch France\nFondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme\nFrance Nature Environnement\nEau et Rivières de Bretagne\nGénérations Futures\nGreenpeace France\nMiramap\nNature et Progrès\nRéseau Action Climat\nSecours Catholique- Caritas France\nSOL (Alternatives Agroécologiques et Solidaires)\nTerre & Humanisme\nUFC-Que Choisir\nUnion Nationale de l’Apiculture Française\nWWF[gallery link=\"file\" ids=\"10339\"]"}
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Un vote positif des ministres ouvrirait enfin les négociations en « trilogue » entre le Parlement, la Commission et le Conseil en vue de l’adoption au niveau européen de cette mesure indispensable pour lutter contre l’évasion fiscale. Le CCFD-Terre Solidaire appelle la France à être exemplaire lors de cette réunion et à défendre une mesure ambitieuse. \n\n\n\n\n\n\nLe reporting pays par pays est une mesure simple de transparence, qui obligerait les grandes entreprises multinationales à publier chaque année un certain nombre d’informations sur leurs activités et les impôts qu’elles payent dans tous les pays où elles opèrent. Cela permettrait aux ONG, aux journalistes et aux citoyens et citoyennes dans leur ensemble de savoir si les entreprises payent des impôts qui correspondent à la réalité de leurs activités. Cela aurait un effet dissuasif sur les pratiques de transferts de bénéfices des grandes entreprises multinationales. \n\nAlors que la transparence existe pour les banques européennes, une directive est en négociations depuis 2016 pour étendre cette mesure à tous les secteurs d’activités. Après une proposition de directive de la Commission en 2016, et le vote du Parlement en 2017, les attentes sont concentrées depuis 3 ans sur le Conseil, qui doit prendre position pour que les négociations en trilogue puissent commencer. La réunion de jeudi 28 novembre est une opportunité majeure pour que les travaux puissent avancer. La position adoptée par le Conseil doit être suffisamment ambitieuse pour que cette mesure soit réellement efficace : la mesure de transparence doit couvrir tous les pays, et sans possibilité de non-divulgation d’information.\n\n« Après les nombreux scandales qui ont révélé les pratiques d’évasion fiscale des multinationales, il n’est pas normal que les citoyens et citoyennes n’aient pas accès aux informations basiques pour savoir si les entreprises paient leur juste part d’impôt. Après trois ans de blocage, le Conseil pourrait enfin avancer dès ce jeudi. Nous demandons instamment à la France de défendre une mesure ambitieuse et complète. 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Le spectre géographique du texte proposé est cependant très restreint, ce qui remettrait en cause l’efficacité même de la mesure : les entreprises publieraient les informations que pour les pays de l’Union Européenne et ceux de la liste noire de paradis fiscaux européenne.\nReporting pays par pays : la proposition lacunaire de la Commission européenne (2016)\n\n- En juillet 2017, le Parlement européen a voté sa position sur le texte : le spectre géographique est élargi à tous les pays, mais les député-e-s ont introduit une clause de non divulgation qui permettrait aux entreprises de ne pas révéler certaines informations clés, ce qui amoindrirait la mesure. \n\n- Les ministres réuni-e-s en « Conseil Compétitivité » vont procéder à un vote à la majorité qualifiée, retransmis en ligne en direct. \n\n- Le CCFD – Terre Solidaire avait déjà participé à l’analyse des données publiées par les plus grandes banques françaises en 2014 et en 2016.\n\n\nCONTACT PRESSE\nLouis Moreau l.moreau@ccfd-terresolidaire.org  - 06 66 12 33 02\nLison Rehbinder l.rehbinder@ccfd-terresolidaire.org - 07 61 70 92 51"}
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Nous avons donc exclu de l’étude les entreprises non cotées (certaines sont des géants, comme le suisse Vitol qui appartient au Top 10 mondial, Bosch, Ikea ou Auchan). Le chiffre d’affaires est pondéré sur les années 2009, 2010 et 2011 (source : Fortune - pour Glencore, seule l’année 2012 est disponible). L’adoption d’autres paramètres – le bénéfice, les actif, la valeur marchande – n’aurait fait varier le classement que très légèrement (cf. celui effectué par Forbes). Cependant l’unique critère de la capitalisation boursière conduirait à étudier d’autres groupes (Sanofi, LVMH, L’Oréal ou Danone). Le chiffre d’affaires nous a paru mieux refléter la réalité économique actuelle des entreprises. Enfin, depuis 2010, la liste des 50 plus grands groupes a subi quelques évolutions : Nokia, Saint-Gobain, Thyssenkrupp, UBS, Unicrédit et Robert Bosch (non coté) sont sortis de notre échantillon, tandis que Banco Santander, BPCE, CNP Assurance, Glencore, Prudential et Zurich Financial Services font leur entrée. Pour la partie de notre rapport traitant des évolutions depuis notre rapport « L’Economie déboussolée » en 2010, nous avons donc travaillé sur l’ancienne liste des 50 plus grands groupes identifiés. \n\nQuelle liste de paradis fiscaux ? Il n’existe pas une liste officielle qui fasse consensus. Le Gafi, l’OCDE ou le Forum de stabilité financière sont des organismes interétatiques contraints de tenir compte de considérations diplomatiques. Nous avons adopté, comme pour notre rapport « l’Economie déboussolée » en 2010, la liste établie en 2009 par le Tax Justice Network. TJN a retenu 60 territoires qui avaient été identifiés comme paradis fiscaux au moins deux fois dans une quinzaine de listes produites par les organisations et les auteurs spécialisés depuis les années 1970. TJN évalue, selon une batterie de 15 critères très précis, le degré d’opacité de chacun de ces territoires. Nous nous référons dans cette étude à la dernière évaluation disponible du degré d’opacité, qui date de 2011. \n\nQu’en est-il des États-Unis, du Royaume-Uni, de la Malaisie et du Portugal ? Ces quatre pays figurent sur la liste de TJN, le premier du fait de certains de ses États (Nevada, Wyoming et surtout Delaware), les trois autres, respectivement, à cause de la City de Londres, des îles de Labuan et Madère. Mais prendre en compte l’intégralité des filiales anglaises, américaines, malaises et portugaises des groupes européens aurait biaisé notre panorama. L’imprécision des données fournies par les multinationales nous mettant dans l’impossibilité d’isoler les filiales détenues spécifiquement à Londres ou Madère, nous avons renoncé à rendre compte de la présence outre-manche et au Portugal. Ce choix tend à minorer notre évaluation globale de la présence dans les paradis fiscaux – à titre d’exemple, Deutsche Bank détient à elle seule 118 filiales à Londres. Concernant les États-Unis et la Malaisie, nous n’en avons dénombré les filiales que lorsque la localisation au Delaware et à Labuan était précisée. Ce choix diffère quelque peu de celui opéré en 2010 (nous avions exclu USA et Royaume-Uni et retenu intégralement Malaisie et Portugal). Toutes les évolutions entre 2009 et 2012 ont donc été chiffrées en excluant le Delaware et en faisant l’hypothèse d’un statu quo pour le Portugal et la Malaisie.\n\nD’où viennent les données ? Elles émanent uniquement de sources publiques produites par les entreprises elles-mêmes : rapports financiers et annexes, documents de référence publiés en 2013 sur l’exercice 2012 à l’attention du régulateur boursier américain ou du registre du commerce britannique (Companies House). Toutes ces sources sont disponibles en ligne ou sur simple demande (moyennant une livre sterling pour chaque document britannique). Pour BMW, nous avons retenu les données 2010, beaucoup plus complètes que celles de 2012.\n\nComment avons-nous comptabilisé les filiales ? Nous utilisons dans cette étude le terme générique de filiale pour toutes les entités incluses dans le périmètre de consolidation des comptes (filiales, entreprises associées, etc.). Pour calculer leur nombre dans les paradis fiscaux, nous avons comme en 2010 exclu celles du pays d’implantation du siège, bien que le choix de l’implantation puisse répondre à des considérations fiscales. A noter que dans le petit nombre de cas où un nom de ville sans indication de pays prêtait à confusion (Dover est à la fois une ville américaine du Delaware et une ville anglaise, Hamilton est la capitale des Bermudes et une ville canadienne), nous avons considéré par défaut que la filiale était dans un paradis fiscal. Pour le groupe Total, l’absence complète d’information quant à la localisation des filiales nous a amenés à adopter une méthode exclusivement déductive. Pour les groupes qui ne publient la liste que d’un petit nombre de leurs filiales (Total, Statoil, France Télécom…), nous avons calculé le pourcentage de filiales étrangères dans les paradis fiscaux à partir de ces listes. Enfin, notons que la qualité et la quantité de l’information produite par les entreprises a bien sûr un impact sur les résultats et doit amener à une certaine modestie à l’heure d’en tirer les enseignements : une entreprise peut voir son nombre (parfois son pourcentage) de filiales offshore augmenter simplement parce qu’elle est plus transparente que par le passé. Et inversement."}
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Debbie Stothard, coordinatrice d’Altsean-Burma[[Altsean-Burma, basé à Bangkok en Thaïlande, soutient le respect des droits de l'homme et la démocratie en Birmanie et en Asie du Sud-Est]], partenaire du CCFD-Terre Solidaire, dénonce les graves exactions commises contre les civils qui ont contraint plusieurs dizaines de milliers de personnes à fuir la région. \n\n\n\n« Même les plus anciens qui ont connu la période d’avant le cessez-le-feu, sont choqués par la gravité et la brutalité des atrocités dont ils ont été les victimes », témoigne Debbie Stothard. C’est à une véritable guerre que semblent se livrer, depuis juin 2011, les troupes gouvernementales birmanes dans l’État Kachin, au nord de la Birmanie. « On assiste à quelque chose d’intentionnel et systématique », s’alarme la jeune femme. \n\nDes propos confirmés par la chargée de mission du CCFD-Terre Solidaire, Juliette Louis-Servais, à son retour de Birmanie en février. Le rapport publié, le 20 mars, par l’ONG internationale de défense des droits de l’homme Human Rights Watch, intitulé « Souffrances cachées : abus en temps de guerre et déplacements forcés dans l’État Kachin de Birmanie », est lui aussi on ne peut plus clair. « Attaques délibérées sur des populations civiles, tortures et mauvais traitements généralisés, y compris sur des enfants, viols et violences sexuelles, travail forcé, exécutions extrajudiciaires, destructions des biens, recours aux enfants soldats et usage de mines », la liste des exactions est impressionnante, les témoignages rapportés par HRW, confondants.\n\n« Cela faisait plusieurs années que le feu couvait  », explique Debbie. « Les Kachins ont signé un cessez-le-feu avec le gouvernement en 1994 et, depuis dix-sept ans, au lieu du développement économique et de la paix, ils se sont retrouvés face à une véritable armée d’invasion qui a fait main basse sur les ressources naturelles de la région, s’accaparant toutes les terres et se comportant de la pire des manières qui soit, envers les populations. Cela ne pouvait plus durer. D’autant que la question de la représentation des minorités ethniques n’est toujours pas résolue.  » \n\n\nUne ouverture annoncée à grands effets de manche\n\n\nCette question ethnique ne concerne pas seulement les Kachins. Depuis 1948, les minorités ethniques, qui composent plus d’un tiers de la population totale du pays, sont en révolte plus ou moins ouverte contre un gouvernement central dont la seule réponse proposée est l’assimilation forcée. « Le gouvernement a toujours refusé d’accorder une quelconque autonomie locale ou régionale aux différents États ethniques  », rappelle la jeune femme. Les élections de 2010 n’ont rien changé. « Les parlements régionaux sont toujours aux mains du parti gouvernemental  », déplore la coordinatrice d’Altsean-Burma, qui reste très prudente quant à l’ouverture annoncée à grands effets de manche par les dirigeants birmans. « La communauté internationale s’est laissée griser par les récentes avancées faites par Nyapidaw [la capitale administrative, ndlr]. Quand je rencontre des parlementaires européens ou que je suis aux Nations unies, à New York, pour évoquer la situation, tout le monde me chante désormais le même refrain : “Tout cela va bientôt s’arranger. Il faut donner une chance à ce gouvernement”. Mais pendant ce temps, les militaires birmans, eux, ne laissent aucune chance aux populations locales. » \n\nRésultat : la situation y est aujourd’hui dramatique. Plus de 55 000 personnes ont quitté leur village pour fuir les combats opposant les forces birmanes à l’Armée pour l’indépendance Kachin, la Kia. Ces déplacés ont trouvé refuge dans des camps poussés à la hâte. Près de la frontière chinoise ou dans l’État Shan voisin, beaucoup survivent dans des conditions plus que difficiles. Sans ressources, ne subsistant que grâce à la générosité et à la solidarité de leurs compatriotes, ils doivent se contenter d’un peu de riz, de quelques lentilles et n’ont pour abri que « des cloisons de bambous surmontées de feuilles de plastique ». Ce qui, à l’approche de la mousson, laisse craindre le pire. \n\n« En neuf mois de conflit, les représentants des Nations unies ne se sont rendus qu’une seule fois dans cette partie de l'Etat Kachin, en décembre, et le gouvernement empêche toute aide humanitaire d’arriver jusqu’aux déplacés, ce qui est contraire aux lois internationales », déplore Debbie Stothard Les quelque 10 000 Kachins qui ont réussi à traverser la frontière chinoise, ne sont pas mieux lotis. Les autorités chinoises préférant les considérer comme des immigrants plutôt que de leur accorder un statut de réfugié, qui permettrait aux agences internationales de venir sur place. Une possibilité que refuse d’envisager Pékin, qui profite déjà de l'exploitation des ressources naturelles de l’État Kachin, notamment son fort potentiel hydroélectrique."}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/pour-le-ccfd-terre-solidaire-laide-publique-au-developpement-doit-augmenter/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/pour-le-ccfd-terre-solidaire-laide-publique-au-developpement-doit-augmenter/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Pour le CCFD-Terre solidaire, l&rsquo;aide publique au développement doit augmenter.","datePublished":"2008-11-06T00:00:00+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/pour-le-ccfd-terre-solidaire-laide-publique-au-developpement-doit-augmenter/"},"wordCount":456,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Aide publique au développement"],"inLanguage":"fr-FR","description":"Lundi 3 novembre, le Comité catholique contre la faim et pour le développement, ainsi que la plateforme d’ONG Coordination Sud, Oxfam-France et Médecins du monde, ont rencontré Alain  Joyandet, secrétaire d’Etat chargé de la Coopération et de la Francophonie. \nL’objet de la réunion ?  la politique française en matière d’aide publique au développement ou APD. En effet, jeudi 6 novembre, les députés débattront du montant de l’APD programmé pour 2009-2011.\n\n\nAlain Joyandet a confirmé le maintien, dans leur majorité, des projets de santé et d’éducation prévus en Afrique subsaharienne. Il s’est également engagé à soutenir la création d’une Maison de la solidarité internationale, lieu de rencontres et d’échanges entre les acteurs du développement et à la poursuite du dialogue avec les ONG, au moins une fois par trimestre.\n\n\nDepuis de nombreuses années, le CCFD-Terre solidaire mène campagne pour que la France respecte son engagement : consacrer 0,7% de son PIB à l'aide publique au développement. Cet engagement s’inscrit dans la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement : éradiquer la pauvreté en 2015. \n\n\nAussi le CCFD-Terre solidaire souligne-t-il les points suivants :\n\n\n\n L’APD qui avait diminué de 16 % en 2007 recule encore cette année.\n\n\n\n Le recours aux prêts est presque doublé (+ 98 %). Il est crucial que ces prêts servent à financer le développement des PME et PMI africaines, seules susceptibles de créer des bassins d’emplois locaux. Trop souvent par le passé, ces prêts ont été affectés aux grandes entreprises publiques, sans effet démultiplicateur sur l'emploi. \n\n\n\n Le financement par dons de projets de développement, notamment en Afrique, est sacrifié. Les deux tiers des projets pour les pays les plus pauvres de la planète risquent d’être supprimés. \n\n\n\n Les autorisations de paiement chuteront à 134 millions d’euros, contre 320 millions l’an dernier.\n\n\n\n La hausse de 5 % du volume d’APD entre 2009 et 2011 suffira à peine à compenser l’inflation. En d’autres termes, la France aura du mal à maintenir son APD à 0,39% du PIB (chiffre 2007) sur cette période. Et cela, alors même que Nicolas Sarkozy s'est engagé à passer l'APD à 0,51 % du PIB en 2010 et à 0,7 % en 2015.\n    \nLa politique française d’aide au développement va à l’encontre de la volonté des Français : ils sont quatre sur cinq à penser que la France et l’Europe doivent maintenir ou renforcer leur aide aux pays pauvres.\n\n\nLe CCFD-Terre solidaire réitère donc sa position de voir l'APD augmentée afin que les populations les plus pauvres ne fassent pas les frais des restrictions budgétaires françaises. \n\n\n "}
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Celui qui donne, même peu de chose, se préoccupe des besoins de l'autre et place la dignité de la vie de chaque être humain au plus haut niveau.\n\n\n\nPourquoi donner ?\n\nDésir de partage ? Solidarité ? Nécessité ? Évidence ? Honte des écarts entre riches et pauvres ? Culpabilité ? Indignation ? Pitié ? Quoi qu'il en soit de tous ces sentiments mêlés qui peuvent nous habiter, donner et recevoir, partager, échanger, sont des actes difficiles à vivre que l'on soit du côté de celui qui donne ou de celui qui reçoit.\n\nDans les sociétés traditionnelles, le don est signe d'alliance, de paix, ou de pouvoir. Les richesses sont, grâce au don, assez bien réparties et distribuées. Le don est un facteur d'équilibre social mais il peut être aussi une humiliation, devenir source de conflit et entraîner de la dépendance s'il y a dette.\n\nLa première approche du don prend souvent la forme d’une pièce donnée au mendiant dans le métro ou dans la rue : c’est un geste de compassion ou d’émotion, sans avenir, sans relation, qui ne prétend rien changer, et ne poursuit aucune efficacité particulière. Engagement individuel, rencontre fugitive, regards qui se croisent, on ne se reverra jamais… Parfois une relation s’installe, on passe devant la même personne tous les dimanches à la sortie de l’église, ou tous les jours en allant travailler. \n\nDans le meilleur des cas on finit par faire un peu connaissance comme avec son voisin. L’aumône devient une « manière de parler » et de se reconnaître de la même humanité… La solidarité nous fait quitter la mentalité d’assistance pour entrer dans un esprit de justice, d’équité, de réciprocité, de partenariat et de fraternité. Dans l’acte de solidarité, chacun reçoit et donne à la fois. Le donateur se met en position de recevoir et d’apprendre des autres, il perd peu à peu de sa suffisance de riche. Le geste du don n’est plus un acte condescendant mais il devient un geste d’égal à égal, une solidarité quasi familiale.\n\nComment donner ?\n\nDans ses travaux, l'anthropologue Alain Caillé explique que le don devrait être proportionnel à la demande et conforme aux possibilités du donateur. Il parle de l'inconditionnalité conditionnelle. Dans le cas contraire il serait possible de refuser de donner ou de recevoir…\n\nS’il y a obligation de donner (inconditionnalité), il y a aussi des règles de proportionnalité à respecter : le don doit être proportionnel à la demande. Il faut donc entrer en relation et en confiance. Prendre le temps d’une relation vraie… Prendre le temps de connaître l’autre en lui posant la question : qui es-tu ? Donner de l’argent peut devenir une solution de facilité. Parfois, mieux vaudrait parler, donner de bonnes adresses, offrir un réseau de solidarité…\n\nPar définition un don est gratuit : que ta main gauche ignore ce que fait ta main droite !, et en même temps on s’interroge sur les conditions dans lesquelles il serait possible ou non de donner, on parle de liens entre partenaires, de suivi et d'évaluation de projets, de responsabilités mutuelles. On se demande aussi combien de temps, encore, les uns vont-ils donner et les autres continuer de recevoir ?\n\nDonner, c'est inventer, le ton juste et trouver le moment opportun. C'est prendre le temps de la rencontre, du dialogue, pour connaître quel est le vrai besoin des personnes. Ce qui les fera le plus grandir. Donner n’est pas une solution durable, il faudra aussi chercher dès le départ comment avancer vers une plus grande autonomie des personnes et des groupes. La dynamique de la relation doit absolument y conduire.\n\nNous faisons bien souvent l'expérience que donner de l'argent est plus facile que d'entrer en relation… Pour entrer dans une démarche humanisante il faudra que celui qui donne se prépare à partager davantage encore : son pouvoir, son savoir, son temps, ses relations, son honneur…\n\nEt découvrir ainsi le goût de se donner lui-même en se tenant de manière désintéressée aux côtés de celui qui souffre, en donnant maintenant de ses propres forces pour que l’autre puisse vivre et grandir.\n\nDonner de l'argent ne suffit pas ! Il faudrait aussi que justice soit rendue. Le don ne peut se passer de la justice à rendre, pas plus d’ailleurs qu’il ne doit excuser les paresses humaines. Travailler sur les causes structurelles de la pauvreté est une démarche collective et politique qui s’impose souvent.\n\nÀ qui donner ?\n\nViser l’autonomie de gestion et de décision des personnes que l'on veut aider est notre objectif au CCFD, et pour cela nous travaillons avec des associations locales plutôt qu’avec des individus isolés. Cela permet de déployer les forces les plus adaptées pour créer, inventer et initier un développement durable. Cette vision nous provoque à entrer en relation de « partenariat » qui implique la disparition progressive de la relation « donateur- bénéficiaire » pour y substituer une logique d’échange. \n\nAinsi, l’aide n’est plus seulement transfert d’argent, elle peut devenir amitié confiante, féconde et durable. Cet échange de don peut ainsi se faire sans pression, sans obligation de retour. Un échange qui n'est pas réciprocité du « donnant-donnant ». Échange de veut dire que celui qui a donné ne reçoit pas nécessairement l'équivalent, il reçoit autre chose, autrement… C'est donc en définitive le financeur qui porte la responsabilité de ce partenariat au-delà des personnes. Responsabilité qui lui impose de donner avec justice et d'être en mesure de rendre compte de ses choix. \n\nAinsi, il pourra arriver que, dans certaines circonstances nous trouvions préférable et sage de renoncer purement et simplement à donner, tout comme il pourrait être préférable de refuser de recevoir un don : si le don ne correspond pas à de réels besoins ; si le don oblige (pousse) à improviser une action ; si le don épuise plus qu’il ne met en route ; si le don est déconnecté de toute relation ; si le don est contraignant, aliénant ou humiliant.