Qu’est ce que l'agroécologie ? Définitions et éléments de réponse

Qu’est ce que l'agroécologie ? Définitions et éléments de réponse

Définition de l’agroécologie

L’agroécologie a pour but de permettre aux paysans de vivre de leur métier et à l’ensemble de l’humanité d’avoir accès à des produits de qualité. C’est une autre manière de voir la production, qui s’appuie sur les fonctionnalités offertes par les écosystèmes. En d’autres termes, on produit en accord avec la nature, en amplifiant les avantages des différents écosystèmes tout en diminuant l’impact environnemental et préservant les ressources naturelles.

  • L’agroécologie promeut ainsi :
    des agricultures diversifiées sans pesticides, herbicides ou engrais de synthèse ;
  • des systèmes alimentaires diversifiés dans une perspective de souveraineté
    alimentaire, qui remet les populations et les citoyens au cœur des choix agricoles et alimentaires nationaux ;
  • des politiques publiques et une régulation de l’économie mondiale ;

Histoire de l’agroécologie

Le concept d’agroécologie émerge dans les années 1920 sous la plume de scientifiques prônant une convergence des disciplines écologiques et agronomiques. Cependant, l’essor de ce concept commence au début des années 1960.

Il est lié, d’un côté, à la montée en puissance des préoccupations environnementales au Nord. D’un autre côté, ce concept doit énormément au travail réalisé par des scientifiques et militants du Sud, et de façon pionnière au Mexique, pour démontrer la pertinence et l’ingéniosité des « agroécosystèmes » traditionnels. 

L’enjeu était de se différencier du Nord en prônant un développement agricole endogène, enraciné dans la culture locale et en phase avec les contraintes et les potentialités offertes par le milieu.

C’est pourquoi, avant d’être un concept, l’agroécologie renvoie à des pratiques : celles de paysans et de paysannes, de pasteurs, d’indigènes et de pêcheurs qui, de longue date, ont façonné des modes de production et de vie sur la base de la connaissance fine de leur environnement.

Ces pratiques ont été profondément remises en question et fragilisées depuis les années 60. Elles restent néanmoins une puissante source d’inspiration pour les agriculteurs et agricultrices, les scientifiques, et institutions confrontés à l’enjeu d’inventer des systèmes agricoles et alimentaires durables.

Quels sont les principes de l’agroécologie ? 

L’agroécologie repose sur un ensemble de principes, désormais largement acceptés sur la scène internationale. 

Il s’agit de travailler ainsi sur 4 facteurs principaux permettant de la développer : 

  • l’économie pour renforcer l’autonomie des populations et leurs revenus ;
  • l’environnement pour favoriser la biodiversité et la préservation des ressources ;
  • la politique, via la prise de conscience de la force du collectif ;
  • l’éducation socio-culturelle pour une meilleure nutrition et le partage des savoirs ancestraux ;

Elle a ainsi pour but final de permettre une gestion juste et responsable des biens communs que sont l’eau, la terre, l’air, la biodiversité et l’équilibre du climat. Ses autres objectifs sont de : 

  • Nourrir le monde, protéger l’environnement et permettre aux paysans de mieux vivre ;
  • Concevoir des systèmes agricoles et alimentaires fonctionnant à l’image des écosystèmes ;
  • Proposer une véritable transformation et redéfinition de nos pratiques et habitudes agricoles et alimentaires.

Pourquoi se tourner vers l’agroécologie ? 

Le modèle agricole que nous avons développé depuis les années 60 est aujourd’hui devenu une impasse. Il est devenu urgent de changer de modèle afin de permettre l’autonomie alimentaire des territoires, et de protéger la planète. La question est de savoir comment permettre à tous les hommes d’avoir accès à une nourriture saine et suffisante, tout en prenant soin de notre terre ?

La réponse aux enjeux agricoles et alimentaires d’aujourd’hui 

Les guerres et les conflits récents ont fait remonter la dépendance des pays concernant l’approvisionnement des ressources. L’exemple le plus parlant concerne la guerre en Ukraine et l’augmentation des prix des céréales qui en résulte. 

