© Deir Maryam

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Insertion socio-économique par l’apprentissage des langues au Kurdistan irakien

Soutenir et mettre en œuvre des initiatives culturelles à destination de publics variés

La plupart des projets d’éducation ou de citoyenneté sont basés sur l’appartenance à un groupe religieux ou une ethnie. C’est le cas des projets communautaires à base politique, mais aussi des projets financés par les bailleurs internationaux, qui se concentrent sur les minorités. Les projets qui sont portés au monastère de Deir Maryam al Adhra, à Suleimaniye, ont l’avantage d’être bien plus inclusifs et d’accueillir les participants dans leur diversité, avec la volonté de construire une capacité de réflexion et de représentation qui servent la construction des jeunes citoyens irakiens. L’un des slogans principaux du soulèvement de 2019 était « nous voulons un pays » ; ce qui implique une réflexion critique, commune, au-delà des divisions traditionnelles. C’est à cette construction que l’ensemble des activités du Monastère contribue, et cela s’inscrit dans le rôle traditionnel des institutions chrétiennes orientales dans la région : servir de lien entre les cultures, et promouvoir l’éducation et l’ouverture à l’Autre.

Un contexte très spécifique

Le monastère de Deir Maryam al Adhra est localisé à Suleimaniye, dans la région autonome du Kurdistan Irakien. Cette province est caractérisée par plusieurs éléments :

  • Pour des raisons historiques, l’identité et la culture kurdes sont largement mises en avant dans la région. Le kurde est la langue officielle, et les habitants tiennent à marquer leur différence avec leurs co-citoyens arabes.
  • Le Kurdistan Irakien dispose d’une quasi-autonomie vis-à-vis de l’Etat central sur les questions politiques et sécuritaires. Ce sont les forces kurdes qui assurent la sécurité interne et externe de la région. Néanmoins, le budget annuel reste validé et versé par Bagdad, qui exerce donc une pression importante sur cette région, notamment pour le versement des salaires des fonctionnaires, qui sont très nombreux à travers le pays.
  • La province de Suleimaniye est un cas particulier au sein du Kurdistan. La région est divisée en deux partis majoritaires : le Parti Démocratique Kurde et l’Union Patriotique Kurde. Le premier contrôle les provinces d’Erbil et Dohuk, et le second la province de Suleimaniye. Dans cette province, l’UPK est en concurrence avec le parti Goran. D’autres forces kurdes étrangères importantes sont présentes dans les montagnes frontalières de l’Iran : le Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK) et des groupes kurdes iraniens.

Pour ces raisons, la situation de Suleimaniye en Irak est très spécifique. Divisées politiquement, les autorités de la province n’ont pas la force d’exercer un contrôle similaire à celui de l’Irak fédéral ou du PDK sur la société civile et ses représentants. Historiquement, les opposants et critiques des pouvoirs en place se sont rassemblés à Suleimaniye, dont la culture est également vue comme plus libérale que dans les autres régions.

Néanmoins, cette opposition à Erbil et la proximité géographique et politique de l’Iran impliquent des risques pour la stabilité de la région. Au cœur du grand jeu entre Turquie, Iran, Etats-Unis et Irak, les autorités de Suleimaniye ont une place difficile. Si la situation des droits humains y est donc pour le moment meilleure qu’ailleurs, celle-ci peut rapidement changer. Plusieurs journalistes proches du PKK ont récemment été emprisonnés, et les associations de défenseurs des droits sont sur leurs gardes. Enfin, comme dans le reste de l’Irak, la gouvernance reste caractérisée par une forme de prédation des partis politiques au pouvoir, dont les positions sont surtout un moyen d’accès aux ressources. La corruption, le manque de considération pour l’intérêt général sont donc forts, hypothéquant les perspectives de développement inclusif de la région.

Objectifs

Le programme vise à contribuer à faire vivre des espaces favorisant les échanges et le dialogue interculturel entre les différentes communautés composant la population locale de Suleimaniye et de ses environs

Il cherche à soutenir et mettre en œuvre des initiatives culturelles à destination de publics variés

Ce programme est financé par :

Sur le
terrain

Les partenaires
locaux
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Deir Maryam Al-Adhra

Issue du monastère Mar Moussa en Syrie, la communauté religieuse Deir Maryam Al-Adhra est aujourd’hui installée à Souleymanieh, dans le Kurdistan irakien. Elle s’engage pour faire vivre le dialogue interreligieux islamo-chrétien et améliorer les conditions de vie des populations locales.

La communauté soutient particulièrement les personnes déplacées des guerres qui se sont réfugiées à Souleymanieh. Elle leur apprend le kurde et les aide à s’intégrer dans la région.

 

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