\n\nQuant au donateur, qui ne sera probablement jamais en relation directe avec le destinataire du don, il n'est pas sans responsabilité. Donner son argent ne le dispense pas de s’intéresser à son tour à la manière dont le financeur va accomplir sa mission : selon quelle politique ? quelles orientations ? quelles priorités ? quelle cohérence d'action ? quel partenariat ? \n\nFinalement, la solidité du lien qui unit les hommes entre eux dans leur vie quotidienne, l'obligation morale qui incite chacun à être responsable de lui-même et des autres, la joie engendrée par l'échange et le partage, le plaisir d'être utile font de la solidarité la manifestation concrète de la fraternité humaine. Il est difficile d'échapper aux exigences de cette fraternité comme il est difficile de vivre sans amour. Cette double exigence donne corps à la notion de solidarité conçue comme acte de raison et comme acte d'amour."}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/lutter-contre-les-pratiques-abusives-des-multinationales-dites-intaxables/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/lutter-contre-les-pratiques-abusives-des-multinationales-dites-intaxables/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Lutter contre les pratiques abusives des multinationales dites « intaxables»","datePublished":"2012-11-15T15:15:00+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/lutter-contre-les-pratiques-abusives-des-multinationales-dites-intaxables/"},"wordCount":548,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Communiqués de presse","Fraude fiscale","Paradis fiscaux"],"inLanguage":"fr-FR","description":"Alors que l’ «optimisation fiscale» à outrance des entreprises multinationales telles que Google, Apple, Amazon ou Starbucks est au cœur du débat public en France et en Grande Bretagne, les mesures discutées le 14 novembre 2012 en Conseil des ministres pour lutter contre la fraude manquent d’ambition, notamment parce qu’elle ciblent uniquement les particuliers.\n\n\n\n«Certes, les mesures proposées qui pourraient rapporter un milliard d’euros à l’Etat, vont dans le bon sens et resserreront encore les mailles du filet pour les personnes physiques qui trichent pour échapper à l’impôt. Mais François Hollande avait pris, pendant la campagne électorale, des engagements plus larges, y compris sur les multinationales pour lesquelles les montants d’évasion fiscale se chiffrent en dizaines de milliards d’euros. Le président de la République et le gouvernement semblent les avoir oubliés. On est ainsi encore loin du compte dans la lutte contre les paradis fiscaux et la fraude fiscale promise dans la timeline du changement de François Hollande.\n\nLutter contre la fraude et l’évasion fiscale des entreprises, en particulier des multinationales, ce serait exiger d’elles qu’elles contribuent de manière équitable aux finances publiques, en France et encore plus dans les pays du Sud où elles sont implantées. Dans le contexte actuel de crise des finances publiques, de hausse des impôts et de recul de la solidarité internationale, les Français ne comprendront pas que le gouvernement abandonne cette piste», a déclaré Bernard Pinaud, délégué général du CCFD-Terre Solidaire.\n\nLes mesures qui permettraient cela sont connues : il s’agit d’exiger plus de transparence de la part des entreprises multinationales, premières utilisatrices des paradis fiscaux, afin de s’assurer qu’elles payent des impôts là où elles ont des activités réelles et d’empêcher les transferts de bénéfices vers les filiales situées dans les paradis fiscaux. Une obligation de publication d’informations comptables désagrégées, pays par pays, permettrait enfin de renverser la charge de la preuve et donnerait à l’administration fiscale les moyens de repérer les abus et de mener des contrôles plus efficaces. Par cette transparence, les multinationales seraient tenues de mettre un terme au découpage excessif de leurs activités qui leur permet de  localiser le maximum de valeur ajoutée dans les filiales « coquilles vides » ou presque, au Luxembourg, en Irlande, en Suisse ou aux Bermudes. Par la création d’un nouveau risque réputationnel, la transparence contribuerait donc à véritablement prévenir ces pratiques et pas seulement à tenter de les corriger a posteriori.\n\nLe rapport de la Commission d’enquête du Sénat sur l’évasion fiscale, adopté à l’unanimité en juillet dernier, reprend, notamment, une dizaine de propositions formulées par le CCFD-Terre Solidaire qu’il appartient aujourd’hui aux parlementaires de traduire par des mesures concrètes. \n\nLe CCFD-Terre Solidaire estime qu’il est indispensable de passer maintenant à la vitesse supérieure, et que des mesures ambitieuses pour la transparence des multinationales soient inscrites dans le projet de loi de Finance ou le collectif budgétaire de fin d’année.\n\nContact presse :\nKarine Appy / 06 66 12 33 02"}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/le-pari-ambitieux-de-quelques-asiatiques-eclaires/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/le-pari-ambitieux-de-quelques-asiatiques-eclaires/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Le pari ambitieux de quelques asiatiques « éclairés »","datePublished":"2013-08-13T17:17:41+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/le-pari-ambitieux-de-quelques-asiatiques-eclaires/"},"wordCount":933,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"inLanguage":"fr-FR","description":"Wallapa van Willenswaard dirige l’École pour le bien-être (School of well being) à Bangkok qui a pour ambition de propager le concept iconoclaste de Bonheur national brut. Le projet Organic Asia (Vers une Asie biologique) y est né, d l’idée d’étendre au niveau international l’expérience du Réseau Marché Vert de Thaïlande, mettant en lien petits paysans et consommateurs « éclairés »\n\n\n\n« Organic Asia s’adresse à des groupes de petits paysans qui s’organisent en une chaîne de production à taille humaine pour fournir une alimentation saine, dans un environnement naturel, familial et communautaire sain. Le groupe pionnier du projet a d’abord établi des partenariats dans la région du fleuve Mékong. Ce réseau a aujourd’hui des partenaires au Bhoutan, au Myanmar, en Thaïlande, au Laos, au Cambodge et au Vietnam.\nNous intervenons dans quatre domaines d’activités. Le premier d’entre eux est le développement des capacités humaines. Sur ce point, la visite d’une délégation de la région du Mékong à l’école d’agriculture de Speri au Vietnam, a débouché sur l’initiative de lancer un mouvement de jeunes paysans biologiques dans la région. La première rencontre s’est tenue dans une ferme biologique du Laos totalement gérée par les jeunes. Les activités du soutien technique, notre deuxième activité, concernent en priorité la souveraineté sur les semences. Elles visent à rappeler les techniques traditionnelles menacées face à la pression de quelques grandes compagnies. Les semences biologiques présentent une large variété de caractéristiques locales adaptées à l’environnement naturel.\n\n\nÉvaluation critique\n\nÀ propos de la recherche sur l’agroécologie, notre troisième priorité, la majorité des paysans et des consommateurs ont besoin de preuves scientifiques face aux \"miracles\" de l’alimentation de masse. Nos universitaires ont accompagné les fermiers traditionnels pour leur permettre une prise de conscience critique basée sur des faits. Cette évaluation concerne la qualité des produits mais aussi la santé des producteurs et le bien-être du monde paysan.\nDernier point, l’agriculture familiale offre de nouvelles solutions pour l’extension des marchés. Elle permet aux paysans de garder leur indépendance en établissant des réseaux dans la société rurale. Si, de leur côté, les consommateurs \"éclairés\" en font de même, ces réseaux peuvent se mettre en relation les uns avec les autres et le commerce peut alors s’organiser directement entre les producteurs et les consommateurs au sein de réseaux de confiance.\n\nL’expérience du Réseau Marché Vert est de faire collaborer des hôpitaux avec des réseaux de petits producteurs de produits biologiques. Elle pourrait être étendue à l’ensemble de la région du Mékong, voire au-delà. Une argumentation portant sur la notion de médecine préventive pourrait être utilisée pour motiver des gouvernements, peut-être même des compagnies d’assurance à participer à d’autres expériences locales similaires. Un consommateur ne devrait jamais se considérer comme un simple individu qui achète ce dont il a besoin au jour le jour, mais comme un participant potentiel à un mouvement d’investissement collectif dans le cadre de réseaux ville-campagne capables de promouvoir la santé, la justice et le souci du prochain ».\n\nWallapa van Willenswaard\n\n\nRepères sur l’agroécologie et l’agriculture biologique\nSelon les cas, les termes d’agroécologie et d’agriculture biologique sont utilisés pour dénommer les principales formes d’alternatives à l’agriculture conventionnelle. Petite explication, issue de L’agriculture biologique pour nourrir l’humanité, de Jacques Caplat. \n\nAgroécologie\nLe mot est utilisé de façon différente selon les endroits du monde. Dans un contexte tropical – donc dans une majorité de pays du Sud, il sert d’abord à désigner « l’agriculture biologique vivrière, par opposition à une agriculture biologique labellisée pour l’exportation ». Les techniques utilisées sont celles de l’agriculture biologique qui font preuve « de leur formidable efficacité en milieu tropical ».\nLe terme d’agroécologie est repris en France par certains courants proches de l’agriculture biologique mais qui s’en distinguent par certains points (dont les dimensions sociales et éthiques). Un homme, Pierre Rabhi, incarne ces courants, ainsi que l’association Terre et humanisme, dont il est le fondateur et dont le but est la promotion de l’agroécologie.\n\nAgriculture biologique\nJacques Caplat désigne par le terme d’agriculture biologique « un mode de production s’enracinant dans une vision agronomique, économique, sociale et éthique partagée à l’échelle de la planète ». Il précise : « L’agriculture biologique n’est pas une agriculture «sans produits chimiques de synthèse» mais une agriculture écologique, basée sur le respect des cycles naturels, des équilibres biologiques, de la vie du sol et de l’autonomie des paysans ». Une vision globale de l’agriculture en somme dont le socle n’est pas limité à la seule obtention d’une certification, qu’elle soit nationale ou européenne. L’auteur opère une distinction utile entre « le » bio et « la » bio.\nIl explique : « Je pourrais dire que «le» bio reflète un souci individuel de consommateur soucieux de manger un aliment sans résidus de produits chimiques (...), tandis que «la» bio reflète un souci collectif d’inventer des méthodes agricoles qui préservent l’environnement et les équilibres planétaires et humains ». Sa préférence va à l’emploi du terme : « la » bio."}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/y-a-t-il-des-avancees-concernant-la-regulation-des-multinationales-au-niveau-international/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/y-a-t-il-des-avancees-concernant-la-regulation-des-multinationales-au-niveau-international/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Y a-t-il des avancées concernant la régulation des multinationales au niveau international ?","datePublished":"2017-08-30T11:51:00+00:00","dateModified":"2024-09-25T15:36:57+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/y-a-t-il-des-avancees-concernant-la-regulation-des-multinationales-au-niveau-international/"},"wordCount":620,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Devoir de vigilance","Régulation des multinationales","Responsabilité sociale des entreprises"],"inLanguage":"fr-FR","description":"Le conseil des droits de l'homme de l'ONU  (CDHNU) travaille à l'élaboration d'un instrument internationale contraignant relatif aux violations des droits humains par les entreprises multinationales.\n\n\n\nCertains États, dont la France, justifiaient leur refus de légiférer au niveau national quant aux obligations imposées aux entreprises en matière de respect des droits humains et de l’environnement, en arguant du fait que, dans une économie mondialisée, il était inefficace d’avancer à l’échelon national sans avoir un cadre législatif international.\n\nCet argumentaire est précisément mis à mal avec la récente initiative onusienne visant à élaborer un traité contraignant sur les multinationales et les droits humains.\n\nAinsi, à l’initiative de l’Équateur et de l’Afrique du Sud, le CDHNU a adopté, en juin 2014, la résolution 26/9, qui crée un groupe intergouvernemental de travail (GIGT) mandaté pour élaborer un instrument international juridiquement contraignant sur les sociétés transnationales et autres entreprises et les droits de l’Homme. Malgré l’opposition de la plupart des pays occidentaux – sièges de la majorité des sociétés multinationales –, dont la France, la résolution avait alors été adoptée grâce aux voix des pays du Sud.\n\nDepuis, le GIGT s’est réuni lors de deux sessions de négociations, en juillet 2015 et en octobre 2016. Déjà réticente en 2015, où elle avait finalement siégé passivement comme « observateur », la France n’a participé à la deuxième session que sous pression de la société civile et continue, comme l’Union Européenne, à être peu encline à s’impliquer concrètement et positivement dans l’élaboration de ce traité international.\n\nLa société civile internationale est extrêmement mobilisée autour de ces négociations.  \nAinsi, l’Alliance pour un Traité, qui rassemble plus de 900 organisations dans le monde, dont certains membres du FCRSE  (AITEC, ActionAid France-Peuples Solidaires, Amis de la Terre France, CCFD –Terre Solidaire, Collectif Ethique sur l’Etiquette), est impliquée dans chaque session de négociations. Nombreux de ses membres, ayant le statut consultatif ECOSOC, réalisent des contributions écrites et orales, présentant aux États des propositions concrètes pour l’élaboration de ce traité ONU. \nEn parallèle, la  « Campagne mondiale pour la souveraineté des peuples, le démantèlement du pouvoir des multinationales et la fin de leur impunité»,  qui regroupe plus de 200 mouvements sociaux, réseaux, communautés affectées et organisations du monde entier (dont la plupart sont également membres de l’Alliance pour un Traité), est très active sur le plan de la mobilisation citoyenne et de l’organisation d’événements en marge des négociations, mettant en avant les victimes des violations perpétrées par les multinationales ainsi que les pistes de solutions possibles en droit.\n\nLa troisième session de négociations à Genève, du 23 au 27 Octobre 2017  ouvre une étape décisive, puisque sera discutée une première proposition écrite de Traité, présentée par l’Équateur. \nEn vue de cette prochaine session, l’Alliance pour un Traité a élaboré une nouvelle déclaration, avec l’objectif de récolter 2000 signatures d’organisations, mouvements sociaux et personnalités à travers le monde, afin de faire pression sur les États réticents tels que l’Union européenne et ses États membres, dont la France.\n\nLire notre dossier Vers un traité Onu contre l'impunité des multinationales\n\n\nSource : Brochure ci-dessous publiée en juillet 2017 par ActionAid France-Peuples Solidaires, Les amis de la terre, Amnesty International France\n, le CCFD-Terre Solidaire, le Collectif Ethique sur l'étiquette, Sherpa, membres du Forum citoyen pour la RSE"}
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L’absence de responsabilité juridique de la société-mère vis-à-vis de ses filiales et/ou sous-traitants constitue un obstacle insurmontable d’accès à la justice pour les victimes de violations\nLe Conseil des droits de l’Homme de l’ONU s’est prononcé le 26 juin 2014 en faveur de nouvelles normes internationales contraignantes sur les entreprises multinationales et les droits humains. Non seulement la France s’est opposée à cette décision mais elle peine à inscrire à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale une proposition de projet de loi sur le sujet déposée par quatre groupes parlementaires. \nQue faire ?  Interpeller le gouvernement français pour exiger l’adoption de la loi sur le devoir de vigilance et le développement de normes juridiques contraignantes au niveau européen et international.  \nSe documenter :  Rapport « Pétrole à Muanda, la justice au rabais » paru en 2013\n\nRendre contraignant le règlement européen sur le commerce responsable des minerais originaires de zones en conflit, pour toutes les entreprises de la chaîne d'approvisionnement et obtenir son extension à l'ensemble des ressources naturelles.\n\nObjectif : éviter que le commerce des minerais ne vienne  alimenter les conflits\nLa situation :  Dans de nombreux pays, l’extraction et le commerce des ressources naturelles sont largement contrôlés par des groupes armés connus pour leur violence à l’égard des populations. Ces soixante dernières années, 40% des conflits civils ont été liés à l’exploitation des ressources naturelles. Les entreprises s’approvisionnant en ressources depuis ces zones s’exposent donc au risque de financer la violence et de se rendre complices de violations des droits humains en vendant aux citoyens européens des portables et des ordinateurs fabriqués à partir de ces minerais du conflit. \nQue faire ?  La Commission européenne a publié le 5 mars 2014 un projet de règlement sur l’approvisionnement responsable en minerais en provenance de zones de conflits ou à haut risque. Le texte proposé est en deçà des normes internationales proposées par l’ONU et l’OCDE, il n’impose aucune obligation aux entreprises et ne couvre qu’une faible partie des acteurs de la chaîne d’approvisionnement  des ressources naturelles. Il importe donc de se mobiliser pour réclamer un règlement européen plus ambitieux. Les eurodéputés français récemment élus se sont, dans leur grande majorité, engagés à porter les messages du CCFD-Terre Solidaire sur le sujet, et pourraient devenir de précieux alliés dans les prochains mois.  \nSe documenter   :  Rapport « des ressources naturelles au cœur des conflits : agir pour une législation européenne ambitieuse » octobre 2014\n\nExiger un reporting pays par pays public des entreprises françaises tous secteurs confondus à commencer par celles qui bénéficient d’un soutien public français\n\nObjectif : Lutter contre l’opacité et l’évasion fiscale . Chaque année,  les pays en développement perdent plus de 125 milliards d’euros de recettes fiscales à cause des pratiques d’évasion fiscales des entreprises multinationales. Selon la FAO, il suffirait du tiers de cette somme pour éradiquer la faim dans le monde d’ici 2025.\nLa situation : Si la France a mené une bataille au niveau européen pour que le reporting pays par pays soit étendu à toutes les entreprises, tous secteurs confondus et a inscrit sa position dans la loi bancaire, elle a précisé que cela ne serait valable qu’à compter de l’entrée en vigueur d’une disposition comparable adoptée par l’Union Européenne ».  Sans attendre un accord européen,  l’Etat français peut continuer de montrer l’exemple pour faire avancer cette proposition pour les entreprises dont il est actionnaire et qui bénéficient d’un soutien public. \nQue faire ? Interpeller le gouvernement pour que les entreprises dont l’Etat est actionnaire et celles qui bénéficient d’un soutien public (financements, garanties) soient également obligées d’être plus transparentes (publication de la liste exhaustive de leurs filiales et reporting pays par pays complet). \nSe documenter :  Rapport « Au paradis des impôts perdus… » : \n Qu’emporte le CAC 40 au Paradis ?  Revue Projet\n\nChacun est invité à signer la pétition adressée au gouvernement afin qu’il agisse à travers ces trois processus."}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/burundi-des-jeunes-mobilises-contre-de-nouveaux-risques-de-violences-electorales/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/burundi-des-jeunes-mobilises-contre-de-nouveaux-risques-de-violences-electorales/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Burundi : des jeunes mobilisés contre de nouveaux risques de violences électorales","datePublished":"2013-11-19T10:28:14+00:00","dateModified":"2021-12-08T15:34:16+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/burundi-des-jeunes-mobilises-contre-de-nouveaux-risques-de-violences-electorales/"},"wordCount":841,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Paix et vivre ensemble","Projet"],"inLanguage":"fr-FR","description":"Formé en 2001, un an avant la fin de la guerre civile, pour fédérer des associations de jeunes, le Réseau des jeunes en action pour la paix (Reja) s’inquiète aujourd’hui des tensions qui montent, avant la présidentielle de 2015. \n\n\n\nDes dizaines d’écriteaux sont affichés dans les bureaux du Reja, au premier étage d’un immeuble de Bujumbura, la capitale du Burundi, 10 millions d’habitants. Ces messages, parfois de simples mots-clé, rappellent aux 23 salariés et aux dizaines de volontaires du Reja les trois missions qu’ils mènent de front. \n\n“L’éducation des jeunes à une citoyenneté responsable, la lutte contre le chômage et la prise en compte de nos besoins dans les politiques publiques”, énumère Larissa Kabayabaya Keza, 29 ans, la vice-présidente du réseau. \n\nLe Reja regroupe plusieurs associations de jeunes nées après la “crise politique” de 1993, suivie par neuf longues années de guerre civile. \n\nLes massacres perpétrés par les Hutus (60% de la population) contre les Tutsis, comme au Rwanda voisin, se sont soldés par le résultat inverse. Les Tutsis ne sont plus majoritaires dans l’armée, désormais contrôlée par un président Hutu, Pierre Nkurunziza, élu en 2005 et réélu en 2010. Un système de quotas prévaut désormais dans l’administration.\n\nMalheureusement, la mission du Reja reste d’actualité. Le chef de l’Etat va chercher à l’emporter en 2015 pour un troisième mandat, quitte à modifier la Constitution. \nD’ores et déjà, le réseau rappelle les responsables politiques à la raison. Il compile un recueil des priorités pour les jeunes – un terme qu’il préfère à “cahier de doléances”. Un document qu’il va remettre aux différents partis avant les élections. \n\n\nTensions à l’université\n\n\nIl sera question, entre autres, de la situation à l’université. Au Burundi, 66% de la population a moins de 25 ans. Un jeune diplômé passe en moyenne cinq ans au chômage avant de décrocher son premier emploi, à 29 ans. Le Reja se mobilise donc pour donner un accès à des stages : 209 personnes en ont bénéficié, menant à 80 embauches.\n\nUne sélection monstre n’en prévaut pas moins à l’entrée des universités publiques. Avec seulement 10 000 places à Bujumbura et Gitega, la seconde ville du pays, les campus sont bondés. La bourse, 15 euros par mois, n’est accordée aux étudiants des universités privées que s’ils se rendent aux cours le matin – et non le soir, après avoir passé la journée à travailler. \n\n“Il y a des tensions, explique Eric Ndayikengurutse, 39 ans, le coordinateur national du Reja. Toute personne qui revendique est considérée comme un opposant. Lors des dernières manifestations d’étudiants, en octobre, la police a lancé des gaz lacrymogènes et tiré en l’air. Un étudiant est mort à cause d’une balle perdue”. \n\n\nL’essor inquiétant d’une milice du parti au pouvoir\n\n\nEn 2010, un projet financé par le CCFD-Terre Solidaire et l’Union européenne (UE) a permis de former les jeunes sur deux messages : aller voter et rester non violent. Les partis d’opposition se sont retirés du scrutin en contestant des fraudes. \n\nLe Reja, lui, a continué de dire qu’il fallait voter sans violences. “Le pouvoir a constaté que nous sommes neutres et constants, souligne la vice-présidente du Reja. Les jeunes ne sont pas mobilisés dans les violences. Nous avons eu un impact”.\n\nLes élections de 2015 donnent de nouveaux motifs d’inquiétude. Les jeunes de la ligue du parti au pouvoir, le Conseil national pour la défense de la démocratie-Forces de défense de la démocratie (CNDD-FDD), fonctionnent comme une milice.  \n\nLeur nom : Imbonerakure, “ceux qui voient loin”. Ils multiplient les intimidations. “Pas une semaine ne se passe sans violences de leur part, raconte Eric Ndayikengurutse. Ils déchirent les drapeaux des autres partis, vont arrêter des gens à la place de la police, demandent aux gens leur carte du parti au pouvoir”. \n\n\nLe travail en amont, avant les élections de 2015\n\n\nComment faire pour éviter les violences ? “Etablir des cadres de dialogue entre les jeunes des différents partis et ceux de la société civile, répond Eric Ndayikengurutse. Nous identifions province par province les conflits latents qui peuvent entraver les élections de 2015”. \n\nDes signes précurseurs de crise font l’objet d’un système d’alerte précoce. Dès la fin novembre, le Reja va réunir les responsables des jeunes des différents partis, mais aussi les ambassadeurs en poste à Bujumbura et les ministres concernés pour leur présenter son rapport. \n\nLe “recueil des priorités”  sera remis aux différents partis avant les élections, puis suivi par le Reja avec des rapports annuels sur l’application des politiques préconisées à l’égard des jeunes. “L’avenir du pays”, rappelle Larissa Kabayabaya Keza. \n\nSabine Cessou"}