L’agroécologie promet ainsi une révolution de toute la chaîne alimentaire afin de limiter la dépendance des différents pays, par exemple en permettant aux paysans de structurer la commercialisation de leurs produits, en encourageant la consommation locale, en défendant les techniques d’agriculture paysannes etc… 

Une réponse aux enjeux climatiques 

Un rapport de l’ONU publié en 2022 faisait état de la détérioration de nos sols : selon ce rapport, 40 % des terres de la planète sont désormais dégradées. Par ailleurs, les exploitations agricoles sont responsables à 80 % de la déforestation. L’agroécologie étant fondée sur un partenariat entre l’humanité et la nature, permettrait de réduire notre impact et de développer de bonnes pratiques pour une agriculture respectueuse de l’environnement, sans sacrifier la productivité. 

Comment mettre en place une agriculture agroécologique ?

Les 5 principes fondamentaux de l’agroécologie

  1. Permettre le recyclage de la biomasse et des éléments nutritifs : ce qui sort de la terre retourne à la terre.
  2. Garantir les conditions de fonctionnement du sol : préservation de sa vie biologique, lutte contre l’érosion.
  3. Minimiser les pertes de ressources non renouvelables et tendre à éviter ou supprimer l’usage des intrants chimiques.
  4. Favoriser la diversité des espèces cultivées et élevées dans le temps et dans l’espace.
  5. Favoriser les interactions biologiques bénéfiques entre les cultures et ce qui les environne, l’ensemble formant l’« agroécosystème »

Quelques exemples de projets agroécologiques

L’ONU a rassemblé quelques exemples de projets agroécologiques. Nous pouvons ainsi citer les cultures de rotation et de mise en jachère, la gestion biologique des ravageurs et des maladies, l’agroforesterie, le compostage, la récolte de l’eau par irrigation, l’utilisation de sources d’énergies renouvelables, le paillage etc.

Au CCFD-Terre Solidaire, cela se traduit concrètement par de nombreux projets partout dans le monde : formation des paysans, compostage, gestion de l’eau, association de cultures, mise en place de marchés paysans, soutien aux semences paysannes, implication des femmes, leadership pour faire entendre leurs revendications.

Par ailleurs, avec une trentaine de partenaires, nous avons lancé le programme Tapsa (Transition vers une Agroécologie Paysanne au service de la Souveraineté Alimentaire) déployé en Afrique, en Amérique latine, en Asie et au Moyen-Orient.

Ce programme, déployé depuis 2018, permet de déployer avec 20 organisations locales dans 16 pays des initiatives agroécologiques.

Positionnement du CCFD sur le sujet

Pour une agroécologie paysanne et solidaire

L’engagement du CCFD – Terre Solidaire sur le sujet n’est pas récent, puisqu’il est au coeur de nos préoccupations depuis les années 80, afin qu’elle devienne une alternative crédible aux dérives de l’agriculture industrielle. 

Il s’agit ainsi de défendre la portée holistique de l’agroécologie en développant son intérêt social écologique et économique. Elle s’articule ainsi autour de trois grands principes : 

  • il s’agit d’une approche globale qui s’inspire de la nature ;
  • elle est au service des paysannes et des paysans pour développer la souveraineté alimentaire ;
  • elle doit être solidaire, et permettre aux Humains de cohabiter entre eux, mais aussi avec les autres espèces qui peuplent la planète, pour atteindre la justice sociale ;

C’est pourquoi nous défendons ces valeurs “paysannes” et “solidaires”, en opposition aux entreprises qui profitent du manque de définition précise du terme d’agroécologie, et prétendent en faire sans en appliquer les principes les plus élémentaires.

Ces engagements sont développés plus en détails dans notre note de positionnement autour de l’agroécologie.

La réponse aux enjeux agricoles et alimentaires d’aujourd’hui

Pour le CCFD-Terre Solidaire, l’agroécologie paysanne et solidaire est la réponse la plus
pertinente et cohérente aux problèmes auxquels sont confrontés aujourd’hui nos systèmes agricoles et alimentaires : problèmes climatiques, pollution, érosion des sols et de la biodiversité, mais aussi appauvrissement et endettement des paysans, hausse de la faim dans le monde, mauvaise qualité alimentaire, mauvaise gestion de l’eau.

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avec le CCFD - TERRE SOLIDAIRE

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