Mauritanie : l’agroécologie, vecteur d’avenir #JeudiPhoto

Publié le 01.09.2022| Mis à jour le 13.09.2022

En Mauritanie, pays marqué par l’émigration, la sécheresse et la dépendance alimentaire, l’agroécologie est un enjeu de développement. Grâce à ce modèle de production durable et responsable, des agriculteurs et agricultrices ont réussi à se forger un avenir et à devenir autosuffisant. Arrêt sur image. 

Bakary Mangassouba dans sa ferme à Kaédi, Mauritanie. © Roberta Valerio

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Nous sommes dans la périphérie de Kaédi, au sud de la Mauritanie. À proximité, s’écoule le fleuve Sénégal. C’est ici que Bakary Mangassouba a créé sa ferme il y a cinq ans. La houe à l’épaule, il se tient fièrement au milieu de ses arbres fruitiers, qu’il protège soigneusement des brûlures du soleil à l’aide d’un filet d’ombrage. Bakary se souvient du premier manguier qu’il a planté : c’était le jour de son anniversaire.

Partir ou rester : le choix de l’agroécologie

Comme beaucoup de jeunes de la région, Bakary prévoyait d’émigrer vers l’Europe pour fuir le chômage et la pauvreté. Refusant de voir encore un de ses frères partir, sa sœur Walda rassemble ses économies et lui offre un terrain pour qu’il réalise ses ambitions ici : devenir agriculteur, comme son père. 

Bakary travaille la terre en adoptant des pratiques agroécologiques. Il réussit à transformer ce terrain sablonneux en un véritable oasis luxuriant. Il y cultive une diversité de fruits et de légumes bio : bananes, raisins, agrumes, carottes, manioc, papayes. Animé par la volonté de transmettre son savoir, il forme aujourd’hui de jeunes apprentis à cultiver la terre dans le respect des sols et de l’environnent. 

En Mauritanie, le défi de l’autonomie alimentaire

En Mauritanie, pays fragilisé par la sécheresse, la production agricole nourrie à peine la moitié de la population. De fait, le pays est dépendant des importations : plus de 70% de la nourriture provient du Maroc et du Sénégal. En 2020, la Mauritanie subit une grave crise alimentaire. Les aliments de base viennent à manquer et les prix explosent. 

Pour favoriser l’autonomie alimentaire, l’agroécologie apparaît comme un enjeu vital. Ce modèle de développement permet aux familles de se nourrir, de vendre leur surplus et de proposer une alimentation saine et locale. Le CCFD-Terre Solidaire soutient des organisations locales, comme le GRDR1 et CCD2, qui forment, notamment des jeunes et des femmes, à l’agroécologie. Puis, les aident à acquérir des terrains viables. 

De Kaedi à Nouakchott, la photographe Roberta Valerio est allée à la rencontre de ces bénéficiaires pour témoigner de leurs défis, mais aussi de leurs réussites. Bakary est l’un d’entre eux. Bientôt, le premier manguier qu’il a planté donnera ses premiers fruits. 

1GRDR : Groupe de recherche et de développement pour le développement rural.

2CCD : Citoyens et Citoyennes Debout

Pour aller plus loin :

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