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Ma mère, qui n'avait pas fait l'école, s'est alors mise à vendre des plats dans la rue pour élever ses quatre enfants. Nous nous levions vers 3h30 du matin pour aider notre mère, avant d'aller à l'école.\n\n\n\nPar la grâce de Dieu, nous avons tous réussi notre scolarité. Je suis devenu enseignant de géographie, après avoir décroché ma licence à l'université de Yaoundé, ainsi qu'un Dess de Sciences de l'environnement.\n\nJe militais à l'Union des populations du Cameroun (UPC), la formation politique porteuse des aspirations nationalistes et progressistes. Ses dirigeants ont décidé au début des années 90 de me détacher auprès du mouvement syndical enseignant. En 1993, j'ai animé une grève dure qui a duré trois mois. J'ai été révoqué de la fonction publique, avant d'être réintégré en 1995, suite à une décision de la Cour suprême en faveur des grévistes. A peine élu secrétaire général du syndicat, l'administration a décidé de mon affectation, lors de la la rentrée 1996, dans un lycée de Campo, petite ville proche de la frontière avec la Guinée équatoriale. Il s'agissait d'une mesure contraire aux conventions internationales. Elles spécifient que tout dirigeant syndical doit être affecté à proximité du siège de son organisation ; donc, dans la capitale, en ce qui me concernait. J'ai refusé cet exil et mon traitement a été suspendu. Durant trois années, j'ai survécu grâce à la solidarité de syndicats européens : j'ai ainsi dispensé des cours en Autriche. Et les avocats payés pour défendre ma cause ont obtenu satisfaction.\n\nContre la fragmentation de la société civile\n\nAprès que le syndicat enseignant ait été agité de soubresauts, un élan nouveau est donné en 2000 grâce à la création de la Centrale syndicale du secteur public (CSP). J'en deviens le président, je le suis toujours. L'intérêt de la CSP est qu'elle porte les revendications de tous les fonctionnaires - les enseignants, mais aussi les infirmiers et autres personnels de santé, etc - concernant salaires, conditions de travail, sécurité sociale et retraite.\n\nEn 2003, je rencontre le Bureau des activités socio-caritatives (Basc) de l'Eglise catholique du Cameroun, bras séculier de la conférence épiscopale en matière de développement. D'où mes premiers contacts avec ses partenaires, le CCFD-Terre Solidaire et le Secours catholique. À l'époque, ils sont mobilisés sur la question de la dette. Nous sommes conviés à des ateliers de réflexion. Comment se fait-il que ce pays riche soit si lourdement endetté ? La mauvaise gestion et la corruption des gouvernements de Paul Biya sont pointées du doigt. Déjà, en 1998 et 1999, l'ONG Transparency international  avait décerné la palme de la corruption au Cameroun. Les citoyens n'étaient pas indifférents à cet opprobre. Au fil des mois, la plate-forme Dette et développement se structure et favorise la prise de conscience de tous les acteurs de la société civile.\n\nSuivi des politiques publiques\n\nLe dialogue entre syndicalistes et militants associatifs s'est poursuivi au sein du Programme concerté pluri-acteurs (PCPA), puis à partir de 2005 à « Dynamique citoyenne » (D.C.), réseau indépendant de suivi des politiques publiques et des stratégies de coopération. La démarche est innovante, car le sujet était tabou, réservé aux seuls experts financiers. Là, nous questionnons le gouvernement sur les budgets consacrés aux secteurs sociaux (éducation, santé, logement), largement délaissés. Nous ne remettons pas en cause les missions régaliennes de l'Etat, mais exerçons un contrôle citoyen. Sur le terrain, les populations relaient la démarche : ils vérifient que telle route, payée avec leurs impôts est bien réalisée et que les matériaux ne sont pas détournés.\n\n« Dynamique citoyenne » commence à changer la donne. Certes, le mouvement n'a pu empêcher la répression du mouvement des jeunes contre la cherté de la vie en février 2008 (40 tués selon le gouvernement, 140 selon les ONG locales). Pas plus, qu'il ne pourra s'opposer à la volonté du président Biya, au pouvoir depuis 1982, de se représenter à l'élection présidentielle, prévue en octobre 2011. Mais au cours des prochaines semaines, nous entendons participer à la campagne électorale, en éclairant le choix des citoyens et en formant des observateurs pour surveiller le bon déroulement du vote. Nous travaillons aussi à l'élaboration d'un mémorandum de la société civile sur le scrutin présidentiel. 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C’est le message qu’ont fait passer les 6 000 manifestantes de la 10ème Marche pour la vie des femmes et pour l’agroécologie, qui s’est tenue en mars 2019 au cœur de l’État de la Paraíba.\n\n\n\n\n\nJusqu’à l’âge de 15 ans, Josefa Miranda dos Santos a eu la même vie que des milliers de jeunes noires issues de la campagne. « Je suis née dans une famille nombreuse dans l’État de la Paraíba, au nord-est du Brésil. Mon père travaillait comme journalier chez des propriétaires terriens. Nous étions très pauvres car dépourvus de terre. » En 1971, alors qu’elle n’a que dix ans, celle que l’on surnomme « Mima » est envoyée à São Paulo, la mégapole du sud. La famille de riches portugais qui l’accueille promet à ses parents de scolariser l’enfant en échange de tâches ménagères. Mais très vite, les longues journées de travail l’éloignent des bancs d’école. « Je me levais à l’aube pour préparer le petit-déjeuner, travaillais 12 heures par jour et dormais dans un cagibi sans fenêtre. »   Une situation assimilée à de l’esclavage accompagnée de vexations et de réflexions racistes.  « À 15 ans, je me suis enfuie », se souvient Mima.\n\nSans argent pour retourner chez ses parents, l’adolescente est embauchée comme nounou, pour s’occuper d’une petite fille de trois ans. « De nouveau, mes patrons étaient étrangers. Lui espagnol, elle japonaise.» Cette fois, Mima est traitée avec respect et scolarisée. Elle est aussi complimentée pour sa couleur de peau et ses cheveux crépus qu’elle ose enfin dénouer. Si elle s’assume de plus en plus en tant que noire, la jeune fille s’expose aussi aux préjugés. « Un jour, j’avais accompagné mes patrons dans un restaurant chic, je suis allée aux toilettes, se souvient-elle. Mais le vigile ne m’a pas laissée regagner la table. »\n\nAlerté par la scène, son employeur se rapproche. « Cette femme de couleur prétend déjeuner avec vous », ironise le vigile. La réponse est cinglante.  « Ce n’est pas une femme de couleur, mais une citoyenne, comme vous et moi. »  Près de quarante ans plus tard, et alors qu’elle est revenue vivre dans l’État de la Paraíba pour y cultiver un lopin de terre, Mima l’assure :  « Cette scène a été comme une nouvelle naissance. À partir de ce jour, je me suis sentie fière d’être une femme, d’être noire et désormais agricultrice ! » \n\n\n« Fierté », « Femme », « Noire », « Agricultrice »...\n\nCes mots ont justement été scandés par les 6 000 femmes qui ont participé à la « 10e Marche pour la vie des femmes et pour l’agroécologie », le 14 mars 2019 à Remígio, une petite ville au coeur de la Paraíba. Organisée par le « Pôle de Borborema », un réseau de 13 syndicats ruraux, et l’ONG Assistance et services à des projets d’agriculture alternative (AS-PTA), partenaire du CCFD-Terre Solidaire, cette manifestation, traditionnellement fixée au 8 mars, a été retardée d’une semaine cette année.\n\nMotif ? Commémorer le premier anniversaire de l’assassinat de Marielle Franco, conseillère municipale de Rio de Janeiro, noire et féministe. « Nous voulions placer cette Marche sur le thème de l’identité raciale et du racisme, explique Adriana Galvão, coordinatrice de l’évènement et conseillère technique au sein de l’AS-PTA. Or, Marielle était issue des favelas. Elle occupait un espace de pouvoir et a été tuée parce qu’elle se battait pour la justice. Elle est une source d’inspiration pour toutes les femmes noires du Brésil, en particulier pour celles du monde rural dont les souffrances sont souvent invisibles.»\n\nCes « invisibles », Marlène Pereira en voit tous les jours. « La plupart des ouvrières agricoles qui travaillent dans les grandes exploitations de la région sont des noires, » explique cette femme de 49 ans, responsable de la formation au sein du Syndicat des travailleurs ruraux de Lagoa Seca.\n\n12 à 14 heures de travail pour un salaire de misère\n\n« Elles sont embauchées car elles acceptent de travailler 12 à 14 heures d’affilée pour un salaire de misère, inférieur à celui payé à une ouvrière agricole blanche. Pour pouvoir les faire commencer dès 5 heures du matin, les employeurs vont même jusqu’à leur acheter une moto et en déduisent le montant sur leurs salaires. Ce qui les rend encore plus dépendantes. » Même s’il est officiellement puni par la loi, le racisme existe aussi dans la vie courante. « À l’accueil des services administratifs ou sociaux, une femme blanche passera toujours devant une femme noire, dénonce encore Marlène. Et si elle vit de la terre et qu’elle a les mains calleuses, alors elle est carrément méprisée ! » \n\nCette dévalorisation rejaillit évidemment dans la sphère privée. « Les femmes noires sont souvent vues comme des objets sexuels au Brésil. Dans le monde rural, elles sont souvent les premières victimes de violences, y compris sexuelles. » Tous ces thèmes ont été évoqués lors des nombreuses réunions préparatoires en amont de la Marche. « Pendant six mois, nous avons organisé des rencontres dans des lieux parfois très reculés, explique Adriana Galvão. C’était essentiel, car cela a permis aux femmes d’évoquer leur situation et rompre l'isolement. » \n\nPlusieurs réunions de jeunes ont également évoqué ces thèmes. Sidinéia Camilo Bezzerra, 23 ans, n’en a raté aucune. « J’ai été élevée à la campagne dans une famille de neuf enfants où j’ai longtemps entendu que la place des filles étaient à la cuisine », explique cette jeune fille au caractère trempé. « Et quand je sortais en ville, je raidissais mes cheveux pour cacher ma condition de noire. Puis j’ai commencé à questionner ce schéma machiste et raciste. » Résultat, aujourd’hui, l’étudiante en agroécologie se revendique « femme noire, agricultrice et féministe ». Elle envisage même de briguer un poste de conseillère municipale aux prochaines élections de sa commune.\n\n« Si les mentalités évoluent, c’est aussi parce que les femmes noires dans le monde rural ont commencé à conquérir leur autonomie financière, constate Marcia Araujo dos Santos, secrétaire du Syndicat des travailleurs ruraux de Lagoa Seca. L’accès aux programmes d’acquisition de citernes et l’existence de fonds rotatifs a permis de développer des activités agroécologiques et de petit élevage autour de la maison, améliorant ainsi très rapidement les conditions de vie. »\n\nD’abord inquiets à l’idée de perdre une partie de leur pouvoir, « beaucoup d’hommes ont finalement perçu que la démarche des femmes n’était pas seulement pour elles mais pour toute la famille », assure Marlène Pereira. Le meilleur exemple ? Son mari, João, 58 ans. D’abord contrarié de voir son épouse s’investir dans le syndicat rural de Lagoa Seca, « il m’aide désormais beaucoup, sourit-elle. Y compris dans les tâches ménagères, pour que je puisse assumer mes   responsabilités syndicales ».\n\nUn climat politique délétère\n\nCette solidarité est d’autant plus précieuse que le climat politique a changé depuis l’élection de Jair Bolsonaro. « La politique que le nouveau gouvernement entend mener en ce qui concerne l’agriculture familiale est très préoccupante », souligne Adriana Galvão. Pressions du lobby de l’agrobusiness pour en finir avec la réforme agraire et s’accaparer des terres indigènes, organisations paysannes criminalisées, réforme des retraites particulièrement pénalisante pour les femmes d’agriculteurs... Le tout, dans un pays de plus en plus marqué par des violences racistes. \n\nA lire / Brésil : \"Il n’y a plus de contre-pouvoir face à l’agrobusiness !\"\n\nCes inquiétudes sont d’ailleurs apparues sur les pancartes brandies par les participantes à la 10ème Marche pour la vie des femmes et pour l’agroécologie.  Mima, elle, n’était pas dans le cortège cette année. « Mais mon cœur était avec toutes ces femmes qui se battent pour avoir leur place dans une société plus juste et plus égalitaire. » Un pays où une jeune fille noire doit pouvoir déjeuner en paix même dans un restaurant chic.\n\nPar Jean-Claude Gérez \n\n\n\nFaim et Développement est disponible sur abonnement payant. Nous vous avons offert cet article pour découvrir les contenus de notre magazine."}
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Les parlementaires appellent l’Union européenne à plus de contrôle et de transparence du secteur privé et à soutenir les agricultures familiales et le développement de l’agro-écologie. Le CCFD-Terre Solidaire et Oxfam France appellent le gouvernement français à prendre acte des critiques et recommandations formulées par les parlementaires européens. \n\n\n\nLa résolution votée dresse un bilan sévère de la NASAN, initiative lancée par le G8 en 2012 avec l’objectif affiché d’améliorer la sécurité alimentaire et la nutrition, et de sortir 50 millions de personnes d’Afrique subsaharienne de la pauvreté d’ici 2022. La NASAN a cherché à «libérer le pouvoir du secteur privé », tout en poussant les Etats africains à mettre en œuvre des mesures de dérégulation destinées à créer un « environnement favorable » aux investissements des multinationales de l’agrobusiness. \n\nPour le CCFD-Terre Solidaire et Oxfam France, tout comme pour leurs partenaires de la société civile africaine , cette initiative, contrairement aux objectifs affichés, met en péril la sécurité alimentaire et nutritionnelle des populations et porte atteinte au droit à l’alimentation des populations les plus vulnérables. Le Parlement européen « demande à l'Union de remédier à toutes les lacunes de la NASAN décrites ci-dessus, d'œuvrer au renforcement de la transparence et de la gouvernance, ainsi que de garantir que les mesures prise dans le cadre de l'Alliance sont compatibles avec les objectifs en matière de développement. ». En particulier, il demande que les promesses d’investissements des acteurs privés soient publiées, que les répercussions des activités des entreprises sur les droits humains soient évaluées, et que des moyens de recours indépendants pour les communautés dépossédées de leurs terres par des projets d'investissement de grande envergure soient mis en place.\n\n « La France est membre de la NASAN et en est le chef de file au Burkina Faso, où l’initiative est davantage tournée vers les grands investisseurs que l’agriculture familiale. Elle doit agir dès le prochain Conseil de gouvernance de l’Alliance en juillet au Rwanda pour bloquer toute expansion de la NASAN et mettre en œuvre une évaluation transparente et inclusive des impacts de l’initiative dans les 10 pays africains concernés » souligne Jean-Cyril Dagorn d’Oxfam France.\n\nSelon Maureen Jorand du CCFD-Terre Solidaire, « Cette résolution pose la question des partenariats public-privé dans l’agriculture mais également celle des modèles et  pratiques agricoles soutenus par les Etats du G7 en Afrique. Les parlementaires appellent ainsi les Etats membres à ne pas soutenir les OGM sur ce continent. La France doit prendre en compte cette résolution, être cohérente avec ses engagements et s’opposer à toutes les initiatives qui promeuvent l’ouverture des marchés africains aux dépens de la souveraineté alimentaire des populations locales. »  \n\nDans un mois se tiendra la réunion annuelle du conseil de gouvernance de la NASAN. Le CCFD-Terre Solidaire et Oxfam France appellent André Vallini, à y représenter la France pour exprimer voix forte et convaincre les autres membres de l’initiative de mettre en œuvre les recommandations votées par le Parlement européen. En particulier, la France doit s’assurer qu’aucun nouvel engagement financier, projet ou élargissement de l’initiative ne soient acceptés. A l’inverse, elle doit s’assurer que les processus de révision en cours dans les pays africains des cadres de mise en œuvre de la NASAN permettent non pas de proroger la NASAN, mais d’assurer l’évaluation des engagements initiaux, et leur réorientation si nécessaire. \n\nContacts presse\n- CCFD-Terre Solidaire – Karine Appy k.appy@ccfd-terresolidaire.org - 01 44 82 80 67\n- Oxfam France – Sarah Roussel sroussel@oxfamfrance.org – 01 85 34 17 56"}
