Tout comprendre sur la Banque Mondiale (FAQ)

Tout comprendre sur la Banque Mondiale (FAQ)

Quel est le rôle de la Banque Mondiale, comment fonctionne-t-elle et quelles sont ses limites ? On vous explique tout.

Qu’est-ce que la Banque Mondiale ?

C’est une institution financière internationale. Elle est la plus grosse banque multilatérale de développement au monde. Son siège se situe à Washington, aux États-Unis, et elle dirigée depuis 2023 par l’Américain Ajay Banga, 14e Président de la Banque Mondiale.

Qui a créé la Banque mondiale ?

Cette institution a été créée en 1944, avec le Fonds Monétaire Internationale (FMI), lors de la conférence de Bretton Woods, dans le but d’aider à la reconstruction de l’Europe après la Seconde Guerre mondiale. Les accords de Bretton Woods, signés par 44 gouvernements, visaient à définir un nouveau système financier international autour du dollar américain.

Quel est le rôle de la Banque Mondiale ?

Son rôle est de lutter contre l’extrême pauvreté dans le monde et de soutenir la croissance des pays en voie de développement par le financement de projets. Elle collecte et publie également des données sur l’état de l’économie mondiale. Enfin, elle appuie les gouvernements dans leurs politiques de développement par le biais de conseils stratégiques et d’une assistance technique.

Comment finance-t-elle le développement ?

La Banque mondiale finance des projets de développement en accordant aux pays dans le besoin des subventions et des prêts à taux faibles. De plus en plus, elle encourage le financement du développement par des acteurs et des banques privés, en accordant notamment des garanties pour couvrir les risques de défaut de paiement. En effet, l’actuel Président de l’institution a annoncé vouloir augmenter les garanties de 6.8 à 20 milliards de dollars, d’ici 2030.

Comment fonctionne la Banque Mondiale ?

La Banque mondiale est composée de 189 États membres, qui sont actionnaires, et dont beaucoup n’existaient pas encore à sa création. Grâce à une influence disproportionnée de l’Europe et des États-Unis au sein de l’institution, le président de la Banque mondiale a toujours été américain, conformément à un accord insidieux : le « Gentleman’s Agreement ».  Ce dernier préside le Conseil des Gouverneurs, qui inclut généralement les ministres des Finances ou du Développement des États membres. Ces ministres délèguent la plupart de leurs pouvoirs à 25 administrateurs, qui se réunissent deux fois par semaine pour se prononcer sur les dossiers en cours. Parmi eux, 7 sont permanents et ne représentent qu’un seul pays : les Etats-Unis, le Japon, la Chine, l’Allemagne, la France, le Royaume-Uni et l’Arabie Saoudite. Cela leur accorde de facto davantage de pouvoir au sein de le l’institution.

Comment s’organise-t-elle ?

La Banque Mondiale est surtout le regroupement de 5 institutions qui travaillent de concert :

  • la Banque Internationale pour la Reconstruction et le Développement (BIRD).
  • l’Association Internationale de Développement (AID).
  • la Société Financière Internationale (SFI).
  • le Centre Internationale pour le règlement des Différends relatifs aux investissements (CIRDI).
  • l’Agence Multilatérale de Garantie des Investissements (AMGI).

Quelle est la différence entre la Banque Mondiale et le FMI ?

Le FMI et la Banque mondiale sont deux instituions complémentaires dont l’objectif est d’amplifier la coopération économique internationale. Toutefois, leurs missions diffèrent. La Banque Mondiale promeut la croissance économique des pays en développement à long terme, tandis que le FMI veille à la stabilité du système monétaire internationale en s’assurant notamment que les pays ne fassent pas défaut de leurs dettes.

Tout comprendre sur le FMI (FAQ)

Quelles sont les limites de la Banque Mondiale ?

Le CCFD-Terre Solidaire, comme une grande partie des sociétés civiles des pays du Sud, déplore une gouvernance archaïque, néolibérale et inégalitaire qui ne répond pas suffisamment aux besoins des pays en développement. Le CCFD-Terre Solidaire et ses partenaires appellent à une réforme en profondeur de la Banque mondiale et du FMI et plaident pour des nouveaux espaces de décisions plus inclusifs qui prennent davantage en compte la voix des pays du Sud.

FMI et la Banque Mondiale : les pays du sud appellent à des réformes en profondeur

Elle promeut une idéologie néolibérale

La privatisation de l’aide au développement promue par la Banque Mondiale dans ses rapports et ses projets, permet aux pays riches de se soustraire de leur engagement à consacrer 0,7 % de leur PIB au financement du développement durable. De plus, elle encourage la privatisation des services stratégiques (santé, éducation, énergie, etc.) ce qui impact disproportionnellement les populations les plus pauvres dépendantes d’eux. Enfin, cela redirige l’argent dédié au développement en dehors des pays les plus vulnérables qui sont moins « profitables » pour les acteurs privés. En somme, cela favorise un modèle économique qui accentue les inégalités, les violations des droits humains et le principe de transparence.

Elle a une gouvernance inégalitaire

La gouvernance de la Banque Mondiale, comme celle du FMI, repose sur un système de vote inégalitaire qui profite aux intérêts des pays occidentaux au détriment des pays émergents. Les pays du G7, par exemple, ont un pouvoir de vote six fois supérieur à celui du reste du monde. Les États-Unis, avec plus de 15 % des droits de vote, détiennent de facto un droit de veto sur les décisions majeures. Ce système empêche les pays les plus pauvres d’avoir une influence sur les modèles de développement auxquels ils sont soumis, alors que ceux-ci sont les premiers impactés.

Elle contribue à l’endettement des pays du Sud

Par les prêts qu’elles accordent, la Banque Mondiale et le FMI contribuent à la crise de la dette des pays du Sud qu’elles essaient de résoudre. La Banque Mondiale détient actuellement 11 % de la dette extérieure des pays à faible et moyen revenu et se montre réticente à l’idée de restructurer ses crédits. De plus, la promotion de Partenariats Public-Privé (PPP) par la Banque mondiale pourrait, selon le FMI, accroître la dette publique à cause des garantis pris en charge par l’Etat. Ainsi, pour protéger ces intérêts, elle risque de devenir la source du problème qu’elle prétend résoudre.

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