Avec Dilexi te, Léon XIV remet la charité au cœur du catholicisme

Publié le 12.12.2025

Avec la publication de son premier texte en tant que nouveau Pape, Léon XIV fait de l’attention aux pauvres un critère de vérité pour tout catholique. L’exhortation apostolique Dilexi te, « je t’ai aimé », est un travail entamé par François et inscrit Léon XIV dans la continuité. 

Pourquoi Dilexi te ? 

Dans son propos préliminaire, Léon XIV explique : « le Pape François prépara, en continuité avec l’encyclique Dilexit nos, une exhortation apostolique sur l’attention de l’Église envers les pauvres et avec les pauvres, imaginant que le Christ s’adresse à chacun d’eux en leur disant : tu as peu de force, peu de pouvoir mais « moi, je t’ai aimé » (Ap 3,9.). »

Nouvellement élu Pape, Léon XIV reçoit en héritage les prémices d’un travail entamé par son prédécesseur et décide de le poursuivre, s’inscrivant dans la continuité de François. 

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Qu’est-ce qu’une exhortation apostolique ?

C’est un texte qui encourage l’engagement des fidèles. Dilexi te donne à leur action une direction fondée sur la foi et l’analyse du contexte présent. 

Que propose « Je t’ai aimé » ? 

« Aucun geste d’affection, même le plus petit, ne sera oublié, surtout s’il est adressé à ceux qui sont dans la souffrance, dans la solitude, dans le besoin. » Avec ce texte, Léon XIV remet au goût du jour une Église pour les pauvres.

Par conséquent, la charité n’est pas une voie facultative, mais le critère du vrai culte. 

Léon XIV, Dilexi te

Autre point d’attention dans ce texte, l’accompagnement des personnes migrantes. « L’expérience de l’immigration accompagne l’histoire du Peuple de Dieu. Abraham part sans savoir où il va ; Moïse guide le peuple en pèlerinage à travers le désert ; Marie et Joseph fuient en Égypte avec l’Enfant ; le Christ lui-même a vécu parmi nous comme un étranger. C’est pourquoi l’Église a toujours reconnu dans les migrants une présence vivante du Seigneur. » 

Dilexi te : Extraits choisis

L’abbé Emmanuel Niyitegeka dirige la messe à l’église catholique de Matanda; province du Nord-Kivu; à l’Est de la République démocratique du Congo; le 26 février 2020 (image d’illustration).

Premier chapitre : Quelques paroles indispensables

9. « La condition des pauvres est un cri qui, dans l’histoire de l’humanité, interpelle constamment notre vie, nos sociétés, nos systèmes politiques et économiques et, enfin et surtout, l’Église. Sur le visage meurtri des pauvres, nous voyons imprimée la souffrance des innocents et, par conséquent, la souffrance même du Christ. »

Premier chapitre

10. « En ce sens, on peut dire que l’engagement en faveur des pauvres et pour l’élimination des causes sociales et structurelles de la pauvreté, bien qu’il ait pris de l’importance au cours des dernières décennies, reste toujours insuffisant. Cela est aussi dû au fait que les sociétés dans lesquelles nous vivons privilégient souvent des critères d’orientation de l’existence et de la politique marqués par de nombreuses inégalités. Par conséquent, aux vieilles pauvretés dont nous avons pris conscience et que nous essayons de combattre, s’ajoutent de nouvelles, parfois plus subtiles et plus dangereuses. »

Premier chapitre

12. « Nous ne devons pas baisser la garde face à la pauvreté. Nous sommes particulièrement préoccupés par les conditions difficiles dans lesquelles vivent nombre de personnes en raison d’un manque de nourriture et d’eau. Chaque jour, plusieurs milliers de personnes meurent de causes liées à la malnutrition. (…) Rappelons que « doublement pauvres sont les femmes qui souffrent de situations d’exclusion, de maltraitance et de violence, parce que, souvent, elles se trouvent avec de plus faibles possibilités de défendre leurs droits. Cependant, nous trouvons tout le temps chez elles les plus admirables gestes d’héroïsme quotidien dans la protection et dans le soin de la fragilité de leurs familles« 

Deuxième chapitre : Dieu choisit les pauvres

19. « L’Évangile montre en effet que cette pauvreté touchait tous les aspects de la vie du Christ. Dès son entrée dans le monde, Jésus fait l’expérience des difficultés liées au rejet. (…) Jésus est la révélation de ce privilegium pauperum. Il se présente au monde non seulement comme le Messie pauvre, mais aussi comme le Messie des pauvres et pour les pauvres.« 

Deuxième chapitre

26. « Il est indéniable que la primauté de Dieu dans l’enseignement de Jésus s’accompagne d’un autre point ferme : que l’on ne peut aimer Dieu sans étendre son amour aux pauvres. (…) le Seigneur lui-même nous enseigne que tout acte d’amour envers le prochain est en quelque sorte un reflet de la charité divine.« 

Troisième chapitre : Une Eglise pour les Pauvres

73. « L’expérience de la migration accompagne l’histoire du Peuple de Dieu. Abraham part sans savoir où il va ; Moïse guide le peuple en pèlerinage à travers le désert ; Marie et Joseph fuient en Égypte avec l’Enfant. Le Christ lui-même, qui « est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas accueilli » (Jn 1, 11), a vécu parmi nous comme un étranger. C’est pourquoi l’Église a toujours reconnu dans les migrants une présence vivante du Seigneur qui, au jour du jugement, dira à ceux qui seront à sa droite : « J’étais étranger et vous m’avez accueilli » (Mt 25, 35).« 

Texte : Audrey Chabal

Photos : ©Gwenn Dubourthoumieu /CCFD-Terre Solidaire

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