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C’est la perspective de reconstituer les stocks - la plupart des greniers paysans étaient vides - et d’endiguer la malnutrition qui s’offre à la région. De quoi rasséréner les Sahéliens, mais au Mali d’autres inquiétudes perdurent…\n\n\n\n« L’hivernage a été bon ». Dans la bande sahélienne, du Sénégal au Tchad, le mot court sur toutes les lèvres et on célèbre à l’unisson cette « manne venue du ciel ». Certes, quelques régions ont été moins gâtées : le déficit pluviométrique subsiste dans quelques « poches » autour de Matam (Sénégal), Tillabéri et Tahoua (Niger) ou encore Biltine (Tchad). Mais dans l’ensemble, les pluies ont été abondantes, parfois trop, au point de provoquer des inondations. Les crues des fleuves Sénégal et Niger ont endommagé les parcelles emblavées à proximité. Même la cité d’Agadez (Niger), plus souvent confrontée à la sécheresse, déplore la destruction de 289 périmètres maraîchers. Au total, selon l’Office pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) des Nations unies, plus d’un million et demi de personnes ont été affectées en Afrique de l’Ouest. \n\n\nLa terre craquelée reverdit\n\n\nReste que la campagne agricole 2012-2013 se présente sous les meilleurs auspices. Réunis à Niamey du 19 au 21 novembre 2012, les participants au réseau « Prévention et gestion des crises alimentaires » (PREGEC) [[Parmi les participants au PREGEC, le Comité inter-États de lutte contre la sécheresse au Sahel (CILSS), l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le Système d’alerte contre la famine (Fews Net) financé par l’USAID, etc.]], tablent désormais sur une production céréalière en hausse d’environ 13 % par rapport à l’année dernière et de 18 %  par rapport à la moyenne des cinq dernières années [[Sur 57 318 000 tonnes de production céréalière estimée, 17 920 000 tonnes de maïs, 14 341 000 tonnes de sorgho, 13 688 000 tonnes de riz, 11 096 000 tonnes de mil et 273 000 tonnes d’autres céréales (fonio,…).]]. Mêmes prévisions optimistes concernant les éleveurs dont les troupeaux ont parfois été décimés lors de la sécheresse de 2011 : aujourd’hui, les pâturages sont bien fournis et les points d’eau remplis sur l’ensemble de la zone sahélienne.\n\n\nCette conjoncture favorable devrait permettre aux ménages ruraux comme aux Offices céréaliers nationaux de reconstituer leurs stocks pour affronter la prochaine période de « soudure » (intervalle entre deux récoltes). Le président du Réseau des organisations paysannes et des producteurs agricoles d’Afrique de l’Ouest (ROPPA) [[Fondé en juillet 2000, le ROPPA regroupe à présent 13 organisations paysannes nationales.]], Djibo Bagna, appelle, lui, à préparer l’avenir : « Pour éviter les crises récurrentes, il faut doter les agriculteurs de semences, d’outils et d’engrais et les aider à augmenter les rendements. » Sans oublier le douloureux héritage de la malnutrition : près d’un enfant sur trois de moins de cinq ans souffre de retards de croissance dans les huit États sahéliens. Une puissante incitation à ne pas relâcher les efforts.\n\n\nLa générosité traduite en projets concrets\n\n\nHier, la menace brandie de crise alimentaire (cf. le dossier Sahel consultable sur le site) était bien réelle. Plusieurs facteurs ont permis d’endiguer le danger : des alertes précoces lancées par les autorités des pays concernés et les ONG ; une meilleure coordination des aides ; l’adaptation des populations à ces crises récurrentes (exode temporaire, diversification des cultures,..) ; la mise en œuvre de projets d’urgence grâce à la générosité des donateurs.\n\n\nAinsi, le CCFD-Terre solidaire, qui a collecté quelque 450 000 euros pour faire face à la crise alimentaire au Sahel, a accru de manière notable son soutien à cinq partenaires :\n\n Dès février 2012, Afrique verte Niger (AcSSA) a pu intensifier l’approvisionnement des zones déficitaires en céréales et farines infantiles à partir des zones excédentaires : 4000 ménages des régions d’Agadez et Zinder ont bénéficié de cet appui d’urgence. En mai 2012, l’Association des organisations professionnelles paysannes (AOPP) du Mali a notamment mis en place un programme de soutien alimentaire au bénéfice de 500 ménages démunis et de leurs enfants atteints de malnutrition dans la région de Kayes. Les banques de céréales communales ont également été réapprovisionnées. En mai 2012, en Mauritanie, le Groupe de recherche et de réalisations pour le développement rural (GRDR) a apporté un soutien d’urgence à 500 familles parmi les plus vulnérables de la région du Gorgol, avec le concours de l’Association des maires et parlementaires. Des semences de qualité (sorgho et niébé) ont aussi été distribuées. Durant le dernier trimestre 2012, le réseau Afrique verte a pu mettre en place une aide d’urgence pour 320 ménages déplacés du Nord-Mali à Bamako et réhabiliter cinq banques d’intrants affectées par les inondations. Pendant la même période, enfin, l’ONG nigérienne Mooriben a aidé 1800 femmes des régions de Tillabéri et Dosso à développer des activités de contre-saison (maraîchage, pêche,..) et à financer la réfection des digues qui protègent les zones inondables.\n\n\nLe solde des dons doit servir à renforcer la dynamique régionale au service de la sécurité alimentaire : échange d’expériences, lancement de projets transfrontaliers, etc.\n\n\nReflet de la nouvelle donne, on enregistre depuis début novembre une baisse du prix des céréales sur tous les marchés de la région. Un répit bienvenu pour les familles les plus pauvres dont l’accès à la nourriture est enfin facilité.\n\n\nIncertitudes maliennes\n\n\nLes exactions des groupes islamistes qui tiennent le Nord-Mali prennent de plus en plus souvent la forme de châtiments corporels : flagellations en public, amputations, voire lapidations à mort. Les populations fuient en masse cette terreur au quotidien. Les Nations unies ont dénombré 412 149 déplacés et réfugiés à la date du 15 novembre 2012 : pour moitié déplacés au Mali, pour moitié réfugiés dans les pays voisins, notamment en Mauritanie (109 000 personnes). Au Mali même, les solidarités familiales ont fonctionné, mais les organisations humanitaires tentent d’alléger un « fardeau » de plus en plus lourd à porter au fil des mois.\n\n\nTandis qu’une intervention militaire africaine (avec soutien logistique occidental) est de plus en plus en plus fréquemment évoquée, les tenants d’une solution politique, d’Alger à Washington en passant par les Nations unies, tentent d’amener à la table de négociations les organisations à dominante touareg (MNLA, Ansar Dine) et d’isoler les plus radicaux (AQMI, Mujao) « avec lesquels il n’y a rien à négocier ». En attendant, les islamistes confortent leur pouvoir. À Gao, ils offriraient de 150 à 400 dollars aux enfants et adolescents qui acceptent de suivre un entraînement militaire…"}
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Sans doute faut-il la situer au même moment historique que le combat écologiste à la fin des années 1970 : expertise établie, influence croissante, élargissement de la base militante. Et cette mobilisation ne faiblit pas depuis le G20 de Londres, au contraire. Signe que les citoyens ne sont pas dupes des effets d’annonces et attendent encore des réformes en profondeur.\n\nMontée en puissance\n\nCette mobilisation a ses pionniers, comme le Tax Justice Network* (TJN) au niveau international, né en 2002, ou Attac et Survie en France depuis la fin des années 1990. Elle se structure en France depuis 2005 autour de la Plateforme paradis fiscaux et judiciaires, qu’anime le CCFD-Terre Solidaire et qui compte à présent une quinzaine d’ONG et de syndicats. En 2009, la plateforme s’est élargie aux grands syndicats de salariés (CFDT, CGT, Solidaires) avec le lancement de la campagne « Stop paradis fiscaux » qui a réuni près de 50 000 signatures. La question fiscale mobilise aujourd’hui largement en Europe : réseaux thématiques (Eurodad), confessionnels (CIDSE), ONG internationales (Christian Aid, Action Aid, Oxfam) ou encore organisations syndicales. Le réseau pour la justice fiscale est né en Afrique en 2007, puis en Amérique latine en 2009 autour du réseau Latindadd et s’étend aujourd’hui en Asie avec des membres issus des mouvements contre la dette.\n\nCette année de présidence française du G20 constitue un temps de mobilisation sans précédent, notamment du fait du rôle moteur qu’a pu jouer la France dans ce combat. Au niveau international, la campagne « Action mondiale Stop paradis fiscaux » a été lancée par TJN, Latindadd, le CCFD-Terre Solidaire et Oxfam, au Forum social mondial de Dakar, en février 2011. Elle assemble aujourd’hui plus de 50 organisations, dans près de 30 pays, sur les 5 continents. Son objectif :permettre à tous les citoyens du monde (qu’ils soient d’un pays membre du G20 ou pas) de s’adresser ensemble aux dirigeants des pays du G20 pour leur demander d’en finir avec l’opacité financière et les paradis fiscaux.\n\nAu-delà de ces mobilisations collectives, dont le CCFD-Terre Solidaire est largement partie prenante, l’association a également lancé sa propre campagne intitulée « Aidons l’Argent à quitter les paradis fiscaux », en octobre 2010, destinée à sensibiliser l’opinion sur cette question souvent jugée trop complexe des paradis fiscaux. À ce jour, ce sont plus de 430 000 cartes postales échangées, 25000 fans sur la page Facebook et des dizaines d’événements organisés en régions (conférences-débats, pièces de théâtre, actions de rue, haka, etc.).\n\n\nExpertise reconnue\n\nCet engagement sur la durée, à la convergence de réseaux différents, a permis à la société civile d’élaborer une expertise pointue et d’être régulièrement consultée par les cabinets ministériels et les hauts fonctionnaires, les parlementaires nationaux et européens, la Commission européenne, l’OCDE ou les Nations unies. Par exemple :\n\n- Les chiffres produits par le think-tank américain Global Financial Integrity*, animé par Raymond Baker, font référence sur la fuite illicite des capitaux que subissent les pays en développement.\n\n- Lors de la conférence de l’ONU sur le financement du développement à Doha fin 2008, les ONG convainquent la France, l’UE puis les Nations unies de mettre la lutte contre l’évasion fiscale et la fuite illicite des capitaux au cœur de la déclaration finale.\n\n- À la demande du CCFD-Terre Solidaire et d’Oxfam France, l’administration française a créé en septembre 2009 un groupe de travail interministériel sur les ressources fiscales pour le développement auquel participent activement les ONG. Il vise à dégager les recommandations que la France pourrait porter dans les enceintes internationales, présentées dans un rapport publié en avril 2011.\n\n- Ce sont encore une fois les pays dans lesquels la société civile a été la plus active qui ont demandé, à l’occasion du G20 de Séoul, que figurent dans la déclaration finale la mobilisation des ressources et la lutte contre l’évasion fiscale - notamment celle pratiquée par les entreprises multinationales - comme un défi majeur pour les pays en développement.\n\n- Les organisations de la société civile sont également présentes au sein de la\ntaskforce informelle « fiscalité et développement » pilotée par l’OCDE, qui réunit gouvernements, organisations internationales, ONG (dont le CCFD-Terre Solidaire) et entreprises et qui a entamé ses travaux en mai 2010. Malgré son déficit de transparence, cet espace est un des forums censés alimenter les travaux des pays du G20 et a le mérite d’être l’endroit où depuis plus d’un an les ONG discutent avec les représentants des États et les chefs d’entreprise de la proposition du reporting pays par pays.\n\n- Les ONG participent également activement aux consultations multipartites ouvertes par les pouvoirs publics telles que celle de l’IASB sur la révision de la norme comptable pour le secteur extractif ou celle de la Commission européenne sur le reporting pays par pays*.\n\n- Enfin les ONG accompagnent les collectivités locales dans la mise en œuvre de leurs engagements contre les paradis fiscaux. \n\n\nInfluence croissante\n\nEn combinant un lobbying pointu à de multiples actions d’interpellation, les ONG ont contribué à médiatiser le sujet et réussi à mettre plusieurs propositions sur la table des négociations. Exemples :\n\n- La ténacité de la France, lors du G20 de Londres, pour obtenir une liste des paradis fiscaux répond à une revendication de longue date de la Plateforme paradis fiscaux et judiciaires. En novembre 2008, les ONG catholiques lancent avec le magazine Pèlerin une pétition demandant à la France de balayer devant sa porte. 30 000 signataires plus tard, Nicolas Sarkozy demande pour la première fois à Andorre et Monaco de se mettre au pas.\n\n- Printemps 2009 : les militants d’Oxfam France et du CCFD-Terre Solidaire se mobilisent pour obtenir de l’UE un registre des trusts et une obligation de transparence pays par pays pour les multinationales. Juin 2009 : la moitié des eurodéputés français élus s’engagent par écrit à défendre ces propositions. Et au cours des mois suivant, la ministre de l’économie Christine Lagarde reprend l’idée du registre des trusts et François d’Aubert, nommé par Nicolas Sarkozy un an plus tôt délégué à la lutte contre les paradis fiscaux s’exprime en faveur de nos deux propositions.\n\n- Au Royaume-Uni, l’action combinée d’ActionAid, Christian Aid et Tax Justice Network convainc Gordon Brown de plaider pour une convention multilatérale d’échange d’informations fiscales. Avec la bénédiction de Paris, poussé par les ONG françaises. L’entente cordiale est aussi au rendez-vous, le 6 juillet 2009, entre Nicolas Sarkozy et Gordon Brown pour demander à l’OCDE de se pencher sur la proposition phare du CCFD-Terre Solidaire et des ONG britanniques : la transparence comptable et fiscale des multinationales par pays.\n\n- Aux États-Unis, dix ans d’efforts de la coalition « Publiez ce que vous payez » ont été récompensés par le vote d’un amendement concernant la transparence dans le secteur des industries extractives, au sein de la loi de réforme financière américaine, en juillet 2010 (loi Dodd-Frank. Pour ne pas apparaître en reste de cette avancée majeure en matière de lutte contre la corruption, Nicolas Sarkozy a répondu aux exigences des ONG françaises en se prononçant en faveur de la duplication d’une telle mesure au niveau européen, suivi de George Osborne lors de la réunion\ndes ministres des Finances du G20, puis de la représentante allemande à la conférence de l’Initiative pour les Industries Extractives.\n\n- En France, la campagne « Stop paradis fiscaux » qui mobilise associations et syndicats est également à l’origine de deux avancées majeures en termes de transparence : 16 régions françaises se mobilisent contre les paradis fiscaux et en particulier 9 d’entre elles se sont engagées à exiger de leurs partenaires financiers un reporting pays par pays. De leur côté, les syndicats font pression au sein des comités d’entreprises de groupe des principales banques françaises pour obtenir un audit financier avec des informations comptables dans un format pays par pays.\n\n\nLa société civile n’en restera pas là\n\nForts de nos expériences, nous savons que pour être significatifs, les changements s’obtiennent dans la durée. La mobilisation dans le monde contre les paradis fiscaux va donc durer, et s’amplifier. À travers des modes d’action sans cesse renouvelés comme au sein de la campagne « Stop paradis fiscaux » dans laquelle s’investit fortement le CCFD-Terre Solidaire (action syndicale au sein des instances représentatives du personnel, actions de rue, signature de l’appel, lettres aux banques...) mais aussi grâce à des outils pédagogiques très grand public développés dans le cadre de la campagne « Aidons l’argent » (« tax toy », vidéos d’animation, jeux de cartes, expositions, clip au cinéma, etc.), notre objectif est à la fois de rassembler de nouveaux acteurs (investisseurs « responsables », dirigeants d’entreprises, experts comptables, élus locaux) tout en sensibilisant le plus largement possible le grand public. En ligne de mire : le sommet du G20 à Cannes en 2011.\n\nMais soyons clairs : il y aura un « après Cannes ». La société civile continuera à se mobiliser sur les paradis fiscaux sur des échéances nationales, européennes et internationales. En France, l’année 2012 sera celle des élections présidentielles et législatives, sur fond de crise financière et de pénurie budgétaire : les débats seront suivis d’extrêmement près, les promesses rappelées, les propositions analysées.\n\nLe CCFD-Terre Solidaire travaillera également avec ses partenaires et ses alliés mexicains pour la préparation du prochain G20, qui se tiendra à Los Cabos, les 10 et 11 juin 2012."}
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Pour Acord, le développement sera politique ou ne sera pas.\n\n\n\nSols pauvres, sécheresse, revenus insuffisants qui poussent les paysans à migrer. Peu de routes et d'équipements, des conflits entre agriculteurs et éleveurs, une administration peu présente et des tensions intercommunautaires qu'on résout par les armes, tel est le diagnostic sans appel posé par Acord, lors de son arrivée dans cette région sahélienne immense qui va du lac Tchad au Ouadaï à la frontière soudanaise. \n\nPendant dix ans, les équipes d'Acord vont s'attacher au renforcement de la culture attelée et au développement du pôle artisanal de production de matériels agricoles. 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Comment les pérenniser selon une méthodologie cohérente qui prenne en compte les données culturelles, économiques, sociales, écologiques, administratives et politiques d'un environnement complexe et évolutif ? Comment associer les autorités locales à ce processus ? \n\nUne nouvelle démarche d'accompagnement des communautés va alors être lancée : pour restaurer le dialogue au sein des communautés, leur permettre d'instaurer des mécanismes de représentation démocratique, les aider à comprendre leur environnement et à construire leurs projets de développement. Plus d'un million d'habitants répartis dans mille villages et villes de la zone participeront à ce processus de mobilisation : réunions de village, diagnostics participatifs des territoires, élections par collèges (jeunes, femmes, paysans, vieux...), mobilisation financière... Toutes les communautés élisent des représentants à leur Comité de développement. Dans un deuxième temps, Acord va accompagner les communautés pour qu'elles se projettent au-delà de leur espace habituel. Un processus de structuration « démocratique » se crée au niveau inter-villageois puis cantonal et enfin au niveau départemental. Aujourd'hui, une plate-forme régionale est en cours d'élaboration. Avec pour résultats ? Des milliers d'élections, des centaines de milliers d'électeurs et dix mille représentants démocratiquement élus. En 2005, à Bokoro, ville moyenne de la région, lorsque le préfet nomme arbitrairement le nouveau maire de la ville, la Comité cantonal se mobilise et obtient la nomination d'un de ses représentants. À Dababa, canton rural traditionnel, le Chef de canton reconnaîtra l'année suivante qu'il n'a plus le pouvoir d'imposer ses listes dans les élections villageoises. 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Conflits sur l'eau, sur la terre, entre agriculteurs et éleveurs mais aussi entre pêcheurs de différents villages... Les contrats sont débattus par les communautés, validés par les chefs de village puis enregistrés par les sous-préfets, ce qui leur donne un caractère contraignant. Ils existent aujourd'hui dans cinq cents petits villages de douze cantons. Dans un village de brousse, ce pacte a permis que des relations commerciales se nouent entre deux communautés d'agriculteurs et éleveurs, les uns vendant du miel et les autres du lait. Ensemble, ils gèrent aussi un parc de vaccination destiné à l'élevage transhumant. \n\nUne élite communautaire au service de la justice sociale\n\nPour pérenniser ce processus, Acord a également misé sur la formation d'une élite rurale. Des formations techniques pour les responsables des structures agricoles, de plaidoyer et en gouvernance publique pour les élus... Sept cents animateurs/médiateurs villageois ainsi que deux cents parajuristes ont aussi été formés. Leur présence va profondément modifier le rapport aux autorités publiques qui ne pourront plus abuser de l'isolement et de l'ignorance des populations pour réclamer des taxes illégales. Le « Droit » moderne est alors devenu un instrument communautaire au service de la justice sociale. À Amdam, préfecture rurale très isolée, les populations ont manifesté dans la rue pour demander à l'État d'intervenir contre la prolifération des oiseaux granivores qui détruisent toute leur récolte. Citoyens électeurs, élus, parajuristes, animateurs, techniciens communautaires, toute une élite rurale bien formée et « citoyenne » structure dorénavant la vie sociale de cette région.\n\nCette démarche originale a favorisé l'émergence de structures rurales démocratiques, capables de planifier et de mettre en œuvre les activités nécessaires au développement social, économique et écologique de leurs territoires. Grâce à leurs élus, ces territoires sont sortis de l'isolement. C'est en quelque sorte la sortie du système féodal et la naissance d'une conscience citoyenne collective qui veut s'affirmer comme un élément déterminant d'une nouvelle gouvernance au service de la paix, de la justice sociale et du développement durable. \nCette démarche est reproduite par d'autres ONG au Tchad et va être mise en œuvre par Acord en Centrafrique très prochainement. \n\nBruno Angsthelm\nChargé de mission Partenariat Afrique/océan Indien"}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/50-ans-deducation-au-developpement-au-ccfd-terre-solidaire/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/50-ans-deducation-au-developpement-au-ccfd-terre-solidaire/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"50 ans d’éducation au développement au CCFD-Terre Solidaire","datePublished":"2011-03-03T10:31:00+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/50-ans-deducation-au-developpement-au-ccfd-terre-solidaire/"},"wordCount":2261,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"inLanguage":"fr-FR","description":"La question de l’éducation populaire reste au cœur de la réflexion du CCFD-Terre Solidaire sur l’éducation au développement (EAD), de sa création à nos jours. L’éducation au développement, qu’elle s’adresse aux adultes ou aux plus jeunes, est un projet de transformation personnel et social.\n\n\n\n\nL'éducation au développement est l’une des deux missions que s’est fixée le CCFD-Terre Solidaire à côté de l’appui aux partenaires du Sud et de l’Est. Comment l’a-t-il conduite pendant ces cinquante ans ? Une plongée dans les archives révèle des textes vieux d’un demi-siècle d’une modernité saisissante, des magazines pour enfants profondément marqués par leur époque, des rapports, des études... Puis les entretiens s’enchaînent : avec les pionnières et les pionniers, avec celles et ceux qui ont tenu les rênes à mi-parcours ou qui les tiennent aujourd’hui. Repérer les continuités, les virages, les difficultés, les succès... Peu à peu se dégagent les intuitions premières du CCFD et quelques-uns des cheminements qui lui ont permis de maintenir le cap.\n\n« L’éducation au sens du développement » est devenue une priorité du CCFD dès 1966, quand les membres de la collégialité (voir article parge 17) choisirent de soutenir le développement, au-delà de la lutte contre la faim. « La collecte n’a de sens que dans la mesure où elle s’insère dans une action d’éducation de l’opinion », résume alors le délégué général Philippe Farine. Le CCFD semble s’être approprié très tôt une vision globale et politique du « mal développement » qu’il souhaite questionner via l’éducation au développement. Les exigences des partenaires du Sud contribueront à cette démarche. Ainsi dès 1965, l’évêque brésilien Dom Helder Camara, apôtre de la théologie de la libération insiste : « La première chose que vous ayez à faire pour que la Terre devienne habitable pour tous est de changer votre propre monde. »\n\n« L’agir ici » apparaît alors indissociable de « l’éduquer ici », autrement dit inviter à la déconstruction des stéréotypes tout en prônant des relations avec les pays en développement basées sur le partenariat. C’est l’éducation populaire, dont l’ambition est de favoriser l’émergence d’acteurs de transformation sociale, qui jeta les bases pédagogiques de l’éducation au développement.\n\nInterpeller, comprendre, agir\n\nQuelques mouvements, en particulier ceux de l’Action catholique, en étaient déjà imprégnés et transmirent leur approche « interpeller, comprendre, agir » encore en vigueur au CCFD-Terre Solidaire. Puis les exilés latino-américains qui fuyaient les dictatures apportèrent le tonus de l’éducation populaire telle qu’elle a été conceptualisée par Paolo Freire.\n\nSelon ce pédagogue cité dans Faim Développement d’octobre 1974, l’éducation doit être « La pratique de la liberté, par laquelle des hommes et des femmes développent une attitude critique et créative face à la réalité et découvrent la manière selon laquelle ils peuvent participer à la transformation de leur monde » [[Pédagogie de l’opprimé. Paulo Freire, 1970.]].\n\nInspiré par cette approche dynamique du processus éducatif, Gabriel Arnaud, compagnon de route du CCFD, renchérit : « Il y a une étroite analogie entre le rapport pédagogique, le rapport du maître qui sait, à l’élève qui ne sait pas, le rapport de la génération d’âge mûr qui sait et la jeune génération qui ne sait pas et le rapport des peuples développés (qui savent) et des peuples sous-développés (qui ne savent pas). Entretenir un rapport de type mandarinal entre le maître et l’élève, entre la vieille génération et la jeune génération, c’est préparer des jeunes à reproduire ce type de rapport avec le tiers monde.  »\n\nDe l’avant-garde au terrain : les résistances\n\nCes positions, très avant-gardistes, sont néanmoins difficiles à faire admettre sur le terrain. « Nous marchions sur des œufs, confie Jacky Fabre, secrétaire générale adjointe du CCFD à sa création. Il fallait tenir compte de l’incroyable diversité de la collégialité qui allait de la Croisade eucharistique à la Jeunesse ouvrière chrétienne (Joc). Porter la conviction pendant les campagnes de Carême que nous n’étions pas le modèle qui permettrait de sortir de toutes les pauvretés, n’était pas facile.  L’approche caritative et le misérabilisme ont encore prévalu un temps. »\n\nLes campagnes qui remettent plus radicalement en cause les acquis ou les comportements de chacun sont les plus délicates. En 1968 Philippe Farine interroge : « À quoi servirait-il de donner un chèque et de rejeter le travailleur étranger ? »\n\nLa campagne de 1973 qui clame : « La terre est à tous, développement, justice, liberté » provoque de nombreux remous. « Sur les questions de justice sociale et de répartition des richesses, on nous traitait volontiers de communistes, affirme Jacky Fabre. Certains, en particulier les propriétaires terriens, refusaient absolument cette idée d’une terre à tous. » Beaucoup plus tard, la campagne de 2005 « Roms, Gitans, Manouches, citoyens à part entière » en direction des jeunes se heurtera aussi à une forte résistance. « Des présidents de comités diocésains ont refusé de la faire vivre. C’était très nouveau de travailler directement sur le « ici ». Un chrétien doit avoir une parole engagée y compris lorsqu’elle va à contre-courant », témoigne Colette Marchal responsable du pôle Jeune de 2002 à 2006. « L’EAD est un projet politique de transformation personnel et social. Si éduquer consiste certes à transmettre un savoir, la difficulté est d’impulser un processus qui parte de la personne », estime le délégué général, Bernard Pinaud.\n\nLes premières années, le CCFD ne produit pas d’outils spécifiques pour les enfants. Ce sont les magazines des mouvements d’Église constitutifs du CCFD qui relaient les campagnes que le Secours catholique apporte au pot commun : « les Kilomètres de Soleil », une proposition d’animations destinées aux 7-11 ans devenue aujourd’hui intermouvements à laquelle s’associe le CCFD-Terre Solidaire. \n\nC’est en 1968 que le CCFD, appuyé par l’Action catholique des enfants (ACE), l’Enfance missionnaire ainsi que les Guides et Scouts de France, met en place sa première opération spécifique en direction des 11-15 ans, l’opération dite « Arc-en-ciel ». Le principe : faire découvrir aux adolescents un pays et les problèmes qui s’y posent à travers la vie des jeunes de leur âge et l’action d’associations locales, puis les inciter à participer à la collecte de carême d’une manière créative. Dans un souci de justesse, journaliste et photographe sont envoyés sur place.\n\nLes jeunes sont incités à devenir des acteurs de l’éducation au développement\n\nUne note de 1972 faisant le bilan des premières opérations souligne la nécessité de former les éducateurs et alerte sur certaines ambiguïtés : « Les sentiments humanitaires charitables qui se sont exprimés n’étaient pas dépourvus de paternalisme. » \n\nComment solliciter la participation des plus jeunes en évitant qu’ils ne développent un sentiment de supériorité ou, à l’inverse, un sentiment de culpabilité ? « La question reste d’actualité, affirme Marie-Alice Sarrazin déléguée de l’Enseignement catholique au CCFD-Terre Solidaire et présidente de la commission Éducation au développement. Pour tout projet de solidarité internationale, nous avançons sur\nune ligne de crête. »\n\nÉvolution sémantique révélatrice : à la fin des années 1980, l’opération « Arc-en-ciel » donne lieu à des « Courses tiers monde » qui deviendront les « Courses Terre d’Avenir » en 1995, puis le « Défi Bouge ta planète » en 2004. Avec la désignation « Terre d’Avenir », la prise de conscience de l’interdépendance Nord-Sud et de la globalité des problèmes semble actée. Quant au « Défi Bouge ta planète », il permet de faire un pas de plus vers les fondamentaux de l’éducation populaire : les jeunes ne sont plus seulement considérés comme une cible de l’EAD mais incités à en devenir des acteurs et à transmettre en direction de leurs pairs.\n\nCette évolution s’inscrit dans un partenariat étroit avec les mouvements et services d’Église qui se retrouvent au sein de la commission EAD ou dans un groupe de travail outils. « La définition de la thématique et le choix des projets ont toujours été le fruit d’un consensus entre les départements du siège, les équipes locales et les mouvements de la collégialité, rappelle Colette Marchal. Ce processus, qui peut paraître lourd, est d’une richesse incroyable. » « La commission EAD est un lieu de dialogue très constructif », confirme Jérôme Cailleau, secrétaire nationale du Mouvement rural de jeunesse chrétienne (MRJC) et délégué de son mouvement au CCFD-Terre Solidaire.\n\nAvec le début des années 1990, le CCFD met en place de nouvelles stratégies pour toucher l’opinion au-delà des cercles de l’Église. Le rassemblement « Terre d’Avenir » organisé en 1992 au Parc d’expositions du Bourget en est une première manifestation : 60 000 visiteurs en deux jours, 433 exposants, 103 partenaires du Sud et de l’Europe, 40 associations de migrants, 6 centres de recherche, 11 collectivités locales... « Ce fut une vaste opération d’EAD, se remémore François Anger, coordinateur de l’événement. Pour occuper ce lieu gigantesque, il fallait innover sur le plan pédagogique, trouver d’autres manières de communiquer. Ce souffle de créativité a irrigué l’EAD pendant plusieurs années. »\n\nL’événement a aussi contribué au décloisonnement entre les acteurs de la solidarité internationale. Dans la foulée, le CCFD impulse le programme « Terre d’avenir », s’alliant avec des associations telles que Ritimo, Peuples solidaires, Solidarité laïque, de manière à mutualiser les expériences en EAD. Le programme s’impose comme interlocuteur des pouvoirs publics et débouche en 2004 sur la création d’Éducasol : plate-forme française d’éducation au développement et à la solidarité internationale fédérant une trentaine d’associations. Dans ce même esprit d’ouverture, le CCFD participe à de nombreuses campagnes interassociatives – l’Éthique sur l’étiquette, la Semaine de la solidarité internationale, etc. – ce qui\nrenforce sa légitimité en dehors des paroisses.\n\nVers un fonctionnement plus ascendant ?\n\nDepuis 1968, le CCFD ne cesse de produire des outils d’éducation au développement : reportages de presse écrite et reportages audiovisuels, expositions photos. Annulation de la dette, souveraineté alimentaire, sens du développement... À chaque année son thème et son dossier de fond qui apportent de la matière aux bénévoles pour organiser des expositions, des débats... L’objectif étant de les amener à s’engager sur le terrain afin qu’ils deviennent à leur tour des acteurs d’éducation au développement. Ils s’impliquent aussi dans des campagnes d’interpellation, à l’instar de la campagne « Liquidation totale » d’Éthique sur l’étiquette, pour l’amélioration des conditions de travail chez les fournisseurs textiles de la grande distribution. Des outils plus spécifiques (cartes postales, tracts, argumentaires...) leur permettent de mener ces actions de sensibilisation auprès du public, mais aussi d’interpeller les décideurs politiques et économiques locaux.\n\nPour les jeunes, des jeux, des cédéroms, des outils d’animations et des fiches adaptées pour les enseignants, essentiellement conçus en région par des bénévoles en lien avec le national. C’est le cas par exemple d’un P’tit livret avec cédérom sur les droits fondamentaux et l’Afrique du Sud, destiné aux enfants de cinq à onze ans, qui fut élaboré par Christine Chenu et Étienne Losay, des bénévoles de Champagne-Ardenne et de Normandie.\n\nLa direction de l’EAD s’aventure aussi dans les réseaux sociaux, notamment pour le « Défi Bouge ta planète ». « On expérimente, affirme le chargé de mission Pascal Jeanne. 80 % des moins de dix-huit ans sont sur Facebook. C’est un outil de diffusion énorme dont il serait dommage de se passer. » \n\nPour mobiliser, mais aussi rendre plus visibles les problématiques portées par le CCFD, les militants n’ont pas que des ressources numériques à proposer. À l’occasion de l’Action mondiale contre la pauvreté, le CCFD-Terre Solidaire organisait avec plusieurs associations un happening[[Événement.]] où des personnes représentant les pays pauvres gisaient sur le parvis de la cathédrale de Strasbourg, tandis que trinquaient des dirigeants du G20 équipés de parachutes dorés (voir photo ci-contre).\n\nAilleurs, c’est le « Clan du Néon » qui intervient, éteignant la nuit les enseignes lumineuses pour protester contre la gabegie. Comment valoriser au mieux la créativité du réseau, des mouvements et des jeunes qui gravitent autour du CCFD ? « C’est la réflexion que nous menons actuellement, confie Pascal Vincens, directeur de l’EAD. Notre fonctionnement est sans doute trop pyramidal ». « Nous pensons qu’il faut davantage pousser les animateurs à s’interroger sur les objectifs et les publics visés que les former à des outils clés en mains », ajoute Bernard Pinaud.\n\nOn le voit, les questions qui traversent aujourd’hui le CCFD-Terre Solidaire font largement écho à celles qui ont nourri sa création.\n\nBénédicte Fiquet"}
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Mais la situation s'améliore peu à peu grâce aux efforts des paysans, soutenus notamment par les  partenaires locaux du CCFD-Terre Solidaire.\n\n\n\n12 janvier 2010. Un séisme frappe Port-au-Prince, la capitale d'Haïti. Un lourd bilan : 300 000 morts, 250 000 blessés, 1,3 million de sans-abris, et plus de 600 000 personnes obligées de fuir la ville pour aller dans les campagnes. Près de cinq ans plus tard, 200 000 personnes vivent toujours dans des camps de fortune à Port-au-Prince. Pire, 9 personnes sur 10 ayant séjourné dans un camp n’ont toujours pas de logement adéquat. Dans le cadre d'une visite de terrain effectuée en juillet dernier, Bernard Pinaud et Floriane Louvet, respectivement Délégué Général et Chargée de Mission du CCFD-terre Solidaire pour Haïti, ont pu dresser un état des lieux plutôt inquiétant de la situation sur place. Mais aussi mesurer les efforts entrepris par les partenaires du CCFD-Terre Solidaire pour aider à reconstruire un pays.\n\n« Au cours de l'histoire, Haïti a connu des invasions, des occupations étrangères et une pauvreté chronique, rappelle Bernard Pinaud. Mais il a aussi montré une incroyable capacité de résistance et une volonté de se défaire des dépendances politique, économique et humanitaire. » Comme celles que vit aujourd'hui le pays. Occupations étrangères, régimes dictatoriaux, coups d'État, exil forcé de Jean-Bertrand Aristide, président pourtant élu démocratiquement... Les haïtiens n'ont en guère été épargnés en effet au cours de l'histoire. Sans oublier les cinq missions de sécurisation de l'ONU qui se sont succédées depuis 1993. « Cette présence étrangère continuelle donne l’impression au peuple haïtien d’être sous occupation permanente et sans cesse sous contrôle », assure Bernard Pinaud. Quant à la mission actuelle de la MINUSTAH, présente depuis 10 ans, elle fait l’objet de nombreuses critiques de la part de la population qui souhaite son départ.\n\n\nUn tissu social déstructuré\n\nDepuis les années 90, Haïti connait aussi une forme de dépendance économique. « Les plans d’ajustement structurel du Fonds Monétaire International (FMI) réduisent le peu de services publics existant et ouvre le marché local à la concurrence », explique le Délégué Général. Ainsi, en 1995, après un accord avec le FMI, les frais de douane sur le riz importé ont été réduits de 35 % à 3%. Résultat ? La production rizicole d’Haïti s’effondre face à une concurrence déloyale du riz étranger, en particulier américain. « Alors que jusque dans les années 80, ce pays était autosuffisant en céréales, en particulier en riz, aujourd’hui 80 % du riz consommé provient de Floride. » Selon la Coordination nationale de la sécurité alimentaire, en 2007, 52 % des aliments disponibles en Haïti étaient importés, contre 19 % en 1981.\n\nLa dernière forme de dépendance dont souffre Haïti est d'ordre humanitaire. « Immédiatement après le séisme, les Etats-Unis ont envoyé 20 000 marines pour sécuriser le pays, explique Bernard Pinaud. Des milliers d’ONG sont arrivées. Bien évidemment, cette aide humanitaire a été, dans un premier temps, nécessaire en matière sanitaire. » Mais très vite, la présence continue de ces organisations internationales a eu des effets indésirables : captation de cadres formés par des associations haïtiennes, mise en place de coordinations d’organisations populaires parallèles à celles déjà existantes, etc... De quoi déstructurer le tissu social. Selon Michaëlle Jean, envoyée spéciale de l’UNESCO en Haïti, « moins de 5 % des fonds alloués pour aider le pays après le séisme sont gérés par l’Etat haïtien ». Et 0,1 % par les ONG haïtiennes. \n\n\nLa sécurité alimentaire par les paysans eux-mêmes\n\nMalgré cette logique de dépendance, il existe des signes positifs. « Au niveau local, les organisations de la société civile, en particulier les mouvements paysans, sont dynamiques, a noté Floriane Louvet. Ils se structurent, travaillent en réseau et créent des plateformes pour penser et œuvrer au développement du territoire. » Mieux, alors que 50 % de la population souffre de malnutrition, soit 5 millions de personnes (dont 30 % d'enfants), les paysans s'efforcent de (re)prendre leur destin en mains. Un sacré défi, dans un pays où il est difficile de sortir des cultures d'autosubsistance. D'où l'intérêt du projet initié par l'Institut de Technologie et d’Animation (ITECA), un partenaire du CCFD-Terre Solidaire à Gros Morne, au nord-est de la capitale. \n\nCette commune cultive en effet le paradoxe d'être l'une des plus pauvres du pays. Pourtant, elle est située dans l’un des plus grands bassins de production de mangue d’Haïti, 10ème pays producteur au monde, mais dont seuls 8 % de la production sont exportés.  « L' ITECA a déjà aidé à la création d’une coopérative rassemblant 1100 producteurs, indique Floriane Louvet. Elle souhaite aujourd’hui renforcer la production et l’exportation de mangues. » Plus d'un an après le démarrage, en mars 2013, le bilan est plus que positif et les perspectives de production et de commercialisation sont réjouissantes. La preuve ? Quelques 400 producteurs ont d'ores et déjà été certifiés « commerce équitable ». De quoi confirmer que la sécurité alimentaire passera avant tout par les paysans eux-mêmes.\n\n\nLes actions du CCFD-Terre Solidaire depuis le séisme\n\nDans les 24 heures qui ont suivi la catastrophe, le CCFD-Terre Solidaire a pu contacter ses partenaires et s’enquérir de leurs besoins pour secourir la population. Grâce à une forte mobilisation des donateurs (2 millions d’euros de dons), une aide d'urgence (alimentation, tentes, etc…) a pu être financée. Les partenaires locaux ont aussi été soutenus pour retrouver leur capacité d’intervention.\n\nParallèlement, plus de 600 maisons antisismiques (sur un objectif de 1700 à long terme) ont été construites. Les dons ont également financé l'achat de 75 tonnes de semences locales pour 4 mouvements paysans. Ces semences ont été « prêtées » aux paysans. A la récolte suivante, la restitution partielle a permis la création d'une « banque de semences ». Le CCFD-Terre Solidaire a également aidé à stimuler et accompagner la création d’activités économiques en milieu rural par le  micro-crédit. Neuf organisations membres de ce collectif accompagnent aujourd'hui plus de 2 500 structures de financement de base et 14 organisations de producteurs agricoles bénéficiant à plus de 70 000 personnes sur l’ensemble du pays.\n\nJean-Claude Gérez"}
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A cette occasion des membres du réseau no vox international sont présents. La soirée rassemble également des membres de NCDHR (National Campaign for Dalits Human Rights – Campagne Nationale pour les Droits Humains des Dalits), parmi eux citons Paul Divakar, grand orateur et partenaire du CCFD en Inde. Le mouvement national brésilien des sans toit est aussi présent (MNLM). Tous ces mouvments se sont rencontrés grâce au FSM et ont décidé de s’unir pour défendre la même cause : dénoncer l’exclusion et la discrimination. Tout au long de la soirée, des slogans fusent : “Djeïbim” (=cri de ralliment des dalits), “Occupar, resistir, para morar !” (Occuper, résister, pour le logement), “Dalhits, a people, a culture, a history!” (Dalhits, un peuple, une culture, une histoire)... On joue de la musique, on danse et on essaye de comprendre son voisin en mélangeant francais, anglais, espagnol et portugais (ou plutôt portugnol comme on dit ici) !\n\nCélébration avec la paroisse de Divino Pai Iterno\n\nOn a beau être au FSM, on n’oublie pas qu’aujourd’hui c’est dimanche. La proposition de participer à la célébration dominicale de la paroisse de Divino Pai Iterno permet une fois de plus d’aller à la rencontre et à la découverte de la réalite brésilienne. La quartier de Roben Berta, à la périphérie de Porto Alegre, est un des plus misérables de ceux qu’on a pu voir durant ce voyage... Une partie des gens vivent dans des “cases” construites par la mairie, l’autre partie occupe un terrain municipal. Le risque d’expulsion du terrain est toujours présent, d’autant plus depuis le changement de municipalité (lors de notre passage au milieu de leurs baraques, un habitant s’inquiète de savoir si nous sommes de la police...). Pour l’instant la mairie les laisse occuper ce terrain et leur demande juste de construire en dur le plus rapidement possible, encore faut-il en avoir les moyens! L’activité d’une majorité des habitants de ce quartier est le tri des déchets : ce qui ne peut être recyclé jonche les abords des chemins.\n\nLa paroisse a été créée il y a deux ans. Elle participe au programme “Faim 0”, avec notamment l’entretien d’un jardin potager. Le père Mauricio, en charge de la pastorale des jeunes, nous accueille avec toute la communauté. C’est un moment très fort que nous vivons. Les chants et les prières dépassent la barrière de la langue ( bien que quelques traductions deci delà sont bien utiles). Avec ce que nous vivons au FSM, l’Evangile des Béatitudes, nous invitant à travailler à la justice et à la paix, ne pouvait être plus approprié.\n\nShopping solidaire\n\nComment rentrer en France sans un petit souvenir? Heureusement, il y a le commerce solidaire. Sur l’espace thématique de “l’économie souveraine pour et par les peuples”, il n’y a pas que des conférences. Il y a aussi tout un espace réservé à l’économie solidaire, où les artisans exposent leurs ouvrages et partagent même quelques fois leur savoir faire. Au-delà de ces petites boutiques, l’Economie solidaire est fortement mise à contribution pour le FSM : gestion de l’activité économique du forum, organisation des places d’alimentation, confection et insatallation des planchers, tentes et cabines de traduction... . Cette économie permet une consommation consciencieuse, c’est une alternative aux produits nocifs des compagnies transnationales. Au 5è FSM, elle doit gérer près de 2 millions de réals (soit 650 000 euros) et engage plus de 1200 travailleurs et travailleuses. Au total, 6 segments de l’Economie Solidaire sont organisés à l’intérieur du FSM : confection, artisanat, alimentation, approvisionnment, services génraux et recyclage.\nPlus de détails sur www.fbes.org.br (Forum Brasilheiro de Economia Solidària).\n\nDroit à la parole\n\nLes tables de controverse sont là pour susciter le débat, parfois au-delà des espérances mais aussi parfois le débat est fagocité... C’est ce qui s‘est passé dans une conférence sur Haïti où le dialogue n’a pas été possible entre les différents protagonistes... Certains intervenants n’ont pas voulu entendre les questions dérangeantes de l’assistance (dont faisait partie un de nos partenaires haitien). Dommage !\n\nClin d’oeil\n\nLa journée continue sous un soleil de plomb, il fait pas loin de 35° degrés. Nous déambulons d’une conférence à l’autre. L’un des premiers facteurs a prendre en compte est la langue dans laquelle sera faite la conférence. Le deuxième facteur est la présence ou l’absence d’interprète. 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Le mouvement a mis au point des programmes de formation (GLT Grassroot Leadership Training - Formation des leaders de base) à destination de tous ceux qui ont déjà des responsabilités ou sont appelés à en avoir. Elles s’adressent autant à des moines, qu’à des responsables d’associations ou des représentants d’autorités locales. Ces formations permettent la création de nombreuses initiatives et structures locales qui renforcent en profondeur le tissu associatif pour lutter contre la pauvreté. L'action de SEM vise aussi à développer le dialogue inter-religieux et inter-ethnique au sein des communautés de base.\n\n\nLe clergé bouddhiste, un maillon pour toucher la société en profondeur\n\n\nSEM a d’abord développé son expérience en Thaïlande et en Birmanie avant de commencer l'aventure au Laos en 2004. La société civile laotienne a longtemps été strictement contrôlée et parfois sévèrement réprimée. La culture bouddhiste, jusque-là très prégnante, a été marginalisée par le système politique et le parti unique en place. Pourtant la population fait toujours confiance aux moines et aux nonnes, et leur témoignent d’un grand respect. Ceux-ci ont accès facilement aux écoles, aux prisons, aux hôpitaux, aux villages de campagne. Ils vont là où personne ne va, jusque dans les centres de désintoxication ou les prisons. Le clergé bénéficie d’une bonne écoute, alors que les ONG, peu nombreuses, sont souvent mal perçues par la population. Au Laos, les moines et nonnes représentent des maillons importants pour toucher la population en profondeur. \n\n\nMobiliser des bénévoles, les former et les accompagner dans leurs projets\n\n\nLes formations s’adressent au clergé ainsi qu’à des laïcs qui ont des responsabilités, quel que soit leur confession. L’objet de ces formations vise à envisager pour chacun la meilleure manière d’aider les populations en difficulté.  A leur tour, les personnes formées organisent des formations auprès des jeunes ou de populations défavorisées. Les formations sont organisées par une association bouddhiste locale, partenaire du CCFD-Terre Solidaire : LBDP (Lao Bouddhism for Development Project) fondé par le Vénérable Sali Kantasilo décédé le 11 septembre 2013. Un salarié thaïlandais de SEM, six salariés de LBDP, et toute une équipe de moines et de laïcs laotiens font vivre le projet d’éducation. Lorsque les formations permettent de faire émerger des initiatives, l’association propose aussi un accompagnement des projets.\n\n\nDes interventions dans les écoles\n\n\nDans les classes, les élèves sont souvent très nombreux et restent en position d’apprenants passifs. Dans les 70 écoles dans lesquels ils interviennent, les formateurs aident d’abord les enfants à prendre davantage conscience d’eux-mêmes, à exprimer leurs sentiments. Cette étape apprend aux enfants à mieux se situer dans leur environnement et dans la société. Elle permet de favoriser ensuite l’engagement de chacun dans la vie collective. Les formateurs proposent également de mettre en place des activités extrascolaires. « Les activités de LBDP sont généralement bien accueillies par les autorités, qui voient les résultats dans le comportement des élèves. » Explique Lucie Bouton-Blaise, chargée de mission pour le Laos au CCFD-Terre Solidaire.\n\nLes formations, tant à destination des « leaders » que des enfants ou des villageois, ouvrent de nouvelles perspectives. Elles sont l’occasion de discuter des valeurs et des problèmes de société, comme les violences familiales par exemple. Pour Lucie Bouton-Blaise, la richesse de ces formations est de provoquer une prise de conscience de l’individu, « non pas comme individualiste, mais comme une personne qui a sa part à assumer, dans un contexte où le communisme a eu tendance à gommer la responsabilité de l’individu. »"}
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Htoo Chit, directeur de la Fondation pour l'éducation et le développement, une ONG birmane installée en Thaïlande et partenaire du CCFD-Terre Solidaire, revient sur les conditions de vie des plus fragiles d'entre eux, les femmes. Quelle est le sort des femmes qui vivent à la frontière birmano-thaïlandaise ou en Thaïlande ? \n\n\n\nIl y a trois scénarios possibles. Soit ces femmes sont des « déplacées internes » et dans ce cas, elles sont toujours en Birmanie, soit elles se retrouvent comme réfugiées dans des camps, à la frontière, soit elles font partie des migrants installés en Thaïlande, légalement ou non. Les déplacées sont de loin les plus vulnérables, celles dont la situation est la pire. \n\nC'est-à-dire ? \n\nLa plupart viennent de petits villages qu'elles ont dû quitter pour fuir la guerre civile. Certaines ont perdu leur mari, d'autres ont vu les hommes se faire réquisitionner manu militari par les troupes birmanes pour du travail forcé. Aujourd'hui, ces femmes vivent dans la jungle, dans des camps de fortune. Essayant de trouver de quoi survivre au jour le jour. Toujours sur le qui-vive. Changeant régulièrement de places. Effrayées à l'idée de rencontrer des soldats birmans. Les viols sont monnaie courante. Et cela fait des années que cela dure. \n\nLa situation des réfugiées semble beaucoup plus enviable... \n\nMême si elles sont cantonnées dans des camps, elles sont sous la protection du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugies et du gouvernement thaïlandais. On leur distribue de la nourriture, elles ont accès aux soins et les plus jeunes peuvent recevoir un peu d'éducation. Mais cela est loin d'être suffisant. \n\nD'autre part, même si quelques ONG proposent bien des programmes de formation, rien n'est fait pour les aider sur plan psychologique. Or, beaucoup d'entre elles souffrent de dépression chronique car elles n'ont rien à faire de la journée. Cette inaction, qui pèse aussi sur les hommes, est responsable de nombreux cas de violences domestiques et il y a régulièrement des suicides. \n\n Quid des migrants ? A-t-on une idée exacte de leur nombre en Thaïlande ? \n\nLes différentes agences des Nations Unies ou du gouvernement thaïlandais estiment qu'il y aurait actuellement plus de deux millions de migrants d'origine birmane en Thaïlande. Mais  nous pensons qu'ils seraient environ quatre millions. De nombreux migrants vivent en effet sans papiers, de manière illégale. C'est une population assez jeune, entre 18 et 40 ans, venue en Thaïlande pour y chercher du travail. Il y a environ 30 % de femmes. \n\nComment vivent-elles ? \n\nBeaucoup travaillent dans la confection, l'industrie agroalimentaire, notamment les conserveries de produits de la mer, ou dans des emplois domestiques. Mais la situation est bien différente selon qu'elles sont là légalement ou pas. Les premières bénéficient à peu près des mêmes droits que les Thaïlandais, même si leur salaire reste inférieur à celui des hommes. Mais, en principe, elles ne travaillent pas plus de 8 heures par jour, ont un salaire minimum, une assurance maladie, peuvent changer d'employeur librement et contacter les organismes de défense des travailleurs en cas de problème. Pour les autres, les illégales, la situation est moins bonne. Elles triment parfois jusqu'à 14 heures par jour, souvent sans couverture sociale, pour un salaire de misère. Et certaines endurent un quasi esclavage. D'autres tombent aussi entre les mains d'intermédiaires plus ou moins honnêtes et finissent dans l'industrie du sexe. \n\nQue fait la FED pour répondre à toutes ces urgences ? \n\nNotre travail se focalise uniquement sur la question des migrants. Nous nous attachons à les sensibiliser sur les questions relatives au droit du travail et leur proposons des formations sur leurs droits économiques, sociaux et culturels. 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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/commerce-equitable/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/commerce-equitable/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Commerce équitable","datePublished":"2006-07-22T00:00:00+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/commerce-equitable/"},"wordCount":494,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"inLanguage":"fr-FR","description":"Le commerce équitable est un partenariat commercial fondé sur le dialogue, la transparence et le respect dans le but de parvenir à une plus grande équité du commerce international.\n\n\n\nIl contribue au développement durable en offrant de meilleures conditions d'échange et en garantissant les droits des producteurs et des travailleurs salariés, en particulier ceux du Sud. Les organisations du commerce équitable (soutenues par les consommateurs) s'engagent activement à appuyer les producteurs, à sensibiliser l'opinion publique et à mener campagne pour des changements dans les règles et les pratiques du commerce international conventionnel. » Définition du commerce équitable du Consensus FINE (Forum informel qui regroupe les quatre organisations internationales du commerce équitable : FLO, WFTO, NEWS !, EFTA).\n\n\nHistoriquement, le CCFD-Terre Solidaire s'est fortement engagé dans la démarche du commerce équitable  et a contribué à son essor en France (notamment via la création de Solidar'Monde et la participation au Conseil d'administration de Max Havelaar france) et à sa structuration (par sa participation à la  PFCE Plateforme Française du Commerce Equitable, dont le CCFD-Terre Solidaire est membre fondateur). \n\n\nL'intérêt du CCFD-Terre Solidaire pour ce secteur :\n- instrument d'appui aux partenaires du Sud via la création de meilleurs débouchés de commercialisation\n- outil d'éducation au développement\n- argument de plaidoyer pour la promotion d'un système commercial international plus juste\n\n\nValeurs communes et implication du CCFD-Terre Solidaire et de ses partenaires\nEn cohérence avec cet engagement d'appui à la démarche du commerce équitable en Europe, le CCFD-Terre Solidaire a encouragé certains partenaires du Sud et de l'Est à commercialiser leurs produits ou les productions de leurs bénéficiaires par le commerce équitable et parfois facilité la mise en lien de ces acteurs.\n\n\nLa théorie et les principes sous tendant le commerce équitable s'inscrivent dans les valeurs du CCFD-Terre Solidaire et son travail avec les organisations de la société civile du Sud et de l'Est :\n\n\n\n Cette approche vise en effet à contrebalancer les effets négatifs et inégalitaires de l'économie dominante, proposer des modes de développement économique respectueux des populations, proposer une démarche de solidarité dans sa vie quotidienne, assurer une juste rémunération des producteurs leur permettant d'investir et de développer des services pour leurs membres, ...\n\n\n\n Contribuer au développement des populations marginalisées du Sud par l'instauration de relations plus durables et plus équitables entre partenaires économiques,\n\n\n\n Le commerce équitable apparaît comme une forme d‘engagement conciliant la « quête de sens » au Nord et le développement des populations défavorisées au Sud, \n\n\n\n Plutôt qu'établir un rapport d'assistance, le commerce équitable permet de construire une relation d'échange commercial équilibrée qui bénéficie à chacun, selon des règles choisies par tous. Le commerce équitable offre ainsi une solution plus durable aux producteurs pour améliorer leurs conditions de vie."}
{"@context":"https://schema.org","@type":"WebPage","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/commerce-equitable/","url":"https://ccfd-terresolidaire.org/commerce-equitable/","name":"Commerce équitable - CCFD-Terre Solidaire","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#website"},"datePublished":"2006-07-22T00:00:00+00:00","description":"Le commerce équitable est un partenariat commercial fondé sur le dialogue, la transparence et le respect dans le but de parvenir à une plus grande équité","inLanguage":"fr-FR"}
{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/militants-arretes-au-cameroun-appel-a-action-urgente/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/militants-arretes-au-cameroun-appel-a-action-urgente/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Militants arrêtés au Cameroun : appel à action urgente !","datePublished":"2015-09-18T17:52:37+00:00","dateModified":"2024-09-25T15:31:17+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/militants-arretes-au-cameroun-appel-a-action-urgente/"},"wordCount":611,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"articleSection":["Projet"],"inLanguage":"fr-FR","description":"Nous vous appelons à vous mobiliser pour obtenir la libération immédiate et sans condition de Jean-Marc Bikoko, Jessie Bikoko, Séverin Bikoko, Agnès Metougou, Yves Ndjalla Epangue et du journaliste François Fogno Fotso, membres de la coalition \"Tournons la page\". Nous vous proposons ci-dessous un modèle de lettre à envoyer à l’Ambassadeur du Cameroun en France et à l'Ambassadrice de France au Cameroun.\n\n\n\nLe 15 septembre 2015, journée internationale de la démocratie, six membres de la coalition « Tournons la Page » au Cameroun ont été brutalement arrêtés lors d’un atelier de travail sur la gouvernance électorale et l’alternance démocratique. \nIls ont été depuis lors placés en garde-à-vue administrative de 15 jours renouvelable  au motif d’avoir « défié la loi sur les mobilisations collectives ». \n\nCe chef d’inculpation ne tient pas dans la mesure où il s’agissait d’un atelier privé de travail. C’est bien le thème de leur atelier portant sur les conditions d’une alternance démocratique au Cameroun dans la perspective des prochaines élections présidentielles de 2018 qui leur vaut cette arrestation. \n\nCes arrestations soulignent la fébrilité actuelle du régime du Président Paul Biya (au pouvoir depuis 33 ans), fortement décrié par une grande majorité de la population camerounaise. \n\nElles se déroulent dans un contexte d’atteintes de plus en plus fortes à la liberté d’association et d’opinion  au Cameroun, notamment au nom de la lutte contre le mouvement terroriste Boko Haram, qui s’est traduit par l’adoption d’une loi anti-terroriste liberticide.\n\nFace à ces atteintes graves et flagrantes à la liberté d’expression, la coalition internationale Tournons la Page interpelle l’opinion publique internationale sur ces actes de répression et d’intimidation à l’encontre de la société civile camerounaise, qui exerce, de manière non-violente, sa fonction d’observation, de réflexion et d’analyse citoyennes de la société.\n\nPour plus d’informations, voir le site de Tournons la page\n\n\n\nProposition de lettre\n\nNous vous proposons d’adresser à l’Ambassadeur du Cameroun en France, Monsieur Engelbert Endomba Mbella Jr (contact@consgencamparis.org) et à l’Ambassadrice de France au Cameroun, Madame Christine Robichon (chancellerie.yaounde-amba@diplomatie.gouv.fr) un mail leur demandant d’intervenir pour leur libération immédiate. \n\nVous pouvez utiliser le modèle suivant : \n\n\nObjet : Libérez les membres de Tournons la Page au Cameroun et le journaliste François Fogno Fotso arrêtés à Yaoundé le 15 septembre 2015\n\n\n\nMadame l’Ambassadrice de France au Cameroun, \nMonsieur L’Ambassadeur du Cameroun en France, \n\nJ’ai été informé-e, par la campagne internationale « Tournons la Page », de la détention depuis le 15 septembre de Jean-Marc Bikoko, Jessie Bikoko, Séverin Bikoko, Agnès Metougou, Yves Ndjalla Epangue  – membres de Dynamique Citoyenne et du journaliste François Fogno Fotso.\nJe vous fais part de ma grande inquiétude face à ces arrestations, qui visent des militants réunis de manière tout à fait non-violente dans le cadre d’un atelier privé de travail. \nAu nom du respect de la liberté d’opinion et de réunion, je vous demande de prendre toutes les mesures en votre pouvoir pour obtenir leur libération immédiate et sans condition.\n \n\nSignature individuelle : NOM, Prénom, PAYS. \n\n\nPour en savoir plus, voir notre communiqué de presse\n\n\n\nVidéo tournée lors de l'arrestation de Jean-Marc Bikoko et d'autres militants camerounais de Dynamique Citoyenne le 15 septembre 2015 lors de la conférence de lancement de la campagne \"Tournons La Page\" au Cameroun, pour demander simplement que les conditions des futurs scrutins rendent possible l'alternance."}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/devoir-de-vigilance-des-multinationales-la-loi-avance/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/devoir-de-vigilance-des-multinationales-la-loi-avance/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Devoir de vigilance des multinationales : la loi avance","datePublished":"2016-03-24T10:14:56+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/devoir-de-vigilance-des-multinationales-la-loi-avance/"},"wordCount":541,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Communiqués de presse","Droits humains","Régulation des multinationales","Responsabilité sociale des entreprises"],"inLanguage":"fr-FR","description":"Ce mercredi 23 mars, l’Assemblée nationale a adopté en deuxième lecture la proposition de loi relative au devoir de vigilance des sociétés mères et entreprises donneuses d’ordre. \n\n\n\nSi elles regrettent que le texte n’ait pu être amélioré, nos organisations saluent toutefois son adoption. Elles en appellent au gouvernement afin qu’il mette tout en œuvre pour que le processus aboutisse avant l’été 2016, et demandent désormais au Sénat de l’inscrire à son agenda le plus rapidement possible. La route est encore longue jusqu’à l’adoption définitive de la loi, qui nécessitera par ailleurs la mise en application d’un décret. [[L’adoption définitive de cette proposition de loi nécessite un deuxième passage au Sénat puis une Commission Mixte Paritaire (CMP) et enfin, une nouvelle lecture dans chacune des chambres. L’Assemblée nationale statue en dernier ressort.]] \n\nGarant de l’intérêt général, le gouvernement doit faire de la défense des droits humains et environnementaux une priorité, sans céder aux pressions de l’Association française des entreprises privées (AFEP) [[http://www.liberation.fr/france/2016/03/22/cette-loi-va-penaliser-les-multinationales-francaises_1441329 ]] ni d’autres intérêts économiques. Le gouvernement doit donc traduire en actes son engagement déterminé, réitéré à l’Assemblée nationale ce jour.\n\nEn instaurant l’obligation d’un plan de vigilance, cette loi imposerait aux grandes entreprises implantées en France d’être responsables dans la conduite de leurs affaires, en France comme à l’étranger, pour l’ensemble de leur chaine de valeur. L’idée de cette proposition s’inscrit dans un objectif de prévention des dommages environnementaux ou de violations des  droits humains générés par leurs activités. \n\nCe texte, s’il contient des lacunes [[Cette proposition de loi ne concerne qu’une centaine de grands groupes, avec un effet d’entrainement limité, et ne comporte aucune disposition forte pour faciliter l’accès à la justice aux victimes de violations de droits humains et de dommages environnementaux causés par des entreprises.]], constituerait un premier pas historique vers une prise en compte des droits humains par les entreprises multinationales et contribuerait à prévenir des drames comme ceux de l’effondrement au Bangladesh de l’immeuble du Rana Plaza en 2013. \n\nCommuniqué conjoint : Amnesty International, Les Amis de la Terre, CCFD-Terre Solidaire, Collectif Ethique sur l’Etiquette, Sherpa (Membres du Forum citoyen pour la RSE), la Fondation Nicolas Hulot pour la nature et l'Homme\n\nDes porte-paroles sont disponibles pour les interviews. \n\nContacts presse : \n- Amnesty International France : Léonard Leroux, service presse, 01 53 38 66 00 /06 76 94 37 05 - spresse@amnesty.fr\n- Amis de la Terre : Laureline Bourit, chargée de campagne Industries extractives et RSEE, 06 20 79 72 31 – laureline.bourit@amisdelaterre.org \n- CCFD-Terre solidaire : Karine Appy, chargée des relations médias, CCFD – Terre Solidaire, 06 66 12 33 02 - k.appy@ccfd-terresolidaire.org  \n- Collectif Ethique sur l’étiquette : Nayla Ajaltouni, coordinatrice, 06 62 53 34 56 – n.ajaltouni@ethique-sur-etiquette.org\n- Fondation Nicolas Hulot pour la nature et l’Homme : Manuela Loran, responsable relations presse, 01 41 22 10 94 / 06 98 45 46 91, et Denis Voisin,  d.voisin@fnh.org  \n- Sherpa, Sandra Cossart : responsable du programme Globalisation et droits humains, 01 42 21 33 25 – sandra.cossart@asso-sherpa.org"}
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Avec quelques beaux résultats, mais la bataille ne fait que commencer.\n\n\n\n\nAnimateurs  paysans,  biologistes,  sociologues,  anthropologues, communicateurs,      juristes...  depuis   huit  ans,  ils sont les    agitateurs    de   la  Coalition     pour  la  protection     du   patrimoine   génétique      africain    (Copagen),     l’un   des  réseaux     les  plus   originaux    de  l’Afrique    de  l’Ouest,  actif   dans  neuf  pays    :  Bénin,Burkina Faso,  Côte  d’Ivoire,  Guinée-Bissau,  Guinée-Conakry,  Mali,  Niger,  Sénégal et Togo. Peu de moyens, pas de secrétariat permanent, le mouvement s’appuie sur des Copagen nationales, coordonnées à Abidjan, et sur la motivation d’individus à forte personnalité, tous bénévoles. « Un réseau souple, mais très rigoureux dans ses prises de position, l’une de nos forces », souligne Francis Ngang, coordonnateur régional.\n\nLa Copagen naît en 2004, à l’instigation d’Inades-formation et d’Acord, ONG panafricaines, ainsi que du mouvement béninois Jinukun. « Les OGM préoccupaient les organisations de développement durable, des règlementations étaient en chantier, le public quêtait des informations », rapporte Francis Ngang.\n\nMode d’action : le plaidoyer, l’information, la sensibilisation. Grâce à la crédibilité de ses membres, impliqués de longue date dans les luttes pour la souveraineté alimentaire et l’agriculture durable, les collectifs Copagen ont rallié paysans, consommateurs, personnels de santé, artistes, chefferies, élus... Une légitimité qui les a imposés comme interlocuteurs incontournables auprès des autorités. Y compris en creux, au Burkina Faso, où les opposants aux transgéniques sont persona non grata dans les instances officielles. Si la Copagen n’y a entravé le déploiement du coton Bt qu’à la marge, sa guérilla maintient le cercle pro-OGM sur la défensive.\n\nUne confrontation constructive\n\nAilleurs, la confrontation est plus constructive : les gouvernements ont souvent adopté de prudentes mesures conservatoires d’interdiction des OGM. La Copagen a obtenu un siège dans la plupart des forums nationaux de réflexion sur ces questions, pesant par ses études, enquêtes et contributions. Au Togo, la loi de biosécurité a été corédigée par un membre de la Copagen. Au Mali ou au Sénégal, les autorités retiennent des propositions du réseau.\n\nAu Bénin, dès 2002, Jinukun a poussé le gouvernement à décréter un moratoire sur les OGM, prorogé jusqu’à fin 2012. « Et pour défendre notre vision, nous disposons d’une étude d’impact sur ces dix ans sans OGM », appuie le sociologue René Segbénou.\n\nCependant, les barrières légales contre les OGM restent souvent de papier, faute de moyens de contrôle.Aussi depuis 2006, l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa), qui regroupe huit pays – ceux que couvre la Copagen (la Guinée-Conakry en plus) –, a-t-elle entrepris la rédaction d’un cadre complet de régulation (procédures d’examen de demandes d’autorisation d’OGM, organes de contrôle, d’analyse...). Objectif : une règlementation harmonisée visant, dès 2013, à maîtriser les flux d’OGM au sein de l’Uemoa. Avec la bénédiction des firmes de biotechnologie, et initialement sans la société civile, écartée. Mais la Copagen a réussi à forcer la porte du processus en interpellant des financeurs européens de l’Uemoa, et plusieurs de ses amendements ont été pris en considération.\n\nAujourd’hui, le réseau est à une croisée des chemins. Financement, mobilisation, force de frappe, « il faut désormais mieux structurer le réseau, constate Francis Ngang. Et puis la stricte bataille du “non” aux OGM risque de nous isoler si la règlementation régionale est votée. Aussi avons-nous décidé d’élargir notre approche en cohérence avec notre mission ».\n\nLa Copagen soutenait déjà des actions de préservation de la biodiversité des cultures alimentaires : ce pôle sera renforcé. En effet, un peu partout, d’excellentes variétés paysannes – céréales, légumineuses, maraîchages –, disparaissent sous la pression de semences de marché rarement satisfaisantes. Et depuis peu, le réseau s’attaque au phénomène d’accaparement des terres, qui progresse furieusement dans la région : des investisseurs souvent désintéressés des cultures vivrières locales mettent la main sur des milliers d’hectares pour l’exploration minière, l’exportation de rations animales, la production d’agrocarburants, etc. « C’est un front clé pour l’avenir des paysans et de notre souveraineté alimentaire, où l’on retrouve... les firmes biotechnologiques, qui manœuvrent pour imposer leur modèle productiviste assis sur les OGM », analyse Ibrahim Ouédraogo, ancien coordonnateur régional de la Copagen."}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/conseil-europeen-du-22-mai-2013-sur-levasion-fiscale/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/conseil-europeen-du-22-mai-2013-sur-levasion-fiscale/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Conseil européen du 22 mai 2013 sur l’évasion fiscale","datePublished":"2013-05-21T16:23:04+00:00","dateModified":"2024-09-25T15:27:31+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/conseil-europeen-du-22-mai-2013-sur-levasion-fiscale/"},"wordCount":637,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Communiqués de presse","Évasion fiscale","Paradis fiscaux"],"inLanguage":"fr-FR","description":"Les mesures annoncées autour d’un approfondissement de l’échange automatique d’informations entre les États membres, son extension future à des pays voisins et la création d’une liste noire des paradis fiscaux sur la base de critères communs vont dans le bon sens. Mais ces mesures figuraient déjà en partie dans le plan d’action préparé par la Commission Européenne en 2012. Or les récents événements invitent les États à aller beaucoup plus loin.\n\n\n\n\n\nL'Union européenne doit promouvoir des mesures de transparence les plus fortes possibles :\n\n- Le futur standard d’échange automatique d’information doit concerner les particuliers mais aussi les entreprises et s’appliquer au-delà des frontières de l’Union et de ses proches voisins. C’est pourquoi les 27 doivent travailler sur un FATCA à l’européenne qui oblige les banques à transmettre des renseignements sur les clients européens partout dans le monde.\n\n-  l’échange d’information, même automatique ne pourra être complètement efficace qu’à condition de mettre fin aux sociétés écrans derrière lesquelles les fraudeurs et les évadés peuvent aisément dissimuler leur identité. Dans le cadre de la révision des règles anti blanchiment, les pays européens doivent se doter de registres (nationaux ou européens) de comptes bancaires accessibles aux autorités compétentes et de registres publics comprenant l’identité des propriétaires et bénéficiaires réels des entreprises, trusts, fondations et autres constructions juridiques opaques.\n\n- le Président français, qui s’est prononcé en faveur de la transparence comptable pays par pays pour toutes les entreprises multinationales, doit porter cette proposition auprès de ses homologues européens.\n\nA l’heure où les pays riches, plongés dans la crise, semblent se prononcer unanimement pour lutter contre l’évasion fiscale, le sort des pays en développement, premières victimes de ces mécanismes de pillage, est relégué au second plan. Il est fondamental de penser à des solutions qui bénéficient également aux pays pauvres et répondent à leurs besoins. Cela signifie qu’ils doivent être associés formellement aux décisions à venir sur la refonte des règles fiscales pour les entreprises multinationales [[Programme BEPS de l’OCDE (Base Erosion and Profit Shifting – Erosion des assiettes fiscales et délocalisation des profits), rapport publié en 2013]] et la création d’outils d’échange automatique de renseignements. Ne comprendrions pas que la France, qui a longtemps été précurseur pour inclure les enjeux fiscaux dans l’agenda international sur le développement, ne porte pas cette préoccupation dans les négociations en cours.\n\n\n Agenda\n\n- Mardi 21 mai, à Lille : participation du CCFD-Terre Solidaire au séminaire « La transparence pour le Développement » de la société civile française et britannique, préparatoire au sommet du G8 de Lough Erne, organisé par le Ministère des affaires étrangères. Intervention de Mathilde Dupré, coordinatrice de la PPFJ.\n\n- Mercredi 22 mai à 14h45 : audition de la Plateforme Paradis Fiscaux et Judiciaires (PPFJ) par la commission d’enquête sénatoriale sur le rôle des banques et acteurs financiers dans l’évasion des ressources financières en ses conséquences fiscales et sur les équilibres économiques ainsi que sur l’efficacité du dispositif législatif, juridique et administratif destiné à la combattre, (www.senat.fr/roledesbanquesetacteursfinanciersdanslevasiondesressourcesfinancieres.html>lien vers la page de la commission sur le site du Sénat)\n\n- Mercredi 29 mai à 17h30 : audition de la PPFJ par Yann Galut, rapporteur sur la loi contre la fraude fiscale.\n\n\nContacts presse \n\nVéronique de La Martinière : 01 44 82 80 64 – v.delamartiniere@ccfd-terresolidaire.org \nMaud Lebeau 01 44 82 80 68 – 06 80 40 37 29 - m.lebeau@ccfd-terresolidaire.org\nA Lille, le 21 mai,  Mathilde Dupré : 07 61 70 91 21 - m.dupre@ccfd-terresolidaire.org"}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/fsm-2016-experience-reussie-pour-la-delegation-du-ccfd-terre-solidaire/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/fsm-2016-experience-reussie-pour-la-delegation-du-ccfd-terre-solidaire/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"FSM 2016 : expérience réussie pour la délégation du CCFD-Terre Solidaire","datePublished":"2016-09-21T08:57:30+00:00","dateModified":"2022-02-28T09:02:35+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/fsm-2016-experience-reussie-pour-la-delegation-du-ccfd-terre-solidaire/"},"wordCount":1095,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Développement","Forum social mondial","Souveraineté alimentaire et agroécologie"],"inLanguage":"fr-FR","description":"Du 9 au 14 août 2016, le CCFD-Terre Solidaire a rassemblé 130 personnes, dont une grande majorité de jeunes, en amont et pendant le Forum social mondial. Celui-ci se tenait pour sa 12ème édition exceptionnellement dans un pays du Nord, à Montréal, au Canada.\n\nLe jour de l’ouverture du Forum social mondial (FSM), la délégation du CCFD-Terre-Solidaire formait un cortège d’environ 130 personnes. Ou plutôt de 140 personnes si l’on compte ces silhouettes à taille humaine découpées dans du carton pour représenter les dix partenaires et un bénévole du CCFD-Terre Solidaire interdits de participation faute de visa. « Cette marche fut un temps particulièrement fort, témoigne Cécile Leidelinger, ex service civique au CCFD-Terre Solidaire. J’avais le sentiment de faire partie de quelque chose de grand qui pouvait changer le monde ».\n\nMême enthousiasme du côté d’Omar Diouch qui représentait une association partenaire du CCFD-Terre Solidaire - Immigration Développement Démocratie (IDD) - en lien avec des jeunes du Maroc : « C’est la première fois que je participais à un tel événement. Notre cortège était tellement dynamique, tellement festif… Je n’ai jamais eu autant envie de me donner à fond ».\n\nComme près de 115 autres jeunes adultes, Cécile et Omar ont été invités par le CCFD-Terre Solidaire a participé au Forum social mondial à Montréal du 9 au 14 Août 2016. Membre du CCFD-Terre Solidaire ou des mouvements de la collégialité, jeunes partenaires venant d’Amérique Latine, d’Afrique et d’Asie, ou encore électrons libres sans lien particulier avec le CCFD-Terre Solidaire, ils et elles ont en commun d’avoir entre 18 et 35 ans et d’être sensibles aux questions de justice sociale et de solidarité internationale.\n\n« Notre objectif en réunissant ces jeunes était d’impulser des envies de mobilisation, de valoriser une partie de ceux qui mènent déjà des projets au sein du réseau du CCFD-Terre Solidaire et de former des personnes ressources qui soient force de proposition au sein de leur organisation », explique Léa Gasnier, coordinatrice du projet au sein du CCFD-Terre Solidaire.\nPartir du vécu\nLe CCFD Terre-Solidaire leur avait concocté un programme qui débutait une semaine avant le FSM et pour lequel ils avaient tout à inventer, ou presque. La règle du jeu : se répartir entre trois parcours thématiques - Justice climatique et Souveraineté alimentaire, Citoyenneté et Gouvernance ou Economie Sociale et Solidaire – puis approfondir la problématique choisie via des rencontres avec des actrices et acteurs de la société civile canadienne mais aussi, par un projet de groupe où l’expérience vécue viendrait alimenter la réflexion.\n\nAinsi le groupe « Justice climatique et souveraineté alimentaire », a-t-il choisi d’expérimenter le « déchétarisme », une pratique qui consiste à récupérer des invendus auprès des magasins d’alimentation. A l’exception de quelques achats de produits sec, c’est une quarantaine de personnes qui s’est nourrie de cette façon pendant toute la durée du séjour à Montréal. Une manière particulière d’échanger avec les commerçants de la ville tout en se posant certaines questions : « Cette pratique de lutte contre le gaspillage encourage-t-elle l’agriculture paysanne ou l’agriculture industrielle ? Conforte-t-elle le système ou constitue-t-elle une alternative ? »\nLes débats suscités par l’expérience au sein du groupe ont débouché sur une liste de propositions concernant la souveraineté alimentaire dans sa globalité et la liste fut soumise à un des ateliers de convergence du Forum.\n\nLe groupe « Citoyenneté et Gouvernance », quant à lui, a choisi d’adopter un outil de démocratie participative visant à ce que toute prise de décision pour organiser le vivre ensemble – de la fixation des rendez-vous à la gestion de l’argent pour les repas - soit assumée par l'ensemble des personnes concernées. « Pour chaque proposition, les personnes devaient soit l’approuver, soit se donner la possibilité de l’accepter même si elles avaient des réserves, soit proposer une alternative qui était à son tour adoptée ou assortie de nouvelles propositions de modifications, précise François Bondon, membre de la Délégation Catholique pour la Coopération (DDC). Ça prend un temps infini, ça peut même être très irritant mais, ça a le mérite de ne pas être du jeu de rôle et d’éprouver concrètement les enjeux d’une alternative au vote qui, lui, ne satisfait que la majorité ». « C’est formidable toutes ces techniques d’animation, renchérit Omar, je vais y initier mes collègues d’IDD ».\nRetour\nCécile aussi emporte quelques billes dans sa besace. « Toutes ces initiatives d’Economie Sociale et Solidaire que nous ont fait découvrir les Canadiens, m’ont poussée à chercher ce qui se faisait en la matière en Normandie où je travaille actuellement. Je ne m’attendais pas à en trouver autant : un jardin partagé, un répar’café, plusieurs boîtes à dons… ».\n\nFinalement, de l’avis de tous, le seul bémol fut les contraintes liées à l’organisation du Forum dans un pays du Nord: « L’objectif était de décloisonner les luttes dans un contexte de crise globale où l’on voit de plus en plus apparaitre des convergences entre les luttes du Sud et du Nord et où les enjeux environnementaux transcendent les frontières. Donner aux partenaires du Sud l’opportunité de contester dans un pays dit dominant, paraissait aussi pertinent. Mais dans les faits, la cherté de la vie canadienne a dissuadé de nombreuses personnes de venir et près de 60% des demandes de visas ont été refusées par les autorités canadiennes. Sur les 80 000 personnes attendues, moins de la moitié y aurait participé », explicite Léa Gasnier.\n\nDes obstacles qui n’ont pas entamé pour autant la volonté des jeunes adultes d’agir de concert avec la société civile mondiale. « Je compte bien profiter de tout ce que j’ai appris pendant ce voyage pour m’investir dans la Cop 22 qui se déroulera au Maroc et sera axée sur l’agriculture », confirme Omar Diouch.\n\nBénédicte Fiquet\n\n\nDans le prochain numéro de notre magazine Faim et Développement, à paraître mi-octobre, vous trouverez des articles écrits, lors d'un atelier d'écriture, par des jeunes ayant participé au Forum social mondial 2016. Ils y partagent leurs expériences et réflexions."}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/la-nasan-en-afrique-une-menace-pour-la-securite-alimentaire/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/la-nasan-en-afrique-une-menace-pour-la-securite-alimentaire/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"La NASAN en Afrique, une menace pour la sécurité alimentaire","datePublished":"2015-06-03T17:37:46+00:00","dateModified":"2024-09-25T15:31:06+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/la-nasan-en-afrique-une-menace-pour-la-securite-alimentaire/"},"wordCount":1715,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Agriculture","Sécurité alimentaire","Souveraineté alimentaire et agroécologie"],"inLanguage":"fr-FR","description":"Au moment où les pays du G7 se réunissent, des organisations de la société civile du monde entier alertent sur le contenu de la Nouvelle Alliance du G7 pour la Sécurité Alimentaire et la Nutrition en Afrique (NASAN) et lancent un appel à leurs gouvernements \n\n\n\n\n\n\"Nous, mouvements sociaux, organisations populaires et organisations de la société civile engagés pour la défense de la souveraineté alimentaire et du droit à l’alimentation en Afrique, nous sommes réuni-e-s au Forum Social Mondial de Tunis en mars 2015 pour travailler sur la « Nouvelle Alliance pour la Sécurité Alimentaire et la Nutrition (NASAN)» du G7. Des organisations et mouvements sociaux africains ont partagé leurs expériences et leurs analyses concernant les impacts de la Nouvelle Alliance dans leurs pays, et des participants du monde entier ont décidé de les rejoindre dans leur lutte contre ce qui constitue une véritable menace à la sécurité alimentaire et à l’agro-écologie. C’est à ce titre que nous nous sommes associé-e-s à la Convergence Globale des luttes pour la terre et l’eau et ainsi qu’à l’élaboration de sa déclaration . \nNotre appel ci-dessous rassemble les conclusions de nos discussions et nos demandes aux gouvernements participant à la Nouvelle Alliance.\n\nLes paysannes et paysans constituent le plus grand groupe d’investisseurs dans l’agriculture, et on estime qu’ils produisent 70 % de l’alimentation en Afrique. \nCe n’est que par la mobilisation de ceux déjà impliqués dans la production vivrière qu’il sera possible de régler le problème de l’insécurité alimentaire et de la faim. \nC’est pourquoi il est fondamental de promouvoir des systèmes agricoles fondés sur les droits humains et la souveraineté alimentaire, qui permettent un contrôle local des ressources naturelles, des semences, de la terre, de l’eau, des forêts, mais aussi des savoir-faire et des technologies. \nIl s’agit là d’un enjeu crucial pour les producteurs et productrices pratiquant l’agriculture familiale et paysanne, l’élevage sédentaire ou itinérant, la pêche artisanale, la chasse et la cueillette. \nOr, l’appui à l’agriculture en Afrique des gouvernements africains et des bailleurs internationaux se concentre sur l’extension de systèmes alimentaires et agricoles contrôlés par les entreprises, au détriment de la production paysanne.\n\n\nUn faible impact sur la nutrition\n\nLa « Nouvelle Alliance pour la sécurité alimentaire et la nutrition »  du G8 constitue l’une des illustrations les plus alarmantes de cette tendance. Lancée en 2012 par le G8, et développée dans dix pays africains, la Nouvelle alliance, dans la droite lignée d’initiatives similaires telles qu’AGRA  et GROW Africa, est basée sur l’hypothèse simpliste selon laquelle l’investissement des entreprises dans l’agriculture va accroître la production, améliorant de manière automatique la situation de la sécurité alimentaire et de la nutrition tout en réduisant la pauvreté. \nCette logique néglige totalement le fait que la sécurité alimentaire et nutritionnelle est fondée sur un accès constant à des régimes alimentaires et nutritionnels diversifiés qui ne peut pas atteint par une simple augmentation de la production alimentaire. La majorité de la production soutenue par la Nouvelle Alliance consiste, qui plus est, en des cultures aux valeurs nutritionnelles relativement faibles ou destinées à l’exportation et/ou à la production non-alimentaire.\n\n\nLes principaux concernés non consultés\n\nMalgré le manque de transparence qui caractérise la mise en œuvre de la Nouvelle Alliance, les expériences de terrain et les études de cas confirment que les politiques promues par la Nouvelle Alliance favorisent les accaparements de terre et d’autres ressources naturelles,  fragilisant encore plus les paysannes et paysans, tout en sapant le droit à une alimentation et une nutrition adéquates. \nLes accords-cadres de coopération de la Nouvelle Alliance ont été rédigés à la hâte autour de la simple promesse d’une initiative « libérant le pouvoir du secteur privé », sans considération des risques pour les paysannes et paysans et les autres groupes marginalisés. \nCes accords, conclus en l’absence ou avec une très faible participation de représentants de ces groupes, pourtant les premiers affectés par la malnutrition, ne contiennent aucun indicateur concret sur la faim et la malnutrition. \nNi le G8 ni le G7 ne possèdent en outre de mandats formels pour prescrire des changements de politiques dans d’autres pays ; le cadre légitime pour conclure des accords établissant de directives politiques en la matière étant le Comité de la Sécurité alimentaire mondiale des Nations Unies, où l’ensemble des parties concernées ont une voix.\n\n\nDes accords qui bénéficient d'abord aux multinationales\n\nL’adoption, par des pays africains, des engagements contenus dans la Nouvelle Alliance permet aux entreprises développant des activités de bénéficier d’assouplissements du contrôle des exportations, de la mise en place de mesures d’incitation fiscale et de la modification des lois sur les semences au bénéfice des entreprises multinationales.  \nLes gouvernements sont également encouragés à ouvrir les acquisitions foncières de terres communautaires aux investisseurs. Malgré le besoin urgent de revenus fiscaux pour financer le développement des communautés rurales, ces pays se sont engagés à réduire les taxes sur l’agro-industrie et sur les intrants utilisés massivement par les grandes exploitations. \nLes projets actuellement soutenus par la Nouvelle Alliance menacent les paysannes et paysans de perdre le contrôle sur les terres et les semences, fragilisent les marchés locaux et contribuent à la dégradation de la biodiversité et de la fertilité des sols, avec pour conséquence une détérioration des moyens de subsistance des communautés locales, au détriment d’une nutrition adéquate basée, entre autres, sur l’accès à des régimes alimentaires et nutritionnels diversifiés. \nDans de nombreux pays, les lois sur les semences qui sont introduites pourraient conduire à l’avenir à la criminalisation effective des échanges de semences entre paysans. Ces mesures et ces nouveaux cadres réglementaires vont à l’encontre des droits des paysans, de la préservation de la biodiversité et du droit à une alimentation et une nutrition adéquates. \nIls exacerbent les tensions économiques et les chocs liés au changement climatique pour l’ensemble des paysannes et paysans au lieu de renforcer leur résilience face à de telles circonstances. Enfin, ces changements sont entrepris hors de tous débats nationaux, et participent à la fragilisation des structures démocratiques.\n\nPour en savoir plus :   \n- \"Nasan, trois un après un bilan désastreux\" .\n- Le bilan d’étape de la Nouvelle Alliance pour la sécurité alimentaire et la nutrition \n- Le rapport \"La faim, un business comme un autre - comment la nouvelle alliance du G8 menace la sécurité alimentaire en Afrique\" \n\nSignataires 03/06/15\n\nFrance\nCADTM-France (Comité pour l'annulation de la dette du Tiers Monde)\nCCFD-Terre Solidaire\nFIAN France\nPeuples Solidaires-ActionAid France\nRéseau Foi & Justice Afrique Europe Antenne France \nArgentina\nUnión Solidaria de Comunidades - Pueblo Diaguita Cacano\n\nAustralia\nMADGE Australia Inc  \n\nBelgium\nRéseau Foi & Justice Afrique Europe Antenne Belgique\nSOS Faim Belgique\nBurkina Faso\nRéseau MARP Burkina Faso \n\nCameroun\nSAILD (Service d’Appui aux Initiatives Locales de Développement)  \nCanada\nNational Farmers Union\nThe Ram's Horn\nThe United Church of Canada\nEthiopia\nMELCA\n\n\nSolidarité\nGermany\nAgrecol e.V. (Associaton for AgriCulture & Ecology)\nBread for the World -  Protestant Development Service\nForum Umwelt und Entwicklung / NGO Forum Environment & Development\nINKOTA-netzwerk\nMISEREOR\nPesticide Action Network Germany\n\n\nGhana\nAgriculture Sovereignty Ghana (ASG) \nFarmers Development Movement (FDM) \nFood Sovereignty Ghana\nGeneral Agricultural Workers Union of the Trades Union Congress  \nPeasant Farmers Association of Ghana (PFAG) \nVegetarian Association of Ghana\n\nIndonesia\nKRuHA (People's Coalition for the Right to Water)\n\nInternational\nActionAid International \nAfrica Europe Faith and Justice Network \nAlliance for Food Sovereignty in Africa (AFSA)\nBuilding Eastern Africa Community Network (BEACON)\nCIDSE\nCoalition for Equitable Land Acquisitions and Development in Africa (CELADA)\nCompassion in World Farming\nCorporate Europe Observatory\nFahamu Africa-Networks for Social Justice\nFern\nFood & Water Europe\nFriends of the Earth International\nGRAIN\nGrassroots International\nGreenpeace Africa\nLa Via Campesina Southern and Eastern Africa\nInades-Formation\nOrganisation des Jeunesses Panafricanistes (OJP)\nOxfam\nPanafricaine pour l’Éducation au Développement Durable (PAEDD)\nSociety for International Development\nThe African Organic Network (AfrONet)\nTransnational Institute (TNI)\nVECO West Africa\nWhyHunger\n\nItaly\nTerra Nuova\n\nKenya\nGrowth Partners Africa -GPA \nKenya Community Development Foundation (KCDF)\nKenya Food Rights Alliance –KeFRA \nPELUM-Kenya \n\nMalawi\nCoalition of Women's Farmers (COWFA)\nMali\nCNOP MALI\n\nMozambique\nADECRU (Academic Action for the Development of Rural Communities) \n\nNepal\nGarjan-Nepal\n\nNigeria\nCenter For Environmental Education And Development\nEnvironmental and Rural Mediation Centre\nHope Foundation for the Lonely\nJustice, Development and Peace Centre, JDPC\nWOFAN Women Famers \n\nSenegal\nEnda Pronat\nFédération des ONG du Sénégal (FONGS - Action paysanne) \nForum social sénégalais (FSS)\nRéseau Africain Pour le Droit à l'Alimentation (RAPDA)  \nWiLDAF/Sénégal\n\nSouth Africa\nAfrican Centre for Biodiversity – South Africa\nSurplus People Project (South Africa)\n\nSwitzerland\nBread for all, the Development Service of the Protestant Churches in Switzerland\n\nTanzania\nAfrican Centre for Biodiversity - Tanzania\nGreen Belt Foundation\nIrrigation Training and Economic Empowerment Organization - IRTECO\nMVIWATA Kilimanjaro\nTanzania Alliance for Biodiversity (TABIO)\nTanzania Organic Agriculture Movement\nThe Netherlands\nSaka Mese Nusa AlifURU Foundation\nStichting Down2Earth\nThe Netherlands Centre for Indigenous Peoples\n\nTogo\nFriends of Earth-Togo\nUnited Kingdom\nBiofuelwatch - UK \nEcoNexus\nFind Your Feet\nGlobal Justice Now \nPermaculture Association \nScientists for Global Responsibility\nUK Food Group\nWomen’s Environmental Network (WEN) \nWorld Family \n\nUnited States of America\nAfrica Faith and Justice Network\nBiofuelwatch - US \nBioscience Resource Project \nCommunity Alliance for Global Justice\nCulinary Kids Culinary Arts Initiatives\nFood First/Institute for Food and Development Policy \nFood & Water Watch\nFriends of the Earth\nGlobal Policy Forum\nInclusive Development International\nInstitute for Agriculture and Trade Policy\nLabelgmos.org  \nMaryknoll Office for Global Concerns\nOakland Institute \nOther Worlds\nPLANT (Partners for the Land & Agricultural Needs of Traditional Peoples)\nVivat\nWashington Biotechnology Action Council \nZambia\nPELUM Association"}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/levangelisation-et-le-developpement-entre-ciel-et-terre/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/levangelisation-et-le-developpement-entre-ciel-et-terre/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"L’évangélisation et le développement, entre ciel et terre","datePublished":"2014-01-27T09:52:53+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/levangelisation-et-le-developpement-entre-ciel-et-terre/"},"wordCount":723,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"inLanguage":"fr-FR","description":"Le concile Vatican II, dont nous fêtons le cinquantenaire, a fortement réhabilité\nl’engagement concret des chrétiens dans la transformation du monde. Il rappelle que\n« l’activité humaine, individuelle et collective, ce gigantesque effort par lequel les hommes, tout au long des siècles, s’acharnent à améliorer leurs conditions de vie, correspond au dessein de Dieu » (Gaudium et spes, § 34). S’il prend soin d’indiquer la différence entre la « croissance du Règne de Dieu » et le « progrès social », il met en valeur une certaine analogie entre les deux (id. § 39). C’est dire que l’un ne va pas sans l’autre. De ce fait, le salut chrétien ne peut plus être référé à un « ciel » sans rapport avec la « terre ».\n\n\n\nCeci contraste avec une tendance lourde du monde chrétien à concevoir le salut en termes d’« au-delà », de telle façon que ce qui est mis en œuvre par le travail est sans pertinence face au « jugement dernier ». Les critères d’accès au « ciel » seraient plutôt de l’ordre de l’accomplissement des commandements (de Dieu et de l’Église), sans que cela soit mesuré à l’aune d’une amélioration concrète de la vie des hommes et des femmes. Il est vrai que les mouvements d’Action catholique avaient déjà contribué à mettre en cause une telle spiritualisation de la vie chrétienne. Mais, aujourd’hui où une mentalité de crise pourrait inciter les chrétiens à se désintéresser à nouveau de la cité terrestre, il est bon de se rappeler l’invitation conciliaire.\n\n\nTout geste qui remet debout a une saveur évangélique\n\nDans le sillage du Concile, à l’occasion de leur 32e Congrégation générale (1975), les jésuites ont adopté un programme qui tient dans cette proposition : l’annonce de la foi ne va pas sans la promotion de la justice. Ce n’est pas que la première se réduise à la seconde ou lui soit simplement subordonnée. Mais on ne peut prétendre annoncer l’Évangile sans tenter, avec l’aide de Dieu, de promouvoir une meilleure justice entre les hommes.\n\nPour ne pas en rester à un slogan, un tel mot d’ordre doit recevoir des applications concrètes. Le premier exemple que je prendrai est celui des réfugiés. Le Père Pedro Arrupe, à l’époque supérieur général des jésuites, a décidé en 1980 de créer un « Service Jésuite des Réfugiés » (en anglais JRS) pour accueillir les personnes déplacées dans quelque région que ce soit, et « œuvrer dans les situations d’urgence et là où personne d’autre n’œuvre ». Cette ONG est certes modeste, mais sa valeur est reconnue.\n\nDans le même ordre d’idées, de nombreux jésuites sont engagés dans des processus de réconciliation. Je donnerai comme seul exemple celui du Père Francisco de Roux, actuel supérieur provincial de Colombie. Son action consiste à promouvoir, dans la région Magdalena Medio, plusieurs centaines de projets, éducatifs, agricoles, environnementaux, dans une région très pauvre, dont la population est soumise aux exactions de milices paramilitaires.\n\n\n« L’activité humaine, individuelle et collective, ce gigantesque effort par lequel les hommes, tout au long des siècles, s’acharnent à améliorer leurs conditions de vie, correspond au dessein de Dieu. » – gaudium et spes, § 34\n\nCes engagements pour la justice prennent sens dans une visée de développement de l’humain, personnes et sociétés. Le développement est la croissance vers un accomplissement de l’humain, qui suppose l’établissement de relations de confiance réciproque, dont la justice est une condition nécessaire. Dans le champ théologique, on peut penser aux guérisons évangéliques, comme une référence pour l’agir chrétien. Jésus manifeste la présence du Règne de Dieu en remettant debout et en permettant aux personnes de marcher par elles-mêmes. La Bonne nouvelle est à l’œuvre dans ceux qui continuent aujourd’hui son œuvre. Ces entreprises sont certes provisoires, marquées d’ambiguïtés, elles n’en sont pas moins des expressions sans lesquelles l’évangélisation resterait une abstraction."}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/au-guatemala-surmonter-les-traumatismes-des-violences-sexuelles/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/au-guatemala-surmonter-les-traumatismes-des-violences-sexuelles/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Au Guatemala, surmonter les traumatismes des violences sexuelles","datePublished":"2013-04-15T14:26:14+00:00","dateModified":"2022-01-02T22:32:17+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/au-guatemala-surmonter-les-traumatismes-des-violences-sexuelles/"},"wordCount":1035,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Droits des femmes","Paix et vivre ensemble","Projet"],"inLanguage":"fr-FR","description":"« Lors de la guerre civile qui a déchiré le Guatemala entre 1960 et 1996, de nombreux massacres ont été commis. Certains d’entre eux se sont accompagnés de viols de femmes Mayas, raconte Liduvina Mendez Garcia, psychologue. \n\n\n\nLes estimations les plus crédibles évaluent à plus de 30 000 les femmes indigènes victimes de violences sexuelles. Et encore, ce chiffre sous estime peut-être la réalité. Car ce n’est que depuis quelques années que les médecins légistes vérifient lors des exhumations si les assassinats ont été précédés de viols. \n\nPour vous donner une idée des horreurs incroyables vécues dans les communautés, je ne vous citerai qu’un exemple, celui de trois femmes d’une communauté cakchiquel – l’une des ethnies indigènes – près de Chimaltenango. Après des mois de dialogue, elles m’ont un jour confié de vive voix qu’elles avaient été violées toutes les trois dans leur école par des militaires. À l’époque, elles étaient âgées respectivement de 13, 11 et 9 ans. \n\nNous avons créé l’ONG « Actrices du changement » fin 2004 pour rompre le silence entourant ces violences faites aux femmes. Près d’un quart de siècle après les faits, cela peut paraître bien tard. Mais il faut du temps pour soulever la chape de plomb d’une culture patriarcale et machiste. Là encore, un seul exemple pour éclairer la force des résistances. En 2009, notre association avait entrepris un travail de sensibilisation des élèves en compagnie d’enseignantes du secondaire de Chichicastenango, en zone quiché. Bientôt, des pères de famille en colère sont allés trouver la directrice : « Pourquoi parlez-vous de ces sujets avec nos enfants ? » « Vous voulez déclencher une nouvelle guerre ? », etc. \n\nNotre méthodologie avec les groupes de femmes est basée sur l’instauration d’un climat de confiance. Aucune pression. Nous les invitons à s’exprimer quand elles le veulent et de la manière dont elles le souhaitent. Le dialogue dure souvent plusieurs mois avant qu’elles acceptent de se souvenir de ces scènes traumatisantes, enfouies au plus profond de leur mémoire, et dont elles n’ont jamais parlé à personne. Au départ, elles n’évoquent jamais la réalité des faits, mais décrivent des symptômes (« Cela me donne des migraines de repenser à cela ») ou utilisent des périphrases  (« Pourquoi avons-nous été traitées comme des animaux ? »). \n\t\t\t\t    \n\nLe viol, arme de guerre\n\nAu départ, la plupart de nos interlocutrices, poursuit Liduvina, sont repliées sur elles-mêmes, visage fermé et tête baissée. Elles rechignent à bouger leur corps, car nous proposons aussi, parmi les activités, une initiation à l’expression théâtrale ou des cours de danse. Ces blocages sont à relier à un sentiment très enraciné : elles se sentent coupables de leur viol. Certaines y voient par exemple un châtiment de Dieu : « Je dois sans doute expier des péchés commis auparavant. » Le cœur de notre travail consiste à déconstruire cette culpabilité. Nous leur démontrons que les violences sexuelles ont été massives, car elles étaient alors considérées par les officiers supérieurs comme une technique de lutte contre-insurrectionnelle. Une continuation de la politique de la terre brûlée pour terroriser les communautés indigènes. » \n\nLiduvina marque une pause. « Nous avons dû rectifier notre discours de conscientisation, lorsque nous avons recueilli les témoignages de femmes de la région de Huehuetenango, près de la frontière mexicaine. Elles assuraient avoir été violées par des guérilleros, dans une zone où l’Armée de guérilla des pauvres (EGP) était très active. Mais l’immense majorité des exactions est bien le fait de l’armée et des milices paramilitaires. »\n\t\t\t      \n\nLa nouvelle vie des survivantes\n\nÀ force de patience, Actoras de cambio enregistre des succès spectaculaires. « Des femmes ont accepté de s’exprimer publiquement, reprend Liduvina, lors des deux grands festivals pour la mémoire que nous avons organisés dans des zones indigènes, en 2009 et 2011. Ces femmes, qui hier paraissaient détruites, proclamaient sans honte : « Nous sommes les survivantes des crimes sexuels de la guerre. ». Certaines d’entre elles ont même repris à leur compte cette initiative et ont organisé de tels festivals dans leur propre communauté. Elles n’avaient plus peur d’affronter le regard des autres ou le qu’en dira-t-on. Elles sont souvent devenues des leaders au sein de leur communauté que les autorités locales consultent. La transformation est impressionnante. \n\nLiduvina mesure le chemin parcouru en sept années. « En 2005, nous travaillions avec une soixantaine de femmes. Aujourd’hui, nos groupes de paroles rassemblent plus de trois cents femmes. Nous sommes une douzaine à animer l’ONG, sans hiérarchie aucune, pour souligner qu’il est possible de se responsabiliser sans relation de pouvoir. »\n\nCôté perspectives, Liduvina avoue éprouver du mal à décrypter l’actuelle situation politique. « L’accession à la présidence, en janvier 2012, d’un ex-général, Otto Perez Molina, nous faisait redouter le pire. De fait,  on a déploré ces derniers mois des assassinats de militants des droits humains, de syndicalistes, ou encore de paysans à Totonicapan. Mais, dans le même temps, s’est ouvert le procès du détachement militaire de Sepur Zarco, situé dans le département de l’Alta Verapaz, au nord du pays. Après que leur mari ait été exécuté, les femmes des communautés indigènes environnantes ont été consignées à la caserne durant près de quatre ans. Elles étaient contraintes de cuisiner, de laver les vêtements des militaires et de servir d’esclaves sexuelles. Surtout, dans la capitale, l’ancien dictateur, le général Rios Montt doit aussi rendre compte devant les juges des massacres de populations indigènes entre 1982 et 1983. Grâce à la ténacité des victimes – et sans doute aussi en raison de la volonté d’indépendance du procureur général – tout se passe comme si le mur de l’impunité se fissurait. » Le Guatemala est parfois porteur de bonnes nouvelles…\n\n Propos recueillis par Yves Hardy"}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/le-ccfd-terre-solidaire-et-la-microfinance-la-sidi/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/le-ccfd-terre-solidaire-et-la-microfinance-la-sidi/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Le CCFD-Terre Solidaire et la microfinance : la SIDI","datePublished":"2013-08-21T10:57:19+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/le-ccfd-terre-solidaire-et-la-microfinance-la-sidi/"},"wordCount":532,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"inLanguage":"fr-FR","description":"Les populations pauvres ne peuvent généralement pas épargner, ou très peu ; le crédit auquel elles ont accès a un coût prohibitif (usurier). Comme il n’existe souvent pas d’organisme financier à proximité (les banques se concentrant dans les villes) ou capable de gérer les sommes dérisoires qu’elles mettent de côté, l’épargne éventuelle est donc conservée en liquide et, en cas d’inflation, rapidement consommée.\n\n\n\nDans certaines communautés, la mise en commun de moyens, souvent à échéance régulière, correspond à une socialisation de l’épargne qui pourra avoir une fonction assurancielle ou de solidarité, de financement de projets collectifs ou encore d’aide rotative à l’investissement individuel.\n\nLe microcrédit a apporté de nouvelles perspectives au travail de développement. En effet, il a permis à des petits exploitants agricoles, des petits artisans et commerçants, d’investir pour améliorer leurs conditions de vie. Il a aussi démontré, à travers les 205,3 millions de personnes27 qu’il touche aujourd’hui, que prêter aux pauvres peut être rentable, même si ce n’est pas forcément l’objectif poursuivi. En prêtant principalement aux femmes, les organismes financiers ont eu un meilleur taux de remboursement et des résultats plus convaincants dans la lutte contre la pauvreté. Depuis plus de 15 ans, l’idée a évolué et les pratiques se sont diversifiées pour fournir une gamme élargie de services financiers de proximité, nécessaires à l’économie familiale.\nApprendre à gérer l’épargne, proposer des systèmes d’assurance, canaliser l’épargne des migrants vers des projets de développement des communautés d’origine, veiller à l’alphabétisation et à la formation à la gestion des emprunteurs… voilà ce que recouvre aujourd’hui la notion de microfinance.\nCelle-ci est devenue un outil emblématique des politiques de lutte contre la pauvreté, même si les organismes de microcrédit ont parfois du mal à atteindre les plus pauvres des pauvres et que les coûts d’accompagnement social impliquent des charges qui ne devraient pas être répercutées intégralement sur les bénéficiaires.\n\n\nLe CCFD-Terre Solidaire et la microfinance : la SIDI\n\nConvaincu que le développement passe par la reconnaissance des plus pauvres,  notamment des femmes, comme acteurs et actrices de leur vie, le CCFD-Terre Solidaire et la Sidi, voient avec intérêt se développer les initiatives visant à :\n\n- Continuer à inventer des solutions nouvelles pour accroître l’impact social de la microfinance et de la finance solidaire, par ex. : permettre aux paysans du Sahel de gérer les aléas climatiques, répondre aux différents besoins d’une exploitation agricole familiale, rendre possible l’investissement dans des équipements essentiels, favoriser l’accès au logement, créer des micro-activités productives et rémunératrices…\n\n- Pousser plus loin la recherche de pistes innovantes pour les populations les plus démunies en renforçant une chaîne de solidarité pour le financement, depuis la mobilisation des ressources (collecte de l’épargne solidaire, etc.) jusqu’à son emploi (renforcer les performances sociales des institutions de microfinance locales)."}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/lecole-et-le-cirque-pour-les-enfants/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/lecole-et-le-cirque-pour-les-enfants/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"L&rsquo;école et le cirque pour les enfants","datePublished":"2009-07-02T00:00:00+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/lecole-et-le-cirque-pour-les-enfants/"},"wordCount":456,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Jeunesse","Projet"],"inLanguage":"fr-FR","description":"L'école et le cirque pour les enfants les plus vulnérables. Après la création d'une école de cirque en 1998, Phare Ponleu Selpak aide les enfants dans leur développement professionnel et personnel, et promeut la reconnaissance de la culture khmère.\n\n\n\n\nPromouvoir la culture khmer en aidant les enfants \n\n\n Le contexte \nPetit pays de 15 millions d'habitants entre la Thaïlande et le Vietnam, le Cambodge a subi de graves traumatismes à partir des années 70 : guerre civile débouchant sur l'arrivée au pouvoir, en 1975, des Khmers rouges qui seraient responsables de 1,7 millions de morts, invasion puis occupation du pays par le Vietnam, de 1979 à 1989, et, enfin, régime peu démocratique et corruption galopante. Proche de la frontière thaïe, la région de Battambang concentre de nombreux cas d'enfants en difficulté : victimes de trafic, d'exploitation sexuelle, porteurs du VIH/Sida, travailleurs...\n\n Le partenaire  \nPhare Ponleu Selpak ou \"Lumière des arts\" a démarré ses activités en 1986, dans le camp de réfugiés Site II à la frontière avec la Thaïlande. Quatre ans plus tard, il s'est installé à Battambang où il a proposé des cours de dessin aux enfants de la région, puis a ouvert une bibliothèque, une école de musique et, en 1998, une école du cirque. Cette dernière a servi de socle au développement des autres activités de Phare Ponleu Selpak : éducation des enfants et suivi social des familles. Phare Ponleu Selpak est agréé par le ministère de l'Education cambodgien. il appartient au réseau Clowns d'ici et d'ailleurs.\n\n Le projet \nPhare Ponleu Selpak a un double projet : \n- le développement personnel et professionnel par les arts des jeunes cambodgiens en situation de vulnérabilité,\n- la reconnaissance de la culture khmère dans une démarche de préservation de la paix. \n\nPhare Ponleu Selpak offre aux enfants en grande difficulté un accompagnement social, psychologique et artistique, pouvant déboucher éventuellement sur un emploi durable.\n\n Les réalisations \nAprès l'école de cirque, Phare Ponleu Selpak a créé une troupe de théâtre,\nen 2000 : un centre d'animation, \nen 2003 : une maison d'accueil d'enfants en rupture,\nen 2003 et 2006 : deux écoles publiques.\n\nChaque jour, 1150 enfants suivent l'école publique ; 430 participent aux activités artistiques ; 570 aux activités d'éducation non formelle. Les 4 troupes professionnelles de l'école de cirque se produisent en spectacle, au Cambodge et en Europe (2 par an depuis 2003) ce qui couvre une partie des frais de Phare Ponleu Selpak, et fournit une rémunération aux jeunes artistes. Près de 31O familles sont ainsi suivies dans 35 communautés."}
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{"@context":"https://schema.org","@type":"Article","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/europe-de-lest/#article","isPartOf":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/europe-de-lest/"},"author":{"name":"terresolidaire","@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#/schema/person/b4c96e18b5e252f6bcc31acfaebbd5e8"},"headline":"Europe de l&rsquo;Est","datePublished":"2006-07-05T00:00:00+00:00","dateModified":"2021-11-25T11:22:09+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/europe-de-lest/"},"wordCount":595,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https://ccfd-terresolidaire.org/#organization"},"keywords":["Europe de l'Est"],"inLanguage":"fr-FR","description":"Dans les Balkans, la Yougoslavie a été démantelée par les guerres successives des années 90 : les ‘nationalités' et les religions sont devenues des éléments exacerbés et destructeurs de l'identité.  La Bosnie, la Serbie et plus encore le Kosovo connaissent toujours de nombreux soubresauts de par leur instabilité institutionnelle, la fragilité de leurs frontières, la vivacité des discours nationalistes, qui s'ajoutent à une situation économique difficile (le taux de chômage est de 18% en Serbie, 31% en Bosnie et atteint 40% au Kosovo). Autre facteur de risque, le sort des réfugiés et des déplacés n'est toujours pas réglé : dans les centres collectifs, des réfugiés ou déplacés continuent à simplement survivre ; ceux qui vivent dans des habitats privés rencontrent encore des problèmes juridiques nombreux pour faire valoir leurs droits antérieurs à la guerre. \n\n\nAvec neuf millions de personnes, les Roms constituent la plus grande minorité en Europe. Que ce soit en Europe centrale, dans les Balkans ou en France, ils se heurtent à de nombreuses discriminations pour accéder aux droits économiques et sociaux. L'entrée dans l'Union européenne de la Roumanie et de la Bulgarie a donné à leurs revendications une nouvelle acuité, mais n'a pas permis de mettre fin à ces inégalités. Partout, face à l'exclusion que connaissent ces populations, l'émergence d'acteurs sociaux roms organisés est essentielle. \n\n\nLe bilan de la décennie écoulée est consternant pour ce qui concerne la Tchétchénie. Même si la phase d'offensive militaire massive est terminée, comment qualifier cette période de phase de « post-conflit » ? Atomisation sociale, insécurité, dérive autoritaire et islamiste du régime de Kadyrov et absence de perspectives politiques sont les principaux éléments de la situation actuelle. \n\n\nNos priorités\n\n\nLe CCFD-Terre Solidaire soutient des partenaires en Europe de l'Est depuis 1991. En application de son Rapport d'Orientation 2008-2012, il apporte son appui à une trentaine d'organisations, dans sept pays, selon les axes thématiques suivants :\n\n\nLa prévention et la résolution des conflits\nL'éducation et la citoyenneté\nL'évolution des rapports homme/femme pour plus d'égalité\nLes migrations internationales\nLa souveraineté alimentaire\nLa promotion d'une économie sociale et solidaire\n\n\nAu-delà des axes thématiques choisis communs à tous les pays où le CCFD-Terre Solidaire a des partenaires, on peut identifier les priorités suivantes :\n\n\n\n Construction de la citoyenneté : soutenir les acteurs associatifs qui souhaitent dépasser les catégories ethniques ou religieuses pour œuvrer en faveur du « vivre ensemble ». Il s'agit de l'axe central de l'action du CCFD-Terre Solidaire dans les Balkans. Il peut se décliner de différentes manières : activités économiques pour toutes les communautés, fanfare mixte, soutien psychologique aux jeunes orphelines, lutte contre la ségrégation entre des jeunes de villages très isolés... \n\n\n\n Encourager le travail intra-régional aux Balkans en particulier pour les associations qui aident à l'intégration des réfugiés et des déplacés soit là où ils vivent à présent soit dans une perspective de retour.\n\n\n\n Accompagner les associations de jeunesse dans la mobilisation de la jeunesse afin d'aboutir à une conscientisation citoyenne, notamment dans la perspective même lointaine de l'entrée dans l'Union européenne : encourager les échanges et favoriser les rencontres et les expériences individuelles qui permettent de dépasser les a priori, les peurs et les stéréotypes sur « l'autre »."}
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